Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 26.01.2012 D-2270/2009

26 gennaio 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,213 parole·~11 min·1

Riassunto

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 6 mars 2009

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­2270/2009 Arrêt   d u   2 6   janvier   2012 Composition Gérald Bovier (président du collège),  Jean­Pierre Monnet, Fulvio Haefeli, juges, Mathieu Ourny, greffier. Parties A._______, B._______, C._______, D._______,  E._______, F._______,  Syrie,   représentés par (…), recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 6 mars 2009 /  N (…).

D­2270/2009 Page 2 Faits : A.  Le 3 avril 2004, A._______ a déposé une première demande d'asile en  Suisse, sous le nom de G._______. D'ethnie  kurde,  l'intéressé  a  été  entendu  les  6  avril  2004  (audition  sommaire)  et  25  mai  2004  (audition  sur  les  motifs).  Il  a  affirmé  en  substance  avoir  été  impliqué,  en  mars  2004,  dans  des  heurts  entre  supporters  et  forces  de  l'ordre  en  marge  d'un  match  de  football  à  H._______.  Suite  à  ces  débordements,  accompagné  d'amis,  il  aurait  renversé  une  statue  érigée  en  l'honneur  de  l'ancien  président  du  pays.  L'un de ses amis ayant été arrêté par  la police,  il  aurait  fui  et  gagné  la  Suisse par crainte d'être dénoncé. Interrogé à  ce propos,  il  a  en outre déclaré ne  jamais avoir  possédé  le  moindre document d'identité. B.  Par courrier du 27 juillet 2004, les autorités allemandes compétentes ont  informé  l'Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  aujourd'hui  ODM)  que  l'intéressé avait déposé une demande d'asile dans leur pays en date du 5  août  2002,  sous  le  nom  de  I._______.  Selon  les  autorités  allemandes,  dite demande a été rejetée par décision du 11 octobre 2002. Lors  de  l'audition  du  2  septembre  2002  par­devant  les  autorités  allemandes,  dont  l'ODR  s'est  procuré  copie  du  procès­verbal,  le  requérant  a  soutenu  pour  l'essentiel  avoir  été  arrêté  en  Syrie  par  des  membres des services secrets, alors qu'il  transportait  un sac confié par  son cousin et contenant des documents à caractère politique. Il aurait été  enfermé  pendant  quatre  jours,  durant  lesquels  il  aurait  été  frappé  et  maltraité. Après avoir à nouveau fait  l'objet de recherches de la part des  services secrets, il aurait quitté le pays et rejoint l'Allemagne. C.  Le 1er septembre 2004, l'intéressé a été auditionné une nouvelle fois pour  assurer son droit d'être entendu. Confronté aux nouvelles informations dont disposait l'ODR, il a déclaré se  nommer  en  réalité  J._______  et  avoir  menti  aux  autorités  suisses  par  crainte d'être renvoyé en Allemagne.

D­2270/2009 Page 3 D.  Par décision incidente du 13 septembre 2004, l'ODR a ordonné le renvoi  préventif du requérant en Allemagne. Le renvoi ayant été exécuté le 27 septembre 2004, la demande d'asile a  été rayée du rôle par l'ODR le 26 octobre 2004. E.  Le  14  mars  2007,  B._______,  accompagnée  de  ses  trois  enfants,  a  déposé une demande d'asile en Suisse. Entendue sur ses motifs les 20 mars, 25 septembre et 22 octobre 2007,  elle a expliqué être  l'épouse de A._______. Suite au départ du pays de  son mari en été 2002, intervenu en raison des persécutions dont celui­ci  faisait l'objet de la part des autorités, elle aurait comme son époux adhéré  au  parti  K._______,  engagé  dans  la  défense  de  la  minorité  kurde,  participant notamment à des réunions clandestines avec d'autres femmes  militantes. En date du 12 mars 2004, après avoir assisté à l'enterrement  de deux jeunes Kurdes assassinés, elle aurait été arrêtée en compagnie  d'autres  femmes  et  emmenée  en  prison.  Interrogée,  insultée  et  battue,  elle  aurait  finalement  été  libérée  après  deux  nuits  d'incarcération.  En  mars  2005,  elle  aurait  à  nouveau  été  emprisonnée.  Accusée  d'avoir  participé à une manifestation, elle aurait encore été insultée et maltraitée.  Au bout de quatre jours, elle aurait été remise en liberté, après avoir été  menacée  de  viol  en  cas  de  récidive.  Craignant  pour  sa  vie  et  désirant  retrouver son mari, elle aurait quitté  la Syrie en voiture  le 1er mars 2007  en  direction  de  la  Turquie,  à  l'aide  d'un  passeur  et  munie  d'un  faux  passeport, et accompagnée de ses enfants. Après une dizaine de  jours,  les intéressés auraient gagné l'Europe occidentale par avion, atterrissant  dans  un  endroit  inconnu,  et  auraient  finalement  rejoint  la  Suisse  par  le  rail, puis la route. F.  En date  du 4  août  2007, A._______ a déposé une deuxième demande  d'asile en Suisse, sous ce nom. Interrogé sur ses motifs d'asile les 8 août 2007 (audition sommaire) et 22  octobre  2007  (audition  sur  les  motifs),  l'intéressé  a  expliqué  avoir  été  membre du parti K._______ en Syrie, et avoir  illégalement distribué des  tracts. En raison de son activisme politique et suite à une dénonciation, il  aurait été arrêté une première fois à son domicile, et emmené de force à  la prison de H._______, où il aurait été questionné sur son engagement 

D­2270/2009 Page 4 politique et torturé. Invité à mettre un terme à ses activités subversives, il  aurait  été  libéré  après  une  période  de  détention  d'une  semaine  à  dix  jours. Environ un mois et demi plus tard, il aurait encore été enlevé dans  les mêmes circonstances et incarcéré au même endroit. Après avoir subi  de nouveaux interrogatoires et de nouveaux actes de torture, il aurait été  libéré une deuxième fois au bout du même laps de temps. En date du 15  mars  2004,  à  savoir  environ  un mois  après  sa  libération,  il  aurait  fui  la  Syrie.  Il  aurait  passé  la  frontière  avec  la  Turquie  à  pied  depuis  H._______,  puis  aurait  rejoint  L._______  en  taxi.  Avec  l'aide  d'un  passeur, il aurait alors gagné l'Europe occidentale en camion. Le  requérant  a  également  précisé  être  revenu  d'Allemagne  en  Suisse  pour rejoindre sa femme et ses enfants, afin notamment de les protéger  contre  les  agissements  d'un  Kurde  d'Irak  vivant  en  Suisse,  qui  aurait  voulu forcer sa femme à divorcer et à l'épouser. L'intéressé n'a déposé aucun document d'identité à l'appui de sa seconde  demande d'asile. G.  En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  du  14  octobre  2008,  l'Ambassade  de Suisse  à Damas  (ci­après :  l'Ambassade)  a  transmis  à  l'ODM un rapport d'enquête sur  les  intéressés, en date du 14 décembre  2008.  Il  ressort  du  rapport  en  question  que  B._______  et  A._______  possèdent tous deux un passeport syrien et qu'ils ne sont pas recherchés  par les autorités syriennes. D'autre part, B._______ aurait quitté son pays  pour l'Italie le 9 mars 2007. Quant à A._______, il serait parti le 18 juillet  1992 pour la Russie. H.  Invité  par  l'ODM  à  se  déterminer  sur  les  résultats  de  l'enquête  de  l'Ambassade,  A._______  s'est  exprimé  à  ce  propos  par  courrier  du  12  janvier 2009.  Il a  indiqué avoir quitté son pays en 2002, après avoir été  arrêté,  emprisonné  et  torturé,  alors  qu'il  transportait  des  lettres  de  son  parti. Les poursuites à son encontre n'étant pas officielles, il ne serait pas  officiellement  recherché  par  les  autorités.  Il  a  en  outre  expliqué  avoir  participé à deux manifestations pro­kurdes d'opposition au régime syrien  en  2008,  l'une  devant  le  bâtiment  de  M._______  (…)  à  N._______  et  l'autre devant O._______ à P._______, et a indiqué être membre du parti  kurde  K._______.  A  l'appui  de  ses  déclarations,  il  a  produit  des  photographies le présentant lors des manifestations en question.

D­2270/2009 Page 5 I.  Le 27 février 2009, B._______ a également pris position sur le rapport de  l'Ambassade. Elle en a contesté  le contenu et a confirmé  intégralement  les déclarations faites au cours de ses auditions. J.  Par décision du 6 mars 2009,  l'ODM a  rejeté  les demandes d'asile  des  intéressés,  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette mesure. L'ODM a retenu en substance que les récits des requérants  n'étaient pas vraisemblables, que  la simple participation de  l'intéressé à  deux manifestations de protestation n'était pas suffisante pour conclure à  l'existence d'une crainte fondée de persécution en cas de retour en Syrie,  et qu'aucun élément ne faisait obstacle à l'exécution du renvoi. K.  Le  8  avril  2009,  les  intéressés  ont  interjeté  recours  contre  la  décision  susmentionnée,  concluant  principalement  à  la  reconnaissance  de  leur  qualité de réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé de  l'admission provisoire.  Ils ont en outre  requis  le bénéfice de  l'assistance  judiciaire partielle. Dans  leur  mémoire,  ils  ont  précisé  l'état  de  fait,  contesté  les  éléments  d'invraisemblance relevés par  l'ODM et soutenu que les motifs  invoqués  étaient  pertinents  en  matière  d'asile.  Depuis  son  retour  en  Suisse,  A._______  aurait  par  ailleurs  adhéré  à  la  section  suisse  du  parti  K._______.  Quant  à  B._______,  elle  aurait  également  participé  à  des  manifestations et à des rencontres du parti en question. A  l'appui  du  recours,  les  intéressés  ont  produit  les  moyens  de  preuve  suivants : ­  une  attestation  d'affiliation  à  la  section  suisse  du  parti  K._______  au  nom de l'intéressé ; ­ un CD­ROM contenant des photographies des  intéressés participant à  des manifestations et des réunions pro­kurdes en Suisse ; ­  un  DVD  contenant  un  enregistrement  vidéo,  sur  lequel  on  voit  un  téléviseur  filmé,  par  lequel  était  diffusé  un  reportage  sur  une  manifestation pro­kurde. L.  Par décision  incidente du 29 avril 2009,  le  juge chargé de  l'instruction a 

D­2270/2009 Page 6 rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle,  au  vu  du  caractère  d'emblée  voué à  l'échec des  conclusions  prises  par  les  recourants.  Il  a  notamment  été  considéré  que  les  motifs  d'asile  présentés  n'étaient  a  priori  ni  vraisemblables  ni  pertinents.  Un  délai  au  12  mai  2009  a  été  imparti aux recourants pour verser un montant de Fr. 600.­ au titre d'une  avance  de  frais,  en  garantie  des  frais  de  procédure  présumés  et  sous  peine d'irrecevabilité du recours. M.  Le 9 mai 2009, l'avance de frais requise a été versée. N.  En  date  du  17  juillet  2011,  B._______  a  donné  naissance  à  une  fille,  F._______. O.  Par  ordonnance  du  6  septembre  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après : le Tribunal) a demandé à l'autorité intimée de se prononcer sur  le  recours du 8 avril 2009, et de se déterminer plus particulièrement en  tenant  compte  de  la  détérioration  de  la  situation  en  Syrie  depuis  la  décision de l'ODM du 6 mars 2009. P.  Le  15  septembre  2011,  l'office  a  reconsidéré  partiellement  la  décision  querellée et en a modifié le dispositif, en ordonnant l'admission provisoire  des recourants pour cause d'inexigibilité de l'exécution du renvoi. Q.  Par courrier du 23 septembre 2011,  les  intéressés ont  indiqué maintenir  leur  recours du 6 mars 2009, en ce qui concerne  l'asile et  la qualité de  réfugié. A._______  a  pour  sa  part  expliqué  participer  régulièrement  aux  rencontres  et  manifestations  du  parti  K._______  en  Suisse,  de  sorte  qu'un  retour  en  Syrie  dans  les  conditions  actuelles  l'exposerait  à  de  graves mesures de rétorsion de la part du régime en place.  Différents  moyens  de  preuve  ont  par  ailleurs  été  déposés  par  les  recourants,  à  savoir,  pour  l'essentiel,  des  photographies  de  manifestations  et  de  réunions  pro­kurdes,  ainsi  que  des  tracts,  qui  auraient été diffusés sur Internet.

D­2270/2009 Page 7 R.  Les  autres  faits  de  la  cause  seront  évoqués,  si  nécessaire,  dans  les  considérants en droit qui suivent. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent  être contestées, par renvoi de l'art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Les  recourants ont qualité pour  recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté  dans la forme (art. 52 PA) et dans le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrit par  la loi, le recours est recevable. 2.  L'ODM a reconsidéré partiellement sa décision du 6 mars 2009 et admis  provisoirement  les  recourants  en  Suisse,  pour  cause  d'inexigibilité  de  l'exécution du  renvoi. Dès  lors,  seules  les  conclusions  tendant à  l'octroi  de  l'asile  et  à  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  restent  en  suspens,  les  intéressés  ayant  décidé  de maintenir  leur  recours  sur  ces  points (cf. courrier du 23 septembre 2011). 3.  3.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit  public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par  les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62  al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation  retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même  sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours 

D­2270/2009 Page 8 en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29  consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif  que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une  argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41  consid. 2 p. 529s.). 3.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment  de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12  consid. 5.2  p. 154s.,  ATAF  2008/4  consid. 5.4 p. 38s. ;  arrêts du Tribunal administratif  fédéral D­7561/2008  du 15 avril  2010  consid. 1.4, D­7558/2008 du 15 avril  2010  consid. 1.4,  D­3753/2006 du 2 novembre 2009 consid. 1.5, D­7040/2006 du 28 juillet  2009  consid. 1.5  et  D­6607/2006  du  27  avril  2009  consid. 1.5  [et  réf. JICRA cit.]).  Il prend ainsi en considération  l'évolution de  la situation  intervenue depuis le dépôt de la demande d'asile. 4.  4.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 4.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 5.  5.1. S'agissant  des  motifs  d'asile  avancés  par  le  mari,  il  y  a  lieu  de  constater ce qui suit.

D­2270/2009 Page 9 5.1.1. Indépendamment des motifs présentés à l'appui de sa deuxième  demande  d'asile,  la  crédibilité  générale  de  A._______  est  d'emblée  fortement entachée. En effet, dans le cadre de la première procédure d'asile le concernant  en  Suisse,  l'intéressé  s'était  présenté  sous  une  autre  identité  (G._______) et avait livré un récit ne correspondant pas à celui exposé  dans  la  présente  procédure.  Par  ailleurs,  l'autorité  compétente  avait,  en  son  temps,  découvert  que  le  recourant  avait  déjà  demandé  l'asile  en  Allemagne,  contrairement  à  ses  dires.  Or,  même  après  avoir  été  rendu  attentif  au  fait  que  l'autorité  cantonale  compétente  était  désormais  informée  du  dépôt  d'une  telle  demande  en  Allemagne,  l'intéressé a  continué de  taire  l'identité  dont  il  se prévaut  aujourd'hui,  indiquant  s'appeler  J._______.  Au  demeurant,  les  motifs  d'asile  invoqués en Allemagne ne concordent ni avec les motifs allégués lors  de  sa  première  demande  d'asile  en  Suisse,  ni  avec  ceux    qu'il  fait  valoir  actuellement,  ce  qui  a  été  admis  par  le  recourant  (cf. procès­ verbal  de  l'audition  de  l'intéressé  du  22  octobre  2007,  p. 15).  L'explication  fournie  à  ce  propos,  selon  laquelle  le  traducteur  en  Allemagne aurait sciemment trahi ses propos, n'est à ce titre nullement  convaincante (cf. ibidem). En outre, même à admettre qu'il ait donné à  deux reprises une fausse  identité pour échapper à un éventuel  renvoi  en  Allemagne  lors  de  sa  première  demande  de  protection  en  Suisse  (cf. procès­verbal du droit d'être entendu du 1er septembre 2004, p. 2),  on ne voit pas ce qui aurait pu le pousser à modifier par deux fois son  récit. En  définitive,  l'intéressé,  qui  n'est  jamais  retourné  en  Syrie  dans  les  intervalles,  a  donc  présenté  trois  récits  différents  à  l'appui  de  ses  diverses  demandes  d'asile,  livrant  en  outre  trois  identités  différentes,  sans fournir la moindre pièce d'identité, de sorte que la vraisemblance  de l'ensemble de ses allégations est d'emblée sujette à caution. 5.1.2.  Concernant  plus  particulièrement  les  motifs  allégués  dans  la  présente procédure, ceux­ci sont émaillés de divergences multiples. Ainsi,  la  date  du  départ  de  l'intéressé  de  son  pays  d'origine  n'est  pas  clairement  établie.  Celui­ci  a  dans  un  premier  temps  situé  sa  fuite  du  pays  au  15  mars  2004  précisément  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressé  du  8  août  2007,  p. 1  et  7),  avant  de  déclarer  être  incapable  d'avancer  une  date  quelques  semaines  plus  tard,  arguant  ne  pas  se  souvenir  des  dates  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressé  du  22 

D­2270/2009 Page 10 octobre  2007,  p. 4).  Par  la  suite,  dans  sa  lettre  à  l'ODM  du  12  janvier  2009, il a dit avoir quitté la Syrie en 2002, et non plus en 2004.  La  recourante  a,  quant  à  elle,  situé  le  départ  de  son mari  à  juillet­août  2002  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  25  septembre  2007,  p. 11).  Or,  cette  période  de  l'année  ne  correspond  pas  à  celle  mentionnée par l'intéressé, qui situe sa fuite du pays à l'automne et à une  période froide (cf. procès­verbal de l'audition de l'intéressé du 22 octobre  2007, p. 14). 5.1.3.  Les  circonstances  dans  lesquelles  la  recourante  aurait  appris  le  départ  de  son  mari  sont  également  décrites  de  manière  divergente.  L'intéressé  a  assuré  ne  pas  avoir  informé  lui­même  sa  femme  de  son  intention de quitter le pays. Il serait parti sans la prévenir, chargeant ses  parents de  la mettre au courant après son départ, pour éviter qu'elle ne  prenne peur  (cf. procès­verbal  de  l'audition de  l'intéressé du 22 octobre  2007, p. 13 et 14). Son épouse a de son côté soutenu dans un premier  temps avoir été prévenue directement par son mari, par  téléphone, peu  avant sa  fuite  (cf. procès­verbal de  l'audition de  l'intéressée du 20 mars  2007, p. 5). Par la suite, elle a déclaré n'avoir appris l'exil de son mari que  plus  tard, alors que ce dernier séjournait déjà en Allemagne (cf. procès­ verbal de l'audition de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 13). L'intéressée a d'autre part affirmé que suite à la dernière libération de son  époux  en  Syrie,  celui­ci  l'avait  appelée  pour  l'informer  qu'il  se  cachait  chez  un  ami  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  20 mars  2007, p. 5). Plus tard, elle a pourtant dit ignorer complètement l'endroit où  il  s'était  réfugié  à  cette  occasion  (cf.  procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée du 22 octobre 2007, p. 5 et 7). 5.1.4. Contrairement à l'avis des recourants, les divergences relevées ci­ dessus  ne  portent  pas  sur  des  éléments  de  détail, mais  sur  des  points  importants, comme  les motifs d'asile ou  les circonstances de  la  fuite du  pays,  de  sorte  que  la  crédibilité  des  allégués  sur  ces  événements  est  mise à mal. En effet, dites divergences ne peuvent s'expliquer, comme le  suggèrent  les  intéressés, simplement par  le bas niveau de  formation du  recourant ou le caractère stressant des événements vécus. 5.1.5.  Le  recourant  a  en  outre  fourni  une  description  indigente  et  stéréotypée de ses deux séjours en prison (cf. procès­verbal de l'audition  de l'intéressé du 22 octobre 2007, p. 10 à 12), de sorte que la réalité de  ces prétendues incarcérations est douteuse.

D­2270/2009 Page 11 5.1.6.  Par  ailleurs,  selon  le  rapport  de  l'Ambassade  du  14  décembre  2008,  l'intéressé  aurait  quitté  légalement  son  pays  avec  son  propre  passeport  pour  la Russie  le  18  juillet  1992  via Damas  et  ne  serait  pas  recherché par les autorités de son pays. Dans le cadre de son droit d'être  entendu  du  12  janvier  2009,  il  a  prétendu  avoir  quitté  son  pays  illégalement en 2002 à une date non précisée et être toujours recherché  pour  des  motifs  politiques  et  non  pénaux.  Cette  argumentation  n'est  toutefois  pas  crédible,  dès  lors  qu'il  s'agit  d'une  version  de  plus  par  rapport à celles déjà avancées  jusque­là. Au demeurant, dans  le même  courrier du 12 janvier 2009, le recourant soutient que la date du 18 juillet  2002  correspond  à  celle  de  la  délivrance  de  son  passeport,  alors  qu'à  l'audition sommaire il indiquait encore ignorer même l'année au cours de  laquelle son passeport  lui avait été  remis  (cf. procès­verbal de  l'audition  de l'intéressé du 8 août 2007, p. 4). 5.2. S'agissant de la recourante, celle­ci s'est contredite au sujet de son  engagement  politique  en Syrie.  Au  cours  de  l'audition  sommaire,  elle  a  expliqué avoir rompu tout lien avec le parti K._______ après sa première  arrestation  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  l'intéressée  du  20  mars  2007,  p. 4),  alors  que  lors  de  l'audition  suivante,  elle  a  affirmé  avoir  continué à participer  aux  réunions  clandestines,  comme auparavant  (cf.  procès­verbal de l'audition de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 9). 5.2.1.  L'intéressée  a  par  ailleurs  expliqué  avoir  fui  la  Syrie  le  1er  mars  2007  de  manière  illégale.  Or,  selon  le  rapport  d'Ambassade  du  14  décembre  2008,  elle  a  quitté  son  pays  légalement  en  date  du  9  mars  2007, ce qui laisse supposer qu'à ce moment­là, la recourante n'était pas  recherchée par les autorités de son pays, faute de quoi l'intéressée aurait  rencontré  des  difficultés  au  poste­frontière.  A  cela  s'ajoute  que  la  description  du  voyage,  indigente,  relève  du  stéréotype.  Sachant  qu'elle  aurait voyagé, selon ses dires, avec un passeport falsifié, qu'elle n'aurait  par ailleurs jamais eu entre les mains, il est difficile d'imaginer qu'elle ait  réussi à se soustraire aux contrôles particulièrement rigoureux en vigueur  dans les aéroports, notamment en Europe. La recourante ignore en outre  l'endroit où elle aurait atterri en Europe occidentale (cf. procès­verbal de  l'audition  de  l'intéressée  du  20  mars  2007,  p. 6).  Enfin,  le  prix  qu'elle  aurait déboursé pour  financer son voyage, soit 1'300'000  lires syriennes  (quelque 25'000 à 30'000 francs en 2007 ; cf. procès­verbal de l'audition  de l'intéressée du 25 septembre 2007, p. 12), apparaît disproportionné.  5.2.2. En  outre,  l'intéressée  aurait  obtenu  un  passeport  syrien  en  2004  (cf. rapport  d'Ambassade  du  14  décembre  2008),  ce  qui  laisse  penser 

D­2270/2009 Page 12 qu'elle avait déjà l'intention de quitter son pays d'origine à ce moment­là,  soit  avant  sa  prétendue  deuxième  détention,  qui  serait  selon  elle  à  l'origine  de  son  départ  du  pays.  D'ailleurs,  en  2004,  le  recourant  avait  déjà  déclaré  que  son  épouse  et  ses  enfants  étaient  en  route  pour  le  retrouver  en  Europe  (cf. procès­verbal  du  droit  d'être  entendu  du  1er  septembre 2004, p. 4). 5.3.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  les  motifs  d'asile  invoqués  par  les  intéressés ne satisfont pas au critère de vraisemblance énoncé par l'art. 7  LAsi. 5.4.  Au  demeurant,  concernant  l'intéressée,  même  à  admettre  la  vraisemblance  de  son  récit,  les  persécutions  alléguées  ne  sont  pas  pertinentes  au  sens  de  l'art. 3  LAsi.  En  effet,  aucun  lien  de  causalité  temporelle n'existe entre sa dernière arrestation alléguée,  intervenue en  2005,  et  son  départ  de  Syrie  deux  ans  plus  tard.  Elle  a  par  ailleurs  prétendu avoir fui le pays également dans le but de rejoindre son mari et  de vivre avec lui, ce qui ne constitue pas un motif d'asile. 5.5. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il porte sur l'octroi de l'asile, doit  être rejeté. 6.  6.1. Reste à examiner si  les  intéressés peuvent se prévaloir d'un risque  de persécution en raison de motifs survenus postérieurement à leur fuite  du pays. 6.2.  Celui  qui  se  prévaut  d'un  risque  de  persécution  dans  son  pays  d'origine ou de provenance, engendré uniquement par son départ de ce  pays  ou  par  son  comportement  dans  son  pays  d'accueil,  fait  valoir  des  motifs subjectifs survenus après la fuite, au sens de l'art. 54 LAsi. 6.2.1. En présence de  tels motifs,  la qualité de  réfugié est  reconnue si,  après un examen approfondi des circonstances,  il doit être présumé, au  sens  de  l'art.  7  LAsi,  que  les  activités  exercées  dans  le  pays  d'accueil  sont arrivées à la connaissance des autorités du pays d'origine et que le  comportement  de  l'étranger  concerné  entraînerait  une  condamnation  illégitime de la part de ces autorités (cf. ATAF 2009/29 consid. 5.1 p. 376  s., ATAF 2009/28 consid. 7.1 p. 352; JICRA 2000 n°16 consid. 5a p. 141  s. et réf. cit., JICRA 1995 n° 9 consid. 8c p. 91 et référence citée; WALTER  STÖCKLI, Asyl,  in: Peter Uebersax/Beat Rudin/Thomas Hugi Yar/Thomas 

D­2270/2009 Page 13 Geiser  [Hrsg.]  Ausländerrecht,  Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  Band  VIII, 2ème éd., Bâle 2009, p. 542, ch. 11.55 ss; MINH SON NGUYEN, Droit  public des étrangers, Berne 2003, p. 448 ss). 6.2.2. L'art. 54 LAsi doit être compris dans son sens strict, à savoir que  les  motifs  subjectifs  postérieurs  à  la  fuite  peuvent,  certes,  justifier  la  reconnaissance de la qualité de réfugié au sens de l’art. 3 LAsi, mais pas  à l’octroi de l’asile, indépendamment de la question de savoir s'ils ont été  allégués abusivement ou non. De plus, la conséquence que le législateur  a voulu attribuer aux motifs subjectifs  intervenus après  la  fuite, à savoir  l'exclusion de l'asile, interdit leur combinaison avec des motifs antérieurs  à  la  fuite,  respectivement  des motifs  objectifs  postérieurs  à  celle­ci,  par  exemple  dans  l'hypothèse  où  ceux­là  ne  seraient  pas  suffisants  pour  fonder  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  (cf.  JICRA 1995  n°  7  consid. 7 et 8 p. 66 ss). 6.3.  En  l'espèce,  A._______  a  expliqué  avoir  pris  part  à  plusieurs  manifestations  d'opposition  au  régime  syrien  en  Suisse.  En  qualité  de  membre de la section suisse du parti K._______, il a en outre participé à  des  réunions du parti en question. Son épouse B._______ a également  assisté  à  des  réunions  du  parti,  ainsi  qu'à  des  rassemblements  de  protestation. Selon les recourants, certaines photographies prises lors de  manifestations ou de réunions, sur lesquelles ils figurent, seraient visibles  sur Internet. 6.4. Dans sa décision du 6 mars 2009,  l'ODM a estimé que les activités  du recourant en Suisse n'étaient pas susceptibles d'entraîner pour lui de  séreux préjudices en cas de retour en Syrie, précisant que rien n'indiquait  que  les  photographies  produites  avaient  été  publiées,  et  que  les  noms  des participants n'apparaissaient pas.  Les  intéressés,  dans  leur  recours  du  8  avril  2009,  ont  pour  leur  part  soutenu que leurs activités subversives étaient connues du régime syrien,  et  qu'un  retour  dans  leur  pays  les  exposerait  à  des  mesures  déterminantes en matière d'asile. Invité  à  se  déterminer  sur  l'ensemble  de  la  cause  par  ordonnance  du  Tribunal du 6 septembre 2011, en tenant compte de la détérioration de la  situation  en  Syrie  depuis  la  date  à  laquelle  sa  décision  a  été  rendue,  l'ODM, dans sa détermination du 15 septembre 2011, ne s'est pas du tout  prononcé sur les motifs du recours en lien avec la reconnaissance de la  qualité de réfugié.

D­2270/2009 Page 14 Dans leur courrier du 23 septembre 2011, les recourants ont réitéré leurs  craintes de persécution en cas de retour en Syrie, au vu des nombreuses  réunions  et  manifestations  du  parti  K._______  auxquelles  A._______  aurait pris part, et de la péjoration récente de la situation des opposants  dans le pays. 6.5.  Force  est  de  constater  que  la  situation  qui  prévaut  aujourd'hui  en  Syrie est plus tendue qu'elle ne l'était au moment où la décision de l'ODM  a été rendue en 2009. Depuis mars 2011, une  insurrection est en cours  dans  ce  pays  et  une  répression  a  lieu  qui  a  fait  plusieurs  milliers  de  victimes, selon les sources internationales disponibles. Dans ce contexte,  les services de sécurité syriens ne se contentent pas d'agir à l'intérieur du  pays, mais ils surveillent également les activités d'opposition déployées à  l'étranger.  Cela  ne  signifie  pas  pour  autant  que  tous  les  ressortissants  syriens  qui  se  trouvent  à  l'étranger  risquent  des  préjudices  en  cas  de  retour. L'intérêt des représentants des autorités syriennes à l'étranger se  concentre pour l'essentiel sur les personnes possédant un profil politique  particulier, qui agissent au­delà du cadre habituel d’opposition de masse  et qui occupent des fonctions ou déploient des activités d’une nature telle  (le  critère  de  dangerosité  se  révélant  déterminant)  qu’elles  seraient  susceptibles  de  représenter  une  menace  sérieuse  et  concrète  pour  le  gouvernement. 6.6. En l'espèce, les recourants ne remplissent pas personnellement ces  conditions. Leur engagement en Suisse est mineur, dès lors qu'ils se sont  contentés d'une participation passive à des manifestations sans qu'ils ne  se distinguent de la masse des manifestants. Ils n'ont joué aucun rôle de  premier plan au point que l'on pourrait admettre qu'ils puissent apparaître  comme représentant un  risque sérieux et concret pour  le gouvernement  syrien en cas de retour.  Il n'est pas  inutile de rappeler dans ce contexte  que  le  recourant  a  été  jugé  personnellement  peu  crédible  en  lien  avec  ses motifs d'asile, que son récit a été jugé invraisemblable et qu'il a quitté  son  pays  légalement  avec  son  passeport.  Il  ne  fait  pas  non  plus  partie  d'une  famille  engagée  politiquement  et  n'a  nullement  démontré  que  les  membres de sa famille restés sur place après sa fuite auraient subi des  préjudices  ou  auraient  été  interpellés  ou  interrogés  après  sa  fuite.  Sa  qualité de kurde ajanib n'est pas non plus établie, puisque contrairement  à  ce  qu'il  a  prétendu  dans  un  premier  temps,  il  aurait  bien  obtenu  un  passeport de la part des autorités syriennes, ainsi qu'une carte d'identité.  Quant à la recourante, son engagement politique au pays a été des plus  discrets  et,  même  à  admettre  son  arrestation  en  2005,  force  serait  de  constater  qu'elle  aurait  encore  attendu  quelque  deux  ans  avant  de 

D­2270/2009 Page 15 s'expatrier,  qui plus est  selon  toute  vraisemblance de manière  légale et  avec  son  passeport.  Ainsi,  elle  n'a  pas  rendu  vraisemblable  un  engagement politique au pays d'un niveau suffisant pour  rencontrer des  difficultés  au  moment  de  quitter  légalement  son  pays.  Quant  à  son  engagement  politique  en  Suisse,  il  a  été  mineur.  Au  demeurant,  il  ne  ressort  pas  des  allégués  de  la  recourante  qu'un  de  ses  proches  aurait  rencontré de problèmes en Syrie  suite à  son départ. Elle n'est  pas non  plus  membre  d'une  famille  politiquement  engagée  en  Syrie.  Dans  ces  conditions,  l'engagement  politique  déployé par  les  intéressés  en Suisse  ne paraît pas d'une ampleur et d'une intensité suffisantes pour leur valoir  un risque concret et sérieux de préjudice en cas de retour. La qualité de  réfugié pour des motifs subjectifs postérieurs à la fuite ne peut donc leur  être reconnue.  6.7. Dès lors, le recours doit être également rejeté en ce qu'il porte sur le  refus  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  la  décision  de  l'ODM du 6 mars 2009 confirmée sur ce point. 7.  Aucune des conditions de l'art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 2009 sur  l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311), n'étant réalisée, et en  l'absence  notamment  d'un  droit  des  recourants  à  une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement,  l'autorité  de  céans  est  tenue  de  confirmer  le  renvoi (art. 44 al. 1 LAsi). 8.  Pour  le  reste,  à  savoir  l'exécution  du  renvoi,  le  recours  est  sans  objet,  l'ODM ayant reconsidéré sa décision du 6 mars 2009 sur cette question le  15 septembre 2011. 9.  S'agissant des frais de procédure, il sied de constater que les recourants  ont  déclaré  maintenir  leur  recours  en  matière  d'asile  et  de  qualité  de  réfugié suite à la reconsidération de la décision attaquée le 23 septembre  2011. Puisqu'ils succombent sur l'entier des conclusions maintenues, il y  a  lieu  de  mettre  les  frais  de  procédure,  s'élevant  à  Fr. 600.­,  à  leur  charge, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let. b du règlement du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2).

D­2270/2009 Page 16

D­2270/2009 Page 17 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le  recours,  en  tant  qu'il  porte  sur  le  refus  de  l'asile  et  de  la  reconnaissance de la qualité de réfugié, est rejeté. 2.  Le recours est sans objet en tant qu'il concerne l'exécution du renvoi. 3.  Les  frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge  des  recourants.  Ils  sont  compensés  avec  l'avance  de  frais  de  même  montant versée le 9 mai 2009. 4.  Le présent arrêt est adressé au mandataire des recourants, à l'ODM et à  l'autorité cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : Gérald Bovier Mathieu Ourny Expédition :

D-2270/2009 — Bundesverwaltungsgericht 26.01.2012 D-2270/2009 — Swissrulings