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Bundesverwaltungsgericht 16.01.2012 C-4183/2011

16 gennaio 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,605 parole·~13 min·1

Riassunto

Fin du séjour (divers) | Renvoi de Suisse

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­4183/2011 Arrêt   d u   1 6   janvier   2012 Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège),  Andreas Trommer, Ruth Beutler, juges, Claudine Schenk, greffière. Parties 1. A._______,  2. B._______,  3. C._______,  4. D._______,  tous représentés par le Centre social protestant (CSP), en la personne de Mme Magalie Gafner, rue Beau­ Séjour 28, 1003 Lausanne, recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6,  3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Renvoi de Suisse.

C­4183/2011 Page 2 Faits : A.  A.a Par requête du 20 juin 2008, A._______ (ressortissant équatorien, né  en  1969)  a  sollicité  du  Service  de  la  population  du  canton  de  Vaud  (SPOP)  la  régularisation de ses conditions de séjour et de celles de sa  famille, à savoir de son épouse B._______ (ressortissante équatorienne,  née  en  1972)  et  de  leurs  enfants  C._______  et  D._______  (nés  respectivement en 1997 et en 2004).  Le 27 juillet  2009,  le SPOP a avisé  le  requérant qu'il  était  disposé à  lui  délivrer  une  autorisation  de  séjour  pour  cas  individuel  d'une  extrême  gravité, ainsi qu'à son épouse et à ses enfants, pour autant que l'autorité  fédérale de police des étrangers en approuve l'octroi. A.b  Par  décision  du  28 janvier  2010,  l'Office  fédéral  des  migrations  (ODM)  a  refusé  de  donner  son  approbation  à  l'octroi  des  autorisations  sollicitées,  fondées  sur  l'art. 30  al.  1  let.  b  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr, RS 142.20).  A.c  Par  arrêt  du  14 décembre  2010,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (TAF)  a  rejeté  le  recours  formé  contre  cette  décision  par A._______  et  par B._______ (pour eux­mêmes et leurs enfants par l'entremise de leur  mandataire),  considérant  que  les  intéressés  ne  se  trouvaient  pas  dans  une  situation  d'extrême  gravité,  telle  que  définie  par  la  législation  et  la  jurisprudence en la matière. Il a par ailleurs renvoyé la cause à l'autorité  inférieure,  afin que celle­ci  se prononce sur  le  renvoi des  intéressés de  Suisse (cf. arrêt du TAF C­636/2010 du 14 décembre 2010, partiellement  publié in: ATAF 2010/55 p. 804ss). Le Tribunal a retenu en substance que les recourants, malgré leur séjour  prolongé  en  Suisse,  ne  pouvaient  se  targuer  d'une  intégration  professionnelle  réussie  et  qu'au  plan  social,  leur  intégration  n'avait  rien  d'extraordinaire.  Il  a  par  ailleurs  considéré  que  la  situation  de  leurs  enfants n'était pas de nature à conduire à une appréciation différente, dès  lors que leur fils (qui venait d'entamer sa septième année scolaire, après  un passage dans une classe à effectif réduit) n'avait pas encore atteint en  Suisse un niveau de formation particulièrement élevé et que leur fille (qui  venait  de  débuter  sa  scolarité  obligatoire)  ne  jouissait  pas  d'attaches  importantes dans ce pays, au  regard de son  jeune âge.  Il a par ailleurs  réfuté  l'argument  des  recourants  selon  lequel  un  refus  d'autorisation  prononcé  in  casu  constituerait  une  ingérence  inadmissible  dans  le  droit  au  respect  de  la  vie  privée  et  familiale  consacré  par  l'art. 8  de  la 

C­4183/2011 Page 3 convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et  des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101). A.d Par arrêt du 6 avril 2011,  le Tribunal  fédéral (TF), saisi d'un recours  pour  atteinte  à  la  protection  de  la  vie  privée  et  familiale  garantie  par  l'art. 8 CEDH,  a  débouté  les  intéressés  de  toutes  leurs  conclusions  (cf.  arrêt du TF 2C_75/2011).  La Haute Cour a  jugé que  les  recourants et  leurs enfants ne pouvaient  déduire  aucun  droit  de  séjour  de  l'art. 8  CEDH  sous  l'angle  de  la  protection  de  la  vie  familiale,  en  l'absence  de  liens  familiaux  avec  une  personne  disposant  d'un  droit  de  présence  assuré  en  Suisse,  ni  sous  l'angle  de  la  protection  de  la  vie  privée,  à  défaut  d'intégration  particulièrement marquée dans ce pays. A ce propos, elle a observé que  les recourants n'avaient pas démontré avoir fait preuve d'un engagement  particulier  dans  l'un  des  nombreux  aspects  de  la  vie  en  société  et  que  leur  intégration  au  plan  professionnel  apparaissait  "médiocre",  de  sorte  que de sérieux doutes pouvaient être émis quant à  leur  faculté de  faire  face durablement aux besoins économiques de leur famille. Elle a estimé,  dans  ces  conditions,  que  le  risque  que  cette  famille  émarge  un  jour  à  l'aide  sociale  semblait  important. Elle  a  par  ailleurs  constaté que  la  fille  des  intéressés, vu son  jeune âge, pouvait sans conteste s'adapter à un  nouvel  environnement  et  que  la  situation  de  leur  fils  (dont  les  résultats  scolaires ­ après  quelques  difficultés  d'apprentissage  initiales ­  paraissaient  aujourd'hui  relativement  bons)  ne  pouvait  être  assimilée  à  celle d'un adolescent ayant achevé sa scolarité obligatoire avec succès et  entamé  une  formation  professionnelle  ou  des  études  ne  pouvant  être  poursuivies  dans  le  pays  d'origine.  Enfin,  elle  a  rappelé  que  lorsque,  comme en  l'espèce,  le séjour n'avait pas été accompli à  la  faveur d'une  autorisation de séjour en bonne et due forme, mais dans l'illégalité ou à la  faveur  d'une  simple  tolérance,  la  durée  du  séjour  ne  constituait  pas  un  élément  déterminant,  de  sorte  que  "seule  une  intégration  sociale  et  professionnelle tout à fait exceptionnelle" pouvait fonder un droit de séjour en  vertu de la protection de la vie privée garantie par l'art. 8 CEDH. B.  Par courriers des 20 janvier et 29 avril 2011, l'ODM a avisé A._______ et  B._______  qu'il  envisageait  de  prononcer  leur  renvoi  et  celui  de  leurs  enfants de Suisse et leur a accordé le droit d'être entendu. Les intéressés ont pris position les 11 et 30 mai 2011, faisant valoir que  le renvoi de leur famille était "illicite, en ce sens qu'il viol[ait] le droit de l'enfant 

C­4183/2011 Page 4 C._______ au respect de sa vie privée garanti par l'art. 8 CEDH". Ils ont versé  en cause un écrit manuscrit de C._______ et quatre lettres de soutien en  sa  faveur.  Ils  ont  également  fourni  deux  attestations  médicales  datées  des 14 janvier  et  4 mai 2011, dans  lesquelles  le dentiste de C._______  expliquait  avoir  posé  un  appareil  orthodontique  au  mois  de  décembre  2010 et  faisait  valoir qu'il était  impératif de continuer ce  traitement ­ pris  en  charge  par  l'assurance­invalidité ­ pendant  "environ  deux  ans"  (selon  l'attestation  la  plus  récente).  Ils  ont  finalement  produit  des  documents  qu'ils  avaient  déjà  fournis  précédemment  (notamment  une  ancienne  attestation de la logopédiste et de la psychologue scolaire de C._______  datée du 21 janvier 2010).   C.  Par décision du 11 juillet 2011, l'ODM a prononcé le renvoi des intéressés  de Suisse. L'office a retenu en résumé qu'un retour en Equateur ne poserait pas de  difficultés  insurmontables  à  A._______  et  à  B._______  puisque  les  prénommés  avaient  passé  la majeure  partie  de  leur  existence  dans  ce  pays ­  où  ils  bénéficiaient  d'importantes  attaches  familiales  et,  à  n'en  point  douter,  d'un  large  réseau social ­ et  étaient  en parfaite  santé,  ni  à  leur fille qui, vu son jeune âge, demeurait  largement dépendante de ses  parents.  Il  a  également  observé  qu'il  ne  ressortait  pas  des  attestations  médicales  produites  que C._______  souffrirait  de  graves  problèmes  de  santé susceptibles de constituer un obstacle à l'exécution de son renvoi,  et  qu'au  regard  de  l'ensemble  des  circonstances,  on  pouvait  raisonnablement  exiger  de  l'intéressé ­ qui  parlait  parfaitement  l'espagnol ­ qu'il poursuive sa scolarité en Equateur. D.  Par acte du 26 juillet 2011, A._______ et B._______ (agissant pour eux­ mêmes et  leurs enfants par  l'entremise de  leur mandataire) ont  recouru  contre cette décision auprès du TAF. Ils  ont  conclu  à  ce  qu'il  soit  constaté  que  le  renvoi  de  leur  famille  était  "illicite, en ce sens qu'il viol[ait]  le droit de  l'enfant C._______ au respect de sa  vie privée et familiale garanti par l'art. 8 CEDH", se prévalant à cet égard de la  jurisprudence  des  instances  européennes  et  du  TF  en  matière  de  protection de  la vie privée.  Ils ont  fait valoir que  le bien de  leur  fils ­ qui  avait  effectué  toute  sa  scolarité  en  Suisse,  n'avait  pas  choisi  d'y  vivre  dans  la  clandestinité  et  ne  maîtrisait  pas  l'espagnol  écrit ­ devait  faire  pencher  la balance des  intérêts privés et publics en présence en  faveur 

C­4183/2011 Page 5 de  leur  famille,  d'autant  plus  qu'ils  étaient  désormais  financièrement  autonome. Les 26 juillet et 6 septembre 2011, ils ont notamment versé en cause les  pièces  qu'ils  avaient  déjà  produites  les  11  et  30 mai  2011,  le  nouveau  contrat  de  travail  de  la  recourante  et  les  dernières  fiches  de  salaire  du  recourant. E.  Dans  sa détermination  du 5  octobre  2011,  l'ODM a proposé  le  rejet  du  recours, complétant sa motivation sous l'angle de l'art. 8 CEDH. F.  Les  recourants,  par  l'entremise  de  leur  mandataire,  ont  répliqué  le  7 novembre  2011.  Ils  ont  repris  l'argumentation  qu'ils  avaient  précédemment  développée,  insistant  sur  le  fait  que  C._______  avait  réussi à réintégrer le cursus scolaire ordinaire, parvenant à surmonter les  difficultés  qui  l'avaient  amené  à  être  placé  dans  une  classe  à  effectif  réduit. Ils ont également fait valoir que l'intéressé appréhendait fortement  son  retour  en  Equateur,  d'autant  plus  que  ses  connaissances  de  l'espagnol étaient strictement orales. A l'appui de leurs dires, ils ont notamment fourni un certificat médical daté  du  24  octobre  2011  (attestant  que  C._______  était  suivi  pour  une  angoisse  liée  à  l'idée  d'une  éventuelle  expulsion  de  Suisse),  une  attestation scolaire du 30  juin 2011  (confirmant que  l'intéressé avait été  promu au 8ème  degré de  la  voie  secondaire  générale)  et  trois  lettres  de  soutien supplémentaires. Droit : 1.  1.1. Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32)  entrée  en  vigueur le 1er janvier 2007, le TAF, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier,  les décisions  rendues par  l'ODM  (qui  constitue une unité  de l'administration fédérale au sens de l'art. 33 let. d LTAF) en matière de 

C­4183/2011 Page 6 renvoi  sont  susceptibles  de  recours  au  TAF,  qui  statue  de  manière  définitive  (cf. art. 1 al. 2 LTAF, en relation avec  l'art. 83  let. c ch. 4 de  la  loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF, en relation avec l'art. 112 al. 1  LEtr). 1.3. A._______ et B._______ (ci­après: les recourants), qui agissent pour  eux­mêmes et leurs enfants, ont qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA).  Présenté  dans  la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable (cf. art. 50 et art. 52 PA). 2.  Le recourant peut  invoquer devant  le TAF  la violation du droit  fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte  ou  incomplète  des  faits  pertinents  et,  à  moins  qu'une  autorité  cantonale  n'ait  statué  comme  autorité  de  recours,  l'inopportunité  de  la  décision entreprise  (cf. art. 49 PA). Le TAF, qui applique d'office  le droit  fédéral, n'est pas lié par les motifs invoqués à l'appui du recours (cf. art.  62 al. 4 PA; ATAF 2007/41 consid. 2 p. 529s., et  les  références citées).  Aussi peut­il admettre ou rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux  invoqués. Dans son arrêt, il prend en considération l'état de fait et de droit  régnant  au  moment  où  il  statue  (cf. ATAF  2011/1  consid.  2  p. 4,  et  la  jurisprudence citée). 3.  3.1.  Dans  la  mesure  où  les  recourants  et  leurs  enfants  n'ont  obtenu  aucun titre de séjour, c'est à bon droit que l'ODM a prononcé leur renvoi  de Suisse, conformément à l'art. 64 al. 1 let. c LEtr.  C'est  le  lieu  de  rappeler  que  le  renvoi  prononcé  en  vertu  de  cette  disposition  (une  norme  à  caractère  contraignant,  qui  ne  confère  aucun  pouvoir  d'appréciation  à  l'autorité)  constitue  une  décision  d'exécution  visant à mettre fin à une situation contraire au droit (à savoir à l'illégalité  du  séjour  de  l'étranger  ne  bénéficiant  pas  d'un  droit  de  présence  en  Suisse)  et,  partant,  la  conséquence  logique  et  inéluctable  d'un  refus  d'autorisation (cf. NICOLAS WISARD, Les renvois et leur exécution en droit  des étrangers et en droit d'asile, Bâle/Francfort­sur­le­Main 1997, p. 90ss  et  100ss;  ANDREAS  ZÜND/LADINA  ARQUINT  HILL,  Beendigung  der  Anwesenheit,  Entfernung  und  Fernhaltung,  in:  Peter  Uebersax/Beat  Rudin/Thomas Hugi Yar/Thomas Geiser [éd.], Ausländerrecht, Bâle 2009, 

C­4183/2011 Page 7 p.  348  n.  8.61;  parmi  d'autres,  cf.  l'arrêt  du  TAF  C­5795/2009  et  C­1162/2011 du 23 novembre 2011 consid. 4.3). 3.2. La décision de renvoi de Suisse étant confirmée dans son principe, il  convient d'examiner si  le dossier  fait apparaître  l'existence d'obstacles à  l'exécution  du  renvoi  justifiant  d'inviter  l'ODM  à  prononcer  l'admission  provisoire des intéressés, en application de l'art. 83 al. 1 LEtr. Tel est  le cas  lorsque  l'exécution du renvoi n'est pas possible, n'est pas  licite ou ne peut être raisonnablement exigée au sens de l'art. 83 al. 2 à 4  LEtr. En  vertu  de  cette  disposition,  l'exécution  du  renvoi  n'est  pas  possible  lorsque l'étranger ne peut pas quitter la Suisse pour son pays d'origine ou  de  provenance  ou  un  Etat  tiers,  ni  être  renvoyé  dans  un  de  ces  Etats  (al. 2). Elle n'est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l'étranger dans son pays  d'origine  ou  de  provenance  ou  dans  un  Etat  tiers  est  contraire  aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (al.  3).  Enfin,  elle  ne  peut  pas  être  raisonnablement  exigée  si  le  renvoi  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée ou de nécessité médicale (al. 4). 3.3.  L'exécution  du  renvoi  est  illicite  au  sens  de  l'art. 83  al. 3  LEtr  notamment  lorsqu'elle  contrevient  aux  engagements  de  la  Suisse  découlant de l'art. 3 CEDH et de l'art. 3 de la convention du 10 décembre  1984 contre  la  torture et autres peines ou  traitements cruels,  inhumains  ou  dégradants  (Conv.  torture,  RS  0.105),  à  savoir  lorsque  l'étranger  démontre à satisfaction qu'il encourt un véritable risque concret et sérieux  d'être  victime  de  tortures  ou  d'autres mauvais  traitements  dans  le  pays  dans  lequel  il  est  renvoyé  (cf.  ATAF  2009/2  consid. 9.1  p. 19;  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d'asile  [JICRA]  1996  n° 18  consid.  14a  et  14b  p.  182ss,  par  analogie). A certaines conditions, la protection garantie par l'art. 8 CEDH  peut également représenter un obstacle à l'exécution du renvoi (cf. ATAF  2009/2  précité  consid. 9.1.6  p. 20;  WALTER  STÖCKLI,  Asyl,  in:  Peter  Uebersax/Beat  Rudin/Thomas  Hugi  Yar/Thomas  Geiser  [éd.],  Ausländerrecht,  Bâle  2009,  p.  547  n. 11.67;  RUEDI  ILLES,  in:  Caroni/Gächter/Thurnherr  [éd.],  Bundesgesetz  über  die  Ausländerinnen  und Ausländer [AuG], Berne 2010, ad Art. 83 AuG, p. 797 n. 27).

C­4183/2011 Page 8 Dans  l'hypothèse  où  le  risque  de  mauvais  traitements  est  lié  à  des  facteurs n’engageant pas (directement ou indirectement) la responsabilité  des autorités du pays de destination, par exemple à une maladie grave  survenue  naturellement  ne  pouvant  être  soignée  dans  ce  pays  en  l'absence de ressources suffisantes pour y faire face, la Cour européenne  des  droits  de  l'homme  (CourEDH),  dans  sa  jurisprudence  constante,  a  jugé  que  le  seuil  à  partir  duquel  une  violation  de  l'art. 3  CEDH  pouvait  être admise était élevé. Selon cette jurisprudence, qui a été reprise par le  TAF  (cf. ATAF  2009/2  précité  consid. 9.1.3  p. 19s.),  la  décision  de  renvoyer un étranger atteint d'une maladie  (physique ou mentale) grave  dans un pays disposant de possibilités de traitement  inférieures à celles  offertes par  l'Etat contractant ne peut en effet  justifier  la mise en oeuvre  de  cette  norme  conventionnelle  que  dans  des  circonstances  très  exceptionnelles  et  pour  autant  que  des  considérations  humanitaires  impérieuses  militent  contre  le  refoulement;  le  fait  que  l'étranger  doive  s'attendre à une dégradation importante de sa situation (et notamment à  une  réduction  significative  de  son  espérance  de  vie)  dans  le  pays  de  destination n'est en soi pas suffisant (cf. l'arrêt de la Grande Chambre de  la CourEDH N. c. Royaume­Uni du 27 mai 2008, requête no 26565/05, §  42 à 44, arrêt qui contient par ailleurs un aperçu de la jurisprudence de la  CourEDH relative à l'expulsion des personnes gravement malades aux §  29 à 41). A titre d'exemple, on relèvera que, dans l'arrêt D. c. Royaume­ Uni  du  2 mai  1997  (requête  no  30240/96,  §  49ss),  qui  concernait  un  ressortissant  de  Saint­Kitts  atteint  du  Sida  en  phase  terminale,  les  circonstances  très  exceptionnelles  et  considérations  humanitaires  impérieuses en  jeu résidaient dans  le fait que  l'intéressé était proche de  la mort et ne pouvait espérer bénéficier dans son pays de soins médicaux  ou d'un quelconque soutien familial pour l'héberger, s'occuper de lui et lui  fournir un minimum de nourriture, de sorte que l'exécution de son renvoi  l'aurait  exposé  à  un  risque  réel  de  mourir  dans  des  circonstances  particulièrement douloureuses (cf. les commentaires figurant à ce propos  dans l'arrêt N. c. Royaume­Uni précité, § 42; cf. également l'arrêt du TAF  C­411/2006  du  12 mai  2010  [qui  concernait  un  ressortissant  équatorien  atteint du sida], consid. 9.4.1 par analogie). 3.4. En revanche,  le prononcé d'une admission provisoire en application  de l'art. 83 al. 4 LEtr n'intervient pas en raison d'engagements pris par la  Suisse  relevant  du droit  international, mais  uniquement  pour  des motifs  humanitaires.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu'ils  ne  sont  pas  personnellement  persécutés, mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou 

C­4183/2011 Page 9 de violence généralisée; elle se rapporte en second lieu à des personnes  pour  qui  un  retour  reviendrait  également  à  les mettre  concrètement  en  danger, parce qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  conduites  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées  à  la  famine,  à  une  dégradation  grave  de  leur  état  de  santé,  à  l'invalidité,  voire  à  la  mort.  En  revanche,  les  difficultés  socio­ économiques qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier  en matière de pénurie de soins, de logements, d'emplois et de moyens de  formation,  ne  suffisent  pas  en  soi  à  réaliser  une  telle  mise  en  danger  (cf. Message  du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure d’asile [APA] du 25 avril 1990, FF 1990 II 537ss, spéc. p. 625;  ATAF  2009/52  consid.  10.1  p. 756s.,  et  la  jurisprudence  citée;  JICRA  2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215, et la jurisprudence citée, par analogie). Selon  la  jurisprudence,  l'exécution  du  renvoi  d'une  personne  en  traitement médical en Suisse ne devient inexigible que si cette personne  est  affectée  de  problèmes  médicaux  susceptibles  d'entraîner,  faute  de  possibilités  de  soins  essentiels  (par  quoi  il  faut  entendre  les  soins  de  médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à la garantie de  la dignité humaine) dans le pays d'origine, une dégradation très rapide de  son état de santé au point de conduire d'une manière certaine à la mise  en  danger  concrète  de  sa  vie  ou  à  une  atteinte  sérieuse,  durable  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique  ou  psychique.  En  revanche,  le  seul  fait  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical dans le pays d'origine ou de destination de l'étranger n'atteint pas  le standard élevé qu'on trouve en Suisse ne saurait, en soi, constituer un  obstacle  à  l'exécution  du  renvoi  (cf.  ATAF  2009/2  consid. 9.3.2  p. 21;  JICRA  2003  n° 24  consid. 5b  p. 157s.,  et  les  références  citées,  par  analogie; cf. également  l'arrêt du TAF C­411/2006 précité, consid. 9.5.1  par analogie). 3.5. Enfin,  l'exécution du  renvoi est  impossible au sens de  l'art. 83 al. 2  LEtr  lorsque  le  refoulement  se  heurte  à  des  obstacles  objectifs  et  durables d'ordre technique (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513ss; JICRA  2006 n° 15 p. 157ss, par analogie).  4.  4.1. D'emblée,  il  sied  de  relever  que  les  recourants,  qui  sont  tenus  de  collaborer  à  l'obtention  de  documents  de  voyage  leur  permettant  de  retourner dans leur pays d'origine avec leurs enfants, n'allèguent pas (et, 

C­4183/2011 Page 10 a  fortiori,  ne  démontrent  pas)  que  le  refoulement  de  leur  famille  se  heurterait à des obstacles d'ordre technique et serait ainsi matériellement  impossible au sens de l'art. 83 al. 2 LEtr. 4.2. En outre,  les recourants ne font pas valoir qu'ils seraient exposés à  des mauvais traitements dans leur patrie, autrement dit que leur situation  ou  celle  de  leurs  enfants  entrerait  dans  les  prévisions  des  garanties  internationales contre le refoulement ou d'autres engagements pris par la  Suisse relevant du droit international, tels qu'ils découlent notamment de  l'art. 3 CEDH.  Quant  aux  problèmes  de  santé  de  leur  fils  C._______,  attestés  par  les  documents  médicaux  versés  en  cause,  ils  ne  présentent  de  toute  évidence  pas  le  degré  de  gravité  requis  par  la  norme  conventionnelle  précitée et  la  jurisprudence y relative (cf. consid. 3.3 supra). Le Tribunal  de  céans examinera donc  cette  question exclusivement  sous  l'angle  de  l'exigibilité de l'exécution du renvoi (cf. consid. 5.3 infra). 4.3. En revanche,  les recourants  invoquent que  l'exécution du renvoi de  leur  famille  serait  illicite  en  ce  sens  qu'elle  constituerait  une  atteinte  au  droit de leur fils C._______ à la protection de sa vie privée et familiale au  sens de l'art. 8 CEDH. Ils produisent par ailleurs de nouveaux documents  visant à démontrer leur intégration et celle de C._______ en Suisse.  A ce propos,  il convient  toutefois de relever que, selon  la conception du  droit helvétique des étrangers et la jurisprudence constante en la matière,  le moyen tiré du droit au respect de  la vie privée et  familiale garanti par  l'art. 8  CEDH,  dans  la mesure  où  il  vise  à  obtenir  un  statut  durable  en  Suisse, doit être examiné prioritairement dans  le cadre d'une procédure  d'autorisation  de  séjour;  une  fois  cette  question  tranchée  négativement  par une décision de  refus d'autorisation de séjour entrée en  force,  il  ne  saurait y avoir place pour l'examen de la même question sous l'angle de  l'exécution du renvoi (cf. arrêt du TAF C­2276/2007 du 24 novembre 2007  consid. 7  et  les  références  citées,  jurisprudence  confirmée  notamment  par  les  arrêts  du  TAF  C­612/2006  du  15 mai  2008  consid.  7.2.3,  C­3378/2008 du 11 novembre 2009 consid. 4.4, C­759/2008 du 2 février  2010  consid. 3.3  et  C­7370/2010  du  24 janvier  2011  in  fine;  NICOLAS  WISARD,  op.  cit., p. 430s.;  PETER  BOLZLI,  in:  Spescha/Thür/Zünd/Bolzli  [éd.], Migrationsrecht, Zurich 2009, ad Art. 83 AuG, p. 196s. n. 12; RUEDI  ILLES,  op. cit.,  loc. cit.).  L'autorité  ne  saurait  en  effet,  par  le  biais  d'une  admission provisoire, qui ne constitue qu'une mesure de remplacement à  caractère  temporaire  se  substituant  à  l'exécution  du  renvoi  lorsque  la  décision de  renvoi de Suisse ne peut être exécutée  (cf. ATF 137  II 305 

C­4183/2011 Page 11 consid. 3.1  p. 309,  et  les  références  citées;  arrêt  du  TAF  C­2276/2007  précité  consid. 7.3),  remettre  en  cause  l'appréciation  contenue  dans  la  décision  au  fond  devant  être  exécutée.  Quant  aux  éventuels  faits  et  moyens  nouveaux  tendant  à  la  reconsidération  de  la  décision  de  refus  d'autorisation de séjour entrée en force, ils ne peuvent être invoqués que  dans  le  cadre  d'une  procédure  extraordinaire  (de  réexamen  ou  de  révision) dirigée contre cette décision et l'autorité compétente n'est tenue  de s'en saisir qu'aux conditions restrictives prévues par la législation et la  pratique en  la matière  (cf. ATF 136  II  177 consid. 2.1 et 2.2.1 p. 181s.,  ATF 127 I 133 consid. 6 in fine p. 138, ATF 122 II 17 consid. 3 p. 19, et la  jurisprudence  citée;  arrêt  du  TAF  C­1883/2011  du  29 août  2011  consid. 3.1  [sur  la distinction entre  le  réexamen et  la  révision] et 4.1, et  les références citées).  En  l'occurrence,  la  question  de  savoir  si  les  recourants  et  leurs  enfants (qui  ne  se  sont  jamais  prévalus  de  liens  familiaux  avec  des  personnes  jouissant  d'un  droit  de  présence,  assuré  ou  non,  en Suisse)  bénéficient d'un droit de séjour fondé sur la protection de la vie privée et  familiale  garantie  par  l'art. 8  CEDH  a  déjà  été  examinée  de  manière  approfondie  dans  le  cadre  de  la  procédure  d'autorisation  de  séjour  engagée par les intéressés et tranchée définitivement par le TF, dans son  arrêt du 6 avril 2011. Elle ne saurait donc être examinée une nouvelle fois  dans  le cadre de  la présente procédure de  renvoi,  laquelle ne vise qu'à  exécuter  la  décision  de  refus  d'autorisation  de  séjour,  en  tirant  les  conséquences  juridiques  de  la  situation  (contraire  au  droit)  résultant  de  l'issue négative de cette procédure au fond (cf. consid. 3.1 supra). Il en va  de même des nouveaux documents versés en cause par  les  recourants  (censés  démontrer  leur  intégration  et  celle  de  leur  fils  C._______),  qui  tendent en réalité à remettre en cause la décision de refus d'autorisation  de séjour entrée en force.   Au demeurant,  et  par  surabondance,  le Tribunal  de  céans observe que  ces nouveaux documents ne sont manifestement pas de nature à établir  que  les  intéressés  jouiraient  actuellement  d'une  "intégration  tout  à  fait  exceptionnelle"  susceptible de  justifier  la mise en œuvre de  la protection  de la vie privée garantie par l'art. 8 CEDH (cf. let. A.d supra, qui contient  un  résumé  de  l'argumentation  développée  à  ce  propos  par  le  TF  dans  son arrêt du 6 avril 2011).  En  effet,  l'attestation  scolaire  du  30 juin 2011  produite  à  l'appui  de  la  réplique,  qui  révèle  que  C._______  a  obtenu  des  moyennes  juste  suffisantes dans les branches principales au terme de sa septième année 

C­4183/2011 Page 12 scolaire, ne constitue guère un élément plaidant en faveur du prénommé.  Quant  aux  nouvelles  lettres  de  soutien  versées  en  cause  (qui  émanent  notamment  du  maître  de  classe  et  de  trois  camarades  de  C._______,  ainsi que de membres de la famille de l'employeur de la recourante), elles  ne  sauraient  représenter  un  moyen  pertinent  pour  démontrer  une  intégration sociale tout à fait extraordinaire, tel un investissement intense  et prolongé dans la vie associative et culturelle locale par exemple. Enfin,  le nouveau contrat de travail de la recourante, censé démontrer que cette  famille serait désormais financièrement autonome grâce au salaire réalisé  par  l'intéressée  (qui  travaillerait  actuellement  à  temps  complet  comme  gouvernante  au  service  d'une  personne  âgée),  ne  modifie  en  rien  l'appréciation  émise  par  le  Tribunal  de  céans  dans  son  arrêt  du  14 décembre 2010 (qui n'a pas été remise en question par  le TF), selon  laquelle  les  recourants  (qui  sont  entrés  en  Suisse  au  cours  de  l'année  2000)  n'ont  pas  fait  preuve  d'une  grande  assiduité  au  travail,  ni  d'une  volonté  d'intégration  particulièrement  marquée  durant  les  dix  premières  années  qu'ils  ont  passées  dans  ce  pays,  au  cours  desquelles  ils  n'ont  suivi  aucune  formation  hormis  des  cours  de  français  élémentaire  (alors  qu'ils  étaient  tous  deux  titulaires  d'un  baccalauréat  obtenu  dans  leur  patrie) et ont tout au plus occupé, à eux deux, l'équivalent d'un emploi à  temps complet à compter de l'année 2007. Or, au regard de la mentalité  dont les intéressés ont fait montre pendant toutes ces années, le fait que  l'épouse ait ­ opportunément ­ décidé d'augmenter sensiblement son taux  d'activité  postérieurement  aux  mesures  d'instruction  menées  par  le  Tribunal de céans au cours de l'année 2010 ne saurait assurément suffire  à  établir  que  ceux­ci  auraient  réellement  la  volonté  et  la  faculté  de  s'investir durablement dans leur vie professionnelle de manière à se créer  à  long  terme ­ et non pas seulement passagèrement  (jusqu'à  l'obtention  des  autorisations  sollicitées) ­  une  situation  économique  saine  (dans  le  même sens, cf. l'arrêt du TAF C­1339/2008 du 2 avril 2011 consid. 4.4). Compte  tenu  du  fait  que  les  nouveaux  documents  produits  par  les  recourants (en tant qu'ils portent sur des faits nouveaux postérieurs à  la  décision  matérielle  sur  recours)  ne  constituent  manifestement  pas  des  moyens  de  preuve  importants  susceptibles,  dans  le  cadre  d'une  procédure de réexamen, de conduire à une appréciation différente de  la  situation de cette  famille,  le Tribunal de céans peut se dispenser de  les  transmettre à  l'autorité qui a rendu  la décision de refus d'autorisation de  séjour  (in casu, de  refus d'approbation à  la délivrance des autorisations  sollicitées)  entrée en  force,  à  savoir  à  l'ODM.  Le Tribunal  de  céans n'a  pas non plus à se saisir du nouveau contrat de  travail de  la  recourante  (en  tant  qu'il  porte  sur  des  faits  nouveaux  antérieurs  à  la  décision 

C­4183/2011 Page 13 matérielle sur recours) sous l'angle de la révision. En effet, ce document,  à  supposer  qu'il  ait  véritablement  été  conclu  à  la  date  indiquée  (soit  le  13 juillet 2010), aurait pu et dû être versé en cause avant le 14 décembre  2010,  date  à  laquelle  le  Tribunal  de  céans  s'est  prononcé  sur  recours  dans le cadre de la procédure d'autorisation de séjour. Sous cet angle, ce  nouveau  moyen  de  preuve  est  donc  tardif  (cf.  art. 66  al. 3  PA).  Au  surplus, comme relevé ci­dessus, il ne serait assurément pas de nature à  conduire à une appréciation différente de la situation de cette famille. 4.4.  Aussi,  force  est  de  constater  que  l'exécution  du  renvoi  des  recourants et de leurs enfants ne transgresse aucun engagement pris par  la Suisse  relevant du droit  international. Elle s'avère donc  licite au sens  de l'art. 83 al. 3 LEtr. 5.  5.1. Il reste encore à examiner si l'exécution du renvoi des recourants et  de leurs enfants peut être raisonnablement exigée. 5.2. A ce propos,  le Tribunal de céans observe d'emblée que  l'Equateur  ne  connaît  pas une situation de guerre,  de guerre  civile ou de violence  généralisée. S'agissant des recourants (qui sont âgés respectivement de 42 ans et de  39 ans),  il  sied  de  relever  que  ceux­ci  bénéficient  d'un  bon  bagage  scolaire acquis dans  leur pays d'origine  (où  ils ont  tous deux obtenu un  baccalauréat) et qu'ils ne se sont jamais prévalus de problèmes de santé  particuliers. Les intéressés ont passé la majeure partie de leur existence  en  Equateur  (notamment  leur  adolescence  et  le  début  de  leur  vie  d'adulte,  à  savoir  les  années  décisives  durant  lesquelles  se  forge  la  personnalité),  pays  dans  lequel  ils  ont  été  scolarisés  et  ont  fondé  une  famille,  avant  de  venir  en Suisse à  l'approche de  la  trentaine  (épouse),  respectivement  à  l'âge  de  30 ans  révolus  (mari).  Dans  ces  conditions,  malgré leur séjour prolongé en Suisse, on ne saurait considérer que leur  patrie  leur  soit  devenue  étrangère  au  point  qu'ils  ne  seraient  plus  en  mesure, après une période de réadaptation, d'y retrouver leurs repères. A  cela  s'ajoute  que  les  recourants  disposent  nécessairement  d'un  réseau  social étendu dans leur pays. Ils pourront en outre compter sur le soutien  d'un important réseau familial sur place, constitué notamment de la mère  et des huit frères du recourant (qui sont tous mariés, avec une famille) et  des  parents  de  la  recourante,  voire ­ si  nécessaire ­ sur  une  aide  matérielle temporaire du frère de la recourante résidant en Suède (cf. les  constatations  figurant  à  ce  propos  au  consid.  6.2  de  l'arrêt  du  TAF  du 

C­4183/2011 Page 14 14 décembre  2010,  qui  n'ont  pas  été  remises  en  question).  Un  retour  dans  leur  patrie  ne  saurait  donc  les  exposer  à  une  mise  en  danger  concrète.  La fille des recourants, au regard de son jeune âge, sera pour sa part en  mesure  de  s'adapter  sans  difficultés  particulières  à  un  nouvel  environnement, ainsi que le TF l'a relevé dans son arrêt du 6 avril 2011. Quant  à  C._______,  qui  a  été  promu  en  huitième  année  de  la  voie  secondaire générale avec des moyennes juste suffisantes au mois de juin  2011,  il  a  certes  atteint  un  âge  et  un  avancement  au  plan  scolaire  de  nature à compliquer sa réintégration dans son pays d'origine. Sa situation  n'est  toutefois pas comparable à celle d'un adolescent ayant achevé sa  scolarité obligatoire avec succès et entamé des études ou une formation  professionnelle qu'il  ne pourrait pas mener à  terme dans sa patrie ou à  celle d'un enfant contraint de suivre ses parents dans un pays qui lui est  totalement étranger au plan culturel et  linguistique  (ce qui est  le cas de  nombreux  enfants  de  migrants,  de  fonctionnaires  internationaux,  de  membres de missions diplomatiques ou de postes consulaires). Dès lors  qu'il  parle  couramment  l'espagnol,  il  devrait  en  effet  être  en mesure  de  poursuivre sa scolarité dans sa patrie dans des conditions satisfaisantes,  ainsi que le TF l'a observé dans son arrêt du 6 avril 2011, même s'il n'en  maîtrise  pas  encore  le  langage  écrit.  Le  fait  qu'il  puisse  bénéficier  d'un  soutien  scolaire  auprès  de  ses  parents  (qui  ont  effectué  toute  leur  scolarité en Equateur jusqu'au baccalauréat) et de sa nombreuse famille  établie  dans  ce pays  constitue  par  ailleurs  un atout  non négligeable  de  nature à faciliter sa réintégration. 5.3. Dans  le  cadre de  la présente procédure,  les  recourants  versent en  cause  deux  attestations  médicales  succinctes  datées  des  14 janvier  et  4 mai 2011, dans lesquelles le dentiste de C._______ explique avoir posé  un  appareil  orthodontique  au mois  de  décembre  2010 et  fait  valoir  qu'il  est  impératif de continuer ce traitement ­ pris en charge par  l'assurance­ invalidité ­ pendant "environ deux ans" (selon l'attestation la plus récente).  Il  ne  ressort  toutefois  nullement  de  ces  attestations,  qui  font  état  d'un  traitement  orthodontique  de  durée  limitée,  que C._______  souffrirait  de  graves problèmes médicaux susceptibles, en l'absence de traitement, de  conduire à plus ou moins brève échéance à une mise en danger concrète  de  son  intégrité  physique  et,  partant,  de  constituer  un  obstacle  à  l'exécution de son renvoi (cf. consid. 3.4 supra, et la jurisprudence citée),  ainsi  que  l'observe  l'autorité  inférieure  à  juste  titre  dans  la  décision 

C­4183/2011 Page 15 querellée.  Or,  les  intéressés  n'avancent  aucun  argument  de  nature  à  remettre en cause cette appréciation.  Ils ne font en particulier pas valoir  que C._______  ne  pourrait  obtenir  en Equateur  des  soins  dentaires  ou  orthodontiques appropriés.  Les  recourants  produisent  également  un  certificat  médical  daté  du  24 octobre 2011 attestant que C._______ est suivi depuis  le 19 octobre  2011  pour  une  angoisse ­ liée  à  l'idée  d'une  éventuelle  expulsion  de  Suisse ­ qui  est  la  source  de  symptômes  psychosomatiques  et  de  difficultés de concentration. Le médecin signataire  relève que  "d'un point  de vue médical, il est clair que la stabilisation du statut de C._______ et [de] sa  famille n'aurait qu'un effet positif sur son état de santé".  Or,  sans  vouloir  minimiser  les  difficultés  éprouvées  par  C._______,  le  Tribunal de céans ne peut que constater que ce document médical ne fait  pas  apparaître  l'existence  de  problèmes  psychiques  d'une  gravité  particulière.  En  effet,  les  symptômes  anxio­dépressifs  observés  chez  le  prénommé, qui sont apparemment survenus au cours du délai imparti aux  recourants pour présenter  leur réplique, peuvent être mis en relation, au  plan  temporel,  avec  l'issue  imminente de  la présente procédure. Or,  de  telles réactions peuvent être couramment observées chez les personnes  qui sont confrontées à l'imminence de leur renvoi et, partant, à la crainte  de  devoir  perdre  définitivement  leurs  perspectives  d'avenir  en  Suisse,  sans qu'il faille pour autant y voir un empêchement dirimant à l'exécution  du  renvoi.  L'on  ne  saurait  en  effet,  de  manière  générale,  prolonger  indéfiniment  le  séjour  d'une  personne  en  Suisse  au  seul  motif  qu'un  retour  dans  son  pays  d'origine  risquerait  d'exacerber  des  symptômes  anxio­dépressifs ou d'aviver d'éventuelles idées suicidaires (cf. les arrêts  du  TAF  C­5106/2009  du  10 juin  2011  consid. 3.3  et  D­4997/2006  du  5 août 2009 consid. 3.5, et la jurisprudence citée).  Quant  à  l'attestation de  la  logopédiste et  de  la psychologue scolaire de  C._______ du 21 janvier 2010, qui avait déjà été produite précédemment,  elle ne  fait pas état de problèmes de santé particuliers. Elle se borne à  constater  que  l'intéressé  a  bénéficié  temporairement  d'un  suivi  logopédique de  janvier à  juin 2009, qui a été suspendu grâce à  la  "très  bonne  évolution"  de  sa  situation,  tant  au  niveau  de  son  développement  personnel que de son apprentissage. 5.4. Dans ces conditions, le Tribunal de céans ne peut que constater que  l'exécution  du  renvoi  des  recourants  et  de  leurs  enfants  est  raisonnablement exigible au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr.

C­4183/2011 Page 16 6.  6.1.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  le  prononcé  d'une  mesure  de  remplacement  se  substituant  à  l'exécution  du  renvoi  (admission  provisoire) ne saurait donc se justifier. 6.2. En conséquence,  le Tribunal est amené à conclure que  la décision  querellée est conforme au droit (cf. art. 49 PA).  6.3. Partant, le recours doit être rejeté. 6.4. Compte tenu de l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de  procédure  à  la  charge  des  recourants  (cf.  art. 63  al. 1  PA,  en  relation  avec  les art. 1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS 173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­4183/2011 Page 17 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les  frais de procédure, d'un montant de Fr. 800.­,  sont mis à  la charge  des  recourants.  Ils  sont  compensés  par  l'avance  de  frais,  du  même  montant, versée le 7 septembre 2011. 3.  Le présent arrêt est adressé : – aux recourants, par l'entremise de leur mandataire (Recommandé) – à  l'autorité  inférieure,  avec  dossiers  SYMIC  15743489,  15923214,  15923244 et 15923274 en retour  – au Service de la population du canton de Vaud (copie), avec dossier  cantonal en retour.   Le président du collège : La greffière : Jean­Daniel Dubey Claudine Schenk Expédition :

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