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Bundesverwaltungsgericht 05.12.2011 D-6295/2011

5 décembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·887 mots·~4 min·1

Résumé

Exécution du renvoi | Exécution du renvoi; décision de l'ODM du 18 octobre 2011

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­6295/2011 Arrêt   d u   5   d é c emb r e   2011 Composition Gérard Scherrer, juge unique, avec l'approbation de Gérald Bovier, juge; William Waeber, greffier. Parties A._______, née le […], agissant pour elle et ses enfants B._______, née le […], et C._______, né le […], Russie, recourants, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Exécution du renvoi; décision de l'ODM du 18 octobre 2011 /  […].

D­6295/2011 Page 2 Vu l'arrivée  en Suisse,  le  10  juillet  2007,  de A._______,  originaire  de  [ville  d'origine]  en  Fédération  de  Russie,  accompagnée  de  ses  enfants  B._______ et C._______, dans le but d'y ouvrir un commerce et d'offrir à  ceux­ci la possibilité d'y étudier, les visas obtenus par l'intéressée, pour affaires, tourisme ou visite, entre  juillet  2007  et  octobre  2010,  ses  enfants  étant  mis  au  bénéfice  d'autorisations  de  séjour  pour  formation,  arrivées  à  échéance  le  11 mars 2011, la demande d’asile déposée en Suisse, en date du 1er juillet 2011, les  procès­verbaux  des  auditions  de  A._______  des  12  juillet  et  19 septembre  2011,  dont  il  ressort  en  particulier  que  son  mari  était  propriétaire d'entreprises en Russie, qu'il y aurait rencontré d'importantes  difficultés, peut­être en raison des ses origines arméniennes, qu'il aurait  notamment  été  dépossédé  de  biens  et  gravement  menacé  par  des  criminels ou des agents de l'Etat, ce depuis le début de l'année 2010 en  tous  les  cas et qu'elle­même, en visite  chez son mari  en octobre 2010,  aurait été témoin des pressions exercées sur lui, raison pour laquelle elle  aurait déposé sa demande d'asile, la décision du 18 octobre 2011, par  laquelle  l'ODM a rejeté  la demande  d'asile, motif pris que  les conditions requises pour  la reconnaissance de  la qualité de réfugié, au sens de l'art. 3 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile  (LAsi, RS 142.31), n'étaient pas remplies, dans la mesure où il ne pouvait  être retenu que l'Etat russe était à l'origine des discriminations dont était  victime le mari de A._______ (à les tenir pour vraisemblables), que celle­ ci  n'avait  pas été persécutée par  les autorités  de  son pays,  auquel  cas  elle  n'aurait  pas  pu  faire  renouveler  son  passeport  en  octobre  2010  et  quitter ensuite  légalement  le  territoire russe, et qu'elle pouvait se rendre  dans  une  région  de  celui­ci  où  il  lui  était  possible  se  soustraire  aux  poursuites alléguées, circonscrites à la ville de [ville d'origine], le même prononcé, par lequel l'autorité inférieure a prononcé le renvoi de  Suisse  des  requérants  et  a  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure,  indiquant en particulier que l'intéressée était au bénéfice d'une formation  supérieure  et  d'une  bonne  expérience  professionnelle,  ce  qui  lui 

D­6295/2011 Page 3 permettait  d'envisager  sans difficultés sa  réinstallation en Fédération de  Russie, le recours du 18 novembre 2011 en matière d'exécution du renvoi formé  contre  cette  décision,  dans  lequel  A._______  reproche  à  l'ODM  d'avoir  violé  son  devoir  de motivation  en  ne  tenant  pas  compte  des  effets  des  menaces proférées à l'encontre de son mari sur la situation de la famille  et en n'examinant pas  le cas de ses enfants sous  l'angle de  l'exigibilité,  faisant valoir que  leur  retour en Fédération de Russie  les exposait à un  déracinement  des  plus  cruels,  avec  de  graves  conséquences  sur  "la  construction de leur personnalité", les différentes attestations jointes au recours, indiquant en substance que  les  enfants  B._______  et  C._______  progressent  dans  leur  scolarité  et  certifiant  que A._______  n'est  plus  propriétaire  de  l'appartement  qu'elle  occupait à [ville d'origine], la demande d'assistance judiciaire partielle assortie au recours, et considérant que le Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, qu’en  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  concernant  l’asile  peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal,  lequel,  sauf  l'exception  visée  à  l'art.  83  let.  d  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF,  RS  173.110]  et  non  réalisée  en  l'espèce, statue définitivement, que les intéressés ont qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), que,  présenté  dans  la  forme  (cf.  art. 52  PA)  et  le  délai  (cf. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, qu’en  l'espèce, A._______ n’a pas  recouru  contre  la décision de  l'ODM  en  tant  qu'elle  rejette  sa  demande d'asile  et  prononce  son  renvoi,  ainsi 

D­6295/2011 Page 4 que  celui  de  ses  enfants,  de  sorte  que,  sous  ces  angles,  elle  a  acquis  force de chose décidée, qu'en revanche, elle prétend que l'ODM a violé l'obligation de motiver sa  décision, d'une part, dans la mesure où celui­ci traite insuffisamment des  risques liés aux menaces dont son époux a été victime et, d'autre part, du  fait que  les questions  liées à  l'exigibilité de  l'exécution du  renvoi de ses  enfants n'ont pas été examinées, qu'à cet égard, il convient de rappeler que la jurisprudence a, notamment,  déduit  du  droit  d'être  entendu,  garanti  à  l'art. 29  al. 2  de  la Constitution  fédérale  de  la  Confédération  suisse  du  18 avril  1999  (Cst.,  RS 101)  et  concrétisé  par  l'art. 35  PA,  l'obligation  pour  l'autorité  de  motiver  sa  décision,  afin  que  le  destinataire  puisse  la  comprendre,  l'attaquer  utilement  s'il  y  a  lieu  et  que  l'autorité  de  recours  puisse  exercer  son  contrôle, que, pour répondre à ces exigences, il suffit que l'autorité mentionne, au  moins  brièvement,  ses  réflexions  sur  les  éléments  de  fait  et  de  droit  essentiels, autrement dit  les motifs qui  l'ont guidée et sur  lesquels elle a  fondé  sa  décision,  de  manière  à  ce  que  l'intéressé  puisse  se  rendre  compte de  la  portée de  celle­ci  et  l'attaquer  en  connaissance de  cause  (cf. ATF 129 I 232 consid. 3.2, ATF 126 I 97 consid. 2a et les arrêts cités ;  cf. aussi  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours en matière d'asile [JICRA] 2006 n° 4 consid. 5), qu'en l'occurrence, l'ODM a exposé les motifs pour lesquels il considérait  que la recourante et ses enfants n'étaient pas en danger en cas de retour  au pays, qu'en  étayant  ses  arguments,  il  a  mentionné  que,  dans  leur  cas,  l'Etat  n'était en tous les cas pas l'agent persécuteur et que l'intéressée pouvait,  en cas de besoin, s'établir dans une région de la Fédération de Russie où  elle  pouvait  se  mettre  à  l'abri  de  risques  qui  auraient  résulté  des  problèmes rencontrés par son mari, que,  dans  son  examen  relatif  à  l'exigibilité,  il  a  ainsi  logiquement  parlé  d'une réinstallation en Fédération de Russie, non pas uniquement à [ville  d'origine],  retenant  que  A._______  avait  un  bagage  professionnel  (formation et expérience) particulièrement bon et pouvait ainsi subvenir à  ses  besoins  et  à  ceux  de  ses  enfants  ailleurs  que  dans  leur  ville  de  provenance,

D­6295/2011 Page 5 qu'en revanche, il n'a pas abordé, dans son examen, la difficulté liée à la  réinstallation des enfants, que, dans le contexte de l'affaire et dans la mesure où ceux­ci cumulaient  plus  de  quatre  années  de  présence  en  Suisse,  l'autorité  de  première  instance aurait dû le faire, qu'en  invoquant  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant  et  la  jurisprudence  du  Tribunal exigeant qu'il soit tenu compte, dans l'examen relatif à l'exigibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  de  l'intégration  des  enfants  en  Suisse  et  du  profond déracinement que peut  représenter dans certains cas un  retour  dans leur pays, l'intéressée soutient donc à juste titre que l'ODM n'a pas  motivé sa décision sur ces points, que cette irrégularité est toutefois sans conséquence, que A._______ a en effet valablement pu attaquer la décision, en fondant  d'ailleurs son recours quasi exclusivement sur la question non débattue et  en faisant valoir, sans aucun doute, l'entier de ses griefs relatifs à celle­ci, qu'il peut dès lors être procédé à un examen sur le fond de l'affaire, limité  aux questions d'exécution du renvoi, que  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement de l'art. 5 LAsi, A._______ et ses enfants n'ayant pas remis  en  cause  la  décision  de  l'ODM  en  tant  qu'elle  porte  sur  la  question  de  l'asile, que  les  intéressés n'ont pas non plus rendu crédible qu'il existerait pour  eux un véritable risque concret et sérieux d'être victimes, en cas de retour  dans  leur  pays  d'origine,  de  traitements  inhumains  ou  dégradants  (cf. art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits  de l’homme et des libertés fondamentales [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de  la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou  traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]), qu'à  cet  égard,  il  doit  être  relevé  que  les  renseignements  imprécis  transmis par  l'intéressée sur  les déboires de son mari en Fédération de  Russie ne permettent pas de retenir l'existence d'une tel risque, qu'il n'apparaît pas crédible que son époux ne connaisse pas les raisons  de ses ennuis, ce plus d'une année après leur apparition,

D­6295/2011 Page 6 qu'on  aurait  pu  s'attendre,  vu  les  années  passées  par  la  recourante  à  travailler avec son mari (de 2000 à 2007) et ses manifestes compétences  professionnelles,  qu'elle  s'enquiert  et  obtienne  auprès  de  celui­ci  des  informations qui auraient pu permettre de déterminer au moins l'origine et  l'étendue des problèmes, que A._______ a, durant ses auditions, semblé vouloir maintenir un flou à  ce sujet, que si les dangers auxquels son mari était exposé avaient été importants  au point qu'il doive se faire discret  jusque dans son appartement, vivant  dans une crainte perpétuelle, comme allégué,  il n'aurait pas fait venir sa  famille chez lui en octobre 2010, mais aurait plutôt tenté de la rencontrer  en  Suisse  ou  ailleurs  que  dans  sa  ville  de  domicile  en  Fédération  de  Russie, qu'en  définitive,  A._______  n'a  en  rien  démontré  ses  dires,  seul  le  fait  qu'elle n'est plus propriétaire de son appartement à  [ville d'origine] étant  établi,  situation  qui  peut  résulter  d'une  simple  vente  pour  des  raisons  usuelles, que même à admettre l'existence des problèmes de son mari, il ne serait  pas possible de conclure sans autre qu'elle risquerait, avec ses enfants,  d'être personnellement ennuyée ou menacée, qu'en cas de crainte, elle pourrait en  tout état de cause s'établir ailleurs  que dans la ville de [ville d'origine], le territoire de la Fédération de Russie  étant suffisamment vaste et lui offrant de larges possibilités, que  l'exécution  du  renvoi  s'avère  donc  licite  (cf. art. 83  al. 3  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS  142.20]);  JICRA 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s., et jurisp. cit.), qu'elle  est  également  raisonnablement  exigible  (art. 83  al. 4  LEtr;  ATAF 2009/52 consid. 10.1 p. 756 s.), dans la mesure où elle ne fait pas  apparaître, en l'espèce, une mise en danger concrète des intéressés, qu'en effet,  la Fédération de Russie ne se  trouve pas sur  l'ensemble de  son territoire en proie à une guerre, à une guerre civile ou à une situation  de violence généralisée,

D­6295/2011 Page 7 qu'étant  jeune  encore,  nantie  d'un  très  bon  bagage  professionnel,  sans  problèmes de santé allégués et ne présentant aucun profil susceptible de  précariser sa situation ou même de la fragiliser dans son pays, que A._______ n'aura pas de difficultés à assurer ses besoins et ceux de  ses  enfants,  ce  quand  bien même  elle  ne  pourrait  plus  compter  sur  le  soutien de son mari, que,  certes,  les  enfants  comptent  plus  de  quatre  années  passées  en  Suisse  et  devront  certainement  produire  un  effort  pour  se  réinsérer  en  Russie, que  le  dossier  ne  révèle  cependant  l'existence  d'aucun  facteur  d'intégration  particulièrement  favorable,  ni  de  difficultés  insurmontables  qui les attendraient en cas de retour au pays, qu'ils  ont  bénéficié  en  Suisse,  durant  trois  ans  en  tous  les  cas,  d'autorisations de séjour dans le seul but de se former, qu'ils  sont  régulièrement  retournés  auprès  de  leur  père,  resté  en  Fédération  de  Russie,  le  retour  n'ayant  pu  de  ce  fait  que  demeurer  la  perspective d'avenir probable, que  la  période  passée  en  Suisse  n'a  en  outre  pas  été  celle  de  l'adolescence, qu'elle  n'a  pas  été  d'une  durée  excessive  qui  contraindrait  l'autorité  à  considérer qu'un renvoi serait un véritable déracinement, qu'à  l'évidence,  les  circonstances  ne  sont  pour  eux  pas  telles  qu'elles  rendraient inexigible l'exécution de leur renvoi, que  l'exécution  du  renvoi  est  enfin  possible  (cf. art. 83  al. 2  LEtr;  ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513 ss), les recourants étant en possession  de  documents  de  voyage  leur  permettant  de  retourner  dans  leur  pays  d'origine (art. 8 al. 4 LAsi), que le recours doit ainsi être rejeté, que s'avérant manifestement  infondé,  il est rejeté dans une procédure à  juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi),

D­6295/2011 Page 8 qu'il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt  n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que les frais de procédure devraient être mis à la charge des intéressés,  conformément  aux  art. 63  al.  1  PA  et  2  et  3  du  règlement  du  21 février 2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), que, malgré le rejet du recours, en raison du vice de procédure soulevé à  juste titre en l'espèce (violation de l'obligation de motiver), il est toutefois  renoncé à  la perception de ces  frais,  la demande d'assistance  judiciaire  partielle devenant ainsi sans objet, qu'il  convient  par  ailleurs  d'allouer  des  dépens  aux  intéressés, mis  à  la  charge de l'autorité inférieure (cf. ATAF 2008/47 consid. 5.1 p. 680 s.), qu'en l'absence de décompte de prestations, l'indemnité due à ce titre est  fixée à Fr. 300.­, (dispositif page suivante)

D­6295/2011 Page 9 le Tribunal administratif fédéral prononce: 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est sans objet. 3.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. 4.  L'ODM est  invité  à  verser  aux  recourants  une  indemnité  de  Fr.  300.­  à  titre de dépens. 5.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérard Scherrer William Waeber Expédition :

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