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Bundesverwaltungsgericht 19.07.2011 E-1649/2009

July 19, 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,353 words·~7 min·1

Summary

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 10 février 2009

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­1649/2009 Arrêt   d u   1 9   juillet   2011 Composition Jenny de Coulon Scuntaro (présidente du collège),  François Badoud, Walter Stöckli, juges, Astrid Dapples, greffier. Parties A._______, B._______, et leurs enfants, C._______, D._______, Serbie, représentés par Me André Fidanza, avocat,  recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ;  décision de l'ODM du 10 février 2009 / N (…).

E­1649/2009 Page 2 Faits : A.  Le 13 septembre 2001, l'Office fédéral des réfugiés (aujourd'hui : ODM) a  rejeté  la  demande  d'asile  déposée  en  Suisse  le  25  juin  2001  par  A._______  et  a  prononcé  son  renvoi  de  Suisse.  A  la  suite  du  rejet  du  recours déposé auprès de  l'ancienne Commission suisse de  recours en  matière d'asile  (CRA), cette décision est entrée en  force  le 5 novembre  2001. A.a Le 16 mai 2002, le requérant est entré dans la clandestinité. A.b Après  que  la  police  eut  découvert  sa  présence,  il  est  retourné  en  Serbie sous contrôle le 12 février 2004. B.  Le 10 octobre 2007, B._______ a déposé une demande d'asile au Centre  d'enregistrement et de procédure (CEP) de (…). C.  C.a Entendue les 29 octobre et 5 novembre 2007, la requérante a indiqué  parler  le  serbo­croate  (langue  des  auditions)  et  l'anglais.  Selon  ses  déclarations,  elle  est  née  et  a  séjourné  à  E._______  (sud­est  de  la  Serbie) ;  elle  est  une  ressortissante  serbe,  d'ethnie  serbe  et  de  confession orthodoxe ; célibataire, elle vit en union  libre avec  le père de  son enfant (A._______), est enceinte d'un second enfant et a arrêté ses  études  de  (…)  à  l'université  de  F._______  (Serbie)  à  la  suite  de  sa  première grossesse. Ses parents et son frère vivent en Serbie. Elle aurait  quitté son pays d'origine le 8 octobre 2007 et serait arrivée en Suisse, le  10 octobre suivant, où elle a déposé une demande d'asile au Centre de  procédure (CEP) de (…). C.b Elle a fait valoir, en substance, les faits suivants : Pendant  le  confit  armé au Kosovo,  son grand­père,  le  juge G._______,  aurait condamné de  très nombreuses personnes de souche albanaise à  des peines disproportionnées et aurait acquitté des criminels endurcis de  souche serbe. Depuis 2001, en raison de ses liens familiaux et à l'instar  des  autres  membres  de  sa  famille,  la  requérante  aurait  reçu  de  nombreuses  menaces  de  proches  de  personnes  injustement  condamnées  ou  des  victimes  de  personnes  acquittées.  Elle  aurait  très  peur pour sa vie et celle de son enfant et redouterait particulièrement les 

E­1649/2009 Page 3 menaces  téléphoniques  d'une  personne  proche  d'un  condamné  de  souche albanaise décédé en détention.  Depuis sa grossesse, ces menaces lui seraient devenues insupportables.  Elle aurait demandé, à deux ou trois reprises, la protection des autorités  serbes, notamment des forces de police, mais ils n'auraient rien entrepris  de  concret ;  à  sa  connaissance,  ils  auraient  uniquement  rédigé  un  rapport. D.  Dans la matinée du 2 novembre 2007, aux abords du CEP, A._______ a  été  interpellé  par  le  Corps  des  gardes­frontière  au  volant  d'une  voiture  appartenant à un dénommé H._______. Son passeport et son permis de  conduire ont été remis à l'ODM. En fin d'après­midi, le requérant a déposé une demande d'asile. E.  E.a Entendu les 15 et 21 novembre 2007, A._______ a indiqué parler le  serbo­croate  (langue  des  auditions),  le  français,  l'anglais  et  le  russe.  Selon ses déclarations, il est né et a séjourné à F._______ (Serbie). Il est  ressortissant  serbe,  d'ethnie  serbe  et  de  confession  orthodoxe.  Célibataire, il vivrait en union libre avec B._______ depuis (année), aurait  exploité  avec  son  père  un  terrain  agricole  (activités)  et  aurait  suivi  des  cours en (…) à l'université. Il aurait quitté son pays d'origine le 30 octobre  2007 et serait arrivé en Suisse le 1er novembre suivant. E.b  Il  a  fait  valoir,  en  substance,  qu'au  vu  des  menaces  proférées  à  l'encontre de sa compagne, il  l'avait encouragée à vivre en Suisse, pays  sûr qu'il avait connu lors de sa précédente demande d'asile. Récemment,  en  raison  de  la  grossesse  de  son  amie,  il  a  décidé  de  la  rejoindre.  Il  n'aurait jamais connu de difficultés particulières avec les autorités serbes  ou des tiers. F.  Le  10  novembre  2007,  le  père  de  A._______  a  adressé  à  l'ODM,  sur  demande de B._______, les actes de naissance de la requérante, de son  fils  et  de  son père. Ces  extraits  d'actes  de  l'état  civil  ont  été  délivrés  à  E._______, les 25 octobre et 9 novembre 2007. G.  Le 18 février 2008, la Représentation suisse en Serbie a confirmé que les 

E­1649/2009 Page 4 identités données correspondaient à celles enregistrées dans  la ville de  E._______. H.  Le 26 mai 2008, B._______ a mis au monde son second enfant du nom  de prénom de D._______, qui a été reconnue par A._______. I.  Le 18 novembre 2008, sollicité par l'ODM, le service interne d'analyse sur  les migrations dans les pays (« Migrations­ und Länderanalysen » [MILA])  a donné quelques éclairages généraux sur  la situation des membres de  la  famille d'un ancien fonctionnaire de  l'ère Milosevic dans  les provinces  du Sud de la Serbie. J.  Invitée à se déterminer sur le résultat de la demande d'ambassade et les  compléments de MILA, la requérante a répondu le 18 décembre 2008 en  mettant en avant sa crainte d'être victime d'un crime d'honneur en Serbie  et a ajouté que son départ l'avait mise au ban de sa famille. K.  Le 10 février 2009, l'ODM a rejeté les demandes d'asile des requérants, a  prononcé leur renvoi de Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure. Pour  l'essentiel,  l'office  fédéral a considéré que  les  requérants n'avaient  pas rendu vraisemblable que  les autorités serbes avaient  refusé de  leur  accorder  une  protection  appropriée,  ou  qu'ils  ne  pouvaient  pas  s'établir  dans une autre région Serbie pour se soustraire aux menaces alléguées. L.  Le  13  mars  2009,  les  requérants  ont  interjeté  recours  contre  cette  décision ; ils concluent à son annulation.  Ils  exposent  que  l'activité  de  (…)  du  grand­père  de  la  requérante  est  à  l'origine de vives réactions de vengeance contre  la famille de celui­là vu  ses  jugements  favorables  aux  Serbes.  Au  vu  du  procès  public  intenté  contre  le grand­père en  raison de ses  jugements arbitraires,  on pouvait  présumer  que  les  autorités  serbes  n'interviendraient  pas  au  cas  où  les  membres de la famille devraient faire face à des actes de vengeance. Ils  ont  en  outre  précisé  avoir  reçu  des  menaces  téléphoniques,  qui  n'auraient  jamais  cessé  en  dépit  des  changements  de  numéros.  Par  le  passé,  les persécutions à leur encontre se seraient manifestées par des 

E­1649/2009 Page 5 jets  de  pierre  contre  l'oncle  et  le  grand­père  de  la  requérante,  par  des  dommages à  la propriété et des violences policières contre son  frère. A  leur  avis,  il  est  dès  lors  certain  que  la  requérante  est  exposée  à  de  sérieux préjudices, remplissant ainsi les conditions d'application de l'art. 3  de  la  loi  sur  l'asile  du  26  juin  1998  (LAsi,  RS 142.31).  Il  y  aurait  en  particulier  lieu  de  tenir  compte  des  motifs  de  fuite  spécifiques  aux  femmes. M.  A  l'appui  de  leur  recours,  les  requérants  ont  déposé  divers  articles  de  presse relatifs au grand­père de la requérante. N.  Le  27  mars  2009,  les  requérants  ont  versé  l'avance  des  frais  de  procédure présumés, par Fr. 600.­, sollicitée par ordonnance du 20 mars  précédent. O.  Sur requête de la juge chargée de l'instruction, ils ont déposé, le 22 avril  2009, les copies des documents judiciaires concernant la garde à vue du  frère de la requérante (détenu pendant quarante­huit heures pour un délit  contre  la  paix  publique)  et  les  extraits  d'une  procédure  judiciaire  suspendue contre la mère de celui­ci (opposition aux actes de l'autorité).  Ils  ont  également  déposé  la  copie  d'articles  de  presse  faisant  état  d'attentats contre des juges et de fusillade dans une salle d'audience  P.  Par  décision  incidente  du  23  décembre  2009,  la  juge  chargée  de  l'instruction  a  invité  l'ODM  à  se  déterminer  sur  le  contenu  du  recours.  Dans sa détermination du 6  janvier 2010,  l'ODM a  requis  le  rejet de dit  recours,  considérant  qu'il  ne  contenait  aucun  élément  ou  moyen  de  preuve  nouveau,  susceptible  de  remettre  en  question  la  décision  prononcée le 10 février 2009. Cette prise de position a été transmise pour  information aux intéressés le 11 janvier 2010. Q.  Le 13 avril 2010, le père de l'intéressée est décédé. R.  Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire,  dans les considérants en droit ci­dessous.

E­1649/2009 Page 6 Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après :  le  Tribunal),  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par  les autorités mentionnées à  l'art.  33 LTAF, sauf  demande d’extradition déposé par  l’Etat dont  le  requérant  cherche à se  protéger  (art.  83  let.  d  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Les  intéressés ont  qualité  pour  recourir  (art. 48 al. 1 PA). Présenté  dans  les formes (art. 52 PA) et  le délai prescrits par  la  loi  (art. 108 al. 1  LAsi), le recours est recevable. 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable qu'il est un réfugié. La qualité de réfugié est vraisemblable  lorsque l'autorité estime que celle­ci est hautement probable. Ne sont pas  vraisemblables notamment  les allégations qui, sur des points essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur  des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 LAsi). 3. 

E­1649/2009 Page 7 3.1. En  l'occurrence,  la  recourante  allègue que,  dans  les  conditions  qui  prévaudraient actuellement en Serbie, les membres de la famille de (…),  qui  aurait  adopté  un  comportement  partial  et  contraire  aux  règles  élémentaires  de  la  justice  pendant  le  conflit  armé  au  Kosovo,  sont  exposés à des persécutions de tiers avec l'assentiment de la population,  voire  des  autorités.  Les  membres  de  sa  famille  auraient  d'ailleurs  fait  l'objet  ces  dernières  années  d'arrestations  arbitraires  ou  de  violences  policières pour ce motif. Aussi, compte tenu de ses liens de parenté avec  G._______,  la  recourante  devrait,  à  son  avis,  être  considérée  comme  appartenant  à  un  groupe  social  particulier  exposé  à  de  sérieuses  persécutions au sens de  l'art. 3 LAsi. Elle serait en outre  rejetée par sa  famille, avec laquelle elle entretiendrait des relations conflictuelles depuis  son  départ.  Pour  sa  part,  le  recourant  a  reconnu  qu'il  ne  pouvait  prétendre à la qualité de réfugié à titre originaire (art. 3 et 51 al. 1 LAsi). 3.2.  L'office  fédéral  a  relevé  que  les  affirmations  de  l'intéressée,  s'agissant  de  l'incapacité  des  services  de  police  serbes  à  la  protéger,  restaient  au  stade  de  la  pure  allégation,  n'étant  confirmées  par  aucun  moyen de preuve ou indice probant. 3.3. En l'état du dossier, le Tribunal partage l'analyse effectuée par l'ODM  dans la décision attaquée. Certes, l'intéressée a produit divers documents  devant attester ses craintes. Force est cependant de constater qu'ils ne  permettent pas d'établir que l'intéressée devrait craindre des persécutions  déterminantes  au  regard  de  l'art.  3  LAsi,  en  raison  de  ses  liens  de  parenté  avec  G._______.  En  effet,  les  documents  relatifs  au  frère  de  l'intéressée  établissent  uniquement  qu'il  a  été  arrêté  et  détenu  pendant  48 heures dans le cadre d'une enquête pénale, qu'il a contesté la légalité  de cette détention et qu'il a requis le versement d'une somme d'argent à  titre  de  dommages  et  intérêts. Quant  au  document  relatif  à  la mère  de  l'intéressée,  il  en  ressort  que  le  procureur  a  annoncé  au  juge  qu'il  renonçait à poursuivre l'enquête pénale ouverte contre l'intéressée et que  le  juge  d'instruction  a  donné  suite  à  cette  demande.  Les  documents  produits  par  l'intéressée  tendent  ainsi  à  démontrer  que  le  système  judiciaire  serbe  ­  contrairement  à  ce  qu'elle  a  allégué  ­  fonctionne  correctement.  En  aucun  cas,  toutefois,  ces  documents  permettent  de  retenir que l'intéressée ferait l'objet de pressions ­ de quelque nature que  ce  soit  ­  de  la  part  de  tierces  personnes  voire  des autorités  serbes,  en  raison de ses  liens de parenté avec G._______. De même,  l'intéressée  ne saurait rendre vraisemblable ses motifs d'asile par le descriptif apporté  du déroulement du procès à  l'issue duquel H._______ a été condamné.  Le  fait que ce procès se soit  tenu en audience publique plutôt qu'à huis 

E­1649/2009 Page 8 clos ne permet en effet  pas de  retenir  qu'en adoptant  cette manière de  procéder, l'Etat aurait encouragé les anciennes victimes de G._______ à  s'en prendre en  toute  impunité à  la parenté de cet homme. De surcroît,  rien dans le dossier de l'intéressée ne vient étayer cette affirmation. Enfin,  le fait que la mère et le frère de l'intéressée aient pu obtenir une décision  de classement, respectivement introduire une demande en dommages et  intérêts démontre au contraire que la famille G._______ ne doit pas faire  face à une justice arbitraire à son égard en Serbie. 3.4. Quant aux articles de presse faisant état d'attentats contre des juges  et  d'une  fusillade  dans  une  salle  d'audience  par  des  parties  non  satisfaites  par  la  tournure  de  la  procédure,  ils  ne  sont  pas  de  nature  à  étayer  les  déclarations  de  l'intéressée,  dès  lors  que  les  situations  rapportées  sont  sans  rapport  direct  avec  son  récit.  Ils  ne  sauraient  dès  lors rendre vraisemblables les motifs d'asile de la recourante. Le Tribunal  observe  que  le  dossier  de  l'intéressée  ne  contient  aucun  document  qui  établirait  l'existence  effective  de  persécutions  et  menaces  à  l'encontre  des membres de la famille de la recourante, qui, au demeurant, n'ont pas  jugé nécessaire de quitter leur région d'origine. Au vu de ce qui précède,  le  Tribunal  estime  que  l'intéressée  n'a  pas  rendu  crédible  qu'elle  serait  exposée  à  des  persécutions  au  sens  de  l'art.  3  LAsi  dans  son  pays  d'origine,  ni  qu'elle  aurait  été  exposée  à  une  pression  psychique  insupportable, en raison de ses liens de parenté avec G._______. 3.5. Pour ce qui a trait aux difficultés familiales dont la recourante assure  être la victime par suite de son départ à l'étranger, force est de constater  qu'elle se  trouve dans  la même situation que  toute personne vivant une  relation conflictuelle avec sa famille ; cela ne saurait constituer en soi une  exposition à de sérieuses persécutions. 3.6.  Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  le  refus  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  le  refus  de  l'asile,  doit  être  rejeté. 4.  4.1. Lorsqu’il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en 

E­1649/2009 Page 9 ordonne  l'exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille  (art. 44 al. 1 LAsi). 4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 5.  5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). Cette mesure est réglée par  l'art.  83  de  la  loi  fédérale  du  16  décembre  2005  sur  les  étrangers  (LEtr,  RS 142.20). 5.2. Cette mesure n'est pas licite lorsque le renvoi de l'étranger dans son  Etat  d'origine,  dans  son  Etat  de  provenance  ou  dans  un  Etat  tiers  est  contraire  aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83 al. 3 LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque  manière que ce  soit,  à  se  rendre dans un pays où  sa  vie,  son  intégrité  corporelle ou sa liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à  l'art. 3 al. 1 LAsi, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre  dans un tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni  à  des  peines  ou  traitements  inhumains  ou  dégradants  (art.  3  de  la  Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et  des  libertés  fondamentales  [CEDH,  RS  0.101]).  L'article  3  s'applique  cependant  principalement  pour  prévenir  le  refoulement  ou  l'expulsion  lorsque le risque que la personne soit soumise à des mauvais traitements  dans  le  pays  de  destination  découle  d'actes  intentionnels  des  autorités  publiques  de  ce  pays  ou  de  ceux  d'organismes  indépendants  de  l'Etat  contre  lesquels  les  autorités  ne  sont  pas  en  mesure  de  lui  offrir  une  protection  appropriée  (cf. arrêts  de  la  Cour  européenne  des  Droits  de  l'Homme [Cour eur. DH], [GC], N. c. Royaume­Uni, arrêt du 27 mai 2008,  n° 26565/05, par. 31 ; Osman c. Royaume­Uni, arrêt du 28 octobre 1998,  Recueil des arrêts et décisions 1998­VIII, par. 116 ss ; H.L.R. c. France,  arrêt du 29 avril 1997, Recueil 1997­III, par. 32 ; Ahmed c. Autriche, arrêt  du 17 décembre 1996, Recueil 1996­VI, par. 44). Par ailleurs, l'art. 3 de la  Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements cruels,  inhumains ou dégradants  (Conv. Torture, RS 0.105),  interdit  également  l'expulsion,  le  refoulement  ou  l'extradition  d'une  personne vers un Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque  d'être  soumise  à  la  torture.  Ainsi,  l'extradition  ou  le  refoulement  peut  soulever  un  problème  au  regard  de  l'art.  3  CEDH  ou  de  l'art.  3  Conv. 

E­1649/2009 Page 10 Torture,  et  donc  engager,  par  ricochet,  la  responsabilité  de  la  Suisse,  lorsqu'il  y a des motifs sérieux et avérés de croire que  l'intéressé, si on  l'extrade ou le refoule vers le pays de destination, y courra un risque réel  d'être soumis à un traitement contraire à ces dispositions (cf. p. ex. : arrêt  de la Cour. eur. DH Saadi c. Italie, [GC], du 28 février 2008, n° 27201/06,  par.  125  et  les  nombreux  renvois).  Celui  qui  redoute  seulement  d'être  soumis à un tel risque ne peut en principe pas agir sous cet aspect. 5.2.1.  En  l'espèce,  pour  les  motifs  exposés  ci­dessus,  les  recourants  n'ont pas rendu vraisemblable que leur retour en Serbie les exposerait à  un  risque  de  traitement  contraire  à  l'art.  5  LAsi  ou  aux  engagements  internationaux contractés par la Suisse (cf. à ce propos : Jurisprudence et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA] 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186 s. et les références citées). 5.2.2.  Il s'ensuit que  l'exécution du  renvoi des  recourants vers  la Serbie  est licite au sens de l'art. 83 al. 3 LEtr. 5.3. Elle est également  raisonnablement exigible  (art. 83 al. 4 LEtr) non  seulement  vu  l’absence  de  violence  généralisée  en  Serbie  mais  également eu égard à la situation personnelle des recourants. En effet, ils  sont  jeunes  et,  hormis  les  angoisses,  qui  se  sont  révélées  être  non  fondées,  mises  en  avant  par  la  recourante  de  se  trouver  à  nouveau  confrontée à des tiers menaçants,  ils n'ont pas allégué de problèmes de  santé  particuliers,  qui  seraient  susceptibles  de  constituer  un  obstacle  à  l'exécution de leur renvoi. Quant aux enfants du couple,  il  faut admettre,  au  vu  de  leur  jeune  âge,  qu'ils  peuvent  quitter  la  Suisse  sans  grandes  difficultés. 5.4.  Enfin,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles  insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens  de  l'art.  83 al.  2 LEtr,  les  recourants étant  tenus de  collaborer avec  les  autorités  compétentes  en  vue  de  l'obtention  de  documents  leur  permettant de quitter la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi). 5.5. Sur le vu de ce qui précède, l'exécution du renvoi des recourants et  de leurs enfants doit être déclarée conforme aux dispositions légales. 5.6. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision de renvoi  et son exécution, doit être également rejeté.

E­1649/2009 Page 11 6.  Au vu de l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure,  par Fr. 600.­, à la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1  PA  et  art.  2  et  3  let. b  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2).  Ils  seront  compensés  par  l'avance  de  frais  du  même montant versée le 27 mars 2009. (dispositif page suivante)

E­1649/2009 Page 12 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les  frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­, sont mis à  la charge  des recourants. Ce montant est compensé par l'avance de frais du même  montant versée le 27 mars 2009. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Jenny de Coulon Scuntaro Astrid Dapples Expédition :

E-1649/2009 — Bundesverwaltungsgericht 19.07.2011 E-1649/2009 — Swissrulings