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Bundesverwaltungsgericht 20.10.2011 D-5024/2011

20. Oktober 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·662 Wörter·~3 min·1

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 10 août 2011

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­5024/2011 Arrêt   d u   2 0   octobre   2011 Composition Gérard Scherrer, juge unique, avec l'approbation de Maurice Brodard, juge; William Waeber, greffier. Parties A._______, né le […], B._______, née le […], C._______, né le […], Arménie, recourants, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi; décision de l'ODM du 10 août 2011 / […].

D­5024/2011 Page 2 Vu les demandes d'asile déposées en Suisse par  les  intéressés en date du  9 janvier 2011, les procès­verbaux des auditions des 11 et 27 janvier 2011, dont il ressort  en particulier que A._______ aurait travaillé dans un magasin de meubles  en  tant  que  responsable,  aurait  découvert  dans  un  entrepôt  une  caisse  remplie de drogue, aurait  filmé  le contenu de cette caisse au moyen du  mobile  de  l'entreprise,  aurait  averti  la  direction de  sa découverte,  aurait  sous menace été enjoint de garder  le  silence, aurait  dénoncé  l'affaire à  une  organisation  de  défense  des  Droits  de  l'Homme  car  ses  patrons  agissaient selon lui en toute impunité et qu'il craignait pour sa vie, aurait  été  pris  sur  le  fait  dans  l'accomplissement  de  cette  démarche  et  aurait  décidé de quitter  le pays parce qu'il était poursuivi par  les sbires de ses  patrons, les affections touchant C._______, celui­ci souffrant de graves problèmes  cardiaques ayant nécessité en Suisse une  intervention chirurgicale, à  la  suite de laquelle des contrôles annuels s'avèrent nécessaires, la décision du 10 août 2011, notifiée  le  lendemain, par  laquelle  l'ODM a  rejeté  les  demandes  d'asile,  motif  pris  que  les  faits  allégués,  à  maints  égards illogiques, se révélaient être  invraisemblables et ne satisfaisaient  par conséquent pas aux exigences de l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998 sur  l'asile (LAsi, RS 142.31), le même prononcé, par lequel l'autorité inférieure a prononcé le renvoi de  Suisse des requérants et a ordonné l'exécution de cette mesure, retenant  en particulier que  l'affection de C._______ avait été  traitée en Suisse et  que le suivi médical nécessaire pouvait être effectué en Arménie, cet Etat  prenant en charge les frais y afférents, le recours du 12 septembre 2011 formé contre cette décision, dans lequel  les  intéressés  soulignent  qu'ils  se  sont  exprimés  sans  se  contredire,  contestent  les  invraisemblances qui  leur  sont  reprochées,  se  rapportant  en particulier à  la situation  régnant en Arménie, et prétendent qu'il n'est  en  l'état  pas  possible  de  déterminer  si  le  renvoi  de  C._______  est  raisonnablement exigible, 

D­5024/2011 Page 3 la  décision  incidente  du  19  septembre  2011,  par  laquelle  le  juge  instructeur a considéré les conclusions du recours comme étant d'emblée  vouées à l'échec et a octroyé aux recourants un délai au 5 octobre 2011  pour  verser  la  somme  de  Fr.  600.­  en  garantie  des  frais  de  procédure  présumés, le paiement de ceux­ci, le 3 octobre 2010, et considérant que le Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, qu’en  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  concernant  l’asile  peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal,  lequel,  sauf  l'exception  visée  à  l'art.  83  let.  d  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF,  RS  173.110]  et  non  réalisée  en  l'espèce, statue définitivement, que les recourants ont qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), que,  présenté  dans  la  forme  (art. 52  al.  1  PA)  et  le  délai  (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi), que  quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi), que ne sont pas vraisemblables notamment  les allégations qui,  sur des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 

D­5024/2011 Page 4 manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  al. 3 LAsi), qu'en  l'espèce,  les  faits  tels  que  relatés  par  les  intéressés  manquent  singulièrement  de  cohérence,  sur  de  nombreux  points,  et  apparaissent  ainsi manifestement invraisemblables, qu'en effet, si A._______ n'avait pas été mis au courant du prétendu trafic  auquel se  livraient  les dirigeants de  l'entreprise où  il  travaillait, comme il  l'a  prétendu,  il  apparaît  des  plus  douteux  que  la  caisse  contenant  les  stupéfiants ait pu être découverte par ses soins, qu'à l'entendre, il s'agissait d'une livraison importante que les trafiquants,  avec  la  plus  élémentaire  prudence,  n'auraient  pas  manqué  de  réceptionner et de surveiller, qu'ils auraient à  tout  le moins pris des mesures afin de s'assurer que  la  caisse ne soit ouverte que par ses destinataires, qu'ils  ne  pouvaient  compter  sur  le  seul  espoir  que,  voyant  une  caisse  différente des autres, le recourant s'abstienne de l'ouvrir, comme allégué  dans le recours, que  l'impunité  dont  bénéficiaient  les  patrons  de  l'intéressé,  quasi­totale  selon celui­ci, ne justifie pas la légèreté avec laquelle ils ont agi, qu'en effet, si ces personnes n'avaient aucune crainte de voir un employé  découvrir  leurs  activités  illégales,  elles  n'auraient  pas  ensuite  surveillé  ses communications, ne  lui auraient pas adressé de graves menaces et  ne  l'auraient  pas  molesté  pour  lui  faire  comprendre  le  sérieux  de  la  situation, qu'elles  auraient  convoqué  et  reçu  immédiatement  le  recourant  afin  de  s'assurer de son silence, sans même attendre la fin de la journée, qu'elles  n'ont  toutefois  pas  procédé  ainsi,  lui  laissant  l'opportunité,  notamment, de communiquer avec ses collègues, que, par ailleurs, se disant très prudent après l'événement et sachant qu'il  était aisé de surveiller ses communications sur  le mobile de  l'entreprise,  A._______  n'aurait  pas  pris  le  risque  insensé  d'appeler  la  personne  à  laquelle il a dénoncé l'affaire avec ce même appareil,

D­5024/2011 Page 5 que, se disant également très inquiet que le film enregistré sur le mobile  soit découvert (ayant au demeurant eu la chance que ce mobile ne lui soit  pas  confisqué),  au  point  d'avoir  finalement  détruit  le  tout  avant  son  départ, il est étonnant qu'il n'ait pas rapidement transféré l'enregistrement  sur un autre appareil, qu'enfin, il s'explique difficilement que, parvenant à échapper de justesse  à ses poursuivants, qui  venaient de  le surprendre alors qu'il  révélait  les  faits  à  un  tiers,  A._______  n'ait  pas  appelé  son  épouse  à  son  domicile  pour l'enjoindre de fuir, qu'il est encore moins crédible qu'il y soit lui­même retourné, sans même  s'entourer de précautions, semble­t­il, que  les  sbires  de  son  patron  allaient  en  effet  probablement  se  rendre  chez lui immédiatement après avoir manqué de l'interpeller, que, contre toute attente, ils n'en n'ont rien fait, que le recours ne contient aucun élément susceptible de mettre en cause  ce qui précède, qu'en tant qu’il conteste le refus d’asile, il est ainsi rejeté, qu’aucune des conditions de l’art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999  sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n’étant réalisée, en  l'absence  notamment  d'un  droit  des  recourants  à  une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement,  le  Tribunal  est  tenu  de  confirmer  le  renvoi  (art. 44 al. 1 LAsi), que  l'exécution  de  celui­ci  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  les  intéressés  n'ayant  pas  rendu  vraisemblable qu'ils seraient exposés à de sérieux préjudices au sens de  l'art. 3 LAsi en cas de retour dans leur pays, que les recourants n'ont pas non plus rendu crédible qu'il existerait pour  eux un véritable risque concret et sérieux d'y être victimes de traitements  inhumains ou dégradants (cf. art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme  et  des  libertés  fondamentales  [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre  la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants  [Conv. torture, RS 0.105]),

D­5024/2011 Page 6 que  l'exécution  du  renvoi  s'avère  donc  licite  (cf. art. 83  al. 3  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS  142.20];  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière d’asile [JICRA] 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s. et jurisp. cit.), qu'elle  est  également  raisonnablement  exigible  (art. 83  al. 4  LEtr;  JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.  et  jurisp.  cit.),  dans  la mesure où  elle ne fait pas apparaître, en l'espèce, une mise en danger concrète des  recourants, qu'en effet, l'Arménie ne se trouve pas en proie à une guerre, une guerre  civile ou à une situation de violence généralisée, que les intéressés n'ont dans ce cadre pas invoqué de motifs personnels  s'opposant à un retour, que leur fils est certes arrivé en Suisse affecté d'une grave maladie, qu'il  a  toutefois  pu  bénéficier  de  l'intervention  (chirurgie  correctrice)  lui  permettant désormais, selon les prévisions, de mener une existence avec  une qualité de vie qualifiée d'excellente, que  selon  le  dernier  rapport  médical  produit,  daté  du  19  juillet  2011,  il  nécessitait  un  contrôle  au  mois  d'octobre  2011,  puis  des  contrôles  annuels en cardiologie pédiatrique, que ses examens peuvent être effectués en Arménie, gratuitement, selon   les  propres  déclarations  faites  par  l'intéressé  lors  de  son  audition  du  27 janvier 2011, qu'il  incombera  cependant  aux autorités d'exécution de  tenir  compte de  l'affection de l'enfant et de prendre les mesures assurant le suivi médical  dont il a besoin, que  l'exécution  du  renvoi  est  enfin  possible  (cf. art. 83  al. 2  LEtr;  JICRA 1997 n° 27 consid. 4a et b p. 207 s. et  jurisp. cit.),  les recourants  étant  tenus  de  collaborer  à  l'obtention  de  documents  de  voyage  leur  permettant de retourner dans leur pays d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi), que le recours, en tant qu’il porte sur le renvoi et son exécution, doit ainsi  également être rejeté,

D­5024/2011 Page 7 que s'avérant manifestement  infondé,  il est rejeté dans une procédure à  juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt  n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2), (dispositif page suivante)

D­5024/2011 Page 8 le Tribunal administratif fédéral prononce: 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600, sont mis à la charge des  recourants. Ils sont compensés avec l'avance de frais du même montant  versée le 3 octobre 2011. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérard Scherrer William Waeber Expédition :

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