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Genève Tribunal pénal 15.12.2017 P/6703/2015

15 dicembre 2017·Français·Ginevra·Tribunal pénal·PDF·16,448 parole·~1h 22min·1

Riassunto

CP.111 CP

Testo integrale

Siégeant : Mme Brigitte MONTI, présidente, M. Fabrice ROCH et Mme Delphine GONSETH, juges, M. Alain GALLET, M. Marcel IMHOF, Mme Monique CAHANNES et M. Miguel LIMPO, juges assesseurs, M. Raphaël GOBBI, greffierjuriste délibérant, Mme Carole PERRIERE, greffière. P/6703/2015 RÉPUBLIQUE ET

CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE

JUGEMENT DU TRIBUNAL CRIMINEL Chambre 19

15 décembre 2017

MINISTÈRE PUBLIC

L'enfant A______, partie plaignante, représentée par son curateur, Me Vincent SPIRA Madame B______, partie plaignante, assistée de Me D______

Contre

Monsieur E______, prévenu, né le ______ 1973, actuellement en exécution anticipée de peine à l'Etablissement fermé de la Brenaz, assisté de Me F______ et de Me G______

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public conclut à un verdict de culpabilité à l'endroit de E______ des chefs de meurtre (art. 111 CP), de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 CP) et d'infraction à l'art. 33 al. 1 let. a LArm et à sa condamnation à une peine privative de liberté de 12 ans ainsi qu'au paiement des frais de la procédure. Il se rapporte à l'annexe à l'acte d'accusation s'agissant des confiscations et restitutions sollicitées. Enfin, il demande qu'il soit fait bon accueil aux conclusions civiles des parties plaignantes. Madame B______, par la voix de son conseil, conclut à un verdict de culpabilité à l'endroit de E______, sans circonstances atténuantes, et à sa condamnation au paiement de CHF 40'000.- à titre de réparation du tort moral, des dommages matériels et des dépenses obligatoires occasionnées par la procédure. L'enfant A______, par la voix de son conseil et curateur, Me Vincent SPIRA, conclut à un verdict de culpabilité à l'endroit de E______ et à sa condamnation au paiement de CHF 60'000.-, avec intérêts à 5% au 3 avril 2015, à titre de réparation de son tort moral. Elle conclut également au paiement des honoraires de son curateur. E______, par la voix de ses conseils, conclut à un verdict de culpabilité des chefs de meurtre passionnel (art. 113 CP), de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires (art. 285 ch. 1 CP) et d'infraction à l'art. 33 al. 1 LArm s'agissant des chiffres III. 3 à 7, 9, 20 et 21 de l'acte d'accusation. S'agissant des chiffres III. 8, 10, 12, 14, 17, 18, 19, 22, 23 et 24 de l'acte d'accusation, il conclut à sa condamnation du chef d'infraction à l'art. 34 al. 1 let. d aLArm, sous réserve de la prescription des faits. Quant aux chiffres III. 13, 15 et 16 de l'acte d'accusation, il conclut à son acquittement. Il conclut enfin au prononcé d'une peine privative de liberté inférieure à 5 ans. EN FAIT A.a. Selon l'acte d'accusation du 20 septembre 2017, il est reproché à E______ de s'être, au domicile familial sis ______, à Collonge-Bellerive, le 3 avril 2015, vers 18h00, après s'être disputé avec son épouse, saisi d'un pistolet de type GLOCK 19, calibre 9mm Parabellum, qui se trouvait dans un coffre contenant diverses armes à feu, de l'avoir équipé d'un réducteur de son et garni d'un magasin de munitions subsoniques, avant d'effectuer un mouvement de charge, d'avoir rejoint son épouse et ensuite tiré deux coups de feu en direction de celle-ci, avant de s'approcher d'elle et tirer une troisième fois en direction de sa tête, alors qu'elle s'était écroulée, dans le but de la tuer, provoquant son décès sur le coup, étant précisé que chacun des autres coups de feu l'ayant atteinte avaient touché des structures vitales et étaient mortels à brève échéance (chiffre I.1. de l'acte d'accusation), faits qualifiés de meurtre au sens de l'art. 111 CP.

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b. Par ce même acte d'accusation, il est également reproché à E______ d'avoir, dans les circonstances d'action, de temps et de lieu décrits sous chiffre I.1. (supra), après que les forces de l'ordre étaient arrivées sur place, tenté de résister à son arrestation, en refusant de sortir de son logement comme le lui demandaient les policiers, légitimés comme tels, avant de tirer un coup de feu en direction de la porte d'entrée, de sorte que ceux-ci avaient dû se mettre à couvert, puis, après être sorti de son appartement le pistolet GLOCK à la main, d'avoir refusé de lâcher son arme, et enfin, après avoir posé son pistolet GLOCK et descendu les escaliers de son appartement, tandis que deux policiers le saisissaient pour le menotter, de s'être débattu violemment, en donnant un coup de pied à la poitrine d'un gendarme et en essayant de se saisir de l'arme de service d'un autre policier, avant d'être maîtrisé grâce à l'usage de la force (chiffre II.2. de l'acte d'accusation), faits qualifiés de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires au sens de l'art. 285 ch. 1 CP. c. Par ce même acte d'accusation, il est encore reproché à E______ d'avoir: - aux environs de l'année 2003, acquis une arme à feu automatique interdite de type SA VZ. 58, no de série 36311, calibre 7.62x39, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.3. de l'acte d'accusation); - aux environs de l'année 2003, acquis une arme à feu automatique interdite de type SA. 23, no de série48428, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.4. de l'acte d'accusation); - à une date indéterminée ultérieure au 1er janvier 2006, acquis une arme à feu automatique interdite de type MAT 1949, no de série 22211, calibre 9 mm Parabellum, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.5. de l'acte d'accusation); - à une date indéterminée ultérieure au 1er janvier 2006, acquis une arme à feu automatique interdite de type PPS-43, no de série E11323, calibre 7.62x25, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.6. de l'acte d'accusation); - aux environs de l'année 2000, acquis un accessoire d'arme à feu, soit un réducteur de son, no de série 000000085897, et de l'avoir détenu sans disposer des autorisations nécessaires (chiffre III.7. de l'acte d'accusation); - aux alentours de l'année 2006, acquis une arme à feu de type SIG 550 no de série PE19121, calibre 223 rem, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.8. de l'acte d'accusation);

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- aux alentours de l'année 2010, acquis une arme à feu type BERETTA RS 202P, no de série G08919E, calibre 12, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.9. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu type SAVAGE Mark II, no de série 392246, calibre 221r, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.10. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu type SAVAGE Mark II, n° de série 392246, calibre 221r, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.11. de l'acte d'accusation); - aux alentours de l'année 2006, une arme à feu de type CARABINE M1, no de série 1301450, calibre 30, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.12. de l'acte d'accusation); - aux alentours de l'année 2010, acquis une arme à feu de type COLT GOVERNMENT, no de série 70L14196, calibre 9 para, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.13. de l'acte d'accusation); - aux alentours de l'année 2006, acquis une arme à feu de type COLT 45, sans numéro de série, calibre 45 ACP, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.14. de l'acte d'accusation); - depuis une date indéterminée jusqu'au 3 avril 2015, détenu une arme à feu de type GLOCK 17, no de série ETS99I, calibre 9 para, appartenant à un tiers, sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.15. de l'acte d'accusation); - depuis une date indéterminée jusqu'au 3 avril 2015, détenu une arme à feu de type SIG SAUER P226, no de série U571 798, calibre 9 para, appartenant à un tiers, sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.16. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu de type BAIKAL MARCO, no de série 930164, calibre 221r, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.17. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu de type M.ZULAICA 1914, no de série 11958, calibre 32 ACP, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.18. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu de type COLT 45, no de série 2435152, calibre 45 ACP, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.19. de l'acte d'accusation);

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- entre les années 2012 et 2013, acquis une arme à feu de type DERRINGER, no de série 53519, calibre 22S-l-lr, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.20. de l'acte d'accusation); - aux alentours de l'année 2010, acquis une arme à feu de type REVOLVER 1882, no de série 10286, calibre 32 swl, calibre 12, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.21. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu de type ARMINIUS HW5, no de série 894243, calibre 221r, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.22. de l'acte d'accusation); - à une date indéterminée ultérieure au mois d'octobre 2003, acquis une arme à feu de type WALTHER P38, no de série 2691, calibre 9 para, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.23. de l'acte d'accusation); - entre les années 2006 et 2011, acquis une arme à feu de type PARABELLUM, no de série 1273, calibre 9 para, et de l'avoir détenue jusqu'au 3 avril 2015 sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (chiffre III.24. de l'acte d'accusation); faits qualifiés d'infractions à la loi fédérale sur les armes au sens des art. 4 ch. 2 let. a, 5 al. 1 let. a et g et al. 4, 8 al. 1 et 33 al. 1 let. a LArm. B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure : a.a. E______ et H______ se sont rencontrés, en 2002, dans un cabaret genevois auprès duquel elle travaillait comme hôtesse. Ils ont emménagé ensemble et se sont mariés le 10 octobre 2003. Une petite fille, A______, est née de leur union le ______ 2007. En avril 2015, le couple habitait un appartement sis au ______ à Collonge-Bellerive, dont ils étaient propriétaires et dans lequel ils avaient emménagé en décembre 2013. A cette époque, H______ travaillait comme réceptionniste auprès d'un établissement bancaire de la place. Quant à E______, il travaillait en qualité d'agent de sécurité dans une société en charge de la protection des membres d'une famille. B______, mère d'H______, et I______, mère de E______, partageaient la vie de la famille, à intervalles réguliers, pour s'occuper d'A______. Constatations sur place

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a.b. L'appartement de la famille J______ est un duplex dont le niveau inférieur se trouve au 1er étage du bâtiment et dont l'accès à l'entrée se fait par un escalier extérieur en colimaçon. Au niveau inférieur de l'appartement se trouvent un cabinet de toilette situé immédiatement à gauche de l'entrée en face d'un petit vestibule. La cuisine, le salon, la salle à manger, un réduit sous l'escalier menant au niveau supérieur et un couloir allant au petit vestibule occupent le reste de l'étage. Le niveau supérieur se compose d'un bureau, de la chambre de la fille du couple, d'une salle de douche, d'une suite parentale, d'un dressing et d'une salle de bains. L'appartement possède deux dépendances situées au sous-sol. Il s'agit d'un box fermé qui, via une porte située en son fond, mène à un carnotzet. b.a. Le 3 avril 2015, à 18h11, E______ a appelé le "144" depuis le téléphone fixe de son domicile, demandant, en pleurs et en criant, l'envoi d'une ambulance, car il venait de tirer sur son épouse et celle-ci saignait. A 18h13, E______ a composé le "117" depuis le même téléphone et a indiqué, en hurlant et d'une manière excitée, qu'il fallait venir le chercher, qu'il était armé et qu'il avait tué sa femme, avant de déclarer qu'il voulait mourir. A la question de savoir quelle arme il avait, il a répondu qu'il avait tout ce qu'il fallait. Plusieurs patrouilles de police ont ainsi été immédiatement envoyées au domicile du couple J______. b.b. Une fois arrivés à cette adresse, vers 18h22, les gendarmes ont entendu successivement E______ crier, puis, après lui avoir manifesté leur présence, au moins un coup de feu être tiré. E______ s'est ensuite présenté sur le seuil de son domicile, soit en haut d'un escalier, une arme de poing à la main, sans toutefois viser les policiers. Il a alors demandé à être abattu. Après quelques brefs échanges, E______ a consenti à déposer l'arme qu'il tenait au sommet de l'escalier et, après être retourné brièvement dans l'appartement, à descendre en direction des gendarmes. Une fois en bas, deux policiers l'ont saisi aux bras. Il s'est débattu et a donné un coup de pied au niveau de la poitrine du Gendarme K______. Trois autres policiers sont intervenus et l'ont amené au sol pour le maîtriser. E______ a alors tenté de se saisir de l'arme de service d'un des agents. Il a enfin été maîtrisé par la force. Lors de l'altercation, un pistolet RUGER LCP calibre .380 ACP et son étui sont tombés du pantalon de l'intéressé. Après son interpellation, ce dernier se trouvait dans un état d'excitation extrême. A noter qu'un couteau a également été retrouvé sur lui et qu'il ne portait pas de chaussures. Durant le trajet menant E______ au poste de police, celui-ci a déclaré qu'on aurait mieux fait de le tuer, ajoutant à plusieurs reprises "pourquoi j'ai fait ça" et, semblant s'adresser à la victime, "pardonne-moi". Ces propos ont été ponctués, à un certain

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moment, de coups qu'il s'est lui-même infligé en frappant sa tête contre la vitre du véhicule. Il a toutefois été collaborant dans les actes qui lui ont été demandés. b.c. A l'intérieur du domicile du couple J______, le corps sans vie d'H______ a été découvert dans l'entrebâillement de la porte des toilettes situées dans le vestibule formant une impasse, à proximité de la porte palière. Le corps de la précitée se trouvait en décubitus ventral avec les jambes dans le vestibule et le torse dans les WC. Elle avait le côté gauche de la tête en contact avec le sol, baignant dans son sang. Elle était habillée d'un t-shirt bleu, d'un pantalon de jogging et de chaussettes. Elle tenait, dans sa main droite, la clé de la porte d'entrée et celle de la boîte-aux-lettres attachées à un trousseau. Le médecin intervenu sur place a constaté son décès à 18h33. b.d. Un deuxième trousseau de clés était introduit dans le cylindre intérieur de la porte palière. En outre, le sèche-linge fonctionnait à la cuisine; une bouteille de bière et des carottes se trouvaient sur le plan de travail. Une armoire et un tiroir étaient ouverts dans le bureau de l'étage. b.e. L'arme laissée par E______ sur le paillasson devant la porte d'entrée du logement, était un pistolet GLOCK 19, numéro de série AZC449, de calibre 9mm Parabellum, monté avec un canon fileté. Dans le magasin engagé dans l'arme se trouvaient neuf cartouches subsoniques de marque FIOCCHI portant l'inscription "G.F.L. 9mm LUGER" sur les culots. Aucune cartouche ne se trouvait dans le canon de l'arme. A l'intérieur du logement, dans le couloir desservant le vestibule et les toilettes, quatre douilles percutées de calibre 9mm Parabellum ainsi qu'une cartouche subsonique non percutée de même calibre ont été découvertes. Un réducteur de son (silencieux), adapté au canon fileté du GLOCK 19, a été retrouvé à proximité du corps d'H______, sur le sol des toilettes. Le combiné de téléphone fixe sans fil se trouvait par terre, au niveau des fesses de la victime. A l'intérieur des toilettes, le long du mur opposé à la porte, se trouvait un projectile avec des cheveux blonds et, sur le bas de ce mur, à 18 cm du sol, un impact a été découvert matérialisé par du sang et des cheveux blonds. Deux autres projectiles ont été retrouvés, l'un dans le montant extérieur droit de la porte palière, à 83 cm du sol, l'autre dans la doublure du dos d'une veste suspendue dans la penderie située au fond du vestibule, à 108 cm du sol. Le 1er mars 2017, un troisième projectile de calibre 9mm a été découvert à l'intérieur d'une chaussure de E______, lors d'un contrôle aux rayons X effectué à Champ-Dollon. Cette chaussure se trouvait le jour des faits sur un rayon de la penderie du vestibule.

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b.f. S'agissant du pistolet semi-automatique RUGER LCP de calibre .380 ACP tombé du pantalon de E______ lors de son interpellation, il était munitionné de six cartouches dans le magasin, plus une dans la chambre à cartouches, prête au tir. b.g. Dans le bureau au premier étage, une fourre jaune a été retrouvée dans une armoire, sous une pile d'habits, laquelle contenait divers documents datés de la fin 2013, notamment des relevés de factures de cartes de crédit UBS, de mouvements de compte UBS, ainsi que des factures de téléphone et un billet portant des inscriptions manuscrites, soit "xflint.com" et "infidele.com". Ont également été retrouvés un classeur rouge contenant divers documents relatifs à des armes, notamment des contrats de vente, une fourre blanche contenant divers documents relatifs aux stages et formations effectués par E______, notamment en Russie et au Kazakhstan et un DVD gravé portant l'inscription "Stage Russie 2010", sur lequel figure une vidéo d'un stage d'armes effectué par E______ en Russie. Il ressort notamment des documents retrouvés que, le 19 octobre 2012, l'intéressé a obtenu un certificat de moniteur de tir l'autorisant à instruire et certifier des tireurs à l'instruction de base au fusil, fusil à fonctions multiples et pistolet, pour une durée de trois ans. Se trouvaient en outre dans cette pièce, plus particulièrement dans un des tiroirs du meuble de bureau dont l'un d'eux était ouvert sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agissait de ce tiroir, un réducteur de son (silencieux) pour une arme longue, un canon d'arme (no de série AZC449, correspondant au GLOCK 19 utilisé par E______), plusieurs boîtes de munitions de divers calibres et un carton contenant: des trousses de nettoyage, des baïonnettes, un holster et des lunettes nocturnes. Dans la chambre à coucher conjugale, au premier étage, un coffre-fort contenait: 25 armes à feu, notamment des fusils et des pistolets, des boîtes de munitions de divers calibres, plusieurs magasins dont certains munitionnés, six couteaux, un spray au poivre et un bâton tactique. Dans la table de nuit, sous des sous-vêtements féminins, se trouvait une feuille d'information sur la LAVI. Un iPhone 5S, no d'appel 1______ appartenant à H______ a également été retrouvé dans cette chambre. Les sommes de CHF 1'350.- et USD 200.- ont en outre été retrouvées dans une armoire du dressing, sous un panier. Au rez-de-chaussée, deux sprays au poivre ont été découverts l'un retrouvé dans une poche de la veste de E______, l'autre sur une étagère de la cuisine. Deux permis de port d'armes (pistolet et bâton tactique) ainsi qu'une carte d'agent de sécurité ont été retrouvés dans le porte-monnaie de E______. Dans le box et dans le carnotzet, ont été découverts de nombreuses valises contenant des munitions pour divers calibres, deux armes longues, soit un fusil d'infanterie 1889 et un

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mousqueton suisse 1931, des boîtes contenant des accessoires d'armes, notamment des lunettes de visée et un rail pour lunettes, un couteau et trois grenades. A noter que la saisie porte notamment sur 8'170 cartouches pour arme de poing et 5'800 cartouches pour arme longue. Un fusil d'assaut SIG 553-1 SP, no de série 421224, calibre 223 Remington avait en outre été laissé en dépôt par E______ au stand de tir AB______, sis ______. b.h. La fouille du véhicule OPEL Antara appartenant à E______, garé devant le box du sous-sol, a notamment permis la découverte de trois tasers, d'un téléphone portable iPhone 5S, no d'appel 2______, utilisé par E______ à des fins personnelles, et d'un téléphone portable iPhone 4, no d'appel 3______, utilisé par le précité à des fins professionnelles et enregistré au nom de la société L______ SA. Corps de la victime c.a. Selon la Brigade de police technique et scientifique, le corps de la victime présentait dix orifices compatibles avec le passage de projectiles. Ceux-ci étaient répartis en cinq entrées et cinq sorties. La découverte des trois projectiles sur les lieux du drame, ainsi que les différents impacts visibles, ont permis de déterminer trois trajectoires de tir approximatives: - le projectile retrouvé dans la veste suspendue au fond du couloir avait été tiré depuis le couloir, dans l'axe de ce dernier, en direction de la penderie; - le projectile retrouvé dans les toilettes avait été tiré depuis le couloir, d'une position située en regard de la porte des toilettes; - le projectile retrouvé dans le montant extérieur de la porte palière avait été tiré depuis le couloir, avec une légère direction descendante. E______ s'était ainsi déplacé pendant ou entre les tirs. Au vu de la présence de sang et de cheveux ensanglantés dans les toilettes, à environ 18 cm du sol, en combinaison avec la trajectoire de tir dans la tête d'H______, qui était ascendante depuis la zone au-dessus de l'oreille droite vers l'arrière du crâne, au-dessus de l'oreille gauche, il était possible de déduire que ce projectile avait été tiré alors que la jeune femme se trouvait dans une position relativement proche du sol. Il était également permis d'exclure que la victime se tenait debout lors de ce tir. c.b. A teneur du rapport du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML) du 30 septembre 2015, le décès d'H______ était la conséquence des lésions provoquées par des projectiles d'arme à feu ayant atteint le corps au niveau de la tête et du thorax.

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Plusieurs trajectoires ont pu être définies : Trajectoire A: le projectile avait atteint la tête de la victime, entrant par la région temporale droite (plaie n° 2), avant de ressortir par la région temporo-pariétale gauche (plaie no 1). Trajectoire B: le projectile avait atteint le bras droit, entrant par la face postéro-latérale, tiers proximal (plaie no 8), avant de ressortir par la face postéro-médiale, tiers proximal (plaie no 7). Trajectoire C: le projectile avait atteint le poignet droit, entrant par la face postérieure, versant radial (plaie no 9), avant de ressortir par la face antérieure, versant radial (plaie no 10). Trajectoire D: le projectile avait atteint l'hémithorax droit, entrant par la face latérale (plaie n° 5), ressortant par la face latérale de l'hémithorax gauche (plaie no 3). Trajectoire E: le projectile avait atteint l'hémithorax droit, entrant par le quadrant inféro-interne du sein (plaie no 4), avant de ressortir par la région dorsale basithoracique de l'hémithorax gauche (plaie no 6). En outre, H______ avait été atteinte par des projectiles d'arme à feu à quatre endroits de son corps. Le nombre des parties du corps atteintes n'était pas obligatoirement identique au nombre de coups de feu ayant été tiré sur la victime. Certaines trajectoires pouvaient correspondre au même projectile du fait de leur possible alignement. En effet, la localisation des parties du corps touchées par un projectile au niveau B et D, indiquait au vu de l'alignement des plaies nos 8, 7, 5 et 3 qu'il s'agissait, selon toute vraisemblance, d'un seul et même coup de feu dont le projectile avait touché d'abord le bras droit avant de pénétrer dans la cavité thoracique à droite. De manière similaire, compte tenu de la mobilité du membre supérieur par rapport aux autres régions du corps, la trajectoire C pouvait être alignée aux trajectoires A ou E sans que l'on puisse toutefois privilégier l'une ou l'autre de ces deux hypothèses. L'ensemble des lésions par projectiles d'arme à feu constatées lors de l'autopsie du corps de la victime présentait des signes de vitalité. Les trajectoires A, C et D avaient atteint des structures vitales. Chacune de ces trajectoires pouvait être mortelle à elle seule à brève échéance. Les lésions provoquées par le projectile ayant atteint la tête avaient provoqué une incapacité d'agir immédiate. Pour ce qui concernait les distances de tir, tous les orifices d'entrée présentaient des caractéristiques de coups de feu tirés à distance ou à travers un écran, sauf la plaie no 9 qui présentait les caractéristiques d'un coup de feu tiré à bout portant. Il était toutefois impossible de se prononcer sur la chronologie des coups de feu.

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Téléphonie et informatique d. La Brigade de criminalité informatique a procédé à l'extraction des données des téléphones portables et du matériel informatique saisis. d.a. S'agissant de l'iPhone 4 personnel de E______ (3______), il ressort de l'agenda que l'intéressé avait prévu treize séances avec M______, psychologue, entre le 16 janvier et le 1er septembre 2014, ainsi que deux rendez-vous avec le Dr N______, les 31 mars et 16 avril 2015. Y figuraient également des entrées relatives au tir, notamment au stand de tir AB______, du 21 mai 2014 au 27 mars 2015. Dans l'application "Notes", sous la rubrique "Journal de E______" créée le 26 février 2015 et modifiée le 16 mars 2015, il est écrit deux notes dont la teneur est la suivante : "21 février 2015 Je voulais faire l'amour avec ma femme. Elle m'a regardé sans bouger, impassible pendant que je lui faisais des câlins. On aurait dit que j'étais un étranger. Depuis cette nuit, systématiquement elle me tourne le dos comme si je n'existais pas. Tous les matins et soir quand j'arrive du travail, je l'embrasse ainsi que notre fille, malheureusement quand elle part au travail elle ne l'a jamais fait. Elle sort une fois par semaine pour manger avec "le vieux", régulièrement elle aime sortir le soir et faire la fête en boîte et se faire draguer par d'autres hommes. Le 14 février 2014, le soir de la Saint-Valentin, après une dispute je l'ai suivi jusqu'à l'appartement d'un certain "O______" en l'enlaçant tendrement. Après une discussion calme, j'ai découvert qu'il était divorcé et se voyait régulièrement pour boire et "jouer” ensemble. Pour revenir à la semaine du 22 alors qu'elle m'ignorait, le mercredi soir je lisais un livre en l'attendant alors qu'elle était sortie pour boire un verre, elle m'a à peine adressé la parole. Je suis descendu regarder un film, je n'avais pas sommeil et ma belle-mère avait fini de regarder son émission. Je regardais tranquillement la fin du film et là ma femme est descendue en prétextant que la lumière du salon la dérangeait et par la suite à jeter mon coussin en bas des escaliers en s'enfermant dans la chambre. La veille, elle s'était disputée avec notre fille et ma femme s'était enfermée à clé dans notre chambre, tout en provocant la crise de notre fille. Heureusement que ma bellemère était là pour gérer la crise. J'ai découvert qu'elle avait fait une nouvelle rencontre, il s'appelle P______, elle a du faire sa rencontre lors de ses sorties et laisser son numéro de tél comme d'habitude." "Samedi 14 mars 2015 Nous avions invité un de mes amis à la maison pour manger. Tout c'est bien passé mais après son départ. Elle étais à la fenêtre de notre chambre et regardais dans le

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vide sans aucune explication. Je me suis coucher car le lendemain je travaillais de bonne heure. Elle est rester dans la salle de bain et puis m'a annoncé qu'elle allait sortir. Je lui est proposer de faire l'amour avant qu'elle sorte, mais elle a dit, qu'elle avait ses règles et qu'elle préférerait rencontrer d'autres hommes étant donner qu'elle ne pouvait plus baiser avec moi. Elle est rentrée vers 06h00. Le soir quand je suis rentrera la maison, elle m'a parler comme si tout aller bien???" Les mots "P______???" ont été rédigés le 7 mars 2015. La police a identifié cette personne comme étant P______, dont le numéro de téléphone +4______était inscrit dans le répertoire du téléphone d'H______ sous "P______ AM". Une "Listes à faire" a été créée le 21 mars 2015: "- ne pas la laisser seul quand elle se trouve dans la chambre. - mettre du sel dans la salade. - couper les concombres en deux dans la salade. - saisir la viande à 9 puis baisser le feu. - marquer chaque consignes. - faire le lit dès qu'on se lève. - ne pas s'endormir tant qu'elle n'est pas couché. - ne pas la contredire, contrarier." Plusieurs messages provenant de sites de rencontres, notamment des sites "SexeDesirs", "Filles-infideles", "Easyflirt", "sexefriend.ch" et "xflirt", et envoyés durant les mois de novembre et décembre 2013 ont été retrouvés. d.b. Quant à l'iPhone 5S d'H______ (1______), il ressort de l'extraction de données que celle-ci a eu des échanges de messages avec deux hommes, soit respectivement O______, le 2 avril 2015, et Z______, entre le 25 mars et le 2 avril 2015, au sujet d'éventuels rendez-vous. Il ressort également de ce téléphone que l'intéressée avait elle-même pris des photographies de plusieurs hématomes visibles sur son corps, notamment sur la fesse gauche, dont les images ont été enregistrées les 27 et 28 décembre 2014. Selon l'historique, les sites internet suivants ont été consultés: "guide-rencontresadulteres.fr", "datingwebsites.fr", "sitepourtromper.fr", les 22 et 23 janvier 2015, ainsi que "ashleymadison.com", le 13 mai 2015. d.c. Il ressort de l'analyse de l'historique internet de l'ordinateur portable MacBook Pro appartenant à E______ retrouvé au domicile d'I______, notamment des recherches effectuées sur le moteur de recherche "Google", les mots suivants: "conseiller conjugal", "easy divorce", "probleme couple", "probleme couple separation", "probleme couple separation eaux-vives", "psychothérapie", "dating xxx", "infideles sites", "rencontre xxx" et "webcam xxx".

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Certains messages non présents dans le téléphone de E______ ont été sauvegardés sur le disque dur de l'ordinateur : "J'ai envie de mourir. C'est désespéré. Vous ne changerez jamais. Pauvre A______. Tout ce qu'elle va endurer des connards comme toi" (21 juin 2014, à 09h01) "Si. Tu as peur de me raconter le reste de la vérité, les détails. Tu sais mieux que moi. Il y avait trop de "je ne me rappelle pas" par rapport à la pute de Lavey" (21 juin 2014, à 13h01) "Puis, quant à mon assurance en moi: 1. Tu te branles régulièrement en regardant les vidéos avec les jeunes et jolies fille, même si ça va bien entre nous tu me baises. 2. Tu vas au cabaret et paie champagne a une fille, en sachant ce que ça représente pour moi, vu qu'on s'est recontré ds le même place. 3. Tu cherches "recontres xxx" ds Google, et je l'apprends. 4. Tu "tchattes2 et tu donnes des rdv. 5. Tu fais les retraits des sommes assez importantes pour allés aux putes. 6. Tu restes sans rien faire a côté de moi, et ce malgré ce que je t'avais dit 2jours auparavant. Tu évoques la manque d'assurance en toi, malgré le bisous que j'accepte en rentrant et en partant, malgré le lit commandé, malgré A______ rejetée de notre lit conjugales. Etc. J'ai compris: tout le désir est mort, tu ne peux plus te forcer à me sauter." (envoyé du téléphone d'H______, le 18 novembre 2014, à 12h42) "Oui, c'est vrai que je regarde des clip vidéo x, oui je suis allé une fois au cabaret en 2008, oui j'ai tchatté avec des hôtesse sur des sites de rencontre, oui je ne suis pas intelligent, oui j'ai des problèmes pour m'exprimer, je ne serai jamais chef d'une entreprise ou d'une banque mais je suis comme je suis, oui j'ai fait tout ça et je le regrette et j'essaie de réparer mes erreurs et mes défauts." (envoyé du téléphone de E______, le 18 novembre 2014, à 13h40) Une note, dont la date de rédaction est inconnue, a également été retrouvée: "H______&nbsp,<div><br><div><div>Si tu veux dans le futur, je peux essayer d'écarter les jambes, mais il ne faut surtout pas m'embrasser. Tu peux aller aux putes et leurs payer pour ça, elles ont l'habitude de mentir, elle jouerons l'amour pour l'argent.</div><div>Et moi, je ne cherche pas, mais je commence à ressentir une forte besoin de VRAI chaleur et désir envers moi, de là personne qui n'est pas pourri par des mensonges envers moi, ben, au moins au début. Si je rencontre ça, je m'en fouterai de toi comme tu t'es foutu de moi.</div><div>Après, si la personne commence à me mentir, je la lâcherai sans regrets des la 1ère mensonge, expérience oblige.</div><div>Je n'aurai pas de scrupules, E______. Tu ne les avais pas.</div></div></div><div><br></div><div><div>Tu n'as pas compris. Boire un verre cette fois, c'est pour faire connaissance avec qqn du site, voir si on se

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plait. </div><div>Et toi, continue à faire l'idiot avec tes problèmes de confiance.</div><div>J'en ai marre de ta sourdité. Tu es un idiot qui ne fais pas les efforts pour tout sauver.</div></div>". d.e. Les messages suivants ont été extraits des téléphones portables de E______ et H______. • 17 juillet 2014 20h20, H______ à E______: "La pisse. Sous le plastique. Ça finirai. PAR SENTIR! Ta mère proposait à mettre les machins ds les WC pour cacher l'odeur au lieu de NETTOYER. Votre famille me dégoûte." 20h22, E______ à H______: "H______, stp, cela ne sert à rien d'en parler pendant des heures pour de la pisse. Je nettoierai ce soir quand j'arriverai même s'il est minuit." 20h37, H______ à E______: "Tu as vu la pisse lundi. On est jeudi. Courir avec la pisse à la maison, est-ce prioritaire? E______, es-tu sourd? Qu'est-ce qu'on fait ensemble??" 21h46, H______ à E______: "Et les conflits, je ne les cherche pas. C'est de nouveau ta sourdité qui est en cause. Je n'aime pas répéter plusieurs fois la même chose. Tu trouveras un truc à sécher le linge par terre devant la cheminée. Je t'ai dis hier qu'il fallait le ranger. Aussi je viens de jeter ce que ta mère à acheté malgré mon désir de ne pas avoir les trucs ds les WC: les canards qui "couvrent les odeurs de chat". Je suis chez moi et elle est montée chez elle. Elle m'achètera peut-être la marque de mes tampons qu'elle juge indispensable?" • 12 août 2014 23h36, H______ à E______: "Je me trompe peut-être, mais tout au début de notre conversation, quand j'ai parlé de Q______, tu as démontré beaucoup plus d'intérêt qu'après. D'ailleurs, tu as posé la question sur elle et quand je n'ai pas entendu, j'ai l'impression que tu t'es rendu compte de ton intérêt accru et a laissé tomber ta question initiale. Ce n'est qu'après que j'ai insisté que tu l'as répétée. Après, c'était de nouveau "sac de patates". Tu sais, je préfère que tu m'appelle seulement quand tu as qqch a me dire. Ça me perme if rai d'éviter les moments pareils. Je crois que la

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distance ne sert à rien quand la relation est trop usée: Bonne nuit." 23h42, E______ à H______: "Et bien tu te trompes. Bonne nuit" • 27 septembre 2014 12h33, H______ à E______: "Elle a raison, la psychologue. Nous avons des problèmes de communication. On parle les langages différentes. Apparemment, je n'arrive pas à te transmettre les messages. J'ai peur qu'on c'est déjà éloignés l'un de l'autre, encore un peu et c'est trop tard. Hier j'ai sortie pour essayer d'arrêter de pleurer. Bon, essayons de ne pas gâcher la soirée, nos amis n'y sont pour rien. Faisons semblent que tout va bien et nous sommes heureux." 12h51, E______ à H______: "Et tu crois que je vais bien, en restant dans le bureau comme un étranger et en t'entendant partir jusqu'à 2h30 du matin avec je ne sais quel fils de pute... Tout ça,ne va pas dans le bon sens. Je suis triste de te voir dans cet état. J'essaie de rester positif mais des fois c'est très dur." • 12 novembre 2014 16h42, H______ à E______: "Et si j'apprends que tu me ments..." 17h01, H______ à E______: "C'est ta manière de jouer à l'idiot qui ne me plait pas. Je dis que je ne veux pas voir ta mère et tu me réponds qu'on ira après le Noël. Arrête ca, s'il te plait. De faire toujours comme si de rien n'était, aussi dans les autres cas, ça me paraît debil et me met hors de moi. Compris?" 22h09, H______ à E______: "Si tu veux dans le futur, je peux essayer d'écarter les jambes, mais il ne faut surtout pas m'embrasser. Tu. peux aller aux putes et leurs payer pour ça, elles ont l'habitude de mentir, elle jouerons l'amour pour l'argent. Et moi je ne cherche pas, mais je commence à ressentir une forte besoin de VRAI chaleur et désir envers mo de la personne qui n 'est pas pourri par des mensonges envers moi ben, au moins au début. Si je rencontre ça, je m'en fouterai de toi comme tu t'es foutu de moi. Après, si la personne commence à me mentir, je la lâcherai sans regrets des la 1ère mensonge, expérience oblige. Je n'aurai pas de scrupules, E______. Tu ne les avais pas."

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• 14 novembre 2014 12h14, E______ à H______: "Je ne sais pas quoi répondre, est-ce que si je laisse ma mère seule jusqu'à la fin cela t'aidera à m'aimer à nouveau ? Dois-je sacrifier ma mère pour te garder auprès de moi ? J'attendrai qu'elle m'appelle d'ici Noël" 12h16, H______ à E______: "Non, je ne demande pas de sacrifices. Il faut juste lui dire, quand elle t'appelle, de ne pas être égoïste." • 18 novembre 2014 09h23, H______ à E______: "En attendant, chaque jour la colère s'accumule en moi. Moi, pas désirée par mon mari… Je n'ai pas envie que ça explosé, car c'est nos proches qui n'y sont pour rien qui le prendrons. À la place, je songe. d'aller boire un verre jeudi et/ou vendredi. Pour me sentir valorisée." 09h34, H______ à E______: "Tu es un destructeur passif. C'est tout de ta faute!" 09h39, H______ à E______: "Si un jour notre famille n'existe plus, ce qui est très réel, j'espère tu te rendras compte que c'est toi qui a tout fait pour la détruire. Je me tais maintenant, tout est dit." 09h43, E______ à H______: "Je comprend, laisse moi me racheter, prouver le contraire. Cela va être dur pour moi de regagner ta confiance, mais j'essaierai." • 25 décembre 2014 00h10, H______ à E______: "Oui, quel acharnement professionnel:) On consulte WhatsApp vers minuit sans me répondre à mes messages! Tu es vraiment..." 00h13, H______ à E______: "Con." 00h16, E______ à H______: "Je vient de finir et j'ai reçu une sonnerie quand mes collègues envoient des messages comme quand tu viens de m'envoyer. Arrête d'inventer des prétextes." 00h17, H______ à E______: "Je constate que tu consultes tes apps. Et moi, je n'ai pas de réponse à mon message." 00h21, E______ à H______: "Lequel? Quand tu m'as dit de voir un spécialiste. Je n'avais pas le temps de parler et j'ai pas envie de me disputer. Tu as radicalement changé comme si tu étais quelqu'un d'autre."

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00h27, E______ à H______: "Je vais aller voir ce spécialiste pour parler de tout ça. On verra bien si je suis un attardé..." 00h28, H______ à E______: "J'ai l'impression que tu l'es." 00h30, H______ à E______: "Tout ce que tu fais tape sur notre budget depuis un moment. Je ne vais pas préciser comment, tu le sais. Est-ce normal?" 00h32, E______ à H______: "J'écoute la musique et j'essaie de me rappeler au début qu'on s'est connu. Tout était bien, on était heureux, même si on gagnait moins." 00h33, H______ à E______: "Et tu étais moins idiot, je suis désolée:)))" 00h36, H______ à E______: "Si je ne te conviens plus, que attendons-nous? Tu ne me conviens plus comme tu es maintenant, sourd à mes souhaits." 00h40, E______ à H______: "Je verrais ce que ton spécialiste me dira. Bonne nuit et Joyeux Noël." 00h44, H______ à E______: "Ce n'est pas mon spécialiste. C'est toi qui en a besoin, désolé. Tu es malade. Tu as des problèmes." 00h47, H______ à E______: "Caméras-espions. Swarovski de merde (plusieurs fois de suite!), Gucci merdique, le tout payé de notre budget! Et encore les choses que je n'ai pas mentionnée. On se sépare, c'est mieux?" 00h53, H______ à E______: "C'est le trait des gens très simples mettre la faute sur tout le monde sauf soi-même. "Je suis gentil et toi, tu as changé, je ne comprends pas.."" 00h57, H______ à E______: "Merde! Dors bien, tu es simple et donc épargné de doute, tu n'as pas tort. Joyeux Noël. Je pleure, tout en prenant un somnifère. Merci, E______! Je ne les connaissais pas avant!" 00h58, E______ à H______: "comme au début" 01h00, H______ à E______: "Au début, je ne prenais pas les somnifères si jamais. Tu étais différent aussi." 01h00, E______ à H______: "Tues moi, comme ça tu ne souffriras plus et moi non plus." 01h02, H______ à E______: "On doit envisager qqch de radical. Tu es malade." 01h03, H______ à E______: "En tout cas, pour moi. Peut-être, avec une africaine, tu seras un super-héros:)) Au moins, rien n'est perdu."

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01h25, H______ à E______: "Je suis contente que tu ne sois pas ici pendant les fêtes. Rentre le plus tard possible, je t'en prie." • 26 décembre 2014 22h00, H______ à E______: "Je suis tentée d'en finir avec tout. Mais, comme on le dit, les vrais suicidaires ne le disent pas, mais le font:)) Alors, pas encore. Bisous" 22h05, E______ à H______: "On parlera tranquillement demain. Bonne nuit, je vais me coucher. Gros bisous." • 28 décembre 2014 01h02, H______ à E______: "Tu as commencé à faire plus qu'avant. Hélas." 01h04, H______ à E______: "Je ne cherchais pas tes coups, j'avais peur de me faire défigurer devant A______. Et un coup à une femme couchée parterre. "Pourrie d'une fille". Tu as fait trop." 01h06, H______ à E______: "Je verrai avec l'avocat si ça vaut la peine de te gâcher la vie. Si je porte plainte, tu es viré illico. Ce n'est pas dans mes intérêts, pour A______ tout d'abord." 01h07, H______ à E______: "Tu as tellement changé, mon gentil E______ que j'avais connu! C'est dégueulasse." • 27 février 2015 09h16, H______ à E______: "Je te supplie de prendre rdv chez n'importe quel psychiatre, depuis des mois, et tu cherches les excuses pour ne pas le faire. Il faut absolument que je te donne un coup de pied, que ça dégrade, pour que tu le fasses! Où es TA volonté de sauver notre famille?" 09h17, H______ à E______: "Tu ne le veux pas Tu penses que ce n'est pas de ta faute, c'est la faute de ta conne de la femme qui invente des trucs. Tu es passif; paresseux et infantile. Défectueux." 09h21, E______ à H______: "Tu m'as fait du mal, samedi passé en restant passive, immobile au lit. Est-ce que tu te rends compte? Fais aussi un effort, ça va dans les 2 sens." 09h27, H______ à E______: "Je t'avais parlé de ce que tu m'as fais ressentir en haussant la voix-menacée. Je t'avais expliqué que tu as besoin d'aide. Tu dis-oui-oui et tu ne fous de nouveau rien. Comment veux-tu que je réagisse? Montre-moi ta volonté de travailler sur toi-même, si tu prends le rdv, fais-le moi savoir, merde! Il faut que je voie que tu réagis"

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09h32, H______ à E______: "Tu n'es qu'un mal qui réfléchit avec ses couilles sur le moment. Je l'ai bien vu l'année passée. Tout ce qui ce passe entre nous, c'est le résultat de ce que tu as fait. Mets ça dans ta tête et avales les certaines choses qui sont le résultat de ta connerie!, Ta trahison est toujours à côté de nous, elle influence bcp de choses, et ce sera toute la vie, hélas. Alors, si ça ne te plait pas, part. Je n'oublierai jamais." 10h01, H______ à E______: "Tu sais, E______, je me dis que nous n'avons aucune chance, nous tournons en rond. Tu ne me comprends pas, je suis têtue, en essayant de t'améliorer. Nos problèmes de communication sont insolubles. Je me dis que c'est mieux de finir et ainsi rester dignes." • Mardi 31 mars 2015 H______ a entretenu une conversation par messages en russe avec "Q______ Los", identifiée comme étant Q______, qui ont été traduits: 23h13, H______ à Q______: "Est-ce que tu seras à Genève? Les miens vont partir à Crans-Montana. En principe, je devrais aussi les rejoindre en train le soir mais je ne veux pas. Peut-être qu'on organise quelque chose? Y______, AS______, etc..." 23h28, Q______ à H______: "Je voudrais, je pensais (pas clair), alors si tu vas partir là-bas, tu vas le week-end?" 23h34, Q______ à H______: "Tu travailles jeudi? Comment c'était l'autre jour?" 23h35, H______ à Q______: "Alors on essaie? Y______ se réjouit, il est libre aujourd'hui et demain. Il y aura un miracle jeudi. Mais si toi tu veux, viens demain." 23h36, H______ à Q______: "Tu peux rester chez moi, oui" 23h37, H______ à Q______: "Toi tu peux demain, pas moi. Dors chez moi. Et pour jeudi on va trouver quelque chose." 23h38, Q______ à H______: "Toute seule?" 23h38, H______ à Q______: "oui, pourquoi pas. Je t'envoie une copie de ce que Y______ m'a écrit." 23h39, H______ à Q______: "J'aimerais tellement en plus! Et te voir et voir Q______!" (copie du message de "Y______") 23h40, Q______ à H______: "Seulement avec toi." 23h40, H______ à Q______: "On ne sait pas si jeudi il y aura quelque chose."

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23h41, Q______ à H______: "Jeudi oui." 23h41, H______ à Q______: "Alors viens, on verra, oui, oui, non, non" 23h49, Q______ à H______: "Oui plutôt jeudi que demain." • Mercredi 1er avril 2015 H______ a poursuivi sa conversation avec Q______: 00h22, H______ à Q______: "Je viens de me disputer avec mon idiot. J'espère qu'il ne va pas débarquer après le retour de ma bellemère. Qu'il essaie!" 08h19, Q______ à H______: "Tu lui dis que tu vas le taper s'il revient" 08h32, Q______ à H______: "Un argument important les vacances de sa fille" 08h42, H______ à Q______: "On ne s'est pas croisé ce matin, hier je l'ai envoyé dormir sur le canapé, alors je vais exprès ne pas téléphoner" 08h44, Q______ à H______: "Dommage que vous vous soyez disputés, peut-être qu'il va débarquer." 08h46, H______ à Q______: "Idiot. S'il débarque, je vais me venger, je vais cacher ses joysticks pour qu'il ne dépense pas le reste de son cerveau avec ses jeux. Qu'il s'occupe de, sa fille!" 08h47, Q______ à H______: "Qu'il prenne avec lui le jeu de Playstation" H______ et E______ ont ensuite eu une conversation par messages dont la teneur est la suivante: 13h18, E______ à H______: "Le ménage a été fait, j'ai pris tes skis et A______ avec l'ancienne caisse." 13h18, H______ à E______: "Ok." 13h19, H______ à E______: "Il n'y a pas que les skis. Tout le reste, ma veste comprise." 16h15, E______ à H______: "Tu prendras tout ce que tu auras besoin dans la valise. J'ai pris le sac bleu." 16h16, H______ à E______: "Quelle valise? Je ne vais pas trimballer les affaires ds le train." 16h16, E______ à H______: "Je n'ai pas pris tes affaires." 16h16, H______ à E______: "Alors, skiez vous-mêmes. Je reste." 16h17, E______ à H______: "Tu prends une petite valise. C'est pas encombrant."

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16h18, E______ à H______: "Tu t'es moqué de moi." 16h20, E______ à H______: "Non, tu ne pas dis que je devais prendre tes affaires. Tu n'avais rien préparé." 16h21, H______ à E______: "Mes affaires personnelles, non. Mais les gants, pantalon et veste de ski…" 16h21, E______ à H______: "Prépare tes affaires, je viendrais te chercher jeudi soir." 16h21, H______ à E______: "Non. Tes conneries nous coûtent toujours cher. Si les affaires étaient prêtés hier, tu aurais eu le temps de préciser ce qu'il faut. Et maintenant, payer l'essence et ajouter des kilomètres à la voiture? Juste pare que tu as été comme toujours?" 16h34, E______ à H______: "Ça ne me dérange pas de venir te chercher. J'ai oublié car je pensais que tu d'occuperais de tes affaires et tu ne m'as rien dit. Il fallait m'appeler le matin pour me dire ce que j'aurais du prendre. Je serai à la banque à 18h00." 16h34, H______ à E______: "Non." 16h36, E______ à H______: "J'ai pas envie qu'on se dispute toutes les vacances." 16h38, H______ à E______: "J'ai pas envie qu'on se dispute toutes les vacances = Tu vas faire encore la gueule pendant les vacances et puis, comme tjs ça ira. J'en ai marre." "Tes excuses ne tiennent pas debout. Tu sais ce qui va avec les skis-on ne ski pas en maillot de bain. Je n'ai rien d'autre a faire que de traîner les affaires volumineuses comme veste et pantalon ds le train. Avec le même succès t'aurais pu me laisser les skis, les bottines et les bâtonspour le train. Et puis, j'ai précisé ds sms pour ma veste. Tu t'es moqué de moi." 16h40, E______ à H______: "Je l'ai lu quand nous sommes arrivée à Montana." 16h41, H______ à E______: "C'est ton problème." 16h42, E______ à H______: "Je reviens ce soir. A toute" 16h46, H______ à E______: "Ça ne sert à rien. Occupe-toi d'A______. Ça me ferait du bien de ne pas te voir un moment." 16h58, E______ à H______: "Je viens demain, on prendra ce qui manque et ça revient le même prix que de prendre le train. On sera même plus vite en haut."

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17h05, H______ à E______: "La tête vide ne laisse pas reposer les pieds?." 17h14, H______ à E______: "Non." 17h16, H______ à E______: "Tu me prends pour une conne." 17h16, E______ à H______: "J'ai l'habitude, depuis longtemps" 17h16, H______ à E______: "Tu te comportes de nouveau comme si de rien n'était. Pas d'excuses, rien." 17h16, E______ à H______: "C'est pourquoi je peux venir te chercher, car j'ai ait une erreur et je suis prêts à refaire des kilomètres pour toi et excuses moi de t'avoir oublié même si tu ne me crois pas." 17h25, H______ à E______: "Pourquoi ne pas prononcer l'essentiel tout de suite après avoir commis une erreur (pas seulement ds ce cas)? Pourquoi dois-je arracher les excuses? Pourquoi ne pas appeler les choses comme elles sont? Aimes-tu me rendre furieuse?" 17h27, H______ à E______: "J'AIME la précision!" 17h35, E______ à H______: "Moi non, j'essaie de faire des efforts, je ne peux pas changer en deux jours." En parallèle, H______ a eu une conversation par messages en russes avec Q______, lesquels ont été traduits: 16h12, Q______ à H______: "Si demain, ça ne marche pas, alors peut-être dans les jours prochains, comme tu peux" 16h13, Q______ à H______: "Est-ce que de toute façon tu vas aller à la montagne à Pâques ?" 16h15, Q______ à H______: "et A______?" 16h15, H______ à Q______: "???" 16h16, Q______ à H______: "Dis-lui que tu vas partir vendredi." 16h17, H______ à Q______: "Je ne suis plus en contact avec lui et je ne vais pas essayer" • Jeudi 2 avril 2015 Les époux J______ ont eu des conversations vocales et ont échangé des messages: 16h23, appel de E______ à H______, 3 secondes. 16h33, appel d'H______ à E______, 7 minutes et 23 secondes.

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16h55, H______ à E______: "Tu n'as rien compris. Tu n'as aucune envie d'analyser, d'essayer de comprendre et de ne pas refaire les erreurs, tu es sourd. J'ai très envie de changer l'air, mais ds cette situation ce sera pire, comme c'est contraignant pour moi de me trouver avec qqn qui m'a pas envie de travailler sur soi. Je suis trop droite pour tout avaler et prétendre que tout va bien. Va-t-en." 17h05, H______ à E______: "Tes excuses ne valaient rien, elles n'étaient pas sincère. Ne perds pas ton temps, va pour retrouver A______." • Vendredi 3 avril 2015 Les époux J______ et I______, la mère de E______, ont eu des conversations vocales et par messages interposés: 09h39, appel d'I______ à son fils E______, tentative; 09h52, appel de E______ à I______ d'une durée de 2 sec.; 09h52, appel d'I______ à E______ d'une durée de 2 min. et 3 sec.; 10h12, H______ à E______: "En partant tu as effacé les dernières doutes. On va commencer la procédure. Ta mère, pas besoin de revenir. J'ai une semaine pour trouver la nounou. La nouvelle vie va commencer. Adieu!"; 10h27, H______ à E______: "Départ=trahison ultime. Tu ne l'as pas compris juste avant Nouvel An, quand tu as failli le faire. J'avais été trop faible là. Plus!"; 13h33, H______ à E______: "J'aimerais parler à A______. Peux-tu, s'il te plait, composer mon numéro et me la passer? Merci."; 14h21, appel d'H______ à I______, d'une durée d'une min. et 37 sec.; 14h25, H______ à E______: "Tu as toi gâché. Au fond moi, j'espérais que tu prendras A______ et descendras ici aujourd'hui. Je me suis dit que je lui donne la chance. Idiot."; 14h26, H______ à E______: "Profite bien de vacances en présence de ta fille. Bientôt, ce sera les vacances partagées. Je me suis sentie abandonnée. Tu es vraiment idiot!"; 14h30, H______ à E______: "Vous jouez à la Monopoly pendant que je m'étrangle avec mes larmes. Tu n'as rien dit ni à A______, ni à ta mère!" 14h31, appel d'H______ à I______, d'une durée de 13 sec.;

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14h36, appel d'H______ à E______, d'une durée d'une min. et 18 sec.; 14h37, appel d'H______ à E______, tentative; 14h39, H______ à E______: "Si tu ne m'emmène pas A______, j'y irai en train moi-même pour la chercher, avec scandale devant toutes tes tantes."; 14h41, appel de E______ à H______, d'une durée de 16 sec.; 14h42, appel d'H______ à E______, d'une durée de 11 sec.; 14h43, H______ à E______: "Tu me la descends, et tu remonte. Je n'ai pas envie de te voir. Tu me laisse le siège. Je vais peut-être louer la voiture." 14h46, H______ à E______: "Et laisse vos skis. Vous pourrez skier quand ce sera ton tour de la garder, à partir de lundi-mardi." Selon les données rétroactives liées au numéro 1______, la dernière localisation de E______ en Valais, ce jour-là, remontait à 14h43. A nouveau, en parallèle, H______ a entretenu une conversation par messages en russe avec Q______, qui ont été traduits: 12h31, H______ à Q______: "Voilà. Il semble que je suis restée toute seule. A cause de la belle-mère j'étais bien perturbé aujourd'hui... mais il n'est pas exclu qu'il retourne aujourd'hui avec l'enfant. C'est pour ça que c'est dangereux d'organiser les “fêtes” à la maison." 13h47, Q______ à H______: "Ah super donc tu vas te reposer au moins" 13h54, H______ à Q______: "Au début les nerfs et le désespoir et à présent j'ai décidé de me préparer à manger comme il faut et je, bois une bière en essuyant la poussière. Demain je vais faire une pédicure, bien sûr s'il ne revient pas demain. Voilà je pense, je réfléchis, peut-être il faut écrire à l'avocat, du coup?" 13h56, Q______ à H______: "Peut-être ici, ici c'est pas au Maroc." 14h00, H______ à Q______: "Facile... je vais te laisser une copie. Hier O______ m'a écrit. Peut-être que je vais insister, mais concrètement, avec une demande de cadeau par sms." 14h07, Q______ à H______: "Je ne suis pas trop pour, peut-être en passant." 14h09, H______ à Q______: "Moi aussi. Mais tout le monde est parti." 14h11, H______ à Q______: "Je vais essayer les deux? Si jamais tu viendras? Ma belle-mère n'est pas là, la chambre est libre."

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14h11, Q______ à H______: "Si ça vaut la peine." 14h12, H______ à Q______: "Oui, je vais essayer." 14h15, H______ à Q______: "Finalement, je ne vais pas écrire, parce que je lui ai demandé qu'il m'amène ma fille. J'ai peur de devenir folle." Le même jour, H______ a également échangé des messages avec R______, son amie et collègue, qui ont été traduits du russe: 13h40, R______ à H______: "Comment vas-tu ma lapine ? Tu te reposes ? Est-il possible que les enfants laissent mes clés dans ta boîte aux lettres?" 13h42, H______ à R______: "Pour qui ? Lapine... Je n'ai pas compris. Je me repose, je me suis disputée affreusement avec mon mari, il est parti à Montana, je suis restée toute seule, Je médite :(" 13h44, H______ à R______: "Si tu peux, on peut s'appeler sur Viber? Si jamais y a pas de problème, qu'il laisse dans la boîte aux lettres, pour la famille J______. Famille, merde (littéralement: crêpe)!" Auditions du prévenu e.a. Vu son état de tension psychologique le 4 avril 2015, E______ n'a été entendu par la police que le 5 avril 2015. S'agissant de la relation avec son épouse, il a déclaré avoir fait sa connaissance environ 12 ans auparavant, dans un cabaret genevois où elle travaillait en tant qu'hôtesse. Célibataire, il lui arrivait occasionnellement de fréquenter ce genre d'établissement. Dans un premier temps, tous deux avaient entretenu une relation de client à prestataire, ayant des rapports sexuels tarifés, avant que, six mois après leur rencontre, cette liaison devienne exclusive. H______ avait ainsi mis un terme à son activité. Elle avait rapidement emménagé dans l'appartement de l'intéressé à Versoix, dès lors qu'elle ne pouvait plus bénéficier du logement mis à disposition par son ancien employeur. H______ avait toutefois conservé des contacts dans le milieu de la nuit et avait fait quelques "extras" d'un bar à champagne Six mois après l'emménagement de la précitée, E______ l'avait demandée en mariage, désirant mettre un terme définitif à son célibat vieux de 30 ans mais aussi régulariser la situation de sa compagne. Ils s'étaient ainsi mariés le 10 octobre 2003. Environ une année après, H______ avait trouvé un emploi de vendeuse dans un magasin de chaussures, en parallèle d'une activité irrégulière dans un bar des Pâquis, notamment les week-ends.

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A la suite d'une grossesse désirée, leur fille, A______, était née le ______ 2007. Ils en avaient été tous les deux heureux. Pour sa part, il avait toujours souhaité avoir un deuxième enfant mais son épouse avait refusé, car, obnubilée par son physique, elle ne souhaitait pas voir à nouveau son ventre se déformer. Durant les trois premiers mois suivant la naissance de leur fille, la mère d'H______, B______, avait séjourné avec le couple pour les aider. Par la suite, cette dernière avait effectué plusieurs séjours chez eux pour les soutenir en gardant A______. H______ avait ainsi pu suivre des cours à l'IFAGE dans le domaine du secrétariat puis avait trouvé un emploi de réceptionniste à la S______, il y avait 4 ou 5 ans, poste qu'elle occupait encore au jour de son décès. Durant les premières années, leur vie de famille, qu'il qualifiait d'ordinaire, s'était bien déroulée. Après le décès de son père, son épouse et lui avaient vendu l'appartement qu'ils occupaient et dont il avait hérité afin d'acquérir, à la fin de l'année 2013, l'appartement de Collonge-Bellerive. S'agissant des disputes qui avaient jalonné leur vie de couple, il y avait eu plusieurs étapes. En 2008, après un dîner de fin année, il avait accompagné des collègues dans un cabaret genevois pour y boire un verre. Il avait alors payé une bouteille à une fille, sans aucun attouchement avec celle-ci ni avec une autre hôtesse. Il avait sciemment caché cette sortie à son épouse, sachant que cela provoquerait une dispute. H______ l'avait toutefois appris et ne l'avait pas cru, lorsqu'il lui avait assuré qu'il n'avait eu aucun rapport sexuel, au motif que, venant de ce milieu, elle savait comment les choses se déroulaient. Elle lui avait constamment reproché cet épisode, jusqu'au dernier jour, bien qu'il lui ait promis de ne plus se rendre dans ce genre d'établissement. A cet égard, son épouse s'était probablement sentie blessée et elle avait, dans un premier temps, eu de la peine à lui faire à nouveau confiance. Ensuite, l'éducation de leur fille était progressivement devenue un sujet de tension. Placé chez sa tante à l'âge de 4 ans par ses parents, il considérait avoir souffert d'un déficit affectif, ce qui l'avait influencé dans sa relation avec sa fille. Il avait ainsi tendance à prendre la défense de l'enfant et à se plier à ses caprices. Quant à H______, attentive à la manière d'éduquer les enfants, elle lui faisait remarquer notamment qu'ils devaient être solidaires dans les décisions qu'ils prenaient et qu'ils ne devaient pas exposer leurs différends devant leur fille. Les disputes liées à l'éducation d'A______ s'étaient progressivement espacées, car il avait appris à adapter son comportement. Cela étant, son épouse lui avait toujours reproché son manque de communication. En 2013, juste avant leur emménagement à Collonge-Bellerive, il s'était inscrit, par curiosité, sur plusieurs sites de rencontre payants et avait créé des profils pour parler de sexualité avec des femmes, qu'il n'avait cependant jamais rencontrées physiquement. Il

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avait ainsi fréquenté quatre ou cinq de ces sites par intermittence, durant environ 4 mois. Son épouse était tombée sur l'annonce d'une femme reçue sur son téléphone. Par la suite, elle avait contrôlé ses factures de cartes de crédit, constatant qu'il avait dépensé pas loin de CHF 2'000.- sur les sites susmentionnés. De la même façon qu'en 2008 suite à l'épisode du cabaret, cette dispute avait failli terminer en divorce. En effet, son épouse avait assimilé son comportement à une infidélité. Il lui avait alors promis de ne plus retourner sur des sites de rencontres et avait désactivé tous ses comptes d'utilisateur. Après ce dernier épisode, H______ avait parlé de divorce, à plusieurs reprises, en rappelant les épisodes des sites de rencontre et du cabaret. Ces reproches revenaient régulièrement. Il pensait d'ailleurs qu'elle s'était déjà renseignée sur les moyens de divorcer. Ils en avaient en outre parlé ensemble. En cas de séparation, ils auraient essayé de garder l'appartement de Collonge-Bellerive et il aurait pu voir régulièrement sa fille. Son épouse lui avait toutefois aussi dit qu'elle pourrait ne rien lui laisser, "ce qui aurait été la pire des perspectives". Quelques années auparavant, lorsque son épouse et sa fille étaient parties trois semaines en Russie, il avait senti que quelque chose lui manquait et qu'il ne pourrait de toute façon pas vivre à nouveau seul, sans elles. Le 14 février 2014, après que son épouse et lui étaient allés manger au restaurant, il l'avait sentie distante. Alors qu'ils buvaient un verre dans un bar, elle lui avait proposé de lui payer une fille et lui avait demandé s'il avait conservé des contacts sur les sites qu'il avait fréquentés. De retour chez eux, passé minuit, elle s'était habillée pour sortir. Son épouse sortait d'ailleurs régulièrement le soir, car elle ne pouvait pas avoir de grandes conversations avec lui et avait besoin de voir ses copines en boîte de nuit. Cela ne le dérangeait en général pas, dès lors que les discothèques ne l'intéressaient pas. Mais cette nuit-là, il avait, pour la première fois, décidé de la suivre. Elle avait pris un taxi qui s'était arrêté devant un immeuble d'où un homme était sorti, avant qu'ils ne s'enlacent. Il avait alors compris que son épouse avait un amant. Il l'avait suivie dans l'immeuble dans lequel elle était entrée afin de savoir qui était l'homme en question. Il était entré dans l'ascenseur en même temps qu'eux. Sa femme en était immédiatement ressortie et avait quitté l'immeuble. Lorsqu'il s'était présenté audit homme comme l'époux d'H______. Celui-ci lui avait répondu se nommer O______ et qu'il n'était qu'un ami de sa femme. Selon ce dernier, il leur était arrivé de boire des verres ensemble ou de faire des jeux sur internet, mais rien ne s'était passé entre eux. Par la suite H______ lui avait tenu les mêmes explications et il en avait conclu que cela n'était "rien du tout". En 2014 également, il avait été auditionné par la brigade des mœurs suite à des soupçons d'attouchements sur sa fille A______ qui s'étaient trouvés être infondés. Durant la procédure, sa femme l'avait soutenu et cela les avait quelque peu réconciliés. Les derniers temps, H______ et lui s'étaient régulièrement disputés, soit plus que la moyenne des gens ordinaires. Leurs comportements s'accordaient difficilement. Lui-

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même avait un problème de communication et était laxiste. Elle était pointilleuse, de sorte qu'elle lui adressait beaucoup de reproches. Elle voulait qu'il consulte un psychiatre pour résoudre ses problèmes de communication et de mémoire, qu'elle lui reprochait de façon récurrente. Il avait donc vu le Dr N______ à une seule reprise, le 31 mars 2015. Son épouse lui avait d'ailleurs reproché de ne pas l'en avoir informée. S'agissant de leur vie intime, E______ a indiqué qu'ils avaient encore des relations sexuelles, soit trois ou quatre fois par semaine, quand tout allait bien, et que cela le satisfaisait. Lorsqu'elle était énervée, il lui était arrivé de rester immobile et sans réaction, juste en écartant les jambes. Elle lui disait alors qu'après ce qu'il avait fait, elle ne pouvait plus avoir de désir. Il ne pouvait alors pas entretenir de relation sexuelle avec elle. A la question de savoir comment il avait pu en arriver à tirer sur son épouse, E______ a répondu que, le mardi précédent, soit le 31 mars 2015, elle lui avait demandé de préparer les skis de la famille en vue de leur départ à Montana. Il lui avait rétorqué que cela n'était pas urgent. Il avait eu divers rendez-vous durant la journée, de sorte qu'il ne s'en était pas occupé. H______ le lui avait reproché lorsqu'il était allé la chercher à la sortie de son travail, en fin d'après-midi, de même que de ne pas lui avoir parlé de ses rendez-vous de la journée. A leur arrivée à la maison, elle avait commencé à stresser car elle avait constaté que rien n'était prêt pour les invités, deux collègues à lui, qu'ils recevaient le soir-même. Elle avait également eu un petit accrochage avec sa belle-mère, qui séjournait alors chez eux, à propos du chat, étant relevé que toutes deux ne se supportaient pas. Après la soirée, elle s'était couchée en lui tournant le dos, ce qui était déjà un signe qu'il avait fait quelque chose de mal. A ses questions, elle lui avait rappelé l'histoire des skis qu'il n'avait pas eu le temps de préparer. Ne voulant pas crier ni s'énerver, il était sorti de la chambre pour se rendre au salon. Elle lui avait alors lancé son oreiller à travers le salon et s'était enfermée dans la chambre à coucher, de sorte qu'il avait dormi sur le canapé. Le mercredi 1er avril 2015, ils s'étaient croisés avant qu'elle parte travailler. Il avait fait le ménage, avait préparé les affaires et les skis et était parti avec sa mère et A______ à Montana pour y séjourner pendant les vacances scolaires. Il avait cependant oublié d'emporter les habits de ski de sa femme, de sorte que celle-ci s'était fâchée, pensant qu'il s'était moqué d'elle et qu'il l'avait fait exprès. Elle lui avait alors laissé entendre qu'elle ne voulait plus les rejoindre à Montana. Il avait été prêt à redescendre le soirmême pour prendre les affaires de son épouse, ce qu'il n'avait finalement pas fait. Le jeudi 2 avril 2015, il était redescendu à Collonge-Bellerive pour venir chercher les affaires de son épouse et la ramener à la montagne avec lui. Arrivé à leur domicile, ils s'étaient à nouveau disputés. Vu qu'il était trop tard pour remonter à Montana, il avait prévu de partir le lendemain. Cette nuit-là, son épouse avait pris son coussin et était allée dormir dans la chambre de leur fille, ce qui était déjà arrivé auparavant.

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Le vendredi 3 avril 2015, ils s'étaient réveillés vers 09h30. Les affaires de ski de sa femme étaient déjà prêtes et il lui avait demandé plusieurs fois quand elle voulait partir, en lui indiquant qu'il serait mieux de prendre la route avant midi, mais elle était restée évasive. Aux alentours de 10h00, il avait appelé sa mère pour l'avertir qu'ils allaient arriver en début d'après-midi. Comme celle-ci avait compris qu'il s'était disputé avec son épouse, il l'avait rassurée en lui disant "mais non, tout va bien". H______, qui avait entendu ces paroles, avait déclaré qu'elle ne voulait pas voir sa belle-mère et qu'elle voulait rester à Genève. Une nouvelle dispute avait éclaté et il était finalement parti seul à Montana, vers 11h00. Une fois à Montana, il avait coupé son téléphone, sachant que son épouse allait lui envoyer des messages ou tenter de l'appeler, pour éviter une nouvelle dispute. H______ l'avait alors appelé sur le téléphone portable d'I______. A______ avait répondu. Lors de la discussion, A______ avait dit à sa mère qu'ils devaient rester à la montagne jusqu'au vendredi suivant. Il avait ensuite rallumé son téléphone et son épouse l'avait appelé pour lui demander de ramener A______ à Genève, afin qu'elle puisse profiter de sa fille jusqu'à lundi, étant donné qu'elle était en congé. Elle avait également insisté sur le fait qu'il viendrait ensuite récupérer A______ le lundi, précisant qu'elle ne voulait pas le voir. S'il n'accédait pas à sa demande, elle prendrait le train pour venir chercher A______ et la ramener à Genève. Il avait alors décidé de descendre à Genève, sans A______ et sans dire à son épouse qu'il venait seul, pour pouvoir discuter avec elle et la convaincre de repartir avec lui à Montana et d'y rester jusqu'au lundi. Il devait être arrivé à Collonge-Bellerive peu avant 17h00 et s'était garé devant son box, au sous-sol, dans le sens du départ. Il était monté à l'appartement en oubliant ses téléphones portables dans la voiture. A la question de savoir s'il avait une arme avec lui, il a répondu porter toujours son "back-up" sur lui, soit le pistolet RUGER, dans un holster "inside". Lorsqu'il s'était rendu à Montana, il avait oublié qu'il le portait sur lui et ne l'avait ainsi pas déposé dans son coffre à Collonge-Bellerive. A la montagne, il l'avait rangé dans l'armoire de la chambre où il dormait, sous une pile d'habits, hors d'atteinte d'A______. Il l'avait récupérée instinctivement, lorsqu'il était reparti à Genève, dès lors qu'il n'aimait pas laisser une arme en dehors d'un coffre sécurisé. Il lui arrivait cependant d'être armé en congé, s'il restait dans la région genevoise, à proximité de la famille qu'il protégeait. Une fois à l'intérieur de son domicile, il avait verrouillé la porte d'entrée et pendu sa veste dans le vestibule, avant de retirer ses chaussures. Il y avait de la lumière à la cuisine mais son épouse ne s'y trouvait pas. Il était donc monté directement dans leur chambre à coucher où il avait retrouvé H______ couchée sur leur lit. Cette dernière lui avait demandé où se trouvait A______. Il lui avait répondu qu'elle était restée à Montana et qu'il souhaitait discuter. Son épouse lui avait à nouveau dit qu'il se moquait d'elle et qu'il ne l'avait pas écoutée, qu'il était un idiot. Il s'était alors allongé à côté d'elle et l'avait suppliée de lui pardonner pour les épisodes de 2008 et 2013. Les larmes aux yeux, il lui avait dit qu'il n'avait pas fait exprès d'oublier ses skis, qu'il avait besoin d'elle

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et qu'il ne pouvait pas vivre sans elle. Elle lui avait répondu qu'elle ne l'aimerait plus et que, même s'ils restaient ensemble, elle n'aurait plus aucun désir pour lui, répétant à plusieurs reprises: "Va t'en, je ne veux plus te voir". Il était ensuite descendu à la cuisine, ressentant le besoin de boire quelque chose. Il avait bu deux petits verres de Chartreuse. H______ l'avait rejoint, une bouteille de bière à la main. Ils s'étaient querellés et insultés. Elle avait parlé d'I______ en de mauvais termes. Il avait alors voulu lui faire peur, lui faire voir sa détresse. Il était donc allé se saisir d'une arme, le GLOCK 19, qui se trouvait dans le coffre de leur chambre à coucher et qui était muni d'un silencieux. Il y avait engagé un chargeur munitionné. Son choix s'était porté sur cette arme, car il avait toujours un magasin prêt à y être engagé, alors qu'il n'utilisait les autres armes que pour le tir sportif et n'avait ainsi pas de magasin prémunitionné. Il s'en était emparé sans réfléchir. En descendant l'escalier, il avait effectué un mouvement de charge pour chambrer une cartouche. Il ignorait pourquoi il était allé chercher cette arme, alors qu'il en avait déjà une sur lui. H______, qui se trouvait alors dans le coin du vestibule et qui était peut-être en train de partir, n'avait pas pu le voir faire cette manipulation et n'avait pas immédiatement vu son arme. Il l'avait ensuite pointée muni du silencieux dans la direction d'H______. Celle-ci lui avait dit qu'il était un lâche, un idiot, qu'elle allait partir. Il ne se souvenait cependant plus à quel moment elle avait utilisé ces termes. Il avait alors ressenti de la colère et de la tristesse et avait craqué. Alors qu'il se trouvait au niveau de la porte d'entrée, il avait tiré à une ou deux reprises sur son épouse qui se tenait debout, à la hauteur de la porte des toilettes, sans viser, vaguement "centre-masse", soit au niveau de sa poitrine. Il ne se rappelait toutefois pas avoir tiré sur sa femme alors qu'elle était déjà à terre. Cela s'était passé très rapidement, en quelques secondes. Après avoir déposé son arme à proximité de l'entrée, il était allé chercher le téléphone fixe pour appeler l'ambulance. Au téléphone, il avait dit aux secours: "Venez vite, j'ai tué ma femme!". Il voulait aussi que la police vienne pour le tuer. En attendant l'arrivée des forces de l'ordre, il avait essayé de mettre ses mains "où [s]a femme saignait". Tout en entendant son râle, il avait continué à lui parler, à lui demander pardon. Il n'avait pas voulu "faire ça", il voulait simplement qu'elle vienne avec lui à la montagne et qu'elle lui pardonne toutes les "conneries" qu'il avait faites. Au bout de plusieurs minutes, il avait entendu la police arriver et avait déverrouillé la porte d'entrée pour permettre aux secours d'entrer. Alors qu'il était à genoux devant sa femme, il avait tiré un coup de feu en direction du mur de l'encadrement de la porte d'entrée, sans volonté de blesser quiconque, pour faire monter les policiers et les contraindre à l'abattre. Lorsqu'il était sorti de l'appartement, son pistolet à la main, tous les gendarmes avaient braqué leur arme sur lui. Il leur avait dit avoir besoin d'une ambulance et qu'au lieu de

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parler, ils devaient venir tout de suite pour sauver sa femme. Il aurait d'ailleurs dû viser les agents pour que ceux-ci l'abattent, dès lors qu'il voulait mourir. Mais, étant lâche, il avait obtempéré et déposé son pistolet au sol, avant de descendre en direction des policiers. Lors de son interpellation, il s'était débattu, sans savoir pourquoi. Il ne s'était pas non plus souvenu porter une deuxième arme sur lui. S'agissant de la présence du silencieux sur l'arme utilisée, E______ a expliqué qu'il lui arrivait de se rendre au stand de tir pour tirer avec cet accessoire, ce qu'il avait fait lors de sa dernière séance de tir. Après celle-ci, il avait oublié de le retirer, ce qu'il faisait pourtant habituellement, dès lors qu'il se servait du GLOCK 19 pour son travail. Il ne savait plus à quel moment il avait enlevé le silencieux qui avait été découvert sur place désolidarisé de l'arme. Il était encore monté sur l'arme quand il avait fait feu contre son épouse. Concernant les ecchymoses visibles sur le corps d'H______, il a indiqué qu'il ne l'avait pas frappée et qu'il ne s'agissait que de "bleus". Il lui était d'ailleurs déjà arrivé de porter la main sur son épouse, soit lorsqu'elle avait jeté à la poubelle l'horloge de leur fille, qui s'était mise à pleurer. En effet, H______ avait poussé assez fortement leur fille en arrière. En réaction, il avait pris son épouse par le bras, en la tirant assez fortement, avant de lui "mettre" une claque sur les fesses. Il n'y avait jamais eu d'autre épisode de violence physique entre eux. S'agissant des nombreux fusils ou armes de poing retrouvés chez lui, E______ a expliqué que chacune de ses armes entreposées dans le coffre de sa chambre à coucher était déclarée. Il les avait acquises auprès de particuliers ou d'armureries et certaines venaient de son père. Il lui arrivait de les manipuler chez lui et de les démonter, notamment après chaque séance de tir, pour les nettoyer. Quant à la munition, il avait "un peu de tout", mais pas en grosse quantité. Il ne possédait pas d'autre munition ou arme, ou tout autre objet pouvant y être associé, en dehors de son domicile. Tout était légal. Le couteau trouvé sur lui était une arme dont il avait l'usage professionnellement, notamment en cas d'agression. Il avait acquis les trois "tasers" retrouvés dans son véhicule lorsqu'il travaillait chez T______. Ceux-ci étaient restés à Montana pendant quelques années et il les avait ramenés pour les mettre dans son box. A la question de savoir s'il avait déjà fait usage de son arme en dehors des stands de tir, E______ a répondu que, lorsqu'il était employé chez T______, il avait dû, lors d'une intervention, faire feu sur un individu qui l'avait agressé avec un pied de biche. Il n'avait pas eu le choix, n'ayant ni spray ni bâton. Après avoir été inculpé de tentative d'homicide, il avait été acquitté. e.b. Entendu à réitérées reprises devant le Ministère public, E______ a confirmé ses déclarations à la police.

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Il s'est notamment exprimé sur sa passion des armes venue à l'âge de 15 ou 16 ans. Quant à ses habitudes, il allait souvent tirer avec son pistolet de service, soit le GLOCK 19. Pour se rendre aux entraînements de tir, il transportait cette arme, non munitionnée, dans son holster, à sa ceinture, et plaçait la munition ainsi que les chargeurs dans son sac. Il avait l'habitude de garder son arme sur lui et n'aimait pas la laisser dans une mallette ou un sac. Lorsqu'il revenait du stand de tir, il transportait l'arme de la même manière, soit sur lui. Lorsqu'il voulait utiliser un accessoire, il le plaçait dans son sac. Il lui était arrivé une ou deux fois, s'il n'avait pas le temps d'enlever cet accessoire, de remettre l'arme munie de celui-ci dans le sac. Il ne nettoyait pas son arme après chaque tir. Il la remettait alors démunitionnée dans son holster et la nettoyait plus tard, quand il en avait le temps. Son attention ayant été attirée sur le fait qu'il avait déclaré à la police nettoyer son arme après chaque séance de tir, il a répondu que c'était en principe le cas mais que "des fois voilà". Il a également su donner, de mémoire, les quatre règles de sécurité en lien avec les armes à feu, à savoir : toute arme est considérée comme chargée, ne jamais pointer quelque chose que l'on ne veut pas détruire, garder toujours l'index hors de la détente tant que les organes de visée ne sont pas alignés et être sûr de son but, de sa cible. Lors de sa dernière séance de tir, soit celle du 27 mars 2015 au stand de tir AB______, il s'était entraîné seul et avait utilisé son GLOCK 19 muni d'un silencieux. Il ne se souvenait pas s'il avait nettoyé son arme après l'entraînement mais savait qu'il avait laissé cet accessoire sur celle-ci, étant précisé qu'il n'était pas possible de la nettoyer en laissant le silencieux vissé dessus. Cela lui prenait environ 30 secondes pour le dévisser. Il possédait quatre chargeurs pour son GLOCK 19 dont certains étaient approvisionnés; il laissait toujours au moins deux chargeurs munitionnés pour ses besoins professionnels. En effet, chaque matin, pour aller travailler, il prenait son arme munie d'un chargeur et un chargeur de réserve. Revenant sur l'évolution de sa relation avec H______, il a expliqué que l'éventualité d'un divorce avait été évoquée après les événements de 2008 et de 2013, soit respectivement ceux du cabaret et de la consultation des sites de rencontre. Par la suite, cette éventualité avait été régulièrement abordée lors de leurs disputes. Il a confirmé qu'à la fin de l'année 2011, après que sa femme lui avait dit qu'elle ne l'aimait plus ou qu'elle voulait se séparer, il avait sorti une arme pour se suicider. Depuis 2014, ils s'étaient disputés à raison de deux à trois fois par mois et il lui était arrivé de casser la porte d'un placard de la cuisine et de jeter un vase par terre. En outre, mis à part l'épisode de l'horloge, il n'avait jamais frappé son épouse. Il lui était toutefois arrivé de l'attraper par les poignets pour la calmer. Il a par ailleurs indiqué avoir eu des doutes sur la fidélité de son épouse car elle sortait et recevait des messages d'hommes mais il n'en avait jamais eu la preuve, précisant qu'elle ne portait pas souvent son alliance.

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En mai 2014, le soir où des amis, les époux U______ étaient venus dîner et étaient restés dormir chez eux, une nouvelle dispute avait éclaté entre son épouse et lui dans leur chambre à coucher. Il s'était alors senti démuni, ne sachant plus quoi faire ni comment la convaincre d'arrêter de leurs querelles. Dans la salle de bains, alors qu'elle s'était assise sur la baignoire, muette, il s'était mis à genou avec une arme à la main et l'avait implorée de lui tirer dessus. Il était désespéré et tendu. Il s'était ensuite couché par terre, devant elle, en lui disant "je suis ton chien". Les époux U______ étaient alors arrivés et V______ U______ avait réussi à l'apaiser. A la fin de l'année 2014, H______ lui avait annoncé être enceinte. Elle avait cependant décidé de ne pas garder l'enfant, sans même le consulter. Il l'avait accompagnée chez le médecin et elle lui avait dit qu'il y avait deux embryons. Elle avait ensuite mis fin à sa grossesse en prenant des médicaments. E______ a confirmé qu'il prenait la défense d'A______, même quand elle avait fait des bêtises. En outre, son épouse, qui avait un diplôme dans le domaine de la petite enfance, ne l'avait jamais pris en considération dans l'éducation de leur fille, ce qui l'avait fait se sentir inutile. Lorsqu'il lui disait sa façon de penser, elle lui disait "Tais-toi". Elle ne faisait confiance ni à I______ ni à lui. Elle lui avait également reproché de manquer d'ambition car il n'était qu'un simple agent de sécurité qui ne voulait pas évoluer. Elle ne voulait pas l'amener aux soirées de Noël de la banque dans laquelle elle travaillait et lui demandait de la déposer ou de la prendre à distance de la banque lorsqu'il l'amenait au travail ou l'y cherchait. Elle le critiquait également sur sa façon de cuisiner. Il avait aussi souvent des pertes de mémoire. Il en était ainsi venu à avoir peur de faire faux et de se faire engueuler, raison pour laquelle il avait essayé d'inscrire des choses dans son téléphone portable ou sur des bouts de papier. Elle lui donnait des petites tapes sur la tête, ce qui était humiliant à la longue. Il arrivait à son épouse, à son retour du travail, d'aller embrasser leur fille et sa mère mais pas lui. Il avait également des problèmes d'érection, ce qu'elle lui reprochait, de sorte que cela l'angoissait et qu'il avait fini par prendre des médicaments pour ne pas se faire "engueuler" si ça ne marchait pas. Elle lui reprochait également de ne plus être attiré par elle et de se coucher trop tôt. Il lui arrivait donc de boire un café très serré et de regarder la télé jusqu'à ce qu'elle soit prête pour aller au lit. Il avait l'impression qu'elle cherchait constamment des prétextes pour qu'ils se disputent et pour l'irriter. La seule manière qu'il avait trouvée pour se calmer était de s'isoler, d'écouter de la musique et de boire un verre sur le balcon. S'agissant de la journée du 31 mars 2015, E______ a indiqué avoir ramené son épouse de son travail; elle était déjà fâchée dans la voiture, lui reprochant, "comme toujours", de ne pas l'écouter et de "se foutre" de ce qu'elle lui disait. En effet, il n'avait pas mis les skis dans la voiture, alors qu'il était censé partir le lendemain, et il n'avait rien préparé pour les invités qui devaient venir dîner le soir-même. Après le départ de ces derniers, une nouvelle dispute avait éclaté durant laquelle il s'était fait rabaisser. Il fallait qu'il obéisse, "comme toujours". A cette période, il était d'ailleurs fréquent qu'il dorme sur le canapé. En effet, son épouse jetait son coussin "comme on jetait un os à un chien" et

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fermait la porte de leur chambre derrière elle. "C'était le signal". Il ressentait alors de l'humiliation, comme si elle se moquait de lui. H______ avait également fait des reproches à I______ et dit qu'ils étaient une famille d'idiots. Elle ne supportait pas que les choses soient faites différemment de ce qu'elle voulait, par exemple lorsqu'il oubliait de mettre du sel dans la salade. Il a confirmé le déroulement de la journée du mercredi 1er avril 2015. S'agissant du jeudi 2 avril 2015, comme il avait oublié les affaires de son épouse la veille, il avait voulu se rattraper et lui faire plaisir, mais ils s'étaient une nouvelle fois disputés. Comme lors de toutes les disputes, il avait essayé de calmer le jeu et d'éviter de s'énerver mais, en écoutant son épouse, il avait toujours le sentiment d'être totalement idiot, inintéressant et une "merde". Lui était resté le même mais elle, depuis qu'elle travaillait dans une banque et gagnait presqu'autant que lui, avait changé. S'agissant de la journée du vendredi 3 avril 2015, confirmant pour l'essentiel ses déclarations, il a ajouté que, lorsqu'il était redescendu à Genève, il avait eu "mal au cœur" car il savait qu'il allait encore se disputer avec son épouse mais il espérait une réconciliation pendant les vacances de Pâques. Il n'avait pas pris A______ afin d'éviter qu'elle assiste à une nouvelle dispute. Lorsqu'il avait rejoint H______ qui était couchée sur le lit de la chambre à coucher, il s'était assis à ses pieds, sur le lit. Elle s'était énervée en voyant qu'il n'avait pas emmené leur fille, le traitant alors d'"idiot". Cette dispute avait été plus intense par les mots que les précédentes. Il ne se souvenait plus si elle avait dit qu'elle allait partir ou divorcer mais il avait senti qu'elle était décidée. Elle lui avait fait part de son intention de partir avec leur fille et affirmé en avoir marre de lui. Il s'était mis à genou devant elle. Elle n'avait pas arrêté de le critiquer, lui faisant toujours les mêmes reproches. Il l'avait suppliée mais elle avait refusé de l'écouter. N'en pouvant plus, il était descendu dans la cuisine. Son épouse l'avait rejoint, une bière à la main. Il l'avait alors à nouveau suppliée de monter avec lui à Montana. Il lui avait dit avoir fait des efforts pour changer ses habitudes et avoir même consulté un psychiatre pour voir ce qui n'allait pas dans son enfance. Il se souvenait qu'elle avait alors prononcé le mot "partir" et l'avait à nouveau traité d'idiot", de "lâche", de "moins que rien" et de "bon à rien". Il était désespéré et sentait de la colère en lui. Il était ensuite monté chercher l'arme, pour lui montrer qu'il était à bout et que, si elle le quittait et partait avec sa fille, il n'avait "plus rien à foutre de tout perdre". Il ne voulait pas lui faire de mal directement en la frappant. Son intention première était alors de lui faire peur, lui montrer qu'il n'en pouvait plus, qu'il était désespéré et que si elle le quittait "sa vie serait foutue". Il n'avait pas saisi son pistolet back up qu'il avait sur lui car il n'y pensait plus et ne le sentait pas contre lui. Il avait choisi son GLOCK de service, car c'était une arme qui était toujours à portée de main dans le coffre et qu'il utilisait le plus souvent. De plus, les magasins des autres armes se trouvant également dans ce coffre n'étaient pas munitionnés. Il était possible qu'à ce moment-là, son épouse l'ait entendu taper le code pour ouvrir le coffre. Il avait ensuite fait un mouvement de

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charge dans les escaliers pour effrayer son épouse, qui avait dû l'entendre. Il a précisé qu'il n'était pas possible d'effectuer un mouvement de charge avec un magasin vide car la culasse restait bloquée en arrière. En revanche sans magasin cela était possible. Il avait donc dû prendre machinalement un chargeur, comme lorsqu'il partait au travail. Lorsqu'il s'était retrouvé face à elle dans le vestibule, il ne savait plus si elle avait dit les mots "partir", "divorce" ou "lâche". Il avait pointé son arme vers elle, à environ deux mètres de distance, et elle n'avait pas bougé. Elle ne l'avait pas pris au sérieux. Il n'en pouvait plus, il était désespéré et avait l'impression que rien n'allait s'arranger. Il ne voulait pas tirer. Il voulait lui faire peur. Il ne savait pas pourquoi il avait levé son arme et appuyé sur la détente mais cela avait été fait contre sa volonté. Il l'avait vue s'écrouler et avait réalisé avoir fait "une connerie". Il était allé vers elle, lui avait demandait pardon, mais elle ne répondait pas. Sur question, il a indiqué que le drame était arrivé ce jour-là car il avait senti, lors de cette énième dispute, que tout était fini et qu'ils n'arriveraient jamais à se réconcilier. Il n'en pouvait plus et souffrait. Il était prêt à perdre tout ce qu'ils avaient. Il a ajouté qu'il ne pouvait pas parler de persécution de la part de son épouse mais que cela faisait des années qu'elle lui faisait des reproches et qu'elle le rabaissait. Il avait appris par la procédure qu'elle le trompait depuis avant 2013. Il avait été aveugle et naïf. Le fait qu'elle le trompait voulait dire qu'elle ne l'aimait pas depuis le début. Il ne s'était pas douté qu'elle était infidèle, quand bien même elle sortait souvent avec ses copines et allait en discothèque. S'agissant du tir dans l'embrasure de la porte palière, il a confirmé avoir voulu faire monter la police plus rapidement, car "on perdait du temps". Il avait eu un dérangement avec son arme, qu'il avait résolu par un mouvement de charge, mais il ne savait plus si c'était avant ou après avoir tiré contre la porte. Il avait résisté à son arrestation, avait mis un coup de pied à un gendarme et tenté de saisir l'arme d'un agent dans le but de se tirer une balle. Il n'avait cependant pas voulu leur faire de mal. Quant à la note écrite sur son téléphone le 26 février 2015, modifiée le 16 mars 2015, il a expliqué avoir éventuellement eu l'intention de laisser une trace de ce qu'il ressentait, s'il avait eu le courage de se suicider, précisant qu'il y avait eu des moments où il s'était senti désespéré, ne trouvant plus de solution. Enfin, la liste tirée de son téléphone était un pense-bête rédigé pour éviter qu'elle lui fasse de nouveaux reproches. e.c. Lors de la reconstitution des faits tenue le 1er octobre 2015 au domicile conjugal, E______ a, pour l'essentiel, reproduit l'enchaînement des évènements tels qu'il les avait précédemment décrits. Il a précisé, s'agissant de la phase dans la cuisine, qu'il s'était mis à genou devant elle, lui prenant les mains, qu'il lui avait dit qu'il était à bout et désespéré, qu'elle ne le regardait même pas et ne bougeait pas, comme si elle s'en foutait de lui, comme si elle lui cachait quelque chose, qu'il ne se souvenait pas ce qu'ils s'étaient dit mais que s'était toujours les mêmes propos. Elle l'avait utilisé comme un

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objet et n'avait plus besoin de lui. Il pensait avoir alors compris que rien n'allait changer, qu'elle ne voulait pas lui pardonner ou lui donner une seconde chance. Dans le vestibule, elle bougeait comme si elle cherchait quelque chose. C'était la colère qui l'avait fait tirer. A noter qu'il a pu être constaté que le son électronique émis par les touches du coffrefort dans lequel E______ avait pris le pistolet s'entendait faiblement depuis la cuisine. L'Inspecteur de la brigade de police technique et scientifique ainsi que le médecinlégiste, présents à cette occasion, ont indiqué que les trajectoires des tirs dans le thorax de la victime pouvaient correspondre aux explications de E______. Quant au tir dans la tête, le projectile avait atteint la jeune femme alors qu'elle était dans une position très proche de celle dans laquelle elle avait été trouvée, tandis que son époux était dans l'axe de la porte des toilettes. Ce dernier s'était déplacé entre les deux premiers tirs et le troisième. e.d. Lors de l'audience qui a suivi ladite reconstitution des faits, E______ a déclaré que, lorsqu'il était monté à l'étage pour aller prendre son arme, il était à bout, ajoutant que, pour lui, "c'était fini". Il avait gravi les marches lentement, réfléchissant à une solution. Il voulait montrer à son épouse dans quel état il se trouvait et la faire réagir en l'effrayant. Après avoir pris la première arme qui était sous ses yeux, soit le GLOCK 19 muni du silencieux, il s'était emparé du magasin le plus proche, sans se demander quel type de munition il contenait. Il avait ensuite inséré ce magasin dans l'arme, par automatisme. Il a précisé que, comme il était alors en vacances, il n'avait pas démunitionné le chargeur contenant la munition subsonique après son retour de sa séance au stand de tir, sachant qu'il n'utilisait pas une telle munition pour le travail. Lorsqu'il était arrivé dans le vestibule, son épouse était de dos. Ils avaient parlé alors qu'elle était face à lui et qu'il tenait son arme visible le long de sa jambe. Il ne se souvenait plus à quoi se rapportait le mot "pourquoi" qu'il avait prononcé à ce moment. Il ne voulait pas tirer, ni même utiliser l'arme, raison pour laquelle il n'avait tout d'abord pas visé son épouse, mais il avait ensuite eu d'un coup tellement mal qu'il avait tiré. Il a confirmé qu'il était debout, lorsqu'il avait tiré, ne se souvenant que de deux coups de feu. Il ne pensait pas avoir pu tirer quand son épouse était à terre, précisant qu'il s'était "réveillé" lorsqu'elle s'était écroulée. Expertise psychiatrique f. E______ a fait l'objet d'une expertise psychiatrique. f.a. Il ressort du rapport d'expertise du 10 mai 2016 réalisée par le Professeur AQ______ et le Dr AR______ que la trajectoire de vie de l'expertisé a été marquée par un sentiment précoce d'exclusion, tant au niveau familial (placement de l'expertisé chez sa tante en Valais jusqu'à ses 12 ans à cause du travail de ses parents) que scolaire

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(moqueries des camarades suite à son retour à Genève, retrait). Il avait ainsi grandi dans un climat d'insécurité affective qui avait conditionné sa construction intrapsychique. Enfant timide et renfermé, il avait connu des difficultés d'intégration et de performance à l'école, mais aussi et surtout un malaise évident dans ses relations avec les femmes dès son plus jeune âge. L'investissement du sport, de la musculation et, par la suite, du tir, pouvaient être vus comme une formation réactionnelle face à un sentiment d'insécurité et un complexe d'infériorité présent dès l'adolescence. La suite de son parcours incluait une première période de stabilité apparente lorsque sa vie affective se limitait aux rapports tarifés, la progression dans son emploi lui donnant l'assise narcissique qui faisait défaut. Sa rencontre avec la victime avait été vécue comme une occasion de changer le cours des choses, de s'affirmer en tant qu'homme pouvant plaire à une belle femme. L'expertisé décrivait bien le sentiment de fierté que cette relation lui procurait au début, ceci malgré son contexte particulier (activité d'hôtesse, rapports initialement tarifés). Le mariage et la naissance de sa fille lui avaient donné définitivement un statut social différent en le sortant, en apparence, de la marginalité affective des années précédentes. Toutefois, le décalage entre les deux conjoints s'était fait vite sentir tant au niveau de l'éducation de leur fille (très investie par l'expertisé) qu'à celui de leur caractère (femme extravertie, prenant soin de son physique, le considérant peu ambitieux au niveau du travail). Dans ce cadre, la relation conjugale s'était dégradée rapidement malgré l'installation dans un mode de vie confortable en apparence. Dès 2010, des soupçons d'infidélité de la part de l'épouse étaient présents; en 2011, elle lui avait déclaré ne pas l'aimer, puis avait envisagé de se séparer. Les années qui avaient suivi avaient été émaillées de nombreux conflits du quotidien, mais aussi de moments de crise avec menaces de la part de l'expertisé (épisode de 2014). Son épouse avait commencé à avoir des relations extraconjugales et l'expertisé avait réagi par un sentiment d'humiliation qui était allé en s'accentuant. Le mode relationnel du couple était celui d'une soumission de l'expertisé à ce qu'il considérait être des caprices de son épouse par crainte de la perdre. Cette attitude le renvoyait, d'une part, à son complexe d'infériorité présent de longue date et, d'autre part, à l'échec de la tentative de réparation tentée par l'acte du mariage. Cette situation avait dégénéré tragiquement à l'occasion d'une des disputes du couple. L'expertisé présentait des traits de personnalité immature et dépendante (insécurité affective, soumission suivie de réactions colériques, besoin d'acceptation inconditionnelle, absence d'étayage interne lui permettant de gérer les crises). Toutefois, ces traits n'avaient pas la sévérité d'un trouble de la personnalité (bonne adaptation sociale, absence d'antécédents pénaux, pas de suivi psychiatrique à l'exception de quelques consultations en couple). Par ailleurs, on ne retrouvait aucune psychopathologie aiguë active au moment des faits. L'expertisé était en possession de toutes ses capacités de jugement et de volition au moment des faits. L'événement tragique faisait suite à une série d'épisodes de conflit

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dans le contexte relationnel susmentionné. La responsabilité devait être considérée comme pleine et entière dans ce cas d'espèce. En outre, les évènements s'étaient produits dans le cadre précis d'une relation de couple qui avait confronté, dans le temps, l'expertisé à un sentiment d'infériorité présent de longue date. Dans ce sens et compte tenu de l'absence d'antécédents pénaux significatifs, le risque de récidive était faible. Un tel événement pouvait se reproduire uniquement si la constellation relationnelle était du même type, ce qui en l'état semblait très improbable. I

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