Siégeant : M. Cédric GENTON, président, Mme Sabina MASCOTTO et Mme Limor DIWAN, juges, M. Alexandre MERLO, greffier-juriste, Mme Carole PRODON, greffière P/19342/2023 RÉPUBLIQUE ET
CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE
JUGEMENT DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL Dispositif Chambre 4
19 février 2025
MINISTÈRE PUBLIC Madame A______, partie plaignante, assistée de Me Yael AMOS contre Monsieur B______, né le ______ 1976, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me Vincent LATAPIE
- 2 - P/19342/2023 CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public requiert et conclut à un verdict de culpabilité d'infraction à l'art. 189 aCP ainsi qu'à l'art. 115 al. 1 let. a et b LEI, au prononcé d'une peine privative de liberté de 6 ans, sous déduction de la détention avant jugement, à l'expulsion et à l'inscription de celle-ci au fichier SIS pour une durée de 5 ans et à la condamnation du prévenu aux frais de la procédure. Il se réfère à son acte d'accusation s'agissant du sort des objets séquestrés. A______, par la voix de son Conseil, conclut à un verdict de culpabilité d'infraction à l'art. 189 aCP, subsidiairement 191 aCP, et persiste dans ses conclusions civiles du 10 janvier 2025. B______, par la voix de son Conseil, conclut principalement à son acquittement, persiste dans ses conclusions en indemnisation, conclut au rejet des conclusions civiles et à la mise à la charge de l'Etat des frais de la procédure ainsi qu'à sa mise en liberté immédiate. Subsidiairement, il conclut au prononcé d'une peine compatible avec le sursis complet. Plus subsidiairement, il conclut à une peine compatible avec le sursis partiel dont la partie ferme ne dépasse pas la détention avant jugement effectuée. Dans les hypothèses subsidiaire et plus subsidiaire, il s'en rapporte à justice s'agissant du sort des conclusions civiles. EN FAIT A. Par acte d'accusation du 29 novembre 2024, il est reproché ce qui suit à B______ (ciaprès : B______) : a.a. Chiffre 1.1.1: Une infraction de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 aCP), pour avoir, durant la nuit du 26 au 27 août 2023 au domicile de A______ (ci-après : A______), profité du fait que A______ était allongée dans son lit, sur le ventre, dans un état d'endormissement avancé, pour lui baisser son pantalon ainsi que sa culotte et lui infliger un acte d'ordre sexuel, soit une pénétration anale avec son pénis en érection, étant précisé qu'il a effectué plusieurs mouvements de va-et-vient, causant de la sorte à A______ trois fissures anales attestées médicalement, ainsi que des saignements sur le plan anal. B______ a usé de sa supériorité physique, en se positionnant de tout son poids sur elle, profitant du fait qu'elle était déjà sur le ventre, de manière à lui infliger une pénétration anale, la réveillant de la sorte, et faisant fi des cris et des pleurs de A______ qui lui disait "j'ai mal", tandis que B______ lui répondait: "laisse-toi faire" ne s'arrêtant qu'après l'avoir pénétrée analement à plusieurs reprises jusqu'à éjaculation, à tout le moins au-dessus de l'anus de A______. a.b. Chiffre 1.2: Subsidiairement, il est reproché à B______, des actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance (art. 191 CP), pour avoir, durant la nuit du 26 au 27 août 2023, au domicile de A______, profité de l'état d'inconscience et d'intoxication avancé de cette dernière, qu'elle a qualifié de "black-out" et qui s'est traduit par un état d'inconscience ou quasi-inconscience ou encore de sommeil
- 3 - P/19342/2023 profond, et du fait qu'elle n'était pas en était de résister pour lui infliger un acte d'ordre sexuel, soit une pénétration anale avec son pénis en érection, étant précisé qu'il a effectué plusieurs mouvements de va-et-vient, causant de la sorte à A______ trois fissures anales attestées médicalement, ainsi que des saignements sur le plan anal. B______ avait conscience de l'incapacité de résistance de A______, dans la mesure où il avait été réveillé par les cris de cette dernière le soir des faits, qu'il avait fait partie des personnes qui avait dû la maintenir de force et l'avaient raccompagné chez elle, étant précisé que deux hommes avaient dû la porter, A______ ne parvenant plus à marcher. B______ avait conscience de l'état d'intoxication avancé de A______ dans la mesure où il était présent, le soir en question, lorsque la question d'une éventuelle hospitalisation avait été évoqué au sein de sa famille et qu'il avait spontanément proposé de passer la nuit chez elle afin de veiller sur elle, tant son état était préoccupant. a.c. Chiffre 1.3: Plus subsidiairement, il est reproché à B______ d'abus de la détresse (art. 193 CP) pour avoir, durant la nuit du 26 au 27 août 2023, profité de la détresse dans laquelle A______ se trouvait en lien avec son malaise physique et la honte ressentie du fait de sa crise de colère la veille devant toute sa famille, du black-out subséquent et des flashbacks ressentis, afin de lui infliger un acte d'ordre sexuel, soit une pénétration anale avec son pénis en érection, étant précisé qu'il a effectué plusieurs mouvements de va-etvient, causant de la sorte à A______ trois fissures anales attestées médicalement, ainsi que des saignements sur le plan anal. B______ a exploité les liens familiaux et de confiance qu'il entretenait avec A______, qui est sa nièce, sa position ayant été perçue comme rassurante, à tout le moins jusqu'à l'arrivée des premiers flashbacks. Consécutivement aux flashbacks lors desquels A______ a pris conscience des abus perpétrés sur elle pendant la nuit par son oncle, cette confiance ayant laissé place au désespoir et à l'incrédulité, émotions cumulées à la présence de son oncle avec elle dans son petit appartement ce qui a eu pour effet de la placer dans une situation de grande détresse, sans issue. C'est cette même détresse qui la conduite à se recoucher dans le lit auprès de son oncle et à faire semblant de dormir, n'osant pas se relever avant que son oncle ronfle, après la deuxième séquence d'abus. b. Chiffre 1.1.2: Il est également reproché à B______ de contrainte sexuelle (art. 189 al. 1 aCP), durant la matinée du 27 août 2023, de s'être couché dans le lit de A______, en position de cuillère, derrière l'intéressée, laquelle faisait semblant de dormir, et d'avoir essayé de baisser le short et le string de A______, n'y parvenant qu'à moitié et laissant la raie de ses fesses en partie visible. Il a ensuite frotté et donné des coups de bassin contre les fesses de A______, en faisant des mouvements de va-et-vient afin de se procurer une érection et une excitation sexuelle, jusqu'à ce que cette dernière fasse mine de se réveiller un mimant un sursaut.
- 4 - P/19342/2023 Pendant qu'il se frottait à A______ avec le sexe en érection, B______ l'a prise dans les bras et en a profité pour mettre sa main droite dans le short et à l'intérieur du string à la hauteur de son vagin. Il ensuite inséré son majeur dans le vagin de A______, entre ses lèvres, en effectuant trois mouvements circulaires, dans le sens des aiguilles d'une montre. B______ a demandé en espagnol à A______ si elle aimait ça et ne s'est arrêté que lorsque cette dernière, tétanisée et n'osant plus bouger, lui a demandé en espagnol de s'arrêter. B______ a agi sous l'effet de la surprise, profitant de sa proximité physique, dans le lit, avec A______, tandis que cette dernière essayait de se rendormir, étant rappelé qu'elle se trouvait alors dans un état de grande fatigue du fait de son malaise (black-out) de la veille, ce dont B______ avait connaissance, étant précisé que celui-ci lui a d'ailleurs recommandé de se reposer et lui a dit "endors-toi" avant de l'enlacer dans le lit. B______ a également agi en profitant de ce que A______ se trouvait dans un état second, choquée et pétrifiée par les flashbacks ressentis dès son réveil en lien avec les abus sexuels subis quelques heures auparavant (tel que décrit sous chiffre 1.1.1.), ainsi que par la douleur ressentie au niveau de l'anus. B______ a également profité de la crainte qu'il inspirait à A______, laquelle avait, au moment où son oncle lui avait demandé de la rejoindre dans le lit, commencé à réaliser que celui-ci était l'auteur de l'agression sexuelle subie quelques heures auparavant, de sorte qu'elle n'a pas osé s'opposer à lui ni refuser de prendre place dans le lit avec lui, cédant ainsi à la pression psychique ressentie. c. Chiffre 1.4: Il est également reproché à B______, de nationalité colombienne, à une date indéterminée au mois de mai 2023, puis durant la nuit du 26 au 27 août 2023, ainsi que le 5 septembre 2023, veille de son interpellation, pénétré sans droit en Suisse, alors qu'il n'était pas au bénéfice des autorisations nécessaires (art. 115 al.1 let. a LEI). B______ a également, à compter de son arrivée en Suisse au mois de mai 2023, séjourné illégalement en Suisse, plus précisément à Genève, pendant une durée d'un mois et sans être au bénéfice des autorisations nécessaires (art. 115 al. 1 let. b LEI). B. Les éléments pertinents suivants ressortent du dossier: a. A______ a déposé plainte pénale le 28 août 2023 auprès de la police contre B______, et s'est constituée partie plaignante au pénal. Déclarations de la partie plaignante b.a. Entendue par la police le 28 août 2023, A______ a déclaré qu'elle avait eu une réunion de famille à ______ [France] chez sa tante, C______ (ci-après: C______), le samedi 26 août 2023. Elle y était allée avec ses parents, D______ (ci-après : D______) et
- 5 - P/19342/2023 E______, ainsi que son fils F______. Son oncle B______ était également présent à cette réunion. Elle était heureuse d'être présente à cette réunion car elle avait eu une année émotionnellement et physiquement éprouvante, sa famille ayant pensé qu'elle était devenue folle, ce qui n'était pas le cas. Elle n'avait plus aucun souvenir de la soirée à partir du moment où sa mère était venue lui dire de préparer des pâtes pour son fils et jusqu'à son réveil le lendemain. Elle avait alors eu des nausées et des douleurs, sans savoir exactement où elle avait mal sur le moment. Elle avait couru dans la salle de bains et s'était rendue compte qu'elle était chez elle. Elle avait vu son oncle B______ couché sur le canapé mais elle ne savait pas s'il était réveillé ou non, étant précisé que le canapé se trouvait devant le lit. Elle avait voulu se mettre les doigts pour vomir et s'était rendue compte que son ongle du pouce droit avait presque été arraché jusqu'à la peau. Elle avait alors remarqué d'autres blessures sur son corps. Ensuite, au moment d'aller à la selle, elle avait ressenti de fortes douleurs à l'anus, étant précisé que ses selles étaient molles de sorte qu'il n'y avait pas de raison pour que cela lui fasse mal. Elle avait pris un bout de papier pour s'essuyer et avait constaté de grosses taches de sang sur le papier. Elle n'avait pas ses règles et les avait très rarement du fait qu'elle portait un stérilet. Elle s'était seulement essuyée à l'arrière. Dès qu'elle avait vu le sang, elle avait tout de suite compris et avait eu un flashback. Décrivant son flash-back, elle a dit qu'elle s'était sentie plaquée sur le lit avec les fesses à l'air mais habillée, qu'elle avait crié et qu'elle avait dit "j'ai mal" en espagnol. Elle avait senti une pression au niveau de son anus, des va-et-vient, comme si on avait frappé dessus. Elle n'était pas en mesure de dire avec quoi elle avait été pénétrée, mais pensait qu'il s'agissait d'un pénis. Elle pensait qu'elle s'était évanouie en raison de la douleur. Elle savait que c'était son oncle B______ car il lui avait dit "laisse toi faire" en espagnol et qu'elle se souvenait que c'était la voix de son oncle. Il n'y avait par ailleurs que lui dans l'appartement à son réveil. Elle n'avait pas l'habitude d'avoir des rapports anaux, ce n'était pas sa pratique. Elle avait fréquenté un garçon dans le courant du mois de décembre 2022 qui voulait avoir des rapports anaux mais elle n'avait pas été vraiment partante. Le garçon l'avait pénétrée d'un coup sec et elle avait eu mal, de sorte qu'elle n'avait plus jamais voulu le refaire. Elle avait saigné après ce rapport anal. Sur le moment, elle avait essayé de réfléchir pour comprendre le contexte, la situation et la raison pour laquelle elle était chez elle avec son oncle. Elle avait aussi constaté en arrivant dans la salle de bains qu'elle portait d'autres habits que les siens, mais qu'elle avait ses propres sous-vêtements. Elle était en état de choc. Elle était sortie de la salle de bains pour retrouver son téléphone et ses affaires et avait paniqué de ne pas retrouver son téléphone. Elle s'était dit que la seule protection dont elle disposait était de faire comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Elle avait voulu focaliser son attention sur autre chose afin d'y voir plus clair pour reconstituer l'histoire. Elle pensait que personne n'allait la croire. Elle était dans le pire des états et se
- 6 - P/19342/2023 sentait vraiment mal. Elle avait des blessures partout sur le corps, des hématomes, des marques et des égratignures. Elle était retournée dans son lit et s'était dit que quelque chose clochait. Elle avait commencé à pleurer et avait demandé à son oncle ce qu'il s'était passé, la raison pour laquelle elle n'avait pas ses habits, pourquoi elle était blessée et la raison pour laquelle ils étaient tous les deux dans son appartement. Il lui avait alors répondu: "tu ne te souviens de rien, tu étais dans un état horrible". Il lui avait expliqué qu'elle avait été très agressive pendant la soirée chez sa tante et qu'elle s'était battue avec des gens. Il avait ajouté que c'était comme si elle avait pété un plomb et qu'elle avait agressé et frappé des gens, tout en cassant des objets dans la maison. D'après le récit de B______, les marques sur son corps étaient dues au fait que G______ (ci-après : G______), H______ (ci-après : H______) et B______ avaient essayé de la calmer et de la contenir. B______ avait ajouté qu'elle avait été incontrôlable, qu'elle s'était tapée la tête contre les murs, et avait donné un coup de tête à son père. B______ avait ajouté que dans le courant de la soirée, il était allé se coucher, puis que par la suite, il avait entendu ses cris et était descendu voir ce qu'il se passait. Elle ne comprenait pas ce qui avait pu déclencher tout cela. Sa tante C______ lui avait dit qu'ils avaient hésité à l'emmener à l'hôpital. Vu son état, il avait été décidé que sa tante allait la ramener chez elle, mais pas toute seule car elle se débattait encore. Sa tante l'avait alors ramenée chez elle en compagnie de son cousin G______ et de B______. Seuls G______ et B______ étaient montés dans son appartement, mais sa tante n'avait pas voulu que son cousin reste avec elle car il pouvait être agressif lorsqu'il avait bu. Par conséquent, A______ et B______ s'étaient retrouvés seuls dans son appartement. Lorsque B______ lui avait raconté tous les événements, A______ s'était sentie dans un tourbillon d'émotions et avait eu le sentiment qu'elle allait perdre sa famille. Cependant, l'agression qu'elle avait subie lui était aussi revenue en tête. Elle était alors très confuse et n'avait pas son téléphone. Elle avait voulu aller prendre l'air. Pendant que son oncle lui parlait, elle avait bougé dans l'appartement et il lui avait dit de se recoucher et de se reposer. Elle était confuse et s'était dit que ce n'était pas possible que son oncle l'ait agressée. Elle souhaitait trouver son téléphone et sortir de l'appartement. Elle avait demandé à son oncle de l'accompagner à la permanence car elle avait très mal au doigt. Elle n'avait pas souhaité le confronter directement en pensant qu'il pouvait devenir violent, lui faire pire ou la faire passer pour une folle. Elle avait fait plusieurs suggestions pour pouvoir sortir de l'appartement mais il avait refusé à chaque fois et lui avait dit: "mais non, repose-toi! Retourne te coucher!". Il l'avait aussi réconfortée en la prenant dans ses bras car elle s'était sentie mal pour sa famille. A______ s'était sentie en danger car elle était enfermée avec lui. Elle avait voulu lever les stores mais son oncle avait refusé. Il lui avait dit de refermer les stores et de retourner se coucher. Elle n'avait pas arrêté de pleurer et avait fait croire à son oncle que c'était à cause de la situation avec sa
- 7 - P/19342/2023 famille. Elle était sortie sur son balcon mais son oncle lui avait dit de revenir à l'intérieur. A______ avait pris un bout de joint qui se trouvait sur une commode et était allée fumer dehors afin de pouvoir réfléchir. A certains moments, B______ s'était couché sur le lit de A______, mais à aucun moment ils n'avaient été couchés ensemble car elle l'esquivait. Il lui avait dit de se changer pour être plus confortable. Elle portait un pantalon noir long, un pull rose ainsi que des chaussettes blanches, lesquels appartenaient à sa tante. Elle avait alors mis une robe/tshirt et un short serré en dessous. B______ était posé sur l'extrémité du lit et lui avait dit de venir sur le lit. Elle avait esquivé et s'était rendue dans la salle de bains en lui indiquant qu'elle allait faire un bain de bouche. Par la suite, il avait à nouveau insisté pour qu'elle vienne sur le lit. A chaque fois, A______ lui disait qu'elle avait quelque chose à faire. Elle avait fini par aller s'allonger sur le lit, après qu'il lui ait demandé trois fois de venir. B______ l'avait retournée sur le côté, l'avait ramenée vers lui et lui avait fait un câlin. Il s'était allongé derrière elle et lui avait dit de s'endormir. A______ avait pensé qu'il était fatigué. Elle avait fermé les yeux mais ne s'était pas endormie. Elle avait fait semblant de se détendre alors qu'elle réfléchissait. Une minute après, elle avait senti que son oncle s'était assis sur le côté et qu'il s'était incliné vers elle. Elle avait commencé à prier dans sa tête en se disant : "non, non, non". Elle avait senti qu'il prenait son short à elle dans ses mains et qu'il essayait de le descendre, mais qu'il n'y parvenait pas. B______ avait essayé des deux côtés et elle avait fait semblant de dormir. Elle s'était dit qu'il pensait qu'elle était droguée. Il s'était remis allongé contre elle et il avait fait des mouvements de va-etvient contre ses fesses alors qu'ils étaient habillés. Il avait un short long et un débardeur blanc. A______ avait senti que B______ s'était relevé d'un coup comme s'il allait enlever son short. Elle s'était alors dit : "c'est hors de question de revivre la même chose". Elle avait fait un mouvement comme si elle venait de se réveiller. A______ avait alors senti que sa robe était relevée et que son short était baissé. Elle avait remonté son short et avait agi comme si elle était dans les vapes afin que B______ pense qu'elle était dans un état second. Il l'avait alors reprise dans ses bras et avait mis sa main droite sur ses hanches pour ensuite la glisser à l'intérieur de son short à elle, sous son string. Il avait caressé les lèvres de son sexe. Il avait fait cela très vite et lui avait demandé en espagnol si elle aimait. Elle lui avait alors répondu : "non, je suis trop triste et tu ne peux pas faire ça, Tio". B______ avait retiré sa main et lui avait dit : "ok, désolé, j'ai dépassé la limite". Il lui avait dit cela tout calmement, de sorte qu'elle avait été choquée. Elle était restée sans bouger, car elle voulait qu'il s'endorme. Lorsqu'elle avait commencé à l'entendre ronfler, elle s'était directement levée. Elle avait voulu sortir de chez elle pour chercher de l'aide, car elle n'avait pas son téléphone et qu'elle n'avait pas internet chez elle. B______ s'était réveillé quelques secondes après. Même si le danger n'était pas flagrant, A______ a expliqué qu'elle avait vraiment eu peur pour sa vie et s'était dit que s'il avait été capable de cela, il pouvait devenir violent. Elle s'était demandée si ce n'était lui qui lui avait causé des bleus.
- 8 - P/19342/2023 Elle s'était réveillée à 8h00 approximativement. B______ avait appelé C______ à 11h00 environ. Il s'était assis sur le canapé et elle s'était mise sur le lit. Elle avait voulu essayer de faire passer le message à sa tante pour lui faire comprendre qu'il y avait eu quelque chose de bizarre. A______ était dévastée et pleurait. Son oncle avait tenu le téléphone durant la conversation WhatsApp en vidéo. A______ avait demandé à sa tante de lui amener des affaires et de venir chercher son oncle. Elle avait essayé d'inventer un prétexte pour que sa tante vienne rapidement. C______ était arrivée vers midi et était restée environ une heure ou une heure et demi chez elle. Elle avait voulu parler à sa tante, mais son oncle ne s'était pas absenté suffisamment longtemps de la pièce. Lorsque sa tante était allée dans la cuisine, elle l'avait suivie. Sa tante lui avait conseillé de se faire aider psychologiquement. Elle avait regardé intensément sa tante, s'était approchée de cette dernière et lui avait dit : "tia, j'ai peur". Sa tante lui avait répondu : "non ce n'est pas de la peur, c'est de la crainte". Elle lui avait répété qu'elle avait peur en lui disant : "je n'ai confiance en personne, même pas en la famille". Elle avait choisi ces phrases afin que son oncle ne puisse pas comprendre, mais sa tante n'avait pas compris. Sa tante l'avait déposée à la permanence en raison de son doigt, et c'est à ce moment-là qu'ils s'étaient séparés, son oncle étant parti avec sa tante en voiture. A la permanence, A______ était en état de choc, tout lui paraissait flou, elle avait vécu un cauchemar et se demandait si elle était fautive. Elle n'avait pas osé parler de l'agression qu'elle avait subie au médecin, et en avait eu honte. A______ avait appelé une de ses amies, I______ (ci-après : I______). Elle lui avait raconté toute l'agression par téléphone. Par la suite, elle s'était assise dans un parc et avait pensé à sa famille, en se disant qu'il ne devait pas y avoir une autre victime. Elle avait rejoint un ami, J______, et lui avait expliqué que son oncle avait abusé d'elle par derrière. Son ami lui avait alors conseillé d'aller porter plainte. Elle avait appelé ses parents pour leur raconter ce qu'elle avait subi. Son père l'avait ensuite rejoint et elle s'était rendue au poste de police de la gare pour porter plainte. Son oncle n'avait pas utilisé de préservatif et elle pensait qu'il avait éjaculé car "c'était tout blanc" sur son sexe et sur ses lèvres génitales intérieures. Elle avait été examinée aux Hôpitaux Universitaire de Genève (HUG) le 28 août 2023. A______ n'était pas suivie psychologiquement et ne prenait pas de médicaments. Elle avait eu une relation sexuelle le 25 août 2023 avec son ami J______, laquelle était une pénétration vaginale. Elle n'avait jamais subi d'autres gestes déplacés de la part de B______ hormis les deux épisodes précités. Ils étaient tous sous le choc car son oncle était un père et un gendre idéal. b.b. Entendue par le Ministère public lors de l'audience de confrontation du 19 octobre 2023, A______ a confirmé ses précédentes déclarations à la police.
- 9 - P/19342/2023 Elle n'était pas en mesure de donner l'heure exacte de son dernier souvenir lors de la soirée du 26 août 2023, mais elle avait dû préparer à manger pour son fils et c'était à partir du moment où elle s'était mise à chercher des pâtes qu'elle ne se souvenait plus de rien. Elle n'avait jamais vécu un "blackout de 12h" auparavant. Elle avait toujours eu des souvenirs. Par le passé, cela avait été dû à la combinaison de certaines substances, soit d'alcool et de médicaments. Lors de la soirée du 26 août 2023, dans son souvenir, elle avait consommé deux Desperados de petite taille puis deux Mojitos préparés par sa mère, dans lesquels A______ avait rajouté un shot de rhum. La dernière boisson alcoolisée qu'elle avait consommée était un Spritz au gingembre. Elle n'avait pas consommé de stupéfiants ce soir-là. Elle n'avait, au moment de la soirée, jamais reçu d'avances de son oncle. S'agissant du flashback qu'elle avait eu, A______ venait de se réveiller et elle avait ouvert les yeux. Cela s'était passé en quelques secondes. Elle s'était rendue compte que c'était le matin. Elle avait eu énormément de nausées, et elle avait couru aux toilettes. Elle avait réalisé qu'elle était chez elle et que son oncle se trouvait sur le canapé, vraisemblablement en train de dormir. Elle s'était rendue compte dans la salle de bains que son ongle était arraché. Elle ne se rappelait pas si elle avait vomi. Elle s'était immédiatement retournée pour aller à la selle et elle avait ressenti une douleur atroce et indescriptible au niveau de l'anus. A______ s'était essuyée et avait remarqué deux grosses taches de sang. C'est à ce moment-là que le flash était intervenu, le fil conducteur de ce dernier étant la sensation de douleur qu'elle avait ressentie au niveau de l'anus. Dans son flash, tout était noir, seule une lumière venait de l'extérieur. Elle sentait sa poitrine, ses genoux et sa tête contre son matelas alors que ses fesses étaient en l'air. Elle avait ressenti une douleur atroce au niveau de l'anus qu'elle évaluait à 15 sur 10 et qui l'avait faite pleurer comme elle n'avait jamais pleuré. Elle avait dit : "j'ai mal" en espagnol. Elle avait compris qu'il y avait des va-etvient et elle n'avait pas pu s'extirper de cette douleur et de cet endroit. Elle avait reconnu la voix de B______ lui dire en espagnol à deux reprises: "laisse-toi faire". Elle n'avait pas d'autre souvenir après cela. Tout cela lui était revenu en l'espace de deux minutes entre le moment où elle s'était levée et lorsqu'elle s'était rendue aux toilettes. Cela avait été un tel choc qu'elle avait eu du mal à le croire. Elle avait été dans le déni, mais elle avait su que les évènements s'étaient passés et son corps n'avait pas menti. A______ avait alors voulu savoir ce qu'il s'était passé la veille et la seule personne qui pouvait lui répondre à cet instant était B______. Elle était dans un état de confusion. Il lui avait été impossible de confronter B______ au sujet des saignements à son anus, car elle disposait de trop peu d'éléments. Elle s'était ensuite mise à la recherche de son téléphone pour savoir l'heure qu'il était, sans toutefois le trouver. Elle avait dû se résoudre à demander l'heure à B______. Elle lui avait demandé, en pleurant, ce qu'il s'était passé ainsi que la raison pour laquelle ils se trouvaient tous les deux chez elle et qu'elle portait
- 10 - P/19342/2023 d'autres habits (un pantalon noir en tissu léger ainsi qu'un pull à capuche rose qui ne lui appartenaient pas). Durant toute la matinée, il avait cherché à la tranquilliser en lui disant : "repose-toi ; reste tranquille". Elle lui avait demandé d'aller à la permanence pour son ongle, puis de se rendre à l'église. Lors de sa discussion avec B______, elle avait beaucoup insisté sur son comportement de la veille et les conséquences auprès de sa famille afin qu'il ne se rende pas compte qu'elle savait ce qu'il lui avait fait. Elle l'avait remercié. Il l'avait suivie dans tout l'appartement. Il avait aussi voulu l'empêcher d'aller sur le balcon pour éviter que les voisins ne la voient en état de crise. Elle avait pleuré et tremblé, elle s'était tenu la tête et était en panique totale. B______ était extrêmement calme et insistait pour qu'elle aille se reposer. Elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi rassurant. Il lui avait dit qu'il l'aiderait à ranger son appartement et qu'il serait là pour elle. Il lui avait proposé à plusieurs reprises d'aller se changer, ce qu'elle avait fini par accepter uniquement pour aller dans une autre pièce sans lui et s'extirper de cette situation. Elle avait alors enfilé une robe t-shirt avec col qui allait jusqu'aux genoux, ainsi qu'en dessous, un short de style boxe thaï resserré au niveau de la taille, ce qui l'avait sauvée par la suite. Avant de se changer, elle n'avait pas réussi à se calmer et elle avait senti qu'il allait s'en rendre compte. C'est pourquoi elle avait décidé d'aller fumer de la marijuana sur le balcon. Elle lui avait indiqué que cela allait la calmer au point de l'endormir. Il lui avait alors répondu : "ah bon, mais ne dis rien à ta mère et ta tante". Lorsqu'elle était retournée à l'intérieur, elle se sentait beaucoup plus calme. Le seul moyen pour que son oncle s'endorme et qu'elle puisse quitter l'appartement, était qu'elle se couche à son tour. C'était elle qui avait dit à son oncle de se reposer sur le lit. Elle faisait mine d'être reconnaissante envers son oncle du fait qu'il s'était occupé d'elle la veille afin de ne pas éveiller ses soupçons. B______ lui avait fait signe de venir près de lui, en tapotant sur le matelas, et lui avait dit de se reposer. Elle avait fait des allers-retours afin de l'esquiver, en prétextant avoir oublié quelque chose ou aller faire un bain de bouche à la salle de bains. Elle avait fini par aller se coucher auprès de lui dans l'espoir qu'il s'endorme. Alors qu'elle était couchée face à lui, son oncle l'avait entrelacée avec ses bras et l'avait retournée. Elle était en position cuillère contre lui et il se trouvait derrière elle. Il avait posé sa main droite quelque part avant de la poser brièvement et de manière hésitante sur la hanche droite de A______ puis il l'avait ensuite reposée vers le haut du corps de cette dernière. Elle avait pensé : "non, ce n'est pas possible, cela ne va pas recommencer". Elle s'était extrêmement concentrée sur sa respiration car son cœur battait vite. Il lui avait dit : "endors-toi". Elle avait fermé directement les yeux mais elle n'avait pas dormi, réfléchissant à une issue car elle était en alerte. Moins d'une minute plus tard, A______ avait senti le matelas s'enfoncer doucement derrière elle puis elle avait senti une présence proche de sa tête, comme si B______ se penchait pour vérifier si elle dormait. Elle avait senti qu'il s'appuyait sur le matelas pour
- 11 - P/19342/2023 se redresser et il avait mis sa main sous la robe de A______, puis avait saisi le bord du short de cette dernière, au niveau de la hanche droite, pour essayer de le tirer vers le bas. Elle s'était sentie mourir à ce moment-là. Ensuite, il avait essayé de tirer son short à elle vers le bas, du côté gauche, puis du côté droit, et à nouveau du côté gauche sans parvenir à le baisser. A______ avait fait le poids mort pour l'en empêcher et il n'était pas parvenu à lui baisser entièrement son short, seule une partie de la raie des fesses de A______ s'était retrouvée à l'air. Elle portait un string, lequel avait également été un peu descendu par cette manœuvre Elle avait senti que son oncle s'était recouché violemment et que la dynamique avait changé, comme si c'était devenu "plus animal". Alors qu'il était en "cuillère" collé derrière elle, B______ avait fait des mouvements de va-et-vient en tapant son bassin contre la raie des fesses de A______. Il s'était ensuite levé violemment et brusquement. Elle avait alors pensé qu'elle allait "y passer à nouveau". Elle avait alors décidé de réagir rapidement et elle avait feint de sursauter dans son sommeil, afin de lui montrer qu'elle était réveillée et qu'il arrête. Elle ne s'était pas retournée vers lui mais avait feint d'ouvrir les yeux et de ne pas comprendre ce qu'il s'était passé. Elle ne l'avait pas confronté car elle était effrayée, confuse et affaiblie. Il était beaucoup plus grand et fort qu'elle, de sorte qu'il lui avait paru inimaginable de le confronter, en particulier face à une telle violence. B______ aurait eu tout à perdre vu ce qu'il lui avait fait, et elle craignait qu'en le confrontant, il puisse faire pire et qu'elle aille "aller droit à la mort". De plus, il était très bien vu de toute la famille car il avait pris soin d'elle. Elle avait remonté son short et il s'était recouché derrière elle en cuillère. Il avait à nouveau posé sa main sur la hanche droite de A______ durant une seconde, avant de passer sous la robe de cette dernière et sous son string. Il avait enfilé sa main dans le short à la hauteur du nombril de A______ et l'avait insérée dans son string puis il avait inséré son majeur entre les lèvres de A______ et avait fait trois mouvements circulaires, dans le sens des aiguilles d'une montre. Il lui avait demandé si elle appréciait et elle lui avait répondu : "non mon oncle, tu ne peux pas faire ça". En conséquence, il avait rapidement sorti sa main du short de A______ et avait dit: "bueno mami, me pase". Deux minutes plus tard, il ronflait. Elle s'était redressée pour quitter les lieux mais il s'était réveillé et s'était levé. Elle avait estimé qu'il ne l'aurait pas laissée partir. Avec l'évènement qui s'était déroulé pendant la nuit, B______ aurait pu nier ce qu'il s'était passé mais avec le second évènement qui s'était produit alors que A______ était consciente et pour lequel elle lui avait opposé un refus, B______ ne pouvait pas nier. A______ a précisé qu'à aucun moment elle n'avait donné son consentement ou fait des avances. Elle était dépitée et avait décidé de "jouer sur la folie" et sur le fait de devoir se faire soigner afin de pouvoir rester seule. Elle n'avait pas gardé de séquelles physiques de la soirée du 26 août. Cependant, elle allait plus régulièrement aux toilettes, aussi bien pour uriner qu'aller à la selle. Elle n'avait pas consulté de médecin car elle ne souhaitait pas être auscultée au niveau des parties intimes après avoir été traumatisée par l'auscultation gynécologique aux HUG. L'ongle de son
- 12 - P/19342/2023 pouce avait été arraché. Par ailleurs, immédiatement après les faits, elle avait souffert d'une poussée d'acnée, ce dont elle avait déjà souffert par le passé en lien avec ses émotions. De plus, les médecins lui avaient indiqué que ses problèmes au ventre avaient surement été en lien avec ses émotions. Sur le plan psychologique, elle était vide. B______ l'avait arrachée depuis la racine à sa propre identité. Elle n'avait plus confiance en personne. Elle ne souriait plus et n'avait plus envie de rien. Elle ne mangeait plus, et cela tenait du miracle qu'elle mange un repas par jour. Lorsqu'elle avait des montées d'émotions, elle se griffait et se prenait "fort la peau". Elle ne voyait plus son fils, lequel allait très mal à cause de cela. Les premiers jours suivant l'agression, elle s'était réfugiée chez ses parents où se trouvait son fils, lequel avait réalisé qu'elle était triste, ce qui avait été insurmontable pour elle. B______ l'avait mise à terre. Elle n'avait rien à gagner à être "là aujourd'hui", sauf par amour pour sa famille et parce qu'elle voulait éviter d'autres victimes. Elle avait encore peur de B______ et elle devait se détacher de l'image qu'elle avait eue de lui, car cette image l'empêchait de le voir tel qu'il était, c'est-à-dire de quelqu'un qui lui avait fait du mal et qui l'avait détruite. Au jour de l'audience, elle était suivie par son médecin de famille, le Dr K______, par le centre de thérapie L______ ainsi que par un psychiatre, depuis l'année précédente, le Dr M______. Elle s'était également rendue à l'Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (UIMPV) des HUG. Elle entendait retourner prochainement auprès de l'UIMPV. A partir du mois de septembre 2022, elle avait dû se rendre à plusieurs reprises aux HUG où il avait été diagnostiqué qu'elle souffrait d'une jéjunite, sans toutefois que les causes de la maladie aient été déterminées. Au jour de l'audience, elle ne savait pas si elle était entièrement soignée. b.c. Entendue par le Ministère public lors de l'audience de confrontation du 1er novembre 2023, A______ a indiqué que le soir du 26 août 2023, à aucun moment elle ne s'était sentie alcoolisée avant le blackout. Elle portait des faux ongles, lesquels étaient longs. Lorsqu'elle avait décrit le comportement B______ comme rassurant lors de l'audience du 19 octobre 2023 au Ministère public, elle entendait par là qu'il était dans l'acceptation et la consolation ainsi que dans l'optique de la rassurer alors que si elle avait été en présence d'un membre de sa famille, elle aurait été réprimandée. Cependant elle n'avait pas été rassurée. Quant au fait qu'elle ait indiqué qu'il y avait du blanc sur son sexe lors de l'audience du 19 octobre 2023 au Ministère public, elle a précisé qu'elle associait cela au premier épisode car lors du second, B______ avait mis ses doigts au niveau de son sexe à elle. A______ avait réalisé qu'il y avait du blanc au niveau de sa culotte et entre ses lèvres à la maternité. Elle n'était pas en mesure de répondre si elle avait constaté les traces blanches dans sa culotte au moment d'aller à la selle car son attention avait été captée par son ongle, le sang au niveau de son anus, ainsi que la douleur à ce dernier. Elle n'avait pas mentionné
- 13 - P/19342/2023 le blanc sur sa culotte et entre ses lèvres lors de l'audience précédente car cela avait déjà été écrit dans le rapport et qu'il lui était douloureux de répéter ce genre de chose. Elle connaissait les raisons de ses douleurs à l'anus mais souhaitait savoir comment elle avait eu ses hématomes ainsi que son ongle arraché. Elle a réitéré que B______ lui avait demandé à trois reprises de venir se coucher à côté de lui alors qu'il était sur le lit, notamment en tapotant le lit avec sa main. Il n'avait, à aucun moment où elle avait été consciente, été violent envers cette dernière. Il s'était écoulé entre 5 et 6 heures entre son réveil et le moment où elle avait quitté l'appartement pour se rendre à la permanence. La sodomie ne faisait pas partie de ses pratiques sexuelles. Sa famille pensait qu'elle était folle, mais elle n'en connaissait pas les raisons. Elle a refusé d'indiquer le nombre d'hospitalisations dont elle avait fait l'objet, mais elle a précisé qu'elle n'avait pas été hospitalisée dans un service psychiatrique. b.d. Entendue par le Ministère public lors de l'audience de confrontation du 28 février 2024, A______ a indiqué qu'elle avait eu une relation sexuelle avec J______ 24 heures avant les faits. Ce dernier n'avait pas mis de préservatif. Il y avait eu une pénétration vaginale mais pas anale. A______ a indiqué qu'elle n'avait jamais perdu du sang par l'anus avant le matin des faits. Elle n'avait pas été constipée ce matin-là. Elle n'avait jamais souffert d'hallucinations visuelles ou auditives, et ne souffrait pas d'une pathologie susceptible de lui causer des fissures anales. Elle avait déjà souffert de somnambulisme lorsqu'elle était enfant et qu'elle vivait chez sa mère, mais elle s'était toujours réveillée après. Sa dernière crise de somnambulisme remontait à 2014. Lorsqu'elle avait fait des crises de somnambulisme, cela s'était manifesté par des déplacements et elle avait essayé de communiquer sans que cela soit compréhensible. Déclarations du prévenu c.a. Entendu par la police le 6 septembre 2023, B______ a déclaré qu'il avait quitté la Colombie pour l'Espagne le 4 juin 2023 puis était arrivé à Genève par avion le 6 juin 2023. Il était venu voir sa famille et trouver du travail. Il s'était ensuite rendu directement chez sa belle-sœur C______ en France. A______ était la fille d'une de ses belles-sœurs et sa nièce par alliance. Il la connaissait depuis qu'elle avait 2 ans et il l'aimait comme si c'était sa nièce de sang.
- 14 - P/19342/2023 A______ était dans un état de crise lors de la soirée du 26 au 27 août 2023, aux environs de 01h00 du matin. Elle était hystérique et s'était cognée à différents endroits. Lors de la soirée, il l'avait vue prendre trois verres de mojitos qui avaient été assez chargés en alcool puis deux verres d'un cocktail qui était assez fort en alcool mais il ne l'avait pas vue prendre de la drogue ou des médicaments. Il avait été décidé de ne pas faire appel à un médecin pour protéger A______ car elle avait eu des problèmes de drogue à répétition et qu'elle aurait risqué de perdre la garde de son enfant si un médecin était venu et l'avait internée en la considérant comme folle. Il ne se souvenait pas de l'heure mais B______, C______ et G______ avaient mis A______ dans la voiture de C______. Arrivés au domicile de A______, G______ et B______ l'avaient montée dans son appartement et l'avaient mise au lit avant que G______ ne quitte l'appartement et que B______ ne reste seul avec elle, car il s'était proposé de s'occuper d'elle. G______ n'était pas resté car il avait bu de l'alcool et était agressif lorsqu'il avait bu. Ils ne l'avaient pas déshabillée. Elle avait recommencé son cri d'hystérique et elle s'était cognée la tête contre les murs. Comme elle était couchée sur le ventre sur le lit, il s'était mis sur elle en passant son bras gauche sur la taille de A______ et en positionnant sa jambe gauche sur la jambe gauche de cette dernière. Elle s'était calmée. Après 5 ou 10 minutes, elle avait recommencé à faire une crise dans son lit. Elle s'était cognée la tête alors qu'elle se trouvait sur le côté gauche. Il s'était alors positionné à côté d'elle et l'avait prise dans ses deux bras, alors qu'il se trouvait derrière elle et elle s'était calmée. Il était allé se coucher sur le canapé et s'était endormi. Il ne se souvenait pas du timing mais A______ s'était levée pour aller vomir dans les toilettes. Elle était d'abord allée dans la cuisine où elle avait fait tomber de la vaisselle. Il s'était levé et lui avait indiqué la direction des toilettes. Ensuite, elle était retournée se coucher dans son lit et il s'était recouché dans le canapé. Le matin, vers 08h00 ou 08h30, elle s'était réveillée pour aller aux toilettes et lorsqu'elle était revenue et l'avait vu sur le canapé, elle lui avait dit : "si mon oncle est là, c'est parce que j'ai dû faire quelque chose chez ma tante". Lorsqu'elle était dans cet état, elle ne se souvenait pas. Elle lui avait dit : "Pardon, mon oncle de me voir dans cet état". Il lui avait répondu : "Tranquille". Elle avait mal à son ongle et elle était allée chercher un pansement que B______ lui avait mis sur son ongle. Ensuite, elle lui avait dit : "mon oncle, viens te coucher dans le lit". Il était resté sur le canapé mais elle s'était mise à trembler et il avait vu sur son bras comme du vomi, raison pour laquelle il avait pensé qu'elle s'était mise les doigts dans la bouche afin de vomir. En voyant le vomi, il lui avait dit d'aller se changer. Il ne lui avait pas enlevé ses habits. Elle était partie se changer dans une chambre et avait mis une chemise noire longue. Elle s'était mise en face de lui lorsqu'il était sur le canapé et avait commencé à trembler en lui
- 15 - P/19342/2023 disant : "pardon oncle". Il lui avait répondu : "calme toi". Elle lui avait alors dit : "la seule chose qui peut me calmer…". Elle s'était penchée afin de prendre quelque chose par terre en forme de boule, ce qui devait être de la marijuana car cela avait une couleur verte marron. Elle était sortie fumer. A______ lui avait proposé d'aller se coucher dans le lit, ce qu'il avait fait, étant précisé qu'il y était allé seul. Elle était revenue du balcon alors qu'il était couché sur le côté gauche dans le lit, et elle était venue se coucher proche de lui, en se positionnant devant lui, sur le côté. Elle avait pris la main de B______ et l'avait mise sur sa taille. Elle avait commencé à trembler. Ensuite, aux environs de 09h00, C______ avait appelé B______ et ce dernier s'était levé pour répondre au téléphone. Après que la police lui a indiqué la teneur des déclarations de A______ à la police, B______ a indiqué que sa main était restée sur la taille de A______ et qu'il n'était pas allé plus loin. Il ne l'avait pas pénétrée analement mais lorsqu'elle était contre lui dans le lit, elle avait commencé à se frotter à lui. Il lui avait dit : "non, ne fais pas ça". Il n'avait pas voulu qu'elle se frotte à lui car c'était sa nièce et qu'il la considérait comme sa fille. Elle s'était mise les doigts dans l'anus et se masturbait alors qu'elle était à côté de lui. Elle s'était blessée à cause de ses faux ongles. Elle n'avait rien dit, et avait juste bougé. Elle avait ensuite baissé son pantalon puis avait sorti et pris le pénis de B______ et l'avait mis derrière pour le frotter contre ses fesses à elle et contre son anus. Il était en érection car elle l'avait touché et il s'était laissé aller. Cela avait duré 5 minutes. Il avait éjaculé autour de son anus et il s'était retiré du lit. Cela avait été une erreur de sa part de la laisser se frotter et de le toucher alors qu'elle était droguée et qu'il l'avait vue grandir. Dès lors qu'il ne s'était pas opposé à l'acte sexuel et qu'il s'était laissé faire, il considérait que l'acte sexuel avait été consenti. Il avait gardé ses mains sur la taille de A______ et était resté statique : il n'avait pas été sexuellement actif durant cet épisode. Il avait essayé de l'éloigner de lui mais il n'avait pas réussi à l'empêcher. Elle était dans un état sous stupéfiant et était dans les vapes. B______ était sorti du lit et avait rejoint le canapé. Ils avaient dormi. Il n'y avait rien eu d'autre hormis cet épisode. A son arrivée, C______ avait évoqué la soirée de la veille et demandé à A______ ce qu'il s'était passé, et cette dernière avait répondu qu'elle ne se souvenait de rien. A______ n'avait rien dit de mal à C______ à l'encontre de B______. Ils avaient discuté durant 1h30 et elle ne s'était pas plainte d'avoir trouvé du sang autour de son anus, tout comme lui n'avait rien dit au sujet du joint que A______ avait fumé, sur demande de cette dernière. A______ avait voulu aller à la permanence en raison de la douleur à son ongle, car ce dernier s'était retourné. A______, C______ et B______ avaient pris la voiture pour aller à la permanence. A______ et B______ s'étaient dit au revoir affectueusement en se prenant dans les bras et en se faisant la bise. A______ était allée seule dans la permanence
- 16 - P/19342/2023 et C______ ainsi que B______ étaient rentrés en France. Il n'avait plus revu A______ ni eu d'échange téléphonique ou sms avec elle. A______ était une fille qui cherchait à se faire toucher. Elle avait un problème depuis toute petite. Elle s'était frottée avec une taie d'oreiller, en la prenant et en la mettant entre ses jambes afin de se frotter les parties intimes. Il était étonné de se retrouver face aux accusations de A______ et ne savait pas pourquoi elle avait menti. Elle accusait toujours les gens de l'avoir touchée lorsque quelqu'un s'approchait d'elle. Il ne savait pas pourquoi elle accusait des gens. Elle avait eu envie d'une relation sexuelle avec lui et lorsque les effets de la drogue s'étaient dissipés, elle avait décidé de l'accuser. c.b. Lors de son audition du 7 septembre 2023 par le Ministère public, B______ a confirmé ses déclarations à la police. Il s'était proposé de rester avec A______ car G______ était alcoolisé. Il avait dormi sur le canapé alors que A______ avait dormi dans le lit qui se trouvait dans le salon, tout comme le canapé. Lorsqu'elle s'était changée, elle lui avait dit de se coucher dans le lit pour se reposer. Comme le canapé était tout petit, il était tout recroquevillé et il s'était alors couché sur le bord du lit. A______ avait commencé à trembler et elle lui avait dit : "tonton, pardon, mais je dois le faire". Elle avait préparé un joint. Lorsqu'elle était rentrée 10 minutes plus tard, elle était restée debout tandis qu'il était couché sur le côté. Elle était venue se coucher à ses côtés, devant lui. A ce moment-là, il n'était pas été en érection car il était endormi. Elle avait alors pris le bras droit de B______ avec son bras gauche pour que ce dernier l'enlace. Comme il avait un problème de sommeil, il s'était endormi dans cette position. Il avait vu qu'elle-même avait sa main droite sur ses fesses à elle et elle avait fait des mouvements de va-et-vient avec ses hanches, alors qu'elle avait déjà baissé son pantalon. Il n'était pas en érection à ce moment-là. Il ne savait pas ce qu'elle portait exactement mais elle avait les fesses à l'air. Il lui avait demandé ce qu'elle était en train de faire. Elle avait enlevé sa main de ses fesses et l'avait mise dans le pantalon de B______ et en avait sorti son sexe. Il lui avait dit ne pas faire cela. Il n'était toujours pas en érection. Elle avait commencé à frotter le sexe de B______ sur son anus et, à ce moment-là, il avait eu une érection. Il qualifiait son propre comportement de répréhensible moralement car il n'avait pas empêché cette situation de se produire. B______ ne trouvait pas qu'il était moralement acceptable qu'il ait laissé A______ se frotter avec son sexe. En le frottant de cette manière, et en mettant une forte pression dessus, il avait eu une érection puis il avait éjaculé. Il était resté "un peu comme ça". Il avait réagi car il avait pensé qu'il avait mal agi puisqu'il l'avait vue grandir. A______ avait remis son short et ils étaient restés comme ça. D'après lui, elle n'était pas dans son état normal et elle était droguée au moment où ces évènements s'étaient produits.
- 17 - P/19342/2023 B______ n'avait parlé à personne de ce qu'il s'était passé et c'était son erreur. Il n'avait pas dit à sa belle-sœur que A______ avait consommé de la marijuana car on lui avait donné la responsabilité de la surveiller et il avait manqué à ce devoir. Il considérait avoir manqué à son devoir tant en lien avec la marijuana qu'avec l'acte sexuel. Elle avait vomi une première fois au petit matin, puis une seconde fois après son réveil le matin, quand il lui avait dit de se changer et qu'elle lui avait proposé de venir se coucher dans le lit. Le matin, lorsqu'ils avaient déposé A______ à la permanence, cette dernière avait dit à B______ : "au revoir tonton" et avait fait mine de lui faire un bisou sur la joue sans toutefois la toucher. c.c Entendu par le Ministère public lors de l'audience de confrontation du 1er novembre 2023, B______ a confirmé ses précédentes déclarations. Le soir durant la réunion familiale, l'aspect de A______ lui avait fait penser qu'elle était droguée. Au moment où il était intervenu pour maîtriser A______, cette dernière était hystérique, comme possédée. Dans la voiture, B______ s'était trouvé avec G______ sur la banquette arrière, et A______ était couchée sur eux. Elle était hystérique, criait et grognait. G______ lui avait maintenu les jambes afin de l'empêcher de bouger tandis que B______ lui avait tenu les poignets parce qu'elle avait essayé de le griffer. Au moment de sortir de la voiture, il avait entendu C______ demander à A______ si elle était d'accord de rester seule avec B______, laquelle avait répondu :"oui, oui". Une fois déposée habillée dans son lit, elle était allongée et ne bougeait pas. D'après B______, elle dormait. G______ était parti après 3 à 5 minutes, et 10 minutes plus tard, A______ s'était levée pour aller à la salle de bain puis était retournée dans le lit et avait commencé, 5 à 6 minutes plus tard, à se cogner la tête contre le mur. S'agissant du premier épisode qu'elle lui reprochait, A______ avait utilisé contre B______ ce que ce dernier lui avait raconté. Lors de la précédente audience, elle avait dit qu'elle avait senti qu'on l'avait poussée depuis l'arrière vers l'avant, mais c'était B______ qui avait raconté cela. Lui-même avait fait référence au fait qu'elle s'était mise à se taper la tête contre le mur en étant sur le lit, sur le ventre avec les deux bras agrippés aux draps et qu'il s'était alors positionné derrière elle en mettant un bras autour d'elle ainsi que la main de son autre bras au niveau de la tête de A______ pour empêcher cette dernière de se cogner. Il n'avait jamais touché "cet enfant". Cinq minutes plus tard, alors qu'elle était sur le côté, elle avait recommencé à se donner des coups contre le mur avec sa tête. Il lui avait dit de se calmer et se rappeler ce que sa tante lui avait dit, c'est-à-dire de se comporter correctement et de ne pas créer ou poser de problème à son oncle, B______. Elle s'était ensuite levée et s'était dirigée vers la salle de bain comme pour vomir en mettant ses doigts dans sa bouche, mais s'était dirigée en réalité vers la cuisine. Il l'avait alors prise par le bras et l'avait amenée à la salle de bain. Elle avait vomi de la bave. Il l'avait prise par les épaules et l'avait raccompagnée jusqu'au lit, lequel était dans le salon. Il l'avait
- 18 - P/19342/2023 couchée et avait communiqué via son téléphone avec C______, en expliquant à cette dernière ce qu'il s'était passé. C______ et B______ avaient fait un appel vidéo, lequel avait duré plusieurs minutes. Lors de l'appel vidéo, il avait montré à cette dernière le corridor ainsi que le reste de l'appartement depuis l'endroit où il s'était trouvé. Il avait également montré le canapé sur lequel il allait dormir, ainsi que A______ allongée. Après avoir raccroché, il avait envoyé la localisation à C______, puis ils s'étaient échangés des messages avec cette dernière. Il lui avait indiqué que A______ dormait et pleurait en même temps, et qu'elle grognait tout en serrant les draps avec ses poings et en donnant des coups de pieds contre le lit, alors qu'elle était sur le ventre. A______ s'était ensuite calmée mais il avait continué à garder un œil sur elle. Il s'était finalement endormi. Le matin, aux alentours de 8h ou 9h, il avait entendu A______ se lever et se diriger en courant vers la salle de bain. Il avait entendu un bruit comme si elle vomissait puis elle était revenue. Il s'était assis à ce moment-là et elle lui avait dit: "Si mon oncle est là, c'est parce que j'ai fait quelque chose chez ma tante". Il lui avait demandé si elle se rappelait de quelque chose mais elle n'avait aucun souvenir. Il lui avait expliqué ce qu'il s'était passé. Elle avait dit, à plusieurs reprises, d'aller se reposer dans le lit. Elle avait fumé tandis qu'il était allé s'allonger sur le lit, après que A______ lui avait dit de le faire. Il s'était couché sur le flanc gauche, sur le lit. Elle était rentrée puis était venue se coucher à côté de lui. A______ s'était installée en position cuillère. Il avait mis son bras gauche allongé sur le lit devant lui, tandis que son bras droit était le long de son corps. Elle lui avait pris le bras droit et l'avait positionné devant elle, de manière à ce qu'il l'enlace de son bras. Il était resté calme et il s'était assoupi, en raison de sa narcolepsie, étant précisé qu'il ne s'était pas endormi. Il avait senti qu'il s'endormait et que tout était tranquille. Tout à coup, il avait ressenti des mouvements. Il avait ouvert les yeux et l'avait vue se masturber avec sa main droite. Elle avait remonté sa blouse et il avait vu la blancheur de la peau de A______. Cette dernière avait sa main entre ses fesses à elle et faisait un mouvement avec ses doigts d'avant en arrière. Il ne l'avait pas vue se blesser malgré la longueur de ses ongles. Il lui avait demandé ce qu'elle faisait, tout en effectuant un mouvement de recul. Elle avait retiré sa main de ses fesses et l'avait mise à l'intérieur du pantalon de B______, puis avait commencé à caresser le pénis de ce dernier. Du fait que son pantalon était plutôt large, A______ avait sorti le pénis de B______ et avait commencé à le frotter contre son anus. Le pénis de B______ était devenu dur. Cela ne lui avait pas fait mal et il ne savait pas comment elle avait réussi à faire cela car elle avait les ongles longs, de sorte que cela requérait une certaine habileté. Après 3 à 5 minutes, il avait éjaculé puis il s'était déplacé et avait remonté son pantalon. Une ou deux minutes après, il avait reçu un message WhatsApp de C______. Il avait dit à A______ que sa tante avait écrit un message. A______ s'était levée rapidement et avait pris la
- 19 - P/19342/2023 boulette de marijuana tout en demandant à B______ de ne rien dire à ce sujet, en particulier à C______, afin que personne ne pense qu'elle avait fumé la veille. Elle était désespérée et s'était mise à chercher son téléphone et ses lunettes. B______ avait appelé C______ par appel vidéo, durant lequel A______ n'avait rien dit, ni fait aucun geste. Lorsque C______ était arrivée, elle avait raconté à A______ ce qu'il s'était passé à la fête. A______ avait parlé de son ongle cassé à sa tante. Elle lui avait dit qu'elle avait mal et lui avait demandé de l'amener à la permanence. Ils étaient sortis tous les trois pour aller à la permanence. Au moment de quitter la voiture, A______ avait fait une bise à sa tante ainsi qu'à son oncle depuis la banquette arrière. A compter de ce moment, B______ n'avait plus eu d'interactions avec A______. Lors de son audition par la police, B______ avait déclaré que A______ était une fille qui cherchait à se faire toucher. Il n'estimait pas forcément que c'était un problème pour une fille de 7 ans de se frotter avec un oreiller au niveau du sexe, mais c'était quand même étrange. La sodomie ne faisait pas partie de ses pratiques sexuelles et il savait contrôler ses pulsions sexuelles. Il avait commis une erreur en n'empêchant pas A______ de faire ce qu'elle avait fait. A______ lui avait demandé de garder le silence au sujet du fait qu'elle s'était masturbée avec le sexe de B______. Il était tombé dans un tourbillon familial impliquant des problématiques telles que l'aide sociale et la garde de l'enfant de A______, ainsi que de l'aide perçue en lien avec ce dernier. Ils avaient dû sacrifier quelqu'un pour ne pas perdre l'aide sociale et c'est lui qui avait été sacrifié. c.d. Entendu par le Ministère public lors de l'audience de confrontation du 29 janvier 2024, B______ a indiqué que l'éjaculation s'était produite lorsque A______ l'avait touché. Il était endormi et était couché derrière A______, laquelle était couchée sur le côté. Elle avait fait des mouvements avec les hanches en bougeant comme un "serpent", ce qui l'avait réveillé. En faisant ce mouvement, elle s'était frottée contre la jambe de B______. Lorsque ce dernier avait ouvert les yeux, il l'avait vue avec le bras droit en arrière et la main entre les fesses. Elle avait fait un mouvement avec ses doigts, comme si elle se masturbait. Elle avait la chemise noire remontée et son pantalon ainsi que son string baissés en dessous des fesses, lesquelles étaient à l'air. Il lui avait dit : "A______, qu'est-ce que tu fais?". Elle n'avait rien répondu et avait rapidement inséré sa main droite dans le short de B______, étant précisé qu'il portait uniquement un boxer attaché à un short. Elle avait touché le sexe de B______ et avait fait des mouvements de masturbation avec ses doigts. Après 2 ou 3 secondes, elle avait sorti le pénis de B______, lequel était en érection, et avait commencé à frotter celui-ci entre
- 20 - P/19342/2023 ses fesses, dans la raie. Il n'avait pas senti son pénis entrer en contact avec l'anus de A______ et il souffrait d'éjaculation précoce, de sorte que lorsqu'elle avait frotté, il avait éjaculé après 3 minutes. A______ n'avait pas parlé durant l'acte. Après avoir éjaculé, il s'était déplacé vers l'arrière et avait remonté son short. Quelques temps après, son téléphone avait sonné. A______ n'avait pas bougé et n'avait rien dit. B______ s'était levé et était allé vers son téléphone. Il avait alors dit à A______ que sa tante était en train de l'appeler. A______ s'était levée, s'était mise devant le lit et avait alors dit : " Pardon mon oncle, pardon". Il lui avait répondu : "Non, ma fille, tranquille, c'est ta tante". Il ne savait pas la raison pour laquelle elle s'était excusée. A______ lui avait demandé de ne rien dire ni à sa mère, ni à sa tante. Elle n'avait pas spécifié si elle parlait de la drogue ou de l'acte sexuel. B______ avait pensé qu'elle avait parlé de la petite boule de drogue qu'elle avait consommée. B______ est par la suite revenu sur ses propos et a indiqué qu'il avait compris, lorsqu'elle lui avait demandé de ne rien dire, qu'elle parlait tant de la drogue que de l'acte sexuel. B______ pensait que c'était mal d'avoir éjaculé dans la raie des fesses de A______ et il trouvait que c'était moralement répréhensible. Il considérait avoir été abusé sexuellement par A______, mais il avait eu honte, raison pour laquelle il n'en avait parlé à personne. B______ estimait que lorsque A______ s'était masturbé l'anus, elle avait pu se blesser, considérant la longueur de ses ongles. c.e. Lors de son audition du 8 novembre 2024 par le Ministère public, B______ a confirmé être arrivé en Suisse dans le courant du mois de juin 2023, en provenance de l'Espagne. Il a, par ailleurs, indiqué être resté un mois à Genève, logé D______, avant d'être logé chez C______ où il avait vécu jusqu'au moment des faits. Après les faits, il avait été amené par H______ au lieu où il avait été interpellé le lendemain. Il était venu en Europe avec une somme de EUR 1'500.-, et avait eu accès à ses comptes bancaires. Il percevait sa rente invalidité, mais pas de rente complémentaire. Il n'avait pas la nationalité espagnole mais avait entrepris des démarches en Espagne en vue d'obtenir un permis de séjour espagnol. Auditions de témoins d.a. Entendue par la police le 30 août 2023, C______ a déclaré que durant la réunion familiale, A______ n'arrivait plus à tenir debout, qu'elle pleurait, puis elle était devenue très agressive et s'en était pris physiquement à elle-même et à des tiers. Elle était devenue incontrôlable. Il avait fallu la contraindre physiquement pour la calmer et la maîtriser. C______ avait eu peur de la ramener seule et qu'un accident soit causé par ses crises, de sorte qu'elle avait demandé à B______ et G______ de l'aider à la ramener chez elle. Ils l'avaient mise dans la voiture, dans laquelle elle frappait les sièges et se débattait.
- 21 - P/19342/2023 B______ avait été calme et lui avait dit de faire des exercices de respiration. C______ n'avait pas voulu amener A______ à l'hôpital car elle ne voulait pas que A______ se trouve dans une situation où la garde de son fils lui soit enlevée. En arrivant chez elle, A______ s'était calmée et avait dit : "pardon". C______ n'avait pas voulu que G______ reste avec A______ car ils s'étaient souvent bagarrés, et B______ avait dit qu'il pouvait rester avec A______, ce que cette dernière avait accepté. Cette dernière avait dit que la seule chose qu'elle souhaitait, c'était de dormir. B______ et G______ étaient montés avec elle, et A______ était allée directement dans son lit et s'était endormie. G______ et C______ étaient partis vers 01h30. Cette dernière avait été en communication avec B______ toute la nuit. Il lui avait envoyé la localisation de l'appartement de A______. B______ avait écrit un message à 02h23 à C______ pour lui indiquer que A______ s'était levée pour aller vomir, qu'elle n'avait plus réussi à sortir des toilettes, qu'il l'avait amenée jusqu'au lit et qu'elle s'était à nouveau endormie. Il avait eu peur que A______ se jette par la fenêtre pendant qu'il dormait. Il avait écrit d'autres messages entre 01h30 et 03h30-04h00. Il avait écrit qu'il allait essayer de s'assoir sur le canapé mais sans dormir car il avait eu peur. Le lendemain matin, à 10h00, C______ avait envoyé un message à B______ pour lui demander comment c'était passé la nuit et prendre des nouvelles. Il lui avait répondu 20 minutes plus tard en disant : "on est bien, A______ s'est réveillée à 08h00, mais je ne voulais pas appeler à 08h00". B______ lui avait dit que A______ s'était réveillée plusieurs fois durant la nuit en pleurant mais qu'elle s'était rendormie après. B______, en compagnie de A______, avait fait un appel vidéo sur WhatsApp à 10h42 à C______. L'appel avait duré 20 minutes. Durant cet appel, A______ avait pleuré par intermittence. Cette dernière n'avait rien dit de spécial et elle n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé. Lorsque C______ était arrivée vers 12h00, l'ambiance n'était pas joyeuse mais A______ était calme. C______ essayait de persuader sa nièce de prendre soin d'elle et de chercher de l'aide professionnelle. A______ lui avait dit qu'elle souhaitait aller à la permanence pour soigner son ongle et qu'elle voulait être seule. Tout semblait normal entre A______ et B______ dans l'appartement, mais cette dernière avait pleuré en raison de son comportement de la veille. C______ n'avait rien trouvé de suspicieux. Ils avaient emmené leur nièce à la permanence. 30 minutes plus tard, C______ avait reçu un appel du médecin pour lui demander ce qu'il s'était passé car A______ n'avait aucun souvenir de la veille. Après, C______ n'avait eu aucune nouvelle de A______. Elle avait appelé sa sœur, D______, laquelle lui avait expliqué que B______ avait agressé sexuellement A______. Elle avait dit à sa sœur que A______ était tellement folle qu'elle s'était imaginée des choses. Elle avait essayé de comprendre. Elle n'avait pas décelé de peur ou d'angoisse chez B______.
- 22 - P/19342/2023 d.b. Lors de son audition du 15 novembre 2023 à la police, C______ a confirmé ses déclarations du 30 août 2023. C______ avait discuté de l'affaire avec sa sœur N______, et avec H______. Elle n'avait, d'abord, pas cru à ce qu'il s'était passé car elle connaissait A______ et que de manière générale elle percevait B______ comme une personne gentille, très doué dans la logistique et très méfiant. Elle trouvait A______ fragile et très angoissée. A______ avait indiqué à C______ qu'elle avait consulté un psychologue afin de stabiliser ses émotions, mais elle ne savait pas si A______ continuait à le voir. Lors de la soirée du 26 août 2023, A______ paraissait être trop alcoolisée et son état laissait penser qu'elle avait pu prendre un médicament. Elle était incohérente et paraissait perdue. Dans la voiture, A______ était très agitée. C______ conduisait tandis que G______ et B______ étaient à l'arrière avec, entre les deux, A______. Cette dernière était angoissée et pleurait. Sa ceinture avait été attachée car ils avaient peur qu'elle ne quitte la voiture en marche. Elle était totalement hors de contrôle. B______ avait essayé de la calmer en lui disant de respirer doucement afin de réduire son angoisse. Lorsque B______ était sorti de la voiture, ce dernier était normal et il n'avait pas bu. C______ avait demandé à G______ de monter avec B______ et A______ afin de récupérer tout ce qui pourrait faire du mal à A______. C______ avait remarqué que l'ongle de A______ était "très cassé". C______ avait dit à A______ que son oncle voulait rester avec elle, et qu'elle devait être calme, car dans l'hypothèse où ce dernier devait faire appel à des secours ou à la police, il ne serait pas en mesure de communiquer avec eux. A______ était comme une "poupée de chiffons", et C______ lui avait dit : "si tu as besoin d'aide, appelle-moi". Elle avait dit la même chose à B______. Le lendemain, lorsqu'elle était revenue à l'appartement de A______, cette dernière était angoissée et pleurait. Elle ne portait pas les mêmes habits que la nuit précédente. C______ avait conseillé à sa nièce de chercher de l'aide et lui avait indiqué qu'elle ne pouvait pas laisser des états émotionnels tels que ceux-ci. A______ lui avait répondu, en tremblant et en pleurant : "je n'ai confiance en personne". C______ lui avait répondu que lorsqu'il n'y avait pas de confiance, il y avait de la peur et qu'il fallait chercher de l'aide en lien avec la peur. Quant à B______, il était tranquille, comme d'habitude. Lorsqu'il avait ouvert la porte, la première chose qu'il avait dite à C______ était que A______ n'avait aucun souvenir de la veille. Il a rajouté que A______ avait été très agitée la veille et qu'il avait dû la maitriser. Il lui avait aussi dit : "J'ai dû me mettre sur elle, de la tenir avec de la force et lui rappeler ce que tu lui avais dit, soit de rester tranquille, car si la police venait, je ne parlais pas français". Il avait aussi indiqué que A______ avait pleuré.
- 23 - P/19342/2023 G______ avait raconté à C______ que durant la soirée de la veille, A______ avait essayé de l'embrasser et qu'il l'avait rejetée. A______ avait parlé à G______ comme s'il avait été son amoureux et elle l'avait confondu avec ce dernier. d.c. Entendu par la police le 13 novembre 2023, G______ a déclaré que A_______ était sa cousine et qu'il la connaissait depuis petit. Ils n'étaient pas très proches du fait que leurs personnalités n'étaient pas très compatibles. A______ était créative et très gentille lorsqu'elle voulait passer un bon moment, mais cela était plus compliqué lorsqu'elle avait ses "tics d'égocentrique". Elle avait des bons moments et parfois elle "switch[ait]". Elle avait des problèmes sentimentaux et G______ avait assisté à des crises d'angoisse, lors desquelles elle pleurait et disait qu'elle ne servait à rien ainsi qu'elle n'était pas aimée. Il n'était pas en mesure d'indiquer si ces crises d'angoisse étaient régulières. B______ était une personne gentille, calme, très cordiale et disciplinée. Il était responsable, structuré et persévérant. B______ n'avait jamais eu de gestes déplacés envers lui ou d'autres personnes. Lors de la soirée du 26 août 2023, les choses avaient commencé à devenir bizarres lorsque A______ s'était enivrée. Son comportement avait brusquement changé. Il avait trouvé bizarre qu'elle passe d'un état normal à un état "super alcoolisé". Elle s'était battue, s'en était prise à elle-même et s'était blessée. Elle avait fait une crise de colère. Elle était incontrôlable, violente et incohérente. G______ avait porté sa cousine dans la voiture de H______ afin de la ramener. Lorsque G______ l'avait mise dans la voiture, elle l'avait embrassé sur la bouche. Il l'avait repoussée et A______ lui avait dit qu'elle pensait que c'était son copain, étant précisé que cela ne s'était jamais produit auparavant. C______ avait conduit tandis que G______ était assis à l'arrière avec B______ et A______. Cette dernière avait été excitée durant le trajet et avait essayé de se lever puis d'ouvrir les portes. Elle avait essayé de les taper. Ils avaient dû la contenir. Lorsqu'ils étaient arrivés devant l'appartement de A______, G______ s'était proposé de rester avec cette dernière La copine de G______ était chez C______, de sorte que B______ avait dit à G______ que G______ ne pouvait pas la laisser seule là-bas. Par ailleurs, C______ avait dit à son fils qu'il était préférable qu'il ne reste pas, car il n'avait pas la même patience que B______, raison pour laquelle il avait été décidé que ce dernier reste avec A______. A______ s'était mise debout tout seule et était déjà un peu plus tranquille. Elle avait dit qu'elle pouvait marcher. Ils étaient montés tous les trois en ascenseur, et arrivée dans l'appartement, A______ s'était mise à tituber, de sorte qu'ils avaient dû la porter jusqu'à son lit. B______ et G______ l'avaient couchée sur son lit dans la grande chambre. G______ était resté dans l'appartement durant 10 à 15 minutes au maximum, puis il était
- 24 - P/19342/2023 rentré avec sa mère et B______ était resté avec sa cousine. Lorsque G______ était parti, A______ dormait ou feignait de dormir mais elle était calme. d.d. Entendu par la police le 27 novembre 2023, H______ a déclaré qu'il avait entendu que A______ avait des petits problèmes psychologiques et n'était pas bien dans sa peau. Il pensait qu'elle prenait des médicaments pour se calmer car elle avait déjà dû aller à l'hôpital une fois ou deux. Il savait que cette dernière était nerveuse, sans pour autant savoir de quoi elle souffrait. Le soir de la fête, A______ avait été hystérique. Il ne l'avait jamais vue dans un tel état auparavant. Elle avait commencé à se taper l'arrière de la tête contre les murs. Il avait essayé de l'enlacer pour l'en empêcher mais elle avait continué à se taper la tête. Elle avait été dangereuse pour elle-même et ils avaient dû la retenir pour la protéger. Ils n'avaient pas réussi à la calmer. Le lendemain, il avait trouvé B______ normal et calme. Lorsqu'il avait appris que B______ avait été arrêté, il avait eu du mal à y croire, car c'était quelqu'un de fiable et honnête. d.e. Lors de son audition à la police du 29 novembre 2023, O______ (ci-après: O______) a déclaré qu'elle connaissait A______ de vue car elles étaient dans la même école étant petites. Elles s'étaient perdues de vue puis avaient repris contact lors d'évènements organisés par l'église P______. Elle la considérait comme une amie et était toujours en contact avec. Elle ne connaissait pas B______ et l'avait jamais vu. Le lendemain des faits, A______ avait appelé I______, laquelle se trouvait avec O______. Il y avait eu deux appels. Le premier auquel O______ n'avait pas participé, mais dont I______ lui avait rapporté la teneur, et un second, lors duquel I______ et O______ avaient mis le téléphone sur haut-parleur. A______ leur avait expliqué que le soir des faits, son "oncle" avait abusé d'elle, étant précisé qu'elle n'avait pas nommé B______. A______ avait expliqué qu'elle avait bu quelques verres d'alcool chez sa tante et que son oncle l'avait ramenée à la maison, puis qu'elle s'était endormie et que lorsqu'elle s'était réveillée, elle avait senti que quelqu'un était derrière elle. A______ n'avait pas réagi et s'était laissée faire. I______ et O______ avaient proposé de voir A______ afin de discuter et elles s'étaient toutes les trois retrouvées à la gare. Lorsqu'elles s'étaient retrouvées face à face, O______ avait compris que lorsque A______ avait réagi dans son sommeil, elle avait senti la présence de quelqu'un derrière elle et avait fait semblant de continuer à dormir. A un moment, A______ avait fait exprès de bouger et elle avait vu que son oncle était là. Elle lui avait demandé la raison pour laquelle il était présent et B______ lui avait expliqué les évènements de la veille, et qu'il était resté avec elle jusqu'à ce qu'elle se calme. Cependant, au réveil, elle avait été confuse et avait fait comme si rien ne s'était passé, comme si elle
- 25 - P/19342/2023 n'avait eu aucun soupçon, en raison de la peur qu'elle avait ressenti, comme lorsqu'elle avait été petite. Elle avait aussi essayé de se persuader que cela n'avait pas été possible. A______ lui avait expliqué qu'elle était ensuite allée aux toilettes car elle n'avait pas été tranquille et qu'elle avait su que quelque chose s'était passé. Elle ne portait pas les mêmes habits que la veille et elle avait été changée. Elle avait senti la pénétration par l'anus. Lorsque A______ avait fait ses besoins, elle avait eu mal et la douleur avait persisté. Elle avait remarqué qu'il y avait du sang sur le papier toilette qui avait servi à essuyer son anus. Elle avait ensuite dit à son oncle qu'il pouvait partir et qu'elle pouvait rester seule. Elle s'était, par la suite, rendue à la permanence de ______ [GE] pour se faire soigner le pouce. Il s'était passé un bon moment entre le moment où A______ s'était réveillée et le moment où son oncle était parti, car elle avait essayé à plusieurs reprises de trouver des excuses pour le faire partir et apparemment ce dernier n'avait pas voulu partir. Lorsque le père de A______ était arrivé, cette dernière lui avait raconté la même chose qu'à I______ et O______. Son père lui avait demandé si elle se sentait d'aller porter plainte et ils lui avaient demandé si elle s'était douchée ou nettoyée, ce qu'elle n'avait pas fait. Ils s'étaient tous dirigés vers le poste de police de la gare, et A______ ainsi que son père avaient été pris en charge par des policiers. Durant tout le long de l'entrevue avec I______ et O______, A______ avait beaucoup pleuré et était sous le choc. Elle avait eu du mal à se concentrer et à dire les choses. Elle avait fait de nombreuses pauses dans son récit et avait été très mal. Lorsque son père était arrivé, elle s'était calmée. d.f. Entendu par la police le 29 novembre 2023, E______ a déclaré qu'il était le beau-père de A______, mais qu'il était comme un père pour cette dernière. Le lendemain de la soirée à ______ [France], A______ avait téléphoné au domicile de sa mère et de son beau-père, lequel avait répondu. Elle avait demandé à parler à sa mère et il avait senti que A______ avait un nœud dans la gorge et qu'elle commençait à pleurer. Il lui avait demandé ce qu'il s'était passé, et elle lui avait répondu : "il y a quelque chose qui s'est passé" et "je ne peux pas te dire ça parce que ça va être très dur", puis "B______ m'a violée". Il avait été énormément choqué et lui avait demandé : "comment ça, il t'a violée, raconte-moi ce qui s'est passé". A______ était accompagnée de deux amies. Elle lui avait dit : "je vais te passer une de mes amies, car je ne suis pas capable de continuer à parler". Elle avait commencé à pleurer puis il avait parlé avec I______, laquelle lui avait dit : "E______, les choses que A______ vient de te dire c'est vrai". E______ avait raccroché et avait expliqué à sa femme que A______ avait téléphoné puis il lui avait dit : "il faut que les deux ensemble on aille au McDonald de la gare". D______ lui avait demandé ce qu'il s'était passé et il avait répondu : "je ne sais pas comment dire, mais elle
- 26 - P/19342/2023 vient de me dire que B______ l'avait violée". D______ était restée avec son petit-fils et E______ était allé rejoindre A______, laquelle était avec O______ et I______. A______ lui avait expliqué qu'elle s'était comme endormie et qu'elle avait senti que B______ l'avait pénétrée par derrière. Elle avait dit à E______ que lorsqu'une personne boit trop, elle reste, sans se rendre compte, comme endormie, puis avait dit : "papa, je me suis réveillée parce que je sentais une douleur". A______ avait ajouté qu'elle avait entendu une voix et un poids par derrière et qu'elle s'était rendue compte à ce moment que c'était B______ qui avait été derrière elle. En raison de la douleur qu'elle avait sentie, c'est comme si elle s'était évanouie. S'agissant de son unique souvenir, elle avait dit à E______ : "papa, à ce moment-là, il m'a dit que je devais rester tranquille, pendant qu'il était en train de me pénétrer". Par la suite, A______ avait raconté qu'elle s'était réveillée et que B______ était resté. Ce dernier lui avait dit de venir se coucher à côté de lui, ce qu'elle avait fait, et avait fait semblant de dormir, étant précisé qu'elle avait mis, au préalable, sa culotte, un short et un pantalon car elle savait que B______ allait continuer. Elle avait voulu constater si ce qu'elle avait senti durant la nuit "c'était que B______ était en train de l'agresser ou de la pénétrer". Elle avait fermé les yeux et avait senti que B______ avait commencé à mettre sa main sur elle comme s'il avait cherché ses parties intimes. Elle avait aussi senti qu'il avait fait un mouvement de bassin en avant et en arrière. Ensuite, elle avait raconté à E______ que C______ avait téléphoné puis qu'elle était arrivée à l'appartement. A______ avait essayé, d'une manière ou d'une autre, de raconter à sa tante ce qui lui était arrivé. Par la suite, lorsqu'elle s'était retrouvée seule, A______ avait appelé ses deux amies pour raconter ce qui s'était passé. Lorsque A______ avait terminé son récit, I______ avait indiqué à E______ que A______ lui avait rapporté la même histoire. A______ ne s'en était pas rendue compte mais lorsqu'elle avait enlevé ses sous-vêtements elle avait des traces blanches sur l'intérieur de ses cuisses et de sa culotte. d.g. Entendue par la police le 30 novembre 2023, I______ a déclaré qu'elle avait connu A______ au travers de la mère de cette dernière. I______ était pasteur au sein de l'église ou A______ et sa mère allaient. Le 27 août 2023, aux alentours de 15h00-16h00, A______ lui avait écrit un message en lui demandant si elle pouvait l'appeler. Lorsqu'elle avait décroché, A______ était en train de pleurer. A______ avait du mal à parler et était en état de choc, car elle avait réalisé quelque chose. Elle avait eu des petits souvenirs et des images qui lui étaient revenus. A______ avait eu peur de ne pas être crue. Elle avait expliqué à I______ qu'il y avait eu un apéritif chez sa tante. I______ avait compris que A______ avait bu un peu d'alcool, sans avoir de détails sur le type d'alcool et la quantité, mais B______ n'avait pas bu. A______ ne se rappelait pas de ce qui s'était passé dans la maison de sa tante la veille, mais que son oncle le lui avait raconté le lendemain matin. Lorsqu'elle s'était réveillée le 27 août au matin, A______ était allée aux toilettes et avait constaté qu'il y avait du sang
- 27 - P/19342/2023 sur sa culotte. Elle s'était souvenue que son oncle avait essayé de baisser son pantalon ou ses sous-vêtements. Elle avait entendu des bruits comme s'il avait essayé de "se chauffer" et elle avait mimé des mouvements d'avant en arrière avec son bassin. Elle avait dit à son oncle : "Non oncle, cela ne se fait pas". A______ ne s'était pas rappelée du reste. Elle avait essayé de faire partir son oncle de chez elle, mais elle ne l'avait pas confronté par rapport à ce qu'il s'était passé, car elle avait eu peur. Elle avait constaté des choses étranges dans son appartement tel que les stores des fenêtres avaient été baissés, et un couvre-lit avait occulté la grande fenêtre, de sorte qu'il ne soit pas possible de voir l'intérieur depuis l'extérieur. Après avoir raccroché, I______ et O______ avaient décidé d'aller voir A______ directement. Elles s'étaient retrouvées dans le tram à la Servette pour aller au McDonalds de la gare. Lorsque A______ était montée dans le tram, elle avait le visage de quelqu'un qui avait peur et en état de choc. A______ marchait comme si elle était un peu perdue et elle pleurait. A______ était au téléphone avait son beau-père et avait eu du mal à lui expliquer ce qui était arrivé. I______ avait pris le téléphone pour demander à E______ de les rejoindre. Lorsque E______ était arrivé, A______ avait commencé à raconter ce qu'elle avait vécu. Elle ne se rappelait pas de ce qui s'était passé la veille et son oncle lui avait dit qu'elle avait été très violente, raison pour laquelle son oncle et son cousin avaient dû la ramener chez elle. Son cousin était parti et son oncle était resté avec elle à son domicile. E______ avait confirmé que A______ avait été violente et que la nuit avait été difficile. I______ avait compris que A______ avait dû être maintenue. C'était pour cette raison que la mère ainsi que le fils de A______ étaient rentrés et que cette dernière était restée chez sa tante. A la fin de la conversation, I______ avait indiqué à E______ que A______ lui avait raconté les mêmes faits. A______ avait plus détaillé son récit lorsque E______ était présent. Elle avait expliqué qu'en allant aux toilettes le matin, elle avait eu mal aux fesses et qu'il y avait eu du sang sur sa culotte. C'était lorsqu'elle était aux toilettes qu'elle avait eu des souvenirs et qu'elle avait fait le lien entre ses souvenirs et ce qui s'était passé. Elle n'avait rien dit d'autre à propos de son oncle. A______ était ensuite allée seule à la permanence en raison de son ongle cassé et avait porté un pansement. Elle avait aussi des petites marques sur le visage qui avaient été provoquées par le fait que A______ se grattait lorsqu'elle était stressée. Durant la conversation avec E______, elle avait indiqué qu'elle était très amoureuse de son copain et que jamais elle n'aurait eu une relation avec un membre de sa famille. E______ et A______ étaient en état de choc. d.h. Lors de son audition à la police du 30 novembre 2023, D______ a déclaré qu'avec son mari, ils avaient la garde du fils de A______, car cette dernière avait des problèmes de sommeil et de somnambulisme depuis qu'elle était petite. Lorsqu'elle dormait, c'était comme si elle était morte, elle n'entendait rien du tout. A______ avait été consulter la clinique du sommeil, des psychiatres et des psychologues afin de pouvoir récupérer son fils. Elle suivait une thérapie pour l'aider à gérer ses angoisses et son hypersensibilité.
- 28 - P/19342/2023 Le lendemain de la soirée à ______ [France], C______ avait indiqué à D______ qu'elle allait aller chercher A______ pour l'amener à la permanence puisqu'elle s'était blessée à l'ongle lors de la lutte durant laquelle H______, G______ et B______ l'avaient maitrisée. A______ avait voulu aller seule à la permanence, car elle voulait se débarrasser de B______. D______ s'était endormie chez elle et lorsque le téléphone avait sonné, c'est E______ qui avait répondu. Après l'appel, E______ avait réveillé son épouse et lui avait dit que A______ avait besoin de parler avec eux de quelque chose de grave. E______ était parti retrouver A______ vers 17h00-18h00, pendant que D______ était restée avec leur petitfils. E______ l'avait ensuite appelée puis lui avait passé A______ qui lui avait indiqué que B______ l'avait sodomisée. A______ lui avait expliqué qu'elle avait eu un "blackout" et que lorsqu'elle était allée aux toilettes, elle avait eu un flash. Elle avait senti une très forte douleur "derrière" et lorsqu'elle s'était nettoyée, le papier était plein de sang. Elle s'était demandée ce qui lui était arrivé et la raison pour laquelle elle avait saigné. Elle avait eu un flash lors duquel elle s'était vue la tête contre le matelas en ressentant une douleur très forte. Elle avait dit : "tio, j'ai très mal". Il lui avait répondu : "reste tranquille, laisse-toi faire". Elle avait pensé s'être évanouie en raison de la douleur. Lorsqu'elle était sortie de la salle de bain, elle avait eu très peur, de sorte qu'elle avait tremblé et pleuré. Elle avait marché partout dans l'appartement alors que B______ la surveillait. Elle avait fait semblant qu'elle ne s'était pas rendue compte de ce qui lui était arrivé. Elle avait eu peur qu'il la tue ou la maltraite. B______ avait beaucoup insisté pour qu'elle aille se doucher et se changer. A______ avait demandé à B______ ce qu'il s'était passé, et ce dernier lui avait dit qu'elle s'était très mal comportée, qu'elle avait frappé son père et avait voulu frapper sa mère. A______ n'avait pas trouvé son téléphone et avait pensé que la porte d'entrée était fermée à double tour, mais elle n'avait pas pensé à aller voir la porte car elle était en panique et très nerveuse. Elle avait alors demandé à B______ de la laisser fumer un joint pour se calmer. Il lui avait alors dit : "non, parce que ta mère et ta tante vont dire quoi". Elle avait insisté et il lui avait demandé l'effet que produisait le joint. Elle lui avait répondu que cela la calmait et la faisait dormir. Il avait alors indiqué: "vas-y, mais tu ne dis rien à ta mère". A______ avait fait semblant de fumer car elle avait voulu voir ce que B______ allait entreprendre, dès lors qu'il pensait qu'elle allait être endormie par le joint. A______ ne s'était pas douchée, mais juste rincée la tête pour feindre une douche. Elle avait changé ses habits, étant précisé que c'est B______ qui lui avait dit de le faire, et avait mis une longue robe ainsi qu'un short de boxe. A______ avait dit à B______ de se coucher dans le lit afin qu'il dorme profondément et qu'elle puisse s'échapper et demander de l'aide. Elle avait vécu un cauchemar et, comme il la surveillait, il n'avait pas voulu s'endormir, raison pour laquelle A______ avait cédé à ses demandes de se doucher, d'aller se changer et de venir se coucher avec lui. Elle s'était couchée d'un côté et lui de l'autre, étant précisé qu'il s'agissait d'un matelas double. B______ l'avait amenée contre lui en la tirant par la taille. A______ s'était laissée faire et il avait commencé à la consoler afin qu'elle se calme. Il avait mis sa main sur la jambe de A______ puis il avait dit : "Ah désolé". Elle avait fait
- 29 - P/19342/2023 semblant de dormir puis elle avait senti qu'il avait levé sa tête pour regarder si elle dormait et avait commencé à la caresser. Il avait essayé de mettre sa main dans le short de A______, mais comme il n'y était pas arrivé, il avait fait trois fois un mouvement avec son sexe contre les fesses de A______. Elle avait senti qu'il s'était levé pour défaire son pantalon, ce qu'elle n'avait pas vu mais entendu puisqu'elle avait eu les yeux fermés et qu'elle regardait le mur. Elle avait fait semblant de se réveiller brusquement. Il s'était recouché, avait regardé si elle dormait puis lui avait caressée le vagin après avoir réussi à rentrer sa main dans le short de sa nièce. Il avait fait trois mouvements avec sa main dans les lèvres vaginales de A______. Il lui avait demandé : "Ça te plait". A______ s'était retournée et l'avait regardée avec les yeux plein de larmes et lui avait dit : "Ça ne me plait pas du tout, pourquoi tu fais ça". Il lui avait alors répondu : "Ah je suis désolé, j'ai dépassé les limites". Par la suite, il avait agi comme s'il ne s'était rien passé, ce qui avait été, pour A______, une confirmation qu'il avait abusé d'elle. Lorsque C______ était arrivée dans l'appartement, elle avait trouvé A______ angoissée et stressée. Cette dernière avait pleuré. A______ avait dit à sa tante en espagnol : "J'ai confiance en personne, même pas en ma famille". C______ n'avait pas compris ce que A______ avait souhaité dire. A______ avait voulu que son oncle parte de chez elle. Elle était sans téléphone et à la merci de B______. D______ a indiqué que sa fille n'avait pas envie de parler de ce qu'il s'était passé, et que cette dernière pleurait et angoissait lorsque le sujet était évoqué. Elle n'avait pas voulu dénoncer son oncle car elle savait à quel point la famille était importante et qu'elle ne voulait pas qu'elle parte en éclat. Lorsqu'elle avait vu A______ quand elle était rentrée à 4h00 du matin, D______ avait constaté que l'ongle de son doigt était arraché, et qu'elle avait des bleus sur le corps et sur les bras. Elle avait des bosses sur la tête. D______ savait que les bleus avaient été liés à la lutte pour maîtriser A______. A______ n'avait pas de problèmes psychologiques, mais elle avait des difficultés d'angoisse et d'anxiété depuis que sa mère l'avait renvoyée de chez elle. A______ avait eu une infection dans l'intestin, laquelle était une inflammation de l'intestin grêle. La famille de A______, y compris B______, était au courant des problèmes de sommeil de cette dernière, notamment qu'elle dormait profondément. d.i. Entendu par le Ministère public le 28 février 2024, J______ a déclaré qu'il connaissait A______ depuis 2 ans. Ils avaient été amis avant de se mettre en couple. Ils avaient eu des relations sexuelles avant les faits, mais il ne lui semblait pas en avoir eu la veille des faits. D'après ce qu'il savait des faits, A______ était en France avec sa famille, le mari de sa tante l'avait raccompagnée chez elle puis avait abusé d'elle. C'était A______ qui lui avait relaté les faits lorsqu'il l'avait vue le lendemain matin. Elle tremblait et avait notamment un ongle arraché.
- 30 - P/19342/2023 A______ lui avait dit, tout en tremblant et en pleurant, que le mari de sa tante avait abusé d'elle. Il lui avait recommandé d'aller voir la police sans tarder. J______ et A______ n'avaient jamais pratiqué le sexe anal. Lorsqu'ils avaient commencé à coucher ensemble, bien avant les faits de l'été 2023, J______ avait posé sa main sur les fesses de A______ et son doigt s'était trouvé proche de l'anus de cette dernière. A______ s'était mise à trembler et à pleurer, puis elle lui avait raconté qu'elle avait été abusée quand elle était petite. Elle avait été traumatisée par le fait de sentir le doigt J______ proche de son anus. Elle lui avait raconté qu'elle avait été violée par une personne à la peau noire qui l'avait contraint à un rapport anal. Elle ne supportait depuis lors plus que l'on s'approche de son anus. J______ ne lui avait pas posé de question en lien avec l'identité de la personne qu'il l'avait violée. Il ne pensait pas avoir tenté d'avoir eu une relation anale avec A______ à un autre moment, car il l'avait vue trembler et traumatisée comme un enfant. Il était toujours en couple avec A______, laquelle avait été touchée par l'agression. d.j. Lors de son audition du 17 avril 2024 par le Ministère public, le Dr M______, psychiatre, a dit avoir observé beaucoup d'anxiété chez A______ lors des entretiens. Il avait diagnostiqué, au vu de l'anamnèse et de son vécu, un trouble anxieux, ainsi qu'éventuellement un trouble de la personnalité borderline. A______ avait indiqué au Dr M______ qu'elle dormait très mal, mais n'avait pas évoqué d'éventuels épisodes de somnambulisme. Lors de la consultation du 9 juin 2023, A______ était dans une bonne phase. Elle se sentait mieux, s'alimentait mieux et la qualité de son sommeil ainsi que la gestion de ses documents administratifs s'étaient améliorés. Lorsque le Dr M______ avait revu A______ lors d'une consultation au mois d'octobre 2023, elle lui avait principalement raconté ce qui lui était arrivé au mois d'août 2023. Le Dr M______ avait noté que lors d'une fête de famille, elle avait "pété les plombs" et avait bu, mais pas suffisamment pour engendrer cet effet sur elle. Lors de deux consultations, elle avait insisté sur le fait que sa consommation d'alcool n'avait pas pu entrainer un tel effet chez elle. L'hypothèse de travail du Dr M______ était que la consommation d'alcool de A______ avait été excessive, étant précisé que cette consommation pouvait être supérieure à ce qu'elle indiquait, tout comme il était possible qu'elle ait été droguée à son insu. Elle avait indiqué avoir été violée par son oncle par alliance. Elle avait eu un flashback s'agissant du viol. Elle s'était réveillée avec la gueule de bois et s'était rendue aux toilettes. Elle avait ressenti des douleurs au niveau de l'anus et avait remarqué du sang. A ce moment-là, elle avait eu un flashback sensoriel et non visuel, lors duquel elle s'était entendue dire en espagnol : "J'ai mal". Son oncle lui avait répondu : "Laisse-toi faire".
- 31 - P/19342/2023 Elle avait par la suite indiqué au Dr M______ aller mieux. Il n'avait pas remarqué d'anxiété aigue ou d'envies suicidaires. Depuis cet évènement, elle n'avait plus bu, fumé ou pris de médicaments. Elle avait eu quelques crises nerveuses, mais avait trouvé son réconfort dans la prière. Au jour de son audition, A______ n'allait pas bien. Le Dr M______ la voyait cependant de manière trop ponctuelle pour pouvoir donner une description détaillée de son état. Elle était régulièrement en grande souffrance psychique, alimentée par une précarité sociale, familiale notamment. Il n'y avait pas beaucoup d'éléments de stabilité dans sa vie. Le Dr M______ n'avait pas de raisons de douter de la crédibilité du discours de A______ du fait de l'existence possible d'un trouble de la personnalité borderline. Il n'y avait pas de lien direct entre le trouble de la personnalité borderline et la survenance d'un phénomène de type blackout. Eléments matériels e. Les éléments matériels suivants figurent à la procédure. e.a.a. A teneur du constat de lésions traumatiques du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) du 14 novembre 2023, A______ a été examinée le 27 août 2023 dès 23h15. Parmi les prélèvements effectués au cours de l'examen, le 28 août 2023 dès 01h10, les frottis réalisés au niveau de la cuisse droite, du dos, de l'anus, du canal anal, de la vulve, de l'endocol et du fornix postérieur de A______ ont été transmis à l'Unité de Génétique Forensique du CURML pour analyse, sur mandat de la Police Technique Scientifique (BPTS). Au cours de l'examen clinique effectuée le 28 août 2023 dès 00h55, A______ présentait les lésions suivantes pouvant entrer chronologiquement en lien avec faits : - des ecchymoses au niveau du cuir chevelu, du visage (pommette gauche), du dos et des quatre membres, - des dermabrasions au niveau du visage, du dos et du dos de la main droite. L'examen proctologique (avec examen du canal anal par anuscopie) réalisé le 28 août 2023, a montré la présence de trois fissures anales infra-centimétriques, linéaires et radiaires, sans lésion de la muqueuse du canal anal, ni d'observation de sang au toucher rectal. L'examen gynécologique, également effectué le 28 août 2023, n'a pas révélé de lésion de la sphère génitale.
- 32 - P/19342/2023 Les ecchymoses et les dermabrasions constatées étaient la conséquence de traumatismes contondants avec une composante tangentielle pour les dermabrasions. Elles étaient trop peu spécifiques pour pouvoir se prononcer quant à leur origine précise. Les fissures anales constatées étaient compatibles avec un ou plusieurs traumatismes contondants à ce niveau. Elles pouvaient être compatibles avec une pénétration anale, comme semblait le suggérer l'expertisée, sans qu'il fut possible de se prononcer sur le caractère consenti ou non de cet acte. Le tableau lésionnel était compatible avec les déclarations de l'expertisée. e.a.b. Entendue le 28 février 2024 par le Ministère public, la Dresse R______, médecinlégiste au CURML, a indiqué qu'elle avait procédé à l'examen de A______. Cette dernière avait été collaborante. Elle avait beaucoup parlé et s'était perdue dans les détails. Elle avait paru triste et perturbée. Les fissures anales de A______ étaient fraiches et compatibles avec les faits décrits par A______ et leur chronologie. Il n'y avait eu aucun signe de cicatrisation ou de guérison. Une fissure anale dite "fraiche" s'exprimait sur deux jours maximum. Le temps nécessaire à l'apparition de signes de cicatrisation s'agissant des fissures anales était