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Bundesverwaltungsgericht 18.11.2011 E-6137/2011

18 novembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,404 parole·~12 min·1

Riassunto

Asile et renvoi

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­6137/2011 Arrêt   d u   1 8   n o v emb r e   2011 Composition François Badoud, juge unique,  avec l'approbation de Christa Luterbacher, juge ; Chrystel Tornare Villanueva, greffière. Parties A._______, né le (…), son épouse B._______, née le (…), leurs enfants C._______, né le (…), et D._______, né le (…), Macédoine,    représentés par le Service d'Aide Juridique aux Exilé­e­s  (SAJE), en la personne de (…), recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 11 octobre 2011 /  N (…).

E­6137/2011 Page 2 Faits : A.  Le 15 mars 2011, A._______, son épouse, B._______, et deux de  leurs  enfants, C._______  et D._______,  ont  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre d'enregistrement et de procédure de (…). B.  Entendus sommairement  lors de leurs auditions audit centre,  le 23 mars  2011, et plus particulièrement sur leurs motifs d'asile lors des auditions du  7  juin 2011,  les  intéressés ont déclaré être d'ethnie  rom et avoir vécu à  (...). Ils ont allégué qu'en août 2007, à  l'occasion d'une  fête organisée à  leur  domicile,  des  policiers  étaient  intervenus  et  avaient  demandé  à  A._______  d'éteindre  la  musique.  Celui­ci  aurait  alors  été  emmené  au  poste  de  police,  où  il  aurait  été  maltraité.  L'intéressé,  représenté  par  "(...)", aurait porté plainte contre les quatre policiers qui l'avaient interpellé  et produit à l'appui un rapport médical attestant les maltraitances subies.  Cette  affaire  serait  actuellement  en  suspens  devant  la  justice  macédonienne. Depuis  cet  incident,  un  des  policiers  impliqué,  un  certain  E._______,  aurait  continuellement  provoqué  et  menacé  l'intéressé.  Il  l'aurait  également  puni  d'amendes  pour  avoir  récupéré  des  déchets  sans  autorisation. En  raison d'une altercation  survenue en  juin 2010 avec  ce  policier, l'intéressé et sa famille auraient déposé une demande d'asile en  Allemagne.  Les  intéressés,  après  avoir  reçu  une  réponse  négative  des  autorités  allemandes,  seraient  rentrés  volontairement  en Macédoine,  le  23 novembre 2010. En  décembre  2010,  A._______  aurait  à  nouveau  été  agressé  par  E._______,  alors  qu'il  recherchait  des  matériaux  dans  les  poubelles.  L'intéressé se serait défendu et aurait frappé le policier avec une barre de  bois.  Il  se  serait  ensuite  enfui  laissant  E._______  à  terre  et  se  serait  caché chez sa sœur à  (...). Son épouse  l'aurait  informé que  la police  le  recherchait  et  que  E._______  menaçait  de  le  tuer.  Craignant  pour  sa  sécurité,  il  aurait  décidé  de  quitter  le  pays  avec  sa  famille,  le  14 mars  2011.

E­6137/2011 Page 3 Les intéressés ont déposé leurs passeports macédoniens, ainsi que ceux  de  leurs  enfants,  établis  le  (…),  respectivement  le  (…)  s'agissant  de  B._______ et leurs cartes d'identité établies à (...) le (…) et le (…). Ils  ont  également  produit  divers  documents  attestant  l'ouverture  d'une  enquête  pénale  contre  quatre  policiers  macédoniens,  à  savoir  une  demande d'investigation, non datée, envoyée par  l'intéressé au Tribunal  de première instance de (...), un certificat médical établi  le (…), par (…),  un  acte  d'accusation  contre  les  quatre  policiers,  non  daté,  établi  par  le  Tribunal  de  première  instance  de  (...),  une  lettre  du  Ministère  (…)  de  Macédoine,  datée  du  20  décembre  2007,  adressée  à  (…),  une  convocation datée du 23 septembre 2008 et une lettre du 7 février 2008  de (...) adressée au Ministère public de (...). L'intéressé a encore remis à  l'ODM  une  convocation  non  datée  l'invitant  à  se  présenter  devant  le  Tribunal de première instance de (...), le (…), en qualité d'accusé. Enfin,  le  18  juillet  2011,  A._______  a  transmis  à  l'ODM  un  certificat  médical  faisant  état  de  problèmes  de  dépression  nécessitant  un  traitement médicamenteux. C.  Par décision du 11 octobre 2011, l'ODM a rejeté la demande d'asile des  intéressés,  a  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette mesure. Il a estimé que les motifs invoqués n'étaient pas pertinents  en  matière  d'asile,  notamment  compte  tenu  du  fait  que  les  intéressés  pouvaient bénéficier d'une protection adéquate dans leur pays d'origine. Il  a  également  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était  licite,  raison­ nablement exigible et possible.  D.  Par  recours  interjeté  le  10  novembre  2011,  les  intéressés  ont  conclu  à  l'annulation de la décision entreprise, à la reconnaissance de la qualité de  réfugié et à l'octroi de l'asile, subsidiairement à l'admission provisoire. Ils  ont  requis  le  bénéfice  de  l'assistance  judiciaire  partielle.  Se  référant  au  "Country Report  on Human Rights Practices 2010 of US Department of  State" du 8 avril 2011,  ils ont soutenu qu'ils ne pouvaient pas bénéficier  d'une  protection  adéquate  dans  leur  pays  d'origine.  S'agissant  de  l'exigibilité de leur renvoi, ils ont fait valoir que leurs problèmes de santé,  l'absence d'accès aux soins pour la minorité rom et l'intérêt supérieur de  leurs enfants devaient  l'emporter sur  l'intérêt public militant en faveur de  leur éloignement de Suisse.

E­6137/2011 Page 4 A._______  a  remis  un  certificat  médical  établi  le  27  septembre  2011,  dans  lequel  son  médecin  généraliste  diagnostique  un  état  dépressif  nécessitant un traitement antidépresseur et un contrôle toutes les quatre  semaines.  Avec  le  traitement  l'évolution  est  favorable.  L'intéressé  a  également  présenté  des  problèmes  dentaires  ayant  nécessité  un  traitement  et  des  troubles  visuels  pour  lesquels  un  ophtalmologue  a  préconisé le port de lunettes. Une infection au virus de l'hépatite B a été  mise en évidence. Cette infection est de type chronique et un traitement  antiviral n'est pour le moment pas indiqué. Les  recourants  ont  également  remis  un  certificat  médical  concernant  B._______.  Il  ressort  de  ce  document  que  l'intéressée  s'est  notamment  plainte  d'insomnie,  d'une  baisse  d'humeur  et  d'angoisses. Elle  présente  des maux de  tête, des douleurs abdominales diffuses, une constipation,  des  douleurs musculaires  diffuses  et  une  tendinite  des  ligaments  de  la  coiffe des rotateurs de l'épaule gauche.  E.  Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire,  dans les considérants en droit ci­dessous. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être  contestées,  par  renvoi de  l’art.  105 LAsi,  devant  le Tribunal,  lequel  statue alors définitivement, sauf demande d’extradition déposée par l’Etat  dont le requérant cherche à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17  juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Les  intéressés ont  qualité  pour  recourir. Présenté dans  la  forme et  dans le délai prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA  et 108 al. 1 LAsi).

E­6137/2011 Page 5 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  lieu  de  tenir  compte  des  motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.  3.1. En l’occurrence, les intéressés n'ont pas démontré que les exigences  légales requises pour la reconnaissance de la qualité de réfugié et l'octroi  de  l'asile  étaient  remplies.  Leur  recours  ne  contient  sur  ce  point  ni  arguments  ni  moyens  de  preuve  susceptibles  de  remettre  en  cause  le  bien­fondé de la décision querellée. 3.2.  Les  recourants,  qui  sont  d'origine  rom,  allèguent  avoir  quitté  la  Macédoine  en  raison  du  harcèlement  et  des  menaces  que  A._______  aurait subis de la part d'un policier. A._______ a également fait valoir qu'il  avait  reçu des amendes à  plusieurs  reprises  pour  avoir  fouillé  dans  les  poubelles et qu'il était recherché par les autorités de son pays suite à la  dernière  altercation  avec  E._______  lors  de  laquelle  il  aurait  frappé  ce  policier.  3.3. Force est  tout d'abord de constater que  la seule appartenance à  la  minorité rom ne constitue pas un motif suffisant pour se voir reconnaître  la  qualité  de  réfugié. De  plus,  il  ne  ressort  nullement  du  dossier  ni  des  affirmations des recourants qu'ils auraient connu des problèmes concrets  et déterminants en matière d'asile en raison de leur origine ethnique.

E­6137/2011 Page 6 3.4. Cela dit, les motifs allégués, en relation avec les amendes reçues et  le  fait  d'être  recherché  pour  avoir  frappé  un  policier,  vraisemblables  ou  non,  ne  sont  pas  pertinents  en  matière  d'asile.  En  effet,  la  crainte  de  poursuites, conséquence d'actes pénalement répréhensibles ne constitue  pas en soi une crainte d'être exposé à de sérieux préjudices au sens de  l'art.  3 LAsi,  dès  lors que ces poursuites ne  sont  pas motivées par des  raisons en relation avec la race, la religion, la nationalité,  l'appartenance  à  un  groupe  social  déterminé  ou  les  opinions  politiques.  En  l'espèce,  l'intéressé  fait état de comportements ou d'actes  relevant du droit pénal  commun,  sur  les  circonstances  desquels  les  autorités  macédoniennes  sont  légitimées  à  faire  la  lumière  et,  le  cas  échéant,  à  mener  des  investigations ou à sanctionner. 3.5.  S'agissant  ensuite  des  agressions  et  des  menaces  de  la  part  de  E._______ dont  l'intéressé  aurait  été  victime,  il  y  a  lieu  de  relever  que,  selon la jurisprudence, il convient d'imputer à l'Etat le comportement non  seulement de ses agents, mais également celui de tiers qui infligent des  préjudices déterminants en matière d'asile,  lorsque dit Etat n'entreprend  rien pour  les empêcher ou pour sanctionner  leurs agissements ou, sans  intention délibérée de nuire, parce qu'il n'a pas la capacité de les prévenir  (cf. JICRA 2006 n° 18 consid. 7 à 9 p. 190ss). Autrement dit, les persécutions infligées par des tiers ne sont pertinentes  pour l'octroi de l'asile que si  l'Etat d'origine n'accorde pas une protection  adéquate.  En  effet,  selon  le  principe  de  subsidiarité  de  la  protection  internationale  (in  casu  celle  offerte  par  la  Suisse)  par  rapport  à  la  protection nationale, principe consacré à l'art. 1A ch. 2 de la Convention  relative au statut des réfugiés du 28 juillet 1951 (Conv., RS 0.142.30), on  est  en  droit  d'attendre  d'un  requérant  qu'il  fasse  appel  en  priorité  à  la  protection  du  pays  dont  il  a  la  nationalité  (cf.  à  ce  propos  JICRA  2006  n° 18 consid. 10.1 p. 201 et JICRA 2000 n°15 p. 107ss, spéc. consid. 7). En  l'espèce,  rien  dans  le  dossier  ne  démontre  que  A._______  n'aurait  pas  pu  parer  aux  menaces  et  aux  provocations  de  E._______  en  dénonçant cette personne aux autorités et partant, en obtenant protection  auprès d'elles, sachant que ce type d'agissements ne serait ni soutenu ni  approuvé par l'Etat d'origine. En outre, il est utile de rappeler qu'en cas de  persécutions non étatiques,  la protection nationale est adéquate  lorsque  la  personne  concernée  bénéficie  sur  place  d'un  accès  concret  à  des  structures  efficaces  de  protection  et  qu'il  peut  être  raisonnablement 

E­6137/2011 Page 7 exigée  d'elle  qu'elle  fasse  appel  à  ce  système  de  protection  interne  (JICRA 2006 n° 18 p. 180ss). Par ailleurs,  la notion de protection adéquate ne peut s'entendre comme  la nécessité d'une protection absolue,  aucun Etat  n'étant  en mesure de  garantir une telle protection à chacun de ses citoyens en tout lieu et à tout  moment (JICRA précitée et 1996 n° 28 p. 272). En l'occurrence, le recourant a porté plainte contre les quatre policiers qui  l'avaient  agressé  lors  de  son  arrestation  en  août  2007.  De  plus,  le  Ministère  (…)  a  ouvert  une  enquête  à  ce  sujet.  Certes,  malgré  cette  procédure,  le  policier,  E._______,  aurait  continué  à  harceler  l'intéressé.  Toutefois,  le  recourant  n'a  pas  signalé  aux  autorités  les  problèmes  prétendument  rencontrés  avec  ce  policier ;  il  n'a  pas  non  plus  formellement déposé plainte suite aux agissements du policier. Dans ces  conditions,  on  ne  saurait  considérer  que  l'Etat  est  demeuré  passif  ou  a  refusé  d'accorder  sa  protection  au  recourant,  quand  bien  même  le  Tribunal  en  charge  de  l'affaire  concernant  l'événement  d'août  2007  tarderait à rendre son jugement. A ce sujet, il peut encore être relevé que,  selon  les déclarations de  l'intéressé  (cf. p­v d'audition de A._______ du  7 juin  2011  p.  4  s.),  la  dernière  audience  prévue  dans  cette  affaire  en  novembre  2010  n'a  pas  pu  avoir  lieu  et  a  été  reportée  en  raison  de  l'absence de son avocat. Cela  dit,  si  toutefois  le  recourant,  qui  était  d'ailleurs  défendu  par  un  avocat,  considérait  que  les  autorités  se  désintéressaient  totalement  de  son  cas  et  qu'elles  demeuraient  inactive,  il  lui  appartenait  d'engager  d'autres démarches, à un échelon supérieur, pour  faire valoir ses droits,  obtenir une protection adéquate et mettre un terme aux agissements de  la  personne  qui  le  menaçait.  En  d'autres  termes,  il  lui  incombait  de  s'adresser en premier lieu aux autorités de son pays dans la mesure où,  comme  indiqué plus haut,  la protection  internationale  revêt un caractère  subsidiaire  par  rapport  à  la  protection  nationale,  lorsque  comme  en  l'espèce,  celle­ci  existe,  s'avère  efficace  et  peut  être  requise  sans  restriction.  On  peut  en  effet  attendre  d'un  requérant  d'asile  qu'il  épuise  dans son propre pays les possibilités de trouver une protection adéquate  avant de solliciter celle d'un Etat tiers. Au surplus,  le Tribunal  rappelle que, depuis  le 1er août 2003,  le Conseil  fédéral considère la Macédoine comme un pays sûr (safe country), ce qui  laisse supposer qu'il prête aux autorités de ce pays la volonté de garantir 

E­6137/2011 Page 8 à  tous  ses  habitants,  y  compris  ceux  issus  d'ethnies  minoritaires,  leur  sécurité.  Enfin, le rapport international cité par les intéressés ne saurait se révéler  pertinent, dans  la mesure où ce document est de portée générale et ne  les concerne dès lors pas personnellement. Dans  ces  conditions,  faute  pour  les  intéressés  d'avoir  démontré  qu'ils  s'étaient  réellement employés à chercher une protection dans  leur pays  d'origine et que les autorités de celui­ci ne seraient pas en mesure de la  leur  apporter,  le  Tribunal  constate  que  les motifs  invoqués  ne  sont  pas  pertinents,  indépendamment  de  la  question  touchant  à  leur  vraisemblance. 3.6. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit  être rejeté. 4.  4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure.  5.  5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr,  RS 142.20), entrée en vigueur le 1er janvier 2008.

E­6137/2011 Page 9 5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté  serait menacée  pour  l’un  des motifs mentionnées  à  l’art.  3  al.  1  LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un  tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des  peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention  du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés  fondamentales [CEDH, RS 0.101]). 5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 6.  6.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile  [APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 6.2. En l'espèce,  l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de  non­refoulement de  l'art. 5 LAsi,  les  intéressés n'ayant pas  la qualité de  réfugié. 6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui 

E­6137/2011 Page 10 interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d’espèce. 6.4.  Si  l’interdiction  de  la  torture,  des  peines  et  traitements  inhumains    (ou dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait  visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question (JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s). 6.5.  En  l’occurrence,  rien  n'indique  que  l'exécution  du  renvoi  en  Macédoine  exposerait  les  intéressés  à  un  risque  concret  et  sérieux  de  traitements de cette nature. 6.6.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  des  recourants  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international, de sorte qu’elle s’avère  licite  (art. 44 al. 2 LAsi et 83  al. 3 LEtr).  7.  7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour 

E­6137/2011 Page 11 qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du  renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse  (ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF  2007/10 consid. 5.1). 7.2. S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical  en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  ne  devient  inexigible,  en  cas  de  retour  dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles  pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions minimales d'existence. Par soins essentiels, il faut entendre les  soins  de médecine  générale  et  d'urgence  absolument  nécessaires  à  la  garantie  de  la  dignité  humaine  (GABRIELLE STEFFEN,  Droit  aux  soins  et  rationnement, Berne 2002, p. 81s. et 87). L'art. 83 al. 4 LEtr, disposition  exceptionnelle  tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du  renvoi,  ne  saurait en  revanche être  interprété comme une norme qui comprendrait  un droit de séjour lui­même induit par un droit général d'accès en Suisse  à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou la maintenir, au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical  dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le  standard élevé qu'on trouve en Suisse (JICRA 1993 n° 38 p. 274s.). Ainsi,  il ne suffit pas en soi de constater, pour admettre  l'inexigibilité de  l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement  prescrit  sur  la  base  de  normes  suisses ne pourrait être poursuivi dans le pays de l'étranger. On peut citer  ici  les  cas  de  traitements  visant  à  atténuer  ou  guérir  des  troubles  psychiques ou physiques qui ne peuvent être qualifiés de graves. Si  les  soins  essentiels  nécessaires  peuvent  être  assurés  dans  le  pays  d'origine  ou  de  provenance  de  l'étranger  concerné,  cas  échéant  avec  d'autres  médications  que  celles  prescrites  en  Suisse,  l'exécution  du  renvoi  dans  l'un  ou  l'autre  de  ces  pays  sera  raisonnablement  exigible.  Elle  ne  le  sera  plus,  au  sens  de  l'art.  83  al.  4  LEtr  si,  en  raison  de  l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de  l'intéressé  se  dégraderait  très  rapidement  au  point  de  conduire  d'une  manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte  sérieuse,  durable  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique   (cf. JICRA 2003 n° 24 p. 154 ss).

E­6137/2011 Page 12 7.3. En l'occurrence,  il est notoire que la Macédoine ne connaît pas une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence d’une mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr.  Au demeurant, comme indiqué plus haut, ce pays a été désigné comme  exempt  de  persécutions  par  ordonnance  du Conseil  fédéral  du  1er  août  2003  pris  en  application  de  l'art.  34  aLAsi  (aujourd'hui  art.  6a  LAsi ;  cf. FF 2002 p. 6391s.). L'exécution du renvoi des intéressés est, sous cet  angle, raisonnablement exigible. 7.4. Il reste dès lors à examiner si le retour des recourants dans leur pays  équivaudrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger  en  raison  de  leur  situation personnelle. 7.5.  En  l'espèce,  A._______  et  B._______  font  valoir  des  problèmes  médicaux qui, selon eux, devraient s'opposer à l'exécution de leur renvoi. Il  ressort  du  certificat  établi  le  27  septembre  2011  que  A._______  est  suivi  pour  un  état  dépressif  nécessitant  la  prise  d'antidépresseurs.  Il  a  également  bénéficié  d'un  traitement  dentaire  et  ophtalmologique  et  souffre  d'une  infection  au  virus  de  l'hépatite  B  pour  laquelle  aucun  traitement n'est requis pour le moment. Quant à B._______, elle se plaint  notamment d'insomnie, de baisse d'humeur, de maux de  tête, ainsi que  de douleurs abdominales et musculaires. Son médecin préconise un suivi  et  un  traitement  régulier  tant  pour  les  problèmes  psychiatriques  que  somatiques. Compte  tenu  de  ces  informations,  force  est  de  constater  que  les  affections  diagnostiquées  ne  sont  pas  d'une  gravité  telle  qu'elles  mettraient  la  vie ou  l'intégrité physique ou psychique des  recourants en  danger au point de constituer de ce fait un obstacle à l'exécution de leur  renvoi au sens de  la  jurisprudence citée plus haut. De plus, de manière  générale,  le système de santé publique de  la Macédoine est en mesure  d'offrir  à  ses  affiliés  de  bonnes  prestations  médicales.  Par  ailleurs,  la  Macédoine  dispose  d'un  système  d'assurance  maladie  qui  assure  un  accès  général  aux  soins  standards.  En  principe,  une  participation  aux  frais  médicaux  est  demandée  jusqu'à  un  plafond  de  20%  (ticket  modérateur). Une  limite annuelle à  la participation aux frais est en outre  fixée pour les consultations et soins hospitaliers spécialisés et celle­ci est  plus basse pour les familles à faible revenu.

E­6137/2011 Page 13 Par  ailleurs,  selon  les  informations  à  disposition  du  Tribunal,  les  traitements  psychothérapeutiques  sont  accessibles  en  Macédoine.  En  effet,  le  système  de  santé  de  ce  pays  permet  un  accès  aux  soins  psychiatriques, au travers de plusieurs centres communautaires de santé  mentale,  ainsi  que  dans  les  départements  de  neuropsychiatrie  des  hôpitaux  généraux  du  pays.  De  plus,  plusieurs  organisations  non­ gouvernementales sont également actives dans ce domaine. Quand bien  même le niveau de qualité des soins dans ce domaine ne correspond pas  à celui assuré en Suisse, un effort de développement a été entrepris dans  le sens d'une amélioration et une prise en charge des frais est possible,  selon certaines modalités, par le biais de l'assurance­maladie obligatoire,  à laquelle la quasi­totalité de la population est affiliée (cf. notamment à ce  sujet Republic of Macedonia, Ministry of Health Strategy of  the Republic  of Macedonia, 2020, Safe Efficient and Just Health Care System, Skopje,  février 2007). En outre,  les prestations offertes par cette assurance sont  relativement  généreuses,  celle­ci  prenant  notamment  en  charge  toutes  les prestations médicales de base. Une participation des assurés à leurs  frais  de  santé  est  avant  tout  requise  pour  des  soins  spécialisés,  notamment dans  le domaine psychiatrique.  Il est  toutefois  renoncé à de  tels  versements  des  patients  lors  de  soins  d'urgence  ainsi  que  pour  certaines  catégories  de  personnes  particulièrement  défavorisées  (p. ex. personnes au bénéfice de prestations sociales ou séjournant dans  des  hôpitaux  psychiatriques)  (cf.  notamment  arrêt  du  Tribunal  administratif fédéral E­3378/2006 du 14 septembre 2009). Il peut dès lors  être raisonnablement supposé qu'un encadrement technique suffisant est  disponible  en  Macédoine,  que  le  personnel  médical  dispose  des  connaissances  professionnelles  nécessaires  et  que  les  médicaments  prescrits, ou des substituts, peuvent être obtenus. Au vu de ce qui précède,  le Tribunal  constate qu'en cas de besoin,  les  intéressés pourront bénéficier d'un suivi médical suffisant en Macédoine,  même si les soins donnés et les médicaments prescrits ne correspondent  pas nécessairement aux standards élevés de qualité prévalant en Suisse.  Enfin, l'affirmation selon laquelle les recourants n'auraient pas accès aux  soins  en  Macédoine  en  raison  de  leur  origine  rom  n'est  nullement  démontrée. Cette allégation est d'ailleurs contredite par  la production au  dossier d'un  certificat médical  établi  par  (…) concernant A._______. Au  demeurant,  si  l'accès  aux  soins  devaient  être  refusé  aux  recourants,  il  leur appartiendrait de saisir les autorités judiciaires de leur pays.

E­6137/2011 Page 14 Dans ces conditions,  le Tribunal considère que  les problèmes médicaux  des  recourants  ne  sont  pas  d'une  gravité  telle  qu'il  faille  renoncer  à  l'exécution de leur renvoi, ceux­ci pouvant, au besoin, se faire soigner en  Macédoine de manière satisfaisante. 7.6.  S'agissant  de  l'intérêt  supérieur  des  enfants,  C._______  et  D._______,  le  Tribunal  constate  que  ceux­ci  ne  sont  en  Suisse  que  depuis  quelques  mois.  En  outre,  il  ne  ressort  pas  du  dossier  qu'une  intégration  dans  le  système  scolaire  en  vigueur  en  Macédoine  constituerait  pour eux un effort  insurmontable au vu de  leur âge actuel.  Par ailleurs,  compte  tenu du peu de  temps passé en Suisse,  il  ne peut  être  considéré  qu'ils  auraient  coupé  tout  lien  avec  la  Macédoine  et  le  milieu socioculturel qui est le leur. De plus, en cas de retour, les enfants  ne seront pas exposés à une précarité particulière et pourront s'appuyer  sur le réseau familial de leurs parents. Dans  ce  sens,  le  Tribunal  tient  encore  à  rappeler  que  le  principe  de  l'intérêt  supérieur  de  l'enfant,  tel  que  découlant  de  l'art.  3  al.  1  de  la  Convention  relative  aux  droits  de  l'enfant  du  20  novembre  1989  (Conv.  enfants, RS 0.107),  ne  fonde  pas  en  soi  un  droit  à  une  autorisation  de  séjour déductible en  justice  (cf.  notamment ATF 126  II  377, ATF 124  II  361). L'intérêt supérieur de l'enfant représente un des éléments à prendre  en  compte  dans  la  pesée  des  intérêts  à  effectuer  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_487/2007  du  28  janvier  2008  consid.  4).  Les  difficultés  de  réintégration  dans  le  pays  d'origine  peuvent  constituer  un  facteur  parmi  d'autres  à  prendre  en  considération  dans  le  cadre  de  la  balance  des  intérêts lors de l'examen de l'exigibilité de l'exécution du renvoi (cf. dans  ce sens JICRA 2006 n° 13 consid. 3.5 p. 143, JICRA 1998 n° 31 consid.  8c/ff/bbb p. 259s.). Toutefois, en l'espèce, il ne semble pas que de telles  difficultés existent au vu de ce qui précède. 7.7. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait  inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète des recourants. A cet égard, le Tribunal relève que ceux­ci sont  jeunes  et  n'ont  quitté  la  Macédoine  que  depuis  quelques  mois.  Au  demeurant,  ils  disposent  d’un  réseau  familial  et  social  dans  leur  pays,  notamment  leurs  quatre  enfants  majeurs  et  leurs  frères  et  sœurs  respectifs,  sur  lequel  ils  pourront  compter  à  leur  retour.  Dans  ces  conditions,  il y a tout  lieu de penser qu'ils pourront mener une existence  conforme  à  la  dignité  humaine  en  cas  de  réinstallation,  malgré  les  difficultés qu'ils pourront rencontrer dans un premier temps.

E­6137/2011 Page 15 7.8.  Enfin,  le  Tribunal  rappelle  que  les  motifs  résultant  de  difficultés  consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions  d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la  désorganisation,  la  destruction  des  infrastructures  ou  des  problèmes  analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté,  ne  sont  pas  en  tant  que  tels  déterminants  en  la  matière  (cf.  ATAF  2009/52  consid.  10.1  p. 757 ;  cf.  également  arrêt  du  Tribunal  D­ 7561/2008 précité consid. 8.3.6 ;  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 p. 215,  JICRA 2003 n° 24 consid. 5e p. 159). Au  besoin,  les  recourants  ont  la  possibilité  de  présenter  à  l'ODM  une  demande  d'aide  au  retour  au  sens  des  art.  93  LAsi  et  73ss  de  l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (AO 2,  RS 142.312), en vue notamment de faciliter leur réinstallation.   7.9.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  l'exécution  du  renvoi  s'avère  raisonnablement exigible. 8.  Enfin,  l'exécution du  renvoi est possible  (cf. art. 83 al. 2 LEtr ; cf. ATAF  2008/34  consid.  12  p.  513­515),  les  recourants  étant  en  possession  de  documents  de  voyage  leur  permettant  de  retourner  dans  leur  pays  d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi).  9.  9.1.  Cela  étant,  l'exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions légales. 9.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi  et son exécution, doit être également rejeté. 10.  Le  recours  s’avérant  manifestement  infondé,  il  est  rejeté  dans  une  procédure  à  juge unique,  avec  l’approbation  d’un  second  juge  (art.  111  let. e LAsi). Il est dès lors renoncé à un échange d’écritures (cf. art. 111a  al. 1 LAsi).

E­6137/2011 Page 16 11.  Dans la mesure où les conclusions du recours étaient d’emblée vouées à  l’échec,  la  demande  d’assistance  judiciaire  partielle  doit  être  rejetée  (art. 65 al. 1 PA). 12.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2). (dispositif : page suivante)  

E­6137/2011 Page 17 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d’assistance judiciaire partielle est rejetée. 3.  Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­, sont mis à  la charge  des  recourants.  Ce  montant  doit  être  versé  sur  le  compte  du  Tribunal  dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 4.  Le présent arrêt est adressé au mandataire des recourants, à l’ODM et à  l’autorité cantonale compétente. Le juge unique : La greffière : François Badoud Chrystel Tornare Villanueva Expédition :

E-6137/2011 — Bundesverwaltungsgericht 18.11.2011 E-6137/2011 — Swissrulings