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Bundesverwaltungsgericht 28.09.2011 E-6000/2009

28 settembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,098 parole·~10 min·2

Riassunto

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 20 août 2009

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­6000/2009 Arrêt   d u   2 8   sept emb r e   2011 Composition Jean­Pierre Monnet (président du collège),  Jenny de Coulon Scuntaro, Bruno Huber, juges, Isabelle Fournier, greffière. Parties A._______, né le (…), son épouse B._______, née le (…), leurs enfants C._______, née le (…), et  D._______, née le (…),  Serbie, (…), recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 20 août 2009 / N (…).

E­6000/2009 Page 2 Faits : A.  Les  recourants ont  déposé,  le 19  février  2008,  une demande d'asile en  Suisse. Ils ont été sommairement entendus par l'ODM, le 27 février 2008,  au  Centre  d'enregistrement  et  de  procédure  (CEP)  de  Vallorbe.  Selon  leurs  déclarations,  ils  sont  d'ethnie  gorani,  de  langue  serbe,  de  confession musulmane,  et  originaires  de  E._______,  dans  la  commune  de F._______, au Kosovo, où ils ont vécu jusqu'en juin 1999, avant d'être  contraints  de  s'installer  comme personnes déplacées à Belgrade,  où  ils  sont demeurés jusqu'au début février 2008. B.   A._______ (ci­après : le recourant), son épouse et leur fille aînée ont été  entendus  directement  par  l'ODM,  sur  leurs  motifs  d'asile,  en  date  du  13 mars 2008.  B.a.  Selon  ses  déclarations,  le  recourant  aurait  travaillé  au  Kosovo  depuis  1990 en tant que policier. Il aurait vécu au village de E._______ jusqu'au  12 ou 13 juin 1999, date à laquelle il serait parti pour Belgrade avec son  fils,  ayant  obtenu,  peu  de  temps  auparavant,  une  autorisation  pour  se  rendre  dans  cette  ville  où  son  père,  gravement  malade,  avait  dû  être  emmené au mois de mai 1999 pour y être hospitalisé. Normalement,  le  recourant  aurait  dû  rentrer  au  plus  tard  le  14  juin  1999  au  Kosovo.  Cependant, l'ONU ayant constaté dans sa résolution 1244 que la sécurité  des  anciens  soldats  et  policiers  ayant œuvré  pour  les  autorités  serbes  n'était plus assurée dans  la province,  il se serait  résigné à demeurer en  Serbie.  Son  épouse  et  ses  filles  seraient  venues  le  rejoindre  quelques  semaines plus tard.  Quelques  mois  après  son  arrivée  en  Serbie,  le  recourant  aurait  été  engagé  dans  un  poste  de  police  de  Belgrade.  Ultérieurement,  il  aurait  reçu  l'ordre  de  se  rendre  à Bujanovac.  Il  aurait  refusé  cette  affectation,  parce qu'il redoutait que sa présence à cet endroit (en pleine période de  lutte contre les soulèvements dans la vallée de Presevo) n'entraînât des  conséquences  fâcheuses pour  les membres de sa  famille demeurés au  Kosovo  et  parce  qu'il  était  psychiquement  affecté  par  cette  situation  de  guerre civile. Son commandant (…) l'aurait traité d'espion à la solde des 

E­6000/2009 Page 3 Albanais. Un autre supérieur hiérarchique l'aurait menacé et aurait exigé  qu'il  signe  une  déclaration  concernant  son  refus  de  se  rendre  à  Bujanovac,  déclaration  dont  il  aurait  rédigé  le  texte  d'une  manière  défavorable  au  recourant.  Finalement,  ce  dernier  n'aurait  plus  reçu  son  salaire  et  aurait  été  licencié,  le  (...)  2000.  A  partir  de  cette  période,  le  recourant n'aurait plus réussi à trouver un emploi dans la police ou dans  d'autres  services  de  l'Etat  où  il  aurait  eu  besoin  de  références  de  son  ancien supérieur. Il aurait assuré la subsistance de sa famille en oeuvrant  occasionnellement comme maçon et carreleur, son premier métier. A Belgrade,  lui et  les siens se seraient heurtés à  l'animosité des Serbes  dans  tous  les domaines, que ce soit  pour  la  recherche de  travail  ou de  logement  ou  encore  sur  le  plan  de  l'accès  aux  soins.  Il  aurait  eu  le  sentiment  d'être  traité  comme  un  "citoyen  de  troisième  catégorie".  Ses  enfants  auraient  également  été  victimes  de  comportements  hostiles  à  l'école en raison de la consonance albanaise de leurs prénoms. La  situation  serait  devenue  encore  plus  tendue  à  l'époque  des  discussions ayant précédé la déclaration d'indépendance du Kosovo. Un  de  ses  voisins  (...)  aurait  implicitement  proféré  des menaces  de mort  à  son encontre pour le cas où le Kosovo devenait indépendant. Se sentant  pris entre deux  feux,  considéré  comme un collaborateur des Serbes au  Kosovo  et  comme  un  espion  des  Albanais  en  Serbie,  redoutant  une  péjoration de sa situation en cas de proclamation de  l'indépendance du  Kosovo, le recourant se serait résolu à quitter le pays avec sa famille.  Avec son épouse et leurs trois enfants, il aurait quitté Belgrade le 8 février  2008, dans un bus à destination de Sarajevo. Là, ils auraient trouvé des  passeurs pour se rendre en  Italie, puis en Suisse, où  ils seraient entrés  clandestinement  le  13  février  2008.  Faute  de  moyens  financiers  suffisants,  leur  fils  aîné  n'a  pas  pu  continuer  tout  de  suite  le  voyage  depuis la Bosnie et Herzégovine. Il est arrivé le 23 juillet 2008 en Suisse,  où il a déposé une demande d'asile (cf. arrêt E­5938/2009 de ce jour).  Le  recourant a déposé, à  l'appui de ses dires,  l'autorisation de sortir du  Kosovo  reçue  en  juin  1999,  une  lettre  de  licenciement,  ainsi  que  deux  documents  intitulés, selon  l'index du dossier ODM,  "convocations"  (pour  le  […] octobre 2001 et  le  […] mai 2002). Selon ses explications,  il s'agit  de  convocations  au  tribunal  reçues  suite  à  son  refus  de  l'ordre  d'affectation  à  Bujanovac  et  à  la  déclaration  qu'il  avait  signée.  Les 

E­6000/2009 Page 4 charges  à  son  encontre  auraient  finalement  été  abandonnées  dans  le  cadre de l'amnistie (cf. pv de l'audition sur les motifs p. 4).  B.b.  L'épouse  du  recourant,  B._______,  a  déclaré  n'avoir  pas  rencontré  personnellement de problèmes avec les autorités au Kosovo, mais avoir  été terrorisée à l'époque où des Albanais seraient venus rechercher son  mari à  leur ancien domicile, alors qu'elle se trouvait  toujours au Kosovo.  Elle souffrirait, depuis lors, de troubles psychiques et d'hypertension. Elle a déposé un rapport médical daté du 13 octobre 2008. B.c.   La fille aînée des recourants, C._______, a également été entendue par  l'ODM. Selon ses déclarations, des Albanais seraient venus chercher son  père à leur domicile, alors qu'elle se trouvait encore au Kosovo. Sa mère  et sa grand­mère, présentes sur les lieux, auraient été très effrayées par  cet  incident.  Elle  a  dit  n'avoir  jamais  rencontré  de  problème  avec  les  autorités,  mais  avoir  souffert,  en  Serbie,  du  comportement  hostile  des  gens qui  les prenaient pour des Albanais, à  l'école ou encore  lorsqu'elle  accompagnait sa mère chez le médecin. C.  Par  décision  du  20  août  2009,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  des  recourants. Par la même décision, il a prononcé leur renvoi de Suisse et  ordonné l'exécution de cette mesure.    D.  Les  recourants  ont  contesté  cette  décision  par  acte  du  21  septembre  2009,  en  concluant  à  l'octroi  de  l'asile  et,  subsidiairement,  d'une  admission provisoire.  E.  Par  décision  incidente  du  28  septembre  2009,  le  juge  chargé  de  l'instruction  a  rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  des  recourants.  Ceux­ci  se  sont  acquittés,  dans  le  délai  imparti,  de  l'avance  requise  en  garantie des frais présumés de procédure. F.  Par ordonnance du 19 juillet 2011, l'ODM a été invité à se déterminer sur  le recours. Il en a proposé le rejet, dans sa réponse du 30 juin 2011.

E­6000/2009 Page 5 G.   Les  recourants ont  répliqué par courrier du 3 août 2011.  Ils ont déclaré  maintenir  intégralement  leurs  conclusions  et  ont  versé  un  rapport  médical, daté du 29 juillet 2011, relatif à l'état de santé de B._______. H.  Les autres faits ressortant du dossier seront évoqués si nécessaire dans  les considérants en droit qui suivent. Droit : 1.  1.1.  En  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), applicable par renvoi de l’art. 105  de  la  loi  du  26  juin  1998  sur  l’asile  (LAsi,  RS  142.31),  le  Tribunal  administratif fédéral (ci­après, le Tribunal) connaît des recours contre les  décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées à l’art. 33 LTAF.  En  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  en  matière  d’asile  peuvent  être  contestées  devant  le  Tribunal,  lequel  statue  alors  définitivement,  sauf  demande  d’extradition  déposé  par  l’Etat  dont  le  requérant cherche à se protéger  (art. 83  let. d ch. 1 de  la  loi du 17  juin  2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). En  l'occurrence,  le  Tribunal  est  compétent  pour  statuer  sur  la  présente  cause.  1.2. La procédure devant le Tribunal est régie par la PA, pour autant que  ni la LTAF (cf. art. 37 LTAF), ni la LAsi (cf. art. 6 LAsi), n'en disposent  autrement.  Les recourants ont qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans  les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et  108 al. 1 LAsi).  2. 

E­6000/2009 Page 6 2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.  3.1.  En  l’occurrence,  les  recourants  ont  allégué  qu'ils  avaient  été  contraints  de  quitter  le  Kosovo  parce  que  leur  sécurité  n'y  était  plus  assurée et ont fait valoir les préjudices auxquels ils seraient exposés, au  Kosovo, en raison de l'ancienne fonction de A._______. 3.1.1. Sur ce point, l'ODM a retenu dans sa décision du 20 août 2009 que  les  motifs  allégués  remontaient  à  une  dizaine  d'années  et  que,  depuis  lors, les recourants n'avaient pas rencontré de difficultés particulières "en  relation avec [leur] situation au Kosovo". Il en a conclu qu'il n'y avait pas  de "lien de causalité direct" entre les motifs d'asile des intéressés et leur  fuite.  3.1.2.  Dans  leur  recours,  les  recourants  soulignent  qu'ils  sont  ressortissants du Kosovo et que le ressentiment des Albanais envers les  anciens collaborateurs des Serbes est toujours aussi important. 3.1.3.  Force  est  de  constater  que  la  décision  entreprise  ne  tient  aucunement compte du  fait que  les  recourants, qui ont quitté  le Kosovo  en juin 1999, n'y sont, selon leurs déclarations, pas retournés, sinon pour  de  très courts  séjours. Aussi,  on ne saurait nier  l'existence d'un  rapport  de connexité entre  les motifs  invoqués et  leur départ du Kosovo, même 

E­6000/2009 Page 7 s'ils sont demeurés plus de huit ans dans une autre partie de  la Serbie  avant  de  quitter  ce  pays.  C'est  donc  à  bon  droit  que  les  recourants  contestent le raisonnement de l'ODM sur ce point. Cela  dit,  le  Tribunal  peut  laisser  indécise  la  question  de  savoir  si  les  recourants ont également  la nationalité du Kosovo et, dans  l'affirmative,  s'ils peuvent se prévaloir d'une crainte objectivement fondée de subir des  préjudices  en  cas  de  retour  dans  ce  pays. En  effet,  l'ODM a  considéré – cela  ressort notamment de  la première page de sa décision – que  les  intéressés pouvaient se prévaloir de la nationalité serbe, la Serbie n'ayant  pas  reconnu  l'indépendance du Kosovo  (sur ce point,  cf. ATAF 2010/41  p. 571ss). Au demeurant, les recourants ne contestent pas véritablement  posséder  la  nationalité  serbe,  même  s'ils  font  valoir  que  leur  pays  d'origine est le Kosovo. L'ODM ne s'étant pas prononcé en fonction d'un  éventuel  retour  au  Kosovo,  le  Tribunal  examinera  dans  la  suite  des  considérants la situation des recourants en tant que citoyens serbes. 3.2.   Les recourants ont vécu durant plus de huit ans à Belgrade, avant  de quitter la Serbie. Selon leurs déclarations, ils y auraient été en butte à  l'animosité  des  Serbes  –  qui  les  auraient  assimilés  aux  Albanais  du  Kosovo  –  et  auraient  fait  face  à  nombre  de  brimades.  En  outre,  ils  se  seraient sentis réellement menacés par un de leurs voisins.  3.2.1.  S'agissant des difficultés rencontrées par les recourants en Serbie,  l'ODM a retenu qu'il s'agissait de" tracasseries" ou de "peccadilles" et non  de  sérieux  préjudices,  d'une  intensité  suffisante  pour  conduire  à  la  reconnaissance de leur qualité de réfugiés. Dans sa réponse au recours,  il  a en outre  soutenu que  la  situation des minorités avait  évolué depuis  l'indépendance  du  Kosovo,  que  la  Serbie  –  désignée  par  le  Conseil  fédéral  comme un  pays  exempt  de  persécutions  [safe  country]  –  s'était  dotée d'instruments visant à garantir  les droits des minorités, et que  les  autorités  ne  toléraient  ni  ne  soutenaient  les  actes  d'agression  isolés  contre des personnes appartenant à des minorités. 3.2.2. Les recourants contestent cette appréciation. Ils font grief à l'ODM  d'ignorer les nombreuses difficultés et souffrances qu'ils ont endurées en  Serbie, ainsi que  les menaces de mort dont  ils ont  fait  l'objet. Dans  leur  réplique du 3 août 2011, ils font valoir que plusieurs rapports relatifs à la  situation  des minorités  en  Serbie  démontrent  que  la  réalité  quotidienne  est  bien éloignée des programmes  législatifs  visant  à garantir  les droits  des minorités.

E­6000/2009 Page 8 3.2.3.    Le  Tribunal  n'entend  pas  contester  la  véracité  des  problèmes  allégués  les  recourants, ni  le  fait que ceux­ci ont pu,  réellement, souffrir  de  la permanence et de  la multiplicité de comportements hostiles, sinon  discriminatoires, à leur égard. Même si les incidents isolés décrits lors de  leurs auditions – méchanceté des camarades de classe, malveillance des  voisins,  hostilité  du  personnel  soignant  –  paraissent  a  priori  de  faible  importance, la répétition de pareilles attitudes a pu provoquer chez eux le  sentiment, décrit par le recourant, d'être traités en citoyens de "troisième  classe" (cf. pv de  l'audition sur  les motifs p. 5). Cependant,  force est de  constater  avec  l'ODM  que  les  difficultés  alléguées  ne  revêtent  pas  l'intensité  nécessaire  pour  être  assimilées  à  de  sérieux  préjudices,  au  sens  de  l'art.  3  LAsi.  Les  recourants  ont  été  enregistrés  comme  personnes  déplacées.  Même  s'ils  n'obtenaient  pas  les  meilleurs  logements  et  ont  dû  souvent  déménager,  ils  ont  trouvé  à  se  loger  et  à  subvenir à leurs besoins. Leurs enfants ont été scolarisés et la recourante  n'a pas été privée de soins essentiels. Ils ont tout de même vécu durant  huit ans en Serbie sans que leur survie n'ait été mise en péril. Il ressort de manière claire de l'audition du recourant que le facteur qui a  déclenché sa décision de partir, avec sa famille, réside dans le regain de  tension ressenti à l'annonce d'une prochaine déclaration d'indépendance  du  Kosovo.  Le  recourant  dit  avoir  reçu  de  sérieuses  menaces  de  son  voisin,  (...).  En  outre,  il  explique  que,  s'étant  déjà  trouvé  dans  une  situation  comparable  au moment  de  la  fin  de  la  guerre  du Kosovo,  il  a  nourri  une  crainte  particulièrement  forte  à  l'idée  que  l'indépendance  du  Kosovo  allait  exacerber  l'animosité  des  Serbes  contre  les  personnes  venant de cette province (cf. pv de l'audition sur les motifs p. 32). On peut  laisser  indécise  la question de  savoir  si  ces éléments,  qui  expliquent  la  peur  subjective  du  recourant  d'une  aggravation  de  la  situation,  constituaient  également,  au  moment  de  son  départ,  des  indices  d'une  crainte objectivement fondée de subir des préjudices. Cependant, il n'est  pas  contestable  que  les  actes  hostiles  visaient  essentiellement  les  Albanais, en particulier en Serbie du Sud, proche de  la  frontière avec  le  Kosovo  (MOHAMET  ILAZI ;  Serbie :  situation  de  la  population  albanaise  dans  la  vallée  de  Preshevo ;  rapport  OSAR,  Berne,  21  juillet  2009),  et  que cette situation, particulièrement  tendue au moment de  la discussion  sur le statut du Kosovo, a assez rapidement perdu en intensité. En outre  et  surtout,  comme  l'a  relevé  l'ODM,  la  situation  a  évolué  de  manière  favorable  durant  ces  dernières  années  sur  le  plan  de  la  protection  des  minorités  (cf.  EUROPEAN COMMISSION :  Serbia  2010,  Progress  Report,  9  novembre 2010, p. 16ss). Même si, comme le soulignent les recourants, 

E­6000/2009 Page 9 les progrès sur le plan législatif ne sont pas à eux seuls suffisants, même  si  on  déplore  encore  des  comportements  discriminatoires,  voire  des  incidents  violents  (en  particulier  envers  les  Roms)  qui  ne  sont  pas  toujours  poursuivis  avec  la  rigueur  nécessaire,  les  recourants  n'ont  actuellement pas de motif concret de redouter de subir, en cas de retour  en Serbie, en raison de leur origine, des préjudices déterminants pour la  reconnaissance de leur qualité de réfugiés.   4.  4.1. Au  vu  de  ce  qui  précède,  c'est  à  bon  droit  que  l'ODM a  refusé  de  reconnaître la qualité de réfugiés des recourants et a rejeté leur demande  d'asile.  4.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit  être rejeté.  5.  5.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence  réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette mesure. 6.  6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 84 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr,  RS  142.20),  entrée  en  vigueur  le  1er  janvier  2008.  Cette  disposition  a  remplacé  l’art.  14a  de  l’ancienne  loi  fédérale  du  26  mars  1931  sur  le  séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

E­6000/2009 Page 10 6.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1  LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un  tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des  peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention  du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés  fondamentales [CEDH, RS 0.101]). 6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.  7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile  [APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 7.2. En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe  de  non­refoulement  de  l’art.  5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  les  recourants n'ont pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour en Serbie,  dont  ils peuvent se prévaloir de  la nationalité,  ils seraient exposés à de  sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi.

E­6000/2009 Page 11 7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d’espèce. 7.4. Si l'interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou  dégradants)  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l'art. 3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu'il  existe  pour  elle  un  risque  réel,  fondé  sur  des  motifs  sérieux  et  avérés,  d'être  victime  de  tortures  ou  encore  de  traitements  inhumains ou dégradants en cas de  renvoi dans son pays.  Il en  ressort  qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs graves  ou de tension grave accompagnée de violations des droits de l'homme ne  suffit  en  principe  pas  (hormis  des  cas  exceptionnels  de  violence  d'une  extrême  intensité) à  justifier  la mise en oeuvre de  la protection  issue de  l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre hautement  probable qu'elle serait visée personnellement ­ et non pas simplement du  fait  d'un  hasard  malheureux  ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf.  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA]  1996  n°  18  consid. 14b  let. ee p. 186s;  cf.  également arrêts de  la Cour européenne  des  Droits  de  l'Homme  en  l'affaire  F.H.  c/Suède  du  20 janvier  2009,  requête  n°  32621/06  et  en  l'affaire  Saadi  c/Italie  du  28 février  2008,  requête n° 37201/06). 7.5.  En l’occurrence, et pour les mêmes raisons que celles exposées au  consid.  3  ci­dessus,  les  recourants  n'ont  pas  établi  à  satisfaction  l'existence  d'un  risque  réel  concret  et  sérieux  de  subir  personnellement  des traitements prohibés en cas de retour en Serbie. 7.6.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  des  recourants  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit international, de sorte qu’elle s’avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al.  3 LEtr).  8. 

E­6000/2009 Page 12 8.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux  « réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du  renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse  (ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF  2007/10 consid. 5.1). 8.2.  Il est notoire que  la Serbie ne connaît pas aujourd'hui une situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d’emblée – et indépendamment des circonstances du cas d’espèce – de  présumer, à propos de tous les ressortissants du pays, l’existence d’une  mise en danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 8.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait  inférer que l’exécution de leur renvoi en Serbie impliquerait une mise en  danger  concrète  des  recourants.  A._______  n'a  pas  allégué  souffrir  de  problèmes de santé entravant sa capacité de  travail. Dès  lors,  il devrait  être  capable,  comme  par  le  passé,  compte  tenu  de  ses  diverses  expériences  professionnelles  et  des  réseaux  sociaux  qu'il  a  pu  développer,  de  subvenir  aux  besoins  de  sa  famille.  Les  problèmes  auxquels  il pourrait être confronté, que ce soit sur  le plan du marché du  travail  ou  de  la  recherche  d'un  logement,  compte  tenu  de  la  situation  économique et sociale du pays, ne sont pas de nature à faire obstacle à  l'exécution  du  renvoi  des  intéressés.  En  effet,  en  tant  que  citoyens  serbes, ils jouissent fondamentalement des mêmes droits que les autres  ressortissants  de  ce  pays  (cf. ATAF2010/41  précité).  Ils  ont  déjà  été  enregistrés comme personnes déplacées. Il n'y a pas de motif de penser  qu'ils  ne  pourraient  pas,  cas  échéant,  redemander  à  être  enregistrés  si  leur départ devait avoir mis fin à ce statut. Aussi, ils devraient pouvoir, si  nécessaire, accéder au système social.  

E­6000/2009 Page 13 8.4. S'agissant plus spécifiquement des personnes en traitement médical  en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  ne  devient  inexigible,  en  cas  de  retour  dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où elles  pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions minimales  d'existence ;  par  soins  essentiels,  il  faut  entendre  les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à  la garantie de la dignité humaine (cf. GABRIELLE STEFFEN, Droit aux soins  et  rationnement, Berne 2002,  p.  81s et  87).  L'art.  83  al.  4  LEtr  est  une  disposition  exceptionnelle  tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du  renvoi, et ne saurait être  interprété comme une norme qui comprendrait  un droit de séjour lui­même induit par un droit général d'accès en Suisse  à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à la maintenir, au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical  dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le  standard élevé qu'on trouve en Suisse (JICRA 1993 n° 38 p. 274s.). Ce  qui  compte  ce  sont,  d'une  part,  la  gravité  de  l'état  de  santé  et,  d'autre  part,  l'accès à des soins essentiels. Ainsi,  l'exécution du renvoi demeure  raisonnablement exigible si les troubles physiologiques ou psychiques ne  peuvent être qualifiés de graves, à  savoir  s'ils ne sont pas  tels que, en  l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de  l'intéressé  se  dégraderait  très  rapidement  au  point  de  conduire  d'une  manière certaine à la mise en danger concrète de sa vie ou à une atteinte  sérieuse, durable, et notablement plus grave de son intégrité physique.  En  l'occurrence,  les  recourants  ont  fourni,  avec  leur  réplique  du  3  août  2011,  un  rapport  concernant  l'état  de  santé  de  B._______.  Celle­ci  souffre de troubles de santé psychique et physique (état anxio­dépressif /  gonalgie  sur  gonarthrose  sévère  /  obésité  morbide  /  hypertension).  Concernant  les  douleurs  aux  genoux,  un  traitement  par  antalgique  et  physiothérapie est indispensable. Pour son état psychique, elle bénéficie  "depuis peu" d'un suivi en psychiatrie, de manière à évaluer la nécessité  d'un  traitement  médicamenteux  ou  d'un  rythme  plus  intensif  des  consultations. Un suivi par un spécialiste de l'obésité est jugé nécessaire  afin  de  surveiller  le  risque  de  développement  d'un  diabète  et  le  risque  cardio­vasculaire, ainsi qu'une péjoration plus rapide des troubles ostéo­ articulaires. Au vu de ce qui précède, il n'apparaît pas que la recourante a, à l'heure  actuelle,  besoin  de  soins  essentiels,  au  sens  précité.  Le  fait  qu'elle  ait,  selon  le  rapport  médical  produit,  "un  meilleur  pronostic"  sous  le  suivi  actuel et que les possibilités de prise en charge dans le pays d'origine ne 

E­6000/2009 Page 14 garantissent  pas  un  traitement  identique,  ne  saurait  être  pris  en  considération,  tant  que  cela  ne  met  pas  en  danger  concrètement  l'intéressée. Au demeurant, les recourants, enregistrés comme personnes  déplacées  en  Serbie,  y  bénéficiaient  d'une  assurance­maladie.  Comme  relevé plus haut, il n'y a pas de motif de penser qu'ils ne pourraient pas,  cas  échéant,  redemander  à  être  enregistrés  à  nouveau  si  leur  départ  devait  avoir  mis  fin  à  leur  statut  de  personnes  déplacées.  Dans  ces  conditions, il n'y a pas lieu de penser que la recourante pourrait, pour des  raisons  financières,  ne  pas  avoir  accès,  cas  échéant,  à  des  soins  indispensables,  ni  que  son  état  de  santé  pourrait  se  dégrader  très  rapidement au point de conduire d'une manière certaine à une mise en  danger concrète, au sens de la jurisprudence précitée.  8.5.  En  conclusion,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible, au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr.    9.  Enfin,  les  recourants  sont  en  possession  de  documents  suffisants  pour  rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d’entreprendre  toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  leur  pays  d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  leur permettant  de quitter  la Suisse. L’exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des  obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également  possible,  au  sens  de  l'art.  83  al.  2  LEtr  (cf.  ATAF  2008/34  consid.  12  p. 513­515).   10.  10.1. Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions légales. 10.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi  et son exécution, doit être également rejeté. 11.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la  charge  des  recourants,  conformément  aux  art.  63  al.  1 PA  et  2  et  3 let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2).

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E­6000/2009 Page 16 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les  frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­,  sont mis à  la charge  des recourants. Ce montant doit être compensé avec l’avance de frais de  Fr. 600.­ versée le 17 octobre 2009.   3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : La greffière : Jean­Pierre Monnet Isabelle Fournier Expédition :

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