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Bundesverwaltungsgericht 07.11.2011 E-3512/2011

7 novembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,191 parole·~6 min·2

Riassunto

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 24 mai 2011

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­3512/2011 Arrêt   d u   7   n o v emb r e   2011 Composition François Badoud (président du collège),  Gérard Scherrer, Bruno Huber, juges, Antoine Willa, greffier. Parties A._______, né le (…), Sénégal,   représenté par (…),  Service d'Aide Juridique aux Exilé­e­s (SAJE),  (…), recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure. Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 24 mai 2011 / N (…).

E­3512/2011 Page 2 Faits : A.  Le 14 octobre 2010, A._______ a déposé une demande d'asile auprès du  centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe. B.  Entendu audit centre, puis directement par l'ODM, le requérant a déclaré  avoir été élu, en 2009, conseiller municipal de (...) [ville de Dakar] pour le  parti  Benno  Siggil  Senegal  ;  il  aurait  assuré  la  vice­présidence  de  la  section jeunesse du mouvement. Depuis un ou deux ans, l'intéressé aurait reçu des appels menaçants sur  son  téléphone  portable,  environ  deux  fois  par  mois  ;  soupçonnant  que  ces appels provenaient de personnes liées à la présidence, il aurait jugé  inutile  de  sa  plaindre  à  la  police,  notoirement  corrompue.  Le  24  juillet  2010, alors qu'il procédait avec deux camarades à une tournée électorale  non loin du village de (...), la voiture où ils se trouvaient aurait été la cible  de coups de feu tirés d'un autre véhicule ; l'intéressé aurait sauté dehors,  se  blessant  à  un  pied,  et  aurait  fui  au  hasard.  Il  n'aurait  jamais  su  ce  qu'étaient devenus ses collègues. Le requérant aurait alors été recueilli par un passant et amené au village  de (...) ;  il y serait  resté deux mois, soigné par un guérisseur. Son père,  atteint par téléphone, lui aurait fait parvenir son passeport et de l'argent ;  il serait ultérieurement décédé d'une attaque cardiaque. Selon l'intéressé,  son passeport comportait un visa suédois délivré un mois avant que ses  ennuis ne surviennent ; en effet, il devait se rendre en Suède en visite, à  la suite du jumelage de sa ville avec celle de Stockholm. Le  10  octobre  2010,  le  requérant  aurait  gagné  la  Gambie,  puis  aurait  rejoint  Milan  par  avion  ;  son  passeport  lui  aurait  été  volé  après  son  arrivée en Suisse. C.  Le 22 décembre 2010, l'ODM a requis des autorités suédoises la prise en  charge de  l'intéressé, en application du  règlement  (CE) n° 343/2003 du  Conseil  du  18  février  2003  établissant  les  critères  et  mécanismes  de  détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande  d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un 

E­3512/2011 Page 3 pays tiers (règlement Dublin II). Le 28 décembre suivant, cette requête a  été rejetée,  le visa suédois de six mois délivré au requérant,  le 23 mars  2009, étant venu à échéance. D.  Par décision du 24 mai 2011, l'ODM a rejeté la demande d'asile déposée  par  l'intéressé  et  a  prononcé  son  renvoi  de  Suisse,  tant  en  raison  de  l'invraisemblance que du manque de pertinence de ses motifs. E.  Interjetant  recours  contre  cette  décision,  le  20  juin  2011,  A._______,  relativisant les imprécisions de son récit, telles que relevées par l'ODM, a  fait valoir qu'il avait réellement été menacé, en tant qu'opposant actif, par  des organes officiels ou des partisans du pouvoir en place, si bien qu'il ne  pouvait  obtenir  la  protection  de  la  police.  Dès  lors,  vu  les  tensions  politiques  apparues  au  Sénégal,  il  pouvait  à  juste  titre  faire  valoir  une  crainte  fondée de persécution.  Il  a conclu à  l'octroi de  l'asile et au non­ renvoi de Suisse, et a requis l'assistance judiciaire partielle. F.  Par  ordonnance  du  24  juin  2001,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal)  a  dispensé  l'intéressé  du  versement  d'une  avance  de  frais,  renvoyant la décision sur l'assistance judiciaire partielle à l'arrêt de fond. G.  Invité à se prononcer sur  le recours,  l'ODM en a préconisé  le rejet dans  sa réponse du 6 septembre 2011 ; copie en a été transmise au recourant  pour information. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF.

E­3512/2011 Page 4 En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Le recourant a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans  les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et  108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.  3.1.  En  l’occurrence,  le  recourant  n'a  pas  été  en  mesure  de  faire  apparaître la pertinence et la crédibilité de ses motifs. 3.2. En premier lieu, le Benno Siggil Senegal n'est pas un parti, mais une  coalition  de  plusieurs  mouvements  d'opposition,  qui  a  décidé,  avec  un  effet certain,  le boycott des élections  législatives de 2007 ;  la coalition a  ensuite remporté d'importants succès  lors des élections  locales de mars  2009, prenant par exemple  la  tête de  la municipalité de Dakar. De plus, 

E­3512/2011 Page 5 même  s'ils  s'opposent  au  Président  Wade  et  à  sa  politique,  ces  mouvements n'en sont pas moins des partis légaux, qui participent à tous  les  scrutins,  ceux­ci  étant  considérés  comme  libres  et  transparents  (cf.  US  Department  of  State,  Country  Reports  on  Human  Rights  Practices,  mars 2011). En  l'espèce,  il  faut  constater  que  l'intéressé  n'a  non  seulement  déposé  aucune preuve de son affiliation politique, mais apparaît en outre ne pas  être au fait de ces éléments, que toute personne politiquement engagée  au  Sénégal  devrait  connaître.  Il  n'a  d'ailleurs  pas  donné  de  renseignements  précis  sur  ses  activités  ni  sur  les  raisons  de  son  engagement,  bien  qu'il  ait,  à  l'en  croire,  occupé  une  fonction  de  cadre  dans le mouvement. La réalité de cet engagement est dès lors sujette à  caution. Dans ces conditions, on voit mal pourquoi l'entourage du président ou ses  affidés  tenteraient  de  tuer  un  simple  conseiller  municipal,  qui  ne  présentait  aucun  risque  pour  eux. Quand bien même une  telle  initiative  aurait  été  prise  au  niveau  local,  l'intéressé  aurait  sans  nul  doute  pu  demander, contre ces atteintes de tiers, la protection de la police, au sein  de  laquelle  plusieurs  de  ses  proches  seraient  actifs  (cf.  audition  du  19  avril  2011,  question  70)  ;  il  faut  également  rappeler  que  son  père  est,  quant à lui, un chef de quartier proche du maire de Dakar (idem, question  32). Bien que le Président Wade ait manifesté, ces dernières années, des  tendances  à  l'autoritarisme  et  au  népotisme,  le  Sénégal  n'en  demeure  pas moins un Etat de droit,  comme  l'a  reconnu  le Conseil  fédéral  en  le  classant  parmi  les  Etats  exempts  de  persécution  ("safe  country")  dès  1991. 3.3.  Les  faits  dépeints  par  le  recourant  ne  sont  donc  guère  crédibles.  Plaident dans le même sens certaines  incohérences de son récit  : ainsi,  s'il  lui était  loisible de communiquer  facilement avec ses proches durant  sa convalescence de deux mois et demi,  il n'est pas vraisemblable qu'il  n'ait eu aucun contact avec ses amis politiques, ni qu'il ait tout ignoré du  sort de ses deux collègues, pris prétendument dans l'embuscade avec lui. De même, il n'est pas convaincant que d'éventuels adversaires politiques  se  contentent  d'adresser  à  l'intéressé,  durant  deux  ans,  des  menaces  téléphoniques,  avant  de  s'en  prendre  soudainement  à  lui,  pour  des  raisons obscures.

E­3512/2011 Page 6 3.4. Enfin, le recourant n'a manifestement pas quitté le Sénégal dans les  circonstances  alléguées.  En  effet,  au  moment  de  son  départ,  il  n'a  pu  faire usage d'un visa suédois alors expiré depuis  longtemps. Le fait qu'il  prétende  s'être  fait  voler  son  passeport  après  son  arrivée  en  Suisse  permet  donc  de  conclure  qu'il  dissimule  ce  document,  susceptible  d'infirmer la description qu'il a faite de son trajet jusqu'en Suisse. 3.5. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit  être rejeté. 4.  4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 5.  5.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 84 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr,  RS  142.20),  entrée  en  vigueur  le  1er  janvier  2008.  Cette  disposition  a  remplacé  l’art.  14a  de  l’ancienne  loi  fédérale  du  26  mars  1931  sur  le  séjour et l’établissement des étrangers (LSEE). 5.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1 

E­3512/2011 Page 7 LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un  tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des  peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention  du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés  fondamentales [CEDH, RS 0.101]). 5.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 5.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 6.  6.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile  [APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 6.2.  L’exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement  de  l’art.  5  LAsi. Comme exposé plus haut,  le  recourant  n'a  pas  rendu vraisemblable qu’en cas de  retour dans son pays d’origine,  il  serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 6.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d’espèce. 6.4. Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou  dégradants)  s’applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la 

E­3512/2011 Page 8 qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait  visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA]  1996  n°  18  consid.  14b  let.  ee  p.  186s.). 6.5. En l’occurrence, le Tribunal constate que l'intéressé, comme vu plus  haut, n'a pas établi la crédibilité de son récit, si bien qu'un risque de cette  nature ne peut être  retenu. Dès  lors,  l’exécution du  renvoi du  recourant  sous  forme  de  refoulement  ne  transgresse  aucun  engagement  de  la  Suisse  relevant  du droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (art.  44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 LEtr). 7.  7.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux  « réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 

E­3512/2011 Page 9 renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse  (ATAF  2009/52  consid.  10.1,  ATAF  2008/34  consid.  11.2.2  et  ATAF  2007/10 consid. 5.1). 7.2. Il est notoire que le Sénégal ne connaît pas une situation de guerre,  de guerre civile ou de violence généralisée qui permettrait d’emblée – et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger concrète au sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. ; il faut à ce sujet rappeler  que le Sénégal a été désigné, par arrêté du Conseil fédéral, comme Etat  exempt de persécutions. 7.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait  inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète du recourant. A cet égard, le Tribunal relève qu'il est au bénéfice  d’une solide expérience professionnelle de technicien en  informatique et  n'a  pas  allégué  de  problème  de  santé  particulier  ;  en  outre,  toute  sa  proche famille se trouve à Dakar. 7.4. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible. 8.  Enfin,  le  recourant  est  en  mesure  d’entreprendre  toute  démarche  nécessaire auprès de  la représentation de son pays d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  lui  permettant de quitter  la Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des  obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également  possible  (cf.  ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515). 9.  Il  s’ensuit  que  le  recours,  en  tant qu’il  conteste  la décision de  renvoi  et  son exécution, doit être également rejeté. 10.  Le  recours  ne  s'étant  pas  révélé  manifestement  voué  à  l'échec,  et  le  recourant ne disposant pas des ressources  lui permettant d'assumer  les  frais  de procédure,  il  y  a  lieu de donner  suite à  la  requête d'assistance  judicaire partielle (art. 65 al. 1 PA).

E­3512/2011 Page 10 (dispositif page suivante) Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La requête d'assistance judiciaire partielle est admise ; il n'est pas perçu  de frais. 3.  Le présent arrêt est adressé au mandataire du  recourant,  à  l’ODM et à  l’autorité cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : François Badoud Antoine Willa Expédition :

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