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Bundesverwaltungsgericht 24.11.2011 E-2593/2011

24 novembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,178 parole·~11 min·1

Riassunto

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 6 avril 2011

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­2593/2011 Arrêt   d u   2 4   n o v emb r e   2011 Composition Emilia Antonioni (présidente du collège),  Robert Galliker, Christa Luterbacher, juges, Céline Longchamp, greffière. Parties A._______, née le (…), Cameroun,  (…), recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 6 avril 2011 /  N (…).

E­2593/2011 Page 2 Faits : A.  L'intéressée a déposé une demande d'asile en Suisse le 7 février 2011. B.  Entendue sommairement le 11 février 2011, puis sur ses motifs d'asile le  21  février  suivant,  la  requérante  a  déclaré  être  une  ressortissante  camerounaise.  Après  avoir  été  scolarisée  à  (...),  elle  aurait  passé  son  baccalauréat au (...). Elle aurait débuté une formation en (…) à (...) qu'elle  aurait terminé à (...) au mois de juin 2010. En 2009 ou 2010  (selon  les  versions),  l'intéressée aurait  été mariée de  force à un ami de son père, époux de huit  autres  femmes. Au mois de  décembre  2010,  elle  aurait  fait  des  avances  à  la  fille  de  la  première  épouse  de  ce  dernier,  à  laquelle  elle  se  confiait  régulièrement,  qui  se  serait  enfuit  en  criant;  les  femmes  de  la  propriété  seraient  intervenues  pour  frapper  la  requérante.  Son  époux  l'aurait  également  battue,  menaçant  de  la  brûler.  L'intéressée  se  serait  cassée  deux  dents  en  tombant dans les escaliers. Le lendemain, elle se serait rendue à l'école  comme d'habitude mais ne serait plus rentrée au domicile conjugal. Elle  aurait alors vécu chez une amie avec laquelle elle entretenait une liaison  amoureuse. Une à deux semaines plus  tard,  son époux aurait  dénoncé  l'intéressée au Conseil de discipline de son école. Bien qu'elle ait nié les  faits,  la  rumeur  de  son  homosexualité  se  serait  répandue  dans  tout  l'établissement  scolaire.  Une  semaine  plus  tard,  la  requérante  aurait  commencé à suivre des cours du soir afin d'éviter les regards. Elle aurait  travaillé,  durant  la  journée,  dans  un  (...).  L'époux  de  l'intéressée  aurait  aussi  menacé  à  la  dénoncer  auprès  de  la  police.  Alors  qu'elle  consommait  une  boisson  dans  un  snack  avec  son  amie  un  soir,  des  policiers  auraient  interpellé  les  jeunes  femmes et  les  auraient mises en  garde à vue au commissariat de (...), affirmant qu'ils avaient des preuves  sur  leur  relation  homosexuelle.  Elles  auraient  été  transférées  dans  des  cellules différentes le lendemain. L'intéressée aurait été violée à plusieurs  reprises durant sa détention. Deux semaines plus tard, une de ses amies  lui  aurait  rendu  visite  puis  aurait  organisé  sa  libération.  La  requérante  aurait vécu chez cette dernière jusqu'au mois de janvier 2011. Le 6 février  2011,  l'intéressée aurait quitté  (...), grâce à  l'aide de  ladite amie, à bord  d'un  avion  de  la  compagnie  aérienne  "(...)"  à  destination  de  (...),  accompagnée d'un passeur.

E­2593/2011 Page 3 L'intéressée n'a déposé aucun document d'identité ni de voyage, disant  avoir  laissé sa carte d'identité à un ami afin de  récupérer un diplôme à  son  attention  et  son  extrait  de  naissance  à  une  amie.  Elle  a  produit  la  télécopie  de  l'équivalence  de  son  baccalauréat,  d'un  certificat  de  scolarité,  daté  du  14  janvier  2010,  ainsi  que  d'une  carte  d'identité  (de  mauvaise qualité). C.  Par décision du 6 avril 2011, notifiée le 8 avril suivant,  l'ODM a rejeté la  demande  d'asile  de  l'intéressée,  au  motif  que  ses  déclarations  insuffisamment  fondées et  illogiques ne remplissaient pas  les exigences  de  vraisemblance  posées  à  l'art.  7  de  la  loi  du  26 juin  1998  sur  l’asile  (LAsi,  RS  142.31).  L'Office  fédéral  a  également  prononcé  le  renvoi  de  Suisse de  l'intéressée et  l'exécution de cette mesure, qu'il a  jugée  licite,  raisonnablement  exigible  et  possible,  s'agissant  d'une  jeune  femme,  scolarisée et en bonne santé, pouvant vraisemblablement compter sur le  soutien de ses proches au Cameroun. D.  Dans  son  recours  interjeté  le  4  novembre  2011  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  ;  le  Tribunal),  l'intéressée  a  implicitement  conclu à la reconnaissance de la qualité de réfugié et à l'octroi de l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'une  admission  provisoire  ainsi  qu'à  la  dispense  du  paiement  d'une  avance  de  frais,  à  l'assistance  judiciaire  partielle et à l'octroi de mesures provisionnelles. Elle a repris les grandes  lignes  de  son  récit  et  argué  de  la  vraisemblance  de  ses  déclarations,  précisant  que  la  logique  et  l'expérience  en  Suisse  n'étaient  pas  les  mêmes  qu'au  Cameroun.  Elle  a  rappelé  que  ses  rencontres  avec  sa  première et sa dernière amie s'étaient produites respectivement dans un  train et dans un café, précisant qu'elle avait été attirée par des  femmes  depuis  son  séjour  à  (...). Contestant  l'appréciation  de  l'ODM  relative  au  caractère  vague  de  ses  propos  et  à  la  confusion  de  la  chronologie  présentée,  elle  a  soutenu  que  seules  les  relations  importantes  qu'elle  avait  entretenues  étaient  restées  gravées  dans  sa  mémoire,  laquelle  étant dépendante de la perception de chaque être humain. Elle a affirmé  avoir  habité  chez  son  amie  depuis  son  départ  du  domicile  conjugal  au  mois de décembre 2010 jusqu'à son arrestation. Elle a précisé que,  lors  d'un  mariage  forcé,  la  consommation  de  la  dot  n'entraînait  pas  le  déménagement immédiat de l'épouse et qu'elle avait préféré terminer sa  deuxième année de scolarité avant de rejoindre le domicile conjugal. Elle  a justifié son ignorance au sujet des liens entre son père et son époux par  le fait qu'elle n'était qu'une enfant par rapport à eux, expliquant avoir été 

E­2593/2011 Page 4 donnée  en mariage  pour  des  raisons  financières.  Elle  a  ajouté  que  les  mauvais  traitements  subis  durant  sa  détention  avaient  provoqué  des  troubles psychiques ne lui permettant pas de retenir des dates précises.  Elle  a  conclu  que  ses  déclarations  constantes  et  circonstanciées  remplissaient  les  conditions  légales  de  vraisemblance  et  de  pertinence.  Elle a prétendu qu'en tant qu'homosexuelle, elle appartenait à un groupe  social  déterminé,  sa  crainte  de  subir  des  persécutions  par  les  autorités  camerounaises en cas de retour étant fondée. Elle a également soutenu  que tous les milieux qu'elle avait fréquentés avaient connaissance de son  orientation  sexuelle  et  qu'elle  ne  pouvait,  de  ce  fait,  compter  sur  le  soutien d'un quelconque réseau social ou familial. Elle a enfin argué que  la  représentante des œuvres d'entraide  (ROE) avait été convaincue par  son récit. Elle a produit à l'appui trois articles tirés d'Internet, datés des 5  février, 9 février et 7 avril 2011, relatifs à la situation des homosexuels au  Cameroun et a déclaré souffrir de (…). E.  Par ordonnance du 18 mai 2011, le juge instructeur du Tribunal a accusé  réception  du  recours  et  constaté  que  la  recourante  pouvait  attendre  en  Suisse  l'issue de sa procédure, réservant son prononcé sur  la demande  d'assistance judicaire partielle. F.  Invité à se déterminer, l'ODM a proposé le rejet du recours, par réponse  du  9  septembre  2011.  Il  a  reconnu  avoir  fait  preuve  de  sévérité  en  estimant que les indications de l'intéressée relatives à sa scolarité étaient  évasives. S'agissant des observations de la ROE, il a constaté qu'elles ne  contenaient  qu'un  résumé  des  faits  allégués  sans  appréciation  quant  à  leur vraisemblance. G.  Dans  sa  réplique  du  27  septembre  2011,  la  recourante  a  réitéré  ses  conclusions tendant principalement à l'annulation de la décision attaquée  et  à  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié,  ses  déclarations  étant  vraisemblables  et  pertinentes,  subsidiairement  au  prononcé  d'une  admission provisoire eu égard à  l'illicéité et à  l'inexigibilité de  l'exécution  de  son  renvoi.  Elle  a  répété  que  la  ROE  avait  été  convaincue  par  ses  allégations,  celle­ci  l'ayant  indiqué  dans  ses  observations  si  cela  n'eut  pas été le cas, et prié le Tribunal de prendre en compte dites remarques.  Arguant  d'une  recrudescence  des  persécutions  à  l'égard  des  homosexuels au Cameroun, l'intéressée a produit trois nouveaux articles 

E­2593/2011 Page 5 tirés d'Internet, datés des 16, 24 et 29 août 2011, relatifs à l'arrestation de  membres de cette communauté dans son pays d'origine. H.  Les  autres  faits  et  arguments  de  la  cause  seront  évoqués,  en  cas  de  besoin, dans les considérants qui suivent. Droit : 1.  1.1. Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de  l'art. 5 de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à  l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant  l'asile  peuvent  être  contestées  devant  le  Tribunal  conformément  à  l'art. 105 LAsi. 1.2. La recourante a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable  (art. 48  et  52  PA  et  108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 

E­2593/2011 Page 6 manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 2.3.  La  crainte  face  à  des  persécutions  à  venir,  telle  que  comprise  à  l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée  dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un  élément  subjectif.  Sera  reconnu  comme  réfugié  celui  qui  a  de  bonnes  raisons,  c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour  un  tiers  (élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à  subir  selon  toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une  persécution  (cf.  ATAF  2010/57  consid.  2.5  ;  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d'asile  [JICRA]  2000  n°  9  consid.  5a  p.  78  et  JICRA  1997  n  °  10  consid.  6  p.  73  ainsi  que  les  références de jurisprudence et de doctrine citées). Sur le plan subjectif, il  doit  être  tenu  compte  des  antécédents  de  l'intéressé,  notamment  de  l'existence  de  persécutions  antérieures,  et  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique,  religieux,  social  ou  politique  l'exposant  plus  particulièrement  à de  telles mesures;  en particulier,  celui  qui  a déjà été  victime de mesures de persécution a des  raisons objectives d'avoir une  crainte  (subjective)  plus  prononcée  que  celui  qui  en  est  l'objet  pour  la  première fois (cf. ATAF 2010/57 consid. 2.5, JICRA 1994 n° 24 p. 171ss  et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss). Sur le plan objectif, cette crainte doit être  fondée  sur  des  indices  concrets  qui  peuvent  laisser  présager  l'avènement, dans un avenir peu éloigné et selon une haute probabilité,  de mesures déterminantes selon  l'art. 3 LAsi.  Il ne suffit pas, dans cette  optique,  de  se  référer  à  des menaces  hypothétiques,  qui  pourraient  se  produire dans un avenir plus ou moins lointain (cf. ATAF 2010/57 consid.  2.5,  JICRA  2004  no  1  consid. 6a  p.  9,  JICRA  1993  n°  21  p.  134ss  et  JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ; MINH SON NGUYEN, Droit public des étrangers,  Berne 2003, p. 447ss). 3.  En  l'occurrence,  la  recourante  a  allégué  avoir  quitté  le  Cameroun  en  raison  d'un mariage  forcé,  des mauvais  traitements  dont  elle  aurait  été  victime de la part de son époux et des policiers durant une détention de  deux semaines, ainsi qu'en raison de son orientation sexuelle, craignant  d'être  la  cible  de  sérieux  préjudices  en  cas  de  retour  dans  son  pays  d'origine.  Le  Tribunal  considère,  à  l'instar  de  l'ODM,  que  l'intéressé  n'a  cependant  pas  rendu  vraisemblables  les  événements  prétendument  vécus qui l'auraient poussée à quitter son pays d'origine. http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/9%20S.78 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1994/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/21 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1993/11

E­2593/2011 Page 7 3.1.  Force  est,  tout  d'abord,  de  retenir  les  propos  peu  détaillés  de  la  recourante relatifs aux liens entre son père et son époux ainsi que leurs  rencontres  (cf.  pv.  de  son  audition  fédérale  p.  2­4).  L'explication  de  l'intéressée  quant  au  fait  que  son  père,  de  religion  catholique,  aurait  accepté de la donner en mariage à un homme polygame, alors que cette  religion  s'y  oppose,  s'est  également  révélée  très  vague  (cf. pv.  de  son  audition  p.  15).  De même,  le  récit  de  la  recourante  sur  son  arrivée  au  domicile de son époux, sur les contacts qu'elle aurait entretenus avec les  autres femmes de ce dernier et sur les tâches qu'elle devait effectuer n'a  pas été davantage circonstancié (cf. pv. de son audition fédérale p. 4­5).  Son ignorance des activités commerçantes de son époux et de la religion  de  ce  dernier  ainsi  que  son  incapacité  à  situer  les mauvais  traitements  endurés par  son époux durant  leur  relation  conjugale  sont  également  à  relever  (cf.  pv.  de  son  audition  fédérale  p.  4). De même,  il  convient  de  mettre  en  évidence  ses  descriptions  très  imprécises  et  dépourvues  de  sentiments  au  sujet  des  avances  qu'elle  aurait  faites  à  la  fille  de  la  première épouse de son mari ainsi que des réactions des autres femmes  et de son époux suite à  la découverte de cet événement (cf. pv. de son  audition sommaire p. 5, pv. de son audition fédérale p. 6 et 8). Le fait que  l'intéressée ait pu quitter si  facilement  le domicile conjugal  le  lendemain  de cet événement pour se rendre à l'école n'est non plus crédible (cf. pv.  de son audition fédérale p. 9). 3.2.  Le  Tribunal  observe  que  les  descriptions  de  l'intéressée  de  son  arrestation par les policiers dans un café, de son arrivée au commissariat  ainsi que du déroulement de sa détention de deux semaines sont restées  sommaires  (cf.  pv.  de  son  audition  fédérale  p.  12­13).  Il  faut  noter  également  ses  propos hésitants  s'agissant  de  la manière  dont  la  police  aurait  appris  son  orientation  sexuelle  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p. 5,  pv. de  son  audition  fédérale  p.  9  et  12)  ainsi  que  l'absence  de  véritable  explication  au  sujet  des moyens  utilisés  par  sa  nouvelle  amie  pour organiser sa libération. 3.3.  S'agissant  de  l'orientation  sexuelle  de  la  recourante,  le  Tribunal  retient ses déclarations inconsistantes sur les différentes relations qu'elle  aurait entretenues avec des femmes, que ce soit sa première amie, celle  avec  laquelle  elle  aurait  habité  ou  encore  celle  qui  aurait  orchestré  sa  libération et son départ du pays. Ses descriptions de la manière dont elle  les  aurait  rencontrées  se  sont  également  révélées  trop  peu  détaillées  (cf. pv. de son audition fédérale p. 6­7, 10 et 13). 

E­2593/2011 Page 8 3.4. La chronologie des événements prétendument vécus s'est, de plus,  révélée  très  confuse.  L'intéressée  a,  en  effet,  indiqué  avoir  emménagé  chez son époux durant la deuxième année de son (...), soit en 2009, puis  a  prétendu  que  c'était  en  2010  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p. 2,  pv. de  son  audition  fédérale  p.  2­4  et  15).  Après  avoir  déclaré  avoir  obtenu  son  diplôme  au  mois  de  juin  2010  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire p. 2), elle a affirmé avoir vécu au domicile conjugal durant trois  ou  quatre  mois,  jusqu'au  mois  de  décembre  2010,  suivant  ses  cours  durant  la  journée  (cf.  pv.  de  son  audition  fédérale  p.  2  et  5).  Elle  a  également mentionné avoir quitté  le domicile conjugal  le  lendemain des  avances qu'elle aurait faites à la fille de la première épouse de son mari  pour aller à  l'école  (cf. pv. de son audition  fédérale p. 9). Entendue sur  ces  contradictions,  l'intéressée  a  fourni  des  explications  vagues  et  insuffisantes sur les années scolaires auxquelles elle aurait fait référence  (cf.  pv.  de  son  audition  fédérale  p. 15).  L'incapacité  de  l'intéressée  à  préciser  le  moment  où  son  époux  l'aurait  dénoncée  auprès  de  son  établissement  scolaire  ainsi  que  les  dates  de  son  arrestation  et  de  sa  libération sont autant d'autres éléments d'invraisemblance (cf. pv. de son  audition fédérale p. 11­14). 3.5. Force est de constater également que l'intéressée n'a déposé aucun  document d'identité ni de voyage, le fax de mauvaise qualité d'une carte  d'identité  n'étant  à  l'évidence  pas  suffisant.  Elle  n'a,  par  ailleurs,  fourni  aucune  raison valable pour  justifier ce manquement malgré  la présence  d'un  réseau  familial  et  social  au  Cameroun  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p.  4­5,  pv.  de  son  audition  fédérale  p.  2).  Il  faut,  de  même,  relever  son  incapacité  à  décrire  le  voyage  effectué  depuis  (...)  jusqu'en  Suisse, en particulier son ignorance du document avec lequel elle aurait  voyagé (cf. pv. de son audition sommaire p. 6­7). Le fait qu'elle a affirmé  avoir  volé  à  bord  de  la  compagnie  "(...)"  en  2011  n'est  pas  non  plus  plausible (cf. pv. de son audition sommaire p. 6). Ces éléments laissent,  dès lors, penser que la recourante dissimule des informations relatives à  son voyage et aux circonstances réelles de son départ du pays. 3.6. Dans ces conditions, les motifs d'asile allégués ne peuvent être tenus  pour  vraisemblables.  Dans  son mémoire  de  recours,  l'intéressé  n'a  par  ailleurs  fait  valoir  aucun  argument  ni  moyen  de  preuve  susceptible  de  mettre  en  doute  l'analyse  développée  ci­dessus,  la  production  d'articles  tirés  d'Internet,  de  portée  générale  et  ne  la  concernant  pas  personnellement, n'étant en particulier pas suffisante.  4. 

E­2593/2011 Page 9 4.1.  S'agissant  de  l'appartenance  à  un  groupe  social  déterminé,  en  particulier  au  milieu  homosexuel,  il  convient  encore  de  préciser  que  la  qualité  de  réfugié  ne  peut  être  reconnue  que  s'il  existe  une  crainte  objectivement  fondée  de  subir  de  sérieux  préjudices  déterminants  au  sens de l'art. 3 LAsi en cas de retour au Cameroun. Le Tribunal n'ignore  pas  le  climat  homophobe  régnant  au  Cameroun,  où  l'on  dénonce  des  agressions  physiques,  des  attitudes  hostiles,  parfois  des  arrestations  policières et des poursuites pénales contre des personnes soupçonnées  d'avoir  des  rapports  homosexuels  (cf. notamment  Organisation  suisse  d'Aide aux réfugiés, [OSAR], Kamerun : Situation von Homosexuellen, 6  octobre 2009 ; US Department of state, Human rights report : Cameroon,  8 avril 2010). De ce fait, on ne saurait considérer, à l'heure actuelle, qu'il  n'y  a  pas  de  poursuites  pénales  fondées  sur  l'art.  347  du  code  pénal  camerounais. Qui plus est, il apparaît qu'il existe une tendance, du moins  chez certains acteurs, à  réprimer non seulement des actes précis  visés  par cette disposition, mais bien l'homosexualité en tant que telle, de sorte  que plusieurs arrestations  fondées sur de fausses dénonciations ont été  relevées,  une  recrudescence  des  violences  à  l'encontre  de  cette  communauté  ayant  été  observée  depuis  le  mois  de  décembre  2010  (cf. en  particulier  le  rapport  de  Human  Rights  Watch,  et  de  diverses  associations, de novembre 2010,  intitulé  :  "Criminalisation des  identités,  atteinte  aux  droits  humains  au  Cameroun  fondées  sur  l'orientation  sexuelle et  l'identité de genre" ; Fédération Internationale des ligues des  droits  de  l'homme,  Cameroun,  "Le  gouvernement  s'oppose  au  financement par  l'Union Européenne d'un projet en  faveur des minorités  homosexuelles", 10 février 2011). 4.2. Le fait que le code pénal condamne toujours les actes homosexuels  et  que  le  climat  soit  notoirement  hostile  aux  homosexuels,  ne  permet  cependant  pas  de  considérer  qu'une  crainte  objectivement  fondée  de  subir  des  préjudices  déterminants  en  matière  d'asile  en  raison  d'une  orientation sexuelle puisse être reconnue. En effet, tous les homosexuels  du Cameroun ne sont pas victimes de tels préjudices. Tout individu n'est  pas  susceptible  d'être  faussement  dénoncé  à  la  police  comme  homosexuel ni même de faire l'objet d'une arrestation. C'est pourquoi il y  a  lieu  de  vérifier  si,  dans  chaque  cas  particulier,  il  existe  des  indices  objectifs de conclure à un tel risque (cf. arrêt du Tribunal du 7 décembre  2010 en la cause E­6056/2008 consid. 3.2 et 3.3). Dans le cas d'espèce,  il  ressort  de  l'analyse  développée  ci­dessus  (cf.  consid.  3)  que  l'intéressée  n'a  pas  rendu  vraisemblable  l'existence  d'indices  objectifs  permettant de conclure à  l'existence d'une crainte objectivement  fondée  de  subir  des  sérieux  préjudices.  La  recourante  est  d'ailleurs  restée 

E­2593/2011 Page 10 extrêmement  vague  sur  les  risques  concrets  qu'elle  encourrait  en  tant  qu'homosexuelle  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p.  6,  pv.  de  son  audition  fédérale p. 7, 16). Elle n'a pas non plus allégué avoir  fréquenté  les milieux homosexuels ou avoir eu un comportement peu discret. 4.3. Dans  ces  conditions, même en admettant  la  vraisemblance de  ses  déclarations  concernant  son  homosexualité,  le  Tribunal  ne  saurait  considérer que  la  recourante pourrait être persécutée de manière ciblée  en  cas  de  retour  dans  son  pays  d'origine.  L'intéressée  n'a  pas  rendu  vraisemblable l'existence d'indices objectifs et concrets dont il y aurait lieu  de conclure qu'elle pourrait être poursuivie ou dénoncée en cas de retour  dans son pays d'origine. 5.  Il  s'ensuit  que  la  qualité  de  réfugié  ne  peut  être  reconnue  à  la  recourante.  Partant,  c'est  à  bon  droit  que  l'ODM  a  rejeté  sa  demande  d'asile. Le recours, en tant qu'il conteste le refus de l'asile, doit, dès lors,  être rejeté et la décision attaquée confirmée. 6.  6.1. Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne l'exécution, en tenant compte du principe de l'unité de la famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l'art.  32  de  l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.311), lorsque le  requérant d'asile dispose d'une autorisation de séjour ou d'établissement  valable, ou qu'il  fait  l'objet d'une décision d'extradition ou d'une décision  de renvoi conformément à l'art. 121 al. 2 de la Constitution fédérale du 18  décembre 1998 (Cst., RS 101). 6.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure dans son principe. 7.  7.1. L'exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible et possible (art. 44 al. 1 LAsi). Elle est réglée par l'art. 83 de la loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20),  entrée en vigueur le 1er janvier 2008.  7.2. L'exécution n'est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de  l'étranger dans son  Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 

E­2593/2011 Page 11 engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi,  ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays  (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou  traitements inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 7.3. L'exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 7.4. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter  la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers,  ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 8.  8.1. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir  ;  il  s'agit  d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de  l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un  traitement prohibé par  l'art. 3 CEDH ou encore  l'art. 3 de  la Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil fédéral à l'appui d'un arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA],  du 25 avril 1990, in: FF 1990 II 624). 8.2.  L'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement de l'art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut,  la recourante n'a  pas rendu vraisemblable qu'en cas de retour dans son pays d'origine, elle  serait  exposée  à  de  sérieux  préjudices  au  sens  de  l'art.  3  LAsi  (cf. consid. 3 et 4 ci­desssus). 8.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d'espèce. http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624 http://links.weblaw.ch/BBl-1990-II-624

E­2593/2011 Page 12 8.4. Si l'interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou  dégradants)  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l'art.  3  CEDH  devraient  être  constatées  ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction qu'il existe pour elle un véritable risque concret et sérieux, au­ delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être  victime  de  tortures,  ou  de  traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi dans son pays. Il  en  ressort  qu'une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée  de  violations  des  droits  de  l'homme  ne  suffit  pas  à  justifier  la  mise  en  oeuvre  de  la  protection issue de l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut  rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement ­ et non  pas  simplement  du  fait  d'un  hasard  malheureux  ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf.  JICRA  1996  n°  18  consid. 14b let. ee p. 186 ss). 8.5. En  l'occurrence,  le  Tribunal  considère  que,  de  par  ses  allégations  invraisemblables, la recourante n'a pas été en mesure d'établir l'existence  d'un risque personnel, concret et sérieux d'être soumis, en cas de renvoi  au Cameroun, à un traitement prohibé par l'art. 3 CEDH (cf. consid. 3 et 4  ci­desssus). En outre, et pour  les mêmes raisons,  la  recourante n'a pas  non  plus  rendu  hautement  probable  qu'elle  pourrait  courir  un  risque  sérieux de traitements contraires à l'art. 3 Conv. torture à son retour dans  son pays d'origine. 8.6.    Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  de  la  recourante  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (cf. art. 44 al. 2 LAsi et 83  al. 3 LEtr). 9.  9.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr,  l'exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu'ils  ne  sont  pas  http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18

E­2593/2011 Page 13 personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L'autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi à  l'intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse  (cf. JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1 et jurisp. citée). 9.2. Il est notoire que le Cameroun ne connaît pas à l'heure actuelle une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d'emblée  ­  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d'espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. 9.3. Par ailleurs, le Tribunal relève que la recourante, encore jeune, qui a  suivi  toute  sa  scolarité,  est  au  bénéfice  d'un  baccalauréat,  d'une  formation en (...) ainsi que d'une expérience professionnelle dans une (...)  [cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p.  2].  Elle  dispose,  en  outre,  d'un  réseau  familial et social dans son pays sur  lequel elle pourra compter à  son  retour. Elle n'a par ailleurs pas allégué de problème de santé autre  que du  (...),  affection  qui  n'est  pas  d'une  nature  et  d'une  gravité  telle  à  constituer un obstacle à l'exécution de son renvoi. Tous ces éléments font  que  la  recourante  pourra  se  réinstaller  dans  son  pays,  qu'elle  n'a  d'ailleurs quitté que depuis quelques mois, sans y affronter d'excessives  difficultés. 10.  Enfin,  la  recourante  est  en  mesure  d'entreprendre  toute  démarche  nécessaire auprès de  la représentation de son pays d'origine en vue de  l'obtention de documents de  voyage  lui  permettant  de quitter  la Suisse.  L'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des  obstacles  insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible. 11.  Cela  étant,  l'exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions  légales.  Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  décision de renvoi et son exécution, doit être également rejeté. http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24

E­2593/2011 Page 14 12.  Les  conclusions  du  recours  n'étant  pas  d'emblée  vouée  à  l'échec  et  l'intéressée  étant  indigente,  la  demande  d'assistance  judiciaire  partielle  est accordée  (art. 65 al. 1 PA).  Il  est donc  renoncé à  la perception des  frais de procédure.

E­2593/2011 Page 15 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est admise. 3.  Il est renoncé à la perception des frais de procédure. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Emilia Antonioni Céline Longchamp Expédition :

E-2593/2011 — Bundesverwaltungsgericht 24.11.2011 E-2593/2011 — Swissrulings