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Bundesverwaltungsgericht 09.01.2012 D-6322/2011

9 gennaio 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·779 parole·~4 min·1

Riassunto

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 19 octobre 2011

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­6322/2011 Arrêt   d u   9   janvier   2012 Composition Gérard Scherrer, juge unique, avec l'approbation de Jenny de Coulon Scuntaro, juge; William Waeber, greffier. Parties A._______, né le […], Sri Lanka, recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 19 octobre 2011 / […].

D­6322/2011 Page 2 Vu la demande d’asile déposée par A._______, provenant du village de […],  dans  la  région  de  Valvettiturai,  péninsule  de  Jaffna,  en  date  du  15 octobre 2008, les  procès­verbaux  des  auditions  des  28  octobre  2008  et  10 décembre 2009,  dont  il  ressort  en  particulier  que  l'intéressé,  soupçonné ou accusé de collaboration avec le LTTE (Liberation Tigers of  Tamil Eelam),  aurait  été  arrêté  par  l'armée,  le  25  septembre  2008,  lors  d'une  rafle,  aurait  été  emmené  au  camp  militaire  de  […],  y  aurait  été  maltraité,  aurait  été  libéré  le même  soir  ou  le  lendemain  en  raison  des  suppliques de sa mère, aurait toutefois reçu l'ordre de se présenter tous  les  jours  au  camp,  n'aurait  pas  donné  suite  à  cette  injonction  et  aurait  pour ce motif été recherché, raison pour laquelle il aurait fui son pays, les documents attestant en particulier de l'identité du requérant, du décès  de  son  père  en  1985,  des  soins  reçus  du  28  au  "31  septembre  2008"  dans un hôpital  de Jaffna à  la  suite des prétendus mauvais  traitements  subis  et  de  son  activité  professionnelle  dans  l'entreprise  familiale  de  télécommunication, la décision du 19 octobre 2011, notifiée le lendemain, par laquelle l'ODM  a rejeté la demande d'asile, motif pris que les déclarations de l'intéressé,  contradictoires,  vagues  et  incohérentes  sur  des  points  essentiels,  ne  satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance de l'art. 7 de la loi du  26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31) et ne permettaient ainsi pas de  retenir l'existence d'une crainte fondée de persécution, la même décision, par laquelle l'autorité inférieure a prononcé le renvoi de  Suisse du  requérant et a ordonné  l'exécution de cette mesure,  retenant  en particulier qu'elle était raisonnablement exigible au vu de l'amélioration  de la situation dans la péninsule de Jaffna, le recours du 21 novembre 2011 formé contre cette décision, dans lequel  l'intéressé  fait  valoir  qu'un  retour  dans  la  région  du  nord  du  Sri  Lanka  reste dangereux et conteste les invraisemblances qui lui sont reprochées,  alléguant  notamment  que  certaines  incohérences  dans  son  récit  proviennent d'approximations dans la traduction de ses propos lors de sa 

D­6322/2011 Page 3 première  audition  et  que,  vu  le  temps  écoulé  depuis  les  événements  rapportés, il ne pouvait se souvenir avec précision de la date de ceux­ci, la  décision  incidente  du  30  novembre  2011,  par  laquelle  le  juge  instructeur  a  considéré  les  conclusions  du  recours  comme  paraissant  d'emblée  vouées  à  l'échec  et  a  octroyé  au  recourant  un  délai  au  16 décembre 2011  pour  verser  la  somme  de  Fr.  600.­  en  garantie  des  frais de procédure présumés, le paiement de ceux­ci, le 7 décembre 2011, et considérant que le Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, qu’en  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  concernant  l’asile  peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal,  lequel,  sauf  l'exception  visée  à  l'art.  83  let.  d  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF,  RS  173.110]  et  non  réalisée  en  l'espèce, statue définitivement, que le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA), que,  présenté  dans  la  forme  (art. 52  al.  1  PA)  et  le  délai  (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi), que  quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable qu'il est un réfugié (art. 7 al. 1 LAsi),

D­6322/2011 Page 4 que ne sont pas vraisemblables notamment  les allégations qui,  sur des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  al. 3 LAsi), qu'en  l'espèce,  l'ODM  a  retenu  à  raison  l'existence  d'invraisemblances  dans le récit de l'intéressé, que si certaines d'entre elles, comme relevé à juste titre dans le recours,  ne  revêtent  pas  une  importance  permettant  de  conclure  au  caractère  hautement  improbable  des  motifs  d'asile,  d'autres  se  révèlent  en  revanche déterminantes dans ce sens, qu'ainsi,  A._______  s'est  clairement  contredit  en  affirmant,  lors  de  sa  première  audition,  avoir  été  libéré  le  soir  de  son  arrestation,  soit  le  25  septembre 2008, puis,  lors de sa seconde audition, ne  l'avoir été que  le  lendemain, soit le 26 septembre 2008, que cette divergence porte sur un des événements les plus importants de  la demande d'asile, qu'elle  ne  saurait  être mise  sur  le  compte d'une  simple erreur  ou d'une  confusion sur les dates, qu'elle touche en effet le déroulement de ces faits, sur lequel le recourant  n'aurait pu se tromper s'il les avait réellement vécus, qu'il n'est pas crédible, par ailleurs, que A._______ ait sérieusement été  considéré comme étant impliqué dans des actions militaires ou des actes  de terrorisme menés par le LTTE, que,  si  tel  avait  été  le  cas,  il  n'aurait  en  effet  pas  été  remis  en  liberté,  surtout dans le contexte de l'époque, après quelques heures de détention  seulement, en raison des suppliques de sa mère, avec la seule contrainte  de devoir se présenter régulièrement aux autorités, qu'il  convient  de  constater  encore  que  le  conflit  armé  au  Sri  Lanka  a  cessé  en  mai  2009  et  que  la  situation  sécuritaire  s'y  est  nettement  améliorée et stabilisée,

D­6322/2011 Page 5 que  l'intéressé  n'appartient  pas  à  un  des  groupes  de  la  population  qui  pourraient encore être exposés à des risques de persécution (cf. ATAF E­ 6220/2006 du 27 octobre 2011), que, certes, il a fourni, à l'appui de son recours, la copie d'une plainte que  sa mère aurait déposée auprès de la police le 6 mai 2011, que cette pièce,  comportant  la mention manuscrite  "certified  true copy",  mais n'indiquant  pas  la  date à  laquelle  cette  copie aurait  été établie  ou  distribuée, n'offre cependant manifestement pas les garanties suffisantes  pour lui attribuer une réelle valeur probante, que ce document révèle en outre uniquement que des personnes en civil,  se  déplaçant  dans  un  véhicule  non  immatriculé,  seraient  passées  au  domicile de l'intéressé et auraient demandé où il se trouvait, qu'il n'est dès lors en rien établi que la démarche de ces personnes serait  en  lien  avec  les  faits  allégués  par  le  recourant,  auquel  cas  elles  se  seraient  sans  doute  officiellement  annoncées  et  auraient  exercé  des  pressions sur les membres de sa famille restés au pays, surtout si celle­ci  était soupçonnée d’avoir aidé le LTTE par le passé, qu'il n'est par ailleurs pas plausible que l'armée ou des mouvements qui  lui  seraient  rattachés aient  attendu deux ans et  demi après  l'arrestation  de  l'intéressé pour  s'enquérir  de  son  lieu de domicile ou pour  tenter  de  l'appréhender, que  l'intéressé  a  également  produit,  devant  l'ODM,  des  rapports  médicaux attestant de soins qui  lui auraient été prodigués du 28 ou "31  septembre 2008" dans un hôpital de Jaffna, que  ces  documents  ne  sauraient  toutefois  attester  valablement  de  l'origine des blessures soignées, ayant été établis sur  la seule base des  déclarations de l'intéressé, qu'il est au demeurant curieux que ces pièces, établies à des fins et à des  dates  différentes,  mentionnent  toutes  deux  que  le  recourant  a  été  hospitalisé du 28 au "31 septembre 2008", cette dernière date n'existant  pas, que l'erreur est d'autant moins compréhensible que le premier document  ("Diagnosis ticket") est censé avoir été émis à cette même date,

D­6322/2011 Page 6 qu'enfin, le Tribunal relève que les problèmes de traduction invoqués par  l'intéressé ne sont susceptibles de justifier aucune des invraisemblances  précitées, qu'en tant qu’il conteste le refus d’asile, le recours doit ainsi être rejeté, qu’aucune des conditions de l’art. 32 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999  sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n’étant réalisée, en  l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation de séjour  ou  d'établissement,  le  Tribunal  est  tenu  de  confirmer  le  renvoi  (art. 44 al. 1 LAsi), que  l'exécution  de  celui­ci  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement  de  l'art. 5  LAsi,  l'intéressé  n'ayant  pas  rendu  vraisemblable  qu'il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi en cas  de retour dans son pays, que le recourant n'a pas non plus rendu crédible qu'il existerait pour lui un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d'y  être  victime  de  traitements  inhumains ou dégradants (cf. art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme  et  des  libertés  fondamentales  [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre  la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants  [Conv. torture, RS 0.105]), que  l'exécution  du  renvoi  s'avère  donc  licite  (cf. art. 83  al. 3  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS  142.20];  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière d’asile [JICRA] 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s. et jurisp. cit.), qu'elle est également raisonnablement exigible (art. 83 al. 4 LEtr), qu'en  effet,  selon  la  jurisprudence  récente  du  Tribunal,  l'exécution  du  renvoi n'expose en général plus les requérants provenant de la province  du  Nord,  à  l'exception  de  la  région  de  Vanni,  à  une  mise  en  danger  concrète (cf. ATAF E­6220/2006 précité), qu'il  convient  toutefois d'examiner  les situations de manière  individuelle,  la date à laquelle le requérant a quitté sa région de provenance étant un  élément prépondérant à prendre en considération,

D­6322/2011 Page 7 que,  lorsque  le  requérant  est  parti  après  la  fin  de  la  guerre  civile  qui  a  ravagé  le  pays,  soit  après mai  2009,  un  retour  pourra  en  principe  être  exigé de lui, que,  lorsque  le  départ  est  antérieur  à  cette  période,  le  dossier  doit  en  revanche  révéler  l'existence de  facteurs  favorables à  la  réinstallation de  l'intéressé pour admettre l'exécution du renvoi, qu'en  l'occurrence, A._______ provient de  […],  situé au nord du district  de Jaffna, que ce village n'appartient pas à la région de Vanni et en est, au vu de la  jurisprudence  précitée,  suffisamment  éloigné  pour  considérer  que  l'exécution du renvoi y est raisonnablement exigible, que  l'intéressé  est  originaire  de  cet  endroit  et  y  a  quasiment  toujours  vécu, qu'il y dispose de membres de sa famille proche,  qu'il  est  jeune,  n'a  pas  allégué  être  gravement  atteint  dans  sa  santé  et  pourra à son retour reprendre les activités qui lui ont permis d'assurer son  quotidien par la passé, que  l'exécution  du  renvoi  est  enfin  possible  (cf. art. 83  al. 2  LEtr;  ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513 ss), le recourant étant tenu de collaborer  à  l'obtention  de documents  de  voyage  lui  permettant  de  retourner  dans  son pays d'origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi), que le recours, en tant qu’il porte sur le renvoi et son exécution, doit ainsi  également être rejeté, que s'avérant manifestement  infondé,  il est rejeté dans une procédure à  juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt  n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, vu l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),

D­6322/2011 Page 8 le Tribunal administratif fédéral prononce: 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600, sont mis à la charge du  recourant.  Ils sont compensés avec  l'avance de  frais du même montant  versée le 7 décembre 2011. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérard Scherrer William Waeber Expédition :

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