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Bundesverwaltungsgericht 26.10.2011 C-8847/2010

26 ottobre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,768 parole·~9 min·1

Riassunto

Formation et perfectionnement

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­8847/2010 Arrêt   d u   2 6   octobre   2011 Composition Blaise Vuille (président du collège),  Marianne Teuscher, Ruth Beutler, juges, Sophie Vigliante Romeo, greffière. Parties A._______,  représentée par l'Etude BCCC Avocats Sàrl,  rue Jacques­Balmat 5, case postale 5839, 1211 Genève 11, recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6,  3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Refus d'approbation et renvoi.

C­8847/2010 Page 2 Faits : A.  Le 20 janvier 2010, A._______, ressortissante algérienne, née le 20 avril  1990, a déposé une demande de visa Schengen, avec entrées multiples,  pour affaires auprès de l'Ambassade de Suisse à Alger.  Le 15 février 2010, elle est arrivée sur territoire helvétique munie du visa  sollicité. B.  Le  10  mars  2010,  la  prénommée  a  sollicité  une  autorisation  de  séjour  pour études auprès de l'Office de la population du canton de Genève (ci­ après: l'OCP). Elle a également rempli un questionnaire complémentaire,  en  indiquant qu'elle souhaitait suivre des cours de français auprès de  la  Fondation pour  la  formation des adultes (IFAGE), puis entreprendre des  études  auprès  de  l'Atelier Hermès,  école  d'architecture  d'intérieur  et  de  design à Genève. Par courriers du même jour adressés à l'autorité cantonale précitée, elle a  expliqué souhaiter élargir "l'horizon de l'entreprise" dont elle était membre  associé  en  Algérie,  en  introduisant  la  "notion  du  design",  outil  indispensable  en  matière  de  marketing,  et  s'est  engagée  à  quitter  le  territoire  helvétique  au  terme  de  ses  études.  Elle  a  en  particulier  fourni  une attestation de prise en charge signée par son père, une attestation  bancaire  certifiant  que  ce  dernier  détenait  des  fonds  suffisants  représentant  plus  de  100'000.­  francs  pour  subvenir  aux  besoins  de  sa  fille,  une  attestation  de  l'IFAGE confirmant qu'elle était inscrite au cours de français intensif et un  curriculum vitae. Suite à la requête de l'OCP du 24 mars 2010, l'intéressée a transmis une  lettre expliquant sa motivation pour apprendre le français à Genève, une  attestation  de  l'Atelier  Hermès mentionnant  qu'elle  était  inscrite  à  plein  temps en formation complète sur trois années scolaires consécutives de  septembre  2010  à  juillet  2013  en  filière  Architecture  d'intérieur,  une  déclaration  du  28  mars  2010,  par  laquelle  elle  s'est  engagée  formellement  et  irrévocablement  à  quitter  la  Suisse  au  terme  de  ses  études, mais au plus  tard  le 30  juillet 2013, et ce quelles que soient  les  circonstances à cette date, ainsi qu'une copie de son bail à  loyer. Elle a  par ailleurs fourni une lettre d'excuse, dans laquelle elle a affirmé n'avoir  pas  déposé  de  demande  d'autorisation  d'entrée  et  de  séjour  en Suisse 

C­8847/2010 Page 3 pour  études  auprès  de  la  représentation  précitée  en  raison  de  son  ignorance  à  ce  sujet,  être  précisément  venue  dans  ce  pays  pour  se  renseigner sur l'écolage et l'hébergement et s'être ensuite rendue auprès  de l'OCP. Le  5  mai  2010,  cette  autorité  a  informé  la  requérante  qu'elle  était  disposée à lui octroyer une autorisation de séjour pour études au sens de  l'art. 27 de  la  loi  fédérale du 16 décembre 2005 sur  les étrangers  (LEtr,  RS  142.20),  sous  réserve  de  l'approbation  de  l'ODM,  auquel  elle  transmettait le dossier. C.  Par  courrier  du  9  août  2010,  l'ODM  a  fait  savoir  à  A._______  qu'il  envisageait  de  refuser  son  approbation  à  l'autorisation  de  séjour  sollicitée,  tout  en  lui  donnant  la  possibilité  de  formuler  ses  éventuelles  observations dans le cadre du droit d'être entendu. Dans  ses  déterminations  du  11  octobre  2010,  la  prénommée  a  en  particulier fait valoir, par l'entremise de son précédent mandataire, que sa  famille était économiquement très active dans sa patrie, que celle­ci était  propriétaire  d'une  société  spécialisée  non  seulement  dans  le  développement  des  réseaux  routiers  ou  aéroportuaires  du  pays,  mais  aussi dans le domaine immobilier, que le capital de cette société, dont les  actions étaient entièrement détenues par  les membres de sa  famille, se  montaient  à  environ  un  million  de  francs,  qu'elle  était  elle­même  propriétaire  d'actions  à  hauteur  d'environ  250'000.­  francs  et  qu'elle  participait activement à sa bonne marche. Elle a ajouté que cette société  s'était  de  plus  en  plus  spécialisée  dans  la  construction  et  la  vente  de  villas  clés  en  mains  meublées  et  décorées  et  qu'elle  avait  décidé  de  s'occuper  personnellement  de  cette  branche  particulière  de  l'entreprise,  mais que, jeune bachelière, elle ne disposait pas encore de compétences  spécifiques  pour  développer  cette  activité,  raison  pour  laquelle  elle  souhaitait suivre une formation auprès du célèbre Atelier Hermès dont la  réputation était internationale dans ce secteur. D.  Par  décision  du  23  novembre  2010,  l'ODM  a  refusé  de  donner  son  approbation à  l'octroi d'une autorisation de séjour pour études en faveur  de l'intéressée et a prononcé son renvoi de Suisse. Dans la motivation de  sa décision, cette autorité a retenu en substance que, compte tenu de la  situation  personnelle  de  la  requérante  et  de  l'ensemble  des  circonstances,  sa  sortie  au  terme  du  séjour  envisagé  ne  pouvait  être 

C­8847/2010 Page 4 considérée  comme  suffisamment  assurée.  Se  référant  à  la  lettre  de  motivation et au curriculum vitae de l'intéressée, l'ODM a en outre relevé  que cette dernière avait déjà débuté dans son pays des études dans une  école moderne  d'architecture  et  de  design  et  qu'elle  était  parallèlement  entrée dans la vie active, de sorte qu'il n'était pas opportun de la laisser  débuter  la  formation  envisagée.  Ledit  office  a  ainsi  considéré  que  les  conditions d'admission de la demande au sens de la disposition précitée  n'étaient pas remplies. E.  Par  acte  du  24  décembre  2010,  A._______  a  recouru  contre  cette  décision,  par  l'entremise  de  son  nouveau  conseil,  concluant  à  son  annulation et à l'octroi d'une autorisation de séjour pour études. Elle a en  particulier  allégué  n'avoir  aucune  expérience  professionnelle,  être  bachelière, avoir effectué ses écoles primaires et secondaires en Algérie  et en Tunisie et être l'aînée d'une famille de quatre enfants, à laquelle elle  était  très attachée. Elle a ajouté que, depuis son arrivée en Suisse, elle  était  rentrée dans sa patrie auprès des siens chaque fois que l'occasion  s'était  présentée,  qu'elle  venait  d'une  famille  entrepreneuriale  qui  se  caractérisait  par  son  succès  financier,  que  l'entreprise  familiale  était  active  dans  la  réalisation  de  travaux  de  grande  envergure,  notamment  des  travaux  publics  hydrauliques,  constructions  de  routes  et  pistes  d'aérodromes, qu'au fil de  l'évolution de la société mère, une importante  partie du capital social de celle­ci lui avait été cédée, ainsi qu'à son frère,  qu'au  début  2008,  la  société  mère  avait  décidé  de  créer  une  filiale  spécialisée  dans  la  promotion  immobilière,  qu'avant  de  reprendre  la  gestion  de  cette  nouvelle  entité,  elle  devait  être  formée  et  que  c'était  principalement dans ce contexte familial et économique qu'elle souhaitait  se  voir  délivrer  un  bachelor  dans  la  filière  Architecture  d'intérieur  de  l'Atelier Hermès. La prénommée a en outre fait valoir que son père s'était  porté  garant  de  l'intégralité  des  frais  relatifs  à  son  séjour,  qu'afin  de  garantir  le  succès  de  ses  études,  elle  avait  d'abord  obtenu  le  Diplôme  d'Etudes  en  Langue  Française  (DELF)  niveau  B2  auprès  de  l'IFAGE,  qu'elle  s'était  engagée  à  quitter  le  territoire  helvétique  à  l'issue  de  ses  études et que son  retour en Algérie était assuré, dès  lors qu'elle devait  prendre  en  charge  la  gestion  de  la  société  immobilière  précitée  et  participer  de  manière  active  au  développement  des  biens  familiaux  et  qu'elle était également propriétaire d'un somptueux appartement à Alger,  tout en précisant qu'aucun membre de sa  famille ne  résidait en Suisse.  Elle a enfin argué que s'il  ressortait de son curriculum vitae qu'elle était  membre  du  conseil  d'administration  de  la  société  familiale  dont  elle  détenait  des  parts  conséquentes,  elle  n'y  exerçait  toutefois  pas  de 

C­8847/2010 Page 5 fonctions  professionnelles,  dans  la  mesure  où  elle  n'en  avait  pas  les  compétences, et que ce document démontrait clairement que son niveau  de formation s'arrêtait à un niveau de baccalauréat, contestant ainsi le fait  qu'elle aurait commencé des études d'architecture et de design dans sa  patrie. A l'appui de son recours, elle a fourni de nombreuses pièces. F.  Appelé  à  se  déterminer  sur  le  recours,  l'ODM en  a  proposé  le  rejet  en  date du 4 avril  2011,  soulignant  que  la  recourante avait  obtenu un visa  d'entrée de trente jours et pour motif d'affaires, qu'elle avait profité de sa  présence  en  Suisse  pour  demander  une  autorisation  de  séjour  pour  études et qu'elle avait indiqué être gérante dans sa demande de visa du  20 janvier 2010, mention qui figurait également sur son passeport. Invitée  à  se  prononcer  sur  ce  préavis,  l'intéressée  a  essentiellement  repris  ses  précédentes  allégations  dans  ses  observations  du  10  mai  2011. G.  Dans  le  cadre  d'un  nouvel  échange  d'écritures,  l'autorité  intimée  a  maintenu sa position dans ses déterminations du 22 juin 2011. Dans ses observations du 10 août 2011, la recourante a insisté sur le fait  qu'elle  n'avait  nullement  eu  l'intention  de  tromper  les  autorités,  raison  pour laquelle elle s'était empressée de solliciter leur bienveillance face à  son ignorance de la procédure à respecter afin d'obtenir une autorisation  de  séjour  pour  études.  Elle  a  en  outre  transmis  une  attestation  d'inscription  à  plein  temps  auprès  de  l'Atelier  Hermès  pour  l'année  scolaire 2011­2012 en Architecture d'intérieur,  2ème  année, et une copie  du  certificat  de  fin  de  1ère  année  en  Architecture  d'intérieur  que  cet  établissement lui a délivré, le 30 juin 2011, avec la mention "assez bien". H.  Appelé  à  déposer  d'éventuelles  remarques,  l'ODM  a  indiqué,  dans  sa  réponse du 26 août 2011, n'avoir plus d'observations à formuler.  Ce courrier a été communiqué  le 5 septembre 2011 à  l'intéressée, pour  information.

C­8847/2010 Page 6 Droit : 1.   1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif fédéral (ci­après: le Tribunal ou le TAF), en vertu de l'art. 31  LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure administrative  (PA, RS  172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  En  particulier,  les  décisions  en matière  de  refus  d'approbation  à  l'octroi  d'une autorisation de séjour et de renvoi prononcées par  l'ODM ­  lequel  constitue une unité de l'administration fédérale telle que définie à l'art. 33  let.  d  LTAF  ­  sont  susceptibles  de  recours  au  TAF,  qui  statue  définitivement (cf. art. 1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. c ch. 2 et  4 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]; voir  également  sur  cette  question  et  par  rapport  à  la  disposition  de  l'art.  27  LEtr  applicable  à  la  présente  cause  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_802/2010 du 22 octobre 2010 consid. 4 et réf. citée). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3.  L'intéressée  a  qualité  pour  recourir  (cf. art. 48  al. 1  PA).  Présenté  dans  la  forme et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable  (cf. art. 50 et art. 52 PA).  2.  La  recourante  peut  invoquer  devant  le  Tribunal  la  violation  du  droit  fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte  ou  incomplète  des  faits  pertinents,  ainsi  que  l'inopportunité  de  la  décision  entreprise,  à  moins  qu'une  autorité  cantonale ait statué comme autorité de recours (cf. art. 49 PA). A teneur  de  l'art.  62  al.  4  PA,  l'autorité  de  recours  n'est  pas  liée  par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  des  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux  invoqués.  Dans  son  arrêt,  elle  prend en considération l'état de fait et de droit régnant au moment où elle  statue (cf. ATAF 2011/1 consid. 2 p. 4 et jurisprudence citée).  3.  

C­8847/2010 Page 7 3.1.  Tout  étranger  peut  séjourner  en  Suisse  sans  exercer  d'activité  lucrative pendant trois mois sans autorisation, sauf si la durée fixée dans  le  visa  est  plus  courte.  L'étranger  qui  prévoit  un  séjour  plus  long  sans  activité lucrative doit être titulaire d'une autorisation (art. 10 al. 1 et 2 1ère  phrase LEtr). 3.2. Les autorités compétentes tiennent notamment compte, en exerçant  leur  pouvoir  d'appréciation,  des  intérêts  publics  et  de  la  situation  personnelle de l'étranger (art. 96 al. 1 LEtr). 4.   4.1. Selon  l'art.  99  LEtr  en  relation  avec  l'art.  40  al.  1  LEtr,  le  Conseil  fédéral détermine les cas dans lesquels les autorisations de courte durée,  de  séjour  ou  d'établissement,  ainsi  que  les  décisions  préalables  des  autorités cantonales du marché du  travail sont soumises à  l'approbation  de l'ODM. Celui­ci peut refuser son approbation ou limiter la portée de la  décision cantonale. 4.2.  En  l'espèce,  la  compétence  décisionnelle  appartient  à  la  Confédération en vertu des règles de procédure précitées (cf. également  ch. 1.3.1.1  et  1.3.1.2.2.  let.  a  des Directives et  circulaires  de  l'ODM,  en  ligne sur son site internet : www.bfm.admin.ch > Documentation > Bases  légales > Directives et circulaires > Domaine des étrangers > Procédure  et répartition des compétences, version 30.09.2011; consulté en octobre  2011). Il s'ensuit que ni le TAF, ni l'ODM ne sont liés par la proposition de  l'OCP du 5 mai 2010 et peuvent parfaitement s'écarter de  l'appréciation  faite par cette autorité. 5.   5.1. Les art. 27 à 29 LEtr régissent les conditions de séjour en Suisse des  étrangers sans activité lucrative (étrangers admis en vue d'une formation  ou  d'un  perfectionnement,  rentiers  et  étrangers  admis  en  vue  d'un  traitement médical). 5.2.  En  application  de  l'art.  27  al.  1  LEtr,  dans  sa  teneur  en  vigueur  depuis  le  1er  janvier  2011,  un  étranger  peut  être  admis  en  vue  d'une  formation ou d'un perfectionnement aux conditions suivantes: a) la direction de l'établissement confirme qu'il peut suivre la formation ou  le perfectionnement envisagés; http://www.bfm.admin.ch/

C­8847/2010 Page 8 b) il dispose d'un logement approprié; c) il dispose des moyens financiers nécessaires; d) il a le niveau de formation et les qualifications personnelles requis pour  suivre la formation ou le perfectionnement prévus. 5.3. L'art. 23 al. 2 OASA, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er janvier  2011, dispose que les qualifications personnelles (art. 27 al. 1 let. d LEtr)  sont  suffisantes  notamment  lorsqu’aucun  séjour  antérieur,  aucune  procédure de demande antérieure ni aucun autre élément n’indique que  la formation ou le perfectionnement invoqués visent uniquement à éluder  les  prescriptions  générales  sur  l’admission  et  le  séjour  des  étrangers. L'alinéa  3  de  cette  disposition  (dans  sa  teneur  en  vigueur  depuis  le  1er  janvier  2010)  stipule  qu'une  formation  ou  un  perfectionnement  n'est  en  principe  admis  que  pour  une  durée  maximale  de  huit  ans.  Des  dérogations  peuvent  être  accordées  en  vue  d’une  formation  ou  d’un  perfectionnement visant un but précis. 5.4. Conformément à l'art. 24 OASA, les écoles qui proposent des cours  de formation ou de perfectionnement à des étrangers doivent garantir une  offre de  cours adaptée et  respecter  le programme d’enseignement.  Les  autorités  compétentes  peuvent  limiter  aux  seules  écoles  reconnues  l’admission à des cours de  formation ou de perfectionnement  (al. 1). Le  programme d’enseignement et  la durée de la formation ou des cours de  perfectionnement  doivent  être  fixés  (al.  2).  La  direction  de  l’école  doit  confirmer  que  le  candidat  possède  le  niveau  de  formation  et  les  connaissances  linguistiques  requis  pour  suivre  la  formation  envisagée (al. 3). Dans des cas dûment motivés, les autorités compétentes peuvent  également demander qu’un test linguistique soit effectué (al. 4). 6.   6.1. Dans le cas d'espèce, le refus de l'ODM de donner son approbation  à l'octroi, en faveur de A._______, d'une autorisation de séjour en Suisse  destinée  à  lui  permettre  d'y  acquérir  une  formation  au  sens  de  l'art.  27  LEtr est en partie motivé par le fait que sa sortie de Suisse, au terme du  séjour envisagé, ne peut être considérée comme suffisamment assurée.

C­8847/2010 Page 9 6.2. Comme évoqué  précédemment,  il  y  a  lieu  de  préciser  à  cet  égard  que  le  droit  applicable  à  la  présente  cause  consiste  en  l'actuel  art.  27  LEtr,  dans  sa  teneur  du  1er  janvier  2011.  Du  fait  des  modifications  apportées à l'ancienne version de cette disposition, l’assurance du départ  de  Suisse  (telle  que  prévue  dans  l'ancien  art.  27  al.  1  let.  d  LEtr)  ne  constitue plus une condition d’admission en vue d’une formation ou d’un  perfectionnement. Sont déterminants désormais le niveau de formation et  les  qualifications  personnelles  requis  pour  suivre  la  formation  ou  le  perfectionnement  prévus  (cf. Rapport  de  la Commission des  institutions  politiques du Conseil national du 5 novembre 2009 concernant l'initiative  parlementaire  pour  faciliter  l'admission  et  l'intégration  des  étrangers  diplômés  d'une  haute  école  suisse,  FF  2010  p.  383  et  385).  Dès  lors,  l'absence d'assurance de départ de Suisse de l'intéressée au terme de sa  formation  ne  constitue  plus  un  motif  justifiant  à  lui  seul  le  refus  de  délivrance d'une autorisation de séjour pour études. 6.3. Par ailleurs, l'ODM n'a pas laissé entendre dans la motivation de sa  décision du 23 novembre 2010 (en dehors de la question de la sortie de  Suisse ne figurant plus dans la version actuelle de l'art. 27 LEtr), ni dans  ses préavis des 4 avril et 22  juin 2011 que A._______ ne remplirait pas  les autres conditions d'application énoncées explicitement à l'art. 27 al. 1  LEtr. L'examen des pièces du dossier conduit au demeurant à constater  que la recourante s'est vue délivrer le DELF B2 avant d'entreprendre des  études  d'architecture  d'intérieur  d'une  durée  de  trois  ans  auprès  de  l'Atelier Hermès et qu'elle y est inscrite à plein temps en 2ème année pour  l'année scolaire 2011­2012 (cf. attestation d'inscription produite à  l'appui  des  observations  du  10  août  2011),  de  sorte  que  cet  établissement  a  reconnu  l'aptitude  de  l'intéressée  à  suivre  la  formation  en  question.  Il  ressort  également  des  pièces  du  dossier  que  la  prénommée  est  en  mesure  de  bénéficier,  durant  son  séjour  d'études  en  Suisse,  d'un  logement  approprié  et  dispose  des  moyens  financiers  nécessaires  (cf.  attestation  de  prise  en  charge  financière  signée  par  le  père  de  la  recourante  et  attestation  bancaire  figurant  au  dossier  cantonal  certifiant  que celui­là détient des fonds représentant plus de 100'000.­ francs pour  subvenir aux besoins de sa  fille). Enfin,  conformément aux art.  27 al.  1  let. d LEtr et 23 OASA dans leur nouvelle teneur en vigueur depuis le 1er  janvier  2011,  il  n'existe  aucun élément  dans  le  dossier  qui  permette  de  conclure que l'intéressée n'aurait pas le niveau de formation requis pour  suivre la formation prévue. 6.4.  Indépendamment  de  ce  qui  précède,  il  importe  de  souligner  que  même  dans  l'hypothèse  où  les  conditions  prévues  à  l'art.  27  LEtr 

C­8847/2010 Page 10 (disposition rédigée en la forme potestative ou "Kann­Vorschrift") seraient  réunies, la recourante ne dispose d'aucun droit à la délivrance d'une telle  autorisation  de  séjour,  à  moins  qu'elle  ne  puisse  se  prévaloir  d'une  disposition particulière du droit  fédéral ou d'un  traité  lui  conférant un  tel  droit,  ce  qui  n'est  manifestement  pas  le  cas  en  l'espèce.  Les  autorités  disposent donc d'un très large pouvoir d'appréciation dans le cadre de la  présente cause (cf. art. 96 LEtr.).  Cela  étant,  sous  l'angle  de  ce  libre  pouvoir  d'appréciation,  il  convient  encore  d'examiner  si  la  demande  d'autorisation  de  séjour  pour  études  déposée par l'intéressée est opportune et ne vise pas plutôt à éluder les  prescriptions générales sur  l'admission et  le séjour des étrangers (cf. en  ce sens art. 23 al. 2 OASA). A cet égard, les autorités doivent continuer,  nonobstant les modifications apportées à l'art. 27 LEtr (cf. consid. 6.2 ci­ dessus),  d'avoir  la  possibilité  de  vérifier  que  la  demande  n'a  pas  pour  unique  but  d'obtenir  frauduleusement  une  autorisation  de  séjour  (cf.  Rapport  précité  de  la Commission  des  institutions  politiques  du Conseil  national p. 385). S'il  y  a  certes  lieu  de  déplorer  le  fait  que  l'intéressée  soit  arrivée  en  Suisse  munie  d'un  visa  pour  affaires  d'une  durée  de  trente  jours  (cf.  demande  de  visa  du  20  janvier  2011),  alors  qu'elle  avait  l'intention  d'y  entreprendre  des  études  (cf.  lettre  d'excuse  du  28  mars  2010),  il  n'en  demeure  toutefois  pas  moins  que,  sous  l'angle  de  l'opportunité,  la  décision de refus prononcée par  l'ODM ne saurait davantage être  tenue  pour justifiée. En effet, il sied de relever que la recourante est issue d'une  famille  entrepreneuriale,  que  l'entreprise  familiale  est  active  dans  la  réalisation  de  travaux  de  grande  envergure  notamment  des  travaux  publics hydrauliques, constructions de routes et pistes d'aérodromes (cf.  extrait du registre du commerce de la wilaya de Batna produit à l'appui du  recours du 24 décembre 2010), que la société mère a décidé de créer, au  début  2008,  une  filiale  spécialisée  dans  la  promotion  immobilière  (cf.  extrait du registre du commerce de  la wilaya de Skikda produit à  l'appui  du  recours  précité)  et  que  l'intéressée  souhaite  obtenir  un  bachelor  en  Architecture  d'intérieur  auprès  de  l'Atelier  Hermès,  afin  de  reprendre  la  gestion de cette nouvelle entité.  A  cela  s'ajoute  que,  le  30  juin  2011,  cet  établissement  a  délivré  à  la  recourante un certificat de fin de 1ère année avec la mention "assez bien"  (cf. certificat produit à  l'appui des observations du 10 août 2011) et que  tout porte à penser que la demande d'autorisation de séjour pour études  de  l'intéressée  ne  vise  pas  à  éluder  les  prescriptions  générales  sur  le 

C­8847/2010 Page 11 séjour des étrangers. Il convient d'observer à cet égard que cette dernière  possède  des  liens  très  étroits  dans  sa  patrie,  dès  lors  que,  depuis  son  arrivée  sur  territoire  helvétique,  elle  est  régulièrement  retournée  en  Algérie pour rendre visite à sa famille (cf. demandes de visa de retour des  2 juillet 2010, 7 octobre 2010 et 24 mars 2011), qu'elle y est propriétaire  d'un appartement  luxueux (cf. acte de vente produit à  l'appui du pourvoi  du  24  décembre  2010),  qu'elle  y  est  membre  associé  et  membre  du  conseil d'administration d'une sàrl  (cf. acte de cession de parts sociales  produit  à  l'appui  du  recours  précité)  et  que  tout  laisse  à  penser  qu'elle  pourra y bénéficier d'un avenir professionnel prometteur après l'obtention  du  diplôme  souhaité,  en  ce  sens  qu'elle  sera  appelée  à  prendre  en  charge  la  gestion  d'une  société  immobilière  et  participer  de  manière  active au développement des biens familiaux (cf. lettre de motivation non  datée  du  père  de  la  recourante  produite  à  l'appui  du  recours).  Par  surabondance, dans  la mesure où  il  ressort du curriculum vitae de cette  dernière que celle­ci était encore étudiante dans une école secondaire à  Tunis en 2009, on ne saurait considérer, contrairement à  l'ODM, qu'elle  était  déjà  entrée  dans  la  vie  active  avant  son  arrivée  en  Suisse  le  15  février  2010,  d'autant  moins  qu'elle  venait  d'obtenir  un  baccalauréat  et  qu'elle n'était alors âgée que de dix­neuf ans. Dans  ces  circonstances,  l'autorisation  sollicitée  ne  saurait  être  refusée  pour des motifs d'opportunité. Partant,  le recours interjeté par A._______ doit être admis et  la décision  attaquée  annulée,  l'autorité  intimée  étant  invitée  à  donner  son  approbation à l'octroi en sa faveur d'une autorisation de séjour fondée sur  l'art. 27 LEtr. Cela étant,  il y a  lieu d'attirer  l'attention de la prénommée sur  le fait que  dite  autorisation  lui  est  accordée  uniquement  pour  suivre  les  études  annoncées  dans  sa  requête  du  10  mars  2010,  à  savoir  les  études  en  Architecture  d'intérieur  auprès  de  l'Atelier  Hermès,  et  de  lui  rappeler  qu'elle a pris  l'engagement de quitter  la Suisse au terme de ses études,  mais au plus tard le 30 juillet 2013 (cf. déclaration du 28 mars 2010). Si la  recourante  devait  éprouver  des  difficultés  à  parfaire  cette  formation  ou  prenait  la  décision  de modifier  son  plan  d'études,  l'OCP  serait  fondé  à  refuser le renouvellement de son autorisation de séjour. 7.  Bien qu'elle succombe,  l'autorité  intimée n'a pas à supporter de  frais de  procédure (art. 63 al. 2 PA).

C­8847/2010 Page 12 8.  Obtenant  gain  de  cause,  la  recourante  n'a  pas  à  supporter  de  frais  de  procédure  (art. 63 al. 1 a contrario et al. 3 PA) et a droit à des dépens  (art. 64 al. 1 PA en relation avec l'art. 7 du règlement du 21 février 2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]).  Au  vu  de  l'ensemble  des  circonstances du  cas,  de  l'importance de  l'affaire,  du degré de difficulté  de cette dernière et de l'ampleur du travail accompli par le mandataire, le  TAF  estime,  au  regard  des  art.  8  ss  FITAF,  que  le  versement  d'un  montant de Fr. 1'200.­ à titre de dépens (TVA comprise) apparaît comme  équitable en la présente cause. (dispositif page suivante)

C­8847/2010 Page 13 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est admis dans le sens des considérants. 2.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de Fr. 1'000.­ versée le  4 février 2011 sera restituée à la recourante par la caisse du Tribunal. 3.  L'autorité  inférieure versera à  la  recourante un montant de Fr. 1'200.­ à  titre de dépens. 4.  Le présent arrêt est adressé : – à  la  recourante  (Recommandé;  annexe  :  un  formulaire  "adresse  de  paiement"  à  retourner  au  Tribunal,  dûment  rempli,  au  moyen  de  l'enveloppe ci­jointe) – à  l'autorité  inférieure,  avec  dossier  n° de réf. SYMIC 16031536.7  en  retour – en  copie  à  l'Office  de  la  population  du  canton  de  Genève,  avec  dossier cantonal en retour Le président du collège : La greffière :

C­8847/2010 Page 14 Blaise Vuille Sophie Vigliante Romeo Expédition :

C-8847/2010 — Bundesverwaltungsgericht 26.10.2011 C-8847/2010 — Swissrulings