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Bundesverwaltungsgericht 28.09.2011 C-5897/2009

28 settembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,519 parole·~18 min·1

Riassunto

Annulation de la naturalisation facilitée | annulation de la naturalisation facilitée

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour III C­5897/2009 Arrêt   d u   2 8   sept emb r e   2011 Composition Blaise Vuille (président du collège), Ruth Beutler, Bernard Vaudan, juges, Alain Surdez, greffier. Parties X._______, représenté par Maître Alain Vuithier, avocat,  rue du Simplon 25, case postale 551, 1001 Lausanne, recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Annulation de la naturalisation facilitée.

C­5897/2009 Page 2 Faits : A.  Arrivé en Suisse au mois d'octobre 2000 pour y effectuer des études au  sein  de  la  Faculté  des Hautes  Etudes Commerciales  de  l'Université  de  Lausanne,  X._______  (ressortissant  ukrainien  né  le  17  mai  1974  et  portant jusqu'à la date de son mariage contracté ultérieurement avec une  ressortissante  suisse  le  prénom  de  B._______)  a  reçu  à  cet  effet  délivrance  de  la  part  de  l'autorité  compétente  en  matière  de  droit  des  étrangers  du  canton de Berne,  où  il  a  élu  domicile,  une autorisation  de  séjour  idoine. Dite autorisation a été  renouvelée par cette autorité, avec  l'assentiment de son homologue vaudois, jusqu'au 31 octobre 2003. Le  22  août  2003,  X._______  a  contracté  mariage  devant  l'état  civil  de  F._______  avec  Y._______,  ressortissante  suisse  née  le  14  décembre  1967. Suite  à  ce mariage, X._______,  qui  a emménagé au domicile  de  son épouse à D._______, a obtenu de l'autorité vaudoise compétente, au  titre  du  regroupement  familial,  une  autorisation  de  séjour  qui  a  été  renouvelée jusqu'au 31 octobre 2008. Y._______ a donné naissance, le 18 janvier 2005, à un fils, E._______, à  l'égard duquel une action en désaveu de paternité formée par X._______  a abouti devant  le Tribunal civil d'arrondissement de  l'Est vaudois,  le 22  juin  2006. Cet  enfant  a  officiellement  été  reconnu,  le  5 mars  2007,  par  Z._______. B.  En date du 8 novembre 2006, X._______ a rempli à l'attention de l'Office  fédéral  des  migrations  (ODM)  une  demande  de  naturalisation  facilitée  fondée  sur  son  mariage  avec  Y._______  (art.  27  de  la  loi  sur  la  nationalité [LN, RS 141.0]). Dans  le  cadre  de  l'instruction  de  cette  demande,  X._______  et  son  épouse  ont  contresigné,  le  18  mars  2007,  une  déclaration  écrite  aux  termes  de  laquelle  ils  confirmaient  vivre  en  communauté  conjugale  effective, à la même adresse. Ils ont aussi attesté avoir pris connaissance  du fait que la naturalisation facilitée ne pouvait pas être octroyée lorsque,  avant  ou  pendant  la  procédure  de  naturalisation,  la  communauté  conjugale  effective  n'existait  plus,  notamment  si  l'un  des  conjoints  demandait  le  divorce  ou  la  séparation,  et  que,  si  cet  état  de  fait  était  dissimulé,  la  naturalisation  facilitée  pouvait  être  annulée  ultérieurement,  conformément au droit en vigueur.

C­5897/2009 Page 3 C.  Par décision du 4 avril 2007, l'ODM a accordé la naturalisation facilitée à  X._______ en application  de  l'art.  27 LN,  lui  conférant  par  là­même  les  droits de cité cantonal et communal de son épouse. D.  D.a Par  jugement du 22  juillet 2008 (entré en  force  le 26 août 2008),  le  Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a prononcé, par  le  divorce, la dissolution du mariage de X._______ et de Y._______. Par  transmission  du  20  août  2008,  le  Bureau  des  naturalisations  de  la  ville  de  Lausanne  a  informé  l'ODM  que  la  séparation  de  X._______  d'avec son épouse avait été officiellement enregistrée  le 8  février 2008.  Selon les renseignements recueillis le 21 août 2008 par l'autorité fédérale  précitée auprès du Contrôle des habitants et du bureau des étrangers de  la  même  localité,  les  prénommés  vivaient  dans  des  appartements  distincts situés dans ladite localité, X._______ ayant emménagé dans un  logement loué par une compatriote. D.b Par  lettre  du  22  août  2008,  l'ODM a  fait  savoir  à X._______  qu'en  regard de ces circonstances,  il se voyait contraint d'examiner s'il y avait  lieu  d'annuler  sa  naturalisation  facilitée;  la  possibilité  a  été  donnée  à  l'intéressé de faire valoir ses déterminations. Le 22 août 2008 également, l'ODM a informé Y._______ qu'il envisageait,  dans le cadre des mesures d'instruction opérées en vue de l'examen de  la question d'une éventuelle annulation de  la naturalisation  facilitée dont  bénéficiait  son  époux  (recte:  ex­époux),  de  charger  l'autorité  cantonale  compétente de procéder à son audition. Un délai au 22 septembre 2008 a  été fixé à la prénommée pour préciser à l'autorité fédérale précitée si elle  était disposée à être entendue en présence de son conjoint et/ou de son  mandataire. Par courrier parvenu le 22 septembre 2008 à l'ODM, Y._______ a indiqué  ne pas être opposée à faire l'objet d'une telle audition, en tant que celle­ci  devait  s'avérer  indispensable. A  cette occasion,  la prénommée a  relevé  que,  lors de  la  signature de  la déclaration  commune,  les époux avaient  toujours  pour  intention  de  poursuivre  leur  vie  conjugale  et  comptaient  plusieurs  projets  communs,  malgré  les  soucis  de  santé  auxquels  elle  faisait  déjà  face.  Son  état  s'étant  gravement  dégradé  à  partir  de  l'été  2007,  elle  s'était  alors  soumise à  des examens approfondis  qui  avaient 

C­5897/2009 Page 4 révélé  la  résurgence  violente  d'une  hépatite  C  contractée  en  1989  et  susceptible désormais de provoquer à court terme un cancer du foie. En  novembre 2007, elle avait débuté un traitement à l'Interféron comportant  de  nombreux  effets  secondaires  indésirables.  Au  cours  de  l'hiver  2007/2008, elle avait dû affronter d'importantes souffrances. A  la même  période,  son  époux  avait  été  très  absorbé  pas  ses  recherches  doctrinales.  Suite  au  diagnostic  de  son  médecin  selon  lequel  aucune  garantie  de  guérison  ne  pouvait  lui  être  donnée,  elle  et  son  époux  avaient,  au  mois  de  février  2008,  pris  la  décision,  après  de  longues  discussions, de se séparer, avant de mettre fin à leur union. Au surplus,  Y._______  a  précisé  n'avoir  subi  aucune  pression  de  la  part  de  son  époux, avec lequel elle conservait de bonnes relations. Dans ses observations formulées par l'entremise de son mandataire le 30  octobre 2008, X._______ a tout d'abord exposé qu'avant la conclusion de  son mariage,  il  avait  fréquenté  sa  future  épouse  pendant  une  année  et  demi  environ,  période  au  cours  de  laquelle  il  se  trouvait  en  situation  régulière  sur  territoire  helvétique.  Le prénommé a par  ailleurs  fait  valoir  que, dans  le cadre de  leur union,  tous deux avaient notamment élaboré  un projet de construction d'une maison familiale et planifié à cet effet, en  2007,  l'achat  d'un  terrain.  Des  contacts  avaient  ainsi  été  pris  avec  une  entreprise  russe,  puis  avec  une  banque  suisse  et  leurs  caisses  de  pensions respectives. Toutefois,  les répercussions de  la maladie de son  épouse sur la vie conjugale avaient lourdement perturbé la vie du couple  au point de rendre intenable la poursuite de l'union conjugale. Aussi avait­ il quitté le domicile conjugal au mois de février 2008 pour s'installer dans  un  appartement  mis  à  sa  disposition  par  une  connaissance.  Cette  dernière, qui n'était pas sa concubine, ne passait que quelques jours par  semaine dans l'appartement en question. Affirmant qu'il formait avec son  épouse  une  union  stable  et  tournée  vers  l'avenir  au  moment  de  la  déclaration commune, X._______ a  joint à son écrit notamment  la copie  de  la  requête  commune  de  divorce  et  de  la  convention  sur  les  effets  accessoires  du  divorce  signées  avec  la  prénommée  le  13  février  2008,  ainsi  qu'une  déclaration  écrite  de  la  logeuse  dans  l'appartement  de  laquelle  il  avait,  selon  les  précisions  données  par  cette  dernière,  emménagé temporairement après son départ du domicile conjugal. Le 31 octobre 2008, le Contrôle des habitants et bureau des étrangers de  Lausanne a  indiqué à  l'ODM, dans  le cadre d'un entretien  téléphonique,  que X._______ avait,  le  lendemain de son divorce, sollicité des services  communaux  concernés  l'établissement  d'une  attestation  de  résidence 

C­5897/2009 Page 5 dans  la  perspective  d'un  futur  mariage  avec  une  ressortissante  ukrainienne. En raison des problèmes de santé évoqués par Y._______, l'ODM a, en  lieu  et  place  de  l'audition  à  laquelle  il  envisageait  de  procéder  à  son  égard,  soumis  à  la  prénommée,  le  21  novembre  2008,  une  liste  de  questions  écrites  auxquelles  cette  dernière  a  été  priée  de  répondre  en  qualité de personne appelée à fournir des renseignements (art. 12  let. c  de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure administrative  [PA, RS 172.021]). Dans sa prise de position formulée par écrit daté du 18 décembre 2008 et  parvenue  le  22  décembre  2008  à  l'ODM,  Y._______  a  indiqué  qu'elle  avait  fait  la  connaissance  de  X._______  à  la  mi­décembre  2001.  L'initiative de  ce mariage  lui  revenait,  dans  la mesure où elle  souhaitait  par­dessus tout avoir un enfant. Leur objectif commun était de construire  une  famille.  Indépendamment  du  fait  qu'elle  avait  commencé des  cours  de langue russe dans la perspective d'effectuer un voyage en Ukraine et  en  Russie  avec  son  époux,  elle  partageait  également  avec  ce  dernier  plusieurs  intérêts,  notamment  le  cinéma  et  l'écoute  de  la  musique.  Y._______ a en outre relevé que son époux se rendait une fois l'an dans  son  pays  d'origine,  durant  une  dizaine  de  jours,  pour  le  suivi  d'un  traitement dentaire. Par manque de moyens financiers et faute de pouvoir  bénéficier de congés aux mêmes dates que son époux, elle n'avait jamais  pu  accompagner  ce  dernier  lors  de  ses  voyages  en Ukraine.  Précisant  que  le  couple  n'avait  pas  connu  de  séparation  jusqu'au  départ  de  son  époux  du  domicile  conjugal  le  4  février  2008,  Y._______  a  par  ailleurs  mentionné  que  les  problèmes  conjugaux  étaient  apparus  au  cours  des  mois de décembre 2007 et janvier 2008, suite à l'état de dépression et de  faiblesse provoqué par le traitement à l'Interféron qui lui était prodigué en  vue  de  la  guérison  de  son  hépatite  C.  Les  premières  discussions  survenues au sein du couple au sujet d'une éventuelle séparation ou d'un  divorce  avaient  eu  lieu  au  mois  de  janvier  2008.  Les  différences  culturelles  n'avaient  joué  aucun  rôle  dans  la  désunion  du  couple.  Alors  qu'elle  se  trouvait  aux  soins  intensifs  et  qu'elle  craignait  de  devoir  affronter  la mort,  elle  avait  jugé  nécessaire  de  révéler  à  son  époux,  au  mois  de  janvier  2008,  que  l'enfant E._______,  né  le  18  janvier  2005  et  désavoué entre­temps par ce dernier, était le fruit de la relation adultérine  qu'elle avait eue, au mois d'avril 2004, avec leur colocataire, Z._______.  Cette  révélation  avait  alors  conduit  son  époux,  qui  lui  avait  pardonné  l'infidélité  commise, mais  ignorait  jusque­là  l'identité  du  père  naturel  de  l'enfant, à quitter  le domicile conjugal. En dépit des doutes exprimés par 

C­5897/2009 Page 6 son  époux  à  ce  sujet,  elle  avait  toujours  nié  antérieurement  l'adultère  commis  avec  Z._______.  Son  époux  avait  alors  accepté  et  adopté  psychologiquement  l'enfant  E._______,  qui  fit  partie  intégrante  de  la  famille  dès  le  printemps  2007.  Les  démarches  entreprises  à  l'insu  de  X._______ quelques jours avant la signature de la déclaration commune  par le père naturel de l'enfant E._______ en vue de la reconnaissance de  ce  dernier  n'avaient  pas  eu  ainsi  d'incidence  sur  la  stabilité  de  l'union  conjugale, son époux ayant au demeurant compris son  fort désir d'avoir  un  enfant  et  réalisé  qu'il  lui  était  difficile  d'y  répondre  du  fait  de  la  primauté  donnée  à  ses  études.  Y._______  a  de  plus  exposé  qu'à  l'époque de la signature de la déclaration commune, son couple avait des  projets  communs  à  long  terme,  en  particulier  celui  de  construire  une  maison familiale et celui d'effectuer, pendant  l'élaboration par un bureau  d'architecture  de  ce  projet  de  construction,  un  séjour  d'une  année  en  Ukraine.  Confirmant  ses  déclarations  antérieures  sur  la  façon  dont  son  état de santé s'était aggravé depuis le milieu de l'année 2007, Y._______  a  encore  souligné  que,  compte  tenu  de  l'incertitude  planant  sur  ses  chances de guérison et des préoccupations de son époux qui se trouvait  dans une phase difficile de ses recherches doctorales, tous deux avaient  alors  décidé,  au  mois  de  février  2008  et  d'un  commun  accord,  de  se  séparer. Par  envoi  daté  du  30  décembre  2008  et  parvenu  à  l'ODM  le  6  janvier  2009, Y._______ a transmis à cette autorité un certificat de son médecin  du 19 décembre 2008 concernant les soins prodigués à la prénommée en  raison de son hépatite C. Invitée  par  l'ODM  le  7  janvier  2009,  après  deux  premières  tentatives  infructueuses  de  cette  autorité,  à  remplir  le  formulaire  destiné  à  libérer  son  médecin  du  secret  professionnel,  Y._______  a  fait  parvenir  audit  Office, par envoi du 27 janvier 2009, une copie du certificat médical versé  précédemment au dossier. Dans les explications complémentaires qu'il a été prié de communiquer à  l'ODM  au  sujet  des  circonstances  qui  avaient  entouré  sa  cohabitation  avec  le  père  de  l'enfant  E._______  et  dans  lesquelles  il  avait  eu  connaissance de la relation extraconjugale de son épouse, X._______ a  indiqué à  l'autorité précitée, par  lettre du 30  janvier 2009, que  le couple  avait, en raison du prix relativement élevé de son appartement, sous­loué  à  Z._______  une  pièce,  dont  l'entrée  était  indépendante.  Affirmant  qu'il  avait appris  la  liaison extraconjugale de son épouse avec Z._______ au  mois  de  février  2008,  X._______  a  en  outre  relevé  qu'il  n'avait  pas  eu 

C­5897/2009 Page 7 connaissance de  la procédure de  reconnaissance en paternité engagée  par ce dernier à l'égard de l'enfant E._______, son épouse lui ayant tu ce  fait. Lors de la déclaration de vie commune signée avec son épouse le 18  mars 2007, les relations qu'il entretenait avec cette dernière, dont il avait  pardonné l'écart conjugal, était bonnes et parfaitement stables. Bien qu'il  se  fût  douté  que  Z._______  était  le  père  naturel  de  l'enfant,  ce  n'était  qu'au  début  de  l'année  2008  qu'il  avait  eu  connaissance  de  ce  fait.  X._______  a  ajouté  que  son  départ  du  domicile  conjugal  au  début  de  l'année  2008  était  intervenu  d'un  commun  accord  avec  son  épouse  et  pour  des  motifs  liés  uniquement  aux  problèmes  de  santé  de  cette  dernière. Déclarant  vouloir  donner  un  éclaircissement  supplémentaire  sur  les  motifs et les circonstances qui l'avaient conduit à entamer les démarches  en vue de l'acquisition de la nationalité suisse, X._______ a, par courrier  personnel daté du 8 avril 2009 et parvenu en possession de l'ODM le 14  avril  2009,  relevé  à  l'attention  de  cette  autorité  qu'il  résidait  en  Suisse  depuis  l'année  2000  déjà  et  s'identifiait  comme  un  ressortissant  de  ce  pays dont il partageait les valeurs. Son mariage avec Y._______, laquelle  avait  largement  contribué  à  son  intégration  en  Suisse,  était  principalement dicté par le désir de créer une famille. Réaffirmant que la  maladie  de  cette  dernière  était  à  l'origine  de  la  dégradation  de  leurs  relations et, partant, de leur décision de se séparer, X._______ a encore  souligné qu'il avait accepté le fait que l'enfant E._______ fût le fruit de la  liaison de son épouse avec un ami proche, dès lors que ses absences du  foyer  conjugal  occasionnées  à  l'époque  par  le  travail  qu'il  effectuait  de  nuit parallèlement à l'accomplissement de ses études n'étaient pas sans  avoir joué un certain rôle dans cette liaison. Faisant  par  ailleurs  suite  à  la  demande  de  l'ODM  et  agissant  par  l'intermédiaire de son conseil, X._______ a précisé à cette autorité, par  lettre  du  14  avril  2009,  avoir  effectivement  ouvert,  avant  que  ne  fût  parvenue  à  sa  connaissance  la  relation  extraconjugale  de  son  épouse  avec leur colocataire, une action en désaveu de paternité dans la mesure  où  il  doutait  qu'il  pût  être  le  père  d'E._______.  Cette  démarche  n'avait  toutefois pas entamé  la solidité du couple qu'il  formait avec son épouse  suisse  et  qui  avait  perduré  durant  trois  ans.  Insistant  sur  le  fait  que  la  rupture  de  leur  union  s'expliquait  uniquement  par  les  problèmes  relationnels apparus à la suite de la maladie de son épouse, X._______ a  ajouté que l'appel téléphonique qu'il avait effectué, au mois d'août 2008,  auprès  du  Service  du  contrôle  des  habitants  de  Lausanne  en  vue  de  l'obtention  d'une  attestation  de  domicile  n'avait  d'autre  but  que  de  lui 

C­5897/2009 Page 8 permettre  de  satisfaire  aux  exigences  de  l'ODM  qui  l'avait  invité  à  produire diverses pièces, dont ce type d'attestation. A  la  demande  de  l'ODM,  X._______  a  explicité,  le  12  juin  2009,  les  circonstances  dans  lesquelles  était  intervenue  sa  cohabitation  avec  Z._______.  L'intéressé  a  en  particulier  affirmé  que  lui  et  son  épouse  avaient  accueilli  le  prénommé  dans  leur  appartement  de  F._______  en  raison  des  problèmes  personnels  rencontrés  par  ce  dernier  après  une  rupture  conjugale.  Tous  trois  avaient  ensuite  emménagé,  d'un  commun  accord, dans un plus grand appartement, en ville de Lausanne. E.  Par décision du 14 août 2009,  l'ODM a prononcé, avec l'assentiment de  l'autorité  cantonale  saint­galloise  compétente,  l'annulation  de  la  naturalisation facilitée accordée à X._______. F.  Dans le recours qu'il a interjeté, par acte du 16 septembre 2009, contre la  décision de l'ODM du 14 août 2009, X._______ a conclu à l'annulation de  cette décision. A l'appui de son pourvoi, l'intéressé a tout d'abord allégué  que  les  faits  sur  lesquels  l'autorité  intimée  fondait  la  présomption  d'une  naturalisation  obtenue  frauduleusement  étaient  inexacts  et  incomplets.  Contrairement à ce que laissait entendre l'ODM, la différence d'âge entre  lui  et  son  ex­épouse  suisse  (six  ans  et  demi)  n'apparaissait  pas  importante  et  n'avait  donc  pas  une  portée  significative.  En  outre,  l'autorisation  de  séjour  pour  études  dont  il  était  titulaire  en  Suisse  lui  donnait  la  certitude  d'en  obtenir  régulièrement  sa  prolongation  aussi  longtemps  qu'il  bénéficiait  du  statut  d'étudiant.  De  plus,  au moment  de  son mariage,  il  partageait  le désir de son épouse de  fonder une  famille  dans la perspective d'avoir des enfants. Répétant le fait qu'il avait ignoré,  jusqu'au  mois  de  février  2008,  l'identité  du  père  biologique  de  l'enfant  E._______ et qu'il avait réussi entre­temps à surmonter avec son épouse  l'épreuve  entraînée  par  l'adultère  de  cette  dernière,  le  recourant  a  par  ailleurs soutenu que  la dégradation de  l'état de santé de  la prénommée  survenue à partir de la fin de l'année 2007 et le sentiment de trahison qui  l'avait assailli après que cette dernière lui eût annoncé, au mois de février  2008, l'identité du père de l'enfant E._______ expliquaient à eux seuls la  détérioration rapide de leur union. G.  Appelé à se prononcer sur le recours, l'ODM en a proposé le rejet, dans  son préavis du 27 novembre 2009.

C­5897/2009 Page 9 H.  Dans sa réplique du 11 février 2010, le recourant a relevé qu'il n'était pas  rare  qu'en  cas d'adultère  de  l'un des  conjoints,  voire même  lorsque  cet  adultère se concrétisait par la naissance d'un enfant, le couple confronté  à cette épreuve réussît à surmonter celle­ci et poursuivît la vie commune.  En  outre,  l'intéressé  a  allégué  que  le  fait  qu'il  n'eût  pas  cherché  à  connaître l'identité du géniteur de l'enfant n'avait rien d'extraordinaire, dès  lors  que  de  nombreux  conjoints  préféraient  ignorer  cet  élément  susceptible  de  les  blesser  encore  davantage.  Confirmant  pour  le  reste  son argumentation antérieure, le recourant a encore souligné qu'il n'avait  pas mené de double vie durant  la vie commune avec son épouse, ni ne  s'était remarié après leur divorce. I.  Invité  le  24  juin  2011  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après:  le  Tribunal)  à  lui  faire  connaître  l'évolution  de  sa  situation  familiale,  le  recourant  a,  par  lettre  du  16  septembre  2011,  signalé  qu'il  ne  s'était  toujours  pas  remarié,  ni  n'était  devenu entre­temps  le  père d'un enfant.  Indiquant  que  son  ex­épouse  vivait  également  seule,  X._______  a  en  outre réitéré ses allégations au sujet de sa bonne intégration en Suisse. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal,  en  vertu  de  l'art.  31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de l'art. 5 PA, prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF.  En  particulier,  les  recours  contre  les  décisions  de  l'ODM  en  matière  d'annulation de la naturalisation facilitée peuvent être déférés au Tribunal  qui  statue  comme  autorité  précédant  le  Tribunal  fédéral  (cf.  art.  1 al. 2 LTAF en relation avec l'art. 83 let. b a contrario de la  loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  Tribunal est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3. X._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté dans  la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (cf. art.  50 et art. 52 PA).

C­5897/2009 Page 10 2.  Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité  de  recours  n'est  pas  liée  par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux  invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération  l'état de  fait  régnant au moment où elle statue (cf. ATAF 2011/1 consid. 2). 3.  3.1.  En  vertu  de  l'art.  27  al.  1  LN,  un  étranger  peut,  ensuite  de  son  mariage  avec  un  ressortissant  suisse,  former  une  demande  de  naturalisation facilitée s'il a résidé en Suisse pendant cinq ans en tout (let.  a),  s'il  y  réside  depuis  une  année  (let.  b)  et  s'il  vit  depuis  trois  ans  en  communauté conjugale avec un ressortissant suisse (let. c). 3.2. La notion de communauté conjugale dont  il est question dans  la  loi  sur  la  nationalité,  en  particulier  à  l'art.  27  al.  1  let.  c  et  l'art.  28  al.  1 let. a LN, présuppose non seulement l'existence formelle d'un mariage ­ à  savoir  d'une  union  conjugale  au  sens  de  l'art.  159  al.  1  du  Code  civil  suisse du 10 décembre 1907 (CC, RS 210) ­, mais implique, de surcroît,  une  communauté  de  fait  entre  les  époux,  respectivement  une  communauté de vie effective, fondée sur la volonté réciproque des époux  de maintenir  cette  union  (cf.  ATF  135  II  161  consid.  2  et  jurisprudence  citée). S'il  est  vrai  qu'il  ne  saurait  être  question  d'imposer  aux  candidats  à  la  naturalisation  facilitée  une  sorte  de  modèle  idéal  de  couple,  la  communauté conjugale mentionnée à l'art. 27 al. 1 let. c et à l'art. 28 al. 1  let. a LN suppose néansmoins  l'existence, au moment de  la décision de  naturalisation facilitée, d'une volonté matrimoniale intacte et orientée vers  l'avenir ("ein auf die Zukunft gerichteter Ehewille"), autrement dit la ferme  intention des époux de poursuivre  la communauté conjugale au­delà de  la  décision  de  naturalisation  facilitée  (cf.  notamment  arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_517/2010  du  7  mars  2011  consid.  3.3).  Une  séparation  survenue  peu  après  l'octroi  de  la  naturalisation  constitue  un  indice  de  l'absence  de  cette  volonté  lors  de  l'obtention  de  la  citoyenneté  suisse  (ATF 135 précité, ibidem).

C­5897/2009 Page 11 3.3.  La  communauté  conjugale  telle  que  définie  ci­dessus  doit  non  seulement  exister  au  moment  du  dépôt  de  la  demande,  mais  doit  subsister pendant toute la procédure jusqu'au prononcé de la décision sur  la requête de naturalisation facilitée (cf. ATF 135 précité, ibid.). Il sied de relever que le législateur fédéral,  lorsqu'il a créé l'institution de  la naturalisation facilitée en faveur du conjoint étranger d'un ressortissant  suisse,  avait  en  vue  la  conception  du mariage  telle  que  définie  par  les  dispositions  du  Code  civil  sur  le  droit  du  mariage,  à  savoir  une  union  contractée par amour en vue de la constitution d'une communauté de vie  étroite  (de  toit,  de  table  et  de  lit)  au  sein  de  laquelle  les  conjoints  sont  prêts à s'assurer mutuellement fidélité et assistance, et qui est envisagée  comme durable, à savoir comme une communauté de destins, voire dans  la perspective de la création d'une famille (cf. art. 159 al. 2 et al. 3 CC; cf.  sur  cette  question  les  ATF  124  III  52  consid.  2a/aa  et  118  II  235 consid. 3b). Malgré  l'évolution  des mœurs  et  des mentalités,  seule  cette  conception  du mariage,  communément  admise  et  jugée  digne  de  protection  par  le  législateur fédéral, est susceptible de justifier ­ aux conditions prévues à  l'art.  27  et  l'art.  28  LN  ­  l'octroi  de  la  naturalisation  facilitée  au  conjoint  étranger  d'un  ressortissant  helvétique.  En  facilitant  la  naturalisation  du  conjoint étranger d'un ressortissant suisse, le législateur fédéral entendait  favoriser  l'unité de  la nationalité dans  la perspective d'une vie commune  se  prolongeant  au­delà  de  la  décision  de  naturalisation  (cf.  ATF  135  précité, ibid.). L'institution de la naturalisation facilitée repose en effet sur  l'idée  que  le  conjoint  étranger  d'un  citoyen  helvétique  (à  la  condition  naturellement  qu'il  forme  avec  ce  dernier  une  communauté  conjugale  solide  telle  que  définie  ci­dessus)  s'accoutumera  plus  rapidement  au  mode  de  vie  et  aux  usages  suisses  qu'un  étranger  n'ayant  pas  un  conjoint  suisse,  qui  demeure,  lui,  soumis  aux  dispositions  régissant  la  naturalisation  ordinaire  (cf.  Message  du  Conseil  fédéral  relatif  à  la  modification de la loi sur la nationalité du 26 août 1987, in Feuille fédérale  [FF] 1987  III 300ss, ad art. 26 et 27 du projet; voir aussi  les ATF 130  II  482 consid. 2 et 128 II 97 consid. 3a). 4.  4.1. Avec l'assentiment de l'autorité du canton d'origine, l'ODM peut, dans  le  délai  prévu  par  la  loi,  annuler  la  naturalisation  obtenue  par  des  déclarations mensongères  ou  par  la  dissimulation  de  faits  essentiels  et  qui n'aurait pas été accordée si ces faits avaient été connus (art. 41 LN; 

C­5897/2009 Page 12 cf.  également Message  du Conseil  fédéral  relatif  à  un  projet  de  loi  sur  l'acquisition et la perte de la nationalité suisse du 9 août 1951 [FF 1951 II  700/701, ad art. 39 du projet]). L'annulation  de  la  naturalisation  présuppose  donc  que  celle­ci  ait  été  obtenue  frauduleusement,  c'est­à­dire  par  un  comportement  déloyal  et  trompeur. A cet égard, il n'est pas nécessaire qu'il y ait eu fraude au sens  du droit pénal. Il faut néanmoins que l'intéressé ait consciemment donné  de  fausses  indications  à  l'autorité,  respectivement  qu'il  ait  laissé  faussement croire à l'autorité qu'il se trouvait dans la situation prévue par l'art.  27 al.  1  let.  c  LN,  violant  ainsi  le  devoir  d'information  auquel  il  est  appelé à se conformer en vertu de cette disposition (cf. ATF 135 précité,  ibid., et jurisprudence citée; voir également les arrêts du Tribunal fédéral  1C_158/2011 du 26 août 2011 consid. 4.2.1 et 1C_250/2011 du 21 juillet  2011 consid. 3). Tel est notamment le cas si le requérant déclare vivre en  communauté stable avec son conjoint alors qu'il envisage de se séparer  une fois obtenue la naturalisation facilitée; peu importe que son mariage  se soit ou non déroulé jusqu'ici de manière harmonieuse (cf. notamment  les arrêts du Tribunal fédéral 1C_158/2011 précité, ibid., et 1C_264/2011  du 23 août 2011 consid. 3.1.1, ainsi que la jurisprudence citée). 4.2.  4.2.1. La procédure administrative fédérale est régie par le principe de la  libre appréciation des preuves  (art. 40 de  la  loi  fédérale du 4 décembre  1947 de procédure civile fédérale [PCF, RS 273], applicable par renvoi de  l'art.  19 PA). Ce principe vaut également devant  le TAF  (art.  37 LTAF).  L'appréciation  des  preuves  est  libre  dans  ce  sens  qu'elle  n'obéit  pas  à  des  règles  de  preuve  légales  prescrivant  à  quelles  conditions  l'autorité  devrait  admettre  que  la  preuve  a  abouti  et  quelle  valeur  probante  elle  devrait  reconnaître aux différents moyens de preuve  les uns par rapport  aux  autres.  Lorsque  la  décision  intervient  ­  comme  en  l'espèce  ­  au  détriment  de  l'administré,  l'administration  supporte  le  fardeau  de  la  preuve.  Si  elle  envisage  d'annuler  la  naturalisation  facilitée,  elle  doit  rechercher si  le conjoint naturalisé a menti  lorsqu'il a déclaré former une  union stable avec son époux suisse; comme il s'agit­là d'un fait psychique  en relation avec des  faits  relevant de  la sphère  intime, qui sont souvent  inconnus de l'administration et difficiles à prouver, il apparaît légitime que  l'autorité s'appuie sur une présomption. Partant, si l'enchaînement rapide  des événements fonde  la présomption de fait que  la naturalisation a été  obtenue frauduleusement,  il  incombe alors à  l'administré, en raison, non  seulement de son devoir de collaborer à l'établissement des faits (art. 13

C­5897/2009 Page 13 al.  1  PA;  cf.  à  ce  sujet  notamment  ATF  135  précité,  consid.  3),  mais  encore  de  son  propre  intérêt,  de  renverser  cette  présomption  (cf.  ATF  135 précité, ibid.). 4.2.2. S'agissant  d'une présomption de  fait,  qui  ressortit  à  l'appréciation  des preuves et ne modifie pas le fardeau de la preuve (ATF 135 précité,  ibid., et les réf. citées), l'administré n'a pas besoin, pour la renverser, de  rapporter  la  preuve  contraire  du  fait  présumé,  à  savoir  faire  acquérir  à  l'autorité  la  certitude  qu'il  n'a  pas  menti;  il  suffit  qu'il  parvienne  à  faire  admettre  l'existence  d'une  possibilité  raisonnable  qu'il  n'a  pas menti  en  déclarant  former  une  communauté  stable  avec  son  conjoint.  Il  peut  le  faire  en  rendant  vraisemblable,  soit  la  survenance  d'un  événement  extraordinaire  susceptible  d'expliquer  une  détérioration  rapide  du  lien  conjugal, soit l'absence de conscience de la gravité de ses problèmes de  couple au moment de la signature de la déclaration commune (ATF 135  précité,  ibid.; voir également  les arrêts du Tribunal  fédéral 1C_158/2011  précité, consid. 4.2.2, et 1C_264/2011 précité, consid. 3.2.2, ainsi que les  réf. citées). 5.  A  titre  préliminaire,  le Tribunal  constate que  les  conditions  formelles  de  l'annulation  de  la  naturalisation  facilitée  prévues  par  l'art.  41  LN  sont  réalisées  dans  le  cas  particulier.  En  effet,  la  naturalisation  facilitée  accordée  le  4  avril  2007  au  recourant  a  été  annulée  par  l'autorité  inférieure  en  date  du  14  août  2009,  soit  avant  l'échéance  du  délai  péremptoire  prévu  par  la  disposition  légale,  avec  l'assentiment  de  l'autorité compétente du canton d'origine (St­Gall). 6.  Il reste dès lors à examiner si  les circonstances d'espèce répondent aux  conditions  matérielles  de  l'annulation  de  la  naturalisation  facilitée  résultant  du  texte  de  la  loi,  de  la  volonté  du  législateur  et  de  la  jurisprudence développée en la matière. 6.1.  Dans  la  motivation  de  la  décision  querellée,  l'autorité  inférieure  a  retenu  que  l'enchaînement  logique  et  rapide  des  événements  fondait  la  présomption de fait que X._______ avait obtenu la naturalisation facilitée  sur  la  base  de  déclarations mensongères,  voire  d'une  dissimulation  de  faits essentiels, et que l'intéressé n'avait apporté aucun élément probant  permettant de renverser cette présomption.

C­5897/2009 Page 14 L'examen  des  faits  pertinents  de  la  cause,  ainsi  que  leur  déroulement  chronologique relativement rapide, amènent le Tribunal à une conclusion  identique. 6.2.  6.2.1. Ainsi, il ressort des informations recueillies par l'ODM dans le cadre  de  la  procédure  d'annulation  que  le  recourant  est  arrivé  en Suisse  le  8  octobre  2000  et  a  reçu  délivrance,  de  la  part  de  l'autorité  bernoise  compétente  en  matière  de  droit  des  étrangers,  d'une  autorisation  de  séjour  en  vue  de  l'accomplissement  d'études  auprès  de  l'Université  de  Lausanne. A partir du mois de  janvier 2002,  l'intéressé a été admis par  l'autorité  vaudoise  compétente  à  exercer,  pendant  ses  études,  une  activité accessoire en tant que portier de nuit dans un hôtel de Lausanne.  Le 22 août 2003,  il a épousé à F._______ une ressortissante suisse de  sept  ans  son  aînée.  Ayant  reçu  délivrance  d'une  autorisation  de  séjour  liée à son statut d'époux d'une citoyenne helvétique, X._______ a déposé  une demande de naturalisation facilitée le 8 novembre 2006. En date du  18  mars  2007,  l'intéressé  et  son  épouse  ont  signé  une  déclaration  commune attestant de la stabilité de leur union. La naturalisation facilitée  a été accordée à X._______ par  l'ODM le 4 avril 2007. Or, au cours du  mois de février 2008, les conjoints se sont séparés (cf. les indications qui  figurent  notamment  dans  la  transmission  du Bureau  des  naturalisations  de  la  ville  de  Lausanne  du  20  août  2008  avisant  l'ODM  de  l'enregistrement officiel de cette séparation  le 8  février 2008 et dans  les  écrits  de  chacun  des  époux)  et  ont  déposé  une  requête  commune  en  divorce, avec accord complet et signature d'une convention sur les effets  accessoires  du  divorce,  auprès  du  Tribunal  d'arrondissement  de  Lausanne  (dépôt  intervenu  le  13  février  2008  [cf.  procès­verbal  des  opérations de la Chambre civile du Tribunal susnommé du 2 juillet 2008]).  Par  jugement  du  22  juillet  2008,  entré  en  force  le  26  août  2008,  cette  dernière autorité a prononcé la dissolution par le divorce de leur mariage. Le  Tribunal  estime  dès  lors  que  ces  éléments  et  l'enchaînement  chronologique particulièrement  rapide des  faits,  et  avant  tout  le  laps de  temps relativement court qui s'est écoulé entre l'octroi de la naturalisation  facilitée (4 avril 2007) et  la séparation des époux (février 2008), sont de  nature  à  fonder  la  présomption  de  fait  que,  conformément  à  la  jurisprudence  (cf.  ch.  4.2.1  ci­dessus),  la  stabilité  requise  du  mariage  n'existait  déjà  plus  au  moment  de  la  déclaration  commune  faite  le  18  mars 2007, à tout le moins lors du prononcé de la naturalisation facilitée  intervenu en date du 4 avril 2007 et, cela, quand bien même les époux ne 

C­5897/2009 Page 15 vivaient  pas  encore  séparés  à  ce  moment­là.  Il  est  conforme  à  la  jurisprudence  en  la  matière  d'admettre  une  présomption  de  fait  selon  laquelle  la communauté conjugale n'était pas stable  lors de l'octroi de  la  naturalisation si  la séparation des époux  intervient,  comme en  l'espèce,  quelques mois plus tard (soit, en l'occurrence, environ dix mois plus tard  [cf., en ce sens, notamment  les arrêts du Tribunal  fédéral 1C_167/2011  du 14 juin 2011 consid. 3.2, 1C_441/2009 du 2 mars 2010 consid. 3.1 et  1C_548/2009 du 24 février 2010 consid. 4.1 in initio]). L'expérience  générale  de  la  vie  enseigne  en  effet  qu'un  ménage  uni  depuis plusieurs années ne se brise pas en une période aussi brève, soit  un laps de temps aussi court que celui qui, en l'espèce, s'est écoulé entre  l'octroi de la naturalisation facilitée (avril 2007) et la séparation des époux  (février  2008)  sans  qu'un  événement  extraordinaire  en  soit  la  cause  et  sans que les conjoints en aient eu le pressentiment (cf. notamment arrêts  du  Tribunal  fédéral  1C_228/2009  du  31  août  2009  consid.  3  et  5A.11/2006 du 27 juin 2006 consid. 4.3). 6.2.2. La présomption de  fait  fondée sur  la  chronologie particulièrement  rapide  des  événements  est  corroborée  au  demeurant  par  les  éléments  suivants. Si l'examen des pièces du dossier révèle que le recourant ne se trouvait  pas en 2003 dans la situation typique d'un étranger ­ sous le coup d'une  décision  de  renvoi  ­  qui  avait  contracté  mariage  avec  une  citoyenne  helvétique dans  le but principal d'échapper à une mesure d'éloignement  de Suisse prononcée par les autorités suisses, il convient néanmoins de  retenir,  comme  l'a  évoqué  l'ODM  dans  la  motivation  de  la  décision  querellée, que lors de sa rencontre avec Y._______ en fin d'année 2001  (cf.  prise  de  position  écrite  de  X._______  adressée  à  l'Office  fédéral  précité le 30 octobre 2008, p. 1, et déterminations de son épouse du 18  décembre  2008  faites  en  réponse  au  questionnaire  de  l'ODM  du  21  novembre  2008  [cf.  réponse  no  1.1]),  l'intéressé  ne  disposait  que  d'un  statut  précaire  dans  le  canton  de Berne  en  sa  qualité  d'étudiant,  statut  dont  le  renouvellement  n'était  aucunement  assuré.  Il  est  donc  incontestable  que  le  mariage  avec  la  prénommée  lui  accordait  des  conditions de séjour nettement plus favorables que celles qui étaient  les  siennes antérieurement. Certes,  l'influence exercée par des conditions de séjour précaires sur  la  décision des conjoints de se marier ne préjuge pas en soi de  la volonté  que  ceux­ci  ont  ou  n'ont  pas  de  fonder  une  communauté  conjugale 

C­5897/2009 Page 16 effective et ne peut  constituer un  indice de mariage  fictif  que si elle est  accompagnée  d'autres  éléments  troublants,  (dans  ce  sens,  cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  5A.11/2006  du  27  juin  2006  consid.  3.2),  Or,  force  est  d'admettre  que  tel  est  précisément  le  cas  en  l'espèce,  comme  il  sera  exposé ci­après. Ainsi,  il  résulte  des  pièces  du  dossier  que  l'épouse  du  recourant,  huit  mois  à  peine  après  la  célébration  de  leur  mariage,  a  conçu  un  enfant  avec un tiers, Z._______, qui deviendra  le colocataire du couple à partir  du  mois  de  décembre  2004  (cf.  transmission  du  Bureau  des  naturalisations de la Ville de Lausanne du 20 août 2008 et attestation de  la  commune  de  F._______  du  22  avril  2009  jointe  par  l'autorité  lausannoise précitée à la transmission qu'elle a envoyée le 22 avril 2009  à l'ODM). Cette relation adultère constitue un autre indice démontrant que  le lien matrimonial n'était alors plus stable entre l'intéressé et son épouse  à  cette  époque  déjà  (cf.,  en  ce  sens,  notamment  arrêts  du  Tribunal  fédéral 1C_167/2011 précité, consid. 3.3, 1C_178/2010 du 10  juin 2010  consid. 3.3.3 et 1C_420/2009 du 24 novembre 2009 consid. 4.4). Dans ce contexte, l'on a peine en outre à comprendre que le recourant et  son  épouse,  si  tant  est  que  leur  mariage  fût  fondé  sur  une  volonté  commune et intacte de ceux­ci de maintenir une union conjugale stable et  harmonieuse  (ATF  135  précité,  consid.  2,  et  128  précité,  consid.  3a),  aient  tous deux  toléré, pendant plusieurs années,  la présence d'un  tiers  dans leur appartement (cette situation s'avérant d'autant plus surprenante  en ce qui concerne Y._______, dont  la relation adultère avec ce dernier  remontait à une époque antérieure à cette cohabitation), acceptant même  que  le  prénommé  les  suive  dans  leur  nouveau  logement  après  qu'ils  eurent déménagé de D._______ à Lausanne au mois d'octobre 2005 (cf.,  en  ce  sens,  déterminations  écrites  du  12  juin  2009  adressées  par  X._______ à l'ODM). Il est tout aussi  inconcevable que le recourant, qui  prétend avoir pardonné à son épouse  l'écart de conduite  intervenu avec  Z._______, ait accepté de continuer à partager le domicile conjugal avec  ce dernier, alors qu'il avait eu des doutes, au moment de la procédure en  désaveu de paternité engagée au mois de février 2005, quant au fait que  leur  colocataire  fût  le  père  de  l'enfant  E._______ mis  au monde  par  la  prénommée au mois de janvier 2005 (cf. déterminations de Y._______ du  18  décembre  2008  faites  en  réponse au  questionnaire  de  l'ODM du 21  novembre 2008 [cf. réponse no 6.3] et ch. 4 des observations adressées  le  30  janvier  2009  par  X._______  à  l'ODM).  A  l'instar  de  l'ODM,  le  Tribunal estime d'autre part pour le moins étonnant que le recourant, qui  a introduit une procédure en désaveu de paternité un peu plus d'un mois 

C­5897/2009 Page 17 à peine après  la naissance de  l'enfant E._______, ait  renoncé, après  le  refus  de  son  épouse  de  lui  indiquer  l'identité  du  père  de  cet  enfant,  à  relancer  la prénommée sur  ce point. A cet égard,  il  n'est au demeurant  pas  sans  intérêt  de  signaler  que,  selon  les  renseignements  dont  le  Bureau des naturalisations de la Ville Lausanne a donné connaissance à  l'ODM par courriel du 20 août 2008,  la cohabitation entre  le couple et  le  père  de  l'enfant  E._______  s'est  poursuivie  jusqu'au  moment  de  la  séparation des conjoints survenue au mois de février 2008. L'absence  d'une  véritable  communauté  de  vie  conjugale  transparaît  également  au  vu  des  propos  tenus  par  Y._______  dans  ses  déterminations  du  18  décembre  2008  formulées  en  réponse  au  questionnaire que lui avait envoyé l'ODM le 21 novembre 2008. Evoquant  le pardon que son époux  lui avait exprimé à  la suite de son  infidélité,  la  prénommée a expliqué ce geste notamment par le fait que ce dernier se  trouvait alors dans l'impossibilité, du fait de ses études, de satisfaire son  désir d'avoir un enfant. A ce propos, elle a encore précisé que leur projet  d'avoir  un  enfant  commun  n'avait  du  reste  jamais  pu  se  concrétiser  en  raison  de  la  situation  financière  et  professionnelle  de  l'intéressé.  Y._______ a de plus relevé que, durant le lourd traitement médical qu'elle  avait  subi  au  cours  de  l'hiver  2007/2008,  son  époux  n'avait  pas  pu  davantage,  dès  lors  qu'il  se  trouvait  dans  une  phase  difficile  de  ses  recherches  doctorales,  lui  donner  l'attention  qu'elle  attendait  de  sa  part  (cf. ch. 7.1 et 10 des déterminations). A cela s'ajoute que la requête commune de divorce, avec accord complet,  que le recourant et son épouse ont déposée le 21 février 2008 auprès du  Tribunal  d'arrondissement  de  Lausanne  n'a  été  précédée  d'aucune  procédure  de  mesures  protectrices  de  l'union  conjugale.  Ce  défaut  de  volonté de sauver une union qui aurait été prétendument encore effective  et  tournée  vers  l'avenir  quelques  mois  auparavant  semble  bien  plutôt  confirmer que tout était déjà joué depuis longtemps. De surcroît, ainsi que cela sera exposé dans les considérants qui suivent,  les divergences constatées dans  les déclarations des ex­époux au sujet  des  motifs  ayant  conduit  à  la  cessation  de  leur  union  constituent  également  des  indices  éloquents  tendant  à  confirmer  le  caractère  strictement apparent de leur communauté conjugale. Ajoutés aux  considérations émises antérieurement,  ces divers éléments  autorisent à penser que la volonté des époux de fonder une communauté  conjugale réelle et surtout, durable, n'apparaît pas établie. Si tant est que 

C­5897/2009 Page 18 X._______ et Y._______ aient voulu fonder un couple effectif, au sens de  l'art.  27  LN,  l'ODM  pouvait  considérer,  à  bon  droit,  que  cette  volonté  n'existait plus lors du dépôt de la demande de naturalisation ou, a fortiori,  au moment de la signature de la déclaration commune et de l'octroi de la  nationalité  suisse. Or,  celle­ci  n'aurait  pas été accordée au  recourant  si  ces faits n'avaient pas été cachés aux autorités. Le recourant fait certes valoir que le couple qu'il formait avec Y._______  était  heureux pendant  la  vie  commune et  que  les  conjoints  avaient  des  loisirs  communs  et  des  projets  pour  le  futur  (notamment  quant  à  la  construction d'une maison familiale); ces allégués ne permettent toutefois  pas d'affaiblir la présomption de fait fondée sur la chronologie rapide des  événements, puisqu'il n'est de toute façon pas contesté que les époux se  sont mariés  dans  le  but  premier  de  fonder  une  communauté  conjugale  (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_469/2010 du 21 février 2011 consid. 4). Quant  au  projet  de  construction  d'une  maison  familiale  que  l'intéressé  affirme  avoir  planifié  avec  son  épouse  au  cours  de  l'année  2007  (cf.  notamment p. 1 des déterminations écrites formulées par ce dernier le 30  octobre  2008  à  l'adresse  de  l'ODM),  il  ne  saurait  non  plus  suffire  à  renverser  dite  présomption,  tant  les  circonstances  qui  entouraient  ce  projet suscitent des doutes sur la volonté réelle des conjoints de le mener  à  terme.  Indépendamment  du  fait  que  la  situation  financière  de  X._______ s'avérait, aux dires de son épouse, peu stable (cf. notamment ch.  10  des  déterminations  émises  par  cette  dernière  le  18  décembre  2008),  les  copies  des  correspondances  produites  par  le  recourant  (lesquelles comportent la seule adresse de ce dernier) au sujet du projet  de construction évoqué attestent, au vu des dates mentionnées sur ces  correspondances,  de  démarches  informatives  effectuées  en  ce  sens  durant  les  mois  courant  de  novembre  2007  à  janvier  2008,  époque  à  laquelle  Y._______  se  trouvait  en  traitement  médical  en  raison  d'une  grave  détérioration  de  son  état  de  santé  (cf.  certificat  médical  du  19  décembre 2008 versé au dossier par la prénommée). C'est à cette même  période  que  les  difficultés  conjugales  ont,  selon  les  précisions  fournies  par l'épouse du recourant dans ses déterminations du 18 décembre 2008  (cf.  ch.  4.2  des  déterminations),  surgi  au  sein  du  couple.  Dans  ces  conditions, l'on ne peut voir dans les démarches entreprises en la matière  un  élément  propre  à  confirmer  l'existence  d'une  véritable  communauté  conjugale  entre  X._______  et  son  épouse  au  cours  des  mois  qui  ont  précédé leur séparation.

C­5897/2009 Page 19 En  définitive,  le  recourant  n'est  pas  parvenu  à  rendre  plausible  qu'il  formait une communauté conjugale stable avec son épouse au moment  de  la  signature  de  la  déclaration  de  vie  commune  et  de  l'octroi  de  la  naturalisation facilitée. 7.  Conformément  à  la  jurisprudence  précitée  (cf.  consid.  4.2.1  et  4.2.2),  il  incombe  au  recourant  de  renverser  cette  présomption  en  rendant  vraisemblable,  soit  la  survenance  d'un  événement  extraordinaire,  susceptible d'expliquer une dégradation aussi rapide du lien conjugal, soit  l'absence  de  conscience  de  la  gravité  de  ses  problèmes  de  couple  au  moment de la signature de la déclaration commune. 7.1. Le  recourant  invoque comme cause de  la  rupture  soudaine du  lien  conjugal l'aggravation de la maladie (hépatite C) de son épouse survenue  à la fin de l'année 2007, cette situation ayant alors engendré des tensions  et des incompréhensions au sein du couple (cf. notamment p. 3 ch. 7 du  mémoire  de  recours  du  16  septembre  2009).  Selon  les  allégations  de  l'intéressé, le traitement de cette maladie a fait plonger son épouse dans  une  grave  dépression  au  point  de  créer  une  situation  intenable  pour  le  couple (cf. p. 2 des déterminations écrites formulées par l'intéressé le 30  octobre 2008 à l'attention de l'ODM). Il  n'est  toutefois  pas  vraisemblable  que  les  problèmes  de  santé  rencontrés  par  l'épouse  de  X._______,  quand  bien même  le  traitement  prodigué  à  cette  dernière  à  partir  du  mois  de  novembre  2007  et  les  complications sérieuses qui  s'en sont suivies aient engendré un état de  dépression  (cf.  certificat  médical  du  19  décembre  2008  produit  par  Y._______ à l'attention de l'ODM), aient pu influencer  leur vie de couple  au point de les conduire au divorce, sans séparation préalable ni mesures  protectrices de  l'union conjugale. A cet égard,  le certificat médical versé  par  la prénommée au dossier n'est point déterminant pour  l'appréciation  de la cause, dès lors qu'il ne ressort pas de ce document que les graves  ennuis  de  santé  dont  a  alors  été  victime  l'épouse  du  recourant  étaient  propres à avoir une influence radicale sur la vie du couple des intéressés,  lesquels  prétendent  avoir  formé  une  communauté  de  vie  conjugale  intacte  et  stable  quelques  mois  auparavant  (cf.  notamment  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_534/2010  du  1er  mars  2011  consid.  6.2).  Si  l'aggravation de la maladie de Y._______ a pu subitement précipiter la fin  de  la  vie  de  couple,  cet  élément  ne  fait  que  mettre  en  lumière  la  superficialité  des  liens  qui  unissaient  les  ex­époux  et,  partant,  l'inconsistance  de  la  communauté  conjugale  vécue  par  ces  derniers  au 

C­5897/2009 Page 20 moment  de  la  signature  de  la  déclaration  commune  au  mois  de  mars  2007. 7.2. Dans la motivation de son recours, X._______ explique également la  détérioration du lien conjugal par le sentiment de trahison qu'il a ressenti  lorsque  son  épouse  lui  a  révélé,  au mois  de  février  2008,  que  le  père  biologique de l'enfant E._______, auquel elle avait donné naissance le 18  janvier  2005,  n'était  autre  que  leur  ancien  colocataire  (cf.  pp.  8  et  9  du  mémoire de recours du 16 septembre 2009). Or,  si  Y._______  y  a  déjà  fait  allusion  dans  ses  déterminations  du  18  décembre  2008  (cf.  ch.  6.5  desdites  déterminations),  ce  motif  de  la  rupture conjugale n'a été invoqué par le recourant qu'au stade seulement  de la procédure de recours devant le Tribunal, sans qu'aucune explication  plausible sur les raisons d'une allégation aussi tardive de ce fait n'ait été  donnée à cet égard. L'intéressé, qui était assisté d'un mandataire depuis  le mois d'octobre 2008, ne pouvait pourtant  ignorer  l'importance d'un  tel  élément dans  l'appréciation de son cas et  rien ne  l'empêchait d'en  faire  état.  L'allégation  nouvelle  ainsi  formulée  par  l'intéressé  se  trouve  au  demeurant  en  contradiction  avec  les  propos  tenus  jusqu'alors  par  ce  dernier, qui soutenait que la séparation des conjoints découlait des seuls  problèmes relationnels qu'ils avaient rencontrés à la suite de l'aggravation  de  l'état  de  santé  de  la  prénommée  (cf.,  sur  ce  second  point,  les  déterminations écrites de X._______ des 30 janvier, 8 et 14 avril 2009). En définitive, le recourant n'apporte aucun élément propre à démontrer la  survenance d'un événement extraordinaire postérieur à la signature de la  déclaration  commune  et  susceptible  d'expliquer  une  dégradation  aussi  rapide du  lien conjugal.  L'intéressé ne  rend pas non plus vraisemblable  qu'au mois de mars 2007, au moment de  la signature de  la déclaration  commune, il n'avait pas conscience du fait que la communauté conjugale  n'était  plus  orientée  vers  l'avenir.  Il  en  résulte  que  les  conditions  d'application de l'art. 41 LN sont remplies et que l'ODM n'a pas abusé de  son pouvoir d'appréciation en confirmant  l'annulation de  la naturalisation  facilité octroyée à l'intéressé. 7.3. Compte  tenu des  considérations développées précédemment,  c'est  en vain par ailleurs que l'intéressé se prévaut de sa bonne intégration en  Suisse et de son respect de l'ordre juridique suisse, ces éléments n'étant  en  effet  pas  déterminants  dans  le  cadre  de  la  présente  procédure  (cf.  notamment arrêts du Tribunal  fédéral  1C_264/2011 précité,  consid.  3.3, 

C­5897/2009 Page 21 1C_292/2010 du 5 août 2010 consid. 4.3.2  in  fine et 1C_48/2010 du 15  avril 2010 consid. 3.5). 8.  Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 14 août 2009, l'ODM  n'a  ni  violé  le  droit  fédéral  ni  constaté  des  faits  pertinents  de  manière  inexacte  ou  incomplète;  en  outre,  cette  décision  n'est  pas  inopportune  (art. 49 PA). En conséquence, le recours est rejeté. Vu  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de mettre  les  frais  de  procédure  à  la  charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­5897/2009 Page 22 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de 700 francs, sont mis à la charge  du  recourant. Ce montant est compensé par  l'avance de  frais versée  le  29 septembre 2009. 3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant, par l'entremise de son mandataire (Acte judiciaire) – à l'autorité inférieure, dossier K 482 093 en retour – en copie, au Département de l'intérieur du canton de St Gall (Service  des naturalisations et de l'état civil), pour information – en  copie,  au  Service  de  la  population  du  canton  de  Vaud  (Division  Etrangers), pour information et avec dossier VD 709'351 en retour. Le président du collège : Le greffier : Blaise Vuille Alain Surdez Indication des voies de droit : Le  présent  arrêt  peut  être  attaqué  devant  le  Tribunal  fédéral,  1000  Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les  trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi du  17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Le mémoire doit  être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs  et les moyens de preuve, et être signé. L'arrêt attaqué et les moyens de  preuve doivent être joints au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains  de la partie recourante (voir art. 42 LTF).

C­5897/2009 Page 23 Expédition :

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