Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 27.12.2011 C-5810/2009

27 dicembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,506 parole·~13 min·3

Riassunto

suite à la dissolution de la famille | refus d'approbation à la prolongation d'une autorisation de séjour et renvoi de Suisse

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­5810/2009 Arrêt   d u   2 7   d é c emb r e   2011 Composition Blaise Vuille (président du collège),  Andreas Trommer, Elena Avenati­Carpani, juges, Marie­Claire Sauterel, greffière. Parties A._______,  représenté par Maître Christian Lüscher,  rue Bovy­Lysberg 2, case postale 5824,  1211 Genève 11, recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet refus d'approbation à la prolongation d'une autorisation de  séjour et renvoi de Suisse.

C­5810/2009 Page 2 Faits : A.  A._______,  ressortissant  d'Arabie  saoudite  né  le  25  décembre  1964,  a  obtenu, à partir de 1994, divers visas pour passer ses vacances d'été à  Genève. Le 18 octobre 1997, il a sollicité la délivrance d'un visa permanent valable  une année pour suivre les cours de l'école privée du Centre d'Arts et de  Décoration  Intérieure  (abrégé  ci­après:  CAD)  de  Genève  en  indiquant  qu'il vivait à Divonne­les­Bains en France voisine. Le 10 novembre 1997, l'Office fédéral des étrangers (actuellement Office  fédéral  des  migrations;  ODM)  a  autorisé  l'Ambassade  de  Suisse  en  Arabie Saoudite à lui délivrer le visa sollicité. B.  Le  2  février  1998,  il  a  déposé  auprès  de  l'Office  de  la  population  du  canton de Genève (ci­après: OCP) une demande d'autorisation de séjour  pour formation en vue de suivre les cours auprès du CAD et d'obtenir en  trois ans un diplôme d'architecte d'intérieur, en résidant à Genève.  Le 11 mai 1998,  l'OCP  lui a délivré une autorisation annuelle de séjour  pour formation, qui a été régulièrement renouvelée. Le  27  juin  2003,  A._______  a  obtenu  à  Genève  le  Diplôme  de  décorateur­architecte d'intérieur. Le 30 juin 2003, le prénommé a obtenu de l'OCP une ultime prolongation  de  son  autorisation  de  séjour  jusqu'au  30  juin  2004  pour  compléter  sa  formation par des stages. C.  Le  30  juillet  2004,  il  a  contracté  mariage  à  Divonne­les­Bains  avec  B._______, ressortissante française, née le 8 mai 1973. Son épouse a déposé une demande d'autorisation de séjour auprès de  l'OCP en annonçant qu'elle était arrivée dans le canton de Genève le 30  juillet 2004. Elle a été mise au bénéfice d'une autorisation de séjour, de  même  que  A._______,  au  titre  du  regroupement  familial. Par courrier du 10 octobre 2006, B._______ a informé l'OCP qu'elle avait 

C­5810/2009 Page 3 déposé  une  demande  de  divorce  et  qu'il  n'y  avait  dès  lors  pas  lieu  de  renouveler  l'autorisation  de  séjour  de  son  conjoint.  En  annexe  à  son  courrier,  elle  a  produit  la  copie  du  procès­verbal  d'une  audience  de  comparution  personnelle  des  parties  auprès  du  Tribunal  de  première  instance du canton de Genève (ci­après: TPI)  le 26 septembre 2006, au  cours  de  laquelle  elle  avait  déclaré  qu'au moment  du mariage  en  juillet  2004, elle était  très amoureuse de son conjoint et souhaitait  fonder une  famille, mais que, pendant toute la durée du mariage, les époux n'avaient  entretenu aucune relation sexuelle, son époux  invoquant des problèmes  de santé pour s'y refuser. Elle a ajouté que son mari l'avait épousée pour  avoir une femme de ménage, qu'il ne lui avait jamais dit ce qu'il faisait et  qu'elle  ne  connaissait  rien  de  sa  vie,  qu'il  était  parti  quatre  mois  auparavant en Arabie Saoudite et ne l'avait jamais appelée au téléphone,  ni ne s'était inquiété de savoir comment elle vivait.  Par  jugement  du  9  novembre  2006,  le  TPI,  statuant  sur  les  mesures  protectrices  de  l'union  conjugale,  a  autorisé  les  conjoints  A._______  B._______ à vivre séparés et a attribué le domicile conjugal à Versoix à  A._______. Dans ce  jugement,  le TPI a constaté que  les époux avaient  d'abord  vécu  à Divonne­les­Bains  chez  les  parents  de A._______,  puis  qu'ils s'étaient installés, dès le mois d'août 2005, dans un appartement de  Versoix.   Par courrier du 9 mars 2007, l'OCP a informé l'intéressé de son intention  de refuser le renouvellement de son autorisation de séjour. Par  courrier du 13 avril  2007, A._______ a  indiqué qu'il  pensait  que sa  séparation n'était pas définitive et qu'il pourrait  renouer  le dialogue avec  son épouse. Sur  le plan professionnel,  il  a mentionné qu'il  était associé  gérant de la société X._______, société inscrite au registre du commerce  de Genève depuis  le 9 août 2005 et active dans l'architecture d'intérieur  et la décoration. Entendue  par  l'OCP  le  3  mai  2007,  B._______  a  déclaré  qu'elle  vivait  séparée de son époux et souhaitait divorcer au plus vite, que ce mariage  n'avait  jamais  été  consommé  et  qu'elle  avait  la  certitude  que  son mari  l'avait épousée uniquement pour régulariser sa situation. Par décision du 8  juin 2007,  l'OCP a  refusé de  renouveler  l'autorisation  de séjour de A._______ en considérant  que  le prénommé vivait  séparé  de son épouse depuis le jugement du TPI du 9 novembre 2006, que son  mariage avec B._______ n'était plus que formel et qu'aucune reprise de 

C­5810/2009 Page 4 la  vie  conjugale  n'était  envisagée.  L'OCP  a  également  indiqué  que  l'intégration professionnelle de A._______ à Genève n'était pas suffisante  pour autoriser la poursuite de son séjour en Suisse.  Par  décision  du  6  mai  2008,  la  Commission  cantonale  de  recours  de  police des étrangers du canton de Genève (ci­après: CCRPE) a admis le  recours  interjeté  le  13  juillet  2007  contre  cette  décision  en  considérant  que  l'intégration professionnelle et sociale de A._______ à Genève était  bonne  et  justifiait  la  poursuite  de  son  séjour  en  Suisse,  malgré  la  séparation du couple. Par courrier du 28 mai 2008,  l'OCP a  informé A._______ que suite à  la  décision  de  la  CCRPE,  il  transmettait  son  dossier  à  l'ODM  pour  approbation. Par  courrier  du  16  janvier  2009,  l'ODM  a  fait  savoir  à  l'intéressé  qu'il  entendait  refuser  de donner  son approbation  au  renouvellement  de  ses  conditions de séjour, tout en lui donnant l'occasion de se déterminer à ce  sujet avant le prononcé d'une décision. Ces déterminations ont été présentées  le 27  février  2009. A._______ a  notamment  souligné  qu'il  séjournait  en  Suisse  de  façon  légale  et  ininterrompue  depuis  douze  ans,  qu'il  parlait  bien  le  français,  était  parfaitement  intégré dans  la communauté genevoise et qu'il participait à  l'essor  économique  du  canton  en  développant  des  affaires  qui  lui  permettaient  de  percevoir  un  salaire,  auquel  correspondraient  des  rentrées fiscales. Il a joint à son écrit une attestation fiduciaire établie le 4  février  2009,  selon  laquelle  la  société  X._______  avait  commencé  à  déployer  ses activités durant  l'année 2008,  ce qui  permettrait  de  verser  un salaire à l'intéressé durant l'année en cours. D.  Le 27  juillet 2009,  l'ODM a rendu à  l'endroit de A._______ une décision  refusant  d'approuver  la  prolongation  de  son  autorisation  de  séjour.  Il  a  également prononcé  le  renvoi de Suisse de  l'intéressé. Pour  l'essentiel,  l'Office fédéral a retenu que A._______ avait bénéficié d'une autorisation  de séjour à la suite de son mariage avec une ressortissante française au  bénéfice d'une autorisation de séjour, que  les droits conférés par  l'art. 3  par.  2  let.  1  de  l'Accord  du  21 juin  1999  entre  la  Confédération  suisse  d’une part, et la Communauté européenne et ses Etats membres, d’autre  part,  sur  la  libre  circulation  des  personnes  (ci­après:  ALCP,  RS  0.142.112.681) et l'art. 7 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le séjour 

C­5810/2009 Page 5 et  l’établissement des étrangers  (LSEE, RS 1 113) avaient cessé en  fin  d'année  2006  au  moment  de  la  séparation  de  l'intéressé  d'avec  son  épouse. L'ODM a considéré, au vu de la rupture de l'union conjugale, que  l'examen de la prolongation de l'autorisation de séjour devait dès lors être  effectué en application des art. 4 et 16 LSEE. A ce propos, l'Office fédéral  a  relevé  que  l'union  conjugale  des  conjoints  avait  été  définitivement  rompue  après  un  peu  plus  de  deux  ans  de  vie  commune,  le  mariage  n'existant  plus  que  formellement  depuis  lors,  que  l'intéressé  n'avait  pas  d'attaches  familiales  connues  en  Suisse,  hormis  son  épouse,  avec  laquelle il n'avait pas eu d'enfant et n'entretenait plus de contact et qu'au  demeurant, la famille de l'intéressé disposait d'une résidence secondaire  sise en France voisine. Sur  le plan professionnel,  l'ODM a  relevé qu'au  mois  d'août  2005,  A._______  avait  créé  une  société  active  dans  l'architecture  et  la  décoration  d'intérieur,  mais  que  cependant,  cette  société,  bien  qu'inscrite  au  Registre  du  commerce,  n'avait  pas  déployé  d'activité depuis sa création, de sorte que le prénommé ne pouvait pas se  prévaloir  d'une  intégration  professionnelle  particulière  susceptible  de  justifier à elle seule la prolongation de son autorisation de séjour. L'ODM  a aussi constaté que le séjour en Suisse d'une durée de onze ans, dont  pouvait se prévaloir l'intéressé, avait été effectué d'abord sous le couvert  d'un séjour temporaire pour études et qu'au demeurant, le séjour durable  de l'intéressé obtenu par regroupement familial devait être relativisé, car  selon les pièces du dossier, A._______ avait vécu avec son épouse de la  date de la conclusion de son mariage jusqu'au mois d'août 2005 dans la  maison de sa famille à Divonne­les­Bains, puis qu'il n'avait plus résidé en  Suisse  que  de  manière  temporaire  suite  à  la  séparation  d'avec  son  épouse.  Selon  l'ODM,  les  liens  ainsi  entretenus  par  l'intéressé  avec  la  France,  plus  particulièrement  avec  Divonne­les­Bains,  étaient  étroits.  Enfin,  l'ODM  a  retenu  qu'au  vu  du  dossier,  l'exécution  du  renvoi  de  A._______ était possible, licite et raisonnablement exigible. E.  Agissant  le 14 septembre 2009 par  le biais de son avocat, A._______ a  recouru  contre  la  décision  précitée,  concluant  à  son  annulation  et  à  la  prolongation de son autorisation de séjour. En substance, il a exposé qu'il  séjournait  depuis  douze  ans  en  Suisse,  qu'il  était  venu  à  Genève  en  automne  1997  pour  y  poursuivre  des  études  d'architecture,  qu'il  avait  obtenu son diplôme fin juin 2003, puis avait effectué deux stages jusqu'à  fin juin 2004. ll a souligné qu'en août 2005, il avait créé sa propre société  d'architecture d'intérieur X._______ société qui avait acquis des mandats  importants, dont la rénovation des locaux du Consulat d'Arabie Saoudite  à Genève et qui lui versait un salaire mensuel brut de 10'000 francs. Il a 

C­5810/2009 Page 6 indiqué  qu'il  était  issu  d'une  famille  saoudienne  très  aisée,  propriétaire  d'une  villa  de  villégiature  à  Divonne­les­Bains  depuis  1980  et  que,  jouissant  d'une  fortune  de  plusieurs  dizaines  de  millions  de  francs,  il  disposait  de  suffisamment  de  ressources  pour  subvenir  à  ses  besoins,  pouvant  au  surplus  apporter  une  contribution  importante  au  développement économique genevois. A propos de  la séparation d'avec  son épouse, il a indiqué que son couple vivait en harmonie jusqu'en mai  2006, date à  laquelle  il  avait dû quitter précipitamment Genève pour se  rendre au chevet de son père. Cette séparation, à l'origine de disputes au  sein du couple, avait abouti au Jugement du TPI du 9 novembre 2006 sur  mesures protectrices de l'union conjugale. Par jugement du 26 novembre 2009, entré en force le 19 janvier 2010, le  TPI a prononcé le divorce de A._______ et de son épouse B._______. A  cette  occasion,  le  TPI  a  relevé  que  A._______  avait  déclaré  lors  de  l'audience de comparution personnelle qu'il vivait séparé de son épouse  depuis  le mois  de  juin  2006,  qu'au  demeurant  aucune  reprise  de  la  vie  commune n'avait eu lieu depuis lors.  F.  Par décision incidente du 2 octobre 2009, le Tribunal administratif fédéral  (ci­après: le Tribunal ou le TAF) a constaté, à la demande de A._______,  que le recours avait effet suspensif. Par ordonnance du 23 avril 2010,  le Tribunal a  invité  le prénommé à  le  renseigner  sur  le  développement  de  ses  activités  professionnelles  et  économiques en Suisse et à produire, notamment, ses taxations fiscales  et celles de sa société.   Par lettre du 17 mai 2010, le prénommé, par l'entremise de son conseil, a  indiqué, que les mandats confiés à sa société avaient tous été suspendus  dans  l'attente  de  la  régularisation  de  ses  conditions  de  séjour,  qu'il  entendait  cependant  développer  des  activités  professionnelles  et  économiques  en  Suisse,  dès  que  son  titre  de  séjour  aurait  était  régularisé.  Il  a  une  nouvelle  fois  souligné  qu'il  était  issu  d'une  famille  saoudienne aisée et que les revenus de sa fortune, chiffrée en dizaine de  millions de  francs,  lui  permettaient  aisément  d'assumer  son entretien et  de  payer  ses  frais  et  charges.  Au  demeurant,  il  a  indiqué  qu'il  avait  demandé à une fiduciaire de remplir une déclaration fiscale pour l'année  2009 dans  le canton de Genève en déclarant un salaire annuel brut de  120'000  francs  comme  associé  gérant  de  sa  société.  Enfin,  il  a  affirmé  que son divorce ayant été prononcé le 26 novembre 2009, soit après plus 

C­5810/2009 Page 7 de cinq ans de mariage, il avait droit au renouvellement de ses conditions  de séjour en application de l'art. 3 annexe I de l'ALCP.  G.  Appelé  à  se  prononcer  sur  le  recours,  l'ODM en  a  proposé  le  rejet  par  préavis  du  7  juillet  2010,  en  soulignant  que  la  société  créée  par  A._______  à  Genève  cinq  ans  auparavant  n'avait  pas  concrétisé  la  réalisation d'un seul projet. Invité  à  se  déterminer  sur  le  préavis  de  l'ODM,  le  recourant  a  persisté  dans  ses  conclusions,  par  courrier  du  17  août  2010,  en  soulignant  notamment la durée de son séjour de près de treize ans en Suisse et sa  bonne intégration. Par  ordonnance du 17  juin  2011,  le Tribunal  a  invité A._______ à  faire  part des derniers développements relatifs à sa situation, en particulier sur  le plan professionnel et familial.   Le  recourant  a  donné  suite  à  ladite  requisition  par  écritures  du  15  septembre 2011. Dans  le  cadre  d'un  nouvel  échange  d'écritures,  l'ODM  a  maintenu  sa  position, par déterminations du 12 octobre 2011.  Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de l'art. 5 de la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à  l'art. 33 LTAF. En  particulier,  les  décisions  en  matière  de  refus  de  prolongation  d'autorisation de séjour et de  renvoi de Suisse prononcées par  l'ODM –  lequel constitue une unité de  l'administration  fédérale  telle que définie à  l'art. 33 let. d LTAF – sont susceptibles de recours au TAF (cf. art. 1 al. 2  LTAF). 1.2.  L'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr, RS 142.20) a entraîné l'abrogation 

C­5810/2009 Page 8 de la LSEE, conformément l'art. 125 LEtr, en relation avec le chiffre I de  son annexe 2, ainsi que celle de certaines ordonnances d'exécution  (cf.  art.  91  de  l'ordonnance  du  24 octobre  2007  relative  à  l'admission,  au  séjour et à  l'exercice d'une activité  lucrative [OASA, RS 142.201]),  telles  que notamment  l'ordonnance du 6  octobre  1986  limitant  le  nombre des  étrangers  (OLE, RO 1986 1791) et  l'ordonnance du 20 avril 1983 sur  la  procédure d’approbation en droit des étrangers (OPADE, RO 1983 535).  Dès  lors  que  la  demande  qui  est  l'objet  de  la  présente  procédure  de  recours a été déposée avant l'entrée en vigueur de la LEtr, l'ancien droit  (matériel)  est  applicable  à  la  présente  cause  (art.  126  al.  1  LEtr)  concernant l'autorisation de séjour et son renouvellement. Par contre, en  ce  qui  concerne  l'exécution  du  renvoi  et  l'existence  d'éventuels  empêchements  à  cette  exécution,  la  LEtr  s'applique  étant  donné  que  cette  procédure  (prononcé  du  renvoi  de  Suisse  par  l'ODM)  n'a  été  introduite  qu'après  l'entrée  en  vigueur  de  la  LEtr  (cf.  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­5268/2008  du  1er  juin  2011  consid.  3;  C­3377/2008  du  3 mars  2009  consid. 4.2). 1.3. Enfin, conformément à l'art. 126 al. 2 LEtr, la procédure relative aux  demandes déposées avant l'entrée en vigueur de la LEtr est régie par le  nouveau droit. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le TAF  est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.4. A._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Son recours,  présenté  dans  la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  est  recevable  (cf. art. 50 et 52 PA). 2.  Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). L'autorité de recours n'est pas liée par  les  motifs  invoqués  par  les  parties  (cf.  art.  62  al.  4  PA)  ni  par  les  considérants de la décision attaquée (cf. ANDRÉ MOSER, MICHAEL BEUSCH  et  LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren  vor  dem  Bundesverwaltungsgericht, in Handbücher für die Anwaltspraxis, Tome X,  Bâle  2008,  p.  181,  ad  ch. 3.197).  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le 

C­5810/2009 Page 9 pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux  invoqués.  Dans  son  arrêt,  elle  prend en considération l'état de fait régnant au moment où elle statue (cf.  ATAF 2011/1 consid. 2 et jurisprudence citée). 3.  L'autorité statue librement, dans le cadre des prescriptions légales et des  traités  avec  l'étranger,  sur  l'octroi  de  l'autorisation  de  séjour  ou  d'établissement  (cf.  art.  4 LSEE). Cette  liberté demeure entière,  quelles  que soient les dispositions prises par le requérant (cf. art. 8 al. 2 RSEE).  Pour  les  autorisations,  les  autorités  doivent  tenir  compte  des  intérêts  moraux  et  économiques  du  pays,  ainsi  que  du  degré  de  surpopulation  étrangère (cf. art. 16 al. 1 LSEE et 8 al. 1 RSEE) et veiller à maintenir un  rapport  équilibré  entre  l'effectif  de  la  population  suisse  et  celui  de  la  population étrangère résidante (cf. art. 1 let. a OLE). 4.  4.1. Selon  l'art. 99 LEtr  (applicable en  raison de  l'art. 126 al. 2 LEtr),  le  Conseil  fédéral  détermine  les  cas  dans  lesquels  les  autorisations  de  courte  durée,  de  séjour  ou  d'établissement,  ainsi  que  les  décisions  préalables des autorités cantonales du marché du travail sont soumises à  l'approbation de l'ODM. Celui­ci peut refuser son approbation ou limiter la  portée de la décision cantonale (cf. art. 40 al. 1 LEtr). En  vertu  de  l'art.  85  al.  1  let.  a  et  b  OASA,  l'ODM  a  la  compétence  d'approuver l'octroi et le renouvellement des autorisations de séjour et de  courte durée, ainsi que  l'octroi de  l'établissement  lorsqu'il estime qu'une  procédure  d'approbation  est  nécessaire  pour  certaines  catégories  de  personnes  afin  d'assurer  une  pratique  uniforme  de  la  loi  ou  lorsqu'une  procédure d'approbation se  révèle  indispensable dans un cas d'espèce. Au  demeurant,  ces  dispositions  correspondent,  dans  l'esprit,  aux  dispositions abrogées (cf. art. 51 OLE et art. 1 al. 1 let. a et c OPADE).  4.2.  Conformément  à  la  réglementation  fédérale  des  compétences  en  matière de police des étrangers,  l'ODM dispose donc de  la compétence  d'approuver  l'autorisation de séjour que l'OCP se proposait de délivrer à  A._______ (cf. ATF 130 II 49 consid. 2.1, 127 II 49 consid. 3a et réf. cit.).  L'office  fédéral  précité  bénéficie  en  la  matière  d'une  totale  liberté  d'appréciation, dans le cadre des prescriptions légales et des traités avec  l'étranger  (art.  4 LSEE).  Il  s'ensuit  que ni  l'ODM, ni  le Tribunal,  ne sont  liés par la décision de la CCRPE de prolonger l'autorisation de séjour en 

C­5810/2009 Page 10 sa  faveur  et  peuvent  parfaitement  s'écarter  de  l'appréciation  faite  par  cette autorité. 5.  5.1.  L'étranger  n'a  en  principe  pas  un  droit  à  la  délivrance  d'une  autorisation  de  séjour  ou  d'établissement,  à  moins  qu'il  ne  puisse  se  prévaloir  d'une  disposition  particulière  du  droit  fédéral  ou  d'un  traité  lui  conférant  un  tel  droit  (ATF  135  II  1  consid.  1.1  et  jurisprudence  citée). Aux  termes  de  son  art.  1er  let.  a,  la  LSEE  n'est  applicable  aux  ressortissants  des Etats membres  de  la Communauté  européenne,  aux  membres de  leur  famille et aux  travailleurs détachés que si  l'ALCP n'en  dispose  pas  autrement  ou  si  ladite  loi  prévoit  des  dispositions  plus  favorables. 5.2. Comme  le  Tribunal  fédéral  a  déjà  eu  l'occasion  de  le  préciser,  les  critères élaborés par  la  jurisprudence  rendue pour  l'époux étranger d'un  ressortissant  suisse  en  rapport  avec  l'art.  7  al.  1  LSEE  s'appliquent  mutatis mutandis au conjoint étranger d'un  ressortissant communautaire  afin de garantir  le respect de non­discrimination inscrit à l'art. 2 ALCP et  d'assurer une certaine cohésion du système (ATF 130 II 113 consid. 9.3  in  fine  et  9.5).  Par  conséquent,  à  l'instar  des  étrangers  mariés  à  un  citoyen  suisse,  les  étrangers  mariés  à  un  travailleur  communautaire  jouissent,  en  principe,  d'un  droit  de  séjour  en  Suisse  pendant  toute  la  durée  formelle  du  mariage,  attendu  qu'ils  n'ont  pas  à  vivre  "en  permanence" sous  le même  toit que  leur époux pour bénéficier du droit  au regroupement familial prévu à l'art. 3 al. 1 annexe I ALCP (ATF 130 II  113 consid. 8.3 et 9.5). Ce droit n'est toutefois pas absolu. D'une part, l'art. 3 annexe I ALCP ne  protège pas les mariages fictifs (cf. arrêt du Tribunal fédéral 2A.725/2006  du 23 mars 2007). D'autre part,  en cas de séparation des époux,  il  y a  abus de droit à invoquer cette disposition lorsque le lien conjugal est vidé  de  toute  substance  et  que  la  demande  de  regroupement  familial  vise  seulement à obtenir une autorisation de séjour pour l'époux du travailleur  communautaire  (ATF  130  II  113  consid.  9.3  à  9.5;  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_  338/2009  du  10  septembre  2009  consid.  4.1).  Le mariage  n'existe  plus  que  formellement  lorsque  l'union  conjugale  est  rompue  définitivement,  c'est­à­dire  lorsqu'il  n'y a plus d'espoir  de  réconciliation  ;  les causes et  les motifs de  la  rupture ne  jouent pas de rôle  (ATF 130  II 

C­5810/2009 Page 11 113 consid.  4.2 et  jurisprudence citée). Commet également un abus de  droit  le  recourant  qui  se  prévaut  d'un  mariage  qui  n'existait  plus  que  formellement avant l'écoulement du délai de cinq ans prévu à l'art. 7 al. 1  LSEE (ATF 121 II 97 consid. 4c). Le  point  de  départ  pour  calculer  le  délai  de  cinq  ans  prévu  par  la  disposition précitée est la date du mariage en Suisse ou, si le mariage a  eu  lieu  à  l'étranger,  la  date  de  l'entrée  en  Suisse  (cf.  ATF  122  II  145  consid.  3b  p.  147ss;  cf.  également  les  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2A.491/2006  du  16  novembre  2006  consid.  2.2.1  et  2A.63/2003  du  4  novembre 2003 consid. 4.1). 6.  6.1. En l'espèce, à la suite de son mariage contracté le 30 juillet 2004 à  Divonne­les­Bains  avec  une  ressortissante  française,  qui  a  déposé  une  demande  d'autorisation  de  séjour  à  Genève  en  indiquant  qu'elle  s'était  installée  dans  cette  ville  le  30  juillet  2004,  A._______  a  été  mis  au  bénéfice d'une autorisation de séjour CE/AELE  le 17 août 2004, valable  dès  le  30  juillet  2004,  en  tant  que  conjoint  d'une  ressortissante  communautaire résidant à Genève. 6.2.  Selon  les  déclarations  de  A._______  devant  le  TPI,  les  époux  A._______ B._______ ont cessé  la vie commune au mois de  juin 2006,  soit  un peu moins  de deux ans après  la  célébration  de  leur mariage et  aucune reprise de la vie conjugale n'a eu lieu depuis lors (cf. jugement de  divorce  du  TPI  du  26  novembre  2009).  Statuant  sur  une  requête  de  mesures protectrices de l'union conjugale déposée par B._______, le TPI  a même autorisé, par jugement du 9 novembre 2006, les conjoints à vivre  séparés. Ainsi,  selon  les déclarations du  recourant  lui­même devant  les  autorités  civiles,  il  est  établi  que  depuis  le mois  de  juin  2006,  soit  bien  avant  l'échéance du délai  légal de cinq ans,  tout espoir de reprise de  la  vie  conjugale  était  vain  et  que  le mariage  n'existait  plus  dans  les  faits.  S'en  prévaloir  serait  constitutif  d'un  abus  de  droit  au  sens  de  la  jurisprudence précitée. Compte  tenu de ces éléments,  il  faut  considérer  que  le mariage  des  conjoints  A._______  B._______  n'existait  plus  que  formellement depuis le mois de juin 2006. Aussi, et contrairement à l'avis  exprimé  par  le  recourant  (cf.  mémoire  point  III.  C.  a)),  force  est  de  constater  que  dès  cette  date,  A._______  ne  peut  plus  se  prévaloir  de  l'existence du lien conjugal pour justifier le renouvellement de son titre de  séjour sous  l'angle de  l'art. 3 annexe  I ALCP, sous peine de commettre  un  abus  de  droit  manifeste.  Sur  ce  point,  le  Tribunal  relève  que  c'est 

C­5810/2009 Page 12 également à cette conclusion que la CCRPE a abouti dans sa décision du  6 mai 2008 (cf. consid. 4.d).  6.3. Par ailleurs,  il convient d'ajouter que, dans  la mesure où  l'intéressé  n'entretient plus de relations étroites et effectives avec son épouse depuis  le mois  de  juin  2006,  il  ne  peut  plus,  dès  cette  date,  se  prévaloir  de  la  protection de  l'art. 7 al. 1 LSEE, même si son divorce n'a été prononcé  que  le  26  novembre  2009,  soit  après  plus  de  cinq  ans  de mariage  (cf.  arrêt du Tribunal fédéral 2C_238/2009 du 10 septembre 2009 consid. 4).  7.  7.1. Le recourant ne pouvant pas se prévaloir des droits conférés par l'art.  7 al. 1 LSEE, la question de la poursuite de son séjour en Suisse doit dès  lors  être  examinée  sur  la  base de  la  réglementation ordinaire  de police  des étrangers. A cet égard,  il convient de relever que, dans  le cadre de  leur  pouvoir  d'appréciation,  qui  résulte  de  l'art. 4 LSEE,  les  autorités  cantonales restent  libres de proposer  la délivrance d'une autorisation de  séjour  à un étranger  qui  aurait  fait  preuve d'une  intégration particulière.  En  effet,  selon  la  jurisprudence  du  Tribunal  fédéral  (ATF  128  II  145  consid. 3.5 et réf. citée; cf. en outre arrêt du Tribunal fédéral 2A.345/2001  du  12  décembre  2001,  consid. 3d),  lorsqu'un  étranger  ne  peut  plus  se  prévaloir d'un droit à  la délivrance d'une autorisation de séjour,  l'autorité  peut  également  examiner  si  son  intégration  est  si  particulière  qu'elle  justifierait,  malgré  tout,  la  poursuite  de  son  séjour  sur  le  territoire  helvétique. 7.2. Au moment d'examiner  l'opportunité de prolonger un  titre de séjour  auquel le recourant n'a pas un droit, les autorités de police des étrangers  doivent peser  la totalité des intérêts en présence en prenant notamment  en  considération  les  critères  suivants:  la  durée  du  séjour,  les  liens  personnels  avec  la  Suisse,  la  situation  professionnelle,  la  situation  économique  et  sur  le  marché  du  travail,  le  comportement  et  le  degré  d'intégration  (cf.  arrêt  du Tribunal  administratif  fédéral C­491/2008  du  9  février 2009 consid. 7 et jurisprudence citée). En  d'autres  termes,  il  convient  en  particulier  d'examiner  dans  quelle  mesure  l'on  peut,  selon  des  critères  tenant  à  la  situation  personnelle,  économique  et  sociale  du  conjoint  admis  en  Suisse  au  titre  du  regroupement  familial, exiger de ce dernier qu'il  retourne dans son pays  d'origine et y refasse sa vie. Dans ce but, l'autorité prendra notamment en  considération la situation prévisible qui sera celle de l'intéressé en cas de 

C­5810/2009 Page 13 départ à l'étranger et les liens personnels que ce dernier s'est créés avec  la Suisse. Outre la durée de son séjour en Suisse et le degré d'intégration  à  ce  pays,  il  sera  également  tenu  compte  de  son  âge,  de  son  état  de  santé, des possibilités de réinsertion dans son pays d'origine (cf. arrêt du  Tribunal administratif fédéral C­3954/2008 du 10 décembre 2009 consid.  7.2 et jurisprudence citée). Il convient donc de déterminer, sur la base de  ces critères, si c'est à bon droit que l'autorité intimée a refusé, en vertu de  son  libre  pouvoir  d'appréciation  (art.  4  LSEE)  et  en  tenant  compte  des  intérêts  moraux  et  économiques  du  pays  ainsi  que  du  degré  de  surpopulation étrangère (art. 16 LSEE), de donner son aval à la poursuite  de son séjour en Suisse.  8.  8.1. S'agissant de  l'intérêt public, c'est  le  lieu de  rappeler que  la Suisse  pratique une politique restrictive en matière de séjour des étrangers dans  le but d'assurer un rapport équilibré entre l'effectif de la population suisse  et celui de la population étrangère résidante et d'améliorer la structure du  marché  du  travail  en  assurant  un  équilibre  optimal  en matière  d'emploi  (cf.  art.  16  al.  1  LSEE  et  art.  1  let.  a  et  c OLE;  cf.  également  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­542/2007  du  21  janvier  2009  consid.  6.3.2, jurisprudence et doctrine citées). 8.2.  S'agissant  de  l'intérêt  privé,  plusieurs  éléments  sont  pris  en  considération, notamment la durée du séjour et l'intégration sur les plans  professionnel et social (cf. consid. 7.2.ci­dessus). 8.2.1. A._______ indique qu'il réside en Suisse de manière ininterrompue  depuis 1998 au bénéfice d'une autorisation de séjour durable et qu'il peut  ainsi se prévaloir d'un séjour de près de treize ans en ce pays. La durée  de ce séjour doit cependant être relativisée. Il ressort en effet du dossier  que A._______ a d'abord vécu à Genève du 11 mai 1998 au 30 juin 2004  au bénéfice d'une autorisation de séjour temporaire pour formation. Selon  son plan d'études, le terme de sa formation était prévu en juin 2000. Or,  le prénommé n'a obtenu le diplôme visé qu'en juin 2003, soit après cinq  ans de formation. Ainsi, de mai 1998 à juin 2004, l'intéressé n'a disposé  que  d'un  statut  précaire  dans  le  canton  de  Genève  en  sa  qualité  d'étudiant, statut dont le renouvellement n'était aucunement assuré. Puis,  A._______  a  informé  les  autorités  genevoises  qu'il  avait  contracté  mariage  le 30  juillet  2004 avec une  ressortissante  française à Divonne­ les­Bains et que le couple s'était installé à Genève dès cette date. Il a dès  lors obtenu une autorisation de séjour durable en Suisse, valable dès  le 

C­5810/2009 Page 14 30  juillet  2004,  pour  lui  permettre  de  vivre  auprès  de  son  épouse.  Il  ressort toutefois du jugement du TPI du 9 novembre 2006 autorisant  les  conjoints à vivre séparés que bien que  le couple A._______ B._______  ait annoncé à l'OCP résider à Genève dès la date du mariage, soit dès le  30 juillet 2004,  il a en réalité résidé en France jusqu'en août 2005 "chez  les  parents  de  A._______,  qui  y  sont  propriétaires  d'une  maison".  Au  demeurant, selon  le  jugement de divorce du TPI du 26 novembre 2009,  A._______ a indiqué qu'il vivait séparé de son épouse depuis le mois de  juin 2006 déjà. Ainsi, si l'on se fonde sur les déclarations de A._______ et  de son épouse devant  les autorité civiles,  la vie commune du couple en  Suisse  a  duré  moins  d'une  année  (août  2005  à  juin  2006).  Enfin,  la  dernière autorisation de séjour délivrée à A._______ a été révoquée le 8  juin 2007 par les autorités cantonales genevoises. Depuis lors, ce dernier  n'est  admis  à  demeurer  en  Suisse  que  dans  le  cadre  des  procédures  relatives au  renouvellement de ses conditions de séjour en ce pays, au  bénéfice d'une simple tolérance. 8.2.2. Sur le plan professionnel, si A._______ a certes créé une société à  Genève,  inscrite au Registre du commerce  le 9 août 2005, et qui devait  être active dans le domaine de l'architecture d'intérieur et la décoration, il  ressort cependant du courrier du prénommé du 17 mai 2010 qu'à ce jour,  cette société n'a pratiquement déployé aucune activité. Le recourant  fait  valoir  que  les  projets  de  cette  société  ont  tous  été  suspendus  dans  l'attente  du  règlement  de  ses  conditions  de  séjour.  Cet  argument  ne  convainc pas dans  la mesure où  l'un ou  l'autre de  ces projets à  tout  le  moins aurait pu être mené à terme avant que ne soit entamée la présente  procédure.  Le  Tribunal  ne  peut  ainsi  pas  retenir  que  A._______  est  intégré  professionnellement  en  Suisse,  où  il  n'a  jamais  réellement  pris  part à la vie active. 8.2.3. Cela étant,  le recourant n'a pas non plus rapporté la preuve d'une  intégration  sociale  en  ce  pays.  Il  n'a  notamment  pas  démontré  qu'il  prenait  part  à  la  vie  associative  locale  ou  participait,  ne  serait  que  de  manière occasionnelle, à des manifestations de  type collectif et, comme  l'a relevé à juste titre l'ODM dans sa décision du 27 juillet 2009. Les liens  que maintient  A._______  avec  la  France,  et  plus  particulièrement  avec  Divonne­les­Bains,  où  la  famille  du  prénommé  possède  une maison  de  villégiature,  sont  tout  aussi  étroits  que  les  liens  que  l'intéressé  prétend  entretenir  avec  la  Suisse.  Enfin,  ces  attaches  n'apparaissent  pas  plus  importantes que celles que le recourant a pu nouer durant les trente­trois  années de sa vie passées en Arabie saoudite. Ainsi, même si l'intéressé  parle  parfaitement  le  français  et  n'a  pas  posé  le  moindre  problème  de 

C­5810/2009 Page 15 comportement durant son séjour en Suisse, ces éléments ne démontrent  pas  un  degré  d'intégration  plus  élevé  que  ce  que  l'on  n'est  en  droit  d'attendre d'une personne séjournant depuis quelques années en Suisse  et  ne  sauraient,  en  tant  que  tels,  suffire  à  justifier  la  prolongation d'une  autorisation de séjour dont l'intéressé n'a pu bénéficier qu'en raison de la  durée  de  son  union  conjugale,  très  brève,  avec  une  ressortissante  communautaire. 9.  Le recourant affirme enfin qu'il pourrait prendre part à la vie économique  genevoise  de  manière  active,  notamment  sur  un  plan  financier  (cf.  mémoire  de  recours  p.  5).  Cet  élément  n'est  pas  déterminant  dans  le  cadre de la présente procédure. D'une part, l'intéressé n'a jusqu'à ce jour  effectivement  développé  aucun  projet  dans  le  cadre  de  son  entreprise.  D'autre  part,  bien  que  le  Tribunal  lui  eut  donné  l'occasion  à  plusieurs  reprises de démontrer son engagement actif dans  la vie économique du  pays, l'intéressé s'est toujours limité à des déclarations d'intention restées  au  stade  de  promesses.  Au  demeurant,  si  A._______  a  réellement  l'intention  de  participer  à  la  vie  économique  suisse,  il  lui  demeurera  loisible  d'invoquer  les  dispositions  légales  idoines  relevant  de  la  LEtr,  entrée en vigueur le 1er janvier 2008.  10.  Au vu de l'ensemble des éléments qui précèdent, le Tribunal est amené à  conclure  que  l'autorité  intimée  n'a  pas  outrepassé  son  pouvoir  d'appréciation  en  refusant  de  donner  son  approbation  à  la  prolongation  de  l'autorisation  de  séjour  délivrée  antérieurement  au  recourant  en  application des règles sur le regroupement familial. 11.  Il  apparaît  que  l'intéressé  n'invoque,  ni  ne  démontre,  l'existence  d'obstacles à son retour dans  le Royaume d'Arabie saoudite.  Il convient  de  relever  à  ce  propos  que  le  recourant  a  conservé  des  attaches  avec  son pays, où se trouve sa proche parenté. Dans sa décision l'ODM s'est  fondé sur la LSEE, en particulier sur l'art. 14a al. 1 LSEE alors que c'est  la LEtr, en vigueur au moment du prononcé de la décision de renvoi qui  s'applique (cf. consid. 1.2 in fine ci­dessus). Cette modification de bases  légales  n'a  toutefois  pas  d'incidence  sur  la  présente  cause.  Ainsi,  la  décision  de  renvoi  de  Suisse  aurait  dû  être  prononcée  sur  la  base  de  l'ancien art. 66 al. 1 LEtr (RO 2007 5437; FF 2009 80) qui a été remplacé  entre  temps par  l'art.  64 al.  1  let.  c  LEtr  (entré en  vigueur  le 1er  janvier  2011, RO 2010 5925; cf. Message sur l’approbation et la mise en œuvre 

C­5810/2009 Page 16 de l’échange de notes entre la Suisse et la CE concernant la reprise de la  directive  CE  sur  le  retour  [directive  2008/115/CE]  [développement  de  l’acquis  de Schengen]  et  sur  une modification  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  [contrôle  automatisé  aux  frontières,  conseillers  en matière  de  documents, système d’information MIDES] du 18 novembre 2009,  in FF  2009 8043). La nouvelle disposition de l'art. 64 al. 1 let. c LEtr, qui prévoit  le  prononcé  d'une  décision  de  renvoi  à  l'encontre  d'un  étranger  auquel  une autorisation est  refusée ou dont  l'autorisation, bien que requise, est  révoquée  ou  n'est  pas  prolongée  après  un  séjour  autorisé,  reprend  toutefois  les  motifs  de  renvoi  définis  à  l’ancien  art.  66  al.  1  LEtr,  qui  reprenait les motifs du renvoi défini à l'art. 12 al. 3 LSEE. Au demeurant,  l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr, qui décrit  les obstacles à  l'exécution du renvoi, a  repris  la  réglementation  de  l'art.  14a  LSEE,  les modifications  apportées  par  le  législateur  étant  uniquement  d'ordre  systématique  et  linguistique  (cf. Message concernant  la  loi  sur  les étrangers du 8 mars 2002,  in FF  2002  3475).  Le  recourant  n'obtenant  pas  d'autorisation  de  séjour  en  Suisse,  c'est  à  bon  droit  que  l'ODM  a  prononcé  son  renvoi  de  Suisse.   Il  ressort  de  ce  qui  précède  que  la  décision  du  27  juillet  2009  est  conforme  au  droit  (art.  49  PA).  En  conséquence,  le  recours  est  rejeté. Vu  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de mettre  les  frais  de  procédure  à  la  charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du  règlement du 21 février 2008 concernant  les  frais, dépens et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­5810/2009 Page 17 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de 800 francs, sont mis à la charge  du  recourant. Ce montant est compensé par  l'avance de  frais versée  le  28 octobre 2009.  3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant, par l'entremise de son conseil (Acte judiciaire) – à l'autorité inférieure, avec dossier SYMIC 2608012.9 en retour – à  l'Office  de  la  population  du  canton  de  Genève,  en  copie  pour  information, avec dossier cantonal en retour. Le président du collège : La greffière : Blaise Vuille Marie­Claire Sauterel Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 1000  Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les  trente  jours  qui  suivent  la  notification  (art. 82  ss,  90  ss  et  100  de  la  loi  fédérale  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]).  Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  La  décision  attaquée  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au  mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :

C-5810/2009 — Bundesverwaltungsgericht 27.12.2011 C-5810/2009 — Swissrulings