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Bundesverwaltungsgericht 27.07.2011 C-2646/2010

27 luglio 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,330 parole·~17 min·1

Riassunto

Cas individuels d'une extrême gravité | Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour par exception aux mesures de limitation du nombre des étrangers et renvoi

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour III C­2646/2010 Arrêt   d u   2 7   juillet   2011 Composition Bernard Vaudan (président du collège),  Antonio Imoberdorf, Ruth Beutler, juges, Sophie Vigliante Romeo, greffière. Parties A._______, agissant pour elle­même et pour ses deux  enfants, B._______ et C._______,  représentée par le Syndicat interprofessionnel de  travailleuses et travailleurs (SIT)  recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6,  3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Refus d'approbation à l'octroi d'une autorisation de séjour  par exception aux mesures de limitation du nombre des  étrangers et renvoi.

C­2646/2010 Page 2 Faits : A.  Munie d'un visa, A._______, ressortissante des Philippines, née en 1963,  est entrée en Suisse au mois de  janvier 1997, y a été engagée comme  employée  de  maison  auprès  d'un  fonctionnaire  international  dans  le  canton de Genève et a bénéficié à ce titre d'une carte de légitimation du  Département  fédéral  des  affaires  étrangères  (ci­après:  carte  DFAE),  renouvelée en mars 1998.  Le 24 juin 1998, elle a donné naissance à B._______, issu de sa relation  avec  un  compatriote, D._______,  né  en  1964,  également  titulaire  d'une  carte DFAE. Le 8 octobre 1998, la carte DFAE de l'intéressée a été annulée. Par lettre du 18 décembre 1998, la Mission permanente de la Suisse près  les  organisations  internationales  à  Genève  a  informé  le  Haut  Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés qu'elle n'était pas en  mesure de donner suite à sa demande d'engagement de A._______, dès  lors  que  celle­ci  se  trouvait  en  Suisse  avec  son  enfant  et  qu'elle  ne  répondait ainsi plus aux conditions d'admission et de séjour prévues dans  la directive du 1er mai 1998 sur l'engagement des domestiques privés par  les fonctionnaires  internationaux, de sorte qu'elle était priée de quitter  le  territoire  helvétique. Donnant  suite  à  la  demande  de  renseignements  de  D._______,  ladite  Mission permanente a communiqué, par lettre datée du même jour, que,  « selon  les  Directives  réglant  le  séjour  des  membres  des  missions  permanentes  en  vigueur »,  B._______  ne  pouvait  être mis  au  bénéfice  d'une carte de  légitimation, compte  tenu notamment du  fait qu'il était né  hors mariage. Par courriers des 5 mars et 10 août 1999, elle a réitéré  les  informations  contenues dans ses courriers précités. B.  Le 27 mai 1999, l'Office de la population du canton de Genève (ci­après:  l'OCP)  a  établi  un  rapport  d'enquête.  Il  ressort  notamment  de  ce  document  que  A._______  a  déclaré  avoir  quitté  le  territoire  helvétique  durant  trois mois environ, y être  revenue au début de  l'année 1999 et y 

C­2646/2010 Page 3 travailler  comme  employée  de  maison  pour  une  fonctionnaire  internationale. C.  Le 14 décembre 1999, l'intéressée et son fils ont quitté la Suisse. D.  Au mois de mars 2000,  la prénommée est revenue dans ce pays munie  d'un  visa,  afin  de  travailler  en  qualité  d'employée  de  maison  pour  un  fonctionnaire  d'une  organisation  internationale.  Elle  a  ainsi  été mise  au  bénéfice d'une carte DFAE renouvelée jusqu'en 2005. E.  Saisie d'une demande de renouvellement de la carte de légitimitation de  la prénommée par l'Organisation Mondiale de la santé (OMS) à Genève,  la Mission permanente de  la Suisse a  indiqué, par courrier du 25 février  2005,  que,  selon  la  directive  du  1er  mai  1998  précitée,  l'intéressée  ne  pouvait plus œuvrer en Suisse sous le couvert d'une carte de légitimation,  dans la mesure où elle était accompagnée de son fils, et qu'il n'était pas  non plus possible d'établir un tel document en faveur de ce dernier, dès  lors  que,  bien  qu'il  eût  été  reconnu  par  son  père,  celui­ci  ne  bénéficiait  pas de l'autorité parentale sur son enfant. La carte DFAE de l'intéressée  a néanmoins été prolongée  jusqu'au 31  juillet 2005, afin de permettre à  B._______  de  terminer  son  année  scolaire,  à  sa  mère  de  prendre  les  dispositions  nécessaires  pour  quitter  la  Suisse  et  à  l'employeur  de  A._______ de trouver une nouvelle employée. F.  Par écrit  du 2 août 2005, D._______ a déclaré qu'il  n'épouserait  pas  la  requérante pour raison personnelle. Par courrier du 6 septembre 2005, la Mission permanente de la Suisse a  informé  l'OMS  que  la  carte  DFAE  de  l'intéressée  avait  été  initialement  prolongée afin de  lui permettre de  réunir  les documents nécessaires en  vue de son mariage avec le père de son fils et que, bien que l'écrit précité  changeât  complètement  la  situation,  elle  était  néanmoins  disposée  à  prolonger  la carte DFAE de A._______ jusqu'au 31 décembre 2005 et à  établir  un  tel  document  valable  jusqu'à  cette  date  en  faveur  de  son  fils  pour leur donner le temps de préparer leur départ définitif de ce pays. G.  Par écrit du 10 janvier 2006, A._______ a sollicité, par l'entremise de son 

C­2646/2010 Page 4 mandataire,  la  régularisation de ses conditions de séjour sur  la base de  l'art.  13  let.  f  de  l'ordonnance du 6 octobre 1986  limitant  le nombre des  étrangers  (OLE  de  1986,  RO  1986  1791).  Elle  a  expliqué  qu'elle  était  arrivée en Suisse, plus précisément à Gstaad,  la première  fois au mois  de  juillet  1992,  que,  ne  supportant  plus  les  conditions de  travail  que  lui  faisait  subir  son  employeur,  elle  s'était  enfuie,  quinze  jours  plus  tard,  à  Genève pour y trouver un emploi plus convenable, qu'après avoir œuvré  pendant quatre ans chez des particuliers, elle avait été engagée en 1996  comme employée de maison par un fonctionnaire de l'OMS, qu'elle avait  ainsi  obtenu une  carte DFAE et  qu'elle  travaillait,  depuis  1998,  pour  un  haut  fonctionnaire  de  cette  organisation.  Elle  a  ajouté  que,  pour  des  raisons  de  règlement  s'agissant  des  employés  de  fonctionnaires  internationaux, son fils et elle avaient perdu leur carte DFAE, qu'elle vivait  avec  le  père  de  son  enfant,  lequel  était  titulaire  d'une  carte  de  légitimation,  qu'il  était  employé  en  qualité  de  chauffeur  à  la  Mission  permanente du Royaume de Bahreïn auprès de  l'ONU à Genève, qu'ils  souhaitaient  contracter  mariage,  que  D._______  était  cependant  marié  aux Philippines et que, dans la mesure où la procédure de divorce dans  ce pays était particulièrement difficile, aucune date de mariage ne pouvait  être  avancée.  A  l'appui  de  sa  demande,  elle  a  notamment  fourni  un  curriculum vitae, ainsi que plusieurs lettres de recommandation. H.  Donnant suite à  la  requête de  l'OCP,  l'intéressée a  indiqué, par courrier  du  22  février  2006,  que,  pour  des  questions  de  procédure  aux  Philippines, son concubin ne pourrait entamer une procédure de divorce  qu'à partir du mois de juillet 2006. I.  Par  courrier  du 14 mars 2006,  l'autorité  cantonale précitée a  informé  la  requérante que, compte  tenu de  la particularité du cas d'espèce,  il  était  disposé à soumettre sa demande à  l'ODM avec un préavis favorable en  vue de l'octroi d'une autorisation de séjour en application de l'art. 13 let. f  OLE, tout en attirant son attention sur le fait que ladite autorisation aurait  un  caractère  strictement  temporaire  et  ne  serait  valable  que  jusqu'à  la  conclusion de son mariage avec le prénommé. J.  Le 6 avril  2006,  l'ODM a  invité  l'OCP à  reprendre  l'examen du cas à  la  lumière du courrier du 6 septembre 2005 qui semblait lui avoir échappé.

C­2646/2010 Page 5 K.  Le 7 décembre 2006, l'intéressée a donné naissance à C._______, issue  de sa relation avec D._______. L.  Suite  aux  demandes  de  renseignements  de  l'OCP  du  17  avril  2007,  A._______  et  son  concubin  ont  exposé,  par  courrier  du  24  mai  2007,  qu'ils  vivaient  toujours  ensemble  en  compagnie  de  leurs  deux  enfants,  qu'ils  n'avaient  pas  abandonné  leur  projet  de  mariage,  mais  que  la  procédure de divorce était particulièrement compliquée dans  leur patrie,  que  D._______  devait  s'y  rendre  le  mois  prochain  pour  faire  accélérer  cette procédure et que celui­ci subvenait seul aux besoins financiers de la  famille. Par attestation du 4 décembre 2007, le Tribunal philippin a certifié que le  prénommé avait déposé une demande en nullité de mariage. Par  lettres  des  5  février  2008,  18  juin  2008,  12  novembre  2008  et  20  février  2009,  l'OCP  a  invité  ce  dernier  à  l'informer  de  l'évolution  de  sa  procédure de divorce et  à préciser  dans quel  délai  son divorce pourrait  être  prononcé.  Par courrier du 23 juillet 2008, D._______ a exposé avoir demandé à son  avocat  sur  place  aux  Philippines  de  lui  faire  parvenir  un  document  attestant  de  l'état  d'avancement  de  la  procédure  de  divorce,  mais  qu'il  n'avait  encore  rien  reçu,  et  n'a  ensuite  plus  répondu  aux  correspondances précitées. M.  Le 13 mai 2009,  l'intéressée a signé un contrat en  tant qu'employée de  maison avec la Délégation du Japon à Genève. Le 18 juin 2009, l'OCP lui  a  délivré  une  autorisation  de  travail  valable  jusqu'à  droit  connu  sur  sa  demande d'autorisation de séjour. N.  Le  22  juillet  2009,  l'autorité  précitée  a  fait  savoir  à  l'ODM  qu'elle  maintenait sa proposition du 14 mars 2006, dans la mesure où le mariage  était toujours d'actualité. O.  Le 12 janvier 2010, l'ODM a avisé A._______ de son intention de refuser  son  approbation,  tout  en  lui  donnant  l'opportunité  de  faire  part  de  ses 

C­2646/2010 Page 6 observations.  Dans sa prise de position du 2 février 2010, la prénommée a argué que,  comme son concubin ne pouvait pas divorcer en raison de la complexité  de  la  loi  en  la  matière  aux  Philippines,  il  ne  leur  était  pas  possible  de  s'unir par les liens du mariage, qu'ils avaient deux enfants communs, que  ces  derniers  n'avaient  jamais  vécu  dans  ce  pays  et  qu'ils  étaient  particulièrement attachés à leur père, de sorte qu'il serait inhumain de les  séparer.  Elle  a  en  outre  expliqué  que  le  Service  de  la  protection  des  mineurs  était  disposé  à  établir,  uniquement  sur  mandat  de  l'ODM,  un  rapport concernant les relations parents­enfants. P.  Par décision du 16 mars 2010, l'ODM a refusé son approbation à l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  fondée  sur  l'art.  30  al.  1  let.  b  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005  sur  les  étrangers  (LEtr,  RS  142.20)  à  l'égard  de A._______,  ainsi  que  de  ses  deux  enfants,  et  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse.  Cet  Office  a  notamment  constaté  que,  comme  D._______ n'était au bénéfice que d'une carte DFAE, la disposition légale  précitée  en  relation  avec  l'art.  31  de  l'ordonnance  du  24 octobre  2007  relative  à  l'admission,  au  séjour  et  à  l'exercice  d'une  activité  lucrative  (OASA, RS 142.201) concernant  les couples de concubins avec enfants  n'était  pas  applicable  en  l'espèce  et  que,  pour  cette  même  raison,  les  requérants  ne  pouvaient  pas  non  plus  se  prévaloir  de  l'art.  8  de  la  convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et  des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101). Il a en outre relevé qu'en  examinant  l'affaire  en  tant  que  cas de  rigueur  selon  l'art.  30 al.  1  let.  b  LEtr  de  la  catégorie  « sans  papiers »,  la  proposition  cantonale  devait  également  être  rejetée,  dès  lors  que  les  séjours  passés  en  tant  qu'employée de maison sous  le couvert d'une carte DFAE revêtaient un  caractère  temporaire  et  n'étaient  ainsi  pas  déterminants  pour  apprécier  l'existence  d'un  cas  de  rigueur  et  que  la  situation  d'une  personne  au  bénéfice  d'une  carte  de  légitimation  n'était  pas  semblable  à  celle  d'un  requérant d'asile qui avait quitté son pays dans d'autres circonstances et  qui  était  contraint  de  rompre  tout  contact  avec  sa  patrie.  L'ODM  a  par  ailleurs souligné que rien n'empêchait l'intéressée, ses deux enfants et le  père  de  ceux­ci  de  faire  vie  commune  dans  leur  pays  d'origine,  que  B._______  et  C._______  étaient  encore  jeunes  et  donc  en mesure  de  s'adapter  à  un  nouvel  environnement  et  que  l'existence  de  bonnes  relations  entre  parents­enfants  n'était  pas  mise  en  doute,  raison  pour  laquelle  il  ne  lui  paraissait  pas  nécessaire  de  requérir  un  rapport  du  Service précité. L'ODM a considéré par ailleurs que l'exécution du renvoi 

C­2646/2010 Page 7 des  requérants était  possible,  licite et  raisonnablement exigible au sens  de l'art. 83 LEtr. Q.  Par  acte  du  15  avril  2010,  agissant  pour  elle­même  et  pour  ses  deux  enfants,  A._______  a  recouru  contre  cette  décision,  par  l'entremise  de  son mandataire, concluant à son annulation et à la reconnaissance d'une  "situation de détresse personnelle d'extrême gravité" au sens des art. 30  LEtr et 31 OASA en faveur des intéressés. Elle a en particulier invoqué la  circulaire du 21 décembre 2001 concernant  la  réglementation du séjour  des  étrangers  dans  les  cas  personnels  d'extrême  gravité,  affirmant  séjourner et travailler en Suisse depuis près de dix­huit ans presque sans  interruption, y être parfaitement  intégrée, parler  très bien  le  français, s'y  être créé un cercle d'amis et de connaissances, n'avoir pas de dettes et  n'avoir jamais commis le moindre délit. Elle a en outre exposé que, même  si,  pour  des  raisons  administratives,  elle  ne  pouvait  pas  se marier,  elle  s'était  néanmoins  construit  une  vie  familiale  solide  à Genève  avec  son  concubin,  lequel  était  au  bénéfice  d'une  carte  DFAE  depuis  de  nombreuses  années,  que  leurs  deux  enfants  n'avaient  jamais  vécu  aux  Philippines, que B._______ était sur le point d'entrer dans l'adolescence,  que  les  requérants avaient des attaches particulièrement « serrées » en  Suisse, dès lors que leur concubin, respectivement père, y vivait, et qu'un  retour  dans  leur  patrie  constituerait  une  rigueur  excessive  au  sens  de  l'art. 30 al. 1 let. b LEtr. A l'appui de son recours, elle a produit diverses  pièces. R.  Appelé  à  se  déterminer  sur  le  recours,  l'ODM en  a  proposé  le  rejet  en  date  du  25  mai  2010,  tout  en  précisant  avoir  appliqué  par  erreur  le  nouveau droit, alors qu'il aurait dû statuer selon  l'ancien, mais que cette  erreur  ne  portait  pas  préjudice  aux  intéressés,  étant  donné  que  les  critères  pour  la  reconnaissance  d'un  cas  de  rigueur  grave  étaient  les  mêmes selon l'ancien et le nouveau droit. S.  Invitée  à  se  prononcer  sur  ce  préavis,  la  recourante  a  fait  part  de  ses  observations  le  1er  juillet  2010,  invoquant  la  durée  de  son  séjour  en  Suisse,  l'âge  de  son  fils  aîné,  l'impossibilité  de  se  marier  avec  son  concubin, l'intégration des requérants dans ce pays et le fait qu'il ne leur  était pas possible de voir éclater l'unité de leur famille. Elle a par ailleurs  confirmé  que  la  procédure  de  divorce  engagée  par  D._______  aux  Philippines ne pourrait arriver à  terme  tant  la  législation en  la matière y 

C­2646/2010 Page 8 était compliquée, de sorte que le divorce souhaité n'était plus d'actualité. Droit : 1.   1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif fédéral (ci­après: le Tribunal ou le TAF), en vertu de l'art. 31  LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure administrative  (PA, RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées  à  l'art.  33  LTAF. En  particulier,  les  décisions  en  matière  d'approbation  à  l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  par  exception  aux  mesures  de  limitation  et  de  renvoi  de Suisse prononcées par  l'ODM  ­  lequel  constitue une unité de  l'administration  fédérale  telle  que  définie  à  l'art.  33  let.  d  LTAF  ­  sont  susceptibles  de  recours  au  TAF,  qui  statue  définitivement  (art.  1  al.  2  LTAF  en  relation  avec  l'art.  83  let.  c  ch.  2,  4  et  5  (applicable  mutatis  mutandis aux exceptions aux nombres maximums) de  la  loi  fédérale du  17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110). 1.2.   1.2.1.  L'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  LEtr  a  entraîné  l'abrogation  de  la  loi  fédérale  du  26 mars  1931  sur  le  séjour  et  l’établissement des étrangers (LSEE de 1931, RS 1 113), conformément  à  l'art. 125 LEtr, en relation avec  le chiffre  I de son annexe 2, ainsi que  celle  de  certaines  ordonnances  d'exécution,  telle  que  l'OLE  (cf.  art.  91  OASA).  Dès  lors  que  la  demande  qui  est  l'objet  de  la  présente  procédure  de  recours a été déposée  le 10  janvier 2006, soit avant  l'entrée en vigueur  de  la  LEtr,  l'ancien  droit  (matériel)  est  applicable  à  la  présente  cause,  conformément à  la  réglementation  transitoire de  l'art. 126 al. 1 LEtr. En  revanche,  la  procédure  relative  aux  demandes  déposées  avant  l'entrée  en vigueur de la LEtr,  le 1er  janvier 2008, est régie par  le nouveau droit  (art. 126 al. 2 LEtr). S'agissant de l'exécution du renvoi et de l'existence 

C­2646/2010 Page 9 d'éventuels  obstacles  au  renvoi  des  intéressés,  la  LEtr  est  applicable,  puisque cette procédure a été ouverte après l'entrée en vigueur de cette  loi (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral C­5268/2008 du 1er juin 2011  consid. 3). 1.2.2. Aussi,  force est de constater que c'est à tort que l'autorité  intimée  s'est  fondée, dans sa décision du 16 mars 2010, sur  l'art. 30 al. 1  let. b  LEtr,  comme elle  l'a  d'ailleurs  reconnu  dans  sa  prise  de  position  du  25  mai 2010. Il sied toutefois d'observer que, d'une part, ce vice a été réparé  par  l'ODM dans  le  cadre  de  la  procédure  d'échange  d'écritures  et  que,  d'autre part, l'application erronée du droit en vigueur par cette autorité n'a  aucune  incidence  sur  l'issue  de  la  présente  cause.  En  effet,  selon  la  maxime officielle régissant  la présente procédure (cf. art. 62 al. 4 PA, en  relation  avec  l'art. 12  de  la même  loi),  le  Tribunal,  qui  applique  le  droit  d'office,  peut  s'écarter  aussi  bien  des  arguments  des  parties  que  des  considérants  juridiques  de  la  décision  querellée,  fussent­ils  incontestés  (cf.  ANDRÉ  MOSER,  MICHAEL  BEUSCH  ET  LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren vor dem Bundesverwaltungsgericht,  in Handbücher  für die Anwaltspraxis,  tome X,  Bâle  2008,  p.  181,  ad  ch.  3.197;  Blaise Knapp,  Précis  de  droit  administratif,  Bâle  et  Francfort­sur­le­Main  1991,  p. 422,  nos 2034ss ;  PIERRE  MOOR,  Droit  administratif,  Berne  2002,  vol. II,  p. 264s.,  ch. 2.2.6.5,  et  références  citées).  Il  en  résulte  que  le Tribunal,  pour autant qu'il reste dans le cadre de l'objet du litige, peut maintenir une  décision  en  la  fondant  au  besoin  sur  d'autres  dispositions  légales  que  celles  retenues  par  l'autorité  inférieure  (cf.  ATF  130  III  707  consid. 3.1,  ATF 108  Ib  28  consid. 1,  et  la  jurisprudence  citée  ;  MOOR,  op.  cit.,  ibidem). Au demeurant, les requérants n'ont subi aucun préjudice, dans la mesure  où le nouveau droit n'a pas amené de changements significatifs en ce qui  concerne les critères de reconnaissance d'une situation d'extrême gravité  susceptible  de  conduire  à  la  délivrance  d'un  permis  humanitaire  (cf. art. 31  al. 1 OASA ; Message  concernant  la  loi  sur  les  étrangers  du  8 mars  2002, FF 2002 3469ss,  spéc.  p. 3543 ad art. 30  du projet ;  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­636/2010  du  14  décembre  2010  consid. 5.2 et jurisprudence et doctrine citées). 1.3. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (art. 37 LTAF).

C­2646/2010 Page 10 1.4. La recourante a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans  la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 50  et 52 PA). 2.  La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de  recours  n'est,  comme  déjà  mentionné  précédemment,  pas  liée  par  les  motifs  invoqués à  l'appui du recours. Aussi peut­elle admettre ou rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres motifs  que  ceux  invoqués. Dans  son arrêt,  elle  prend en considération l'état de fait et de droit régnant au moment où elle  statue,  sous  réserve  du  consid.  1.2  supra  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2A.451/2002 du 28 mars 2003 consid. 1.2 partiellement publié in ATF 129  II 215). 3.  En vertu de la réglementation portant sur la répartition des compétences  entre  la  Confédération  et  les  cantons  en  matière  d'exceptions  aux  mesures de limitation du nombre des étrangers selon l'art. 13 let. b, f et l  (cf. art. 52 let. a OLE),  l'autorité fédérale n'est pas liée par  l'appréciation  que l'OCP a émise dans sa prise de position du 14 mars 2006. En effet, sous l'empire de la LSEE, si les cantons avaient certes la faculté  de  se  déterminer  à  titre  préalable  au  sujet  de  la  délivrance  des  autorisations  de  séjour  hors  contingent  au  sens  des  dispositions  précitées,  la  compétence  décisionnelle  appartenait  toutefois  à  la  Confédération,  et  plus  particulièrement  à  l'ODM  (cf.  ATF  119  Ib  33  consid.  3a,  traduit  en  français  dans  Journal  des Tribunaux  [JdT]  1995  I  226 consid. 3a; arrêt du Tribunal  fédéral 2A.435/2006 du 29 septembre  2006  consid.  5.2;  PETER  KOTTUSCH,  Das  Ermessen  der  kantonalen  Fremdenpolizei  und  seine  Schranken,  Schweizerisches  Zentralblatt  für  Staats­  und  Verwaltungsrecht  [ZBl]  91/1990,  p.  155)  et  au  Tribunal,  en  vertu de l'effet dévolutif du recours (cf. art. 54 PA). Au  regard  du  nouveau  droit  également,  la  position  de  l'OCP  ne  lie  ni  l'ODM, ni  le Tribunal (cf. art. 40 al. 1 et 99 LEtr en relation avec l'art. 85  OASA ; voir également le chiffre 1.3.2 des Directives et Commentaires de  l'ODM,  en  ligne  sur  le  site  de  l'ODM  >  Thèmes  >  Bases  légales  >  http://links.weblaw.ch/ATF-119-IB-33 http://links.weblaw.ch/ATF-119-IB-33 http://links.weblaw.ch/ATF-119-IB-33 http://links.weblaw.ch/ATF-119-IB-33 http://links.weblaw.ch/ATF-119-IB-33 http://links.weblaw.ch/2A.435/2006

C­2646/2010 Page 11 Directives  et  commentaires  >  Domaine  des  étrangers  >  Procédure  et  compétence, version 01.07.2009, consulté en juillet 2011). 4.  4.1. Selon  l'art.  13  let.  f  OLE,  ne  sont  pas  comptés  dans  les  nombres  maximums  les étrangers qui obtiennent une autorisation de séjour dans  un  cas  personnel  d'extrême  gravité  ou  en  raison  de  considérations  de  politique générale. 4.2.  L'art.  13  let.  f  OLE,  qui  prévoit  une  exception  aux  mesures  de  limitation du nombre des étrangers, a pour but de faciliter la présence en  Suisse d'étrangers qui, en principe, seraient soumis au contingentement  des  autorisations  de  séjour,  mais  pour  lesquels  l'assujettissement  aux  nombres maximums  fixés  par  le Conseil  fédéral  apparaît  trop  rigoureux  par rapport aux circonstances particulières de leur cas. 4.3. Il découle de la formulation de l'art. 13 let. f OLE que cette disposition  dérogatoire  présente  un  caractère  exceptionnel  et  que  les  conditions  auxquelles  la  reconnaissance  d'un  cas  de  rigueur  est  soumise  doivent  être  appréciées  de  manière  restrictive.  Il  est  nécessaire  que  l'étranger  concerné  se  trouve  dans  une  situation  de  détresse  personnelle.  Cela  signifie  que  ses  conditions  de  vie  et  d'existence,  comparées  à  celles  applicables à la moyenne des étrangers, doivent être mises en cause de  manière accrue, autrement dit que  le  refus de soustraire  l'intéressé aux  restrictions  des  nombres  maximums  comporte  pour  lui  de  graves  conséquences.  Lors  de  l'appréciation  d'un  cas de  rigueur,  il  y  a  lieu de  tenir  compte  de  l'ensemble  des  circonstances  du  cas  particulier.  La  reconnaissance  d'un  cas  personnel  d'extrême  gravité  n'implique  pas  forcément  que  la  présence  de  l'étranger  en  Suisse  constitue  l'unique  moyen pour échapper à une situation de détresse.   Par  ailleurs,  le  fait  que  l'étranger  ait  séjourné  en  Suisse  pendant  une  assez  longue  période,  qu'il  s'y  soit  bien  intégré  socialement  et  professionnellement  et  que  son  comportement  n'ait  pas  fait  l'objet  de  plaintes ne suffit pas, à lui seul, à constituer un cas personnel d'extrême  gravité;  il  faut encore que la relation de l'intéressé avec la Suisse soit si  étroite qu'on ne saurait exiger de  lui qu'il aille vivre dans un autre pays,  notamment dans son pays d'origine. A cet égard, les relations de travail,  d'amitié ou de voisinage que le requérant a pu nouer pendant son séjour  ne constituent normalement pas des  liens si étroits avec  la Suisse qu'ils  justifieraient  une  exception  aux  mesures  de  limitation  du  nombre  des 

C­2646/2010 Page 12 étrangers  (cf.  ATAF  2007/45  consid.  4.2  p.  589/590,  jurisprudence  et  doctrine citées). 4.4. Dans  ce  contexte,  le  simple  fait  pour  un  étranger  de  séjourner  en  Suisse pendant de longues années, y compris à titre légal, ne permet pas  d'admettre  un  cas  personnel  d'extrême  gravité  sans  que  n'existent  d'autres  circonstances  tout  à  fait  exceptionnelles  à même de  justifier  la  reconnaissance  d'un  cas  de  rigueur  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2A.540/2005 du 11 novembre 2005 consid. 3.2.1,  voir également ATAF  2007/16 consid. 7 p. 198). 4.5. Lorsqu'une  famille ou une partie d'une  famille demande de pouvoir  être exemptée des mesures de limitation au sens de l'art. 13 let. f OLE, la  situation  de  chacun  de  ses  membres  ne  doit  pas  être  considérée  isolément  mais  en  relation  avec  le  contexte  familial  global.  En  effet,  le  sort de la famille formera en général un tout; il serait difficile d'admettre le  cas  d'extrême  gravité,  par  exemple,  uniquement  pour  les  ou  l'un  des  parents ou pour les enfants. Ainsi, le problème des enfants est un aspect,  certes  important,  de  la  situation  de  la  famille, mais  ce n'est  pas  le  seul  critère.  Il  y  a  donc  lieu  de  porter  une  appréciation  d'ensemble,  tenant  compte de  tous  les membres de  la  famille  (durée du  séjour,  intégration  professionnelle pour les parents et scolaire pour les enfants, notamment).  Quand un enfant a passé  les premières années de sa vie en Suisse ou  lorsqu'il y a  juste commencé sa scolarité,  il  reste encore dans une  large  mesure  rattaché  à  son  pays  d'origine  par  le  biais  de  ses  parents.  Son  intégration  au milieu  socioculturel  suisse  n'est  alors  pas  si  profonde  et  irréversible  qu'un  retour  au  pays  d'origine  constitue  un  déracinement  complet  (cf. ATAF précité consid. 5.3 p. 196 et  jurisprudence citée). Un  retour  au  pays  d'origine  peut  en  revanche  représenter  une  rigueur  excessive  pour  des  adolescents  ayant  suivi  l'école  durant  plusieurs  années et achevé leur scolarité avec de bons résultats. L'adolescence est  en effet une période essentielle du développement personnel, scolaire et  professionnel, entraînant une intégration accrue dans un milieu déterminé  (cf.  ATF  123  II  125  consid.  4,  ALAIN  WURZBURGER,  La  jurisprudence  récente du Tribunal  fédéral en matière de police des étrangers, RDAF  I  1997, p. 297/298). 5.  L'art.  4  OLE  soustrait  notamment  aux  nombres maximums  fixés  par  le  Conseil  fédéral  certains  étrangers  titulaires  d'une  pièce  de  légitimation  délivrée  par  le  DFAE  (dont  les  membres  de missions  diplomatiques  et  permanentes)  et,  à  certaines  conditions,  les membres  de  la  famille  des 

C­2646/2010 Page 13 intéressés admis au titre du regroupement  familial. Or, ainsi qu'il  ressort  de  la  disposition  précitée,  le  séjour  de  ces  personnes  en  Suisse  n'est  autorisé que pendant  la durée de  la  fonction exercée dans  le but défini  par le DFAE, lequel ne tient pas compte de la politique restrictive menée  par la Suisse en matière de séjour et d'emploi des étrangers.  Les  bénéficiaires  d'une  carte  de  légitimation  du  DFAE  ne  peuvent  dès  lors  ignorer  que  leur  présence  (et  celle  de  leur  famille)  en  Suisse,  directement liée à la fonction occupée, revêt un caractère temporaire. Il a  ainsi  été  admis  que  la  durée  d'un  séjour  accompli  à  ce  titre  n'était  en  principe  pas  déterminante  pour  la  reconnaissance  d'un  cas  personnel  d'extrême  gravité  (cf.  ATAF  2007/44  consid.  4.3  p.  559,  et  la  jurisprudence  et  doctrine  citées).  Il s'ensuit que les étrangers séjournant en Suisse au bénéfice d'une carte  de  légitimation  du  DFAE  ne  peuvent  en  principe  pas  obtenir  une  exception aux mesures de limitation du nombre des étrangers au sens de  l'art.  13  let.  f  OLE  lorsque  prend  fin  la  fonction  (ou  la  mission)  pour  laquelle  une  autorisation  de  séjour  ­  d'emblée  limitée  à  ce  but  précis  ­  avait  été  délivrée,  sous  réserve  de  circonstances  tout  à  fait  exceptionnelles  (cf.  ATAF  2007/44  précité  loc.  cit.  et  la  jurisprudence  citée). 6.   6.1. Dans son mémoire de recours, l'intéressée invoque le bénéfice de la  circulaire du 21 décembre 2001 concernant  la  réglementation du séjour  des étrangers dans les cas personnels d'extrême gravité. 6.2.  Préalablement,  le  TAF  précise  que  selon  la  doctrine  et  la  jurisprudence,  les  directives  et  circulaires  de  l'administration,  si  elles  visent  à assurer  l'application uniforme de  certaines dispositions  légales,  n'ont pas force de loi et ne lient ni les administrés, ni les tribunaux. Elles  ne peuvent sortir du cadre fixé par la norme supérieure dont elles ne sont  qu'une concrétisation. En d'autres termes, elles ne peuvent prévoir autre  chose que ce qui découle de  la  législation ou de  la  jurisprudence. Elles  ne dispensent pas non plus l'administration de se prononcer à la lumière  des circonstances du cas d'espèce (cf. ATF 133 II 305 consid. 8.1; arrêt  du  Tribunal  fédéral  5A_785/2009  du  2  février  2010  consid.  4.2;  ATAF  2007/16  consid.  6.2  p.  197  ainsi  que  jurisprudence  et  doctrine  citées).

C­2646/2010 Page 14 6.3. La circulaire du 21 décembre 2001, révisée pour la dernière fois le 21  décembre  2006  et  adressée  en  priorité  aux  autorités  de  police  des  étrangers, énonce les conditions générales qu'il convient d'examiner dans  l'application de  l'art.  13  let.  f OLE pour  les personnes dont  le  séjour en  Suisse n'est pas régulier, en rappelant la pratique en vigueur et en citant  l'essentiel  de  la  jurisprudence  développée  jusqu'alors  par  le  Tribunal  fédéral dans  le cadre des  recours dont  il avait à connaître, compétence  aujourd'hui  déchue.  Or,  par  la  décision  querellée,  l'ODM  n'a  fait  qu'apprécier  la  situation  concrète des  requérants à  l'aune des principes  régissant  les  cas  personnels  d'extrême  gravité.  La  recourante  ne  peut  ainsi  tirer  aucun  avantage  de  cette  circulaire  (cf.  dans  le  même  sens  ATAF précité consid. 6.3 p. 197s.). Par  surabondance,  il  sied  de  relever  que  A._______  ne  saurait  être  qualifiée  de  "sans  papiers"  au  sens  strict,  dans  la  mesure  où  elle  a  bénéficié d'une carte DFAE durant plusieurs années. 7.   7.1. En l'espèce,  la durée exacte du séjour en Suisse de  la prénommée  ne peut pas être déterminée avec certitude, dans la mesure où celui­ci a  été  interrompu  notamment  par  plusieurs  retours  dans  sa  patrie  dont  la  durée  n'est  pas  clairement  établie.  A  tout  le  moins,  se  fondant  sur  les  pièces du dossier et  les déclarations de  l'intéressée,  le TAF  retient que  cette dernière est, selon toute vraisemblance, arrivée en Suisse au mois  de  juillet  1992  et  qu'elle  y  a  séjourné  et  travaillé  illégalement  jusqu'en  1996  avant  de  repartir  dans  sa  patrie.  Au mois  de  janvier  1997,  elle  a  regagné le territoire helvétique au moyen d'un visa et a alors été admise  à  y  résider  sous  le  couvert  d'une  carte  DFAE.  Le  8  octobre  1998,  ce  document a cependant été annulé, dès lors qu'elle se trouvait en Suisse  avec  son  enfant  et  qu'elle  ne  répondait  ainsi  plus  aux  conditions  d'admission et de séjour prévues dans  la directive du 1er mai 1998 sur  l'engagement  des  domestiques  privés  par  les  fonctionnaires  internationaux. Selon ses propres déclarations, elle aurait  ensuite quitté  le territoire helvétique durant trois mois environ avant d'y revenir au début  de  l'année  1999  pour  y  travailler  illégalement  comme  employée  de  maison (cf. rapport d'enquête de l'OCP du 27 mai 1999). Le 14 décembre  1999, la recourante et son fils ont de nouveau laissé ce pays. Au mois de  mars 2000, A._______ est une nouvelle  fois retournée en Suisse munie  d'un  visa,  afin  d'y  travailler  en  qualité  d'employée  de  maison  chez  un  fonctionnaire d'une organisation internationale, de sorte qu'elle a été mise  au bénéfice d'une carte DFAE, renouvelée jusqu'en 2005. Par courrier du 

C­2646/2010 Page 15 25  février  2005,  la  Mission  permanente  de  la  Suisse  a  souligné  que,  comme  l'intéressée était accompagnée de son  fils, elle ne pouvait plus,  selon  la  directive  du  1er mai  1998  précitée,  oeuvrer  en Suisse  sous  le  statut  d'une  carte  de  légitimation,  tout  en  prolongeant  néanmoins  ce  document jusqu'au 31 juillet 2005, puis jusqu'au 31 décembre 2005, pour  lui permettre notamment de préparer son départ. Depuis  le dépôt de sa  demande  de  régularisation  intervenu  au  mois  de  janvier  2006,  la  recourante ne demeure sur territoire helvétique qu'en vertu d'une simple  tolérance cantonale, laquelle consiste en un statut à caractère provisoire  et aléatoire.  Or,  comme  relevé  ci­dessus,  les  séjours  sous  carte  de  légitimation  du  DFAE ne sauraient en principe être pris en considération dans l'examen  d'un  cas  personnel  d'extrême  gravité  (cf.  consid.  5  supra  et  la  jurisprudence  citée),  pas  plus  que  les  séjours  illégaux  ou  précaires  (cf.  ATAF  2007/45  consid.  6.3  p.  593,  ATAF  2007/44  consid.  5.2  p.  581,  ATAF  2007/16  consid.  5.4  p.  196  s.,  et  la  jurisprudence  citée).  Au  demeurant, comme déjà relevé ci­dessus, le simple fait pour un étranger  de séjourner en Suisse pendant plusieurs années, y compris à titre légal,  ne permet pas d'admettre un cas personnel d'extrême gravité sans que  n'existent  d'autres  circonstances  tout  à  fait  exceptionnelles  à même  de  justifier l'existence d'un cas de rigueur (cf. ATAF 2007/16 consid. 7 p. 198  et jurisprudence mentionnée).   Dans ces conditions, l'intéressée ne saurait tirer parti de la simple durée  de son séjour en Suisse pour bénéficier d'une exception aux mesures de  limitation.  Pour  rappel,  elle  se  trouve  en  effet  dans  une  situation  comparable à celle de nombreux étrangers qui sont appelés à quitter  la  Suisse  au  terme  d'un  séjour  autorisé  ou  non  et  qui,  ne  bénéficiant  d'aucun traitement particulier, restent soumis aux mesures de limitation. 7.2. Cela étant, il convient d'examiner les critères d'évaluation qui, autres  que la seule durée du séjour en Suisse, pourraient rendre le retour de la  recourante dans son pays d'origine particulièrement difficile. En ce qui concerne l'intégration socioprofessionnelle de A._______, force  est  de  constater  que,  comparée  à  celle  de  la  moyenne  des  étrangers  présents en Suisse depuis plus de dix ans, elle ne revêt aucun caractère  exceptionnel.  S'il  est  vrai  qu'elle  n'a  pas  occupé  les  services  de  police  depuis  son arrivée dans  ce pays,  il  n'en demeure pas moins qu'elle  ne  peut se prévaloir d'un comportement irréprochable. En effet, hormis le fait  que, selon ses propres déclarations, elle y a séjourné et travaillé dans la 

C­2646/2010 Page 16 clandestinité de 1992 à 1996 et après  l'annulation de sa carte DFAE en  date du 8 octobre 1998 (cf. rapport de l'OCP du 27 mai 1999) ­ étant à cet  égard  relevé  que  cette  situation  illégale  se  serait  vraisemblablement  prolongée  sans  l'intervention  de  l'OCP  ­,  elle  n'a  pas  hésité  à  se  faire  délivrer  une  nouvelle  carte  DFAE  au  mois  d'avril  2000,  laquelle  a  été  renouvelée  jusqu'en  2005,  alors  qu'elle  était  toujours  accompagnée  de  son  fils  et  qu'elle  savait  pertinemment  qu'elle  ne  répondait  pas  aux  conditions d'admission et de séjour prévues dans la directive du 1er mai  1998 précitée (cf.  lettres de  la Mission permanente de  la Suisse des 18  décembre 1998, 5 mars 1999 et 10 août 1999). Certes,  il appert que  la  prénommée  s'est  vraisemblablement  constitué  un  cercle  d'amis  et  de  relations  dans  la  région  genevoise.  Il  ressort  également  des  pièces  du  dossier qu'elle a travaillé à la satisfaction de ses employeurs successifs.  Le  TAF  ne  saurait  toutefois  considérer,  sur  la  base  des  éléments  qui  précèdent,  qu'elle  se  soit  créé  avec  la  Suisse  des  attaches  à  ce  point  profondes et durables qu'elle ne puisse plus  raisonnablement envisager  un retour dans son pays d'origine, étant encore rappelé que les relations  de  travail, d'amitié ou de voisinage que  l'intéressée a pu nouer pendant  son séjour dans ce pays ne sauraient justifier, en soi, une exception aux  mesures de  limitation du nombre des étrangers  (cf. supra consid. 4.3  in  fine).  Il  n'apparaît  pas  au  demeurant  qu'elle  aurait  établi  des  liens  particulièrement  étroits  avec  la  population  helvétique,  en  participant  activement à des sociétés locales par exemple. De plus, si les pièces du  dossier  révèlent  que,  depuis  son  arrivée  sur  territoire  helvétique,  l'intéressée a, par son  travail dans  le secteur de  l'économie domestique  (à  savoir  comme employée  de maison)  et  avec  l'aide  de  son  concubin,  constamment assuré son indépendance financière et nullement émargé à  l'assistance  publique,  il  sied  de  relever  qu'elle  n'a  pas  acquis  de  connaissances ou de qualifications spécifiques telles qu'il faille considérer  qu'elle  a  fait  preuve  d'une  évolution  professionnelle  remarquable  en  Suisse justifiant, à elle seule, l'admission d'un cas de rigueur au sens de  l'art. 13  let.  f OLE (cf. ATAF 2007/16 consid. 8.3 et  jurisprudence citée).  Quant à sa réintégration professionnelle dans sa patrie, où elle a œuvré  comme  vendeuse,  secrétaire  et  domestique  privée  (cf.  curriculum  vitae  fourni  à  l'appui  de  sa  demande  d'engagement  du  26 mai  2009),  il  faut  considérer qu'elle est non seulement possible, mais qu'elle devrait encore  être  favorisée  par  sa  connaissance  du  français  et  par  l'expérience  acquise en Suisse dans le cadre de son travail.  Par  ailleurs,  il  convient  de  rappeler  que  A._______  a  vécu  aux  Philippines,  jusqu'à  l'âge  de  vingt­neuf  ans.  Elle  a  donc  passé  la  plus  grande partie de son existence dans son pays d'origine, soit une période 

C­2646/2010 Page 17 qui  dépasse  largement  celle  considérée  comme  décisive  pour  la  formation  de  la  personnalité  et,  partant,  pour  l'intégration  sociale  et  culturelle (cf. ATF 123 précité consid. 5b/aa). C'est donc aux Philippines  qu'elle  a  l'essentiel  de  ses  racines.  Dans  ces  conditions,  le  TAF  ne  saurait  considérer  que  les  attaches  nouées  avec  la  Suisse  aient  pu  la  rendre  totalement  étrangère  à  son  pays  ­  dans  lequel  elle  est  du  reste  retournée à plusieurs reprises ­ au point qu'elle ne serait plus en mesure,  après  une  période  d'adaptation,  d'y  retrouver  ses  repères.  Rien  ne  permet en tous les cas d'affirmer que les difficultés que la recourante est  susceptible  de  rencontrer  à  son  retour  aux  Philippines  seraient  plus  graves pour elle que pour n'importe lequel de ses concitoyens appelés à  quitter  la  Suisse  au  terme  de  son  séjour  dans  ce  pays,  ou  que  sa  situation  serait  sans  commune mesure  avec  celle  que  connaissent  ses  compatriotes restés sur place. 7.3.  En  ce  qui  concerne  B._______,  âgé  de  treize  ans,  il  est  né  en  Suisse, où il a suivi toute sa scolarité. Il n'est pas contesté qu'il parle bien  le français, qu'il s'est bien adapté au milieu scolaire et social genevois, si  bien  qu'un  retour  dans  son  pays  d'origine  entraînerait  assurément  certaines  difficultés.  Le  Tribunal  ne  peut  toutefois  que  constater  que  le  prénommé n'a pas encore atteint un degré scolaire particulièrement élevé  en  Suisse.  Quant  au  bagage  scolaire  qu'il  a  acquis  sur  le  territoire  helvétique,  il  s'agit  avant  tout  de  connaissances  d'ordre  général  qui  pourraient  également  être  mises  à  profit  ailleurs  qu'en  Suisse.  Sa  situation  ne  saurait  donc  être  assimilée  à  celle  d'un  adolescent  ayant  achevé  sa  scolarité  obligatoire  avec  succès  et  entrepris  une  formation  professionnelle  nécessitant  l'acquisition  de  qualifications  et  de  connaissances spécifiques. Dans ces conditions,  le Tribunal estime que  le processus d'intégration entamé par B._______, s'il est certes avancé,  n'est pas encore à ce point profond et irréversible qu'un retour dans son  pays  d'origine  ne  puisse  plus  être  envisagé  (cf.  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  C­636/2010 précité consid. 6.3). Quant  à  C._______,  âgée  de  quatre  ans,  elle  est  également  née  en  Suisse.  Même  si  elle  ne  connaît  pas  les  Philippines,  il  sied  de  relever  qu'elle n'a pas encore débuté sa scolarité obligatoire et qu'en  raison de  son jeune âge, elle demeure fortement liée à ses parents qui l'imprègnent  de  leur  mode  de  vie  et  de  leur  culture.  Son  intégration  au  milieu  socioculturel  suisse  n'est  par  conséquent  pas  si  profonde  qu'elle  ne  pourrait s'adapter à la patrie de ses parents (ATAF 2007/16 consid. 5.3 p.  196).

C­2646/2010 Page 18 8.   8.1. Dans  ses déterminations  du 1er  juillet  2010,  la  recourante  a  argué  que son concubin, père de ses deux enfants, vivait en Suisse au bénéfice  d'une carte DFAE et que  les requérants ne souhaitaient pas voir éclater  l'unité de leur famille, invoquant ainsi implicitement l'art. 8 CEDH. 8.2. Un étranger  peut,  selon  les  circonstances,  se  prévaloir  du  droit  au  respect de sa vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH (dont  la portée est identique à celle de l'art. 13 al. 1 de la Constitution fédérale  de  la  Confédération  suisse  du  18 avril  1999  [Cst.,  RS  101])  pour  s'opposer  à  l'éventuelle  séparation  de  sa  famille  à  la  condition  qu'il  entretienne des relations étroites, effectives et  intactes avec un membre  de  cette  famille  disposant  d'un  droit  de  présence  assuré  en  Suisse  (à  savoir  la  nationalité  suisse,  une  autorisation  d'établissement  ou  une  autorisation  de  séjour  à  la  délivrance  de  laquelle  la  législation  suisse  confère  un  droit  certain  [cf.  notamment  ATF  135  I  153  consid.  2.1  p.  154ss, ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145s., ATF 130 II 281 consid. 3.1  p. 285ss et  la  jurisprudence citée]). Les relations visées à  l'art. 8 CEDH  sont  avant  tout  celles  qui  existent  entre  époux,  ainsi  que  les  relations  entre  parents  et  enfants  mineurs  vivant  en  ménage  commun  (famille  nucléaire, cf. notamment ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146 et ATF 129 II  11 consid. 2 p. 13s.). 8.3. Hormis le fait que la recourante et son concubin ne sont toujours pas  mariés,  alors  que  celle­ci  s'est  pourtant  prévalue  de  sa  future  union  depuis  2005  (cf.  courrier  de  la  Mission  permanente  de  la  Suisse  du  6  septembre 2005), et qu'il semble que ce mariage ne soit plus d'actualité,  il  s'impose  de  constater  que  D._______  ne  dispose  pas  d'un  titre  de  séjour en Suisse susceptible de fonder éventuellement la protection de la  vie familiale consacrée par l’art. 8 CEDH. En effet, la présence en Suisse  des étrangers  titulaires d'une pièce de  légitimation délivrée par  le DFAE  (et celle de leur famille), dont le personnel privé au service des membres  de missions diplomatiques et permanentes et de postes consulaires, des  fonctionnaires d'organisations  internationales ayant  leur siège en Suisse  ou  du  personnel  travaillant  pour  ces  organisations,  eux­mêmes  au  bénéfice d'un tel document, directement liée à la fonction qu'ils occupent,  revêt  un  caractère  temporaire  (cf.  ATAF  2007/44  consid.  4.3  p.  579).  Dans ces circonstances,  la  recourante ne saurait  se prévaloir de  l'art. 8  CEDH (et, partant, de l'art. 13 al. 1 Cst.). http://links.weblaw.ch/ATF-130-II-281 http://links.weblaw.ch/ATF-130-II-281 http://links.weblaw.ch/ATF-130-II-281 http://links.weblaw.ch/ATF-130-II-281 http://links.weblaw.ch/ATF-130-II-281 http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-11 http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-11 http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-11 http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-11 http://links.weblaw.ch/ATF-129-II-11

C­2646/2010 Page 19 8.4. Si le Tribunal reste sensible à la situation familiale des requérants, il  doit néanmoins constater que A._______ n'était pas sans savoir que sa  présence en Suisse avait  un  caractère  temporaire. En outre,  la Mission  permanente de la Suisse avait, à maintes reprises, clairement informé la  prénommée  et  son  concubin  que,  selon  la  directive  du  1er  mai  1998,  l'intéressée ne pouvait plus œuvrer dans ce pays sous  le couvert d'une  carte de  légitimation, dans  la mesure où elle était accompagnée de son  fils,  et  qu'il  n'était  pas  non  plus  possible  d'établir  un  tel  document  en  faveur  de  ce  dernier,  dès  lors  que,  bien  qu'il  eût  été  reconnu  par  son  père, celui­ci ne bénéficiait pas de l'autorité parentale sur son enfant (cf.  lettres des 18 décembre 1998, 5 mars 1999 et 10 août 1999). Nonobstant  cela, A._______ a poursuivi son séjour sur territoire helvétique avec son  fils  et  a  conçu  un  deuxième  enfant  avec  son  concubin.  Leur  situation  familiale difficile  résulte de choix délibérés de  leur part et  il ne saurait y  être pallié par l'octroi d'une exception aux mesures de limitation en faveur  des requérants. Au demeurant, rien empêche la recourante, son concubin  et leurs enfants de faire vie commune dans leur pays d'origine. 9.  Le Tribunal  n'ignore  pas  que  les  requérants  se  heurteront  à  de  sérieux  problèmes d'adaptation, respectivement de réadaptation, en cas de retour  dans  leur  patrie.  Rien  ne  permet  toutefois  d'affirmer  que  ces  difficultés  seront  sensiblement plus graves pour eux que pour n'importe  lequel de  leurs concitoyens appelé à quitter la Suisse au terme de son séjour dans  ce pays, ou que leur situation sera sans commune mesure avec celle que  connaissent leurs compatriotes restés sur place.   C'est le lieu de rappeler qu'une exemption des nombres maximums fixés  par  le  Conseil  fédéral  n'a  pas  pour  but  de  soustraire  un  ressortissant  étranger aux conditions de vie de son pays d'origine, mais  implique que  celui­ci se trouve personnellement dans une situation si rigoureuse qu'on  ne saurait exiger de  lui,  compte  tenu notamment de  l'intensité des  liens  qu'il a noués avec la Suisse, qu'il  tente de se réadapter à son existence  passée.  On  ne  saurait  ainsi  tenir  compte  des  circonstances  générales  (économiques,  sociales,  sanitaires  ou  scolaires)  affectant  l'ensemble de  la  population  restée  sur  place,  sauf  si  l'intéressé  allègue  d'importantes  difficultés  concrètes  propres  à  son  cas  particulier,  telles  une  maladie  grave  ne  pouvant  être  soignée  qu'en Suisse,  par  exemple,  ce  qui  n'est  pas le cas en l'espèce (cf. ATAF 2007/16 consid. 10 p. 201). 10.  Les  requérants  n'obtenant  pas  d'autorisation  de  séjour  en Suisse,  c'est 

C­2646/2010 Page 20 également  à  bon  droit  que  l'autorité  inférieure  a  prononcé,  le  16  mars  2010,  leur  renvoi  en application de  l'ancien art.  66 al.  1  LEtr  (RO 2007  5437; FF 2009 8052), qui correspond aux motifs de renvoi définis à l'art.  64 al. 1 let. c LEtr entré en vigueur le 1er janvier 2011 (RO 2010 5925; cf.  Message  sur  l’approbation  et  la mise  en œuvre  de  l’échange  de  notes  entre  la Suisse et  la CE concernant  la  reprise de  la directive CE sur  le  retour [directive 2008/115/CE] [développement de l’acquis de Schengen]  et  sur  une  modification  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  [contrôle  automatisé aux frontières, conseillers en matière de documents, système  d’information  MIDES]  du  18  novembre  2009,  FF  2009  8043).  La  recourante  ne  démontre  pas,  en  l'espèce,  l'existence  d'obstacles  au  départ des  intéressés aux Philippines et  le dossier ne  fait  pas non plus  apparaître  que  l'exécution  de  leur  renvoi  serait  illicite,  inexigible  ou  impossible au sens de  l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr, de sorte que c'est à  juste  titre que l'ODM a ordonné l'exécution de cette mesure. 11.  Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 16 mars 2010, l'ODM  n'a  ni  violé  le  droit  fédéral,  ni  constaté  des  faits  pertinents  de manière  inexacte  ou  incomplète ;  en  outre,  la  décision  attaquée  n'est  pas  inopportune (cf. art. 49 PA). Partant, le recours doit être rejeté. Compte  tenu  de  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de  mettre  les  frais  de  procédure à la charge de la recourante (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 à 3 du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]). (dispositif page suivante)

C­2646/2010 Page 21 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1'000.­, sont mis à la charge  de la recourante. Ils sont compensés par l'avance versée le 3 mai 2010.  3.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé) – à l'autorité inférieure, avec dossier en retour  – en  copie  à  l'Office  de  la  population  du  canton  de  Genève,  avec  dossier cantonal en retour Le président du collège : La greffière : Bernard Vaudan Sophie Vigliante Romeo Expédition :

C-2646/2010 — Bundesverwaltungsgericht 27.07.2011 C-2646/2010 — Swissrulings