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Bundesverwaltungsgericht 02.09.2011 B-8639/2010

2 settembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,207 parole·~16 min·1

Riassunto

Résultats d'examens | Examen fédéral de première année d'études pour médecins et médecins dentistes - compétence de la MEBEKO / consultation des examens

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour II B­8639/2010 Arrêt   d u   2   sept emb r e   2011 Composition Claude Morvant (président du collège),  Ronald Flury, Eva Schneeberger, juges, Muriel Tissot, greffière. Parties X._______,  représenté par Maître Antje Beck Mansour, avocate, recourant, contre Commission des professions médicales MEBEKO,  Office fédéral de la santé publique OFSP  Schwarzenburgstrasse 161, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Examen fédéral de première année d'études pour médecins  et médecins dentistes ­ compétence de la MEBEKO /  consultation des examens. 

B­8639/2010 Page 2 Faits : A.  A.a  Par  procès­verbal  du  13  septembre  2010,  la  présidente  de  la  Commission d'examen des examens fédéraux de médecine de la Faculté  de  médecine  de  l'Université  de  Genève  (ci­après  :  la  présidente  de  la  Commission d'examen) a informé X._______ (ci­après :  le recourant) de  son échec au module B des examens de première année d'études pour  médecins et médecins dentistes subi lors de la session d'août 2010. Dès  lors que celui­ci avait déjà échoué audit module lors de la session de juin  2010,  il  a  été  exclu  définitivement  des  examens  fédéraux  pour  les  professions médicales. A.b  Par  courriers  du  28  septembre  2010,  le  recourant  a  requis  la  conseillère aux études du Centre Médical Universitaire de Genève, ainsi  que  la présidente de  la Commission d'examen, de  lui communiquer ses  copies d'examens des sessions de juin et août 2010. A.c  Par  correspondances  respectives  des  4  et  5  octobre  2010,  les  prénommées  ont  informé  le  recourant  que  la  consultation  de  la  copie  individuelle d'examen n'était possible que moyennant  recours auprès de  la Commission des professions médicales MEBEKO (ci­après  :  l'autorité  inférieure). A.d Par  écritures  du  13  octobre  2010,  le  recourant  a  recouru  contre  le  procès­verbal  d'examen  de  première  année  d'études  du  13  septembre  2010 devant  l'autorité  inférieure  en  concluant,  principalement,  à  ce  qu'il  soit  constaté  que  l'autorité  inférieure  n'a  pas  compétence  en  qualité  d'autorité  de  recours  contre  les  procès­verbaux  d'examens  de  première  année  de  médecine  notifiés  en  juin  2010  et  le  13  septembre  2010  au  recourant,  partant,  renvoyer  la  cause  à  la  Faculté  de  médecine  de  l'Université  de  Genève  pour  instruction  de  la  procédure  d'opposition.  Il  conclut  subsidiairement,  notamment,  à  ce  qu'il  soit  autorisé  à  consulter  les pièces écrites du module B de l'examen de première année d'études  et  tout autre document ayant  fondé  la décision attaquée en  lui délivrant  photocopies  desdits  documents  et  à  ce  que  la  décision  attaquée  soit  annulée. A.e  Par  mémoire  du  même  jour,  le  recourant  a  également  formé  opposition  contre  cette  décision  auprès  du  Doyen  de  la  Faculté  de  médecine  de  l'Université  de  Genève  en  concluant  préalablement  à  la  suspension  de  l'instruction  de  l'opposition  jusqu'à  droit  connu  sur  le 

B­8639/2010 Page 3 recours  interjeté  devant  l'autorité  inférieure,  conclusion  à  laquelle  a  fait  droit le Doyen par courrier du 29 octobre 2010. A.f Par décision incidente du 22 octobre 2010, l'autorité inférieure a invité  le  recourant  à  s'acquitter  d'une  avance  sur  les  frais  de  procédure  présumés. B.  Par  décision  incidente  du  16  novembre  2010,  l'autorité  inférieure  a  autorisé le recourant à consulter les pièces de l'épreuve écrite du module  B  de  l'examen  fédéral  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  subie  lors  de  la  session  d'août  2010.  Elle  en  a  également  fixé  les  modalités,  soit  notamment  la  durée  de  consultation  des épreuves, à savoir 2h30, et  la  liste des pièces écrites qui  lui seront  remises à cette occasion. Elle mentionne également que  les pièces des  épreuves sont présentées au recourant pour être consultées, qu'elles ne  lui  sont  pas  remises.  Elle  indique  qu'il  n'est  pas  permis  d'en  faire  des  photocopies, qu'il n'est pas permis de recopier entièrement les questions.  Il est en revanche permis au recourant de prendre des notes manuscrites  pour  un  éventuel  mémoire  complémentaire.  Enfin,  elle  accorde  au  recourant  un  délai  de  20  jours  après  clôture  de  la  consultation  pour  déposer un éventuel mémoire complémentaire. C.  Par  mémoire  du  16  décembre  2010,  mis  à  la  poste  le  même  jour,  le  recourant a déposé un  recours contre dite décision  incidente auprès du  Tribunal  administratif  fédéral,  accompagné  d'une  demande  d'assistance  judiciaire et portant pour conclusions : Préalablement : Constater  que  l'instruction  du  recours,  respectivement  de  l'opposition  déposée  devant  la MEBEKO,  respectivement  la  Faculté  de médecine  de  l'Université  de  Genève est suspendue. Constater que la Commission MEBEKO n'a pas compétence en qualité d'autorité  de  recours  en matière  d'examen  de  première  année  de médecine  sur  procès­ verbaux d'examens notifiés en juin 2010 et le 13 septembre 2010 à X._______. Ceci fait : Annuler  la  décision  rendue  le  16,  notifiée  le  17  novembre  2010  par  la  Commission MEBEKO. 

B­8639/2010 Page 4 Constater que X._______ a accès aux documents des sessions de juin 2010 et  août  2010  relatives  à  l'examen  du  module  B  pour  médecins  et  médecins  dentistes. Autoriser X._______ à consulter les pièces écrites du module B de l'examen de  première année d'études de médecine et tous autres documents ayant fondé la  décision  attaquée  par  recours  et  opposition  adressés  le  13  octobre  2010  à  la  Commission MEBEKO et à l'Université de Genève en l'autorisant, notamment, à  lever copie desdits documents des sessions de juin 2010 et août 2010. Renvoyer  la  cause  à  la  Faculté  de  médecine  de  l'Université  de  Genève  pour  instruction de la procédure d'opposition. Condamner  la  Commission  MEBEKO  à  payer  à  X._______  un  montant  de  CHF 8'506.10 au titre de frais de justice exposés. Débouter la MEBEKO de toutes autres conclusions avec suite de dépens. En tout état : Autoriser le recourant à compléter son recours. Allouer au recourant une indemnité équitable au titre de dépens. A l'appui de ses conclusions, le recourant fait tout d'abord valoir qu'il n'y a  pas  de  base  légale  fondant  la  compétence  l'autorité  inférieure  pour  connaître  des  recours  dirigés  contre  les  procès­verbaux  d'examens  de  médecine, en l'espèce de première année. Il soutient que lesdits procès­ verbaux  doivent  être  contestés  dans  le  cadre  d'une  procédure  d'opposition devant la Faculté de médecine de l'Université de Genève. Il  poursuit  en  invoquant  que  l'obligation  faite  par  l'autorité  inférieure  de  déposer  préalablement  un  recours  formel  pour  pouvoir  consulter  ses  examens, et partant moyennant paiement, viole son droit d'être entendu.  Cela  étant,  le  recourant  requiert  de  pouvoir  également  consulter  l'intégralité  des  documents  relatifs  aux  examens  du  module  B  qu'il  a  passés au cours de la session du mois de juin 2010. D.  Le  22  décembre  2010,  le  Tribunal  administratif  fédéral  a  fait  droit  à  la  première conclusion préalable du recourant en constatant que le recours  avait effet suspensif. E.  Invitée à se prononcer sur  le  recours, en particulier sur sa compétence, 

B­8639/2010 Page 5 l'autorité  inférieure  en  a  proposé  le  rejet  dans  ses  observations  responsives  du  25  janvier  2011.  Elle  expose  qu'avec  le  nouveau  droit,  dès l'année universitaire 2010/2011, les examens portant sur la première  à  la  sixième  année  d'études  de  médecine  –  à  l'exclusion  de  l'examen  fédéral intervenant en fin de cursus universitaire – sont sous supervision  cantonale  et  les  recours  contre  les  résultats  de  ces  examens  seront  à  former devant  les  instances cantonales. En  revanche, elle  relève que  le  recourant,  qui  a  passé  l'examen  litigieux  en  août  2010,  tombe  encore  sous  l'ancien  régime, de sorte qu'elle est compétente pour connaître de  son  recours, attendu qu'elle a  repris, au 1er septembre 2007,  les  tâches  du  Comité  directeur,  anciennement  autorité  de  recours  pour  lesdits  examens. F.  Par décision incidente du 10 février 2011, le Tribunal administratif fédéral  a  rejeté  la  demande  d'assistance  judiciaire  formée  par  le  recourant  et  invité celui­ci à s'acquitter d'une avance de frais de Fr. 500.­. G.  Par  courrier  du  10  février  2011,  le  recourant  a  fait  valoir  des  faits  nouveaux,  exposant  que  Y._______,  également  inscrit  en  première  année d'études à la Faculté de médecine de l'Université de Genève pour  l'année académique 2010/2011 et qui a échoué à son examen de module  A  passé  le  21  janvier  2011,  a  pu  consulter  son examen durant  2h  le  4  février 2011 après s'être inscrit à cet effet en ligne le 31 janvier 2011 et,  partant, sans qu'aucun recours n'ait été nécessaire et sans verser aucun  émolument.  Il  note  ainsi  que,  suite  aux  recours  et  opposition  du  13  octobre 2010 qu'il a  formés,  les modalités de consultation des examens  semblent aujourd'hui être conformes au droit d'être entendu des étudiants  en médecine de la volée 2010/2011. H.  Invitée  à  se  déterminer  sur  ces  faits  nouveaux,  l'autorité  inférieure  a  répondu le 8 mars 2011. Elle expose que les procès­verbaux de juin 2010  et du 13 septembre 2010 portent tous deux sur des examens qui se sont  déroulés selon l'ancien droit et que, fondé sur celui­ci, le Comité directeur  a émis des directives sur la consultation des pièces des épreuves écrites,  lesquelles prévoyaient qu'un  recours devait être  formellement déposé et  l'avance  de  frais  versée  pour  pouvoir  consulter  le  dossier  d'examen.  Lorsqu'elle a repris  les tâches du Comité directeur,  l'autorité  inférieure a  continué d'appliquer ces directives. Elle rappelle qu'en revanche, avec le  nouveau  droit,  les  examens  en  cours  de  cursus  de médecine  relèvent, 

B­8639/2010 Page 6 depuis  la  rentrée  2010/2011,  des  universités  seules,  lesquelles  appliquent  leurs  propres  règles  aux  modalités  des  examens  et  aux  recours, raison pour laquelle celles­ci peuvent avoir été assouplies. I.  Invité à  répliquer,  le  recourant a  répondu  le 2 mai 2011.  Il  fait  valoir en  substance que l'autorité inférieure n'est pas compétente pour édicter des  normes soumettant  la consultation des pièces d'examen à  l'exigence du  dépôt  d'un  recours  formel,  supprimant  ainsi,  par  voie  de  directive  administrative, le droit d'être entendu. Il indique également que l'art. 3 de  l'ancienne  ordonnance  réglant  les  modalités  du  procédé  des  examens  fédéraux  des  professions  médicales  prévoyait  que  les  candidats  pouvaient consulter les pièces des examens s'ils avaient pour le faire un  intérêt  justifié  et  prouvé,  relevant  que  tel  est  à  l'évidence  le  cas en  cas  d'échec  à  un  examen pour  juger  de  l'opportunité  d'un  recours.  Il  ajoute  que dite disposition manque dans tous les cas de densité normative pour  refuser  la  consultation de sa copie d'examen à  l'étudiant  ayant échoué,  compte  tenu de  la gravité de  l'atteinte portée à  la  liberté économique.  Il  relève encore que cette question a une  importance de principe dès  lors  que son objet est un contrôle de la constitutionnalité et de la légalité de la  restriction,  voire  de  la  suppression,  du  droit  d'être  entendu,  acte  de  l'administration pouvant se  reproduire s'il ne devait pas être sanctionné.  Aussi,  il  indique  que  la  "décision"  de  la  présidente  de  la  Commission  d'examen  de  soumettre  la  consultation  de  ses  pièces  d'examen  à  l'exigence d'un recours formel est nulle. Par conséquent, il considère qu'il  doit être admis à consulter les épreuves du module B des deux sessions  d'examens, soit juin et août 2010 et, partant, conclut à ce que le délai de  recours contre les deux procès­verbaux de juin 2010 et du 13 septembre  2010 lui soit restitué avec effet au jour de la consultation des examens du  module B. J.  Invitée  à  dupliquer,  l'autorité  inférieure  a  répondu  le  8  juin  2011.  Elle  invoque que la condition de former préalablement recours pour consulter  ses  épreuves  répond  au  besoin  de  garder  secrètes  les  questions  d'examen. Elle  expose en effet  qu'afin  de  conserver  au  fil  du  temps un  examen  de  valeur  et  de  difficulté  égales,  des  questions  d'ancrage,  reprises  des  examens  précédents,  sont  utilisées.  Aussi,  elle  considère  que  le  fait  pour  un  étudiant  d'avoir  échoué  à  son  examen  ne  saurait  constituer  un  motif  suffisant  à  la  consultation  des  pièces  d'examen,  compte tenu de l'intérêt public majeur à préserver une haute qualité des  examens de médecine. Ainsi, le fait de faire dépendre la consultation des 

B­8639/2010 Page 7 pièces au dépôt préalable d'un recours permet selon elle de concilier au  mieux la garantie de la qualité des examens et  le respect du droit d'être  entendu.  K.  Par  courrier  du  27  juin  2011,  le  recourant  a  encore  formulé  des  observations  à  la  duplique.  Il  relève  que  le  fait  de  faire  passer  aux  candidats,  année  après  année,  des  examens  identiques,  justifiant  ainsi  de garder secrètes les questions d'examen, est contraire à l'intérêt public  qui  exigerait  que  les  examens  soient  adaptés  aux  évolutions  de  la  science médicale. Il invoque également l'inégalité de traitement entre les  étudiants de la volée 2009/2010 et ceux de la volée 2010/2011, lesquels  ont un accès aux examens pour consultation largement facilité. Les  arguments  avancés  de  part  et  d'autre  au  cours  de  la  présente  procédure  seront  repris  plus  loin  dans  la  mesure  où  cela  s'avère  nécessaire. Droit : 1.  1.1. Dans  son mémoire  de  recours,  le  recourant  conclut  à  ce  qu'il  soit  autorisé  à  consulter  les  pièces  écrites  du  module  B  de  l'examen  de  première  année  d'études  pour médecins  et médecins  dentistes  subi  en  juin  2010,  dont  les  résultats  lui  ont  été  communiqués par  procès­verbal  daté  de  juin  2010  et  contre  lequel  il  n'a  pas  recouru.  Or,  attendu  que  l'objet de la procédure de recours porte sur les examens passés en août  2010,  dite  conclusion  constitue  une  demande  nouvelle,  laquelle  ne  ressort pas de la compétence du Tribunal de céans, de sorte qu'elle doit  être déclarée irrecevable. Dans sa réplique, le recourant conclut en outre  à ce que lui soit restitué le délai de recours contre le procès­verbal daté  de  juin  2010.  Or,  il  sied  de  relever  que  l'autorité  compétente  pour  connaître d'une demande de  restitution de délai est celle auprès de qui  l'acte  omis  aurait  dû  être  accompli  (cf. BERNARD  MAITRE/VANESSA  THALMANN  in  :  Bernhard  Waldmann/Philippe  Weissenberger,  Praxiskommentar  zum  Bundesgesetz  über  das  Verwaltungsverfahren  VwVG, Zurich/Bâle/Genève 2009, No 14 ad art. 24). Le Tribunal de céans  n'est  donc  pas  non  plus  compétent  pour  connaître  de  dite  demande,  laquelle  est  également  irrecevable.  Ces  deux  demandes  sont  dès  lors  transmises à  l'autorité compétente  (cf.  Infra consid. 4) en application de  l'art.  8  al.  1  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative (PA, RS 172.021).

B­8639/2010 Page 8 1.2.  Pour  le  reste,  le  Tribunal  administratif  fédéral  est  compétent  pour  statuer sur le présent recours (art. 31, 32 et 33 let. d de la loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral [LTAF, RS 173.32]). L'acte  attaqué  s'inscrit  dans  le  cadre  de  la  procédure  de  recours  pendante devant l'autorité inférieure contre le procès­verbal d'examen de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  du  13  septembre  2010.  Il  porte  sur  la  seule  question  de  l'ampleur  et  des  modalités  de  la  consultation  des  pièces  écrites  du  module  B  dudit  examen  et  ne  tranche  aucune  question matérielle,  relevant  du  fond  du  litige. Pris en cours de procédure et ne mettant pas  fin à  l'instance, cet  acte doit être qualifié de décision incidente au sens des art. 5 al. 2 et 45  ss PA (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral [TAF] A­4353/2010 du 28  septembre 2010 consid. 1.2). 2.  A teneur de l'art. 45 al. 1 PA, applicable à la procédure de recours devant  le Tribunal administratif  fédéral en vertu de  l'art. 37 LTAF,  les décisions  incidentes qui sont notifiées séparément et qui portent sur la compétence  ou sur une demande de récusation peuvent faire l'objet d'un recours. Les  autres décisions incidentes notifiées séparément peuvent faire l'objet d'un  recours si elles peuvent causer un préjudice irréparable (art. 46 al. 1 let. a  PA)  ou  si  l'admission  du  recours  peut  conduire  immédiatement  à  une  décision  finale  qui  permet  d'éviter  une  procédure  probatoire  longue  et  coûteuse  (art.  46  al.  1  let.  b  PA).  Cette  restriction  à  l'examen  des  décisions  incidentes  a  pour  but  d'éviter  que  l'instance  de  recours  ait  à  examiner  une  décision  incidente  alors  qu'une  décision  favorable  sur  le  fond éliminerait  tout préjudice (cf. ATF 116 Ib 344 consid. 1c/JdT 1993 I  124). 2.1. Le  recourant  requiert  l'annulation de  la décision  incriminée au motif  que  l'autorité  inférieure n'est pas compétente pour connaître du  recours  dirigé  contre  son  procès­verbal  d'examen  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  du  13  septembre  2010.  Aussi,  il  convient  d'examiner  s'il  peut  être  entré  en  matière  sur  ce  grief  en  application de l'art. 45 PA. L'art. 45 al. 1 PA, dans sa  teneur en vigueur depuis  le 1er  janvier 2007,  est similaire à l'art. 92 al. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral  (LTF,  RS  173.110).  Comme  le  précise  le  texte  légal,  la  décision  doit  porter sur la compétence, ce qui signifie que l'autorité tranche la question  de sa compétence pour statuer. Il ne suffirait pas qu'elle se prononce sur 

B­8639/2010 Page 9 une  autre  question  et  que  l'on  puisse  en  déduire,  implicitement,  qu'elle  admet  sa  compétence.  Il  faut  que  la  question  de  la  compétence  soit  effectivement  et  définitivement  tranchée  dans  la  décision  (cf.  BERNARD  CORBOZ  in :  Bernard  Corboz,  Alain  Wurzburger,  Pierre  Ferrari,  Jean­ Maurice  Frésard,  Florence  Aubry  Girardin,  Commentaire  de  la  LTF,  Berne 2009, No 9 ad art. 92 ; message du 28 février 2001 concernant la  révision  totale de  l’organisation  judiciaire  fédérale  [FF 2001 4000,  spéc.  4131]).  Or,  en  l'espèce,  la  décision  dont  est  recours  porte  sur  la  seule  consultation  des  pièces  de  l'épreuve  écrite  du  module  B  de  l'examen  fédéral  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes.  Elle  ne  se  prononce  aucunement  sur  la  question  de  la  compétence  de  l'autorité  inférieure  pour  connaître  du  recours  pendant  devant  elle.  Partant,  il  y  a  lieu  de  retenir  que  le  recours  n'est  pas  recevable sous l'angle de l'art. 45 PA. 2.2. Il reste donc à examiner si la décision querellée peut faire l'objet d'un  recours immédiat au regard de l'art. 46 PA. En l'occurrence, il est patent  qu'une  admission  du  recours  ne  conduirait  pas  immédiatement  à  une  décision finale telle que visée par  l'art. 46 al. 1  let. b PA. Il convient dès  lors  de déterminer  si  la  décision attaquée est  susceptible  de  causer  au  recourant un préjudice irréparable au sens de l'art. 46 al. 1 let. a PA. Dite  norme  ne  définit  pas  la  notion  de  préjudice  irréparable.  Selon  la  jurisprudence, le préjudice doit avoir sa cause dans la décision incidente  attaquée  elle­même  et  son  caractère  irréparable  tient  généralement  au  désavantage que subirait le recourant s'il devait attendre la décision finale  pour entreprendre la décision incidente (cf. arrêt du TAF B­4935/2009 du  31  août  2009  consid.  1.4).  L'art.  46  PA  n'exige  pas  un  dommage  de  nature  juridique.  Il  suffit  d'un  préjudice  de  fait,  même  purement  économique, pour autant que celui­ci  ne se  résume pas à prévenir  une  prolongation ou une augmentation des coûts de la procédure. Point n'est  besoin  d'ailleurs  que  le  dommage  allégué  soit  à  proprement  parler  ''irréparable'' ; il suffit qu'il soit d'un certain poids. Autrement dit, il faut que  le  recourant  ait  un  intérêt  digne  de  protection  à  ce  que  la  décision  incidente  soit  immédiatement  annulée  ou  modifiée,  sans  attendre  le  recours  ouvert  contre  la  décision  finale.  Il  appartient  au  recourant  d'alléguer et d'établir  les  raisons pour  lesquelles  la décision attaquée  lui  cause  –  ou  menace  de  lui  causer  –  un  dommage  au  sens  de  ce  qui  précède, à moins que celui­ci ne fasse d'emblée aucun doute (cf. arrêts  du  TAF  A­5107/2009  du  13  avril  2010  consid.  3  et  B­2390/2008  du  6  novembre 2008 consid. 2.1.2). 

B­8639/2010 Page 10 2.2.1.  En  l'espèce,  le  recourant  fait  grief  à  l'autorité  inférieure  de  soumettre  la  consultation  des pièces d'examen au dépôt  préalable  d'un  recours  et,  partant,  moyennant  paiement  d'une  avance  de  frais.  Il  considère  que  pareille  exigence  viole  en  particulier  son  droit  d'être  entendu et le principe de la légalité, dès lors que celle­ci ne reposerait sur  aucune  base  légale  formelle.  Il  invoque  également  que  la  condition  de  devoir  former recours pour pouvoir consulter ses examens, pour ensuite  juger  de  l'opportunité  de  faire  recours,  l'a  exposé  à  un  dommage  correspondant  aux  frais  de  justice  et  honoraires.  Force  est  dès  lors  de  constater que le recourant n'expose pas en quoi  la décision attaquée lui  cause  ou  menace  de  lui  causer  un  préjudice  irréparable.  On  peut  d'ailleurs  se  demander  si  les  griefs  formulés  par  le  recourant  sont  réellement  dirigés  contre  la  décision  dont  est  recours.  Néanmoins,  on  peut  déduire  de  ses  conclusions  que  le  préjudice  subi  par  le  recourant  consiste dans  le  fait que  la décision attaquée  lui  interdit de  lever copies  des documents dont la consultation lui a été autorisée. 2.2.2. Le Tribunal administratif fédéral a déjà eu l'occasion, dans un arrêt  du  16  janvier  2008  (B­7904/2007),  de  se  prononcer  sur  la  recevabilité  d'un  recours  dirigé  contre  une  décision  incidente  statuant  sur  la  consultation  des  pièces  dans  le  cadre  d'une  procédure  de  recours  ouverte contre les résultats d'un examen de médecine. Il a ainsi retenu, à  l'instar  de  la  jurisprudence  rendue  par  le  Tribunal  fédéral  et  le  Tribunal  administratif  fédéral  en  matière  de  consultation  des  pièces  d'examen –  autres que les examens de médecine –, que de telles décisions n'étaient  pas  séparément  attaquables  (cf.  arrêts  du  Tribunal  fédéral  [TF]  2A.215/2005  du  1er septembre  2005  consid.  1.3  et  2A.691/2004  du  17  mai 2005 consid. 1.2.2 ; arrêt du TAF B­1907/2007 du 14 mai 2007). Il a  en  particulier  relevé  que  le  Tribunal  administratif  fédéral  disposait  d'un  plein  pouvoir  d'examen  pour  connaître  des  griefs  en  matière  de  consultation des pièces. Le recourant aura dès lors la possibilité de faire  valoir ses griefs contre  la décision incidente dans le cadre d'un éventuel  recours  dirigé  contre  la  décision  finale  à  intervenir,  de  sorte  que  le  préjudice  causé  par  la  décision  incidente  pourra,  le  cas  échéant,  être  réparé (cf. pour un exemple : arrêt du TAF B­1621/2008 du 3 juillet 2008).  Le caractère  irréparable du préjudice que subirait  le  recourant s'il devait  attendre la décision finale pour entreprendre la décision incidente n'est en  l'espèce  pas  manifeste.  Il  sied  encore  de  rappeler,  comme  cela  a  été  exposé ci­dessus, que  la  seule prolongation de  la procédure,  de même  que  l'augmentation des coûts de celle­ci ne suffisent pas pour admettre  un recours immédiat contre une décision incidente (cf. consid. 2.2).

B­8639/2010 Page 11 Partant, il y a lieu de retenir que la décision incidente dont est recours ne  cause pas de préjudice irréparable au recourant, de sorte que le recours  est également  irrecevable sous  l'angle de  l'art. 46 PA, et ce nonobstant  ce  que  semble  laisser  entendre Ariane Ayer  dans  son  commentaire  de  l'art. 56 LPMéd (cf. ARIANE AYER/UELI KIESER/TOMAS POLEDNA/DOMINIQUE  SPRUMONT,  Medizinalberufegesetz  [MedBG]­Kommentar/Loi  sur  les  professions  médicales  [LPMéd]­Commentaire,  Bâle  2009,  No 24  ad  art. 56). 2.3. Sur  le  vu  de  ce  qui  précède,  il  convient  de  retenir  que  la  décision  entreprise n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours immédiat dès  lors qu'elle ne porte pas sur  la compétence de  l'autorité  inférieure et ne  cause  pas  de  préjudice  irréparable  au  recourant.  En  tant  qu'il  ne  porte  pas sur une décision séparément attaquable au sens des art. 45 al. 1 et  46 al. 1 PA, le recours contre la décision incidente du 16 novembre 2010  de l'autorité inférieure doit être déclaré irrecevable. 3.  Dans  son  mémoire  de  recours,  le  recourant  expose  que  l'autorité  inférieure  n'a  pas  statué  sur  sa  compétence  en  qualité  d'autorité  de  recours alors qu'il l'avait remise en cause, faute de base légale, dans son  recours  formé  devant  elle,  ainsi  que  par  courrier  du  8  novembre  2010  faisant  suite à  sa décision  incidente  l'invitant  à  s'acquitter  d'une avance  de  frais,  attendu  qu'elle  était  également  incompétente  pour  rendre  une  telle  décision.  Il  fait  valoir  que,  dès  lors  que,  par  la  décision  dont  est  recours,  l'autorité  inférieure  a  refusé  de  statuer  sur  la  question  de  sa  compétence, un recours devant le Tribunal de céans devait être déposé.  Dans le cadre de l'examen de la recevabilité de son recours, le recourant  indique  que  celui­ci  "est  recevable  en  tant  qu'il  remet  en  question  la  compétence de l'autorité qui a rendu la décision dont est recours (art. 46  et 46a LPA)". Ce nonobstant, le recourant ne fait pas expressément grief  à l'autorité inférieure d'avoir commis un déni de justice formel et ne prend  aucune conclusion en ce sens. Néanmoins, les conclusions doivent, selon la doctrine et la jurisprudence,  être interprétées à la lumière de la motivation. L'interdiction du formalisme  excessif impose ainsi de ne pas se montrer trop strict dans la formulation  des conclusions si, à  la  lecture du mémoire, on comprend clairement ce  que  veut  le  recourant  (FLORENCE  AUBRY  GIRARDIN  in  :  Corboz/  Wurzburger/Ferrari/Frésard/Aubry Girardin, op. cit., No 18 ad art. 42 ; cf.  également  arrêt  du TF 5A.12/2002 du 8  janvier  2003  consid.  2.1). Ceci  étant,  et  sur  le  vu  de  ce  qui  précède,  il  y  a  lieu  de  recevoir  le  présent 

B­8639/2010 Page 12 recours comme un recours pour déni de justice formel et donc d'examiner  sa  recevabilité  sous  l'angle  de  l'art.  46a  PA  (cf.  pour  un  cas  similaire  ATAF 2009/1). 3.1. Aux  termes  de  l'art.  46a  PA,  le  recours  est  recevable  si,  sans  en  avoir  le droit,  l'autorité saisie s'abstient de rendre une décision sujette à  recours ou tarde à le faire. Pour être recevable, un tel recours doit porter  sur  l'absence  d'une  décision  à  laquelle  le  justiciable  a  droit  (ANDRÉ  MOSER/MICHAEL  BEUSCH/LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren  vor  dem  Bundesverwaltungsgericht,  Bâle  2008,  No  5.18).  Cela  suppose  que  le  recourant ait préalablement requis de l'autorité qu'elle rende une décision  et qu'il ait un droit à se voir notifier une telle décision. Un tel droit existe  lorsque d'une part, l'autorité est tenue, de par le droit applicable, d'agir en  rendant une décision et, d'autre part, lorsque l'intéressé qui s'en prévaut a  qualité de partie au sens de l'art. 6 PA en relation avec l'art. 48 al. 1 PA  (cf.  ALFRED  KÖLZ/ISABELLE  HÄNER,  Verwaltungsverfahren  und  Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., Zurich 1998, p. 78 et 255 ;  ATAF  2008/15  consid.  3.2).  L'existence  d'un  intérêt  matériel  n'a  cependant  pas  à  être  établie,  seule  devant  être  remplie  l'exigence  d'un  intérêt  actuel  (cf.  arrêt  du  TAF  B­4825/2010  du  22  février  2011  consid. 1.2) – condition réalisée en l'espèce, dès lors qu'il n'apparaît pas  qu'une  telle  décision  ait  été  rendue.  L'acte  que  l'autorité  s'abstient  ou  tarde à rendre doit en principe être une décision au sens de l'art. 5 PA et,  qui  plus  est,  susceptible  de  recours  devant  l'autorité  saisie  (cf.  arrêt  du  TAF A­6032/2009 du 16 décembre 2009 consid. 1.2).  En  l'espèce,  il  ressort  du  dossier  que,  dans  son  recours  formé  devant  l'autorité inférieure, le recourant a conclu, à titre principal, à ce que celle­ ci constate son incompétence à connaître de son recours. L'art. 9 al. 1 PA  dispose que l'autorité qui se tient pour compétente le constate dans une  décision  si  une  partie  conteste  sa  compétence.  Il  s'agit  d'une  décision  formelle  en  constatation,  au  sens  des  art.  5  al.  1  let.  b  et  25  PA,  en  principe incidente (cf. THOMAS FLÜCKIGER  in : Waldmann/Weissenberger,  op. cit.,  Nos 5 ss  ad  art.  9  ;  arrêt  du  TF  2C_81/2009  du  26  mai  2009  consid. 2.1), sujette à  recours devant  le Tribunal administratif  fédéral en  vertu des art. 45 al. 1 PA et 33 let. d LTAF. Ainsi donc, le Tribunal retient  que, faute de décision attaquable au sens de l'art. 5 PA, le recours pour  déni  de  justice  formé  devant  son  instance  –  le  recours  pour  déni  de  justice étant adressé à l'autorité de recours compétente pour connaître de  la  décision  refusée  (cf.  FF  2001  4206)  –  qui,  conformément  à  l'art.  50  al. 2  PA,  peut  être  déposé  en  tout  temps,  est  recevable  au  titre  de  l'art. 46a PA. Il remplit en outre les conditions relatives à la représentation 

B­8639/2010 Page 13 (art. 11 PA), à la forme et au contenu du mémoire de recours (art. 52 al. 1  PA), ainsi qu'au paiement de l'avance de frais (art. 63 al. 4 PA). 3.2.  En  l'occurrence,  nonobstant  la  requête  expresse  du  recourant,  l'autorité  inférieure  n'a  pas  statué  sur  sa  compétence  à  connaître  du  recours formé devant elle. En revanche, elle a notifié au recourant deux  décisions incidentes ressortant de la seule compétence d'une autorité de  recours, soit une première l'invitant à s'acquitter d'une avance sur les frais  de procédure présumés, puis une seconde, à savoir la décision dont est  recours.  Or,  dès  lors  que  le  recourant  contestait  sa  compétence  en  qualité  d'autorité  de  recours,  l'autorité  inférieure était  tenue,  eu égard à  l'art.  9  al. 1  PA,  de  lui  notifier  une  décision  formelle  constatant  sa  compétence.  Elle  ne  pouvait  s'abstenir  tacitement  de  trancher  cette  question  et  entreprendre  l'instruction  du  recours. Ce  faisant,  le  Tribunal  de  céans  retient  que  l'autorité  inférieure  a  commis  un  déni  de  justice  formel.  Bien  fondé,  le  recours  pour  déni  de  justice  doit  dès  lors  être  admis. 3.3. L'admission d'un recours pour déni de justice conduit en principe au  renvoi de l'affaire à l'autorité inférieure avec instructions (cf. KÖLZ/HÄNER,  op. cit., p. 255). En faisant cela, les voies de droit en faveur du recourant  sont sauvegardées, attendu qu'un nouveau recours contre la décision de  l'autorité  inférieure  peut  être  interjeté  (MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER,  op. cit.,  No 5.25).  En  l'espèce,  nonobstant  le  fait  que  le  recourant  fasse  grief à l'autorité inférieure de ne pas avoir statué sur sa compétence, il ne  requiert cependant pas le renvoi de la cause à cette dernière afin qu'elle  rende une décision formelle sur sa compétence mais conclut au contraire  à ce que le Tribunal de céans constate lui­même l'incompétence de celle­ ci.  En  l'occurrence,  il  y  a  lieu  d'observer  que,  dans  sa  réponse  du  25  janvier  2011,  l'autorité  inférieure  s'est  déterminée  sur  sa  compétence  à  juger  du  recours  formé  par  le  recourant,  déclarant  qu'elle  s'estimait  compétente et indiquant les bases légales sur lesquelles reposerait cette  compétence. Dans un arrêt du 30 janvier 2008, publié aux ATAF 2009/1,  le  Tribunal  administratif  fédéral,  admettant  un  recours  pour  déni  de  justice,  a  considéré  qu'un  renvoi  de  l'affaire  à  l'autorité  inférieure  pour  notification  d'une  décision  formelle  sur  sa  compétence  et  la  qualité  de  partie  des  recourants  n'apparaissait  pas  opportun  pour  des  raisons  d'économie de procédure, dès  lors que, dans sa réponse, celle­ci s'était  déclarée  incompétente  et  avait  contesté  la  qualité  de  partie  des  recourants  (cf. consid. 4.2). Partant,  il a statué sur  l'affaire. En  l'espèce,  pour  des  motifs  d'économie  de  procédure  et  aussi  car  une  solution  contraire confinerait au formalisme excessif, le Tribunal de céans renonce 

B­8639/2010 Page 14 à renvoyer la cause à l'autorité inférieure, pour statuer lui­même, au sens  de  l'art.  25  al.  1  PA,  sur  la  compétence  de  celle­ci  à  juger  du  recours  dirigé contre le procès­verbal d'examen de première année d'études pour  médecins  et  médecins  dentistes  du  13  septembre  2010  notifié  au  recourant. 4.  Le  recourant  conteste  la  compétence  de  l'autorité  inférieure  pour  connaître  de  son  recours,  exposant  qu'aucune  base  légale,  qu'elle  soit  fédérale  ou  cantonale  ou  encore  qu'elle  soit  consacrée  par  une  loi  au  sens  formel,  un  règlement  ou  une  ordonnance  ne  confère  en  termes  clairs  de  compétence  de  recours  à  l'autorité  inférieure.  Fondé  sur  le  règlement du 16 mars 2009 relatif à la procédure d'opposition au sein de  l'Université de Genève (RIO­UNIGE) (cf. le site Internet de l'Université de  Genève  :  www.unige.ch/apropos/reglements.html),  le  recourant  soutient  que  les  procès­verbaux  d'examens  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  doivent  être  contestés  dans  le  cadre  d'une  procédure  d'opposition  devant  la  Faculté  de  médecine  de  l'Université de Genève.  4.1.  La  loi  fédérale  du  23  juin  2006  sur  les  professions  médicales  universitaires (LPMéd, RS 811.11) est entrée en vigueur le 1er septembre  2007,  abrogeant  de  ce  fait  la  loi  fédérale  du  19  décembre  1877  concernant  l’exercice des professions de médecin, de pharmacien et de  vétérinaire dans la Confédération suisse (RS 4 303, RO 2000 1891 ch. III  1, 2002 701 ch. I 3, 2006 2197 annexe ch. 88) (art. 61 LPMéd). Chargé  de  l'exécution  de  la  loi  (art.  60  LPMéd),  le  Conseil  fédéral  a  adopté  l'ordonnance  du  26  novembre  2008  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales  universitaires  (RS  811.113.3),  entrée  en  vigueur le 1er janvier 2009 et abrogeant, au 31 décembre 2010 (cf. art. 34  en  lien  avec  art.  37  al.  2),  notamment  l'ordonnance  générale  du  19  novembre  1980  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales (aOPMéd, RO 1982 563, 1995 4367, 1999 2643). 4.2.  Aux  termes  de  l'art.  46  al.  1  1ère  phrase  aOPMéd,  les  candidats  pouvaient recourir dans les trente jours auprès du Comité directeur contre  les décisions du président local et des commissions d'examen, et auprès  du  Département  fédéral  de  l'intérieur  contre  les  décisions  du  Comité  directeur.  Le  Comité  directeur,  institué  par  l'art.  3  de  l'ancienne  loi  fédérale  du  19  décembre  1877 et  investi  notamment  de  la  compétence  d’organiser  et  de  surveiller  les  examens  fédéraux  de  médecine  (cf. message  du  3  décembre  2004  concernant  la  loi  fédérale  sur  les  http://www.unige.ch/apropos/reglements.html

B­8639/2010 Page 15 professions médicales universitaires [FF 2005 157, spéc. 166]) a disparu  avec  l'entrée  en  vigueur  de  la  LPMéd.  L'art.  62  al.  3  LPMéd,  contenu  dans  les  dispositions  transitoires,  postule  que  les  tâches  du  Comité  directeur sont  reprises par  la Commission des professions médicales et  celles  des  présidents  locaux,  par  les  présidents  des  commissions  d’examen.  L'autorité  inférieure  est  ainsi,  et  de  jurisprudence  constante,  depuis le 1er septembre 2007, l'autorité de recours contre les résultats des  examens  fédéraux  de  médecine  (cf.  arrêts  du  TAF  B­5554/2009  du  7  décembre 2009 consid. 1.1 et B­1552/2009 du 18 mai 2009). De même,  les  résultats  des  examens  fédéraux  sont  désormais  notifiés  par  les  présidents des commissions d'examen (art. 8 al. 1 let. g de l'ordonnance  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales  universitaires).  4.3.  A  titre  de  nouveauté,  la  LPMéd  a  également  redéfini  les  compétences entre la Confédération et  les universités/les cantons. Dans  l'ancien  droit,  les  études  de  médecine  humaine  comprenaient  des  examens  propédeutiques  fédéraux  dans  les  disciplines  scientifiques  de  base à  la  fin de  la première et de  la deuxième année universitaire ainsi  qu'un examen final fédéral en trois parties (FF 2005 169). Désormais,  la  LPMéd ne prévoit plus qu'un seul examen fédéral, à la fin de la formation  universitaire (cf. art. 14 al. 1 LPMéd), lequel fait dorénavant seul l'objet de  la surveillance de l'autorité inférieure (art. 50 al. 1 let. e LPMéd et 3 let. h  du  règlement  du  19  avril  2007  du  règlement  de  la  Commission  des  professions  médicales  [MEBEKO]  [RS  811.117.2]  ;  FF  2005  217).  Les  examens  intermédiaires  fédéraux sont ainsi  remplacés dans  le nouveau  droit  par  des  procédures  d'évaluation  internes  à  l'université  (FF  2005  196).  Les  candidats  ayant  achevé avec  succès une  filière  de médecine  humaine accréditée sont autorisés à se présenter à  l'examen fédéral en  médecine humaine, dont  la réussite se traduit par  l'obtention du diplôme  fédéral  (cf.  site  Internet  de  l'OFSP  :  www.bag.admin.ch/themen/berufe/  07918/07919/index.html?lang=fr).  Les  hautes  écoles  universitaires  règlent les filières d’études qui mènent à l’obtention d’un diplôme fédéral  en  fonction  des  critères  d’accréditation  et  des  objectifs  fixés  dans  la  présente loi (art. 16 LPMéd). En l'espèce, le règlement des études universitaires de base de médecine  humaine à  la Faculté de médecine de  l'Université de Genève (ci­après :  le règlement), entré en vigueur au 1er mars 2010 (voir  le site Internet de  l'Université  de  Genève  :  http://www.unige.ch/medecine/enseignement/  formationsDeBase/medecineHumaine/examens/REmedecinehumaine201 00301.pdf), prévoit, à son art. 3 al. 1, qu'en ce qui concerne la formation 

B­8639/2010 Page 16 universitaire en médecine humaine,  la Faculté de médecine décerne  les  titres  suivants :  le  Baccalauréat  universitaire  en  médecine  (let.  a)  ;  la  Maîtrise  universitaire  en  médecine  (let.  b).  L'étudiant  qui  a  obtenu  la  Maîtrise  universitaire  en  médecine  de  la  Faculté  de  médecine  de  l'Université de Genève peut s'inscrire auprès de la "section universitaire"  de  la MEBEKO  en  vue  de  passer  les  évaluations  de  l'examen  fédéral,  dont  la  réussite  lui permet d'obtenir  le Diplôme  fédéral de médecin  (art.  44 du règlement). Pour obtenir la Maîtrise, l'étudiant,  inscrit à la Faculté,  doit avoir réussi dans les délais les évaluations prévues au plan d'études  et  obtenu  les  crédits  correspondants  (cf.  art.  40  al. 1  du  règlement).  La  Faculté communique les résultats aux étudiants à l'issue des évaluations  par voie de décision (art. 29 du règlement). L'art. 33 du règlement prévoit  que  toute décision  rendue en application du présent  règlement d'études  peut faire l'objet d'une opposition dans les 30 jours suivant sa notification  auprès  de  l'organe  qui  l'a  rendue  (al.  1).  Le  règlement  relatif  à  la  procédure  d'opposition  au  sein  de  l'Université  de Genève  (RIO­UNIGE)  s'applique  (al.  2).  L'art.  5  let.  b  RIO­UNIGE  dispose  que  les  litiges  qui  sont  de  la  compétence  d'autres  juridictions  cantonales  ou  fédérales,  notamment ceux relatifs aux examens fédéraux de la faculté de médecine  ne sont pas régis par celui­ci.  4.4. L'art. 62 al. 4 LPMéd indique que les examens fédéraux se déroulent  conformément à l’ancien droit pendant trois ans après l’entrée en vigueur  de  la présente  loi. Les examens de  la première, deuxième,  troisième et  quatrième années, qui sont  réalisés par  les hautes écoles universitaires  pendant cette période de transition sont considérés comme des examens  fédéraux.  Le  règlement  précité  prévoit  par  ailleurs,  à  son  art.  45,  que  celui­ci  s'applique dès son entrée en vigueur à tous les candidats pour la rentrée  de septembre 2010 (al. 2). Il s'applique à tous les nouveaux étudiants et  aux étudiants en cours d'études dès la rentrée universitaire de septembre  2010  (al. 3). Les étudiants en cours d'études au moment de  l'entrée en  vigueur  du  règlement  restent  soumis  à  l'ancien  règlement  d'études  jusqu'à la rentrée de septembre 2010 (art. 46 al. 1 du règlement). 4.5. En  l'occurrence,  la LPMéd étant entrée en vigueur  le 1er septembre  2007,  l'examen  de  première  année  d'études  subi  par  le  recourant  au  cours  de  la  session  d'août  2010  tombait  encore  sous  l'ancien  droit  (cf. THOMAS  EICHENBERGER  in  :  Ayer/Kieser/Poledna/Sprumont,  op.  cit.,  No 7 ad art. 62). Le recourant a ainsi passé un examen fédéral,  relevant  de la surveillance de la Confédération, et non une évaluation interne à la 

B­8639/2010 Page 17 Faculté  de  médecine  de  l'Université  de  Genève.  Par  conséquent,  l'autorité  compétente  pour  connaître  de  son  recours  contre  le  procès­ verbal notifié par  la présidente de  la Commission d'examen s'avère être  l'autorité  inférieure,  conformément  à  l'art. 46  al.  1  aOPMéd  en  relation  avec l'art. 62 al. 3 et 4 LPMéd (cf. consid. 4.2) Sur  le  vu  de  ce  qui  précède,  il  y  a  lieu  de  constater,  en  application  de  l'art. 25 al. 1 PA, que  l'autorité  inférieure est compétente pour connaître  du  recours  dirigé  contre  le  procès­verbal  d'examen  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  du  13  septembre  2010  notifié au recourant. 5.  La demande du recourant tendant à consulter les pièces du module B de  l'examen fédéral de première année d'études pour médecins et médecins  dentistes subi en juin 2010, ainsi que la demande de restitution du délai  de recours contre le procès­verbal d'examen daté de juin 2010 sont ainsi  transmises  à  l'autorité  inférieure  comme  objet  de  sa  compétence  conformément à l'art. 8 al. 1 PA (cf. consid. 1.1). 6.  Les frais de procédure, comprenant l'émolument judiciaire et les débours,  sont mis à  la charge de  la partie qui succombe (art. 63 al. 1 1ère phrase  PA et  art.  1 al.  1 du  règlement du 21  février  2008 concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]).  Si  celle­ci  n'est  déboutée  que  partiellement,  ces  frais  sont  réduits  (art. 63 al. 1 2e phrase PA). Aucun  frais de procédure n'est  mis  à  la  charge  des  autorités  inférieures  ni  des  autorités  fédérales  recourantes  et  déboutées  (art.  63  al.  2  PA).  L'émolument  judiciaire  est  calculé en  fonction de  la valeur  litigieuse, de  l'ampleur et de  la difficulté  de  la  cause,  de  la  façon  de  procéder  des  parties  et  de  leur  situation  financière (art. 2 al. 1 et 4 FITAF). En  l'espèce,  le recourant obtient gain de cause en tant que son recours  est  reçu  comme  un  recours  pour  déni  de  justice.  Il  succombe  en  revanche dans l'ensemble de ses autres conclusions. Partant, les frais de  procédure, lesquels comprennent également les frais relatifs à la décision  incidente  du  10  février  2011  statuant  sur  la  requête  d'assistance  judiciaire, doivent être réduits à Fr. 300.­. Ils sont imputés sur l'avance de  frais de Fr. 500.­ versée par le recourant le 18 février 2011. Le solde de  Fr. 200.­ lui est restitué.

B­8639/2010 Page 18 7.  L'autorité de recours peut allouer, d'office ou sur requête, à la partie ayant  entièrement gain de cause une indemnité pour les frais indispensables et  relativement  élevés  qui  lui  ont  été  occasionnés  (art.  64  al.  1  PA  en  relation  avec  l'art.  7  al.  1  FITAF).  Lorsqu'une  partie  n'obtient  que  partiellement gain de cause, les dépens auxquels elle peut prétendre sont  réduits  en proportion  (art.  7  al.  2 FITAF).  Les autorités  fédérales et,  en  règle générale, les autres autorités parties n'ont pas droit aux dépens (art.  7 al. 3 FITAF). Les dépens comprennent les frais de représentation et les  éventuels autres frais nécessaires de la partie (art. 8 FITAF). Les frais de  représentation comprennent notamment les honoraires d'avocat (art. 9 al.  1 let. a FITAF) lesquels sont calculés en fonction du temps nécessaire à  la défense de  la partie représentée (art. 10 al. 1 FITAF) ;  le  tarif horaire  des  avocats  est  de  Fr.  200.­  au moins  et  de  Fr.  400.­  au  plus  (art.  10  FITAF).  Les  parties  qui  ont  droit  aux  dépens  doivent  faire  parvenir  au  Tribunal,  avant  le  prononcé  de  la  décision,  un  décompte  de  leurs  prestations  ; à défaut,  le Tribunal  fixe  l'indemnité sur  la base du dossier  (art. 14 FITAF).  En l'espèce, le recourant qui obtient partiellement gain de cause et qui est  représenté par une avocate, dûment mandatée par procuration, a droit à  des  dépens.  Cette  dernière  a  produit  les  16  décembre  2010  et  2  mai  2011  une  note  de  frais  et  honoraires  à  hauteur  de  respectivement  Fr.  8'156.10  et  Fr.  3'272.40.  Cependant,  dès  lors  qu'en  l'occurrence,  le  recourant  n'obtient  gain  de  cause que dans  la  seule mesure  où  c'est  à  tort que  l'autorité  inférieure n'a pas statué sur sa compétence en qualité  d'autorité de recours, il convient de réduire l'indemnité due au recourant à  Fr.  1'500.­  (TVA  non  comprise)  et  de  mettre  celle­ci  à  la  charge  de  l'autorité inférieure. 8.  Le présent arrêt est définitif (art. 83 let. t LTF).

B­8639/2010 Page 19 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours, en tant qu'il est reçu comme un recours pour déni de justice,  est admis. 2.  Il est constaté que l'autorité  inférieure est compétente pour connaître du  recours  dirigé  contre  le  procès­verbal  d'examen  de  première  année  d'études  pour  médecins  et  médecins  dentistes  du  13  septembre  2010  notifié au recourant.  3.  Le recours est irrecevable pour le surplus.  4.  La demande du recourant tendant à consulter les pièces du module B de  l'examen fédéral de première année d'études pour médecins et médecins  dentistes subi en juin 2010, ainsi que la demande de restitution du délai  de  recours  contre  le  procès­verbal  d'examen  daté  de  juin  2010  sont  transmises à l'autorité inférieure comme objet de sa compétence. 5.  Les frais de procédure, relatifs au présent arrêt et à la décision incidente  du 10 février 2011, d'un montant réduit à Fr. 300.­, sont mis à la charge  du  recourant.  Ce montant  est  imputé  sur  l'avance  de  frais  de  Fr.  500.­  déjà versée. Le solde de Fr. 200.­ est restitué au recourant. 6.  Un  montant  réduit  à  Fr.  1'500.­  (TVA  non  comprise)  est  alloué  au  recourant à titre de dépens et mis à la charge de l'autorité inférieure.

B­8639/2010 Page 20 7.  Le présent arrêt est adressé : – au  recourant  (recommandé  ;  annexes  :  annexes  en  retour  et  formulaire "adresse de paiement") – à  l'autorité  inférieure  (n° de réf.  712.0001.0000­9410/FLN/SIP ;  recommandé ; annexes : dossier en retour et copie du recours du 16  décembre 2010 et de la réplique du 2 mai 2011) – à  la  présidente  de  la Commission  d'examen des  examens  fédéraux  de médecine  de  la  Faculté  de médecine  de  l'Université  de Genève  (en extrait) Le Président du collège : La Greffière : Claude Morvant Muriel Tissot Expédition : 8 septembre 2011

B-8639/2010 — Bundesverwaltungsgericht 02.09.2011 B-8639/2010 — Swissrulings