Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 30.01.2012 B-5344/2011

30 gennaio 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,048 parole·~10 min·2

Riassunto

Travail d'intérêt général (service civil) | report de service

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour II B­5344/2011 Arrêt   d u   3 0   j a nv i e r   2 012 Composition Bernard Maitre (président du collège),  Marc Steiner, Claude Morvant, juges, Olivier Veluz, greffier. Parties R._______, représenté par Maître Pierre Serge Heger,  recourant,  contre Organe d'exécution du service civil,  Centre régional de Lausanne, route Aloys­Fauquez 28,  case postale 60, 1000 Lausanne 8,   autorité inférieure.  Objet Report de service.

B­5344/2011 Page 2 Faits : A.  Par décision du 16 décembre 2009, R._______, né en 1978, a été admis  au service civil  et astreint à accomplir 138 jours de service. Depuis son  admission  au  service  civil,  le  prénommé  a  accompli  un  jour  de  service  civil (participation au cours d'introduction). B.  B.a Par  courriers  du  30 novembre  2010  et  du  8  février  2011,  l'Organe  d'exécution  du  service  civil  a  rappelé  à  R._______  son  obligation  d'effectuer une période d'affectation de 111 jours en 2011 et lui a imparti  un délai  pour  qu'il  lui  remette  une  convention d'affectation  signée,  sous  peine de convocation d'office. Par  pli  du  17 mai  2011,  l'Organe  d'exécution  a  informé R._______  qu'il  allait  être  convoqué  d'office  pour  une  période  d'affectation  de  110 jours  du 29 août 2011 au 16 décembre 2011 auprès du (…), en qualité d'aide  cuisinier. Un délai lui a été imparti pour qu'il formule ses observations sur  la convocation d'office envisagée. Dans  le  délai  imparti,  R._______  n'a  formulé  aucune  observation  à  la  convocation d'office annoncée par l'Organe d'exécution. B.b  Par  décision  du  31 mai  2011,  l'Organe  d'exécution  a  convoqué  d'office  R._______  pour  une  période  d'affectation  du  29 août  2011  au  16 décembre 2011 auprès de  l'établissement d'affectation mentionné ci­ dessus. C.  Par courrier du 15 juillet 2011,  reçu au Centre  régional  le 10 août 2011,  l'employeur de R._______ a  relevé qu'en  raison de ses  "connaissances  uniques  et  précieuses  dans  l'organisation  de  (…)  leurs  activités",  il  lui  était  difficile  de  se  séparer  de  R._______  pendant  plusieurs  mois  consécutifs, dès lors qu'il ne serait pas remplaçable du jour au lendemain.  Dans ces conditions, il a indiqué qu'il appuyait la demande de R._______  visant  à  échelonner  ses  périodes  d'affectation.  Il  a  suggéré  au  Centre  régional  de  permettre  à  R._______  d'effectuer  23 jours  de  service  en  novembre 2011 et de répartir le solde l'année suivante. D.  Par écritures du 22 août 2011, R._______ a sollicité un report partiel de 

B­5344/2011 Page 3 son  service  civil  pour  l'année  2011  ainsi  qu'une  prolongation  de  son  obligation  de  servir  jusqu'en 2013.  Il  a  indiqué qu'il  était  à  la  recherche  d'affectations  pour  2012  et  2013  et  que  ses  démarches  étaient  en  suspens ; qu'il était gérant d'un bar, à (…) ; qu'il s'était blessé début juillet  et que, bien que n'étant pas totalement remis,  il n'était pas empêché de  travailler,  ses  tâches  étant  essentiellement  administratives ;  qu'il  n'était  disponible qu'en novembre pour une période d'affectation, les autres mois  étant  "surchargés  au  niveau  des  évènements,  des  concerts  et  des  concepts de soirées". Il a enfin ajouté qu'en accord avec son employeur,  il était disposé à accomplir 54 jours de service en 2012 et autant en 2013. E.  Par décision du 24 août 2011,  l'Organe d'exécution a rejeté  la demande  de  report  de  service  de  R._______.  Il  a  considéré  que  le  prénommé  n'avait  pas  rendu  crédible  que  le  rejet  de  sa  demande  le  mettrait  lui­ même  ou  son  employeur  dans  une  situation  extrêmement  difficile.  Par  ailleurs,  des  jours  de  congé  sur  la  base  d'une  demande  motivée  pouvaient  être  accordés  durant  la  période  d'affectation.  L'Organe  d'exécution a de plus ajouté qu'il n'est pas garanti, en cas de report, que  R._______ accomplisse tous les jours de service ordonnés avant d'avoir  atteint  l'âge  de  libération  ordinaire  en  2012.  Dans  ces  circonstances,  il  conviendrait  de  rejeter  la  demande  de  report  de  service.  L'Organe  d'exécution a enfin estimé que, depuis son admission au service civil en  2010, R._______ avait suffisamment eu le temps de prévoir ses jours de  service  civil  avec  son  employeur  et  qu'il  avait  été  incité  par  plusieurs  rappels à faire le nécessaire afin de ne pas se retrouver dans la situation  délicate qui est la sienne aujourd'hui. F.  Par  écritures  du  24 septembre  2011, mises  à  la  poste  le  26 septembre  2011,  R._______  (ci­après :  le  recourant)  recourt  contre  cette  décision  auprès du Tribunal administratif fédéral en concluant à son annulation et,  implicitement, au report de sa période d'affectation au service civil, ainsi  qu'à celui de la fin de son astreinte audit service. A  l'appui de ses conclusions,  le  recourant soutient que, contrairement à  ce  qu'a  retenu  l'Organe  d'exécution,  il  garde  la  possibilité  d'accomplir  l'intégralité des  jours de service dus  jusqu'au 31 décembre 2012 en cas  de  report de  la période d'affectation de 110  jours prévue du 29 août au  16 décembre  2011.  Arguant  par  ailleurs  d'une  fracture  au  pied,  le  recourant prétend qu'il ne pouvait quoi qu'il en soit pas entrer en service  le 29 août 2011. Dite autorité aurait enfin méconnu les dispositions de la 

B­5344/2011 Page 4 loi  sur  le  service  civil  selon  lesquelles  il  lui  est  possible  de  prolonger  l'obligation de servir au­delà de l'âge ordinaire. G.  Dans  ses  observations  responsives  du  26 octobre  2011,  l'Organe  d'exécution  du  service  civil, Organe  central  (ci­après :  l'Organe  central),  conclut au rejet du recours. Pour motifs,  dite  autorité  relève d'abord que  l'admission au  service  civil  du recourant est entrée en force en 2010 de sorte qu'il devait effectuer en  2011 un nombre de jours de service de façon à ce qu'il n'ait à accomplir  que 26 jours en 2012, année de sa libération du service civil. Par ailleurs,  le recourant aurait été rendu attentif à plusieurs reprises au  fait  qu'il  devait  remettre  une  convention  d'affectation  pour  une  période  d'affectation  de  111  jours  en  2011  et  que,  sans  réaction  de  sa  part,  il  serait convoqué d'office. De plus, il aurait été invité à se prononcer sur la  convocation  d'office  envisagée.  Or,  l'Organe  d'exécution  relève  que  le  recourant n'a jamais réagi aux divers courriers qui lui on été adressés. Ce  serait  donc  à  juste  titre  qu'il  a  été  convoqué  d'office  pour  une  période  d'affectation de 111 jours. L'Organe central soutient que le recourant aurait dû prendre les mesures  nécessaires afin d'organiser  la planification de ses périodes d'affectation  au service civil, réagir dès réception des courriers l'invitant à remettre une  convention d'affectation et non se manifester en demandant un report de  service cinq jours avant le début de l'affectation. La situation du recourant  serait  dès  lors  imputable  à  son  comportement.  Quant  à  l'employeur  du  recourant, l'Organe central soutient qu'il avait été averti au moins au mois  de  juillet  2011.  Il  aurait  donc  dû  prendre  les mesures  nécessaires  pour  pallier à l'absence prévue du recourant. Ainsi donc, le recourant se serait  retrouvé par sa faute dans cette situation. L'Organe  central  expose  que  la  demande  de  report  de  service  reposait  sur  des  motifs  d'ordre  professionnel  et  non  pas  sur  des  raisons  médicales.  S'il  est  vrai  qu'il  avait  déclaré  qu'il  ne  s'était  pas  totalement  remis d'un accident  survenu en  juin,  le  recourant aurait  indiqué que cet  état ne  l'empêchait pas de  travailler. Dans ce contexte,  l'Organe central  soutient  enfin  qu'il  appartenait  au  recourant  de  lui  annoncer  clairement  son  incapacité  de  travail  et  de  lui  fournir  un  certificat  médial ;  il  aurait  également  été  tenu  d'annoncer  sans  délai  au  Centre  régional 

B­5344/2011 Page 5 l'impossibilité  de  donner  suite  à  la  convocation  d'office,  ce  qu'il  n'a  pas  fait. S'agissant  enfin  de  la  prolongation  de  l'astreinte  au  service  civil  et  la  volonté du recourant d'effectuer des périodes d'affectation de 54 jours en  2012  et  en  2013,  l'Organe  central  relève  que  le  recourant  n'a  remis  aucune  convention  d'affectation  pour  ces  périodes  et  ne  s'est  jamais  manifesté  lorsque  le Centre  régional  a  essayé  d'entrer  en  contact  avec  lui.  Il  n'existerait  ainsi  aucune  garantie  que  R._______  accomplisse  l'entier  des  jours  de  service, même  si  une  prolongation  de  son  âge  de  libération était accordée. H.  Par pli du 4 novembre 2011,  le recourant a produit un nouveau certificat  médical concernant son incapacité de travail. Il a en outre requis l'audition  de son médecin. I.  Par  courrier  du  30 novembre  2011,  le  recourant  a  formulé  ses  observations sur la réponse de l'Organe central. Il soutient en bref que les  faits tels que présentés dans cette réponse contiennent des exagérations  et  des  contre­vérités  manifestes.  Il  allègue  par  ailleurs  que,  depuis  le  dépôt du recours,  il a tenté à plusieurs reprises d'entrer en contact avec  le Centre régional, sans succès. Droit : 1.  Le  Tribunal  administratif  fédéral  examine  d'office  et  librement  la  recevabilité des recours qui lui sont soumis (ATAF 2007/6 consid. 1). 1.1.  Le  Tribunal  administratif  fédéral  est  compétent  pour  statuer  sur  le  présent  recours  (art. 31  et  32  de  la  loi  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral [LTAF, RS 173.32], art. 63 al. 1 de la loi fédérale du  6 octobre 1995 sur le service civil [LSC, RS 824.0] et art. 5 al. 1 let. c de  la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA,  RS 172.021]). 1.2. A teneur de l'art. 48 al. 1 PA, a qualité pour recourir quiconque a pris  part à  la procédure devant  l'autorité  inférieure ou a été privé de  le  faire 

B­5344/2011 Page 6 (let. a),  est  spécialement atteint  par  la  décision attaquée  (let. b)  et  a un  intérêt digne de protection à son annulation ou à sa modification (let. c). 1.2.1. En  l'espèce,  bien  que  représenté  par  un  avocat,  le  recourant  n'a  pas  formulé  de  conclusions  claires  dans  ses écritures  du 24 septembre  2011.  Il  ressort  néanmoins  de  la  motivation  de  son  recours  deux  conclusions implicites : d'une part, le report d'une période d'affectation et,  d'autre part, le report d'une année de la libération de l'astreinte au service  civil. 1.2.2. S'agissant du report de la libération de l’astreinte au service civil, il  convient  de  relever  qu'en  vertu  du  principe  de  l'unité  de  la  procédure,  l'autorité  de  recours  ne  peut  statuer  que  sur  des  points  que  l'autorité  inférieure  a  examinés.  Ainsi,  l'objet  du  litige  ne  peut  s'étendre  à  des  éléments qui ne sont pas compris dans l'objet du recours. Il s'ensuit que  l'autorité  de  recours  ne  peut  examiner  et  juger,  en  principe,  que  les  rapports juridiques à propos desquels l'autorité administrative compétente  s'est  prononcée  préalablement  d'une  manière  qui  la  lie,  sous  la  forme  d'une décision. En revanche, dans la mesure où aucune décision n'a été  rendue,  la  contestation  n'a  pas  d'objet  et  un  jugement  au  fond  ne  peut  pas  être  prononcé.  C'est  pourquoi  les  conclusions  qui  vont  au­delà  de  l'objet  du  litige  sont  irrecevables  (cf.  arrêt  du  TF  2C_669/2008  du  8 décembre  2008  consid. 4.1 ;  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­8243/2007  du  20 mai  2008  consid. 1.4  et  les  réf.  cit. ;  ULRICH  MEYER/ISABEL  VON ZWEHL,  L'objet  du  litige  en  procédure  administrative,  in : Mélanges Pierre Moor, Berne 2005, p. 439). En  l'espèce,  le  recourant  a  requis,  dans  sa  demande  du  22 août  2011,  d'une  part,  le  report  de  la  période  d'affectation  prévue  du  29 août  au  16 décembre 2011 et, d'autre part, le report à 2013 de la libération de son  astreinte  au  service  civil. Dans  la  décision  attaquée,  l'autorité  inférieure  s'est uniquement prononcée sur  le  report de  ladite période d'affectation.  En conséquence,  l'objet du  litige est  limité à  la question du  report de  la  période  d'affectation,  l'Organe  d'exécution  ne  s'étant  pas  encore  prononcé, de manière qui le lie, sur le report de la libération de l'astreinte  au service civil. Dans son recours, R._______ fait grief au Centre régional d'avoir  ignoré  les  dispositions  permettant  le  report  de  la  libération  de  l'astreinte  au  service civil. Il conclut d'ailleurs implicitement au report de la libération de  son  astreinte  au  service  civil.  Compte  tenu  de  ce  qui  précède,  on  doit 

B­5344/2011 Page 7 bien constater que cette conclusion dépasse clairement l'objet du litige tel  que délimité par la décision attaquée. 1.2.3.  Le  recours  porte,  d'autre  part,  sur  le  report  d'une  affectation  qui  avait pour terme le 16 décembre 2011. La  qualité  pour  recourir  est  reconnue  au  recourant  si  celui­ci  peut  notamment se prévaloir d'un intérêt digne de protection à l'annulation ou  à  la  modification  de  la  décision  querellée  (art.  48  al.  1  let.  c  PA).  En  principe, un intérêt digne de protection n'est donné que s'il existe encore  au  moment  où  le  jugement  est  rendu  (cf.  ATF  128  II  34  consid.  1b,  ATF 123  II  285  consid.  4,  ATF  118  Ib  356  consid.  1a,  ATF 111  Ib  56  consid.  2a  et  les  réf.  cit.).  Tel  n'est  pas  le  cas  lorsque  le  préjudice  découlant de  la décision attaquée ne peut plus être supprimé même en  cas  d'admission  du  recours  (cf.  ATF  118  Ia  488  consid.  1a ;  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2A.443/1995  du  6  novembre  1995  consid.  1b  et  2A.573/2003  du  30  juillet  2004  consid.  1).  En  d'autres  termes,  l'intérêt  digne de protection consiste, sous cet aspect, en  l'utilité pratique que  le  succès  du  recours  constituerait  pour  le  recourant  (cf. BENOÎT  BOVAY,  Procédure administrative, Berne 2000, p. 351). Si l'intérêt actuel existe au  moment  du  dépôt  du  recours mais  disparaît  au  cours  de  la  procédure,  celle­ci doit être rayée du rôle car devenue sans objet, à moins qu'il n'y ait  lieu exceptionnellement de faire abstraction de l'intérêt actuel, s'agissant  d'un  acte  susceptible  de  se  reproduire  en  tout  temps,  dans  des  circonstances semblables et qui, en raison de sa brève durée ou de ses  effets limités dans le temps, échapperait ainsi au contrôle de l'autorité de  recours (cf. ATF 128 II 34 consid. 1b et les réf. cit.). En  l'occurrence,  le  recourant a été convoqué à participer à une période  d'affectation du 29 août au 16 décembre 2011. Compte tenu du délai de  recours  et  des  délais  impartis  à  l'autorité  inférieure  pour  déposer  sa  réponse et au recourant pour formuler ses observations,  le présent arrêt  intervient  postérieurement  à  la  date  à  laquelle  la  période  d'affectation  litigieuse aurait pris fin. Force est donc de constater que le recourant n'a  plus d'intérêt actuel à contester la décision dont est recours. Néanmoins, dès lors que le recours a effet suspensif (art. 55 al. 1 PA et  art. 65 al. 2 LSC a contrario) et que la décision attaquée n'est donc pas  entrée en force, le recourant sera, selon toute vraisemblance, à nouveau  convoqué  à  participer  ultérieurement  à  une  telle  période  d'affectation.  Aussi,  nonobstant  l'absence  d'un  intérêt  actuel  à  recourir  contre  dite 

B­5344/2011 Page 8 convocation,  il  convient,  eu  égard  à  ce  qui  précède,  de  reconnaître  au  recourant la qualité pour recourir. 1.3. Les  autres  conditions  de  recevabilité  sont  respectées  (art. 66  let. b  LSC, art. 11 et 52 al. 1 PA). Le recours est ainsi recevable dans la mesure où il porte sur le report de  la période d'affectation prévue du 29 août au 16 décembre 2011. 2.  Les personnes astreintes au service militaire qui ne peuvent concilier ce  service  avec  leur  conscience  accomplissent,  sur  demande,  un  service  civil de remplacement (service civil) d'une durée supérieure au sens de la  présente loi (art. 1 LSC). L'astreinte au service civil comporte notamment  l'obligation d'accomplir un service civil ordinaire jusqu'à concurrence de la  durée totale fixée à l'art. 8 (art. 9 let. d LSC). 2.1.  Le  service  civil  est  accompli  en  une  ou  plusieurs  affectations.  Le  Conseil  fédéral  fixe  la  durée  minimale  et  le  rythme  des  périodes  d'affectation (art. 20 LSC). La personne astreinte commence sa première  période  d’affectation  au  plus  tard  avant  la  fin  de  l’année  civile  qui  suit  l’entrée en  force de  la décision d’admission au service civil  (art. 21 al. 1  LSC). La personne astreinte planifie ses affectations et les accomplit de façon à  avoir effectué la totalité des jours de service civil ordinaire dus découlant  de l’art. 8 LSC avant d’être libérée de l’obligation de servir (art. 35 al. 1 de  l'ordonnance  du  11 septembre  1996  sur  le  service  civil  [OSCi,  RS 824.01]). La durée minimale d'une période d'affectation est de 26 jours (art. 38 al. 1  OSCi). La personne astreinte qui a accompli  l’école de  recrues effectue  au  plus  tard  pendant  l’année  suivant  l’entrée  en  force  de  la  décision  d’admission  la  concernant  les  cours  d’introduction  et  de  formation  obligatoires  et  une  affectation  d’une  durée  d’au moins  54  jours  (art. 38  al. 3  let. a  OSCi).  La  personne  astreinte  effectue  chaque  année  des  affectations de service civil d’une durée de 26 jours au moins à partir de  l’année civile de ses 27 ans, et ceci, jusqu’à ce que la durée totale de son  service civil, selon les dispositions de l’art. 8 LSC, soit effectuée (art. 39a  al. 1  OSCi).  La  personne  astreinte  qui,  lors  de  l’entrée  en  force  de  la  décision d’admission  la concernant, a 26 ans  révolus effectue, au cours  de  l’année  suivant  l’entrée  en  force  de  la  décision  d’admission  la 

B­5344/2011 Page 9 concernant, au moins un nombre de  jours de service civil  tel qu’il ne  lui  reste,  au  cours  des  années  suivantes,  en  moyenne  que  26  jours  de  service au plus à accomplir par année jusqu’à ce qu’elle atteigne la limite  d’âge  ordinaire  fixée  à  l’art.  11  LSC  (art. 39a  al.  3  let. a  OSCi).  Si  la  personne  astreinte  ne  coopère  pas  suffisamment  pour  effectuer  les  obligations qui lui incombent en vertu des al. 2 à 4, l’organe d’exécution la  convoque  d’office  à  une  affectation  comportant  un  nombre  de  jours  de  service  civil  tel  qu’il  ne  lui  reste,  au  cours  des  années  suivantes,  en  moyenne que 26 jours de service au plus à accomplir par année jusqu’à  ce qu’elle atteigne la limite d’âge ordinaire (art. 39a al. 5 OSCi). 2.2.  Une  demande  de  report  de  service  doit  être  déposée  lorsqu'une  obligation  légale ou une convocation ne peut être exécutée (art. 44 al. 1  OSCi).  Les  demandes  doivent  être  motivées,  contenir  les  moyens  de  preuve nécessaires et mentionner à quel moment la période d'affectation  en question sera exécutée (art. 44 al. 3 OSCi). A teneur de l'art. 46 al. 3  OSCi, l’organe d'exécution peut accepter la demande de report présentée  par  une  personne  astreinte  lorsque  celle­ci :  a) doit  passer  un  examen  important  pendant  la  période  d’affectation  ou  dans  les  trois  mois  qui  suivent ;  b)  suit  une  formation  scolaire  ou  professionnelle  dont  l’interruption  entraînerait  des  inconvénients  insupportables ;  c)  perdrait  son  emploi  en  cas  de  rejet  de  la  demande ;  cbis)  a  convenu  avec  un  établissement  d’affectation  d’effectuer  l’ensemble  des  jours  de  service  restants pendant l’année suivante ; l’organe d’exécution n’accepte pas la  demande  si  l’année  suivante  correspond  à  l’année  de  libération  du  service  civil ;  d)  n’est  provisoirement  pas  en  mesure  d’accomplir  la  période  d’affectation  prévue  pour  des  raisons  de  santé ;  l’organe  d’exécution  peut  en  l’occurrence  ordonner  un  examen  par  un médecin­ conseil ;  e)  rend  crédible  que  le  rejet  de  la  demande  la  mettrait  elle­ même,  ses  proches ou  son employeur  dans une  situation  extrêmement  difficile. Selon  l'art. 46  al. 4  OSCi,  l’organe  d’exécution  refuse  de  reporter  le  service : a) si la demande n’est pas fondée sur les motifs définis aux al. 2  et 3 ; b) si la demande de la personne astreinte peut être satisfaite dans  une large mesure par l’octroi d’un congé ; ou c) si le report ne permet pas  de garantir que  la personne astreinte accomplira  la  totalité des  jours de  service civil ordinaire dus avant d’être  libérée de  l’obligation de servir, à  moins  qu’elle  n’ait  conclu  une  convention  d’affectation  selon  l’art. 15  al. 3bis.

B­5344/2011 Page 10 3.  En l'espèce, le Centre régional a rejeté la demande de report de service  du recourant. Il a considéré que ce dernier n'avait pas rendu crédible que  le rejet de sa demande le mettrait lui­même ou son employeur dans une  situation extrêmement difficile. En outre, l'octroi de jours de congé durant  la période d'affectation permettrait de pallier à des besoins ponctuels. Le  Centre régional a également estimé qu'en cas de report de service, il ne  serait  pas  garanti  que  le  recourant  puisse  accomplir  tous  les  jours  de  service  ordonnés  avant  d'avoir  atteint  l'âge  de  libération  ordinaire  en  2012. Avec  raison,  le  recourant ne conteste pas  le  fait que  l'autorité  inférieure  n'ait pas pris en considération les motifs d'ordre professionnel invoqués à  l'appui  de  sa  demande  de  report  de  service  (voir  arrêt  du  Tribunal  administratif fédéral B­4933/2010 du 3 septembre 2010 consid. 3.2 ss). Il  prétend toutefois que c'est à tort qu'elle a considéré qu'en cas de report  de  service,  il  ne  serait  pas  garanti  qu'il  accomplisse  tous  les  jours  de  service ordonnés jusqu'au 31 décembre 2012. Arguant des motifs d'ordre  médical, il soutient enfin qu'il ne pouvait quoi qu'il en soit pas accomplir la  période d'affectation  litigieuse et requiert, dans ce contexte,  l'audition de  son médecin traitant. 4.  Le  recourant  soutient  que  c'est  à  tort  que  l'autorité  inférieure  a  estimé  qu'en cas de report de son obligation de servir,  il n'était pas garanti qu'il  accomplisse  l'intégralité  des  jours  de  service  encore  dus  jusqu'au  31 décembre 2012. Il prétend que le solde des jours auquel il est encore  astreint, au nombre de 137, peut parfaitement s'intégrer dans les 27 mois  restant jusqu'à la fin de son astreinte au service civil. Dans  la  décision  attaquée,  l'autorité  inférieure  a  d'abord  retenu  que  le  recourant  n'avait  pas  rendu  crédible  que  la  période  d'affectation  le  mettrait  lui­même  ou  son  employeur  dans  une  situation  extrêmement  difficile  et  que  l'octroi  de  jours  de  congé  durant  la  période  d'affectation  pouvait  pallier  à des besoins ponctuels. Ces motifs  justifient  déjà à eux  seuls le rejet de la demande de report de service. Ainsi donc, le fait qu'il  existe ou non un risque que le recourant n'accomplisse pas tous les jours  de  service  jusqu'à  la  fin  de  son  astreinte  au  service  civil  n'est  pas  déterminant,  d'autant  plus  que  la  situation  dans  laquelle  il  se  trouve  aujourd'hui lui est clairement imputable.

B­5344/2011 Page 11 Au  demeurant,  le  grief  du  recourant  est  purement  appellatoire.  Il  n'apporte aucune preuve selon laquelle il aurait convenu pour 2012 déjà,  mais  également  pour  2013,  des  périodes  d'affectation  avec  des  établissements  pour  l'ensemble  des  jours  de  service  à  effectuer.  Il  se  borne  dans  ce  contexte  à  alléguer  des  entretiens  avec  d'hypothétiques  établissements d'affectation ou  laisse entendre qu'il a  tenté, en vain, de  contacter le Centre régional. 5.  S'appuyant  sur  des  certificats médicaux,  le  recourant  allègue  qu'il  s'est  fracturé  le  pied  le  27 juin  2011  et  qu'il  s'est  alors  retrouvé  en  arrêt  de  travail.  Cet  arrêt  de  travail  aurait  été  fixé  en  fonction  de  son  activité  professionnelle  et  se  serait  achevé  le  16 août  2011,  à  sa  demande,  en  tenant compte de ses nouvelles  responsabilités.  Il prétend que, s'il était  demeuré  "simple serveur",  son médecin en aurait  tenu compte et aurait  étendu  cette  incapacité  de  travail  "bien  au­delà  du  18 août  2011".  Dès  lors  que  les  tâches  qu'il  aurait  dû  accomplir  durant  sa  période  d'affectation avaient une contrainte physique équivalente à son travail de  serveur,  il  soutient  qu'il  ne  pouvait  à  l'évidence  pas  commencer  son  service civil à la date prévue. L'Organe central expose que le recourant lui a indiqué que, bien qu'il ne  s'était  pas  complètement  remis  d'un  accident  survenu  fin  juin,  cela  ne  l'empêchait  pas  de  travailler.  Il  ajoute  qu’il  incombait  au  recourant  de  communiquer  précisément  au Centre  régional  son  incapacité  de  travail,  de fournir un certificat médical et d'annoncer sans délai son impossibilité  de donner suite à la convocation pour raisons de santé. 5.1. Comme nous  l'avons vu ci­dessus,  l'art. 46 al. 3  let. d OSCi prévoit  qu'un report de service est envisageable dans l'hypothèse où la personne  convoquée présente des problèmes médicaux. La question de savoir en  quelle  occurrence  des  motifs  d'ordre  médical  peuvent  justifier  le  report  d'une  période  d'affectation  peut  in  casu  demeurer  ouverte.  En  effet,  comme nous  le verrons ci­après,  les certificats médicaux produits par  le  recourant dans le cadre de la présente procédure de recours n'indiquent  clairement pas que ce dernier était, au moment du début de sa période  d'affectation,  en  incapacité de  travail  et  qu'il  était  dans  l'impossibilité de  donner suite à la convocation. 5.2.  A  l'appui  de  son  recours,  le  recourant  a  produit  trois  certificats  médicaux. Le premier, signé par la Dresse D._______, médecin­assistant  au  service  des  urgences  du  Centre  hospitalier  universitaire  vaudois 

B­5344/2011 Page 12 (CHUV), et daté du 27 juin 2011, certifie que le recourant doit interrompre  son  travail  du  27 juin  au  17 juillet  2011.  Le  deuxième  certificat médical,  signé  par  le  Dr  X._______,  chef  de  clinique  adjoint  du  service  d'orthopédie et  traumatologie  (OTR) du CHUV, et daté du 5 juillet 2011,  indique que le recourant est en incapacité de travail du 5 juillet au 5 août  2011. Enfin, le troisième certificat médical, signé par le Dr Y._______ du  service  OTR  du  CHUV  et  daté  du  8 août  2011,  a  prolongé  cette  incapacité de travail jusqu'au 16 août 2011. Le 4 novembre 2011, le recourant a produit un nouveau certificat médical  du 3 novembre 2011 des Drs X._______ et Y._______ du service OTR  du CHUV relatif à son accident du 27 juin 2011. Ce certificat fait état des  éléments suivants : R._______ était suivi dans notre établissement en raison d'une fracture à la  base  du  cinquième  métatarsien  du  pied  gauche.  Cette  fracture  est  traitée  habituellement par une botte de marche (plâtre) pendant 4 semaines. Nous  donnons  aux  patients  un  arrêt  de  travail  de minimum  4  à  6  semaines.  La  durée  finale  de  cet  arrêt  dépendra,  bien  évidemment,  de  l'évolution  des  symptômes. Précédemment,  le 26 juillet 2007, R._______ a été vu par mon collègue,  le  Dr  X._______,  qui  autorise  une  reprise  du  travail  pour  la  date  du  6 août  2011. En raison de  la persistance des douleurs au niveau de son pied gauche et  face à l'impossibilité du patient de recommencer son activité, il se présente à  ma  consultation  le  8  août  2011,  comme  signalé  antérieurement.  Pendant  cette  consultation,  je  constate,  effectivement,  les  douleurs  décrites  par  le  patient. A noter que  la douleur  reste un symptôme subjectif  et  difficilement  quantifiable de manière objective. Sur  la  base  des  descriptions  du  patient  et  le  résultat  de  mon  examen  clinique,  je  prolonge  son  arrêt  de  travail  pour  la  période  du  6  au  16  août  2011. Le recourant a été convoqué pour une période d'affectation de 110 jours  à compter du 29 août 2011. A  la  lumière de ces certificats, aucun motif  d'ordre médical ne s'opposait à l'entrée en service du recourant, de sorte  que cette période d'affectation n'avait pas à être reportée. Le recours est  donc mal fondé sur ce point. Le  Tribunal  peut  certes  admettre  que  le  recourant  aurait  encore  pu  connaître  quelques  gênes  à  son  pied  au  moment  de  son  entrée  en  service.  Il  n'en  reste  pas  moins  qu'il  avait  l'obligation  de  l'annoncer  immédiatement à l'organe d'exécution et de produire un certificat médical, 

B­5344/2011 Page 13 conformément aux art. 76 et 76a OSCi, ce qu'il n'a pas fait. Le recourant  ne pouvait l'ignorer, d'autant que la brochure "Le service civil ­ qui, quand,  où,  comment?"  (Informations  pour  les  civilistes  et  les  établissements  d'affectation,  Edition  2011,  p.  10  et  25,  consultable  sur  www.zivi.admin.ch) fait explicitement mention de ces obligations. De plus,  au  début  de  chaque  affectation  a  lieu  un  examen  sanitaire  sous  forme  d'un questionnaire. Dans son message du 22 juin 1994 concernant la loi  fédérale sur le service civil (FF 1994 III 1597, p. 1673), le Conseil fédéral  indique à cet égard que la personne qui entre en service devra confirmer  qu'elle se  trouve en bonne santé et qu'elle se sent à même d'accomplir  son affectation. 6.  Le recourant requiert l'audition de son médecin traitant. Tel  qu'il  est  garanti  à  l'art.  29  al.  2  de  la  Constitution  fédérale  de  la  Confédération  suisse  du  18 avril  1999  (Cst.,  RS  101),  le  droit  d'être  entendu comprend notamment  le droit pour  l'intéressé de s'exprimer sur  les  éléments  pertinents  avant  qu'une décision  ne  soit  prise  touchant  sa  situation  juridique,  le  droit  de  consulter  le  dossier,  de  produire  des  preuves pertinentes, d'obtenir qu'il soit donné suite à ses offres de preuve  pertinentes, de participer à l'administration des preuves essentielles ou à  tout le moins de s'exprimer sur son résultat, lorsque cela est de nature à  influer sur la décision à rendre (ATF 136 I 265 consid. 3.2, ATF 135 II 286  consid. 5.1, ATF 129 II 497 consid. 2.2 et les arrêts cités). L'autorité peut  cependant  renoncer  à  procéder  à  des mesures d'instruction  lorsque  les  preuves  administrées  lui  ont  permis  de  former  sa  conviction  et  que,  procédant d’une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des  preuves  qui  lui  sont  encore  proposées,  elle  a  la  certitude  que  ces  dernières ne pourraient  l’amener à modifier son opinion (ATF 130 II 425  consid. 2.1, ATF 125 I 127 consid. 6c/cc in fine, ATF 124 I 208 consid. 4a  et les arrêts cités). En  l'espèce,  le certificat médical du 3 novembre 2011 est, comme nous  venons de le voir, très clair et n'est pas sujet à la moindre interprétation.  Dans  ces  conditions,  il  n'existe  aucune  raison  d'entendre  le  médecin  traitant du recourant. L'offre de preuve de ce dernier doit en conséquence  être rejetée. 7.  La  procédure  devant  le  Tribunal  administratif  fédéral  en  matière  de 

B­5344/2011 Page 14 service  civil  étant  gratuite  (art. 65 al. 1  LSC),  il  y  a  lieu de  statuer  sans  frais. Les parties ne reçoivent pas de dépens (art. 65 al. 1 LSC). 8.  Le présent arrêt est définitif  (art. 83  let. i de  la  loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. 2.  Il n'est pas perçu de frais de procédure, ni alloué de dépens. 3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant (recommandé ; annexes : actes en retour) – à l'autorité inférieure (n° de réf. […] ; recommandé) – à l'Organe d'exécution du service civil, Organe central (recommandé ;  annexe : dossier en retour) Le président du collège : Le greffier : Bernard Maitre Olivier Veluz Expédition : 1er février 2012

B-5344/2011 — Bundesverwaltungsgericht 30.01.2012 B-5344/2011 — Swissrulings