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Bundesverwaltungsgericht 01.12.2011 B-3435/2011

1 dicembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,986 parole·~10 min·1

Riassunto

Examen professionnel (branche spécialisée) | examen professionnel de spécialiste du commerce de détail

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour II B­3435/2011 Arrêt   d u   1 e r   d é c emb r e   2011 Composition Bernard Maitre (président du collège),  Hans Urech, Maria Amgwerd, juges, Olivier Veluz, greffier. Parties C._______, représenté par Maître Michel de Palma, recourant,  contre Office fédéral de la formation professionnelle et de la  technologie, Effingerstrasse 27, 3003 Berne,    autorité inférieure,  Commission d'examen dans le commerce de détail, case postale, 8036 Zurich,    première instance.  Objet Examen professionnel de spécialiste du commerce de détail.

B­3435/2011 Page 2 Faits  : A.  C._______  s'est  présenté  à  l'examen  professionnel  de  spécialiste  de  commerce de détail  lors de  la session 2010. Par décision du 28 octobre  2010, la Commission d'examen dans le commerce de détail (ci­après : la  Commission d'examen) l'a informé qu'il avait échoué et qu'il n'avait plus la  possibilité  de  se  présenter  à  un  nouvel  examen,  les  possibilités  de  répétition étant épuisées. B.  Le  17  novembre  2010,  C._______  (ci­après :  le  recourant)  a  recouru  contre  cette  décision  auprès  de  l'Office  fédéral  de  la  formation  professionnelle et de la technologie (OFFT). Il y contestait pour l'essentiel  l'évaluation  de  son  travail  personnel  intitulé  "Utilisation  des  nouveaux  médias dans mon domaine de responsabilité" et concluait à la délivrance  du brevet fédéral de spécialiste du commerce de détail. Dans sa réplique  du 10 février 2011, le recourant invoqua un vice de forme en ce sens que  les  thèmes  à  choix  proposés  pour  le  travail  personnel  n'étaient  pas  adaptés à son secteur d'activité, à savoir la vente d'automobiles. Il aurait  ainsi subi un désavantage par rapport aux autres candidats qui avaient le  choix entre trois thèmes en lien avec leur activité.  Par décision du 20 mai 2011,  l'OFFT a  rejeté  le  recours de C._______.  L'autorité  inférieure  se  référa  pour  l'essentiel  à  la  prise  de  position  détaillée de la Commission d'examen sur la partie de l'examen consacrée  au  travail  personnel :  le  chiffre  4  intitulé  "analyse  de  situation",  qui  ne  contient  que  deux  pages,  n'indique  aucune  source ;  plusieurs  constats  sont  formulés, mais aucun ne se  réfère à une annexe ou à une source  permettant  de  les  valider ;  les  points  "potentiel média"  et  "concurrence"  ne sont pas traités comme demandés ; le style, proche du langage parlé,  ne  permet  pas  de  comprendre  la  composition  globale  de  l'analyse ;  l'analyse des coûts présentée n'a aucun lien avec les éléments traités et  n'est en outre ni expliquée ni argumentée. En ce qui concerne  l'examen  oral, la Commission d'examen a en particulier noté que le recourant avait  régulièrement dévié des réponses attendues en dépit des reformulations  présentées  par  les  examinateurs ;  qu'il  n'écoutait  pas  les  questions  posées et qu'il était souvent hors sujet ; qu'il avait enfin souvent repris le  contenu  de  son  travail  sans  y  apporter  de  nouveaux  éléments  ou  les  éclaircissements demandés.

B­3435/2011 Page 3 S'agissant  de  la  prétendue  inégalité  de  traitement  dans  le  cadre  des  thèmes à choix,  l'OFFT a estimé qu'ils devaient être  "traitables par  tous  les  candidats,  peu  importe  leur  secteur  d'activité,  et  ce,  dans  un  souci  d'égalité  de  traitement".  Et  il  a  relevé  que  le  recourant  n'avait  pas  démontré de manière concrète et objective pour quelles raisons le thème  choisi n'était pas adapté. C.  Par écritures du 17 juin 2011, mises à la poste le même jour, C._______  recourt  contre  cette décision auprès du Tribunal administratif  fédéral en  concluant, sous suite de frais et de dépens, à son annulation et au renvoi  de  l'affaire à  la Commission d'examen qui  "réévaluera  la note du  travail  personnel de Monsieur C._______ en lui attribuant un 4" et qui "délivrera  le  titre  de  Spécialiste  du  commerce  de  détail  avec  brevet  fédéral".  A  l'appui de ses conclusions, il fait valoir une inégalité de traitement et des  vices de procédure.  Le recourant allègue que les trois thèmes à choix retenus pour  le travail  personnel ne permettaient pas de placer  tous  les candidats sur un pied  d'égalité. Des trois thèmes proposés, seul le premier correspondrait à son  secteur  d'activité.  Selon  lui,  les  trois  thèmes  proposés  répondaient  aux  activités  déployées  au  sein  des  surfaces  commerciales  du  type  "magasin".  Le  thème  intitulé  "vol  des  pièces  détachées  qui  ne  seraient  pas assurées" serait sans  rapport avec son activité qui consiste à gérer  l'approvisionnement en véhicules et non à acquérir des pièces détachées.  En outre, les vols de véhicules automobiles seraient insignifiants. Il relève  qu'il ne pouvait pas non plus prendre le deuxième thème proposé dès lors  que son poste de travail n'est pas touché par les heures d'ouverture plus  longues des magasins. En ce qui concerne le thème qu'il a dû choisir, à  savoir  "l'utilisation  des  nouveaux  médias  dans  mon  domaine  de  responsabilité",  il  explique  que  tous  les  nouveaux  médias  sont  déjà  clairement  utilisés  dans  le  secteur  de  l'automobile  et  qu'il  est  donc  pratiquement impossible de trouver une nouvelle idée qui ne soit pas déjà  exploitée dans ce domaine. Il souligne enfin que, si son travail personnel  avait  été  aussi  négligé  que  le  prétendent  les  examinateurs,  son  employeur ne l'aurait certainement pas repris et mis sur pied au sein de  l'entreprise. Le recourant estime que le secrétariat de la Commission d'examen aurait  dû l'informer du fait que la session d'examens à laquelle il s'inscrivait ne  correspondait  pas  à  son  activité  actuelle.  Il  allègue  en  outre  que Mme  Y._______  lui  avait  conseillé  de  ne  pas  formuler  d'hypothèses  pour  la 

B­3435/2011 Page 4 rédaction de son travail sous peine de grosses difficultés lors de l'examen  oral. Finalement, il invoque le principe de proportionnalité arguant du fait  qu'il  s'agit  de  sa  dernière  tentative  à  l'examen  de  spécialiste  de  commerce de détail.  D.  Invité à se prononcer sur le recours, l'OFFT en propose le rejet dans ses  observations  responsives  du  7  juillet  2011  en  se  référant  à  l'argumentation développée dans sa décision du 20 mai 2011. E.  La Commission d'examen a formulé ses observations sur  le recours par  courriel  du  16 octobre  2011  en  se  référant,  pour  l'essentiel,  à  l'argumentation  développée  dans  ses  écritures  déposées  dans  le  cadre  de la procédure devant l'autorité inférieure. F.  Par  pli  du  30 novembre  2011,  le  recourant  a  renoncé  à  formuler  des  observations sur les remarques de la Commission d'examen et a renvoyé  à l'argumentation développée dans ses précédentes écritures. Les  arguments  avancés  de  part  et  d'autre  au  cours  de  la  présente  procédure  seront  repris  plus  loin  dans  la  mesure  où  cela  s'avère  nécessaire. Droit  : 1.  Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le présent  recours  (art. 31,  32 et  33  let. d de  la  loi  du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  administratif fédéral [LTAF, RS 173.32] et art. 5 al. 2 de la loi fédérale du  20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA, RS 172.021]). La  qualité pour recourir doit être reconnue au recourant (art. 48 al. 1 let. a à  c PA). Les autres conditions de recevabilité sont par ailleurs  respectées  (art. 11, 50, 52 al. 1 et 63 al. 4 PA). Le recours est ainsi recevable. 2.  2.1. La formation professionnelle supérieure vise à transmettre et à faire  acquérir, au niveau tertiaire, les qualifications indispensables à l'exercice  d'une activité professionnelle complexe ou impliquant des responsabilités 

B­3435/2011 Page 5 élevées  (art.  26  al.  1  de  la  loi  fédérale  du  13  décembre  2002  sur  la  formation  professionnelle  [LFPr,  RS  412.10]).  Selon  l'art.  27  LFPr,  la  formation  professionnelle  supérieure  s'acquiert  par  un  examen  professionnel  fédéral  ou par  un examen professionnel  fédéral  supérieur  (let. a) ou par une formation reconnue par la Confédération et dispensée  par une école supérieure (let. b). La personne qui souhaite se présenter  aux  examens  professionnels  fédéraux  ou  aux  examens  professionnels  fédéraux supérieurs doit disposer d'une expérience professionnelle et de  connaissances spécifiques dans le domaine concerné (art. 28 al. 1 LFPr).  Les  organisations  du  monde  du  travail  compétentes  définissent  les  conditions  d'admission,  le  niveau exigé,  les  procédures  de qualification,  les  certificats  délivrés  et  les  titres  décernés.  Elles  tiennent  compte  des  filières de formation qui font suite aux examens. Leurs prescriptions sont  soumises à l'approbation de l'office (art. 28 al. 2 LFPr). 2.2.  Se  fondant  sur  cette  dernière  disposition,  l'organe  responsable  composé de COOP Suisse, Fenaco, UNIA, Fédération des coopératives  Migros,  Union  suisse  des  arts  et  métiers  (Groupe  commerce),  SEC  Suisse, Association suisse des entreprises à succursales et Swiss Retail  Federation,  a  édicté  le  règlement  concernant  l'organisation  de  l'examen  professionnel  de  spécialiste  du  commerce de détail  avec brevet  fédéral  (ci­après : règlement d'examen). Approuvé par le Département fédéral de  l'économie le 29 juillet 1997, le règlement d'examen est entré en vigueur  le 1er août 1997. Lors  de  l'examen,  les  candidats  doivent  apporter  la  preuve  qu'ils  possèdent  les  connaissances  et  aptitudes  nécessaires  pour  assurer  la  fonction  de  chef  et  exercer  une  fonction  à  responsabilités  dans  le  commerce  de  détail  (art.  2  du  règlement  d'examen).  L'organisation  de  l'examen est confiée à  la Commission d'examen de  la maîtrise  fédérale  de  commerce  de  détail  (ci­après :  la  Commission  d'examen)  qui  se  compose de 14 membres (art. 3 ch.1 du règlement d'examen). Il compète  en particulier à cette commission de définir  le programme d’examen ; de  donner  l’ordre  de  préparer  les  énoncés  de  l’examen  et  de  procéder  à  l’examen ;  de  nommer  et  d'engager  les  experts ;  de  décider  de  l’admission à l’examen et de l’attribution du brevet ; et, enfin, de traiter les  requêtes et  les  recours  (art. 4 ch. 1 du  règlement d'examen). L'examen  se  tient  pendant  deux  jours  et  porte  sur  les  huit  branches  suivantes :  marché  de  l'approvisionnement,  marché  de  l'acheteur,  logistique  et  sécurité, finances et comptabilité, personnel, communication et technique  de travail, connaissances du commerce de détail et travail personnel écrit  et  oral  (art.  15  ch. 1  du  règlement  d'examen).  Le  candidat  a  réussi 

B­3435/2011 Page 6 l'examen  si  toutes  les  conditions  suivantes  sont  remplies :  la  moyenne  des notes  obtenues est  au moins égale  à  4,  au maximum une note  de  branche est inférieure à 4 et aucune note de branche n'est inférieure à 2  (art. 19 ch. 1 du règlement d'examen). 2.3. In casu, le recourant a échoué à l'examen litigieux en raison de deux  notes  inférieures  à  4  dans  les  branches  finances  et  comptabilité  (3)  et  travail personnel (3). Dans  son  recours,  C._______  conteste  uniquement  le  résultat  obtenus  dans le cadre de son travail personnel. 3.  Dans  son  recours,  C._______  allègue  une  inégalité  de  traitement  en  rapport avec les trois thèmes à choix proposés pour le travail personnel.  Selon  lui,  les  trois  thèmes  proposés  touchaient  l'activité  déployée  dans  les surfaces commerciales de type magasin et non pas dans son secteur  d'activité, à savoir la vente d'automobiles. Pour  sa  part,  l'OFFT  estime  que  les  thèmes  à  choix  "doivent  être  traitables par tous les candidats, peu importe leur secteur d'activité, et ce,  dans un souci d'égalité de traitement" (décision attaquée consid. 4 E). Dans  la  mesure  où  il  s'agit  d'un  vice  de  procédure  en  rapport  avec  l'interprétation et l'application du règlement et en lien avec le déroulement  de  l'examen  et  non  avec  l'évaluation  proprement  dite  de  prestations  d'examen,  le  Tribunal  dispose  d'un  plein  pouvoir  d'examen  (voir  en  ce  sens  :  ATF  106  Ia  1  consid. 3c  ;  ATAF  2007/6  consid. 3  ;  arrêts  du  Tribunal administratif fédéral B­7953/2007 du 14 février 2008 consid. 2 et  C­2042/2007  du  11 décembre  2007  consid. 2  ;  Jurisprudence  des  autorités administratives de la Confédération [JAAC] 69.35 consid. 2). 3.1. Aux  termes de  l'art. 16 du règlement d'examen,  le  travail personnel  permet  au  candidat  de  montrer  qu'il  est  capable  de  présenter  un  problème relatif à l'entreprise d'une manière structurée et compréhensible  et  d'en  tirer  une  solution  pratique  applicable  dûment  motivée.  La  Commission  d'examen  propose  trois  sujets  à  choix ;  les  exigences  auxquelles  le  travail  personnel  doit  satisfaire  sont  fixées  dans  la  notice  explicative (art. 16 du règlement d'examen). Les candidats disposent de  12  semaines  pour  rédiger  leur  travail  (art.  16  du  règlement  d'examen).  Les  travaux  restent  en  possession  de  la  Commission  d'examen  et  ne 

B­3435/2011 Page 7 peuvent être utilisés qu'avec l'accord des candidats et des entreprises où  ils travaillent. La directive portant sur les objectifs directeurs et d'information concernant  les matières d'examens pour les spécialistes du commerce de détail avec  brevet fédéral (ci­après : la directive d'examen) précise que le travail écrit  doit  être  clairement  structuré,  construit  logiquement  et  écrit  dans  un  langage  correct ;  il  sera  complété  et  commenté  lors  de  l'examen  oral  (chiffre  8).  Sous  la  rubrique  "Objectifs  d'information",  la  directive  d'examen  prescrit,  s'agissant  de  l'exécution,  en  sus  des  exigences  formelles  (minimum/maximum de pages,  format,  interligne, présentation,  données  personnelles,  signature…),  ce  qui  suit :  "En  plus,  le  travail  comportera  une  introduction  avec  présentation  du  candidat  et  de  l'entreprise  (fonction,  portrait,  organisation,  infrastructure,  assortiment  etc.) dans laquelle  il  travaille" ("Zusätzlich und einleitend zum Textteil  ist  ein kurze Beschreibung  [max. 2­3 Seiten] der betrieblichen Verhältnisse  des  betroffenen  Detailhandelsgeschäftes  anzugeben  [Funktion,  Firmenporträt, Organisation, Sortiment], das heisst Informationen, die auf  die Projektarbeit Bezug haben"). Dans  sa  notice  intitulée  "Travail  personnel  2010  –  Directives  pour  les  candidats",  la  Commission  d'examen  énumère  les  éléments  que  doit  contenir  le  travail  écrit  ("Construction").  Parmi  les  dix  éléments  mentionnés,  figure en deuxième position  la  "présentation de  l'entreprise  et du candidat selon directives (max 3 pages)".  3.2. L'art. 16 du règlement d'examen prévoit que le travail personnel doit  permettre  au  candidat  de  montrer  qu'il  est  capable  de  présenter  un  problème relatif à  l'entreprise ("ein betriebliches Problem") sans préciser  si  le  problème  à  traiter  doit  avoir  un  lien  avec  l'entreprise  au  sein  de  laquelle  le candidat exerce son activité. Cependant, en déclarant que  le  candidat  doit  "en  tirer  une  solution  pratique  applicable",  le  règlement  d'examen  laisse  plutôt  entendre  que  le  problème  à  résoudre  est  lié  à  l'entreprise dans  laquelle  le candidat exerce son activité professionnelle.  Cette  interprétation  trouve son corollaire dans  le chiffre 8 de  la directive  d'examen qui prévoit que  le  travail doit comporter une  introduction avec  présentation non seulement du candidat, mais également de  l'entreprise  dans  laquelle  il  travaille.  En  effet,  on  ne  voit  pas  pour  quelle  raison  le  candidat  devrait  présenter,  dans  l'introduction  de  son  travail  écrit,  l'entreprise  dans  laquelle  il  œuvre  si  celle­ci  n'avait  aucun  lien  avec  le  travail  personnel. Dans  le même  sens,  l'art.  16  du  règlement  d'examen  prescrit  que  le  travail  personnel  reste  en  possession  de  la Commission 

B­3435/2011 Page 8 d'examen  et  ne  peut  être  utilisé  qu'avec  l'accord  du  candidat  et  de  l'entreprise "où il travaille". Comme  le  règlement  d'examen  et  la  directive  d'examen  ne  prévoient  aucune  exception  ou  disposition  particulière  pour  les  candidats  qui  se  présentent une deuxième ou une  troisième fois à  l'examen (art. 21 al. 1  du  règlement  d'examen),  on  doit  donc  partir  de  l'idée  que  le  travail  personnel  doit  permettre  au  candidat,  qui  se  présente,  comme  en  l'espèce,  pour  la  troisième  fois  à  l'examen,  de  montrer  son  aptitude  à  résoudre un problème en lien avec la dernière entreprise dans laquelle il  travaille. Ainsi  donc,  force  est  d'admettre  que,  conformément  à  l'art.  16  du  règlement  d'examen,  la  Commission  d'examen  devait  proposer  trois  sujets  à  choix  qui  couvrent  l'ensemble  des  domaines  d'activité  exercés  par tous les candidats à l'examen de la session 2010. 3.3. In casu, il appert des pièces versées au dossier que la Commission  d'examen a soumis aux candidats qui se présentaient à la session 2010  de l'examen professionnel de spécialiste du commerce de détail les trois  sujets  à  choix  suivants :  "Utilisation  des  nouveaux  médias  dans  mon  domaine  de  responsabilités",  "Motivation  des  collaborateurs  face  aux  heures  d'ouverture  plus  longues"  et  "Marge  meilleure  grâce  à  la  prévention des vols".  3.3.1. En ce qui concerne  le deuxième thème,  la Commission d'examen  explique dans sa notice notamment ce qui suit :  Situation initiale (…) Dans  la bataille pour acquérir de nouveaux clients et des parts de marché,  les offreurs sont contraints d'adapter et de développer continuellement leurs  prestations. Depuis  un  certain  temps,  un  moyen  profane  pour  acquérir  des  nouveaux  clients  est  de  prolonger  les  heures  d'ouverture  des  magasins.  A  certains  endroits, les clients peuvent faire leurs achats de 6h00 à 22h00. Les chiffres  d'affaires  et  les  revenus  n'évoluent  toutefois  pas  toujours  parallèlement  à  cette offre plus étendue. Par conséquent, la tension sur les coûts liés au personnel est augmentée et  cela  se  répercute  sur  la motivation du personnel. Des heures de présence  plus longues, des heures de pause inhabituelles,  le travail en week­ends et 

B­3435/2011 Page 9 en  équipes  ne  sont  que  quelques  exemples  forçant  les  employés  dans  le  domaine de la vente d'adapter leur vie privée et professionnelle. Tâches 1. Sur la base d'un questionnaire pour les employés, analysez la motivation  de  ceux­ci  par  rapport  aux  heures  d'ouverture  du  magasin.  Mettez  en  évidence ce qui a déjà été entrepris à ce sujet et dans quels domaines il y a  un potentiel. 2.  Sur  la  base  de  votre  résultat,  définissez  les  objectifs  quantitatifs  et  qualitatifs pouvant avoir une influence future sur la motivation des employés. (…) Il  ressort  des  explications  qui  précèdent  que  le  thème  en  question  concerne  au  premier  chef  les  centres  commerciaux  qui  visent  essentiellement, d'une part, le secteur traditionnel le plus important de la  branche du commerce de détail, à savoir celui des denrées alimentaires,  des boissons et du tabac, qui occupe quelque 36% de l'effectif total (voir  MICHAEL GRASS, Le commerce de détail en suisse, un  intermédiaire  très  important pour  l'économie nationale,  in : Revue de politique économique  12­2007 p. 36 ss) et, d'autre part,  les autres secteurs, soit  le commerce  des  textiles,  de  l'habillement  et  de  la  chaussure  (12%),  le  secteur  des  biens de consommation électroniques  (7%), des médias  imprimés  (5%),  de  l'ameublement  et  des  biens  d'aménagement  du  logement  (4%),  du  "do­it­yourself" (bricolage) (3%), ainsi que des articles de soins corporels  (2%) (ibidem). La question des heures d'ouverture en lien avec celle de la  motivation  du  personnel  (heures  de  présence  plus  longues,  heures  de  pause  inhabituelles,  travail  le  week­end  et  en  équipes)  touche  essentiellement les secteurs du commerce de détail énumérés ci­dessus. Certes,  le  groupe  de  branches  relevant  du  domaine  de  la  mobilité,  à  savoir le secteur de la technique automobile (vente, montage des pneus,  logistique des pièces détachées), appartient au commerce de détail (voir  brochure  "Professions  dans  le  commerce  de  détail",  consultable  sur  le  site Internet www.bds­fcs.ch, p. "Groupe de branches Mobilité", ch. 9.1 et  9.2).  Cependant,  la  question  des  heures  d'ouverture  n'est  pas  un  problème  spécifique  à  cette  branche  comme  c'est  le  cas  pour  les  magasins  actifs  dans  les  branches  énumérées  ci­dessus.  En  effet,  comme  le  relève pertinemment  le Groupe Y._______ dans  son  courrier  du 9 février 2011, un garage ne fonctionne pas comme un magasin et la  http://www.bds-fcs.ch

B­3435/2011 Page 10 situation  des  horaires  irréguliers  et  fluctuants  dans  le  secteur  de  la  mobilité est connue et appliquée depuis  fort  longtemps. Pour sa part,  la  Commission d'examen note dans sa prise de position du 10 mars 2011  adressée  à  l'OFFT  qu'il  y  avait  une  "bonne  base  d'investigation"  pour  développer  ce  sujet,  puisque  la  question  des  horaires  irréguliers  et  fluctuants  existe  depuis  longtemps  dans  le  secteur  automobile.  Et  elle  ajoute que le recourant "aurait, par exemple, pu construire son travail sur  la base de Z._______ (son ancien employeur) et pu faire des hypothèses  (…) ;  p.ex.  ouverture  le  dimanche".  On  peine  à  comprendre  l'argumentation de la Commission d'examen qui, d'un côté, soutient qu'il y  avait  une  bonne  base  d'investigation  puisque  le  secteur  automobile  connaît  des horaires  irréguliers depuis  longtemps et,  de  l'autre,  prétend  que le recourant aurait pu, à partir d'hypothèses, construire son travail sur  la base de Z._______. Du moment que le recourant ne travaille plus dans  cet établissement,  on voit mal  comment  il  aurait  pu  réaliser  la première  des  tâches  qui  consiste  à  analyser  la  motivation  des  employés  par  rapport  aux  heures  d'ouverture  du  magasin  sur  la  base  d'un  questionnaire.  Ainsi  donc,  il  appert  de  ce  qui  précède  que  le  deuxième  sujet  proposé  n'est pas en adéquation avec l'activité déployée par le recourant. De plus,  on ne peut guère nier que  le recourant était nettement désavantagé par  rapport aux autres candidats qui, confrontés à un problème relatif à  leur  propre  entreprise,  étaient  mieux  à  même  de  proposer  une  solution  pratique basée sur des éléments concrets tirés de leur expérience et des  données récoltées au sein de leur entreprise. 3.3.2. Quant  au  troisième  sujet  qui  a  trait  à  la  prévention  des  vols,  la  Commission d'examen écrit dans sa notice notamment ce qui suit : Situation initiale Dans tous les domaines du commerce de détail, les possibilités de diminuer  la  valeur  des  marchandises  sont  nombreuses.  Maîtriser  les  résultats  de  l'inventaire signifie une meilleure couverture et ainsi moins de tension sur les  coûts variables, particulièrement les coûts liés au personnel. (…) Il  est  effrayant  de  constater  que  dans  le  commerce  de  détail  en  Suisse,  environ 2 pour­cent des 100 milliards de chiffres d'affaires se volatilisent. (…) Une  grande  problématique  à  cet  égard  est  le  vol  à  l'étalage.  De  la  marchandise d'une valeur de 4 millions de francs disparaît ­ chaque jour! (…)

B­3435/2011 Page 11 (…) Tâches 1. Dans l'analyse, tracez la situation de votre magasin/succursale en relation  avec  le  vol  à  l'étalage  de  ces  trois  dernières  années. Mettez  en  évidence  quelles  mesures  de  prévention  ont  été  entreprises  jusqu'à  présent  et  définissez  les  points  faibles  de  l'assortiment  ainsi  que  sur  le  plan  de  la  construction et de l'organisation. 2.  Sur  la  base  de  votre  résultat,  définissez  les  objectifs  quantitatifs  et  qualitatifs avec une influence financière et préventive. 3. Elaborez trois variantes réalistes de solutions vous permettant d'approcher  la problématique et d'atteindre les objectifs que vous avez définis. (…) La Commission d'examen estime que le recourant aurait pu effectuer son  travail  pour  chacun  des  trois  thèmes  "également  sur  la  base  de  Z._______".  Or,  le  sujet  en  question,  qui  a  trait  uniquement  à  la  problématique des vols à l'étalage, concerne essentiellement les centres  commerciaux et les magasins, comme le relève pertinemment le Groupe  Y._______  dans  son  courrier  du  9  février  2011.  Les  considérations  qui  précèdent peuvent être reprises mutatis mutandis dans ce contexte. 3.3.3.  Il  appert  de  ce  qui  précède  que,  parmi  les  trois  sujets  proposés  pour  le  travail  personnel,  un  seul  de  ceux­ci  ("Utilisation  des  nouveaux  médias  dans  mon  domaine  de  responsabilités")  correspondait  au  domaine d'activité du recourant.  4.  Dans  sa  prise  de  position  du  10  mars  2011  à  l'OFFT,  la  Commission  d'examen relève que le recourant, qui se présentait pour la troisième fois  à  l'examen,  devait  être  conscient  du  fait  que  les  thèmes  du  travail  personnel avaient  toujours  trait au commerce de détail. Et d'ajouter que  c'est d'ailleurs pour cette raison que le règlement d'examen exige, à son  art. 8, trois ou quatre années de pratique dans le commerce de détail en  fonction de l'apprentissage effectué. Des pièces versées au dossier,  il appert que  les  thèmes du  travail écrit  ont  été  discutés  avec  Mme  X._______  lors  d'une  journée  d'instruction.  Cette dernière aurait déclaré que, parmi les sujets à choix proposés, seul  celui consacré à "l'utilisation des nouveaux médias dans mon domaine de  responsabilités" pouvait convenir à C._______ au vu de sa situation.

B­3435/2011 Page 12 4.1. Pour l'OFFT, les thèmes à choix "doivent être traitables par tous les  candidats,  peu  importe  leur  secteur  d'activité".  Comme  nous  l'avons  démontré  ci­dessus,  les  trois  thèmes  du  travail  personnel  proposés  doivent  être  connexes  à  l'activité  qu'exercent  les  candidats  dans  l'entreprise  où  ils  travaillent.  Dans  la  mesure  où  deux  sujets  proposés  sont en dehors du champ d'activité du  recourant, on peut sérieusement  se  demander  s'ils  étaient  "traitables"  pour  le  recourant  et  donc  si  ce  dernier disposait d'un véritable choix. 4.2. Le recourant a été admis à se présenter à l'examen conformément à  l'art.  8  al.  1  du  règlement  d'examen.  A  cette  occasion,  la  Commission  d'examen  a  eu  connaissance  du  parcours  professionnel  du  recourant.  Partant, elle ne pouvait pas ignorer que le recourant exerçait son activité  dans le secteur de la technique automobile. Elle aurait dû tenir compte de  cet  élément  lorsqu'elle  a défini  les  trois  thèmes à  choix  (art.  1  let.  c  du  règlement  d'examen)  et  prendre,  le  cas  échéant,  des  mesures  appropriées.  De  son  côté,  le  recourant  a  suivi  les  conseils  de  Mme  X._______ en prenant le thème qui correspondait le mieux à son activité.  Cela  dit,  on  doit  bien  reconnaître  qu'il  s'agit  d'une  situation  particulière  pour  laquelle  le  règlement  d'examen  ne  prévoit  pas  de  disposition  spéciale. On ne peut pas reprocher au recourant, qui a suivi les conseils  de  la  prénommée,  de  ne  pas  avoir  agi  avant  l'examen.  Il  appert  clairement de ce qui précède que, parmi les trois sujets proposés, seul un  de  ceux­ci  répondait  aux  exigences  fixées  par  le  règlement  d'examen  (art. 16  ch.  8).  Ainsi  donc,  contrairement  aux  autres  candidats,  le  recourant  ne  disposait  pas  d'un  véritable  choix.  De  plus,  il  n'est  pas  contestable  que  la  violation  du  règlement  d'examen  a  exercé  une  influence  défavorable  sur  les  résultats  de  l'examen.  Cependant,  la  conclusion  du  recourant  selon  laquelle  la  Commission  d'examen  devra  réévaluer la note du travail personnel en lui attribuant un 4 et lui délivrer  le titre de Spécialiste du commerce de détail avec brevet fédéral doit être  rejetée.  Car,  selon  la  pratique,  l'admission  d'un  vice  formel  ne  peut  conduire tout au plus qu'à autoriser le recourant à repasser l'épreuve en  question (JAAC 64.106 consid. 6.6.2, 61.31 consid. 8.2).  4.3.  Il  résulte  de  ce  qui  précède  que  le  recours  doit  être  admis,  les  décisions des 28 octobre 2010 et 20 mai 2011 annulées et  le  recourant  autorisé à se présenter une nouvelle  fois à  l'épreuve  "Travail  personnel  écrit (12 semaines) oral (30 minutes)".

B­3435/2011 Page 13 5.  5.1. Le recourant obtenant gain de cause, il n'y a pas lieu de percevoir de  frais de procédure (art. 63 al. 1 PA). L'avance sur les frais de procédure  de  Fr.  1'000.­  déjà  versée  par  le  recourant  lui  sera  par  conséquent  restituée dès l'entrée en force du présent arrêt. 5.2. Le recourant, qui obtient gain de cause, a droit aux dépens pour les  frais  nécessaires  causés  par  le  litige  (art.  7  al.  1  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2] en relation avec l'art.  64 al. 1 PA). Les dépens comprennent  les  frais de représentation et  les  éventuels autres frais nécessaires de la partie (art. 8 FITAF). Dès  lors  que  le  recourant  n'était  pas  représenté  par  un  avocat  dans  le  cadre  de  la  procédure  devant  l'autorité  inférieure,  il  n'y  a  pas  lieu  de  renvoyer la cause à cette dernière pour qu'elle statue sur la question des  dépens devant elle. 6.  Compte  tenu  du  fait  que  le  litige  a  trait  au  déroulement  de  l'examen,  l'exception prévue à l'art. 83 let. t de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral (LTF, RS 173.110) n'est pas remplie. Par conséquent,  le présent  arrêt peut faire l'objet d'un recours au Tribunal fédéral (YVES DONZALLAZ,  Loi sur le Tribunal fédéral, Commentaire, Berne 2008, no 2930 ad art. 83). Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce  : 1.  Le recours est admis au sens des considérants. Partant, les décisions de  la Commission d'examen dans le commerce du détail du 28 octobre 2010  et de  l'Office fédéral de  la formation professionnelle et de  la technologie  du 20 mai 2011 sont annulées. 2.  L'affaire est  renvoyée à  la Commission d'examen dans  le commerce du  détail afin qu'elle : 2.1. autorise C._______ à se  représenter sans  frais à  l'examen  "Travail  personnel  écrit  (12  semaines)  oral  (30  minutes)"  conformément  au  règlement  concernant  l'organisation  de  l'examen  professionnel  de 

B­3435/2011 Page 14 spécialiste du commerce de détail avec brevet fédéral en vigueur depuis  le 1er août 1997 ; 2.2.  statue  une  nouvelle  fois  sur  l'octroi  du  certificat  de  spécialiste  du  commerce  de  détail,  compte  tenu  du  nouveau  résultat  qu'obtiendra  le  recourant dans la branche "Travail personnel". 3.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. L'avance de frais de Fr. 1'000.­  versée par  le  recourant sera restituée à ce dernier dès  l'entrée en  force  du présent arrêt. 4.  Des dépens, d'un montant de Fr. 3'500.­ (TVA comprise), sont alloués au  recourant et mis à la charge de la première instance. 5.  Le présent arrêt est adressé  : – au recourant (acte judiciaire ; annexe : formulaire "Adresse de  paiement") – à l'autorité inférieure (acte judiciaire) – à la première instance (acte judiciaire) – au Département fédéral de l'économie (acte judiciaire) L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. Le président du collège  : Le greffier  : Bernard Maitre Olivier Veluz

B­3435/2011 Page 15 Indication des voies de droit  : La  présente  décision  peut  être  attaquée  devant  le  Tribunal  fédéral,  1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans  les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 LTF). Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  La  décision  attaquée  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au  mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition  : 9 décembre 2011

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