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Bundesverwaltungsgericht 12.10.2011 B-2610/2011

12 ottobre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·957 parole·~5 min·3

Riassunto

Examen professionnel (branche spécialisée) | formation professionnelle - examen professionnel de spécialiste en assurances sociales

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour II B­2610/2011 Arrêt   d u   1 2   octobre   2011 Composition Bernard Maitre (président du collège),  Marc Steiner, Francesco Brentani, juges, Olivier Veluz, greffier. Parties X._______, recourante,  contre Office fédéral de la formation professionnelle et de la  technologie OFFT,  Effingerstrasse 27, 3003 Berne,    autorité inférieure,  Commission d'examen FEAS, Commission romande, première instance.  Objet Formation professionnelle – examen professionnel de  spécialiste en assurances sociales.

B­2610/2011 Page 2 Faits : A.  X._______  s'est  présentée  à  l'examen  professionnel  de  spécialiste  en  assurances  sociales  lors  de  la  session  2005  et  a  échoué.  Elle  s'est  à  nouveau présentée à l'examen précité lors de la session 2009, à laquelle  elle a échoué, ainsi que lors de la session 2010. B.  Par  décision  du  23 novembre  2010,  la  Commission  romande  des  examens de  la Fédération suisse des employés en assurances sociales  (ci­après :  la  Commission  d'examen),  par  son  président,  a  constaté  l'échec de X._______ à l'examen de la session 2010. Par  écritures  du  22 décembre  2010,  X._______  a  recouru  contre  cette  décision auprès de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la  technologie (OFFT) en concluant à ce qu'elle puisse, en toute hypothèse,  se  présenter  une  troisième  fois  aux  examens,  au  recalcul  en  sa  faveur  des  notes  des  épreuves  orales  de  sécurité  sociale  et  d'assurances  privées  et  à  l'octroi  du  brevet  fédéral  de  spécialiste  en  assurances  sociales. Par  décision  du  7 avril  2011,  l'OFFT  a  rejeté  le  recours  formé  par  X._______. Dite  autorité  a  relevé  que X._______  contestait  l'évaluation  de deux épreuves orales uniquement  et  que, même en augmentant  les  notes de ces épreuves, les conditions de réussite de l'examen ne seraient  pas  satisfaites,  de  sorte  que  la  décision  d'échec  devait  être  confirmée.  L'OFFT a par ailleurs constaté que X._______ s'était présentée trois fois  à  l'examen. Ce serait  donc  "à bon droit  que  la  commission d'examen a  prononcé  que  la  recourante  avait  épuisé  les  trois  tentatives  réglementaires d'obtenir le brevet fédéral". C.  Par écritures du 3 mai 2011, mises à la poste le 5 mai 2011, X._______  (ci­après :  la  recourante)  recourt  contre  la  décision de  l'OFFT du 7 avril  2011  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  en  concluant  à  son  annulation  et  à  la  constatation  selon  laquelle  elle  dispose  encore  d'une  tentative  pour  se  présenter  à  l'examen  professionnel  de  spécialiste  en  assurances sociales. A l'appui de ses conclusions, la recourante soutient  que  les  dispositions  transitoires  du  nouveau  règlement  d'examen  ne  lui  sont pas applicables. Elle prétend dès lors qu'elle s'est présentée pour la  première  fois  à  l'examen en 2009,  puis  une deuxième  fois  en 2010,  de  sorte qu'elle dispose encore d'une tentative pour obtenir le brevet fédéral. 

B­2610/2011 Page 3 Elle  conteste  par  ailleurs  que  son  interprétation  des  dispositions  transitoires viole l'égalité de traitement entre les candidats. D.  Dans sa réponse du 26 juillet 2011, l'OFFT conclut au rejet du recours et  renvoie entièrement à l'argumentation développée dans sa décision. E.  Dans  sa  réponse  du  23 août  2011,  la  Commission  d'examen  conclut  implicitement au rejet du recours et renvoie à ses observations déposées  dans le cadre de la procédure devant l'autorité inférieure. Droit : 1.  Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le présent  recours  (art. 31,  32,  33  let. d  de  la  loi  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif fédéral [LTAF, RS 173.32] et art. 5 al. 2 de la loi fédérale du  20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA, RS 172.021]). La  qualité pour recourir doit être reconnue à la recourante (art. 48 al. 1 PA).  Les  autres  conditions  de  recevabilité  sont  respectées  (art. 50,  52  et  63  al. 4 PA). Le recours est donc recevable. 2.  Par  décision  du  23 novembre  2010,  la  première  instance  a  constaté  l'échec  de  la  recourante  à  la  session  d'examen  2010  de  spécialiste  en  assurances  sociales.  La  recourante  a  recouru  contre  cette  décision  auprès de l'OFFT en concluant, d'une part, à l'obtention du brevet fédéral  de spécialiste en assurances sociales et, d'autre part, à ce qu'elle puisse  se  présenter  une  nouvelle  fois  à  l'examen  litigieux.  L'Office  fédéral  a  rejeté  le  recours,  relevant  notamment  que  c'était  à  "bon  droit  que  la  commission d'examen a prononcé que la recourante avait épuisé les trois  tentatives réglementaires d'obtenir le brevet fédéral". X._______ recourt contre cette décision auprès du Tribunal administratif  fédéral en concluant uniquement à ce qu'il  soit  constaté qu'elle dispose  encore  d'une  tentative  pour  se  présenter  à  l'examen  de  spécialiste  en  assurances sociales. 2.1. En vertu du principe de  l'unité de  la procédure,  l'autorité de recours  ne peut  statuer  que  sur  des points  que  l'autorité  inférieure  a examinés.  Ainsi,  l'objet du  litige ne peut s'étendre à des éléments qui ne sont pas 

B­2610/2011 Page 4 compris  dans  l'objet  du  recours.  Il  s'ensuit  que  l'autorité  de  recours  ne  peut examiner et juger, en principe, que les rapports juridiques à propos  desquels  l'autorité  administrative  compétente  s'est  prononcée  préalablement d'une manière qui la lie, sous la forme d'une décision. En  revanche,  dans  la  mesure  où  aucune  décision  n'a  été  rendue,  la  contestation  n'a  pas  d'objet  et  un  jugement  au  fond  ne  peut  pas  être  prononcé. C'est  pourquoi  les  conclusions  qui  vont  au­delà  de  l'objet  du  litige sont irrecevables (cf. arrêt du TF 2C_669/2008 du 8 décembre 2008  consid. 4.1 ; arrêt du Tribunal administratif fédéral B­8243/2007 du 20 mai  2008 consid. 1.4 et  les réf. cit ; ULRICH MEYER/ISABEL VON ZWEHL, L'objet  du  litige  en  procédure  administrative,  in : Mélanges  Pierre Moor,  Berne  2005, p. 439). Selon une jurisprudence bien établie en matière d'examen, le litige a pour  objet  la  délivrance  ou  non  du  diplôme  au  candidat  (ATAF  2007/6  consid. 1.2 ;  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  B­2214/2006  du  16 août 2007 consid. 4.2 et B­7950/2007 du 20 février 2008 consid. 3.2 et  les réf. cit.). 2.2. En l'espèce, la décision de première instance, intitulée "Certificat des  notes", mentionne  les branches examinées et  les notes obtenues par  la  recourante,  ainsi  que  le  total  des  points,  la  moyenne  réalisée  et  l'indication "Décision : ECHEC". Dite décision contient en dessous de ces  indications  le  paragraphe  suivant :  "Nous  vous  confirmons  que  malheureusement vous avez échoué. Vous pouvez  recourir contre cette  décision  dans  les  trente  jours  auprès  de  l'OFFT.  Une  séance  de  consultation  des  examens  est  organisée  par  la  commission  romande.  (…)". Force est donc de constater que, contrairement à ce que soutient  l'OFFT dans la décision attaquée, la Commission d'examen ne s'est pas  prononcée  dans  la  décision  de  première  instance  sur  un  quelconque  échec définitif de  la recourante à  l'examen de spécialiste en assurances  sociales.  Il  n'est  pas  non  plus  fait  mention  de  l'impossibilité  pour  cette  dernière de se  représenter ultérieurement à  l'examen. En conséquence,  l'objet du  litige est  limité à  la question de  l'échec à  l'examen et, donc, à  celle de la délivrance ou non du brevet convoité. Dans  son  recours  à  l'OFFT,  la  recourante  a  entre  autres  conclu  à  ce  qu'elle  puisse  se  présenter  une  troisième  fois  à  l'examen  litigieux.  Compte  tenu  de  ce  qui  précède,  l'on  doit  bien  admettre  que  cette  conclusion dépasse  l'objet du  litige,  la Commission d'examen ne s'étant  pas prononcée sur ce point dans  la décision de première  instance.  Il en  résulte  que  c'est  à  tort  que  l'OFFT  est  entré  en  matière  sur  cette 

B­2610/2011 Page 5 conclusion.  Dans  cette  mesure,  le  recours  aurait  dû  être  déclaré  irrecevable par l'OFFT. 2.3. Compte tenu de ce qui précède, le recours devrait être admis en ce  sens que la décision de l'Office fédéral de la formation professionnelle et  de  la  technologie  devrait  être modifiée  comme  suit :  "Le  recours  formé  par X._______ est rejeté dans la mesure où il est recevable". 3.  Cela  étant,  les  décisions  en matière  d'examen  font,  en  règle  générale,  mention  de  la  situation  d'un  échec  définitif  lorsque  celle­ci  entre  en  considération.  Dans  le  cas  d'espèce  par  ailleurs,  la  Commission  d'examen  s'est  prononcée  sur  l'impossibilité  pour  la  recourante  de  se  présenter une nouvelle fois à l'examen au cours de l'échange d'écritures  devant  l'autorité  inférieure.  En  outre,  la  recourante  a  eu  l'occasion  de  s'exprimer sur le point de vue de la première instance dans le cadre de la  présente procédure de recours et devant l'OFFT. Dans ces conditions, ce  serait  contraire  au  principe  de  l'économie  de  procédure  de  laisser  la  recourante  s'inscrire  une  nouvelle  fois  à  l'examen  en  sachant  que  la  première  instance s'est déjà prononcée sur cette question et que, au vu  des réponses développées dans le cadre de l'échange d'écritures, elle ne  reviendra selon  toute vraisemblance pas sur sa décision. Ainsi donc, vu  ces circonstances particulières, il y a lieu de traiter le recours sur le fond. La  recourante  prétend  qu'elle  dispose  encore  d'une  tentative  pour  se  présenter  à  l'examen.  Elle  soutient  en  effet  que  les  dispositions  transitoires du nouveau  règlement d'examen ne  lui sont pas applicables  et  qu'elle  s'est  dès  lors  présentée  pour  la  première  fois  à  l'examen  en  2009, puis une deuxième fois en 2010. Elle conteste par ailleurs que son  interprétation  des  dispositions  transitoires  viole  l'égalité  de  traitement  entre les candidats. 3.1.  Le  droit  transitoire  consiste  en  des  règles  spéciales  et  de  durée  limitée destinées à  faciliter  le passage d'une  législation à une autre. Ce  droit établit un régime transitoire pour donner un temps d'adaptation aux  particuliers  et  aux  autorités  (YVES  LE  ROY/MARIE­BERNADETTE  SCHOENENBERGER,  Introduction  générale  au  droit  suisse,  2e  éd.,  Genève/Zurich/Bâle 2008, p. 146). Un régime transitoire existe donc pour  autant que la législation nouvelle diffère de la législation ancienne. 3.2. Le 1er janvier 2007 est entré en vigueur le règlement du 12 mai 2006  pour  l'examen  professionnel  de  spécialiste  en  assurances  sociales  (ci­ après : le règlement 2006) (art. 10.3 du règlement 2006). Ce règlement a 

B­2610/2011 Page 6 abrogé  le  règlement du 15 mai 2000 concernant  l'examen professionnel  de  spécialiste  en  assurances  sociales  (ci­après :  le  règlement  2000)  (art. 10.1 du règlement 2006). A  teneur  de  l'art. 21  al. 1  du  règlement  2000,  le  candidat  qui  échoue  à  l'examen est autorisé à se représenter, au plus tôt après une année. Le  candidat qui échoue à ce deuxième examen est autorisé à se présenter  une troisième et dernière fois après un délai de trois ans au moins à partir  du premier examen. Selon  l'art. 7.31 du règlement 2006,  le candidat qui  échoue à l'examen est autorisé à le repasser deux fois. Force est donc de  constater que les possibilités de répéter l'examen n'ont pas été modifiées  avec  l'entrée en vigueur du nouveau règlement d'examen. Partant,  il n'y  avait pas matière à prévoir une disposition transitoire sur cette question.  Que l'examen soit passé sous l'ancien ou le nouveau régime ne change  donc rien au nombre de tentatives dont dispose un candidat. 3.3.  In casu,  la recourante s'est présentée à l'examen lors de la session  2005. Ayant échoué, elle pouvait donc répéter l'examen à deux reprises.  Elle  s'y  est  à  nouveau  présentée  une  première  fois  en  2009  puis  une  seconde  fois  en  2010.  Dès  lors  que  le  régime  transitoire  prévu  par  l'art. 10.22 et  réglant  le contenu de  l'examen ne  lui était  plus applicable  faute de remplir  les conditions temporelles prévues (répéter  l'examen en  2007  et,  le  cas  échéant,  en  2008),  elle  était  tenue  de  passer  l'examen  sous  le  régime  du  règlement  2006.  Ce  n'est  pas  pour  autant  que  la  tentative  de  2005  ne  doit  pas  être  prise  en  considération.  Dans  le  cas  contraire,  un  candidat  qui  a  définitivement  échoué  sous  l'ancien  régime  pourrait  être  autorisé  à  se  présenter  à  nouveau  à  trois  reprises  à  l'examen  selon  le  régime  du  règlement  2006.  Une  telle  hypothèse  de  même  que  celle  soutenue  par  la  recourante  sont  manifestement  incompatibles avec l'égalité de traitement entre les candidats. Force est donc de constater que la recourante s'est présentée trois fois à  l'examen  tendant  à  l'obtention  du  brevet  de  spécialiste  en  assurances  sociales.  Elle  a  donc  épuisé  l'ensemble  des  tentatives  prévues  par  l'ancien et  le nouveau  règlement d'examen. Mal  fondé, son  recours doit  être rejeté. 4.  Les frais de procédure comprenant  l'émolument  judiciaire et  les débours  sont mis à la charge de la partie qui succombe (art. 63 al. 1 PA et art. 1  al. 1  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF, 

B­2610/2011 Page 7 RS 173.320.2]).  L'émolument  judiciaire  est  calculé  en  fonction  de  la  valeur litigieuse, de l'ampleur et de la difficulté de la cause, de la façon de  procéder  des  parties  et  de  leur  situation  financière  (art. 2  al. 1  et  4  FITAF). Les  frais de procédure, arrêtés à Fr. 500.­, doivent être mis à  la charge  de  la  recourante qui  succombe. Ce montant  est  imputé  sur  l'avance de  frais de Fr. 800.­ déjà versée par la recourante. Le solde de Fr. 300.­ est  restitué à cette dernière. 5.  Le présent arrêt est définitif  (art. 83  let. t de  la  loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 500.­, sont mis à la charge de  la  recourante. Ce montant  est  imputé  sur  l'avance  de  frais  de  Fr. 800.­  déjà versée par  la  recourante. Le solde de Fr. 300.­ est  restitué à cette  dernière. 3.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé ; annexes : actes en retour et  formulaire "Adresse de paiement") – à la première instance (Recommandé ; annexe : dossier en retour) – à l'autorité inférieure (Recommandé ; annexe : dossier en retour) Le président du collège : Le greffier : Bernard Maitre Olivier Veluz Expédition : 14 octobre 2011

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