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Bundesverwaltungsgericht 18.10.2011 B-1854/2011

18 ottobre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·4,133 parole·~21 min·1

Riassunto

Surveillance des fondations | compétence de l'autorité fédérale de surveillance des fondations

Testo integrale

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour II B­1854/2011 Arrêt   d u   1 8   octobre   2011 Composition Claude Morvant (président du collège),  Jean­Luc Baechler, Stephan Breitenmoser, juges, Muriel Tissot, greffière. Parties Fondation X._______, représentée par Maître Valentin Aebischer, avocat,  recourante,  contre Y._______,  représentée par Maître Habib Tabet, avocat, intimée,  DFI, Secrétariat général, Surveillance fédérale des  fondations,  Schwanengasse 2, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Compétence de l'Autorité fédérale de surveillance des  fondations.

B­1854/2011 Page 2 Faits : A.  A.a  Le  4  décembre  2009,  la  Fondation  X._______  (ci­après  :  la  recourante)  a  délivré  à  Y._______  (ci­après  :  l'intimée)  un  certificat  d'accréditation X._______, valable pour l'année 2010, pour son école de  thérapeutes, exploitée sous la raison individuelle, Z._______. A.b  Par  décision  du  24  mars  2010,  datée  à  tort  du  24  avril  2010,  la  recourante a suspendu, jusqu'au 30 avril 2010, l'accréditation octroyée à  l'intimée. A.c Le 25 mai 2010,  l'intimée a adressé une plainte contre dite décision  de  suspension  auprès  de  l'Autorité  fédérale  de  surveillance  des  fondations  ASF  (ci­après :  l'autorité  inférieure),  aux  fins  d'obtenir  principalement son annulation. A  titre de mesures provisionnelles, elle a  notamment requis à ce qu'il soit constaté que la suspension provisoire de  l'accréditation n'était plus effective le 1er mai 2010. A.d Par mesures  provisionnelles  du  18  juin  2010,  l'autorité  inférieure  a  notamment  "décidé"  que  l'accréditation  octroyée  à  l'intimée  par  la  Fondation X._______ n'était plus suspendue. A.e  Le  16  août  2010,  la  recourante  a  formellement  contesté  la  compétence  de  l'autorité  inférieure  pour  connaître  du  litige  l'opposant  à  l'intimée,  soutenant  qu'en  l'espèce,  seules  les  juridictions  civiles  étaient  compétentes.  Elle  a  requis  de  l'autorité  inférieure  une  décision  statuant  sur sa compétence. B.  Par décision  incidente du 23 février 2011,  l'autorité  inférieure a constaté  sa compétence à connaître de la plainte adressée par l'intimée le 25 mai  2010. A l'appui, elle expose que Z._______ a la qualité de destinataire de  la Fondation X._______  ; que  la décision de suspendre  l'accréditation a  été  prise  par  la  recourante  en  se  fondant  sur  les  conditions  générales  d'accréditation,  lesquelles constituent un règlement régissant l'activité de  la Fondation en matière d'accréditation d'écoles ; qu'en conséquence,  le  litige  a  trait  à  l'accomplissement  du  but  de  la  Fondation  et,  plus  particulièrement,  au  refus  d'accorder  une  prestation  statutaire.  Elle  poursuit  en  relevant  que  l'examen  des  règlements  d'une  fondation  constitue une mesure de surveillance préventive exercée par l'autorité de  surveillance  et  qu'en  l'espèce,  il  s'agit  en  particulier  de  s'assurer  de  la 

B­1854/2011 Page 3 conformité de  la décision de suspension de  l'accréditation au  règlement  concernant  les  conditions  générales  d'accréditation.  Enfin,  elle  indique  que  le  vaste  pouvoir  d'examen  dont  bénéficie  l'autorité  de  surveillance  n'exclut cependant pas la compétence du juge civil lorsque le litige a pour  objet  l'exercice  d'un  droit  subjectif,  ce  qui  n'est  toutefois  pas  le  cas  en  l'espèce  dès  lors  que  la  recourante  dispose  d'un  large  pouvoir  d'appréciation  quant  à  l'accréditation  des  écoles,  respectivement  quant  au retrait ou à la suspension de celle­ci. C.  Par  écritures  du  25  mars  2011,  la  recourante  a  recouru  contre  dite  décision auprès du Tribunal administratif fédéral en concluant, sous suite  de  frais  et  dépens,  à  son annulation et,  partant,  à  ce qu'il  soit  constaté  que l'autorité inférieure n'est pas compétente pour connaître de la plainte  déposée par  l'intimée, cette dernière devant être  renvoyée à  faire valoir  ses prétentions devant le juge civil. A  l'appui de ses conclusions,  la  recourante  fait  valoir en substance que  seuls les assureurs­maladie disposent de la qualité de destinataires de la  Fondation  X._______,  à  l'exclusion  des  thérapeutes  et  des  écoles  de  thérapeutes.  Ensuite,  elle  soutient  que  les  conditions  générales  d'accréditation doivent être considérées non pas comme un règlement de  la fondation mais comme des conditions générales au sens du droit des  contrats  décrivant  de manière  générale  le  contenu  d'éventuels  contrats  passés  avec  les  écoles  de  thérapeutes.  Partant,  elle  considère  que  le  litige  l'opposant  à  l'intimée  est  un  litige  entre  un  tiers  et  une  fondation  portant  sur  l'exécution  d'un  contrat,  de  sorte  qu'il  ressort  de  la  compétence exclusive du juge civil. Toutefois, même dans l'hypothèse où  la  qualité  de  destinataire  serait  reconnue  à  l'intimée,  la  recourante  soutient que celle­ci est  titulaire d'un véritable droit subjectif au maintien  de son accréditation à  l'encontre de  la Fondation X._______, et ce quel  que soit le fondement de ce droit subjectif : un contrat conclu entre elle et  l'intimée,  attendu  qu'il  est  unanimement  reconnu  que  les  fondations  et  leurs  destinataires  peuvent  conclure  des  contrats  entre  eux,  ou  un  règlement  interne  à  la  fondation. En  effet,  dès  lors  que  la  recourante  a  accrédité l'intimée, elle estime que celle­ci est titulaire d'un véritable droit  subjectif  à  son  encontre  en  ce  qui  concerne  les  questions  liées  à  l'accréditation, notamment  la question du maintien de son accréditation,  étant  entendu  qu'un  droit  de  créance  peut  résulter  d'une  décision  des  organes d'une fondation prise conformément à  l'acte de fondation ou au  règlement. Enfin, elle relève qu'en l'espèce, l'autorité inférieure ne peut se  prévaloir  d'une  compétence  concurrente,  attendu  notamment  qu'on  ne 

B­1854/2011 Page 4 saurait  considérer  la  prétention  de  l'intimée  au  maintien  de  son  accréditation  comme  étant  manifestement  fondée  ;  seule  une  véritable  procédure judiciaire pouvant permettre de clarifier ce litige. D.  Invitée à se prononcer sur le recours, l'intimée en a proposé le rejet, sous  suite de dépens, dans ses observations responsives du 30 mai 2011. En  premier  lieu,  elle  relève  qu'il  n'est  pas  possible  d'attaquer  les  décisions  rendues  par  une  fondation  de  droit  suisse  devant  le  juge  civil,  seule  la  voie  de  la  plainte  auprès  de  l'autorité  inférieure  étant  ouverte.  Elle  soutient  ensuite  que,  dans  la  mesure  où  elle  reproche  à  la  recourante  d'avoir excédé et/ou abusé de  la  liberté d'appréciation dont elle dispose  dans  l'application  de  sa  réglementation  interne,  en  particulier  dans  ses  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles,  l'autorité  inférieure  est  légitimée  à  intervenir.  Elle  fait  en  outre  valoir  qu'elle  a  qualité  pour  déposer plainte à l'autorité inférieure attendu qu'elle est destinataire de la  décision de suspension de l'accréditation et qu'elle a de plus un intérêt à  contester dite décision. Relevant ensuite que  la décision de suspension  d'accréditation met à sa charge des  frais de procédure et  lui  impartit un  délai pour prouver qu'elle  remplit  les conditions d'accréditation,  faute de  quoi  l'accréditation  serait  retirée  définitivement,  elle  considère  que  dite  décision  suffit  à  elle  seule  à  infirmer  la  thèse  d'un  quelconque  rapport  contractuel  entre  la  recourante  et  elle.  Elle  soutient  encore  qu'il  ressort  des conditions générales d'accréditation que la recourante dispose d'une  marge de manœuvre quant à  l'octroi des prestations qu'elle peut  fournir  et/ou  maintenir,  telles  l'octroi  d'une  accréditation,  respectivement  son  maintien.  Elle  relève  par  ailleurs  que  la  recourante  lui  a  adressé  une  convocation  afin  qu'elle  puisse  se  déterminer  sur  le  maintien  de  son  accréditation,  ce  qui  démontre  que  celle­ci  dispose  d'une  marge  d'appréciation  quant  au  maintien  des  accréditations  qu'elle  octroie.  Partant,  elle  soutient  qu'elle  ne  peut  être  titulaire  d'un  quelconque  droit  subjectif  au  maintien  de  son  accréditation  mais  uniquement  d'une  expectative de droit "sui generis", de sorte qu'elle est dans l'impossibilité  de  saisir  valablement  les  juridictions  civiles.  Enfin,  elle  considère  que  l'interprétation des buts statutaires de la Fondation X._______, définis de  manière  large,  confirme  le  statut  de  bénéficiaire  de  Z._______,  compte  tenu de son domaine d'activité. E.  Egalement  invitée  à  se  déterminer  sur  le  recours,  l'autorité  inférieure  a  répondu dans un délai prolongé au 14 juillet 2011. Concluant au rejet du  recours,  elle  a  relevé  que  la  procédure  mise  en  place  pour  la 

B­1854/2011 Page 5 reconnaissance  de  l'accréditation  ou  le  retrait  de  celle­ci,  avec  la  "décision" rendue à l'encontre de l'intimée, ne plaidait pas en faveur d'un  rapport contractuel qui relèverait du juge civil. Elle a ajouté que l'intimée  avait  un  intérêt  à  déposer  plainte  dès  lors  qu'elle  était  touchée  par  la  décision. F.  Par courrier du 16 août 2011, la recourante a formulé des remarques sur  dites réponses. Elle relève tout d'abord que, dans le droit des contrats, il  est tout à fait possible de demander à un juge civil d'annuler une décision  prise  par  une  partie,  soit  par  exemple  l'annulation  d'une  résiliation  signifiée par un bailleur à un  locataire. Exposant ensuite être une entité  strictement  privée,  elle  relève  que  les  rapports  qu'elle  noue  avec  les  thérapeutes et, a fortiori, avec les écoles formant ceux­ci sont de nature  contractuelle,  et  ce  depuis  toujours.  Elle  joint  à  l'appui  une  convention  conclue en 1999 avec un  thérapeute. Elle  relève qu'en  cas de violation  d'une  obligation  contractuelle,  elle  donne  toujours  l'occasion  à  ses  partenaires  contractuels  de  s'exprimer.  Ce  faisant,  elle  indique  ne  pas  agir différemment d'un employeur ou d'un franchiseur qui contrôle si ses  employés ou ses franchisés respectent leurs obligations et le cas échéant  prend les décisions qui s'imposent, par exemple  la résiliation du contrat.  Elle fait ensuite valoir que rien ne s'oppose à ce que des parties prévoient  contractuellement  que  des  frais  puissent  être  imputés  à  l'une  ou  l'autre  des  parties,  comme  prévu  en  l'espèce  dans  les  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles.  Elle  relève  également  qu'en  impartissant  un  délai  à  l'intimée  pour  respecter  les  conditions  d'accréditation  et  l'avertissant qu'à défaut, celle­ci serait  retirée, elle considère n'avoir pas  fait autre chose que d'impartir un délai comminatoire à l'intimée, précisant  que de telles mesures sont quotidiennes en droit des contrats. G.  Invitée  à  se  déterminer  sur  dites  remarques,  l'intimée  a  répondu  le  30  août 2011. Elle fait valoir que l'examen de la règlementation interne de la  Fondation  X._______  ne  relève  pas  qu'elle  serait  titulaire  d'un  quelconque  droit  subjectif.  De  plus,  le  pouvoir  discrétionnaire  dont  elle  dispose  quant  à  la  détermination  de  ses  bénéficiaires  et  de  leurs  prétentions exclut un tel droit subjectif, de sorte qu'en l'espèce le juge civil  est  incompétent.  Se  référant  ensuite  à  la  convention  produite  par  la  recourante,  conclue avec un  thérapeute,  elle  relève qu'il  en  ressort  que  celle­ci  est  consécutive à une décision d'agrégation de  la  recourante et  qu'elle ne constitue dès lors que la conséquence et la concrétisation de la  reconnaissance du statut de bénéficiaire,  la détermination d'un  tel statut 

B­1854/2011 Page 6 ne résultant pas du droit des contrats mais bien du droit des fondations.  En  outre,  elle  ajoute  qu'à  supposer  qu'elle  ait  conclu  une  convention  analogue  à  celle­là,  cela  ne  suffirait  pas  à  asseoir  la  compétence  exclusive  du  juge  civil,  l'autorité  de  surveillance  disposant  également  d'une compétence concurrente, attendu que l'hypothétique résiliation, qui  serait  au  demeurant  injustifiée,  d'un  prétendu  rapport  contractuel  constituant, aux termes de la plainte déposée devant l'autorité inférieure,  une violation simultanée de la réglementation interne de la fondation. H.  Egalement  invitée  à  se  prononcer  sur  les  remarques  formulées  par  la  recourante,  l'autorité  inférieure  a,  par  lettre  du  1er  septembre  2011,  maintenu  qu'elle  était  compétente  pour  examiner  si  la  recourante  avait  bien respecté la loi, ses statuts et ses dispositions internes régissant ses  activités, notamment les conditions générales. Les  arguments  avancés  de  part  et  d'autre  au  cours  de  la  présente  procédure  seront  repris  plus  loin  dans  la  mesure  où  cela  s'avère  nécessaire. Droit : 1.  Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le présent  recours  (art. 31, 32 et 33  let. d de  la  loi du 17  juin 2005 sur  le Tribunal  administratif fédéral [LTAF, RS 173.32]). L'acte  attaqué  s'inscrit  dans  le  cadre  de  la  procédure  pendante  devant  l'autorité  inférieure,  introduite  par  une  plainte  de  l'intimée  contre  la  décision  du  24  mars  2010  de  la  recourante  suspendant  l'accréditation  octroyée pour son école Z._______. Pris en application de l'art. 9 al. 1 de  la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA,  RS  172.021),  il  porte  sur  la  seule  compétence  de  l'autorité  inférieure  à  connaître de ladite plainte. Pris en cours de procédure et ne mettant pas  fin à l'instance, dit acte est une décision incidente au sens des art. 5 al. 2  et 45 PA. A teneur de l'art. 45 al. 1 PA, applicable à la procédure de recours devant  le Tribunal administratif  fédéral en vertu de  l'art. 37 LTAF,  les décisions  incidentes qui sont notifiées séparément et qui portent sur la compétence  peuvent  faire  l'objet  d'un  recours.  La  qualité  pour  recourir  doit  être 

B­1854/2011 Page 7 reconnue  à  la  recourante  (art.  48  al.  1  PA).  Les  autres  conditions  de  recevabilité sont en outre respectées (art. 11, 50, 52, 63 al. 4 PA). Le recours est ainsi recevable. 2.  L'objet  du  litige  consiste  en  l'espèce  à  déterminer  si  l'autorité  inférieure  est compétente pour connaître de la plainte adressée par l'intimée contre  la  décision  de  la  recourante  de  suspendre  l'accréditation  octroyée  pour  son école Z._______. Il  ressort  de  la  décision  attaquée  que  l'autorité  inférieure  fonde  sa  compétence à connaître de ladite plainte essentiellement sur trois points :  elle considère que  l'intimée a  la qualité de destinataire de  la  fondation  ;  que  les  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles,  sur  lesquelles  repose  la  décision  de  suspension,  constituent  un  règlement  régissant  l'activité  de  la  fondation  ;  et  que  l'intimée  ne  peut  invoquer  de  droit  subjectif au maintien de l'accréditation octroyée pour Z._______.  De l'avis de l'intimée, la compétence de l'autorité inférieure est donnée du  seul fait qu'il n'est pas possible d'attaquer les décisions rendues par une  fondation  de  droit  suisse  devant  le  juge  civil  ;  lorsqu'une  décision  des  organes  d'une  fondation  viole  manifestement  la  loi  ou  les  dispositions  internes  régissant  la  fondation,  l'autorité  de  surveillance,  et  non  pas  le  juge civil, est habilitée à l'annuler. Il convient dès lors d'examiner en premier lieu les voies de droit ouvertes  contre les décisions des organes de la fondation. 3.  La recourante est une fondation de droit privé au sens des art. 80 ss du  code civil suisse du 10 décembre 1907 (CC, RS 210). En vertu de l'art. 84  al. 1 CC,  les  fondations – à  l'exception des  fondations de  famille et des  fondations  ecclésiastiques  (art.  87  al.  1  CC)  –  sont  placées  sous  la  surveillance  de  la  corporation  publique  (Confédération,  canton,  commune)  dont  elles  relèvent  par  leur  but.  En  l'occurrence,  la  surveillance  de  la  recourante  relève  de  la  Confédération  (cf.  extrait  du  registre du  commerce du  canton de Genève publié  sur  le  site  Internet :  http://rc.ge.ch/ecohrcmatic/) ;  elle  est  exercée  par  le Secrétariat  général  du Département fédéral de l'intérieur (art. 3 al. 2 let. a de l'ordonnance du  28 juin 2000 sur l'organisation du Département fédéral de l'intérieur [Org  DFI  ; RS 172.212.1]). Bien que  les règles relatives à  la surveillance des  http://rc.ge.ch/ecohrcmatic/

B­1854/2011 Page 8 fondations  soient  ancrées  dans  le  code  civil,  les  rapports  entre  une  fondation et  son autorité de surveillance  relèvent,  du moins de manière  prépondérante,  du  droit  public.  Les  rapports  entre  une  fondation  et  ses  destinataires  relèvent  en  revanche  du  droit  privé  (cf.  ATF  107  II  385  consid. 2/JdT 1983 I 182). Selon  l'art. 84 al. 2 CC,  l'autorité de surveillance doit veiller à ce que  le  patrimoine de la fondation soit utilisé conformément au but de celle­ci. A  cet égard,  l'autorité de surveillance doit s'attacher à ce que  les organes  de la fondation ne prennent pas de décisions qui soient contraires à l'acte  de  fondation  ou  au  règlement,  respectivement  à  la  loi,  ou  qui  soient  contraires  aux  mœurs.  La  surveillance  ne  s'étend  cependant  pas  seulement au placement et à l'utilisation du patrimoine de la fondation au  sens étroit mais aussi, de ce point de vue, aux décisions générales des  organes  de  la  fondation,  comme  l'établissement  de  règlements  et  de  statuts  et  à  l'administration  en  général.  Dans  une  question  de  pure  appréciation,  l'autorité de surveillance doit  cependant  faire preuve de  la  plus  grande  retenue  et  n'intervenir  que  si  les  organes  de  la  fondation,  dans le but d'accomplir la volonté du fondateur, ont excédé ou abusé de  la liberté d'appréciation qui leur a été conférée, en d'autres termes si une  décision est insoutenable parce qu'elle repose sur des critères étrangers  à  l'état de  fait ou qu'elle  ignore des critères qui s'y  rapportent. L'autorité  de  surveillance  empiète­t­elle  sans  base  légale  dans  le  domaine  d'autonomie  des  organes  de  la  fondation  qu'elle  viole  le  droit  fédéral  (cf. ATF 111 II 97 consid. 3/JdT 1987 I 322, 108 II 497). Pour  exercer  sa  surveillance,  l'autorité  de  surveillance  des  fondations  dispose  d'une  large  palette  de mesures  de  surveillance,  préventives  et  répressives.  Les  mesures  préventives  comprennent  les  recommandations,  l'obligation  de  rendre  régulièrement  un  rapport  de  gestion, voire d'autres documents (par ex. rapport de l'organe interne de  révision,  procès­verbaux).  Quant  aux  mesures  répressives,  il  s'agit  de  l'annulation  des  décisions  prises  par  les  organes,  d'instructions,  d'avertissements,  d'amendes  ou  de  la  révocation  des  organes  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  5A_274/2008  du  19  janvier  2009  consid.  5.1).  L'autorité de surveillance peut être saisie par voie de dénonciation ou de  plainte.  Le  code  civil  ne  réglemente  pas  le  droit  de  plainte  contre  des  actes  ou  des  omissions  des  organes  des  fondations.  Cependant,  il  est  admis  que  toute  personne  pouvant  effectivement  obtenir  un  jour  une  prestation  ou  un  autre  avantage  de  la  fondation  doit  être  considérée  comme  ayant  qualité  pour  déposer  plainte  (cf.  ATF  107  II  385  consid. 4/JdT 1983 I 182).

B­1854/2011 Page 9 3.1. Outre  la surveillance de  la corporation publique,  les  fondations sont  également  soumises  aux  juridictions  civiles  pour  ce  qui  a  trait  à  leurs  relations  de  droit  privé  (cf.  HANS MICHAEL  RIEMER,  Berner  Kommentar  zum schweizerischen Privatrecht, No 136 ad art. 84 CC). Par opposition à  la plainte auprès de l'autorité de surveillance, qui a la portée d'un moyen  ordinaire  devant  être  admis  de  manière  assez  large,  l'action  devant  le  juge civil n'a qu'un caractère exceptionnel. Selon une règle unanimement  reconnue,  la  compétence du  juge ne  s'étend qu'aux  litiges qui  ont  pour  objet l'exercice d'un droit subjectif à des prestations déterminées (cf. ATF  112  II  97  consid.  3).  Tant  les  destinataires  de  la  fondation  que  ses  organes ou créanciers peuvent être titulaires de droits subjectifs à l'égard  de  la  fondation.  Les  droits  subjectifs  ont  généralement  leur  fondement  dans  un  contrat  conclu  avec  la  fondation.  Ainsi,  les  litiges  résultant  de  l'exécution  d'un  contrat  sont  du  ressort  du  juge  civil.  Il  en  va  ainsi  notamment pour  les contrats  conclus entre  la  fondation et  les membres  de  ses  organes,  avec  ses  destinataires  ou  avec  des  tiers.  Les  droits  subjectifs  peuvent  également  résulter  du  droit  objectif.  De  même,  les  dispositions  internes  régissant  la  fondation,  soit  par  exemple  l'acte  de  fondation  ou  un  règlement,  peuvent  expressément  octroyer  aux  destinataires  un  véritable  droit  subjectif  aux  prestations  de  la  fondation.  Ce droit peut aussi en résulter tacitement ; c'est le cas si les organes de  la fondation n'ont aucune marge d'appréciation pour déterminer le cercle  des  destinataires,  l'existence  ou  l'étendue  de  la  prestation.  Les  litiges  portant sur la violation de tels droits ressortissent également au juge civil,  à  moins  que  l'acte  de  fondation  n’ait  exclu  la  voie  de  l'action  civile  (cf. PARISIMA VEZ, La  fondation  :  lacunes et droit désirable, Berne 2004,  Nos 827 ss).  3.2.  Lorsqu'un  destinataire  n'est  pas  titulaire  d'un  droit  de  créance,  la  plainte  à  l'autorité  de  surveillance  est  la  seule  voie  de  droit  dont  il  dispose, à l'exclusion de toute action civile (cf. HABIB TABET, La situation  juridique des bénéficiaires de  la  fondation, Lausanne 2006, No 866). En  revanche, la possibilité d'ouvrir action ne s'oppose pas nécessairement à  une  intervention  de  l'autorité  de  surveillance.  En  effet,  lorsque  le  refus  d'accorder  une  prestation  aux  destinataires  constitue  en  même  temps  une  violation  des  obligations  qui  incombent  aux  organes  dans  la  réalisation du but de la fondation, les destinataires peuvent aussi requérir  l'intervention  de  l'autorité  de  surveillance  par  la  voie  de  la  plainte,  pour  autant  toutefois  que  leurs  prétentions  s'avèrent  manifestement  bien  fondées.  Il y a,  le cas échéant, compétence concurrente de  l'autorité de  surveillance et du juge civil. En revanche, s'il existe un doute sérieux sur  les prétentions que  font valoir  les destinataires, seule  la voie de  l'action 

B­1854/2011 Page 10 judiciaire est ouverte aux intéressés (cf. ATF 108 II 497 consid. 6, 111 II  97 consid. 3b i.f/JdT 1987 I 322, 112 II 97 consid. 3 ; RIEMER, op. cit., Nos  141 ss ad art. 84 CC ; THOMAS SPRECHER/ULYSSES VON SALIS­LÜTOLF, Die  schweizerische Stiftung, Zurich 1999, No 187). Il  ressort  de  ce  qui  précède  que  la  répartition  des  compétences  entre  l'autorité de surveillance des fondations et le juge civil s'opère en fonction  de  l'objet  du  litige  :  lorsque  le  litige  porte  sur  un  droit  subjectif,  la  compétence du  juge civil  est donnée – sous  réserve d'une compétence  concurrente  de  l'autorité  de  surveillance  –  ;  lorsqu'un  destinataire  n'est  pas  titulaire  d'un  droit  de  créance  à  l'encontre  de  la  fondation,  la  protection de ses droits  se  fera exclusivement par  le biais d'une plainte  auprès de  l'autorité  de  surveillance. Partant,  si  la  décision prise par  les  organes  de  fondation  viole  un  droit  subjectif  de  son  destinataire  –  que  celui­ci  trouve  son  fondement  dans  la  loi,  un  contrat  ou une disposition  interne  de  la  fondation  –,  le  juge  civil  est  habilité  à  l'annuler.  Pour  exemple,  dans  l'arrêt  publié  aux  ATF  111  II  97  (JdT  1987  I  322),  le  Tribunal  fédéral  a  retenu  qu'une  élève,  destinataire  de  la  fondation,  exclue  d'un  centre  de  formation  revêtant  la  forme  d'une  fondation,  et  requérant  l'annulation  de  dite  décision  d'exclusion  devait  utiliser  la  voie  civile  dès  lors  qu'elle  émettait  des  prétentions  de  nature  contractuelle  (consid. 3b). De même, le Tribunal administratif du canton de Neuchâtel,  saisi d'un  litige relatif à une décision de résiliation d'un contrat de travail  conclu avec une  fondation, a  renvoyé  le  recourant à agir devant  le  juge  civil (cf. arrêts du Tribunal administratif du canton de Neuchâtel du 8 mai  1987  publié  in  : RJN 1987  p.  124,  et  du  10  décembre  1987  publié  in  :  RJN 1987 p. 45). Aussi,  contrairement  à  l'avis  de  l'intimée,  qui  soutient  qu'il  n'est  pas  possible  d'attaquer  les  décisions  rendues  par  une  fondation  devant  le  juge  civil,  il  convient  d'admettre  que,  s'il  est  vrai  que  l'autorité  de  surveillance  des  fondations  peut,  à  titre  de mesure  répressive,  annuler  une  décision  des  organes  de  la  fondation  lorsque  celle­ci  viole  manifestement la loi ou les dispositions internes régissant la fondation, il  n'en demeure pas moins que, lorsque dite décision porte sur l'existence,  l'étendue  ou  encore  la  titularité  d'un  droit  subjectif  du  destinataire,  la  compétence du juge civil est dans tous les cas donnée. 4.  Dès lors que la répartition des compétences entre l'autorité inférieure et le  juge civil est fonction de l'objet du litige, il sied de déterminer en l'espèce  si  l'intimée  est  titulaire  d'un  droit  subjectif  au maintien  de  l'accréditation 

B­1854/2011 Page 11 octroyée par  la  recourante pour  son école Z._______. Comme déjà dit,  les droits subjectifs peuvent résulter du droit objectif, d'un contrat conclu  avec  la  fondation  ou  encore  des  dispositions  internes  régissant  la  fondation (cf. consid. 3.1). En l'occurrence, la recourante fait valoir que les écoles de thérapeutes ne  sont  pas  ses  destinataires  et  que,  par  conséquent,  les  relations  qu'elle  noue  avec  celles­ci  sont  de  nature  contractuelle,  de  sorte  que  l'intimée  disposerait  d'un  droit  subjectif  au  maintien  de  son  accréditation.  Elle  relève  que,  eu  égard  à  son  but,  ses  destinataires  sont  les  seuls  assureurs­maladie. Le simple fait que les écoles de thérapeutes tirent un  avantage  de  leur  accréditation  n'en  fait  pas  automatiquement  des  destinataires  de  la  Fondation,  précisant  que  tous  les  partenaires  contractuels  d'une  fondation  tirent  également  des  avantages  de  leur  relation  avec  cette  entité.  L'intimée  soutient  pour  sa  part,  à  l'instar  de  l'autorité  inférieure,  qu'il  résulte  de  l'interprétation  du  but  de  la  Fondation X._______  qu'elle  revêt  la  qualité  de  destinataire  de  la  Fondation et que les conditions générales d'accréditation des écoles, sur  lesquelles se fonde la décision suspendant l'accréditation, qui constituent  selon  elle  un  règlement  interne  à  la  Fondation,  ne  lui  confèrent  aucun  droit subjectif dès lors que celle­ci disposerait d'une marge de manœuvre  quant à l'octroi, respectivement au maintien, des accréditations. Ceci  étant,  il  convient  d'examiner  en  premier  lieu  si  l'intimée  doit  être  considérée comme tiers ou destinataire de la Fondation X._______ pour  ensuite  définir  la  nature  des  relations  liant  l'intimée  à  la  recourante  (cf. infra consid. 5). 4.1. Aux termes de l'art. 80 CC, la fondation a pour objet  l'affectation de  biens en faveur d'un but spécial. Le but de la fondation, circonscrit dans  l'acte  de  fondation,  doit  définir  et  délimiter  les  tâches de  la  fondation.  Il  doit  aussi  en  déterminer  les  destinataires  (ou  les  bénéficiaires).  Les  destinataires  sont  les  personnes  qui  bénéficient  des  prestations  de  la  fondation  ou  à  qui  la  fondation  doit  profiter  en  raison  de  son  but  (Adressaten der Zweckverwirklichung). La circonscription du but doit être  claire  et  exacte  ;  elle  n'a  toutefois  pas  besoin  d'être  détaillée.  Une  délimitation trop précise de l'objectif de la fondation n'est par ailleurs pas  souhaitable,  notamment  lorsqu'elle  empêche  ainsi  une  éventuelle  évolution ; le but de la fondation pouvant devenir plus rapidement désuet,  ce qui posera des problèmes de modification du but de la fondation. Une  circonscription  large  du  but  laisse  aux  organes  de  la  fondation  une  importante marge de manœuvre et autorise sans autre des adaptations à 

B­1854/2011 Page 12 de nouvelles circonstances. En contrepartie, il existe cependant le danger  que  la  fondation  accomplisse  ses  tâches  en  s'éloignant  des  intentions  initiales  du  fondateur.  Le  fondateur  cherchera  donc  une  solution  intermédiaire  permettant  aussi  une  évolution  future.  Le  fondateur  peut  désigner  nommément  les  destinataires  dans  l'acte  de  fondation.  Il  peut  aussi  décrire  les  conditions  qu'ils  doivent  remplir  pour  bénéficier  des  prestations de la fondation (ex : sexe, âge, nationalité). La détermination  du cercle des destinataires peut aussi résulter indirectement du but de la  fondation ;  plus  le  but  de  la  fondation  sera  large,  plus  le  cercle  des  bénéficiaires  sera  étendu.  Elle  peut  aussi  résulter  implicitement  de  la  description  des  tâches  de  la  fondation  en  tant  que  telles.  Le  fondateur  peut  enfin  renoncer  à  désigner  les  bénéficiaires  lorsque,  d'une manière  toute  générale,  le  but  de  la  fondation  peut  profiter  à  tout  un  chacun,  indépendamment  de  ses  qualités  ;  par  exemple,  ce  sera  le  cas  des  visiteurs  de  musées  et  de  parcs  gérés  par  une  fondation  (cf.  RIEMER,  op. cit.,  Nos  37 ss  ad  art.  80 CC ;  SPRECHER/VON SALIS­LÜTOLF,  op.  cit.,  No 46  ; TABET, op. cit., Nos 735 ss ; VEZ, op. cit., Nos 87 et 96 ss).  Lorsqu'il  s'agit  de  rechercher  le  but  de  la  fondation,  les  règles  d'interprétation des contrats, en particulier l'interprétation selon le principe  de  la  confiance,  ne  sont  pas  applicables.  L'acte  de  fondation  doit  au  contraire être interprété, à l'instar des dispositions de dernières volontés,  selon  le  principe  de  la  volonté,  c'est­à­dire  en  fonction  de  ce  qu'a  réellement voulu  le  fondateur. Le  juge doit donc partir du  texte de  l'acte  de fondation. Si celui­ci n'exprime pas clairement la volonté du fondateur,  le  juge  peut  recourir  à  des  éléments  extrinsèques  à  l'acte  pour  établir  cette volonté, tels que les déclarations du fondateur révélées par d'autres  écrits  ou  par  des  témoignages  mais  seulement  dans  la  mesure  où  ils  permettent  d'élucider  ou  de  corroborer  une  indication  contenue  dans  le  texte,  d'éclairer  la  volonté  manifestée  par  le  fondateur  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  5A_232/2010  du  16  septembre  2010  consid.  3.1.1 ;  PARISIMA  VEZ,  in  :  Pascal  Pichonnaz/Bénédict  Foëx,  Commentaire  romand du Code civil I, Art. 1­359 CC, Bâle 2010, No 13 ad art. 81 CC). 4.2. En  l'occurrence,  il  ressort  de  l'art.  3  de  l'acte  de  fondation  que  la  Fondation X._______ a pour but : "L'étude et la promotion des médecines douces par tous moyens utiles. Elle étudie et choisit les informations qu'elle diffuse auprès des intéressés. 

B­1854/2011 Page 13 Elle exerce son activité en vue de  la prévention des maladies en collaboration  avec les professionnels de la santé. Elle  a  également  pour  but  d'offrir  aux  intéressés  la  possibilité  de  bénéficier  de  conventions qu'elle aura au préalable passées avec  les dispensateurs de soins  pour des prestations relevant de la pratique des médecines douces." Dans  ses  écritures,  la  recourante  soutient  que,  par  l'emploi  du  terme  "intéressés",  le  fondateur  vise  un  cercle  de  destinataires  précis.  Elle  expose  que  les  "intéressés"  sont  des  personnes  qui  ont  un  intérêt  à  recevoir des informations précises sur les médecines douces et à ce que  des  conventions  soient  passées  avec  les  dispensateurs  de  soins  en  médecines  douces  et  que  cela  concerne  donc  manifestement  les  assureurs­maladie.  Elle  relève  en  outre  que  l'acte  de  fondation  fait  expressément  mention  de  "collaboration  avec  les  professionnels  de  la  santé",  ce  qui  signifie  que  la  fondation  ne  doit  pas  faire  bénéficier  les  thérapeutes  de  prestations mais  travailler  avec  eux. Elle  ajoute  que  les  indications contenues dans  l'acte de  fondation sont corroborées par des  éléments  extrinsèques,  exposant  que  la  fondation  a  été  créée  sous  l'impulsion  d'une  assurance­maladie  afin  d'obtenir  des  informations  scientifiques précises sur les différentes thérapies en médecines douces  et  de  pouvoir  bénéficier  des  conventions  passées  par  cette  fondation  avec les thérapeutes. 4.3.  La  Fondation  X._______  a  été  fondée  en  1991  par  l'assurance  G._______,  actuellement  membre  du  Groupe  H._______.  Face  à  la  demande  croissante  de  prise  en  charge  des  thérapies  douces  par  ses  assurés,  l'assurance G._______ a  souhaité  créer  une nouvelle  branche  d'assurance  complémentaire  pour  le  remboursement  des  médecines  douces. Afin de déterminer un mode de remboursement,  il convenait de  mener  un  véritable  travail  scientifique  en  vue  d'établir  la  liste  des  différentes  thérapies  de  médecines  douces  et  alternatives,  de  définir  celles qui présentaient un réel intérêt et pouvaient ainsi être reconnues et  de  définir  les  conditions  sous  lesquelles  on  pouvait  admettre  l'exercice  desdites thérapies. Le  premier  but  poursuivi  par  la  Fondation  X._______  est  l'étude  et  la  promotion  des  médecines  douces  par  tous  moyens  utiles.  D'une  part,  force est  de  constater  que  ce but  est  décrit  de manière assez  large et,  d'autre  part,  qu'il  ne  délimite  pas  de  cercle  de  destinataires.  Il  sied  également  de  constater  que  le  fondateur  laisse  aux  organes  de  la  fondation une  importante marge de manœuvre quant à  la  réalisation du 

B­1854/2011 Page 14 but,  attendu  que  ceux­ci  peuvent  recourir  à  tous  les  moyens  qu'ils  jugeront utiles. Parmi ceux­ci, figure la diffusion d'informations auprès des  "intéressés". Littéralement, les "intéressés" sont les personnes qui ont un  intérêt  ou  les  "personnes en question"  (cf.  Le Petit Robert  de  la  langue  française  2012,  publié  en  version  numérique  sur  le  site  Internet  :  http://pr.bvdep.com/).  L'emploi  du  terme  "intéressés"  ne  donne  donc  ici  pas davantage d'indications  sur  le  cercle des bénéficiaires  visés.  L'acte  de fondation indique également que la Fondation X._______ exerce son  activité  en  vue de  la prévention des maladies en  collaboration avec  les  professionnels  de  la  santé  ;  elle  a  également  pour  but  d'offrir  aux  "intéressés"  la  possibilité  de  bénéficier  de  conventions  qu'elle  aura  préalablement  passées  avec  les  dispensateurs  de  soins  pour  des  prestations relevant de la pratique des médecines douces. S'agissant de  ce  dernier  but,  il  convient  d'admettre,  à  l'instar  de  la  recourante,  qu'interprétés  au  sens  littéral,  les  "intéressés"  ne  peuvent  pas  être  les  thérapeutes,  attendu  que  les  conventions  sont  conclues  avec  eux.  Néanmoins,  une  interprétation  fondée  sur  ce  dernier  but,  conduisant  à  exclure  les  thérapeutes  en  médecines  douces,  ainsi  que  les  écoles  formant  ceux­ci,  du  cercle  des  destinataires  de  la  Fondation,  pour  ne  retenir que les seules assurances­maladie, reviendrait à ignorer purement  et simplement le premier but poursuivi par la Fondation X._______, décrit  de manière large dans l'acte de fondation. Comme  il  a  été  exposé  plus  haut,  la  détermination  du  cercle  des  destinataires  peut  aussi  résulter  indirectement  du  but  de  la  fondation  ;  plus le but de la fondation sera large, plus le cercle des bénéficiaires sera  étendu. Elle peut aussi résulter implicitement de la description des tâches  de la fondation en tant que telles (cf. consid. 4.1). Aussi, s'il est en effet  évident  que  le  travail  d'études,  de  recherches,  d'informations  entrepris  par  la  Fondation  X._______  profite  aux  assureurs,  attendu  que  la  Fondation a été créée à cette fin, il n'en demeure toutefois pas moins que  l'étude  et  la  promotion  des  médecines  douces  bénéficient  aussi  aux  thérapeutes  pratiquant  des  médecines  douces  et,  par  voie  de  conséquence,  aux  écoles  formant  ces  thérapeutes.  Il  est  en  effet  dans  leur intérêt que les thérapies douces soit connues du grand public d'une  part, et d'autre part, reconnues par les assurances­maladie en vue d'une  prise en charge de celles­ci. En  outre,  faisant  usage  de  leur  marge  de  manœuvre,  octroyée  par  le  fondateur,  quant  à  la  réalisation  du  but,  les  organes  de  la  fondation  délivrent,  depuis  1998,  des  agrégations  en  faveur  de  thérapeutes  non  médecins  pratiquant  des  médecines  douces  ("thérapeutes  agréés  http://pr.bvdep.com/

B­1854/2011 Page 15 X._______"),  ainsi  qu'aux  écoles  formant  ceux­ci  ("écoles  accréditées  X._______").  Il  ressort  en  effet  de  la  charte  de  la  Fondation  que  "les  centres de formation (écoles) appliquant les normes prévues pour chaque  méthode  thérapeutique  par  la  Fondation  X._______  peuvent  être  accrédités  pour  l'enseignement  de  ces  méthodes  à  condition  qu'ils  disposent  de  formateurs  qualifiés  pour  cet  enseignement.  Les  thérapeutes  formés  dans  les  écoles  accréditées  pour  les  méthodes  thérapeutiques  qu'ils  pratiquent  peuvent  être  agréés  par  la  Fondation X._______  s'ils  remplissent  également  les  autres  conditions  réglementaires".  Par  l'agrégation  des  thérapeutes  non  médecins,  respectivement  l'accréditation  des  écoles  formant  ces  derniers,  la  Fondation X._______ met à disposition des assureurs et de la population,  sur son site Internet, une liste des thérapeutes et des écoles de formation  reconnus par elle conformément au but qu'elle poursuit. Dite agrégation  profite  aux  assureurs  qui  disposent  ainsi  d'une  liste  des  thérapies  reconnues.  Cependant,  force  est  d'admettre  que  l'agrégation,  respectivement  l'accréditation,  profite  également  aux  thérapeutes,  respectivement aux écoles de thérapeutes, dans la mesure où, reconnus  par  la  Fondation  X._______,  ils  bénéficient  d'une  certaine  renommée  auprès de potentiels patients ou de  futurs élèves. Par ailleurs,  il  ressort  du site Internet de la Fondation X._______ que celle­ci a notamment pour  but  la  diffusion  d’informations  et  de  services  en  faveur  des  thérapeutes  agréés X._______. Elle propose également aux thérapeutes des cours de  formation et  de perfectionnement,  des  forums,  des  voyages d'études et  de perfectionnement ou encore des stages. Elle offre aussi des cours de  formation continue des écoles accréditées.  Sur  le vu de ce qui précède,  il  convient d'admettre que  le but poursuivi  par la recourante profite aussi aux thérapeutes pratiquant des médecines  douces et aux écoles formant ceux­ci, de sorte que le Tribunal retient que  l'intimée est destinataire de la Fondation X._______. 5.  Il  convient ensuite d'examiner si  l'intimée est  titulaire d'un droit  subjectif  au  maintien  de  l'accréditation  délivrée  pour  son  école  Z._______.  En  principe,  les destinataires d'une fondation ordinaire ne sont pas titulaires  d'une créance à son encontre. Ils se trouvent dans une situation passive ;  ils  ont  la  faculté  de  recevoir mais  pas d'exiger. Néanmoins,  à  certaines  conditions,  il  est  possible  d'octroyer  un  véritable  droit  de  créance  aux  bénéficiaires d'une fondation (cf. TABET, op. cit., Nos 689 et 797). Comme  déjà dit, la question de savoir si le destinataire a une prétention juridique  à une prestation de  la  fondation est à examiner à  la  lumière des statuts 

B­1854/2011 Page 16 de  la  fondation.  Si  les  organes  de  la  fondation  ne  disposent  d'aucune  marge  de  manœuvre,  le  destinataire  a  un  droit  (cf. consid.  3.1).  En  revanche, une prétention à des prestations existe toujours si la fondation  a  conclu  avec  le  destinataire  un  contrat  à  propos  de  l'octroi  d'une  prestation  (cf.  SPRECHER,  op.  cit,  No  186).  Partant,  il  convient  de  déterminer la nature des relations liant l'intimée à la recourante. 5.1.  Pour  être  accréditées,  les  écoles  doivent  satisfaire  aux  conditions générales  d'accréditation  des  écoles,  édictées  par  la  recourante.  Celles­ci  mentionnent  notamment  les  objectifs  de  l'accréditation,  le  contenu  de  l'enseignement  de  base,  les  conditions  d'accréditation,  les  obligations  que  doivent  respecter  les  écoles  et  le  contrôle  des  écoles  accréditées.  Suite  à  la  demande  d'accréditation  déposée  par  l'intimée  en  2005,  la  recourante  lui  a  délivré  un  certificat  d'accréditation  X._______  pour  son  école  Z._______,  valable  pour  l'année  2005.  Dite  accréditation  a  été  renouvelée  d'office,  d'année  en  année,  jusqu'en  2010.  Par  décision  du  24  mars  2010,  la  recourante  a  indiqué que les dispositions des conditions générales d'accréditation des  écoles  ne  paraissaient  plus  respectées  et  qu'il  s'imposait  dès  lors  de  suspendre l'accréditation octroyée pour l'école Z._______. Il  ressort  de  la  décision  attaquée  que  l'autorité  inférieure,  tout  comme  l'intimée,  assimile  les  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles  à  un règlement régissant l'activité de la fondation en matière d'accréditation  d'écoles  de  thérapeutes.  Partant,  elle  considère  que  l'intimée  ne  peut  invoquer  de  droit  subjectif  au  maintien  de  l'accréditation  octroyée  pour  Z._______,  dès  lors  que  la  recourante  dispose  d'un  large  pouvoir  d'appréciation  quant  à  l'accréditation  des  écoles,  respectivement  quant  au retrait ou à la suspension de celle­ci. La décision querellée indique par  ailleurs que  la suspension est en vigueur  jusqu'au 30 avril 2010, afin de  permettre à l'intimée de présenter ses observations et de prouver qu'elle  remplit  encore  ou  à  nouveau  les  conditions  d'accréditation  par  la  Fondation  X._______  pour  les  thérapies  enseignées,  à  défaut  de  quoi  l'accréditation sera définitivement retirée. Elle dispose également que les  frais  de  la  présente  procédure  sont  réservés  et  d'ores  et  déjà mis  à  la  charge de l'intimée. La  recourante  soutient  au  contraire  que  les  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles,  tout  comme  les  conditions  générales  d'agrégation des thérapeutes, ne peuvent en aucun cas être considérées  comme des règlements au sens du droit des fondations ayant pour but de  régir  l'organisation et  le fonctionnement de la fondation. Elles doivent au 

B­1854/2011 Page 17 contraire être considérées comme des conditions générales au sens du  droit des contrats décrivant de manière générale  le contenu d'éventuels  contrats passés avec les écoles de thérapeutes, respectivement avec les  thérapeutes eux­mêmes. L'intimée  rétorque  qu'elle  ne  peut  être  liée  contractuellement  à  la  recourante,  au  motif  qu'on  ne  saurait  concevoir  que  l'exercice  de  la  résiliation d'un contrat génère des  frais de procédure mis d'avance à  la  charge  d'une  partie,  comme  l'indique  la  décision  de  suspension  prononcée par la recourante. En outre, elle fait valoir qu'il ressort de dite  décision  que  la  suspension,  limitée  dans  le  temps,  de  l'accréditation  octroyée  pour  Z._______  est  soumise  à  diverses  conditions,  alors  que  l'exercice  d'un  droit  formateur,  notamment  d'un  contrat,  ne  peut  être  soumis  à  condition.  L'autorité  inférieure  soutient  pour  sa  part  que  la  procédure  mise  en  place  pour  la  reconnaissance  ou  le  retrait  de  l'accréditation,  avec  la  "décision"  rendue  à  l'encontre  de  l'intimée,  ne  plaide pas en faveur d'un rapport contractuel qui relèverait du juge civil.  5.2.  L'art.  4  de  l'acte  de  fondation,  relatif  aux  "Moyens",  dispose  notamment que :  "La  fondation choisit  ses partenaires et a  la compétence de prendre  toutes  les  mesures appropriées à la réalisation de ses buts.  Elle conclut des conventions avec des professionnels de la santé, des praticiens  en médecines douces et des institutions sociales ou privées d'assurances.  Elle  décide  de  la  forme  que  prendra  sa  collaboration  auprès  d'autres  organisations  ayant  pour  but  la  prévention  des  maladies,  la  promotion  de  la  santé et l'encouragement à des modes de vie saine." L'art.  4  des  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles,  dans  sa  teneur  au  1er  janvier  2011,  prévoit  que  "l'accréditation  repose  sur  une  base contractuelle et n'est accordée que pour une année. Elle entre en  vigueur  dès  le  paiement  de  la  taxe  annuelle.  Si  les  conditions  d'accréditation  sont  maintenues,  elle  peut  être  renouvelée  pour  une  année et ainsi de suite d'année en année". La charte de  la Fondation X._______ mentionne également que celle­ci  est dotée d'un "esprit de professionnalisme par les conventions avec les  associations  professionnelles,  les  centres  de  formation  et  les  autres  organisations du domaine de la santé".

B­1854/2011 Page 18 Il  convient  encore  de  relever  qu'une  fois  accréditées,  les  écoles  sont  soumises  à  un  certain  nombre  d'obligations,  soit  qu'elles  doivent  continuer  à  respecter  les  conditions  d'accréditation,  notamment  les  prescriptions relatives à l'enseignement de base (organisation des cycles,  nombre  d'heures  d'enseignement,  etc.) ;  elles  doivent  s'acquitter  d'une  cotisation annuelle ; elles sont également soumises à des contrôles. Sur  le  vu  de  ce  qui  précède,  il  convient  d'admettre  que  les  conditions  générales d'accréditation des écoles sont, comme leur nom l'indique, des  conditions générales, soit des règles préétablies qu'un contractant intègre  dans  le  rapport  juridique  dans  le  but  de  rationaliser  et  de  clarifier  les  relations entre les partenaires – ce que mentionne par ailleurs l'art. 1 des  conditions générales d'accréditation des écoles. Les conditions générales  n'ont toutefois de portée contractuelle que dans la mesure où les parties,  le sachant et le voulant, les ont intégrées dans leur convention (cf. PIERRE  ENGEL,  Traité  des  obligations  en  droit  suisse,  2e  éd.,  Berne  1997,  p.  167 ss).  Tel  est  le  cas  en  l'espèce,  dès  lors  que  celui  qui  dépose  une  demande d'accréditation d'école doit remplir et signer un questionnaire au  bas  duquel  figure  la  mention  suivante  :  "Nous  certifions  avoir  pris  connaissance  des  exigences  de  la  Fondation  X._______  en  matière  d'enseignement  des  disciplines  thérapeutiques  en  médecines  complémentaires". Il  résulte  de  ce  qui  précède  qu'il  y  a  lieu  de  retenir  que  l'intimée  et  la  recourante sont  liées par un contrat. A cet égard,  il convient de  relever,  comme l'indique la recourante, que rien ne s'oppose à ce que des parties  prévoient  contractuellement  que  des  frais  puissent  être  imputés  à  l'une  d'elles. En l'occurrence,  l'art. 11 des conditions générales d'accréditation  des écoles mentionne que  les  frais occasionnés en cas de non­respect  des  présentes  conditions  sont  entièrement  à  la  charge  de  l'école  concernée.  Il  n'est  pas  non  plus  contraire  à  une  relation  contractuelle  d'octroyer un délai à une partie pour remplir ou prouver qu'elle remplit ses  obligations contractuelles. L'art. 107 du code des obligations du 30 mars  1911  (CO, RS 220) prévoit  que  lorsque,  dans un  contrat  bilatéral,  l’une  des  parties  est  en  demeure,  l’autre  peut  lui  fixer  ou  lui  faire  fixer  par  l’autorité  compétente  un  délai  convenable  pour  s’exécuter  (droit  de  résiliation avec  fixation d'un délai). L'art. 5 desdites conditions  le prévoit  par  ailleurs,  indiquant  qu'en  cas  de  non­respect  des  conditions  d'accréditation,  et  après  avertissement,  l'école  sera  radiée  immédiatement  du  registre  des  écoles  accréditées X._______. Enfin,  la  décision de suspension notifiée à l'intimée ne contrevient pas non plus à  une relation contractuelle ; dite décision représentant la manifestation de 

B­1854/2011 Page 19 l'exercice  d'un  droit  formateur  résolutoire,  soit  le  droit  de  produire  une  modification  de  la  situation  juridique  par  un  acte  unilatéral  de  volonté  (cf. ENGEL, op. cit., p. 29). 6.  Il  ressort  des  conditions  générales  d'accréditation  des  écoles  que  l'accréditation  est  accordée  pour  une  année.  Si  les  conditions  d'accréditation  sont  maintenues,  elle  peut  être  renouvelée  pour  une  année et ainsi de suite d'année en année. En  l'espèce,  le  4  décembre  2009,  la  Fondation  X._______  a  délivré  à  l'intimée un certificat d'accréditation X._______ pour Z._______, valable  pour l'année 2010. Dite accréditation a été suspendue par décision du 24  mars  2010.  Dès  lors  que  l'intimée  se  trouve  dans  une  relation  contractuelle  avec  la  recourante  du  fait  de  son  accréditation,  elle  a  un  droit subjectif à l'exécution des droits et obligations qui en découlent. Cela  étant,  il  y  a  lieu  de  retenir,  à  l'instar  de  la  recourante,  que  le  litige  l'opposant  à  l'intimée  a  pour  objet  l'exercice  d'un  droit  subjectif  à  une  prestation  déterminée,  soit  au maintien  de  l'accréditation,  de  sorte  qu'il  ressort de la compétence du juge civil (cf. consid. 3.1). 7.  Il  reste à déterminer  si  l'autorité  inférieure peut en  l'espèce se prévaloir  d'une  compétence  concurrente.  Tel  est  le  cas  lorsque  la  violation  d'un  droit subjectif à une prestation déterminée constitue en même temps une  violation  des  obligations  inhérentes  aux  organes  dans  la  réalisation  du  but de la fondation, pour autant que la prétention du bénéficiaire s'avère  manifestement bien fondée. Dans ce cas,  l'autorité  inférieure a  le droit –  respectivement  le  devoir  –  d'intervenir  et  de  donner  aux  organes  de  la  fondation  les  instructions  nécessaires  (cf.  ATF  112  II  97  consid.  3)  (cf. consid. 3.2). En  l'occurrence,  il  ressort  de  la  décision  de  suspendre  l'accréditation  octroyée  à  l'intimée  pour  son  école  Z._______  que  celle­ci  a  été  prise  suite aux reproches formulés par certains élèves de Z._______, soit que  les cours dispensés par l'école ne seraient pas conformes au programme  remis  lors  de  leur  inscription  et  qu'ils  ne  satisferaient  pas  non  plus  aux  exigences  de  la  Fondation  X._______  leur  permettant  d'obtenir  ensuite  l'agrégation  X._______.  La  recourante  a  ainsi  considéré  que  ces  faits  mettaient gravement en danger la crédibilité de l'accréditation délivrée par  elle et étaient de nature à porter une atteinte  importante à sa réputation  envers  les  tiers. Dans sa plainte contre dite décision,  l'intimée  fait valoir 

B­1854/2011 Page 20 que  celle­ci  repose  soit  sur  des  éléments  factuels  erronés,  soit  sur  de  pures  suppositions  et  qu'on  ne  décèle  dès  lors  pas  sur  quels  éléments  Z._______  serait  manifestement  non  conforme  aux  exigences  de  la  Fondation  X._______,  ce  qui  serait  par  ailleurs  infirmé  par  les  pièces  produites  à  l'appui  de  la  plainte.  L'intimée  relève  encore  n'avoir  reçu  aucun  avertissement  avant  la  notification  de  ladite  décision,  comme  l'exige  l'art.  5  des  conditions  générales,  de  sorte  que  celle­ci  ne  reposerait  sur  aucune  base  réglementaire  et  apparaîtrait  arbitraire  dès  lors que le président de la Fondation X._______ lui aurait confirmé que la  situation administrative de Z._______ était conforme aux exigences de la  Fondation. Sur  le  vu de  ce qui  précède,  il  y  a  lieu d'admettre  qu'il  existe un doute  sérieux sur  l'issue de ce litige ; dans tous les cas, on ne saurait affirmer  que  la  prétention  invoquée  par  l'intimée  s'avère manifestement  fondée,  de  sorte  qu'en  l'espèce,  une  compétence  concurrente  de  l'autorité  inférieure doit être exclue. 8.  Aussi, il y a lieu de retenir que le litige opposant l'intimée à la recourante  relève de la compétence exclusive du juge civil. Le recours doit donc être  admis  et  la  décision attaquée annulée. Partant,  le Tribunal  administratif  fédéral  constate,  en  application  de  l'art.  25  al.  1  PA,  que  l'autorité  inférieure n'est pas compétente pour connaître de la plainte adressée par  l'intimée contre la décision de la recourante du 24 mars 2010. 9.  Les frais de procédure, comprenant l'émolument judiciaire et les débours,  sont mis à  la charge de  la partie qui succombe (art. 63 al. 1 1ère phrase  PA et  art.  1 al.  1 du  règlement  du 21  février  2008 concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS 173.320.2]). Aucun frais de procédure n'est toutefois mis à la charge  des  autorités  inférieures  ni  des  autorités  fédérales  recourantes  et  déboutées  (art.  63  al. 2  PA).  L'émolument  judiciaire  est  calculé  en  fonction de la valeur litigieuse, de l'ampleur et de la difficulté de la cause,  de la façon de procéder des parties et de leur situation financière (art. 2  al. 1 et 4 FITAF). En l'espèce, les frais de procédure doivent être fixés à Fr. 1'200.­ et mis à  la  charge  de  l'intimée  qui  succombe.  L'avance  de  frais  de  Fr.  1'200.­  versée par  la recourante  le 6 mai 2011 lui sera remboursée dès l'entrée  en force du présent arrêt.

B­1854/2011 Page 21 10.  L'autorité de recours peut allouer, d'office ou sur requête, à la partie ayant  entièrement gain de cause une indemnité pour les frais indispensables et  relativement  élevés  qui  lui  ont  été  occasionnés  (art.  64  al.  1  PA  en  relation avec  l'art.  7 al.  1 FITAF).  Les dépens comprennent  les  frais de  représentation et les éventuels autres frais nécessaires de la partie (art. 8  FITAF).  Les  frais  de  représentation  comprennent  notamment  les  honoraires  d'avocat  (art.  9  al.  1  let.  a  FITAF)  lesquels  sont  calculés  en  fonction  du  temps  nécessaire  à  la  défense  de  la  partie  représentée  (art. 10 al. 1 FITAF) ; le tarif horaire des avocats est de Fr. 200.­ au moins  et  de  Fr.  400.­  au  plus  (art.  10  FITAF).  Les  parties  qui  ont  droit  aux  dépens  doivent  faire  parvenir  au  Tribunal,  avant  le  prononcé  de  la  décision,  un  décompte  de  leurs  prestations  ;  à  défaut,  le  Tribunal  fixe  l'indemnité sur la base du dossier (art. 14 FITAF).  En  l'espèce,  la  recourante,  qui  obtient  gain  de  cause  et  qui  est  représentée  par  un  avocat,  dûment  mandaté  par  procuration,  a  droit  à  des  dépens.  La  recourante  conclut  aux  termes  de  son  mémoire  de  recours à ce que l'intimée soit condamnée à lui verser une indemnité de  Fr.  16'200.­  au  titre  de  dépens,  indiquant  que  la  présente  procédure  a  déjà nécessité plus d'une cinquantaine d'heures de travail. En l'espèce, il  y  a  lieu  d'admettre  que  si  la  présente  cause  a  présenté  une  certaine  complexité,  le  mandataire  de  la  recourante  n'a  cependant  pas  été  confronté  à  des  questions  de  fait  ou  de  droit  inhabituelles  ou  exceptionnellement  ardues  et  n'a  pas  été  amené  à  étudier  un  dossier  particulièrement volumineux. Partant, il se justifie d'allouer à la recourante  une  indemnité  de  Fr.  10'000.­  (TVA  comprise)  à  titre  de  dépens  et  de  mettre celle­ci à la charge de l'intimée et de l'autorité inférieure, à raison  de Fr. 5'000.­ chacune. Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est admis et la décision attaquée est annulée. 2.  Il  est  constaté  que  l'autorité  inférieure  n'est  pas  compétente  pour 

B­1854/2011 Page 22 connaître  de  la  plainte  adressée  par  l'intimée  contre  la  décision  de  la  recourante du 24 mars 2010. 3.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1'200.­, sont mis à la charge  de l'intimée. Ce montant devra être versé sur le compte du Tribunal dans  les 30 jours dès l'entrée en force du présent arrêt.  4.  L'avance de frais de Fr. 1'200.­ versée par la recourante lui sera restituée  dès l'entrée en force du présent arrêt. 5.  Un montant de Fr. 10'000.­  (TVA comprise) est alloué à  la  recourante à  titre de dépens et mis, à raison de Fr. 5'000.­, à la charge de l'intimée et,  à raison de Fr. 5'000.­, à la charge de l'autorité inférieure. 6.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (acte judiciaire ; annexe : formulaire "adresse de  paiement") – à l'intimée (acte judiciaire) – à l'autorité inférieure (n° de réf. 3906­ANT/rr ; acte judiciaire) L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. Le Président du collège : La Greffière : Claude Morvant Muriel Tissot Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 1000  Lausanne  14,  par  la  voie  du  recours  en matière  civile,  dans  les  trente  jours qui suivent la notification (art. 72 ss, 90 ss et 100 de la loi fédérale 

B­1854/2011 Page 23 du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]). Le mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs et les moyens de preuve, et être signé. La décision attaquée et les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au  mémoire,  pour  autant  qu'ils  soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition : 21 octobre 2011

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