654 TRIBUNAL CANTONAL 240 PE18.021112-GHE COUR D ’ APPEL PENALE ______________________________ Audiences des 10 et 11 mai 2021 __________________ Composition : M. STOUDMANN , président M. Sauterel et Mme Rouleau, juges Greffier : M. Valentino * * * * * Parties à la présente cause : B.Z.________, prévenu, représenté par Me Véronique Fontana, défenseur d’office à Lausanne, appelant et intimé par voie de jonction, et MINISTERE PUBLIC, représenté par le Procureur de l'arrondissement de Lausanne, intimé et appelant par voie de jonction, P.________, L.________, O.________, F.G.________ et M.________, parties plaignantes, représentées par Me Coralie Devaud, conseil d’office à Lausanne, intimées, Y.________, C.V.________, B.D.________, T.________, D.K.________, V.________ et I.O.________, parties plaignantes, représentées par Me Manuela Ryter Godel, conseil d’office à Yverdon-les-Bains, intimées, H.________, F.________ et J.________, parties plaignantes, représentées par Me Germain Quach, conseil d’office à Yverdon-les-Bains, intimées, N.________ et G.X.________, parties plaignantes, intimées.
- 47 - La Cour d’appel pénale considère : E n fait : A. Par jugement du 6 juillet 2020, le Tribunal criminel de l’arrondissement de La Broye et du Nord vaudois a rendu le dispositif suivant : « I. libère B.Z.________ des chefs de prévention d’escroquerie par métier et de pornographie ; II. constate que B.Z.________ s’est rendu coupable d’extorsion et chantage par métier, usure par métier, actes d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes, contrainte sexuelle, viol, actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, abus de détresse et désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel ; III. condamne B.Z.________ à 15 (quinze) ans de peine privative de liberté, sous déduction de 595 (cinq cent nonante-cinq) jours de détention avant jugement au 23 juin 2020 ; IV. constate que B.Z.________ a subi 6 (six) jours de détention dans des conditions de détention provisoire illicites et ordonne que 3 (trois) jours soient déduits de la peine privative de liberté fixée au chiffre III ci-dessus, à titre de réparation du tort moral ; V. condamne en outre B.Z.________ à une amende de 500 (cinq cents) francs, convertible en 5 (cinq) jours de peine privative de liberté de substitution en cas de non-paiement fautif ; VI. renonce à révoquer le sursis accordé le 28 mai 2014 à B.Z.________ par le Ministère public de l’arrondissement du Nord vaudois ; VII. ordonne que B.Z.________ soit soumis à un traitement psychothérapeutique ambulatoire en application de l’art. 63 CP auprès du Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires, en détention ; VIII. interdit à B.Z.________ de procéder à toute forme de traitement thérapeutique pour une durée de 10 (dix) ans ;
- 48 - IX. dit que B.Z.________ doit paiement des sommes suivantes à titre de réparation du tort moral : - 18'000 (dix-huit mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 15 juin 2013, en faveur de F.G.________ ; - 14'000 (quatorze mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 1er avril 2010, en faveur de P.________ ; - 8'000 (huit mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 11 septembre 2014, en faveur de J.________ ; - 15'000 (quinze mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 15 novembre 2015, en faveur d’O.________ ; - 1'000 (mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 1er mai 2015, en faveur de V.________ ; - 10'000 (dix mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 15 octobre 2015, en faveur de M.________ ; - 10'000 (dix mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 15 octobre 2015, en faveur de L.________ ; - 11'000 (onze mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 23 novembre 2017, en faveur de T.________ ; - 10'000 (dix mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 17 mars 2020, en faveur de F.________ ; - 16'000 (seize mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 17 mai 2018, en faveur de B.D.________ ; - 5'000 (cinq mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 1er juillet 2018, en faveur de Y.________ ; - 15'000 (quinze mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 16 septembre 2018, en faveur de C.V.________ ; - 16'000 (seize mille) francs, avec intérêts à 5 % l’an dès le 27 octobre 2018, en faveur de D.K.________ ; X. prend acte pour valoir jugement des reconnaissances de dette signées le 25 juin 2020 par B.Z.________, ainsi libellées : - « je me reconnais débiteur de F.________ de 300 francs » ; - « je me reconnais débiteur de H.________ de 1'800 francs » ; - « je me reconnais débiteur d’O.________ de 800 francs » ; - « je me reconnais débiteur de F.G.________ de 5'000 francs » ; - « je me reconnais débiteur de B.D.________ de 1'400 francs » ;
- 49 - - « je me reconnais débiteur d’I.O.________ de 7'000 francs » ; - « je me reconnais débiteur d’A.________ de 8'000 francs » ; - « je me reconnais débiteur de G.X.________ de 1'600 francs » ; - « je me reconnais débiteur de N.________ de 3'700 francs » ; XI. renvoie F.G.________, J.________, D.K.________ et N.________ à agir par la voie civile contre B.Z.________ pour le solde de leurs prétentions civiles ; XII. ordonne le maintien au dossier à titre de pièce à conviction jusqu’à jugement définitif et exécutoire des supports de données qui s’y trouvent déjà sous fiches numéros 24769, 24770 et 27538 ; XIII. met les frais de la cause par neuf dixièmes, soit 188'601 (cent huitante-huit mille six cent un) francs, à la charge de B.Z.________, le solde étant laissé à la charge de l’Etat, y compris les indemnités suivantes arrêtées à : - 55'954 fr. 80 (cinquante-cinq mille neuf cent cinquantequatre francs et huitante centimes) en faveur de son défenseur d’office, Me Véronique Fontana ; - 41'117 fr. 50 (quarante et un mille cent dix-sept francs et cinquante centimes) en faveur du conseil d’office de P.________, L.________, O.________, F.G.________ et M.________, Me Coralie Devaud ; - 20'670 fr. 30 (vingt mille six cent septante francs et trente centimes) en faveur du conseil d’office de Y.________, C.V.________, B.D.________, T.________, D.K.________ et V.________, Me Manuela Ryter Godel ; - 24'166 fr. 25 (vingt-quatre mille cent soixante-six francs et vingt-cinq centimes) en faveur du conseil d’office de J.________, H.________ et F.________, Me Germain Quach ; XIV. rejette les conclusions de B.Z.________ en indemnisation au sens de l’art. 429 CPP ; XV. dit que le remboursement à l’Etat des neuf dixièmes des indemnités arrêtées sous chiffre XIII ci-dessus ne pourra être exigé de B.Z.________ que lorsque sa situation financière le permettra. »
- 50 - B. a) Par annonce du 13 juillet 2020, puis déclaration d’appel motivée du 10 août 2020, B.Z.________ a formé appel contre ce jugement. Il a conclu à libération des chefs de prévention d’extorsion et chantage par métier, usure par métier, actes d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes, contrainte sexuelle, viol, actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, abus de la détresse et désagréments causés par la confrontation à un acte d’ordre sexuel et à l’allocation d’une indemnité au sens de l’art. 429 CPP d’un montant qui serait précisé en cours d’instance. Il a requis diverses mesures d’instruction, à savoir : - une expertise psychiatrique sur sa propre personne pour déterminer « et le risque de récidive et sa responsabilité pénale »; - l’audition en qualité de témoin de [...] domicilié à [...] ; - une expertise psychologique/psychiatrique voire multidisciplinaire portant sur la capacité de discernement de F.G.________, P.________, O.________, B.D.________, C.________, T.________, C.V.________, D.K.________, M.________, N.________, H.________, X.________, R.________, J.________, V.________, L.________, D.________, B.________, W.________, G.________, F.________, Y.________ et F.L.________. b) Le 28 août 2020, le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne (ci-après : le Ministère public), a déposé un appel joint, en concluant à ce que l’entier des frais soit mis à la charge de B.Z.________, et non seulement les neuf dixièmes. C. Les faits retenus sont les suivants : 1. 1.1 B.Z.________, originaire d’Yverdon-les-Bains, est né le [...] 1954 en Algérie. En 1962, sa famille s’est installée en France, pays où il a effectué sa scolarité. Le prévenu a rapporté avoir été agressé sexuellement par un oncle alors qu’il était âgé de 7-8 ans. Devenu adulte, il a intégré l’armée française, avant de devenir gendarme. Il a exercé cette
- 51 profession pendant dix-sept ans, jusqu’à sa retraite à l’âge de 40 ans, en 1994. Il a rapporté qu’en 1975, une jeune femme prénommée [...], enceinte de ses œuvres, était décédée d’une leucémie quelques jours avant le terme. Il s’est ensuite marié avec la cousine de cette dernière, [...], dont il a eu trois enfants, nés en 1977, 1978 et 1981. Le couple s’est séparé après 23 ans de vie commune. Arrivé au terme de sa carrière de gendarme, B.Z.________ a commencé à se former comme thérapeute énergétique et a pratiqué la voyance par téléphone. Il s’est installé en Suisse en 2000, vivant d’abord à [...] puis à [...], avant d’épouser [...] le [...] 2009 et de s’installer avec cette dernière à [...]. A l’audience d’appel, il a expliqué que son épouse l’avait quitté « au moment du jugement de première instance », mais qu’elle continuait à lui rendre régulièrement visite en prison, ce qui est étayé par le rapport de la Direction des Etablissements de la Plaine de l’Orbe (ci-après : EPO) du 6 mai 2021 (P. 299). Depuis son arrivée dans notre pays, le prévenu a travaillé exclusivement comme thérapeute énergétique. Sur sa carte de visite, il se présentait comme magnétiseur et médium pratiquant la clairvoyance, le massage du péricarde et l’hypnose ericksonnienne. [...] est pour sa part kinésiologue. Les époux B.Z.________ disposaient d’un cabinet à domicile, où ils pratiquaient tous les deux dans la même pièce en alternance. B.Z.________ a effectué diverses formations dans le domaine des thérapies énergétiques, notamment en massage du péricarde et en hypnose ericksonnienne. Avant sa détention, le prévenu réalisait un revenu mensuel net moyen de 3'500 fr., auquel s’ajoutait une retraite française de 1'437 euros. Aux débats de première instance, B.Z.________ a déclaré être dépendant aux jeux de hasard, jouant entre 100 et 150 euros trois jours par semaine. Il a exposé avoir gagné 50'000 fr. en 2009, 200'000 euros en 2011 et 24'000 à 28'000 fr. en 2018. Ces sommes lui auraient permis d’éponger 88'000 fr. de poursuites en 2011. Actuellement, B.Z.________ perçoit en plus de sa retraite française 350 fr. de rente AVS. Au 20 avril 2020, son extrait de poursuites mentionnait une seule poursuite de 719
- 52 fr., dont il s’est acquitté. Le prévenu est propriétaire avec les trois autres héritiers de feu sa mère d’une maison en France. Il a signé une procuration en vue de vendre ce bien pour un prix de 372'000 euros, mais cette transaction immobilière n’a en l’état pas été exécutée. A l’audience d’appel, il a en outre expliqué avoir hérité d’une somme d’environ 87'000 euros, dont il lui resterait 12'000 euros après avoir remboursé les plaignantes et avoir payé ses impôts. Il a ajouté souffrir de problèmes de santé au niveau du foie, ainsi que de diabète, qui nécessite la prise d’insuline. Le casier judiciaire de B.Z.________ mentionne l’inscription suivante : - 28.05.2014, Ministère public de l’arrondissement du Nord vaudois : violation grave des règles de la circulation routière, peine pécuniaire de 90 jours-amende à 30 fr. avec sursis de 2 ans et amende de 690 francs. 1.2 En cours d’enquête, B.Z.________ a subi 595 jours de détention provisoire entre le 7 novembre 2018 et le 23 juin 2020, dont huit dans des conditions illicites entre le 7 et le 15 novembre 2018, dont à déduire les 48 premières heures passées en zone carcérale. Il est soumis au régime de l’exécution anticipée de peine depuis le 24 juin 2020. Dans un rapport du 13 mai 2020, la Direction de la prison de la Croisée a exposé que le comportement du prévenu répondait entièrement aux attentes, celui-ci étant respectueux, poli et ponctuel. Le prévenu entretenait de bonnes relations avec ses codétenus, ayant notamment apporté de l’aide à un détenu qui avait de la peine à se déplacer. Il avait en outre fonctionné comme nettoyeur d’étage, se donnant de la peine pour effectuer correctement ses tâches. Il avait également pris part à plusieurs animations, dont l’art thérapie et le théâtre. Dans son rapport actualisé du 6 mai 2021 (P. 299), la Direction des EPO a notamment indiqué que bien que B.Z.________ ait pu se montrer
- 53 critique et dénigrant envers le système de justice pénale, son comportement était généralement adéquat au sein du cellulaire, que le prénommé n’avait fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire, qu’il avait toutefois tenu des « propos inquiétants » à la suite de sa convocation au tribunal, que ses prestations à l’atelier « prise en charge individualisée (PCI) » étaient bonnes et qu’il semblait bien intégré auprès de ses codétenus. Il était en outre fait état de ce qui suit concernant sa situation juridique : « l’intéressé espère un acquittement, détaillant les failles des témoignages à charge contre lui. S’il ne reconnaît pas les délits sexuels pour lesquels il a été condamné en première instance, il a toujours maintenu le même discours auprès des intervenants sociaux ; discours dans lequel il reconnaît des « gestes thérapeutiques » qui seraient des actes médicaux pratiqués usuellement par les ostéopathes selon ses explications. Il estime aujourd’hui qu’il n’aurait pas dû pratiquer ces gestes-là ou alors en expliciter plus précisément le sens en amont des soins ». Il était en outre précisé que lors de ses rencontres avec le secteur social, son attitude avait été correcte, sans allusions ou sous-entendus sexuels dans la discussion, mais qu’il revenait fréquemment sur son affaire, « employ[ant] alors sans retenue un vocabulaire à forte connotations sexuelle, tout en s’excusant de devoir être aussi direct et cru dans ses propos ». Il était encore relevé que lors de son entretien, en septembre 2020, avec l’évaluatrice du secteur FAST (Formation, Animation, Sport, TV), le prévenu avait tenu des « propos déplacés sur la gente féminine en rapport avec les problèmes gynécologiques de ces dernières » ; à cette occasion, il n’avait pas été malhonnête avec l’enseignante elle-même, mais son discours avait été inadéquat. Enfin, B.Z.________ bénéficiait d’un suivi psychothérapeutique mensuel intégré en cothérapie ainsi que d’un suivi somatique régulier au sein du Service de médecine et de psychiatrie pénitentiaire (SMPP). 1.3 Le prévenu a été soumis à une expertise psychiatrique. Les DrsL.N.________ et [...] ont rendu leur rapport le 26 août 2019, qu’ils ont complété le 25 novembre 2019. Le Dr L.N.________ a également été entendu durant les débats. Les experts ont posé les diagnostics de trouble mixte de la personnalité narcissique et borderline et de trouble du
- 54 comportement alimentaire, sous forme de boulimie atypique. Répondant à la question de la responsabilité pénale du prévenu au moment des faits, ils ont exposé n’avoir pas mis en évidence chez celui-ci d’éléments psychopathologiques susceptibles d’avoir pu altérer ses capacités cognitives et volitives, de sorte que sa responsabilité pénale était entière au plan psychiatrique. Aux débats de première instance, le Dr L.N.________ a confirmé que le trouble sévère dont souffrait le prévenu n’influençait pas ses capacités à comprendre la nature illicite de ses actes et, le cas échéant, à vouloir quelque chose en lien avec ces actes. Les experts ont jugé qu’au vu des modalités de fonctionnement du prévenu, le risque de récidive était élevé pour des faits de même nature que ceux reprochés. Ils ont préconisé la mise en place d’un suivi psychothérapeutique ambulatoire, celui-ci étant susceptible de réduire le risque de récidive. Ils ont toutefois précisé que compte tenu du mode de fonctionnement psychique du prévenu ainsi que de son âge, les perspectives thérapeutiques apparaissaient relativement limitées. Les experts ont exposé que les chances de succès d’un traitement psychothérapeutique ne seraient pas accrues par une mesure thérapeutique institutionnelle, celle-ci n’apportant aucune plus-value. Dans la partie « discussion » de leur rapport, les experts ont constaté que le prévenu présentait un développement psycho-affectif incomplet se manifestant par un grave trouble mixte de la personnalité narcissique et borderline. Son fonctionnement psychique, de registre pathologique, apparaissait comme rigidement ancré. Il s’exprimait notamment dans l’espace interpersonnel et relationnel. Une des caractéristiques manifestes de la dimension narcissique du trouble de la personnalité du prévenu était le besoin de domination de l’autre dans la relation. B.Z.________ nourrissait une haute opinion de lui-même. Il se présentait comme une personne ayant des capacités hors norme qu’il aurait développées. Sa pathologie narcissique s’exprimait dans la relation par un besoin permanent d’emprise sur l’autre. Le brouillage communicationnel et la capacité du prévenu à réarranger le réel, de manière très affirmée, en fonction de ses besoins propres, favorisaient les mécanismes d’emprise relationnelle. Cette emprise paraissait se déployer
- 55 plus ou moins facilement selon ce que le prévenu percevait de la fragilité de l’autre. B.Z.________ cherchait à prendre le pouvoir sur l’autre dans la relation, en annihilant, en apparence, toute forme de violence relationnelle, voire même en la retournant en son contraire, lorsqu’il se positionnait en tant que thérapeute. La dimension borderline du trouble de la personnalité, quant à elle, se manifestait par une instabilité comportementale et émotionnelle de longue date s’exprimant dans tous les secteurs de l’existence. Elle s’exprimait également par un constant besoin d’étayage relationnel. De l’avis des experts, un indicateur significatif du risque de récidive apparaissait dans la recherche permanente du prévenu à prendre le pouvoir sur l’autre dans la relation. 2. B.Z.________, qui se présente comme étant un magnétiseurmédium pratiquant la clairvoyance, le massage du péricarde et l’hypnose ericksonienne (cf. P. 157 [carte de visite]), a commis des actes d’ordre sexuel sur des clientes/patientes, lors des séances de « soins », en les prenant par surprise ou, à une occasion (cf. infra consid. 2.3 dans la partie « En fait » et consid. 5.4 dans la partie « En droit »), en mettant la victime hors d’état de résister au moyen de l’hypnose. Il a également abusé de la détresse de certaines d’entre elles, qui le considéraient comme leur dernier espoir, pour les amener à accepter des actes sexuels au motif que leurs problèmes étaient issus d’un blocage sexuel et qu’elles n’avaient d’autres choix que d’accepter les actes incriminés, faute de quoi elles ne pourraient pas être libérées de leurs maux. Pour le surplus, régulièrement en manque d’argent, B.Z.________ a profité de la vulnérabilité de clients pour leur faire croire qu’eux-mêmes ou un proche étaient victimes de magie noire et qu’ils devaient, en plus du prix des séances s’élevant à 100 fr./heure, lui verser des montants de plusieurs milliers de francs pour qu’il effectue des prestations occultes afin de les libérer. Grâce à son bagout, il a convaincu ses clients qu’il avait des capacités hors du commun, de l’ordre du paranormal, et que lui seul pouvait résoudre leurs problèmes. Il a exploité la faiblesse de certaines de ses victimes et instauré une véritable emprise sur elles, en tirant profit du transfert inhérent à toute relation de soin, car il incarnait pour ses patients, tour à tour, l’archétype du « père », du « sauveur » et du « magicien ». Conscient de transgresser
- 56 les limites et le cadre professionnel qu’un praticien se doit de garantir, B.Z.________ a fait signer des contrats aux clients concernés précisant que, s’ils parlaient à quiconque de ces « travaux », il pouvait mettre un terme à ceux-ci sans remboursement et ajoutait même par oral que, lorsque le secret était brisé, le traitement ne marchait pas, alors que ses « patients » désespérés y plaçaient tous leurs espoirs. Le système de B.Z.________ était si bien rôdé qu’il aurait pu sévir de nombreuses années encore si une de ses victimes n’avait pas eu le courage de briser le silence en surmontant à la fois sa peur des représailles – le prévenu se vantant de pouvoir pratiquer la magie noire – et ses sentiments de honte et culpabilité. Les faits ci-dessous peuvent être retenus à l’encontre de B.Z.________ : 2.1 A [...], au domicile de B.Z.________ au [...], à une date indéterminée mais après le mariage de ce dernier en avril 2009 avec C.Z.________, F.G.________, née le [...] 1992, est allée consulter le prévenu, sur conseil de sa maman elle-même patiente de son épouse, C.Z.________, afin qu’il traite sa cheville, suite à un accident ayant entraîné une déchirure des ligaments en août 2008. B.Z.________ a examiné son articulation et a fait part à F.G.________, à l’époque à peine majeure, du fait que son aura n’était pas bonne et qu’elle avait de nombreux problèmes qui nécessiteraient plusieurs séances. Il s’est présenté comme son ange gardien et lui a dit qu’il allait l’aider pour tous les problèmes qu’elle avait dans sa vie. Très vite, soit à la première ou deuxième séance, B.Z.________, qui savait qu’un ami de son petit copain avait voulu la forcer à avoir une relation sexuelle lorsqu’elle avait 16 ans, lui a également dit qu’elle avait un blocage au niveau sexuel et qu’il allait essayer de la libérer avec les énergies. Il l’a fait s’allonger sur le dos sur la table de massage et lui a demandé de baisser son pantalon et sa culotte et a apposé une main sur son ventre et une main au niveau de son intimité. Il a ensuite pénétré son vagin avec un doigt sans l’avertir, a fait des manipulations à l’intérieur de celui-ci et lui a demandé si elle « sentait la chaleur » et si « ça coulait ». F.G.________, extrêmement mal à l’aise par la situation déplaisante qu’elle était en train de vivre, lui a répondu que ce n’était pas le cas et qu’elle voulait qu’il arrête, car elle n’aimait pas ce qu’il était en train de faire. B.Z.________ a cessé en lui répondant qu’il avait réussi à débloquer un peu
- 57 et, à la fin de la séance, lui a saisi la tête et l’a embrassée sur la bouche, comme il l’a ensuite fait à chaque fois pour lui dire au revoir. B.Z.________ lui ayant dit que le travail qu’il faisait sur elle devait rester secret pour que cela fonctionne, F.G.________ n’en a pas parlé avec sa maman, avec laquelle elle était de toute façon en conflit, et l’a laissé agender d’autres rendez-vous, pensant qu’elle pouvait faire confiance aux adultes et se raccrochant à l’idée que le prévenu pourrait l’aider à sortir de ses nombreux problèmes. Ainsi, durant les séances qui ont suivi, le prévenu a eu tout loisir de profiter de la détresse de la jeune femme pour installer une véritable emprise sur elle en se présentant comme le seul capable de la comprendre et de l’aider. Il a su également instaurer un mécanisme qui a fait que, durant les années qui ont suivi, à chaque fois que F.G.________ avait un problème, par exemple dans le cadre d’une relation sentimentale, elle s’adressait uniquement à lui et il contrôlait sa vie au point de lui dicter les messages qu’elle devait envoyer à ses petits amis. C’est ainsi qu’en 2011, la prénommée l’a contacté car elle avait des rapports compliqués avec son petit ami prénommé [...].B.Z.________ lui a dit qu’il pouvait arranger leur relation mais que ce serait un travail plus complet et plus approfondi et qu’il devrait acheter du matériel pour faire des rituels durant les cycles de la lune. Pour ce travail, F.G.________ lui a remis 3'000 francs. Au début 2012, elle l’a recontacté suite à une relation compliquée qu’elle entretenait avec un collègue marié. B.Z.________ lui a alors demandé 5'480 fr., après lui avoir fait un prétendu gros rabais, somme dont elle s’est acquittée en plusieurs fois entre février et mars 2012, afin qu’il travaille sur « l’isolement femme », à savoir créer une distance affective entre le collègue aimé et sa femme, et « le retour affectif » pour que ce dernier revienne vers F.G.________. Le prévenu a justifié les sommes importantes par l’achat de matériel pour des enfouissements et le paiement d’un rituel au Brésil pour briser l’envoûtement qu’aurait fait la femme du collègue sur F.G.________. En parallèle, il a demandé à la jeune femme de se masturber régulièrement en pensant à lui et de partager par message son ressenti avant et après, ainsi que de lui envoyer des photos de ses parties intimes avec un doigt dedans ou les lèvres écartées, le but étant soi-disant de relier leurs énergies sexuelles. Il lui a ainsi écrit le message suivant le 12 mars 2013 : « Pour te relier j ai besoin au moins de ta photo en entier a
- 58 poil et une de la minette normal la plus pres possible et l autre minette ouverte t avait fait (sic) ». Le 19 mars 2013, alors que F.G.________ pensait voir une amélioration dans sa relation avec son amant, B.Z.________ lui a écrit : « c est meilleur mais il faut refaire encore deux fois mais cette fois avec orgasme ce sera plus violent dans l intensite. Il te faudra te donner a fond et avoir un orgasme violent (sic) », ce à quoi la jeune femme a répondu : « avec orgasme !? B.Z.________, tu sais bien que je n’aime pas me toucher, ca degueux.. En plus je suis malade … Tu peux y arriver avec seulement les photos ? Reponds vite stp (sic) ». Ne respectant pas les réticences de F.G.________, B.Z.________ a encore insisté le 2 avril 2013 : « Je sais que tu n aimes pas trop cela mais il va falloir un vrai orgasme pour coller [...] je te dirai quand. Bisous doux (sic) », et a réclamé de nouvelles photos le 6 avril 2013 : « Ne m oublie pas ! La deuxieme photo allongee jambes ouvertes. La troisieme avec la phrase magique jambes repliees et minette offerte et ouverte. T as jusqu a 1Heure du mat. Bisous (sic) » et « Ok suis plein rite. Plus tes photos seront bien faites plu l energie d amour renforcera le lien. Tu dois penser a moi en premier comme si tu faisais l amour a la derniere photo tu dois penser a lui. Bisous. Bon travail (sic) ». Voyant qu’il parvenait à obtenir ce qu’il souhaitait, B.Z.________ est passé à la vitesse supérieure en lui expliquant qu’il était nécessaire de procéder à des rituels durant lesquels il fallait qu’ils se connectent physiquement. Pour la convaincre, il a évoqué le fait qu’il avait déjà utilisé ce genre de pratiques et qu’il avait un bon taux de réussite. Il lui a ainsi donné rendez-vous sur le chemin de son travail entre [...] et [...] et, une fois dans sa voiture, il a enlevé son pantalon et celui de F.G.________ et lui a demandé qu’elle vienne sur lui. Lorsqu’il a saisi son sexe pour le frotter contre celui de la jeune femme, cette dernière a eu une réaction de recul. Il l’a rassurée en lui disant qu’il n’allait pas la pénétrer et que cet acte allait favoriser le travail qu’il effectuait sur elle. Elle s’est alors laissé faire. Par la suite, le prévenu est allé encore plus loin en lui disant qu’il fallait qu’ils se rendent à l’hôtel pour avoir un rapport sexuel avec pénétration vaginale afin de se connecter physiquement. F.G.________, qui appréhendait énormément ce moment et qui ne comprenait pas en quoi cela pouvait l’aider, a refusé, puis devant l’insistance du prévenu qui lui a dit qu’il n’y avait pas d’autre solution, a
- 59 trouvé tant bien que mal des excuses pour repousser la rencontre, au point qu’un jour ce dernier lui a posé un ultimatum en lui disant qu’elle n’avait maintenant plus le choix car la femme de son collègue avait fait un envoûtement, soi-disant associé à une grossesse avortée et donc particulièrement fort, et qu’il fallait ainsi une connexion plus puissante entre lui et elle pour la libérer. Sous la pression, F.G.________ a accepté de se soumettre au rituel, soit d’avoir des rapports sexuels complets non désirés et non protégés avec B.Z.________ – qui la dégoûtait et avait trois fois son âge – deux fois à l’hôtel [...] (France) et à au moins deux autres reprises dans des hôtels en Suisse. A une reprise, alors qu’ils étaient à l’hôtel en Suisse, le prévenu a tenté de sodomiser F.G.________, en vain, cette dernière étant tellement crispée qu’il était physiquement impossible de pénétrer son anus. Suite à ces rapports sexuels subis, l’état psychologique de la prénommée, qui n’était déjà pas bon, s’est nettement dégradé, et elle a sombré dans la dépression. En mai 2013, alors que, ne voyant aucune amélioration, elle a supplié par message le prévenu de l’aider, il lui a répondu : « Tu fais une photo entiere. Tu penses a moi a fond et lorsque tu te prepares je veux te sentir mouiller. Pense a ce qu on faisait quand on etait a l hotel. Tu dois me desirer a fond. Tu fais une photo position assise ensuite lorsque tu jouies je veux t’entendre ? Je veux que tu jouisses pour moi avec passion. Tu dis la phrase suivante par lilith je vais jouir pour toi B.Z.________ qui est mon maitre initiateur. Quand tu jouies tu repetes plusieurs fois B.Z.________ je t appartient ensuite tu dis par lilith toi [...] je veux que tu viennes a moi et que tu te relies. Par lilith. Ensuite tu envoies photos minette position assise chatte ouverte (sic) », ce à quoi la jeune femme, qui n’avait plus la force de donner suite aux désirs tordus du prévenu, a répondu : « Mais comment tu veux que j’arrive a faire ca ?? Je mouille jamais, c’est impossible ! Et ca me degoute rien que d’y penser… Tu sais que je déteste le sexe, y a surement moyen de faire autrement ? (sic) ». Ce n’est qu’en juin 2013 que F.G.________ a réalisé que B.Z.________ n’était pas la solution mais la cause de ses problèmes et qu’elle a mis fin à son emprise, en gardant toutefois d’énormes séquelles dans ses relations avec les hommes, en particulier sur le plan intime. F.G.________ a déposé plainte le 13 mars 2019.
- 60 - 2.2 A [...], en novembre 2009, après avoir vu une photo de P.________, née le [...] 1978, B.Z.________, surnommé « Le Gourou » par [...], son époux qui était venu le consulter pour des problèmes de couple, a dit à ce dernier qu’il fallait qu’elle vienne également en consultation. P.________, mise en confiance par le fait qu’il était le mari d’C.Z.________ – qui était à la fois sa thérapeute et une ancienne collègue enseignante avec laquelle elle avait gardé bon contact – et bien décidée à tout faire pour résoudre ses difficultés, a accepté, même si elle n’avait pas eu un bon feeling lorsqu’elle l’avait rencontré précédemment. Lors de la première séance, le prévenu l’a mise en confiance en lui expliquant comment il procédait avec les énergies et a posé ses mains sur son corps, par-dessus ses habits, afin de libérer ses chakras. Lors de la deuxième séance, qui a eu lieu un mois plus tard, il lui a expliqué qu’il avait une méthode qui marchait très bien pour les couples qui avaient des soucis dans l’intimité, mais qu’il fallait qu’il la touche au niveau de son sexe pour débloquer son énergie sexuelle. Quelque peu perplexe, P.________ lui a demandé si sa femme était au courant de cette pratique et il lui a garanti que c’était le cas et que cela fonctionnait très bien. B.Z.________ a alors placé une main entre les seins de P.________ et l’autre au niveau de son clitoris en passant sous ses vêtements. P.________, qui avait les yeux fermés, n’a pas réagi, ne comprenant pas ce qu’il se passait, et a fini par jouir, ce qui l’a énormément gênée du fait qu’C.Z.________ était dans la maison. P.________ a fait part de son malaise à B.Z.________ qui l’a rassurée en lui disant qu’au contraire, c’était positif que son corps réagisse et que cela faisait partie de la thérapie. Il lui a suggéré de ne pas en parler à son époux pour que la thérapie fonctionne, en insistant sur le fait que ce dernier était fragile et pourrait très mal le vivre. P.________, qui se voyait mal expliquer à son mari qu’elle avait réussi à jouir avec un homme qui ne l’attirait pas, alors qu’elle n’avait plus de sensations avec lui, a gardé le secret, et, après un débat intérieur entre son sentiment de honte et son envie de croire en cette thérapie, s’est rendue à une troisième séance au cours de laquelle B.Z.________ l’a à nouveau fait jouir en lui caressant le clitoris. Contrairement à la première fois, B.Z.________ a laissé échapper des râles, qui ont mis très mal à l’aise P.________, et a tenté de l’embrasser
- 61 - – ce que celle-ci a catégoriquement refusé – après lui avoir dit qu’il avait beaucoup pensé à elle et qu’il pensait que leurs âmes étaient connectées. Au terme de la séance, P.________, complètement perturbée et seule pour faire face aux nombreux questionnements qui l’assaillaient, a longuement pleuré dans sa voiture. Sentant probablement sa confusion, B.Z.________ a alors commencé à lui écrire de nombreux messages dans lesquels il lui disait qu’elle était une femme exceptionnelle et qu’elle était sur la voie de la libération et, lorsque la prénommée, mal dans sa peau et amadouée par ces belles paroles, lui a fait part de ses interrogations et ses doutes, il l’a rassurée sur un ton paternaliste et protecteur. B.Z.________ a avisé P.________, juste avant le rendez-vous suivant, que celui-ci ne pourrait pas avoir lieu à [...] et qu’elle devait aller à [...] pour la consultation. Alors même qu’elle sentait qu’elle ne devait pas s’y rendre, puisqu’elle ne pourrait plus profiter de la présence rassurante de l’épouse du prévenu dans la maison, P.________ n’a pas écouté sa voix intérieure et n’a pu que constater une fois sur place qu’il s’agissait d’un studio et qu’il n’y avait pas de table de massage mais un lit. Elle s’est malgré tout exécutée lorsque B.Z.________ lui a dit de se mettre en sous-vêtements et ne s’est pas opposée lorsqu’il a commencé à la caresser de façon insistante, notamment au niveau des seins. Il a également pénétré son vagin avec ses doigts et l’a embrassée sur la bouche sans qu’elle refuse. Au moment où B.Z.________ a commencé à se dévêtir, il est devenu évident pour P.________ que ce qui se passait sortait du cadre de la thérapie et elle a manifesté verbalement à plusieurs reprises le fait qu’elle ne souhaitait pas ce qui était en train de se passer, car elle ne voulait pas tromper son mari. B.Z.________ lui a dit qu’elle ne pouvait pas lutter contre la connexion de leurs âmes et que tout le monde avait des expériences sexuelles en dehors du mariage. P.________ a alors accepté le rapport sexuel et B.Z.________ a éjaculé dans son vagin. Suite à cet événement, la situation de couple de P.________ s’est aggravée, car cette dernière, se sentant sale, ne voulait plus que son mari la touche, sans pouvoir lui expliquer la raison. Pour le surplus, elle a été contactée par C.Z.________, qui voulait connaître la nature de sa relation avec son époux, après avoir lu un message que P.________ avait adressé au prévenu lui disant qu’elle lui faisait des « bisous partout ». Cette dernière a donc pris conscience que cette
- 62 - « relation » était toxique et a dit au prévenu qu’il fallait qu’ils prennent leurs distances. Toutefois, après deux mois de messages insistants de B.Z.________, lui demandant d’accepter un autre rendez-vous au motif que leurs liens étaient trop forts, elle a cédé et s’est à nouveau rendue à [...] pour le rencontrer. Une fois dévêtue, elle lui a dit qu’elle ne voulait pas que cela se passe comme la dernière fois en précisant qu’elle avait ses règles, ce qui était pour elle un argument imparable, dès lors qu’elle n’avait jamais eu de relation sexuelle pendant cette période du mois. B.Z.________ s’est contenté de lui répondre qu’elle était trop coincée et qu’un tampon ça s’enlevait et, joignant le geste à la parole, le lui a retiré avant de la pénétrer. Au terme de cette « séance », P.________ s’est comme à chaque fois acquittée du prix et s’en est allée non pas fâchée contre B.Z.________, dont elle ne remettait pas en question les pratiques, mais contre elle-même, car elle se donnait l’image d’un homme qui paie pour une prostituée. P.________ a dès lors décidé de sortir de l’engrenage, mais, craignant que le prévenu se venge en faisant de la sorcellerie sur ses proches, a pris ses distances avec douceur, en répondant à ses messages et acceptant un ultime rendez-vous dans un lieu public pour qu’ils s’expliquent. Malgré l’interruption de leurs rapports, les relations intimes de P.________ avec son époux ne se sont pas améliorées, bien au contraire, cette dernière semblant s’interdire d’avoir du plaisir. Le couple s’est finalement séparé. P.________ a déposé plainte le 9 janvier 2020. 2.3 Toujours à [...], en mars 2013, C.________, née le [...] 1981, qui se rendait à la consultation d’C.Z.________ pour qu’elle la soutienne dans le cadre d’une rupture compliquée, a croisé B.Z.________ à son domicile. Ce dernier, qui semblait la trouver à son goût vu le regard qu’il lui portait, a immédiatement dit qu’il voyait qu’elle avait de gros problèmes « en bas » en raison d’un sort jeté sur elle, et que c’était la raison pour laquelle elle ne trouvait personne dans sa vie. C.________, qui souffrait d’endométriose et qui pensait justement que son ex-conjoint de nationalité turque pratiquait la magie noire sur elle, a accepté l’aide du prévenu lorsqu’il lui a assuré qu’il pouvait la libérer. Lors de la première séance, B.Z.________ a,
- 63 comme à l’accoutumée, beaucoup parlé pour vanter ses mérites – notamment d’avoir réussi à faire jouir une femme 17 fois pendant la même soirée – et mettre sa nouvelle cliente en confiance. Il a ensuite chiffré le montant de ses services, à savoir qu’en plus du prix des séances, C.________ devait s’acquitter d’environ 3'000 fr., le prix variant en fonction du nombre de quarts de lune, pour qu’il la libère du sort. Lors de la deuxième séance, après avoir verrouillé la porte, B.Z.________ lui a fait signer un contrat de confidentialité, puis lui a demandé d’enlever son string qu’il a mis dans un sachet en plastique pour le conserver. Il a ensuite placé un bol d’encens sous la prénommée, qui était debout habillée uniquement de sa blouse, et a fait des incantations. Lors d’autres séances, il l’a massée en lui disant qu’il était son ange gardien et l’a regardée dans les yeux, en la complimentant sur sa beauté et lui demandant de lui dire « je t’aime » à plusieurs reprises. A une reprise, il l’a hypnotisée et l’a prise dans les bras pour la balancer de gauche et de droite en la touchant de façon furtive sur tout le corps et en respirant fort, puis l’a embrassée sur la bouche avec la langue. C.________ s’est rendue compte que cela n’était pas normal mais a été incapable de réagir en raison des effets de l’hypnose. Lors d’un rendez-vous ultérieur, alors qu’elle était couchée sur la table de massage avec le bas dévêtu, B.Z.________ lui a demandé de se masturber jusqu’à ce qu’elle jouisse, en lui expliquant que le sort qui avait été jeté sur elle était enfoui profondément et que ça allait la libérer. La jeune femme n’a alors pas compris ce qui lui arrivait, mais elle n’a pas protesté et s’est exécutée, sous les encouragements du prévenu qui l’incitait à continuer. Lorsqu’elle a terminé, celui-ci a embrassé son vagin. Par la suite, le prévenu lui a demandé de lui envoyer des photos de ses seins et de son sexe, ce qu’elle a refusé catégoriquement. B.Z.________ a alors insisté en disant qu’il allait la soigner grâce à ces photos et il lui a envoyé des images des seins et du pubis reçues d’une autre femme pour lui montrer qu’il procédait également de cette façon avec d’autres. C.________ a cédé et s’est finalement exécutée, persuadée qu’il allait lui soigner son endométriose. En réalité, il n’en fut rien et, si celle-ci a arrêté de le consulter après 7 ou 10 séances, c’est parce qu’elle a fini par rencontrer quelqu’un.
- 64 - C.________ n’a pas déposé plainte. 2.4 En avril 2013, R.________, née le [...] 1963, s’est rendue au domicile de B.Z.________, à [...], pour une consultation, afin de résoudre ses problèmes de migraines et d’anémie en raison de menstruations abondantes. Ce dernier lui a tout de suite dit que c’était un problème sexuel et qu’il pouvait l’aider grâce aux énergies. Il lui a demandé de retirer son pantalon et son slip et de s’installer sur la table de massage, ce que R.________ a refusé. Il lui a alors dit que c’était ainsi qu’il procédait, qu’elle n’avait pas le choix, mais qu’elle pouvait exceptionnellement laisser sa culotte. Il a alors posé ses mains sur le sexe de la prénommée en passant sous la culotte et a exercé une pression durant environ 10 minutes. R.________, qui était crispée, lui a expliqué qu’elle ne comprenait pas sa méthode, mais B.Z.________ ne s’est pas laissé déstabiliser et lui a expliqué avec conviction sa façon de procéder, à tel point que, malgré son malaise, l’intéressée a repris rendez-vous, persuadée que le prévenu était son dernier recours contre ses migraines qui la faisaient souffrir une dizaine de jours par mois. Au début du second rendez-vous, R.________, qui avait appris lors de sa formation en réflexologie qu’il n’était pas tolérable d’un point de vue éthique de toucher les parties intimes des patients, s’est montrée extrêmement ferme et a refusé de se déshabiller, invitant B.Z.________ à travailler par-dessus ses vêtements. Celui-ci s’est exécuté et s’est donc contenté de poser ses mains sur son sexe par-dessus ses habits. R.________ a renoncé à déposer plainte. 2.5 A [...], durant l’été 2014, J.________, née le [...] 1972, s’est rendue à la consultation de B.Z.________, sur conseil d’C.Z.________, dont elle était patiente, afin qu’il lui donne confiance en elle et l’aide à apporter des changements à sa vie insatisfaisante. Pour ce faire, B.Z.________ lui a demandé des photographies de proches, afin qu’il puisse travailler sur eux contre paiement d’une somme de 2'000 fr. à 2'500 fr. que J.________ a payée en liquide. B.Z.________ a dit faire une fois par semaine un rituel avec deux bougies, l’une la représentant, l’autre représentant son
- 65 conjoint, afin d’améliorer leur relation, sans que la prénommée ne remarque toutefois un quelconque changement. En parallèle, celle-ci s’est rendue environ une fois par mois à la consultation de B.Z.________ durant 5 ou 6 mois. Dans un premier temps, le prévenu s’est contenté de s’approcher de son oreille en répétant « je t’aime, je t’aime, je t’aime », puis de l’embrasser sur la bouche, ce que la prénommée, qui souffrait d’un profond mal-être et d’un manque de tendresse, trouvait réconfortant, car cela lui donnait l’impression d’exister pour quelqu’un. Quelques séances plus tard, B.Z.________ est allé plus loin et l’a fait coucher sur la table de massage pour toucher son corps, en prétextant qu’elle avait un problème enfoui au fond d’elle. J.________, qui avait totalement confiance en lui, notamment en raison du fait qu’il avait été policier en France, n’a pas remis en question ses gestes et s’est laissé faire. Tout en lui susurrant des mots doux à l’oreille, le prévenu a alors ouvert son pantalon et a passé sa main sous sa culotte. Il a fait des mouvements de va-et-vient avec deux doigts dans son vagin et, constatant qu’elle était crispée, lui a dit de se détendre, que cela allait résoudre son problème de libido et qu’elle deviendrait une « bête de sexe ». La jeune femme selon ses dires complètement envoûtée par les paroles de son thérapeute, est retournée à deux ou trois autres séances au cours desquelles B.Z.________ a reproduit les mêmes gestes. Il lui a également touché sa poitrine. Pour le surplus, le prévenu lui a demandé de lui envoyer une photographie de son sexe – en précisant qu’elle devait s’assoir sur un rebord et bien écarter les jambes – afin qu’il puisse mieux travailler sur ce point faible. J.________ ne constatant aucune amélioration et sa relation avec B.Z.________ s’étant dégradée après qu’il lui avait demandé de lui prêter de l’argent et qu’elle avait refusé, elle a cessé de le voir. Environ une année plus tard, le nouveau conjoint de J.________ l’a convaincue de recontacter le prévenu afin de récupérer son argent. Ce dernier a refusé dans un premier temps mais a fini par lui rembourser 1'500 fr. en novembre 2015, lorsqu’elle l’a menacé d’aller plus loin. J.________ a déposé plainte le 20 décembre 2018.
- 66 - 2.6 A [...], en octobre 2014, sur conseil de sa sœur, [...] s’est rendu avec sa compagne, O.________, née le [...] 1983, chez B.Z.________ dans l’espoir que celui-ci puisse l’aider à sortir de la toxicomanie et à avoir un enfant. B.Z.________ a expliqué qu’il allait l’aider, mais qu’en plus d’un rituel à 800 fr., plusieurs séances, à deux et séparément, seraient nécessaires et qu’il devrait voir plus souvent O.________, car elle était le pilier du couple. Lors de la première séance seul avec cette dernière, après lui avoir fait croire qu’il avait un don en devinant des informations sur son couple, alors qu’en réalité il avait été briefé par la belle-sœur de cette dernière, B.Z.________ lui a demandé de s’allonger, afin qu’il passe ses mains au-dessus de son corps pour sonder les énergies. Il a alors dit qu’il sentait une énergie négative et qu’il devait se mettre au plus près d’elle pour pouvoir l’enlever. Pour ce faire, il a descendu le pantalon et a commencé à la toucher au niveau de son intimité, avant de lui insérer un doigt dans le vagin. O.________, surprise, lui a demandé pourquoi il agissait de la sorte, ce à quoi il a répondu qu’il devait être au plus profond d’elle pour la libérer. La prénommée, qui selon ses dires se sentait comme en transe et convaincue que le prévenu était sa dernière chance, l’a alors laissé lui toucher son sexe, en particulier son clitoris, et a répondu à ses « je t’aime » qu’il lui susurrait à l’oreille, jusqu’à atteindre l’orgasme. B.Z.________ a ensuite mis fin à la séance et l’a embrassée sur la bouche pour lui dire au revoir, en lui rappelant qu’ils devaient être proches pour qu’il puisse l’aider. Lors de la deuxième séance, il lui a expliqué que son conjoint était victime de magie noire, que c’était la raison de son mal-être et que le démon en lui le poussait à consommer de la drogue et à être infidèle. La jeune femme, qui pensait son compagnon loyal, a été très affectée d’apprendre son infidélité, mais le prévenu l’a rassurée en lui disant que tout allait s’arrêter. Pour ce faire, il fallait procéder à un rituel libératoire, consistant à contenter le démon en lui faisant croire qu’il avait un rapport sexuel avec une vierge, ce qui permettrait ensuite à O.________ et son conjoint d’avoir un enfant sur des bases saines. Celle-ci devait dès lors porter une blouse blanche représentant la pureté et simuler un rapport sexuel. La plaignante, qui avait été élevée dans une famille croyant à la magie et pratiquant des rituels et des prières, n’a pas remis en question le rite mais lui a rétorqué qu’il n’était pas question qu’elle
- 67 trompe son compagnon en ayant vraiment un rapport sexuel avec quelqu’un d’autre, ce à quoi B.Z.________ lui a confirmé qu’il ne s’agirait que de simulation. C’est ainsi que le prévenu s’est présenté en janvier 2015 au domicile d’O.________ qui l’a accueilli en blouse blanche. Il lui a demandé de monter dans la chambre et de se déshabiller et a posé la bible et les bougies face au pied du lit. Il s’est lui-même dévêtu avant de s’installer sur le lit et de demander à la jeune femme de le rejoindre. Cette dernière, raide et mal à l’aise, s’est exécutée et il a commencé à lui toucher le haut du corps avec ses mains, puis lui a demandé de s’assoir sur lui, sans lui faire face, alors qu’il était en érection. O.________, comprenant qu’il ne s’agirait pas de simulation, lui a répondu qu’elle était incapable de faire cela, mais il a insisté en lui rappelant que c’était pour le bien de son compagnon qui était en train de se détruire avec la cocaïne et qu’une fois qu’il l’aurait guéri, ils pourraient enfin avoir un enfant. Convaincue que le rituel allait marcher, la prénommée s’est assise sur lui, laissant le pénis de B.Z.________ la pénétrer, mais, trop stressée et raide pour faire des mouvements, elle n’a pas réussi à contenter ce dernier qui lui a dit de se retirer et de se coucher à côté de lui pour qu’il se masturbe. Effrayée, O.________ lui a dit : « Mais tu ne vas quand même pas éjaculer en moi ! », ce à quoi il a simplement répondu par l’affirmative en précisant qu’il ne fallait pas qu’elle s’inquiète, qu’elle aurait ensuite un petit garçon et qu’il serait de son compagnon et non de lui. Ainsi, sur le point de jouir, B.Z.________ lui a demandé de se rassoir sur lui dans la même position, ce qu’elle a fait, et son sperme s’est répandu en elle. Ils sont ensuite descendus à la salle à manger où le prévenu lui a fait signer un contrat portant sur le rituel qui venait d’être effectué et coûtant 800 fr., et lui a dicté un consentement écrit antidaté stipulant : « Je, soussigné, O.________, déclare accepter les travaux occultes. Ces travaux vont occasionner des rapports physiques et sexuels. Je suis consentante et dégage toutes responsabilités de M. B.Z.________. Ces rites seront faits à mon domicile. Je m’engage en cas de grossesse à ne pas interrompre celle-ci. Fait avec tout discernement. Lu et approuvé le 25.08.2014 ». B.Z.________ lui a expliqué qu’elle ne devait en aucun cas en parler à son compagnon, car cela enlèverait la magie, et qu’elle ne devait pas avoir de rapports sexuels avec ce dernier avant deux ou trois semaines, afin que son corps ait le
- 68 temps de se remettre et d’être à nouveau pur. Par la suite, le rituel étant censé mettre fin à tous ses problèmes, O.________ ne devait pas avoir d’autres contacts avec B.Z.________. Elle l’a toutefois appelé deux ou trois jours plus tard pour lui demander où se trouvait son ami qui n’était pas rentré et, alors qu’à d’autres reprises avant le rituel, il avait accepté de le localiser, cette fois-ci, il a refusé en disant : « de toute façon, tu ne finiras pas ta vie avec lui, donc laisse tomber, oublie-le ». Par la suite, c’est le prévenu qui a recontacté la jeune femme, car cette dernière avait de la peine à s’acquitter des 800 francs. Il s’est montré très insistant par messages et a même monté le ton en disant : « J’ai déjà été cool car je ne vous ai pas tout facturé ». O.________, qui se sentait engagée à cause du contrat et sous pression, s’est acquittée des 800 francs. En novembre 2015, elle a effectivement accouché d’un garçon, mais la situation ne s’est pas arrangée et la naissance de l’enfant l’a même empirée, au point que le couple s’est séparé en juin 2016. O.________ a déposé plainte le 11 février 2019. 2.7 A [...], en avril 2015, V.________, née le [...] 1972, ressortissante italienne en visite en Suisse chez son amie [...], lui a expliqué qu’elle souhaitait un rééquilibrage énergétique suite à une fracture de l’épaule. Cette dernière lui a conseillé de consulter son amie C.Z.________ et l’a présentée au couple B.Z.________ lors d’une fête organisée à son domicile. B.Z.________ a alors proposé de lui faire un soin gratuitement et V.________ s’est dès lors rendue au domicile de ce dernier, accompagnée de son amie [...] qui devait faire office d’interprète. B.Z.________ lui a prodigué un massage pendant lequel il n’a cessé de parler – faisant notamment mine de connaître l’avenir de V.________ – pour dévier rapidement sur son sujet de prédilection, le sexe. Il a alors comparé V.________ à un volcan érotique en éruption, mettant très mal à l’aise cette dernière et sa traductrice. A la fin du massage, qui était trop envahissant pour la plaignante du fait que les gestes ne semblaient pas thérapeutiques et insistaient trop sur des zones telles que les hanches, le prévenu s’est placé dos à [...], de telle sorte qu’elle n’ait pas la vue sur ce qu’il faisait, et a enfilé sans prévenir sa main par le col du pull de V.________ sous le
- 69 soutien-gorge pour palper son sein gauche. Durant tout le temps où cette caresse a duré, cette dernière est restée figée, ne sachant comment réagir. Une fois sortie, elle a raconté sa mésaventure à son amie et lui a dit qu’elle ne voulait plus jamais revenir. V.________ a déposé plainte le 6 décembre 2019. 2.8 A [...], en septembre 2015, M.________, née le [...] 1990, s’est rendue à une séance d’hypnose chez B.Z.________, afin d’arrêter de claquer des dents la nuit. L’hypnose ne fonctionnant pas, B.Z.________ a travaillé les énergies, tout en commentant ce qu’il ressentait. Il a alors expliqué à M.________, qui devait se marier quelques semaines plus tard et qui avait des doutes parce qu’elle avait des sentiments pour un autre homme, que ni son mari ni cet autre homme n’étaient faits pour elle et qu’elle aurait un garçon puis une fille dont ils ne seraient pas les pères. La prénommée a été selon ses dires complètement dévastée par la nouvelle alors qu’elle était particulièrement fragile, et le prévenu en a profité pour s’immiscer dans sa vie en lui envoyant de nombreux mots doux par WhatsApp, du type « ma chérie, mon amour, je t’aime fort », sous prétexte de lui envoyer des ondes positives. M.________, qui a décrit s’être retrouvée sous l’emprise du prévenu, avait l’impression que si elle pensait à lui lorsqu’elle avait un problème, il pouvait la visualiser pour l’aider. Lors de la troisième séance qui a eu lieu autour du 10 octobre 2015, lorsque le prévenu lui a demandé si son mari était éjaculateur précoce – soi-disant parce qu’il sentait qu’elle avait un blocage sexuel qui l’empêchait d’être épanouie – et qu’il lui a dit qu’il fallait qu’elle se touche pour pouvoir se débloquer, afin d’avoir plus d’orgasmes, la jeune femme, qui pourtant n’avait aucun problème sexuel, s’est exécutée sans vraiment savoir pourquoi. Pendant qu’elle se caressait le clitoris, B.Z.________, pas gêné par la présence de son épouse dans la maison, a introduit deux doigts dans son vagin jusqu’à ce qu’elle jouisse. En sortant de la séance, M.________ savait qu’elle ne retournerait jamais chez B.Z.________. Elle a toutefois notamment expliqué avoir eu du mal à se détacher de lui et que ce n’était véritablement que quand elle avait constaté que ses prédictions
- 70 étaient fausses, à savoir au moment où elle avait appris qu’elle attendait une fille et non un garçon, qu’elle avait pu reprendre le dessus sur sa vie. M.________ a déposé plainte le 20 mai 2019. 2.9 Entre fin septembre et début octobre 2015, L.________, née le [...] 1996, donc tout juste majeure, et encore en apprentissage, s’est rendue chez B.Z.________, à [...], sur conseil de sa cousine, M.________, afin de faire de l’hypnose pour se libérer du traumatisme d’un viol subi. Le prévenu lui ayant dit qu’il ne pouvait pas l’hypnotiser sans qu’ils aient un lien fort, L.________ a donc été contrainte de venir à une dizaine de séances, payées à chaque fois entre 100 fr. et 150 fr., au cours desquels ils n’ont fait que discuter afin de rendre leur lien assez puissant. Durant ces nombreuses séances, le prévenu s’est attelé à faire ce qu’on appelle communément un « lavage de cerveau », à savoir qu’il a réussi à profiter de la faiblesse psychologique de la jeune femme pour la manipuler et supprimer son libre arbitre. Il a fait étalage de ses pouvoirs et lui a raconté les problèmes des autres patients, en particulier sexuels, en se vantant notamment d’avoir réussi à faire jouir des femmes lors des séances. Il lui a également fait miroiter le fait que, grâce à lui, elle pourrait avoir du plaisir durant les rapports sexuels, malgré son endométriose qui la faisait souffrir. Pour le surplus, en parallèle aux séances, il lui écrivait des messages pour avoir de ses nouvelles en l’appelant « ma chérie », lui disant qu’il l’aimait, et lui demandait qu’elle lui réponde la même chose. Ainsi, lors la dernière séance, L.________ était totalement sous emprise et, lorsque B.Z.________ lui a dit que, pour la libérer des gros blocages dont elle souffrait en raison de l’agression sexuelle subie, il fallait qu’elle lui fasse confiance et se couche nue sur la table de massage, elle l’a fait. Alors qu’elle était nue et à sa merci, il a, sans l’avertir, introduit au moins deux doigts dans son vagin et lui a dit qu’il ne les retirerait pas tant qu’elle n’aurait pas joui. La plaignante, complètement tétanisée, a été incapable de réagir et a dû supporter la souffrance – non seulement psychologique mais également physique en raison de son endométriose – de cette pénétration durant de longues minutes, sans parvenir à jouir pour y mettre fin. L’heure du prochain rendez-vous étant arrivée, B.Z.________ a
- 71 finalement dû renoncer à la faire jouir et il a mis fin à la séance en demandant à la jeune femme de le payer et de le recontacter pour fixer le prochain rendez-vous. Celle-ci s’est acquittée du prix, mais n’est jamais retournée à sa consultation, malgré les messages qu’elle a reçus encore pendant environ six mois. Ensuite de cette séance, elle a sombré dans la dépression. Elle pensait avoir tourné la page, mais, lorsque la police l’a contactée après l’arrestation du prévenu, tout est remonté à la surface et, se sentant à nouveau mal, elle a dû consulter un psychiatre. L.________ a déposé plainte le 20 mai 2019. 2.10 En juin 2016, N.________, qui se trouvait dans un état dépressif, s’est rendue chez B.Z.________, à [...], pour qu’il l’aide à se sortir de ses problèmes. Le prévenu a tenté à plusieurs reprises de la convaincre qu’il pourrait mieux ressentir les choses s’il touchait ses parties intimes, notamment des points dans le vagin, mais la prénommée a refusé catégoriquement. B.Z.________ s’est dès lors résigné à profiter d’elle d’un point de vue uniquement financier et lui a dit qu’il pouvait lui enlever sa peine et chasser ses démons moyennant paiement. Ainsi, au bout d’environ cinq séances à raison d’une par semaine, il lui a fait signer un contrat stipulant que cette dernière s’engageait à lui remettre 3'460 fr. (5'260 fr. sous déduction d’une remise de 2'000 fr.) pour qu’il s’occupe d’elle à distance, en plus des séances dont elle s’acquittait du prix au fur et à mesure. Sous la pression du prévenu, qui se montrait très insistant et qui lui faisait miroiter une guérison tout en lui rappelant qu’il ne pouvait rien faire pour elle tant qu’elle ne payait pas, N.________ a effectué, entre le 23 juin et le 19 juillet 2016, quatre virements bancaires en sa faveur, pour un montant total de 4'300 francs. Elle s’est alors retrouvée en difficulté financière et en a fait part au prévenu qui lui a dit qu’il ne pouvait plus rien faire pour elle. N’ayant constaté aucune amélioration, elle lui a demandé de la rembourser, ce qu’il n’a jamais fait. Au contraire, il a tenté d’abuser de sa vulnérabilité pour obtenir d’autres montants de sa part. N.________ a déposé plainte le 28 janvier 2019.
- 72 - 2.11 A [...], en septembre 2017, D.________, née le [...] 1992, coiffeuse chez [...], a décidé de faire une séance de voyance avec B.Z.________ qui louait une salle dans son salon. Durant la séance, celui-ci s’est lancé dans un long monologue durant lequel il a notamment dit à la prénommée que son conjoint n’était pas l’homme de sa vie et qu’il voyait qu’elle ne prenait pas assez de plaisir avec lui durant leurs relations sexuelles. La jeune femme, qui se sentait parfaitement épanouie sexuellement, a immédiatement coupé court en lui disant qu’elle ne voulait pas parler de ce sujet. B.Z.________ lui a alors proposé de faire une ouverture du corps et lui a demandé de fermer les yeux avant d’apposer ses mains sur son visage. Il lui a alors chuchoté à l’oreille : « Moi je t’aime, moi je t’aime, moi je t’aime, je croirai toujours en toi ». A la fin de la séance, il a demandé à D.________, qui était assise, de se mettre debout face à lui les yeux fermés et lui a posé les mains sur sa poitrine par-dessus les habits. Celle-ci, surprise, a ouvert les yeux et lui a demandé ce qu’il faisait et il lui a expliqué qu’il devait procéder ainsi pour ressentir les énergies. D.________ étant sur la retenue et ne répondant plus aux questions de B.Z.________, ce dernier a mis fin à la séance. D.________ n’a pas déposé plainte. 2.12 A [...], au mois de septembre 2017, B.________, née le [...] 1975, cliente d’ [...] qui souhaitait arrêter de fumer, s’est rendue à la consultation de B.Z.________ pour de l’hypnose. Ce dernier lui a expliqué qu’il ne pouvait pas faire d’hypnose tant qu’il n’aurait pas réglé son problème intime, à savoir son manque d’attirance sexuelle pour son mari. Il lui a expliqué qu’il n’allait pas toucher son sexe mais qu’il devait apposer ses mains par-dessus, afin d’y faire passer des ondes. Lors du troisième rendez-vous fixé à cet effet, B.Z.________ a fermé la porte à clé, ce qu’il n’avait pas fait lors des séances précédentes, avant de demander à B.________ de s’allonger pour placer ses mains au-dessus de son corps. A un moment donné, il lui a dit de ne pas s’inquiéter car il allait déboutonner son pantalon et passer sa main sur son slip, afin de la débloquer. Il l’a invitée à penser à son mari et à ne pas être gênée, car il s’agissait d’une pratique courante. Par la suite, il lui a dit qu’il allait devoir faire quelque
- 73 chose pour la libérer qui nécessitait qu’il la touche. Il a alors mis ses doigts dans son vagin en lui disant qu’elle était sèche et que c’était la raison de ses problèmes et que son corps disait « oui » au traitement, vu qu’elle n’avait pas repoussé ses mains. Alors que le prévenu faisait des mouvements de va-et-vient et de gauche à droite avec son doigt, ni lavé ni ganté, dans le vagin de la patiente, celle-ci, qui n’osait rien dire, ne cessait d’espérer que cela s’arrête. B.Z.________, qui a senti son malaise, lui a dit que ce traitement était nécessaire pour la libérer et qu’il fallait qu’elle pense à autre chose. N’en pouvant plus après 10 minutes, la prénommée lui a dit d’arrêter et s’est redressée. Le prévenu s’est exclamé qu’elle était encore sèche et lui a proposé une séance d’hypnose, mais B.________, ne pouvant s’empêcher de repenser à l’acte d’ordre sexuel qu’elle venait de subir, lui a dit qu’elle souhaitait s’en aller. Avant son départ, le prévenu a encore tenté de lui soutirer de l’argent en lui disant qu’elle était victime de magie noire et qu’il fallait qu’elle lui verse la somme de 1'500 fr. pour qu’il travaille à distance, mais elle a dit qu’elle allait en rester là. La patiente a refusé le câlin qu’il souhaitait partager avec elle avant qu’ils se quittent, lui a payé la séance et est partie en pleurs, en raison du sentiment d’avoir été violée et du dégoût que lui inspirait B.Z.________, qui n’avait pas nettoyé ou protégé ses mains. B.________ n’a pas souhaité déposer plainte. 2.13 A [...], en octobre ou novembre 2017, W.________, née le [...] 1990, s’est rendue chez B.Z.________ sur conseil de son amie D.________, afin qu’il soigne ses acouphènes. Le prévenu l’a fait se coucher sur la table de massage et lui a expliqué que ses problèmes d’audition avaient comme origine un blocage sexuel. Face à l’étonnement de la patiente qui ne voyait pas le rapport et qui n’avait aucun problème de cet ordre, il a ajouté que c’était au niveau de son subconscient et que, quand on avait un blocage au niveau sexuel, on avait des blocages partout. Il a alors mis sans prévenir sa main dans son pull sous son soutien-gorge et s’est saisi de son sein gauche pendant ce qui a semblé être une éternité à la jeune femme qui, interloquée et désemparée, n’a pas réagi. Lorsque B.Z.________ a jugé qu’il était temps qu’il lâche la poitrine de W.________, il lui a dit « je
- 74 t’aime » et l’a invitée à lui retourner ses douces paroles. Il a ensuite apposé ses mains sur ses oreilles en expliquant qu’elle n’aurait plus d’acouphènes dans deux jours parce qu’il y avait mis l’énergie qu’il avait prise sur sa poitrine. Il a ensuite tenté en vain d’hypnotiser la prénommée et lui a dit de revenir quand elle serait plus ouverte. Cette dernière, qui a compris qu’elle avait affaire à un charlatan, n’a pas été surprise d’avoir encore ses acouphènes deux jours plus tard et n’est pas retournée le consulter. W.________ n’a pas souhaité déposer plainte. 2.14 A [...], le 22 novembre 2017, T.________, née le [...] 1977, qui avait rencontré B.Z.________ lors de la soirée d’inauguration des nouveaux locaux d’ [...] et avait été impressionnée par les choses qu’il lui avait dites sur elle, s’est rendue à sa consultation afin qu’il l’aide à surmonter ses problèmes de couple au moyen de l’hypnose ericksonienne. Après lui avoir parlé, le prévenu lui a demandé de se coucher sur la table de massage et a approché son visage très près d’elle pour lui dire : « je suis ton ange gardien asexué, je t’aime, je t’aime, je t’aime ». Malgré le malaise qu’elle ressentait par rapport à cette incursion dans sa sphère privée et les propos intimes tenus par B.Z.________, T.________ a été incapable de bouger et de réagir. Le prévenu a alors passé sa main sur les chakras sans les toucher et lorsqu’il est arrivé au chakra sexuel, il a dit à la prénommée que c’était à cet endroit que se trouvaient tous ses blocages et qu’il pourrait l’aider à retrouver une sexualité épanouie et à jouir comme jamais. Il a expliqué qu’il devait débloquer de l’intérieur et qu’il allait passer sa main sous les habits. La jeune femme, qui selon ses dires était dans un état second, n’a pas été en mesure de se rebiffer, alors même qu’elle ne pensait qu’à partir pour lui échapper. Lorsque B.Z.________ lui a touché le clitoris en lui disant « alors tu sens que ça chauffe, tu sens que ça vient », la patiente, paralysée, lui a répondu « non », ce qui a encouragé le prévenu à agir de façon plus radicale, en lui baissant brusquement son habit pour introduire ses doigts dans son vagin, sans mettre de gants. Il a alors fait des mouvements de va-et-vient en lui susurrant à l’oreille « tu sens que tu mouilles, je t’aime, je suis ton ange
- 75 de l’amour… ». Une nouvelle fois, malgré les sentiments terribles qu’elle était en train de ressentir, T.________ lui a simplement répondu « non », incapable de se défendre et selon ses dires totalement déconnectée de son corps. B.Z.________ s’est alors vanté d’avoir pourtant fait jouir des filles dans son cabinet comme elles ne l’avaient jamais fait auparavant, mais que, pour elle, il renonçait, car si mécaniquement cela fonctionnait, psychiquement, elle était vraiment bloquée. T.________ s’est levée et rhabillée et le prévenu a poursuivi l’hypnose en pratiquant une déprogrammation avant que celle-ci s’acquitte machinalement des 100 fr. de la séance et parte pratiquement en courant pour rentrer au plus vite se doucher afin de se laver et de tenter en vain d’apaiser sa honte et le sentiment d’avoir été souillée. Le traumatisme d’avoir été abusée a empiré les relations que la jeune femme avait avec son conjoint et les a menés à la séparation en février 2018. T.________ a déposé plainte le 23 janvier 2019. 2.15 A [...], à la fin du mois de janvier 2018, G.________, née le [...] 1992, s’est rendue au cabinet de B.Z.________ dans le studio d’ [...] sur conseil de la marraine de son fils, [...], car elle était dans une situation difficile aussi bien sur le plan privé, puisqu’elle se séparait de son compagnon, que professionnel. Lors de la première séance, G.________ a été impressionnée car B.Z.________ lui a parlé d’une interruption de grossesse qu’elle avait subie, alors que seule son amie [...] était au courant. Toutefois, alors que la séance s’était bien déroulée, elle s’est sentie mal à l’aise lorsque le prévenu lui a dit qu’il sentait un lien particulier avec elle et que si elle avait un orgasme, il serait en train de l’écouter. B.Z.________ a ensuite contacté la jeune femme par téléphone pour lui communiquer que le travail qu’il devait faire sur elle et dont il lui avait parlé lui coûterait 4'000 francs. G.________ lui a expliqué qu’elle n’avait pas cet argent, et le prévenu a alors baissé le prix à 400 fr. et accepté de lui faire crédit, car il fallait commencer rapidement à lui enlever « toute cette merde » sur sa vie. La prénommée n’a pas accepté, mais est retournée le 23 mars 2018 accompagnée de son fils de trois ans à une séance. Le prévenu lui a demandé de s’allonger sur une table et a placé un linge sur son corps habillé, en lui demandant de fermer les yeux
- 76 et d’imaginer certaines choses. Il a ensuite commencé à lui caresser la poitrine par-dessus ses habits, puis par-dessous, ce qui a mis la jeune femme, qui ne portait pas de soutien-gorge, extrêmement mal à l’aise. Elle en a fait part à B.Z.________ qui lui a répondu : « t’inquiète pas, c’est professionnel ». Le prévenu lui a ensuite déboutonné le pantalon pour passer sa main entre celui-ci et la culotte au niveau du pli inguinal et a approché son visage très près du sien comme s’il allait l’embrasser, avant de recommencer à lui toucher la poitrine. Le prévenu donnant des explications à ses gestes, la jeune femme ne savait pas quoi penser par rapport à leur normalité ou non et, lorsque son fils a demandé au prévenu ce qu’il faisait à sa maman, elle en a profité pour écourter la séance au motif que ce dernier montrait des signes d’impatience. Elle a fait mine qu’elle reviendrait une prochaine fois sans lui, alors qu’elle savait qu’elle ne remettrait plus jamais les pieds dans ce cabinet. G.________ n’a pas souhaité déposer plainte. 2.16 A [...], en février 2018, F.________, née le [...] 1988, qui devait à la fois gérer la maladie de ses parents et ses problèmes de couple, a consulté B.Z.________, sur conseil de son conjoint, afin qu’il l’aide à lâcher prise. Lors de la première séance, le prévenu a su rapidement la mettre en confiance en lui faisant part d’éléments sur sa personne, sa famille et son passé qu’il aurait dû ignorer selon elle. Il lui a demandé si elle voulait un troisième enfant et, ensuite de sa réponse négative, a évoqué une interruption de grossesse qu’elle avait subie et lui a proposé de travailler là-dessus en procédant à un rituel contre paiement de 300 francs. F.________ a versé l’argent, mais n’a jamais eu de retour de la part du prévenu, de telle sorte qu’elle ne sait pas s’il a fait le rite. Lors de la seconde séance, après lui avoir dit que son corps avait subi une coupure en raison de ses césariennes, B.Z.________ lui a proposé le choix entre une manière douce, prenant du temps, et une manière forte, brusque mais efficace, pour recentrer son corps et avoir à nouveau des sensations au niveau de la sexualité. Il lui a expliqué que la manière forte impliquerait qu’il lui touche les parties intimes, mais l’a rassurée en lui disant qu’il était son ange gardien et qu’il ne voulait pas lui faire du mal, mais la libérer et
- 77 qu’il ne prendrait aucun plaisir à le faire, d’autant plus que sa femme se trouvait à côté. Après avoir longuement hésité, la jeune femme, convaincue du don de B.Z.________, a décidé de lui faire confiance et c’est ainsi que, lors de la séance suivante, elle s’est couchée sur la table de massage et a décroché le bouton de son pantalon, de telle sorte que le prénommé a pu mettre sa main dans sa culotte pour faire des pressions sur son sexe. Le prévenu a en outre introduit des doigts dans son sexe tout en demandant à sa patiente de faire des mouvements analogues à l’acte sexuel avec son bassin, ce qui l’a surprise. F.________ étant très crispée, non seulement à cause de ces attouchements qui la mettaient mal à l’aise mais également parce que les pressions exercées lui faisaient mal, le prévenu lui a dit qu’il fallait qu’elle pense à autre chose, que ce n’était qu’une étape et qu’ensuite il n’aurait plus à la toucher, avant d’approcher sa bouche de la sienne et de lui dire « je t’aime ». Après cette séance, F.________ a pris conscience qu’il n’était pas nécessaire de toucher les parties intimes pour faire une ouverture de corps et que B.Z.________ avait abusé d’elle. Ainsi, lors du rendez-vous suivant, lorsqu’il lui a proposé de s’allonger, elle a catégoriquement refusé et il s’est contenté de faire de l’hypnose. Il a encore tenté, lors d’une consultation ultérieure, de l’embrasser, en invoquant le fait qu’il devait casser la barrière qu’elle mettait avec la gent masculine, mais la jeune femme s’est énervée. Il lui a répondu : « tu vois, tu t’énerves, c’est la colère que tu as contre tous les hommes » et « tu ne dois pas me voir comme un homme, mais comme un ange gardien ». La patiente, réalisant qu’elle angoissait avant les séances à l’idée de ce qu’il risquait de lui faire, a annulé son dernier rendez-vous et n’est plus jamais retournée chez le prévenu. Elle a déposé plainte le 29 novembre 2018 par l’intermédiaire de son avocat. 2.17 A [...], au printemps 2018, B.Z.________ a dit à F.________ qui lui avait présenté une photo de sa cousine, X.________, laquelle avait souffert d’un cancer et d’un problème de thyroïde, qu’il fallait que cette dernière vienne rapidement à sa consultation, car, si elle ne faisait rien, elle mourrait dans l’année. X.________ s’est dès lors présentée le lendemain et
- 78 - B.Z.________ lui a dit qu’elle était sous l’emprise de la magie noire et qu’il fallait qu’elle le paie environ 6'000 fr. pour qu’il la libère. Il a expliqué que sa femme avait également eu un cancer et qu’il avait réussi à la soigner à temps. X.________ trouvant cette somme trop importante, le prévenu a baissé son prix à environ 2'500 francs. Toutefois, cette dernière n’ayant pas confiance, peut-être du fait que B.Z.________ lui avait également dit qu’elle avait des problèmes de mauvaise odeur et d’acidité au niveau intime qui nécessitaient un traitement, ce qui était complètement faux, a refusé de payer et n’est malgré tout pas décédée. X.________ n’a pas déposé plainte. 2.18 A [...], en mars 2018, H.________ s’est rendue chez B.Z.________ sur conseil de sa meilleure amie, F.________, afin d’évoquer la dépression de son frère. Lors de la première séance, B.Z.________ lui a parlé d’elle et lui a dit qu’il pouvait l’aider avec les énergies pour qu’elle tombe enceinte. S’agissant de son frère, il a dit qu’il voyait son suicide et qu’il pouvait l’aider si elle lui versait 5'500 francs. Lorsque H.________ lui a dit que cette somme était trop importante, il l’a ramenée tout d’abord à 3'600 fr., puis à 1'800 francs. Compte tenu de l’état de détresse dans lequel était son frère et de la crainte de le perdre, la prénommée a versé cette somme, convaincue que le prévenu, qui se montrait très insistant quand il était question d’argent, avait un don et pouvait le sauver. Ce dernier lui a fait interdiction de parler de ce versement à qui que ce soit, son mari compris, à l’exception de sa mère qui en finançait une partie. H.________ a déposé plainte le 18 février 2019. 2.19 2.19.1 A [...], en avril 2018, B.D.________, née le [...] 1998, s’est rendue chez B.Z.________ sur conseil de son amie [...] pour de la clairvoyance. Lors de la séance, après lui avoir parlé d’elle, B.Z.________, lui a dit qu’elle rencontrerait quelqu’un au mois de septembre, ce à quoi B.D.________ a répondu qu’elle était surprise parce qu’elle était amoureuse de son premier amour, prénommé [...], avec qui elle avait repris contact.
- 79 - Elle a alors raconté à quel point elle l’aimait et, en réponse au prévenu qui lui demandait ce qu’elle était prête à faire pour le récupérer, elle a répondu : « tout ! ». Compte tenu de sa détermination et de l’état de faiblesse psychologique dans lequel elle se trouvait, B.Z.________ a reconnu une proie facile et, après lui avoir expliqué qu’il maîtrisait la magie, aussi bien la blanche que la noire, a su la convaincre qu’elle n’avait d’autre choix que de faire ce qu’il lui proposait. Il lui a ainsi dit qu’il pouvait entrevoir un avenir pour elle et [...] mais que ce dernier était freiné, car il la considérait comme une fille facile et que la seule solution pour que ce dernier change d’opinion et revienne définitivement vers elle était de les relier sexuellement en effectuant trois rites magiques – consistant en trois rapports sexuels complets avec lui-même – prestation « strictement professionnelle » faisant partie de son catalogue. En réponse à la question de la jeune femme, il a ajouté qu’il avait déjà pratiqué ces rites avec deux autres clientes et qu’elles avaient été satisfaites du résultat. B.Z.________ lui a alors expliqué que cette prestation coûtait 2'000 fr., sans compter les frais annexes puisque cela se déroulerait à l’hôtel, et qu’elle devait payer la chambre. B.D.________ lui a clairement dit qu’elle n’avait pas d’argent et il a accepté de faire un geste, puisqu’elle était encore en apprentissage, en baissant son prix de moitié. La prénommée a alors réfléchi plusieurs jours et a décliné l’offre par message en invoquant le fait que cela coûtait cher et qu’elle se voyait mal avoir un rapport sexuel avec un homme qui avait l’âge d’être son père. Le prévenu lui a alors répondu qu’elle devait faire abstraction de la différence d’âge et que ces rites – dont il lui garantissait le résultat – étaient le seul moyen de récupérer l’homme qu’elle aimait. Pour le surplus, il a ajouté qu’il avait pu parler avec la mère décédée de B.D.________ et qu’elle lui donnait son aval car elle voyait qu’il était bienveillant pour sa fille. Dès lors, la jeune femme, aveuglée par son amour pour [...] et le désespoir de l’avoir perdu et convaincue des capacités paranormales du prévenu, a accepté les rites et s’est engagée par contrat à n’en parler à personne, sous la menace de souffrir d’un enchaînement de malheurs en cas de violation. Afin de diminuer les frais, B.Z.________ a pour sa part accepté de renoncer à la chambre d’hôtel et c’est ainsi qu’il s’est rendu au domicile de sa victime à [...], le 16 mai 2018, où il a été accueilli par cette dernière, vêtue
- 80 uniquement d’un t-shirt blanc comme convenu. Il lui a dicté un consentement à l’acte sexuel le déchargeant de toute responsabilité et a disposé des bougies en cercle dans la cuisine, avant de se rendre dans la chambre pour procéder au rituel. Il s’est déshabillé, puis s’est allongé sur le lit, le sexe en érection, et a demandé à B.D.________ de venir sur lui dans la position d’Andromaque, ce qu’elle a fait à contrecœur, laissant le sexe non protégé du prévenu la pénétrer. Ce dernier lui a dit qu’il fallait qu’elle jouisse pour établir le lien avec [...] et B.D.________ a alors commencé à faire des mouvements d’aller et retour avec son bassin afin d’essayer de faire monter son plaisir, non sans mal, dès lors qu’elle n’avait aucune attirance pour B.Z.________, âgé de 44 ans de plus qu’elle. Malgré tout, encouragée par ce dernier qui lui disait qu’elle était belle et qu’il fallait qu’elle ait confiance en elle, la prénommée a persévéré et a finalement réussi à jouir, simultanément au prévenu qui a déchargé son sperme en elle. Ils se sont ensuite rhabillés pour se rendre à la cuisine où ce dernier, un livre à la main, a prononcé des prières au milieu des bougies, avant de se faire servir un café et de s’en aller. Quelque temps plus tard, B.D.________, qui ne remarquait pas d’amélioration dans sa relation avec [...] suite à ce rite, a réalisé qu’elle avait accepté d’aller trop loin pour le récupérer. Finalement, elle a rencontré un autre homme en juillet 2018 et a interrompu le contrat sans procéder aux deux autres rites. Elle est toutefois retournée chez B.Z.________ pour des problèmes de dos en juin 2018, dès lors qu’elle ne doutait pas encore de ses intentions bienveillantes à son égard. B.D.________ a déposé plainte le 8 février 2019. 2.19.2 Dans sa plainte, la prénommée a également reproché à B.Z.________ d’avoir, toujours à [...], à la fin du mois de juillet 2018, proposé à sa grand-mère, qui était venue le consulter pour chasser une entité qui la poursuivait, de l’en libérer contre paiement de 4'000 francs. Pour justifier ce prix, il avait exposé qu’il devait acheter des cartes qui étaient onéreuses. B.D.________ lui avait dit que ce montant était beaucoup trop élevé et celui-ci avait baissé le prix à 400 fr., somme que cette dernière avait versée sur son compte. Elle et sa grand-mère
- 81 n’avaient jamais vu les cartes que le prévenu disait avoir achetées et cette dernière avait continué à ressentir la présence de l’entité. Pour les raisons qui seront exposées ci-dessous, il n’a pas été retenu que ces faits étaient constitutifs d’infraction pénale (consid. 5.23.3). 2.20 A [...], en juin 2018, Y.________ (qui s’appelait à l’époque des faits [...]), née le [...] 1973, s’est rendue chez B.Z.________ sur conseil de sa nièce, C.V.________, afin de régler des choses du passé et remettre ses chakras en place. Lors du premier rendez-vous, le prévenu a passé ses mains au-dessus du corps sans le toucher, puis, à la fin de la séance, a demandé à la patiente de le prendre dans les bras et de lui dire « je t’aime », ce qu’elle a fait. La semaine suivante, Y.________ lui a parlé des difficultés qu’elle avait dans sa vie de couple et B.Z.________ lui a dit qu’elle devait se méfier de son conjoint et a proposé un contrat dans lequel il s’engageait à la protéger contre paiement de 2'600 francs. Il lui a ensuite dit qu’elle avait le chakra sexuel qui n’était pas équilibré, ce qui a étonné la prénommée, car elle n’avait pas de soucis à ce niveau-là. Celleci lui a toutefois confié qu’elle avait été victime d’attouchements lorsqu’elle avait 12 ans. Lors du rendez-vous suivant, qui a eu lieu le 3 août 2018, elle a dit au prévenu qu’elle ne pouvait pas payer 2'600 fr. et ce dernier lui a proposé en vain de lui faire un rabais à 1'600 fr., en insistant sur le fait qu’elle ne devait parler à personne de ce contrat. Par la suite, il a parlé de sexualité et évoqué les abus dont elle avait été victime. Il lui a proposé de pratiquer l’hypnose et Y.________ s’est allongée sur la table de massage. Il lui a alors dit qu’il devait la toucher à certains endroits pour rééquilibrer ses chakras et que, si cela la gênait, il pouvait faire venir sa femme. La patiente, qui n’avait pas compris ce qui pourrait lui poser problème, pensant qu’il pratiquerait comme la dernière fois, a répondu que c’était en ordre pour elle. Lors du rééquilibrage du chakra sexuel, B.Z.________ a tout d’abord posé sa main sur la jupe de Y.________, puis a évoqué une cicatrice de césarienne avant de passer sa main sous le haut de la jupe, puis sous sa culotte, ce qui a induit une crispation immédiate de la patiente. Il lui a alors dit de se détendre en fixant un point
- 82 et lui a subrepticement enfoncé profondément ses doigts dans son vagin, ce qui a fait mal à Y.________, en plus de la dégoûter, le prévenu n’ayant pas pris la peine de nettoyer ou ganter ses mains. Interloquée, elle lui a demandé ce qu’il faisait, ce à quoi il a répondu en retirant sa main qu’elle était sèche et qu’il voulait la transformer en « femme fontaine ». Elle lui a dit qu’elle n’était pas venue pour cela et qu’elle avait eu mal et l’intéressé lui a rétorqué que ce travail était nécessaire pour remettre les énergies en place et qu’il avait réussi à la débloquer. La patiente, extrêmement mal à l’aise et stressée, a prétexté devoir chercher ses enfants pour partir précipitamment et ne plus jamais revenir. Depuis les faits qui l’ont marquée, elle rencontre des difficultés dans sa vie intime. Y.________ déposé plainte le 8 février 2019. 2.21 A [...], le 12 juillet 2018, C.V.________, née le [...] 2000, et donc âgée de 17 ans, s’est rendue chez B.Z.________, sur conseil de son amie [...], car elle avait de la peine dans ses relations avec la gent masculine. Dès la première séance, elle a été dérangée par le fait que le prévenu était très tactile et qu’il lui propose un contrat, en lui disant que cela devait rester entre eux, alors qu’elle était mineure. B.Z.________ l’a également mise mal à l’aise en lui donnant comme instruction de brûler des bougies et se masturber en pensant à lui, afin de la relier à lui et d’améliorer ses relations avec son petit ami [...]. Entre les séances, il lui a adressé des messages WhatsApp lui demandant si elle avait eu un orgasme et quelle note elle lui mettait, afin de contrôler qu’elle avait bien suivi ses directives. A une occasion, cette dernière lui a répondu faussement par l’affirmative en faisant mine d’avoir eu un orgasme de niveau 10 et le prévenu, berné, lui a répondu (sic) : « T était reliée à moi. Quand t as jouie t as pensé à fond à ton ange gardien ». A une autre occasion, alors qu’elle venait de faire un rituel avec des bougies, il l’a à nouveau incitée à se masturber en lui écrivant : « Tu fais aussi en bas ? A fond », puis, parlant de la photo des bougies envoyées par la prénommée, il lui a expliqué le résultat par ces termes (sic) : « Elle montre que lui (ndlr : [...]) est quand même branché cul et que toi tu te réveilles petit à petit ! Les blocages sont en train de s’affaiblir ! L amour est présent pour
- 83 les deux ç est en train de changer favorablement pour toi c est. Cool ! Je veille sur toi ». Lors d’une séance, B.Z.________, qui a prétexté vouloir remettre les chakras de C.V.________ en place – en particulier celui lié à la sexualité –, a convaincu cette dernière d’accepter d’être hypnotisée, alors qu’elle avait tout d’abord refusé, par crainte de perdre le contrôle. Alors que la patiente était couchée sur la table de massage, selon elle dans un état semi-conscient, le prévenu, qui récitait un texte hypnotique, en a profité pour passer sa main sous son soutien-gorge et lui caresser les seins en faisant des mouvements circulaires autour des tétons. C.V.________ – que B.Z.________ avait rassurée en lui disant qu’il n’était pas un pédophile et que sa femme était à côté – n’a pas réagi, partant du principe que ces contacts, qui la mettaient mal à l’aise, étaient nécessaires pour la débloquer. Elle s’est ainsi laissé faire au point de passer, selon ses dires, dans un état totalement inconscient, jusqu’à ce qu’elle en émerge en raison d’une sensation bizarre de toucher, pour constater que le prévenu avait en fait inséré un doigt – ni lavé ni ganté – dans son vagin. Devant la réaction de panique de C.V.________, B.Z.________ a tout de suite retiré sa main de sa culotte en lui disant que ce n’était pas ce qu’elle croyait et qu’il était en train de la soigner en accédant à son chakra. La jeune fille n’en a eu cure et a quitté les lieux immédiatement. Suite à cet événement, malgré le fait qu’elle était traumatisée au point de ne plus accepter que son petit ami la touche, elle est retournée consulter le prévenu, toujours aussi convaincue qu’il pouvait l’aider avec ses dons surnaturels. Ce n’est que plus tard, en constatant qu’en réalité les séances lui faisaient plus de mal que de bien et en discutant avec sa tante Y.________ et son amie [...], qu’elle a réalisé que les gestes de B.Z.________ n’avaient en réalité aucun but thérapeutique. A la fin de l’année 2018, elle n’arrivait toujours pas à avoir des rapports sexuels satisfaisants, ne ressentant aucun plaisir voire même de la douleur, dès lors que ceux-ci ravivaient le traumatisme de cette séance avec le prévenu. C.V.________ a déposé plainte le 5 décembre 2018. 2.22 A [...], en septembre 2018, I.O.________, née le [...] 1964, s’est rendue chez B.Z.________ sur conseil de sa coiffeuse, Y.________, afin de se
- 84 sortir de l’alcoolisme dans lequel elle avait sombré suite au décès de sa mère en mai 2018. Lors de la première séance, B.Z.________ lui a dit que son frère, décédé 30 ans en arrière, était encore présent et la faisait souffrir car il était fâché contre elle. Il lui a alors proposé un contrat stipulant qu’en plus des séances pour traiter les problèmes d’alcool, elle devait payer 3'500 fr. pour travailler sur le deuil de sa maman et 2'500 fr. pour celui de son frère. Alors qu’il était convenu qu’elle paie au fur et à mesure à partir du début du travail au printemps 2019, le prévenu lui a finalement dit qu’il avait besoin d’argent et qu’il fallait qu’elle paie d’avance. C’est ainsi qu’I.O.________ lui a versé 7'000 fr. en plus de quatre séances à 100 francs. Lors des séances, B.Z.________ lui a régulièrement dit « je t’aime » en la serrant dans ses bras, ce qui ne manquait pas de la mettre mal à l’aise, et, à une reprise, l’a embrassée sur la bouche, avant de s’excuser en disant qu’il s’était emporté. Pour le surplus, il avait d’autres projets pour elle, puisqu’il lui a dit : « Chez toi, en bas, on voit que cela fait longtemps que ça dort, mais je m’en occuperai plus tard ». Il n’en a pas eu l’occasion, puisque, lorsque la patiente s’est présentée pour une cinquième consultation au début du mois de novembre 2018, il venait d’être placé en détention provisoire. I.O.________ a déposé plainte le 27 décembre 2018. 2.23 A [...], en septembre 2018, D.K.________, née le [...] 1992, qui essayait d’avoir un deuxième enfant après avoir fait plusieurs fausses couches, s’est rendue chez B.Z.________ sur les conseils de son amie H.________ qui lui avait dit être tombée rapidement enceinte grâce à ce dernier. Lors de la première séance, elle a eu le sentiment que le prévenu l’avait cernée, ce qui l’a confortée dans le fait qu’il avait un don et qu’elle pouvait lui faire confiance, d’autant plus qu’il lui a répété à plusieurs reprises qu’il était son ange gardien et qu’elle était en sécurité avec lui. B.Z.________ lui a ensuite dit qu’elle était victime de magie noire et qu’il pouvait travailler sur ce point contre paiement de 4'000 fr., ce que la patiente a refusé. Il lui a demandé d’être discrète sur ce qu’il faisait et sur l’argent qu’il demandait. Lors de la seconde séance, il a pratiqué l’hypnose sur la jeune femme et lui a proposé de faire une ouverture du corps par les
- 85 énergies au prochain rendez-vous. Cette dernière, qui avait entendu parler de cette pratique par son amie et qui était convaincue que ce rituel lui permettrait de tomber enceinte, a accepté de s’y soumettre, non sans demander que son mari puisse être présent, ce que le prévenu a catégoriquement refusé. Ainsi, lors de la troisième séance qui s’est déroulée le 26 octobre 2018, B.Z.________ a tout d’abord mis D.K.________ en confiance en lui disant qu’elle n’avait pas à s’inquiéter, qu’il ne lui arriverait rien de mal, qu’en sa qualité d’ange gardien, il n’était ni homme ni femme et qu’avec l’ouverture du corps qu’il allait pratiquer, son deuxième enfant allait arriver dans les prochains jours. Il l’a ensuite installée sur la table de massage et a commencé à descendre son pantalon jusqu’à mi-cuisse. Mal à l’aise, la prénommée lui a demandé ce qu’il faisait et il lui a expliqué qu’il était obligé d’entrer dans sa sphère pour l’énergie. La patiente, qui était convaincue du don de B.Z.________ et qui voulait à tout prix tomber enceinte, lui a fait confiance et l’a laissé faire. Le prévenu en a alors profité pour mettre sa main dans sa culotte et lui toucher l’extérieur du sexe. Il lui a ensuite apposé les mains sur le bras et le ventre en lui disant de se détendre, ce que la jeune femme a fait, pensant les attouchements terminés. Au contraire, le prévenu l’a alors pénétrée vaginalement avec les doigts, ce à quoi D.K.________ – qui aurait voulu l’en empêcher mais était, selon ses dires, dans un état de somnolence tel que son corps ne répondait plus – a été incapable de réagir. B.Z.________, qui lui touchait également le clitoris, lui a alors demandé de faire des mouvements de bassin pour simuler un rapport sexuel, tout en répétant qu’il n’était pas là pour lui faire du mal et qu’il n’était pas un pervers, et, alors qu’il avait pratiquement ses lèvres contre les siennes et qu’il se frottait le sexe contre la table, lui a susurré : « Estce que tu sens que ça chauffe ? », « Est-ce que tu sens que ça coule ? », « Je t’aime, je t’aime, je t’aime ». La jeune femme, consciente que ce qui se passait n’était pas normal mais incapable de repousser son agresseur en raison, selon elle, de son état hypnotique, a subi ces attouchements durant de longues minutes jusqu’à atteindre l’orgasme contre son gré. Par la suite, B.Z.________ l’a fait asseoir sur une chaise et l’a fait repartir dans un état d’hypnose le temps qu’il évoque l’enfant qu’elle allait accueillir. La victime s’est ensuite endormie et, au terme de la séance qui a duré 1h35,
- 86 le prévenu lui a fait interdiction de parler de ce rendez-vous à qui que ce soit, invoquant un contrat oral entre eux. Pour le surplus, alors qu’elle était déjà traumatisée et se sentait extrêmement mal, notamment en raison du fait qu’elle avait joui durant la séance, le prévenu a ajouté à sa culpabilité en lui disant qu’il avait senti qu’elle aurait voulu aller plus loin mais qu’il y avait renoncé. Pour terminer, il lui a proposé de revenir encore à trois ou quatre reprises et de réitérer l’ouverture du corps comme il devait, selon lui, le faire dans 75% des cas, mais elle n’est plus jamais retournée à son cabinet. D.K.________ a déposé plainte le 27 octobre 2018. 2.24 Le 1er novembre 2018, F.L.________, née le [...] 1975, s’est rendue chez B.Z.________, à [...], sur conseil de [...], une cliente du fitness où elle travaillait, car cela faisait quatre ans qu’elle tentait de tomber enceinte, au point que c’en était devenu une obsession. Dans un premier temps, le prévenu lui a dit qu’il devait travailler à distance sur photographie lors de certaines phases lunaires et qu’elle devait lui payer au plus vite 1'600 fr. pour qu’il puisse acheter le matériel, car le travail devait se faire la semaine suivante. La prénommée a dit qu’elle devait réfléchir et il lui a proposé de faire de l’hypnose. B.Z.________ a tout d’abord commencé en position assise, puis lui a demandé de se coucher sur la table de massage. Il lui a expliqué qu’il allait lui dire qu’il l’aimait et qu’elle devait répondre qu’elle aussi. Il lui a ensuite demandé si elle avait du plaisir sexuel avec son compagnon, ce à quoi elle a répondu par l’affirmative. Il lui a alors expliqué qu’elle considérait son ami plus comme un géniteur que comme un amant et lui a demandé de baisser son pantalon pour qu’il puisse apposer ses mains sur son ventre pour l’aider à avoir plus de plaisir au niveau sexuel. Il a appuyé au niveau des ovaires et lui a répété trois fois « je t’aime », ce qui a mis mal à l’aise la patiente qui n’a toutefois pas réagi pensant que le traitement devait être fait ainsi. Il a ensuite dit qu’il avait fini, mais lui a malgré tout demandé l’autorisation de la toucher à nouveau. Pensant qu’il allait refaire la même procédure, l’intimée a accepté, mais B.Z.________ a soudain tiré son pantalon et sa culotte vers le bas et a inséré un doigt non ganté dans son vagin, avant de
- 87 le ressortir et de s’exclamer en le lui montrant : « Tu as vu comme tu étais mouillée, cela veut dire que mon travail a fonctionné ». Prise au dépourvu, F.L.________ n’a pas réagi et a renoncé à se plaindre de ne pas avoir donné son accord au traitement tel qu’il venait de se dérouler. Le prévenu l’a alors invitée à faire l’amour le soir avec son compagnon en précisant que celui-ci allait le remercier, puis a demandé des photographies de ses parents et, constatant que sur un des clichés, son père était à l’hôpital, a annoncé qu’il voyait sa fin proche. Il s’est alors proposé de la retarder, afin que F.L.________ puisse tomber enceinte avant d’être trop choquée par le décès de son père pour le faire. Pour le surplus, il a expliqué que ses parents souffraient de la magie noire et que sa mère la lui avait transmise lorsqu’elle était enceinte d’elle et qu’elle la transmettrait à son tour à son enfant s’il ne travaillait pas là-dessus. Il lui a dit qu’étant donné qu’elle était une amie de [...], il lui faisait un prix d’ami à 4'600 fr. et l’a à nouveau pressée de payer rapidement en lui expliquant qu’il devait absolument procéder la semaine suivante en raison de la lune. Face au refus de la patiente, il a à nouveau articulé la somme de 1'600 fr. qu’il avait évoquée au début de leur entretien et lui a remis un bulletin de versement en lui demandant de faire le paiement le jour même. Il lui a dit qu’il établirait un contrat qu’elle signerait la fois suivante et que tout ce qui s’était passé devait rester entre eux. L’intimée n’a pas effectué le versement et a appris peu après que son agresseur avait été arrêté. F.L.________ n’a pas déposé plainte. 3. Par avis de débit de la [...] du 25 mars 2021, B.Z.________ a remboursé à F.________, H.________, O.________, F.G.________, B.D.________, I.O.________, [...],G.X.________ et N.________ les montants dont il s’était reconnu débiteur envers chacun d’elles selon chiffre X du dispositif du jugement attaqué (P. 308). E n droit :
- 88 - 1. Interjetés dans les formes et délais légaux (art. 399 CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 ; RS 312.0]), par des parties ayant qualité pour recourir contre le jugement d’un tribunal de première instance qui a clos la procédure (art. 398 al. 1 CPP), l’appel de B.Z.________ et l’appel joint du Ministère public sont recevables.
2. Aux termes de l'art. 398 CPP, la juridiction d'appel jouit d'un plein pouvoir d'examen sur tous les points attaqués du jugement (al. 2). L'appel peut être formé pour violation du droit, y compris l'excès et l'abus du pouvoir d'appréciation, le déni de justice et le retard injustifié (let. a), pour constatation incomplète ou erronée des faits (let. b) et pour inopportunité (let. c) (al. 3). L'appel doit permettre un nouvel examen au fond par la juridiction d'appel. Celle-ci ne doit pas se borner à rechercher les erreurs du juge précédent et à critiquer le jugement de ce dernier ; elle doit tenir ses propres débats et prendre sa décision sous sa responsabilité et selon sa libre conviction, qui doit reposer sur le dossier et sa propre administration des preuves. L'appel tend à la répétition de l'examen des faits et au prononcé d'un nouveau jugement (TF 6B_481/2020 du 17 juillet 2020 consid. 1.2 ; TF 6B_952/2019 du 11 décembre 2019 consid. 2.1 ; TF 6B_727/2019 du 27 septembre 2019 consid. 1.3.1 ; Eugster, in : Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Jugendstrafproz