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Genève Tribunal pénal 15.02.2019 P/8860/2017

15 février 2019·Français·Genève·Tribunal pénal·PDF·16,170 mots·~1h 21min·3

Résumé

CP.112 CP

Texte intégral

Siégeant : M. Christian ALBRECHT, président, M. Fabrice ROCH et Mme Anne JUNG BOURQUIN, juges, Mme Carole PERRIERE, greffière P/8860/2017 RÉPUBLIQUE ET

CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE

JUGEMENT DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Chambre 21

15 février 2019

MINISTÈRE PUBLIC A______, domiciliée ______, partie plaignante, assistée de Me F______ Monsieur B______, domicilié c/o Me G______, ______, partie plaignante, assisté de Me G______ Monsieur C______, partie plaignante Monsieur D______, partie plaignante E______, domiciliée ______, partie plaignante contre Monsieur X______, né le ______1993, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me H______ Monsieur Y______, né le ______1994, domicilié ______, prévenu, assisté de Me I______

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public conclut : - s'agissant de X______, à un verdict de culpabilité pour tous les chefs d'infraction mentionnés dans l'acte d'accusation, à sa condamnation à une peine privative de liberté de 5 ans, à son maintien en détention pour des motifs de sûreté, à sa condamnation aux 9/10ème des frais de la procédure et à ce qu'il soit fait bon accueil aux conclusions civiles des parties plaignantes; - s'agissant de Y______, à un verdict de culpabilité pour tous les chefs d'infraction mentionnés dans l'acte d'accusation, à sa condamnation à une peine privative de liberté de 8 mois, à la révocation de la libération conditionnelle prononcée le 29 novembre 2016 et à sa condamnation à 1/10ème des frais de la procédure. B______, par la voix de son Conseil, conclut principalement à un verdict de culpabilité pour tentative d'assassinat en concours avec l'agression, étant précisé qu'il s'en rapporte à justice quant à un concours avec une infraction de lésions corporelles graves, subsidiairement à un verdict de culpabilité pour tentative de meurtre en concours avec l'agression, plus subsidiairement à un verdict de culpabilité pour lésions corporelles graves en concours avec l'agression, à un verdict de culpabilité pour tous les autres chefs d'infraction mentionnés dans l'acte d'accusation, à ce qu'il soit fait bon accueil à ses conclusions civiles et à ce que ses vêtements lui soient restitués. D______ conclut à un verdict de culpabilité. E______ conclut à un verdict de culpabilité et à ce qu'il soit fait bon accueil à ses conclusions civiles. Y______, par la voix de son Conseil, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité pour tentative de lésions corporelles simples, conclut au prononcé d'une peine clémente ne dépassant pas la détention déjà subie, s'oppose à la révocation de la libération conditionnelle prononcée le 29 novembre 2016, s'en rapporte à justice quant à la prolongation du délai d'épreuve ainsi qu'au prononcé d'une assistance de probation et de règles de conduite. X______, par la voix de son Conseil, conclut à un verdict de culpabilité pour rixe et pour dommages à la propriété d'importance mineure s'agissant des faits décrits sous rubrique B.I. de l'acte d'accusation, à son acquittement pour le surplus s'agissant des faits visés sous cette même rubrique, à un verdict de culpabilité pour voies de fait, subsidiairement pour tentative de lésions corporelles simples s'agissant des faits visés sous rubrique B.II. de l'acte d'accusation, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité s'agissant des faits visés sous rubrique B.III. de l'acte d'accusation, sollicite le prononcé d'une peine compatible avec le sursis partiel, conclut au rejet des conclusions civiles hormis celles déposées par la E______ à l'exclusion des intérêts sollicités.

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EN FAIT A. aa. Par acte d'accusation du 31 octobre 2018, il est reproché à X______ d'avoir, à Genève, le 23 avril 2017 aux alentours de 01h30, aux abords du skate-park de la plaine de Plainpalais: - de concert avec le mineur J______, à la tête d'une bande d'autres individus demeurés inconnus, menacé et injurié un groupe de personnes fêtant un anniversaire et composé notamment d'B______, d'K______, de D______ et de L______, en leur disant qu'ils allaient leur "faire mal" s'ils ne quittaient pas les lieux (littéralement: s'ils ne se "cassaient pas"), - sorti un couteau à longue lame, tout comme le mineur J______, pour illustrer ses propos menaçants, qu'il continuait de tenir, - incité les membres de sa bande à attaquer et à frapper les membres du groupe fêtant un anniversaire, ce que certains ont fait, - mis en fuite, avec J______ et leur bande, une partie du groupe menacé, - commencé, avec plusieurs personnes de sa bande à frapper B______, lequel était venu en aide à un membre de son groupe qu'ils battaient puis, avec ses comparses, d'avoir placé ou laissé tomber B______ sur un muret circulaire en béton et d'avoir continué à le frapper, le précité s'étant alors retrouvé à genoux, le ventre dirigé contre le muret, les deux mains sur la tête pour tenter de se protéger des multiples coups reçus, - tout en se tenant debout, frappé B______ de deux coups de couteau dans le dos et, en regardant B______ en souriant, d'avoir levé le bras pour lui donner un troisième coup de couteau, étant précisé qu'il n'en a été empêché que par l'intervention de D______ et d'K______, - ce faisant, endommagé de manière irréversible, d'une part, une veste grise à fermeture éclair neuve, un pullover bleu marine à fermeture éclair et un t-shirt noir en les trouant doublement dans le dos et, d'autre part, un téléphone portable IPHONE 6, objets appartenant à B______, étant précisé que X______ a expliqué son comportement par la volonté de se venger d'un inconnu faisant partie du groupe opposé au sien qui l'aurait blessé au visage, en frappant un membre quelconque dudit groupe, et a déclaré avoir pris la fuite après les évènements, jeté son couteau, et être parti danser, étant encore précisé qu'en raison de ces évènements, B______ a souffert d'un emphysème sous-cutané et musculaire thoracique postérieur supérieur droit de 5.8 centimètres, d'une fracture sur le versant postérieur de la 4ème côte à droite, d'un hémo-pneumothorax, d'une lacération pulmonaire du lobe postérieur droit, et d'une atteinte d'une branche de la bronche lobaire supérieure droite. Il a en outre présenté deux plaies à bords nets au niveau du dos, respectivement en région thoracique supérieure droite et gauche, des dermabrasions à la jambe droite et au genou gauche et sur la face inférieure du menton à droite, et des

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ecchymoses à la pointe du nez, au bras gauche et sur la muqueuse buccale à gauche, faits qualifiés de tentative d'assassinat (art. 22 et 112 CP), subsidiairement de tentative de meurtre (art. 22 et 111 CP), d'agression (art. 134 CP), de menaces (art. 180 CP), d'injures (art. 177 CP), de contrainte (art. 181 CP) ou de tentative de contrainte (art. 22 et 181 CP), de lésions corporelles graves et simples (art. 122 et 123 CP) et de dommages à la propriété (art. 144 CP). a.b. Par ce même acte d'accusation, il lui est également reproché d'avoir, le 28 octobre 2017, vers 19h50, dans le tram n°15, à la hauteur de la route du Grand- Lancy, à Onex, de concert avec Y______, agressé, sans motif, C______, en lui donnant notamment un coup de poing au niveau de la tempe et de la mâchoire, en lui pratiquant un étranglement du bras droit et en lui donnant des coups de genou, étant précisé que Y______ donnait pour sa part des coups de poing à la victime, faits qualifiés d'agression (art. 134 CP) et de lésions corporelles simples (art. 123 CP). a.c. Il est encore reproché à X______ d'avoir, à Genève, entre le 19 octobre 2017, à 4h00, et le 20 octobre 2017, à 13h00, seul ou avec des tiers non identifiés, pénétré sans droit et contre la volonté des ayants droit dans le garage de A______, sis M______, en fracassant la porte à coups de pied et en arrachant le cadre de celle-ci, puis, à l'intérieur, d'avoir endommagé le comptoir de A______ et dérobé, dans le but de se les approprier et de se procurer un enrichissement illégitime, CHF 700.-, une montre FOSSIL, un portemonnaie LOUIS VUITTON, un téléphone BLACKBERRY, un ordinateur MACBOOK PRP, un appareil photo réflex CANON EOS 500 D, un téléphone SAMSUNG GALAXY S3, un téléphone SAMSUNG NOTE 3, un ordinateur MACBOOK AIR, et un écran LCD SAMSUNG APPLE (sic), une vitrine d'exposition, une quarantaine de maillots de football de collection, des pièces de rechange pour la réparation de matériel électronique, une tour ACER PREDATOR, un écran BENQ, un écran HP, une console PSP blanche et une console PSP noire avec des jeux, faits qualifiés de violation de domicile (art. 186 CP), de vol (art. 139 CP) et de dommages à la propriété (art. 144 CP). b. Par acte d'accusation du 31 octobre 2018, il est reproché à Y______ d'avoir, à Genève, le 28 octobre 2017, vers 19h50, dans le tram n°15, à la hauteur de la route du Grand-Lancy, à Onex, de concert avec X______, agressé, sans motif, C______, en lui donnant notamment des coups de poing, étant précisé que X______ a donné pour sa part à C______ un coup de poing au niveau de la tempe et de la mâchoire et des coups de genoux, et a pratiqué sur lui un étranglement du bras droit, faits qualifiés d'agression (art. 134 CP) et de lésions corporelles simple (art. 123 CP).

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B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure : Des évènements du 23 avril 2017 a.a. Selon le rapport d'arrestation du 25 avril 2017, le 23 avril 2017 à 01h35, la police a été requise sur la plaine de Plainpalais, à la suite d'un appel faisant état d'un individu, soit B______, victime de deux coups de couteau. Sur place, les agents ont appris des amis d'B______ que ce dernier avait été pris à partie par plusieurs agresseurs et qu'il avait reçu deux coups de couteau dans le dos. Une ambulance du Service d'incendie et de secours (ci-après: "SIS") a été dépêchée sur place pour prodiguer les premiers soins puis B______ a été conduit aux services d'urgences des Hôpitaux universitaires genevois (ci-après: "HUG"), où il a été admis aux environs de 02h00. Cette même nuit, à proximité de la plaine de Plainpalais, la police a d'une part interpellé, à la rue des Savoises, J______, à l'époque âgé de 17 ans. Le précité a dans un premier temps été désigné par N______, amie d'B______, comme l'auteur des coups de couteau subis par ce dernier. O______ s'est quant à lui fait interpeller alors qu'il se rendait en direction du Boulevard Georges-Favon. Le précité avait dérobé le vélo d'K______, également ami d'B______, lorsque la foule s'était rassemblée autour du blessé. Aux termes du rapport de police, tant J______ que O______ ont été relâchés rapidement, sans être formellement entendus, dans la mesure où il ressortait des déclarations recueillies sur place que ni l'un ni l'autre ne correspondait à l'auteur des coups de couteau subis par B______. Selon les premiers éléments médicaux recueillis par la police, B______ présentait deux plaies d'un centimètre de largeur dans le dos. Un scanner a révélé que son poumon droit avait été légèrement perforé. Un drain a été posé dans la plaie donnant accès au poumon droit et la lésion de cet organe a été recousue. Les deux plaies dans le dos ont ensuite été refermées via la pose d'une dizaine de points de suture. L'éthylotest pratiqué à 02h59 sur B______ a révélé un taux de 1.4 ‰. b.a. B______ a déposé plainte pénale le 23 avril 2017 en raison de faits survenus au cours de la nuit précédente. Entendu par la police dans les locaux des HUG, il a expliqué s'être rendu, la veille vers minuit, à une soirée organisée sur la plaine de Plainpalais à l'occasion de l'anniversaire d'un ami. Une quinzaine de personnes étaient présentes à cet évènement. Dans un premier temps, tout s'était bien passé. Les gens buvaient et écoutaient de la musique. Environ une heure après son arrivée, une quinzaine de personnes de son âge, étrangères à la fête, s'étaient approchées de l'un des membres de son groupe, dont il ne se rappelait pas le nom. Il y avait eu de la tension, mais il n'y avait pas réellement prêté attention. Toutefois, à un certain moment, les quinze personnes avaient commencé à "tabasser très méchamment" le membre de son groupe. Il n'avait pas bien vu la scène, mais ce dernier essuyait des coups de poing et de pied de la part des assaillants. Il s'était approché des agresseurs et avait immédiatement été pris à partie. Après avoir reçu des coups de poing, il s'était défendu en "allumant" trois des agresseurs à coups de poing au visage. Les autres assaillants s'en étaient alors également pris à lui et lui

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avaient asséné des coups de poing et de pied sur tout le corps. Alors qu'il était entouré, il avait senti deux coups dans le dos. A la suite de ces derniers, il s'était retourné et avait vu un homme noir qui le regardait en souriant. L'homme tenait, sauf erreur, un couteau pliable dans sa main droite, avec une lame d'une quinzaine de centimètres. Dans un premier temps, il avait pensé que les deux coups qu'il avait reçus avaient été donnés avec le poing. Deux minutes plus tard, ses amis, qui lui avaient fait remarquer qu'il saignait, avaient évoqué des coups de couteau. Une ambulance avait été immédiatement appelée. Il ne se rappelait pas des évènements qui avaient suivi dans la mesure où il se trouvait alors sous adrénaline. Ses amis D______, N______, P______ et Q______, avaient assisté à son agression. S'agissant de l'homme qu'il avait vu après avoir reçu deux coups dans le dos, il a indiqué qu'il était de type africain, de corpulence fine et mesurant environ 180 centimètres. Il devait avoir 17 ou 18 ans et avait des cheveux noirs bouclés, probablement courts. Il portait un vêtement de type "survêtement CARTIER". Il ne l'avait pas entendu s'exprimer. Il pensait pouvoir reconnaitre cet individu s'il lui était présenté. S'agissant de sa consommation d'alcool, B______ a indiqué avoir bu une bière alors qu'il se trouvait à la soirée d'anniversaire, étant précisé que, plus tôt dans la soirée, il avait partagé une bouteille de vodka avec des amis lors d'un barbecue. Il n'était pas "complètement pompette" mais l'on pouvait dire qu'il était "social". Sur présentation de planches photographiques, B______ a indiqué qu'il lui semblait que la personne correspondant à O______, pouvait être l'un des individus qui lui avaient donné des coups. Il n'était toutefois pas l'auteur des coups de couteau. b.b. Par courrier du 19 juillet 2017, B______ a complété sa plainte pénale en expliquant que, dans les circonstances décrites ci-dessus sous point b.a., son téléphone IPHONE 6, ainsi que sa veste neuve, avaient été endommagés. c. Divers documents médicaux ont été versés au dossier en cours de procédure en lien avec l'état de santé d'B______: c.a. B______ a fait l'objet d'un constat de lésions traumatiques effectué par la Dre ______ et le Prof. ______, auteurs du rapport d'expertise du 17 novembre 2017 du Centre universitaire romand de médecine légale (ci-après: "CURML"). Aux termes de ce rapport, l'examen médical pratiqué le 23 avril 2017 dès 05h05 a principalement mis en évidence les lésions suivantes, lesquelles pouvaient chronologiquement entrer en relation avec les faits décrits par B______: - deux plaies à bords nets au niveau du dos, respectivement en région thoracique supérieure droite (plaie A suturée) et gauche (plaie B); - des dermabrasions fraiches (jambe droite et genou gauche) dont l'une linéaire et filiforme (face intérieure du menton à droite); - des ecchymoses (pointe du nez, bras gauche et muqueuse buccale à gauche); - des érythèmes (avant-bras droit, bras et poignet gauche, ainsi que cuisse gauche).

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Par ailleurs, l'analyse des images radiologiques effectuées le 23 avril 2017 aux services d'urgences des HUG a permis de mettre en évidence un trajet lésionnel thoracique postérieur supérieur droit, correspondant à la plaie en région thoracique supérieure droite, avec un emphysème sous-cutané et musculaire thoracique postérieur supérieur droit, une fracture sur le versant postérieur de la 4ème côte à droite, un hémopneumothorax, une lacération pulmonaire du lobe supérieur droit, ainsi qu'une atteinte d'une branche de la bronche lobaire supérieure droite. Si la mesure de la profondeur des tissus mous et muscles traversés n'a pu être déterminée de façon fiable et précise, en revanche, la profondeur intra-thoracique, à savoir la distance entre le plan osseux au niveau de la côte lésée et le parenchyme pulmonaire, était de 5.8 centimètres, avec une trajectoire orientée d'arrière en avant, de haut en bas et de droite à gauche. Enfin, les médecins ont notamment émis les considérations médico-légales suivantes : - les plaies à bords nets ainsi que la dermabrasion linéaire et filiforme étaient compatibles avec des lésions provoquées par un/des objet/s piquant/s et tranchant/s, tel qu'un couteau par exemple; - les ecchymoses et les dermabrasions étaient la conséquence de traumatismes contondants (heurt/s du corps contre un/des objet/s contondant/s, coup/s reçu/s par un/des objet/s contondant/s), avec une composante tangentielle pour les dermabrasions. Elles étaient compatibles avec des coups de poing et pied reçus lors d'une bagarre tel que déclaré par B______; - en l'absence d'instabilité hémodynamique rapportée par les cliniciens durant la prise en charge, les lésions constatées n'ont pas mis concrètement en danger la vie d'B______. c.b. Selon l'expertise toxicologique du 14 juin 2017, les échantillons de sang prélevés sur B______ la nuit des faits entre 02h20 et 04h20 ont notamment révélé la présence d'éthanol (1.82 g/kg), de THC, de THC-OH et de THCCOOH, de cotinine et de caféine dans le sang de l'intéressé, compatibles avec une consommation récente de cannabis. d. D______ a déposé plainte pénale en date du 23 avril 2017 en raison des faits survenus au cours de la nuit précédente. Entendu par la police, il a indiqué s'être rendu, la veille vers 19h30-20h00, au skate-park de la plaine de Plainpalais pour fêter l'anniversaire d'un ami nommé Q______. Il avait proposé à B______ de se joindre à cet évènement. Une vingtaine de personnes étaient présentes en début de soirée. Des génératrices, des amplificateurs de sons et des luminaires avaient été installés sur les lieux. Vers 01h17, il était allé ranger le matériel de la fête dans sa voiture avec B______. A ce moment-là, Q______ avait tenté de le joindre par téléphone à deux reprises, mais il n'avait pas répondu. Alors qu'il était en train de retourner au skate-park en compagnie d'B______, Q______ était venu précipitamment dans leur direction et leur avait expliqué s'être fait agresser verbalement par quatre ou cinq individus dans la zone de la fête. L'un d'entre eux l'avait également menacé de mort. D______ avait été à la rencontre desdits individus afin de s'enquérir de l'identité de celui qui avait menacé de

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mort son ami. Il avait alors reçu un coup de poing au niveau du thorax, de la part d'un "petit gros à lunettes". A ce moment-là, une patrouille de police était intervenue. En présence de cette dernière, l'homme qui lui avait donné un coup de poing lui avait dit: "C'est ton jour de chance, attends que les flics partent". Un autre individu, de couleur noire, avait essayé de l'empêcher d'aller parler aux agents en le bloquant physiquement et lui avait dit: "Tu fais quoi là". La police avait finalement dispersé les deux groupes puis avait quitté les lieux. L'autre groupe d'individus s'était à nouveau approché pour les importuner. Deux membres de ce dernier, soit l'homme qui l'avait frappé et celui qui avait voulu l'empêcher de parler aux policiers, avaient sorti des couteaux à longues lames de 15 à 20 centimètres, nickelés et symétriques, ce qui avait effrayé et fait fuir une partie de leur groupe. Lui-même avait eu peur mais était resté sur place, tout comme K______, L______ et B______. Alors que les individus s'approchaient d'eux, il avait, pour se défendre, saisi une bouteille dans chacune de ses mains et les avait agitées pour éloigner les agresseurs. A un moment donné, il avait constaté que cinq individus s'étaient attaqués à B______ et le frappaient. Le précité était alors à genoux, couché sur le ventre sur une table ronde. D______ avait eu l'impression d'assister à une "exécution". Cela avait été terrible. Alors que l'homme de couleur noire poignardait B______ à deux reprises pendant que ce dernier était maintenu par un autre individu, il avait asséné un coup de bouteille sur la tête de celui-ci, dans le but d'aider son ami. Son geste avait dispersé les agresseurs. K______ avait alors pu dégager B______ et l'avait conduit à l'écart. Par la suite, l'un des membres du groupe d'agresseurs avait volé le vélo d'K______. D______ avait poursuivi le voleur, bouteilles à la main. Peu après, le voleur et lui-même avaient été interpellés par la patrouille de gendarmes qui était intervenue précédemment. Lors de cette soirée, Q______, L______, R______, S______, P______, K______ et N______ avaient notamment été présents. S'agissant de l'auteur des coups de couteau sur B______, D______ a indiqué qu'il était de type africain, de corpulence normale à forte et mesurant entre 185 et 188 centimètres. Il devait avoir entre 18 et 25 ans et avait les cheveux noirs, courts et crépus. Il était vêtu d'un pull sombre à capuche et parlait français avec l'accent "des banlieues". Quant à l'individu qui lui avait donné un coup de poing, il était de type européen, de corpulence forte et mesurait entre 160 et 170 centimètres. Il devait être âgé de 16 à 22 ans et avait les cheveux noirs et courts. Il portait des lunettes de vue grossissantes avec un cadre noir et était vêtu d'un pull clair à capuche. S'agissant de sa consommation d'alcool durant la soirée, D______ a indiqué avoir bu trois bières de 25 centilitres, ainsi que du vin rosé. Il était relativement sobre. De manière générale, ses amis n'avaient pas abusé de l'alcool au cours de la soirée. Sur présentation de planches photographiques, D______ a reconnu J______ comme "le petit gros à lunettes" qui l'avait frappé. Il a également reconnu O______ comme la personne qui avait volé le vélo de son ami.

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e. Plusieurs personnes présentes lors des évènements survenus dans la nuit du 22 au 23 avril 2017 ont été entendues lors de l'enquête de police, respectivement sur délégation du Ministère public, entre le 23 avril 2017 et le 19 mai 2017. e.a. K______ a relaté que, le soir des faits, il était arrivé seul au skate-park aux alentours de 22h00, afin de fêter l'anniversaire d'Q______. Les gens discutaient en faisant des grillades et en buvant modérément. L'ambiance était bonne. Alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui vers 01h00, il avait constaté la présence d'un groupe, composé selon lui d'une dizaine de "petites racailles" compte tenu de leur attitude, qui se tenait à une dizaine de mètres du leur. Au même moment, il avait entendu Q______, paniqué, informer son groupe d'amis de ce qu'il s'était fait, sans raison, menacer de mort par l'un des membres dudit groupe. Par la suite, ce dernier avait commencé à les insulter. Pour ses amis et lui-même, il était évident que le groupe en question cherchait la bagarre. Il n'avait pas répondu à ces insultes mais il y avait eu, par la suite, des échanges d'injures entre les deux groupes. Des policiers étaient intervenus et avaient calmé les esprits. Cela étant, dès le départ de la police, les membres de l'autre groupe, qui cherchaient manifestement l'affrontement, avaient recommencé à les invectiver. Il avait constaté à ce moment-là qu'un individu métissé le fixait méchamment du regard. Il le sentait prêt à "bondir" et à faire "quelque chose de très mal". Alors que l'autre groupe s'était rapproché du leur dans le but d'en "découdre", il avait constaté que deux individus, soit celui qui l'avait précédemment fixé méchamment du regard, ainsi qu'un individu "assez petit et gros", brandissaient un couteau dans la main de manière ostentatoire. La lame des couteaux devait mesurer environ 10 centimètres. Afin de leur faire peur et de les faire reculer, D______ s'était dirigé vers eux en agitant deux bouteilles vides dont il s'était saisi. B______, les mains vides, s'était également dirigé vers les individus. K______ avait lui-même suivi B______ mais il s'était arrêté dès qu'il avait vu ce dernier se faire attaquer par l'homme métis porteur d'un couteau. Il lui semblait que l'homme avait donné un coup de poing à son ami pour le faire tomber. B______ avait alors chuté, en arrière, sur un petit muret. Il se trouvait lui-même à deux ou trois mètres de la scène. Après avoir fait tomber son ami, l'homme métis n'avait pas hésité à asséner, de manière circulaire, deux coups de couteau dans le dos de ce dernier. Ces coups avaient été portés de manière "très violente", comme si l'homme avait eu "l'intention de le tuer". B______ avait gémi et semblait avoir mal. Il s'était précipité vers son ami afin de l'extraire des lieux et l'avait aidé à s'asseoir sur un muret, étant précisé qu'B______ ne parvenait pas à marcher seul. Il lui semblait que l'auteur des coups de couteau avait pris la fuite en direction de la MIGROS. En soulevant la veste et le t-shirt d'B______, il avait vu une plaie sanguinolente et constaté que du sang coulait dans son dos. Il avait ainsi appelé une ambulance, tandis que N______ prévenait la police. Lorsque cette dernière était arrivée, B______ était déjà entouré d'une flaque de sang. Son visage était blême. Il était dans un état "critique". Au même moment, S______ lui avait signalé que son vélo avait été volé par un individu de l'autre groupe. L'homme, poursuivi par ses amis, s'était fait arrêter par la police vers la MIGROS. A cet endroit, il avait pu récupérer son vélo et était retourné au skate-park. Il avait alors appris qu'B______ avait été pris en charge par les ambulanciers.

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Il a précisé que rien ne justifiait l'agression subie par B______. L'autre groupe avait recherché l'affrontement. Il y avait bien eu des mots échangés mais leur groupe, dont aucun des membres n'était porteur d'une quelconque arme, n'avait, à aucun moment, cherché à semer le trouble. Il n'avait pas vu d'autres membres de son groupe recevoir de coups mais D______ lui avait dit avoir été frappé au thorax ou au ventre. S'agissant de sa consommation d'alcool le soir en question, K______ a indiqué qu'il avait consommé deux bières de 33 centilitres ainsi que deux verres de vodka. Au moment des faits, P______, D______, L______, S______, R______, B______, ainsi que N______ se trouvaient sur les lieux. S'agissant de l'homme métis qui avait asséné les coups de couteau à B______, il était de corpulence plutôt forte et mesurait entre 175 et 180 centimètres. Il devait être âgé d'une vingtaine d'années et portait une coupe "afro", courte. Selon ses souvenirs, il était vêtu d'une veste bleue foncée et d'un tshirt rayé. Quant au deuxième individu qui avait brandi un couteau, il était de type européen, de petite taille et de corpulence plutôt forte. Il devait mesurer 160 centimètres et être âgé de 20 ans. Il portait des lunettes de vue, ainsi qu'une veste noire. Sur présentation de planches photographiques, K______ a indiqué qu'J______ pouvait correspondre à l'individu de "petite taille et de corpulence plutôt forte" qui avait tenu un couteau. Il a formellement reconnu O______ comme la personne qui avait volé son vélo. e.b. T______ a expliqué que, le 22 avril 2017, aux alentours de 18h00, il avait rejoint des amis, dont U______, au skate-park de la plaine de Plainpalais afin de pratiquer le skateboard et de boire des bières. Sur invitation de L______, tous deux avaient rallié, vers 22h00 ou 23h00, la fête d'anniversaire d'Q______. Après minuit, un groupe d'individus avait commencé à importuner un groupe de filles, qui se trouvaient à proximité du lieu de l'anniversaire. Puis, l'un des individus de ce groupe et Q______ avaient commencé à "s'engueuler". Il avait entendu l'homme insulter et menacer de tuer Q______. Ce dernier avait alors informé ses amis de l'agression verbale qu'il venait de subir. Les membres de leur groupe s'étaient approchés, tandis que le groupe de filles avait quitté les lieux. L'individu qui avait insulté et menacé de tuer Q______ avait sorti un couteau, qu'il avait montré à leur groupe, en menaçant à nouveau Q______ en lui disant: "Vas-y, si t'es un homme, viens te battre". Le couteau possédait une lame asymétrique d'environ 10 centimètres. L'un des participants à l'anniversaire, N______ selon son souvenir, avait alors appelé la police, laquelle était intervenue et avait tenté de calmer la situation, avant de quitter les lieux. Immédiatement après le départ des policiers, le même individu avait recommencé à les insulter en les incitant à se bagarrer. L'homme était en compagnie d'un individu de type métis. Ce dernier tentait de mobiliser les autres membres du groupe d'agresseurs, lesquels "rôdaient" autour d'eux pour les intimider. B______ était alors intervenu pour tenter de calmer la situation, mais son intervention avait eu pour effet de déclencher la bagarre. Le groupe des agresseurs s'était jeté sur B______. Debout sur un banc, un peu à l'écart, T______ avait assisté à la scène. L'individu qui avait précédemment exhibé son couteau avait remis celui-ci à l'homme de type métis,

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lequel avait caché l'arme dans la paume de sa main, "comme s'il voulait que la lame soit dans sa paume et que seul la pointe du couteau ressorte". Le même homme avait ensuite donné des coups à B______, qu'il avait d'abord pris pour des coups de poing avant de réaliser qu'il s'agissait en réalité de coups de couteau. Ces derniers avaient été assénés de façon circulaire avec "la lame dans la paume de la main et qui sortait en direction de son pouce". Il avait constaté par la suite que l'emplacement des plaies sur le corps d'B______ correspondait aux endroits visés par l'homme qui tenait le couteau. Les membres de son groupe et lui-même avaient tenté d'écarter B______ de la bagarre. Les agresseurs avaient toutefois continué à donner des coups aux personnes présentes. Luimême avait reçu, à un certain moment, des coups de bâton derrière le genou. La police était finalement intervenue une seconde fois mais, à la vue de cette dernière, l'auteur des coups de couteau avait pris la fuite. T______ a indiqué que ce dernier devait être d'origine maghrébine, sans certitude. Il était de corpulence forte, mesurait environ 180 centimètres et devait avoir entre 20 et 30 ans. Il avait les cheveux noirs, un peu bouclés, et rasés sur les côtés. Il portait une barbe de trois jours, uniquement sur le bout du menton. Il était vêtu d'un pull noir à rayures bleues et d'une jaquette noire. Il parlait français sans accent. T______ pensait être en mesure de le reconnaitre. S'agissant de sa consommation d'alcool durant la soirée, T______ a indiqué avoir bu entre sept et neuf bières de 3 décilitres, ainsi que de la liqueur. Sur présentation de planches photographiques, T______ a formellement reconnu J______ comme étant le jeune agresseur porteur d'un couteau, qui avait remis ce dernier à l'auteur des coups de couteau. Il lui semblait également que O______ pouvait être l'individu ayant volé le vélo d'un ami au cours de la bagarre. e.c. U______ a expliqué que, le soir des faits, il était arrivé à 20h00 au skate-park de la plaine de Plainpalais. Il était avec cinq personnes, dont T______ et N______. Dans le courant de la soirée, ils avaient rejoint un anniversaire "de bikers et de skaters". Une quinzaine de personnes étaient présentes à cet événement. Vers 01h20, un groupe, composé d'une dizaine de personnes d'origine maghrébine et qui s'était précédemment disputé avec un groupe de filles, était venu à leur rencontre. Une patrouille de police était brièvement intervenue. Dès le départ de cette dernière, les membres dudit groupe avaient commencé à les insulter et l'un d'eux les avait menacés avec un couteau de type "poignard", avec une lame d'environ 20 centimètres. Souhaitant protéger les personnes présentes, B______ s'était dirigé vers les membres de l'autre groupe et leur avait demandé ce qu'il se passait. Ces derniers avaient sauté sur B______ et lui avaient asséné des coups de poing et de pied. Ils l'avaient véritablement "lynché". Les membres de leur groupe, qui n'avaient pas répondu par la violence, avaient vainement tenté de calmer les agresseurs. Tout s'était passé très vite. Ses amis avaient tenté, non sans peine, de retirer B______ de la "mêlée". Alors que ce dernier était revenu vers lui et s'était assis sur un banc, en se tenant la tête, l'un des agresseurs, qui n'était pas celui qui les avait précédemment menacés, avait "planté" à deux reprises B______ dans le dos, étant précisé que l'individu tenait l'arme comme un poignard. Ils

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s'étaient ensuite occupés d'B______ jusqu'à l'intervention de la police, moment auquel les agresseurs avaient pris la fuite en direction de l'Usine. T______ et N______ avaient également assisté aux évènements. S'agissant de l'agresseur d'B______, il était de type métis, de corpulence très forte et mesurait 180 centimètres. Il portait une barbe noire, ainsi qu'un pull bleu à rayures noires et une jaquette noire. L'individu qui les avait en premier lieu menacés avec un couteau était de type européen, de corpulence forte et mesurait 160 centimètres. Il portait des lunettes et une casquette de marque. Il était vêtu d'un pull à capuche gris clair et d'une veste en cuir. Il pensait pouvoir le reconnaitre. S'agissant de sa consommation d'alcool au cours de la soirée, U______ a reconnu avoir bu 1.5 litre de bière, ainsi que deux verres de vodka pure. Il avait également fumé un joint de cannabis. e.d. P______ a relaté que, le soir du 22 avril 2017, il s'était rendu à l'anniversaire d'un ami au skate-park de Plainpalais en compagnie de N______. Une vingtaine ou trentaine de personnes étaient présentes à cet événement. Aux alentours de 00h30-01h00, alors qu'ils avaient rangé leur matériel et s'apprêtaient à quitter les lieux, il avait entendu une dispute verbale entre D______, notamment, et un groupe d'une quinzaine de jeunes qui devaient avoir, en moyenne, entre 20 et 25 ans. Peu après, la police était intervenue pour calmer la situation puis avait quitté les lieux. Quelques instants après le départ des agents, le groupe d'individus s'était montré plus virulent à leur encontre. Deux hommes avaient sorti des couteaux de type "papillon" avec des lames d'environ 15 centimètres. B______ était intervenu et avait dit aux membres de l'autre groupe de se calmer, précisant qu'eux-mêmes ne voulaient pas d'"embrouille". A ce moment, cinq individus de l'autre groupe s'étaient jetés sur B______ et lui avaient notamment donné des coups de pied dans les côtes. D______ avait ensuite séparé les protagonistes et extrait l'agressé des lieux. B______ saignait alors du nez. D______ avait ensuite saisi des bouteilles dans ses mains et avait dit à l'autre groupe de ne pas approcher. Les membres de ce dernier avaient cependant continué à se montrer menaçants. Ils insultaient et frappaient les personnes présentes à l'anniversaire. La situation était confuse et il y avait du monde, un peu partout. A un certain moment, B______ avait surgi "un peu de nulle part" en indiquant qu'il s'était fait poignarder. P______ n'avait pas vu la scène en question. Une ambulance et la police avaient immédiatement été appelées. Une quinzaine de minutes plus tard, B______ avait été emmené en ambulance. Invité à décrire les individus porteurs d'un couteau, il a indiqué que le premier était un homme de type africain de l'ouest, de corpulence normale et mesurant environ 175 centimètres. Il devait avoir entre 20 et 25 ans. Il avait les cheveux noirs et courts. Au moment des faits, il était notamment vêtu d'une veste noire en cuir et de jeans bleus. Quant au second individu, il s'agissait d'un homme de type asiatique, de corpulence forte et mesurant entre 165 et 170 centimètres. Il devait être âgé de 20 ou 25 ans et avait les cheveux foncés, courts sur les côtés. Au moment des faits, il portait des lunettes – probablement de vue –, une casquette, un t-shirt gris et un gilet sans manche.

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Sur présentation de planches photographiques, P______ a indiqué qu'il lui semblait que O______ ressemblait fortement à l'un des membres du groupe des agresseurs. e.e. N______ a expliqué que, le soir du 22 avril 2017, aux alentours de 22h00, elle était allée à l'anniversaire d'Q______, au skate-park de Plainpalais, en compagnie de P______. Une quinzaine d'individus avait pris part à l'anniversaire. Du matériel sonore, une génératrice pour un barbecue, ainsi que des lumières avaient été installés. Il y avait de l'alcool, surtout de la vodka et des bières. Il y avait également quelques joints. L'ambiance était bonne et, dans un premier temps, il n'y avait pas eu de problème avec qui que ce soit. Après minuit, alors que leur groupe ne comptait plus qu'une dizaine de personnes, elle avait remarqué qu'il y avait un problème avec un groupe d'individus qui se trouvait à côté du leur. Des policiers étaient intervenus et s'étaient adressés à deux ou trois personnes dudit groupe. Elle avait entendu que le ton montait entre ce dernier et certains amis d'Q______, mais n'avait pas compris les propos qui avaient alors été tenus. Selon elle toutefois, ils se "cherchaient un peu", étant précisé que les membres de l'autre groupe "faisaient un peu les malins". Les policiers avaient ensuite quitté les lieux, alors qu'un des individus de l'autre groupe, qui avait dû être retenu par les épaules par un policier, était encore "un peu lancé" et "un peu chaud". Un autre individu, soit un "petit avec des lunettes et une casquette" avait commencé à faire des allers-retours entre les groupes, un couteau à la main. La lame dudit couteau mesurait entre 15 et 20 centimètres. B______ et D______ avaient essayé de discuter avec les membres de l'autre groupe, notamment avec l'individu porteur du couteau. Elle avait entendu qu'ils disaient: "C'est juste un anniversaire, calmez-vous!". Pour elle, ses amis avaient plutôt tenté de calmer la situation. D______, à la vue du couteau, avait toutefois saisi deux bouteilles. Elle ignorait s'il avait par la suite frappé quelqu'un avec ces dernières. Elle avait vu trois personnes, ou plus, attaquer B______, lequel n'était pour sa part porteur d'aucune arme. Parmi elles, figuraient l'individu "un peu lancé" et "un peu chaud" ainsi que le "petit avec des lunettes et une casquette". La scène, qui avait duré quelques secondes, avait été confuse, étant précisé qu'elle avait alors téléphoné à la police. B______ avait reçu plusieurs coups de poing durant l'attaque. Après cette dernière, elle avait vu que le précité était assis sur un banc et qu'il avait la bouche et les mains en sang. Plusieurs de ses amis s'étaient occupés de lui puis la police était arrivée. Une partie du groupe d'agresseurs avait pris la fuite. Elle a précisé avoir vu, durant l'attaque subie par B______, le "petit à lunettes" s'approcher de ce dernier et donner des coups avec son couteau. Elle pensait cependant qu'il ne l'avait pas touché, car ses amis lui avaient dit par la suite que c'était quelqu'un d'autre qui avait donné "le coup de couteau". A ce sujet, elle a expliqué avoir constaté que l'individu "un peu lancé" et "un peu chaud", qui avait dû être retenu par la police lors de la première intervention, se trouvait également tout prêt d'B______ lors de l'attaque et qu'il était également porteur d'un couteau. Elle avait pensé que l'homme en question s'était fait remettre le couteau précédemment porté par le "petit à lunettes".

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Elle a décrit le "petit à lunettes" comme un homme d'une vingtaine d'années, mesurant 160 centimètres, et "un peu rond". Il avait la peau plutôt blanche et portait des lunettes de vue de forme ronde ainsi qu'une casquette. S'agissant de l'homme "chaud", il était âgé d'environ 20 ans, d'origine africaine avec la peau noire, avec des cheveux noirs de 4 à 5 centimètres et un peu de barbe – surtout sur le bas du visage –. Il mesurait environ 180 centimètres et avait un peu de ventre. Il était vêtu d'un pull bleu foncé avec des rayures noires et d'une veste en cuir. Il parlait le français sans accent. Au sujet de sa consommation d'alcool durant la soirée, elle a indiqué avoir bu deux verres de whisky. Sur présentation de planches photographiques, N______ a reconnu J______, comme étant le "petit à lunettes", porteur d'un couteau. e.f. R______ a relaté qu'il était arrivé au skate-park de Plainpalais, en compagnie de S______ notamment, le 22 avril 2017, à 19h30. Ils s'étaient rendus à une soirée d'anniversaire festive. L'ambiance était bonne. En début de soirée, ils avaient fait du vélo, puis avaient installé du matériel sonore et des barbecues jetables pour faire des grillades. Il n'avait jamais été question de semer de trouble, ils n'étaient pas des bagarreurs. Peu après 01h00, il avait constaté qu'Q______ discutait avec un homme, lequel faisait partie d'un groupe d'une dizaine d'individus se tenant à proximité du leur. Il n'avait pas entendu la teneur de cette discussion mais l'homme avait une attitude vindicative à l'égard de son ami, auquel il avait dit: "ferme ta gueule!". Q______ avait ensuite signalé aux membres de son groupe que cet individu, qui était un peu excité, l'avait menacé de mort. D______, qui avait entendu une partie de l'échange survenu entre les deux hommes, était intervenu auprès de l'individu en question et lui avait demandé quel était son problème. D______ et l'homme s'étaient alors poussés mutuellement. Une patrouille de police était arrivée sur les lieux et avait tenté de calmer la situation. Après le départ des policiers, le même individu était revenu "chercher la merde" et faisait "le malin" avec sa bande de copains. L'homme avait soudainement sorti un couteau, qu'il tenait dans la main droite, et les avait fixés du regard. R______ avait senti qu'il voulait "en découdre", l'homme paraissant déterminé à "planter" l'un d'entre eux. Un second individu du même groupe, de type africain, s'était également trouvé porteur d'un couteau et montré tout aussi agressif à leur égard. Les lames desdits couteaux mesuraient entre 10 et 15 centimètres. R______ et les membres de son groupe s'étaient sentis menacés. B______ s'était approché des deux individus pour discuter avec eux. Il n'était pas agressif et semblait vouloir calmer la situation. Les deux hommes n'étaient toutefois pas dans le même état d'esprit. Se trouvant à quelques mètres de la scène, R______ avait eu une excellente vue sur la suite des évènements. Une bousculade avait eu lieu et l'ensemble de l'autre groupe s'était précipité sur B______, lequel avait reçu une multitude de coups de poing et de pied. Son ami s'était retrouvé sur un banc, tandis que les coups "pleuvaient" toujours sans discontinuer. R______ n'avait pas vu de coup de couteau être donné à B______. Il a toutefois précisé qu'au moins sept personnes se trouvaient alors sur ce dernier et qu'il y avait eu beaucoup de mouvements, de sorte qu'il

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n'avait pas vu le déroulement de la scène. D______ avait ensuite tenté de défendre B______. Le groupe d'agresseurs avait reculé et ses membres s'étaient dispersés. K______ avait ensuite été chercher B______ sur le banc et l'avait conduit sur un autre banc, à une dizaine de mètres des lieux de l'agression. Parallèlement à ces évènements, il avait vu un homme dérober le vélo d'K______ et prendre la fuite. Le voleur avait été interpellé par la police peu après. R______ a indiqué que le premier individu porteur d'un couteau était un homme de type balkanique, de corpulence assez forte et mesurant 165 centimètres. Il devait être âgé de 20 ans environ et portait des lunettes de vue, ainsi qu'une casquette. Le second individu était un homme de type africain, de corpulence forte – il avait du ventre – et mesurait 180 centimètre. Il était âgé d'environ 20 ans, avait les cheveux courts sur les côtés et d'environ 3 ou 4 centimètres en hauteur – de type "mini afro" – et portait un training bleu. Au sujet de sa consommation d'alcool, R______ a déclaré avoir bu, pendant la soirée, deux bières de 33 centilitres et un peu de vodka. Sur présentation de planches photographiques, R______ a déclaré qu'il reconnaissait J______ comme étant l'individu de petite taille qui avait, en premier, semé le trouble. Il a également reconnu O______ comme la personne ayant volé le vélo. e.g. S______ a rapporté qu'il avait rejoint des amis au skate-park situé sur la plaine de Plainpalais aux alentours de 18h30. En début de soirée, le groupe d'amis avait allumé un barbecue et mangé. En fin de soirée, un groupe s'était installé non loin du leur et avait importuné des filles qui passaient par-là. Par la suite, ledit groupe avait commencé à se montrer menaçant et insultant avec eux. Les membres de ce groupe, qui les provoquaient, donnaient l'impression qu'ils voulaient se battre. Une patrouille de police était intervenue et avait rétabli le calme, avant de quitter les lieux. Une dizaine de minutes plus tard, le ton était à nouveau monté entre les membres des deux groupes, étant précisé qu'il avait entendu des insultes. Il avait alors remarqué que deux ou trois individus de l'autre groupe tenaient des couteaux. Il n'avait pas vu ce qui s'était passé par la suite. Les autres membres de son groupe lui avaient uniquement indiqué avoir été roués de coups. A un moment, il avait seulement constaté que plusieurs membres du groupe adverse partaient en courant. R______ lui avait alors fait remarquer que le vélo d'K______ avait été volé, de sorte qu'il s'était mis à courir après le voleur. Il s'était ensuite s'était fait contrôler par la police avant d'être relâché. S'agissant des hommes qui portaient des couteaux, S______ a indiqué que l'un d'eux était de type africain, âgé de 20 ans environ, élancé et mesurant entre 185 et 190 centimètres. Il avait des tresses fines de type "dreadlocks" qui descendaient sur son front. Il était vêtu de vêtements sombres. Le couteau qu'il tenait avait une lame d'environ 15 centimètres. Il se souvenait également de la présence d'un individu de petite taille et portant des lunettes de vue, qu'il qualifiait "d'agitateur" dans la mesure où il avait injurié les membres de son groupe lors des deux altercations successives. Il ne se souvenait toutefois pas de l'avoir vu avec un couteau.

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Il a encore indiqué que, le soir des faits, il était "bien alcoolisé" et qu'il ne se rappelait pas de tout. e.h. Q______ a expliqué que, le soir des faits, il était arrivé vers 20h00 au skate-park de la plaine de Plainpalais afin de fêter son anniversaire. Une quinzaine de ses amis avaient pris part à l'événement. Il avait amené de la nourriture et quelques bouteilles d'alcool. L'ambiance était bonne. En fin de soirée, aux alentours de 01h00-01h15, il avait suggéré à ses amis de commencer à quitter les lieux en raison du fait qu'il n'y avait plus d'éclairage au niveau du skate-park. Plus ou moins au même moment, un groupe de cinq personnes s'était assis non loin du leur. Ayant constaté que l'une de ces personnes se sentait mal, il leur avait proposé de l'eau, pour les aider. Immédiatement, son interlocuteur l'avait menacé de manière agressive en lui disant "Ouais fais attention", tout en sortant de sa poche un couteau, dont la lame était légèrement plus petite qu'un stylo. Il avait répondu "C'est bon, tranquille, on va partir!". Choqué, il avait indiqué discrètement à ses amis qu'il fallait s'en aller. Il avait également informé D______ qu'il avait été menacé avec un couteau. Alors qu'il était encore sous le choc de ce qui s'était passé et qu'il discutait avec P______, il lui semblait que l'autre groupe avait attaqué ses amis. Il se souvenait avoir vu B______ entouré de plusieurs inconnus, qui le poussaient à tour de rôle et qui l'avaient pris à partie. Il ne se rappelait pas des évènements qui avaient suivi. En effet, il faisait très sombre et il avait beaucoup bu. Son souvenir suivant coïncidait avec l'arrivée de la police et d'une ambulance sur les lieux. Il avait ensuite vu B______, posé sur un banc et avait constaté qu'il saignait. Son ami avait été touché dans le dos. Il se rappelait que la police était intervenue plus tôt au cours de la soirée mais était incapable de fournir des détails à cet égard. S'agissant de l'individu qui l'avait menacé avec un couteau, Q______ a déclaré qu'il était d'origine européenne, de corpulence assez forte et de petite taille (165 centimètres). Il devait être âgé de 18 à 20 ans environ, avait des yeux un peu bridés et portait des lunettes de vue. S'agissant de sa consommation d'alcool, Q______ a indiqué que le soir de son anniversaire il était ivre, ayant bu au moins huit verres d'alcool fort. Sur présentation de planches photographiques, Q______ a indiqué qu'J______ ressemblait à l'individu qui l'avait menacé. e.i. Entendu le 28 avril 2017, L______ a expliqué que le 21 (sic) avril 2017, il avait fêté l'anniversaire de son ami Q______. Des personnes extérieures s'étaient greffées à leur groupe. Ils avaient installé de la musique et fait un barbecue. L'ambiance était bonne. Plus tard dans la soirée, un autre groupe d'une douzaine de personnes s'était installé à côté du leur. Il n'avait pas très bien saisi ce qu'il s'était passé. A un moment, Q______ était venu vers lui et d'autres amis, l'air paniqué. Le précité les avait informés qu'un individu, de petite taille et portant des lunettes ainsi qu'une casquette, l'avait menacé avec un couteau, raison pour laquelle il voulait quitter les lieux. Plus ou moins au même

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moment, une patrouille de police était intervenue. Il avait dit aux agents que le ton montait et qu'il était préférable qu'ils restent sur place. La situation s'était calmée pendant quelques minutes tout au plus et, après le départ de la police, l'autre groupe s'était rapproché et avait tenu des propos tels que "pourquoi vous avez mêlé les flics à notre histoire? Vous êtes des tapettes!" ou encore "barrez-vous!". Il avait alors répondu: "Ça sert à quoi de vous exciter comme ça. On est en train de fêter un anniversaire". A ce moment, un "petit à lunettes", tenant dans la main un couteau avec une lame de 7 à 8 centimètres et mimant des coups dans le vide pour lui faire peur, lui avait rétorqué: "Toi ferme ta gueule ou je te schlasse ta mère", puis "barre-toi". Un deuxième individu, d'origine africaine, lui avait également dit, plusieurs fois, "toi, casse-toi, ferme ta gueule, fils de pute!". Se sentant menacé, il avait reculé. Par la suite, il avait entendu que cela "chauffait" et "éclatait". Il s'était retourné et avait vu des gens se pousser. Il pensait que les gens du groupe adverse avaient poussé un membre de leur groupe, peut-être D______. Ce dernier et B______ s'étaient avancés pour se défendre. A ce moment, quatre ou cinq individus, dont le "petit à lunettes" qui tenait toujours son couteau, avaient commencé à s'en prendre à B______. Celui-ci et D______ avaient tous deux reçu plusieurs coups de poing. D______ avait voulu écarter le porteur du couteau en lui donnant un coup sur la tête. "Le petit à lunettes" avait été complètement sonné et n'avait ainsi pas pris part aux évènements qui avaient suivi. Il ignorait si, dans ce cadre, l'homme avait perdu son couteau ou s'il l'avait donné à quelqu'un, mais il avait constaté qu'un autre individu, soit l'homme d'origine africaine qui l'avait précédemment insulté en compagnie du "petit à lunettes", était alors armé d'un couteau similaire. A ce moment, deux ou trois individus s'étaient attaqués à B______ en lui donnant des coups de poing. Ce dernier, réalisant qu'il ne pourrait se défendre contre les assaillants, s'était mis en boule, les mains sur la tête, sur un banc circulaire. D______, qui avait vu la scène, avait cassé une bouteille par terre. Un ou deux individus s'étaient éloignés d'B______ mais le dernier homme, soit l'homme d'origine africaine, avait posé une main sur la tête d'B______ et lui avait asséné deux coups dans le dos. L'homme avait immédiatement pris la fuite, tout comme d'autres membres du même groupe. D'autres individus étaient cependant restés sur place et avaient continué à les importuner avant de quitter les lieux. B______, blessé, avait ensuite été pris en charge par les secours. En compagnie des autres invités de la fête, il avait rangé le matériel. Aux alentours de 02h50-03h00, il avait revu le "petit à lunettes", accompagné d'un tiers, en train de chercher un téléphone portable. Il leur avait dit de "dégager", puis était rentré chez lui. L______ a indiqué que l'homme qui avait donné les coups de couteau était de type africain, assez gros et mesurait environ 175 centimètres. Il portait une petite barbichette légèrement bouclée et avait les cheveux noirs, légèrement bouclés et très court (type "Afro"). Il était vêtu d'un pull noir à rayures bleues et de jeans sombres. Quant au "petit à lunettes", il était de type européen, un peu "rond" et mesurait environ 165 centimètres. Il devait être âgé de 17 à 19 ans. Il portait des lunettes de vue carrées et une casquette de marque sur la tête. Il avait les cheveux courts et bouclés.

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Sur présentation de planches photographiques, L______ a formellement reconnu J______ comme étant le "petit à lunettes" en possession d'un couteau au début de l'altercation. e. Entendu par la police le 19 mai 2017, V______ a déclaré que le soir des faits, il avait passé le début de soirée chez son ami W______. Ils avaient bu de l'alcool, avant de rejoindre, aux alentours de minuit, un groupe d'amis "latinos" vers le skate-park de la plaine de Plainpalais. Une première bagarre avait éclaté au cours de laquelle son ami avait été blessé par un coup de bouteille, reçu derrière la tête. Alors que les deux hommes s'étaient déplacés de l'autre côté du skate-park, il avait assisté à une seconde bagarre. Parmi les nombreuses personnes présentes figuraient notamment un "petit con qui se la pétait et qui agitait un couteau". Cet individu, qu'il connaissait de vue et qui semblait alcoolisé, était "vraiment chaud et agité". V______ avait pensé qu'il allait "planter" quelqu'un. Il avait également remarqué la présence d'un individu qui tenait des bouteilles dans les mains. Il avait ensuite entendu un bruit et avait vu le "petit agité" tomber en arrière. L'homme s'était retrouvé à terre et V______ avait décidé d'aller l'aider. L'homme pleurait et criait. Il se lamentait car il avait perdu son téléphone. Pris de pitié pour lui, il avait composé le numéro de téléphone de l'individu afin d'aider ce dernier à retrouver son appareil. Après la fin de la bagarre, il était resté avec W______ et le précité. Par la suite, il avait été contrôlé par la police puis était rentré chez lui. Le lendemain, il avait appris par la rumeur et les journaux qu'un homme avait reçu un coup de couteau et avait eu le poumon perforé. Il avait également entendu dire que les coups de couteau avaient été donnés par un "gros black", mais n'avait pas plus de précisions à donner à cet égard. Sur présentation de planches photographiques, V______ a indiqué qu'J______ pouvait correspondre à l'individu de petite taille porteur d'un couteau. f. O______ et J______ ont été interpellés le 25 avril 2017 à leur domicile respectif. f.a.a. A l'occasion de la visite domiciliaire effectuée chez O______, la police a notamment saisi une tablette IPAD dans la chambre de l'intéressé. f.a.b. Entendu par la police le 25 avril 2017 en qualité de prévenu, O______ a indiqué que le 22 avril 2017, à 22h00, il avait rejoint son amie devant le FORUM de Meyrin. Ils avaient bu une bouteille de SMIRNOFF de 75 centilitres. Puis, aux alentours de minuit, il avait souhaité rejoindre son ami prénommé "______" au Z______, soit une boîte de nuit située sur le quai du Seujet, et avait pris le tram 18 jusqu'à la plaine de Plainpalais. Il s'était rendu à Plainpalais pour acheter de l'alcool dans un magasin de tabac dont le propriétaire lui faisait des prix. En traversant la plaine de Plainpalais, devant le skatepark, il avait constaté que deux groupes d'individus, l'un de "bikers", l'autre de "latinos", s'insultaient. Ils étaient nombreux. Quelqu'un avait lancé une bouteille en verre, ce qui avait constitué le commencement de la bagarre. Il avait remarqué que certains jeunes tenaient des bâtons en bois dans les mains et qu'un autre était blessé et saignait au niveau du crâne. Il n'avait pas pris part à la bagarre et n'avait agressé personne. Il avait décidé de profiter de l'agitation provoquée par la bagarre pour voler un vélo et fuir en

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direction de la place du Cirque. Il avait toutefois percuté un véhicule parqué à proximité de l'établissement MOULIN ROUGE et s'était fait interpeller. O______ a dans un premier temps contesté connaître J______. Une photographie de ce dernier, retrouvée dans l'IPAD saisi lors de la perquisition de son domicile, lui ayant été soumise, il a finalement reconnu qu'ils étaient amis depuis deux ou trois ans. Le soir des faits, vers minuit, après avoir passé du temps avec son amie, il avait rejoint J______ à la plaine de Plainpalais. Les personnes de leur groupe avaient ensuite partagé leurs bouteilles avec un autre groupe, composé principalement de "latinos et d'arabes", assis à proximité. Il ne les connaissait pas vraiment. Assez rapidement, ce second groupe avec commencé à insulter un troisième, composé de "bikers". Ces derniers avaient riposté, notamment en lançant une bouteille en verre, ce qui avait déclenché la bagarre. A cet instant précis, il avait volé un vélo et était parti au guidon de ce dernier. S'agissant de l'attitude d'J______ au cours de ces évènements, O______ a indiqué avoir constaté que son ami, qui était "un peu excité", avait insulté des gens. Il ne l'avait toutefois pas vu frapper qui que ce soit ou en possession d'un couteau. Il a admis être le titulaire du raccordement suisse 1______ depuis le 31 décembre 2016. f.a.c. Par-devant le Ministère public le 26 avril 2017, O______ a, en substance, confirmé ses précédentes déclarations. Il avait été présent le soir des faits mais n'avait participé à aucune bagarre. Il avait quitté les lieux dès le début de cette dernière. Il n'avait vu personne en possession d'un couteau. Il avait toutefois constaté la présence d'individus munis de bâtons et de bouteilles. Afin de s'enfuir, il avait volé un vélo. S'agissant d'J______, il a indiqué avoir uniquement remarqué qu'il était alcoolisé, mais n'avait rien vu de plus. Enfin, le soir des faits, il n'avait pas reçu d'appel téléphonique de son père car il avait vendu son téléphone le jeudi précédant les faits. f.b.a. A l'occasion de la visite domiciliaire effectuée chez J______, la police a notamment saisi, dans la chambre du précité, une casquette, une paire de lunettes cassées, ainsi qu'un pull à capuche de couleur grise maculé d'une tâche de sang. f.b.b. Entendu par la police le 25 avril 2017 en qualité de prévenu, J______ a reconnu, en substance, avoir assisté à une bagarre dans la nuit du 22 au 23 avril 2017, au skatepark de la plaine de Plainpalais. Il ne connaissait toutefois aucune des personnes présentes et n'avait pas donné le moindre coup. Il n'avait pas été en possession d'un couteau lors de cette soirée. Il a expliqué que le soir en question, après avoir dîné avec ses parents, il était sorti de chez lui sans téléphone portable, ayant égaré ce dernier quelques jours auparavant. Vers 21h30-22h00, il avait pris le bus, puis le tram, pour se rendre à Bel-Air, puis à Rive. Après avoir envisagé de se rendre à Baby-Place, il s'était finalement rendu à la promenade de l'observatoire, où il avait retrouvé une connaissance prénommée "Momo". Après qu'il avait bu quatre ou cinq verres de vodka en compagnie de "Momo", ce dernier et ses amis s'étaient rendus au Z______. Il s'était pour sa part dirigé vers la plaine de Plainpalais, où il pensait croiser d'autres connaissances. Il était alors conscient de ce qu'il faisait mais se sentait ivre. Aux alentours de 01h00 ou 02h00, il s'était rendu

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vers le skate-park, où se trouvait un groupe de sept ou huit garçons, soit selon lui le groupe qui avait ensuite été agressé, ainsi qu'un groupe de filles. Alors qu'il était en train de marcher, une personne du groupe de garçons lui avait agrippé le bras. Il n'avait pas trouvé ce geste agressif, mais l'avait plutôt interprété comme une volonté de fournir de l'aide. Ne comprenant pas l'attitude de l'homme, il avait ôté le bras de ce dernier et s'était rendu vers le groupe de filles pour discuter. L'ambiance était bonne. Par la suite, un nouveau groupe de cinq ou six garçons, dont faisaient partie "deux maghrébins", "trois africains" et "un européen" qui buvaient de l'alcool et étaient agressifs, s'était approché de lui et des filles. L'un des individus de type maghrébin leur avait demandé une cigarette, en vain. Ce groupe s'était alors dirigé vers l'autre groupe de garçons. Une "embrouille" et une bousculade avaient eu lieu. Le groupe de filles avait fui. Des policiers étaient intervenus et avaient calmé la situation, avant de quitter les lieux. Après le départ des agents, la situation avait rapidement dégénéré. Entendant des cris et des bruits de bagarre, et constatant que les protagonistes de cette dernière s'approchaient de lui, il s'était levé et avait marché dans la direction opposée. A cet instant, il avait reçu un coup au visage, lequel avait eu pour effet de faire tomber ses lunettes. Il s'était mis à la recherche de ces dernières et ne les avait récupérées qu'au moment où la police était arrivée sur les lieux pour la deuxième fois. A ce moment, tous les participants de la bagarre avaient déjà pris la fuite. Il avait été contrôlé puis relâché, ne correspondant pas au signalement de la personne recherchée. Il était dès lors rentré chez lui. Interrogé sur la tache de sang retrouvée sur le pull à capuche gris saisi dans sa chambre, J______ a indiqué qu'il ignorait à qui correspondait ce sang. Il était toutefois possible qu'il s'agisse du sien. Il était exclu qu'il corresponde à celui de la personne ayant reçu des coups de couteau la nuit des faits. Une photo de lui-même, retrouvée dans l'IPAD de O______, lui ayant été soumise, il a reconnu qu'il connaissait ce dernier et qu'il l'avait croisé le soir des faits sur la plaine de Plainpalais. Il ne l'avait pas mentionné précédemment car il ne pensait pas qu'il s'agissait d'un élément important. Informé que O______ le mettait en cause pour avoir insulté des membres d'un autre groupe le soir des faits, il a répondu qu'il n'en savait rien, que cela était peut-être arrivé, ajoutant qu'il était alors "bourré". g. Une surveillance rétroactive des télécommunications a été ordonnée en relation avec les numéros de téléphone 1______, attribué à O______, et 2______, attribué à J______. g.a. Il ressort du rapport de renseignement du 10 mai 2017 que le raccordement téléphonique 1______, utilisé par O______, a cessé d'être actif en date du 21 avril 2017 à 16h33, soit plus de vingt-quatre heures avant la survenance des faits. S'agissant du raccordement téléphonique 2______ attribué à J______, des communications ont eu lieu, le 22 avril 2017 vers minuit, avec les numéros attribués à AA______ et AB______, alors que le numéro utilisé par J______ est localisé à la rue de Rhône. A 00h45, une borne a été activée à la rue Général Dufour 24. Puis, dès 01h30 et jusqu'à 03h00, ce raccordement a reçu plusieurs tentatives d'appel de numéros de téléphone dont les titulaires étaient AB______, V______ et ______.

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Le rapport de renseignements mettait également en évidence que les raccordements téléphoniques 1______, attribué à O______, et 2______, attribué à J______, n'ont échangé que peu de contacts au cours des six mois précédant les faits. Les deux raccordements possédaient cependant des fréquentations communes, qu'elles contactaient fréquemment, soit AA______, AB______ et ______. g.b. A teneur du rapport de renseignements du 15 mai 2017, il ressort encore de la surveillance téléphonique que O______ et J______ ont tous deux été en contact avec X______, lequel était défavorablement connu des services de police. Selon les informations recueillies par les enquêteurs, l'individu de type africain qui avait asséné les deux coups de couteau à B______ était père de deux enfants et sur le point d'avoir un troisième enfant. Ces renseignements pouvaient correspondre à X______, lequel était père de trois enfants. Pour les policiers, il était dès lors possible que ce dernier soit l'auteur des coups de couteau subis par B______. Une surveillance rétroactive des télécommunications, sur le raccordement 3______ attribué à X______, était dès lors sollicitée. g.c. Selon le rapport de renseignements de la police du 22 mai 2017, l'analyse des données rétroactives relatives au raccordement 3______ révèle que ce dernier a activé, le 22 avril 2017 entre 20h42 et 21h23, des bornes téléphoniques dans le quartier de Rive, à l'occasion de contacts avec AA______ et AB______ notamment. A 22h42, le numéro 3______ a activé une borne téléphonique à Uni-Mail, puis, entre 23h11 et 23h51, une borne téléphonique située boulevard Georges-Favon 29, soit à proximité du skate-park de la plaine de Plainpalais. Cette même borne a encore été activée le 23 avril 2017 à 01h38, lorsque X______ a contacté AA______ à l'occasion d'une conversation de 20 secondes. AA______ a ensuite tenté d'appeler à plusieurs reprises X______ entre 01h39 et 01h40, parvenant à le joindre durant 1 minute et 38 secondes, alors que le raccordement 3______ active toujours la borne sise boulevard Georges-Favon 29. A 01h49, activant une borne située au quai du Seujet, ce même numéro a tenté de joindre les raccordements d'AA______ et d'un autre interlocuteur, puis, entre 01h49 et 01h50, a reçu deux SMS d'AA______. Le raccordement 3______ n'a ensuite plus activé de borne téléphonique jusqu'à 16h33. h. Selon le rapport d'arrestation du 23 mai 2017, X______ a été interpellé le jour-même à son domicile. h.a. La perquisition effectuée à cette occasion n'a pas permis d'apporter des éléments utiles à l'enquête, seul son téléphone portable, correspondant au numéro d'appel 3______, ayant été saisi. h. b. A la suite de l'arrestation de X______, un tapissage, auquel ont participé le précité et cinq hommes étrangers à l'enquête, a été organisé par la police, sur délégation du Ministère public. A cette occasion, D______, T______, N______, B______ et L______ ont été invités à indiquer si l'agresseur d'origine africaine qui s'était trouvé en possession d'un couteau la nuit des faits, évoqué au cours de leurs auditions respectives, figurait parmi les personnes présentes.

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D______ a formellement reconnu X______. Il était certain que ce dernier correspondait à l'homme qui portait un couteau lors de la soirée et qui lui avait fait barrage lorsqu'il avait voulu parler aux policiers. La seule chose qui avait changé était la longueur de ses cheveux ainsi que sa barbe. T______ a indiqué reconnaitre X______ "à environ 70%". La morphologie et la couleur de peau correspondaient parfaitement à celles de l'agresseur. Seule la dentition était différente, dans la mesure où, selon son souvenir, l'agresseur avait un écartement au niveau des dents. N______ a indiqué reconnaitre X______ "à plus de 50%". La corpulence ainsi que le visage de ce dernier correspondaient, selon ses souvenirs, à ceux de l'individu d'origine africaine qui s'était trouvé en possession d'un couteau. B______ a désigné X______ comme étant la personne qui ressemblait le plus à l'agresseur d'origine africaine qu'il avait vu lorsqu'il s'était retourné. Il n'était pas absolument formel mais, selon ses souvenirs, il lui ressemblait fortement. La morphologie et la forme du visage de X______ lui étaient familières. L______ a immédiatement reconnu X______ comme étant l'agresseur évoqué lors de son audition. Il était formel et n'avait aucune hésitation. Tout correspondait, soit la corpulence, le visage et la "barbichette". h.c. Entendu par la police en qualité de prévenu, X______ a, dans un premier temps, nié les faits qui lui étaient reprochés. Il n'était pas l'auteur des coups de couteau subis par B______. Au moment de ces derniers, il se trouvait chez lui. Il n'avait jamais passé de soirée au skate-park de Plainpalais, étant précisé que de manière générale, il ne sortait pas le soir. Il ignorait par ailleurs qu'une agression avait eu lieu à cet endroit. Il était quelqu'un de très calme. Il ne connaissait ni J______ ni O______, quand bien même son numéro de téléphone avait été en contact avec ceux des précités. Il avait probablement prêté son téléphone lors desdits contacts. Informé que son appareil avait été localisé, le soir des faits, dans la zone du skate-park de Plainpalais, il a indiqué ignorer comment son téléphone avait pu se retrouver à cet endroit. Après la mise en place du tapissage et avoir été informé des déterminations de D______, T______, N______, B______ et L______, X______ a demandé à s'entretenir seul avec son avocat. Après deux suspensions d'audience, il a finalement reconnu être l'auteur des coups de couteau subis par B______. Il a expliqué que, le soir des faits, il était arrivé seul au skate-park de Plainpalais aux alentours de 21h00 ou 22h00, en possession d'une bouteille de whisky. A cet endroit, il avait rencontré un groupe de personnes dont il ignorait les noms mais qu'il connaissait de vue. Il avait vidé sa bouteille, mélangée à du coca, avec un ami prénommé "Momo". Il avait également bu quelques verres de vodka, "à droite à gauche". Il était bourré et "peut-être pas vraiment conscient de ce qu'[il] faisai[t]". Il n'avait pas prévu d'en découdre, de manière gratuite, avec d'autres personnes. Il a précisé qu'il ne consommait aucune substance illicite.

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Entre une heure et trente minutes avant l'agression, il avait constaté qu'il y avait de l'agitation, soit que deux groupes étaient en train de s'affronter. Certaines personnes avaient des bouteilles dans les mains et un individu agitait une barre de fer. Il avait décidé, par curiosité, de se rapprocher, "tout tranquillement". Soudainement, trois individus étaient venus à sa rencontre et l'avaient insulté. Il avait reculé afin de leur faire comprendre qu'il n'était pas impliqué dans la bagarre et qu'il ne voulait pas se battre. L'un des individus s'était cependant approché de lui et l'avait frappé, avec le culot d'une bouteille vide, au visage, soit au niveau de la lèvre supérieure. Quand bien même il n'avait pas vraiment senti la douleur, il avait "vu rouge". Il avait reculé puis avait sorti le couteau à lame dépliable qui se trouvait dans sa poche, l'avait ouvert puis dissimulé dans son dos. Une certaine confusion régnait alors sur place. Beaucoup de gens se battaient. Il ne pensait pas que les trois individus avaient vu le couteau, étant précisé qu'ils se trouvaient alors à environ deux mètres et demi de sa position et lui faisaient face. Soudainement, deux des trois hommes s'étaient retournés pour regarder dans une autre direction, soit vers le lieu de la bagarre. Il avait profité de la situation pour se rapprocher d'eux, alors qu'il tenait le couteau par le manche, la lame vers bas. Il avait alors frappé "la personne" à deux reprises, dans le milieu ou le haut du dos. Il ne se rappelait plus exactement de la force qu'il avait employée pour asséner ces deux coups ni si l'intégralité de la lame avait pénétré dans le corps de la victime. Il n'avait pas vu le visage de cette dernière lorsqu'elle avait reçu les coups, mais elle s'était pliée en deux vers l'avant et, selon ses souvenirs, était tombée à terre. A la suite de ces faits, il avait entendu des sirènes et avait remarqué "dans quoi il s'était mis". Il s'était rendu aux toilettes afin de se laver les mains, étant précisé qu'il avait du sang sur la main droite, dont il pensait qu'il appartenait à la victime. Il avait également nettoyé la lame du couteau. Sur le moment, il ne savait pas ce qu'il faisait, il était paniqué. Il avait ensuite dissimulé l'arme dans la poche arrière de son pantalon et avait pris la fuite, seul, en direction de l'Usine, pour éviter de se faire arrêter. Il avait finalement décidé de se débarrasser du couteau et l'avait jeté dans les égouts car il trouvait risqué de la garder sur lui. Dans sa fuite, il avait pris conscience de ce qu'il avait fait. Il était rentré directement chez lui pour se coucher. Le lendemain, il avait passé la journée en compagnie de sa famille et ne s'était pas confié à son épouse. Il était toutefois perturbé par ce qu'il s'était passé. Quand bien même il n'avait pas particulièrement cherché à prendre des nouvelles de la victime, il avait lu, dans les "nouvelles", que le pronostic vital de celle-ci n'avait pas été engagé. A la question de savoir quel avait été son but lorsqu'il avait sorti son couteau et l'avait dissimulé dans son dos, X______ a indiqué avoir voulu se venger du coup qu'il avait reçu. Il se trouvait alors sous l'effet de l'alcool et n'avait pas trop réfléchi. Il avait effectivement voulu "planter" l'un des trois individus, étant précisé qu'il ignorait lequel, parmi ces derniers, lui avait préalablement asséné le coup qu'il avait reçu. C'était à cause d'eux que "tout cela" avait démarré. En effet, s'il n'y avait pas eu de coup de bouteille, au demeurant alors qu'il se trouvait seul, rien ne serait arrivé. Dans cette mesure, il se considérait comme une victime. Il était cependant désolé pour ce qu'il avait pu dire et

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faire. Ce n'était "pas du tout proportionnel". Il souhaitait présenter ses excuses à la victime. Le couteau en question lui appartenait. Il l'avait acheté deux ou trois ans plus tôt, aux Charmilles. Le soir des faits, il l'avait pris pour sa sécurité personnelle, étant précisé qu'il savait qu'il y avait toujours des bagarres à Plainpalais. C'était toutefois la première fois qu'il faisait usage d'un couteau pour se battre. X______ a enfin indiqué qu'AA______ était son ami. Le soir des faits, celui-ci n'était pas présent au skate-park de la plaine de Plainpalais. Confronté aux déclarations d'AA______, il a admis avoir rejoint ce dernier au Z______ à la suite de l'agression, établissement dans lequel tous deux avaient passé le reste de la nuit. h.d. Entendu par le Ministère public le 24 mai 2017, X______ a confirmé les déclarations qu'il avait faites devant la police. Il regrettait ce qu'il s'était passé. Avec l'alcool, tout était allé très vite. Il se souvenait toutefois avoir été pris à partie par trois individus. Il a confirmé qu'il n'était pas sûr que l'homme auquel il avait asséné les coups de couteau était le même que celui qui l'avait préalablement frappé au visage. Il ne se rappelait plus si, sur le moment, il avait délibérément visé le haut du dos avec le couteau. Il a précisé qu'il était rare qu'il porte un couteau sur lui. Quelques minutes après avoir donné les coups de couteau, il avait réalisé avoir fait quelque chose de grave et qu'il était allé "loin". Ce n'était toutefois que le lendemain, lorsqu'il avait "repris ses esprits", qu'il s'était inquiété pour la santé de l'homme qu'il avait frappé. En lisant les journaux, il avait appris que ce dernier s'en était sorti et avait compris la gravité de la situation. Il regrettait ses agissements et reconnaissait que tant la victime que lui-même avaient eu de la chance. S'agissant de ce qu'il avait fait à la suite des évènements du skate-park, X______ a déclaré qu'il ne se rappelait pas s'il s'était rendu à l'établissement Z______, tout en indiquant qu'il comprenait l'image que pouvait donner le fait d'avoir passé la soirée à danser après avoir administré des coups de couteau. Enfin, il a indiqué qu'à l'époque de son audition, il était en bonne santé générale. Il ne buvait pas tous les jours mais consommait des mélanges d'alcools forts et de sodas lorsqu'il se trouvait avec des amis, soit deux ou trois fois par semaine. Lorsqu'il buvait, ce n'était pas forcément de manière exagérée. Il n'avait jamais fait l'objet d'un suivi psychologique ou psychiatrique. Il avait uniquement dû consulter "quelqu'un" pour refaire son permis de conduire, en relation avec des cas d'alcool au volant. i. Entendu par la police le 23 mai 2017 comme personne appelée à donner des renseignements, AA______ a indiqué que, le 22 avril 2017, il était sorti de chez lui aux alentours de 21h00 pour rejoindre un ami à Bel-Air. Ils avaient ensuite bu avec des amis qui les avaient rejoints. Il était ivre. Vers minuit, tous étaient allés au Z______. Pendant la soirée, il avait eu des contacts téléphoniques avec X______, qu'il connaissait depuis environ deux ans et qu'il voyait assez souvent. Ce dernier lui avait demandé où il se trouvait puis avait rejoint le groupe au Z______. X______ était resté avec lui jusqu'à la fin de la soirée. Dans l'établissement, X______ avait eu une attitude normale. Il n'avait

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pas l'air énervé ou excité. Il avait bu de l'alcool et écouté de la musique en dansant un peu. Il était bourré "car il sentait fort l'alcool" mais il ne titubait pas. X______ ne lui avait pas mentionné la bagarre qui avait eu lieu au skate-park. A la fermeture de la boîte de nuit, vers 05h00, ils avaient quitté les lieux en prenant chacun un bus différent. j. Lors des audiences des 23 mai 2017 et 15 septembre 2017 par-devant le Tribunal des mineurs et des 20 juin 2017, 6 novembre 2017, et 18 avril 2018 devant le Ministère public: j.a. B______ a, en substance, confirmé sa plainte pénale du 23 avril 2017. Alors qu'il se trouvait au skate-park avec des amis, il avait vu qu'une personne de son groupe se faisait agresser, plusieurs individus lui donnant des coups. Il était "rentré dans le tas" pour sauver cette personne. Il avait alors lui-même reçu des coups, auxquels il avait répondu par deux coups de poing légers au visage, pour se défendre. Il avait alors reçu plusieurs coups, étant précisé que plusieurs personnes lui avaient "sauté dessus". Il ne se rappelait plus vraiment de la suite, si ce n'est que ses amis l'avaient sorti du "tas". Il se souvenait également qu'il avait eu du mal à respirer et que ses amis avaient appelé une ambulance qui était rapidement arrivée sur les lieux. Il était exact que la police était intervenue à la suite d'une première bagarre et qu'une seconde bagarre, au cours de laquelle il avait reçu des coups de couteau, avait eu lieu après le départ de la police. Confronté en audience à X______ et J______, il a déclaré qu'il reconnaissait formellement le premier comme étant l'un de ses agresseurs. Lorsqu'il s'était retourné après avoir reçu les coups de couteau, il avait vu son visage. S'agissant d'J______, il lui semblait l'avoir vu le soir des faits. Il a précisé que le soir en question, il avait bu de l'alcool et était "sous adrénaline". Il était resté une semaine à l'hôpital car il avait eu le poumon transpercé. Dans la mesure où seul l'un de ses poumons fonctionnait, il avait également été connecté à un appareil. Ses deux plaies dans le dos avaient fait l'objet de points de suture. Il avait ensuite dû rester deux semaines chez lui et n'avait pas pu retourner à l'école. Il n'avait ainsi pas pu achever son stage, lequel avait été invalidé et à nouveau planifié pour l'été suivant. Il avait enfin dû prendre, pendant un certain temps, de nombreux médicaments tels que des antidouleurs, des antibiotiques et de la morphine. Il estimait désormais ses capacités pulmonaires à environ 70% de ce qu'elles étaient auparavant. Il ignorait s'il les recouvrirait entièrement un jour. j.b. D______ a indiqué confirmer ses précédentes déclarations. Son ami Q______, qui fêtait alors son anniversaire, était venu le chercher car il s'était fait menacer de mort par un individu, soit un "petit gros à lunettes". Il avait tenté de calmer la situation en discutant avec ce dernier, étant précisé qu'il était agent de sécurité et avait des talents de médiation. Il avait lui-même été menacé de mort, insulté et avait reçu un coup de poing de cet individu. Des policiers étaient ensuite intervenus. X______ avait alors tenté, avec son bras, de l'empêcher de communiquer avec ces derniers en lui disant: "Tu fais quoi là". Lorsque les agents étaient partis, X______, qui criait avec le "petit gros", avait reproché à leur groupe de les avoir "balancés à la police". Pour lui, les deux hommes étaient les meneurs du groupe adverse. Le "petit gros" avait sorti un couteau. Il avait

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également vu un deuxième couteau circuler dans l'autre groupe sans pouvoir dire qui portait ce dernier. Il était toutefois certain d'avoir vu deux lames. Par la suite, le groupe des agresseurs leur avait adressé des insultes "bien dégueulasses". Il avait constaté que L______ avait pu éviter une bouteille dirigée contre sa tête. Dans le but de se défendre, il s'était alors emparé de deux bouteilles vides, avec lesquelles il avait fait de grands gestes, et avait demandé aux agresseurs de ne pas approcher. Il avait voulu disperser ces derniers. Il avait alors constaté qu'B______ se faisait agresser par cinq personnes, à coups de poing et de pied. Les agresseurs avaient alors placé B______, sur le ventre, sur un petit banc en béton. Une personne le maintenait pendant qu'il recevait encore des coups sur le côté. B______ était totalement sans défense et D______ ignorait s'il était alors conscient. X______ avait asséné un premier coup de couteau dans le dos d'B______ puis, après avoir repris son élan, un deuxième. Il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie et avait eu l'impression d'assister "à une exécution ou un meurtre". Il n'avait pas pu, de prime abord, venir en aide à son ami car J______ pointait son couteau dans sa direction. Toutefois, alors qu'il avait constaté que X______ levait le bras pour, selon lui, porter un troisième coup de couteau, il avait finalement pu intervenir en donnant un coup de bouteille au visage de l'individu qui tenait B______. Son geste avait permis d'éloigner le groupe des agresseurs de quinze ou vingt mètres. Il avait pu récupérer son ami, puis K______ avait mis ce dernier en sécurité et s'était occupé de lui. En ce qui le concernait, il reprochait à X______ d'avoir voulu l'empêcher de parler avec la police, de l'avoir injurié et d'avoir sorti un couteau lors de l'altercation. Il s'était personnellement senti menacé par ce comportement. Il avait également dû mettre sa vie en danger pour sauver B______. Il avait par la suite fait des cauchemars. j.c. K______ a pour l'essentiel confirmé ses précédentes déclarations. Le soir des faits, il s'était trouvé au skate-park en compagnie d'B______ et d'amis. X______ s'était trouvé dans la foule et les avait menacés verbalement. En particulier, l'homme leur avait dit de "se casser" et que les membres de son groupe allaient leur "faire mal". Ses amis et luimême ne voulaient pas se bagarrer et avaient tenté de calmer la situation. Une patrouille de police était intervenue par la suite. Avec D______ et L______, ils avaient expliqué la situation aux agents, demandant à ces derniers de rester. A ce moment, X______ avait regardé D______ et lui avait dit "Attendez que la police parte". Après le départ de cette dernière, X______ avait ostensiblement sorti un couteau. Un autre individu, "petit à lunettes un peu fort", en avait fait de même. Les deux hommes les avaient menacés verbalement, couteau à la main, en leur disant, selon son souvenir: "on va schlasser vos mères". A ce moment, B______ avait commencé à se faire agresser par X______. Son ami avait été frappé, probablement avec la main, et était tombé, sur les fesses, sur un muret circulaire en béton. C'était alors que X______, qui se tenait debout, avait asséné à B______, de manière circulaire, deux coups avec le couteau qu'il tenait dans sa main droite. Malgré la peur, K______ s'était précipité vers B______ pour lui porter secours. D______ s'était précipité pour sa part vers les agresseurs qui entouraient ce dernier, pour le défendre. Les agresseurs avaient alors reculé. Il avait soulevé B______ par les aisselles, depuis l'arrière, et l'avait éloigné des lieux. Son ami était incapable de

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marcher. Selon lui, s'ils n'étaient pas intervenus, B______ aurait reçu un troisième coup de couteau. Par la suite, il n'avait plus revu X______. j.d. T______ a confirmé ses déclarations faites devant la police. Le soir des faits, des propos menaçants, tels que "Je vais te tuer", avaient été tenus par l'autre groupe. Invité à décrire le comportement de X______ au cours des évènements, il a indiqué que ce dernier et un "petit à casquette" menaient l'autre groupe, dont X______ faisait partie, et encourageaient ses membres à passer à l'attaque. Ces derniers étaient un peu hors d'eux, nerveux et bourrés. Cinq minutes après une intervention de la police, plusieurs personnes, dont X______, avaient tabassé B______. X______ tenait alors un couteau dans la main. L'homme avait donné deux coups de couteau à B______. L'un des membres de leur groupe était entré dans la bagarre pour tenter de sortir B______. Luimême avait reçu un coup de bâton dans les jambes. Les coups venaient de tous les côtés. j.e. O______ a indiqué qu'il reconnaissait J______. Il n'avait pas grand-chose à dire sur le rôle joué par ce dernier. Il avait discuté avec lui avant l'intervention de la police. Il ignorait quel avait été son rôle par la suite dès lors qu'il avait quitté les lieux dès que les choses avaient dégénéré. Lors de l'audience du 6 novembre 2017, le Procureur a indiqué à O______ que ce dernier semblait être mis hors de cause dans cette affaire, hormis s'agissant d'un vol de vélo. j.f. J______ se souvenait qu'avant l'arrivée de la police, des insultes avaient été proférées. Après le départ de cette dernière, une bagarre avait eu lieu. A cet égard, il reconnaissait avoir fait partie de ceux qui avaient reproché aux membres de l'autre groupe d'avoir appelé la police. Par la suite, un ami d'B______ avait commencé à "s'embrouiller" avec des personnes qui se trouvaient avec lui. Il n'avait pas de souvenir en relation avec B______. S'agissant de O______, il ignorait s'il avait participé à la bagarre. Lui-même n'avait ni donné, ni vu, de coup de couteau. Il ne voulait pas révéler l'identité de l'auteur des coups de couteau car il avait peur. Il s'agissait d'une connaissance. Confronté à X______, il a indiqué qu'il le connaissait un peu mais qu'il n'était pas un ami proche. Tous deux ne s'étaient jamais appelés et n'avaient jamais passé de soirée ensemble. Le soir des faits, il n'était pas avec lui. Lors de la suite de la procédure, J______ a reconnu avoir été en possession d'un couteau dans la nuit du 22 au 23 avril 2017. Il avait remis ce dernier à une personne qui lui avait dit qu'il était trop "bourré". Toutefois, cette personne n'était pas X______. Il pensait que les coups de couteau avaient été assénés avec son arme dans la mesure où il avait remis cette dernière avant les blessures causées à B______. Pendant la bagarre, il avait perdu ses lunettes de vue. Par la suite, il avait également égaré son téléphone portable. S'il avait retrouvé les premières, il n'avait jamais récupéré le second. Il était désolé pour B______ et regrettait ce qu'il s'était passé. j.g. X______ a déclaré qu'il n'était pas capable de reconnaitre B______, précisant à cet égard qu'il était alcoolisé au moment des faits. Il connaissait J______ de vue. Il ne connaissait pas son nom et tous deux ne s'appelaient jamais. Il ne l'avait pas vu dans la

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nuit du 22 au 23 avril 2017. Le couteau avec lequel il avait frappé B______ lui appartenait. Il l'avait pris avec lui en quittant son domicile. Ce n'était pas J______ qui lui avait remis cette arme. Il avait vu des personnes se battre et avait pensé qu'il s'agissait de deux groupes qui s'affrontaient. Il ignorait toutefois les raisons de cette bagarre, étant précisé qu'elle avait déjà débuté à son arrivée sur place. Il n'avait fait partie d'aucun groupe le soir des faits et n'était pas venu menacer ou agresser quiconque. Il ne se rappelait pas avoir donné des coups de poing à B______, ni que ce dernier se soit trouvé assis. B______ était debout lorsqu'il avait été frappé. X______ n'avait sorti son couteau qu'après avoir lui-même reçu un coup de bouteille au visage. Informé que l'analyse de l'un des prélèvements effectués sur le sang maculant le pull à capuche saisi au domicile d'J______ avait mis en évidence un profil ADN correspondant au sien, X______ n'a pas été en mesure de fournir une explication. Il n'avait jamais été chez J______. Il lui était difficile d'expliquer ses agissements, quand bien même il comprenait que c'était bien sa faute. Il regrettait ce qu'il s'était passé. X______ a présenté ses excuses à B______ pour l'agression, plus précisément pour les coups de couteau qu'il lui avait donnés. k. Par courrier du mois d'octobre 2018 destiné à B______, X______ a présenté ses excuses à ce dernier. Le soir des faits, il s'était vraiment senti en danger. Il avait eu très peur lorsqu'B______ et ses amis l'avaient agressé avec une bouteille. Quand bien même son geste visait uniquement à assurer sa propre protection, il réalisait la gravité du résultat et la peur qu'avait dû ressentir B______. Il aurait voulu revenir en arrière mais cela n'était pas possible. Il souhaitait le meilleur à B______ pour l'avenir. l. En vue de l'audience de jugement, le Président du Tribunal correctionnel a sollicité du Tribunal des mineurs copie de l'ordonnance pénale rendue à l'encontre d'J______ en relation avec les évènements du 23 avril 2017. Il ressort de cette décision du 30 novembre 2017, par laquelle J______ a été reconnu coupable d'agression, que le mineur n'a pas contesté, dans le cadre de la procédure dont il a fait l'objet, les témoignages recueillis par la police parmi les amis et connaissances d'B______. J______ avait confirmé la présence, le soir des faits, de deux groupes, soit celui dont faisait partie B______ et celui dont faisait partie "l'agresseur", qu'il avait luimême rejoint car il en connaissait les membres. J______ avait admis avoir adopté un comportement agressif et avoir sorti un couteau pour effrayer un individu qui s'était enquis auprès de lui de la situation. Il avait également reconnu avoir, après un passage de la police, ressorti son couteau qu'il avait agité en l'air en proférant "cassez-vous ou je vais vous planter" avec l'idée d'impressionner l'autre groupe. Il a encore admis qu'une personne du groupe d'B______ s'était approchée de celui qui se tenait à côté de lui pour dire qu'il ne servait à rien de s'énerver. Dans son souvenir, il avait donné un coup dans le torse ou la tête d'un individu et avait lui-même reçu un coup sur la tête, avant de perdre ses lunettes. Des évènements du 20 octobre 2017

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m.a. En date du 7 novembre 2017, AC______, agissant pour le compte d'A______, a déposé plainte pénale contre inconnus. A l'appui de celle-ci, il a expliqué que le 20 octobre 2017, entre 04h00 et 13h00, la porte de l'atelier de A______ sise M______, avait été cassée à coups de pied. Le cadre de la porte avait été arraché. Le comptoir de A______ avait été endommagé et les valeurs et objets suivants, partiellement documentés par des factures et des photographies, avaient été dérobés: CHF 700.-, une montre FOSSIL, un portemonnaie LOUIS VUITTON, un téléphone BLACKBERRY, un ordinateur MACBOOK PRO, un appareil photo reflex CANON EOS 500 D, un téléphone SAMSUNG GALAXY S3, un téléphone SAMSUNG NOTE 3, un ordinateur MACBOOK AIR, des écrans LCD de marques SAMSUNG et APPLE, une tour d'ordinateur, ainsi qu'une console PSP blanche et une console PSP noire avec des jeux. m.b. Entendu par la police le même jour, AC______ a indiqué que l'association A______ avait pour but de resserrer les liens entre les jeunes du quartier et les personnes plus âgées. Outre de nombreux appareils électroniques, une quarantaine de maillots de différentes équipes de football, dont certains étaient rares, avaient été dérobés lors du cambriolage du 20 octobre 2017. Dans les jours qui avaient suivi, soit le 24 ou le 25 octobre 2017, certains de ses amis avaient vu que Y______ avait posté, sur son profil SNAPCHAT, une photographie de l'un des maillots, rares, qui avaient été volés. Ses amis n'avaient toutefois pas osé effectuer de capture d'écran par peur de représailles, dans la mesure où l'intéressé aurait immédiatement été informé desdites captures d'écran, selon le fonctionnement de l'application. Selon AC______, Y______ était en outre connu comme étant peu fréquentable et violent. AD______, qui accompagnait AC______ lors de son audition et travaillait avec ce dernier pour A______, a précisé que, le jour-même ou le lendemain du cambriolage, il avait fait l'objet de menaces de la part de AE______. L'homme s'était montré agressif. Ce dernier avait appris que AE______ le soupçonnait d'avoir commis ledit cambriolage. Quelques jours après une première visite menaçante, AE______ était revenu le 4 novembre 2017. L'homme avait alors faussement affirmé que AD______ devait de l'argent à son frère ainé, X______, et l'avait menacé pour le cas où il ne s'acquitterait pas de cette prétendue dette. m.c. Par courrier du 8 décembre 2017, E______, propriétaire des locaux occupés par A______, a déposé plainte pénale contre inconnus pour violation de domicile et dommages à la propriété, en relation avec le cambriolage survenu le 20 octobre 2017. Les dégâts occasionnés étaient alors estimés à CHF 320.-, ce qui correspondait au montant d'une facture émise par ______ du 6 novembre 2017, en relation avec une intervention du 20 octobre 2017 sur la porte du local. n.a.a. A teneur du rapport de renseignements du 9 novembre 2017, huit traces de semelle ont été relevées le 20 octobre 2017 sur la porte arrière du garage d'A______, laquelle avait été fracturée. En outre, quatre prélèvements biologiques ont été effectués dans les locaux, soit sur les prises de la tour d'ordinateur PREDATOR volée, sur les prises de l'écran d'ordinateur BENQ volé, sur des traces ressemblant à du sang sur le

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mur de A______, au-dessus du bureau, ainsi que sur la paille d'une boisson trouvée dans la haie de A______. n.a.b. Il ressort du rapport de renseignements du 10 novembre 2017 que l'analyse du prélèvement biologique effectué le 20 octobre 2017 sur de vraisemblables traces de sang sur le mur de A______, au-dessus du bureau, a mis en évidence un profil ADN correspondant à celui de X______. o. Il ressort du rapport d'arrestation du 15 novembre 2017 que, le même jour, AE______ et Y______ ont été interpellés à leur domicile respectif, étant précisé que X______ se trouvait alors de retour en détention dans le cadre de la procédure relative aux évènements du 22 au 23 avril 2017. Les domiciles des trois précités ont fait l'objet de perquisitions. Dans l'appartement de Y______, ont notamment été saisis vingt-trois maillots et deux pantalons de football. Parmi les objets saisis dans la chambre de AE______ figurait notamment un maillot de football. Enfin, dans l'appartement de X______, neuf maillots de football, un training de l'équipe de Palestine, ainsi que deux fourres de téléphone IPHONE ont été saisis par la police. A l'occasion de la perquisition menée au domicile de X______, AF______, épouse du précité, a indiqué oralement aux policiers que, le 20 octobre 2017, son époux était rentré aux environs de 05h00 avec des sacs remplis de vêtements étiquetés et une grande quantité d'appareils électroniques. Elle avait sermonné son époux lequel, mécontent, avait quitté l'appartement avec le matériel électronique. AF______ avait déposé une main courante le 20 octobre 2017 en relation avec cet évènement. Enfin, selon ce même rapport, peu après son arrivée dans les locaux de la police, Y______ a été retrouvé inconscient en salle d'audition. Il avait vomi et était tombé au sol. La centrale d'urgence des HUG a immédiatement été alertée. A leur arrivée au poste, les médecins du SIS ont constaté que l'intéressé avait fait une crise d'épilepsie. Y______ a été emmené à l'hôpital. Après avoir été gardé en observation pendant quelques heures, il a été réacheminé dans les locaux de la police pour être auditionné. Un résumé de séjour des HUG du 15 novembre 2017 confirme la survenance d'une crise d'épilepsie à la suite d'une consommation de cocaïne et d'une éthylisation aiguë. p.a.a. Entendu par la police le 15 novembre 2017, AE______ a déclaré qu'il n'avait rien à voir avec le cambriolage commis au préjudice d'A______ le 20 octobre 2017. Après ce dernier, il avait entendu que AD______ l'accusait d'en être l'auteur, ce qui l'avait mis hors de lui. Il s'était rendu à A______ et avait menacé AD______ de le frapper. Il ne l'avait toutefois pas touché. S'agissant du maillot de football qui avait été saisi à son domicile, il a expliqué l'avoir trouvé via une page de vente sur le site FACEBOOK. Il l'avait ensuite acheté à homme dont il ignorait l'identité, pour la somme de CHF 50.-. X______ était son frère. Y______ était le frère d'une connaissance, soit ______, avec lequel il avait travaillé par le passé. Il ne le voyait "pas trop". p.a.b. Entendu par-devant le Ministère public le 16 novembre 2017, AE______ a confirmé ses précédentes déclarations. Il n'avait pas participé au cambriolage de

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A______ et ne comprenait pas les raisons pour lesquelles il était soupçonné en relation avec ce dernier. Il n'était pas en contact avec son frère qu'il n'avait pas vu depuis trois ou quatre semaines. S'agissant de Y______, il le connaissait de vue, tous deux ayant vécu dans le même quartier lorsqu'ils étaient enfants. p.b.a. Entendu par la police le 15 novembre 2017, Y______ a indiqué, s'agissant de la vingtaine de maillots de football retrouvés dans un sac en plastique à son domicile, qu'il les avait acquis environ trois sema

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