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Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 30.06.2025 P/19725/2022

30 juin 2025·Français·Genève·Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision·PDF·16,510 mots·~1h 23min·2

Résumé

BRIGANDAGE;CHANTAGE;CONTRAINTE(DROIT PÉNAL);MENACE(DROIT PÉNAL);VOIES DE FAIT;VOL(DROIT PÉNAL);INFRACTIONS CONTRE LE DOMAINE SECRET;UTILISATION FRAUDULEUSE D'UN ORDINATEUR;TORT MORAL;FIXATION DE LA PEINE | CP.181; CP.139.al1; CP.140; CP.156.ch1; CP.126.al1; CP.183.al1.ch1; CP.180.al1; CP.179quater.al1; CP.147.al1; CO.49

Texte intégral

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Madame Delphine GONSETH et Monsieur Fabrice ROCH, juges ; Madame Léa RESTELLINI, greffièrejuriste délibérante.

REPUBLIQUE ET

CANTON DE GENEVE POUVOIR JUDICIAIRE P/19725/2022 AARP/254/2025 COUR DE JUSTICE Chambre pénale d'appel et de révision Arrêt du 30 juin 2025

Entre A______, domicilié ______ [GE], comparant par Me B______, avocat, appelant principal et intimé sur appels joints,

C______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocat, E______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocat, LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case postale 3565, 1211 Genève 3, appelants joints et intimés sur appel principal,

contre le jugement JTCO/97/2024 rendu le 27 septembre 2024 par le Tribunal correctionnel,

- 2/83 - P/19725/2022 et F______, partie plaignante, G______, partie plaignante, H______, partie plaignante, I______, partie plaignante, intimés.

- 3/83 - P/19725/2022 EN FAIT : A. a.a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTCO/97/2024 du 27 septembre 2024, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO), tout en classant la procédure du chef de violation de domicile (art. 186 du Code pénal [CP]) et en l'acquittant des faits de l'acte d'accusation visés aux ch. 1.1.1.1. (brigandage – art. 140 ch. 1 CP), 1.1.3.4. (agression – art. 134 CP) et 1.1.4.15. (tentative de brigandage – art. 22 cum art. 140 CP), l'a reconnu coupable : - de brigandages (art. 140 ch. 1 CP – au préjudice de G______ [ch. 1.1.3.1.], de H______ [ch. 1.1.3.3.]¸ de I______ [ch. 1.1.4.] et de F______ [ch. 1.1.4.]) ;

- d'extorsions et chantages aggravés (art. 156 ch. 1 et 3 CP – au préjudice de G______ [ch. 1.1.2.2.], de H______ [ch. 1.1.1.3. et 1.1.2.4.], de C______ [ch. 1.1.4.] et de F______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de tentative d'extorsion et chantage (art. 22 al. 1 cum art. 156 ch. 1 et 3 CP – au préjudice de I______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de séquestrations (art. 183 ch. 1 CP – au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.], de E______ [ch. 1.1.4.] et de I______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de vol simple (art. 139 CP – au préjudice de G______ [ch. 1.1.2.1.]) ;

- de contraintes (art. 181 CP – au préjudice de G______ [ch. 1.1.1.2., 1.1.1.3., 1.1.2.1. et 1.1.3.2.], de H______ [ch. 1.1.2.1. et 1.1.2.3.], de C______ [ch. 1.1.4.] et de I______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de tentatives de contrainte (art. 22 al. 1 cum art. 181 CP – au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.], de E______ [ch. 1.1.4.] et de F______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de voies de fait (art. 126 al. 1 CP – au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.] et de I______ [ch. 1.1.4.]) ;

- de violations du domaine secret au moyen d'un appareil de prise de vues (art. 179quater CP – au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.] et de I______ [ch. 1.1.4.]) ;

- et d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur d'importance mineure (art. 147 al. 1 cum art. 172ter al. 1 CP – au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.]). Pour l'ensemble de ces faits, le TCO l'a condamné à une peine privative de liberté de 36 mois, sous déduction de 89 jours de détention avant jugement, assortie du sursis partiel durant cinq ans, la partie ferme étant arrêtée à six mois, à une amende de CHF 400.- (peine privative de liberté de substitution de quatre jours) ainsi qu'aux frais de la procédure et au dédommagement des victimes, dans la mesure de ce qui suit :

- 4/83 - P/19725/2022 - CHF 200.-, avec intérêts à 5% l'an dès le ______ septembre 2022, et CHF 809.- à C______ en réparation du tort moral et du dommage matériel, ainsi que CHF 2'000.-, avec intérêts à 5% l'an dès le ______ septembre 2022, à E______ en réparation du tort moral, en sus de CHF 12'000.- chacun pour leurs dépens ;

- CHF 1'783.- à I______, avec intérêts à 5% l'an dès le ______ septembre 2022, en réparation du dommage matériel ;

- aux ¾ des frais de la procédure en CHF 8'087.-, émolument de jugement compris (CHF 3'000.-), le solde étant laissé à la charge de son comparse K______. Le TCO a enfin débouté H______ et sa mère de leurs conclusions civiles en réparation du dommage matériel, statué sur les inventaires et compensé à due concurrence la créance de l'État portant sur les frais de la procédure avec les valeurs patrimoniales séquestrées figurant sous chiffre 2 de l'inventaire n° 37154120221019. a.b.a. A______ entreprend partiellement ce jugement, concluant, principalement, à son acquittement des chefs de tous les brigandages et séquestrations, de l'utilisation frauduleuse d'un ordinateur d'importance mineure et des deux violations du domaine secret au moyen d'un appareil de prise de vues, ainsi qu'au préjudice uniquement de I______, des chefs de tentative d'extorsion et chantage, de contrainte et de voies de fait, demandant à ce qu'il ne soit uniquement reconnu coupable que de vol au préjudice de ce dernier. Subsidiairement, il conclut à ce qu'il soit reconnu coupable d'appropriation illégitime d'importance mineure au préjudice de G______ et de tentative d'extorsion simple à celui de H______ – en lieu et en place des brigandages retenus sous ch. 1.1.3.1. et 1.1.3.3. –, son acquittement devant être prononcé pour le surplus, ainsi que de voies de fait au préjudice de I______, seule infraction, en sus du vol susmentionné, pouvant être retenue pour les faits impliquant ce dernier (ch. 1.1.4.). En tout état, seule une peine privative de liberté de 24 mois au maximum, sous déduction de la détention avant jugement, compatible avec un sursis complet, devait le sanctionner. Il sollicite enfin n'être condamné à ne payer que CHF 300.-, avec intérêts à 5% l'an dès le ______ septembre 2022 à E______ en réparation de son tort moral, les frais et indemnités de la procédure devant être adaptés au vu de ces nouveaux considérants. a.b.b. C______ et E______, ainsi que le MP ont formé appel joint à l'encontre de ce même jugement : C______ conclut à ce que A______ soit reconnu coupable de brigandage aggravé en raison de la commission en bande (ch. 1.1.4.3. et 1.1.4.4.), de menaces (ch. 1.1.4.6. et 1.1.4.9.) ainsi que de voies de fait (ch. 1.1.4.6.), et à ce que ce dernier soit condamné à lui verser CHF 2'000.-, avec intérêts à 5% l'an dès le ______ septembre 2022, en réparation de son tort moral. E______ conclut quant à elle à ce que A______ soit reconnu coupable de contrainte consommée (ch. 1.1.4.3.) et de menaces (ch. 1.1.4.3. et 1.1.4.9.). Tous deux requièrent également que le prévenu soit condamné à leur verser

- 5/83 - P/19725/2022 une indemnité pour leurs frais de défense en appel, chiffrée au total à CHF 8'148.05 durant les débats, correspondant à 16.75 heures d'activité, et à ce que l'intégralité des frais de la procédure soit mise à la charge du concerné. Le MP s'en prend uniquement au prononcé du sursis partiel, concluant à ce que la partie ferme à exécuter soit fixée à 18 mois, en lieu et en place des six mois prononcés. b.a. Selon l'acte d'accusation du Ministère public (MP) du 25 juin 2024, complété à l'audience de jugement, il est encore reproché les faits suivants, figurant sous les ch. 1.1.3. et 1.1.4., à A______ : b.a.a. Le 11 septembre 2022, dès 13h30, à la place 1______ à J______ [GE] et de concert avec K______ ainsi que six autres individus, il a tenté de contraindre par la force G______ à régler une dette inexistante de CHF 500.-. Ce dernier ne disposant pas d'une telle somme, il l'a giflé avant de le forcer à remettre sa trottinette et son téléphone portable, puis il l'a giflé à nouveau pour lui soutirer le code de déverrouillage de son bien, avant d'obtenir, de force également, ses baskets (1). Cela fait, de concert avec les mêmes personnes, il s'est déplacé jusqu'à l'immeuble de H______, à L______ [GE], et a contraint G______ à appeler son ami pour lui demander de descendre dans le but de l'agresser et de le dépouiller de son argent (2). Une fois H______ sur place, il a exigé de ce dernier le versement de CHF 500.-, dont CHF 300.- immédiatement, somme dont H______ n'était pas porteur. A______ a alors donné un coup de pied dans la gorge et un coup de tête sur le front de ce dernier, avant de le dépouiller de ses effets, dont un [téléphone de marque] M______, dont il a obtenu le code de déverrouillage au moyen d'un coup de poing à son propriétaire (3). Cela fait, avec les mêmes personnes, A______ a passé à tabac H______ à coups de poings et de pieds, en lui écrasant la tête en réaction au fait que ce dernier aurait dit "wallah", ce qui lui aurait déplu (4). Tout au long de ces évènements, A______ et ses comparses ont menacé leurs victimes afin de les contraindre à se comporter comme ils le désiraient, tant par la parole que par le geste, leur faisant croire à un risque imminent pour leur intégrité corporelle et les empêchant d'être libres de leurs mouvements (5) (ch. 1.1.3. – le prévenu a été reconnu coupable de brigandage [ch. 1.1.3.1.] et de contrainte [ch. 1.1.3.2.] à l'encontre de G______, ainsi que de brigandage au préjudice de H______ [ch. 1.1.3.3.], étant relevé qu'il a été acquitté des faits visés sous ch. 1.1.3.4., faute d'éléments de preuve supplémentaires pour retenir son implication). b.a.b. Le ______ septembre 2022, à Genève vers 16h00, de concert avec N______, mineur, A______ a donné rendez-vous à I______ [au commerce] O______ de la gare P______, puis l'a conduit dans le préau de l'école Q______ où il l'a contraint, en lui parlant avec agressivité, l'oppressant, lui faisant craindre pour son intégrité corporelle et en l'effrayant, à chercher dans son téléphone pour trouver "quelqu'un à dépouiller" ou une connaissance "à donner". Après examen des contacts du détenteur, A______ a choisi C______ comme future victime (1). Cela fait, avec son comparse, vers 16h30,

- 6/83 - P/19725/2022 il a obligé I______ à appeler C______ pour lui fixer un rendez-vous en lui indiquant qu'il se trouvait "en galère", puis l'a contraint à les suivre en tram jusqu'au parc de la mairie de R______, lieu du rendez-vous convenu, où C______ et E______ se trouvaient occupés à jouer aux cartes (2). À cet endroit, vers 17h00, toujours avec N______, A______ a envoyé I______ au contact de sa victime, avant de s'armer, tout comme son comparse, d'un bâton de bonne taille. Sous la menace de ceux-ci, ils ont fait usage d'expressions issues des cités françaises ("quatre-vingt-dix" et "wallah sur le Coran", etc.), faisant croire qu'ils venaient de Lyon, que I______ leur devait CHF 15'000.-, qu'ils le cherchaient depuis plus d'un an et que C______ et son amie allaient devoir "payer" pour lui. A______ et son comparse se sont immédiatement emparés des téléphones de C______ et de E______, puis les ont emmenés de force dans un coin du parc, avant de menacer cette dernière de voir son "pote" tabassé ainsi que de lui "envoyer les filles du quartier" pour "la terminer" si elle quittait les lieux, effrayant de la sorte tant la concernée que C______ (3). Toujours à cet endroit, A______ et son comparse ont dérobé des biens et des valeurs appartenant à I______ (CHF 40.-, une montre S______, une sacoche T______, une jaquette U______) ainsi qu'un paquet de cigarettes appartenant à C______, dont le sac a été fouillé, puis contraint I______ à placer sa montre dans la sacoche dérobée et à porter cette dernière pour leur compte ; cela fait, A______ a contraint C______ à déverrouiller son téléphone avec la reconnaissance faciale pour consulter le solde de son compte qui s'élevait à CHF 155.- et lui a dit qu'ils allaient essayer d'"aller en négatif" et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Avec son comparse, il a ensuite contraint C______ à appeler un ami pour lui demander de les rejoindre en prétextant qu'il se sentait mal ; seul F______ a répondu à l'appel de C______, en lui promettant d'arriver dans l'heure (4). Dans la foulée, A______ et son comparse ont accompagné leurs victimes dans un magasin V______, où ils ont fait usage de la carte bancaire de C______ au moyen d'un paiement sans contact, réduisant le solde à CHF 137.-, puis contraint, sous la menace de coups, ce dernier à se rendre à la banque afin d'y retirer de l'argent sous la surveillance de N______, obtenant de la sorte la remise de CHF 120.- ; mécontents, ils ont insisté, sous la menace de coups, pour que C______ retire jusqu'à la limite possible, ce que ce dernier a tenté à deux reprises, en vain, tout en demandant à deux tiers d'appeler la police pour lui venir en aide, sans effet (5). Cela fait, avec son comparse, A______ a conduit ses trois victimes en direction d'un immeuble, sis chemin 2______ no. ______, et contraint C______ à se battre avec I______, sous la menace de conduire ce dernier à Lyon et de le "mettre à poil", tout en lui rappelant le prétendument mauvais rôle de I______, obtenant ainsi de ses deux victimes qu'elles se portent des coups de poing au visage et sur le corps, de manière suffisamment appuyée pour satisfaire leurs agresseurs, causant à C______ une bosse sur le côté gauche de la tête et une douleur au flanc gauche. A______ a finalement mis un terme au combat en leur donnant des coups de pieds dans les jambes, étant précisé que la scène a été filmée par les agresseurs, sans le consentement des victimes (6). Par la suite, toujours de

- 7/83 - P/19725/2022 concert avec son comparse, A______ s'est rendu avec ses trois victimes dans le parc AH_____, sous la route 3______, et a menacé I______ de "payer pour tout ce qu'il avait fait" en affirmant, devant C______ et E______, que tout était de sa faute, ce qui a eu pour effet d'effrayer le premier, puis il a exigé de C______ qu'il rappelle F______ afin de lui demander de les retrouver là où ils se trouvaient (7). Dans ce même parc, vers 18h00, A______ et son comparse ont, sous la menace de coups et bâtons en main, dérobé à F______, dès son arrivée sur les lieux et dans le dessein de s'enrichir de leur valeur, une montre, un téléphone et une sacoche, puis l'ont contraint, à nouveau sous la menace de coups, à se rendre dans une banque, sous la surveillance de I______, celui-ci devant figurer sur les images de vidéosurveillance, et à leur remettre, toujours sous la menace d'une frappe, tout l'argent qu'il pouvait retirer sur son compte, soit en l'occurrence CHF 620.-, somme que F______ a remis à ses agresseurs. Mécontents et croyant avoir été trompés, ces derniers s'en sont pris à I______ en le traitant de "menteur" (8). Après cela, A______ et son comparse ont brièvement rendu les téléphones dérobés aux victimes pour les contraindre à les réinitialiser mais, face à leur échec, A______ a repris les appareils et fait usage d'une boucle d'oreille en sa possession pour ce faire, avant de restituer son téléphone à E______ (avec carte SIM et sans réinitialisation), puis uniquement les cartes SIM aux autres lésés, ainsi qu'un sac à F______, les victimes ayant préalablement été menacées de représailles en assurant qu'ils les retrouveraient si elles appelaient la police, ce qui les a effrayées (9). Vers 19h30, de concert avec N______, A______ a ensuite fait mine de libérer I______ en l'invitant à courir prendre un tram en direction de la place des Nations, avant de le rejoindre et de l'effrayer en disant distinctement : "et maintenant, on fait quoi de lui ?" (10). Une fois tous sortis du tram à l'arrêt Pont-Rouge, devant deux de ses amies et toujours de concert avec son comparse, A______ a demandé à I______ de leur "offrir" sa paire de baskets X______ et deux trainings, avant de le contraindre à se rendre chez son père à cet effet (11), en le menaçant dans la foulée que si son père n'était pas là, ils iraient chez sa mère, non sans lui promettre de "l'enculer" s'ils n'avaient pas ce qu'ils voulaient, ce qui a eu pour effet d'effrayer I______ (12). Arrivés sur place, A______ et N______ ont pénétré sans droit dans l'immeuble du père de leur victime en obtenant par ruse l'ouverture de la porte d'accès, puis tenté en vain d'enfoncer la porte de l'appartement, avant de donner une claque à I______ dans le but de l'humilier (13). Ils ont ensuite conduit ce dernier de force jusqu'à l'arrêt P+R Etoile et ont pris tous ensemble le bus D en direction de l'appartement de la mère de I______, ce dernier – démuni de la clé de son logement et sachant que sa mère n'était pas présente – ayant craint pour son intégrité sexuelle durant tout le trajet (14). Sur les lieux, les deux auteurs ont voulu entrer dans l'appartement de la mère d'un ami de I______, que ce dernier avait aperçue par hasard dans le bus et était parvenu à faire passer pour sa propre mère en la suivant à sa descente du bus, laquelle a mis les prévenus en fuite en évoquant la police, alors qu'ils prétendaient entrer dans son domicile après I______ pour "récupérer des chaussures et des habits de son fils" (15).

- 8/83 - P/19725/2022 Tout au long de ces événements, le prévenu et son comparse, qui ont systématiquement agi dans un dessein d'enrichissement et d'appropriation illégitime, ont menacé les victimes, lesquelles ont été effrayées, afin de les contraindre à se comporter comme ils le désiraient, tant par la parole que par le geste, leur faisant croire à un risque imminent pour leur intégrité corporelle et les empêchant d'être libres de leurs mouvements (16) (ch. 1.1.4. – le prévenu a été reconnu coupable de contrainte, de brigandage, de séquestration, de tentative d'extorsion et chantage aggravé, de voies de fait et de violation du domaine secret au moyen d'un appareil de prise de vues, à l'encontre de I______ [ch. 1.1.4.1. à 1.1.4.16.] ; de contrainte, de tentative de contrainte, d'extorsion et chantage aggravé, de séquestration, d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur d'importance mineure, de voies de fait et de violation du domaine secret au moyen d'un appareil de prise de vues, au préjudice de C______ [ch. 1.1.4.3. à 1.1.4.9.] ; de tentative de contrainte ainsi que de séquestration, à l'encontre de E______ [ch. 1.1.4.3. à 1.1.4.9.] ; puis de tentative de contrainte, de brigandage ainsi que d'extorsion et chantage aggravé, au préjudice de F______ [ch. 1.1.4.8. à 1.1.4.9.]). b.b. Les faits suivants, qui ne sont plus litigieux en appel, commis de concert avec, en partie, K______ et N______, figurant sous les ch. 1.1.1. et 1.1.2. de l'acte d'accusation, sont également encore reprochés à A______ : b.b.a. Le 21 janvier 2022, avec le concours de ses comparses, A______ a tout d'abord, dans une cage d'escaliers du quartier Y______ [GE], usé de violences pour s'approprier sans droit et dans un dessein d'enrichissement des biens appartenant à G______ (1). Cela fait, il a contraint ce dernier, en usant de violence et de menaces, à appeler H______ afin de lui tendre un guet-apens (2). Une fois celui-ci arrivé sur les lieux, il l'a frappé et contraint, ainsi que G______, à les conduire chez le père de H______ puis, sur place, ils ont dérobé divers biens (une chicha et divers effets personnels, dont une chaîne en or et une bague) dans le but de se les approprier sans droit et dans un dessein d'enrichissement (3). Tout au long de ces évènements, A______ et ses comparses ont effrayé G______ et H______ par le geste et la parole en leur faisant croire à un risque imminent pour leur intégrité corporelle, de manière à les contraindre à se comporter comme ils le souhaitaient et à les empêcher d'être libres de leurs mouvements (4) (ch. 1.1.1. – le prévenu a été acquitté de faits visés sous ch. 1.1.1.1., faute d'éléments matériels et d'objets dérobés, et reconnu coupable de contrainte au préjudice des deux plaignants dans la motivation du jugement mais seulement à l'encontre de G______ dans son dispositif [ch. 1.1.1.2. à 1.1.1.3.], ainsi que d'extorsion et chantage aggravé envers le plaignant H______ [ch. 1.1.1.3.], étant rappelé que le TCO a classé la procédure du chef de violation de domicile). b.b.b. Vraisemblablement le 12 février 2022, avec le concours de ses comparses, il a dérobé, non loin de l'immeuble de Z______, à J______, une trottinette et une sacoche à H______ puis, cela fait, porté notamment un coup de poing à la tête de ce dernier après lui avoir dit "viens" et avoir frappé G______, pour contraindre ensuite ceux-ci à

- 9/83 - P/19725/2022 appeler Z______, afin de lui tendre un guet-apens, et à les suivre (1). Il a ensuite contraint G______, par la force et la menace, à ouvrir l'appartement dans lequel il vivait avec sa mère à J______, puis y a pénétré avec ses comparses sans droit pour y dérober, dans un dessein d'enrichissement, des biens appartenant à G______, d'une valeur de CHF 2'000.- à CHF 2'500.- (2). Environ deux heures après, toujours avec l'aide de ses comparses, il a contraint H______ à les rejoindre en bas de son immeuble et à appeler Z______ afin que ce dernier les retrouve mais, devant le refus de H______, il a saisi son téléphone, l'a déverrouillé sans droit et a envoyé des messages dans ce but à sa place, pendant que N______ lui donnait des coups de poings et des claques (3). Il a enfin contraint H______, lequel avait regagné entretemps son domicile, à les rejoindre à la place 1______ à J______ et frappé ce dernier, avec le concours de ses deux comparses, à réitérées reprises à coup de claques, puis, sous la menace de "niquer" la mère de Z______, à aller chercher à son domicile la somme de CHF 500.- pour la leur remettre, ce qu'ils ont obtenu, étant précisé que le montant initialement réclamé était de CHF 1'000.-, puis de CHF 900.- et que N______ a forcé H______ à appeler sa mère et à inventer une histoire pour se faire remettre CHF 900.- (4). Tout au long de ces évènements, le prévenu et ses comparses ont menacé leurs victimes afin de les contraindre à se comporter comme ils le désiraient, tant par la parole que par le geste, en leur faisant croire à un risque imminent pour leur intégrité corporelle et en les empêchant d'être libres de leurs mouvements (5) (ch. 1.1.2. – le prévenu a été reconnu coupable de vol simple, faute de violence, au préjudice de G______ [recte : H______] et de contrainte à l'encontre des plaignants H______ et G______ [ch. 1.1.2.1.], de contrainte au préjudice de ces deux plaignants dans la motivation du jugement mais non dans son dispositif, et d'extorsion et chantage aggravé à l'encontre de G______ [ch. 1.1.2.2.], ainsi que de contrainte [ch. 1.1.2.3.] et d'extorsion et chantage aggravé [ch. 1.1.2.4.] à l'encontre de H______, étant rappelé que le TCO a classé la procédure du chef de violation de domicile). B. La présente procédure concerne une succession de rackets opérés par A______, de concert avec ses comparses, K______ et/ou N______, les 21 janvier, 12 février et 11 septembre 2022, sous la forme de trois épisodes distincts à l'encontre de G______ et de H______, ainsi que le ______ septembre 2022 au préjudice de C______, de E______, de F______ et de I______, étant relevé que le rôle et l'implication de ce dernier est discutée en appel par le prévenu. Dès lors que les deux premiers complexes de faits retenus par les juges de première instance ne sont pas contestés, seuls ceux pertinents pour statuer sur les objets des appel et appels joints seront développés ci-après. Pour le surplus, il est renvoyé au jugement entrepris (art. 82 al. 4 du Code de procédure pénale [CPP] et ATF 141 IV 244 consid. 1.2). I. Faits du 11 septembre 2022 (ch. 1.1.3. de l'acte d'accusation)

- 10/83 - P/19725/2022 Déclarations des plaignants G______ et H______ a.a.a. Selon G______, le 11 septembre 2022, vers 13h30, il se trouvait avec deux connaissances à la place 1______ lorsque A______, K______ et "AA_____" s'étaient approchés d'eux. A______ lui avait adressé la parole et réclamé CHF 500.-. Il lui avait répondu qu'il ne disposait pas de cette somme et A______ lui avait mis une gifle. "AA_____" lui avait ensuite pris sa trottinette électrique et le trio l'avait forcé à emprunter la direction de son domicile. Durant le trajet, A______ l'avait obligé à lui donner son [smartphone] M______/4______ [marque/modèle] ainsi que le code de déverrouillage de l'appareil, ce qu'il avait d'abord refusé, avant de céder suite à une nouvelle claque donnée par le concerné. Arrivés en bas de chez lui, "AB_____" et "AC_____" avaient rejoint ses agresseurs. Vu que son père était au domicile, A______ lui avait alors demandé d'appeler H______, qui résidait depuis peu chez sa mère, ce qu'un membre du groupe avait révélé en donnant l'adresse. Durant le trajet, une quinzaine de personnes les avaient rejoints. En bas de chez la mère de H______, A______ lui avait demandé d'appeler ce dernier, ce qu'il avait refusé. Son agresseur lui avait à nouveau donné une gifle, puis avait composé le numéro de H______ avec le téléphone qu'il lui avait pris des mains, en lui demandant de dire à son ami de descendre. Une fois le concerné descendu, le groupe les avaient tous deux encerclés. A______ lui avait assené une gifle ainsi qu'un coup de poing, lui causant une légère douleur à la mâchoire gauche. A______ avait ensuite demandé à H______ son téléphone puis le code de déverrouillage. Ce dernier avait refusé avant de céder à ses deux demandes suite à une claque, respectivement à un coup de poing, infligés par son agresseur. A______ avait réclamé CHF 500.- à H______, ce dernier s'y était opposé et avait reçu en retour un coup de pied dans la gorge ainsi qu'un coup de tête sur le front. Durant cette scène d'intimidation, H______ avait prononcé le mot "wallah", ce qui avait provoqué la colère d'un des membres du groupe des agresseurs, qui s'était mis à le rouer de coups, rapidement suivi par ses comparses. Un voisin était intervenu et avait mis un terme à l'attaque. A______ l'avait menacé à plusieurs reprises de le frapper. Il avait été insulté par le groupe, dont l'un d'eux, soit un jeune de type africain, lui avait volé ses chaussures. Ce n'était pas la première fois qu'il se faisait agresser par ces individus, lesquels avaient agi à son encontre six mois plus tôt, avec N______ (cf. supra let. A.b.b.). a.a.b. Entendu en procédure préliminaire, G______ a déclaré avoir très mal vécu les choses, notamment parce ce qu'il ne s'attendait pas à revoir ses agresseurs. Il avait reçu uniquement des claques. Le "groupe" lui avait dérobé ses chaussures, et A______, accompagné de K______ et de "AA_____", lui avait pris son téléphone portable ainsi que sa trottinette. a.b.a. Selon H______, le 11 septembre 2022, il se trouvait à domicile lorsque son ami G______ l'avait appelé pour lui demander de sortir. Au bas de son immeuble, il avait aperçu ce dernier, accompagné d'une quinzaine d'individus qui se dirigeaient vers lui, dont A______. Celui-ci lui avait demandé de lui donner

- 11/83 - P/19725/2022 CHF 500.-, dont CHF 300.- immédiatement. Il lui avait répondu qu'il n'avait pas d'argent si bien que A______ lui avait pris son M______/5______ et l'avait forcé à lui révéler le code de déverrouillage. Suite à cela, son agresseur lui avait asséné des claques, des coups de pied et de tête. À un moment, il avait prononcé le mot "wallah" et plusieurs individus, soit selon ses souvenirs K______, A______ et trois autres personnes du groupe, lui avaient sauté dessus en lui mettant des coups, ce qui l'avait blessé – constat médical et photographies des lésions à l'appui –, un inconnu l'ayant ensuite "extrait" avec l'aide de G______. Durant les faits, il avait également été insulté mais non menacé et dépouillé de ses cigarettes, en sus de son téléphone portable. A______ faisait bien partie des personnes l'ayant frappé, notamment un coup de tête, un coup de pied dans le cou ainsi que des gifles au visage. Son agresseur l'avait frappé alors qu'il était debout et une autre personne lui avait tapé sur la nuque, ce qui l'avait fait chuter et avait donné lieu à son passage à tabac par d'autres participants. Il avait déjà été agressé par le passé, à deux reprises en début d'année, par les mêmes protagonistes ainsi que par N______ (cf. supra let. A.b.b.). H______ a transmis un selfie pris par A______ le 11 septembre 2022, sur lequel apparaissent également G______ et K______. a.b.b. Entendu en procédure préliminaire, à plusieurs reprises, ainsi qu'en première instance, H______ a confirmé ses précédentes déclarations. A______ avait volé tant son téléphone que celui de G______, en leur demandant de divulguer leur code de déverrouillage afin de les réinitialiser. Celui-ci lui avait également donné des claques et, juste avant le passage à tabac final, un coup de pied vers le cou ainsi qu'un autre de tête. Il se tenait juste en face de lui. Il ignorait qui l'avait frappé exactement lorsqu'il était au sol, vu que l'entier du groupe l'avait agressé. De manière générale, il avait été effrayé lors de chacun des épisodes qu'il avait subis. Il avait eu peur des situations elles-mêmes, qui auraient pu mal se terminer, des paroles et des regards échangés. Il en voulait à ses agresseurs même s'il n'avait subi aucune séquelle physique et psychique de ces faits. Déclarations de tiers b. N______ a été entendu à la police le 19 octobre 2022 sur les faits de janvier et février 2022, soit ceux non contestés en appel (cf. supra let. A.b.b.), et a précisé, à cette occasion, que A______ et K______ avaient à nouveau "carotté" H______ et G______, environ un mois auparavant. Les deux auteurs lui avaient expliqué qu'ils avaient volé leur téléphone portable et les avaient ensuite revendus. Il pensait qu'il y avait eu des claques mais n'en était plus certain. Déclarations des prévenus

- 12/83 - P/19725/2022 c.a.a. Selon K______, il s'était rendu à L______ [GE] avec A______ et avait rejoint des connaissances. À un moment donné, ces dernières avaient reconnu G______, qui était passé devant eux, car elles avaient eu "des histoires" avec lui par le passé. Celuici aurait volé CHF 12'000.- au père de l'un de ses amis, somme que G______ avait ensuite utilisée avec H______ pour s'acheter des habits, raison pour laquelle ils avaient déjà été rackettés par le passé. Le jour des faits, ses connaissances avaient discuté avec G______ puis lui avaient demandé d'appeler H______ pour lui dire de descendre en bas de chez lui. Tous s'étaient ensuite rendus au pied de l'immeuble de ce dernier. A______ et lui-même étaient dans un premier temps restés "au tabac" avant de rejoindre le groupe en bas de chez H______. À leur arrivée, la bande de L______, composée d'une dizaine de personnes, était en train d'encercler et de menacer G______ ainsi que H______. Il ignorait les raisons de leurs agissements. Ces personnes avaient dérobé les affaires des deux concernés avant de "sauter" sur H______. Après quelques secondes, un adulte était intervenu et tout le monde était parti en courant. A______ et lui avaient également voulu séparer les protagonistes mais tout était allé très vite. H______ était resté au sol et G______ à côté de lui. Ce dernier n'avait pas été frappé. Ni A______ ni lui-même n'avait volé et/ou donné de coup à H______. Ils étaient restés côte à côte. Seul le groupe de L______ était responsable. Plus tard par-devant le MP, il a déclaré que cet épisode lui rappelait "quelque chose" mais qu'il y avait beaucoup de monde et qu'il n'avait alors pas pu tout voir. Ce jour-là, il n'y avait pas eu de projet particulier et il ignorait comment les choses s'étaient passées. Il n'avait ni donné de coup à H______ ni volé son téléphone portable. c.a.b. Au TCO, K______ a reconnu que sa présence avait pu représenter une menace supplémentaire, pour avoir "fait le nombre", soit impressionner. Il ne se souvenait pas pour quelle raison il s'était retrouvé sur place avec A______, mais il n'avait pas pensé que les choses iraient "aussi loin". G______ avait bien appelé H______ pour qu'il descende au bas de son immeuble mais il ne se souvenait plus pourquoi "nous" voulions cela. Ce dernier était descendu et "le groupe", qu'il ne connaissait pas, l'avait passé au tabac. A______ et lui-même s'étaient éloignés. Il n'avait porté aucun coup, encouragé personne à le faire, ni même menacé qui que ce soit, par le geste ou la parole. A______ avait eu un rôle similaire au sien. c.b.a. Selon A______, il avait "débarqué", le 11 septembre 2022, à L______ avec K______ et "AA_____". Sur place, il avait vu deux "grands" en compagnie de G______. Il leur avait parlé car il savait qu'il y avait "un problème", ne se rappelant toutefois plus de l'exacte cause. Le ton était rapidement monté entre lui et les deux "grands", qui avaient voulu se battre. K______ et "AA_____" avaient finalement calmé le jeu, tandis que G______ avait appelé H______, avec lequel lui-même s'entendait, pour qu'il le raisonne car il ne voulait pas de son côté quitter les lieux. À son arrivée, H______ s'était fait frapper par six ou sept personnes qu'il ne connaissait pas. Il ignorait pourquoi ce dernier avait été pris pour cible mais G______ n'avait pas l'air choqué. K______ et "AA_____" lui avaient dit qu'il ne fallait pas rester là, si bien qu'il

- 13/83 - P/19725/2022 avait fait "marche arrière" avec les deux "grands", ses amis ainsi que G______. Il avait ensuite "pété un câble" et, sur un coup de tête, pris la trottinette de G______, ne souhaitant pas partir sans rien. Il avait ensuite quitté les lieux en direction du Jardin anglais pour rejoindre des amis. Il n'avait pas voulu se faire frapper ni être mêlé à des histoires qui ne le concernaient pas. Pour sa part, il n'avait pas donné de coup mais simplement vu H______ se faire attaquer. Ni ses amis ni lui n'avaient pris son téléphone. Au MP, il a globalement admis avoir donné des claques à G______ pour prendre "ses trucs". Il avait eu auparavant une "histoire" avec lui ; celui-ci avait frappé un plus jeune. Il ne lui avait toutefois dérobé que sa trottinette électrique. Il ne comprenait pas qu'on lui reprochait le vol d'un téléphone portable car il n'avait rien volé d'autre. Il n'avait pas non plus donné de coup de pied ni de coup de tête. H______ s'était effectivement fait tabasser, mais il n'y était pour rien. K______ lui avait suggéré de ne pas faire "le con" puis de partir avant que les choses ne dégénèrent. Il lui avait également conseillé de ne pas prendre la trottinette car elle ne lui appartenait pas. Ultérieurement, il a reconnu les faits reprochés en lien avec G______ et H______, hormis le passage à tabac. Il n'avait aucune explication sur ce qu'il s'était passé mais avait eu du temps pour réfléchir en prison et regrettait ses actes. Sa priorité était de rembourser ses victimes. Plus tard dans la procédure, il est toutefois revenu sur ses déclarations, indiquant avoir confondu les différents événements. Il n'avait ni porté de coups ni dérobé de téléphone. c.b.b. Au TCO, A______ a admis les faits sous réserve notamment de celui d'avoir contraint G______ à régler une dette inexistante. Il ne se souvenait plus de ce qu'il s'était passé, a reconnu avoir donné une claque à H______ mais non à G______. Il était désolé pour les victimes et s'en voulait. c.b.c. En appel, il est revenu sur ses déclarations et a uniquement admis s'être emparé de la trottinette de G______, qui avait été posée sur le côté par une tierce personne, de sorte qu'il n'avait pas usé de force pour l'obtenir. Il n'avait pas pris le téléphone portable de H______, ni n'avait contraint ce dernier à dévoiler le code de déverrouillage. Il lui avait uniquement asséné deux gifles, qu'il ne pouvait expliquer vu le temps écoulé depuis les faits. Il se rappelait toutefois lui avoir demandé de l'argent. Ce jour-là, il s'était foulé la cheville et portait une attelle au bras gauche, raison pour laquelle il n'avait pas pu commettre les faits reprochés. II. Faits du ______ septembre 2022 (ch. 1.1.4. de l'acte d'accusation) Déclarations des quatre plaignants a. I______, C______, E______ ainsi que F______ ont relaté à la police les faits suivants, corroborés sur certains points par les images de vidéosurveillance et présentés de manière chronologique en fonction de leur implication : Liens entre les parties

- 14/83 - P/19725/2022 a.a. I______ connaissait C______ ainsi que F______, mais non E______, rencontrée uniquement lors des faits. Au cycle d'orientation, les trois premiers cités étaient toujours ensemble mais s'étaient depuis lors perdus de vue, C______ et F______ étant toutefois restés quant à eux très amis. E______ connaissait ces deux derniers et était proche de C______. Selon I______, N______, qui pratiquait la boxe thaïlandaise, ce que ce dernier avait également indiqué à F______, était une personne avec laquelle il avait eu beaucoup de problèmes par le passé et qui l'avait racketté à plusieurs reprises. Il l'avait rencontré trois ans plus tôt, par l'intermédiaire d'un ami. Ce n'était pas quelqu'un qu'il appréciait ou fréquentait. D'ailleurs, la jaquette noire qu'il portait le jour des faits lui appartenait. Il la lui avait prise peu avant les événements et ne la lui avait jamais rendue. Quant à A______, il l'avait rencontré à la même période. C'était une personne qu'il avait fréquentée avec plaisir et avec laquelle il avait passé du bon temps. Aucune des trois autres victimes n'avait rencontré auparavant les deux agresseurs, A______ et N______. Gare P______ - rencontre entre I______ et les prévenus a.b.a. Selon I______, le ______ septembre 2022, vers 16h00, alors qu'il s'apprêtait à aller vendre des chaussures à un proche, A______ l'avait appelé en lui disant : "Viens on se voit, il faut que je te parle d'un truc, c'est important". Lorsque, peu après, il l'avait retrouvé à la gare P______, N______ était également présent, ce qui lui avait d'emblée déplu. Ces derniers, qui l'avaient accompagné au préalable pour qu'il puisse effectuer sa vente, lui avaient expliqué que "AD_____", qui était une de ses connaissances, leur devait CHF 300.-, sans fournir plus d'informations, et qu'ils souhaitaient se rendre tous ensemble sur le lieu de travail du précité afin de lui parler. Comme il n'en avait pas envie, il leur avait expliqué qu'il avait un rendez-vous, mais A______ et N______ avaient compris qu'il s'agissait d'un prétexte pour se séparer d'eux. Ils étaient donc restés avec lui et se montraient de plus en plus agressifs verbalement. Oppressé, il avait vite compris qu'il serait retenu de force s'il essayait de partir. Il savait de quoi N______ était capable, ce qui l'avait également dissuadé de fuir. A______ et N______ lui avaient dit avoir besoin d'argent et qu'il devait leur trouver quelqu'un à "dépouiller", ce qu'il avait refusé mais ils avaient insisté. N______ s'était montré très agressif dans son intonation et dans sa façon de donner des ordres, tandis que A______ semblait vouloir faire cela dans le calme, en lui disant notamment : "allez "BG", c'est pas grave, sors ton téléphone, t'inquiète". A______ lui avait alors pris son M______ et avait fait défiler les contacts sur l'écran. Les deux comparses étaient tombés d'accord pour appeler C______. Pour eux, c'était un "Chlag", soit une personne sans défense. Ils lui avaient demandé de lui téléphoner et de prétexter une urgence. Ils lui avaient mis la pression en l'entourant et en lui disant que s'il ne s'exécutait pas, ils allaient le frapper. Se sentant pris en otage ainsi que sous l'effet du stress et de la peur, il s'était exécuté. Au téléphone, C______, étonné de cet appel, lui avait indiqué qu'il se trouvait à la mairie de R______, où un rendez-vous avait été fixé.

- 15/83 - P/19725/2022 Ils avaient tous les trois pris le tram en direction de R______. Sur le trajet, sa mère lui avait téléphoné pour lui demander de la rejoindre, ce qu'il avait rapporté à ses assaillants en leur précisant qu'il ne voulait plus les suivre. A______ lui avait répondu : "t'inquiète, t'inquiète, ce sera vite fait". Les questions de ses agresseurs étaient devenues de plus en plus intrigantes et portaient sur ce qu'il avait sur lui. Il avait été sous pression, assis entre les deux, qui lui disaient que s'il ne faisait pas ce qu'on lui ordonnait de faire il se ferait frapper. Les deux comparses jouaient à la fois les gentils et les méchants. Il avait été forcé de les suivre, mais sans être frappé. C'était eux qui avaient eu l'idée d'appeler des gens pour les voler. Un quart d'heure en leur compagnie lui avait suffi pour réaliser que A______ et N______ avaient en tête de "[lui] faire des trucs comme ça". Ils se regardaient beaucoup, se faisaient des clins d'œil, lui posaient des questions sur la valeur de sa montre ainsi que sur celle de son téléphone, auquel A______ s'était intéressé et qu'il avait pris en main, avant de le lui restituer, tout en précisant qu'il avait le même et qu'il souhaitait le revendre alors que cela était faux. Il avait compris à ce moment-là ses véritables intentions. a.b.b. Selon C______, alors qu'il jouait aux cartes dans le parc de la mairie de R______ avec E______, il avait reçu un appel vers 15h30 de I______. Ce dernier lui avait révélé avoir une "galère" et lui avait demandé de le rejoindre à la gare P______. Il avait refusé de se déplacer, mais vu l'insistance de son interlocuteur, lui avait proposé de se retrouver à la mairie de R______. Il avait essayé d'obtenir plus d'informations, en vain, I______ ayant uniquement indiqué qu'"on [allait] venir", avant de se reprendre et de préciser qu'il était seul et que le "on" était "dans sa tête". Arrivée à R______ - rencontre avec C______ et E______ a.c.a. Selon I______, A______ lui avait donné à R______ sa veste verte, qui était voyante, pour qu'il la porte à bout de bras et avait, avec N______, cassé une branche d'arbre d'environ 60 centimètres pour s'en servir comme bâtons. Il avait été forcé à aller en premier au contact de C______, lequel était installé sur une table avec E______, et lui avait immédiatement dit qu'il était désolé, suivi de près par A______ et N______, bâtons en mains. Ces derniers avaient indiqué à C______ et à E______ qu'ils venaient de Lyon, qu'ils le cherchaient depuis un an pour une dette de CHF 15'000.- et que c'était eux qui devraient payer à sa place. Ces propos avaient effrayé les précités qui avaient cru à cette histoire, tremblaient et étaient sous le choc. De son côté, il était resté dans son coin silencieux et n'avait pas osé les contredire, par crainte de représailles. A______ et N______ avaient ensuite demandé à C______ et à E______ de poser leur téléphone sur la table et chacun d'eux avait pris un des appareils, tout en les invitant à les suivre dans un endroit du parc un peu plus discret ; tout le groupe s'était exécuté. A______ et N______ s'étaient ensuite adressés à lui en demandant de retirer sa montre S______, de la mettre dans sa sacoche et de porter cette dernière pour eux, avant de se retourner vers C______, de fouiller son sac ainsi que de prendre connaissance, sur demande de N______, de son solde e-banking, lequel affichait environ CHF 150.-. Les deux comparses avaient cherché à savoir s'il pouvait être en négatif, tout en lui disant : "t'inquiète, on va essayer".

- 16/83 - P/19725/2022 a.c.b. Selon C______, une demi-heure après le coup de téléphone, il avait aperçu I______ au parc, suivi par deux inconnus, soit A______ et N______, lesquels tenaient chacun un bâton dans les mains. Il avait tout juste eu le temps de saluer son ami que N______ leur avait ordonné de leur remettre leur téléphone portable. Vu qu'il avait une attitude menaçante et tenait un bâton dans les mains, E______ et lui s'étaient exécutés. L'un des individus avait ensuite expliqué qu'ils étaient là à cause de I______, lequel leur devait CHF 15'000.- et que, comme celui-ci n'avait pas les moyens de payer, ses amis devaient le faire à sa place. I______ était demeuré silencieux et n'avait pas l'air bien. A______ et N______, énervés et très déterminés, leur avaient expliqué que les choses se passeraient mal s'ils n'obéissaient pas, tout en leur ordonnant de se déplacer une cinquantaine de mètres plus loin. Là, les deux agresseurs lui avaient demandé de quelle somme il disposait sur son compte bancaire. Il avait prétendu que celui-ci était vide mais ses assaillants lui avaient demandé de déverrouiller son téléphone et de se connecter à son application bancaire pour voir son solde, alors de CHF 155.-. A______ et N______ avaient ensuite exigé de lui qu'il appelle l'un de ses contacts, en prétendant ne pas aller bien. Ses agresseurs entendaient ainsi agir de la même façon avec d'autres personnes. Effrayé, il s'était exécuté et avait contacté F______, lequel avait accepté de le rejoindre au parc dans la demi-heure à l'heure suivante. a.c.c. Selon E______, vers 16h00, dans le parc de la mairie de R______, elle jouait aux cartes avec son meilleur ami C______ lorsque ce dernier avait reçu un appel de I______, lequel lui avait expliqué être dans une "galère" et souhaité se retrouver à la gare P______. L'interlocuteur était insistant mais vague sur les motifs exacts de son appel, si bien que C______, qui avait un autre programme de prévu, lui avait proposé de venir à la mairie de R______ pour en discuter. Une vingtaine de minutes plus tard, I______ était arrivé, la tête baissée et muet, suivi de deux individus, soit N______ et A______, munis chacun d'un bâton en mains. Ces derniers s'étaient approchés d'eux en s'adressant à C______ : "tu vois, ce petit fils de pute nous doit CHF 15'000.- et il n'a pas de carte ou de cash pour nous payer, du coup c'est toi qui va devoir payer pour ton pote". Ils avaient expliqué venir de Lyon et parlaient dans un jargon de "banlieue française", l'un deux répétait également constamment "Wallah sur le coran". Selon elle, ils devaient être français. Elle n'avait pas compris immédiatement ce qu'il se passait mais les deux individus, qui ne la considéraient pas au début, avaient remarqué qu'elle avait peur et s'étaient appropriés son téléphone portable, lorsqu'elle avait voulu le saisir, tout en lui indiquant qu'ils ne pouvaient rien lui faire car s'ils touchaient à une fille "les grands" de leur quartier les tabasseraient. Elle avait eu très peur mais avait essayé de le cacher. Sur injonction d'un des deux agresseurs, ils s'étaient tous rendus en bas du parc. À cet endroit, A______ l'avait surveillée pendant que N______ avait fouillé le sac à dos de C______, qu'il avait dépouillé de son M______ ainsi que de son porte-cartes, tout en lui demandant de combien il disposait sur son compte en banque. Les deux hommes avaient ensuite ordonné à son ami de déverrouiller son téléphone avec la fonction "face id" pour consulter son solde sur son application bancaire. Insatisfaits du montant, ils avaient exigé de lui qu'il contacte

- 17/83 - P/19725/2022 n'importe lequel de ses amis pour qu'il vienne rembourser la dette de I______. Seul F______ avait répondu à l'appel de C______ et lui avait dit qu'il pouvait le rejoindre à la mairie de R______ d'ici une heure. Les deux individus avaient également saisi le téléphone de I______. Elle était de son côté encore en possession de son sac. Elle n'avait pas remarqué que les agresseurs étaient munis d'autres armes mais avait entendu des bruits métalliques provenant de leurs sacoches. Retraits à la banque et achats à la V______ a.d.a. Selon I______, le groupe avait ensuite été amené à la banque de la place 6______. C______, qui y était entré seul, n'avait pas réussi à retirer de liquidités, si bien qu'ils s'étaient tous dirigés au magasin V______. Lui-même avait dû donner CHF 40.- à N______, lequel avait exigé de recevoir l'argent qu'il venait de gagner de la vente des chaussures pour acheter à boire et à manger, utilisant la moitié de cette somme pour ce faire. Une fois hors du commerce, N______ avait suggéré à C______ d'aller retirer tout ce dont il disposait, en chargeant A______ de l'accompagner, et s'était ensuite emparé de la jaquette U______ que lui-même portait. Vu les températures, il avait de son côté enfilé la veste verte appartenant à A______ que celuici lui faisait porter depuis R______. En parallèle, C______ avait retiré CHF 120.-, qu'il avait remis à l'un des deux agresseurs. I______, qui a confondu les événements, a précisé que c'était à ce moment-là que ces derniers, particulièrement oppressants, avaient ordonné à C______ d'appeler pour la première fois l'un de ses amis, soit F______ pour fixer un rendez-vous. a.d.b. Selon C______, A______ et N______ avaient exigé qu'ils se rendent tous à la banque de la place 6______. Là, les précités avaient au préalable utilisé sa carte bancaire à la V______ pour acheter, à tout le moins un sandwich, deux red bull et un thé froid, avant de l'intimer d'aller retirer de l'argent dans la banque où il s'était rendu seul, les autres attendant à l'extérieur. Il n'avait pu prélever que CHF 120.-, qu'il avait remis à ses agresseurs. Ces derniers lui avaient demandé de retirer davantage, quitte à tomber à découvert, ce qu'il avait tenté à deux reprises, sans succès. N______ lui avait indiqué qu'il le "rendait fou" et qu'il avait envie de le taper "direct". Lors de ces retraits, il avait essayé d'alerter deux personnes, en vain. a.d.c. Selon E______, A______ et N______ les avaient forcés, sous la menace et la contrainte à se rendre à la place 6______, en s'arrêtant d'abord à la V______ pour s'acheter, probablement avec la carte de C______, à boire et à manger, dont un redbull pour I______, ce qui lui avait paru étrange. Les agresseurs avaient également offert à plusieurs reprises des cigarettes à ce dernier ainsi qu'à C______. Toute cette scène avait été insolite. Ce dernier avait ensuite dû aller retirer le solde de son compte bancaire, équivalant à CHF 120.-, ce qui avait déplu aux agresseurs, si bien que A______ était entré cette fois-ci avec lui dans la banque pour obtenir davantage de liquidités, quitte à provoquer un découvert, mais sans succès.

- 18/83 - P/19725/2022 a.d.d. Il ressort des images de vidéosurveillance de la V______ ainsi que de la Banque AE_____, sises place 6______, ce qui suit : À 17h27, A______ et C______ s'approchent de la AE_____ en discutant, suivis de N______, I______ et de E______. Le groupe s'arrête quelques secondes à côté de la porte d'entrée avant de s'éloigner. À 17h28, tous entrent dans la V______. N______ parle à I______, tout en tendant la main dans sa direction. Ce dernier lui remet alors un téléphone sorti de son sac. Le groupe reste plusieurs minutes dans l'établissement avant de se diriger vers les caisses automatiques. N______ tient dans ses mains un sandwich ainsi qu'un red bull. Pendant que A______ repart dans la V______ récupérer un second red bull, N______ glisse quelques mots à l'oreille de C______, lequel retourne à son tour chercher une boisson. À leur retour, N______ scanne les quatre produits et paie les achats avec un billet qu'il tient à la main. C______ ainsi que A______ se tiennent à ses côtés durant la transaction. À 17h31, tous quittent le commerce. À 17h32, C______ entre seul dans la banque pendant que le reste du groupe attend aux abords immédiats de l'établissement. N______ et A______ observent de loin C______ qui tente de retirer de l'argent sur les deux distributeurs avant de ressortir peu après. Ce dernier retourne ensuite à deux reprises dans la banque, à quelques minutes d'intervalle (17h40 et 17h44), et discute, la deuxième fois, avec deux individus avant de tourner en rond dans l'établissement et de ressortir de manière plus hésitante. Bagarre entre I______ et C______ a.e.a. Selon I______, N______ leur avait indiqué : "maintenant nous allons aller à un endroit et vous allez vous battre". Sur une petite place au AF_____, devant un immeuble au chemin 2______ no. ______, N______ l'avait pointé du doigt, puis s'était adressé à C______ en lui disant : "c'est à cause de lui que cela t'arrive. De toute façon, on va le ramener à Lyon lui après et le mettre à poil. Ne vous inquiétez pas, on va s'en occuper". A______ et N______ avaient fait croire à C______ qu'il était endetté de plusieurs milliers de francs et que tout était de sa faute. Ils avaient "retourné la tête" de son ami et N______ avait dit à ce dernier : "bats-toi, c'est de la faute de I______". Comme C______ lui en voulait un peu, vu la situation, ce dernier avait commencé à lui donner des coups de poing sur le torse. Dans l'excitation, il avait de son côté saisi la tête de C______ et lui avait porté un coup de poing sur la joue. S'en étaient suivis quelques coups, puis A______ et N______ les avaient tous deux "balayés" d'un coup de jambe pour mettre un terme à la bagarre. Ils n'avaient pas eu le choix car A______ et N______ leur avaient dit que s'ils ne se battaient pas, ce seraient eux qui les frapperaient. Ils avaient ainsi agi sous la pression de leurs agresseurs. N______ avait filmé la scène sur son téléphone. a.e.b. Selon C______, après le passage à la V______, ils avaient repris leur chemin sans savoir où ils étaient conduits. Devant un immeuble du

- 19/83 - P/19725/2022 chemin 2______, A______ et N______ avaient exigé que I______ et lui se battent, ce qu'ils avaient fait, en se portant des coups de poing "appuyés" au visage et sur le corps, pour satisfaire leurs agresseurs. Ni lui ni I______ n'avaient été sérieusement blessés, mais il avait tout de même pour sa part eu une bosse à la tête ainsi qu'une douleur au flanc gauche. N______ avait filmé la scène. a.e.c. Selon E______, après l'épisode de la V______, A______ et N______ les avaient contraints à se diriger à proximité du chemin 7______, puis exigé que I______ et C______ se battent devant une allée. Le plus grand (A______) avait filmé la scène, de moins d'une minute, qui s'était terminée par un "balayage" des jambes des protagonistes par les deux agresseurs. Arrivée de F______ et nouveau retrait à la banque a.f.a. Selon I______, les choses s'étaient ensuite calmées et le groupe s'était rendu dans un parc sous le pont AG_____ [recte : du AF_____] pour fumer des joints, issus de la réserve personnelle de C______. L'ambiance s'était apaisée mais A______ et N______ répétaient toutefois à C______ et à E______ que tout était de sa faute à lui et qu'ils n'avaient rien contre eux. Suite à cela, F______ était arrivé et A______ l'avait pris à part pour lui expliquer la situation. À leur retour, N______ avait exigé de F______ qu'il lui remette sa sacoche, puis, après avoir trouvé à l'intérieur une carte bancaire, il lui avait demandé (comme il l'avait fait avec C______) de quelle somme il disposait sur son compte, ce à quoi ce dernier avait répondu CHF 600.-. N______ lui avait alors demandé s'il pouvait aller en découvert et F______ avait répondu qu'il essaierait. De retour place 6______, A______ et N______ lui avaient ordonné d'accompagner F______ dans la banque et de s'assurer qu'il retire environ CHF 1'500.-. Cette manœuvre leur permettait d'éviter d'apparaître sur la vidéosurveillance. Dans la banque, F______, qui avait retiré le maximum qu'il pouvait, soit CHF 620.-, lui avait demandé des explications. Il lui avait répondu qu'il se faisait manipuler et était désolé. Sous le stress, ni F______ ni lui n'avaient pensé à appeler la police. Il avait pensé que ce dernier, qui était fort au judo, allait se débattre, mais au final personne n'avait rien fait. À leur sortie, N______ s'était énervé vu le montant retiré, en disant qu'il était certain qu'il mentait et que F______ aurait pu retirer davantage. Ce dernier avait remis l'argent à A______, lequel l'avait partagé avec son comparse. Pour sa part, il n'y avait pas touché. Ses deux agresseurs avaient ensuite saisi le téléphone portable de F______ pour le réinitialiser, après avoir obtenu les mots de passe utiles, et en avaient fait de même avec tous les autres appareils, en les rendant au préalable à leurs propriétaires pour qu'ils puissent les déverrouiller. Sous l'effet du stress, il s'était trompé de code et N______ lui avait dit : "fais gaffe, ne te fous pas de ma gueule". Cela avait mis la pression à tout le monde si bien que personne ne s'était révolté. Seule E______ avait pu récupérer son appareil, le reste du groupe uniquement les cartes SIM. En attendant le tram, A______ et N______ leur avaient tous donné une cigarette et fait écouter de la musique. À l'arrivée du tram, les précités lui avaient ordonné de courir le prendre, avant de monter également avec lui. Le reste du groupe était resté sur la place 8______.

- 20/83 - P/19725/2022 a.f.b. Selon C______, après la bagarre et sur ordre de A______ ainsi que de N______, le groupe était retourné en direction du parc de la mairie, où F______ devait les retrouver, mais s'était finalement arrêté dans le parc AH_____. A______ et N______ lui avaient ordonné de rappeler F______ afin de lui fixer finalement rendez-vous à cet endroit. Ce dernier, arrivé une vingtaine de minutes plus tard, avait subi le même sort de la part des deux agresseurs, lesquels lui avaient pris sa montre ainsi que son M______, puis exigé qu'il effectue lui aussi un retrait d'argent en leur faveur à la banque de la place 6______. De retour à cet endroit, A______ et N______ avaient ordonné à F______ d'entrer dans la banque avec I______, tout en précisant que, de cette manière, ce dernier, et non eux, serait vu sur les images de vidéosurveillance, ce qui semblait bien les arranger. F______ s'était fait menacer verbalement par les deux comparses de se faire frapper s'il ne s'exécutait pas. Il avait ainsi obéi et retiré environ CHF 600.-. Le groupe s'était ensuite rendu devant l'église AI_____ où A______ et N______, qui étaient plus détendus, avaient tenté de sympathiser avec eux, en leur parlant comme à des amis et en rendant à F______ sa montre. Les deux agresseurs avaient toutefois exigé de lui ainsi que de ce dernier qu'ils réinitialisent leur téléphone et leur avaient restitué uniquement les cartes SIM, puis les avaient menacés de les retrouver s'ils appelaient la police. A______ et N______ avaient finalement quitté les lieux avec I______, auquel ils avaient dit qu'il allait rester avec eux et "prendre cher". Durant tous les évènements, celui-ci était pâle, très silencieux et vraisemblablement pas bien. Il ne pouvait en revanche dire si l'intéressé avait peur. Durant les faits, leurs agresseurs avaient précisé qu'ils venaient de Lyon, ce qu'il avait cru car ils disaient quatre-vingt-dix, se plaignaient du fait qu'il n'y ait pas de métro et ajoutaient la lettre "T" avant le numéro du tram. Il n'avait pas été frappé ni insulté par eux mais ils n'avaient quasiment jamais cessé de se montrer menaçants en lui faisant comprendre qu'il se ferait tabasser s'il ne répondait pas à leurs demandes, en disant par exemple : "fais ce qu'on te dit ou ça ira mal pour toi". Il avait été dépouillé de son téléphone portable, de CHF 120.- ainsi que de ses cigarettes que les deux individus avaient fumées et avait été très choqué par les événements. E______ n'avait fait qu'assister aux faits ; elle s'était fait confisquer temporairement son téléphone par A______ et N______, qui avaient uniquement exigé d'elle qu'elle reste avec eux. a.f.c. Selon E______, l'ensemble du groupe s'était déplacé sous le pont AG_____ [recte : du AF_____] pour y attendre F______, lequel avait été recontacté au préalable par C______ sur demande des agresseurs. Dès son arrivée, F______ avait à son tour été directement menacé de se faire "défoncer" par N______, qui s'était muni d'un nouveau bâton, et avait été dépouillé de son M______, de sa sacoche ainsi que de son porte-monnaie, puis contraint de retirer tout ce qu'il avait sur son compte bancaire, une fois de retour place 6______, sur ordre des agresseurs. N______ avait cette fois-ci demandé à I______ d'accompagner F______ dans la banque, afin, selon lui, d'éviter aux assaillants d'être vus sur les images de vidéosurveillance, et de surveiller ce dernier, ce qui lui avait semblé curieux puisque A______ était avec C______ peu avant dans les mêmes locaux. F______ avait retiré CHF 650.-, qu'il avait remis sous la

- 21/83 - P/19725/2022 contrainte à l'un des deux individus. Ces deux derniers avaient ensuite ordonné aux trois autres de réinitialiser leur téléphone portable avant de leur restituer les cartes SIM, qu'ils avaient au préalable retirées, ainsi que la sacoche de F______. Elle avait été la seule à pouvoir récupérer son appareil avec la carte SIM. Vers 19h30, A______ et N______ étaient partis prendre un tram avec I______, en affirmant qu'ils allaient remettre ce dernier aux "grands" de la cité, et qu'il se ferait tabasser pour les CHF 15'000.- qu'il leur devait. Durant tous les événements, le groupe avait été menacé et contraint de faire tout ce que leurs agresseurs exigeaient. Ils lui avaient dit : "si tu essayes de partir, nous tabassons ton pote et c'est terminé pour toi. On t'envoie les filles du quartier pour te terminer." A______ avait constamment été à ses côtés. Aucun d'eux n'avait pu s'enfuir. I______ ne s'était quasiment pas exprimé. Il avait été moins surveillé, si bien qu'il aurait pu prendre la fuite. Elle ignorait s'il était un complice mais il était également possible qu'il n'ait pas réagi parce qu'il était effrayé. a.f.d. Selon F______, vers 17h30, il avait reçu un appel de C______, lequel lui avait indiqué ne pas se sentir bien et avoir une urgence, tout en lui demandant de le retrouver dans le parc de la mairie de R______. Il avait pensé que son ami lui faisait une surprise pour son anniversaire. Après un nouvel appel de C______, il l'avait finalement rejoint vers 18h30 dans le parc AH_____. Il avait vu au loin que son ami était avec E______, I______ ainsi que deux autres inconnus, soit A______ et N______. À son arrivée, A______ lui avait expliqué la situation et dit : "ce fils de pute de I______ nous doit EUR 15'000.-. Nous on vient de Lyon", puis, légèrement à part, "on va faire quelque chose de simple, on a besoin d'argent et c'est toi qui va aider I______ à nous donner de l'argent, sinon je vais te niquer ta mère". C______ ne disait rien et était tout pâle. Comme il pensait toujours qu'il pouvait s'agir d'une surprise, il avait d'abord dit "bah d'accord". A______ et N______ avaient ajouté qu'ils appelleraient les "grands" si les choses ne se passaient pas bien, s'ils déposaient plainte ou si la police était avertie, en précisant que tous auraient alors des problèmes. A______ avait fait semblant de frapper I______, en retenant ses coups juste avant l'impact. Ce dernier n'avait pas réagi. N______ tenait quant à lui un bâton en bois d'environ un mètre sur trois centimètres de diamètre. Tout le groupe était alors sorti du parc en direction de la place 6______. Pendant le trajet, A______ et N______, lequel avait fait passer son bâton d'une main à l'autre durant la marche, lui avaient demandé de combien il disposait sur son compte. Il leur avait alors montré son e-banking qui affichait CHF 420.- (sic!). Sur la place, A______ et N______ l'avaient envoyé dans la banque avec I______. Il avait pu retirer CHF 620.-, qu'il avait ensuite remis à A______ à l'extérieur. Les deux agresseurs leur avaient ensuite indiqué qu'ils allaient prendre le "T15" et s'étaient plaints du fait qu'il n'y avait pas de métro mais que des trams. Pour ne pas les contrarier davantage, il avait accepté de fumer une cigarette avec eux, à leur demande, mais s'était fait dérober sa cigarette électronique. Ils s'étaient ensuite tous dirigés vers

- 22/83 - P/19725/2022 l'Église AI_____. A______ et N______ les avaient à nouveau menacés verbalement, en parlant notamment des "grands" de leur quartier, et pris à C______ ainsi qu'à luimême leurs téléphones portables pour en retirer les cartes SIM, qu'ils leur avaient rendues, avant de leur demander de réinitialiser leurs appareils, qu'ils comptaient vendre. Ils n'avaient pas subtilisé celui de E______ car ils allaient, selon eux, contrarier les "grands" s'ils s'en prenaient à une fille. N______ avait voulu lui dérober également son AJ_____ [montre connectée], mais A______ s'y était opposé en disant : "non, demain c'est son anniversaire, on peut la lui laisser". Lors de ce dernier épisode, A______ et N______ s'étaient comportés avec eux comme s'ils étaient des amis, en abordant des sujets de discussion ordinaires et en prenant des selfies. A______ et N______ étaient finalement partis avec I______ en précisant qu'ils allaient le tabasser. I______ n'avait quasiment pas parlé mais, dans la banque, il lui avait répété qu'il était désolé d'une manière qui lui avait semblée sincère car il n'était pas comme d'habitude. Celui-ci avait même envoyé peu après un message au frère de C______, en émettant le souhait de porter plainte, tout en regrettant avoir impliqué ses amis et en proposant de divulguer les noms des deux agresseurs (cf. infra let. B.II.d.a.). Pour sa part, il n'avait pas été frappé et aurait pu prendre la fuite à plusieurs moments mais ne l'avait pas fait principalement par crainte que ces derniers ne s'en prennent aux autres. a.f.e. Il ressort des images de vidéosurveillance de la AE_____, sise place du 6______, que I______ et F______ pénètrent, à 18h53, dans la banque, échangent quelques mots et ressortent après que ce dernier a retiré de l'argent, qu'il a placé dans une de ses poches. Direction les domiciles des deux parents de I______ a.g. Selon I______, après avoir quitté le reste du groupe, A______ et N______ souriaient dans le tram et se félicitaient d'être une "équipe de choc", "une putain d'équipe", puis, N______ avait dit à son comparse : "et maintenant on fait quoi de lui ?". Ces propos l'avaient vraiment stressé, car il pensait que cette histoire était enfin terminée. À l'arrêt Pont-Rouge, les copines de N______ et A______ les avaient rejoints et ce dernier lui avait interjeté : "bon maintenant ça va être simple, tu vas me donner la paire de X______ que tu as, tu vas me donner un bel ensemble et tu vas également en donner un à N______". Les agresseurs lui avaient ensuite demandé de le conduire au domicile de son père. La porte d'entrée de l'immeuble en question était verrouillée et il ne disposait ni du code, ni des clés. Il avait sonné mais personne n'avait répondu. Les deux filles avaient alors sonné au hasard et avaient prétexté avoir oublié leur clé, ce qui avait fonctionné. Pendant ce temps, A______ et N______ l'avait pris à part et lui avaient dit : "j'espère pour toi que ton père est là, sinon on va aller chez ta mère et on va t'enculer si elle n'est pas là et qu'on n'a pas ce qu'on veut". Dans l'immeuble, A______ lui avait mis une petite claque pour se moquer de lui. Au premier étage, il avait sonné à la porte de son père mais personne n'avait répondu ; N______ et A______ avaient tenté de la forcer, sans succès. Face à cet échec, ces derniers, énervés, lui avaient dit que sa dernière chance était de les conduire chez sa mère. Il avait vu

- 23/83 - P/19725/2022 dans leur regard et dans leur façon de parler qu'ils allaient le frapper s'il ne s'exécutait pas. Durant cet épisode, il avait été sous le choc et avait peut-être eu un rire nerveux mais n'avait jamais rigolé avec ses agresseurs et les deux filles. Il avait donc pris le bus avec ses deux assaillants, sans ces dernières qui étaient parties. N______ s'était assis à côté de lui ce qui l'avait beaucoup stressé car il savait que sa mère n'était pas chez elle et qu'il n'avait pas les clés de l'appartement. Il avait eu peur de se faire "enculer" ; ses agresseurs lui avaient dit : "j'espère qu'on ne fait pas ce trajet pour rien sinon tu vas voir". Par crainte, il avait cherché s'il connaissait des passagers et avait vu la mère de son meilleur ami, qui habitait près de la sienne. Il avait alors fait croire à A______ et N______ qu'il s'agissait de sa propre mère, mais ces derniers l'avaient empêché d'aller lui parler. Il avait alors fait descendre le groupe à l'arrêt de tram de celle-ci, l'avait suivie et était entré dans la même allée qu'elle. Soulagé d'entendre des voix familières, il avait sonné au domicile de la concernée. Lorsque la porte s'était ouverte, il l'avait rapidement saluée en entrant, paniqué, avant de refermer la porte derrière lui. Son meilleur ami était sorti de sa chambre et il lui avait expliqué la situation. La mère de son ami avait alors rouvert la porte et avait demandé à A______ et à N______ qui ils étaient et ce qu'ils voulaient. Ces derniers, se trompant sur la personne à laquelle ils avaient affaire, avaient indiqué qu'ils voulaient récupérer des affaires que "son fils" leur devait. La mère de son ami avait immédiatement appelé sa véritable mère pendant qu'il avait rendu de son côté la veste verte à A______. Se doutant de la supercherie, ses agresseurs avaient demandé des explications. La précitée les avait coupés, puis avait proposé d'appeler la police. Les deux jeunes étaient finalement partis en disant qu'ils se reverraient. Le soir, il avait renoncé à se rendre à la police mais sa mère l'avait finalement convaincu de porter plainte. Toute cette histoire lui avait paru particulièrement étrange car N______ et A______ avaient sans cesse changé de comportement, tantôt en se montrant comme des amis, tantôt leur faisant comprendre qu'ils n'étaient pas là pour rigoler. Tétanisé durant les faits, il n'avait eu aucune réaction, incapable de parler ou d'agir. Il s'était senti totalement impuissant. Il avait par contre été étonné que F______, qui était fort au judo, ne fasse rien. Ils s'étaient au final tous laissés faire. A______ et N______ n'avaient jamais porté de coups mais les avaient menacés, ses deux amis et lui, notamment en disant : "on va vous enculer, on va vous frapper". S'agissant de E______, ils lui avaient uniquement pris le téléphone pour l'empêcher d'appeler la police. Il avait été dépouillé de son [smartphone] M______, de sa montre S______, de sa jaquette noire U______ ainsi que de CHF 40.-. A______ n'avait jamais remis à "AK_____" le [smartphone] M______ qu'il lui avait volé (cf. infra let. B.II.b.b.a.). Il n'était endetté ni envers N______, ni envers A______. Ce dernier avait inventé cette histoire de dette de CHF 40.- relative à une paire de fausses X______ (cf. infra let. B.II.b.b.a.) et l'avait simplement envié en voyant qu'il portait cette marque de chaussures. Il n'avait participé à aucun vol et aucunement souhaité dépouiller ses amis ni les menacer. A______ et N______ l'avaient contraint à les suivre sûrement pour se

- 24/83 - P/19725/2022 protéger eux, car C______ ne connaissait pas leur nom mais le sien. Il avait été victime de leurs agissements. Suite des déclarations des plaignants au cours de la procédure a.h.a.a. Entendu en audience de confrontation, à plusieurs reprises, et en première instance, I______ a confirmé ses déclarations. Il n'avait aucunement profité de la situation pour obtenir de l'argent ou un quelconque avantage, ayant été victime des prévenus. Il ne savait plus qui avait affirmé venir de Lyon mais les deux concernés avaient joué le jeu ensemble. A______ et N______ avaient mené les évènements à tour de rôle. Il s'était battu avec C______ uniquement sous la pression des deux agresseurs, qui les avaient forcés à se porter des coups. Il s'agissait surtout de N______, lequel avait filmé la scène, mais A______ était présent également. Il avait suivi F______ dans la banque sur demande de ces derniers qui ne voulaient pas apparaître sur la vidéosurveillance et lui avaient demandé de vérifier qu'il retire bien le maximum. Durant tous les évènements, il n'avait ni osé parler ni protester et s'était renfermé sur lui-même. Il avait été effrayé par les menaces de représailles et eu peur de se faire frapper mais non d'être atteint dans son intégrité sexuelle, l'expression "enculer" devant être comprise comme une menace de prendre des coups. Il considérait avoir été séquestré durant environ quatre heures. Il ne se souvenait pas avoir ri avec A______ et N______ et n'avait aucune raison de l'avoir fait. C'était sans doute la peur qui avait retenu tout le monde de prendre la fuite ou d'appeler à l'aide. I______ a réclamé le remboursement de ses biens volés, en CHF 1'783.-. À l'appui de ses conclusions, il a produit une facture faisant état du coût des mensualités de l'achat de son téléphone, des photos de lui avec une veste de marque U______ ainsi qu'une montre de marque S______. a.h.a.b. En appel, I______ a souligné le fait queN______ avait reconnu qu'il n'avait été en aucun cas partie prenante de leur projet (cf. infra let. B.II.b.a.). Il avait dit qu'il était "désolé" à F______ dans la banque de manière sincère. Il lui semblait également avoir mentionné qu'il se faisait manipuler et qu'il n'était aucunement impliqué dans leurs plans. Il avait été extrêmement touché, dans cette histoire, par le fait d'avoir été obligé d'impliquer C______ et F______, qui étaient deux de ses précieux amis. Il s'en voulait et était vraiment navré de ce qui leur était arrivé. a.h.b.a. Entendu en audience de confrontation, à plusieurs reprises, puis en première instance, C______ a confirmé ses déclarations et précisé que A______ et N______ avaient eu le même rôle ; aucun des deux n'avait eu le dessus sur l'autre, chacun menant les discussions à tour de rôle. Il avait eu très peur car tout avait commencé par l'intimidation à la mention qu'ils venaient de Lyon. Ils l'avaient menacé de "faire venir des grands de Lyon", lesquels n'étaient pas aussi gentils qu'eux et passeraient "directement" à la violence, en ajoutant "si vous ne faites pas ce qu'on vous dit, c'est les grands qui vont s'occuper de vous et ce ne sera plus notre problème". Les prévenus

- 25/83 - P/19725/2022 les avaient également menacés de les emmener dans une camionnette et étaient "entrés en scène" munis de bâtons, ce qui l'avait effrayé. Il avait alors pensé qu'une agression physique, par exemple au couteau, était possible ou qu'il risquait une attaque en pleine rue, voire même d'être emmené dans des caves ou dans un endroit clos. Il était tétanisé. À un moment donné, il avait eu l'intention de tenter de fuir mais E______ ne l'avait pas osé. Il avait également été menacé de représailles, ce qui l'avait finalement dissuadé de partir. Il avait été marqué par l'épisode lors duquel il avait été forcé de se rendre seul dans la banque. Cela avait été un répit horrible et il s'était même mis à crier sur une femme qu'il allait mourir et qu'il fallait appeler la police. Le moment où ils s'étaient retrouvés également sous le pont AG_____ [recte : du AF_____], isolés de tout, avait été pénible. Depuis les faits, il n'avait eu aucune nouvelle de I______, lequel était demeuré silencieux durant tous les événements, faisant uniquement acte de présence. À aucun moment, il n'avait eu envie de le frapper, pas même quand N______ avait souligné qu'il était la cause des événements. Ils s'étaient battus uniquement car ils avaient tous deux été obligés de le faire, sous la pression des deux agresseurs. La bagarre avait pris fin lorsque ceux-ci les avaient "balayés". Il lui semblait que c'était N______ qui avait filmé la scène, mais il n'en était plus certain. Il n'avait plus aucune séquelle physique, mais la situation globale l'avait atteint psychologiquement. Cela avait été difficile pour lui et il avait eu du mal à reprendre les cours la semaine suivante, devenant paranoïaque à chaque sortie en se demandant sur qui il allait tomber et s'il allait recroiser les prévenus. Il avait eu moins peur de ceux-ci depuis qu'il avait su qu'ils ne venaient pas de Lyon, même si sa crainte de représailles était restée néanmoins présente. Par la suite, il avait fait un "blocage" et n'avait presque jamais repensé aux évènements pour éviter d'angoisser, hormis durant les jours qui avaient suivi, ainsi qu'en amont des audiences judiciaires ou lorsqu'il revoyait des photos de son meilleur ami, F______, pour qui il ressentait de la culpabilité, l'ayant impliqué dans cette histoire, laquelle avait brisé leur amitié. Il s'en voulait et s'isolait. Il n'avait pas consulté de psychologue. Au TCO, C______ a conclu à ce que A______ soit condamné à lui payer CHF 1'251.28, CHF 3'000.- ainsi que CHF 14'207.05 (CHF 28'414.10/2), avec intérêts à 5% à partir du ______ septembre 2022, en réparation du dommage matériel, du tort moral subi ainsi que pour ses frais de défense. À l'appui de ses conclusions civiles, il a produit la facture de son téléphone, en CHF 689.-, ainsi que la preuve des retraits effectués le ______ septembre 2022 à 17h33, respectivement 17h35, de CHF 100.- et CHF 20.- auprès de la AE_____. a.h.b.b. En appel, C______ a souligné que les menaces proférées par ses agresseurs faisaient partie du tout et avaient fait leur effet. Tant A______ que N______ étaient munis de longs bâtons, qu'ils pouvaient utiliser comme des armes, et avaient évoqué qu'ils venaient de Lyon, qu'ils détenaient une camionnette à proximité pour les emmener et qu'ils allaient s'en prendre à eux physiquement s'ils n'obéissaient pas ou

- 26/83 - P/19725/2022 les retrouver s'ils appelaient la police. Ils étaient agressifs verbalement mais non physiquement. Cela étant, au vu des circonstances, il ignorait sur le moment si cela allait empirer. A______ ne s'était jamais excusé. Peu après les faits et en raison des menaces proférées, il n'avait plus osé sortir de chez lui, ignorant si ses agresseurs venaient effectivement de Lyon ou non. Il avait tenté d'oublier ce qu'il s'était passé, mais la procédure ainsi que les nombreuses convocations l'en avaient empêché et lui avaient sans cesse rappelé les événements. Il n'était pas bien. Il avait énormément souffert du fait qu'il avait été contraint d'appeler son meilleur ami, qu'il considérait avoir trahi. Le procès de première instance avait fait resurgir en lui tout ce qu'il s'était passé, si bien qu'il avait ressenti le besoin de consulter et était suivi depuis par une psychologue spécialisée en thérapie EMDR. Depuis sa condamnation (cf. infra let. B.II.d.b.), N______ ne lui avait rien versé pour ses frais de défense, pas plus qu'à E______. a.h.c.a. Entendue en audience de confrontation, à plusieurs reprises, et en première instance, E______ a confirmé ses déclarations, tout en soulignant avoir été particulièrement choquée lorsqu'ils avaient été conduits sous le pont AG_____ [recte : du AF_____], où le terrain était en pente avec peu de passage. Elle avait eu peur de se faire pousser dans l'eau et que personne ne lui vienne en aide. A______ et N______ avaient aussi parlé de faire venir des "grands" de Lyon et ce dernier avait arraché une grosse branche d'arbre. Elle avait pensé qu'ils allaient être frappés, dès lors que F______ tardait à arriver. Elle avait également eu du mal à regarder son ami, qui était de nature calme et non violente, être forcé à se battre avec I______, tous deux ayant été obligés d'agir ainsi sous la pression. La bagarre avait été filmée par A______. Elle n'avait plus eu aucune nouvelle de I______ depuis les faits. A______ et N______ avaient, dès le début, présenté ce dernier comme étant une victime qu'il convenait de protéger en payant sa dette. Le concerné était resté muet durant tous les événements. A______ et N______ avaient tous les deux eu, à tour de rôle, un comportement de meneur. Aucun d'eux n'avait été "méchant" personnellement à son égard, précisant dès leur arrivée qu'ils ne la toucheraient pas vu qu'elle était une fille. Ils ne l'avaient ainsi ni frappée ni menacée de s'en prendre à elle directement. A______, qui s'était présenté avec N______ comme "des gars de Lyon", avait toutefois précisé que si elle faisait quoi que ce soit il ferait venir des filles de sa ville pour "la terminer". Il l'avait de la sorte menacée indirectement, en affirmant également que si elle entreprenait quoi que ce soit, C______ en paierait les conséquences. Les deux prévenus lui avaient également pris son téléphone portable pendant près de trois heures afin de l'empêcher d'appeler la police. Elle avait été la seule à avoir pu récupérer son appareil, qui n'avait pas été réinitialisé. Elle avait eu très peur de ce que ses agresseurs étaient capables de faire, d'autant plus que les évènements avaient duré longtemps, et s'était beaucoup questionnée sur les conséquences possibles en cas de réaction de sa part.

- 27/83 - P/19725/2022 Les événements, qui avaient eu lieu avant sa rentrée scolaire de maturité générale et à quelques minutes de son domicile, l'avaient traumatisée, au point qu'elle n'avait plus réussi ni à dormir, ni à se nourrir pendant deux semaines. Elle avait perdu dix kilos, ce qui, ajouté à la fatigue causée par le manque de sommeil, l'avait conduite à une hospitalisation à AL_____, sur décision de sa psychiatre, afin de la protéger également de tout geste auto-agressif. Elle avait eu des flash-back des événements et été fatiguée en permanence. Elle était devenue paranoïaque. Elle avait eu l'impression de voir ses agresseurs partout dès qu'elle sortait de chez elle. Elle n'avait plus réussi à se concentrer et, avec C______, ils avaient été incapables de retourner dans le parc où les faits s'étaient déroulés. Malgré l'arrestation des prévenus, elle avait craint leurs représailles s'ils les dénonçaient. Elle s'était également demandé pour quelle raison ses amis et elle n'avaient pas réagi. Elle avait éprouvé de la culpabilité de ne pas avoir tenté quelque chose, ne serait-ce que de prendre la fuite. Ils avaient tous été figés par la peur. Elle avait aussi pensé que si une seule personne parvenait à s'enfuir, cela ne ferait qu'empirer les choses pour les autres. C______ lui avait dit à un moment donné "à trois, on part", mais elle n'avait pas osé le faire, par crainte d'être rattrapée et passée à tabac. Depuis les faits, elle avait bénéficié d'un suivi psychiatrique et psychologique, lequel se poursuivait jusqu'en novembre 2024. Elle avait également pris des médicaments (antidépresseurs, benzodiazépines et anxiolytiques) jusqu'en juin 2023. Elle allait mieux grâce à son suivi médical. Elle avait repris ses études après avoir perdu une année à cause de ces évènements. Elle avait obtenu son diplôme en 2023 et avait entamé son baccalauréat en santé à la rentrée académique de septembre 2024. Elle présentait un trouble de la personnalité borderline avant les faits, ce qui avait eu pour conséquence que son agression l'avait encore plus perturbée. Les troubles alimentaires et la phobie sociale n'étaient toutefois apparus que postérieurement aux événements subis et elle ne se souvenait pas d'une mention particulière à ce propos déjà en février 2021 dans le rapport des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Le trouble alimentaire développé suite aux faits avait engendré des vomissements deux fois par jour, qui symbolisait un rejet de ce qu'elle avait subi. Elle s'était attendue à entendre de la compassion de la part de A______ à l'audience de jugement. Il s'était malheureusement excusé uniquement envers les personnes qu'il connaissait et non envers elle ou C______. Elle espérait que ses propos l'aideraient à se repentir et à penser aux conséquences de ses actes. En première instance, E______ a conclu à ce que A______ soit condamné à lui payer CHF 3'000.- et CHF 14'207.05 (CHF 28'414.10/2), avec intérêts à 5% à partir du ______ septembre 2022, en réparation du tort moral subi ainsi que pour ses frais de défense. Elle a produit divers documents médicaux établis par les HUG, dont deux qui attestent de son hospitalisation en milieu psychiatrique du 28 septembre au 13 octobre 2022, du 14 novembre 2022 au 31 mars 2023 et du 6 juin 2023 au 12 juillet 2023, au sein de l'unité AM_____ et du Programme d'intégration communautaire (PIC), en sus de la lettre de sortie du premier séjour, établie le

- 28/83 - P/19725/2022 26 octobre 2022. Il en ressort notamment que l'agression dont elle a été victime a engendré une symptomatologie d'état de stress aigu avec des flash-back, des cauchemars, une hypervigilance, un sentiment de culpabilité, une labilité de l'humeur ainsi qu'une irritabilité, des troubles de l'endormissement, une perte d'appétit avec des nausées et vomissements, conduisant à une perte de cinq kilos en dix jours, ainsi que des angoisses, avec une conséquence désastreuse sur sa thymie et la recrudescence d'idées suicidaires. a.h.c.b. En appel, selon E______, A______ l'avait effectivement assurée qu'il n'allait pas lui porter de coups directement, mais il lui avait aussi fait comprendre que si elle entendait fuir ou contacter la police, il allait s'en prendre physiquement à C______ ou à un autre des plaignants, qui en aurait alors subi les conséquences, puis contacter "les meufs du quartier" pour s'en prendre à elle, dans la perspective du prolongement du scénario français, ce qu'elle avait clairement ressenti comme des menaces. Elle avait même pensé que "des gars de Lyon" l'avaient repérée au préalable, vu son domicile à proximité des lieux des faits, et qu'ils pouvaient alors facilement la retrouver ou même s'en prendre à sa famille. Elle n'avait certes jamais été attachée ou retenue physiquement. Cela étant, compte tenu de la pression subie, ainsi que des risques de représailles, à court ou long terme, elle considérait avoir été séquestrée durant plusieurs heures, aucun des plaignants n'ayant pu s'enfuir dans ces circonstances. Elle avait certes déjà une fragilité psychique avant ces événements, mais ceux-ci avaient ravivé ses difficultés, alors stabilisées à l'époque. Elle ressentait d'autant plus les séquelles subies, qui avaient engendré des problèmes d'ordre psychologique et somatique, ainsi que plusieurs hospitalisations. Elle avait perdu plus d'une année de scolarisation, éprouvé de la paranoïa, cessé de s'alimenter et eu à nouveau des pensées suicidaires. A______ n'avait à aucun moment exprimé d'excuses spontanées et sincères, ce qui l'avait particulièrement blessée. De par son comportement tout au long de la procédure, il n'avait jamais eu de considérations pour ses victimes. a.h.d.a. Entendu en audience de confrontation, à trois reprises, mais non en première instance, faute de s'être présenté, F______ a déclaré avoir tout perdu la veille de son anniversaire et s'était même mis à découvert, au maximum, lorsqu'il avait effectué le retrait imposé. I______, qui n'avait touché aucun centime, avait uniquement dû observer qu'il ne cachait pas l'argent, remis directement en mains de A______. Celuici l'avait bien menacé en amont de "niquer [sa] mère" s'il ne remboursait pas la dette de I______. Il avait repassé les événements dans sa tête et s'était demandé s'ils auraient pu changer les choses. Ils n'avaient pas appelé la police car leurs agresseurs leur avaient mis la pression en mentionnant "les gens de Lyon". Il avait préféré donner son argent plutôt que d'être confronté à ces derniers. Il culpabilisait toutefois de ne pas avoir davantage résisté. I______ était resté "bouche bée" et ne disait rien. Il ignorait dans quel camp ce dernier était, vu son silence, et le fait qu'il avait porté plainte, ne l'ayant ni revu, ni reparlé depuis lors. Le lendemain des faits, il s'était rendu à la police uniquement avec C______ et E______.

- 29/83 - P/19725/2022 a.h.d.b. En appel, selon F______, le jour des événements, il était mentalement faible en raison d'une nuit blanche peu avant et du fait qu'il s'agissait de la veille de son anniversaire. Il avait pensé que C______ lui faisait une surprise. Sur place, les menaces avaient été explicites, comme : "on va te tabasser", et s'il n'accomplissait pas ce qui lui était demandé, ses agresseurs allaient cambrioler sa maison ou violer sa mère. C'était bien A______ qui l'avait dépouillé de son téléphone portable. Celui-ci lui avait aussi confié exercer la boxe thaïlandaise lorsqu'ils étaient tous sur la place du 6______. Dans la banque, I______ lui répétait sans cesse à voix basse qu'il était désolé. Il avait de son côté cherché à comprendre s'il était du côté des agresseurs et avait compris à l'expression de son visage que tel n'était pas le cas. Ces événements avaient brisé net son amitié avec C______, qu'il considérait auparavant comme son meilleur ami ; leurs liens ne s'étaient pas renoués depuis plus de deux ans. Déclarations et écrits des prévenus b.a.a. N______ connaissait A______, un de ses amis, AN_____, son ancienne petite amie, AO_____, celle de A______, ainsi que I______, mais uniquement de vue. Le ______ septembre 2022, A______ et lui étaient allés parler à I______, lequel devait de l'argent au premier depuis environ un an et demi. A______ lui avait raconté que I______ avait déjà fait appel par le passé à d'autres individus qui l'avaient mis en garde en lien avec cette dette. Il avait alors accompagné son ami pour le cas où les choses tourneraient mal. I______ et A______ avaient discuté durant un long moment, puis ce dernier lui avait indiqué qu'ils allaient tous monter à R______ pour tenter de "régler l'histoire". I______ lui avait en effet dit qu'il allait le rembourser d'ici une semaine, alors même qu'il lui avait déjà précisé cela mais deux semaines auparavant. Dans le tram, ce dernier avait appelé C______ et convenu d'un rendez-vous à la mairie de R______. I______ avait probablement agi sous la pression car il était endetté envers A______. Il ignorait toutefois ce qu'il s'était dit entre les deux. I______ était un peu stressé mais rigolait aussi parfois et les avait menés à R______. Il aurait pu partir en courant ou appeler la police, ce qu'il n'avait jamais fait. À R______, ils avaient retrouvé C______, accompagné de E______. I______ avait d'abord discuté avec le premier, rejoint peu après par A______. De son côté, il était arrivé avec un petit bâton à la main, uniquement dans le but de jouer. A______ n'avait rien dans les mains. Dès le retour des trois précités, il avait compris que C______, qui était pâle, allait rembourser la dette à la place de I______, laquelle pouvait s'élever à CHF 2'000.-. Il en ignorait le montant exact. Si A______ avait fait cela, c'était parce qu'un "grand" des AP_____, envers qui il était endetté, lui avait mis la pression. Luimême avait pris les téléphones de C______ et de E______ dans le but de prévenir tout appel à la police ou à des tiers. Il avait dit à cette dernière : "je prends ton bigo le temps qu'ils partent". Il n'avait cependant ni haussé la voix ni ne s'était montré violent, pas

- 30/83 - P/19725/2022 même A______, lequel était le principal interlocuteur. Il n'avait pour sa part que peu parlé et n'avait pas prétendu être lyonnais. Parfois, "on" rigolait même. Comme C______ n'avait pas suffisamment d'argent sur lui, il était allé en retirer dans la banque située près de la V______. Au début, celui-ci n'y était pas parvenu et, une fois que cela avait été le cas, il lui avait remis le tout, soit CHF 100.-, qu'il avait à son tour donné à A______. C______, qui n'avait pas eu le choix de retirer l'argent sous la pression, s'était senti mal et avait eu des nausées, raison pour laquelle il l'avait de son côté rassuré. Il n'avait personnellement jamais menacé C______ et s'était limité, dans son rôle de guetteur, à lui demander de ne pas bouger. Il avait réglé les achats faits à la V______ avec son propre argent. Il avait d'ailleurs payé pour A______, E______ et C______ car ce dernier se sentait mal et parce qu'il ne supportait pas de le voir dans cet état. C______ avait initié la bagarre qui l'avait ensuite opposé à I______ car il était énervé d'avoir été contraint de donner de l'argent suite à son appel. Celui-ci s'était défendu. La bagarre avait été filmée, lui semblait-il, par A______ sur son téléphone, vidéo que ce dernier avait ensuite supprimée car il était "dangereux" de la garder. Il avait été choqué de cet épisode mais avait également un peu rigolé. Lorsqu'ils s'étaient ensuite tous rendus sous le pont AG_____ [recte : du AF_____], A______ avait instruit I______ de faire le nécessaire pour que C______ appelle son ami, F______, afin qu'il puisse lui prendre son argent. Celui-ci avait ainsi été piégé par I______ et C______, sous la pression de A______. I______ avait été mal mais cela l'arrangeait bien au final que d'autres règlent sa dette. Il n'avait d'ailleurs pas appelé la police alors qu'il avait encore son téléphone portable. Dès son arrivée, A______ et lui avaient expliqué la situation à F______, soit que I______ était endetté et qu'il l'avait fait venir afin qu'il paie pour lui. Plus tard, A______ avait "pété les plombs" et luimême avait "un peu vrillé". Il avait palpé F______ afin de vérifier qu'il n'avait pas de couteau puis fouillé le sac de I______. Le groupe s'était rendu à nouveau à la banque et A______, qui avait demandé à F______ de retirer le plus d'argent possible, l'avait accompagné. F______, qui n'avait pas l'air apeuré de la situation, lui avait ensuite remis environ CHF 600.-, qu'il avait à son tour donné à A______. Sur la place 8______, celui-ci avait ensuite dépouillé de leurs biens C______ et F______, lesquels avaient très certainement peur à ce moment-là. Il ne savait pas exactement ce que son ami avait pris, mais pensait que les téléphones "y étaient passés". Celui-ci était en tout cas reparti avec la montre de I______. Pour sa part, il s'était emparé du téléphone, de la jaquette, de la cigarette électronique et des CHF 40.- appartenant à ce dernier. Il avait demandé à se faire remettre ces objets et n'avait pas usé de violence. Cela dit, bien qu'il ne l'eût pas expressément menacé, I______ avait sans doute eu peur de se faire frapper. Il avait réinitialisé le téléphone et rendu la carte SIM à ce dernier. Par la suite, A______ avait souhaité récupérer des habits chez le père de I______, qui semblait d'accord avec cela, de sorte qu'ils s'y étaient rendus tous les trois, les autres étant restés sur place. AN_____ et AO_____ les avaient rejoints durant une vingtaine de minutes. Si I______ avait été giflé, cela l'avait été à son insu car, d'après lui, celuici n'avait pas reçu de claque. AN_____ avait appelé quelqu'un au hasard à l'interphone

- 31/83 - P/19725/2022 pour se faire ouvrir la porte mais, comme le père de I______ était absent, ils étaient tous repartis, sans avoir essayé de forcer la porte palière, en direction du domicile de la mère du concerné. Les filles les avaient quittés à ce moment-là. I______ les avait ensuite conduits chez sa mère. Un jeune homme de 18 ans leur avait ouvert et commencé à crier en demandant ce qu'ils voulaient. Ils lui avaient expliqué qu'ils venaient chercher des habits de I______. Ils avaient quitté les lieux après que ce dernier leur avait donné la veste appartenant à A______. Il ignorait tout de la remise d'un téléphone à ce moment-là. Le lendemain, regrettant les faits de la veille, il avait contacté "AK_____", un ami en commun avec I______, afin de restituer à ce dernier son téléphone. En revanche, il avait perdu la jaquette dans un parc, cassé la cigarette en la faisant tomber et dépensé les CHF 40.-. Il n'aurait jamais dû suivre A______, qui le mêlait toujours à ses problèmes et lui avait dit dès le début : "viens avec moi, on va [les] régler". Il n'avait jamais menacé qui que ce soit de représailles et avait même conseillé à F______ de porter plainte. C'était la première fois qu'il avait été témoin d'un vol qui se déroulait, d'une certaine manière, dans "la rigolade". Ils avaient en effet tous fumé et parfois même plaisanté ensemble. b.a.b. Entendu au Tribunal des mineurs (TMin), puis au MP, N______ a contesté avoir racketté auparavant I______, qui n'était pas vraiment un ami mais juste "un pote". Le jour en question, à la gare P______, A______ et I______ avaient discuté d'argent et le ton était monté à plusieurs reprises. A______ avait alors dit à ce dernier, très certainement sur un "coup de nerfs", d'appeler des "potes" pour qu'il puisse récupérer ses sous et avait alors fait défiler les contacts de I______ sur l'écran du téléphone de ce dernier, pointant au hasard C______. I______ avait appelé ce dernier car A______ s'était montré menaçant ; il était passé du statut de débiteur à celui de victime, ce qui l'avait très certainement stressé car il ne parlait plus et n'était pas bien. A______ avait pris sa montre dès le départ pour R______, toujours en usant de menaces. I______ n'avait toutefois jamais tenté de s'enfuir, ce qu'il aurait pu faire. Cela avait dû au final l'arranger car il était resté à leurs côtés et tous avaient rigolé, même parfois blagué ensemble. Ultérieurement en audience de confrontation avec A______, N______ a légèrement modifié ses déclarations. Il a expliqué qu'au début, à la gare P______, I______ avait accepté de dépouiller des tiers avec eux. Il voulait aussi se faire de l'argent. C'était d'ailleurs ce dernier qui avait eu l'idée d'appeler un "pote" à cet effet. I______ avait fait glisser ses contacts sur son téléphone en appuyant au hasard sur un nom et avait ensuite appelé C______. Ils étaient tous les trois "plus ou moins" d'accord de le faire mais, au final, A______ et lui l'avait également volé. Il avait fait cette suggestion à son comparse, lorsqu'ils étaient tous les trois dans le tram, après les faits commis au détriment de C______.

- 32/83 - P/19725/2022 Dès leur rencontre, A______ avait dit à C______ : "tu vas payer pour ton pote". Ce dernier, qui n'était pas bien et avait eu très certainement peur de se faire frapper, était allé retirer de l'argent sous la pression et n'avait pas tenté de s'enfuir également pour cette raison. Ni lui ni A______ n'avaient toutefois proféré de menaces mais C______ avait dû avoir peur du fait qu'ils étaient arrivés à deux et qu'ils lui avaient pris son argent. Il n'était pas "vraiment" entré dans la banque avec ce dernier. Particulièrement énervé, C______ avait mis une "patate" à I______. En aucun cas, ils ne les avaient forcés à se battre. Ultérieurement en audience de confrontation, il a précisé que c'était lui qui avait filmé la bagarre ; il savait que "ça allait arriver". A______ et lui avaient séparé les combattants, très agressifs, lesquels avaient ensuite discuté et s'étaient excusés. Par la suite, C______ avait appelé F______, sur demande de I______ ou de A______, sous la menace. Ce dernier s'était montré davantage agressif envers ce nouvel arrivant, lequel était plus imposant, en lui disant notamment : "tu vas payer pour ton pote sinon on va te tabasser", raison pour laquelle F______ avait accepté d'aller à la banque à son tour. C______ était tellement paniqué qu'il avait demandé à son ami de ne rien tenter. Ils avaient réinitialisé les téléphones afin de les "piquer" et d'empêcher ainsi leur propriétaire de les localiser. Il lui semblait que le seul appareil qu'ils avaient gardé était celui de F______. Concernant leur attitude globale envers les plaignants, N______ a précisé, au MP, que A______

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