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Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 18.03.2026 P/14716/2020

18 mars 2026·Français·Genève·Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision·PDF·16,429 mots·~1h 22min·3

Résumé

PRINCIPE DE LA CÉLÉRITÉ;TENTATIVE(DROIT PÉNAL);MEURTRE;RIXE;DÉNONCIATION CALOMNIEUSE;LÉSION CORPORELLE SIMPLE;LÉGITIME DÉFENSE;DÉTENTION DE STUPÉFIANTS;RESPONSABILITÉ RESTREINTE(DROIT PÉNAL);EXPULSION(DROIT PÉNAL);TORT MORAL;DISPOSITIONS PÉNALES DE LA LSTUP | CP.111; CP.22; CP.133.ch1; CP.303.al1.ch1; CP.123.ch1; CP.123.ch2; CP.15; CP.19.al2; LCR.91.al2.leta; LStup.19.al1.letb; CPP.5.al1; CP.66a.al1; CO.47; CO.79

Texte intégral

Siégeant : Monsieur Vincent FOURNIER, président ; Madame Alessandra CAMBI FAVRE-BULLE et Madame Gaëlle VAN HOVE juges ; Madame Léa RESTELLINI, greffière-juriste délibérante.

REPUBLIQUE ET

CANTON DE GENEVE POUVOIR JUDICIAIRE P/14716/2020 AARP/102/2026 COUR DE JUSTICE Chambre pénale d'appel et de révision Arrêt du 18 mars 2026 Entre A______, domiciliée ______ [GE], comparant par Me B______, avocat, C______, domiciliée c/o Mme D______, ______ [GE], comparant par Me E______, avocate, appelantes,

contre le jugement JTCO/12/2025 rendu le 4 avril 2025 par le Tribunal correctionnel, et F______, partie plaignante, comparant par Me G______, avocate, H______, partie plaignante, LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case postale 3565, 1211 Genève 3, intimés.

- 2/81 - P/14716/2020 EN FAIT : A. a.a. En temps utile, C______ et A______ appellent du jugement JTCO/12/2025 du 4 avril 2025, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO), tout en classant la procédure pour les faits décrits sous chiffres 1.1.3 et 1.1.6 de l'acte d'accusation, a reconnu la première coupable de tentative de meurtre (art. 111 du Code pénal [CP] cum art. 22 al. 1 CP), de rixe (art. 133 ch. 1 CP), de conduite en état d'ébriété avec un taux d'alcool qualifié (art. 91 al. 2 let. a de la loi sur la circulation routière [LCR]) ainsi que de dénonciation calomnieuse (art. 303 ch. 1 al. 1 CP) et l'a condamnée à une peine privative de liberté de cinq ans et trois mois, sous déduction de 358 jours de détention avant jugement (dont 219 jours à titre d'imputation des mesures de substitution). Après avoir acquitté la seconde des faits décrits sous chiffre 1.2.3.c) de l'acte d'accusation, les premiers juges l'ont reconnue coupable de rixe (art. 133 ch. 1 CP), de lésions corporelles simples avec un objet dangereux (art. 123 ch. 1 et ch. 2 aCP), outre d'infractions à l'art. 19 al. 1 let. b et d de la loi sur les stupéfiants et les substances psychotropes (LStup), et l'ont condamnée à une peine privative de liberté de 18 mois, avec sursis (délai d'épreuve : trois ans), sous déduction de 158 jours de détention avant jugement (dont 100 jours à titre d'imputation des mesures de substitution). Le TCO a également ordonné l'expulsion de C______ pour une durée de cinq ans et a levé les mesures de substitution la concernant. Ayant constaté que la prévenue acquiesçait à hauteur de CHF 3'000.- aux conclusions civiles de F______, il l'a condamnée à lui payer CHF 10'000.- en réparation du tort moral. Tant C______ que A______ ont également été condamnées à payer une indemnité de CHF 15'219.90 chacune audit plaignant pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure. Les premiers juges ont déclaré irrecevables pour le surplus les conclusions civiles de F______, rejeté les conclusions en indemnisation des deux prévenues et condamné celles-ci à payer ¾ des frais de la procédure en CHF 29'696.60, à raison de 2/4 pour C______ et de 1/4 pour A______, tout en statuant sur le sort des objets inventoriés et séquestrés. a.b.a. C______ entreprend partiellement ce jugement, concluant à son acquittement du chef de tentative de meurtre, ainsi qu'au classement, subsidiairement à son acquittement, du chef de dénonciation calomnieuse, à ce qu'il soit renoncé à son expulsion de Suisse, ainsi qu'au rejet des conclusions civiles et en indemnisation de F______. a.b.b. A______ entreprend également partiellement le jugement, concluant, principalement, à son acquittement des chefs de rixe et de lésions corporelles simples avec un objet dangereux, à la constatation d'une violation du principe de célérité, subsidiairement, au prononcé d'une peine clémente, tenant compte de sa responsabilité restreinte et de la violation précitée, en tout état au rejet des conclusions civiles de F______ et à ce qu'il lui soit alloué des indemnités de CHF 8'000.- pour ses frais de défense – pour la période du 21 décembre 2022 au 19 décembre 2024 – et de

- 3/81 - P/14716/2020 CHF 5'000.- pour le tort moral subi, l'intégralité des frais de la procédure devant être laissée à la charge de l'État. b. Selon l'acte d'accusation du Ministère public (MP) du 16 octobre 2024, il est reproché ce qui suit à C______ et à A______ : b.a.a. Le 16 août 2020, aux alentours de 03h00 à Genève, elles ont participé à une altercation, lors de laquelle à tout le moins F______, H______ et A______ ont subi des lésions corporelles, telles que décrites dans l'acte d'accusation, les faits s'étant déroulés de la manière suivante : C______ et A______ ont passé la soirée du 15 au 16 août 2020 au J______, accompagnées de plusieurs de leurs connaissances, dont I______. De son côté, F______ s'y est également rendu vers 03h00, aux côtés de H______, K______ et L______. Une demi-heure après, C______ et/ou A______ ont jeté des bouteilles au sol, raison pour laquelle F______ les a interpellées, ce qui a provoqué l'ire des deux prévenues, lesquelles se sont mises à crier, à insulter le groupe de garçons et à s'approcher d'eux pour les frapper. Alors que F______ tentait de la repousser, C______ a sorti un couteau et l'a frappé à plusieurs reprises au moyen de cette arme, lui assénant un dernier coup après qu'il se fut effondré au sol, lui faisant subir diverses lésions. C______ a ensuite été repoussée par plusieurs individus qui n'ont pas été identifiés et giflée par l'un d'eux, ce qui l'a fait chuter. K______ et L______, entre autres, puis, dans un deuxième temps, H______ se sont regroupés auprès de F______ pour lui porter secours. Dans un même mouvement, sans que la séquence chronologique des faits n'ait pu être établie, A______ s'est attaquée à eux, les poussant, les insultant et les frappant avec ses poings. Alors que H______ la repoussait, en lui tirant les cheveux, A______ lui a asséné un coup de couteau. Au cours de l'altercation, A______ a aussi reçu des coups à la tête et sur le corps, dont les auteurs n'ont pas été identifiés, et a chuté au sol (ch. 1.1.1. et 1.2.1. – rixe). b.a.b. Dans ces circonstances, C______ a asséné quatre coups de couteau à F______, soit en région claviculaire gauche atteignant son artère sous-clavière gauche, la lame pénétrant à une profondeur de 7.8 cm (plaie n°1), dans la région thoracique inférieure et antérieure gauche (plaie n°2), sur la face antérieure du tiers distal de l'avant-bras gauche (plaie n°3) et sur la face antérieure du tiers proximal de la cuisse droite (plaie n°4), causant des lésions dont seule la rapidité de la prise en charge médicale a permis d'éviter à F______ une mise en danger concrète de sa vie, agissant de la sorte dans le but de tuer ce dernier ou à tout le moins en acceptant cette éventualité et s'en accommodant (ch. 1.1.2. – tentative de meurtre). b.a.c. A______ a de son côté asséné un coup de couteau à H______, dans le flanc gauche, l'atteignant à la base du thorax, lui causant une plaie de 5 cm de large au niveau basithoracique gauche, d'une profondeur de 1 cm, ayant nécessité une suture de sept

- 4/81 - P/14716/2020 points, et agissant dans le but de tuer H______ ou, à tout le moins, en acceptant cette éventualité et s'en accommodant (ch. 1.2.2. – tentative de meurtre, faits requalifiés par le TCO en lésions corporelles simples avec un objet dangereux). b.b. Il est également reproché à C______ d'avoir les 1er, 3 et 4 janvier 2021, dans des courriers adressés au Tribunal des mesures de contrainte (TMC) et au MP, mis en cause M______ en l'accusant d'avoir, le 27 décembre 2020, conduit le véhicule automobile immatriculé 2______ (F), sachant qu'il n'était pas titulaire du permis de conduire requis et qu'il se trouvait en état d'ébriété, et alors qu'elle le savait innocent, dès lors qu'elle en était la conductrice, ceci en vue de faire ouvrir contre lui une poursuite pénale ou en acceptant cette éventualité (ch. 1.1.5. – dénonciation calomnieuse). b.c. Les faits suivants, dont ni l'établissement ni la qualification juridique ne sont litigieux en appel, sont également encore reprochés aux deux prévenues. b.c.a. Le 27 décembre 2020, vers 04h15, d'un lieu indéterminé proche du centre commercial de la Praille, sis route des Jeunes 10 au Grand-Lancy, jusqu'à l'avenue 1______, C______ a circulé au volant du véhicule automobile immatriculé 2______ (F), alors qu'elle était en état d'ébriété, avec un taux d'alcool qualifié, étant précisé que le test de l'éthylomètre effectué sur sa personne le 27 décembre 2020 à 05h15 a permis d'établir un taux d'alcool de 0.63 mg/l dans l'haleine (ch. 1.1.4. – conduite en état d'ébriété avec un taux d'alcool qualifié). b.c.b. Le 18 mai 2021, dans l'après-midi, au parc des lions, situé à la rue des Alpes, sur demande de son compagnon N______, A______ a acquis, auprès d'un prénommé O______, 31.4 grammes nets de résine de cannabis en vue de la remettre au précité, qui était détenu aux Établissements de la plaine de l'Orbe (EPO), et a ensuite transporté, le 20 mai 2021, cette drogue jusqu'en ce dernier lieu (ch. 1.2.3.a/b. – infractions à l'art. 19 al. 1 let. b et d LStup). B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure en ce qui concerne les infractions portées en appel. Il est renvoyé au jugement de première instance s'agissant de celles qui ne le sont pas (cf. supra let. A.b.c. ; art. 82 al. 4 du Code de procédure pénale [CPP]).

I. Faits reprochés i) Altercation du 16 août 2020 a. Constatations policières et médicales

- 5/81 - P/14716/2020 a.a. Le 16 août 2020, à 03h39, la Centrale d'engagement, de coordination et d'alarme (CECAL) de la police a été avisée de l'envoi d'une ambulance et du cardiomobile dans le parc du J______ pour un homme blessé au couteau lors d'une altercation. Sur place, les policiers ont été mis en présence de F______, inconscient et gisant au sol, lequel a été pris en charge par les secours. Plusieurs centaines de fêtards alcoolisées se trouvaient également dans le parc. K______ a indiqué que la personne ayant donné le coup de couteau était une femme portant un haut de couleur orange et a désigné A______ dans la foule. Celle-ci présentait un taux d'alcoolisation de 1.06 mg/l à l'éthylotest, à 04h23 (pièce B-14 ; équivalent à 2.12 g/kg), et a été interpellée par la police. Elle se trouvait avec C______, laquelle a été conduite aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) en raison notamment de son alcoolisation, avant d'être arrêtée ultérieurement. La prise de sang, effectuée à 05h22, a révélé un taux moyen de 1.93 g/kg, correspondant à une alcoolémie de 1.83 à 2.53 g/kg au moment des faits (pièces C-194 et B-1ss). Lors de l'altercation, quatre personnes ont été blessées (cf. infra let. B.I.i.a.d.) : F______ et son ami H______, victimes de coups de couteau, en sus de A______ A______ et de C______, la première présentant de prime abord des blessures à la bouche, aux mains, aux coudes ainsi qu'à la jambe droite et, la seconde, une plaie à la main droite (pièces C-285 à C-288). a.b. Les policiers ont effectué un cahier photographique ainsi que des prélèvements d'objets et biologiques sur les lieux ainsi que sur les personnes impliquées (cf. pièces C-239ss et C-279ss). Les clichés montrent des traces de sang (notamment sur un banc et sur un sac plastique) ainsi que des déchets (bris de verres et canettes, notamment). Un couteau suisse [de marque] P______ (3______ [modèle]), appartenant à A______, a été retrouvé au sol par le service de la voirie dans le J______ à 80 mètres du lieu de l'altercation, sur le chemin goudronné à côté du restaurant Q______, et a été récupéré par la brigade canine (pièces B-5ss, C-290ss et C-323ss). Un couteau pliant [de marque] P______ (4______ [modèle]) a également été prélevé dans les affaires personnelles de F______ par les HUG (pièce C-289). Les tests effectués sur ces deux couteaux pour la révélation de sang se sont révélés négatifs et les six prélèvements n'ont pas permis de mettre en évidence de profil ADN exploitable. Le test indicatif de la présence de sang sur les prélèvements s'est aussi révélé négatif (pièces C-289ss, C-299ss et C-323ss). La procédure a révélé ultérieurement qu'un couteau suisse de couleur rouge aurait été jeté dans le lac durant la nuit des faits, non retrouvé par la police après des recherches sous-marines, de concert entre plusieurs individus, dont R______ et S______, accompagnés de T______ (cf. infra let. B.I.i.c.l ; ordonnances pénales des 16 et 17 avril 2024, entrées en force, à l'encontre de deux premiers cités et pièces C-549ss, C-606ss et C-926ss). Selon les témoignages et déclarations des parties, un ultime couteau, décrit comme pliable gris métallisé, doté de vis et/ou de clous sur le manche,

- 6/81 - P/14716/2020 aurait également pu être manipulé le soir des faits, en sus d'un couteau-carte de couleur rouge appartenant à A______ (cf. infra let. B.I.i.c.a. ; B.I.i.d.a.a.a. et B.I.i.d.a.a.e.). a.c. Il ressort de l'extraction des téléphones portables de A______, C______ et de S______ les éléments suivants : - les deux premières, qui ont chacune enregistré le numéro de l'autre sous un surnom affectueux ("C______ Mon Bb" et "A______ Mon Amour"), ont organisé ensemble la soirée du 15 au 16 août 2020 au J______, proposant à plusieurs personnes de s'y rendre, dont notamment U______, R______ et V______. Le 16 août 2020, à 08h25, après ladite soirée, ce dernier a écrit un message Facebook à C______ lui disant : "Salut si jamais j'ai ton natel de toi et de A______" (pièces C-292ss) ; - le 16 août 2020, entre 13h17 et 14h21, S______ a envoyé plusieurs messages vocaux à diverses personnes, dont T______, V______ et un prénommé W______ (pièces C-775ss) :  "Mais rappelle-toi, hier R______ a dit comme quoi elle s'était fait frapper, elle s'était fait ramasser la gueule par un des mecs qui l'a reconnue, tu ne te rappelles pas ? Il nous avait dit ça R______. Et V______ m'a dit qu'elle (C______) était à l'hôpital (…). Il m'a dit que c'était A______, mais je lui ai dit que non c'est C______ parce que R______ a tout vu" ;  "Pour moi c'était un film, je leur ai même dit deux fois à A______ et à C______ d'arrêter leurs bêtises, de rester tranquilles et de passer une bonne soirée. Elles ne voulaient pas m'écouter. Ça fait tout le temps des embrouilles et maintenant regarde, une qui est chez les flics et une qui est à l'hosto" ;  "Honnêtement j'ai déjà passé des soirées avec elles, les deux, et y a pratiquement tout le temps des histoires parce que A______ elle s'embrouille très très facilement et si A______ s'embrouille, C______ s'en mêle, si C______ s'embrouille, A______ s'en mêle vu qu'elles sont tout le temps ensemble. Donc combien de fois, avec A______ on a dû l'empêcher de balancer des bouteilles sur la gueule d'un mec, ou de se battre, C______ la même chose. C'est souvent des embrouilles comme ça (…). Après faut voir si A______ elle va balancer ou si elle va rester dans sa version. Encore à voir C______ qu'est-ce qu'elle a, enfin c'est tout un bordel honnêtement" ;  "(…) [R______] m'a dit comme quoi ça fait plusieurs jours que C______ est sur les nerfs et qu'elle se promène avec ça dans sa poche. Et qu'elle avait dit qu'à la première occasion, si un jour je dois me vénère, là je le sors parce que je suis en train de péter un plomb depuis plusieurs jours (…). Et R______ m'a raconté comme quoi il y avait deux mecs avec qui elle s'était embrouillée justement, et qu'il avait essayé de porter C______, de la convaincre de ne pas le faire, mais qu'elle ne l'a pas écouté, donc du coup elle l'a fait au mec et que askip y en a un qui était devant, qui n'avait pas fait grand-chose. (…) A______ a été embarquée parce qu'ils croient que c'est elle. Et qu'elle, un des mecs a

- 7/81 - P/14716/2020 reconnu C______, et du coup lui a donné une gifle, enfin il l'a frappée et elle est tombée par terre. En gros, il a vu que c'était C______ vu qu'il était à côté. Après on a dû l'aider à s'en débarrasser parce qu'au début il me disait qu'il voulait le jeter dans l'herbe, mais j'ai dit que si quelqu'un le prenait, il y aurait les traces dessus. Du coup il était d'accord alors il est allé s'en débarrasser ailleurs. Enfin tout un bordel, pour pas qu'on le retrouve" ;  "Moi honnêtement je n'étais pas sur la scène. J'étais avec R______ et de là, en gros, lui il avait ça, enfin il avait l'arme, dans le paquet de clopes et il s'en est débarrassé parce que c'est une des deux, je crois, qui lui a donné, enfin je crois que c'était C______. En gros, il m'a dit qu'il avait tout vu, que c'est elle qui a sorti le truc, et que bam bam elle l'a fait et qu'après il y en avait un devant elle et que bam bam elle l'a aussi fait, et puis que c'est elle. Il m'a dit clairement que même à un moment donné, il l'a soulevée, il a essayé de l'en empêcher mais qu'elle lui a dit que ça faisait depuis plusieurs jours qu'elle était sur les nerfs, alors du coup elle se promenait avec "un" au cas où et puis, ben s'est tombé aujourd'hui. Après en tout cas, il m'a dit que c'était elle. (…) [J]e n'étais pas sur la scène, c'est juste ce qu'il m'a dit. Mais il m'a dit clairement que c'était elle. Il m'a dit que c'était C______. Il m'a dit que A______ avait été choppée, mais que c'était elle" ;  "(…) Ils ont foutu une des filles en prison qui elle ne l'avait pas fait et celle qui l'a fait a été amenée à l'hôpital parce qu'il y a un mec qui l'a reconnue et qui l'a frappée. Après il y a un autre pote qui est venu vers moi totalement paniqué et qui a dit qu'il avait les téléphones des filles et que C______ lui a donné un paquet de cigarettes où elle avait caché l'arme dedans. Je lui ai dit qu'il fallait s'en débarrasser et il l'a jetée dans l'herbe. Je lui ai dit de vite dégager ça ailleurs parce que si on le retrouvait et qu'il y a ses empreintes dessus, il allait être mis dans l'histoire. Ensuite, paniqué, il ne trouvait plus le couteau dans l'herbe alors j'ai cherché. Je l'ai trouvé, donc je l'ai touché, et je le lui ai donné. Il m'a dit qu'il allait s'en débarrasser, mais je n'ai aucune idée où il l'a mis. Je ne sais pas s'il l'a mis dans le lac ou ailleurs (…)". a.d. Selon les documents médicaux figurant à la procédure, les quatre personnes impliquées et blessées lors de l'altercation ont présenté diverses lésions. a.d.a. F______ a souffert d'une dissection de l'artère sous-clavière gauche avec pseudo-anévrisme pectoral gauche post-traumatique, de plaies superficielles infraclaviculaire et basithoracique antérieure gauche et au niveau de la cuisse antérieure droite (pièces C-39ss et C-74ss). Le rapport d'examen médico-légal du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) du 21 décembre 2020 (pièces C-375ss et C-388ss) a plus particulièrement mis en évidence quatre plaies cutanées, à bords nets, au thorax, en région claviculaire latérale gauche, de 0.8 x 0.3 cm (no 1), et en région thoracique inférieure et antérieure gauche, de 0.7 x 0.3 cm (arc antérieur du 6ème espace intercostal – no 2), de la face

- 8/81 - P/14716/2020 antérieure de l'avant-bras gauche, de 1.2 x 0.1 cm (no 3), et de la face antérieure de la cuisse droite, de 0.8 x 0.4 cm (no 4), étant relevé qu'à l'exploration chirurgicale, il s'est avéré que cette dernière plaie se prolongeait de 2 à 3 cm, selon une trajectoire oblique, sans effraction des tissus profonds, auxquelles s'ajoutaient deux dermabrasions (face latérale gauche du menton et face dorsale du 3ème doigt de la main gauche). La plaie no 1 laissait sourdre une faible quantité de sang, avec infiltration des tissus sous-cutanés en région thoracique antérieure et supérieure gauche, associée à un emphysème des tissus mous sous-cutanés adjacents. Selon le rapport radiologique, la profondeur de la trajectoire intracorporelle de l'objet vulnérant entre la peau et l'artère sous-clavière gauche était de 78 mm, selon une trajectoire de l'avant vers l'arrière, de la gauche vers la droite et du bas vers le haut. Selon le CT-scanner thoraco-abdominal, cette plaie présentait une formation d'un pseudo-anévrisme, avec une hémorragie active responsable d'une importante infiltration hématique latéro-thoracique gauche. Elle a nécessité la pose d'un stent couvert au niveau de l'artère sous-clavière gauche. La plaie no 2 laissait quant à elle sourdre une faible quantité de sang, avec infiltration des tissus sous-cutanés en regard, bulles d'emphysème sous-cutanées et irrégularité du muscle grand droit de l'abdomen à gauche en regard. Selon le rapport radiologique, la profondeur de la trajectoire intracorporelle de l'objet vulnérant entre la peau et le muscle était de 9.3 mm, selon une trajectoire de l'avant vers l'arrière, de la gauche vers la droite et du bas vers le haut. Les plaies nos 1, 2 et 4 présentaient les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument piquant et tranchant, ainsi qu'un caractère pénétrant, tandis que la plaie no 3 présentait les caractéristiques d'une lésion superficielle provoquée par un instrument tranchant. Toutes pouvaient avoir été causées par un même couteau. Des complications sous forme de douleurs intenses, doublées d'une détresse psychologique avec envie de mourir, ont été constatées en sus chez le patient, ainsi qu'un risque de PTSD (syndrome de stress post-traumatique). Une hospitalisation pour une durée de huit jours s'est avérée nécessaire, suivie d'une longue prise en charge ambulatoire (somatique et psychiatrique). L'ensemble du tableau lésionnel était compatible avec les déclarations de l'expertisé (cf. infra let. B.I.i.b.a.), lequel avait perdu une quantité importante de sang, non quantifiée. Compte tenu de la rapidité de la prise en charge médicale, les lésions constatées n'avaient pas concrètement mis en danger sa vie d'un point de vue médico-légal. a.d.b. Selon le "dossier médical" des HUG du 16 août 2020, H______ présentait une plaie de 5 cm de large, à la suite d'une agression au couteau, au niveau basithoracique, peu profonde (moins de 1 cm) et superficielle avec visualisation du pannicule adipeux, sans saignement actif. Une suture de sept points a été réalisée (pièces C-232ss).

- 9/81 - P/14716/2020 a.d.c. A______ a quant à elle souffert de contusions et de dermabrasions au genou droit, au coude gauche, à la cuisse droite et à la pommette gauche (pièces C-79ss). Plus particulièrement, l'examen médico-légal a mis en évidence des lésions traumatiques qui n'ont pas mis en danger la vie de l'expertisée, notamment une plaie superficielle contuse et un ensemble de dermabrasions ecchymotiques au niveau du coude gauche, des dermabrasions au niveau de ses membres supérieurs, de ses genoux et de sa jambe droite, des ecchymoses au niveau de sa lèvre supérieure gauche (associée à une tuméfaction), de la face latérale gauche de son cou, de son sein gauche, de la face interne de ses deux bras et de la face antérieure de sa cuisse droite. Toutes sont la conséquence de traumatismes contondants avec une composante tangentielle (frottements), en sus de tuméfactions au niveau de la région occipitale et de sa joue gauche (sans discoloration ni lésion cutanée visible en regard), résultat d'un traumatisme contondant, ainsi que d'une zone de cheveux courts avec une rougeur du cuir chevelu au niveau rétro-auriculaire gauche (pièces C-206ss). a.d.d. L'examen médico-légal de C______ a mis en évidence plusieurs lésions qui n'ont pas mis en danger la vie de l'intéressée, notamment une plaie superficielle (assimilable à une estafilade) à bords nets sur son index droit, présentant les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument tranchant, tel qu'un couteau, des dermabrasions et ecchymoses sur son corps, conséquences de traumatismes contondants, avec une composante tangentielle (frottement) pour les dermabrasions, dont certaines compatibles avec une chute au sol ou les manœuvres réalisées par les secouristes, une tuméfaction douloureuse à la palpation au niveau de la région occipitale droite, sans discoloration ni lésion cutanée en regard, pouvant être le résultat d'un traumatisme contondant consécutif aussi à une chute au sol, ainsi que des érythèmes au thorax, compatibles avec le port d'un soutien-gorge (pièces C-196ss). b. Plaintes et déclarations de leurs auteurs F______ et H______ ont déposé plainte pénale les 16 août et 22 septembre 2020 et ont été auditionnés à plusieurs reprises durant la procédure, étant relevé que le premier a été entendu pour la première fois lorsqu'il était alité aux HUG suite à son opération consécutive aux faits et qu'il a, par-devant les juges, uniquement relaté les séquelles subies, confirmant ses précédentes déclarations pour le surplus. b.a.a. Il a expliqué qu'il était arrivé le soir au J______ avec des amis ainsi que des connaissances et avait bu l'équivalent de trois à quatre verres d'alcool fort (pièce C-70). Ils étaient entre six et huit au total, dont H______ et les frères L______ et K______. Alors qu'ils discutaient, il avait entendu un groupe de filles casser des bouteilles de verre, raison pour laquelle il les avait interpellées en leur disant que cela ne se faisait pas et que des gens étaient payés pour ramasser leurs déchets (pièces A-2 à A-4). Ultérieurement, il a précisé avoir marché deux ou trois mètres en direction de deux filles pour leur dire que ce n'était pas bien, mais elles lui avaient répondu : "fils de pute", "va te faire foutre" et "casse pas les couilles" (pièces C-64 et C-65).

- 10/81 - P/14716/2020 Soudainement, l'une d'entre elles avait "disjoncté" et lui avait porté un premier coup au niveau de l'épaule gauche puis, lorsqu'il s'était approché d'elle pour comprendre ce qu'il en était, un second coup vers les côtes, à gauche. Il n'avait rien ressenti lors de la première frappe mais la seconde lui avait fait très mal. K______ lui avait dit : "Fais attention, elle t'a planté". Il avait alors soulevé son t-shirt et vu qu'il "pissai[t]" le sang, avant de faire une chute de tension. Son agresseur était revenu à la charge et lui avait asséné un troisième coup à la cuisse droite. Toutes les frappes lui avaient été portées avec un même objet, dont il ignorait la nature (pièce A-3). Par la suite, il a précisé que son assaillante, plus virulente, était tenue par une de ses amies lorsqu'il leur avait fait sa remarque. Alors qu'il revenait en direction de son banc, celle-là était toutefois parvenue à se libérer et lui avait asséné un premier coup au niveau de l'épaule gauche. Il avait eu très mal et lui avait demandé de se calmer, mais elle était revenue à la charge, tenant un objet dans sa main droite. Le deuxième coup l'avait atteint dans les côtes et lui avait fait "très, très mal". Il n'avait plus en mémoire le troisième coup reçu, bien que marqué sur son corps (pièce C-65). Alors que ses proches avaient repoussé son agresseur, il avait eu un voile noir et avait chuté à terre. K______ avait maintenu la pression sur son ventre pour empêcher qu'il ne perde trop de sang (pièce A-3). Il avait entendu ses amis lui dire : "reste avec nous". Il se sentait impuissant et avait l'impression qu'il allait mourir si l'ambulance n'arrivait pas rapidement (pièce C-65). b.a.b. Lors de sa première audition à l'hôpital, il ne se souvenait plus de son assaillante, hormis qu'elle était de type européen avec des cheveux noirs et ondulés et que les filles devaient avoir entre 18 et 20 ans. K______ lui avait toutefois indiqué avoir identifié son agresseur auprès de la police. Il a ainsi désigné, sur planche photographique, I______ comme la seule qui lui disait quelque chose (pièces A-3 et A-4). Lors de son audition du 25 août 2020, il a toutefois indiqué qu'en regardant les photos tirées du compte Instagram de C______, que des amis lui avaient transmises lorsqu'il était hospitalisé, il avait eu des flashs et l'avait revue s'exciter, venir contre lui et lui donner des coups qu'il pensait alors être des coups de poing. Il avait surtout reconnu ses tatouages sur la poitrine qui remontaient jusqu'au cou et qui n'étaient pas courants. Son visage, sa couleur de cheveux ainsi que sa morphologie correspondaient également à ses souvenirs. H______, K______ et L______ l'avaient également reconnue comme étant la personne qui l'avait attaqué. Il a ainsi formellement identifié C______ comme étant son agresseur sur planche photographique qui lui a à nouveau été présentée, ce qu'il a confirmé lors de ses auditions ultérieures (pièce C-65). A______ lui disait quelque chose car il y avait une femme de type "latino" vêtue d'un haut rouge. Il avait désigné par erreur I______ lors de sa première audition, qu'il ne connaissait pas, en raison de sa morphologie similaire à celle de C______ et du fait qu'il était "dans les vapes" (pièces C-31 à C-32). Durant l'altercation, les deux autres filles étaient en retrait, criaient et l'insultaient. Il n'avait pas été agressif. Il ne lui semblait pas non plus avoir proféré d'insultes et ne s'en souvenait en tout cas pas. Les filles devaient avoir bu. Il n'avait porté aucun coup ni

- 11/81 - P/14716/2020 vu les frères K______/L______ en donner à A______. Après avoir été poignardé, il n'avait plus rien vu (pièces C-69 et C-70). Ses autres amis, qui étaient à cinq ou six mètres, n'avaient pas eu le temps d'intervenir lors des frappes, seul K______, étant à ses côtés à ce moment-là (pièce A-4). Il ne se souvenait pas non plus avoir vu H______ pendant la bagarre, mais des amis étaient venus le trouver quelques jours après et lui avaient dit que celui-ci avait aussi été "planté". Il ne savait ni où, ni quand cela s'était passé (pièce C-32). b.b.a. H______ se trouvait, le soir en question, au J______ avec une dizaine d'amis, dont F______, K______, X______ et Y______ (pièce C-216) ; tous avaient bu entre trois et cinq verres d'alcool fort. Son groupe s'était réparti dans le parc. Sur le banc voisin de celui où il s'était assis avec ses amis, se trouvait un autre groupe comprenant notamment les deux filles mêlées à l'histoire (pièces A-13 à A-14 et C-219). L'une d'elles avait jeté des bouteilles en verre au sol, si bien que F______ lui avait dit qu'il "fallait arrêter parce que ça pouvait être un membre de sa famille qui allait devoir nettoyer ça le lendemain et qu'on pouvait se blesser". Dans un second temps, il a précisé que des "dames" avaient brisé des bouteilles, sans être en mesure d'indiquer exactement qui mais tout en précisant que les deux prévenues étaient présentes (pièce C-216). Tout était ensuite "parti en vrille avec les deux filles". La "blanche" avait commencé à insulter F______ et les deux s'étaient mis à se pousser, si bien que beaucoup de personnes avaient commencé à se lever. Il avait tenté de calmer "le jeu" et aperçu, deux à trois minutes après, F______ sur le banc, recroquevillé sur lui-même. K______ s'était approché de lui et avait dit qu'il s'était fait "planter" (pièce C-217). Il n'avait pour sa part pas vu les coups de couteau mais F______ lui avait dit que l'auteure était "la blanche", que H______ a désignée sur la planche photographique lors de son audition comme étant C______, se basant sur les dires de son ami (pièces A-13 à A-15), de même qu'ultérieurement en audience. Il a confirmé lors de celle-ci n'avoir pas directement été témoin de cette scène mais en avoir entendu parler. Il avait ainsi pointé cette prévenue sur la base des discussions qu'il avait eues, par la suite, avec notamment une personne du Z______ et de sa photo tirée d'Instagram qui lui avait été montrée. À la suite de cette première altercation, il y avait eu beaucoup de personnes et "ça se poussait" (pièces C-216 à C-219). Après avoir compris ce qu'il s'était passé, il s'était approché des filles en les "engueulant" mais "la métisse", qu'il a désignée sur la planche photographique comme étant A______ s'était énervée à son tour. Il l'avait alors poussée en arrière avec ses mains et à un moment donné, elle lui avait asséné ce qu'il croyait être un coup de poing dans le flanc gauche. Dans un second temps, il a expliqué qu'alors qu'il discutait avec A______, un attroupement s'était formé autour d'eux et les gens se bousculaient. Durant cette agitation, il avait vu A______ lui donner un coup au niveau du flanc gauche. Pensant qu'il s'agissait d'un simple coup de poing, il n'avait pas réagi et l'avait tout au plus repoussée avec la main. Il s'était dirigé vers F______, lequel était un peu plus loin, tenu par quelqu'un, et il l'avait vu tomber au sol. Pour sa part, il avait commencé à avoir un peu le tournis ainsi qu'une démangeaison au niveau du flanc

- 12/81 - P/14716/2020 gauche. En soulevant son t-shirt, il avait constaté qu'il saignait et vu qu'il avait reçu un coup de couteau ou de verre, constatant dans un second temps sa lésion (pièces A-14 à A-15 et C-217). Il était retourné vers A______, lui avait tiré les cheveux et l'avait poussée. Ultérieurement, il a précisé s'être dirigé vers elle, en l'insultant à deux ou trois reprises, tout en la poussant pour qu'elle soit le plus loin possible de lui. Il était en "mode auto-défense" vu le coup reçu. Il lui avait dit que c'était une "malade" de l'avoir "planté" et celle-ci avait retorqué : "Je ne t'ai pas planté, le couteau est dans mon sac". Il a confirmé ne lui avoir porté aucun coup. Il ne se souvenait pas lui avoir tiré les cheveux et l'avoir mise à terre mais cela avait pu arriver, car il était vraiment énervé. Il n'était toutefois pas retourné à nouveau vers elle après l'avoir accusée de l'avoir "planté" (pièces A-14 et C-217 à C-219). Il s'était dirigé vers A______ car il se souvenait de son visage au moment où elle lui avait porté un coup. Il était face à elle lorsqu'elle avait pris de l'élan pour lui asséner la frappe. Elle avait fait un geste circulaire qui avait abouti à son flanc gauche, son index ainsi que son pouce l'ayant touché. Il n'avait reçu aucun autre coup durant la soirée (pièces C-219 et C-220). À aucun moment il n'avait vu d'arme ou de couteau et avait remarqué que son sac, qui se trouvait sur le banc, manquait. Y______ l'avait ensuite accompagné à l'hôpital en voiture (pièce A-14). Il n'avait pas vu AA_____ le soir des faits (pièce C-518). b.b.b. En audience de jugement, H______ a confirmé n'avoir reçu qu'un seul coup ce soir-là et s'en souvenir comme si c'était hier. Il le situait au milieu de la rixe, sans en être toutefois certain. Il s'était écoulé dix minutes au maximum entre le moment où F______ avait fait la remarque sur la bouteille cassée et le moment où A______ lui avait dit qu'elle ne l'avait pas planté. Il n'avait pas tout de suite porté plainte car il voulait passer sur cette histoire, puis en rentrant chez lui, sa mère l'avait vu en sang et lui avait dit que ce n'était pas normal. De manière générale, il était déçu par les déclarations des prévenues, notamment de A______ qui n'assumait pas, et frustré d'entendre qu'il lui aurait porté des coups ; il ne frappait pas les femmes. Bien qu'il allât correctement sur le plan physique, cela était plus difficile moralement. Il n'avait pas pour habitude d'extérioriser ses émotions et n'avait pas été suivi, ayant essayé de mettre cette histoire derrière lui. Il avait toujours une cicatrice sur le flanc gauche en bas des côtes, sans douleur. Il lui arrivait, en sortant, de se demander si une personne allait l'attaquer et de prendre des anxiolytiques à sa mère, à l'insu de celle-ci, pour dormir (PV TCO p. 34 à 36). c. Témoignages Les faits relatés par les témoins permettent de mettre en évidence différents épisodes distincts, lesquels se confondent dans toutes les déclarations figurant au dossier : une première échauffourée entre les prévenues et un homme de type africain ("basané"),

- 13/81 - P/14716/2020 suivie d'un épisode impliquant des bouteilles cassées ainsi que la remarque faite par F______ à ce sujet, les coups de couteau assénés à ce dernier, marquant le début de l'altercation litigieuse, ainsi qu'à H______ dans un second temps, puis la disparition des téléphones portables des prévenues ainsi que d'un ultime couteau. c.a. AA_____ connaissait C______, qu'il n'avait plus revue depuis trois ou quatre ans, mais non A______, ayant échangé avec cette dernière ponctuellement, sans pour autant la considérer comme une amie, et n'étant pas détenteur de son numéro de téléphone (pièce C-456). Le soir des faits, il était avec C______ et A______, sur les bancs entourant la grande fontaine au J______. Elles étaient accompagnées de deux autres amies ainsi que d'autres "gars". Il était resté avec elles et avait retrouvé par la suite un second groupe d'amis (pièce C-516). Ils avaient joué au jeu "Piccolo" visant à faire boire les participants ; C______ et A______ avaient bu de la vodka et étaient "joyeuses". La première s'était énervée et avait haussé le ton contre l'un de ses amis qui avait bu dans son verre. Par la suite, alors qu'il se trouvait à quelques mètres avec son groupe d'amis, il avait entendu qu'une dispute verbale avait éclaté. À la fin, une des filles lui avait dit qu'un garçon "basané" avait frappé l'une d'entre elles et il avait alors vu C______ énervée et très en colère. Alors qu'elle était à un mètre des garçons et ne tenait rien dans sa main, elle avait crié sur quelqu'un : "Je vais le défoncer". Lors d'une seconde audience, il a confirmé l'avoir entendue dire qu'elle allait "le tuer" ou quelque chose du genre, en visant un des trois garçons qui les avaient rejoints, avant l'arrivée de son groupe d'amis (pièces C-516 et C-517). Bien que les trois garçons s'étaient ensuite éloignés, C______ était toujours en colère, sa "pression" n'étant pas redescendue, raison pour laquelle il avait tenté de la calmer, en vain, car elle lui disait : "Je vais le planter". Il avait compris qu'elle parlait du garçon "basané" et lui avait répété d'arrêter de dire des bêtises, sachant qu'elle ne l'aurait pas fait. Après quelques minutes, il l'avait mise à l'écart et avait remarqué qu'elle était en possession d'un couteau, soit un couteau pliable gris métallisé dont la lame était fermée. Bien qu'il ne l'eût pas vu ouvert, il n'avait pas pu le confondre avec un briquet dans la mesure où il était doté de vis sur le manche. Alors qu'il avait tenté de le lui prendre, en lui donnant un coup sur la main afin de le faire tomber pour l'éloigner d'elle (pièces C-516 et C-518), l'arme était tombée à terre et il l'avait alors "shootée" avec le pied, la faisant atterrir dans l'herbe. C______ s'était ensuite mise à le chercher et s'était énervée contre lui, lui demandant pourquoi il avait fait cela. Il ignorait toutefois de ce qu'il en était advenu. Il était ensuite retourné vers son groupe à proximité de la fontaine et avait quitté les lieux plus tard, entre 03h10 et 03h20. Il avait un black-out au sujet de ce qu'il s'était passé entre ce moment et son départ du parc (pièces C-516 à C-519). Il n'avait toutefois vu personne jeter des bouteilles au sol, ni des garçons blessés ou de coups échangés. Vu l'heure à laquelle la police avait été appelée (03h39), il n'avait selon lui pas été témoin de la scène impliquant un homme en sang et n'avait pas non plus entendu parler, le soir des faits, d'une personne qui avait été plantée (pièce C-519), n'ayant appris l'utilisation d'un couteau ainsi que l'intervention de la police par le biais des réseaux qu'ultérieurement

- 14/81 - P/14716/2020 (pièces C-457 à C-462). Au cours de la soirée, il n'avait pas vu A______ avec un couteau à la main (pièce C-464). c.b. Après avoir bu un ou deux verres sur un banc au J______ avec F______, K______ avait vu deux filles à proximité casser une bouteille en verre, ce qui avait fait réagir son ami qui leur avait demandé poliment d'aller faire cela ailleurs. Elles étaient devenues hystériques et s'étaient mises à les insulter ainsi qu'à leur "crier dessus". Même leurs copines avaient tenté de les retenir tellement leur réaction était excessive. Ils étaient face à elles et tentaient de les repousser car ils ne voulaient pas qu'un conflit débute. Elles semblaient toutefois sûres d'elles et déterminées, ayant tenté à plusieurs reprises de venir au contact. À un moment donné, F______ était retourné s'asseoir en disant : "Je crois que je me suis fait planter". Lorsque celui-ci avait relevé son t-shirt, il avait vu du sang couler au niveau latéral de son ventre. Lui-même n'avait vu aucune arme ni de coup de couteau mais avait pensé à l'utilisation d'un tel objet car, s'il s'était agi d'une bouteille, il l'aurait vue. Ensuite, les deux filles en question, soit celles qui avaient été interpellées peu après, s'étaient éloignées. Il avait pointé l'auteure comme étant celle qui portait un haut orange en se basant uniquement sur le fait qu'elle était vraiment énervée et pas dans un état normal, tout en rappelant qu'il n'avait pas été témoin des coups. Son frère était arrivé, selon lui, après l'agression (pièces B-73ss). c.c. En arrivant vers ses amis au J______, à proximité de la fontaine, L______ avait vu des filles surexcitées, qui criaient et créaient des problèmes. Lorsque l'une d'elles avait cassé une bouteille, F______ lui avait dit que ce n'était pas "cool" d'agir ainsi pour ceux qui nettoyaient le matin. À ce moment-là, il discutait avec lui et ils étaient tous deux debout, séparés de leur groupe d'amis de plusieurs mètres et à proximité de celui des filles, comprenant également quelques garçons. Celles-ci, déjà agitées, s'étaient énervées si bien qu'il avait tenté d'apaiser la situation en "parlementant" avec la troisième, un peu à l'écart et qui semblait plus raisonnable afin qu'elle calme ses deux amies, avant d'entendre : "il a été planté". Soudainement, il avait vu F______ saigner, à la hauteur de la poitrine, côté gauche, avant de s'effondrer. Il lui avait confectionné un pansement de fortune qu'il avait plaqué sur sa poitrine. Il n'avait pas vu d'arme et ignorait s'il avait été touché par un couteau ou d'un tesson de bouteille. L'altercation s'était passée très rapidement et il y avait beaucoup de monde. Il avait vu que les filles essayaient de donner des coups à F______, tout en étant retenues par des gens qui les séparaient. Deux d'entre elles, particulièrement agitées, criaient et semblaient saoules. Elles avaient mis de l'huile sur le feu et n'étaient pas vraiment prêtes à se calmer. Des garçons, faisant partie du groupe des auteures, ainsi que son propre groupe avaient tenté de les calmer et de les séparer. Il n'avait pas vu précisément le coup porté à F______ car il discutait avec la troisième personne, mais l'auteure devait être "la fille tatouée" ou celle qui était en orange, soit les deux les plus surexcitées. Après l'arrivée de la police, il avait vu une fille avec une robe orange être menottée, mais qui n'était pas celle tatouée, ni celle avec laquelle il avait discuté. Il avait donc supposé qu'elle fût l'auteure des coups portés à

- 15/81 - P/14716/2020 F______. Il n'en était pas certain. Il était aussi possible que F______, qui avait également été retenu, eût voulu asséner des coups. Bien qu'il eût lui-même bu du whisky-coca, il était lucide (pièces B-64ss). c.d. I______ était arrivée vers 22h45 au J______ avec ses deux copines, C______ et A______, lesquelles étaient déjà un peu ivres. Elle-même n'avait bu qu'un verre mais ses amies toute la bouteille de vodka. Elles s'étaient posées sur un banc près de la fontaine, où elles avaient prévu de passer la soirée. Vers 23h00, elle avait pris ses distances pour rejoindre une quinzaine d'amis de C______ et de A______ qui venaient d'arriver et qui se trouvaient un peu plus loin dans le parc, car cette dernière était agressive et commençait à lui "chercher l'embrouille". Vers 03h30, A______, qui avait tenté de la joindre à plusieurs reprises durant la soirée pour savoir où elle était, l'avait appelée pour lui dire que C______ était en train de "s'embrouiller avec un gars", précisant à la police qu'il s'agissait d'un homme africain, de 23 ans, mesurant 185 à 190 cm, de corpulence fine qui portait des tresses attachées sur la tête et faisait partie du groupe se trouvant juste à côté de A______ et de C______. L'homme avait pris la cigarette de C______ et l'avait cassée, ce qui l'avait énervée et amenée à mal lui parler (pièce C-226). Elle l'avait ainsi poussé et avait reçu une gifle en retour (pièces B-56 à B-57). Lors d'une audience ultérieure, elle a quelque peu modifié sa version, relatant que A______ l'avait appelée pour lui dire que C______ se bagarrait en réalité avec des "mecs" et semblait inquiète au téléphone. Elle a ajouté que le conflit avec l'homme de type africain s'était passé au tout début et avait été le déclencheur de la bagarre ultérieure, tout en précisant qu'il s'agissait d'une altercation autre que celle dont A______ lui avait parlé au téléphone (pièces C-225 à C-226 et C-229). À la police, I______ a relaté que c'était suite à la gifle reçue par l'individu de type africain que tout le monde s'en était mêlé et elle-même avait essayé de s'interposer pour calmer "le jeu", en vain. Un "mec" blanc, d'environ 185 centimètres qu'elle ne connaissait pas, l'avait retenue et lui avait dit : "I______, met toi à l'écart. Ce ne sont pas tes affaires". Elle avait vu A______ essayer de s'interposer, en poussant des "gars", tout en les insultant et en les frappant avec ses poings, ainsi que C______ tenter également de les séparer. Les trois ou quatre "gars", avec lesquels ses deux amies s'étaient battues, avaient aussi répondu en les insultant et les avaient ensuite mises à terre avec des "balayettes", tout en continuant à les frapper au sol avec les pieds et les poings. A______, qui s'était relevée en continuant à se battre, avait été interpellée à un moment donné par un des "gars" qui lui avait dit : "A______, tu m'as schlassé", tout en l'insultant, de sorte que cet homme et A______ s'étaient poussés. L'"embrouille" était partie très vite, dans tous les sens, devant une vingtaine de personnes. A______ avait ensuite commencé à pleurer car on l'accusait d'avoir "planté" quelqu'un. Elle lui avait dit n'avoir rien à voir avec le coup de couteau, qu'elle possédait un petit couteau suisse dans son sac, mais qu'elle n'avait toutefois pas avec elle durant l'altercation. Elle n'avait pour sa part jamais vu ce couteau mais savait qu'un ami commun avait été chargé de surveiller les sacs de ses deux copines durant la

- 16/81 - P/14716/2020 bagarre. Elle avait de son côté tenté de parler avec l'homme blessé, en vain, car il était trop "bourré" et répétait que A______ l'avait "planté" (pièces B-57 et B-58). Ultérieurement, elle a expliqué qu'elle s'était rendue auprès de ses amies une dizaine de minutes après sa conversation téléphonique avec A______, laquelle était à 20 mètres d'elle, et que les choses s'étaient calmées, précisant n'avoir pas été témoin du début de l'altercation. Elle avait uniquement vu A______ "s'embrouiller" avec des gens et l'avait entendue crier. Elle n'était pas parvenue à séparer les protagonistes et à récupérer A______ car celle-ci la repoussait. Un garçon qu'elle ne connaissait pas s'était mis entre elles et lui avait dit que c'était mieux de s'éloigner, ce qu'elle avait fait. Elle n'avait ainsi rien vu. Elle n'avait pas vu ses amies donner des coups mais avait été témoin du fait que A______ en avait reçu sur la tête, le ventre et avait été mise à terre. H______ lui avait asséné des coups de poing à la tête ainsi que des gifles lorsqu'elle s'était relevée. A______ gisait au sol et avait été frappée par deux autres personnes, qu'elle n'était pas en mesure de décrire, puis avait reçu les coups de H______. Lors des premières frappes, ce dernier et A______ étaient face à face et il y avait eu, tout au plus, trois coups. H______ avait giflé A______ et celle-ci avait tenté de se défendre en le poussant, avant de rejoindre C______ pour la sortir du conflit, laquelle ne voulait la suivre. I______ n'était pas en mesure de reconnaître la personne qui avait dit "A______, tu m'as schlassé", mais ce n'était, selon elle, ni H______, ni F______. Elle n'avait de manière générale jamais vu A______ sortir munie d'un couteau (pièces C-225 à C-228). À l'arrivée des secours et de la police, des "gars" dans la foule recherchaient la fille munie d'un pull rouge qui avait donné le coup de couteau. Elle-même n'avait pas vu de personne correspondant à un tel signalement au moment de la bagarre. Après l'intervention de la police, C______ s'était encore "embrouillée" avec un autre "gars" qui l'avait giflée, la faisant tomber, inconsciente, avant qu'elle ne soit prise en charge par les secours (pièces B-57 à B-58). Selon elle, ses amies n'étaient pas capables d'asséner des coups de couteau et ne seraient dans tous les cas pas restées sur place si tel avait été le cas. Elle a expliqué à la police qu'elles avaient toutefois l'habitude de se bagarrer, en particulier lorsqu'elles étaient "pompettes", cherchant "l'embrouille", raison pour laquelle elle-même "traînait" moins avec elles (pièce B-58), puis qu'aucune des prévenues n'avait une tendance à l'agressivité, avant de concéder que cela était effectivement le cas lorsqu'elles avaient bu. Lors de deux soirées passées en leur compagnie, seule C______ avait toutefois été agressive (pièce C-228). c.e. X______ avait rencontré fortuitement une dizaine de connaissances au J______ le soir des faits, dont F______. Ce dernier se tenait debout et discutait avec ses amis près de la fontaine, alors que lui était assis sur le banc avec H______. À quelques mètres d'eux se trouvait un groupe de quatre ou cinq filles, dont deux "bourrées" qui cassaient des bouteilles en verre dans leur direction. La situation avait dégénéré dès que F______ leur avait dit : "Demain c'est quelqu'un comme votre père qui ramassera vos restes de

- 17/81 - P/14716/2020 bouteilles". Les deux filles, dont une "basanée" – qu'il a identifiée sur planche photographique comme étant A______ –, n'avaient pas apprécié la remarque et avaient initié la bagarre. La seconde – qu'il a décrite comme ayant les cheveux noirs, en pointant, sans toutefois en être certain, C______ sur la planche photographique – était venue directement au contact de F______ et avait commencé à lui donner des coups de poing sur le haut du corps, puis des coups de pied. F______ l'avait repoussée. Alors que H______ s'était interposé physiquement, la "basanée" était venue contre lui, en lui portant également des coups. Elle avait préalablement récupéré quelque chose au sol, à l'endroit où il y avait les bris de verre, et était venue directement contre H______, en lui assénant une frappe, telle qu'un coup de poing au niveau du ventre, avant d'être repoussée. Il n'était que quatre dans la mêlée, soit F______, H______, la "blanche" et la "basanée". Les deux groupes d'amis de chacun des protagonistes étaient plus loin. À un moment donné, F______ était tombé en se tenant le flanc gauche et saignait beaucoup. Il avait compris que ce dernier avait été blessé et avait appelé une ambulance pendant que H______ était resté à ses côtés. Bien qu'il n'eût pas été témoin du coup, il avait pensé que la "blanche" en avait été l'auteure car elle était venue contre F______ dès le début. Une trentaine de minutes après le départ des ambulances, H______ lui avait révélé avoir été également blessé et lui avait montré une estafilade au flanc gauche. Il ne pouvait exclure que l'auteure soit la "blanche" et ce, même s'il avait vu la "basanée" ramasser quelque chose au sol, dès lors que les quatre protagonistes étaient très proches durant l'altercation. Vu qu'il n'y avait personne d'autre dans la mêlée, il était certain que c'était soit l'une, soit l'autre. H______ lui avait d'ailleurs confié être persuadé que c'était la "basanée" qui l'avait blessé. Seul F______ avait bu de l'alcool (pièces C-178ss). c.f. Après les faits, AB_____, un ami de C______ et de A______, laquelle a alors sollicité son audition (pièce C-333), aurait relaté que C______ avait utilisé contre F______ un couteau qu'elle détenait. Le soir en question, il était au J______ avec sa copine et des amis, vers la fontaine. Il se trouvait à environ 40 mètres de C______, laquelle était "excitée" car elle s'était embrouillée avec son copain et cassait des bouteilles au sol. Après qu'un "gars" du Z______ lui avait fait une remarque, il y avait eu un mouvement de foule et il l'avait vue asséner deux ou trois coups au niveau du buste du garçon qui s'était écroulé (pièce C-337). Lors d'une audition ultérieure, il a expliqué avoir vu les deux jeunes s'"accrocher", se chamailler et gesticuler avec les bras ; "ça se poussait". Il avait vu C______ donner à tout le moins un coup avec les mains, qui lui semblait avoir atteint "le type". Une quinzaine de secondes s'était écoulée entre les coups et le moment où le garçon s'était écroulé. C______ s'était ensuite accroupie à ses côtés et lui avait rigolé au visage. Il n'avait pas vu ni ne se souvenait si elle tenait quelque chose dans ses mains (pièce C-337), mais avait remarqué qu'elle avait caché un objet dans un sac après l'altercation, soit selon lui un couteau qu'elle avait dissimulé dans ses habits. Il se trouvait à ce moment-là à environ 30 mètres d'elle (pièces C-424 à C-427).

- 18/81 - P/14716/2020 Il a initialement souligné que A______ ne s'était mêlée à la bagarre que dans un second temps, soit lorsque le garçon était déjà au sol, tout en précisant n'avoir pas vu exactement ce qu'il s'était passé par la suite. Dès que l'homme était tombé à terre et qu'il s'était rendu compte qu'il était blessé, l'un de ses amis était venu contre les deux filles, qu'il avait frappées, faisant perdre connaissance à l'une d'elles par un coup de pied au visage (pièce C-337). Ultérieurement, il a précisé qu'en raison du mouvement de foule suite aux premiers coups assénés, il n'avait pas bien vu ce qu'il s'était passé par la suite mais avait pu apercevoir, dans un second temps, un "penalty" – soit un coup de pied au visage – donné par un "autre type du Z______ dans une des meufs", laquelle était accroupie à ce moment-là, et dont il ne pouvait dire s'il s'agissait de C______ ou d'une autre fille. Elle était en tout cas la seule qu'il avait vue "s'emboucaner" avec les "types". Il n'avait pas précisément été témoin des faits entre le coup porté par C______ et le "penalty" asséné à l'une des filles (pièces C-424 à C-425). Début décembre 2020, il avait bloqué C______ sur SnapChat après qu'elle lui avait écrit pour tenter de le "ramener à sa cause". Il avait dit à une amie de celle-ci qu'il n'approuvait pas ce qu'elle avait fait cette nuit-là, qu'elle n'assumait pas ses actes et qu'elle "victimisait" A______, qu'il avait également bloquée (pièce C-336). Avant de bloquer C______, il lui avait dit qu'il ne voulait pas parler avec elle car il ne parlait pas aux "mythos" (pièce C-426). Dès sa première audition, il a exprimé le souhait que son nom ne soit pas divulgué dès lors qu'il fréquentait tant le groupe des plaignants que celui des prévenues (pièce C-337). Il ne connaissait toutefois pas spécialement F______, lequel n'était pas son "pote" ni même une personne qu'il contactait pour passer une soirée, et le nom de H______ ne lui disait rien (pièce C-426). c.g. AC_____ avait rencontré A______ début février 2020 et la considérait comme sa meilleure amie. Cette dernière était gentille mais têtue, n'avait pas le moral ces derniers temps et avait tendance à boire beaucoup en soirée. Sous l'effet de l'alcool, elle pouvait avoir tendance à s'énerver très vite et à en venir aux mains, mais ne se serait jamais servie d'un couteau. Elle connaissait C______, qui avait un fort caractère, par le biais de A______. On lui avait rapporté que celle-là détenait toujours un couteau et avait déjà menacé quelqu'un par ce moyen. Elle savait qu'elle était bagarreuse. Elle n'était pas présente le soir des faits et avait entendu que des ouï-dire. U______, qui était au J______, lui avait en effet expliqué que l'auteure était C______. A______, qui avait également été victime de coups, n'avait pas voulu dire à la police que C______ avait "planté" pour la protéger. Elle n'avait jamais vu A______ avec une lame (pièces C-125ss). c.h. U______, dont la police a qualifié l'attitude de très peu collaborante (pièce C-123), a déclaré que A______ était une amie qui lui avait présenté C______, qu'il considérait comme une "pote". Celle-ci était beaucoup plus calme que A______, laquelle était réactive dans sa manière de parler et s'était battue une fois avec l'une de ses copines,

- 19/81 - P/14716/2020 trois ans auparavant. Il n'avait jamais dit à AC_____ que C______ avait "planté" quelqu'un (pièces C-133ss). c.i. Selon V______, ami de longue date de C______, celle-ci était gentille et respectueuse mais également fragile. Elle se fâchait très vite et pouvait crier, se disputer avec des gens ainsi que s'énerver verbalement. Il ne l'avait jamais vue se battre et ne la considérait pas comme provocatrice, ni bagarreuse. Il avait connu A______ par le biais de C______ un mois auparavant et l'avait vue s'énerver à une reprise. Les deux buvaient avec modération et savaient se maîtriser. La nuit du 15 au 16 août 2020, il était arrivé au J______ vers 01h00 et avait vu les deux filles en train de boire. Elles étaient dans un état normal, sans être saoules. Il n'était toutefois pas resté constamment avec elles durant la soirée. À un moment donné, il avait vu que "ça chauffait" entre un groupe de garçons, d'une part, et A______ et C______, d'autre part, précisant dans un second temps que cette dernière avait initialement cassé involontairement une bouteille en verre au sol, de sorte qu'un garçon, faisant partie d'un groupe assis sur le banc voisin, lui avait demandé d'arrêter. Il ne se souvenait plus de ce qu'elle lui avait répondu, était parti aux toilettes et avait constaté que ça commençait "à chauffer" à son retour. A______ s'était énervée verbalement contre l'un des garçons, si bien qu'il l'avait prise à part et fait asseoir sur le banc pour tenter de la calmer. Un "gars" lui avait soudainement asséné un coup de coude au niveau du visage, la faisant chuter. Elle s'était directement relevée, n'ayant jamais perdu connaissance, et lui-même avait essayé de la calmer. Tant A______ que C______ lui avaient demandé d'aller chercher leur sac lorsqu'elles avaient été interpellées. Il ignorait où était celui de la première, de même que sa propriétaire, et avait ramené à la seconde son sac à main noir, qui se trouvait sur le banc. Avant d'être embarquée par la police, C______ avait révélé que c'était "R______" [R______], qui avait récupéré les téléphones portables. Il avait croisé ce dernier en rentrant chez lui, lequel lui avait remis les deux téléphones. Il avait restitué celui de A______ à sa mère quelques jours après et "AD_____" [AD_____] avait conservé celui de C______. Lui-même avait informé ce dernier de ce qu'il s'était passé le soir même et ils avaient tous les deux tenté de trouver "R______" dans le parc, en vain, pour récupérer les appareils. Il n'avait vu aucune arme durant l'altercation (pièces C-106ss). c.j. AD_____, un ami des deux prévenues, avait déjà vu C______ s'emporter verbalement, relevant qu'elle était franche et directe, tout comme A______, laquelle était également gentille mais disait les choses. Selon lui, C______ ne cherchait pas des "embrouilles" quand elle sortait. Il ne l'avait jamais vu se battre ou provoquer des gens, ni A______ se disputer. Toutes deux buvaient modérément et savaient se contrôler. Le dimanche après-midi, vers 15h00, V______ l'avait contacté pour lui demander s'il pouvait remettre aux prévenues leurs téléphones portables qu'il [V______] détenait. Il

- 20/81 - P/14716/2020 n'avait posé aucune question et avait informé C______ par Facebook qu'il avait dorénavant son appareil, sans savoir qu'elle était incarcérée. Le mercredi suivant, V______ et lui avaient souhaité lui rendre visite pour lui rendre son téléphone portable, mais leur demande avait été refusée (pièces C-48ss). c.k. M______ connaissait C______ depuis une dizaine d'années et avait été en couple avec elle entre avril 2019 et mars 2020. Elle avait mal vécu leur rupture. Elle était gentille et sociable avec un fort tempérament et pouvait s'énerver quand les choses n'allaient pas dans son sens. Il ne l'avait toutefois jamais vue s'en prendre physiquement à quelqu'un. Il avait révélé à C______ qu'il ne "sentai[t] pas trop" A______ car son entourage ne disait pas que du bien d'elle, raison pour laquelle son ex-copine lui avait écrit, depuis la prison, qu'elle avait réalisé qu'il avait raison. Il ignorait pourquoi elle lui avait écrit se trouver en détention parce qu'elle avait menti pour son amie (cf. infra let. B.I.i.d.b.b.) (pièces C-87ss). c.l. Trois individus, présents le soir des faits et impliqués dans la disparition d'un couteau, ont été auditionnées à plusieurs reprises durant la procédure, dont les deux derniers notamment en qualité de prévenu. c.l.a. T______ avait rencontré A______ en septembre 2019. Elle la considérait comme une connaissance et non comme une amie. Elle lui avait présenté C______ (pièce C-566). Le soir des faits, elle n'avait rien vu de l'altercation et était uniquement tombée, en se rendant aux toilettes, sur un homme à terre, qui avait l'air inconscient, avec du sang au niveau de la poitrine (pièce C-770). Alors que R______, qui se trouvait sur place, lui racontait que C______ avait "planté" cet homme, elle avait vu en parallèle A______ être menottée. Lors d'une conversation ultérieure, elle avait entendu que S______ et R______ avaient récupéré un couteau, lequel avait été jeté dans le lac par ce dernier. S______ lui avait révélé avoir touché l'arme et craindre qu'il y ait ses empreintes et d'être accusée à tort (pièces C-566 à C-568). R______ lui avait confirmé s'en être débarrassé. Elle était certaine de ne pas l'avoir vu avec un sac à main (pièces C-770 à C-771). Elle avait entendu plusieurs personnes dire que c'étaient A______ ou C______ qui avaient "planté" le garçon au sol. Elle n'avait pas été étonnée que R______ accuse C______ car elle savait qu'à l'époque tant cette dernière que A______ s'embrouillaient et qu'elles se disputaient avec des gens en soirée, ayant déjà été témoin d'un échange de coups entre C______ et un garçon. Lors d'une audience subséquente, elle a confirmé les déclarations de S______ à teneur desquelles R______ leur avait révélé que C______ lui avait remis le couteau avant d'être arrêtée, sous réserve du fait qu'elle ne se souvenait plus s'il avait parlé de C______ ou de A______ (pièce C-773). S______ lui avait raconté qu'en début de soirée, elle avait vu C______ se faire draguer par un garçon de manière insistante et les deux filles se crier dessus, puis C______ lui donner un coup de pied (pièces C-568 à C-569).

- 21/81 - P/14716/2020 c.l.b. S______ connaissait A______ depuis un an et avait croisé C______ ponctuellement en soirée. Elle les considérait comme des connaissances, ne détenant pas leur numéro de téléphone (pièce C-554). Le soir en question, C______ et A______ avaient commencé à se disputer verbalement avec un garçon métis. Ne souhaitant pas s'en mêler, elle s'était éloignée avec T______, en direction du lac pour rejoindre un ami. À cet endroit, elle avait encore une vue au loin sur la fontaine. Par la suite, il y avait eu une grande agitation derrière elle. C______ et A______, qui étaient fâchées et hurlaient, étaient face à un garçon – dont elle n'avait pas vu le visage – et la seconde tentait de calmer la première en s'interposant entre elle et l'individu. C______ avait donné "un petit coup", plus particulièrement un coup de poing dans un mouvement de bras horizontal, de l'arrière vers l'avant, à l'homme, dont A______ essayait de la séparer, étant relevé que celle-ci ne s'était pas battue. Elle avait différencié les deux filles au loin grâce à leur chevelure, étant souligné qu'elle avait reconnu A______, laquelle était à ce moment-là en compagnie d'une seule autre fille. Des gens s'étaient ensuite mis autour d'elles pendant environ deux minutes, ce qui lui avait bloqué la vue et elle avait aperçu l'individu à terre seulement lorsque la foule s'était écartée. Elle n'avait pas vu A______ s'approcher du garçon en question (pièces C-554 à C-560). Une connaissance de T______ leur avait révélé que deux filles avaient "planté" un garçon, puis une seconde que c'étaient C______ et A______ qui avaient "planté deux gars". En fin de soirée, R______ s'était adressé à T______ en lui disant qu'il avait tout vu (pièces C-555 à C-559). Lors des audiences subséquentes, elle est revenue spontanément sur certaines de ses déclarations s'agissant du couteau. Après que R______ avait révélé avoir tout vu, c'est à dire que C______ avait "planté" le garçon, il avait sorti un paquet de cigarettes AE_____ rouge qui contenait un couteau suisse – qu'elle-même avait brièvement aperçu (pièce C-743) –, alors qu'ils étaient tous assis dans l'herbe. Il lui semblait qu'il avait expliqué que, juste avant d'être arrêtée, C______ lui avait donné ce paquet de cigarettes. Elle-même ignorait si R______ savait ce qu'il contenait et si le couteau retrouvé à l'intérieur avait servi à blesser l'homme. T______ avait dit que cela ne l'étonnait pas vu que C______ avait la réputation d'être "nerveuse", ce à quoi R______ avait rétorqué que cette dernière lui avait confié, quelques jours auparavant, détenir constamment sur elle un couteau suisse et que si on l'embêtait, elle n'hésiterait pas à "le sortir", vu qu'elle était tendue en ce moment. R______ avait extrait du paquet ledit couteau, mesurant neuf centimètres environ, lame fermée, laquelle ne présentait pas de trace de sang, soit un couteau suisse classique, pensant être de couleur rouge. Peu après, il avait dû le lancer dans le lac puisqu'il était revenu 30 minutes après en disant : "C'est bon". Ultérieurement, elle a ajouté qu'une des personnes présentes avait conseillé à R______ de se débarrasser de l'arme, ce qu'il avait fait en le lançant dans l'herbe. En l'aidant à le rechercher dans le noir, elle avait frôlé le couteau. R______ l'avait alors récupéré au sol et s'était dirigé vers le lac. Elle a expliqué avoir menti à la police par peur de représailles des prévenues et qu'en rétablissant la vérité, elle devait

- 22/81 - P/14716/2020 incriminer l'une d'elles. Elle savait que le couteau avait été jeté et ne l'avait pas vu vers le banc (pièces C-742 à C-743). c.l.c. R______ avait rencontré C______ et A______ deux semaines avant les faits, et entendu au sujet de la seconde qu'elle était une "fille à problème et nerveuse", ce qu'il n'avait pas personnellement constaté. Il n'avait rien ouï de particulier s'agissant de la première (pièce C-165). Le soir des faits, il avait rejoint C______ et A______ vers la fontaine, lesquelles se trouvaient avec une dizaine de personnes, et ils avaient bu du rhum et du rosé. C______ et A______ devaient, tout comme lui, être "pas mal bourrées". La première s'était d'ailleurs énervée contre un garçon qui avait bu dans son verre. Il avait essayé de la calmer, en vain, raison pour laquelle il avait rejoint d'autres gens et avait fait plusieurs allers-retours entre les différents groupes. À un moment donné, alors qu'il se trouvait à cinq-dix mètres, il avait vu que "ça commençait à chauffer" et à "s'embrouiller" entre un groupe de dix-quinze garçons, d'une part, et C______ et A______, d'autre part. Au début, seules des insultes réciproques fusaient puis un cri d'une des deux prévenues, seules filles impliquées dans la bagarre, l'avait amené à s'approcher. Ultérieurement, il a précisé que les premiers cris ne l'avaient pas alarmé mais comme ceux-ci étaient devenus de plus en plus forts, il avait tourné la tête et vu C______ prendre un coup de poing au visage, qui l'avait fait tomber "K.O.". Les deux filles étaient plus ou moins encerclées à ce moment-là. Il avait alors entendu un garçon crier "T'as planté mon pote, sale pute" et qu'elle était une "malade". Immédiatement après, A______ avait voulu prendre la défense de son amie et était "rentrée dans le groupe", en criant et poussant, comme pour forcer le passage en écartant les garçons avec ses bras afin de rejoindre le coupable. Elle avait reçu un coup de poing au visage dans la foulée d'un des "mecs", avant de tomber également "K.O.", c'est-à-dire perdre connaissance durant une demi-seconde. Il avait entendu des personnes crier sur les deux filles alors qu'elles étaient assommées (pièce C-764). Dans l'intervalle, C______ s'était réveillée et relevée en criant. Lorsque la situation avait dégénéré, le groupe des prévenues était intervenu. Il n'avait pas vu C______ ou A______ donner des coups aux garçons mais il était possible que ce soit arrivé. Il n'avait pas non plus vu A______ se réveiller car il s'était écarté de la bagarre et environ cinq minutes plus tard, à une dizaine de mètres derrière le banc où ils étaient assis avec les filles, il était tombé sur un garçon couché par terre qui saignait au niveau des pectoraux, entouré par ses amis. Pour sa part, il n'avait pas vu d'arme ou de couteau et était incapable de reconnaître les personnes impliquées dans l'altercation, autres que ses deux amies (pièces C-166 à C-167 et C-222 à C-223), dès lors qu'il y avait eu une quarantaine de personnes présentes, regroupées au même endroit (pièce C-764). Quand la situation avait commencé "à chauffer", les sacs des prévenues étaient restés sur le banc et A______ était venue vers lui pour lui donner deux téléphones en lui demandant de les garder, puis elle était "allée dans la bagarre". Bien plus tard, un ami "black" de C______ – identifié comme étant V______ (pièce C-163) – l'avait abordé et lui avait demandé s'il détenait les téléphones portables des filles, qu'il lui avait

- 23/81 - P/14716/2020 finalement remis. Il s'agissait des seuls objets qu'il avait manipulés et eus en possession ce soir-là (pièces C-167 et C-168). Il a par la suite admis que A______ lui avait remis, en sus de deux téléphones, un paquet de cigarettes qu'il avait ouvert en fin de soirée et qui contenait un petit couteau suisse rouge. Sur les conseils d'une personne présente lors de l'ouverture dudit paquet et par crainte d'avoir des problèmes, il l'avait jeté dans le lac. Il n'était pas certain qu'il s'agissait du couteau qui avait servi à planter la victime, vu qu'il n'avait pas vu de traces de sang, étant relevé qu'il n'avait toutefois pas déplié sa lame (pièces C-702 et C-703). Il n'avait pas le souvenir d'avoir jeté le couteau dans l'herbe avant de le lancer dans l'eau ; cela n'aurait dans tous les cas pas de sens. Interrogé plus précisément sur les affaires que lui avait confié, selon lui, A______, il a expliqué que ça s'était passé lorsque cela avait commencé "à vraiment chauffer" mais avant les coups de couteau, qu'elle lui avait donné trois téléphones, appareils qu'il avait remis ultérieurement à une personne d'origine africaine, ainsi qu'un sac à main noir contenant un paquet de cigarettes. Il n'était plus certain de ce qu'il avait fait du sac mais il l'avait en tout cas gardé un moment durant la soirée. Il l'avait également confié à des amis de A______, environ dix minutes avant d'avoir vu la personne blessée au sol, soit lorsqu'il avait réellement compris qu'il y avait eu des coups de couteau. Lors de l'arrestation des prévenues, le sac en question était bien sur le banc, là où il l'avait laissé – à côté de ses amis – et il l'avait récupéré par la suite. Il s'était assis avec des filles et, souhaitant fumer, il s'était autorisé à fouiller dedans. En prenant le paquet de cigarettes, il avait constaté qu'il contenait quelque chose, l'avait retourné et un couteau suisse était tombé dans sa main. Vu les coups de couteau survenus deux heures auparavant, il avait paniqué, n'avait pas réfléchi et l'avait jeté au lac (pièces C-764 à C-771). Il a contesté avoir dit à T______ qu'avant de se faire arrêter par la police, C______ lui avait remis le couteau et à S______ que la précitée lui avait confié quelques jours avant les faits qu'elle avait toujours un couteau suisse sur elle, persistant à soutenir que c'était A______ qui lui avait remis les téléphones portables ainsi que le paquet de cigarettes et non C______, comme sous-entendu également par V______. Il n'avait pas non plus le souvenir d'avoir dit que c'était C______ qui avait "planté" l'homme et qu'il avait tout vu, mais il avait en revanche entendu dire que c'était clairement cette dernière qui l'avait poignardé (pièces C-765 et C-766). c.m. AF_____, amie de C______ depuis sept ans, a déclaré que celle-ci était une personne à fort caractère, authentique et franche, qui n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait. Dévastée à sa sortie de prison, elle avait pris en maturité et changé sa personnalité ainsi que ses fréquentations. Elle pouvait compter sur ses amis mais non sur sa famille (PV TCO p. 38). c.n. Selon AG_____, ancien collègue de A______, celle-ci était très sensible et gentille, outre le fait qu'elle avait un "super" contact avec les enfants et était une collègue très agréable et qui donnait entièrement satisfaction dans son travail. Il avait demandé à son équipe d'être muni d'un couteau suisse lors des sorties avec les élèves pour couper du bois ou piquer des saucisses. En cas d'une condamnation menant à une

- 24/81 - P/14716/2020 inscription au casier judiciaire, A______ serait privée d'exercer avec des mineurs (PV TCO p. 39). c.o. AH_____, mère de A______, a expliqué que l'enfance de celle-ci s'était bien passée jusqu'à la séparation d'avec son mari, période qui avait été difficile pour son enfant, âgée alors de 10 ans. Son parcours scolaire s'était bien déroulé, les examens d'entrée pour être formée comme assistante sociale éducative (ASE) avaient été un succès et, peu avant les événements, sa fille avait appris qu'elle pouvait entrer dans l'école, de laquelle elle avait été toutefois exclue en raison de ses absences suite à sa détention. Faute de pouvoir présenter un certificat de bonne vie et mœurs, elle n'avait par ailleurs pas pu débuter un apprentissage. Elle avait pu retravailler pour la AI_____ uniquement grâce à sa transparence sur les faits, étant relevé que la direction s'était réservé le droit de l'exclure en cas de condamnation. En raison des violents coups reçus et de l'impact de son incarcération sur sa formation, sa fille avait fait des cauchemars et des terreurs nocturnes. De manière générale, elle était tendre, remplie de compassion, joyeuse et drôle, ainsi que sincère, incapable de mentir (PV TCO p. 40 à 41). d. Déclarations des prévenues d.a.a.a. A______, qui portait un haut rouge le soir en question, a expliqué être arrivée au J______, aux alentours de 22h20-22h30, en compagnie de C______ et de I______ et s'être installée sur un banc en face de la fontaine, où elles avaient toutes bu de l'alcool fort, avant que d'autres garçons ne les rejoignent pour former un groupe de dix personnes au total (pièces B-18 à B-20). Bien qu'elle eût "assez bu", elle considérait que sa consommation d'alcool était normale pour un week-end, n'étant pas ivre au point de perdre la mémoire (pièce C-70). Le soir des faits, elle détenait dans son sac à main, qu'elle avait laissé sur le banc et qui avait disparu par la suite, un petit couteau-carte suisse rouge, dont la lame faisait quelques centimètres, qu'elle avait pour habitude de "flipper" pour se déstresser (pièce B-20). Le couteau suisse retrouvé à 80 mètres de l'altercation et dont la lame mesurait quatre centimètres, lui appartenait également mais elle ne l'avait pas sorti le soir des faits de son sac (pièce C-218), ni manipulé pour se "déstresser", comme elle pouvait parfois aussi le faire avec cet objet ; elle le gardait dans son sac à main au cas où elle avait besoin d'une lime à ongles, de couper une étiquette, d'un tournevis ou d'un cure-dents (pièces B-22 et C-69). Elle n'avait ainsi aucune explication quant au fait que ce couteau avait été retrouvé plus loin, persistant à soutenir, jusque par-devant le TCO, que son sac avait été volé (PV TCO p. 24). d.a.a.b. Elle a commencé par expliquer qu'elle parlait avec C______ lorsque trois garçons, dont celui qui avait été blessé – étant relevé qu'elle pensait lors de sa première audition qu'il s'agissait d'un seul homme, soit en l'occurrence H______ –, s'étaient adressés à elles, l'un d'eux l'ayant insultée de "salope" et ajouté que "toutes les filles [étaient] des salopes et des putes". L'homme avait en effet tenté

- 25/81 - P/14716/2020 de la draguer et s'était énervé quand elle lui avait dit ne pas être intéressée (pièce C-207). Plus précisément, elle avait fait le tour de la fontaine et avait vu à son retour C______ discuter avec les trois garçons. Elle s'était alors dirigée en sa direction. L'un des garçons l'avait traitée de "salope" et l'avait poussée, si bien qu'elle était allée remettre ses cigarettes ainsi que son téléphone dans son sac, posé sur le banc, et était revenue vers l'individu en lui disant qu'il ne devait pas lui parler comme cela (pièce C-6). Elle avait vu du verre par terre, précisant dans un premier temps ignorer qui en était à l'origine, avant de fluctuer à ce sujet (pièces B-21 à B-22 et C-6) pour finalement mettre en cause C______ (pièce C-67) et admettre que son amie avait bien cassé une bouteille car elle s'était pris la tête avec son copain au téléphone (PV TCO p. 25 et CPAR p. 10 et 11). Cela l'avait énervée, raison pour laquelle elle était partie faire le tour de la fontaine. À son retour, elle ne pouvait dire si C______ et les tiers discutaient "normalement" ou "s'ils s'apostrophaient" mais l'un d'eux l'avait en tout cas immédiatement traitée de "salope" (pièce C-67). d.a.a.c. Elle a expliqué à la police qu'un des hommes l'avait insultée et commencé à lui tirer les cheveux pour la mettre au sol, en lui assénant des coups de poing au visage et des coups de pied à la tête et sur le corps. Il l'avait frappée au visage avec ses pieds alors qu'elle était debout, puis, lorsqu'elle était à terre. Elle ne savait pas combien de coups elle avait reçu. C______ ainsi que d'autres personnes du groupe s'étaient interposées (pièce C-207). Alors qu'il l'avait laissée tranquille et qu'elle s'était dirigée vers son amie, qui pleurait sur le banc – selon ses déclarations à la police – ou qui gisait inconsciente au sol, avant qu'elle ne la réveille et l'installe sur le banc – selon ses déclarations aux médecins (pièce C-207) –, le garçon était revenu, l'avait saisie par les cheveux et lui avait à nouveau donné des coups de pied et de poing. Par la suite, un troisième homme – qu'elle n'avait pas vu auparavant et auquel elle n'avait pas parlé – s'était approché d'elle, avait relevé son t-shirt et lui avait montré sa plaie au bas ventre du côté gauche, tout en lui disant : "Regarde ce que tu m'as fait". Après cela, elle avait tenu en main le couteau-carte suisse rouge et fait entrer et sortir la lame – qu'elle n'enlevait jamais en entier de la carte – pour se déstresser, debout devant C______. Elle avait pris son couteau-carte en main une première fois avant l'altercation pour se "déstresser", puis une seconde fois pour se limer les ongles et la dernière fois, lorsqu'elle s'était "déstressée", après le début de l'échauffourée. L'homme blessé ainsi que son ami, lequel était revenu une troisième fois à la charge, l'avaient ensuite tirée en arrière par les cheveux et frappée à coups de poing et de pied, la mettant au sol à chaque fois qu'elle tentait de se relever. Elle était en sang et tout le monde leur disait d'arrêter. Elle avait senti que plusieurs personnes la frappaient mais n'avait pas vu leurs visages. Elle n'avait porté aucun coup et avait tenté de se protéger, alors qu'elle était maintenue au sol, en repoussant ses agresseurs. L'altercation avait duré une heure et cela avait été de la violence gratuite (pièces B-19 à B-24). Par-devant le MP, puis au TMC, elle est revenue légèrement sur la chronologie des faits et a ajouté d'autres éléments, en particulier en lien avec l'utilisation de son couteau-carte : tout d'abord, un second homme, ami du premier qui l'avait insultée puis

- 26/81 - P/14716/2020 poussée, "s'[était] mis dedans" et lui avait asséné un coup de poing au visage, la faisant chuter au sol. Il lui avait encore donné de forts coups de pieds au dos et à la tête qui lui avaient fait mal (pièces C-6). Des gens l'avaient entouré pour le calmer, si bien qu'elle s'était assise sur un banc pendant une dizaine de minutes. Elle a ensuite indiqué avoir manipulé à ce moment-là son couteau-carte pour se calmer mais a été fluctuante quant aux gestes effectués (entrer et sortir la lame – pièce C-6 ; uniquement un mouvement de "clic" – pièce C-67 ; manipulé l'objet de façon à avoir dans une main le couteau et dans l'autre la carte – pièce Y-857). Puis, deux hommes étaient venus vers elle par derrière, l'avaient frappée et prise par les cheveux alors qu'elle était assise, la faisant tomber sur le côté. Elle a expliqué qu'à cet instant, la carte était tombée au sol, si bien qu'elle tenait uniquement le couteau entre les mains, avant de revenir sur ses déclarations, disant avoir détenu toujours les deux parties du couteau, une dans chaque main (pièces C-7 à C-9). Dans tous les cas, le couteau-carte s'était ouvert pendant que les deux garçons s'en étaient pris physiquement à elle (pièces C-67 et Y-858). Elle avait essayé de se protéger le visage, alors qu'elle tenait le couteau en main, mais non de frapper l'un ou l'autre avec cet objet (pièce C-67) et ne pouvait dire si cela avait pu arriver par mégarde (pièces C-7 et Y-858). Au sol, ces deux hommes lui avaient donné des coups de pied et de poing dans la tête ainsi que dans le dos, puis l'un d'eux était parti et l'autre avait continué de la frapper en l'attrapant par les cheveux et en la tirant sur l'herbe, la rouant encore de coups. Elle avait réussi à s'en défaire et avait remis le couteau dans sa carte en se relevant, puis le tout dans son sac, tout en déclarant en parallèle que son sac avait disparu, précisant ultérieurement avoir en fait "jeté" le couteau-carte dans son sac, au moment où elle était parvenue à se relever, après avoir été traînée dans l'herbe. Elle avait ensuite vu C______ inconsciente au sol. À ce moment-là, le garçon blessé lui avait montré sa blessure sur son tronc, puis les deux hommes étaient revenus à la charge, la tirant par les cheveux pour la faire tomber par terre, alors qu'elle aidait son amie à se relever sur le banc. Elle a précisé dans un second temps que la personne qui l'avait tirée par les cheveux n'était en fait pas celle qui avait finalement été blessée. Elle avait entendu I______ crier aux deux hommes d'arrêter et seul l'un d'eux, soit celui qui n'était pas blessé, avait persisté à la frapper. Elle était finalement parvenue à retourner en direction du banc avant d'être interpellée (pièces C-7 à C-9). Lors d'une audience subséquente, elle a encore modifié l'ordre des dernières séquences et de l'implication de ses agresseurs : après avoir rangé son couteau-carte dans son sac, l'homme aux longs cheveux noirs l'avait saisie par la chevelure et traînée, ce qui l'avait fait tomber. Il l'avait à nouveau rouée de coups avant de la relâcher. Elle s'était relevée, avait fait le tour du banc et vu "Monsieur F______" (sic!) blessé, lequel lui avait dit : "Regarde ce que tu m'as fait". Elle n'avait pas compris ses accusations, n'ayant jamais vu son visage auparavant. C______ était à terre, inconsciente, si bien qu'elle l'avait réveillée et, en s'asseyant toutes deux sur le banc, elle avait constaté que son sac avait disparu. Le même homme aux longs cheveux noirs l'avait à nouveau saisie par les cheveux et "F______" (sic!) lui avait asséné un coup de poing au visage pendant que

- 27/81 - P/14716/2020 son ami avait continué de la rouer de coups jusqu'à l'arrivée des voitures de police (pièce C-67). Confrontée aux déclarations des plaignants, elle a précisé ne pas se rappeler d'un coup de couteau et n'avoir aucun souvenir d'en avoir asséné un à H______, la description donnée par ce dernier ne lui rappelant rien. Elle n'aurait dans tous les cas pas fait de mal volontairement à quelqu'un, qui plus est avec un couteau. H______ devait être l'un des deux qui étaient venus la frapper lorsqu'elle s'était assise sur le banc, car elle se souvenait de son visage, confirmant ce fait en appel, tout en ajoutant se souvenir également de l'un des frères K______/L______, soit celui qui avait un chignon et qui était grand en taille (PV CPAR p. 13). Dix minutes s'étaient écoulées entre le moment où H______ l'avait accusée de l'avoir "planté", ce à quoi elle avait répondu que son couteau était dans son sac, et celui où elle avait été mise au sol (pièces C-218 à C-220). Alors qu'elle avait été arrêtée, elle avait demandé à C______, laquelle était arrivée en pleurs pour dire aux policiers qu'elle n'avait rien fait, de retrouver la personne qui avait son sac. Elle a toutefois contesté lui avoir dit : "je crois que je l'ai tué" (PV CPAR p. 17). Elle n'avait pas le souvenir d'avoir fait du mal à quelqu'un, du moins pas volontairement, et excluait en tout cas avoir causé les blessures de F______ (pièces C-67 à C-68). En appel, elle lui a néanmoins présenté ses excuses pour tout ce qu'il avait vécu (PV CPAR p. 17). d.a.a.d. Par-devant le TCO, elle a expliqué avoir confondu lors de ses premières auditions les deux plaignants car, pour elle, il n'y avait eu qu'une seule personne blessée le soir en question, soit H______. Elle n'avait pas vu F______ durant l'altercation. Elle n'avait en outre ni participé à une rixe, n'ayant donné aucun coup et uniquement été frappée, ni asséné un coup de couteau à H______. Celui-ci était venu vers elle et avait commencé à l'insulter, puis elle avait été rouée de coups (PV TCO p. 23 à 32). Elle savait être tombée avec son couteau-carte mais l'avait jeté dans son sac pour ne blesser personne (pièce C-218), confirmant par la suite que le couteau, séparé de la carte, était bien resté dans sa main pendant qu'on la frappait car elle n'avait pas eu le temps de le lâcher. Elle n'avait pas pu faire de mal à ses agresseurs car c'était eux qui l'avaient attaquée et elle qui tentait de se protéger le visage. Elle ne savait plus si elle avait déposé son couteau ou lancé celui-ci dans le sac après avoir été relâchée (PV TCO p. 27). Elle ignorait tout de ce qu'il s'était passé du côté de C______, s'étant trouvée la plupart du temps à terre ; celle-ci pouvait s'énerver très vite comme rester calme (pièce C-68). Elle a toutefois précisé par-devant les premiers juges qu'initialement, son amie et les hommes se disputaient, en s'insultant et en se poussant, et qu'elle-même s'était mêlée à l'altercation lorsque les garçons avaient bousculé et tapé C______. Les déclarations de cette dernière étaient ainsi mensongères. Elle n'était intervenue que dans un second temps et uniquement pour la défendre (PV TCO p. 23 à 26), en allant "la prendre avec [elle] pour l'enlever de ce groupe", mais avait ensuite été insultée et frappée, recevant un coup de poing à la tête, ce qui l'avait fait tomber, version qu'elle a maintenue en

- 28/81 - P/14716/2020 appel. Comme elle avait agi de la sorte, les garçons avaient dû penser qu'elle était avec C______, laquelle s'était évanouie, avant qu'elle-même ne reçoive de multiples coups. C'était cette dernière qui avait porté les coups de couteau à F______ mais elle ne l'avait pas vue faire (PV CPAR p. 10 à 13). d.a.a.e. Confrontée aux divers témoignages, A______ a déclaré que le couteau décrit par AA_____ (cf. supra let. B.I.i.c.a.) appartenait à C______, laquelle sortait souvent avec cet objet, qu'elle-même avait déjà vu. Il était gris métallisé avec "comme des clous" dessus. Elle avait un "trou noir" concernant la première altercation décrite par ce même témoin, soit celle impliquant un des trois garçons qui les avaient rejoints initialement (pièces C-517 à C-518). Elle avait le souvenir d'avoir remis à R______ son téléphone ainsi que celui de C______, mais non son sac, lequel avait été laissé sur le banc ouvert, et retrouvé par la police avec ses affaires ainsi que son couteau. Lorsqu'elle avait été arrêtée, R______ n'avait pas son sac dans la main. Bien qu'elle fumât à l'époque des cigarettes de marque AE_____ rouge (pièce C-766), elle a persisté à soutenir en audience de jugement, puis en appel, n'avoir pas remis un tel paquet contenant un couteau suisse rouge à R______ (PV TCO p. 28 et CPAR p. 11), auquel elle ne se souvenait pas non plus avoir remis deux téléphones, quand bien même elle a confirmé les avoir donnés à un tiers. Elle n'avait que deux couteaux le soir des faits et ne savait pas si le couteau suisse dans le paquet de cigarettes de marque AE_____ appartenait à C______. Celle-ci possédait en tout cas un couteau gris métallisé qui se pliait ainsi que d'autres mais elle ignorait si, le soir des faits, son amie en portait un sur elle (PV TCO p. 26 à 29). Elle ne se souvenait en tout cas pas avoir vu le couteau avec les clous dans la main de son amie le soir des faits (PV CPAR p. 10). Elle n'avait pas non plus d'explication à donner quant aux déclarations de S______ (cf. supra let. B.I.i.c.l.b.) sur le fait qu'un tiers lui avait dit que C______ et elle avaient "planté" deux "gars" (PV TCO p. 24). K______ l'avait pointée dans la foule comme étant l'auteure des coups de couteau, car il avait sûrement voulu se dédouaner vu qu'il faisait partie des personnes qui l'avaient passée à tabac (PV TCO p. 24). d.a.b. Par-devant le TCO, A______ a produit un courriel que sa mère a adressé à son conseil le 12 juillet 2023, attestant notamment que sa fille n'allait pas bien en raison du fait qu'elle était accusée d'actes qu'elle n'avait pas commis, ce qui l'avait conduite à quatre reprises aux urgences, deux fois en raison d'un tentamen. d.b.a.a. C______ a déclaré avoir rejoint I______ et A______, qu'elle considérait à l'époque comme sa petite sœur (PV TCO p. 7), au J______ vers 22h00 et s'être assise avec elles sur un banc autour de la fontaine, où elles étaient restées toute la nuit, ellemême ayant bu trois ou quatre verres d'alcool fort. Au cours de la soirée, plusieurs autres connaissances les avaient rejointes pour former un groupe d'une quinzaine de personnes environ (pièces B-35 et B-36).

- 29/81 - P/14716/2020 Elle a initialement soutenu avoir entendu le bruit d'une poubelle tomber par terre ainsi que des cris et vu deux garçons, qu'elle ne connaissait pas, se disputer, précisant par la suite qu'un groupe de garçons était venu l'embêter et qu'une rixe, dans laquelle elle avait été impliquée, avait éclaté, sans se souvenir toutefois avec précision des événements (pièce C-197). I______ était allée aux toilettes avant que ça ne "parte en vrille" et elle ne l'avait plus revue depuis. Aucune d'elles ne s'était battue ; elle n'avait été témoin d'aucun échange de coups (pièce C-5), ni n'avait cassé de bouteille (pièces B-36 à B-41) et n'avait pas non plus vu l'homme qui avait été blessé, soit F______ (pièce C-5), faits sur lesquels elle est revenue, admettant au fur et à mesure de ses auditions divers éléments. Pour ce qui était du déroulement de l'altercation même, elle a en effet initialement expliqué que A______ lui avait demandé de surveiller leurs sacs à main, posés sur le banc, alors qu'elle-même était au téléphone, puis entendu celle-ci crier "arrêtez, arrêtez !", quelques minutes plus tard, pour séparer deux hommes qui se poussaient. Beaucoup de gens s'étaient "mis autour d'eux" lorsqu'un homme, qu'elle ne connaissait pas, l'avait tirée en arrière, puis tenue par les épaules pendant deux minutes, à cinq mètres de distance, alors qu'elle se débattait, en vain (pièce C-4), pour tenter de rejoindre son amie. Entre-temps, une trentaine de personnes étaient arrivées sur le lieu de la bagarre (pièce B-36). La dernière fois qu'elle avait aperçu A______, celle-ci était debout, les bras écartés, entre les deux personnes qui voulaient se battre, tentant de les séparer (pièce C-4). Selon elle, "le problème" avait eu lieu pendant qu'elle était inconsciente (pièce C-10). Quelques minutes plus tard, un ami de A______ l'avait informée de son arrestation. L'individu qui la maintenait et faisait très certainement partie du groupe des trois garçons (pièce Y-108), l'avait alors relâchée (pièce B-36). d.b.a.b. Après avoir signalé par écrit au procureur n'avoir pas tout dit (cf. infra let. B.I.i.d.b.b.), elle a modifié sa version au motif qu'elle "n'avait pas cru à toute cette histoire" et avait craint pour son amie (pièce C-70). A______ avait bien fait tomber une bouteille au sol, celle-ci lui ayant très certainement glissé des mains, ce qui lui avait valu une remarque d'un garçon. Son amie avait alors répondu : "On n'est pas chez ta mère, on fait ce qu'on veut", avant que des insultes de la part du groupe des garçons ne fusent ("salopes" et "sales putes"). Elle-même s'était énervée et les avait traités de "bande de merdeux", avant de s'approcher et de pousser l'un d'eux avec ses deux mains au niveau de la poitrine, reconnaissant par la suite qu'il s'agissait de F______ (pièce C-68 et PV TCO p. 9), pour finir par le frapper à l'épaule de manière "assez" violente, avec ses mains mais non avec un couteau. Ce dernier avait reculé de deux ou trois pas sans chuter. Elle avait essayé de le faire tomber en tentant de lui asséner un coup de pied. A______ s'était interposée et "engueulée" avec l'ami de F______. Celle-ci avait également frappé l'un des garçons – qu'elle a identifié comme étant F______ en audience – d'un coup de poing au niveau des côtes, à droite. I______ avait aussi essayé de s'interposer. À ce moment-là, un homme l'avait saisie par les épaules et mise à l'écart sur un banc. Alors qu'elle pleurait, elle avait encore entendu

- 30/81 - P/14716/2020 des cris mais, comme il y avait beaucoup de monde, elle n'avait été témoin de rien d'autre. Elle n'avait ainsi pas vu A______ être "tabassée", ni vu celle-ci asséner un coup de couteau (pièces C-63 à C-68). Elle s'excusait pour le cas où elle avait causé du tort à F______ ou à l'un de ses amis mais ignorait qui avait causé les blessures en cause (pièces C-66 et C-68). Elle avait vu H______ assis sur l'un des bancs avant les faits mais non durant ceux-ci (pièce C-219), ce qu'elle a confirmé en première instance (PV TCO p. 11). Par-devant le TCO, elle a admis avoir participé à une rixe mais contestait toute tentative de meurtre. F______ était effectivement venu les "engueuler" pour des bouteilles cassées – que A______ avait brisées lorsqu'elle-même avait voulu lui en donner une –, mais elle réfutait la version des plaignants pour ce qui était de la suite des faits. En appel, elle a précisé être allée au contact de F______ car "nous" avions cassé une bouteille et "on" avait commencé à s'insulter (PV CPAR p. 6). Elle s'en était prise à ce plaignant verbalement ainsi que physiquement, mais uniquement avec les mains, lorsque tous se confrontaient. Elle l'avait poussé avec ses deux mains vers la poitrine (mimant un geste d'avancer les deux mains en avant), soit sur le haut du corps (buste et épaules), admettant avoir entamé le premier acte physique de l'altercation, avant de tenter de lui porter un coup de pied, puis d'être tirée en arrière par un tiers, puis éloignée de la foule (PV TCO p. 6 à 16). F______ l'avait identifiée elle, et non A______, car elle se trouvait en face de lui, alors que son amie était derrière elle et avait passé sur son côté droit pour atteindre le plaignant. Elle n'avait pas vu de frappe mais avait senti que A______ tentait de passer devant elle et de porter un coup. À ce moment-là, elles affrontaient les deux F______. A______ l'avait mise en cause pour se dédouaner, car c'était elle qui avait asséné les coups de couteau, vu qu'elles étaient les deux seules faces au groupe de garçons. Elle a maintenu en appel n'avoir pas vu l'autre prévenue porter des coups de couteau au plaignant, raison pour laquelle elle ne pouvait la mettre pleinement en cause, mais persistait à penser qu'elle l'avait fait (PV CPAR p. 5 et 6). A______ n'était aucunement venue en second lieu pour la défendre, vu qu'il n'y avait pas lieu d'intervenir, parce qu'elle avait été propulsée en arrière (PV TCO p. 9 à 16). Elle ne détenait pas de couteau le soir des faits et n'avait donc pas pu donner de coup avec un tel objet. Elle avait en effet perdu son couteau suisse un mois à deux semaines avant les faits. Elle avait l'habitude de le garder sur elle afin de se défendre lorsqu'elle rentrait seule la nuit, vu les "embrouilles" en ville (pièces C-68 et Y-109). Elle ne détenait aucun couteau en métal correspondant à la description faite par A______ (cf. supra let. B.I.i.d.a.a.e.) ; le sien était noir avec une croix suisse dorée, le couteau retrouvé par la police à 80 mètres de l'altercation ne lui disant rien. Elle s'était certes montrée violente et avait déversé sa haine mais n'avait aucunement poignardé un inconnu (PV TCO p. 7 et 44). Elle était parfois impulsive, pouvant s'énerver

- 31/81 - P/14716/2020 rapidement et hausser le ton, mais trouvait injuste de payer à la place des autres uniquement en raison de son fort caractère (PV CPAR p. 5). d.b.a.c. Confrontée aux divers témoignages, C______ a déclaré ne pas comprendre comment AB_____ avait pu l'apercevoir dès lors qu'elle-même ne l'avait pas vu de toute la soirée. "AJ_____" lui avait rapporté que ce dernier avait demandé

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