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Bundesverwaltungsgericht 16.02.2012 E-907/2010

16 février 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,165 mots·~11 min·3

Résumé

Asile et renvoi | Asile et renvoi

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­907/2010 Arrêt   d u   1 6   février   2012 Composition François Badoud (président du collège),  Gérald Bovier, Kurt Gysi, juges, Chrystel Tornare Villanueva, greffière. Parties A._______, née le (…), alias  A._______, née le (…),  Côte d'Ivoire, (…), recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 15 janvier 2010 /  N (…).

E­907/2010 Page 2 Faits : A.  Le  7  septembre  2009,  A._______  a  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre d'enregistrement et de procédure de (…). B.  Entendue  sommairement  au  dit  centre  le  14  septembre  2009  et  plus  particulièrement sur ses motifs d'asile  lors de  l'audition du 12 novembre  2009,  elle  a  déclaré  être  de  nationalité  ivoirienne,  d'ethnie  "(...)"  et  être  mineure.  Elle  a  donné  comme  date  de  naissance  le  (…).  Elle  serait  originaire de  (...),  ville située à environ  (…) kilomètres d'Abidjan, où elle  aurait vécu avec sa famille jusqu'en 2005. En  2005,  un  groupe  de  rebelles  auraient  pris  le  contrôle  de  la  ville  et  l'auraient  enlevée  ainsi  que  neuf  autres  jeunes  filles.  Elles  seraient  devenues les "esclaves sexuelles" des rebelles. Après quelque temps, le  chef des rebelles aurait pris l'intéressée pour épouse. Celle­ci aurait vécu  avec  le  groupe  durant  plusieurs  années  et  aurait  été  contrainte  de  les  suivre dans leurs déplacements. En  2009,  le  chef  des  rebelles  aurait  décidé  de  fuir  la  Côte  d'Ivoire  et  aurait  proposé  à  l'intéressée  de  l'emmener.  Ils  auraient  embarqué  ensemble  à  bord  d'un  bateau  à  destination  de  l'Italie,  où  ils  auraient  séjourné  quelques  semaines,  avant  que  l'intéressée  ne  rejoigne  la  Suisse, le 30 août 2009, toute seule. Le  6  septembre  2009,  A._______  a  été  interpellée  et  interrogée  par  la  police  du  canton  de  (...)  alors  qu'elle  séjournait  illégalement  sur  le  territoire suisse.  Lors  de  l'audition  du  14  septembre  2009,  elle  a  été  interrogée  sur  sa  prétendue minorité. L'ODM, estimant que celle­ci n'avait pas été  rendue  vraisemblable,  a  informé  l'intéressée  qu'elle  serait  considérée  comme  majeure pour la suite de la procédure.  Le  9  décembre  2009,  l'intéressée  a  été  soumise  à  une  analyse  dite  Lingua.  Au  vu  des  connaissances  du  pays  et  des  connaissances  linguistiques  de  l'intéressée,  l'expert  a  conclu  qu'elle  avait,  sans  aucun  doute, été socialisée en Côte d'Ivoire. 

E­907/2010 Page 3 La  requérante n'a  remis aucun document d'identité aux autorités. Elle a  déclaré,  selon  une  version,  n'avoir  jamais  possédé  de  passeport  ni  de  carte d'identité ou, selon une autre version, avoir donné ses documents à  la personne qui l'avait aidée à venir en Suisse. C.  Par  décision  du  15  janvier  2010,  l'ODM a  rejeté  la  demande  d'asile  de  l'intéressée, a prononcé son  renvoi de Suisse et ordonné  l'exécution de  cette mesure.  Il  a  tout  d'abord  constaté  que  l'identité  de  la  requérante  n'avait  pas  été  établie et que celle­ci n'avait pas été en mesure de rendre vraisemblable  sa  minorité.  Par  conséquent,  il  a  considéré  l'intéressée  comme  étant  majeure et a modifié sa date de naissance en conséquence. Par  ailleurs,  il  a  estimé  que  les  déclarations  de  la  requérante  ne  satisfaisaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  énoncées  à  l'art.  7  LAsi. Il a relevé que le récit de la requérante était dépourvu de tout indice  ou  sentiment  permettant  de  conclure  qu'il  s'agissait  d'une  situation  réellement vécue. Il a souligné que l'intéressée n'avait pu donner aucune  information  précise  et  circonstanciée  quant  au  groupe  de  rebelles  qui  l'auraient enlevée ou quant à son vécu de plusieurs années auprès d'eux. L'ODM  a  également  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était  licite,  raisonnablement  exigible  et  possible.  Il  a  relevé  que  l'intéressée  était  originaire de (…), ville située à quelques kilomètres d'Abidjan, une région  qui ne connaissait pas une situation de violence généralisée. Il a encore  précisé  qu'il  était  hautement  probable  que  l'intéressée,  qui  n'avait  pas  rendu vraisemblable avoir été kidnappée par des rebelles, disposait d'un  réseau familial, voire des relations à même de lui apporter un soutien et  une possibilité d'hébergement en cas de retour.  D.  Par  recours  interjeté,  le  15  février  2010,  l'intéressée  a  conclu  à  l'annulation de la décision entreprise, à la reconnaissance de la qualité de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  ainsi  que,  subsidiairement,  à  l'admission  provisoire. Elle  a  également  requis  le  bénéfice  de  l'assistance  judiciaire  partielle.  Elle  a  rappelé,  en  substance,  les  motifs  qui  l'avait  amenée  à  quitter  son  pays  et  a  soutenu  que  son  jeune  âge,  ses  capacités  intellectuelles  ainsi  que  son  état  moral  et  psychique  pouvaient  justifier  certaines  inconsistances  relevées  par  l'ODM  dans  la  décision  du 

E­907/2010 Page 4 15 janvier 2010. Elle a précisé que les rebelles qui l'avaient kidnappée se  trouvaient actuellement au pouvoir et qu'elle craignait de rentrer au pays. S'agissant  de  son  âge,  elle  a  maintenu  être  mineure  et  a  reproché  à  l'ODM  de  ne  s'être  fondé  sur  aucune  analyse  scientifique  pour  la  considérer  comme  majeure.  Elle  a  fait  valoir  que  le  fait  que  l'ODM  ait  admis la véracité de ses déclarations concernant notamment son origine,  sur  la  base  de  l'analyse  Lingua,  devait  également  conduire  à  admettre  l'âge qu'elle avait allégué. Elle a ainsi demandé que sa date de naissance  soit rectifiée.  Elle  a  indiqué  qu'elle  présentait  des  troubles  psychiques  avec,  comme  symptômes,  des  troubles  du  sommeil,  un manque  d'appétit,  des  crises  d'angoisse  ainsi  que  des  idées  suicidaires  et  qu'elle  suivait  des  traitements médicaux. Elle a précisé qu'elle n'avait aucun réseau familial  ou  social  qui  pourrait  la  soutenir  en  cas  de  retour  et  qu'elle  ne  savait  même  pas  si  les membres  de  sa  famille  étaient  encore  vivants.  Elle  a  soutenu  qu'elle  n'avait  pas  une  bonne  formation,  ni  une  expérience  professionnelle qui lui permettrait de trouver du travail à son retour.  E.  Par  ordonnance du 26  février  2010,  le Tribunal  a  invité  la  recourante à  produire un certificat médical, dans un délai de  trente  jours. Celle­ci n'a  donné aucune suite à cette requête. F.  Dans sa détermination du 16 avril 2010,  l'ODM, estimant que  le recours  ne  contenait  aucun élément  ou moyen de  preuve  nouveau,  a maintenu  ses considérants et proposé son rejet. S'agissant des problèmes de santé  invoqués par l'intéressée, il a relevé qu'il existait à Abidjan des structures  médicales adaptées pour prendre en charge  les personnes souffrant de  troubles psychiques.  Il a encore souligné qu'il ne  ressortait aucunement  du dossier que  l'intéressée dût  impérativement poursuivre un  traitement  médical en Suisse sous peine de mettre sa vie en danger. G.  Par  courrier  du  20  avril  2010,  l'intéressée  a  indiqué  qu'elle  avait  remis  l'ordonnance du Tribunal du 26 février 2010 à son médecin traitant et que  celui­ci devait se charger de produire un  rapport médical. Elle a précisé  qu'elle avait également été envoyée chez un autre médecin. Elle a enfin  requis une prolongation de délai pour produire un certificat médical pour 

E­907/2010 Page 5 le cas où son médecin n'aurait pas encore fait parvenir ce document au  Tribunal. H.  Par  ordonnance  du  21  avril  2010,  le  Tribunal  a  rejeté  la  demande  de  prolongation  de  délai  de  la  recourante,  précisant  qu'avant  la  prise  de  décision,  les  moyens  de  preuve  déposés  tardivement  seraient  pris  en  considération s'ils paraissaient décisifs, conformément à l'art. 32 al. 2 PA. I.  A l'occasion d'un nouvel échange d'écritures ordonné au vu de l'évolution  de  la  situation  en  Côte  d'Ivoire  depuis  sa  décision  du  15  janvier  2010,  l'ODM  a  déposé  une  détermination  le  30  décembre  2011.  Cet  office  a  confirmé ses considérants précédents et proposé le rejet du recours. Il a  estimé  qu'après  la  période  de  vives  tensions  et  de  violences,  consécutives  aux  élections  présidentielles  de  la  fin  novembre  2010,  la  situation dans le pays s'était normalisée, suite à l'investiture du président  Alasanne  Ouattara,  le  21  mai  2011  et  aux  élections  législatives  du  11 décembre 2011 qui avaient marqué la suprématie du parti au pouvoir.  Il a relevé que la sécurité, notamment à Abidjan, s'était améliorée et que  la plupart des personnes déplacées étaient retournées vivre en ville. Il a  ainsi constaté que la région d'Abidjan ne connaissait pas actuellement de  violence  généralisée  équivalant  à  une  mise  en  danger  concrète  de  la  population au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr et que le renvoi dans cette ville  demeurait  raisonnablement  exigible.  Il  a  estimé  que,  dans  le  cas  d'espèce, il n'existait pas de motifs individuels susceptibles de s'opposer  à cette mesure, soulignant que  l'intéressée, originaire d'une ville proche  d'Abidjan,  disposait  d'un  réseau  social  (eu égard à  son  travail  avant  de  quitter le pays) et familial qui lui permettrait de surmonter, le cas échéant,  les éventuelles difficultés liées à son retour au pays. J.  Invitée  à  répondre  à  la  détermination  de  l'ODM,  l'intéressée  n'a  donné  aucune suite à l'ordonnance du Tribunal du 9 janvier 2012, à ce jour. K.  Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire,  dans les considérants en droit ci­dessous.

E­907/2010 Page 6 Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. L'intéressée a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans  le délai prescrits par  la  loi,  le  recours est  recevable  (art. 48 et 52 PA et  108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi).

E­907/2010 Page 7 3.  A  titre  préliminaire,  le  Tribunal  relève  que  la  question  de  la minorité  de  l'intéressée n'est plus d'actualité, étant donné que la recourante est, selon  la  date  de  naissance  qu'elle  a  elle­même  donnée,  devenue  majeure,  le (...).  Dès lors, s'agissant de l'exécution du renvoi, il y a lieu de la traiter comme  telle. 4.  4.1. En l’occurrence, l'intéressée n'a pas démontré à satisfaction de droit  que  les exigences  légales requises pour  la reconnaissance de  la qualité  de  réfugié et  l'octroi  de  l'asile étaient  remplies. Son  recours ne contient  sur ce point ni arguments ni moyens de preuve susceptibles de remettre  en cause le bien­fondé de la décision querellée. 4.2. D'entrée de cause, il y a lieu de relever que la recourante a déclaré  avoir  quitté  la  Côte  d'Ivoire  pour  se  rendre  en  Italie,  où  elle  aurait  séjourné durant un mois. Elle a indiqué être entrée en Suisse, le 30 août  2009  et  avoir  habité  quelques  jours  chez  une  dame  rencontrée  à  son  arrivée en Suisse. Elle n'a déposé une demande d'asile que le lendemain  de son interpellation par la police (…), le 7 septembre 2009, soit huit jours  après son arrivée en Suisse. Or, si  l'intéressée se sentait  réellement en  danger, elle n'aurait pas manqué de demander protection à  la première  occasion  venue,  en  l'occurrence  à  son  arrivée  en  Italie,  et  au  moins  aussitôt entrée en Suisse, ce qu'elle n'a pas fait. 4.3. Cela précisé, la recourante a déclaré avoir été enlevée en 2005 par  un  groupe  de  rebelles  qui  l'ont  traitée  comme  une  esclave  pendant  plusieurs années. Elle aurait quitté son pays car le chef des rebelles, qui  aurait décidé de s'enfuir, lui aurait proposé de l'emmener avec lui. Force  est  toutefois  de  constater  que  la  recourante  n'a  pas  établi  la  crédibilité des événements qu'elle a  rapportés et sur  lesquels elle  fonde  sa demande d'asile. En effet, les motifs allégués ne constituent que de simples affirmations de  sa part et ne sont étayés par aucun commencement de preuve. De plus,  le  récit  de  l'intéressée  est  stéréotypé,  imprécis  et  manque  considérablement  de  substance  de  sorte  qu'il  ne  satisfait  pas  aux  conditions de vraisemblance de l'art. 7 LAsi. 

E­907/2010 Page 8 Ainsi,  ses déclarations  concernant notamment  les  circonstances de son  enlèvement  par  les  rebelles  ainsi  que  la  description  des  quatre  années  durant  lesquelles  elle  aurait  vécu  avec  eux  sont  vagues  et  dépourvues  des  détails  significatifs  d'une  expérience  vécue.  A  titre  d'exemples,  elle  ignore  le nom ou  les buts du groupe de  rebelles qui  l'aurait  séquestrée  (cf. p­v d'audition du 14 septembre 2009 p. 5) ainsi que  le nom de  leur  chef  avec  qui  elle  aurait  pourtant  été  intime  durant  toutes  ces  années  (cf. p­v  d'audition  du  14  septembre  2009  p.  6  et  p­v  d'audition  du  12 novembre  2009  p.  5).  Elle  ne  sait  rien  des  endroits  où  elle  aurait  séjourné durant sa captivité (cf. p­v d'audition du 12 novembre 2009 p. 6).  Elle est par ailleurs incapable de donner la moindre précision concernant  les neuf autres filles qui auraient été séquestrées avec elle, en particulier  elle ne connaît le nom d'aucune d'entre elles ni même leur origine (cf. p­v  d'audition du 12 novembre 2009 p. 4 et p. 9). Les explications données  dans  son  recours,  à  savoir  que  son  jeune  âge,  ses  capacités  intellectuelles ou son état psychique, pouvaient justifier l'indigence de son  récit, ne sauraient convaincre, dans  la mesure notamment où elle a été  tout à fait capable de fournir des réponses précises et consistantes quand  elle  a  été  interrogée  à  l'occasion  de  l'analyse  dite  Lingua.  En  conséquence,  les  imprécisions  relevées,  qui  portent  sur  des  éléments  importants  de  sa  demande  d'asile,  autorisent  à  penser  qu'elle  n'a  pas  vécu les événements tels qu'invoqués à l'appui de sa demande. A cela s'ajoute que  la description de son voyage  jusqu'en Suisse relève  du  stéréotype,  l'intéressée  étant  au  surplus  incapable  de  fournir  des  précisions sur la date et le lieu de son départ, sur les éventuelles escales  ou sur l'endroit exact où elle aurait débarqué puis séjourné en Italie (cf. p­ v d'audition du 14 septembre 2009 p. 7 et p­v d'audition du 12 novembre  2009 p. 5). Il n'est en outre pas convaincant qu'elle ait été en mesure de  rejoindre  la Suisse, dans  les circonstances décrites, sans bourse délier,  le  chef  des  rebelles  ayant  financé  son  voyage  (cf.  p­v  d'audition  du  12  novembre  2009  p.  9),  sans  disposer  de  documents  de  voyage  ou  d'identité  et  sans  avoir  subi  aucun  contrôle  aux  frontières.  De  plus,  les  propos de  l'intéressée divergent s'agissant de ses documents d'identité.  En  effet,  lors  de  l'audition  devant  la  police  (…),  elle  a  déclaré  que  ses  papiers lui avaient été retirés, à son départ d'Afrique, par la personne qui  l'avait aidée à rejoindre la Suisse (cf. p­v d'audition du 6 septembre 2009  p. 2), alors que devant  l'ODM, elle a affirmé qu'elle n'avait  jamais eu de  tels documents (cf. p­v d'audition du 14 septembre 2009 p. 4). Dans ces  conditions, le Tribunal est en droit de conclure que l'intéressée cherche à  cacher  les causes et  les circonstances exactes de son départ ainsi que 

E­907/2010 Page 9 les  conditions  de  son  voyage  à  destination  de  l'Europe,  soit  autant  de  motifs  qui  permettent  de  douter  de  la  vraisemblance  des  faits  qu'elle  rapporte. 4.4.  En  conclusion,  la  recourante  n'a  pas  démontré  avec  le  degré  de  vraisemblance requis qu'au moment de son départ du pays, elle revêtait  la qualité de réfugié et rien ne permet d'admettre actuellement l'existence  chez elle d'une crainte objectivement  fondée de préjudices déterminants  au sens de l'art. 3 LAsi en cas de retour en Côte d'Ivoire. 4.5. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit  être rejeté. 5.  5.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 6.  6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art.  44  al.  2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005 (LEtr,  RS 142.20). 6.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art.  83  al.  3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 

E­907/2010 Page 10 liberté  serait  menacée  pour  l’un  des  motifs  mentionnés  à  l’art.  3  al.  1  LAsi, ou encore d’où elle  risquerait d’être astreinte à se  rendre dans un  tel pays (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à  la  torture ni à des  peines ou  traitements  inhumains ou dégradants  (art. 3 de  la convention  du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés  fondamentales [CEDH, RS 0.101]). 6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.  7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par l’art. 3 CEDH ou encore l’art. 3 de la convention du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil  fédéral  à  l’appui  d’un  arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d’asile  [APA], du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 7.2. En l'espèce,  l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de  non­refoulement de l’art. 5 LAsi. Comme exposé plus haut (cf. consid. 4),  la recourante n'a pas rendu vraisemblable qu’en cas de retour dans son  pays  d’origine,  elle  serait  exposée  à  de  sérieux  préjudices  au  sens  de  l’art. 3 LAsi. 7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d’espèce.

E­907/2010 Page 11 7.4. Si l’interdiction de la torture, des peines et traitements inhumains (ou  dégradants)  s’applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art.  3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art.  3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait  visée  personnellement  –  et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux  –  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question (JICRA 1996 n° 18 consid. 14b let. ee p. 186s). 7.5.  En  l’occurrence,  rien  n'indique  que  l'exécution  du  renvoi  en  Côte  d'Ivoire  exposerait  l'intéressée  à  un  risque  concret  et  sérieux  de  traitements  de  cette  nature.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  de  la  recourante sous forme de refoulement ne transgresse aucun engagement  de la Suisse relevant du droit  international, de sorte qu’elle s’avère  licite  (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al. 3 LEtr). 8.  8.1. Selon l’art. 83 al. 4 LEtr,  l’exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l’expulsion de l’étranger dans son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s’applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent  pas  les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu’ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu’elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont  besoin.  L’autorité  à  qui  incombe  la  décision  doit  donc  dans  chaque  cas confronter  les aspects humanitaires  liés à  la situation dans  laquelle  se  trouverait  l’étranger  concerné  dans  son  pays  après  l’exécution  du 

E­907/2010 Page 12 renvoi à  l’intérêt public militant en  faveur de son éloignement de Suisse  (Arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  [ATAF]  2009/52  consid.  10.1,  ATAF 2008/34 consid. 11.2.2 et ATAF 2007/10 consid. 5.1). 8.2. Certes,  la  Côte  d'Ivoire  a  connu  durant  les  mois  qui  ont  suivi  les  élections  présidentielles  d'octobre­novembre  2010  de  sérieux  troubles  ponctués  pendant  quelques  semaines  par  de  graves  violences.  Le  11  avril 2011, les forces loyalistes d'Alassane Ouattara, président élu, grâce  à  l'appui décisif des militaires de  la Force  républicaine de Côte d'Ivoire,  (FRCI),  provenant  du  nord  du  pays,  ont  défait  les  partisans  de  l'ancien  président,  Laurent  Gbagbo,  qui  a  été  arrêté.  Après  divers  gestes  d'apaisement du nouveau président Alassane Ouattara,  la situation s'est  progressivement normalisée sur la plus grande partie du territoire ivoirien  et  notamment  à  Abidjan.  Il  a  fallu  cependant  encore  déplorer  une  importante criminalité (p. ex. extorsion de fonds lors de barrages routiers,  actes  de  racket,  cambriolages,  vols  de  voitures  etc.),  émanant  en  particulier de militaires des nouvelles forces armées ivoiriennes (dont des  membres de  la FRCI  refusant de  regagner  leur  région d'origine  frappée  par  la  pauvreté),  ainsi  que  de  miliciens  et  de  particuliers  qui  en  sont  proches.  Suite  aux  efforts  déployés  par  le  président  Ouattara  et  son  gouvernement,  des  progrès  lents,  mais  encourageants  sont  toutefois  perceptibles dans ce domaine et  la sécurité, notamment à Abidjan, s'est  améliorée  (parmi  les  diverses  sources  consultées,  voir  à  ce  propos  l'analyse  de  la  Fondation  Konrad­Adenauer,  "Côte  d'Ivoire ­  Der  lange  Weg aus der Krise", 16 août 2011, p. 2 in fine, ainsi que le rapport no 176  de  l'International  Crisis  Group,  "Une  période  critique  pour  stabiliser  la  Côte  d'Ivoire",  Dakar/Bruxelles,  1er août  2011,  pt. II A,  p. 4 s. ;  cf. également  l'article  de  "Jeune  Afrique"  du  13 septembre  2011  intitulé  "Côte  d'Ivoire :  Ouattara,  cent  jours  après" ;  cf.  également  ATAF  E­4492/2009 du 30 septembre 2011 consid. 8.2). Le 29 novembre 2011,  Laurent Gbagbo a  été  transféré  au Tribunal  International  de  la Haye et  les élections du 11 décembre 2011, qui ont confirmé le pouvoir en place,  se  sont déroulées  sans heurts  (cf. ATAF D­1714/2009 du 22 décembre  2011 consid. 7.4.2). Actuellement,  la  Côte  d'Ivoire  ne  connaît  donc  pas  une  situation  de  guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son  territoire qui permettrait de présumer, à propos de tous les requérants qui  en proviennent, et indépendamment des circonstances de chaque cause,  l'existence d'une mise en danger concrète au regard de la jurisprudence  susmentionnée (cf. consid. 8.1 supra).

E­907/2010 Page 13 8.3. En  outre,  il  ne  ressort  du  dossier  aucun  élément  dont  on  pourrait  inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète de  la  recourante. A cet égard,  le Tribunal  relève qu'elle est en  âge et à même de trouver les moyens nécessaires à sa réinstallation. En  effet,  elle  est  jeune  et  au  bénéfice  d'une  formation  scolaire  ainsi  que  d'une  expérience  professionnelle.  Ainsi,  même  en  tenant  compte  de  la  situation  socio­économique  tendue  qui  prévaut  en  Côte  d'Ivoire,  elle  devrait être en mesure de trouver et d'exercer, au moins à moyen terme,  un  emploi  lui  permettant  de  subvenir  à  ses  besoins  essentiels.  Par  ailleurs,  eu  égard  à  l'invraisemblance  manifeste  de  ses  motifs  d'asile  (cf. consid.  4  ci­dessus),  le  Tribunal  considère  qu'elle  n'a  pas,  contrairement à ce qu'elle prétend, quitté le domicile familial, situé dans la  région d'Abidjan, déjà en 2005, dans les circonstances qu'elle a décrites.  Quant à ses allégations sur  l'absence de proches en Côte d'Ivoire, elles  ne  sont  nullement  convaincantes  dans  le  contexte  social  et  familial  ivoirien,  l'intéressée  n'ayant  en  outre  produit  aucun  moyen  de  preuve  étayant  ses  propos  à  ce  sujet.  Au  vu  du manque  de  collaboration  dont  elle  a  fait  preuve  durant  sa  procédure  d'asile  et  de  l'invraisemblance  manifeste  de  ses  motifs,  il  y  a  lieu  d'admettre  que  l'intéressée  pourra  compter  sur  l'aide  d'un  réseau  familial  et  social  lors  de  son  retour  au  pays. Cela  dit,  bien  que  l'intéressée  ait  allégué  souffrir  de  problèmes  psychiques,  celle­ci  n'a  produit  aucun  document  médical  permettant  d'attester ses dires, alors qu'elle avait pourtant été invitée à le faire par le  Tribunal. Partant, l'intéressée n'a pas établi qu'elle souffrait de problèmes  de  santé  particuliers  pour  lesquels  elle  ne  pourrait  pas  être  soignée  en  Côte d'Ivoire et qui seraient susceptibles de rendre son renvoi inexigible.  Dans  ces  conditions,  il  y  a  tout  lieu  de  penser  que  l'intéressée  pourra  mener  une  existence  conforme  à  la  dignité  humaine  en  cas  de  réinstallation,  malgré  les  difficultés  qu'elle  pourra  rencontrer  dans  un  premier temps. 8.4.  Enfin,  le  Tribunal  rappelle  que  les  motifs  résultant  de  difficultés  consécutives  à  une  crise  socio­économique  (pauvreté,  conditions  d'existence  précaires,  difficultés  à  trouver  un  emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir)  ou  à  la  désorganisation,  la  destruction  des  infrastructures  ou  des  problèmes  analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut être confronté,  ne  sont  pas  en  tant  que  tels  déterminants  en  la  matière  (cf.  ATAF 

E­907/2010 Page 14 2009/52  consid.  10.1  p. 757 ;  cf.  également  JICRA  2005  n° 24  consid.  10.1 p. 215, JICRA n° 24 consid. 5e p. 159). Au  besoin,  la  recourante  a  la  possibilité  de  présenter  à  l'ODM  une  demande  d'aide  au  retour  au  sens  des  art.  93  LAsi  et  73ss  de  l'ordonnance 2 du 11 août 1999 sur l'asile relative au financement (AO 2,  RS 142.312), en vue notamment de faciliter sa réinstallation. 8.5. En définitive, et après pesée de tous les éléments du cas d'espèce,  l'exécution du renvoi s'avère raisonnablement exigible. 9.  Enfin,  la  recourante  est  en  possession  de  documents  suffisants  pour  rentrer dans son pays ou, à tout le moins, est en mesure d’entreprendre  toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  son  pays  d’origine en vue de l’obtention de documents de voyage lui permettant de  quitter  la  Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des  obstacles  insurmontables  d’ordre  technique  et  s’avère  également  possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515). 10.  10.1. Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions légales. 10.2. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi  et son exécution, doit être également rejeté. 11.  Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  aurait  lieu  de  mettre  les  frais  de  procédure à  la charge de  la  recourante, conformément aux art. 63 al. 1  PA et 2 et 3  let. b du règlement du 21 février 2008 concernant  les frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2).  Toutefois,  l'intéressée  ayant  déposé  une  demande  d'assistance  judiciaire  partielle,  il  convient  de  l'admettre  dès  lors  qu'elle  doit  être  considérée  comme  indigente  et  qu'au  moment  du  dépôt  du  recours, ses conclusions n'étaient pas d'emblée vouées à l'échec (art. 65  al. 1 PA). En conséquence, il est statué sans frais.

E­907/2010 Page 15 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est admise. 3.  Il n'est pas perçu de frais. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : La greffière : François Badoud Chrystel Tornare Villanueva Expédition :

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