Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 25.10.2011 E-5429/2011

25 octobre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·672 mots·~3 min·2

Résumé

Asile et renvoi | Révision ; arrêt du Tribunal administratif fédéral du 11 juillet 2011 / E-247/2010.

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­5429/2011 Arrêt   d u   2 5   octobre   2011 Composition Jean­Pierre Monnet (président du collège),  Gérald Bovier, Kurt Gysi, juges, Isabelle Fournier, greffière. Parties A._______, né le (…), son épouse B._______, née le (…), et leurs enfants  C._______, née le (…),  D._______, né le (…), Arménie,   tous représentés par Elisa ­ Asile, Assistance juridique  aux requérants d'asile, (…) demandeurs, contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure. Objet Révision ; arrêt du Tribunal administratif fédéral du  11 juillet 2011 / E­247/2010.

E­5429/2011 Page 2 Vu la décision de l'ODM, du 14 décembre 2009, rejetant la demande d'asile  des demandeurs, du 23 octobre 2009, prononçant  leur renvoi de Suisse  et ordonnant l'exécution de cette mesure, l'arrêt du Tribunal administratif fédéral (ci­après: le Tribunal), du 11 juillet  2011, rejetant le recours déposé le 13 janvier 2010 contre cette décision, l’acte  du  29  septembre  2011,  par  lequel  les  demandeurs  ont  requis  la  révision de l’arrêt du 11 juillet 2011, la décision  incidente du 7 octobre 2011,  suspendant à  titre provisionnel  l'exécution du renvoi des demandeurs, le courrier des demandeurs, du 13 octobre 2011, et  le rapport médical y  annexé, et considérant  que  la procédure devant  le Tribunal administratif  fédéral est  régie par  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021),  pour  autant  que  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32)  n’en  dispose  pas  autrement  (cf. art. 37 LTAF), que les dispositions de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF,  RS 173.110) régissant la révision, et en particulier les art. 121 à 123 LTF  qui  en  prévoient  les motifs,  s’appliquent  par  analogie  à  la  révision  des  arrêts du Tribunal (cf. art. 45 LTAF), que la révision d’un arrêt du Tribunal peut être demandée, en particulier,  lorsque  le  requérant  découvre  après  coup  des  faits  pertinents  ou  des  moyens  de  preuve  concluants  qu’il  n’avait  pas  pu  invoquer  dans  la  procédure  précédente,  à  l’exclusion  des  faits  ou  moyens  de  preuve  postérieurs à l’arrêt (cf. art. 123 al. 2 let. a LTF),

E­5429/2011 Page 3 qu'en l'occurrence les demandeurs avaient allégué, comme motif de leur  demande  d'asile,  leur  crainte  des  agissements  de  E._______  ancien  employeur  de  A._______,  qui  aurait  accusé  ce  dernier  d'avoir  utilisé  à  son profit des  fonds qu'il  lui avait  remis pour acheter des voix en  faveur  de  Levon  Ter  Petrosyan  à  l'approche  des  élections  présidentielles  de  février 2008 en Arménie, qu'ils  font  valoir,  dans  leur  demande  de  révision,  que  la  mère  de  A._______, F._______, a été agressée en octobre 2009 par des hommes  de  E._______  à  la  recherche  de  son  fils,  lesquels  l'ont  frappée  et  ont  tenté de la violer, que celle­ci a pu se réfugier en Géorgie, qu'eux­mêmes  ont  appris  en  février  2011  seulement  ce  qui  lui  était  arrivé  et  lui  ont  conseillé  de  les  rejoindre  en  Suisse,  où  elle  a  déposé  une  demande  d'asile le 1er mars 2011,  qu'ils allèguent que la mère de A._______ souffre de troubles de la santé  suite aux violences subies et produisent un  rapport médical établi  le 11  juillet 2011 concernant cette dernière, qu'ils  arguent  que  les  procès­verbaux  des  auditions  de  la  mère  de  A._______,  ainsi  que  le  rapport  médical  produit,  confirment  les  allégations faites à l'appui de leur propre demande d'asile, qu'ils demandent ainsi au Tribunal de revenir sur l'examen de leurs motifs  d'asile, qu'ils  font  par  ailleurs  valoir  que  leur  fille C._______  souffre,  elle  aussi,  des  conséquences  des  violences  subies  par  toute  leur  famille  en  Arménie, qu'ils  produisent  un  rapport  établi,  le  23  septembre  2011,  par  des  spécialistes qui suivent l'enfant depuis mars 2011 en raison de difficultés  d'apprentissage scolaire, que  les  demandeurs  font  ainsi  valoir  des  faits  antérieurs  à  l'arrêt  du  Tribunal, du 11 juillet 2011, à savoir l'agression subie par leur mère ainsi  que les difficultés de développement de leur fille, qu'ils se prévalent à  titre de moyens de preuve des procès­verbaux des  auditions de  la mère de A._______ sur ses motifs d'asile, ainsi que des  rapports médicaux produits, concernant  l'état de santé de cette dernière  et les difficultés de leur fille,  

E­5429/2011 Page 4 que  les  demandeurs  n'ont  pas  établi  que  ces  "faits  nouveaux"  ont  été  découverts après coup et qu'ils ont été dans l'impossibilité de les alléguer  dans le cadre de la procédure ordinaire, dès lors qu'ils disent avoir appris  en  février  2011  que  la  mère  de  A._______  avait  quitté  l'Arménie,  que  celle­ci a déposé le 1er mars 2011 une demande d'asile et qu'il ressort de  son dossier qu'elle a été entendue par l'ODM en mai 2011, qu'en outre, les faits allégués et moyens de preuve produits ne sont pas  pertinents, que les déclarations de la mère de A._______ sont de pures allégations  de sa part, qui ne sont étayées d'aucun moyen de preuve, qu'elles  sont  au  demeurant  sur  certains  points  en  contradiction  avec  celles de son fils, qu'enfin  l'ODM a, par décision du 5 septembre 2011,  rejeté  la demande  d'asile de la mère de A._______ au motif que les faits allégués n'avaient  pas été rendus vraisemblables et que, par arrêt de ce jour,  le Tribunal a  rejeté  le  recours déposé contre cette décision  (E­5428/2011),  en ce qui  concerne  le  refus de reconnaissance de  la qualité de  réfugiée et  l'octroi  de l'asile, que le rapport médical produit n'établit en aucun cas que les troubles de  santé de la mère de A._______ seraient dus aux faits allégués, que ce rapport pose, certes, entre autres,  le diagnostic de syndrome de  stress  post­traumatique  (PTSD),  sans  référence  toutefois  à  une  classification scientifique reconnue des troubles mentaux et des troubles  du comportement,  qu'un  rapport  médical  relatif  à  des  troubles  psychiques  peut  éventuellement constituer la preuve d'un traumatisme, mais non celle des  causes de celui­ci, qu'en  outre  le  rapport  produit  ne  contient  aucune  observation médicale  étayant l'hypothèse que le trouble psychique invoqué soit en rapport avec  les faits allégués par l'intéressée à l'appui de sa demande d'asile, que,  s'agissant  des  troubles  dont  souffre  leur  fille  C._______,  les  demandeurs  n'ont  pas  non  plus  établi  qu'ils  auraient  été  dans  l'impossibilité de les faire valoir dans le cadre de la procédure ordinaire,

E­5429/2011 Page 5 que  peut  rester  indécise  la  question  de  savoir  si  un  moyen  de  preuve  postérieur à un arrêt sur recours permet de demander la révision de celui­ ci, nonobstant la lettre de l'art. 123 al. 2 let. a LTF, qu'en  tout  état  de  cause  le  rapport  du  23  septembre  2011  concernant  C._______ n'est pas apte à justifier la révision de l'arrêt entrepris, que,  selon  le  rapport,  l'enfant  qui  était  plutôt  introvertie  et  avait  des  difficultés  scolaires,  s'est  vue  indiquer  un  suivi  logopédique dans  lequel  elle s'est bien investie, qu'elle a réalisé de nets progrès lui permettant de renforcer son estime et  sa confiance en elle, que  l'idée  de  devoir  quitter  son  environnement  actuel  provoque  d'importants affects de tristesse et de peur, qu'au vu de ce qui précède, force est de constater qu'aucune observation  d'ordre  scientifique  dans  ce  rapport  ne  conforte  la  véracité  des  faits  allégués par les demandeurs comme motifs de leur demande d'asile, que ce rapport n'établit pas non plus que l'enfant souffrirait de troubles de  santé à ce point graves qu'ils constitueraient un obstacle à son renvoi en  Arménie, au sens de l'art. 83 al. 4 loi fédérale du 16 décembre 2005 sur  les étrangers (LEtr, RS 142.20), même en prenant compte, dans la pesée  des intérêts à opérer en conformité avec la Convention du 20 novembre  1989  relative  aux  droits  de  l'enfant  (RS  0.107),  l'intérêt  de  cet  enfant  comme une considération primordiale, qu'il appartiendra à  l'entourage de  l'enfant, que ce soit sa thérapeute ou  sa famille, de la préparer à assumer les difficultés d'un départ de Suisse, que, par courrier du 13 octobre 2011, les demandeurs ont encore déposé  en cause un  "certificat médical", non signé, daté du 12 octobre 2011 et  concernant  A._______,  aux  termes  duquel  ce  dernier  présente  des  troubles  psychiatriques  pouvant  mettre  sa  vie  en  danger,  et  est  suivi  depuis le 23 août 2011, que  les  demandeurs  n'ont  aucunement  invoqué,  dans  le  cadre  de  la  procédure  ordinaire,  les  troubles  psychiatriques  dont  souffrirait  A._______,

E­5429/2011 Page 6 qu'ils  ne  font  valoir  aucune  argumentation  substantielle,  comme  il  leur  appartiendrait  de  le  faire  s'agissant  d'une  procédure  extraordinaire,  démontrant qu'ils entendraient par ce courrier invoquer un nouveau motif  de révision, au sens des art. 121ss LTF précités,  que,  partant,  ce  nouveau  moyen  est  irrecevable  dans  le  cadre  de  la  présente  cause  (cf.  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en matière  d’asile  [JICRA]  2002  n° 13  consid.  4b  p.  112s ;  ALFRED  KÖLZ/ISABELLE  HÄNER,  Verwaltungsverfahren  und  Verwaltungsrechtspflege des Bundes, 2e éd., Zurich 1998, p. 262s), que  les demandeurs n'allèguent pas non plus, de manière substantielle,  que  les  troubles présentés par  l'intéressé  selon ce  rapport  représentent  un changement notable des circonstances, postérieur à l'arrêt du 11 juillet  2011, qu'en  conséquence  il  n'y  a  pas  lieu  de  transmettre  ce  courrier  à  l'ODM  comme constituant une demande de réexamen objet de sa compétence,  qu'au  vu  de  ce  qui  précède  la  demande  de  révision  du  29  septembre  2011 doit être rejetée, dans la mesure où elle est recevable,  que,  la demande de  révision apparaissant  d'emblée  vouée à  l'échec,  la  requête  d'assistance  judiciaire  partielle  dont  elle  est  assortie  doit  être  rejetée,  l'une  au moins  des  conditions  cumulatives  de  l'art.  65  al.  1 PA  n'étant pas remplies, que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge  des  demandeurs  (cf.  art.  63  al.  1  PA  et  art.  2  et  3  let.  a  du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), (dispositif page suivante)  

E­5429/2011 Page 7 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  La  demande  de  révision  est  rejetée,  dans  la  mesure  où  elle  est  recevable. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée. 3.  Les frais de procédure d’un montant de Fr. 1200.­, sont mis à  la charge  des demandeurs. Ce montant doit être versé sur  le compte du Tribunal  dans les 30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  demandeurs,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : La greffière : Jean­Pierre Monnet Isabelle Fournier Expédition :

E-5429/2011 — Bundesverwaltungsgericht 25.10.2011 E-5429/2011 — Swissrulings