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Bundesverwaltungsgericht 03.08.2011 E-138/2011

3 août 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,354 mots·~12 min·3

Résumé

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 10 décembre 2010

Texte intégral

Bundesverwaltungsgericht Tribunal   administratif   fédéral Tribunale   a mm inistrativo   federale Tribunal   administrativ   federal Cour V E­138/2011 Arrêt   d u   3   a oû t   2011 Composition Emilia Antonioni (présidente du collège),  Jean­Pierre Monnet, Maurice Brodard, juges, Céline Longchamp, greffière. Parties A._______, né le (…), nationalité indéterminée, recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ;  décision de l'ODM du 10 décembre 2010 / N (…).

E­138/2011 Page 2 Faits : A.  A.a  Le  7  janvier  2009,  A._______  a  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de (…).  A.b La consultation de l'unité centrale du système européen EURODAC a  révélé que l'intéressé avait déposé une demande d'asile en B._______ le  10 juillet 2008. A.c Entendu au CEP  le 13  janvier 2009,  le  requérant a déclaré être un  ressortissant  érythréen,  d'origine  tigrinya,  de mère  éthiopienne,  et  avoir  vécu  au  Soudan  de  (année)  à  (année).  Il  y  aurait  possédé  une  carte  d'étudiant puis une carte de travail lorsqu'il aurait exercé la profession de  (…).  En  (année),  l'intéressé  aurait  décidé  de  rentrer  en  Erythrée  après  avoir appris le décès de son père. N'ayant pas de document d'identité, il  aurait été appréhendé lors de son passage à la frontière et aurait été mis  en  détention  jusqu'en  (année).  A  sa  libération,  il  aurait  été  expulsé  au  Soudan. Il y aurait été frappé à plusieurs reprises par des membres des  autorités  soudanaises,  cherchant  où  son  employeur  se  trouvait.  Las  de  cette  situation,  l'intéressé  aurait  quitté  ce  pays  au  mois  d'avril  2008  et  rejoint  C._______.  Il  aurait  ensuite  gagné  l'Europe  en  bateau.  Le  requérant a reconnu avoir déposé en juillet 2008 une demande d'asile à  D._______,  alors  qu'il  se  préparait  à  rejoindre E._______.  Environ  cinq  mois  plus  tard,  il  aurait  reçu  une  réponse  négative  des  autorités  B._______. A.d  L'intéressé  n'a  déposé  aucun  document  d'identité  ni  de  voyage,  disant n'avoir jamais possédé ni carte d'identité ni passeport. A.e Les autorités de ce pays ayant donné leur accord, le 22 juin 2009, à  la réadmission de l'intéressé sur territoire français, l'ODM, se fondant sur  l'art. 34 al. 2 let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile (LAsi, RS 142.31),  n'est  pas entré  en matière  sur  cette  demande d'asile  par  décision du 3  septembre  2009.  L'office  fédéral  a  également  prononcé  le  transfert  de  l'intéressé en France. A.f  Par  arrêt  du  14  décembre  2009  (E­7462/2009),  le  Tribunal  administratif fédéral (ci­après : le Tribunal) a rejeté le recours formé le 1er  décembre  2009  contre  cette  décision,  confirmant  la  compétence  de  B._______ pour  le  traitement de  la demande d'asile déposée en Suisse  et  rejetant  les  arguments  de  l'intéressé  relatifs  à  la  précarité  de  sa 

E­138/2011 Page 3 situation  en  B._______  et  à  la  tardiveté  du  dépôt  de  la  demande  de  reprise en charge. B.  B.a Dans sa demande de reconsidération du 4 mars 2010,  l'intéressé a  fait valoir que le délai pour sa reprise en charge par B._______, soit le 22  décembre 2009, était échu de sorte qu'il ne pouvait plus y être renvoyé, la  Suisse  étant  ainsi  compétente  pour  traiter  sa  demande  d'asile.  Il  a  également  invoqué  avoir  trouvé  un  emploi  et  être  autonome  financièrement, démontrant ainsi de grandes facultés d'intégration. B.b  Par  décision  du  7  avril  2010,  l'ODM  a  rejeté  cette  demande  de  réexamen, constatant que le délai pour la reprise en charge de l'intéressé  par la France avait pu être "prolongé" au 14 juin 2010 et qu'une durée de  séjour  de  quinze mois  en  Suisse  n'était  pas  suffisante  pour  conclure  à  l'inexigibilité de l'exécution de son transfert. B.c L'intéressé  a  été  signalé  comme  ayant  disparu  à  partir  du  31  août  2010. C.  C.a Le 2 septembre 2010, A._______ a déposé une deuxième demande  d'asile au CEP de (…) basée sur les mêmes motifs. C.b Entendu audit centre le 7 septembre 2010 puis sur ses motifs d'asile  les  23  septembre  et  4  octobre  2010,  l'intéressé  a  déclaré  s'être  rendu  illégalement  en  F._______,  le  2  ou  le  3  juin  2010,  accompagné  d'un  passeur.  Il  y  aurait  déposé  une  demande  d'asile,  laquelle  aurait  définitivement été rejetée. Il aurait été transféré par avion en Suisse le 30  août 2010. C.c  Le  requérant  a  précisé  avoir  quitté  l'Erythrée  à  l'âge  de  deux  ans  avec  ses  deux  parents  ou  sa mère  (selon  les  versions)  à  cause  de  la  guerre.  Il  n'aurait  plus  aucune  nouvelle  de  sa  mère,  de  nationalité  éthiopienne,  depuis  1997  date  à  laquelle  celle­ci  serait  rentrée  en  Ethiopie  ou  suite  au  décès  de  cette  dernière  à  la  fin  de  l'année  1998  (selon  les  versions).  Scolarisé  au  Soudan,  l'intéressé  y  aurait  travaillé  comme (…). Ayant appris la mort de son père en Erythrée, il aurait tenté  de retourner dans son pays d'origine en (année). Il aurait été arrêté à la  frontière suite à la vérification de son identité et de son séjour au Soudan.  Mis en détention à G._______,  il y aurait été  interrogé quotidiennement. 

E­138/2011 Page 4 Deux  ou  trois  mois  plus  tard,  il  aurait  été  transféré  à  la  prison  de  H._______  (province de  I._______). Au mois d'avril  (année),  il  se serait  enfui avec un codétenu qui connaissait bien  les  lieux alors qu'ils étaient  en  train  d'effectuer  des  travaux  extérieurs.  Cinq  à  six  jours  plus  tard,  l'intéressé  aurait  rejoint  le  Soudan.  Il  aurait  vécu  à  J._______  jusqu'au  mois de (mois, année).  Il aurait décidé de quitter ce pays parce que  les  autorités  soudanaises  l'accusaient  d'avoir  aidé  son  employeur  à  rentrer  en Erythrée. C.d  L'intéressé  n'a  déposé  aucun  document  d'identité  ni  de  voyage,  disant  avoir  laissé  au  Soudan  sa  carte  d'identité  érythréenne  obtenue  dans  ce  pays  en  (année).  Il  a  produit  une  copie  d'un  certificat médical  délivré par les autorités F._______, indiquant qu'il n'a pas la tuberculose,  ainsi qu'une copie du  laissez­passer et du plan de vol ayant permis son  retour en Suisse. D.  Une  éventuelle  analyse  de  provenance  (LINGUA)  s'est  révélée  impossible au vu du fait que l'intéressé a déclaré n'avoir vécu en Erythrée  que durant les deux ans de sa détention. E.  Par décision du 10 décembre 2010, l'ODM a rejeté la demande d'asile du  requérant,  au  motif  que  ses  allégations,  insuffisamment  fondées,  ne  remplissaient pas les conditions de vraisemblance posées à l'art. 7 LAsi.  L'office fédéral a également retenu que l'identité de l'intéressé n'était pas  établie,  de  sorte  qu'il  devait  être  considéré  comme  de  provenance  inconnue.  Il  a  enfin  prononcé  le  renvoi  de  Suisse  de  l'intéressé  et  a  ordonné l'exécution de cette mesure dans un des pays d'Afrique de l'Est  dès lors qu'il s'agissait d'un requérant dissimulant sa véritable nationalité. F.  Dans  son  recours  interjeté  le  10  janvier  2011  auprès  du  Tribunal,  l'intéressé  a  conclu,  principalement,  à  l'annulation  de  la  décision  entreprise et à la reconnaissance de la qualité de réfugié, subsidiairement  au  renvoi  de  la  cause  à  l'ODM  pour  instruction  complémentaire.  Il  a  également  demandé  à  être  exempté  du  paiement  d'une  avance  en  garantie  des  frais  de  la  procédure  de  recours.  Il  a  repris  les  grandes  lignes  de  son  récit  et  argué  de  la  vraisemblance  de  ses  déclarations,  rappelant  qu'une  pondération  de  l'ensemble  des  éléments  devait  être  effectuée.  Il  a  soutenu  que  l'ODM  n'avait  pas  procédé  à  un  examen  complet de ses motifs d'asile et des empêchements à l'exécution de son 

E­138/2011 Page 5 renvoi. Il a en particulier invoqué que l'ODM n'avait pas abordé son vécu  au Soudan,  que  l'état  de  fait  était  incomplet  et,  partant,  qu'il  nécessitait  des  mesures  d'instruction  complémentaires  (comme  une  nouvelle  audition  ou  une  analyse  LINGUA).  Il  a  précisé  qu'en  tant  que  ressortissant  érythréen,  il  avait  une  crainte  objectivement  et  subjectivement  fondée  de  sérieux  préjudices  en  cas  de  retour  forcé  en  Erythrée, par le seul fait de posséder cette nationalité. G.  Par décision incidente du 14 janvier 2011, le juge instructeur du Tribunal  a  accusé  réception  du  recours  et  confirmé  que  l'intéressé  pouvait  attendre  en  Suisse  l'issue  de  sa  procédure  d'asile.  Il  lui  a  également  imparti un délai pour payer une avance en garantie des frais présumés de  la procédure, dans la mesure où il ressortait du dossier qu'il avait travaillé  en Suisse. H.  Par courrier du 24 janvier 2011, le recourant a indiqué qu'il n'avait plus de  revenu  depuis  le  mois  de  février  2010.  Il  a  produit  une  attestation  d'indigence  ainsi  qu'une  nouvelle  copie  du  laissez­passer  remis  par  les  autorités F._______ et de son certificat de travail suisse. I.  Par décision incidente du 2 février 2011, le juge instructeur du Tribunal a  dispensé  le  recourant  de  l'avance  des  frais  présumés  de  la  procédure,  annulant ainsi les chiffres 3 et 4 du dispositif de sa décision incidente du  14 janvier 2011. J.  Invité  à  se  prononcer,  l'ODM  a  proposé  le  rejet  du  recours,  dans  sa  détermination du 23 mars 2011. Il a précisé qu'aucun élément concret au  dossier ne permettait de retenir la nationalité érythréenne alléguée au vu  de  l'absence  de  tout  document  d'identité  ou  de  voyage  ainsi  que  des  réponses  lacunaires  formulées  par  l'intéressé  sur  l'Erythrée.  L'office  fédéral a également mis en évidence le fait que la nouvelle version de la  loi  sur  la  nationalité  éthiopienne  reconnaît  la  nationalité  éthiopienne  à  toutes les personnes qui ont au moins un parent éthiopien et que la mère  du recourant est éthiopienne. K.  Dans  sa  réplique  du  1er  avril  2011,  le  recourant  a  affirmé  que  son  certificat de naissance et des attestations scolaires se trouvaient auprès 

E­138/2011 Page 6 de la police de l'aéroport de K._______ depuis le (date). Il a répété avoir  laissé  sa  carte  d'identité  érythréenne  au  Soudan  chez  une  personne  aujourd'hui  disparue  et  a  produit  une  lettre  qui  semble  être  rédigée  en  tigrinya. L.  Par ordonnance du 27  juin 2011,  le  juge  instructeur du Tribunal a  invité  l'intéressé à traduire le document manuscrit déposé. M.  Le 5 juillet 2011, l'intéressé a fait parvenir au Tribunal, une traduction de  ladite lettre dans laquelle il affirme parler couramment et écrire le tigrinya,  langue  officielle  de  l'Erythrée.  Il  y  mentionne  également  les  données  personnelles de ses parents, son lieu d'origine et sa date de naissance. N.  Les  autres  faits  de  la  cause  seront  évoqués,  si  nécessaire,  dans  les  considérants en droit. Droit : 1.  1.1. Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de  l'art. 5 de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à  l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant  l’asile  peuvent  être  contestées,  par  renvoi  de  l’art.  105  LAsi,  devant  le  Tribunal,  lequel statue alors définitivement, en l'absence d'une demande  d'extradition déposée par  l'Etat dont  le  requérant cherche à se protéger  (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF,  RS 173.110]). Tel est le cas en l'espèce. 1.2. Le  recourant  a qualité pour  recourir. Présenté dans  la  forme et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  le  recours  est  recevable  (art. 48  et  52  PA  et  108 al. 1 LAsi). 2.  A  titre  liminaire,  le  Tribunal  se  doit  d'examiner  les  griefs  de  nature  formelle  avancés  par  le  recourant.  Celui­ci  a  invoqué  l'établissement 

E­138/2011 Page 7 inexact ou incomplet de l'état de faits et une violation de son droit d'être  entendu. 2.1.  Il  convient,  à  cet  égard,  de  rappeler  que  la  procédure  en  matière  d'établissement des faits marie deux principes opposés. Selon la maxime  d'office,  l'autorité définit  les  faits pertinents dans  la mesure où  l'exige  la  correcte  application  de  la  loi  (cf. ATF 116 V 26  consid.  3c  et  3d)  et  ne  tient pour existants que ceux qui sont dûment prouvés. Selon la maxime  des  débats,  ce  sont  les  parties  qui  apportent  faits  et  preuves.  La  procédure administrative fait prévaloir  la maxime d'office (cf. art. 12 PA).  Cependant, les parties, et particulièrement dans le domaine de l'asile, ont  le devoir de collaborer à l'instruction de la cause (cf art. 8 LAsi), ce qui les  oblige  à  apporter,  dans  la  mesure  où  cela  peut  raisonnablement  être  exigé d'elles, les preuves commandées par la nature du litige et des faits  invoqués,  faute  de  quoi  elles  risquent  de  devoir  supporter  les  conséquences de  l'absence de preuves (cf. ATF 135  II 161 consid. 3 p.  165­166, ATF 117 V 261, ATF 110 V 109 consid. 3b p. 112­113, ATF 110  V 48 consid. 4, ATF 110 V 199 consid. 2b). L'autorité doit donc prendre  toutes les mesures propres à établir les faits pertinents avec le concours  de  l'intéressé,  qui  a  par  conséquent  l'obligation  d'apporter  toute  preuve  utile ou, à tout le moins, tout élément de preuve permettant de fonder ses  allégations (cf. PIERRE MOOR / ETIENNE POLTIER, Droit administratif, vol. II,  3e éd., Berne 2011, p. 292ss). 2.2. Quant au droit  d'être entendu  (art.  30 al.  1 PA),  il  sied de  rappeler  qu'inscrit à l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst.;  RS  101),  il  comprend  le  droit  de  s'exprimer,  le  droit  de  consulter  le  dossier,  le  droit  de  faire  administrer  des  preuves  et  de  participer  à  l'administration de celles­ci,  le droit  d'obtenir  une décision motivée et  le  droit de se faire représenter ou assister (cf. ANDRÉ GRISEL, Traité de droit  administratif,  Neuchâtel  1984,  vol.  I  et  II,  p.  380ss  et  840ss).  Il  est  consacré, en procédure administrative  fédérale, par  les art.  26 à 28 PA  (droit  de consulter  les pièces),  les art.  29 à 33 PA  (droit  d'être entendu  stricto sensu) et  l'art. 35 PA  (droit d'obtenir une décision motivée). L'art.  30 al. 1 PA prévoit en particulier que l'autorité entend les parties avant de  prendre une décision. C'est  le droit  pour  le  justiciable de s'exprimer sur  les  éléments  pertinents  avant  qu'une décision  ne  soit  prise  touchant  sa  situation  juridique, soit  le droit d'exposer ses arguments de droit, de  fait  ou  d'opportunité,  de  répondre  aux  objections  de  l'autorité  et  de  se  déterminer sur les autres éléments du dossier (cf. ATF 132 II 485 consid.  3;  126  I  7  consid.  2b,  124  II  132  consid.  2b  et  jurisprudence  citée;  Jurisprudence  des  autorités  administratives  de  la Confédération  [JAAC] 

E­138/2011 Page 8 63.66  consid.  2,  61.50  consid.  4.2.1;  Semaine  Judiciaire,  SJ  23/1998  consid. 2 p. 366s., 25/1998 consid. 3a p. 406, 28/1996 consid. 4a p. 483;  ANDRÉ  GRISEL,  op.  cit.,  vol.  I,  p. 380s.;  FRITZ  GYGI,  Bundesverwaltungsrechtspflege,  2e  éd.,  Berne  1983,  p.  69).  Le  droit  d'être  entendu  ne  confère  pas  un  droit  de  s'exprimer  oralement  devant  l'organe de décision (cf. ATF 125 I 209 consid. 9b et jurisprudence citée;  JAAC 56.5 consid. 1).  2.3. A  l'examen du dossier de  la cause,  le Tribunal constate que  l'ODM  n'a aucunement violé le droit d'être entendu du recourant et que l'état de  fait  a été établi  à  satisfaction. En effet,  tant  l'audition sommaire que  les  deux auditions sur les motifs d'asile des 23 septembre et 4 octobre 2010  doivent  être  considérées,  sur  la  base  des  procès­verbaux,  comme  détaillées  et  complètes.  Contrairement  à  ce  qu'il  a  invoqué  dans  son  mémoire  de  recours,  l'intéressé  a  bien  été  entendu  sur  son  séjour  au  Soudan. En outre, l'intéressé avait, durant toute la procédure ordinaire, le  temps  d'entreprendre  des  démarches  en  vue  de  se  procurer  des  documents d'identité et de faire parvenir  tout moyen de preuve utile afin  de  démontrer  la  véracité  de  ses  déclarations,  en  particulier  en  ce  qui  concerne  sa  nationalité.  Cela  étant,  le  Tribunal  relève  que  la  maxime  d'office  régissant  la  procédure  d'asile  ne  correspond  pas  à  un  droit  du  requérant  à  ce  que  l'autorité  fasse  elle­même  des  démarches  pour  obtenir des éventuels moyens de preuve, lorsque le récit apparaît comme  étant manifestement dénué de vraisemblance (cf. ATF 125 V 193 consid.  2; Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en  matière d'asile [JICRA] 1993 n° 7 consid. 3d). Or, dans le cas d'espèce,  l'intéressé n'a déposé aucun document d'identité ni de voyage et a  tenu  des propos contradictoires à ce sujet,  ce qui permet de conclure qu'il  a  sciemment dissimulé des informations relatives à son identité (cf. consid.  4.2  et  4.3  ci­dessous).  Il  ressort,  de plus,  des éléments  du dossier  que  l'ODM a tenté de procéder à une analyse LINGUA, laquelle s'est révélée  impossible au vu des déclarations de l'intéressé. S'il faut admettre que le  récit  présenté  comporte  encore  des  zones  d'ombre,  le  Tribunal  ne  voit  pas  quelles  mesures  d'instruction  complémentaires  seraient  possibles  afin  de  les  éclairer,  l'intéressé  n'ayant  manifestement  pas  rempli  son  devoir de collaboration. S'agissant de  l'exécution du  renvoi,  il  suffisait  à  l'ODM,  dans  ces  conditions,  d'analyser,  dans  la  mesure  de  ses  possibilités,  d'ailleurs  restreintes  vu  le  défaut  de  collaboration  de  l'intéressé,  d'examiner  l'existence d'éventuels  obstacles à  cette mesure,  ce qu'il a fait. 

E­138/2011 Page 9 2.4. Partant,  le  grief  de  constatation  incomplète  des  faits  s'avère mal  fondé  et  doit  être  rejeté,  la  requête  tendant  à  un  complément  de  l'instruction  devant  ainsi  être  écartée.  Il  en  est  de même  du  grief  de  violation du droit d'être entendu, dès lors qu'il se confond avec celui de  constatation incomplète des faits. La décision attaquée peut, dès lors,  être  examinée  sous  l'angle  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié. 3.  3.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique insupportable. 3.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière  déterminante  sur  des  moyens  de  preuve  faux  ou  falsifiés  (cf. art. 7 LAsi). 3.3. La crainte face à des persécutions à venir, telle que comprise à l'art.  3  LAsi,  contient  un  élément  objectif,  au  regard  d'une  situation  ancrée  dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un  élément  subjectif.  Sera  reconnu  comme  réfugié  celui  qui  a  de  bonnes  raisons,  c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour  un  tiers  (élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à  subir  selon  toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une  persécution  (cf. JICRA  2000  n°  9  consid.  5a  p.  78  et  JICRA  1997  n  °  10  consid.  6  p. 73 ainsi que les références de jurisprudence et de doctrine citées). Sur  le plan subjectif,  il doit être  tenu compte des antécédents de  l'intéressé,  notamment  de  l'existence  de  persécutions  antérieures,  et  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique,  religieux,  social  ou  politique  l'exposant plus particulièrement à de  telles mesures; en particulier, celui  qui a déjà été victime de mesures de persécution a des raisons objectives 

E­138/2011 Page 10 d'avoir une crainte (subjective) plus prononcée que celui qui en est l'objet  pour  la  première  fois  (cf.  ATAF  2008/4  consid.  5.4,  JICRA  1994  n°  24  p. 171ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss). Sur le plan objectif, cette crainte  doit  être  fondée  sur  des  indices  concrets  qui  peuvent  laisser  présager  l'avènement, dans un avenir peu éloigné et selon une haute probabilité,  de mesures déterminantes selon  l'art. 3 LAsi.  Il ne suffit pas, dans cette  optique,  de  se  référer  à  des menaces  hypothétiques,  qui  pourraient  se  produire  dans  un  avenir  plus  ou  moins  lointain  (cf. JICRA  1994  n°  1  consid. 6a p. 9, JICRA 1993 n°21 p. 134ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ;  MINH SON NGUYEN,  Droit  public  des  étrangers,  Berne  2003,  p.  447ss  ;  MARIO GATTIKER, La procédure d'asile et de renvoi, Berne 1999, p. 69s ;  ALBERTO ACHERMANN  / CHRISTINA HAUSAMMANN, Les notions d'asile et de  réfugié  en  droit  suisse,  in  :  Walter  Kälin  (éd.),  Droit  des  réfugiés,  enseignement  de  3e  cycle  de  droit  1990,  Fribourg  1991,  p.  44  ;  ACHERMANN  /  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  2e  éd.,  Berne/Stuttgart  1991,  p.  108ss  ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des  Asylverfahrens, Bâle/Francfort­sur­le­Main 1990, p. 126 et 143ss). 4.  4.1.  En  l'occurrence,  le  recourant  a  déclaré  être  un  ressortissant  érythréen,  d'ethnie  et  de  langue  maternelle  tigrinya,  et  avoir  quitté  l'Erythrée,  à  l'âge  de  deux  ans,  en  1980,  soit  à  une  époque  où  cette  province  faisait  encore  partie  de  l'Ethiopie.  Il  aurait  ensuite  vécu  au  Soudan où il aurait été scolarisé et aurait suivi un apprentissage de (…).  Il  aurait  pu  travailler  en  tant  que  tel  dans  une  entreprise,  mais  aurait  rencontré des problèmes avec les autorités soudanaises. 4.2. Comme rappelé ci­dessus (cf. considérants 2.1. et 2.2), le requérant  est  tenu, aux  termes de  l'art. 8 LAsi, de collaborer à  la constatation des  faits,  en  particulier  en  déclinant  son  identité  et  en  remettant  ses  documents de voyage et ses pièces d'identité. Si le requérant doit établir  son  identité,  la  preuve  de  la  nationalité,  en  tant  que  composante  de  l'identité, doit s'apprécier selon les critères de vraisemblance retenus par  l'art. 7 LAsi (cf. JICRA 2005 n° 8). Le Tribunal constate, en l'espèce, que  le recourant, qui a déposé une demande d'asile en France sous une autre  identité  (données personnelles), n'a présenté aucun document d'identité  ni de voyage dans le cadre des trois procédures d'asile qu'il a engagées  en Suisse et qui ont duré plus d'un an et demi pour les deux premières et  un an pour  la  troisième actuellement pendante. De plus, ses  indications  sur  ses  documents  d'identité  se  sont  révélées  divergentes.  Lors  de  sa  première  demande  d'asile,  il  a  ainsi  affirmé  n'avoir  jamais  possédé  ni  https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp

E­138/2011 Page 11 passeport ni carte d'identité (cf. pv. de  l'audition sommaire du 13 janvier  2009),  alors  que,  dans  le  cadre  de  sa  deuxième  demande  d'asile,  il  a  prétendu avoir laissé au Soudan sa carte d'identité érythréenne, obtenue  dans ce pays en 1999 (cf. pv. de l'audition fédérale p. 2). Ses explications  imprécises  et  inexactes  selon  lesquelles  il  aurait  obtenu  une  "(…)",  auprès  du  "(…)"  ne  sont  pas  plausibles.  De  même,  l'affirmation  selon  laquelle il n'aurait pas pensé qu'un tel document lui serait utile lors de son  départ  du  Soudan  n'est  pas  non  plus  crédible  (cf.  pv.  de  l'audition  complémentaire  p.  2),  tandis  que  ses  justifications  relatives  à  son  impossibilité  à  la  faire  parvenir  aux  autorités  suisses  sont  restées  totalement  stéréotypées  (cf. pv.  de  l'audition  fédérale  p.  2­3,  pv.  de  l'audition  complémentaire  p.  2).  Enfin,  la  mention  avancée  tardivement  par  réplique du 1er avril 2011 selon  laquelle son certificat de naissance,  dont  il n'avait  jamais parlé auparavant, se  trouverait auprès de  la police  de l'aéroport de K._______ ne fait qu'ajouter à la confusion de ses propos  au sujet de ses documents d'identité. Il n'y a dès lors lieu de douter qu'il  ait été en possession de ce document et, partant, qu'il ait effectivement  possédé la nationalité érythréenne. 4.3.    Le  Tribunal  retient,  ensuite,  que  l'intéressé  n'a  fourni  aucun  autre  document  ni  avancé  un  quelconque  indice  concret,  tant  en  procédure  ordinaire qu'au stade du recours, permettant de démontrer qu'il possède  effectivement la nationalité érythréenne malgré le fait qu'il aurait quitté la  province érythréenne avant son accession à l'indépendance en 1993. Le  seul  fait de parler  le  tigrinya n'est pas suffisant puisque cette  langue est  également  parlée  au  nord  de  l'Ethiopie,  le  document  rédigé  en  cette  langue déposé au stade de la réplique n'étant d'ailleurs à l'évidence pas  de  nature  probante.  De  plus,  le  recourant  n'a  été  capable  de  fournir  aucun détail sur son pays, ou sa région, d'origine et a décrit de manière  inexacte le drapeau de l'Erythrée (cf. pv. de l'audition fédérale p. 6, pv. de  l'audition  complémentaire  p.  7).  Le  Tribunal  retient  également  les  divergences de l'intéressé relatives à son âge puisqu'il a indiqué être âgé  de seize ou dix­sept ans en 1997, ce qui ne correspond pas à la date de  naissance  indiquée dans  le  cadre des procédures  introduites en Suisse  (cf.  pv.  de  l'audition  fédérale  p.  6).  Enfin,  l'absence  d'explications  convaincantes sur les circonstances dans lesquelles il a appris la langue  amharique  constitue  un  indice  de  socialisation  en  Ethiopie.  Le  Tribunal  est  ainsi  fondé  à  considérer  que  l'intéressé  dissimule  des  informations  relatives à son lieu de socialisation et à son identité, en particulier à sa ou  ses nationalités.

E­138/2011 Page 12 4.4. S'agissant des motifs d'asile  invoqués relatifs à  l'Erythrée,  force est  de  constater  que  dans  la  mesure  où  le  recourant  n'a  pas  rendu  vraisemblable  qu'il  provenait  de  l'Erythrée,  les  préjudices  auxquels  il  prétend  y  avoir  été  exposé  ne  sauraient  être  considérés  comme  vraisemblables.  Du  reste,  le  récit  présenté  à  ce  sujet  contient  de  nombreux éléments d'invraisemblance. En effet, l'intéressé s'est contredit  quant à son prétendu retour en Erythrée. Lors de sa première demande  d'asile, il a indiqué avoir été mis en détention à son arrivée dans ce pays  parce qu'il n'avait pas de document d'identité et avoir été libéré au terme  de  deux  ans  d'emprisonnement  (cf.  pv.  de  l'audition  sommaire  du  13  janvier  2009).  Lors de  sa deuxième demande d'asile,  il  a  soutenu avoir  été mis en prison parce que  les autorités érythréennes voulaient vérifier  son  identité et son séjour au Soudan  ;  Il a ajouté avoir  réussi à s'enfuir  alors qu'il  effectuait  des  travaux à  l'extérieur avec un codétenu,  sous  la  surveillance d'un gardien (cf. pv. de  l'audition sommaire du 7 septembre  2010 p.6,  pv.  de  l'audition  fédérale  p.  9­12).  Il  est,  en  outre,  difficile  de  concevoir  que  l'intéressé  soit  rentré  en  Erythrée  par  un  poste  frontière  officiel sans aucun document d'identité, en prenant de tels risques qu'il ne  pouvait  ignorer  au  vu  des  nombreux  contacts  qu'il  dit  avoir  entretenus  avec la communauté érythréenne au Soudan (cf. pv. de l'audition fédérale  p.  9­10).  Le  recourant  a,  de  plus,  tenu  des  propos  très  vagues  et  stéréotypés  sur  le  déroulement  des  interrogatoires  qu'il  aurait  subis  quotidiennement  durant  les  deux  ou  trois  mois  d'emprisonnement  à  G._______  (cf.  pv.  de  l'audition  fédérale  p.  9­11),  ses  indications  selon  lesquelles il aurait parfois disposé d'une ou deux heures de réflexion pour  répondre à une question posée étant complètement fantasques. Il en est  de même de son récit stéréotypé relatif à sa détention de plus d'un an et  demi à  la prison de H._______ (pv. de  l'audition  fédérale p. 11) épisode  de  vie  pourtant  marquant.  Il  est  également  peu  plausible  que  les  discussions  entre  les  détenus  aient  été  tenues,  comme  l'a  mentionné  l'intéressé, en  langue arabe dans un  lieu de détention érythréen  (cf. pv.  de  l'audition  fédérale  p.  5).  Quant  à  sa  fuite,  il  faut  aussi  retenir  ses  déclarations  rocambolesques et  peu  convaincantes  (cf.  pv.  de  l'audition  fédérale  p.  12).  Partant,  il  faut  conclure  que  le  retour  du  recourant  en  Erythrée en 2003 ainsi que sa détention alléguée de deux ans dans ce  pays  ne  sont  pas  vraisemblables.  Par  ailleurs,  dans  la  mesure  où  le  recourant aurait quitté sa prétendue région d'origine avant que l'Erythrée  ne  constitue  un  Etat  indépendant,  force  est  d'admettre  qu'il  n'a  pas  pu  connaître de problème avec cet Etat avant son départ pour le Soudan. Au  vu de ce qui précède,  le Tribunal conclut que  l'intéressé ne s'exposerait  pas à des problèmes particuliers en cas de retour en Erythrée, même à  supposer  qu'il  possède  effectivement  (également)  la  nationalité  de  ce 

E­138/2011 Page 13 pays,  celle­ci  n'étant  pas  suffisante  pour  admettre  l'existence  d'une  crainte  objectivement  fondée  de  sérieux  préjudices  au  sens  de  l'art.  3  LAsi. 4.5.  Le  recourant  a  encore  invoqué  des  difficultés  avec  les  autorités  soudanaises, justifiant ainsi son départ du Soudan pour l'Europe en 2008.  Le Tribunal considère qu'à ce sujet également,  l'intéressé n'a pas  fourni  des déclarations suffisamment détaillées et crédibles. Les raisons de ses  difficultés sont restées évasives et peu plausibles,  le  fait qu'il ait pu être  accusé  d'avoir  aidé  son  employeur  à  rentrer  en  Erythrée  étant  peu  convaincant  (cf.  pv. de  l'audition complémentaire p. 7). De même,  il  n'a  fourni  aucun  document  ou  moyen  de  preuve  susceptible  d'établir  les  problèmes  allégués  au  Soudan  ou  d'attester  de  ses  différents  lieux  de  séjour ou encore de son parcours dans ce pays, les attestations scolaires  qui  se  trouveraient  auprès  de  la  police  de  l'aéroport  de  K._______,  mentionnées  tardivement dans  la  réplique du 1er  avril  2011,  n'étant pas  propres à modifier l'analyse développée ci­dessus (cf. également consid.  4.2).  Ses  déclarations  relatives  aux  problèmes  rencontrés  au  Soudan  doivent  donc  également  être  considérées  comme  invraisemblables,  ce  qui  laisse  penser  que  les  réels  motifs  de  sa migration  en  Europe  sont  économiques. 5.  En  conclusion,  les  motifs  d'asile  présentés  étant  invraisemblables  et  l'intéressé  n'ayant  pas  renversé  le  faisceau  d'indices  permettant  de  conclure  à  la  dissimulation  de  plusieurs  informations  relatives  à  son  identité, le recours, en tant qu'il porte sur la reconnaissance de la qualité  de  réfugié  et  l'octroi  de  l'asile,  doit  être  rejeté  et  la  décision  de  l'ODM  confirmée. 6.  6.1. Lorsqu’il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l'exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l'art. 32  de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l’asile relative à  la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  requérant  d’asile  dispose d’une autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de  renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101).

E­138/2011 Page 14 6.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 6.3. En l'occurrence, il y a lieu de rappeler que, par son comportement, le  recourant a empêché de  lever  les sérieux doutes relatifs à  la nationalité  alléguée,  laquelle demeure ainsi  indéterminée. Le  recourant  rend par  là  impossible toute vérification de l'existence d'un risque personnel, concret  et sérieux d'être soumis, en cas de renvoi dans tel ou tel pays d'origine, à  un traitement prohibé par les art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l'homme  et  des  libertés  fondamentales  (CEDH, RS 0.101) ou 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre la  torture et autres peines ou  traitements cruels,  inhumains ou dégradants  (Conv. Torture, RS 0.105). De même,  il  empêche de  vérifier  l'existence  d'un  danger  concret  susceptible  de  le  menacer  dans  tel  ou  tel  pays  d'origine effectif (cf. art. 83 al. 4 de la loi fédérale du 16 décembre 2005  sur  les  étrangers  [LEtr,  RS  142.20]).  Dans  ces  circonstances,  il  n'appartient ni à l'ODM ni au Tribunal d'envisager d'éventuels obstacles à  l'exécution du renvoi de l'intéressé. Dès lors, c'est à juste titre que l'ODM  a  considéré  qu'il  n'existait  pas  d'obstacles  à  l'exécution  du  renvoi  du  recourant. 6.4. C’est donc également à bon droit que l'ODM a prononcé le renvoi du  recourant et l’exécution de cette mesure. 7.  Vu  l’issue de  la cause,  il  y a  lieu de mettre  les  frais de procédure, d'un  montant de Fr. 600.­, à la charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA et 2 et  3  let. b du règlement du 21  février 2008 concernant  les  frais, dépens et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]). (dispositif page suivante)

E­138/2011 Page 15 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté 2.  Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge du  recourant. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les  30 jours dès l’expédition du présent arrêt. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Emilia Antonioni Céline Longchamp Expédition :

E-138/2011 — Bundesverwaltungsgericht 03.08.2011 E-138/2011 — Swissrulings