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Bundesverwaltungsgericht 29.08.2011 D-7206/2010

29 août 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,148 mots·~16 min·1

Résumé

Asile et renvoi | Diverse

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­7206/2010 Arrêt   d u   2 9   a oû t   2011 Composition Gérald Bovier (président du collège),  François Badoud, Daniele Cattaneo, juges, Mathieu Ourny, greffier. Parties A._______, né le (…), Kosovo, représenté par (…),  recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne­Wabern, autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 31 août 2010 / N (…).

D­7206/2010 Page 2 Faits : A.  En date du (…), A._______, accompagné de son ex­femme, B._______,  et  de  leurs  quatre  enfants  C._______,  D._______,  E._______  et  F._______,  a  déposé  une  demande  d'asile  au  Centre  d'enregistrement  pour requérants d'asile (CERA), actuellement Centre d'enregistrement et  de procédure (CEP) de G._______. Entendu  une  première  fois  le  16  novembre  2004  (audition  sommaire),  l'intéressé a déclaré être originaire du village de H._______ au Kosovo et  appartenir à la communauté rom. En (…), il aurait quitté son pays avec sa  famille  pour  rejoindre  l'Allemagne,  où  la  famille,  au  bénéfice  d'une  autorisation  de  séjour  provisoire  ("Duldung"),  serait  demeurée  pendant  plusieurs  années.  En  (…),  la  famille  serait  retournée  vivre  au  Kosovo.  L'ancienne  maison  qu'elle  avait  occupée  ayant  été  incendiée,  elle  se  serait  établie  dans  celle  appartenant  aux  parents  de  B._______,  eux­mêmes  installés en Allemagne. Dès son arrivée,  le  requérant aurait  été  pris  pour  cible  par  des  Albanais,  qui  l'auraient  insulté  et  battu  à  plusieurs  reprises. Ceux­ci auraient en outre exigé qu'il  leur donnât une  partie de l'argent gagné en Allemagne. Dans le but de protéger sa famille,  ce  dernier  aurait  décidé  de  fuir  une  nouvelle  fois  la  région.  En  date  du  (…),  la  famille  (…)  aurait  quitté  le  Kosovo  pour  gagner  la  Suisse  deux  jours plus tard, dans un fourgon conduit par deux passeurs.  A._______  a  déposé  un  certificat  de  naissance  établi  par  la  MINUK  (Mission d'Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo). Egalement entendue le même jour, B._______ a, en substance, fait valoir  les  mêmes  motifs  que  son  ex­mari.  Elle  a  précisé  qu'au  Kosovo,  les  membres  de  la  famille  n'avaient  pas  été  acceptés  par  les  Albanais  et  qu'ils  auraient  été  entravés  dans  leur  liberté  de mouvement,  elle­même  étant  restée continuellement enfermée durant  le séjour dans  le pays en  (…).  Par  ailleurs,  son  oncle  et  son  cousin  auraient  été  tués  par  des  Albanais, alors que la famille (…) séjournait en Allemagne. Selon  leurs  propos,  B._______  et  A._______  auraient  divorcé  en  (…),  mais ils auraient repris la vie commune depuis.

D­7206/2010 Page 3 Les  enfants C._______  et  D._______  ont  pour  leur  part  également  été  entendus le même jour. B.  B.a.  Le  (…), au cours d'une patrouille,  des agents de sécurité du CERA ont  surpris  A._______  dans  un  véhicule  immatriculé  en  Allemagne.  Une  fouille du véhicule a mis au  jour  certains documents, parmi  lesquels un  ticket de caisse allemand daté du (…). B.b.  Le  22  novembre  2004,  le  requérant  a  fait  l'objet  d'une  audition  complémentaire,  au  cours  de  laquelle  il  a  confirmé  que  la  famille  était  bien rentrée au Kosovo en (…) et en était repartie le (…) pour rejoindre la  Suisse. Concernant la voiture dans laquelle il a été intercepté, il a affirmé  qu'elle appartenait à son frère, et que celui­ci  la lui avait amenée depuis  l'Allemagne, ce qui expliquait selon lui la présence du ticket de caisse. Egalement  auditionnés  le même  jour,  B._______,  ainsi  que  les  enfants  C._______ et D._______, ont tenu un discours identique. C.  Sollicitées  par  l'ancien  Office  fédéral  des  réfugiés  (ODR,  actuellement  ODM),  les autorités allemandes compétentes  l'ont  informé par  télécopie  du 26 novembre 2004 que la demande d'asile déposée par l'intéressé en  Allemagne avait été rejetée le (…), les demandes des autres membres de  la  famille  ayant  connu  le  même  sort,  et  que  la  famille  avait  quitté  le  domicile qu'elle occupait à I._______ pour un lieu inconnu à fin (…).  D.  D.a.  Par  déclaration  signée  du  26  novembre  2004,  A._______  a  retiré  les  demandes d'asile déposées par  lui et sa famille. Le même jour,  l'ODR a  rayé du rôle les demandes d'asile. D.b.  Par  courrier  du  29  novembre  2004,  la  famille  (…)  a  demandé  à  l'ODR  d'annuler  la  décision  du  26  novembre  2004,  expliquant  que  A._______  s'était emporté et qu'il regrettait d'avoir signé la déclaration de retrait.

D­7206/2010 Page 4 E.  La requête du 29 novembre 2004 ayant été accueillie favorablement par  l'ODR,  A._______,  B._______,  ainsi  que  les  enfants  C._______  et  D._______,  ont  été  entendus  sur  leurs motifs,  en  date  du  9  décembre  2004.  Concernant  le  séjour  au  Kosovo  en  (…),  l'intéressé  a  précisé  que  la  famille avait vécu dans une maison construite par ses ex­beaux­parents,  qui  vivraient  en  Allemagne  depuis  (…)  ans.  La  famille  y  aurait  logé  en  compagnie  de  l'ancien  beau­frère  du  requérant,  J._______,  et  de  sa  propre  famille,  composée  de  cinq  personnes  au  total.  Interrogé  sur  les  raisons du départ  d'Allemagne en  (…),  il  a expliqué que son  fils  aîné  y  faisait  l'objet  d'une  plainte  pénale  et  que  pour  lui  éviter  tout  problème  avec  la  justice,  il  aurait  été  décidé  de  partir  du  pays.  Par  ailleurs,  une  décision  des  autorités  allemandes  aurait  contraint  la  famille  à  quitter  le  pays.  En  ce  qui  concerne  ses motifs  d'asile,  en  plus  du  comportement  agressif  à  son  encontre  de  la  part  des  Albanais,  qu'il  n'aurait  pas  osé  dénoncer aux autorités  locales compétentes, sa vie serait en danger au  Kosovo  en  raison  d'une  faida  (vengeance)  lancée  contre  lui,  suite  à  un  triple meurtre commis par son oncle (…) ans plus tôt. B._______ a confirmé pour l'essentiel les propos tenus par A._______.  Brièvement  entendus,  C._______  et  D._______  n'ont  pas  allégué  de  motifs supplémentaires à ceux invoqués par leurs parents. F.  Le 15 décembre 2004,  la  radiation du  rôle du 26 novembre 2004 a été  formellement annulée par l'ODR, la procédure d'asile étant reprise. G.  Par  décision  du  même  jour,  l'ODR  a  rejeté  les  demandes  d'asile  de  A._______ et des autres membres de sa famille, prononcé leur renvoi de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure.  L'office  a  relevé  en  substance  que  les  motifs  présentés  étaient  invraisemblables  et  non  pertinents  en matière  d'asile,  et  que  l'exécution  du  renvoi  en Serbie­et­ Monténégro (Kosovo) était licite, raisonnablement exigible et possible.  H.  En date du 13 janvier 2005, les intéressés ont interjeté recours contre la  décision précitée auprès de l'ancienne Commission suisse de recours en  matière d'asile  (CRA),  concluant à  la  reconnaissance de  leur qualité de 

D­7206/2010 Page 5 réfugiés et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé d'admissions  provisoires. I.  Par  arrêt  du  14  novembre  2008,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal) a admis le recours du 13 janvier 2005, a annulé la décision du  15 décembre 2004  et  renvoyé  la  cause  à  l'ODM  pour  instruction  et  nouvelle décision. J.  Le 11 juin 2009, le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois  a  condamné  A._______  à  une  peine  privative  de  liberté  de  huit  mois,  assortie  du  sursis  pendant  deux  ans,  pour  lésions  corporelles  simples  qualifiées  et  dommages  à  la  propriété.  Dans  le  cadre  d'un  conflit  interfamilial,  accompagné  de  son  fils D._______,  l'intéressé  avait mené  une  expédition  punitive  contre  un  compatriote  le  (…),  le  frappant  au  moyen de barres métalliques. K.  K.a.  En  réponse  à  une  demande  de  renseignements  de  l'ODM  du  23 mars  2010,  l'Ambassade de Suisse au Kosovo a transmis à l'office un rapport  sur  le  requérant  et  sa  famille,  en  date  du  4  mai  2010.  Il  en  ressort  essentiellement les éléments suivants :  Le village de H._______, situé dans la municipalité de K._______, est un  petit  village  rural,  où  vivent  quelques  familles  appartenant  aux  communautés  rom,  ashkalie  et  égyptienne.  Plusieurs  maisons  ont  été  détruites,  parmi  lesquelles  celle  de  la  famille  (…).  Selon  un  habitant  consulté  sur place,  le  terrain  sur  lequel  se  trouvait  la maison appartient  toujours à la famille. Le village de L._______, où se situe la maison des  ex­beaux­parents  de  l'intéressé,  se  trouve  pour  sa  part  dans  la  municipalité de M._______. Cette maison est habitée par les deux frères  de  l'ex­femme  du  requérant,  J._______  et  N._______,  et  leur  famille  respective. Jugée en bon état, elle est bien entretenue et d'une superficie  de 120 m², répartis sur deux étages. Une petite maisonnette de 50 m² se  dresse à l'extrémité du jardin. Selon J._______, qui travaille à M._______  comme poseur d'antennes de télévision, sa sœur aurait quitté le Kosovo  avec sa famille dans les années (…) pour  l'Allemagne, ne revenant plus  jamais au Kosovo depuis  lors.  J._______ n'aurait  jamais  revu  sa  sœur, 

D­7206/2010 Page 6 mais  il  serait  toujours en contact  téléphonique avec elle. Par ailleurs,  la  famille  se  serait  directement  rendue  en  Suisse  après  avoir  quitté  l'Allemagne. Dans la maison vivent 12 personnes, à savoir J._______, sa  femme et leurs quatre filles, ainsi que N._______, son épouse, leurs deux  filles et  leurs deux fils. Toujours selon J._______,  il y aurait comme eux  une  douzaine  de  familles  roms  dans  le  quartier,  les  relations  avec  la  majorité  albanaise  étant  jugées  bonnes.  En  cas  de  retour  de  la  famille  (…), J._______ et son frère n'auraient pas les moyens de les prendre en  charge. K.b.  Le  11  mai  2010,  l'ODM  a  transmis  à  la  famille  (…)  l'essentiel  des  informations contenues dans  le  rapport de  l'Ambassade du 4 mai 2010,  lui octroyant un délai au 25 mai 2010 pour se prononcer à ce sujet. K.c.  Par  courrier  du  21  mai  2010,  le  requérant  a  répondu  à  l'ODM.  Il  a  souligné  en  substance  qu'il  était  séparé  de  son  ex­épouse  et  qu'il  ne  pouvait  ainsi  être  exigé  de  lui  qu'il  vive  avec  elle  dans  une  maison  appartenant à la famille de celle­ci. Il a en outre nié le fait que sa propre  famille possédait encore un  terrain au Kosovo, ses parents  résidant par  ailleurs en Allemagne.  K.d.  Le  8  juin  2010,  l'ODM  a  fait  parvenir  au  mandataire  de  l'époque  de  l'intéressé (…) un courrier identique à celui du 11 mai 2010, qui avait été  précédemment  adressé  directement  au  requérant,  avec  un  délai  au  23  juin 2010 pour se déterminer. K.e.  En date du 21 juin 2010, (…) a répondu à l'office, soulignant notamment  que  A._______  n'avait  plus  de  famille  au  Kosovo  et  qu'il  craignait  d'y  retourner  en  raison  des  représailles  qu'il  pourrait  y  subir  de  la  part  des  Albanais, pour n'avoir pas combattu à  leurs côtés pendant  la guerre. Au  vu des discriminations à l'encontre des Roms au Kosovo, un retour dans  ce pays ne serait en outre pas envisageable. L.  Par  décision  du  31  août  2010,  l'ODM a  rejeté  les  demandes  d'asile  de  A._______, de B._______ et de leur fille F._______, prononcé leur renvoi  de Suisse et ordonné  l'exécution de cette mesure. L'office a notamment 

D­7206/2010 Page 7 considéré  que  le  récit  présenté  était  invraisemblable.  Il  a  notamment  estimé  que  l'intéressé  et  sa  famille  n'avaient  pas  rendu  crédible  leur  retour  au  Kosovo  en  (…),  et  qu'au  vu  notamment  des  résultats  des  mesures  d'instructions  ordonnées  sur  place,  aucun  élément  ne  faisait  obstacle à l'exécution du renvoi. M.  Le 30 septembre 2010, le requérant a interjeté recours contre la décision  susmentionnée, concluant à la reconnaissance de la qualité de réfugié et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'une  admission  provisoire. Il a notamment estimé que ses motifs d'asile répondaient aux  conditions des art. 3  et  7  de  la  loi  du 26  juin  1998  sur  l'asile  (LAsi, RS  142.31). N.  Par  décision  incidente  du  18  novembre  2010,  le  juge  chargé  de  l'instruction  a  disjoint  les  causes  de  A._______  d'une  part,  et  de  B._______  et  F._______  d'autre  part  (ces  dernières  ayant  également  recouru  contre  la  décision  du  31  août  2010),  A._______  et  B._______  étant  divorcés  et  ne  vivant  plus  ensemble.  Il  a  par  ailleurs  requis  le  versement d'une avance de frais. O.  Le 1er décembre 2010, l'avance de frais requise a été payée. P.  Dans  sa détermination  du 21  février  2011,  l'ODM a proposé  le  rejet  du  recours. Q.  Le 14 mars 2011, le recourant a fait usage de son droit de réponse. R.  Les  autres  faits  de  la  cause  seront  examinés,  si  nécessaire,  dans  les  considérants en droit qui suivent.

D­7206/2010 Page 8 Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS 173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent  être  contestées,  par  renvoi  de  l'art. 105  LAsi,  devant  le  Tribunal,  lequel  statue alors définitivement, sauf demande d'extradition déposée par l'Etat  dont  le  requérant cherche à se protéger  (art. 83  let. d ch. 1 de  la  loi du  17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Le recourant a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans  la forme (art. 52 PA) et dans les délais (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la  loi, le recours est recevable. 2.  2.1.  Le  Tribunal  examine  librement  en  la  matière  l'application  du  droit  public  fédéral,  la constatation des  faits et  l'opportunité,  sans être  lié par  les  arguments  invoqués  à  l'appui  du  recours  (art. 106  al. 1 LAsi  et  62  al. 4 PA  par  renvoi  des  art. 6 LAsi  et  37 LTAF)  ni  par  la  motivation  retenue par  l'ODM (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798 ; cf. dans  le même  sens Jurisprudence et  informations de  la Commission suisse de recours  en matière d'asile  [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5,  JICRA 1994 n° 29  consid. 3 p. 206s.).  Il peut ainsi admettre un recours pour un autre motif  que  ceux  invoqués  devant  lui  ou  rejeter  un  recours  en  adoptant  une  argumentation  différente  de  celle  de  l'autorité  intimée  (ATAF 2007/41  consid. 2 p. 529s.). 2.2. A l'instar de  l'ODM,  il s'appuie sur  la situation prévalant au moment  de  l'arrêt  s'agissant  de  la  crainte  de  persécution  future  ou  de  motifs  d'empêchement  à  l'exécution  du  renvoi,  que  ceux­ci  soient  d'ordre  juridique  ou  pratique  (ATAF 2009/29  consid. 5.1  p. 376,  ATAF 2008/12  consid. 5.2 p. 154s., ATAF 2008/4 consid. 5.4 p. 38s. ; arrêts du Tribunal  administratif  fédéral  D­7561/2008  consid. 1.4  [p. 8]  du  15 avril 2010,  D­7558/2008 consid. 1.4 [p. 7] du 15 avril 2010, D­3753/2006 consid. 1.5  du  2 novembre 2009,  D­7040/2006  consid. 1.5  du  28 juillet 2009  et 

D­7206/2010 Page 9 D­6607/2006  consid. 1.5  [et  réf. JICRA cit.]  du  27 avril 2009).  Il  prend  ainsi  en  considération  l'évolution  de  la  situation  intervenue  depuis  le  dépôt de la demande d'asile. 3.  3.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 3.1.1. La  crainte  face  à  des  persécutions  à  venir,  telle  que  comprise  à  l'art. 3 LAsi, contient un élément objectif, au regard d'une situation ancrée  dans  les  faits,  et  intègre  également  dans  sa  définition  un  élément  subjectif.  Sera  reconnu  comme  réfugié  celui  qui  a  de  bonnes  raisons,  c'est­à­dire  des  raisons  objectivement  reconnaissables  pour  un  tiers  (élément  objectif),  de  craindre  (élément  subjectif)  d'avoir  à  subir  selon  toute  vraisemblance  et  dans  un  avenir  prochain  une  persécution  (cf. JICRA 2000  n° 9  consid.  5a  p.  78  et  JICRA  1997  n°  10  consid. 6  p. 73). Sur  le plan subjectif,  il doit être  tenu compte des antécédents de  l'intéressé,  notamment  de  l'existence  de  persécutions  antérieures,  ainsi  que  de  son  appartenance  à  un  groupe  ethnique,  religieux,  social  ou  politique l'exposant plus particulièrement à des mesures de persécution ;  en particulier, celui qui a déjà été victime de telles mesures a des raisons  objectives d'avoir une crainte (subjective) plus prononcée que celui qui en  est  l'objet  pour  la  première  fois  (cf. JICRA  2004  n°  1  consid.  6a  p. 9,  JICRA 1994  n°  24  p.  171ss  et  JICRA 1993  n°  11  p.  67ss).  Sur  le  plan  objectif,  cette  crainte  doit  être  fondée  sur  des  indices  concrets  qui  peuvent  laisser présager  l'avènement, dans un avenir prochain et  selon  une haute probabilité, de mesures déterminantes selon l'art. 3 LAsi. Il ne  suffit  pas,  dans  cette  optique,  de  se  référer  à  des  menaces  hypothétiques, qui pourraient  se produire dans un avenir plus ou moins  lointain  (cf. JICRA 2005  n°  21  consid.  7  p.  193,  JICRA  2004  n°  1  consid. 6a p. 9, JICRA 1993 n° 21 p. 134ss et JICRA 1993 n° 11 p. 67ss ;  MINH  SON  NGUYEN,  Droit  public  des  étrangers  :  présence,  activité  économique et statut politique, Berne 2003, p. 447ss  ; MARIO GATTIKER, 

D­7206/2010 Page 10 La  procédure  d'asile  et  de  renvoi,  Berne  1999,  p.  69 s.  ;  ALBERTO  ACHERMANN / CHRISTINA HAUSAMMANN, Les notions d'asile et de réfugié en  droit suisse,  in  : Walter Kälin  [éd.], Droit des  réfugiés, enseignement de  3ème  cycle  de  droit  1990,  Fribourg  1991,  p. 23ss,  spéc.  44  ;  ALBERTO  ACHERMANN  / CHRISTINA HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  2ème  éd.,  Berne/Stuttgart  1991,  p.  108ss  ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des  Asylverfahrens,  Bâle/Francfort­sur­le­Main  1990,  p.  126  et  143ss ;  SAMUEL  WERENFELS,  Der  Begriff  des  Flüchtlings  im  schweizerischen  Asylrecht, Berne 1987, p. 287ss). 3.1.2.  Les  préjudices  infligés  par  des  tierces  personnes  ne  revêtent  un  caractère déterminant pour la reconnaissance de la qualité de réfugié que  si l'Etat n'accorde pas la protection nécessaire, comme il en a la capacité  et l'obligation. Il  incombe au requérant de s'adresser en premier lieu aux  autorités  en  place  dans  son  pays  d'origine,  dans  la  mesure  où  la  protection  internationale ne revêt qu'un caractère subsidiaire par rapport  à la protection nationale, lorsque celle­ci existe, qu'elle s'avère efficace et  qu'elle  peut  être  requise  (cf. JICRA 2006 n°  18 p. 181  ss,  en particulier  consid. 10.3.2). 3.2.  Quiconque  demande  l'asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). Conformément  à  la  jurisprudence  du  Tribunal,  le  caractère  tardif  d'éléments  tus  lors  de  l'audition  sommaire  au  centre  d'enregistrement,  mais invoqués plus tard lors de l'audition sur les motifs d'asile, peut être  retenu pour mettre en doute la vraisemblance des motifs d'asile allégués  (cf. arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­2518/2007  du  14 avril 2010  consid. 4.2).  Ce  principe  vaut  a  fortiori  pour  des  allégués  présentés  uniquement  au  stade  du  recours.  Dans  certaines  circonstances  particulières,  les allégués tardifs peuvent certes être excusables. Tel est  le  cas,  par  exemple,  des  déclarations  de  victimes  de  graves  traumatismes,  qui  ont  de  la  réticence  à  s'exprimer  sur  les  événements  vécus, ou encore de personnes provenant de milieux dans lesquels la loi 

D­7206/2010 Page 11 du  silence  est  une  règle  d'or  (cf. ibidem ;  cf. aussi  à  ce  sujet  arrêt  du  Tribunal administratif fédéral D­2322/2009 du 7 juillet 2009 consid. 5.4). 4.  4.1. En l'espèce, l'intéressé invoque des motifs en lien avec son séjour au  Kosovo  en  (…),  à  savoir  des  actes  de  persécution  exercés  à  son  encontre par des Albanais, ainsi que des risques de mort en rapport avec  une  faida  lancée  contre  lui. Or  force  est  de  constater  que  le  recourant,  comme les autres membres de sa famille, n'est pas retourné au Kosovo  en (…). 4.1.1. En effet, selon les propos de J._______, chez qui A._______ et sa  famille se seraient  réfugiés en  (…), ceux­ci n'auraient  jamais vécu chez  lui,  lui­même ne  les ayant pas revus depuis  leur départ du pays en (…)  (cf. rapport  de  l'Ambassade  suisse  au  Kosovo  du  4 mai 2010).  En  revanche, J._______, au moment de ses déclarations au représentant de  l'Ambassade le 29 avril 2010, aurait toujours été en contact téléphonique  avec sa sœur, B._______, et  il aurait appris que  la famille (…) se serait  rendue directement en Suisse depuis l'Allemagne en (…). Au vu de ces informations, délivrées par le propre frère de l'ex­femme de  l'intéressé, la réalité du retour de la famillle (…) auprès de leurs proches  est  douteuse,  ce d'autant  plus qu'aucun élément  du dossier  ne pourrait  laisser penser que J._______ aurait eu un quelconque intérêt à mentir à  ce propos. 4.1.2. Cette constat est renforcé par le fait que le recourant a été surpris  à G._______ au volant d'une voiture  immatriculée en Allemagne  le (…),  soit quelques jours après l'entrée en Suisse de la famille le (…), un ticket  de  caisse  allemand  du  (…)  ayant  par  ailleurs  été  retrouvé  dans  le  véhicule.  Cet  élément  ne  concorde  manifestement  pas  avec  les  circonstances  de  l'arrivée  en  Suisse  avancées  par  A._______  et  les  autres  membres  de  la  famille  interrogés,  selon  lesquelles  ils  auraient  voyagé dans le véhicule des passeurs qui les accompagnaient. En outre,  les  explications  données  par  les membres  de  la  famille  interrogés  à  ce  sujet, plus particulièrement celles de  l'intéressé, ne convainquent pas.  Il  apparaît en effet invraisemblable qu'une fois la famille arrivée en Suisse,  le frère du recourant ait pris  l'initiative d'apporter à A._______ sa propre  voiture depuis l'Allemagne, afin de permettre à ce dernier de se déplacer  en  Suisse,  le  frère  en  question  habitant  de  surcroît  au  nord  de 

D­7206/2010 Page 12 l'Allemagne (O._______, à proximité de I._______), selon les documents  retrouvés  dans  la  voiture  (permis  de  circulation  du  véhicule).  En  tenant  compte  des  affirmations  de  J._______,  il  semble  plus  probable  que  la  famille (…) a emprunté  le véhicule du frère du recourant pour se rendre  en Suisse.  4.1.3. En outre,  les déclarations des membres de la famille entendus au  sujet  du  voyage  qu'ils  auraient  effectué  depuis  le  Kosovo  confortent  l'impression  selon  laquelle  ils  ne  l'ont  pas  fait.  Les  différents  récits  présentés sont en effet pauvres et dénués de détails. Ainsi, la description  des conducteurs du fourgon ou celle du parcours emprunté est indigente  (cf. procès­verbal de l'audition de A._______ du 9 décembre 2004, p. 7 et  8 ;  procès­verbal  de  l'audition  de B._______  du  9  décembre  2004,  p. 6  et 7 ; procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 3  et 4 ;  procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  9  décembre  2004,  p. 4). Par ailleurs, les récits divergent les uns par rapport aux autres, bien  qu'ils  semblent  entendus  sur  certains  points.  Ainsi,  les  conducteurs  du  fourgon  parlaient  tantôt  uniquement  le  serbe  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______  du  9 décembre 2004,  p. 8),  tantôt  le  gabel,  l'allemand  et  l'albanais  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de B._______  du  9 décembre 2004, p. 6). L'arrière du véhicule, où les requérants auraient  pris place, ne disposait pas de sièges selon l'intéressé (cf. procès­verbal  de  l'audition  de A._______  du  9  décembre  2004,  p. 7),  alors  que  selon  d'autres  membres  de  la  famille,  ils  étaient  bien  assis  sur  des  sièges  (cf. procès­verbal de l'audition de D._______ du 9 décembre 2004, p. 4 ;  procès­verbal  de  l'audition  de  C._______  du  9  décembre  2004,  p. 4).  A._______  aurait  effectué  selon  lui  l'intégralité  du  trajet  à  l'arrière,  en  compagnie  du  reste  de  la  famille  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______ du 9 décembre 2004, p. 8), tandis que d'après son ex­femme,  il  se  serait  parfois  installé  à  l'avant  avec  les  conducteurs  (cf. procès­ verbal  de  l'audition  de  B._______  du  9  décembre  2004,  p. 6).  Le  recourant  lui­même  s'est  contredit  de manière  flagrante,  affirmant  dans  un premier temps avoir parlé avec les conducteurs pendant le trajet pour  les  tenir  en  forme  (cf.  procès­verbal  de  l'audition  de  A._______  du  9  décembre  2004,  p. 7,  réponse  ad  question  n° 58),  avant  de  dire  peu  après ne pas avoir parlé avec eux en raison du fait qu'ils ne parlaient que  le serbe (cf. ibidem, p. 8, réponse ad question n° 61). L'indigence  des  propos  et  les  divergences  constatées  permettent  ainsi  également  de  tenir  pour  invraisemblables  les  circonstances  telles  que  rapportées de l'arrivée en Suisse du recourant et de sa famille.

D­7206/2010 Page 13 4.2. Au vu de ce qui précède,  les actes de discrimination prétendument  subis au Kosovo de la part de la communauté albanaise, dont l'intéressé  s'est  plaint,  apparaissent  clairement  invraisemblables. Quant  aux motifs  relatifs au risque de vengeance privée suite aux meurtres prétendument  commis par son oncle, ils ne sont pas non plus crédibles. Au demeurant,  les  explications  fournies  à  ce  sujet  sont  confuses,  le  recourant  se  montrant  notamment  incohérent  à  propos des  contacts  entretenus avec  l'oncle  en  question  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______  du  9  décembre  2004, p. 5  et 6).  En  outre,  les  motifs  ont  été  présentés  de  manière  tardive,  à  savoir  lors  de  l'audition  sur  les motifs,  sans  que  les  raisons  données  pour  expliquer  un  tel  retard  puissent  être  considérées  comme excusables, au vu de  la  jurisprudence précitée. Ainsi,  les motifs  d'asile  liés  au  risque  de  faida  doivent  aussi  être  considérés  comme  invraisemblables. 4.3. En outre, indépendamment de la question de leur vraisemblance, les  motifs avancés ne sont pas pertinents en matière d'asile.  4.3.1.  Les  problèmes  invoqués  par  A._______  sont  le  fait  de  tiers.  Or,  selon  les propos de celui­ci,  il ne se serait  jamais adressé aux autorités  compétentes  pour  dénoncer  les  actes  commis  à  son  encontre  ou  les  menaces  qui  auraient  pesé  sur  lui  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______ du 9 décembre 2004, p. 7), de telle manière que l'intéressé ne  saurait se prévaloir de l'inefficacité des autorités kosovares pour requérir  la protection de la Suisse, qui est subsidiaire. D'ailleurs,  le recourant n'a  jamais prétendu que  les  instances kosovares étaient  inaptes à  lui porter  assistance,  reconnaissant  au  contraire  n'avoir  jamais  connu  de  problèmes  avec  elles  (cf. procès­verbal  de  l'audition  de  A._______  du  16 novembre 2004, p. 6). Par ailleurs, selon  la  jurisprudence du Tribunal, qui a repris sur ce point  celle de la Commission,  la MINUK et  la Force de maintien de la paix au  Kosovo  (KFOR)  ont  la  volonté  et  la  capacité  de  protéger  les  minorités  ethniques au Kosovo, et  il n'existe aucune persécution systématique de  celles­ci (cf. notamment  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­6827/2010 du 2 mai 2011 consid. 4.7, D­4618/2007 du 13  juillet 2007  consid. 5.3 et D­3844/2006 du 27 août 2007 consid. 5.2, qui  renvoient à  la  JICRA 2002  n° 22  consid.  4d/aa  p. 180).  Cette  jurisprudence  est  toujours  d'actualité,  même  après  la  déclaration  unilatérale  d'indépendance  du  Kosovo  du  17 février 2008  (cf. arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral D­4220/2008 du 24 octobre 2008 p. 5, D­3694/2006 

D­7206/2010 Page 14 du 18 novembre 2008  consid. 3.2  et D­3685/2009 du 20 août  2009 p. 5  et 6),  les  autorités  de  la  nouvelle  République  ne  renonçant  pas  à  poursuivre les auteurs d'actes pénalement répréhensibles et offrant donc,  en  principe,  une  protection  appropriée  pour  empêcher  la  perpétration  d'actes  illicites,  quelle  que  soit  l'appartenance  ethnique  des  auteurs  et  des  victimes  de  ces  atteintes  (cf.  notamment  UK  Home  Office,  Operational Guidance Note : Kosovo, 22 juillet 2008, spéc. par. 3.11.10 à  3.11.12 et sources citées). 4.4. Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il porte sur la reconnaissance de  la qualité de réfugié et l'octroi de l'asile, doit être rejeté. 5.  5.1. Lorsqu'il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l'exécution;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon l'art. 32  de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l'asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  requérant  d'asile  dispose  d'une  autorisation  de  séjour ou d'établissement, ou qu'il  fait  l'objet d'une décision d'extradition  ou  d'une  décision  de  renvoi  conformément  à  l'art. 121  al. 2  de  la  Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 6.  L'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  si  elle  est  licite,  raisonnablement  exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). En cas contraire,  l'ODM règle  les  conditions de résidence conformément aux dispositions de la loi fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20)  concernant  l'admission provisoire (art. 44 al. 2 LAsi). 7.  7.1. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir  ;  il  s'agit  d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de 

D­7206/2010 Page 15 l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un  traitement prohibé par  l'art.  3 CEDH ou encore  l'art. 3 de  la Convention  du  10  décembre  1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105) (Message du  Conseil fédéral à l'appui d'un arrêté fédéral sur la procédure d'asile [APA],  du 25 avril 1990, in : FF 1990 II 624). 7.2. In casu, l'exécution du renvoi ne contrevient pas au principe de non­ refoulement de l'art. 5 LAsi, l'intéressé n'ayant pas la qualité de réfugié. 7.3. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui  interdit  la  torture,  les  peines  et  traitements  inhumains  ou  dégrandants,  trouve  application  dans  le  cas  d'espèce.  Si  cette  disposition  s'applique  indépendamment de  la  reconnaissance de  la qualité de  réfugié, cela ne  signifie pas encore qu'un renvoi ou une extradition serait prohibée par le  seul  fait  que  dans  le  pays  concerné  des  violations  de  l'art.  3  CEDH  devraient  être  constatées  ;  une  simple  possibilité  de  subir  des mauvais  traitements ne suffit pas. Il faut au contraire que la personne qui invoque  cette disposition démontre à satisfaction qu'il existe pour elle un véritable  risque  concret  et  sérieux,  au­delà  de  tout  doute  raisonnable,  d'être  victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en cas de  renvoi dans son pays. Il en ressort qu'une situation de guerre, de guerre  civile, de troubles intérieurs graves ou de tension grave accompagnée de  violations des droits de l'homme ne suffit pas à justifier la mise en oeuvre  de la protection  issue de  l'art. 3 CEDH,  tant que  la personne concernée  ne peut rendre hautement probable qu'elle serait visée personnellement ­  et non pas simplement du fait d'un hasard malheureux ­ par des mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf.  JICRA  1996  n°  18  consid. 14b let. ee p. 186 s.). 7.4. En l'occurrence, le recourant n'a pas rendu hautement probable qu'il  serait personnellement visé, en cas de retour dans son pays d'origine, par  des mesures  incompatibles  avec  l'art.  3  CEDH  ou  d'autres  dispositions  contraignantes de droit international (cf. supra consid. 4). 7.5.  Dès  lors,  l'exécution  du  renvoi  de  l'intéressé  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international,  de  sorte  qu'elle  s'avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  83  al. 3 LEtr).

D­7206/2010 Page 16 8.  8.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr,  l'exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de nécessité médicale. 8.2.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de  la  qualité de  réfugié parce qu'ils  ne sont pas personnellement persécutés,  mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées à  la  famine, à une dégradation grave de  leur état de santé, à  l'invalidité, voire à la mort. En revanche, les difficultés socio­économiques  qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier des pénuries  de soins, de logement, d'emplois, et de moyens de formation, ne suffisent  pas en soi à réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui incombe la  décision doit donc dans chaque cas confronter  les aspects humanitaires  liés à la situation dans laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son  pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son  éloignement  de  Suisse  (voir  notamment  à  ce  propos  ATAF 2007/10  consid. 5.1  p.  111;  JICRA 2005 n°  24  consid.  10.1 p. 215 et  jurisp.  cit.,  JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s.). Ceci  étant,  il  convient,  dans  le  cadre de  l'analyse de chaque cause, de  faire appel à des critères aussi divers que les attaches avec la région de  réinstallation,  notamment  les  relations  familiales  et  sociales,  les  séjours  antérieurs,  respectivement  les  emplois  qu'on  y  a  exercés,  les  connaissances  linguistiques et professionnelles acquises,  le sexe,  l'âge,  l'état de santé, l'état civil, les charges de famille. L'autorité à qui incombe  la  décision doit  donc à  chaque  fois  confronter  les aspects  humanitaires  liés à la situation dans laquelle se trouverait l'étranger concerné dans son 

D­7206/2010 Page 17 pays après l'exécution du renvoi à l'intérêt public militant en faveur de son  éloignement de Suisse (cf.  la  jurisprudence rendue à propos de  l'ancien  art. 14a  al. 4 LSEE,  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  remettre  en  question  :  JICRA 2005 n° 24 consid. 10.1. p. 215 et jurisp. citée, JICRA 2003 n° 24  consid. 5 p. 157 ss). 8.3. En l'espèce, s'agissant de la situation générale régnant actuellement  au  Kosovo,  il  est  notoire  que  ce  pays,  dont  l'indépendance  a  été  reconnue par la Suisse le 27 février 2008, ne connaît pas une situation de  guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son  territoire,  laquelle  permettrait  d’emblée  ­  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au  sens de l’art. 83 al. 4 LEtr. 8.4. Il sied donc d'examiner si, en raison de la situation personnelle du  recourant,  l'exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète de celui­ci. 8.4.1.  A._______  appartient  à  la  minorité  rom  du  Kosovo.  Dans  sa  jurisprudence publiée dans ATAF 2007/10 (consid. 5.3, p. 111s.), qui est  toujours  d'actualité,  compte  tenu  du  climat  régnant  entre  les  différentes  communautés ethniques au Kosovo (cf. p. ex. : COMITÉ CONSULTATIF DE LA  CONVENTION­CADRE  POUR  LA  PROTECTION  DES  MINORITÉS  NATIONALES,  Deuxième  Avis  sur  le  Kosovo,  31 mai 2010,  doc n° ACFC/OP/II(2009)004, ad art. 4, spéc. par. 73 ss), le Tribunal a eu  l'occasion  de  préciser  que  l'exécution  du  renvoi  des  Roms,  Ashkalis  et  Egyptiens  albanophones  au  Kosovo  est,  en  règle  générale,  raisonnablement  exigible,  pour autant  qu'un  examen  individualisé,  prenant  en  considération  un  certain  nombre  de  critères  (état  de  santé,  âge, formation professionnelle, possibilité concrète de réinstallation dans  des  conditions économiques décentes,  réseau social  et  familial),  ait  été  effectué sur place, au Kosovo.  8.4.2. L'intéressé est originaire du village de H._______, à proximité de la  ville de K._______, dans le district de M._______. Selon les informations  à  disposition  du  Tribunal  (cf. notamment  Community  Profile  Kosovo  Roma, Organization  for Security  and Cooperation  in Europe, Mission  in  Kosovo, février 2011), la sécurité des Roms au sein de la collectivité est  garantie  dans  cette  région,  une  seule  agression  à  caractère  a  priori  gratuit  contre  un  membre  de  la  communauté  en  question  ayant  été 

D­7206/2010 Page 18 répertoriée  pour  toute  l'année  2010.  Par  ailleurs,  les  Roms  bénéficient  d'une  totale  liberté  de  mouvement  et  ont  sans  difficulté  accès  aux  transports  publics.  Certains  de  leurs  représentants  siègent  au  conseil  municipal  de  la  commune  de  M._______,  et  d'autres  font  partie  des  forces de police. Malgré  certaines entraves persistantes,  notamment en  cas d'absence de documents d'identité,  les Roms ont en principe accès  aux  services  publics,  à  l'aide  sociale,  à  l'éducation,  à  la  propriété,  à  la  justice  et  aux  soins  médicaux.  La  pratique  de  leur  religion  et  de  leurs  traditions  leur  est  en  outre  garanti.  L'accès  au  marché  du  travail  reste  néanmoins difficile pour  les Roms, essentiellement en  raison de déficits  en matière d'éducation et de formation. En ce qui concerne le retour des Kosovars émigrés, qu'ils soient Roms ou  qu'ils  appartiennent  à  d'autres  communautés,  les  conditions  d'accueil  dans  leur  pays  d'origine  sont  en  constante  amélioration  (cf. notamment  Municipal responses to displacement and returns in Kosovo, Organization  for  Security  and  Cooperation  in  Europe,  Mission  in  Kosovo,  novembre  2010). La loi kosovare garantit ainsi à toute personne déplacée le droit de  se réinstaller dans son pays et de récupérer ses biens. Afin de rendre cet  objectif  possible,  des  groupes  de  travail  locaux  ont  été  constitués,  soutenus par un ministère spécialement affecté à cette tâche (Ministry of  Communities  and  Returns).  Des  directives  ont  également  été  édictées,  afin notamment de définir  les rôles et  les responsabilités des différentes  entités  amenées à œuvrer  pour  faciliter  le  retour  des anciens migrants.  L'une  d'entre  elles  concerne  spécifiquement  les  Roms,  ainsi  que  les  Ashkalis  et  les Egyptiens  (Strategy  for  the  Integration  of Roma, Ashkali  and  Egyptian  Communities  in  the  Republic  of  Kosovo  [2009­2015],  décembre  2008).  Il  va  de  soi  que  la  mise  en œuvre  des  programmes  adoptés prend du temps et s'avère difficile, chaque district  / municipalité  avançant à son  rythme et avec plus ou moins de moyens et de volonté  politique.  De  fait,  malgré  ces  avancées,  les  conditions  de  retour  des  Kosovars émigrés dans leur pays sont encore loin d'être optimales. Dans  le  district  de M._______,  trois municipalités  sur  six  avaient  déjà mis  en  place  un  programme  d'aide  au  retour  en  2009  (à  savoir  M._______,  P._______  et  K._______),  à  travers  par  exemple  l'organisation  de  séances  d'information  et  de  visites  des  lieux  appelés  à  accueillir  les  arrivants,  le  soutien  plus  concret  de  cas  particuliers,  la  promotion  du  dialogue  interethnique,  ou  encore  la  mise  en  place  d'une  base  de  données  des  personnes  concernées.  Les  municipalités  en  question  coopèrent  par  ailleurs  directement  avec  des  organisations  non  gouvernementales actives sur place.

D­7206/2010 Page 19 8.4.3. In casu, conformément à la jurisprudence précitée (ATAF 2007/10),  l'ODM a effectué une enquête sur place, en date du 4 mai 2010, dont les  résultats  ont  déjà  été  évoqués  (cf. K.a.).  L'intéressé  étant  désormais  divorcé de son ex­femme, on ne saurait exiger de lui qu'il s'installe chez  les frères de cette dernière. Toutefois, le dossier enseigne que malgré la  séparation  intervenue entre  les deux époux, ces derniers ont continué à  se soutenir dans  les difficultés  traversées depuis  (cf. aussi  la démarche  du  8  janvier  2010  émanant  de  B._______  réclamant  que  ses  quatre  enfants portent  désormais  le nom de  leur père). On ne saurait  dès  lors  considérer que le recourant risque d'être entièrement livré à lui­même en  cas  de  retour  au  Kosovo.  Sa  maison  à  H._______  a,  il  est  vrai,  été  détruite,  de  sorte  qu'il  ne  dispose  pas  de  logement  sur  place,  mais  uniquement du terrain. Cela étant, il dispose néanmoins d'une expérience  professionnelle variée, contrairement à de nombreux Roms du Kosovo. Il  bénéficie de deux formations professionnelles (soudeur et chauffeur) et a  notamment exercé plusieurs activités en Suisse (il travaille en ce moment  en qualité de chauffeur dans une entreprise à Q._______).  Il est encore  jeune  et  ne  souffre  pas  de  problèmes  de  santé  particuliers.  Il  parle  albanais,  sa  langue  maternelle,  et  a  de  bonnes  connaissances  de  langues étrangères  (allemand et  français), suite à ses divers séjours en  Europe. Dans ces conditions, au vu également des programmes d'accueil  existant dans le district de M._______, mis spécifiquement en place dans  le but d'encourager et de faciliter le retour des émigrés, l'intéressé devrait  être  en  mesure,  à  terme,  de  se  réinsérer  professionnellement  et  de  subvenir à ses besoins au Kosovo. En attendant de trouver une certaine  stabilité,  l'argent  épargné  en  Suisse,  l'aide  éventuelle  au  retour,  l'aide  financière  de  l'important  réseau  familial  sur  lequel  il  peut  compter  à  l'étranger, ainsi que l'aide sociale sur place en dernier recours, devraient  lui  permettre  de  vivre  dans  des  conditions  décentes,  notamment  de  trouver  une  solution  temporaire  pour  se  loger.  Dans  ce  contexte,  la  reconstruction d'un  logement adapté à ses besoins sur  le  terrain dont  il  est propriétaire semble également exigible. Concernant sa réintégration, il  sied  de  préciser  qu'il  dispose  d'un  certificat  de  naissance,  établi  par  la  MINUK.  Ainsi,  il  devrait  pouvoir  bénéficier  des  avantages  qui  en  découlent,  notamment  en  matière  d'accès  aux  services  publics  et  aux  programmes  d'accueil  en  vigueur  dans  le  district  de  M._______.  Concernant  les autres facteurs de réintégration,  la communauté rom est  présente dans la région, notamment dans le village de H._______, et ne  subit pas de discriminations particulières, de telle sorte que la réinsertion  de l'intéressé devrait en être facilitée. Finalement, il pourra bénéficier sur  place  de  la  présence  de  ses  enfants  C._______,  E._______  et 

D­7206/2010 Page 20 F._______,  et  dans une moindre mesure  de  son ex­femme B._______,  dont  les  recours  en  matière  d'asile  et  d'exécution  du  renvoi  sont  intégralement  rejetés  par  arrêts  séparés  de  ce  jour  (D­7074/2010,  D­7076/2010 et D­7082/2010). On notera que le recourant ne saurait se  targuer  d'une  intégration  en  Suisse  particulièrement  réussie,  au  vu  notamment de la condamnation pénale dont il a écopé en 2009 et du fait  qu'il est défavorablement connu de la police. Le  Tribunal  a  conscience  des  difficultés  engendrées  par  un  retour  du  recourant dans son pays d'origine. Sans vouloir minimiser ces difficultés,  le Tribunal estime cependant que les chances de réinsertion sont réelles  et qu'en tout état de cause, A._______ ne sera nullement exposé à une  mise en danger concrète au sens de la jurisprudence précitée, en cas de  renvoi dans son pays. Dans ce contexte, il sied encore de relever que les  motifs résultant de difficultés consécutives à une crise socio­économique  (pauvreté, conditions d'existence précaires, difficultés à trouver un emploi  et  un  logement,  revenus  insuffisants,  absence  de  toute  perspective  d'avenir) ou à la désorganisation, à la destruction des infrastructures ou à  des problèmes analogues auxquels, dans le pays concerné, chacun peut  être  confronté,  ne  suffisent  pas,  en  soi,  à  réaliser  une mise  en  danger  concrète  (cf.  dans  ce  sens  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­ 5182/2008  du  1er  décembre  2008  p. 7,  JICRA 2005  n° 24  consid. 10.1.  p. 215, JICRA 2003 n° 24 consid. 5e p. 159).  A  ce  propos,  les  autorités  d'asile  peuvent  exiger  un  certain  effort  de  la  part de personnes dont l'âge et l'état de santé doivent leur permettre, en  cas  de  retour,  de  surmonter  les  difficultés  initiales  pour  se  trouver  un  logement  et  un  travail  qui  leur  assure  un minimum  vital  (cf. notamment  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  D­5511/2006  du  29 juin 2010  consid. 6.4.1 et jurisp. cit.). 8.5. Ainsi, l'exécution du renvoi du recourant dans son pays d'origine est  raisonnablement exigible. 9.  9.1. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter  la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers,  ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 9.2. En l'occurrence,  l'intéressé est tenu d'entreprendre, en collaboration  avec  les  autorités  cantonales  d'exécution  du  renvoi,  toute  démarche 

D­7206/2010 Page 21 nécessaire auprès de  la représentation de son pays d'origine en vue de  l'obtention  de  documents  de  voyage  lui  permettant  de  quitter  la  Suisse  (art. 8 al. 4 LAsi). 9.3.  Ainsi,  l'exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles  insurmontables d'ordre technique et s'avère également possible au sens  de l'art. 83 al. 2 LEtr. 10.  Il s'ensuit que le recours, en tant qu'il conteste la décision d'exécution du  renvoi, doit être également rejeté. 11.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure,  s'élevant à Fr. 600.­, à la charge du recourant, conformément aux art. 63  al. 1 PA, 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2). (dispositif page suivante) 

D­7206/2010 Page 22 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge du  recourant. Ils sont compensés par son avance de même montant versée  le 1er décembre 2010. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : Gérald Bovier Mathieu Ourny Expédition :

D-7206/2010 — Bundesverwaltungsgericht 29.08.2011 D-7206/2010 — Swissrulings