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Bundesverwaltungsgericht 03.02.2012 D-6728/2011

3 février 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·731 mots·~4 min·1

Résumé

Asile et renvoi

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­6728/2011 Arrêt   d u   3   février   2012 Composition Claudia Cotting­Schalch (juge unique),  avec l'approbation de Yanick Felley, juge, Joanna Allimann, greffière. Parties A._______, né le […], Turquie,  représenté par B._______, recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,  autorité inférieure Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 8 novembre 2011 /  N […].

D­6728/2011 Page 2 Vu la demande d'asile déposée en Suisse par A._______, le 17 juin 2011, les procès­verbaux des auditions du 1er juillet 2011 (audition sommaire au  Centre  d'enregistrement  et  de  procédure  [CEP]  de  Vallorbe  et  audition  fédérale directe sur les motifs de la demande d'asile), la décision de l'ODM du 8 novembre 2011, le recours interjeté par l'intéressé en date du 14 décembre 2011, l'attestation  du  […],  établie  par  le  Président  du  Parti  pour  la  paix  et  la  démocratie  (BDP)  de  la  section  de  C._______,  selon  laquelle  les  membres  de  cette  section  auraient  été  interrogés  au  sujet  de  l'adresse  actuelle du recourant, la  décision  incidente  du  19 décembre  2011,  par  laquelle  le  juge  instructeur,  considérant  que  les  conclusions  du  recours  apparaissaient  d'emblée vouées à l'échec, a rejeté les demandes d'assistance judiciaire  partielle et totale présentées par l'intéressé et a requis le versement d'une  avance  d'un  montant  de  Fr.  600.­­  en  garantie  des  frais  de  procédure  présumés, jusqu'au 4 janvier 2012, le versement de cette somme par le recourant, le 3 janvier 2012, et considérant que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021)  prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF, qu'en particulier,  le Tribunal statue de manière définitive sur  les  recours  formés contre  les décisions  rendues par  l’ODM en matière d’asile et de  renvoi de Suisse (cf. art. 33 let. d LTAF, applicable par renvoi de l'art. 105  LAsi, en relation avec l'art. 6a al. 1 LAsi, et art. 83 let. d ch. 1 de la loi du  17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110] ; Arrêt du Tribunal  [ATAF] 2007/7 consid. 1.1 p. 57), que l'intéressé a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA),

D­6728/2011 Page 3 que, présenté dans  la  forme  (cf. art. 52 PA) et  le délai  (cf. art. 108 al. 1  LAsi) prescrits par la loi, le recours est recevable, que sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de leurs opinions politiques (art. 3 al. 1 LAsi), que  quiconque  demande  l’asile  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié  (art. 7  al. 1  LAsi),  que  ne  sont  pas  vraisemblables notamment  les allégations qui, sur des points essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent pas aux faits ou qui reposent de manière déterminante sur  des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7 al. 3 LAsi), qu'au  cours  de  ses  auditions,  A._______,  d'ethnie  kurde  et  de  religion  musulmane,  a  déclaré  avoir  vécu  à  C._______  depuis  sa  naissance  jusqu'en  2009 ;  membre  du  BDP  depuis  2007,  il  aurait  participé  à  de  nombreuses  réunions  et  manifestations ;  lors  de  la  fête  du  Newroz  en  2009,  il aurait été arrêté par des policiers en civil, qui  lui auraient bandé  les  yeux et  l'auraient  emmené dans un endroit  inconnu,  où  il  aurait  été  interrogé  au  sujet  de  ses  contacts  au  sein  du  BDP  ainsi  que  des  organisateurs  de  la  manifestation,  torturé  puis  relâché  après  quelques  heures ; deux jours plus tard, après avoir consulté un médecin, il se serait  rendu au poste de police de C._______ afin de porter plainte contre  les  policiers  qui  l'avaient  maltraité,  mais  aucune  enquête  n'aurait  été  ouverte ;  il  serait  alors  parti  se  réfugier  dans  le  village  de  son  père,  D._______, où il serait resté 2 à 3 mois ; celui­ci l'ayant alors appelé pour  l'avertir que des policiers  le  recherchaient,  il se serait  rendu au  local du  BDP  afin  d'obtenir  de  l'aide,  et  aurait  été  envoyé  à E._______  pour  se  cacher ; vers la fin 2010, alors qu'il se trouvait toujours dans cette ville, il  aurait participé à une manifestation au cours de  laquelle  la police serait  intervenue en  lançant des bombes  lacrymogènes  (ou en giclant  la  foule  avec de  l'eau, selon  les versions  rapportées) ;  les manifestants auraient  alors riposté avec des cocktails Molotov, et une caméra de police aurait  enregistré  l'événement ;  le  jour  suivant,  le  père  de  l'intéressé  l'aurait  appelé  pour  lui  dire  que  des  policiers  le  recherchaient  car  ils  l'avaient  identifié  sur une vidéo ;  il  se  serait  donc enfui  à F._______,  où  il  aurait  participé, au début 2011, à une nouvelle manifestation du BDP ; afin de  se  protéger  de  tirs  provenant  d'une  voiture  de  police,  il  aurait  lancé  un  cocktail  Molotov  sur  celle­ci,  de  sorte  qu'elle  aurait  pris  feu ;  il  serait 

D­6728/2011 Page 4 parvenu à s'enfuir et se serait rendu à G._______, d'où il aurait quitté son  pays d'origine, le 13 mai 2011, que  l'ODM, dans sa décision du 8 novembre 2011, a rejeté  la demande  d'asile  déposée  par  A._______,  considérant  que  les  motifs  invoqués  n'étaient  pas  vraisemblables  au  sens  de  l'art.  7  LAsi,  a  prononcé  son  renvoi de Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure, que, dans le recours interjeté le 14 décembre 2011, l'intéressé a conclu à  l'annulation de la décision de l'ODM, à la reconnaissance de la qualité de  réfugié et à l'octroi de l'asile, subsidiairement au prononcé de l'admission  provisoire, ainsi qu'à l'octroi de l'assistance judiciaire partielle et totale, et  a  contesté  l'argumentation  développée  par  l'autorité  de  première  instance, que,  tout  d'abord,  il  est  peu  probable  que  le  recourant,  s'il  s'était  réellement senti menacé, ait attendu deux ans avant de quitter la Turquie  et  ait  continué  ­  pendant  ce  temps  ­  à  participer  à  des  manifestations  d'opposition, alors qu'il a prétendu devoir se cacher (cf. pv audition CEP  p. 1 et pv audition fédérale p. 2 et 6), que  l'attestation établie  le  […] par  le Président de  la section du BDP de  C._______, censée attester les recherches engagées à son encontre, n'a  aucune  valeur  probante,  dans  la  mesure  où  elle  n'a  aucun  caractère  officiel et semble avoir établi uniquement pour les besoins de la cause,  que les autres documents, à savoir les extraits de rapports et d'articles de  presse cités ne se rapportent pas directement à sa situation personnelle,  de sorte qu'ils ne sont pas pertinents en l'espèce, que cela étant, l'allégation de l'intéressé selon laquelle il serait recherché  par les autorités turques se limite à une simple affirmation, laquelle n'est  étayée par aucun élément concret, qu'en outre, ce n'est que par  l'entremise de son père que le recourant a  été  informé  des  recherches  dont  il  faisait  l'objet ;  qu'or,  de  pratique  constante, le simple fait d'avoir appris par des tiers que l'on est recherché  ne  suffit  pas  pour  établir  l'existence  d'une  crainte  fondée  de  future  persécution  (cf. dans  ce  sens  ALBERTO  ACHERMANN /  CHRISTINA  HAUSAMANN, Les notions d'asile et de réfugié en droit suisse,  in : Walter  Kälin [éd.], Droit des réfugiés, enseignement de 3ème cycle de droit 1990,  Fribourg  1991,  p. 23ss,  spéc. 44 ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des  Asylverfahrens, Bâle / Franfort­sur­le­Main 1990, p. 144s.),

D­6728/2011 Page 5 que, comme déjà relevé dans la décision incidente du 19 décembre 2011,  les explications fournies par A._______ dans son recours ne sont pas de  nature à conférer une plus grande vraisemblance à son récit, que, pour le reste,  il convient, dans le cadre d'une motivation sommaire,  de  renvoyer  aux  arguments  développés  par  l'autorité  intimée  au  considérant  I  de sa décision du 8 novembre 2011, dès  lors que ceux­ci  sont  suffisamment  explicites  et motivés  et  que  l'intéressé  n'a  avancé  à  l'appui de son recours aucun motif fondé pour les contester, que cela étant, c'est à juste titre que l'ODM a retenu que les propos tenus  par  A._______  ne  satisfaisaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  définis à l'art. 7 LAsi, qu’il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  le  refus  de  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  d'octroi  de  l'asile,  doit  être  rejeté, qu’aucune des conditions de l’art. 32 de l'Ordonnance 1 du 11 août 1999  sur l'asile relative à la procédure (OA 1, RS 142.311) n’étant réalisée, en  l'absence notamment d'un droit du recourant à une autorisation de séjour  ou  d'établissement,  l'autorité  de  céans  est  tenue  de  confirmer  le  renvoi  (art. 44 al. 1 LAsi), que  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­refoulement de l'art. 5 LAsi, dès lors que, comme exposé plus haut,  aucun élément au dossier ne permet de penser qu'en cas de retour dans  son pays d'origine, le recourant serait exposé à de sérieux préjudices au  sens de l'art. 3 LAsi, que,  pour  les  mêmes  raisons,  le  recourant  n'a  pas  été  en  mesure  de  démontrer  qu'il  existerait  pour  lui  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d'être  victime, en cas de  retour dans son pays d'origine,  de  traitements  inhumains ou dégradants  (art.  3 de  la Convention du 4 novembre 1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme  et  des  libertés  fondamentales  [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984 contre  la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants  [Conv. torture, RS 0.105]), que  l'exécution du  renvoi s'avère donc  licite  (art. 44 al. 2 LAsi et art. 83  al. 3  de  la  Loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS 142.20] ; JICRA 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186s., et jurisp. cit.),

D­6728/2011 Page 6 qu'elle  est  également  raisonnablement  exigible  (art.  44  al.  2  LAsi  et  art. 83 al. 4 LEtr ;  JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s., et  jurisp.  cit.),  dans  la mesure où elle ne  fait pas apparaître, en  l'espèce, une mise en  danger concrète du recourant, qu'en  effet,  la  Turquie  ne  se  trouve  pas  actuellement  en  proie  à  une  guerre,  à  une  guerre  civile  ou  à  des  violences  généralisées  sur  l'ensemble de son territoire, qu'en  outre,  l'intéressé  est  jeune,  sans  charge  de  famille,  et  n'a  pas  allégué  ni  établi  qu'il  souffrait  de  problèmes  de  santé  particuliers  pour  lesquels  il  ne  pourrait  être  soigné  dans  son  pays  et  qui  seraient  susceptibles de rendre son renvoi inexécutable, qu'enfin, bien que cela ne soit pas décisif,  il dispose d'un réseau familial  en Turquie, composé à tout le moins de ses parents, de ses trois frères et  de sa sœur, ainsi que de ses oncles maternels (cf. pv audition CEP p. 3), que  l'exécution  du  renvoi  est  enfin  possible  (art.  83  al.  2  LEtr ;  JICRA  1997 n° 27 consid. 4a et b p. 207 s., et jurisp. cit.), le recourant étant tenu  d'entreprendre, en collaboration avec les autorités cantonales d'exécution  du renvoi, toute démarche nécessaire auprès de la représentation de son  pays  d'origine  en  vue  de  l'obtention  de  documents  de  voyage  lui  permettant de quitter la Suisse (art. 8 al. 4 LAsi), que le recours, en tant qu’il porte sur le renvoi et son exécution, doit ainsi  également être rejeté, que, s'avérant manifestement infondé, le recours peut être rejeté par voie  de procédure à juge unique avec l'approbation d'un second juge (art. 111  let.  e  LAsi),  sans  échange  d'écritures  (art.  111a  al.  1  LAsi),  et  l'arrêt  sommairement motivé (art. 111a al. 2 LAsi), que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge du recourant, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2), (dispositif page suivante)

D­6728/2011 Page 7 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.­­, sont mis à  la charge  du recourant. Ils sont compensés par l'avance de même montant versée  le 3 janvier 2012. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. Le juge unique : La greffière : Claudia Cotting­Schalch Joanna Allimann Expédition :

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