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Bundesverwaltungsgericht 02.09.2011 D-4211/2011

2 septembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·727 mots·~4 min·2

Résumé

Exécution du renvoi | Exécution du renvoi; décision de l'ODM du 8 juillet 2011

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour IV D­4211/2011 Arrêt   d u   2   sept emb r e   2011 Composition Gérard Scherrer, juge unique, avec l'approbation de Nina Spälti Giannakitsas, juge; William Waeber, greffier. Parties A._______, né le […], B._______, née le […], Serbie, recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure Objet Exécution du renvoi; décision de l'ODM du 8 juillet 2011 / […].

D­4211/2011 Page 2 Vu les demandes d'asile déposées en Suisse par  les  intéressés en date du  15 septembre 2009, les procès­verbaux des auditions des 18 septembre 2009 et 12 mai 2011,  dont  il  ressort en particulier que A._______ et B._______, d'ethnie  rom,  ont  quitté  leur  pays  en  raison  d'un  différend  foncier  avec  un  voisin,  d'ethnie  serbe,  la  dispute  ayant  dégénéré  en  bagarre  à  la  suite  de  laquelle les requérants auraient décidé de fuir, les  problèmes  de  santé  invoqués  par  B._______,  celle­ci  souffrant  de  troubles psychiques à  la suite de  la disparition de deux de ses enfants,  décédés en 1974 et en 2004, la  décision  du  8  juillet  2011,  par  laquelle  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile, motif  pris  que  les  allégations  des  intéressés,  contradictoires  sur  de nombreux faits, ne satisfaisaient pas aux exigences de vraisemblance  de l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), le même prononcé, par lequel l'autorité inférieure a prononcé le renvoi de  Suisse des requérants et a ordonné l'exécution de cette mesure, retenant  en particulier que les affections de B._______ pouvaient être traitées en  Serbie  et  que  celle­ci  bénéficiait  de  soutiens  de  nature  à  lui  assurer  le  financement de ses traitements médicaux, le  recours  du  27 juillet 2011,  en  matière  d'exécution  du  renvoi,  formé  contre cette décision, dans lequel l'intéressée soutient que, contrairement  à  ce  qu'a  retenu  l'ODM,  elle  ne  pourra  avoir  accès  dans  son  pays  aux  traitements  qui  lui  sont  nécessaires,  tant  en  raison  des  défaillances  du  système de soins en place que des discriminations dont  sont  l'objet  les  Roms, le  rapport  médical  du  11  novembre  2010  joint  au  recours,  posant  le  diagnostic  d'épisode  dépressif  sévère  avec  symptômes  psychotiques  et  mentionnant,  en  l'absence  d'un  traitement  adéquat,  le  risque  d'une  péjoration  de  l'état  de  santé  de  B._______  et  de  passage  à  l'acte  suicidaire, la  décision  incidente  du  5  août  2011,  par  laquelle  le  juge  instructeur  a  considéré  les  conclusions  du  recours  comme  étant  d'emblée  vouées  à  l'échec, a rejeté la demande d'assistance judiciaire partielle qui avait été  déposée simultanément au  recours et a octroyé aux  intéressés un délai 

D­4211/2011 Page 3 au 23 août 2011 pour verser la somme de Fr. 600.­ en garantie des frais  de procédure présumés, le paiement de ceux­ci, le 22 août 2011, et considérant que le Tribunal administratif  fédéral (le Tribunal), en vertu de l’art. 31 de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32), connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF, qu’en  particulier,  les  décisions  rendues  par  l’ODM  concernant  l’asile  peuvent être contestées, par renvoi de l’art. 105 LAsi, devant le Tribunal,  lequel,  sauf  l'exception  visée  à  l'art.  83  let.  d  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF,  RS  173.110]  et  non  réalisée  en  l'espèce, statue définitivement, que les intéressés ont qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA), que,  présenté  dans  la  forme  (art. 52  PA)  et  le  délai  (art. 108 al. 1 LAsi)  prescrits par la loi, le recours est recevable, qu’en  l'espèce,  les  recourants  n’ont  pas  recouru  contre  la  décision  de  l'ODM en tant qu'elle rejette leur demande d'asile et prononce leur renvoi,  de sorte que, sous ces angles, elle a acquis force de chose décidée, qu'il  reste  ainsi  à  examiner  si  l'exécution  du  renvoi  est  licite,  raisonnablement exigible et possible (cf. art. 44 al. 1 LAsi), que  l'exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement de l'art. 5 LAsi, les recourants n'ayant pas remis en cause la  décision de l'ODM en tant qu'elle portait sur la question de l'asile, que  les  intéressés n'ont pas non plus rendu crédible qu'il existerait pour  eux un véritable risque concret et sérieux d'être victimes, en cas de retour  dans  leur  pays  d'origine,  de  traitements  inhumains  ou  dégradants  (cf. art. 3 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits  de l’homme et des libertés fondamentales [CEDH, RS 0.101] et art. 3 de 

D­4211/2011 Page 4 la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou  traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]), que  leurs  motifs  d'asile  ont  en  effet  été  considérés  comme  étant  invraisemblables, ce qui n'est en rien contesté dans la recours, que  les obstacles à  l'exécution du  renvoi  invoqués dans celui­ci doivent  être  analysés  dans  le  cadre  de  l'examen  ayant  trait  à  l'exigibilité,  étant  précisé que l'appartenance à la minorité ethnique rom des intéressés ne  saurait, à elle seule, démontrer  la présence d'un risque tel que défini ci­ dessus (cf. considérants suivants), qu'en  aucun  cas,  par  ailleurs,  l'affection médicale  de  B._______  ne  se  révèle grave au point de considérer que l'exécution du renvoi serait illicite, qu'en effet, selon  la  jurisprudence de  la Cour européenne des droits de  l'homme  (cf. arrêt  du  27  mai  2008  en  l'affaire  N.  contre  Royaume­Uni,  publié sous n° 26565/05), le retour forcé d'une personne touchée dans sa  santé n'est susceptible de constituer une violation de l'art. 3 CEDH que si  elle se trouve à un stade avancé et terminal de sa maladie, au point que  la mort apparaît comme une perspective proche, qu'il  s'agit  de  cas  très  exceptionnels,  en  ce  sens  que  la  personne  doit  connaître un état  santé à ce point altéré que  l'hypothèse de son  rapide  décès après le retour confine à la certitude, et qu'elle ne peut espérer un  soutien d'ordre familial ou social, qu'une  telle  hypothèse  ne  se  présente  manifestement  pas  en  l'occurrence, que  l'exécution  du  renvoi  s'avère  donc  licite  (cf. art. 83  al. 3  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  [LEtr,  RS  142.20]);  JICRA 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s., et jurisp. cit.), qu'elle  est  également  raisonnablement  exigible  (art. 83  al. 4  LEtr;  JICRA 2003 n° 24 consid. 5 p. 157 s., et  jurisp. cit.), dans  la mesure où  elle ne fait pas apparaître, en l'espèce, une mise en danger concrète des  recourants, qu'en effet, la Serbie ne se trouve pas en proie à une guerre, une guerre  civile ou à une situation de violence généralisée,

D­4211/2011 Page 5 que, s'agissant de  la situation des Roms en Serbie,  le Tribunal n'ignore  pas  qu'en  dépit  d'efforts  importants  des  autorités  en  place  pour  promouvoir  l'égalité,  ceux­ci  sont  toujours  la  cible  de  diverses  discriminations, en particulier  sur  le plan de  l'éducation, du  travail  et du  logement, qui les placent dans une situation de précarité importante, qu'en  outre,  les  actes  de  violence  et  de  vandalisme  envers  les  Roms  demeurent,  selon  les  régions,  fréquents  et  ne  sont  pas  toujours  poursuivis avec la rigueur voulue, malgré une politique de sensibilisation  et  des  mesures  visant  en  particulier  à  rendre  plus  efficaces  les  interventions  de  la  police  (cf.  notamment,  pour  une  analyse  de  la  situation, arrêt du Tribunal administratif fédéral du 20 février 2009 dans la  cause D­7710/2006 et les sources citées), que  des  rapports  plus  récents  ne  font  pas  état  d'une  véritable  amélioration de la situation, qu'en  l'espèce, dans  le cadre de  leurs auditions sur  leurs motifs d'asile,  les intéressés n'ont pas fait état de réelles discriminations à leurs égards  ou de difficultés  importantes dans  leur quotidien, à  l'exception du conflit  les  ayant  prétendument  opposés  à  leur  voisin,  conflit  qui  est  apparu  manifestement invraisemblable, qu'ils proviennent de […] ou d'une localité proche de cette ville (selon les  versions fournies), où  il est à  l'évidence possible de soigner  les troubles  psychiques du type de ceux allégués par l'intéressée, qu'au  vu  des  dires  de  celle­ci,  elle  souffre  de  ces  troubles  depuis  de  longues années  (2004 en  tous  les cas), même si  la mise en place d'un  traitement médical ne semble être indiquée que depuis peu, que ce point n'est d'ailleurs pas contesté en soi, qu'au vu de ce qui précède, il n'existe aucun indice sérieux permettant de  retenir que le fait d'appartenir à l'ethnie rom privera B._______ de l'accès  aux soins qui lui sont nécessaires aujourd'hui, que les intéressés ont à cet égard encore invoqué les difficultés à trouver  un  emploi  et  leur  crainte  de  se  trouver  dans  une  situation  économique  précaire  ne  leur  permettant  notamment  pas  de  financer  le  traitement  médical de la recourante,

D­4211/2011 Page 6 qu'ils ont cependant tenu des propos grossièrement contradictoires en ce  qui concerne leurs conditions d'existence dans leur pays, qu'à  titre  d'exemple,  ils  ont  déclaré  tous  deux,  lors  de  leur  première  audition,  qu'ils  habitaient  à  […] de  longue date, au domicile du père de  A._______, que lors de sa seconde audition, celui­ci a affirmé qu'il avait une maison à  […], où il vivait avec l'intéressée depuis qu'il s'était marié avec elle, que celle­ci a déclaré qu'elle avait vécu depuis sa naissance à […], à 45  kilomètres de […], avec son mari est ses enfants, qu'elle  a  indiqué  qu'elle  s'entendait  bien  avec  ses  beaux­parents  et  qu'elle connaissait en outre le frère et la sœur de son mari, que A._______ a de son côté mentionné que ses parents n'aimaient pas  sa  femme  et  que  son  frère  la  détestait,  propos  une  nouvelle  fois  divergents de ceux de son épouse, que les intéressés ont par ailleurs de nombreux enfants, lesquels résident  en France, en Italie, en Allemagne ou dans leur pays d'origine, qu'ils ont encore d'autres membres de leur parenté proche dans celui­ci, que, dans ces conditions, ils bénéficieront ou continueront à bénéficier de  très nombreux soutiens, financiers notamment, que certes, le certificat médical produit au stade du recours fait état chez  l'intéressée de risque de passage l'acte suicidaire, qu'il  incombe toutefois aux thérapeutes de préparer dûment celle­ci à un  retour  dans  son  pays  et  aux  autorités  d'exécution  de  s'entourer  dans  leurs démarches des précautions que requiert la situation, que, comme l'a mentionné l'ODM, une aide médicale pourra en outre au  besoin être accordée au moment du départ de Suisse, que  l'affection  médicale  de  la  recourante  ne  fait  ainsi  pas  obstacle  au  renvoi, que l'exécution de celui­ci est enfin possible au sens de l'art. 83 al. 2 LEtr  (JICRA  2006  no  15  consid.  3.1  p.  163 s.,  JICRA  1997  no 27 

D­4211/2011 Page 7 consid. 4a et b  p. 207 s.,  et  jurisp.  cit.),  les  recourants  étant  tenus  de  collaborer  à  l'obtention  de  documents  de  voyage  leur  permettant  de  retourner dans leur pays d'origine (art. 8 al. 4 LAsi), que le recours doit ainsi être rejeté, que s'avérant manifestement  infondé,  il est rejeté dans une procédure à  juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi), qu'il  est  dès  lors  renoncé  à  un  échange  d'écritures,  le  présent  arrêt  n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la  charge des recourants, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b  du  règlement  du  21 février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2), (dispositif page suivante)

D­4211/2011 Page 8 le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600, sont mis à la charge des  recourants. Ils sont compensés avec l'avance de frais du même montant  versée le 22 août 2011. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : Gérard Scherrer William Waeber Expédition :

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