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Bundesverwaltungsgericht 23.01.2012 D-4114/2009

23 janvier 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,105 mots·~6 min·2

Résumé

Asile et renvoi | Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 20 mai 2009

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour IV D­4111/2009, D­4112/2009,  D­4113/2009 et D­4114/2009 Arrêt   d u   2 3   janvier   2012 Composition Claudia Cotting­Schalch (présidente du collège),  François Badoud et Fulvio Haefeli, juges; Joanna Allimann, greffière. Parties A._______, née le […], et ses enfants B._______, né  le […], C._______, né le […], D._______, née le […],  E._______, né le […], et F._______, née le […], Syrie, tous représentés par G._______, avocat,  recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,  autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi; décisions de l'ODM du 20 mai 2009 /  N […], N […], N […] et N […].

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 2 Faits : A.  Le 30 octobre 2007, A._______, accompagnée de ses fils B._______ et  C._______, a déposé une demande d'asile au Centre d'enregistrement et  de procédure (CEP) de Bâle.  Le  même  jour,  trois  autres  de  ses  enfants,  D._______,  E._______  et  F._______, ont également déposé des demandes d'asile en Suisse. Etant  majeurs, ils ont fait l'objet de procédures séparées. Entendue  les  8  novembre  2007  (ci­après  :  audition  CEP)  et  12  février  2008 (ci­après : audition fédérale), A._______, d'ethnie […] et de religion  […],  a  déclaré  être  née  et  avoir  toujours  vécu  à  H._______,  dans  le  district  de  I._______.  Comme  de  nombreux  autres  membres  de  sa  famille,  elle  aurait  apporté  son  soutien  au  Parti  des  travailleurs  du  Kurdistan  (PKK),  depuis  […].  Après  l'arrestation  d'Abdullah  Öcalan,  fondateur  du  PKK,  les  autorités  syriennes  auraient  commencé  à  faire  pression  sur  sa  famille,  l'accusant  d'organiser  des  activités  répréhensibles  dans  la  région.  En  2004,  lors  des  événements  de  Qamishli, son époux – J._______ ­ aurait été arrêté et détenu durant une  semaine.  Depuis  lors,  des milliers  de  soldats  auraient  été  stationnés  à  H._______,  et  deux  postes  militaires  auraient  été  installés  dans  le  quartier  où vivaient  la  requérante et  sa  famille. Un  jour du mois de  […]  2007,  les  deux  filles  de  l'intéressée  auraient  été  interpellées  par  des  soldats, alors qu'elles rentraient chez elles. Ceux­ci les auraient insultées  et brimées. Elles se seraient alors immédiatement rendues sur le lieu de  travail de leur père et de leur frère K._______, afin de leur raconter ce qui  s'était passé. Blessés dans  leur honneur, ces derniers auraient pris des  barres  de  fer  et  seraient  allés  frapper  les  soldats  pour  se  venger,  puis,  profitant de  la cohue qui s'était  formée, se seraient enfuis. Sachant que  leur  comportement  était  répréhensible,  ils  se  seraient  cachés  dans  le  village de L._______. Durant deux mois,  les autorités syriennes seraient  venues  tous  les  jours  au  domicile  familial  pour  les  rechercher.  N'ayant  plus  d'espoir  que  la  situation  s'apaise,  ils  se  seraient  enfuis  pour  M._______, en […] 2007. Lors de la rentrée scolaire, en septembre 2007,  les  enfants  de  la  requérante  auraient  été  renvoyés  de  leurs  écoles  respectives, à cause de la fuite de leur père et de leur frère ainsi que pour  des motifs politiques. Ne voyant aucun avenir en Syrie, l'intéressée aurait  quitté illégalement son pays avec ses enfants, le 18 octobre 2007.  Entendus  à  leur  tour,  C._______,  D._______,  E._______  et  F._______  ont confirmé les dires de leur mère.

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 3 A  l'appui  de  sa  demande,  A._______  a  produit  sa  carte  d'identité  ainsi  que son  livret  de  famille. D._______, E._______ et F._______,  quant à  eux, ont produits leurs cartes d'identité. B.  En date du 25 novembre 2008, l'ODM a diligenté une enquête auprès de  l'Ambassade de Suisse à Damas, afin de vérifier les dires des requérants. Dans son rapport du 27 janvier 2009, la représentation suisse précitée a  en particulier relevé que A._______, C._______, D._______, E._______  et F._______ étaient titulaires de passeports syriens établis à I._______,  qu'ils  avaient  quitté  légalement  la Syrie  pour N._______  le  […]  2007 et  qu'ils n'étaient pas  recherchés par  les autorités syriennes, pas plus que  leur époux et père, J._______.  C.  Le 4 février 2009, l'ODM a accordé aux intéressés le droit d'être entendu  au sujet des renseignements fournis par l'ambassade. Dans  leur  courrier  du  8  avril  2009,  ceux­ci  ont  expliqué  qu'ils  étaient  effectivement  arrivés  en  N._______  le  […]  2007  et  qu'ils  y  était  restés  durant deux semaines avant de pouvoir  rejoindre  la Suisse à  l'aide d'un  passeur,  lequel avait pris  leurs passeports. En outre,  ils ont rappelé que  leur famille s'était fortement engagée en faveur de la cause kurde, tant en  Syrie qu'en Suisse. A cet égard, ils ont produit les documents suivants : – un témoignage d'un représentant du PYD en Suisse, daté du 12 mars  2009,  lequel  indique  qu'il  connait  bien  la  famille  […]  et  qu'il  a  pu  constater  son engagement  sincère et assidu pour  la  cause kurde et  les valeurs démocratiques, tant en Syrie qu'en Suisse; – des  attestations  du  Parti  de  l'Union  Démocratique  Kurde  (PYD),  datées des 20 et 25 mars 2009, indiquant que A._______, D._______  et  F._______  en  sont  sympathisants,  et  que  E._______  en  est  membre; – des  photographies  de  A._______,  D._______,  E._______  et  F._______ prises lors de fêtes de Newroz en Syrie ainsi que lors de  manifestations organisées par le PYD en Suisse; – deux photographies de l'oncle de A._______, O._______,  l'une prise  lors d'un camp d'entraînement au P._______ en  […], en compagnie 

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 4 d'Abdullah Öcalan et d'autres cadres du PKK, et l'autre en […] ou […]  avec d'autres combattants du comité régional du PKK de H._______; – deux photographies de J._______, prises en  […] environ,  l'une où  il  se  trouve  en  compagnie  d'Abdullah  Öcalan  à  P._______  et  l'autre  avec un ami d'un camp du PKK, toujours à P._______. D.  Par  décisions  séparées  du  20 mai  2009,  l'ODM  a  rejeté  les  demandes  d'asile  déposées  par  A._______,  B._______,  C._______,  D._______,  E._______  et  F._______,  prononcé  leur  renvoi  de  Suisse  et  ordonné  l'exécution  de  cette mesure.  Dit  office  a  relevé  que  les  allégations  des  intéressés  ne  satisfaisaient  pas  aux  conditions  de  vraisemblance  de  l'art. 7 de la loi fédérale du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31). Par  ailleurs,  il  a  estimé  que  l'exécution  du  renvoi  des  intéressés  en  Syrie  s'avérait licite, raisonnablement exigible et possible.  E.  Dans  les  recours qu'ils ont  interjeté  le 24  juin 2009 contre  les décisions  précitées,  les intéressés ont conclu à la reconnaissance de la qualité de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'une  admission provisoire. Par ailleurs, ils ont soutenu que l'exécution de leur  renvoi en Syrie s'avérait illicite, voire inexigible.  F.  Par décisions  incidentes du 6  juillet 2009,  le  juge  instructeur a constaté  que  les  recourants  étaient  autorisés  à  attendre  en  Suisse  l'issue  de  la  procédure et a renoncé à percevoir une avance de frais. G.  Invité à se prononcer sur  les recours,  l'ODM en a proposé le rejet, sans  autre explication, dans ses déterminations du 31 juillet 2009. Celles­ci ont  été transmise aux intéressés pour information le 17 août suivant. H.  Par  courrier  daté  du  20  juin  2011,  les  recourants  ont  produit  des  photographies  du  cousin  de  A._______,  Q._______,  et  de  son  oncle,  O._______,  vêtus  de  tenues  de  combattants  du  PKK,  ainsi  que  des  copies de photographies de D._______, E._______ et F._______, prises  lors  de  manifestations  organisées  en  Suisse  les  […]  et  […]  contre  les  violations des droits humains par le régime syrien. 

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 5 I.  Par  ordonnances  du  29  août  2011,  le  juge  instructeur  a  demandé  à  l'autorité  inférieure  de  se  prononcer  une  nouvelle  fois  sur  les  recours  interjetés  le  24  juin  2009,  compte  tenu  notamment  des  nouveaux  documents produits par  les  recourants et  de  la  situation prévalant  alors  en Syrie. J.  Par  décisions  du  14  septembre  2011,  l'ODM  a,  en  reconsidération  partielle de ses décisions du 20 mai 2009, annulé les points 1, 4 et 5 du  dispositif de celles­ci, reconnu la qualité de réfugié des recourants, sans  toutefois  leur  accorder  l'asile,  et  prononcé  leur  admission provisoire,  en  raison de l'illicéité de l'exécution de leur renvoi. K.  Invités  à  se  prononcer  sur  la  suite  qu'ils  entendaient  donner  à  la  procédure,  les  intéressés  ont,  par  courrier  du  7  octobre  2011,  déclaré  maintenir les conclusions de leurs recours en matière d'asile. L.  Par décision incidente du 31 octobre 2011, le juge instructeur a prononcé  la  jonction  des  causes  de  A._______,  D._______,  E._______  et  F._______. M.  Les autres faits et arguments de la cause seront examinés, si nécessaire,  dans les considérants qui suivent. Droit : 1.  1.1. Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17 juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  :  le  Tribunal),  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens  de  l'art. 5  de  la loi fédérale  du  20 décembre 1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, RS 172.021), prises par  les autorités mentionnées à  l'art. 33 LTAF.  En particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent  être contestées devant le Tribunal, lequel statue alors définitivement, sauf  demande d'extradition déposée par l'Etat dont le requérant cherche à se 

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 6 protéger (art. 105 en relation avec  l'art. 6a al. 1 de  la  loi du 26 juin 1998  sur l'asile [LAsi, RS 142.31], art. 33 let. d LTAF et art. 83 let. d ch. 1 de la  loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 [LTF, RS 173.110]).  1.2. Le Tribunal examine librement en la matière le droit public fédéral, la  constatation  des  faits  et  l'opportunité,  sans  être  lié  par  les  arguments  invoqués à  l'appui  du  recours  (art. 106 al. 1  LAsi  et  art. 62 al. 4 PA par  renvoi de l'art. 6 LAsi et de l'art. 37 LTAF) ni par la motivation retenue par  l'autorité de première instance (ATAF 2009/57 consid. 1.2 p. 798; cf. dans  le même sens Jurisprudence et informations de la Commission suisse de  recours en matière d'asile [JICRA] 2002 n° 1 consid. 1a p. 5). Il peut ainsi  admettre un recours pour un autre motif que ceux invoqués devant lui ou  rejeter un recours en adoptant une argumentation différente de  l'autorité  intimée (ATAF 2007/41 consid. 2 p. 529 s.). 1.3. Saisi d'un recours contre une décision de  l'ODM rendue en matière  d'asile, le Tribunal tient compte de la situation et des éléments tels qu'ils  se  présentent  au  moment  où  il  se  prononce  (cf. ATAF  2010/57  consid. 2.6,  ATAF  2009/29  consid.  5.1  i. i.,  ATAF  2008/12  consid. 5.2,  ATAF  2008/4  consid. 5.4;  Jurisprudence  et  Informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d'asile  [JICRA]  2000  n° 2  p. 20).  Ce  faisant,  il  prend  en  considération  l'évolution  de  la  situation  intervenue depuis le dépôt de la demande d'asile.  2.  Les  intéressés  ont  qualité  pour  recourir.  Présenté  dans  la  forme  et  le  délai  prescrits  par  la  loi,  les  recours  sont  recevables  (art. 48 al. 1  et  52  al. 1 PA et art. 108 al. 1 LAsi).  3.  En  date  du  14  septembre  2011,  l'ODM a  reconsidéré  partiellement  ses  décisions  du  20  mai  2009.  Dit  office  a  estimé  que  les  recourants  remplissaient les conditions nécessaires à la reconnaissance de la qualité  de réfugié, compte tenu notamment des activités politiques déployées en  Suisse depuis 2007 par D._______, E._______ et F._______. B._______  et C._______, quant à eux, se sont vus reconnaître la qualité de réfugié  en vertu du principe de l'unité de la famille, au sens de l'art. 51 al. 1 LAsi.  L'ODM a toutefois retenu que des motifs d'exclusion faisaient obstacle à  l'octroi de l'asile, au sens de l'art. 54 LAsi. Il a donc prononcé le renvoi de  Suisse des intéressés mais a considéré que l'exécution de cette mesure  était illicite, raison pour laquelle il a prononcé leur admission provisoire. 

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 7 Dans ces conditions, seules demeurent litigieuses les questions relatives  à l'octroi de l'asile ainsi qu'au principe du renvoi. 4.   4.1. En  l'espèce,  les  recourants ont en substance allégué avoir quitté  la  Syrie  parce que  leur  époux et  fils,  respectivement  père  et  frère,  étaient  recherchés  par  les  autorités  syriennes  pour  avoir  frappé  des  soldats,  qu'ils recevaient régulièrement la visite de policiers à leur domicile, et que  chacun  des  enfants  de  la  famille  avait  été  renvoyé  de  son  école,  notamment pour des motifs politiques.  4.2.  Ainsi  que  l'a  relevé  l'ODM  à  juste  titre,  de  nombreux  éléments  d'invraisemblance apparaissent dans le récit des intéressés, de sorte que  les  problèmes  qu'ils  auraient  rencontrés  avant  leur  départ  de  Syrie  semblent ne pas être crédibles. Cette question peut toutefois être laissée  ouverte, au regard de ce qui suit. 4.3. En effet,  invité à se déterminer une seconde  fois sur  les présentes  causes par ordonnances du 29 août 2011, en tenant compte notamment  des  nouveaux  documents  produits  par  les  recourants  et  de  la  situation  prévalant  alors  en  Syrie,  l'ODM,  dans  ses  décisions  du  14  septembre  2011, a  reconsidéré partiellement  ses décisions du 20 mai 2009. Au vu  des  activités  politiques  exercées  en  Suisse  par  les  intéressés,  il  leur  a  reconnu  la  qualité  de  réfugié,  sur  la  base de motifs  subjectifs  survenus  après  la  fuite,  au  sens  de  l'art. 54  LAsi,  et  a  prononcé  leur  admission  provisoire.  En revanche, l'autorité inférieure ne s'est pas prononcée sur l'état actuel  de  la  situation  en  Syrie,  à  savoir  sur  la  possibilité  d'un  changement  objectif de circonstances depuis le prononcé de ses décisions du 20 mai  2009  et  l'incidence  de  celui­ci  sur  la  situation  des  recourants  dont  notamment  les  risques  actuellement  encourus  par  ces  derniers  au  vu  profil politique de leur famille d'origine kurde.  La situation prévalant dans ce pays a pourtant considérablement évolué  depuis lors. En effet, la vague de protestations populaires dans le monde  arabe a atteint la Syrie dès mars 2011. Depuis lors, le pays traverse une  grave  crise  politique  et  sociale.  Les  manifestations  d'opposants  au  pouvoir  en place sont  sévèrement  réprimées par  les  troupes  loyales au  président Bachar el­Assad. Depuis le début de la révolte, des milliers de  civils ont perdu la vie, ont été mis en détention ou sont portés disparus.

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 8 Cela étant, au vu de la dégradation de la situation intervenue en Syrie, il y  aurait  lieu  de  se  prononcer  sur  la  crainte  de  futures  persécutions  dont  pourraient  se  prévaloir  les  intéressés  par  rapport  à  leur  situation  personnelle,  en  particulier  au  vu  du  profil  politique  de  la  famille  (dont  certains  membres  étaient  des  combattants,  voire  des  cadres  du  PKK,  proches d'Abdullah Öcalan). A  cet  égard,  il  y  a  lieu de  tenir  compte de  l'exacerbation des autorités syriennes par rapport à toute personne qui va  à leur encontre.  Or, pour pouvoir se prononcer sur ce point,  il sied de tenir compte de la  situation  prévalant  aujourd'hui  en  Syrie,  comme  relevé  ci­dessus  (cf. supra consid. 1.3). L'autorité inférieure a toutefois omis de le faire et,  ce faisant, a constaté les faits pertinents de manière incomplète (art. 106  al. 1 let. b LAsi).  4.4. Les  recours contre  les décisions de  l'ODM en matière d'asile et de  renvoi sont en principe des  recours en  réforme, exceptionnellement des  recours en cassation  (art. 61 al. 1 PA). La  réforme présuppose  toutefois  un  dossier  suffisamment  complet  pour  qu'une  décision  puisse  être  prononcée, étant précisé qu'il n'appartient pas à  l'autorité de  recours de  procéder  à  des  investigations  complémentaires  d'une  trop  grande  ampleur. A cela s'ajoute que le Tribunal ne saurait statuer en lieu et place  de l'ODM, sous peine de priver l'intéressé d'une double instance.  En  l'espèce,  afin  d'éviter  une  prétérition  d'instance  et  de  permettre  aux  recourants de se positionner sur la motivation de l'autorité inférieure, il y a  lieu d'annuler les décisions querellées en tant qu'elles portent sur l'asile et  le principe du renvoi et de renvoyer les causes à l'ODM pour complément  d'instruction et nouvelles décisions. Avant de statuer à nouveau, dit office  devra  en  particulier  examiner  l'évolution  de  la  situation  en  Syrie  intervenue  depuis  le  printemps  2011  et  mener,  le  moment  venu,  de  nouvelles  auditions,  voire  des  investigations  dans  le  pays  d'origine  des  intéressés, afin de pouvoir déterminer en toute connaissance de cause si  ces derniers y encourent réellement un risque de futures persécutions en  cas de retour.  5.   5.1. Vu l'issue de la cause, il n'est pas perçu de frais de procédure. 5.2. Conformément  à  l'art. 7  al.  1  et  2  du  règlement  du 21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2),  la  partie  qui  obtient 

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 9 entièrement ou partiellement gain de cause a droit à des dépens pour les  frais nécessaires causés par le litige. Lorsqu'elle ne fait pas parvenir une  note détaillée à ce sujet avant  le prononcé,  l'autorité de  recours  les  fixe  d'office et selon sa propre appréciation (art. 14 al. 2 FITAF). En  l'espèce,  en  l'absence  de  note  de  frais,  le  Tribunal  fixe  les  dépens  ex aequo et bono à Fr. 1'400.­­, compte tenu du degré de complexité de  la  cause,  du  travail  accompli  in  casu  et  du  tarif  horaire  retenu  par  le  Tribunal pour les avocats (cf. art. 10 al. 2 FITAF). (dispositif page suivante)

D­4111/2009, D­4112/2009, D­4113/2009 et D­4114/2009 Page 10 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Les recours sont admis, dans la mesure où ils ne sont pas devenus sans  objet pour ce qui a trait à la reconnaissance de la qualité de réfugié. 2.  Les points 2 et 3 des décisions de l'ODM du 20 mai 2009 sont annulés. 3.  Les  causes  sont  renvoyées  à  l'autorité  inférieure  pour  complément  d'instruction au sens des considérants et nouvelles décisions.  4.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. 5.  L'ODM  versera  aux  recourants  un  montant  de  Fr. 1'400.­­  à  titre  de  dépens. 6.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Claudia Cotting­Schalch Joanna Allimann Expédition : .

D-4114/2009 — Bundesverwaltungsgericht 23.01.2012 D-4114/2009 — Swissrulings