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Bundesverwaltungsgericht 30.08.2011 C-7569/2010

30 août 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·1,436 mots·~7 min·2

Résumé

Visa Schengen | Refus d'autorisation d'entrée

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour III C­7569/2010 Arrêt   d u   3 0   a oû t   2011   Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège),  Ruth Beutler, Marianne Teuscher, juges, Aurélia Chaboudez, greffière. Parties A._______,  représentée par Maître Werner Gautschi, (…), recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Refus d'autorisation d'entrée dans l'Espace Schengen  concernant B._______.

C­7569/2010 Page 2 Faits : A.  En août 2002, A._______, d'origine ukrainienne, a épousé en secondes  noces  un  ressortissant  italien,  C._______,  titulaire  d'une  autorisation  d'établissement  en  Suisse,  où  elle  est  venue  s'installer  avec  lui.  Elle  a  alors demandé et obtenu  le  regroupement  familial en  faveur de son  fils,  qui avait douze ans,  tandis que sa  fille B._______, née  le 27 mai 1985,  alors  âgée  de  17  ans,  est  restée  en  Ukraine  pour  y  poursuivre  ses  études. Le père des enfants est décédé  le 5  février 2005. B._______ a  obtenu, à deux reprises, un visa pour venir en Suisse rendre visite à sa  famille, du 6 au 30 août 2005 et du 25 juin au 15 juillet 2007.  B.  Le 30 novembre 2007, B._______ a sollicité l'octroi d'une autorisation de  séjour  en  Suisse  en  vue,  d'une  part,  d'y  rejoindre  sa  famille  et,  d'autre  part, de se spécialiser en néo­natologie à  l'Université de Lausanne. Par  décision  du  11  juin  2008,  le  Service  des  migrations  du  canton  de  Neuchâtel a refusé d'octroyer à l'intéressée l'autorisation sollicitée.  C.  L'intéressée a achevé ses études de médecine avec succès en juin 2008.  D.  Le  19  mai  2009,  elle  a  demandé  depuis  l'Ukraine  à  pouvoir  venir  en  Suisse  pour  étudier  durant  deux  ans  à  l'Université  de  Lausanne.  Sa  demande a été rejetée le 4 septembre 2009. E.  Le 18 mai 2010, elle a sollicité auprès de l'Ambassade de Suisse à Kiev,  une  autorisation  d'entrée  en  vue  de  venir  rendre  visite  à  sa  famille  pendant  un  mois,  y  joignant  une  lettre  d'invitation  du  21  octobre  2009  dans laquelle sa mère et son beau­père s'engageaient à prendre tous les  frais à leur charge et une attestation de son employeur du 14 avril 2010,  selon laquelle elle avait obtenu un mois de vacances pour son séjour en  Suisse. Suite au refus de l'ambassade précitée de délivrer le visa requis,  A._______  a  formé  opposition  auprès  de  l'ODM,  le  15 juin  2010,  invoquant  qu'elle  avait  toujours  entrepris  les  démarches  de  manière  légale  pour  sa  fille,  qu'il  était  injuste  et  incompréhensible  d'empêcher  celle­ci d'obtenir un visa  touristique pour voir sa  famille, que cela  faisait  dix ans qu'ils vivaient séparés, que B._______ n'avait aucune intention de  venir  illégalement  en  Suisse  et  qu'en  Ukraine,  elle  disposait  d'un  logement et d'une situation professionnelle stable. Elle a précisé que sa 

C­7569/2010 Page 3 fille effectuait un stage de deux ans en tant que médecin assistant, raison  pour  laquelle sa  rémunération n'était pas  très élevée. Elle a produit une  attestation  de  domicile,  dont  il  ressort  que  B._______  vit  dans  l'appartement  de  sa  grand­mère  avec  celle­ci  et  un  décompte  bancaire  faisant état d'un solde de EUR 4'000.­.  F.  Par  décision du 21  septembre 2010,  l'ODM a  rejeté  l'opposition  formée  par A._______ et confirmé le refus d'autorisation d'entrée dans  l'Espace  Schengen  à  l'égard  de  B._______.  L'office  précité  a  considéré  que  la  sortie de Suisse de cette dernière n'était  pas suffisamment garantie, au  vu  des  deux  demandes  d'autorisation  de  séjour  en  Suisse  qu'elle  avait  déposées en 2007 et 2009, de sa situation de  jeune  femme célibataire,  sans charges familiales et travaillant pour un salaire mensuel de Fr. 120.­  ainsi que de la situation socio­économique prévalant en Ukraine. L'ODM  a estimé que  l'intéressée pourrait  être  tentée de prolonger  sa présence  auprès de sa  famille dans  l'espoir de  trouver des conditions d'existence  meilleures  que  celles  qu'elle  connaissait  dans  sa  patrie  et  que  rien  n'empêchait ses hôtes d'aller lui rendre visite en Ukraine.  G.  Par l'intermédiaire de son mandataire, A._______ a recouru contre cette  décision  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après :  Tribunal  ou  TAF)  le 22 octobre 2010, concluant à  l'annulation de celle­là et à  l'octroi  d'une  autorisation  d'entrée  en  Suisse  en  faveur  de  B._______.  Elle  a  allégué  qu'après  avoir  brillamment  terminé  ses  études  en  juin  2008,  sa  fille  avait  travaillé  comme  médecin  assistant  et  qu'elle  venait  de  commencer,  le  1er  septembre  2010,  une  activité  en  qualité  de  pédiatre  dans  une  polyclinique.  Elle  a  expliqué  que  l'intéressée  avait  sollicité  et  obtenu un mois de vacances en juillet 2010 en vue de venir voir sa famille  et avait, de ce fait, demandé l'octroi d'un visa. A._______ et son mari se  sont dit prêts à garantir  le retour en Ukraine de  l'intéressée par  tous  les  moyens possibles. La recourante a reproché à l'ODM de ne pas avoir pris  en compte que sa  fille s'était déjà  rendue en Suisse à deux reprises au  bénéfice d'un visa, en 2005 et en 2007, et qu'elle n'avait jamais tenté de  prolonger illégalement son séjour. Elle a fait valoir que l'intéressée n'avait  plus  que  sa  grand­mère  en  Ukraine  déjà  à  l'époque  de  ces  séjours,  qu'elle  n'envisageait  pas  de  rester  illégalement  en  Suisse  et  souhaitait  simplement  rendre  visite  à  sa  famille  et  s'accorder  quelques  vacances,  qu'elle  avait  la  ferme  intention  de  retourner  dans  son  pays  pour  poursuivre son activité de pédiatre, que si les conditions économiques de  l'Ukraine n'équivalaient pas celles de  la Suisse, elle bénéficiait  toutefois 

C­7569/2010 Page 4 d'une  formation supérieure qui  lui permettait d'y gagner sa vie et d'avoir  des perspectives de promotion professionnelle et sociale auxquelles elle  n'entendait  pas  renoncer  et  que  si  elle  avait  admis  à  l'Ambassade  de  Suisse à Kiev qu'elle aurait volontiers rejoint sa famille en Suisse et pris  un  emploi  mieux  rémunéré,  cela  ne  signifiait  pas  qu'elle  entendait  immigrer  illégalement,  ce qui était également confirmé par  le  fait qu'elle  avait sollicité un visa d'une durée d'un mois seulement. La recourante a  invoqué  que  sa  fille  remplissait  toutes  les  conditions  à  l'obtention  d'un  visa, que c'était  le père de B._______ qui, à  l'époque, avait  insisté pour  qu'elle  reste  en  Ukraine,  qu'après  son  décès,  elle  était  trop  âgée  pour  demander  le  regroupement  familial,  raison  pour  laquelle  elle  avait  demandé une  autorisation  de  séjour  à  titre  humanitaire,  qu'ensuite,  elle  aurait  eu  l'opportunité  de  poursuivre  ses  études  à  l'Université  de  Lausanne,  ce  qui  lui  aurait  permis  d'étendre  ses  possibilités  d'emploi,  mais que cela n'était plus d'actualité puisqu'elle avait terminé ses études.  A._______ a  relevé qu'il était plus onéreux pour elle et sa  famille de se  rendre les trois en Ukraine à cause des billets d'avion, que leurs moyens  étaient modestes et s'est prévalue du droit au respect de la vie privée et  familiale.  Par  ailleurs,  elle  a  fait  remarquer  que  de  nombreuses  autorisations d'entrée et  de  séjour  de  courte durée pour artistes étaient  délivrées à des  jeunes  femmes ukrainiennes et a soutenu que  le  risque  d'immigration  clandestine  représenté  par  celles­ci  paraissait  plus  élevé  que  celui  d'une  fille  demandant  à  pouvoir  passer  un mois  de  vacances  auprès  de  sa  famille  et  qu'il  s'agissait  d'une  inégalité  de  traitement.  La  recourante  a  produit  des  copies  du  passeport  de  sa  fille  et  de  ses  diplômes  d'études,  une  traduction  de  l'attestation  de  son  employeur  relative  au  mois  de  vacances  qu'elle  avait  obtenu  en  juillet  2010,  une  lettre  du Ministère de  la  protection de  la  santé d'Ukraine du 14 octobre  2010  certifiant  qu'elle  travaillait  dans  une  polyclinique  en  tant  que  médecin  pédiatre  depuis  le  1er  septembre  2010,  pour  un  salaire  de  UAH 1088.­  (soit  CHF  132  environ)  ainsi  que  d'autres  documents  déjà  produits.  H.  Dans  sa  détermination  du  23  novembre  2010,  l'ODM  a  estimé  que  la  sortie de Suisse de l'intéressée n'était pas assurée, reprenant les mêmes  arguments que dans la décision attaquée et précisant qu'elle n'avait pas  démontré  entretenir  des  attaches  familiales  ou  professionnelles  particulièrement  étroites  avec  son  pays  d'origine  au  point  qu'elle  ne  puisse envisager son avenir hors de sa patrie, que les garanties fournies  à l'appui du recours n'étaient pas propres à assurer son retour effectif en 

C­7569/2010 Page 5 Ukraine  et  que  de  nombreux  autres  étrangers  étaient  également  empêchés de venir en Suisse visiter les membres de leur famille.  I.  Invitée  à  répliquer,  la  recourante  y  a  renoncé  par  courrier  du  21  décembre 2010.   Droit : 1.   1.1. Sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  le  Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions au  sens de  l'art.  5  de  la  loi  fédérale  du 20 décembre 1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En particulier, les décisions en matière de refus d'autorisation d'entrée  prononcées  par  l'ODM  (cf.  art.  33  let. d  LTAF)  sont  susceptibles  de  recours au Tribunal qui  statue définitivement  (cf. art. 1 al. 2 LTAF en  relation  avec  l'art.  83  let.  c  ch.  1  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant  le TAF est régie par la PA (cf. art. 37 LTAF). 1.3.  L'intéressée  a  qualité  pour  recourir  (art.  48  al.  1  PA).  Présenté  dans la forme et les délais prescrits par la loi, le recours est recevable  (cf. art. 50 et 52 PA). 2.  La recourante peut invoquer devant le TAF la violation du droit fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité  de  recours  (cf.  art.  49  PA).  Dans  le  cadre  de  la  procédure  de  recours, le TAF applique d'office le droit fédéral.

C­7569/2010 Page 6 Conformément à l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité de recours n'est pas liée par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter le pourvoi pour d'autres motifs que ceux invoqués. 3.  La  politique  des  autorités  suisses  en matière  de  visa  joue  un  rôle  très  important dans la prévention de l'immigration clandestine (cf. à ce sujet le  Message  concernant  la  loi  sur  les  étrangers  du  8 mars  2002,  FF  2002  3493).  Aussi,  elles  ne  peuvent  accueillir  tous  les  étrangers  qui  désirent  venir dans ce pays, que ce soit pour des séjours de courte ou de longue  durée  et  peuvent  donc  légitimement  appliquer  une  politique  restrictive  d'admission (cf. ATF 135 I 143 consid. 2.2 p. 147; ALAIN WURZBURGER, La  jurisprudence  récente  du  Tribunal  fédéral  en  matière  de  police  des  étrangers, Revue de Droit administratif et de Droit  fiscal  [RDAF] 1997  I,  p. 287). La  législation suisse sur  les étrangers ne garantit aucun droit ni quant à  l'entrée  en Suisse,  ni  quant  à  l'octroi  d'un  visa. Comme  tous  les  autres  Etats,  la  Suisse  n'est  en  principe  pas  tenue  d'autoriser  l'entrée  de  ressortissants  étrangers  sur  son  territoire. Sous  réserve  des  obligations  découlant  du  droit  international,  il  s'agit  d'une  décision  autonome  (cf.  Message précité, FF 2002 3531; voir également ATF 135 II 1 consid. 1.1  p. 4). 4.   4.1. Les  dispositions  sur  la  procédure  en matière  de  visa  ainsi  que  sur  l'entrée  en  Suisse  et  la  sortie  de  ce  pays  ne  s'appliquent  que  dans  la  mesure où les accords d'association à Schengen, qui sont mentionnés à  l'annexe 1, ch. 1 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers  (LEtr,  RS 142.20),  ne  contiennent  pas  de  dispositions  divergentes  (cf.  art. 2 al. 4 et 5 LEtr). 4.2.  S'agissant  des  conditions  d'entrée  en  Suisse  pour  un  séjour  n'excédant  pas  trois  mois,  l'art.  2  al.  1  de  l'ordonnance  du  22  octobre  2008  sur  l'entrée  et  l'octroi  de  visas  (OEV,  RS  142.204)  renvoie  au  Règlement  (CE)  no 562/2006  du  Parlement  européen  et  du Conseil  du  15 mars  2006  établissant  un  code  communautaire  relatif  au  franchissement  des  frontières  par  les  personnes  (code  frontières  Schengen [JO L 105 du 13 avril 2006 p. 1­32]), dont l'art. 5 a été modifié  par le Règlement (UE) no 265/2010 du Parlement européen et du Conseil  du  25  mars  2010  modifiant  la  convention  d'application  de  l'accord  de 

C­7569/2010 Page 7 Schengen  et  le  Règlement  (CE)  no  562/2006  en  ce  qui  concerne  la  circulation des personnes titulaires d'un visa de  long séjour (JO L 85 du  31 mars 2010). Les conditions d'entrée ainsi prévues correspondent, pour  l'essentiel, à celles posées à l'art. 5 LEtr. 4.3. Cela est d'ailleurs corroboré par le Règlement (CE) no 810/2009 du  Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code  communautaire  des  visas  (code  des  visas  [JO  L  243  du  15 septembre  2009]), aux termes duquel  il appartient au demandeur de visa de fournir  des  informations permettant d'apprécier sa volonté de quitter  le  territoire  des Etats membres avant l'expiration du visa demandé (cf. art. 14 par. 1  let.  d du code des visas) et  une attention particulière est accordée à  la  volonté du demandeur de visa de quitter  le territoire des Etats membres  avant la date d'expiration du visa demandé (cf. art. 21 par. 1 du code des  visas). 5.  Le Règlement (CE) no 539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 (JO L 81 du  21  mars  2001,  p.  1­7)  différencie,  en  son  art.  1  par.  1  et  2,  les  ressortissants  des  Etats  tiers  selon  qu'ils  sont  soumis  ou  non  à  l'obligation du visa. En  tant que ressortissante d'Ukraine, B._______ est  soumise à l'obligation du visa. 6.   6.1. Dans  la  décision  querellée,  l'ODM  a  refusé  d'autoriser  l'entrée  en  Suisse de  la prénommée au motif  que son départ  à  l'échéance du visa  sollicité n'apparaissait pas suffisamment assuré. 6.2. Afin de déterminer si l'étranger présente les garanties nécessaires  à  sa  sortie  de  Suisse,  l'autorité  se  base,  d'une  part,  sur  la  situation  politique, sociale et économique prévalant dans le pays de provenance  de  l'intéressé et, d'autre part, sur sa situation personnelle,  familiale et  professionnelle.  Si  un  invité  assume  dans  son  pays  d'origine  d'importantes  responsabilités,  tant  au  plan  professionnel,  social  que  familial, on pourra établir un pronostic favorable quant à son départ de  Suisse à l'issue de la validité de son visa. Au contraire, si un invité n'a  pas  d'obligations  significatives  dans  son  pays,  on  considère  comme  élevé  le  risque  d'un  comportement  contraire  aux  prescriptions  de  police des étrangers. 

C­7569/2010 Page 8 6.3.  Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  les  conditions  économiques  relativement défavorables, dont les conséquences se font sentir sur le  niveau  de  la  qualité  de  vie,  que  connaît  la  majeure  partie  de  la  population  d'Ukraine  (pays  dont  le  PIB  par  habitant  ne  s'élève  qu'à  USD 2'538  [source : site  internet du Département  fédéral des affaires  étrangères  < www.eda.admin.ch >  Représentations  >  Europe  >  Ukraine > L'Ukraine en bref, visité fin août 2011] alors que celui de la  Suisse  se  monte  à  plus  de  CHF  60'000  [cf.  www.bfs.admin.ch  >  Economie  nationale  >  Produit  intérieur  brut]).  Ces  conditions  économiques  relativement  difficiles  peuvent  s'avérer  décisives  lorsqu'une personne prend la décision de quitter sa patrie, en ce sens  qu'elles ne sont pas sans exercer une pression migratoire  importante  sur  la  population,  cette  tendance  étant  encore  renforcée,  comme  l'expérience  l'a  démontré,  lorsque  la  personne  concernée  peut  s'appuyer à l'étranger sur un réseau social (parenté, amis) préexistant,  comme c'est le cas en l'occurrence. 6.4. Ainsi, on ne saurait d'emblée écarter  les craintes émises par  l'ODM  que l'intéressée ne cherche à prolonger son séjour en Suisse au­delà de  la validité du visa sollicité. Cela étant, l'autorité ne saurait se fonder sur la  seule situation prévalant dans  le pays de provenance de  l'étranger pour  conclure à l'absence de garantie quant à sa sortie ponctuelle de Suisse,  mais  doit  également  prendre  en  considération  les  particularités  du  cas  d'espèce (cf. ATAF 2009/27 consid. 7 et 8 p. 345).  6.5. La  recourante  fait  en particulier  valoir que sa  fille est déjà venue à  deux reprises en Suisse en 2005 et 2007, au bénéfice d'un visa, et qu'elle  a chaque fois quitté ce pays dans les délais. Il faut cependant relever que  quelques  mois  après  son  second  séjour,  B._______  a  sollicité  une  autorisation  de  séjour  en  Suisse  en  vue  d'y  rejoindre  sa  famille  et  d'y  poursuivre ses études puis a demandé, en 2009, un titre de séjour pour  venir étudier à l'Université de Lausanne. Elle a ainsi émis à deux reprises  le vœu de s'installer dans ce pays.  Il  faut  toutefois constater que, par  le  biais  de  ses  demandes  d'autorisation  de  séjour,  l'intéressée  visait  principalement à poursuivre ses études en Suisse et que cet objectif n'est  plus  d'actualité  puisqu'elle  a  obtenu  son  diplôme  de  médecine  en  juin 2008,  puis  a  effectué  un  stage  de  deux  ans  comme  médecin  assistant, à l'issue duquel elle a décroché une place de pédiatre dans une  polyclinique  ukrainienne  en  septembre  2010.  L'intéressée  a  ainsi  respecté  les  refus  d'autorisation  qui  lui  ont  été  faits  et  a  poursuivi  en  Ukraine la formation qu'elle envisageait de faire en Suisse. Si l'on ne peut  exclure que B._______ souhaite toujours rejoindre sa famille en Suisse, il 

C­7569/2010 Page 9 faut  reconnaître qu'elle  vit  désormais  séparée d'elle  depuis bientôt  neuf  ans  et  qu'elle  n'a  pas  cherché,  lors  de  ses  séjours  en  2005  et  2007,  à  rester plus longtemps auprès des membres de sa famille en Suisse. Elle  fait remarquer, à cet égard, qu'elle n'a pas tenté de prolonger ses séjours,  malgré  le  décès  de  son  père,  intervenu  en  février  2005.  Ainsi,  le  fait  qu'elle n'ait que sa grand­mère en Ukraine et que  le  reste de sa  famille  proche  se  trouve  en Suisse  ne  permet  pas  de  conclure  que  son  retour  dans  sa  patrie  n'est  pas  suffisamment  assuré.  Sur  ce  point,  les  circonstances prévalant  lors de  la délivrance des précédents visas n'ont  pas  changé.  En  ce  qui  concerne  les  attaches  socioprofessionnelles  de  l'intéressée, celles­ci se sont même légèrement renforcées depuis l'octroi  des précédents visas en ce sens qu'aujourd'hui, elle a terminé ses études  et  dispose  d'un  emploi  stable,  même  s'il  est  peu  rémunéré.  Il  sied  en  outre de relever que  le motif de  la venue de  l'intéressée en Suisse, soit  passer un peu de  temps avec sa mère, son beau­père et son  frère, est  tout  à  fait  compréhensible  et  que  la  durée  du  visa  sollicité,  à  savoir  un  mois,  paraît  en  adéquation  avec  sa  situation  personnelle  et  professionnelle.   6.6. Au vu du respect dont B._______ a fait preuve envers les décisions  des autorités (durée des visas octroyés, refus d'autorisation de séjour) et  également  des  garanties  financières  élevées  que  la  recourante  et  son  mari  se  sont  dit  prêts  à  déposer  en  vue  d'assurer  que  l'intéressée  ne  chercherait pas à prolonger son séjour en Suisse au terme de son visa, le  Tribunal de céans ne décèle aucun indice permettant de mettre en doute  la bonne foi de l'invitée et la volonté de ses hôtes de respecter le motif et  la durée du visa sollicité. 7.  En conséquence, le recours est admis, la décision attaquée annulée et la  cause renvoyée pour nouvel examen à l'ODM, lequel devra déterminer si  l'intéressée  remplit  les conditions d'entrée posées par  le code  frontières  Schengen ou s'il convient, cas échéant, de lui octroyer un visa à validité  territoriale limitée en application de l'art. 2 al. 4 OEV. 8.   8.1. Obtenant gain de cause, la recourante n'a pas à supporter de frais de  procédure (cf. art. 63 al. 1 a contrario et al. 3 PA). 8.2. Elle  a  par  ailleurs  droit  à  des  dépens  pour  les  frais  nécessaires  et  relativement  élevés  causés  par  le  litige  (cf.  art.  7  FITAF).  Au  vu  de 

C­7569/2010 Page 10 l'ensemble  des  circonstances  du  cas,  de  l'importance  de  l'affaire,  du  degré de difficulté de cette dernière, de l'ampleur du travail accompli par  le mandataire,  le Tribunal  estime,  au  regard des art.  8ss FITAF,  que  le  versement d'un montant de Fr. 1000.­ à  titre de dépens (TVA comprise)  apparaît comme équitable en la présente cause (cf. art. 14 al. 2 FITAF).  (dispositif page suivante) 

C­7569/2010 Page 11 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est admis.  2.  La décision attaquée est annulée et le dossier de la cause est renvoyé à  l'ODM pour nouvel examen au sens du considérant 7. 3.  Il  n'est  pas  perçu  de  frais  de  procédure.  L'avance  de  frais  de  Fr. 600.­  versée le 3 novembre 2010 sera restituée à  la recourante par  le service  financier du Tribunal.   4.  L'ODM  versera  à  la  recourante  un  montant  de  Fr.  1000.­  à  titre  de  dépens. 5.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (Recommandé ; annexe : formulaire "adresse de  paiement" à retourner au Tribunal, dûment rempli) – à l'autorité inférieure (avec dossier n° SYMIC 5618764.6) – au Service des migrations du canton de Neuchâtel  (en copie  ; avec  dossier cantonal en retour) Le président du collège : La greffière : Jean­Daniel Dubey Aurélia Chaboudez Expédition :

C-7569/2010 — Bundesverwaltungsgericht 30.08.2011 C-7569/2010 — Swissrulings