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Bundesverwaltungsgericht 03.11.2011 C-2580/2009

3 novembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,455 mots·~17 min·2

Résumé

Annulation de la naturalisation facilitée | Annulation de la naturalisation facilitée

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour III C­2580/2009 Arrêt   d u   3   n o v emb r e   2011 Composition Jean­Daniel Dubey (président du collège),  Blaise Vuille, Ruth Beutler, juges, Jean­Luc Bettin, greffier. Parties A._______,  représenté par Maître Doris Leuenberger, (…) recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Annulation de la naturalisation facilitée.

C­2580/2009 Page 2 Faits : A.  Le  17  octobre  1997,  A._______,  ressortissant  nigérian,  né  le  21  juin  1968,  arrivé  en  Suisse  le  15  octobre  1997,  a  contracté  mariage,  à  Vandoeuvres, avec B._______, ressortissante helvétique, née le 24 mars  1959.  L'intéressé  s'est  vu  délivrer  une  autorisation  de  séjour  lui  permettant de vivre auprès de son épouse. B.  Le 15 octobre 2002, A._______ a déposé une demande de naturalisation  facilitée fondée sur son mariage avec la prénommée. En date du 24 avril 2003, le Service des naturalisations de la République  et  canton  de Genève  a  rédigé  un  rapport  d'enquête  duquel  il  ressortait  que  le  requérant  était  bien  intégré,  qu'il  travaillait  depuis  le  mois  de  novembre  2000  au  service  d'une  entreprise  sise  à  Carouge,  qu'auparavant,  il avait effectué des missions temporaires pour le compte  de divers employeurs, qu'il n'avait pas d'antécédents judiciaires et qu'il ne  faisait pas l'objet de poursuites. De  plus,  plusieurs  témoignages  écrits  ont  été  produits,  appuyant  la  requête de l'intéressé. C.  A._______  et  B._______  ont  contresigné,  le  25 janvier  2004,  une  déclaration  écrite  aux  termes  de  laquelle  ils  ont  confirmé  vivre  en  communauté effective et stable, résider à la même adresse et n'envisager  ni séparation, ni divorce. L'attention de A._______ a en outre été attirée  sur  le fait que la naturalisation facilitée ne pouvait être octroyée lorsque,  avant  ou  pendant  la  procédure  de  naturalisation,  l'un  des  conjoints  demandait  le divorce ou  la séparation ou que  la communauté conjugale  effective n'existait pas. Si cet état de fait était dissimulé, la naturalisation  pouvait ultérieurement être annulée, conformément au droit en vigueur. De plus,  le candidat à  la naturalisation a signé, également  le 25  janvier  2004,  une  "déclaration  concernant  le  respect  de  l'ordre  juridique".  A._______ y a déclaré qu'il  n'existait  à  son encontre aucune  inscription  non  radiée et aucune procédure pénale en cours, avoir  respecté  l'ordre  juridique  en  Suisse  et  dans  les  pays  où  il  a  résidé  au  cours  des  dix  dernières  années,  n'avoir  commis,  même  au­delà  des  dix  années  précitées, aucun délit en raison duquel il devait s'attendre à être poursuivi  ou  condamné.  Finalement,  dans  cette  déclaration,  l'intéressé  a  affirmé 

C­2580/2009 Page 3 qu'il  n'existait  à  son  encontre  aucune  poursuite  et  qu'aucun  acte  de  défaut de biens n'avait été établi au cours des cinq dernières années. Il a  en outre précisé être en règle avec les autorités fiscales. D.  Par  décision  du  25  mars  2004,  l'Office  fédéral  de  l'immigration,  de  l'intégration  et  de  l'émigration  (IMES  ;  actuellement  : Office  fédéral  des  migrations  [ODM])  a  accordé  la  naturalisation  facilitée  à  A._______,  lui  conférant les droits de cité de son épouse. E.  En  date  du  17  janvier  2005,  B._______  a  déclaré  au  Service  des  naturalisations de  la République et canton de Genève s'être séparée de  son mari le 24 septembre 2004 et avoir déposé, en raison des violences  conjugales subies, une plainte à l'encontre de ce dernier. F.  Par  lettre du 3 mars 2005,  l'ODM,  rendu attentif  par  l'autorité cantonale  compétente aux  faits précités, a  informé A._______ qu'il  se voyait dans  l'obligation d'examiner s'il y avait  lieu d'annuler  la naturalisation  facilitée,  compte tenu de la séparation intervenue en septembre 2004. Dans  un  courrier  daté  du  21  mars  2005,  B._______  a  confirmé  avoir  quitté  le domicile  conjugal  le 24 septembre 2004  "suite à des violences  tant physiques que psychiques faites par [son] mari à [son] égard". Elle a  précisé que cet "état de fait dur[ait] depuis 1998" et qu'elle n'avait jamais  eu  le  courage  de  se  sortir  de  cette  situation  "par  amour  et  besoin  d'amour, par peur, par croyance de responsabilité, par devoir  […] et par  faiblesse". Finalement, elle a relevé que la raison principale pour laquelle  A._______ s'était intéressé à elle était l'obtention d'un passeport suisse. Informé de l'ouverture d'une procédure en annulation de la naturalisation  facilitée, A._______ a notamment exposé, par lettre du 17 mai 2005, que  lors  du  dépôt  de  la  requête  de  naturalisation,  le  15  octobre  2002,  les  relations qu'il entretenait avec son épouse étaient excellentes. Il a précisé  que  la  situation  s'était  dégradée à  compter  du mois d'août 2004 et  que  ses tentatives pour sauver son couple n'avaient pas abouti. G.  G.a  Sur  requête  de  l'ODM,  les  autorités  genevoises  ont  auditionné  B._______ le 14 juin 2005. 

C­2580/2009 Page 4 A cette occasion, celle­ci a déclaré en substance ce qui suit. Elle aurait  rencontré son futur mari en octobre 1996 dans un train en Italie. Domicilié  à cette époque dans ce pays, celui­là aurait été pressé de se marier. En  raison  de  différences  culturelles,  le  couple  aurait  connu  des  problèmes  durant  toute  la  période  de  vie  commune.  En  août  2004,  B._______  en  aurait  eu  assez  "des  brutalités  verbales  quotidiennes  et  physiques  au  moins une fois par an". A  la question de savoir si elle ou son mari avait  envisagé une séparation ou un divorce avant ou pendant la procédure de  naturalisation ou lors de la signature de la déclaration se rapportant à la  communauté  conjugale,  elle  a  répondu  négativement.  A  ce  titre,  elle  a  précisé : "Je porte une certaine responsabilité car à  la fois par amour et  par pitié, je tenais à ce que mon mari ait toutes les raisons de se sentir ici  dans une situation stable, ce qu'il n'avait pas connu avant". Elle n'aurait  pas subi de pressions pour signer la déclaration commune du 25 janvier  2004  et  aurait  décidé,  après  la  naturalisation  de  son mari,  "de  ne  plus  accepter  les  violences  et  de  ne  plus  tolérer  de  ne  pas  exister".  L'intéressée  aurait  été  violemment  giflée  à  plusieurs  reprises  par  son  mari, au moins une fois par année depuis 1998. Lorsque survenaient des  désaccords,  celui­ci  alternait  violences  verbales,  le  plus  souvent,  et  violences  physiques.  B._______n'a  toutefois  jamais  porté  plainte.  Finalement,  elle  a  affirmé  savoir  que  son  époux  avait  entretenu  des  relations extraconjugales durant la vie commune. G.b Le 18 juillet 2005, après avoir pris connaissance du procès­verbal de  l'audition de son épouse du 14 juin 2005, A._______ a pris position point  par  point  à  ce  sujet  ainsi  que  sur  le  résumé  synthétique  des  autorités  genevoises. Dans  les grandes  lignes,  il  a contesté  les versions des  faits présentées  par  son  épouse  et  par  les  autorités  cantonales,  sauf  pour  dire  en  particulier qu'il n'avait effectivement eu aucune intention de se séparer ou  de  divorcer  au  moment  du  dépôt  de  la  demande  de  naturalisation,  comme  lors  de  la  signature  de  la  déclaration  commune des époux.  Il  a  notamment  relevé  que  c'était  son  épouse,  de  manière  unilatérale,  qui  avait  décidé,  en  septembre  2004,  de  quitter  le  domicile  conjugal  et  d'entamer une procédure de mesures protectrices de l'union conjugale. Il  a  par  ailleurs mis  en avant  le  comportement  volage,  découvert  en août  2004  seulement,  de  B._______,  cette  dernière  ayant  entretenu  des  relations extraconjugales durant la vie commune.  Sur un autre plan, A._______ a admis avoir giflé B._______ en 2001 lors  d'une soirée au cours de laquelle la prénommée avait dansé, en public et 

C­2580/2009 Page 5 sous  ses  yeux,  "de  façon  sexuellement  aguichante,  avec  un  total  inconnu". Par contre, il a contesté tous les autres actes de violence qui lui  étaient  reprochés ainsi  que  les  prétendues  infidélités mises en exergue  par son épouse. G.c  Les  8  et  25  novembre  2005,  B._______  a  répliqué  de  manière  circonstanciée  aux  observations  de  A._______,  produisant  divers  documents.  Elle  a  notamment  relevé  les  difficultés  récurrentes  de  communication  ainsi  que  les  nombreuses  disputes,  parfois  violentes,  ayant émaillé leur vie commune. Elle  a  mentionné  être  tombée  enceinte  au  début  de  l'année  1998.  En  raison d'une fausse couche, la grossesse n'a toutefois pas pu être menée  à terme. A cette occasion, A._______ aurait été particulièrement odieux,  l'ayant "empêchée d'aller à l'hôpital" puis "accusée d'avoir tué le bébé". Finalement, la prénommée a admis avoir débuté, à la fin du mois de juin  2004,  une  relation  extraconjugale  avec  le  dénommé  C._______  et  en  avoir informé son mari le 30 juillet 2004. H.  Par  jugement du 21 février 2008,  le Tribunal de première  instance de  la  République et canton de Genève a prononcé le divorce du couple formé  de A._______ et de B._______. I.  I.a  En  date  du  21  janvier  2009,  A._______  a  adressé  un  courrier  à  l'attention de l'ODM. L'intéressé a tout d'abord affirmé qu'il avait souhaité  un  mariage  durable  et  qu'il  s'était  comporté  de  manière  irréprochable  durant  les  années  de  vie  commune.  Il  a  en  outre  souligné  qu'avec  B._______,  ils  avaient  acheté  un  appartement  en  2000  et  avaient  souhaité avoir un enfant, désir qui n'avait pas pu se concrétiser en 1998  en raison d'une fausse couche. Revenant sur les raisons de la désunion,  A._______  a  mis  en  exergue  les  relations  extraconjugales  entretenues  par son ex­épouse au sein même du domicile commun comme la raison  principale  de  la  séparation  intervenue  malgré  une  thérapie  de  couple  suivie  au  cours  de  l'automne  2004.  Finalement,  A._______  a  une  nouvelle  fois  affirmé  qu'au  jour  de  la  signature  de  la  déclaration  commune, l'union conjugale était stable. En annexe, l'intéressé a produit deux lettres de connaissances du couple.

C­2580/2009 Page 6 I.b Le 9  février  2009,  l'ODM a adressé au mandataire de  l'intéressé un  courrier  l'informant  que  "des  pièces"  du  dossier  avaient  être  mises  au  bénéfice de  l'art. 27 al. 1 de  la  loi  fédérale du 20 décembre 1968 sur  la  procédure administrative (PA ; RS 172.021) et indiquant qu'aux termes de  ces  dernières,  il  apparaissait  que  A._______  se  serait  à  plusieurs  reprises comporté de manière violente à  l'égard de B._______ durant  la  période  durant  laquelle  ils  avaient  fait  ménage  commun  et  qu'il  aurait  entretenu des relations extraconjugales.  L'intéressé a été invité à faire part de ses observations dans le cadre du  droit d'être entendu. I.c Répondant  à  l'invitation  de  l'ODM  précitée,  A._______  a  déposé,  le  27 février  2009,  des  observations  complémentaires  relatives  à  la  procédure  d'annulation  de  la  naturalisation  facilitée.  Dans  cet  écrit,  il  a  contesté  avoir  commis  des  violences  à  l'égard  de  son  épouse  et  avoir  entretenu des relations extraconjugales pendant la durée du mariage. Il a  au  contraire  insisté  sur  l'adultère  commis  par  B._______  avec  le  dénommé  C._______.  Au  surplus,  l'intéressé  a  évoqué,  production  du  jugement  de  divorce  à  l'appui,  des  considérations  relatives  à  la  dissolution du régime matrimonial survenue au terme de la procédure de  divorce. J.  Par  courriers  respectivement  datés  du 23 et,  pour  deux d'entre­eux,  du  25 février  2009,  les  autorités  compétentes  des  cantons  de  Saint­Gall,  Vaud  et  Genève  ont  donné  leur  assentiment  à  l'annulation  de  la  naturalisation facilitée octroyée à A._______. K.  Par  décision  du  6  mars  2009,  l'ODM  a  prononcé  l'annulation  de  la  naturalisation  facilitée  accordée  à  A._______.  L'autorité  de  première  instance a considéré que l'enchaînement logique et rapide des faits entre  une  rencontre  fortuite  lors  d'un  voyage  en  Italie,  suivie,  moins  d'un  an  après,  d'un mariage  avec  une  femme  de  neuf  ans  son  aînée,  le  retour  seul en Italie de l'intéressé, pays où l'épouse a dû aller le rechercher pour  qu'il intègre le foyer conjugal, la commission de violences conjugales dès  1998, et une séparation définitive, intervenant moins de six mois après le  prononcé de la naturalisation facilitée, suivie d'un divorce, était constitutif  d'une  présomption  de  fait  que  la  naturalisation  avait  été  obtenue  frauduleusement. Sur la base des éléments ci­dessus exposés, l'autorité  intimée  a  estimé  qu'il  était  établi  que,  tant  à  l'époque  de  la  déclaration 

C­2580/2009 Page 7 commune  du  25  janvier  2004  qu'au  moment  du  prononcé  de  la  naturalisation  facilitée,  le  mariage  de  l'intéressé  n'était  pas  constitutif  d'une communauté conjugale effective et stable telle qu'exigée par  la  loi  et définie par la jurisprudence.  De l'avis de l'autorité, l'intéressé n'a apporté aucun élément ni moyen de  preuve permettant de renverser cette présomption ou du moins d'en faire  douter. L'autorité de première  instance a écarté  l'argument du recourant  selon  lequel  l'ex­épouse  de  celui­ci  aurait  eu  un  comportement  volage,  précisant que même en admettant cette  thèse,  il eût  fallu constater que  les  exigences  de  fidélité  et  d'assistance  propres  à  la  communauté  conjugale  telle  qu'exigée  en  matière  de  naturalisation  n'existaient  déjà  plus  en  2001.  L'ODM  a  par  contre  retenu  le  comportement  violent  de  A._______  à  l'égard  de  son  ex­épouse  et  les  relations  extraconjugales  entretenues par celui­ci durant la vie commune. L.  A  l'encontre  de  la  décision  du  6  mars  2009,  A._______,  par  mémoire  déposé  le  22  avril  2009,  interjette  recours,  concluant  à  l'annulation  du  prononcé de première instance. A  l'appui de son pourvoi,  le recourant  invoque tout d'abord une violation  du droit d'être entendu. Il estime ne pas avoir été en mesure de prendre  connaissance  de  l'intégralité  des  pièces  du  dossier  sur  lesquelles  l'autorité  de  première  instance  s'est  basée  pour  rendre  sa  décision.  Il  affirme en particulier que rien n'autorisait l'autorité intimée à garder, dans  le cas d'espèce, des pièces secrètes. De plus, il estime que le courrier de  l'ODM du 9 février 2009 ne présente pas de manière suffisante au regard  de l'art. 28 PA le contenu des pièces mises au bénéfice de l'art. 27 PA. A._______  se plaint  en outre d'un établissement manifestement  inexact  et  arbitraire  des  faits  basé  non  seulement  sur  les  seules  affirmations  erronées  de  B._______,  mais  encore  uniquement  sur  celles  qui  lui  seraient  défavorables.  Il  reproche  également  à  l'ODM  d'avoir  omis  de  prendre  en  considération  sa  propre  version  des  faits  ainsi  que  ses  moyens de preuve.  Finalement,  le  recourant  soutient  que  l'autorité  intimée  a  abusé  de  son  pouvoir d'appréciation en estimant, sans aucun élément matériel probant,  qu'il  a  obtenu  la  naturalisation  facilitée  en  raison  d'un  comportement  déloyal  et  trompeur.  Il  insiste  sur  le  fait  que  les  déclarations  de  B._______ attestent que le couple n'avait aucune intention de se séparer 

C­2580/2009 Page 8 et de divorcer au  jour de  la signature de  la déclaration commune du 25  janvier 2004. Ce ne serait qu'en août 2004 que l'ex­épouse du recourant  "et  elle  seule,  pour  des  motifs  ultérieurs  liés  à  ce  qu'elle  a  appelé  l'exercice de sa liberté sexuelle, a souhaité se séparer […]". Le recourant  rappelle  également  que  B._______  a  entretenu  une  relation  extraconjugale avec le dénommé C._______, qu'il en a eu connaissance  au cours de l'été 2004 seulement, "soit plusieurs mois après [la] signature  de la déclaration concernant la communauté conjugale".  En annexe à son mémoire, le recourant verse plusieurs pièces en cause,  notamment un certificat de travail de la société (…), société pour laquelle  il travaille, ainsi que le jugement du 13 juin 2005 prononçant des mesures  protectrices de  l'union conjugale et  le  jugement de divorce du 21 février  2008. M.  Le 29 mai 2009,  l'ODM a estimé que les arguments développés dans le  mémoire de recours ne permettaient pas de remettre en cause l'analyse  faite dans le cadre de la décision du 6 mars 2009. N.  Par  courrier  du  29  juin  2009,  le  recourant  déclare  persister  dans  ses  conclusions. O.  O.a  Le  18  juillet  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  :  Le  Tribunal)  a  communiqué  plusieurs  pièces  du  dossier  K  393  123  au  recourant pour consultation et détermination. O.b En date du 30 août 2011, A._______ a déposé des observations par  lesquelles  il  informe avoir pris connaissance des documents  transmis et  confirme les conclusions prises dans son mémoire de recours du 22 avril  2009. Au  surplus,  il  rappelle  avoir  toujours  été  "fidèle  et  dévoué"  à  son  épouse et ne s'être  jamais, à une exception près, comporté de manière  violente  à  son  encontre.  Le  recourant  réaffirme  que  son  couple  était  effectif et stable  jusqu'en août 2004, mois au cours duquel  il a appris  le  comportement  volage  de  B._______,  événement  imprévisible  ayant  précipité la désunion. Jusqu'à cette période, ni A._______ ni son épouse  n'avaient envisagé de se séparer ou de divorcer.

C­2580/2009 Page 9 O.c Le 18 octobre 2011,  les observations du recourant du 30 août 2011  ont  été  transmises  à  l'autorité  intimée  pour  information.  Celle­ci  a  répondu,  en  date  du  20  octobre  2011,  n'avoir  aucun  élément  complémentaire à faire valoir. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF ; RS 173.32), le Tribunal,  en  vertu  de  l'art. 31  LTAF,  connaît  des  recours  contre  les  décisions  au  sens de l'art. 5 PA prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF. En  particulier,  les  recours  contre  les  décisions  de  l'ODM  en  matière  d'annulation de la naturalisation facilitée peuvent être déférés au Tribunal  qui  statue  comme  autorité  précédant  le  Tribunal  fédéral  (cf. art.  1  al.  2  LTAF en relation avec l'art. 83 let. b a contrario de la loi du 17 juin 2005  sur le Tribunal fédéral [LTF ; RS 173.110]). 1.2. A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant  le  Tribunal  est  régie  par  la  PA  (cf.  art.  37  LTAF  et  51  al.  1  de  la  loi  fédérale  du  29  septembre  1952  sur  l'acquisition  et  la  perte  de  la  nationalité suisse [LN ; RS 141.0]). 1.3. A._______ a qualité pour recourir (cf. art. 48 al. 1 PA). Son recours,  présenté  dans  la  forme  et  les  délais  prescrits  par  la  loi,  est  recevable  (cf. art. 50 et 52 PA). 2.  Le recourant peut invoquer devant le Tribunal la violation du droit fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité  de  recours  n'est  pas  liée  par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération l'état de fait et  de  droit  régnant  au moment  où  elle  statue  (cf.  consid.  1.2  de  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2A.451/2002 du 28 mars 2003,  partiellement publié  in  :  ATF 129 II 215 ; ATF 135 II 369 consid. 3.3).

C­2580/2009 Page 10 3.  3.1.  Dans  son  recours  du  22  avril  2009,  A._______  se  plaint  préliminairement d'une violation du droit d'être entendu.  3.2. Le droit d'être entendu, dont  la garantie se trouve inscrite à  l'art. 29  al.  2  de  la  Constitution  fédérale  du  18  avril  1999  (Cst.  ;  RS  101),  comprend le droit pour le justiciable de prendre connaissance du dossier,  de  s'exprimer  sur  les  éléments  pertinents  avant  qu'une décision ne  soit  prise touchant sa situation juridique, de produire des preuves pertinentes,  d'obtenir  qu'il  soit  donné  suite  à  des  offres  de  preuves  pertinentes,  de  participer à l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de  s'exprimer  sur  son  résultat,  lorsque  cela  est  de  nature  à  influer  sur  la  décision à rendre (cf. ATF 135 I 187 consid. 2.2, ATF 133 I 270 consid.  3.1,  ATF 132  V  368  consid.  3.1,  ATF  129  II  497  consid.  2.2  et  les  références  citées).  Il  en  découle  notamment  que  l'autorité  qui  verse  au  dossier  de  nouvelles  pièces  dont  elle  entend  se  prévaloir  dans  son  jugement  est  tenue  en  principe  d'en  aviser  les  parties,  même  si  elle  estime  que  les  documents  en  question  ne  contiennent  aucun  nouvel  élément de fait ou de droit (ATF 114 Ia 97 consid. 2c, confirmé par l'ATF  132 V 387 consid. 3). Ce droit constitutionnel est violé si l'autorité tranche  la  cause,  ou une question de  fait  ou de droit  qu'elle  doit  résoudre pour  trancher  la  cause,  sans  avoir  donné  à  l'intéressé  la  possibilité  de  présenter  utilement  ses  moyens  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  6P.159/2006/6S.368/2006 du 22 décembre 2006 consid. 3.1). Le  droit  d'être  entendu  est  consacré,  en  procédure  administrative  fédérale, par les art. 26 à 28 PA (droit de consulter les pièces), les art. 29  à 33 PA (droit d'être entendu stricto sensu) et l'art. 35 PA (droit d'obtenir  une  décision  motivée).  L'art.  30  al.  1  PA  prévoit  en  particulier  que  l'autorité entend les parties avant de prendre une décision. C'est  le droit  pour le justiciable de s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une  décision  ne  soit  prise  touchant  sa  situation  juridique,  soit  le  droit  d'exposer  ses arguments de droit,  de  fait  ou d'opportunité,  de  répondre  aux objections de l'autorité et de se déterminer sur les autres éléments du  dossier (cf. ATF 132 II 485 consid. 3, ATF 126 I 7 consid. 2b, ATF 124 II  132 consid. 2b et la jurisprudence citée). 3.3. Le droit d'être entendu est l'un des aspects de la notion générale de  procès équitable au sens de  l'art. 29 al. 1 Cst. et de  l'art. 6 par. 1 de  la 

C­2580/2009 Page 11 Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et  des libertés fondamentales (CEDH ; RS 0.101). Selon la jurisprudence de  la Cour européenne des droits de l'homme, cette notion implique le droit  pour  les  parties  à  un  procès  de  prendre  en  principe  connaissance  de  toute pièce ou observation présentée au juge et de la discuter (arrêts de  la Cour européenne des droits de l'homme Ziegler c. Suisse, du 21 février  2002,  par.  33  ;  Lobo  Machado  c.  Portugal,  du  20  février  1996,  Rec.CourEDH 1996­I p. 206, par. 31). L'effet réel de ces éléments sur le  jugement  à  rendre  importe  peu.  Les  parties  doivent  avoir  la  possibilité  d'indiquer si elles estiment qu'un document appelle des commentaires de  leur  part  (arrêts  Ressegatti  c.  Suisse,  du  13  juillet  2006,  par.  32  ;  Nideröst­Huber  c.  Suisse,  du  18  février  1997,  Rec.  CourEDH  1997­I  p.  101, par. 27). La notion de droit d'être entendu  fondée sur  l'art. 29 al. 2  Cst.  ayant  intégré  ces  principes,  ils  valent  pour  toutes  les  procédures  judiciaires,  y  compris  celles  qui  ne  tombent  pas  dans  le  champ  de  protection de l'art. 6 par. 1 CEDH (ATF 133 I 100 consid. 4.3 à 4.6 ; arrêt  du Tribunal fédéral 1C_281/2007 du 18 décembre 2007 consid. 2.2). 3.4.  Toutefois,  la  violation  du  droit  d'être  entendu  peut,  à  titre  exceptionnel, pour autant que ladite violation ne soit pas particulièrement  grave, être considérée comme guérie lorsque la cognition de l'instance de  recours n'est pas limitée par rapport à celle de l'instance inférieure et qu'il  n'en  résulte  aucun  préjudice  pour  le  recourant  (cf.  ATF  135  I  279  consid. 2.6.1, ATF 133  I 201 consid. 2.2, ATF 130  II  530 consid. 7.3 et  ATF  129  I  129  consid.  2.2.,  ainsi  que  la  jurisprudence  et  la  doctrine  citées ;  cf. ATAF  2009/53  consid.  7.3  et  ATAF  2009/61  consid.  4.1.3  et  les  références  citées  ;  cf.  BERNHARD  WALDMANN  /  JÜRG  BICKEL,  in  :  Bernhard  Waldmann  /  Philippe  Weissenberger  (éd.),  VwVG  Praxiskommentar  zum  Bundesgesetz  über  das  Verwaltungsverfahren,  Zurich  2009,  ad  art.  29  nos 106­127).  En  outre,  une  réparation  d'une  violation du droit d'être entendu peut également se  justifier en présence  d'un  vice  grave  lorsque  le  renvoi  constituerait  une  vaine  formalité  et  aboutirait  à  un  allongement  inutile  de  la  procédure  (cf.  ATAF  2009/36  consid. 7.3 et la jurisprudence citée). 3.5. A._______ fait grief à l'autorité intimée d'avoir fondé sa décision sur  des  pièces  dont  l'accès  lui  a  été  refusé  alors  qu'aucun  intérêt  privé  ou  public sérieux ne pouvait,  selon  lui,  justifier que  le secret soit gardé sur  celles­ci.  Le  recourant  conteste  en  outre  que  le  contenu  essentiel  des  informations  contenues  dans  ces  pièces  lui  ait  été  communiqué  avec  suffisamment de précision.

C­2580/2009 Page 12 3.5.1. A  ce  sujet,  il  sied  de  préciser  que  le  droit  à  la  consultation  des  pièces peut être  limité  lorsque des  intérêts publics ou privés  importants  exigent que le secret soit gardé (cf. art. 27 al. 1 let. a et b PA). Selon  l'art.  28  PA,  une  pièce  dont  la  consultation  a  été  refusée  au  recourant ne peut être utilisée à son désavantage que si l'autorité lui en a  communiqué, oralement ou par écrit, le contenu essentiel se rapportant à  l'affaire et lui a en outre donné l'occasion de s'exprimer et de fournir des  contre­preuves  (cf.  arrêt  du Tribunal  fédéral  1C_493/2010  du  28  février  2011 consid. 2.1 et 2.2, et la jurisprudence citée).  3.5.2.  En  l'espèce,  par  courrier  du  9  février  2009,  l'ODM  a  porté  à  la  connaissance  du  mandataire  du  recourant  que  le  dossier  fédéral  contenait "des pièces" mises au bénéfice de l'art. 27 PA. Il s'agit de trois  lettres – deux annexes à la pièce n° 27 et la pièce n° 31 – sur lesquelles  était  indiquée,  en  rouge,  la  mention  "à  ne  pas  produire".  L'autorité  de  première  instance  a  ensuite  exposé  que,  selon  lesdites  pièces,  il  apparaissait "que durant son mariage, [A._______] se serait plusieurs fois  comporté de manière violente à  l'égard de son ex­épouse et qu'il aurait  également durant cette période entretenu des relations extraconjugales".  Elle a finalement offert au recourant la possibilité de s'exprimer à ce sujet. 3.5.3. Il appert que les informations contenues dans les pièces mises au  bénéfice de  l'art. 27 PA émanent de tiers ayant expressément demandé  que  leurs  identités  respectives  ne  soient  pas  révélées  au  recourant,  craignant une réaction violente de sa part. Dans la mesure où les craintes  émises  par  ces  personnes  n'apparaissent  pas  infondées  –  le  dossier  contient à ce sujet plusieurs indices mettant en lumière le comportement  potentiellement  agressif,  voire  violent,  du  recourant  (cf.  en  particulier  le  récit, admis par ce dernier, de  la dispute survenue avec son ex­épouse  en  avril  2001  dans  une  boîte  de  nuit  ;  cf.  également  le  courrier  électronique que le recourant a adressé le 7 août 2004 à C._______ dans  lequel il use à l'encontre de ce dernier d'un ton agressif et menaçant) – il  y a lieu de considérer que leur intérêt privé à ce que leur identité ne soit  pas révélée au recourant est prédominant. C'est dès lors à bon droit que  l'autorité de première instance a fait usage de l'art. 27 al. 1 let. b PA. 3.5.4. Par  courrier  du  9  février  2009,  l'ODM  a  communiqué,  certes  de  manière  succincte,  mais  suffisante,  le  contenu  des  pièces  dont  la  consultation  n'avait  pas  été  autorisée.  En  relevant  que  ces  documents  avaient trait au comportement violent du recourant envers son ex­épouse  et  aux  relations  extraconjugales  prétendument  entretenues,  l'autorité 

C­2580/2009 Page 13 intimée  a  correctement  résumé  le  contenu  de  ces  pièces  et  a  offert  à  A._______ toute latitude pour s'exprimer à ce sujet.  3.5.5. Le 18 juillet 2011,  l'autorité de céans a transmis au recourant des  pièces  du  dossier  de  l'ODM,  dont  il  n'y  avait  pas  lieu  de  refuser  la  consultation mais dont il était permis de douter, à l'examen dudit dossier  et  de  son  bordereau,  qu'elles  aient  été  portées  à  la  connaissance  de  l'intéressé avant que l'autorité intimée ne prononce la décision querellée.  Il  s'agissait  de  s'assurer  que  celui­ci  ait  bien  eu  la  possibilité  de  se  déterminer  à  leur  sujet  –  ce  qu'il  a  pu  faire  en  tout  état  de  cause  par  courrier du 30 août 2011 – et de réparer une éventuelle violation du droit  d'être  entendu,  étant  précisé  que  la  cognition  du  Tribunal  est  aussi  étendue  que  celle  de  l'ODM  (cf. ATAF 2009/53  consid.  7.3  ;  ATF  135  I  279 consid. 2.6.1, ATF 133 I 201 consid. 2.2, ATF 130 II 530 consid. 7.3,  et la jurisprudence citée). 3.5.6. Pour  les motifs  qui  précèdent,  le  grief  tiré  de  la  violation du droit  d'être entendu est rejeté. 4.  En vertu de  l'art. 27 al. 1 LN, un étranger peut, ensuite de son mariage  avec  un  ressortissant  suisse,  former  une  demande  de  naturalisation  facilitée,  s'il  a  résidé  en  Suisse  pendant  cinq  ans  en  tout  (let.  a),  s'il  y  réside depuis une année (let. b) et s'il vit depuis trois ans en communauté  conjugale avec un ressortissant suisse (let. c). 4.1. La notion de communauté conjugale dont il est question dans la loi  sur  la nationalité, en particulier aux art. 27 al. 1 let. c et 28 al. 1 let. a  LN,  présuppose  non  seulement  l'existence  formelle  d'un mariage  –  à  savoir  d'une union  conjugale  au  sens de  l'art.  159 al.  1  du  code  civil  suisse  du  10  décembre  1907  (CC  ;  RS  210)  –  mais  implique,  de  surcroît, une communauté de fait entre les époux, respectivement une  communauté  de  vie  effective,  fondée  sur  la  volonté  réciproque  des  époux de maintenir cette union.  Une  communauté  conjugale  au  sens  des  dispositions  précitées  suppose donc  l'existence, au moment de  la décision de naturalisation  facilitée,  d'une  volonté  matrimoniale  intacte  et  orientée  vers  l'avenir,  autrement  dit  la  ferme  intention  des  époux  de  poursuivre  la  communauté  conjugale  au­delà  de  la  décision  de  naturalisation  facilitée.  L'introduction  d'une  procédure  de  divorce  ou  la  séparation  des  époux  peu  après  la  naturalisation  facilitée  constitue  un  indice 

C­2580/2009 Page 14 permettant de présumer l'absence d'une telle volonté lors de l'octroi de  la  citoyenneté  helvétique  (cf. ATF  135  II  161  consid. 2  et  la  jurisprudence citée ; cf. également arrêt du Tribunal fédéral 1C_1/2010  du 23 mars 2010 consid. 2.1.1 et les arrêts citées).  4.2.  La  communauté  conjugale  telle  que  définie  ci­dessus  doit  non  seulement  exister  au  moment  du  dépôt  de  la  demande,  mais  doit  subsister pendant toute la procédure jusqu'au prononcé de la décision sur  la requête de naturalisation facilitée (cf. ATF 135 II précité consid. 2). Il sied de relever que le législateur fédéral,  lorsqu'il a créé l'institution de  la naturalisation facilitée en faveur du conjoint étranger d'un ressortissant  suisse,  avait  en  vue  la  conception  du mariage  telle  que  définie  par  les  dispositions  du  code  civil  sur  le  droit  du  mariage,  à  savoir  une  union  contractée par amour en vue de la constitution d'une communauté de vie  étroite – de toit, de table et de lit – au sein de laquelle les conjoints sont  prêts à s'assurer mutuellement fidélité et assistance, et qui est envisagée  comme durable, à savoir comme une communauté de destins (cf. art. 159  al. 2 et al. 3 CC ; ATF 124  III 52 consid. 2a/aa, ATF 118  II 235 consid.  3b), voire dans la perspective de la création d'une famille (cf. art. 159 al. 2  CC in fine). Malgré  l'évolution  des mœurs  et  des mentalités,  seule  cette  conception  du mariage,  communément  admise  et  jugée  digne  de  protection  par  le  législateur  fédéral,  est  susceptible  de  justifier  –  aux  conditions  prévues  aux  art.  27  et  28  LN  –  l'octroi  de  la  naturalisation  facilitée  au  conjoint  étranger  d'un  ressortissant  helvétique  (cf.  dans  ce  sens  ATAF  2010/16  consid.  4.4  ainsi  que  l'arrêt  du Tribunal  fédéral  1C_48/2010  du  15  avril  2010 consid. 3.4). 5.  Avec l'assentiment de l'autorité du canton d'origine, l'ODM peut, dans les  délais  prévus  par  la  loi,  annuler  la  naturalisation  ou  la  réintégration  obtenue  par  des  déclarations  mensongères  ou  par  la  dissimulation  de  faits  essentiels  et  qui  n'aurait  pas  été  accordée  si  ces  faits  avaient  été  connus (art. 41 LN ; cf. également Message du Conseil fédéral relatif à un  projet de loi sur l'acquisition et la perte de la nationalité suisse du 9 août  1951, FF 1951 II 700/701, ad art. 39 du projet). 5.1. L'annulation de  la naturalisation présuppose donc que celle­ci ait  été  obtenue  frauduleusement,  c'est­à­dire  par  un  comportement  déloyal et  trompeur. A cet égard,  il n'est pas nécessaire qu'il  y ait eu 

C­2580/2009 Page 15 fraude  au  sens  du  droit  pénal.  Il  faut  néanmoins  que  l'intéressé  ait  consciemment  donné  de  fausses  indications  à  l'autorité,  respectivement  qu'il  ait  laissé  faussement  croire  à  l'autorité  qu'il  se  trouvait dans la situation prévue par l'art. 27 al. 1 let. c LN, violant ainsi  le devoir d'information auquel il est appelé à se conformer en vertu de  cette  disposition  (cf.  ATF  135  II  161  consid.  2  et  la  jurisprudence  citée).  Tel  est  notamment  le  cas  si  le  requérant  déclare  vivre  en  communauté  stable  avec  son  conjoint,  alors  qu'il  envisage  de  se  séparer  une  fois  obtenue  la  naturalisation  facilitée  ;  peu  importe  que  son mariage se soit déroulé jusqu'ici de manière harmonieuse (cf. arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_40/2011  du  28 mars  2011  consid.  3.1.1  et  la  jurisprudence citée). 5.2.  La  nature  potestative  de  l'art.  41  al.  1  LN  confère  une  certaine  latitude  à  l'autorité.  Dans  l'exercice  de  cette  liberté,  celle­ci  doit  s'abstenir  de  tout  abus.  Commet  un  abus  de  son  pouvoir  d'appréciation  l'autorité qui se  fonde sur des critères  inappropriés, ne  tient  pas  compte  de  circonstances  pertinentes  ou  rend  une  décision  arbitraire,  contraire  au  but  de  la  loi  ou  au  principe  de  la  proportionnalité  (cf.  notamment  ATF  131  I  91  consid.  3.3  et  la  jurisprudence  citée ;  voir  également  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_1/2010 du 23 mars 2010 consid. 2.1.1). 5.2.1. La procédure administrative fédérale est régie par le principe de  la  libre  appréciation  des  preuves  (cf.  art.  40  de  la  loi  fédérale  du  4 décembre  1947  de  procédure  civile  fédérale  [PCF  ;  RS  273],  applicable par renvoi de  l'art. 19 PA). Par renvoi de  l'art. 37 LTAF, ce  principe  prévaut  également  devant  le  Tribunal.  L'appréciation  des  preuves est libre en ce sens qu'elle n'obéit pas à des règles de preuve  légales prescrivant à quelles conditions l'autorité devrait admettre que  la  preuve  a  abouti  et  quelle  valeur  probante  elle  devrait  reconnaître  aux  différents  moyens  de  preuve  les  uns  par  rapport  aux  autres.  Lorsque la décision intervient – comme en l'espèce – au détriment de  l'administré,  l'administration  supporte  le  fardeau  de  la  preuve.  Si  elle  envisage d'annuler  la naturalisation  facilitée, elle doit  rechercher si  le  conjoint naturalisé a menti  lorsqu'il a déclaré  former une union stable  avec  son  époux  suisse.  Comme  il  s'agit  là  d'un  fait  psychique  en  relation  avec  des  faits  relevant  de  la  sphère  intime,  qui  sont  souvent  inconnus de  l'administration et difficiles à prouver,  il  apparaît  légitime  que l'autorité s'appuie sur une présomption. Partant, si l'enchaînement  rapide  des  événements  fonde  la  présomption  de  fait  que  la  naturalisation  a  été  obtenue  frauduleusement,  il  incombe  alors  à 

C­2580/2009 Page 16 l'administré,  en  raison,  non  seulement  de  son  devoir  de  collaborer  à  l'établissement des faits (cf. art. 13 al. 1  let. a PA ; cf. à ce sujet ATF  132  II  113  consid.  3.2),  mais  encore  de  son  propre  intérêt,  de  renverser cette présomption (cf. ATF 135 II 161 consid. 3 et références  citées ; cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_1/2010 précité, ibid.). 5.2.2.  S'agissant  d'une  présomption  de  fait,  qui  ressortit  à  l'appréciation des preuves et ne modifie pas  le  fardeau de  la preuve,  l'administré  n'a  pas besoin,  pour  la  renverser,  de  rapporter  la  preuve  contraire du fait présumé, à savoir faire acquérir à l'autorité la certitude  qu'il n'a pas menti.  Il  suffit qu'il parvienne à  faire admettre  l'existence  d'une  possibilité  raisonnable  qu'il  n'ait  pas menti  en  déclarant  former  une communauté stable avec son conjoint.  Il  peut  le  faire en  rendant  vraisemblable,  soit  la  survenance  d'un  événement  extraordinaire,  susceptible  d'expliquer  une  détérioration  rapide  du  lien  conjugal,  soit  l'absence de conscience de la gravité de ses problèmes de couple et,  ainsi, l'existence d'une véritable volonté de maintenir une union stable  avec son conjoint lorsqu'il a signé la déclaration (cf. ATF 135 II précité  consid. 3  ;  voir également  l'arrêt du Tribunal  fédéral 1C_252/2010 du  20 juillet 2010 consid. 4.2). 6.  A  titre  liminaire,  le  Tribunal  constate  que  les  conditions  formelles  de  l'annulation  de  la  naturalisation  facilitée  prévues  par  l'art.  41  LN  sont  réalisées  dans  le  cas  particulier.  En  effet,  la  naturalisation  facilitée  accordée  le  25  mars  2004  à  A._______  a  été  annulée  par  l'autorité  inférieure  en  date  du  6  mars  2009,  soit  avant  l'échéance  des  délais  prévus par la loi, avec l'accord des cantons d'origine, Saint­Gall, Vaud et  Genève (cf. arrêt du Tribunal administratif fédéral C­372/2010 du 29 avril  2011 consid. 7 et la jurisprudence citée). 7.  Il  convient  donc  d'examiner  si  les  circonstances  du  cas  d'espèce  répondent  aux  conditions matérielles de  l'annulation de  la naturalisation  facilitée  résultant du  texte de  la  loi, de  la volonté du  législateur et de  la  jurisprudence développée en la matière. 7.1. Dans le cas particulier, l'autorité de première instance a retenu, dans  sa  décision  du  6  mars  2009  contestée  par  le  recourant,  que  l'enchaînement  des  événements  fondait  la  présomption  de  fait  que  la  naturalisation  avait  été  obtenue  frauduleusement  et  a  constaté  que  le 

C­2580/2009 Page 17 recourant n'avait  pas été en mesure de  renverser  cette présomption ou  même de la mettre en doute. L'autorité  intimée a par ailleurs observé que  les exigences de  fidélité et  d'assistance propres à une communauté conjugale n'existaient déjà plus  en 2001. 7.1.1.  Il  ressort  du  dossier  que  A._______  et  B._______  se  sont  rencontrés en 1996 dans un  train, en  Italie, pays dans  lequel  l'intéressé  disposait  d'une  autorisation  de  séjour  et  exerçait  un  emploi.  Le  couple  s'est  marié  le  17  octobre  1997.  A._______  n'a  toutefois  rejoint  son  épouse à Genève qu'au début de  l'année 1998. Le 15 octobre 2002,  le  recourant  a  sollicité  l'octroi  de  la  naturalisation  facilitée  et  le  25 janvier  2004, les époux A._______ et B._______ ont signé la déclaration relative  à  la  stabilité  de  leur  union  conjugale.  Le  25  mars  2004,  A._______  a  obtenu la nationalité helvétique. Six mois plus tard, soit le 24 septembre 2004, le couple s'est séparé. Une  première requête de mesures protectrices de l'union conjugale, déposée  le 19 novembre 2004, a été  rejetée  le 7 décembre 2004 et suivie d'une  seconde requête, datée du 19 janvier 2005 et admise le 22 février 2005.  Le divorce a été prononcé en date du 21 février 2008. 7.1.2. Ces éléments et  leur enchaînement chronologique  rapide sont de  nature à fonder  la présomption selon laquelle A._______ a, en l'espèce,  obtenu  la  naturalisation  facilitée  de  manière  frauduleuse.  Le  laps  de  temps qui s'est écoulé entre la déclaration commune du 25 janvier 2004,  l'octroi  de  la  naturalisation  facilitée  le  25  mars  2004,  la  séparation  du  couple  intervenue  le  24  septembre  2004  et  l'introduction  des  deux  requêtes de mesures protectrices de  l'union conjugale  les 19 novembre  2004 et 19 janvier 2005 tend à montrer que le couple n'envisageait déjà  plus,  lors  de  la  signature  de  la  déclaration  de  vie  commune,  respectivement au jour du prononcé de la décision de naturalisation, une  vie future partagée, qu'à ce moment­là déjà, et ce quand bien même les  conjoints ne vivaient pas encore séparés,  la stabilité requise du mariage  n'existait  plus  et  qu'ainsi,  la  naturalisation  a  été  acquise  au  moyen  de  déclarations mensongères et en dissimulant des faits essentiels. 7.1.3.  Cette  présomption  de  fait  fondée  sur  la  chronologie  particulièrement rapide des événements est au demeurant corroborée par  plusieurs autres indices.

C­2580/2009 Page 18 7.1.3.1 Le Tribunal observe que A._______ a  introduit une demande de  naturalisation facilitée le 15 octobre 2002, soit cinq ans exactement après  son  installation  en  Suisse.  A  l'examen  des  conditions  de  l'art.  27  LN  (cf. ci­dessus,  consid.  4.1),  il  appert  que  le  15  octobre  2002  constituait  ainsi  la  première  date  à  laquelle  l'intéressé  pouvait  déposer  une  telle  requête, ce qui porte à croire que ce dernier avait particulièrement hâte  d'obtenir  la  naturalisation  facilitée,  procédure  rendue  possible  par  son  mariage avec une ressortissante suisse (cf. arrêt du Tribunal administratif  fédéral C­372/2010 du 29 avril 2011 consid. 9.1 et la jurisprudence citée). 7.1.3.2  Le  couple  a  rapidement  rencontré  des  difficultés  après  son  mariage, notamment en raison des sautes d'humeur et de la nervosité du  recourant  (cf.  attestations  de  D._______  du  27  octobre  2005  et  de  E._______ du 24 octobre 2005). Ces problèmes, émanant notamment de  la  différence  culturelle  entre  les  deux  époux,  ont  émaillé  toute  la  vie  commune (cf. procès­verbal de  l'audition de B._______ du 14 juin 2005,  Q. 3). Dès  l'été 1998, A._______ a adopté à  l'égard de son épouse un  comportement violent, se traduisant le plus souvent par des critiques, des  insultes et des menaces, parfois par des gifles (cf. attestations de […] du  13 janvier 2004 et de F._______ du 13 janvier 2005). Le recourant a du  reste admis avoir giflé son épouse à une reprise, lors d'une soirée passée  dans  un  dancing  de Saint­Julien­en­Genevois  (cf.  courrier  du  recourant  du 18 juillet 2005, p. 3), en 2000 ou 2001, selon les versions (cf. ibidem et  lettre de B._______ du 8 novembre 2005). 7.1.3.3 Les fréquentes absences du recourant du domicile conjugal, sans  raisons  clairement  identifiées  –  B._______  parle  à  ce  sujet  de  "sorties  avec  des  amis"  et  de  rencontres  avec  "d'autres  femmes"  (cf. procès­ verbal  de  l'audition  de  B._______  du  14  juin  2005,  Q. 12) –,  attestées  notamment par le fils de B._______, le dénommé G._______, né en 1990  d'un  premier  mariage,  ainsi  que,  nonobstant  les  dénégations  du  recourant, le manque de considération et d'attention que ce dernier a eu  pour  le  fils  de  son  épouse,  amènent  le  Tribunal  à  douter  de  la  réelle  volonté de A._______ de construire avec B._______ un foyer stable (cf. à  ce sujet l'attestation de G._______ du 12 octobre 2005 et la lettre de son  père, H._______, du 3 octobre 2005). 7.1.3.4 Par surabondance, il ressort d'un document qui ne peut être remis  pour  consultation  en  vertu  de  l'art.  27 PA  que  le  recourant  a  entretenu  des  relations  intimes,  dans  le  courant  de  l'année  2000,  violant  ainsi  l'obligation de fidélité que son mariage avec B._______ lui imposait.

C­2580/2009 Page 19 7.2. A ce stade, il y a lieu de déterminer si le recourant a pu renverser la  présomption  établie  précédemment  (cf.  ci­dessus,  consid.  7.1),  en  rendant vraisemblable soit  la survenance d'un événement extraordinaire  permettant  d'expliquer  une  détérioration  rapide  du  lien  conjugal,  soit  l'absence  de  conscience  de  la  gravité  de  ses  problèmes  de  couple  au  moment de la signature de la déclaration commune (cf. arrêt du Tribunal  fédéral 1C_252/2010 précité). 7.2.1. Pour expliquer une aussi brusque dégradation du  lien conjugal,  le  recourant évoque avoir découvert, en août 2004, le comportement volage  de  B._______,  celle­ci  entretenant  des  relations  sexuelles  adultérines  avec  le  dénommé  C._______.  Cet  événement  aurait,  de  l'avis  du  recourant, provoqué une crise de couple subite et violente aboutissant, à  la fin du mois de septembre 2004, à leur séparation, puis, nonobstant  le  suivi d'une thérapie de couple à l'automne 2004, à leur divorce. 7.2.1.1 Selon  la  jurisprudence  constante,  de  telles  difficultés  conjugales  ne  sauraient  survenir  de  manière  inattendue  et  subite,  quelques  mois  seulement  après  l'obtention  de  la  nationalité  suisse.  Sauf  à  pouvoir  démontrer, ce que A._______ n'est pas parvenu à faire,  l'existence d'un  événement  brutal  entraînant  inévitablement  la  rupture  du  lien  conjugal,  les difficultés qui peuvent surgir entre époux, après plusieurs années de  vie  commune,  dans  une  communauté  effective,  intacte  et  stable,  n'entraîne la désunion, selon l'expérience générale de la vie, qu'au terme  d'un  processus  prolongé  de  dégradation  des  rapports  conjugaux,  en  principe  entrecoupé  de  tentatives  de  réconciliation  (cf. arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_548/2009  du  24  février  2010  consid.  4.2  et  la  jurisprudence  citée).  En  l'occurrence,  de  nombreux  éléments  (cf.  ci­dessus,  consid.  7.1.3)  tendent  à  démontrer  que  la  dégradation  de  l'union  conjugale  a  débuté bien avant l'été 2004. Preuves en sont au surplus les déclarations  répétées de B._______  selon  lesquelles  les disputes étaient  fréquentes  et  les  problèmes  de  communication  récurrents  (cf.  en  particulier  ci­ dessus, let. G.a et G.c). 7.2.1.2  De  plus,  le  fait  que  B._______  ait  entretenu  avec  C._______,  vraisemblablement  à  compter  du  début  de  l'été  2004,  une  relation  amoureuse adultérine – ce fait, non contesté, est par ailleurs attesté par  deux  écrits  non­datés  de  B._______  et  produits  par  le  recourant  (cf. annexes 13 et 21 à la pièce n° 20 du dossier K 393 123) – ne permet  pas de renverser la présomption précédemment établie. En effet, selon la  jurisprudence (cf. arrêt du Tribunal fédéral 1C_167/2010 du 21 juin 2010  consid. 4  et  la  jurisprudence  citée),  le  fait  qu'un  des  deux  époux  ait 

C­2580/2009 Page 20 entamé une relation extraconjugale peu de temps après la signature de la  déclaration de vie commune et  la décision de naturalisation constitue au  contraire un  indice permettant d'affirmer que  l'union conjugale était déjà  instable avant. 7.2.2. S'il est vrai que  tant A._______ que B._______ ont déclaré qu'au  jour de la signature de la déclaration commune, le 25 janvier 2004, aucun  des  deux  époux  n'avait  l'intention  de  se  séparer  et  d'entamer  une  procédure de divorce,  les éléments de  fait ci­dessus exposés, ainsi que  leur  chronologie,  ne  permettent  toutefois  pas  d'affirmer  que  le  couple  menait une vie en communauté effective et stable au sein de laquelle les  conjoints  sont  prêts  à  s'assurer  mutuellement  fidélité  et  assistance.  A  l'examen du dossier, il apparaît en effet que B._______, pour des raisons  qui  lui sont propres, avait à cœur de permettre à son époux d'obtenir  la  nationalité suisse. Pour cela, elle a accepté de subir brimades et affronts  plusieurs années durant. La situation conjugale s'est ainsi manifestement  dégradée  bien  avant  2004,  vraisemblablement  peu  de  temps  après  la  conclusion  du  mariage.  Cela  est  par  ailleurs  corroboré  par  les  déclarations de l'ex­épouse dans ses observations du 8 novembre 2005 :  "J'ai fait pression sur moi­même. En effet, il y avait en moi quelque chose  qui me disait "Je ne lâcherai pas tant qu'il n'a pas son passeport". Et j'ai  effectivement  résisté  jusque  là  !"  (cf.  observations  de  B._______  du  8 novembre 2005, p. 8). 7.2.3. Au demeurant, le fait que le recourant ait vécu avec son ex­épouse  entre 1998 et 2004, que les conjoints aient acquis un appartement en l'an  2000, qu'ils aient effectué quelques voyages ou vacances ensemble, que  le dossier contienne des photos montrant un couple vivant en harmonie  et  qu'il  existe  un  écrit  (cf.  la  carte  du  17  octobre  2001  rédigée  par  B._______  à  l'occasion  de  l'anniversaire  de  son mari)  dans  lequel  elle  réaffirmait l'amour qu'elle portait à son époux, ne permet pas d'accréditer  la  thèse,  développée  par  le  recourant  au  cours  de  la  procédure,  selon  laquelle ce serait uniquement la prétendue découverte, en août 2004, du  comportement volage de B._______ qui aurait entraîné précipitamment la  désunion,  alors  qu'auparavant,  lors  de  la  signature  de  la  déclaration  commune  et  au  moment  de  la  décision  de  naturalisation,  les  époux  auraient prétendument vécu en communauté effective et stable. 7.2.4. Finalement, pas plus le contenu du courrier du 19 décembre 2008  de I._______ et J._______ que celui de la lettre non datée de K._______  ne  sauraient  être  de  nature  à  renverser  la  présomption  précédemment  établie. En effet,  la déposition écrite de K._______ se concentre sur  les 

C­2580/2009 Page 21 relations adultérines de l'ex­épouse, élément déjà discuté plus avant (cf.  ci­dessus,  consid. 7.2.1),  et  celle  des  époux  I._______  et  J._______,  rapportant  fidèlement  la  version  des  faits  défendue  par  le  recourant,  présentant  le  couple A._______  et  B._______  comme un  couple  uni  et  heureux  jusqu'à  "la  fin  de  l'été  2004",  ne  convainc  pas  le  Tribunal,  ce  constat étant en contradiction avec  les éléments précis amenés  tout au  long  de  la  procédure  par  B._______  et  corroborés  par  plusieurs  témoignages. 7.3.  Ainsi,  et  si  tant  est  que  A._______  et  B._______  aient  contracté  mariage  en  octobre  1997  dans  l'intention  de  former  une  communauté  conjugale effective au sens de l'art. 27 LN, l'autorité de première instance  pouvait considérer, à bon droit, que cette volonté n'existait plus lors de la  signature de la déclaration commune et, a fortiori, au moment de l'octroi  de la naturalisation. 8.  En conclusion, au regard de ce qui précède, le Tribunal est d'avis qu'il y a  lieu  de  s'en  tenir  à  la  présomption  de  fait,  fondée  essentiellement  sur  l'enchaînement  rapide  des  événements,  que  la  naturalisation  facilitée  a  été  obtenue  de  façon  frauduleuse  (cf.  ATF  130  II  482).  Partant,  l'ODM  était  fondé  à  considérer  que  la  naturalisation  facilitée  conférée  au  recourant  en  date  du  25  mars  2004  avait  été  obtenue  sur  la  base  de  déclarations mensongères,  voire  d'une  dissimulation  de  faits  essentiels,  et  donc  à  prononcer,  avec  l'assentiment  des  cantons  d'origine,  l'annulation de cette naturalisation en application de l'art. 41 LN. 9.  Il ressort de ce qui précède que, par sa décision du 6 mars 2009, l'ODM  n'a  ni  violé  le  droit  fédéral,  ni  constaté  des  faits  pertinents  de manière  inexacte  ou  incomplète.  Cette  décision  n'est  en  outre  pas  inopportune  (art. 48 PA).  En conséquence, le recours doit être rejeté. Vu  l'issue  de  la  cause,  il  y  a  lieu  de mettre  les  frais  de  procédure  à  la  charge du recourant (cf. art. 63 al. 1 PA en relation avec les art. 1 à 3 du  règlement du 21 février 2008 concernant  les frais, dépens et  indemnités  fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF ; RS 173.320.2]).

C­2580/2009 Page 22 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 800.­, sont mis à la charge du  recourant.  Ce  montant  est  compensé  avec  l'avance  de  frais  versée  le  18 mai 2009. 3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant, par l'entremise de son mandataire (acte judiciaire) – à l'autorité inférieure, avec le dossier (…) en retour – en copie, au Service des naturalisations de  la République et  canton  de Genève, pour information, avec le dossier cantonal en retour – en copie, au Service des naturalisations et de l'état civil du canton de  Saint­Gall, pour information – en copie, au secteur des naturalisations du Service de  la population  du canton de Vaud, pour information L'indication des voies de droit se trouve à la page suivante. Le président du collège : Le greffier : Jean­Daniel Dubey Jean­Luc Bettin

C­2580/2009 Page 23 Indication des voies de droit : Le  présent  arrêt  peut  être  attaqué  devant  le  Tribunal  fédéral,  1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans  les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90 ss et 100 de la loi  fédérale du 17 juin 2005 sur  le Tribunal  fédéral  [LTF  ; RS 173.110]). Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  un  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  L'arrêt  attaqué  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au mémoire,  pour  autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :

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