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Bundesverwaltungsgericht 11.11.2011 C-1284/2011

11 novembre 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,009 mots·~15 min·2

Résumé

suite à la dissolution de la famille

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour III C­1284/2011 Arrêt   d u   1 1   n o v emb r e   2011 Composition Antonio Imoberdorf (président du collège),  Blaise Vuille, Elena Avenati­Carpani, juges, Georges Fugner, greffier. Parties A._______, représenté par Maître Michel Celi Vegas, avocat,  rue du Cendrier 12­14, case postale 1207, 1211 Genève 1, recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6,  3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Refus d'approbation à la prolongation d'une autorisation de  séjour et renvoi.

C­1284/2011 Page 2 Faits : A.  A._______ (ci­après: A._______), ressortissant colombien né en 1986, a  été  interpellé à Genève 11  janvier 2004 dans  le cadre d'une bagarre de  discothèque. Il a alors reconnu séjourner en Suisse sans autorisation. B.  Le 19 janvier 2004, A._______ a déposé une demande d'autorisation de  séjour  auprès  de  l'Office  cantonal  de  la  population  à Genève  (ci­après:  OCP)  dans  le  but  de  s'y  marier  avec  B._______  et  de  subvenir  aux  besoins de leur enfant commun, qui était sur le point de naître. C.  A._______  a  été  interpellé  une  nouvelle  fois  le  9  février  2004  par  la  Gendarmerie  de  la  Servette.  Il  a  déclaré  être  arrivé  en  Suisse  en  été  2001 pour y poursuivre des études et y avoir ensuite séjourné et travaillé  sans  aucune  autorisation.  Il  a  indiqué  faire ménage  commun  avec  une  ressortissante cubaine titulaire d'une autorisation d'établissement qui était  sur le point de donner naissance à leur enfant commun et qu'il entendait  épouser. Le 22  février 2004, B._______ a donné naissance à Genève à une  fille  prénommée C._______, que A._______ a ultérieurement reconnue le 25  octobre 2004.  D.  A._______  a  été  interpellé  le  11  juin  2004  et  écroué  à  la  suite  d'une  plainte  pénale  de  son  amie  pour  voies  de  fait,  menaces  et  injures.  B._______  lui  a  notamment  reproché  de  l'avoir  battue  à  de  multiples  reprises,  de  l'avoir  menacée  avec  un  couteau  et  de  l'avoir  injuriée  en  public. Le 21  février 2005, B._______ a donné naissance à une deuxième fille,  prénommée D._______. E.  Le  3  février  2006,  A._______  et  B._______  ont  contracté  mariage  à  Genève et A._______ a été mis au bénéfice d'une autorisation de séjour  par  regroupement  familial,  laquelle  a  été  renouvelée  jusqu'au  2  février  2008.

C­1284/2011 Page 3 F.  Le  17  octobre  2006,  B._______  a  déposé  une  nouvelle  plainte  pénale  contre A._______ pour menaces et violences, en indiquant être séparée  de son mari depuis trois mois. G.  Invitée par  l'OCP à fournir des informations au sujet de la séparation du  couple et d'une éventuelle procédure en divorce, B._______ a indiqué, le  31  janvier  2007,  qu'une  procédure  en  divorce  avait  été  introduite  fin  novembre  2006,  que  A._______  ne  versait  aucune  contribution  d'entretien pour ses enfants, mais qu'il entretenait des relations correctes  avec eux. H.  A._______ a été interpellé le 20 décembre 2007 à la suite d'une nouvelle  plainte  pénale  pour  lésions  corporelles  déposée  à  son  endroit  par  son  épouse. I.  Le 15 janvier 2008, A._______ a été condamné, par le juge d'instruction  de  Genève,  à  240  heures  de  travail  d'intérêt  général  pour  lésions  corporelles simples, dommages à la propriété et infractions d'importance  mineure (vol). J.  Statuant  le 28  février 2008 sur une  requête de mesures protectrices de  l'union  conjugale  déposée  par  B._______,  le  Tribunal  de  première  instance de la République et canton de Genève a constaté que les époux  A._______­B._______  vivaient  séparés  depuis  le  mois  de  novembre  2006,  a  attribué  à  B._______  la  garde  sur  les  enfants  C._______  et  D._______,  attribué  à  A._______  un  droit  de  visite  sur  ses  filles  et  a  condamné  A._______  à  verser  à  B._______  le montant  de  Fr.  800.­  à  titre de contribution mensuelle à l'entretien de la famille. K.  Le  19 mars  2008, A._______  a  sollicité  de  l'OCP  le  renouvellement  de  son autorisation de séjour échue le 2 février 2008, nonobstant le fait qu'il  était séparé de B._______. Le  4  février  2009,  A._______  a  sollicité  une  nouvelle  fois  le  renouvellement de son autorisation de séjour.

C­1284/2011 Page 4 L.  Le 2 novembre 2009,  l'OCP a  informé A._______ qu'il entendait  refuser  le  renouvellement de son autorisation de séjour, dès  lors qu'il  ne  faisait  plus ménage commun avec son épouse. M.  Dans ses observations du 11 novembre 2009, A._______ a allégué qu'il  était  certes  sur  le  point  de  divorcer, mais  qu'il  entretenait  des  relations  étroites  avec  ses  deux  filles  et  qu'il  devait  ainsi  être  autorisé  à  les  voir  grandir en Suisse. N. Le  15  février  2010,  A._______  a  été  interpelé  à  Genève  pour  vol,  violation de domicile et dommages à la propriété. Le 23 mars 2010, A._______ a été interpelé à Genève pour des vols par  effraction  commis  les  24  février,  2 mars,  12 mars,  13 mars  et  19 mars  2010. O. Le  12  août  2010,  l'OCP  a  informé  A._______  qu'il  était  disposé  à  maintenir  son  autorisation  de  séjour  en  raison  des  relations  étroites  et  effectives qu'il  entretenait  avec  ses deux enfants, mais que  sa décision  était soumise à l'approbation de l'ODM, auquel il transmettait le dossier. P. Le  17  septembre  2010,  A._______  a  été  interpelé  à  Genève  pour  un  cambriolage commis dans un salon de coiffure. Q. Par  jugement  du  4  novembre  2010,  le  Tribunal  de  police  de Genève  a  condamné A._______ à 18 mois de peine privative de liberté avec sursis  pendant 4 ans pour vol par métier, dommages à  la propriété et violation  de  domicile.  Dans  son  jugement,  le  Tribunal  de  police  a  notamment  relevé  que  la  faute  du  prévenu  était  particulièrement  lourde  dans  la  mesure où  il avait commis 26 cambriolages entre  le 26 septembre 2009  et le 19 mars 2010 et démontré ainsi un mépris complet et durable de la  propriété d'autrui, dans la mesure où il n'avait pas hésité à commettre des  dégâts souvent sans commune mesure avec le butin récolté. R. Le 15 novembre 2010,  l'ODM a  informé A._______ qu'il  envisageait  de 

C­1284/2011 Page 5 refuser de donner son approbation à  la prolongation de son autorisation  de  séjour,  tout  en  lui  donnant  l'occasion  de  faire  part  de  ses  déterminations avant le prononcé d'une décision. S. Dans  les  observations  qu'il  a  adressées  à  l'ODM  le  29  novembre  2010  par l'entremise de son mandataire, A._______ a fait valoir que, même s'il  vivait  séparé  de  son  épouse  par  jugement  de mesures  protectrices  de  l'union conjugale du 28 février 2008, il exerçait son droit de visite sur ses  filles, qu'il était devenu financièrement  indépendant avant de perdre son  emploi  à  la  suite  de  son  emprisonnement  et  que  son  intérêt  privé  à  entretenir des relations avec ses filles l'emportait sur l'intérêt public à son  éloignement. T. Le 21 janvier 2011, l'ODM a rendu à l'endroit de A._______ une décision  de refus d'approbation à la prolongation de son autorisation de séjour et  de  renvoi  de  Suisse.  Dans  la  motivation  de  sa  décision,  l'autorité  inférieure  a  relevé  que  l'union  conjugale  des  époux  A._______­ B._______avait duré moins de trois ans et que, dans ces circonstances,  la  première  condition  prévue à  l'art.  50  al.  1  let.  a  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005  sur  les  étrangers  (LEtr,  RS  142.20)  n'était  pas  remplie.  L'ODM  a  constaté  par  ailleurs  que  le  recourant  ne  séjournait  légalement  en  Suisse  que  depuis  2006,  que  son  intégration  socioprofessionnelle  était  faible  et  que  ses  relations  avec  ses  filles  n'étaient pas d'une  intensité  telle qu'il  faille autoriser, pour ce seul motif,  la  poursuite  de  son  séjour  dans  ce  pays,  ce  d'autant  moins  que  son  comportement n'y avait nullement été irréprochable.  U. A._______ a recouru contre cette décision le 23 février 2011 au Tribunal  administratif  fédéral (ci­après:  le Tribunal ou le TAF) en concluant à son  annulation  et  à  l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  en  sa  faveur,  sous  suite  de  frais  et  dépens.  Il  a  repris  pour  l'essentiel  les  arguments  déjà  avancés  dans  ses  observations  à  l'ODM,  en  alléguant  notamment  qu'il  était certes séparé de son épouse, mais qu'aucune procédure de divorce  n'était  pendante,  qu'il  avait  occupé  plusieurs  emplois  en  Suisse  depuis  qu'il  était en âge de  travailler, que  les délits qu'il  avait  commis en 2010  correspondaient  à  une  période  d'abandon  matériel  et  affectif,  qu'il  entretenait des relations régulières avec ses deux filles et que son retour  en  Colombie  empêcherait  la  poursuite  de  ces  relations.  Il  a  fait  valoir  enfin  qu'il  n'avait  pas  accompli  son  service  militaire  en  Colombie  pour 

C­1284/2011 Page 6 avoir  quitté  ce  pays  à  l'âge  de  14  ans  et  qu'il  y  risquait  donc  une  incorporation immédiate dans l'armée à son retour au pays. V. Invité par  le Tribunal à produire toutes pièces utiles attestant  le montant  des pensions alimentaires  qu'il  avait  versées en exécution du  jugement  du  Tribunal  de  première  instance  de  Genève  du  28  février  2008,  le  recourant n'a produit aucun document dans ce sens, mais a exposé, le 4  avril 2011, qu'il aidait  financièrement son épouse en réglant directement  certains  frais, même s'il  avait  été  dans  l'impossibilité  de  subvenir  à  ses  propres  frais  courants  durant  certains  mois.  Le  recourant  a  ensuite  produit au dossier une déclaration écrite de son épouse du 4 avril 2011,  dans  laquelle  celle­ci  a  confirmé  qu'il  ne  réglait  pas  régulièrement  la  pension  alimentaire,  mais  qu'il  participait  néanmoins  à  l'entretien  et  à  l'éducation des enfants. W. Le  10  mai  2011,  le  Ministère  public  de  la  République  et  canton  de  Genève  a  condamné  A._______  pour  tentative  de  vol,  violation  de  domicile et infraction à l'art. 115 al. 1 let. b LEtr à une peine privative de  liberté de six mois et prolongé d'un an  le sursis accordé  le 4 novembre  2010 par le Tribunal de Police. A._______ a été incarcéré à la prison de  Champ­Dollon le 3 août 2011. X. Appelé à se prononcer sur le recours, l'ODM en a proposé le rejet. Dans  son préavis du 14 juin 2011, l'autorité inférieure a notamment relevé que  les  arguments  avancés  par  le  recourant  au  sujet  de  ses  obligations  militaires  en  Colombie  n'étaient  guère  convaincants  et  qu'il  n'avait  nullement rendu vraisemblable qu'il risquait d'y être victime de tortures ou  de  traitements  inhumains  au  sens  de  l'art.  3  de  la  Convention  du  4 novembre  1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme et  des  libertés  fondamentales (CEDH, RS 0.101). Y. Dans ses observations du 31 août 2011 sur le préavis de l'ODM et sur sa  condamnation pénale du 10 mai 2011,  le  recourant a allégué que cette  condamnation ne  représentait pas une violation des dispositions  légales  pouvant être considérées comme une atteinte très grave de la sécurité et  de  l'ordre  public,  en  se  prévalant  à  cet  égard  de  la  jurisprudence  du  Tribunal fédéral en la cause 2C_295/2009. 

C­1284/2011 Page 7 Z. Invité par  le Tribunal à se déterminer sur  le cambriolage d'une Ecole de  maquillage commis le 19 mai 2011 à Genève et portant sur un préjudice  de 25'412 francs 30 dans laquelle il était impliqué, le recourant a exposé,  le 27 septembre 2011 que la procédure était en cours et qu'il bénéficiait  encore de la présomption d'innocence dans cette affaire. Droit : 1.  1.1 Sous  réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le TAF, en  vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens  de  l'art.  5  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA, RS 172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées  à  l'art. 33 LTAF. En  particulier,  les  décisions  en matière  de  refus  d'approbation  à  l'octroi  d'une autorisation de séjour et de renvoi prononcées par  l'ODM – lequel  constitue une unité de l'administration fédérale telle que définie à l'art. 33  let. d LTAF – sont susceptibles de recours au TAF (art. 1 al. 2 LTAF). 1.2  L'entrée  en  vigueur,  le  1er  janvier  2008,  de  la  LEtr  a  entraîné  l'abrogation  de  la  loi  fédérale  du  26 mars  1931  sur  le  séjour  et  l’établissement des étrangers (LSEE de 1931, RS 1 113), conformément  à  l'art. 125 LEtr, en relation avec  le chiffre  I de son annexe 2, ainsi que  celle de certaines ordonnances d'exécution (cf. art. 91 de l'ordonnance du  24 octobre  2007  relative  à  l'admission,  au  séjour  et  à  l'exercice  d'une  activité  lucrative  [OASA,  RS  142.201]),  tels  notamment  le  règlement  d'exécution  du  1er  mars  1949  de  la  loi  fédérale  sur  le  séjour  et  l'établissement  des  étrangers  (RSEE, RO  1949  I  232),  l'ordonnance  du  6 octobre 1986 limitant le nombre des étrangers (OLE, RO 1986 1791) et  l'ordonnance du 20 avril 1983 sur la procédure d’approbation en droit des  étrangers (OPADE, RO 1983 535). Selon  l'art.  126  al.  1  LEtr,  les  demandes  déposées  avant  l'entrée  en  vigueur  de  la  nouvelle  loi  sont  régies  par  l'ancien  droit.  Selon  la  jurisprudence,  cette  règle vaut pour  toutes  les procédures engagées en  première  instance  avant  l'entrée  en  vigueur  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers,  non  seulement  lorsqu'elles  ont  été  ouvertes  sur  requête  de  l'étranger, mais aussi quand elles  l'ont été d'office (cf. arrêts du Tribunal 

C­1284/2011 Page 8 fédéral  2C_98/2009 du 10  juin  2009  consid.  1.4  et  2C_745/2008 du 24  février 2009 consid. 1.2.3; cf. également ATAF 2008/1 consid. 2). Dans  le  cas  présent,  la  procédure  d'approbation  a  été  initiée  par  la  demande  de  prolongation  d'une  autorisation  de  séjour  déposée  par  A._______ le 19 mars 2008, soit postérieurement à l'entrée en vigueur de  la LEtr. C'est ainsi le nouveau droit qui est applicable à la présente cause. 1.3 A moins que la LTAF n'en dispose autrement, la procédure devant le  TAF est régie par la PA (art. 37 LTAF). 1.4 A._______ a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Présenté dans la  forme et les délais prescrits par la loi, son recours est recevable (art. 50  et 52 PA). 2.  Le recourant peut  invoquer devant  le TAF  la violation du droit  fédéral, y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation  inexacte ou incomplète des faits pertinents ainsi que l'inopportunité de la  décision  entreprise,  sauf  lorsqu'une  autorité  cantonale  a  statué  comme  autorité de recours (cf. art. 49 PA). A teneur de l'art. 62 al. 4 PA, l'autorité  de  recours  n'est  pas  liée  par  les  motifs  invoqués  à  l'appui  du  recours.  Aussi  peut­elle  admettre  ou  rejeter  le  pourvoi  pour  d'autres  motifs  que  ceux  invoqués. Dans son arrêt, elle prend en considération  l'état de  fait  régnant  au  moment  où  elle  statue  (ATAF  2011/1  consid.  2  p.4  et  jurisprudence citée). 3.  3.1 Selon l'art. 99 LEtr, le Conseil fédéral détermine les cas dans lesquels  les autorisations de courte durée, de séjour ou d'établissement, ainsi que  les  décisions  préalables  des  autorités  cantonales  du  marché  du  travail  sont  soumises  à  l'approbation  de  l'ODM.  Celui­ci  peut  refuser  son  approbation ou  limiter  la portée de  la décision cantonale (cf. art 40 al. 1  LEtr). L'ODM  a  la  compétence  d'approuver  l'octroi  et  le  renouvellement  des  autorisations  de  séjour  et  de  courte  durée,  ainsi  que  l'octroi  de  l'établissement,  lorsqu'il  estime  qu'une  procédure  d'approbation  est  nécessaire  pour  certaines  catégories  de  personnes  afin  d'assurer  une  pratique  uniforme  de  la  loi  ou  lorsqu'une  procédure  d'approbation  se  révèle  indispensable  dans  un  cas  d'espèce.  Il  peut  refuser  son 

C­1284/2011 Page 9 approbation ou l'assortir de conditions (art. 85 al. 1 let. a et b et art. 86 al.  1 OASA). Au  plan  formel,  le  nouveau  droit  entré  en  vigueur  le  1er janvier  2008  prévoit,  à  l'art. 86  al. 2  let. a  et  c OASA,  que  l'ODM  refuse  d'approuver  l'octroi  de  l'autorisation  initiale  et  le  renouvellement  notamment  lorsque  les conditions d'admission ne sont plus remplies. 3.2  En  l'espèce,  la  compétence  décisionnelle  appartient  à  la  Confédération en vertu des règles de procédure précitées (cf. également  ch. 1.3.1.1 et 1.3.1.4. let. e des Directives et commentaires de l'ODM, en  ligne  sur  son  site  >  Documentation  >  Bases  légales  >  Directives  et  commentaires  >  Domaine  des  étrangers  >  Procédure  et  compétences,  version 30 septembre 2011, visité en octobre 2011).  Il s'ensuit que ni  le  TAF,  ni  l'ODM,  ne  sont  liés  par  la  décision  de  l'OCP  du  12  août  2010  d'accorder  une  autorisation  de  séjour  à  A._______  et  peuvent  parfaitement s'écarter de l'appréciation faite par cette autorité. 4.  4.1 Selon  l'art.  50  al.  1  LEtr,  après  dissolution  de  la  famille,  le  droit  du  conjoint  et  des  enfants  à  l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  et  à  la  prolongation de sa durée de validité en vertu des art. 42 et 43 subsiste  dans les cas suivants: ­  l'union  conjugale a duré au moins  trois  ans et  l'intégration est  réussie  (lettre a); ­ la poursuite du séjour en Suisse s'impose pour des raisons personnelles  majeures (lettre b). Le législateur a ainsi voulu que les autorités examinent si le droit à l'octroi  ou au  renouvellement de  l'autorisation de séjour après dissolution de  la  famille  doit  être  maintenu  au  regard  des  dispositions  précitées  et  que  celles­là  n'aient  plus,  contrairement  à  l'ancien  droit,  de  pouvoir  d'appréciation pour délivrer une telle autorisation, ce qui devrait favoriser  une certaine harmonisation des pratiques cantonales s'agissant de l'octroi  d'un droit de séjour (cf. Message du Conseil fédéral concernant la loi sur  les étrangers du 8 mars 2002, in FF 2002 3512 ch. 1.3.7.6; cf. également  ATF 137 II 1 consid. 3.1 avant­dernier paragraphe). Dans l'examen de l'art. 50 al. 1 LEtr, ce qui est important c'est de savoir si  l'obligation  pour  l'étranger  de  quitter  la  Suisse  est  constitutive  d'une 

C­1284/2011 Page 10 situation  de  rigueur.  Dans  ce  cadre,  c'est  la  situation  personnelle  de  l'intéressé qui est déterminante. A l'art. 50 al. 1 let. a LEtr, le législateur a  ainsi souhaité que l'étranger, dont l'union conjugale a duré au moins trois  ans  et  dont  l'intégration  en  Suisse  est  réussie,  ait  un  droit  au  renouvellement de son autorisation de séjour. Les cas de rigueur de l'art.  50 al. 1  let. b LEtr ont donc spécialement été prévus pour  les situations  dans  lesquelles  les  conditions  de  l'art.  50  al.  1  let.  a  LEtr  ne  sont  pas  réalisées (cf. ATF 137 II précité consid. 4.1). 4.2 L'art.  50  al.  2  LEtr  précise  que  les  "raisons  personnelles majeures"  sont  notamment  données  lorsque  le  conjoint  est  victime  de  violence  conjugale  et  que  la  réintégration  dans  le  pays  de  provenance  semble  fortement compromise (voir aussi l'art. 77 OASA, qui reprend la teneur de  l'art. 50 al. 2 LEtr). Selon  la  jurisprudence  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_65/2010  du  19  mai 2010 et jurisprudence citée), l'art. 50 al. 1 lettre b et al. 2 LEtr a pour  vocation d'éviter les cas de rigueur ou d'extrême gravité qui peuvent être  provoqués notamment par la violence conjugale, le décès du conjoint ou  des difficultés de réintégration dans le pays d'origine. Ces dispositions ne  sont pas exhaustives (cf. le terme "notamment") et laissent aux autorités  une  certaine  liberté  d'appréciation  humanitaire  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral 2C_195/2010 du 23 juin 2010 consid. 6.2 et références citées). La  violence conjugale ou la réintégration fortement compromise dans le pays  d'origine peuvent revêtir une importance et un poids différents dans cette  appréciation  et,  selon  leur  intensité,  suffire  isolément  à  admettre  l'existence de raisons personnelles majeures (ATF 136 II 1 consid. 5.3). Une  raison  personnelle  majeure  donnant  droit  à  l'octroi  et  au  renouvellement  d'une  autorisation  de  séjour  peut  également  résulter  d'autres circonstances. Ainsi, les critères énumérés à l'art. 31 al. 1 OASA  peuvent à cet égard jouer un rôle  important, même si, pris  isolément,  ils  ne  sauraient  fonder  un  cas  individuel  d'une  extrême  gravité.  Cette  disposition  comprend  une  liste  exemplative  des  critères  à  prendre  en  considération pour juger de l'existence d'un cas individuel d'une extrême  gravité,  soit  l'intégration,  le  respect  de  l'ordre  juridique,  la  situation  familiale,  la  situation  financière  et  la  volonté  de  prendre  part  à  la  vie  économique  et  d'acquérir  une  formation,  la  durée  de  la  présence  en  Suisse  et  l'état  de  santé.  Il  convient  en  outre  de  tenir  compte  des  circonstances qui ont conduit à  la dissolution du mariage (cf. ATF 137 II  précité consid. 4.1; sur la notion de "raisons personnelles majeures", voir  également  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_784/2010  du  26  mai  2011 

C­1284/2011 Page 11 [destiné à  la publication] consid. 3.2.1 au sujet des différences avec  les  conditions d'application de l'art. 30 al. 1 let. b LEtr). 5.  5.1 La notion d'union conjugale de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr ne se confond  pas  avec  le  mariage.  Alors  que  ce  dernier  peut  être  purement  formel,  l'union conjugale implique en principe la vie en commun des époux, sous  réserve des exceptions mentionnées à l'art. 49 LEtr (cf. arrêt du Tribunal  fédéral  2C_565/2009  du  18  février  2010  consid.  2.1.1,  jurisprudence  et  doctrine citées). 5.2 En  l'espèce,  les époux A._______­B._______ ont contracté mariage  le  3  février  2006  et  leur  union  conjugale  a  duré  moins  de  trois  ans.  Il  s'impose de constater  en effet  que, même si  la date de  leur  séparation  varie  selon  les  divers  éléments  du  dossier,  cette  séparation  doit  être  considérée  comme  effective  au  plus  tard  au  mois  de  novembre  2006,  ainsi  qu'il  ressort  du  jugement  du  Tribunal  de  première  instance  de  la  République et canton de Genève du 28 février 2008. Le Tribunal fédéral a par ailleurs précisé (ATF 136 II 113 consid. 3.3.1 p.  117 et 118; cf. également l'arrêt du Tribunal fédéral 2C_784/2010 précité  consid.  3.1.3)  que  la  période  de  trois  ans  prévue  par  la  disposition  précitée  se  référait  à  la  communauté  conjugale  des  époux  en  Suisse  ("eheliche Gemeinschaft in der Schweiz"). Aussi, l'argument du recourant,  selon  lequel  il  avait  fait  ménage  commun  avec  son  épouse  avant  leur  mariage, est sans pertinence pour l'application de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr. Il  ressort de ce qui précède que, depuis  leur mariage du 3  février 2006,  les  époux  A._______­B._______  ont  vécu  en  communauté  conjugale  durant une période inférieure à trois ans et que le recourant ne peut donc  tirer aucun droit de l'art. 50 al. 1 let. a LEtr. En conséquence, le point de  savoir si son intégration est réussie n'a pas à être discuté sous l'angle de  cette disposition. 6. Cela  étant,  il  convient  encore  d'examiner,  sur  un  autre  plan,  si  la  poursuite du séjour en Suisse de A._______ s'impose pour des  raisons  personnelles majeures, au sens de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. Comme rappelé supra (consid. 4.2), l'art. 50 al. 1 let. b et al. 2 LEtr a pour  vocation d'éviter les cas de rigueur ou d'extrême gravité qui peuvent être 

C­1284/2011 Page 12 provoqués notamment par la violence conjugale, le décès du conjoint ou  des difficultés de réintégration dans le pays d'origine.  6.1 Il convient de relever d'abord que le recourant ne se trouve pas dans  une  situation  de  violence  conjugale  ayant  provoqué  la  séparation  du  couple, ni de décès du conjoint et que sa situation est donc à examiner  exclusivement  en  considération  d'éventuelles  difficultés  de  réintégration  dans son pays d'origine. S'agissant de  la  réintégration sociale dans  le pays de provenance,  l'art.  50  al.  2  LEtr  exige  qu'elle  semble  fortement  compromise  ("stark  gefährdet"). La question n'est donc pas de savoir s'il est plus facile pour  la personne concernée de vivre en Suisse, mais uniquement d'examiner  si,  en  cas  de  retour  dans  le  pays  d'origine,  les  conditions  de  sa  réintégration  sociale,  au  regard  de  sa  situation  personnelle,  professionnelle et familiale, seraient gravement compromises (cf. arrêt du  Tribunal fédéral 2C_708/2009 du 12 avril 2010 consid. 6.1 avec renvoi à  THOMAS  GEISER/MARC  BUSSLINGER,  Ausländische  Personen  als  Ehepartner  und  registrierte  Partnerinnen,  in:  Uebersax/Rudin/Hugi  Yar/Geiser  [éd.],  Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  Band  VIII,  Ausländerrecht, 2ème éd., Bâle 2009, ch. 14.54 p. 681). 6.2 En l'occurrence, le recourant se prévaut de son long séjour (demeuré  longtemps  illégal)  en  Suisse,  des  relations  entretenues  avec  ses  deux  filles, titulaires d'une autorisation d'établissement, ainsi que des difficultés  auxquelles  il  serait  exposé  en  Colombie,  pour  n'y  avoir  pas  encore  accompli son service militaire. 6.3 S'agissant de la durée du séjour en Suisse de A._______, le Tribunal  se doit de rappeler d'abord que les années passées dans l'illégalité ou au  bénéfice  d'une  simple  tolérance  –  par  exemple  en  raison  de  l'effet  suspensif  attaché  à  des  procédures  de  recours  –­  ne  doivent  normalement pas être prises en considération dans l'appréciation ou alors  seulement dans une mesure très restreinte (ATF 134 II 10 consid. 4.3 p.  23  s;  ATF  130  II  281  consid.  3.3  p.  289;  arrêts  du  Tribunal  fédéral  2C_493/2010  du  16  novembre  2010  consid.  1.4  et  2C_382/2010  du  4  octobre 2010 consid. 7.1). Le  fait  que  le  recourant  ait  résidé  illégalement  en  Suisse  depuis  2001  (séjour qui n'est au demeurant pas clairement établi par pièces sur l'entier  de  cette  période)  et  qu'il  ait  ensuite  bénéficié,  du  3  février  2006  au  2  février  2008,  d'un  titre  de  séjour  par  son union avec une  ressortissante 

C­1284/2011 Page 13 cubaine  titulaire  d'une  autorisation  d'établissement,  mais  dont  il  s'est  séparé quelques mois seulement après le mariage, ne suffit pas, en tant  que  tel,  à  admettre  l'existence  d'un  cas  de  rigueur  (cf.  à  cet  égard  les  arrêts du Tribunal fédéral 2C_556/2010 du 2 décembre 2010 consid. 4.2  et 2C_708/2009 du 12 avril 2010 consid. 6.3). Si  le  recourant  a  certes  passé  son  adolescence ­ à  savoir  une  période  significative de son existence ­ sur le territoire helvétique, il n'en demeure  pas moins qu'il est arrivé en Suisse à un âge relativement avancé (soit à  près  de  quinze  ans)  et  qu'il  conserve  ainsi  naturellement  des  liens  socioculturels  avec  son pays d'origine. Bien que  la mère de A._______  réside  en  Suisse  au  bénéfice  d'une  autorisation  de  séjour  CE/AELE  obtenue par  regroupement  familial,  il  s'impose de constater  que celui­ci  est âgé de 25 ans et apparaît donc susceptible de se prendre  lui­même  en charge dans le pays où il a passé les quinze premières années de sa  vie. 7. Le  recourant  se prévaut  implicitement de  l'art.  8 CEDH, en  fondant  son  argumentation  sur  les  relations  qu'il  entretient  avec  ses  deux  filles,  sur  lesquelles il dispose d'un droit de visite résultant du jugement rendu le 28  février  2008  par  le  Tribunal  de  première  instance  de  la  République  et  canton de Genève. 7.1  Un  étranger  peut,  selon  les  circonstances,  se  prévaloir  du  droit  au  respect de sa vie privée et familiale au sens de l'art. 8 par. 1 CEDH (dont  la portée est identique à celle de l'art. 13 al. 1 de la Constitution fédérale  de  la  Confédération  suisse  du  18 avril  1999  [Cst.,  RS  101])  pour  s'opposer  à  l'éventuelle  séparation  de  sa  famille  à  la  condition  qu'il  entretienne des relations étroites, effectives et  intactes avec un membre  de  cette  famille  disposant  d'un  droit  de  présence  assuré  en  Suisse  (à  savoir  la  nationalité  suisse,  une  autorisation  d'établissement  ou  une  autorisation  de  séjour  à  la  délivrance  de  laquelle  la  législation  suisse  confère  un  droit  certain  [cf.  notamment  ATF  135  I  153  consid.  2.1  p.  154ss, ATF 135 I 143 consid. 1.3.1 p. 145s., ATF 130 II 281 consid. 3.1  p. 285ss et  la  jurisprudence citée]). Les relations visées à  l'art. 8 CEDH  sont  avant  tout  celles  qui  existent  entre  époux,  ainsi  que  les  relations  entre  parents  et  enfants  mineurs  vivant  en  ménage  commun  (famille  nucléaire, cf. notamment ATF 135 I 143 consid. 1.3.2 p. 146 et ATF 129 II  11 consid. 2 p. 13s.).

C­1284/2011 Page 14 Le droit au respect de  la vie privée et  familiale garanti par  l'art. 8 par. 1  CEDH  n'est  pas  absolu.  Une  ingérence  dans  l'exercice  de  ce  droit  est  possible selon l'art. 8 par. 2 CEDH, pour autant qu'elle soit prévue par la  loi  et  qu'elle  constitue une mesure qui,  dans une société démocratique,  est nécessaire à  la sécurité nationale, à  la sûreté publique, au bien­être  économique  du  pays,  à  la  défense  de  l'ordre  et  à  la  prévention  des  infractions pénales, à  la protection de  la santé ou de  la morale, ou à  la  protection des droits et libertés d'autrui. La question de savoir si, dans un  cas  d'espèce,  les  autorités  de  police  des  étrangers  sont  tenues  d'accorder une autorisation de séjour  fondée sur  l'art. 8 CEDH doit être  résolue sur la base d'une pesée de tous les intérêts privés et publics en  présence (ATF 135 I 143 consid. 2.1 et jurisprudence citée). En ce qui concerne l'intérêt public, il faut retenir que la Suisse mène une  politique  restrictive en matière de séjour des étrangers, pour assurer un  rapport  équilibré  entre  l'effectif  de  la  population  suisse  et  celui  de  la  population  étrangère  résidante,  ainsi  que  pour  améliorer  la  situation  du  marché du travail et assurer un équilibre optimal en matière d'emploi. Ces  buts sont  légitimes au  regard de  l'art.  8 par. 2 CEDH  (arrêt du Tribunal  fédéral  2C_327/2010  et  328/2010  du  19  mai  2011  consid.  4.1.2  et  jurisprudence citée). 7.2 En principe, le Tribunal est amené à se prononcer sur les conditions  auxquels  un  étranger  doit  satisfaire  pour  obtenir  une  autorisation  de  séjour lorsqu'il dispose d'un droit de visite sur son enfant, lequel vit avec  le parent titulaire d'un droit de présence assuré en Suisse. Les principes  suivants ont été dégagés: S'agissant des liens entre parents et enfants, il convient de relever que le  parent  qui  n'a  pas  l'autorité  parentale  peut  invoquer  la  protection  de  sa  vie  familiale  dans  le  cadre  de  l'exercice  du  droit  de  visite,  lorsqu'il  entretient une relation  intacte avec son enfant, même si ce dernier n'est  pas placé sous son autorité parentale ou sous sa garde du point de vue  du droit de  la  famille  (ATF 120  Ib 1 consid. 1 et 3, 120  Ib 22 consid. 4;  arrêt du Tribunal  fédéral 2C_723/2010 du 14  février 2011 consid. 5.2 et  références  citées;  ALAIN  WURZBURGER,  La  jurisprudence  récente  du  Tribunal  fédéral  en  matière  de  police  des  étrangers,  Revue  de  droit  administratif et fiscal [RDAF] I 1997 p.285). Cependant, l'étranger disposant d'un droit de visite sur son enfant habilité  à  résider  en  Suisse  peut  en  principe  exercer  ce  droit  même  s'il  vit  à  l'étranger, au besoin en aménageant ses modalités quant à la fréquence 

C­1284/2011 Page 15 et  à  la  durée.  Un  droit  plus  étendu  peut  exister  en  présence  de  liens  familiaux particulièrement forts dans les domaines affectif et économique  et  lorsque, en  raison de  la distance qui sépare  le pays de  résidence de  l'enfant  du  pays  d'origine  de  son  parent,  cette  relation  ne  pourrait  pratiquement  pas  être  maintenue;  en  outre,  le  parent  qui  entend  se  prévaloir  de  cette  garantie  doit  avoir  fait  preuve  en  Suisse  d'un  comportement  irréprochable.  Un  comportement  est  irréprochable  s'il  n'existe aucun motif en droit des étrangers d'éloigner ce parent ou de le  maintenir  à  l'étranger,  en  d'autres  termes,  s'il  ne  s'est  rendu  coupable  d'aucun comportement réprimé par le droit des étrangers ou le droit pénal  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  2C_325/2010  du  11  octobre  2010  consid.  5.2.3).  Il  faut  en  outre  considérer  qu'il  existe  un  lien  affectif  particulièrement  fort  lorsque  le  droit  de  visite  est  organisé  de  manière  large  et  qu'il  est  exercé  de  manière  régulière,  spontanée  et  sans  encombre  (cf.  arrêt  2C_723/2010  précité  consid.  5.2  et  les  références  citées). 7.3 En l'occurrence, même si le recourant allègue entretenir des relations  régulières  avec  ses  filles  C._______  et  D._______  dans  le  cadre  d'un  droit de visite, il n'en demeure pas moins que cette relation ne revêt pas  une intensité comparable à celle vécue par un parent qui, faisant ménage  commun avec son enfant, partage l'existence de celui­ci au quotidien.  Il s'impose de constater par ailleurs que,  invité à établir  le montant  total  des pensions alimentaires qu'il avait versées à ce  jour à ses enfants en  exécution du  jugement du Tribunal de première  instance de Genève du  28 février 2008,  le recourant n'a produit aucune pièce à ce sujet et s'est  contenté  de  déclarations  évasives,  selon  lesquelles  il  aidait  financièrement  son  épouse  quand  il  le  pouvait.  Dans  une  déclaration  écrite  du  4  avril  2011,  son  épouse  relevait  d'ailleurs  que  le  Service  cantonal d’avance et recouvrement des pensions alimentaires (SCARPA)  avait  pris  le  relais  de  son  époux  pour  le  versement  des  pensions  alimentaires, mais que celui­ci espérait être en mesure de faire face à ses  obligations.  Bien que le recourant n'ait pas retiré de son activité lucrative des revenus  suffisants  lui  permettant  de  s'acquitter  en  totalité  des  pensions  alimentaires  dues,  le  Tribunal  doit  constater  que  celui­ci  s'est  en  partie  lui­même  placé  dans  l'incapacité  de  faire  face  à  ses  obligations  financières vis­à­vis de ses enfants par l'intense activité délictuelle qu'il a  déployée en Suisse  (où  il a notamment participé à 26 cambriolages sur  une période de six mois) et par les conséquences professionnelles de sa 

C­1284/2011 Page 16 délinquance, soit la perte de son emploi à la suite de son incarcération en  juin  2010  (cf.  ses  observations  à  l'ODM  du  29  novembre  2010).  Il  s'impose de souligner en outre que le recourant a continué par la suite à  accorder  la  priorité  à  une activité  délictuelle  sur  l'exercice d'une activité  lucrative  régulière  puisqu'il  a  fait  l'objet,  le  10 mai  2011,  d'une  nouvelle  condamnation pénale à six mois de privation de liberté. Le Tribunal relève  au surplus que, lors de sa dernière interpellation du 2 août 2011 pour vol,  le  recourant a  reconnu consommer de  l'héroïne pour un montant de Fr.  70.­  par  jour,  démontrant  ainsi  qu'il  préférait  affecter  ses  revenus  à  la  consommation  de  stupéfiants  plutôt  qu'au  respect  de  ses  obligations  financières vis­à­vis de ses filles.  En considération de ce qui précède, le Tribunal est amené à conclure que  le  recourant  ne  peut,  et  de  loin,  pas  se  prévaloir  d'un  comportement  irréprochable en Suisse et que, eu égard à  la  jurisprudence du Tribunal  fédéral  en  la matière  (cf.  arrêts du Tribunal  fédéral  2C_626/2011 du 31  août  2011  consid.  5.4.1;  2C_315/2011  du  28  juillet  2011  consid.  3.2:  2C_723/2010  précité  consid.  5.3;  2C_325/2010  précité  consid.  5.2.1  et  2C_710/2009  du  7  mai  2010  consid.  3.1),  les  relations  qu'il  entretient  avec  ses  filles  ne  sont  en  conséquence  pas  suffisantes  à  reléguer  au  second  plan  l'intérêt  public  à  son  éloignement  et  à  fonder  l'octroi  d'une  autorisation  de  séjour  en  sa  faveur.  En  conséquence,  la  décision  querellée ne viole pas l'art. 8 CEDH. 8. Dans  ses  observations  du  31  août  2011,  le  recourant  s'est  fondé  sur  l'arrêt  du  Tribunal  fédéral  du  25  septembre  2009  en  la  cause  2C_295/2009 pour affirmer qu'une autorisation de séjour ne pouvait être  révoquée, sous réserve des cas prévus à l'art. 63 al. 1 let. b et 62 let. b  LEtr,  que  si  son  bénéficiaire  était  condamné  à  une  peine  privative  de  liberté  de  plus  d'une  année.  Il  en  a  conclu  implicitement  que  son  autorisation  de  séjour  devait  être  renouvelée,  dès  lors  qu'il  n'avait  été  condamné qu'à 6 mois de peine privative de liberté. Le  Tribunal  doit  constater  que  cette  argumentation  est  dépourvue  de  toute pertinence, dès lors que la présente procédure concerne la question  de  l'octroi  d'une autorisation de  séjour  après  la  dissolution de  la  famille  régie  par  l'art.  50  LEtr  et  non  la  question  de  l'extinction  du  droit  au  regroupement  familial  régie  par  l'art.  51  LEtr,  regroupement  familial  auquel  le  recourant  ne  peut  plus  prétendre,  puisqu'il  ne  vit  plus  en  ménage commun avec son épouse.

C­1284/2011 Page 17 9. Il  y  a  encore  lieu  d'examiner  si  la  poursuite  du  séjour  en  Suisse  de  A._______ s'impose pour l'un des autres motifs mentionnés à l'art. 31 al.  1 OASA (cf. consid. 4.2 supra). Or, en considération des  faibles  facultés d'intégration démontrées par  le  recourant, de son comportement particulièrement délictueux, de sa faible  situation financière, de la durée de son séjour en Suisse, de son état de  santé et des possibilités de réinsertion dans son pays d'origine, l'examen  du cas à la lumière des critères de l'art. 31 al. 1 OASA ne permet pas non  plus de conclure à l'existence de raisons personnelles majeures au sens  de l'art. 50 al. 1 let. b LEtr. En  conséquence,  le  Tribunal  est  amené  à  conclure  que  l'ODM  était  parfaitement  fondé  à  considérer  que  A._______  ne  remplissait  pas  les  conditions  de  l'art.  50  LEtr  et  qu'il  a  donc  refusé  de  donner  son  approbation  à  l'octroi,  en  sa  faveur,  d'une  autorisation  de  séjour  en  application de cette disposition. 10. Il s'impose de relever enfin qu'une autorisation de séjour ne saurait être  accordée au  recourant  sur  la  base de  l'art.  30  al.  1  let.  b  LEtr,  dans  la  mesure  où  les  conditions  d'un  cas  individuel  d'une  extrême  gravité  au  sens de l'art. 31 al. 1 OASA ont déjà été examinées sous l'angle de l'art.  50 al. 1 let. b LEtr. 11. Le  recourant  n'obtenant  pas  d'autorisation  de  séjour  en  Suisse,  c'est  également à bon droit que l'autorité inférieure a prononcé son renvoi (art.  64 al. 1 let. c LEtr entré en vigueur le 1er janvier 2011, RO 2010 5925; cf.  Message  sur  l’approbation  et  la mise  en œuvre  de  l’échange  de  notes  entre  la Suisse et  la CE concernant  la  reprise de  la directive CE sur  le  retour [directive 2008/115/CE] [développement de l’acquis de Schengen]  et  sur  une  modification  de  la  loi  fédérale  sur  les  étrangers  [contrôle  automatisé aux frontières, conseillers en matière de documents, système  d’information  MIDES]  du  18  novembre  2009,  FF  2009  8043)  qui  correspond aux motifs de renvoi définis à  l’ancien art. 66 al. 1 LEtr  (RO  2007  5437;  FF  2009  8052.  Il  convient  toutefois  d'examiner  encore  si  l'exécution de ce renvoi est possible, licite et raisonnablement exigible au  sens de l'art. 83 al. 2 à 4 LEtr.

C­1284/2011 Page 18 L'exécution  du  renvoi  n'est  pas  possible  lorsque  l'étranger  ne  peut  pas  quitter  la Suisse pour son Etat d'origine,  son Etat de provenance ou un  Etat tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). L'exécution n'est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l'étranger dans son Etat  d'origine  ou  de  provenance  ou  dans  un  Etat  tiers  est  contraire  aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3  LEtr). L'exécution de la décision peut ne pas être raisonnablement exigée si le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 12. 12.1 En l'espèce, le recourant est en possession de documents suffisants  lui permettant de retourner en Colombie ou est en mesure de se procurer  de  tels  documents.  Ainsi,  l'exécution  de  son  renvoi  ne  se  heurte  pas  à  des  obstacles  insurmontables  d'ordre  technique  et  s'avère  dès  lors  possible au sens de l'art. 83 al. 2 LEtr. 12.2 S'agissant de  la  licéité de  l'exécution du  renvoi,  le  recourant n'a ni  allégué, ni à fortiori démontré qu'elle serait contraire aux engagements de  la Suisse  relevant du droit  international.  Il n'est en effet nullement établi  que l'intéressé pourrait subir en Colombie une persécution de la part des  autorités  de  son  pays  et  qu'il  risquerait  d'être  personnellement  et  concrètement  victime  de  tortures  ou  de  traitements  inhumains  ou  dégradants en violation de l'art. 3 CEDH.  En  l'espèce,  les  arguments  avancés  par  le  recourant  pour  s'opposer  à  l'exécution de son renvoi de Suisse, selon lesquels il n'avait pas accompli  son service militaire en Colombie pour avoir quitté ce pays à l'âge de 14  ans et devait donc s'attendre à être astreint à ses obligations militaires à  son  retour  sont  dépourvus  de  pertinence.  Il  apparaît  en  effet  que  le  service militaire  constitue,  en Colombie  comme dans  de  très  nombreux  autres pays, une obligation civique à laquelle sont soumis la plupart des  hommes  en  âge  de  servir  et  ne  saurait  donc  aucunement,  en  tant  que  telle,  constituer  un motif  susceptible  de  remettre  en  cause  la  licéité  de  l'exécution  du  renvoi  d'un  étranger  dont  l'autorisation  de  séjour  n'a  pas  été  prolongée.  Quant  aux  allégations  selon  lesquelles  l'incorporation 

C­1284/2011 Page 19 militaire  du  recourant  serait  de  nature  à  mettre  en  danger  sa  vie  en  fonction  des missions  auxquelles  il  pourrait  être  affecté  dans  ce  cadre,  elle  ne  sont  que  de  simples  spéculations  et  ne  se  fondent  sur  aucun  élément  concret  susceptible  d'établir  que  l'intéressé  risquerait,  dans  ce  cadre, d'être personnellement et concrètement victime de tortures ou de  traitements  inhumains  ou  dégradants  en  violation  de  l'art.  3  CEDH.  Il  s'ensuit que l'exécution du renvoi du recourant apparaît licite au sens de  l'art. 83 al. 3 LEtr. 12.3 S'agissant du caractère  raisonnablement exigible de  l'exécution du  renvoi, il apparaît que la Colombie ne connaît pas, en l'état, une situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d’emblée  ­ et  indépendamment des circonstances du cas d’espèce  ­ de  présumer, à propos de tous les ressortissants du pays, l’existence d’une  mise  en  danger  concrète  au  sens  de  l’art. 83  al. 4  LEtr.  L'exécution  du  renvoi de l'intéressé est, sous cet angle, raisonnablement exigible. C'est  en  conséquence  à  bon  droit  que  l'ODM  a  prononcé  le  renvoi  de  A._______. 13. Il  ressort  de  ce  qui  précède  que,  par  sa  décision  du  21  janvier  2011,  l'ODM  n'a  ni  violé  le  droit  fédéral,  ni  constaté  des  faits  pertinents  de  manière inexacte ou incomplète; en outre, la décision attaquée n'est pas  inopportune (cf. art. 49 PA).  Le recours est en conséquence rejeté. Vu l'issue de la cause, les frais de procédure, d'un montant de Fr. 1'000.­,  sont mis à  la charge du recourant  (art. 63 al. 1 PA, en relation avec  les  art. 1 à 3 du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS 173.320.2]). dispositif page suivante

C­1284/2011 Page 20 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les  frais  de procédure,  s'élevant  à Fr.  1'000.­,  sont mis à  la  charge du  recourant. Ils sont compensés par l'avance versée le 1er avril 2011. 3.  Le présent arrêt est adressé : – au recourant (Acte judiciaire), – à l'autorité inférieure, dossier SYMIC 6163240.2 en retour, – à  l'Office  cantonal  de  la  population,  Genève,  en  copie  pour  information (annexe: dossier cantonal en retour). Le président du collège : Le greffier : Antonio Imoberdorf Georges Fugner Indication des voies de droit : Le  présent  arrêt  peut  être  attaqué  devant  le  Tribunal  fédéral,  1000  Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les  trente  jours  qui  suivent  la  notification  (art. 82  ss,  90  ss  et  100  de  la  loi  fédérale  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]).  Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  L'arrêt 

C­1284/2011 Page 21 attaqué  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au mémoire,  pour  autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :

C-1284/2011 — Bundesverwaltungsgericht 11.11.2011 C-1284/2011 — Swissrulings