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Bundesverwaltungsgericht 20.02.2012 A-1353/2011

20 février 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·4,827 mots·~24 min·2

Résumé

Infrastructure ferroviaire | approbation des plans (agrandissement des ateliers techniques de Chernex)

Texte intégral

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour I A­1353/2011 Arrêt   d u   2 0   février   2012 Composition Alain Chablais (président du collège),  Jérôme Candrian, André Moser, juges, Virginie Fragnière Charrière, greffière. Parties 1. A._______, 2. B._______, les deux représentés par Maître Eric Muster, Rusconi &  Associés, rue de la Paix 4, case postale 7268,  1002 Lausanne,  recourants,  contre Compagnie du Chemin de fer Montreux­Oberland  bernois SA, rue de la Gare 22, 1820 Montreux,   représentée par Maître Pierre Perritaz, Etude Gillon,  Perritaz, Overney & Cie, Boulevard de Pérolles 21, Case  postale 656, 1701 Fribourg, intimée,  Office fédéral des transports OFT, Palais fédéral Nord,  3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Approbation des plans (agrandissement des ateliers  techniques de Chernex).

A­1353/2011 Page 2 Faits : A.  Par  demande  du  30  septembre  2009,  la  compagnie  du  chemin  de  fer  Montreux­Oberland bernois (ci­après MOB) a soumis pour approbation à  l'Office  fédéral  des  transports  OFT  un  projet  d'agrandissement  de  l'aile  ouest  de  ses  ateliers  techniques  situés  à Chernex,  sur  la  commune de  Montreux.  Le  projet  prévoit  les  infrastructures  suivantes:  sous­station  transformatrice (niveau ­3), magasin pour composants (niveau ­2), atelier  d'assemblage  (niveau  ­1),  atelier  de  fabrication  et  de  révision  des  composants ferroviaires (niveau 0), bureaux pour le personnel (niveau 1)  et route d'accès sécurisant l'accès au niveau ­2 et reliant le niveau ­2 au  rez­de­chaussée du bâtiment. L'OFT  a  ouvert  une  procédure  ordinaire  d'approbation  des  plans  et  le  projet a été mis à  l'enquête publique du 5 décembre 2009 au 18  janvier  2010. Durant ce délai,  trois oppositions ont été adressées à  l'OFT, dont  celle de A._______ et B._______, tous deux propriétaires d'appartements  situés  sur une parcelle  voisine des ateliers  techniques en cause. Après  qu'il  eut  procédé  à  différentes  mesures  d'instruction  et  organisé  une  vision locale ainsi qu'une séance de conciliation le 23 novembre 2010 en  présence  du  MOB  et  des  opposants,  l'OFT  a  rendu  une  décision  d'approbation des plans le 24 janvier 2011. B.  Par  mémoire  du  25  février  2011,  A._______  et  B._______  interjettent  recours  contre  la  décision  précitée.  Ils  concluent  à  titre  principal  à  ce  qu'elle  soit  réformée  en  ce  sens  que  la  demande  d'approbation  soit  déclarée nulle et de nul effet pour cause d'incompétence de l'OFT car le  projet ne serait pas une infrastructure ferroviaire soumise à la législation  fédérale  sur  les  chemins  de  fer.  Subsidiairement,  les  recourants  concluent à ce que la construction  litigieuse soit considérée comme une  installation annexe au sens de la  législation fédérale sur  les chemins de  fer,  ce  qui  exclurait  aussi  la  compétence  de  l'OFT  pour  statuer  sur  la  demande d'approbation des plans. A titre plus subsidiaire et pour autant  que le projet soit considéré comme tombant sous le coup de la législation  fédérale  sur  les  chemins  de  fer,  les  recourants  concluent  à  ce  que  la  demande d'approbation soit rejetée et que le MOB soit invité à réaliser un  projet  respectant  les  dispositions  cantonales  et  communales  ainsi  qu'à  présenter des variantes. Plus subsidiairement encore, ils demandent que  la  décision  attaquée  soit  annulée  et  le  dossier  renvoyé  à  l'OFT  pour  complément d'instruction. Enfin, les recourants prennent des conclusions 

A­1353/2011 Page 3 en  matière  d'expropriation,  à  savoir  qu'il  soit  constaté  qu'ils  sont  expropriés  de  leurs  droits  de  voisinage,  qu'ils  ont  droit  à  une  indemnité  pleine  et  entière  du  MOB  et  que  celle­ci  ne  s'élèvera  pas  à  moins  de  Fr. 150'000.­­. C.  Dans  sa  réponse  du  28  mars  2011,  l'OFT  (ci­après  autorité  inférieure)  conclut au rejet du recours et se réfère pour l'essentiel aux considérants  de  la  décision  attaquée.  En  ce  qui  concerne  plus  spécifiquement  le  nouvel aménagement routier figurant dans le projet d'agrandissement des  ateliers techniques de Chernex,  l'autorité  inférieure rappelle que le MOB  est  tenu de prendre  les mesures adéquates pour que  le bruit causé par  les  nouvelles  installations  prévues,  notamment  le  parc  à  voitures  et  le  trafic sur l'aire d'exploitation, n'engendre aucun dépassement des valeurs  de planification. Quant à la prétendue violation du droit d'être entendu qui  tiendrait  au  refus  d'ordonner  les  mesures  d'instruction  supplémentaires  réclamées par les recourants, l'autorité inférieure signale qu'elles ont été  discutées  lors  de  la  vision  locale  et  de  la  séance  de  conciliation  qui  a  suivi. A cette occasion,  l'autorité  inférieure a constaté que seul  le projet  approuvé  permettait  une  centralisation  des  tâches  d'entretien  ayant  un  lien  fonctionnel  entre  elles,  en  sorte  qu'il  n'y  avait  pas  de  raison  d'approfondir  les  variantes  proposées  par  les  recourants  en  vue  d'une  délocalisation de certaines de ces tâches. Dans  ses  observations  du  20  avril  2011,  l'Office  fédéral  de  l'environnement OFEV se détermine plus spécifiquement sur le grief des  recourants selon  lequel  les activités déployées dans  le nouvel atelier,  la  terrasse  projetée  sur  le  toit  du  nouvel  immeuble  et  la  nouvelle  route  d'accès  augmenteraient  nettement  les  nuisances  de  bruit  dans  leur  immeuble  sis  à  proximité. Selon  l'OFEV,  la  situation  du bruit  ne  ressort  pas du dossier car  les  immissions de bruit déterminantes sur  la parcelle  des  recourants  n'ont  pas  été  calculées.  Un  dépassement  des  valeurs  limites déterminantes paraît ainsi possible, ce qui justifie qu'une étude de  bruit soit réalisée. Dans  sa  réponse  du  20 mai  2011  l'intimée  a  présenté  une  requête  de  révocation  partielle  de  l'effet  suspensif  l'autorisant  à  réaliser  sans  plus  attendre  les  travaux  liés  à  la  réalisation  de  la  seule  sous­station  transformatrice  (niveau  ­3)  des  ateliers  techniques.  Elle  conclut,  avec  suite  de  frais  et  dépens,  au  rejet  du  recours  dans  la  mesure  de  sa  recevabilité.  Selon  elle,  le  projet  d'agrandissement  des  ateliers  techniques  de  Chernex  est  exclusivement  en  lien  avec  l'exploitation 

A­1353/2011 Page 4 ferroviaire, en sorte que c'est bien l'OFT et lui seul qui est compétent pour  autoriser  la  construction  de  cette  "installation  ferroviaire"  au  sens  de  la  législation  fédérale  applicable.  Il  ne  saurait  donc  être  question  d'une  "installation annexe" qui ne servirait ni exclusivement ni principalement à  l'exploitation  ferroviaire  et  qui  serait  régie  par  le  droit  cantonal.  Par  conséquent,  le projet de construction ne doit prendre en compte  le droit  cantonal et communal que dans la mesure où il n'entrave pas de manière  disproportionnée l'accomplissement des tâches de l'entreprise ferroviaire.  Or,  cela  a  été  fait  puisque  le  projet  n'emporte  aucune  violation  du droit  cantonal et communal. Comme le projet respecte par ailleurs entièrement  les  exigences du droit  fédéral,  c'est  à  juste  titre  que  l'autorité  inférieure  n'a  pas  jugé  utile  de  donner  suite  aux  propositions  de  variantes  des  recourants.  Il n'y a pas non plus de violation du droit d'être entendu des  recourants  car  les  nombreuses  mesures  d'instruction  supplémentaires  qu'ils ont demandées ne sont pas justifiées. Quant aux prétentions qu'ils  ont  élevées  en  matière  d'expropriation,  elles  ne  sont  pas  non  plus  justifiées car il n'y a aucune atteinte à leurs droits de voisinage. De toute  manière, ces prétentions n'ont pas à être traitées dans le cadre du litige  relatif à l'approbation des plans.  D.  Par décision  incidente du 9  juin 2011,  le Tribunal administratif  fédéral a  fait droit à la requête de l'intimée et révoqué partiellement l'effet suspensif  au  recours. Considérant  que  les  intérêts  publics  et  privés mis  en  avant  par  l'intimée  emportaient  la  conviction  et  que  les  recourants  ne  s'opposaient  pas  à  cette  requête,  il  a  ainsi  autorisé  les  travaux  de  construction de la seule sous­station du niveau ­3,  l'effet suspensif étant  maintenu pour le surplus. E.  Un  second  échange  d'écritures  ayant  été  ordonné  par  le  Tribunal  de  céans,  les  recourants ont  transmis  leur  réplique  le 29  juillet  2011,  dans  laquelle  il  maintiennent  pour  l'essentiel  leurs  arguments  en  les  développant.  Ils déclarent pour le surplus adhérer aux considérations de  l'OFEV et soutenir sa demande d'effectuer un pronostic de bruit puisqu'un  dépassement  des  valeurs  de  planification  ne  peut  pas  être  exclu.  Les  nuisances qu'ils auront à subir seront en effet plus fortes en raison de la  nouvelle route d'accès toute proche de leur propriété, du rapprochement  des  ateliers  mécaniques  et  de  la  nouvelle  terrasse  qui  sera  située  pratiquement à  la hauteur de leur balcon. Ils confirment ainsi  l'intégralité  des conclusions prises dans leur recours.

A­1353/2011 Page 5 Dans sa duplique du 25 août  2011,  l'intimée maintient  ses  conclusions.  Elle  conteste  qu'il  eût  été  nécessaire  de  faire  procéder  à  une  étude  de  bruit  car  l'autorité  inférieure  était  en  droit,  au  vu  des  éléments  figurant  dans  le  dossier,  d'estimer  qu'il  n'y  avait  aucun  risque  de  dépassement  des  valeurs  de  planification.  L'OFEV  n'avait  du  reste  émis  aucune  remarque  particulière  en matière  de  protection  contre  le  bruit  dans  son  préavis du 1er mars 2010. Malgré cela et afin de dissiper  la crainte des  recourants de voir  les valeurs de planification dépassées,  l'intimée a fait  établir en cours de procédure une étude acoustique pour vérifier le niveau  d'évaluation  du  bruit  généré  par  la  nouvelle  installation.  Cette  étude,  datée du 25  juillet  2011 et  réalisée par  le Bureau Ecoacoustique SA,  à  Lausanne,  évalue  précisément  le  bruit  généré  par  les  nouvelles  constructions et  indique  clairement  que  les  valeurs de planification  sont  respectées de  jour  comme de nuit,  avec une marge de 5dB[A].  L'étude  fait  en  outre  apparaître  que  la  hausse  du  niveau  d'émissions  sonores  engendrée par  l'agrandissement des ateliers ne serait que de 0.5 dB[A],  soit une augmentation non perceptible du bruit. L'autorité  inférieure  a  dupliqué  le  26  août  2011  et  maintenu  ses  conclusions.  Il  n'était  selon elle pas nécessaire de  faire procéder à une  étude de bruit car  le  rapport environnemental du projet montrait que  les  valeurs  de  planification  seraient  toujours  respectées,  notamment  parce  que les activités prévues dans les nouveaux locaux ne causeront pas de  bruit.  De  plus,  les  autorités  spécialisées  en  matière  de  bruit  avaient  considéré,  tant  au  plan  fédéral  qu'au  plan  cantonal,  que  le  dossier  de  plans pouvait être approuvé. F.  Dans une détermination spontanée du 2 septembre 2011 faisant suite à  une ordonnance du Tribunal de céans invitant l'OFEV à se déterminer sur  les  dupliques  à  la  lumière  de  l'étude  de  bruit  réalisée  par  le  Bureau  Ecoacoustique SA,  les  recourants  ont  déclaré  regretter  que  le MOB  ait  fait procéder à cette étude de manière unilatérale et sans respecter  leur  droit  d'être  entendu.  Une  telle  étude  ne  saurait  selon  eux  remplacer  l'étude  manquante  qu'ils  réclament  tout  comme  l'OFEV.  De  plus,  les  mesures de bruit  auraient été  faites au plus  fort  du creux estival,  soit  à  une  période  où  les  nuisances  provoquées  par  l'activité  étaient  sensiblement inférieures à l'habitude. Dans sa détermination du 3 octobre 2011, l'OFEV souligne que l'étude du  Bureau Ecoacoustique détermine par calcul  les émissions et  immissions  de l'agrandissement en question. Cette détermination a été réalisée selon 

A­1353/2011 Page 6 les règles de l'art et il en ressort que les immissions sonores causées par  l'agrandissement  des  ateliers  respectent  les  valeurs  de  planification  au  lieu  de  détermination  le  plus  proche  avec  une  marge  appréciable.  De  plus,  les  immissions sonores causées par  l'agrandissement en question  n'engendreront  pas  d'augmentation  perceptible  des  immissions  sonores  globales des ateliers du MOB. Les exigences de la législation sur le bruit  étant ainsi respectées, l'OFEV considère qu'il a été répondu à satisfaction  à sa demande de réaliser une étude de bruit. G.  Invitées à transmettre leurs observations éventuelles sur la détermination  de l'OFEV du 3 octobre 2011, l'autorité inférieure déclare n'avoir aucune  remarque à formuler et l'intimée relève que l'OFEV se rallie intégralement  aux  conclusions  auxquelles  a  abouti  l'étude  de  bruit.  Quant  aux  recourants,  ils  maintiennent  l'argumentation  qu'ils  ont  développée  dans  leur  courrier  du  2  septembre  2011  et  rappellent  qu'ils  n'ont  pas  eu  la  possibilité de collaborer à l'administration de cette preuve. L'expertise du  25 juillet 2011 ne leur paraît pas suffisante dès lors qu'elle a été réalisée  sur la base des seules indications factuelles fournies par le MOB. Dans le  cas où elle serait  jugée probante,  il  y aurait  lieu de  tenir  compte du  fait  qu'elle  a  été  produite  après  le  dépôt  du  recours  pour  ce  qui  est  de  la  fixation des frais de justice et des dépens. H.  Suite  à  une  requête  urgente  d'interruption  des  travaux  envoyée  par  les  recourants le 26 octobre 2011 et différents échanges d'écritures entre les  parties, le Tribunal administratif fédéral a rappelé, par ordonnance du 15  novembre 2011, que la décision incidente de révocation partielle de l'effet  suspensif du 9 juin 2011 était toujours valide. I.  Les autres faits seront repris, en tant que besoin, dans la partie en droit  ci­après. Droit : 1.  1.1. Sous réserve des exceptions prévues à  l'art. 32 de  la  loi du 17  juin  2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal  administratif fédéral connaît, en vertu de l'art. 31 de cette loi, des recours  contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA; RS  172.021).  L'OFT  est  une 

A­1353/2011 Page 7 autorité précédente au sens de l'art. 33 LTAF et la décision attaquée, qui  satisfait  aux  conditions  de  l'art.  5  PA,  n'entre  pas  dans  le  champ  d'exclusion de l'art. 32 LTAF. Le Tribunal administratif fédéral est dès lors  compétent  pour  connaître  du  recours dirigé  contre  la  décision prise par  l'OFT en matière d'approbation de plans sur la base de l'art. 18 al. 1 et 2  let.  a  de  la  loi  fédérale  du  20  décembre  1957  sur  les  chemins  de  fer  (LCdF, RS 742.101) et de l'art. 16 al. 1 let. c de la loi fédérale du 24 juin  1902  concernant  les  installations  électriques  à  faible  et  à  fort  courant  (LIE, RS 734.0). Les  recourants  contestent  la  compétence  de  l'autorité  inférieure  pour  approuver  le projet  litigieux, motif pris que  l'agrandissement des ateliers  techniques  de  Chernex  ne  constituerait  pas  une  "construction  ou  une  installation servant exclusivement ou principalement à la construction et à  l'exploitation  d'un  chemin  de  fer  (installation  ferroviaire)"  au  sens  de  l'art. 18  al.  1  LCdF.  De  jurisprudence  constante,  un  litige  relatif  à  la  délimitation  des  compétences  entre  la  Confédération  et  les  cantons  en  matière ferroviaire doit être traitée par la juridiction fédérale (ATF 121 II 8  consid. 1; 116 Ib 400 consid. 3; arrêt du Tribunal fédéral 1A.339/2005 du  8 mai  2006  consid.  1).  Il  s'agit  dès  lors  d'une  question  qu'il  revient  au  Tribunal administratif fédéral de traiter dans l'examen matériel du recours,  pour autant que toutes les conditions de recevabilité soient remplies. 1.2.  Les  recourants,  qui  ont  pris  part  à  la  procédure  devant  l'autorité  inférieure, sont spécialement atteints par la décision attaquée car ils sont  tous deux propriétaires de  logements se  trouvant à proximité  immédiate  des  ateliers  techniques  du  MOB.  Ils  ont  en  outre  un  intérêt  digne  de  protection à l'annulation ou à la modification de la décision attaquée, car  celle­ci  approuve  l'agrandissement  des  ateliers  techniques  ainsi  que  la  construction  d'une nouvelle  route  d'accès  longeant  leurs  habitations.  La  qualité pour recourir doit dès lors leur être reconnue (art. 48 al. 1 PA). 1.3.  Les  demandes  présentées  par  les  recourants  1  et  2  dans  leur  recours au Tribunal de céans ayant déjà été soulevées dans le cadre de  la  procédure  d'opposition  puis  rejetées  par  l'autorité  inférieure  dans  sa  décision  d'approbation  des  plans  du  24  janvier  2011,  elles  sont  donc  recevables puisqu'elles n'étendent pas l'objet de la contestation. 1.4. Les autres conditions de  recevabilité du  recours quant au délai, au  contenu  et  à  la  forme  (cf.  art.  50  et  52  PA)  étant  remplies,  il  convient  d'entrer en matière.

A­1353/2011 Page 8 2.  Selon  l'art.  49  PA,  le  recourant  peut  soulever  les  griefs  de  violation  du  droit fédéral, y compris l'excès ou l'abus du pouvoir d'appréciation (let. a),  de la constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents (let. b) et de  l'inopportunité (let. c). Le Tribunal administratif  fédéral s'impose toutefois  une  certaine  retenue  lorsqu'il  est  question  de  juger,  notamment,  des  questions  techniques  et  lorsque  la  décision  de  l'autorité  inférieure  est  conforme aux  rapports et aux prises de position des autorités  fédérales  spécialisées.  Les  renseignements  techniques  donnés  par  les  instances  spécialisées ne sont vérifiés quant à leur contenu ­ et  l'autorité  judiciaire  ne s'en écarte ­ que lorsqu'il existe de sérieux motifs pour cela, tels que  des vices patents ou des contradictions internes (ANDRÉ MOSER/MICHAEL  BEUSCH/LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren  vor  dem  Bundesverwaltungsgericht, Bâle 2008, p. 74 n. 2.154ss).  Il  faut  toutefois  garantir  que  l'autorité  judiciaire  puisse  aussi  procéder  à  un  contrôle  efficace  des  décisions  de  l'autorité  administrative  qui  reposent  essentiellement sur le pouvoir d'appréciation de celle­ci (arrêt du Tribunal  fédéral 1C_309/2007 du 29 octobre 2008 consid. 2.1.1 et  les réf. citées;  arrêt du Tribunal administratif  fédéral A­594/2009 du 10 novembre 2009  consid.  4.4.1).  Il  y  a  également  lieu  de  tenir  compte  du  fait  qu'en  sa  qualité  d'autorité  judiciaire,  le  Tribunal  administratif  fédéral  n'est  pas  l'autorité de surveillance en matière environnementale, ni une autorité de  planification (ATF 129 II 331, consid. 3.2). Le Tribunal administratif fédéral applique le droit d'office, sans être lié par  les  motifs  invoqués  (art.  62  al.  4  PA),  ni  par  l'argumentation  juridique  développée  dans  la  décision  entreprise  (MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER,  op. cit.,  p.  78  n. 2.165).  Il  se  limite  en  principe  aux  griefs  soulevés  et  n'examine  les questions de droit non  invoquées que dans  la mesure où  les  arguments  des  parties  ou  le  dossier  l'y  incitent  (ATF  122  V  157  consid. 1a, ATF 121 V 204 consid. 6c; ATAF 2007/27 consid. 3.3). 3.  Les recourants  font valoir une violation de  leur droit d'être entendu à un  double  titre.  En  premier  lieu,  ils  allèguent  que  l'étude  de  bruit  qu'a  fait  réaliser l'intimée en cours de procédure devant le Tribunal de céans a été  réalisée  de  manière  unilatérale,  sans  leur  donner  l'occasion  de  se  déterminer ni de requérir quelque mesure que ce soit.  Ils n'ont ainsi pas  eu  la  possibilité  de  collaborer  à  l'administration  de  cette  preuve.  En  second  lieu,  ils  reprochent  à  l'autorité  inférieure  d'avoir  refusé  de  faire 

A­1353/2011 Page 9 procéder aux mesures d'instruction supplémentaires qu'ils n'ont cessé de  réclamer dès le stade de l'opposition. 3.1. Tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. et par l'art. 29 PA,  le droit  d'être entendu comprend notamment le droit de prendre connaissance de  toute  prise  de  position  soumise  au  tribunal  et  de  se  déterminer  à  ce  propos, que celle­ci contienne ou non de nouveaux arguments de fait ou  de  droit  et  qu'elle  soit  ou  non  concrètement  susceptible  d'influer  sur  le  jugement  (ATF  133  I  100  consid.  4.3  p.  102).  L'autorité  qui  verse  au  dossier  de  nouvelles  pièces  dont  elle  entend  se  prévaloir  dans  son  jugement est tenue d'en aviser les parties et de leur donner l'occasion de  se déterminer à leur sujet (ATF 132 V 387 consid. 3.1 p. 388; 124 II 132  consid. 2b et  les arrêts cités). Le droit d'être entendu comprend aussi  le  droit pour  l'intéressé de produire des preuves pertinentes, d'obtenir qu'il  soit  donné  suite  à  ses  offres  de  preuves  pertinentes  et  de  participer  à  l'administration des preuves essentielles ou à tout le moins de s'exprimer  sur  son  résultat,  lorsque  cela  est  de  nature  à  influer  sur  la  décision  à  rendre (cf. ATF 126 I 15 consid. 2a/aa). Lors  de  l'examen  de  questions  scientifiques  ou  techniques,  il  est  admissible  de  s'appuyer  sur  les  rapports  et  prises  de  position  des  instances  spécialisées  instituées  par  le  législateur.  L'administration  complémentaire  de  preuves  sous  forme  d'expertises  ne  doit,  par  conséquent,  être  ordonnée  qu'à  titre  exceptionnel  et  seulement  lorsqu'il  s'agit  d'éclaircir  des questions de  fait  litigieuses qui  sont  indispensables  pour  être  en  mesure  de  porter  une  appréciation  juridique  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  1E.1/2006  du  12  avril  2006  consid.  5  et  les  références  citées;  arrêts  du  Tribunal  administratif  fédéral  A­623/2010  du  1er  juillet  2010  consid.  3,  A­3029/2008  du  18  juin  2009  consid. 1.4  et  références  citées).  Selon  le  Tribunal  fédéral,  l'autorité  peut  mettre  un  terme  à  l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa  conviction  et  que,  procédant  d'une  manière  non  arbitraire  à  une  appréciation anticipée des preuves qui  lui sont encore proposées, elle a  la  certitude  que  ces  dernières  ne  pourraient  l'amener  à  modifier  son  opinion (ATF 130 II 425 consid. 2.1 et les arrêts cités; cf. également arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_544/2008,  1C_548/2008  et  1C550/2008  du  27  août 2009 consid. 3.2; arrêt du Tribunal administratif  fédéral A­594/2009  du 10 novembre 2009 consid. 3). 3.2.  http://relevancy.bger.ch/php/aza/http/index.php?lang=fr&type=highlight_simple_query&page=1&from_date=&to_date=&sort=relevance&insertion_date=&top_subcollection_aza=suv&query_words=%22droit+d%27%EAtre+entendu+comprend%22&rank=0&azaclir=aza&highlight_docid=atf%3A%2F%2F133-I-100%3Afr&number_of_ranks=0#page100 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A­1353/2011 Page 10 3.2.1. En  l'espèce,  le  Tribunal  de  céans  ne  voit  pas  de  raison  de  faire  droit  à  la  demande  des  recourants  de  mandater  une  expertise  pour  évaluer  les nuisances sonores du projet. En ce qui  concerne  l'étude de  bruit  réalisée  par  le  Bureau Ecoacoustique  le  25  juillet  2011,  il  est  vrai  qu'il s'agit d'une initiative unilatérale de l'intimée qui n'a pas été ordonnée  par le Tribunal de céans. Les recourants n'ont donc pas eu l'occasion de  s'exprimer quant au choix du Bureau mandaté, ni quant aux questions qui  lui  ont  été  posées.  Il  s'agit  d'une  expertise  présentée  par  une  partie  ("Parteigutachten" ou parfois "Privatgutachten" en allemand) en tant que  moyen de preuve et qui ne revêt pas, en  tant que  telle,  la même valeur  que des expertises mises en  l'œuvre par  le  juge ou par  l'administration  conformément aux règles de procédure applicables;  le  juge est  toutefois  tenu d'examiner une telle expertise privée (ATF 136 III 161 consid. 3.4.2;  125  V  351  consid.  3c;  arrêt  du  TAF  A­5050/2011  du  12  janvier  2011  consid. 6.3 et 8.6.2; CHRISTOPH AUER  in: Kommentar zum Bundesgesetz  über das Verwaltungsverfahren, Christoph Auer/Markus Müller/Benjamin  Schindler  (éd.),  Zurich/Saint­Gall  2008,  n.  59  ad  art.  12;  BERNHARD  WALDMANN/PHILIPPE  WEISSENBERGER  in:  Bernhard  Waldmann/Philippe  Weissenberger (éd.), Praxiskommentar zum VwVG, Zurich 2009, n. 16 ad  art. 19; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, op. cit., p. 165s. n. 3.147). De plus,  les  allégués  tardifs  peuvent  être  pris  en  considération  s'ils  paraissent  décisifs  en  vertu  de  l'art.  32  al.  2  PA,  ce  qui  permet  aux  parties  de  se  référer  à  des  nouveaux  éléments  de  fait  ou  de  produire  de  nouveaux  moyens  de  preuve  devant  le  Tribunal  administratif  fédéral  (MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER,  op.  cit.,  p. 92s.  n. 2.204, 2.206  et  réf.  citées). Il en découle qu'on ne saurait  reprocher à  la partie qui a mis en œuvre  cette  expertise,  c'est­à­dire  au  MOB,  de  n'avoir  pas  associé  aussi  étroitement  les  recourants  à  la  désignation  du Bureau  d'experts  et  à  la  formulation des questions que si l'expertise avait été commanditée par le  Tribunal administratif  fédéral, voire par  l'autorité  inférieure dans  le cadre  de  la  procédure  d'approbation  des  plans.  En  revanche,  le  Tribunal  de  céans avait l'obligation de porter ce moyen de preuve produit par l'intimée  à  la  connaissance  de  l'autorité  inférieure  et  des  recourants  afin  de  leur  donner l'occasion de se déterminer à son sujet. C'est ce qui a été fait une  fois  la  détermination  de  l'autorité  spécialisée,  à  savoir  l'OFEV,  obtenue  sur  la valeur probante du rapport du Bureau Ecoacoustique du 25  juillet  2011. Ainsi,  le droit  d'être entendu des  recourantes a été  intégralement  respecté quant à l'utilisation de ce moyen de preuve. En ce qui concerne  la  valeur  probante  qu'il  convient  d'accorder  à  cette  expertise,  il  s'agit  d'une question qui sera traitée plus loin dans le cadre de l'examen de la 

A­1353/2011 Page 11 conformité du projet au droit  fédéral de  la protection de  l'environnement  (cf. consid. 4.3.2 ci­après). 3.2.2. Durant  la  procédure  d'approbation  des  plans,  les  recourants  ont  sollicité  de  l'OFT  toute  une  série  de  mesures  d'instruction  supplémentaires,  notamment  la  réalisation  d'une  expertise  relative  à  la  perte d'ensoleillement et de luminosité,  la production d'un photomontage  complémentaire de  la part du MOB,  la production de  la  liste de  tous  les  bureaux  et  ateliers  du  MOB  pour  pouvoir  examiner  la  possibilité  de  construire l'atelier envisagé à un autre endroit, la production d'un rapport  par le MOB décrivant et quantifiant avec précision le volume des travaux  qu'il effectue pour sa propre exploitation au regard de ceux qu'il effectue  pour des  tiers,  l'interpellation du MOB sur  la possibilité de construire un  passage  entre  le  nouveau  bâtiment  et  l'ancien  en  lieu  et  place  de  la  nouvelle  route  projetée,  ou  encore  l'invitation  au  MOB  à  confirmer  formellement qu'aucune surface des ateliers  techniques ne sera  louée à  des tiers et qu'aucune activité sans relation avec l'exploitation ferroviaire  n'aura  lieu  dans  ces  locaux.  Selon  les  recourants,  toutes  ces mesures  d'instruction  n'ont  non  seulement  pas  été  ordonnées,  mais  elles  n'ont  même pas été discutées ni formellement rejetées par l'autorité inférieure.  Ils requièrent dès lors expressément du Tribunal administratif fédéral qu'il  y soit donné une suite favorable dans le cadre de la présente procédure,  ou  que  l'autorité  inférieure  soit  tenue  d'y  procéder  en  cas  d'admission  partielle  du  recours  et  de  renvoi  de  la  cause  pour  complément  d'instruction.  Ils  requièrent  également  qu'il  soit  ordonné  la  tenue  d'une  inspection locale par le Tribunal de céans. Contrairement à ce que  les recourants affirment,  il  ressort clairement de  la  décision  attaquée  que  l'autorité  inférieure  a  rejeté  les  mesures  d'instruction  supplémentaires  qu'ils  ont  demandées.  Elle  a  en  effet  considéré, notamment au vu des éclaircissements donnés par l'intimée à  l'occasion  de  l'inspection  locale  et  de  la  séance  de  conciliation  du  23  novembre  2010,  qu'aucun  élément  tangible  ne  permettait  d'étayer  les  soupçons des recourants selon lesquels l'intimée chercherait en réalité à  développer  des  activités  sur  le  site  de Chernex  qui  ne  seraient  pas  en  rapport avec  l'exploitation ferroviaire, voire à  louer à des fins strictement  commerciales  ses  locaux  pour  que  d'autres  sociétés  viennent  s'y  implanter. La décision attaquée et les échanges d'écritures menés devant  le  Tribunal  de  céans  permettent  aussi  de  comprendre  facilement  que  l'autorité  inférieure  n'a  pas  jugé  utile  de  mener  des  investigations  supplémentaires  sur  les  autres  sites  exploités  par  l'intimée  pour  vérifier  s'il  serait  éventuellement  possible  d'y  localiser  les  installations  des 

A­1353/2011 Page 12 ateliers  techniques  de  Chernex:  cela  ne  l'aurait  en  effet  pas  conduit  à  porter une appréciation différente  sur  la  légalité du projet  dont elle était  saisie. Le Tribunal administratif fédéral constate que, ce faisant, l'autorité  inférieure n'a aucunement violé le droit d'être entendu des recourants. La  motivation  de  sa  décision  quant  aux  raisons  du  rejet  des  mesures  d'instruction est en effet suffisante et  les recourants étaient parfaitement  en mesure de motiver leur recours à cet égard. 3.3. L'autorité inférieure était donc en droit de considérer, en procédant à  une  appréciation  anticipée  des  preuves,  que  les  éléments  de  fait  importants  ressortaient  déjà  suffisamment  du  dossier  pour  rendre  sa  décision et que de nouvelles mesures d'instruction ne l'amèneraient pas à  changer son analyse juridique. Le Tribunal administratif fédéral retient par  conséquent que  le droit d'être entendu des  recourants n'a pas été violé  par cette façon de faire et que les mesures d'instruction en question n'ont  pas non plus à être ordonnées dans le cadre de la procédure de recours.  Il ne sera en particulier pas ordonné de nouvelle  inspection  locale, celle  qui a été organisée par  l'autorité  inférieure étant suffisante pour pouvoir  statuer sur la légalité du projet. 4.  4.1. Sous  le  titre  "principe",  l'art.  18 LCdF alinéa 1 à 4 dispose que  les  constructions  et  installations  servant  exclusivement  ou  principalement  à  la  construction  et  à  l'exploitation  du  chemin  de  fer  (installations  ferroviaires)  ne  peuvent  être  établies  ou modifiées  que  si  les  plans  du  projet  ont  été  approuvés  par  l'autorité  compétente  (al.  1).  En  vertu  de  l'alinéa 2,  l'autorité chargée de  l'approbation des plans est  l'OFT  (let. a)  et,  pour  les  grands  projets  cités  en  annexe,  le  DETEC  (let.  b).  L'approbation  des  plans  couvre  toutes  les  autorisations  requises  par  le  droit  fédéral  (al.  3). Aucune autorisation  ni  aucun plan  relevant  du droit  cantonal  ne  sont  requis.  Le  droit  cantonal  est  pris  en  compte  dans  la  mesure  où  il  n'entrave  pas  de  manière  disproportionnée  l'accomplissement des tâches de l'entreprise ferroviaire (al. 4).  L'art. 18m LCdF, dont  la note marginale est consacrée aux "installations  annexes", prévoit aux alinéas 1 et 2 pour l'essentiel que l'établissement et  la  modification  de  constructions  ou  d'installations  ne  servant  pas  exclusivement  ou  principalement  à  l'exploitation  ferroviaire  (installations  annexes)  sont  régis  par  le  droit  cantonal.  Ils  ne  peuvent  être  autorisés  qu'avec  l'accord  de  l'entreprise  ferroviaire  si  l'installation  annexe affecte  des  immeubles  appartenant  à  des  entreprises  ferroviaires  ou  leur  est 

A­1353/2011 Page 13 contiguë  (al.  1  let.  a)  ou  si  elle  risque  de  compromettre  la  sécurité  de  l'exploitation  (al.  1  let.  b).  Avant  d'autoriser  une  installation  annexe,  l'autorité cantonale doit consulter l'OFT (al. 2). L'art. 2 al. 1 de l'ordonnance du 4 novembre 2009 sur les concessions et  le financement de l'infrastructure ferroviaire (OCFIF, RS 742.120) dispose  que sont assujetties à  la LCdF  toutes  les  infrastructures  ferroviaires sur  lesquelles  a  lieu  du  transport  de  voyageurs  soumis  au  régime  des  concessions ou qui sont ouvertes dans le cadre de l'accès au réseau. Selon  la  jurisprudence,  la  question  de  savoir  si  une  construction  sert  exclusivement  ou  principalement  à  l'exploitation  d'un  chemin  de  fer  doit  faire  l'objet  d'un  examen  individuel  au  vu  des  circonstances  du  cas  d'espèce  (ATF  122  II  265  consid.  3;  116  Ib  400  consid.  5a;  arrêt  du  Tribunal  fédéral  1C_463/2010  du  24  janvier  2011  consid.  2.2).  La  distinction entre les projets servant exclusivement ou principalement à la  construction et à l'exploitation d'un chemin de fer et les autres projets doit  se faire sur la base d'un critère fonctionnel. Ne peut ainsi être considéré  comme  une  installation  servant  exclusivement  ou  principalement  le  chemin  de  fer  qu'un  projet  présentant,  d'un  point  de  vue  matériel  et  spatial, un rapport nécessaire et étroit avec l'exploitation ferroviaire (ATF  127  II  227  consid. 4  et  les  réf.  citées).  Les  constructions  mixtes,  qui  comprennent  des  parties  destinées  à  l'exploitation  ferroviaire  et  des  parties  ayant  une  autre  finalité,  sont  soumises  à  la  procédure  fédérale  d'approbation  des  plans  dans  la  mesure  où  elles  sont  destinées  de  manière prépondérante à  l'exploitation du chemin de fer car, en principe  du moins,  une procédure unique d'autorisation  doit  être  suivie  (arrêt  du  Tribunal fédéral 1C_463/2010 du 24 janvier 2011 consid. 2.2; ATF 127 II  consid. 4a; 122 II 265 consid. 3; 116 Ib 400 consid. 5a; arrêt du Tribunal  administratif  fédéral  A­486/2009  du  4  novembre  2009  consid. 11.1,  confirmé par l'arrêt du Tribunal fédéral 16 juin 2010 1C_536/2009). Selon l'art. 11 al. 1 de la loi fédérale du 7 octobre 1983 sur la protection  de  l'environnement  (LPE, RS 814.01),  les  pollutions  atmosphériques,  le  bruit, les vibrations et les rayons sont limités par des mesures prises à la  source  (limitation  des  émissions).  Indépendamment  des  nuisances  existantes,  il  importe,  à  titre  préventif,  de  limiter  les  émissions  dans  la  mesure  que  permettent  l'état  de  la  technique  et  les  conditions  d'exploitation  et  pour  autant  que  cela  soit  économiquement  supportable  (al. 2). Les émissions seront limitées plus sévèrement s'il appert ou s'il y  a  lieu  de  présumer  que  les  atteintes,  eu  égard  à  la  charge  actuelle  de  l'environnement,  seront  nuisibles  ou  incommodantes  (al.  3).  Par 

A­1353/2011 Page 14 installations,  on  entend  les  bâtiments,  les  voies  de  communication  ou  autres  ouvrages  fixes  ainsi  que  les modifications  de  terrain.  Les  outils,  machines, véhicules, bateaux et aéronefs sont assimilés aux installations  (art.  7  al.  7  LPE).  De  nouvelles  installations  fixes  ne  peuvent  être  construites  que  si  les  immissions  causées  par  le  bruit  de  ces  seules  installations  ne  dépassent  pas  les  valeurs  de  planification  dans  le  voisinage;  l’autorité qui délivre  l’autorisation peut exiger un pronostic de  bruit (art. 25 al. 1 LPE). Sous  le  titre  "limitation  des  émissions  de  nouvelles  installations  fixes",  l'art. 7 al. 1 let. b de l'ordonnance du 15 décembre 1986 sur la protection  contre le bruit (OPB, RS 814.41) dispose que les émissions de bruit d'une  nouvelle  installation  fixe  seront  limitées  conformément  aux  dispositions  de  l'autorité d'exécution de  telle  façon que  les  immissions de bruit dues  exclusivement à  l'installation en cause ne dépassent pas  les valeurs de  planification. L'annexe 6 de  l'OPB fixe  les valeurs  limites d'exposition au  bruit de l'industrie et des arts et métiers. Par  ailleurs,  lorsqu'une  installation  déjà  existante  est  modifiée,  les  émissions  de  bruit  des  éléments  d'installation  nouveaux  ou  modifiés  devront,  conformément  aux  dispositions  de  l'autorité  d'exécution,  être  limitées dans la mesure où cela est réalisable sur le plan de la technique  et  de  l'exploitation,  et  économiquement  supportable  (art.  8  al.  1  OPB);  lorsqu'une installation est notablement modifiée, les émissions de bruit de  l'ensemble de  l'installation devront au moins être  limitées de  façon à ne  pas dépasser les valeurs limites d'immission (al. 2). Les transformations,  agrandissements  et  modifications  d'exploitation  provoquées  par  le  détenteur  de  l'installation  sont  considérés  comme  des  modifications  notables  d'une  installation  fixe  lorsqu'il  y  a  lieu  de  s'attendre  à  ce  que  l'installation  même  ou  l'utilisation  accrue  des  voies  de  communication  existantes entraînera la perception d'immissions de bruit plus élevées. La  reconstruction  d'installations  est  considérée  dans  tous  les  cas  comme  modification notable (al. 3). Conformément  à  l'art. 36 al. 1 OPB,  l'autorité  d'exécution  détermine  les  immissions de bruit extérieur dues aux installations fixes ou ordonne leur  détermination  si  elle  a  des  raisons  de  supposer  que  les  valeurs  limites  d'exposition  en vigueur sont déjà ou vont être dépassées. 4.2. 

A­1353/2011 Page 15 4.2.1. Dans un premier moyen,  les  recourants soutiennent que  le projet  d'agrandissement des ateliers techniques de Chernex n'est pas assujetti  à  la LCdF car  il ne s'agit pas d'une  installation  ferroviaire.  Ils soulignent  que l'on n'a pas affaire à une infrastructure ferroviaire sur  laquelle a  lieu  du transport de voyageurs soumis au régime des concessions ou qui est  ouverte  dans  le  cadre  de  l'accès  au  réseau  conformément  à  l'art.  2  OCFIF.  Ils  contestent  en  particulier  que  la  route  ainsi  que  les  bureaux  prévus  soient  essentiels  à  l'exploitation  du  chemin  de  fer.  La  route n'aurait ainsi pas de lien direct avec l'exploitation du chemin de fer  et sa nécessité ne serait pas  telle qu'il  se  justifie de  faire supporter aux  voisins les nuisances prévisibles qu'elle  induira. Quant à la terrasse qu'il  est prévu de construire au dernier étage du bâtiment, elle ne serait pas  non  plus  en  lien  avec  l'activité  ferroviaire  ni  en  lien  organique  avec  le  reste du projet. Elle ne manquera pas d'être utilisée comme fumoir par les  employés  et  générera  des  nuisances  plus  importantes  que  le  reste  du  bâtiment.  Le  projet  n'étant  pas  exclusivement  en  lien  avec  l'exploitation  ferroviaire,  la  décision d'approbation doit  donc être déclarée nulle  et  de  nul  effet.  Subsidiairement,  les  recourants  demandent  que  le  projet  soit  modifié en ce sens que la route et la terrasse soient supprimées. De son côté,  l'autorité  inférieure s'est  implicitement référée à  la décision  attaquée  pour  justifier  l'application  de  l'art.  18  LCdF  à  la  présente  procédure.  Elle  retient  en  bref  que  quatre  étages  sur  cinq  de  l'annexe  projetée  sont  en  lien  direct  avec  l'exploitation  du  chemin  de  fer.  L'exploitation  d'une  ligne  rendrait  en  effet  nécessaire  l'utilisation  d'une  sous­station transformatrice,  le  fait d'entreposer des pièces de rechange  ainsi que de réparer du matériel telles que des rames ou des installations  de  sécurité.  Concernant  la  route  et  les  bureaux,  l'autorité  inférieure  considère  qu'il  s'agit  d'aménagements  qui  sont  aussi  essentiels  à  l'exploitation  du  chemin  de  fer.  La  route  doit  en  effet  permettre  aux  employés  d'atteindre  leur  lieu  de  travail  lorsque  l'accès  existant  est  bloqué. Quant aux bureaux, ils permettront aux collaborateurs d'effectuer  le  travail  administratif  absolument  nécessaire  pour  la  réalisation  des  tâches qui  sont exécutées dans  les ateliers  techniques de Chernex. Au  surplus,  l'autorité  inférieure note que  seules  les  installations  qui  doivent  être  utilisées  par  le  MOB  transitent  par  les  ateliers  et  que  les  travaux  correspondants  sont  effectués  par  des  collaborateurs  du  MOB.  Des  locaux  abritant  ce  type  de  travaux  doivent  donc  aussi  être  approuvés  selon la procédure fédérale ferroviaire. Enfin, le fait que certaines tâches  effectuées  dans  les  ateliers  de  Chernex  portent  sur  du  matériel  appartenant à d'autres compagnies de chemin de  fer ne permet pas de  conclure que le projet ne serait pas nécessaire à l'exploitation de la ligne.

A­1353/2011 Page 16 Selon l'intimée, il ne fait aucun doute que le projet d'agrandissement des  ateliers  techniques de Chernex est  soumis à  l'art.  18 LCdF. L'argument  des recourants selon lequel seules les installations servant strictement au  transport  des  passagers  seraient  soumises  à  la  LCdF  en  vertu  de  l'art. 2 OCFIF n'est pas convaincant.  Il  impliquerait en effet que seule  la  partie  de  la  gare  ouverte  au  public  serait  soumise  à  la  loi  et  donc  à  la  procédure  fédérale,  alors  que  les  pièces  adjacentes,  consacrées  par  exemple  à  des  activités  techniques,  devraient  faire  l'objet  d'une  autorisation  de  construire  cantonale.  Il  faut  donc  comprendre  l'art.  2  OCFIF comme visant  l'entier de  l'infrastructure qui sert au  transport des  personnes  et  non  pas  la  seule  partie  de  cette  infrastructure  où  déambulent les passagers. En réalité, la notion d'infrastructure ferroviaire  est très large comme cela ressort de l'art. 62 LCdF, dont l'OCFIF n'a pas  réduit  la  portée.  En  l'occurrence,  le  projet  comprend  une  sous­station  transformatrice et différents locaux qui sont tous clairement nécessaires à  l'exploitation  et  à  l'entretien  de  l'infrastructure  ferroviaire.  De  plus,  ces  éléments  servent  tous  au  transport  de  voyageurs.  Quant  à  la  route  critiquée par les recourants, elle est destinée à permettre un accès pour  le  bâtiment  projeté.  Elle  sécurise  l'accès  au  niveau  ­2  et  permettra  de  relier ce niveau au rez­de­chaussée du bâtiment. Sans elle, les employés  et les fournisseurs n'auraient qu'un accès limité au niveau ­2 puisqu'il leur  faudrait  traverser  les  voies  existantes  devant  l'atelier  principal,  ce  qui  présenterait  des  risques  pour  la  sécurité  et  des  désagréments  liés  aux  longues  attentes.  Il  est  donc  patent  que  la  route  projetée  est  elle  aussi  directement  nécessaire  à  l'exploitation  du  chemin  de  fer.  Quant  à  la  terrasse, il ne s'agit en réalité que d'un espace de dégagement libéré par  le  retrait  de  l'attique  et  il  résulte  d'une  contrainte  en  matière  de  construction.  La  largeur  de  l'espace  accessible  n'est  que  de  1m15  à  1m20 et même s'il est admis que les employés pourront venir y prendre  leur  pause,  cela  ne  change  rien  au  fait  que  l'entier  de  l'installation  projetée sert exclusivement à l'exploitation ferroviaire. 4.2.2. En l'occurrence, il convient de se pencher sur la nature du projet et  sur ses différents éléments pour déterminer s'il doit être soumis ou non à  la  procédure  fédérale  d'approbation  des  plans  selon  l'art.  18  LCdF.  Tel  qu'il ressort de la mise à l'enquête, des plans et des explications fournies  par  l'intimée,  le  projet  prévoit  la  construction  d'un  bâtiment  de  cinq  niveaux  et  d'une  route  d'accès  sur  une  parcelle  dont  l'intimée  est  déjà  propriétaire. Cette parcelle se trouve à proximité immédiate des voies de  chemin  de  fer  et  comprend  déjà  un  bâtiment  utilisé  comme  atelier  technique par l'intimée.

A­1353/2011 Page 17 Sur  le  vu  de  la  jurisprudence  précitée  et  en  particulier  du  critère  fonctionnel  qui  doit  guider  son  examen,  le  Tribunal  administratif  fédéral  considère  que  le  lien  du  projet  dans  toutes  ses  composantes  avec  l'exploitation ferroviaire est évident. En effet, il appert que la sous­station  transformatrice  du  niveau  ­3  est  indispensable  puisqu'elle  vise  à  fournir  du courant de  traction pour  les  trains. Le magasin du niveau  ­2 ne  l'est  pas  moins  puisqu'il  est  destiné  à  recevoir  des  composants  tels  que  bobines, câbles ou encore boîtiers qui seront tous destinés à l'activité du  site.  Il  en  va  de  même  de  l'atelier  d'assemblage  de  composants  électriques  et  électromécaniques  du  niveau  ­1  pour  fabriquer  des  appareils et des installations qui pourront être utilisées, notamment, pour  des  installations  de  sécurité  ferroviaire.  L'atelier  de  fabrication  et  de  révision  des  composants  ferroviaires  du  niveau  0  est  lui  aussi  en  lien  manifeste  avec  l'exploitation  ferroviaire.  Enfin,  les  bureaux  des  ingénieurs,  techniciens  et  dessinateurs  situés  au  niveau  1  permettront  d'assurer  l'administration et  la gestion des  tâches exercées par  l'intimée  dans les niveaux inférieurs. Quant à la nouvelle route d'accès au niveau ­ 2, elle répond à des objectifs de sécurité et d'efficacité pour rationaliser le  travail qui sera effectué dans les ateliers techniques agrandis. Le  projet  présente  donc  indubitablement  une  unité  fonctionnelle  et  un  rapport  étroit  avec  l'exploitation  ferroviaire,  de  sorte  qu'il  doit  être  considéré non pas comme une construction mixte mais comme un projet  servant  "exclusivement"  à  la  construction et  à  l'exploitation  d'un  chemin  de  fer au sens de  l'art. 18 al. 1 LCdF. Quand bien même  il devrait être  considéré comme ne servant que "principalement" à  la construction et à  l'exploitation d'un  chemin de  fer,  cela ne  changerait  rien à  l'applicabilité  de la LCdF. En tous les cas, ce n'est pas le fait qu'il abrite des bureaux et  une modeste terrasse pour les employés qui peut permettre de lui dénier  son  caractère  d'installation  ferroviaire:  le  Tribunal  fédéral  a  déjà  eu  l'occasion  de  se  pencher  sur  un  projet  relativement  comparable  comprenant également des bureaux, des terrasses et un  local de pause  en  plus  des  étages  utilisés  à  des  fins  techniques  et  il  n'en  a  pas  pour  autant  conclu  que  ces  derniers  éléments  permettraient  de  justifier  l'assujettissement du projet à une procédure cantonale d'autorisation de  construire  en  lieu  et  place  de  la  procédure  fédérale  d'approbation  des  plans prévue par  la LCdF (arrêt du Tribunal  fédéral 1C_463/2010 du 24  janvier 2011 consid. 2.3). Pour  le  surplus,  on  signalera  que  les  précédents  invoqués  par  les  recourants sont sans pertinence car ils concernent des projets qui ne sont  pas comparables au projet litigieux. Ainsi, l'ATF 111 Ib 38 a certes retenu 

A­1353/2011 Page 18 que  le  projet  concerné  ne  pouvait  être  assimilé  à  une  construction  ferroviaire, mais il s'agissait d'un entrepôt destiné à récolter de la ferraille,  la  trier  et  la  presser  avant  de  l'expédier  par  le  rail.  Aucun  impératif  relevant de l'exploitation du chemin de fer n'imposait donc sa construction  à proximité  immédiate d'une gare ou des voies  ferrées. Une  installation  annexe au sens de l'art. 18m LCdF a aussi été reconnue par le Tribunal  fédéral  dans  un  autre  arrêt,  mais  il  s'agissait  là  encore  d'un  cas  sans  rapport  avec  l'agrandissement  des  ateliers  techniques  de  Chernex  puisque l'affaire portait sur la transformation d'un hangar à marchandises  en  centre  de  rencontre  pour  la  jeunesse  (arrêt  du  Tribunal  fédéral  1A.180/2006 du 9 août 2007). C'est  à  tort  que  les  recourants  demandent  en outre  de  faire  application  dans  le  cas  d'espèce  de  la  jurisprudence  selon  laquelle  les  voies  de  raccordement  n'appartiennent  pas  aux  installations  ferroviaires  au  sens  de  l'art.  18  LCdF, mais  bien  plutôt  aux  installations  annexes  définies  à  l'art. 18m  LCdF  (cf.  arrêt  du  Tribunal  fédéral  du  29  novembre  2004  2A.507/2003 consid. 4.2.3 = ZBl 2005 p. 483 ss; arrêt du TAF 1824/2006  du 25 juin 2008 consid. 4.3.2.2). En effet,  la construction et  l'exploitation  de voies de raccordement relève d'une loi spéciale, à savoir la loi fédérale  du  5  octobre  1990  sur  les  voies  de  raccordement  ferroviaires  (RS  742.141.5), dont  les objectifs sont tout à fait spécifiques puisqu'ils visent  essentiellement  à  assurer  un  raccordement  au  réseau pour  le  transport  de  marchandises.  Par  conséquent,  on  ne  saurait  comparer  la  construction d'une voie de raccordement à  l'agrandissement des ateliers  techniques  de  Chernex.  Enfin,  on  ne  saurait  pas  non  plus  suivre  les  recourants  lorsqu'ils  prétendent  que  le  projet  d'agrandissement  des  ateliers techniques de Chernex ne devrait pas être considéré comme une  installation  ferroviaire  par  l'effet  de  l'art.  2 OCFIF. Cette  disposition,  qui  figure dans une ordonnance d'application de la LCdF, ne saurait en effet  réduire  la portée d'une disposition  législative  telle que  l'art. 18 LCdF. La  notion d'"assujettissement"  des  infrastructures  ferroviaires à  la  LCdF au  sens  de  l'art. 2 al. 1  OCFIF  vise  en  réalité  à  préciser  que  le  critère  d'assujettissement  découle  de  la  présence  d'une  concession  ou  de  l'ouverture  dans  le  cadre  de  l'accès  au  réseau,  mais  pas  que  certains  types  de  constructions  ou  d'installations  visés  à  l'art.  18  LCdF  seraient  exclus de la procédure fédérale d'approbation des plans. Il découle de ce qui précède que l'OFT était bien compétent, en vertu de  l'art.  18  al.  2  let.  a  LCdF,  pour  approuver  les  plans  du  projet  d'agrandissement  des  ateliers  techniques  de  Chernex.  Le  grief  des  recourants s'avère dès lors mal fondé sur ce point.

A­1353/2011 Page 19 4.2.3.  Les  recourants  font  subsidiairement  valoir  une  violation  de  l'art. 18 al. 4  LCdF  par  l'autorité  inférieure  dans  la mesure  où  celle­ci  a  retenu  que  le  projet  n'était  pas  soumis  au  droit  cantonal  de  l'aménagement  du  territoire.  Ils  admettent  que  la  parcelle  n°  2499,  sur  laquelle se trouvent les ateliers techniques de Chernex, semble colloquée  en zone d'exploitation ferroviaire selon le plan général d'affectation de la  commune  de  Montreux.  Il  n'en  demeure  pas  moins  qu'elle  est  littéralement  encerclée  par  le  secteur  C  de  la  zone  du  plateau  de  Fontanivent­Chernex,  où  les  recourants  rappellent  que  leurs  appartements sont situés, de sorte qu'il conviendrait d'appliquer au moins  par analogie à la parcelle n° 2499 les règles de cette zone. Or,  le projet  de  l'intimée  ne  respecterait  ni  la  distance  aux  limites  minimale,  ni  la  hauteur  maximale  des  constructions,  ni  la  limite  maximale  de  surface  bâtie du secteur C de  la zone du plateau de Fontanivent­Chernex  telles  qu'elles  ressortent  du  Règlement  communal  sur  le  plan  général  d'affectation à la police des constructions (RPGA). De son côté, l'intimée  réfute  le grief des recourants et maintient que son projet ne viole pas  le  droit cantonal et communal car il est prévu qu'il soit construit dans la zone  d'exploitation ferroviaire. Même si l'on appliquait à la parcelle n° 2499 les  règles  de  police  des  constructions  d'une  autre  zone,  les  exigences  en  matière de distance aux limites et de surface bâtie au sol seraient selon  elle respectées.  Le Tribunal administratif fédéral rappelle que si une installation ferroviaire  tombe sous  le coup de  l'art. 18 al. 1 LCdF comme en  l'espèce, cela ne  signifie pas encore que l'entreprise ferroviaire puisse ignorer purement et  simplement  les exigences découlant du droit  cantonal et  communal des  constructions. Bien qu'aucune autorisation ni aucun plan relevant du droit  cantonal ne soient requis, il faut tout de même prendre en compte le droit  cantonal, mais uniquement dans la mesure où il n'entrave pas de manière  disproportionnée l'accomplissement des tâches de l'entreprise ferroviaire  (cf. art. 18 al. 4 LCdF). Cela  implique qu'il  faille procéder à un examen,  même  sommaire,  des  exigences  du  droit  cantonal  et  communal  applicable. En  l'occurrence,  il est établi que  l'autorité  inférieure a procédé à un bref  examen de la conformité du projet avec le droit cantonal dans la décision  attaquée  (cf.  ch.  5.1.4  de  la  décision  attaquée,  p.  14­15)  et  qu'elle  a  considéré qu'il n'y avait pas de violation de celui­ci. Il convient dès lors de  retenir, avec l'autorité inférieure et l'intimée dans sa réponse au recours,  que  le  nouveau  bâtiment  sera  construit  dans  la  "zone  d'exploitation  ferroviaire"  comme  cela  ressort  très  clairement  du  plan  général 

A­1353/2011 Page 20 d'affectation  de  la  commune  de  Montreux.  En  vertu  de  l'art.  21  du  règlement afférent, "cette zone est réservée aux voies de chemin de fer,  gare,  dépôts,  parkings,  voies  d'accès  et  autres  installations  en  rapport  avec  l'exploitation  des  réseaux  ferroviaires.  Les  espaces,  locaux  et  aménagements qui ne sont pas directement en rapport avec l'exploitation  ferroviaire  sont  soumis  aux  dispositions  du  droit  cantonal".  Comme  le  relève  à  juste  titre  l'intimée,  c'est  à  dessein  que  cet  article  ne  contient  aucune disposition sur les distances minimales ni sur la surface bâtie au  sol  puisqu'il  est  question  de  permettre  la  construction  d'installations  en  rapport avec l'exploitation du chemin de fer. Le Tribunal de céans ne voit  donc  aucune  raison  d'appliquer  à  cette  zone  les  règles  de  police  des  constructions  relevant  de  la  zone  à  bâtir  voisine  comme  le  réclame  les  recourants. Peu  importe à cet égard que  la parcelle n° 2499 soit  isolée,  voire  "encerclée"  par  la  zone  secteur  C  de  la  zone  du  plateau  de  Fontanivent­Chernex.  Enfin,  on  signalera  que  ni  les  autorités  communales de Montreux, ni  les autorités cantonales compétentes n'ont  soulevé  d'objection  durant  la  procédure  de  mise  à  l'enquête  du  projet  concernant  une  éventuelle  violation  des  exigences  du  droit  cantonal  et  communal  de  l'aménagement  du  territoire  et  de  la  police  des  constructions. Ainsi, le Tribunal administratif fédéral retient que la décision d'approbation  querellée n'emporte  aucune violation du droit  cantonal  et  qu'il  n'est  pas  nécessaire d'examiner plus avant  la question du  respect des exigences  de police des constructions. Le grief des recourants doit donc être écarté  sur ce point. 4.3.  4.3.1.  Le  grief  principal  formé  par  les  recourants  quant  au  contenu  du  projet  a  trait  au  non­respect  des  règles  du  droit  de  la  protection  de  l'environnement et des  règles  relatives aux rapports de voisinage. Ainsi,  le nouvel atelier  regroupera selon eux des moyens plus  importants,  tant  logistiques  qu'en  personnel.  Les  activités  qui  s'y  dérouleront  augmenteront les nuisances telles que le bruit ou les vibrations dues à la  coupe  des  rails.  La  nouvelle  route  d'accès  provoquera  une  gêne  particulièrement  importante  puisqu'elle  sera  plus  haute  que  la  haie  actuelle.  Les  nuisances  seront  d'autant  plus  grandes  que  l'accès  par  le  sud ne sera pas condamné et qu'il sera plus simple pour les ouvriers de  faire le tour des bâtiments par cette route, qui présente une pente de 19%  et qui entraînera de ce fait un bruit de moteur important. La terrasse sera  quant à elle utilisée en tant que fumoir et provoquera des nuisances plus 

A­1353/2011 Page 21 importantes que le reste du bâtiment en termes de bruit et de privation de  l'intimité.  Les  recourants  rappellent  enfin  qu'ils  ont  demandé  depuis  longtemps  une  étude  de  bruit  en  raison  des  griefs  environnementaux  qu'ils  soulèvent  à  l'encontre  du  projet  car  un  dépassement  des  valeurs  applicables ne peut pas être exclu. Ils ne se satisfont à cet égard pas de  l'étude produite en cours de procédure par l'intimée. Dans  sa  réponse  du  28 mars  2011,  l'autorité  inférieure  rappelle  que  la  décision  attaquée  prévoit  déjà  que  le  bruit  causé  par  les  installations,  notamment  par  le  parc  à  voitures  et  le  trafic  sur  l'aire  d'exploitation,  ne  devra pas engendrer pour  le voisinage de dépassement des valeurs de  planification.  L'intimée  est  ainsi  tenue  de  par  la  loi  de  prendre  les  mesures adéquates. L'intimée  rappelle pour  sa part  qu'elle a  fait  procéder à un pronostic de  bruit en cours de procédure suite à la détermination de l'OFEV du 20 avril  2011 soulignant que la situation du bruit ne ressortait pas du dossier. Sur  la base de cette étude,  réalisée  le 25  juillet 2011,  il  apparaît  clairement  que  les valeurs de planification sont  respectées de  jour comme de nuit,  avec une marge de 5dB[A], pour  les  installations nouvelles. Concernant  l'ensemble des installations (existantes et projet d'agrandissement), il est  démontré que  le niveau d'évaluation global du bruit  respecte également  les  valeurs  limites  d'immission.  L'OFEV  s'étant  quant  à  lui  rallié  aux  résultats  de  cette  étude,  l'intimée  propose  d'écarter  le  grief  des  recourants. 4.3.2. En l'occurrence, le projet querellé constitue une installation fixe au  sens de l'art. 7 al. 7 LPE. L'autorité inférieure ayant à juste titre considéré  l'agrandissement  projeté  comme  une  nouvelle  installation  fixe,  c'est  logiquement  qu'elle  a  retenu dans  la décision attaquée que  les niveaux  d'évaluation  mesurés  dans  le  voisinage  ne  devaient  pas  dépasser  les  valeurs  de  planification  en matière  de  bruit.  Quant  au  bruit  produit  par  l'ensemble  des  installations,  soit  celui  qui  résulte  des  installations  nouvelles  projetées  (agrandissement  de  l'atelier,  sous­station  transformatrice et nouvelle route d'accès) et des installations existantes, il  doit être au moins  limité de  façon à ne pas dépasser  les valeurs  limites  d'immission  puisque  l'installation  existante  subira  une  modification  notable. Le projet n'est par ailleurs pas soumis à  l'obligation de  réaliser  une  étude  d'impact  sur  l'environnement  puisqu'il  n'atteint  pas  le  coût  mentionné  au  ch.  12.2  de  l'annexe  à  l'ordonnance  du  19  octobre  1988  relative à l'étude d'impact sur l'environnement (OEIE, RS 814.011).

A­1353/2011 Page 22 Le Tribunal administratif fédéral relève que l'autorité inférieure n'a pas fait  procéder au calcul des immissions de bruit déterminantes sur la parcelle  des  recourants  malgré  leurs  demandes  dans  ce  sens  et  contrairement  aux art. 25 LPE et 36 OPB. Un dépassement des valeurs de planification  selon l'annexe 6 OPB paraissant possible et ne pouvant être exclu selon  l'état  actuel  des  connaissances,  il  convenait  en  effet,  comme  l'a  finalement  recommandé  l'OFEV  et  conformément  aux  exigences  fixées  par  la  jurisprudence, de  faire procéder à une étude de bruit  (ATF 137  II  30  consid.  3.4;  arrêt  du  Tribunal  fédéral  1A.180/2006  du  9  août  2007  consid. 5.4). C'est ce qui a été fait en cours de procédure à l'initiative de  l'intimée.  L'étude  de  bruit  du  25  juillet  2011  versée  au  dossier  de  la  présente procédure constitue donc un moyen de preuve que  le Tribunal  administratif fédéral est tenu d'examiner (cf. consid. 3.2.1 ci­dessus). Sur le vu de l'étude de bruit au sujet de laquelle les parties et l'OFEV ont  eu l'occasion de se prononcer,  il ne fait aucun doute que les immissions  sonores  respecteront  largement  les  valeurs  fixées  par  l'OPB  et,  plus  largement,  les  exigences  des  art. 7 et 8 OPB.  En  tant  qu'autorité  spécialisée  de  la  Confédération  en  matière  de  protection  de  l'environnement,  l'OFEV  déclare  dans  sa  détermination  du  3  octobre  2011  qu'il  a  été  répondu  à  satisfaction  à  sa  demande.  Il  précise  en  particulier que les niveaux d'évaluation partiels Lri et leurs corrections de  niveau  respectifs ont été appliqués correctement selon  l'annexe 6 OPB,  en sorte que  la détermination du bruit a été réalisée selon  les règles de  l'art. Les recourants se bornent à effectuer une critique générale des résultats  de cette étude mais n'expliquent pas en quoi ses résultats ou la méthode  suivie seraient critiquables. Ils soulignent uniquement que les mesures de  bruit ont été faites au plus fort du creux estival, soit à un moment où les  nuisances  sont  inférieures  à  leur  niveau  habituel.  Leur  grief  est  à  cet  égard  sans  fondement puisque  l'étude a,  en  réalité,  procédé non pas à  des  mesures  mais  bien  à  une  détermination  du  bruit  sur  la  base  de  modèles de calcul. Il n'est en effet pas possible de mesurer les nuisances  sonores d'une nouvelle installation qui n'est pas encore construite. Quant  aux  critiques  des  recourants  concernant  le  type  d'activités  qui  seront  hébergées  dans  le  nouvel  atelier,  l'autorité  inférieure  y  a  répondu  de  façon convaincante dans sa duplique du 26 août 2011: aucun élément ne  permet selon elle de retenir que des activités bruyantes ne correspondant  pas  à  ce  qui  est  arrêté  dans  les  plans  et  ce  qui  a  été  discuté  lors  de  l'inspection  locale  y  seront  exercées.  En  particulier,  aucune  activité  tendant à scier des rails n'y sera effectuée, contrairement aux allégations 

A­1353/2011 Page 23 des  recourants. Dans  ces  conditions,  le  Tribunal  de  céans  n'examinera  pas  plus  avant  ce  grief,  ni  celui  relatif  aux  éventuelles  nuisances  générées par la nouvelle terrasse: l'OFEV a confirmé qu'elles ne devaient  pas être prises en compte dans le calcul des émissions sonores car elles  seront  négligeables  et  il  ne  saurait  dès  lors  être  question  de  les  déterminer selon la directive "Etablissements publics" du Cercle Bruit. Au vu de ce qui précède, il apparaît que l'étude de bruit est argumentée,  exempte de contradiction et convaincante. Elle a en outre été confirmée  par  l'autorité  spécialisée  quant  à  sa méthode  et  ses  résultats,  de  sorte  qu'il convient de rejeter le grief des recourants relatif au non­respect des  règles du droit de la protection de l'environnement et des règles relatives  aux  rapports  de  voisinage.  Le  Tribunal  de  céans  ne  donnera  par  conséquent  pas  suite  à  la  demande  des  recourants  d'ordonner  une  nouvelle  étude  de  bruit  puisqu'un  tel  moyen  de  preuve  ne  saurait  l'amener à modifier son opinion en la matière. 4.4. Les recourants font encore valoir une violation, de la part de l'autorité  inférieure,  de  l'obligation  d'examiner  des  variantes.  Ils  affirment  savoir  que  l'intimée dispose d'autres ateliers  techniques, en particulier en gare  de Montreux où il serait selon eux bien plus judicieux d'implanter le projet  puisqu'il s'agit d'une zone déjà soumise à d'importantes nuisances. Ainsi  l'autorité  inférieure  aurait­elle  dû  demander  à  l'intimée  d'établir  d'autres  variantes  qui  toucheraient moins  leurs  intérêts.  De  plus,  les  recourants  soupçonnent  l'intimée  de  vouloir  agrandir  ses  locaux  à  Chernex  sous  couvert de constructions d'intérêt public pour pouvoir en réalité louer ses  bureaux  à  des  tiers,  ce  qui  serait  inadmissible.  C'est  la  raison  pour  laquelle les recourants avaient sollicité la production de la liste de tous les  ateliers  techniques  du  MOB,  la  liste  des  emplacements  de  tous  les  bureaux du MOB ainsi que de toute pièce attestant la location de bureaux  à des sociétés tierces. Comme le souligne à juste titre l'intimée, la procédure d'approbation ici en  cause  a  pour  seul  objet  un  plan  relatif  à  une  construction  servant  à  l'exploitation du chemin de  fer, conformément à  l'art. 18 al. 1 LCdF et à  l'art. 6  de  l'ordonnance  du  23 novembre  1983  sur  la  construction  et  l'exploitation des chemins de fer (OCF, RS 742.141.1). L'approbation des  plans  sert  à  vérifier  que  les  prescriptions  de  l'OCF  et  des  dispositions  d'exécution  pertinentes  sont  respectées  (art.  6  al.  2  OCF).  La  décision  d'approbation  des  plans  a  valeur  d'autorisation  de  construire  (art. 6 al. 6 OCF).  Elle  constitue  une  autorisation  de  police  qui  a  uniquement pour objectif de constater qu'aucun intérêt public ne s'oppose 

A­1353/2011 Page 24 à  la  construction  du  projet  tel  qu'il  ressort  des  plans.  Il  en  découle  que  seul le projet mis à l'enquête fait l'objet de la procédure d'approbation des  plans et que les autorités ne peuvent pas refuser de l'approuver  lorsque  l'ouvrage projeté respecte les dispositions du droit fédéral (ATF 124 II 146  consid.  3a).  L'art.  2  al.  1  let.  b  de  l'ordonnance  du  28  juin  2000  sur  l'aménagement  du  territoire  (OAT,  RS  700.1)  impose  certes  à  l'autorité  d'examiner  les  possibilités  et  variantes  de  solution  entrant  en  ligne  de  compte, mais cela ne vaut que pour  la planification d'activités ayant des  effets  sur  l'organisation  du  territoire,  ce  qui  n'est  clairement  pas  le  cas  avec  le simple agrandissement des ateliers  techniques de Chernex. Par  conséquent,  il  suffit  que  le  projet  présenté  respecte  les  dispositions  pertinentes et prenne suffisamment en compte le droit cantonal pour qu'il  puisse  être  approuvé,  sans  qu'il  soit  encore  besoin  d'examiner  d'éventuelles variantes impliquant le déplacement d'activités hors du site  de Chernex ou l'agrandissement d'un autre site du MOB en lieu et place  des ateliers de Chernex. Le grief des recourants est donc mal fondé sur ce point et il n'y a pas lieu  de  reprocher  à  l'autorité  inférieure  d'avoir  refusé  de  donner  suite  à  la  demande des recourants tendant à interpeller le MOB pour qu'il produise  la  liste  de  tous  ses  sites  et  des  contrats  de  location  qu'il  pourrait  avoir  passés (cf. consid. 3.2.2 ci­avant). 4.5. Les recourants demandent enfin au Tribunal de céans de constater  que  le  projet  d'agrandissement  des  ateliers  techniques  de  Chernex  revient à les exproprier de leurs droits de voisinage, si bien qu'ils estiment  avoir  droit  à  une  indemnité  pleine  et  entière  s'élevant  au  minimum  à  Fr. 150'000.­­.  Ils  justifient  leurs prétentions, notamment,  par  la  violation  des règles communales de construction, par une atteinte à la vue dont ils  disposent  actuellement  sur  les  Dents  du  Midi  et  par  une  importante  diminution  de  l'ensoleillement  et  de  la  luminosité  dont  bénéficient  leurs  appartements. Dans la décision attaquée, l'autorité inférieure a examiné les conclusions  des  recourants  prises  en  matière  d'expropriation.  Elle  a  retenu,  en  substance, que le projet remplissait les exigences de l'art. 7 al. 3 de la loi  fédérale  du  20  juin  1930  sur  l'expropriation  (LEx,  RS  711)  et  de  l'art. 19 al. 1 LCdF et qu'une violation de leurs droits n'était pas visible, si  bien qu'elle a rejeté leurs griefs sur ce point. Elle a néanmoins ajouté que  ce serait à la Commission fédérale d'estimation (ci­après la CFE) et non à  elle­même  de  statuer  sur  la  question  du  montant  au  cas  où  des  indemnités devraient être allouées, refusant ainsi d'entrer en matière sur 

A­1353/2011 Page 25 la question de  l'indemnisation. Elle a donc  laissé  le  soin aux parties de  négocier et, en cas de désaccord, de saisir la CFE (cf. décision attaquée  ch. 5.1.6.2 p. 17­18). Il  découle  de  ce  qui  précède  que  les  recourants  ont  fait  valoir  leurs  prétentions  en matière  d'expropriation  devant  l'autorité  inférieure  dès  le  stade  de  l'opposition,  conformément  à  l'art.  18f  al.  2  LCdF.  L'autorité  inférieure  n'a  pas  relevé  de  violation  des  droits  des  recourants  dans  la  décision attaquée et il convient de confirmer ce constat, en particulier au  vu  du  fait  que  le  projet  n'emporte  aucune  violation  des  règles  communales  relatives  aux distances aux  limites,  à  la  hauteur maximale  ou encore à  la surface bâtie maximale admissible (cf. consid. 4.4). Pour  le  reste,  c'est  à  juste  titre  que  l'autorité  inférieure  n'est  pas  entrée  en  matière  sur  la  question  du  montant  d'une  éventuelle  indemnisation  en  raison d'un défaut de compétence. En effet, la procédure d'estimation doit  être menée devant  la CFE après l'approbation des plans, conformément  à  l'art.  18k  LCdF.  Les  prétentions  élevées  par  les  recourants  dans  le  cadre de leur recours devant le Tribunal de céans sont donc irrecevables.  Il convient de communiquer le présent arrêt au Président de la CFE du 2e  arrondissement pour lui permettre de donner la suite qu'il jugera utile à la  demande d'indemnisation des recourants. 5.  Au vu de ce qui précède,  le  recours, mal  fondé, doit être  rejeté dans  la  mesure de sa recevabilité et la décision attaquée confirmée. 6.  En règle générale, les frais de procédure sont mis, dans le dispositif, à la  charge  de  la  partie  qui  succombe.  Si  celle­ci  n'est  déboutée  que  partiellement, ces frais sont réduits. A titre exceptionnel,  ils peuvent être  entièrement remis (art. 63 al. 1 PA). Aucun frais de procédure n'est mis à  la charge des autorités inférieures, ni des autorités fédérales recourantes  et  déboutées  (art.  63  al.  2,  1ère  phrase  PA).  En  l'occurrence  les  recourants, qui succombent, devraient en principe prendre à leur charge  les frais de procédure, qui se montent à Fr. 3'000.­­. Il convient cependant  de  tenir  compte  du  fait  que  l'autorité  inférieure  a  omis,  en  violation  des  art. 25 LPE et 36 OPB, d'exiger un pronostic de bruit avant de rendre la  décision  d'approbation  des  plans  (cf.  consid.  4.3.2  ci­avant).  Cela  a  pu  jouer  un  rôle  dans  la  décision  des  recourants  d'interjeter  un  recours  et  dans  les  griefs  qu'ils  ont  fait  valoir.  Il  apparaît  dès  lors  équitable  de  réduire à Fr. 2'000.­­  les  frais de procédure mis à  leur charge  (cf. art. 6  let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et 

A­1353/2011 Page 26 indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]). L'autorité de recours peut allouer, d'office ou sur requête, à la partie ayant  entièrement ou partiellement gain de cause une  indemnité pour  les  frais  indispensables  et  relativement  élevés  qui  lui  ont  été  occasionnés  (art. 64 al. 1 PA). Les autorités fédérales et, en règle générale, les autres  autorités parties n'ont pas droit aux dépens (art. 7 al. 3 FITAF). L'intimée  ayant obtenu entièrement gain de cause et s'étant fait représenter par un  mandataire professionnel, elle a droit à une indemnité de dépens pour les  frais nécessaires causés par le litige (art. 7 al. 1 FITAF). Cette indemnité  n'inclura cependant pas  les frais causés par  la préparation des écritures  de  l'intimée  justifiant  que  les  travaux  entrepris  en  octobre  2011  s'inscrivaient dans le cadre strict de la décision incidente de retrait partiel  de l'effet suspensif du 9 juin 2011. En l'absence de décompte produit par  le mandataire de l'intimée, il se justifie de fixer l'indemnité de dépens sur  la base du dossier à Fr. 6'000.­­ (art.14 FITAF). Il convient cependant de  tenir  compte  du  fait  que  l'étude  de  bruit  n'a  été  produite  par  l'intimée  qu'après  le  dépôt  du  recours  et  de  faire  droit  à  la  demande  des  recourants  d'en  tenir  compte  dans  la  fixation  des  dépens.  Par  conséquent,  une  indemnité  réduite  de  dépens  de  Fr.  2'000.­­  leur  sera  allouée et elle sera compensée avec l'indemnité de dépens qu'ils doivent  à l'intimée, en sorte qu'ils verseront à celle­ci une somme de Fr. 4'000.­­.

A­1353/2011 Page 27 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté pour autant que recevable. 2.  Les frais de procédure réduits, d'un montant de Fr. 2'000.­­, sont mis à la  charge  des  recourants.  Ils  sont  compensés  par  l'avance  de  frais  de  Fr. 3'000.­­   déjà effectuée. Le solde de Fr. 1'000.­­  leur sera remboursé  dès l'entrée en force du présent arrêt. Les recourants communiqueront à  cette  fin  un numéro de  compte bancaire  ou postal  à  la Chancellerie  du  Tribunal. 3.  Une indemnité réduite de dépens d'un montant de Fr. 4'000.­­ est allouée  à l'intimée et mise à la charge des recourants. 4.  Le présent arrêt est adressé : – aux recourants (Acte judiciaire) – à l'intimée (Acte judiciaire) – à l'autorité inférieure (n° (…); Recommandé) – au Secrétariat général du DETEC (Acte judiciaire) – à l'OFEV (courrier A) – au  Président  de  la  Commission  fédérale  du  2e  arrondissement  (courrier A) Le président du collège : La greffière : Alain Chablais En remplacement, André Moser,,  juge : Virginie Fragnière Charrière

A­1353/2011 Page 28 Indication des voies de droit : La présente décision peut être attaquée devant le Tribunal fédéral, 1000  Lausanne 14, par la voie du recours en matière de droit public, dans les  trente  jours  qui  suivent  la  notification  (art. 82  ss,  90  ss  et  100  de  la  loi  fédérale  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  [LTF, RS 173.110]).  Le  mémoire  doit  être  rédigé  dans  une  langue  officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé.  La  décision  attaquée  et  les  moyens  de  preuve  doivent  être  joints  au  mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition :

A-1353/2011 — Bundesverwaltungsgericht 20.02.2012 A-1353/2011 — Swissrulings