328 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung. wirb, I>on berjenigen, mit meld)er eine )Bertrag~l'artei 6d)aben~ ~rfa\\ 'roegeninid)terfüUung I>erlangt, nid)t I>erfd)teben unb es muU bes~alu aud) ber @erid)t~ftanb, fO'roeit Me inatur be§ ~n~ f\)rud)~ bafür mauge6enb tft, für ueibe Stragen bcr nämUd)e fein, b. ~. nad) § 11 ber ntbroalbnerifcf)en (li\)H~r03euorbnung ber .orbentlid)e @erid)t~ftanb beß 5ffio~nfi\\eß beß mcf(agten. .3m I>or~ liegenben ll;aUe tommt ~in3u, baj3 bie gleid)aeitige )Bcr'roeigerung bt!ß @):equatur~ für ba~ Urteil beß nCld) ~nfid)t ber intb'roalbnet @erid)te auftänbigen fremben @erid)ts einen Buftanb ber lRed)t~ lofigteit fd)afft, ben ~in3une~men bem lRefurrenten mit bem ~tn~ 'roeiß auf bie UnaulängUd)teit ber ueftel)enben internationalen ~)lormen über ~.refution frember Urteile nid)t augemutet 'roerben fann, 'roenn, 'roie l)ier, baß l)eimiid)e V'ted)t eine anbere 2öfung ntd)t nur auläut, fonbern, fofem eß tn einer mit ber allgemein geHeuben lRed)tßanfd)auung üueretnftimmenbeu ilBeile nu~gelegt tutrb, gembeau geutetet. :vemUlld) l)at baß munbcßgerid)t edannt: :ver lRefur~ roirb im Ginne unb Umfang bel' ~r'roägungen 'Sutgel)eij3en unb bemgemäj3 baß nngefod)tene Urteil beß D6cr~ geriel)tß be~ ,re,mtons inib'roalben I>om 10. ~l'ril 1902 info'rocit cmfgel)o6en, urß ba mit bie Stom~etena bel' @erid)te tlon inib'roarben aur meurteHung ber el>entuellen jHag&egel)ren unb bes ~nt'roort~ fd)ruffe~ abgeIel)nt 'rourbe. )Bergt auel) inr. 82, Urteil bom 4. :veaemuer 1902 in ®ad)en ®d)IäfH gegen V'tegieruttg~rat mern, unb iRr. 84, arret du 23 decembre 1902, dans la cause Decroux contre Conseil d'Etat de :Fribourg. H. V!;l'weigerung und Entzug der Niederlassung. N0 78. n. Verweigerung und Entzug der Niederlassung. Refus et retrait de l'etablissement. 78. Arrel du 8 octobre 1902, dans la cause Dumas cont1'e Conseil d' Etat de Geneve. Art. lt5 CF. Par declaration du 6/7 septembre 1902, dame Franceline- Louise Dumas, nee Encrenäz, de Thorens, Departement da la Hante-Savoie (France), femme de Charles-Louis Dumas, fromager, de Sommentier (canton de Fribonrg), a forme aupres du Tribunal federal nn recours de droit public, conduant a ce qu'il lui plaise mettre a neant l'arrete du Conseil d'Etat de Geneve du 13 aout 1902, confirmant celui du 24 decembre 1901, pronon(jant son expulsion du territoire genevois. A l'appui de cette conclusion, la recourante fait valoir ce qui snit : Par arreM du 13 aout 1902, le Conseil d'Etat de Geneve a maintenu et confirme une erreur precedemment commise par lui, en refusant a dame Dumas le droit de sejourner sur le territoire de ce canton. Dame Dumas est ressortissante ßuisse par son mariage; elle n'a jamais subi de condamnation pour delit grave, et elle n'est point tombee a la charge de l'assistance publique. Par consequent le droit de sejourner dans le canton da Geneve ne saurait lui ~tre retire: l'arr~te du Conseil d'Etat, pronon(jant neanmoins son expulsion de ce canton, constitue une violation flagrante des dispositions categoriques de l'art. 45 de la Constitution federale, et ne peut subsister. Dans sa reponse le Conseil d'Etat allegue d'abord les faits ei-apres: Une expulsion avait ete prononcee par le Departement genevois de Justice et Police en date du 11 aout 1900 contre la recourante, attendu que celle-ci est sans domicile fixe, sans XXVIII, L - 1902 23
330 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. f. Abschnitt. Bundesverfassung. moyens d'existence et que sa couduite donne lieu ä. des plaintes. Par arrete en date du 24 decembre 1901, le Conseil d'Etat avait confirme l'arrete d'expulsion susmentionue; la. femme Dumas avait ete signaIee par des rapports de police comme une prostituee vivant chez une proxenete connue. TI est a noter que la re courante a epouse a Thorens (Haute- Savoie), le 16 septembre 1893,le nomme Charles Dumas, de Thorens. Elle est donc devenue Fran~aise par son mariage~ Statuant snr ces {aits el considerant en droit: 1. - L'exception de tardivete soulevee par le Conseil d'Etat ne peut etre accueillie*. 2. - La deuxieme exception opposee par le Conseil d'Etat, tendant ä. ce que le Tribunal de ceans se declare incompetent, par le motü que dame Dumas est etrangere ä. Ia. Suisse et ne saurait se placer sous Ia protection de l'art. 45,. de Ia Constitution federale, est denuee, en fait, de tout fondement ..... . 3 .. - Le recours apparait comme justifie au fond. L'art. 45 de Ia Constitution federale, invoque par Ia recourante, apres avoir proclame le droit de tout citoyen suisse de s'etablir sur un point quelconque de Ia Confederation, dispose qu'exceptionnellement I'etablissement peut etre refuse ou retire a ceux qu~ par suite d'un jugement penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques, et que l'etablissement peut etre en outre retire a ceux qui ont ete a reiterees fois punis pour des delits graves. Or, dans l'espece, le Conseil d'Etat n'apporte aucune preuve des faits mis par lui ä. Ia charge de dame Dumas; il ne produit aucun jugement pronon<;ant contre elle une condamnation pour delits graves; en particulier il n'allegue pas meme que les faits de prostitution articuIes contre Ia recourante, et dont l'existence n'est pas etablie ä. satisfaction de droit, aient ete l'objet d'une seule condamnation penale. En outre, ä. supposer meme que dame Dumas ait eta condamnee, l'absence de production de tout jugement pro- * Le considerant eite ensuite l'arret du Tribunal fMeral dans la cause Burry c. Fribourg, No 32 de ce volume, p. 129, cons. 4. 11. Verweigerung und Entzug der Niederlassung. N' 78. 331 non~ant cette condamnation met le Tribunal de caans dans l'impossibilite de trancher la question de savoir si les delits qu'elle aurait commis revetent un caractere de gravite suffisant pour justitier un retrait d'etablissement a l'egard de la recourante. (Voir Salis, Droit federal suisse 406 414 42h. 26 ' , , , v, 4 .; arrets du Tnbunal fMeral dans les causes Haist c. Zunch, Rec .. off. XXIV, I, p. 454; Boudry c. Geneve, ibid. p. 625 et SUlV. ; Ackermann c. Lncerne, ibid. XXV, I, p. 418 et suiv., etc.) Les autorites genevoises n'ayant ainsi nnllement etabli, ni meme pretendu que la recourante ait subi, dans le canton de Geneve, aucune condamnation pour delits, graves on autres . 'll ' Ul qu e e se trouve dans un autre des cas indiques ä. l'art. 45 precite de Ia Constitution federale et dans lesquels seuls l' etablissement dans un autre canton peut etre refuse ou retire ä. un citoyen suisse, il s'en suit que l'arrete du Conseil d'Etat du 13 aout 1902 n'est pas fonde au regard du droit public federal, et que cet arrete, de meme que les precedents, dont il n'est que Ia confirmation, doivent etre revoques. Par ces motifs, Le Tribunal federal prononce: Le recours est admis et l'arrete pris par le Conseil d'Etat de Geneve le 13 aout 1902, confirmant les arretes d'expulsion prononces contre la re courante par le Departement de Justice et Police le 11 aout 1900, et par le Conseil d'Etat 1e 24 decembre 1901, sont decIares nuls et de nul effet.