54. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour civile du 5 septembre 1997 dans la cause banque X. contre consorts G. (recours en réforme)
54. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour civile du 5 septembre 1997 dans la cause banque X. contre consorts G. (recours en réforme)
Art. 730 al. 1 CC et art. 2 CC; art. 27 al. 2 CC; admissibilité d'une servitude de limitation d'industrie. En vertu de l'art. 730 al. 1 CC, une servitude négative est admissible seulement si l'activité qu'elle interdit détermine l'état physique du fonds servant, son apparence extérieure, son caractère économique ou social, de manière perceptible de l'extérieur (consid. 2c/aa et bb). Une servitude aux termes de laquelle il ne peut être exercé qu'une entreprise de charpente sur l'immeuble grevé, à l'exclusion de toute autre industrie, est valable au regard de ce principe (consid. 2c/cc). Une servitude interdisant toute exploitation du fonds servant autre que celle, unique, déterminée par la servitude viole le principe de la limitation de la charge découlant de l'art. 730 al. 1 CC (consid. 3a). En l'espèce, la servitude laisse toutefois subsister des possibilités d'utilisation importantes du fonds servant en dehors de l'exploitation d'une entreprise de charpente; elle ne contrevient ainsi ni à l'art. 730 al. 1 CC, ni à l'art. 730 al. 2 CC pour le motif qu'elle reviendrait à une obligation principale de faire (consid. 3b). Le propriétaire du fonds dominant doit avoir un intérêt raisonnable à la servitude (consid. 4a), sans que l'on puisse exiger que cet intérêt soit juridiquement protégé (consid. 4b). Une restriction contractuelle de la liberté économique n'est excessive au regard de l'art. 27 al. 2 CC que si elle livre celui qui s'est obligé à l'arbitraire de son cocontractant, supprime sa liberté économique ou la limite dans une mesure telle que les bases de son existence économique sont mises en danger (consid. 5).
Art. 730 cpv. 1 CC e art. 2 CC; art. 27 cpv. 2 CC; ammissibilità di una servitù che limita l'attività industriale. In virtù dell'art. 730 cpv. 1 CC, una servitù negativa è ammissibile solamente se l'attività ch'essa vieta determina in maniera percettibile dall'esterno lo stato fisico del fondo serviente, il suo aspetto esteriore oppure il suo carattere economico o sociale (consid. 2c/aa e bb). Secondo questo principio risulta valida una servitù mediante la quale si stabilisce che sul fondo serviente può essere esercitata solamente un'impresa di carpenteria - ad esclusione di ogni altra attività industriale (consid. 2c/cc). Una servitù che vieta ogni sfruttamento del fondo diverso da quello - unico - stabilito con la servitù, viola il principio della limitazione dell'onere sgorgante dall'art. 730 cpv. 1 CC (consid. 3a). In concreto, la servitù lascia tuttavia sussistere importanti possibilità di utilizzazione del fondo serviente, oltre all'esercizio di un'impresa di carpenteria; essa non viola pertanto né l'art. 730 cpv. 1 CC, né l'art. 730 cpv. 2 CC, atteso che non istituisce un'obbligo principale a fare qualche cosa (consid. 3b). Il proprietario del fondo dominante deve avere un interesse ragionevole alla costituzione della servitù (consid. 4a), non è per contro necessario che tale interesse sia giuridicamente protetto (consid. 4b). Una restrizione contrattuale della libertà economica è eccessiva ai sensi dell'art. 27 cpv. 2 CC solamente se espone la parte che assume l'obbligazione all'arbitrio dell'altra parte contraente, se sopprime la sua libertà economica o la limita in misura tale che le basi della sua esistenza economica sono messe in pericolo (consid. 5).