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Genève Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision 20.03.2019 P/12928/2015

March 20, 2019·Français·Geneva·Cour de Justice (Cour pénale) Chambre pénale d'appel et de révision·PDF·16,954 words·~1h 25min·4

Summary

ASSASSINAT; DETTE ; ARME(OBJET) ; INSTALLATION DE TÉLÉCOMMUNICATION ; PROFIL D'ADN ; EMPREINTE DIGITALE ; VOL(DROIT PÉNAL) ; UTILISATION FRAUDULEUSE D'UN ORDINATEUR ; ABUS DE CONFIANCE ; MENACE(DROIT PÉNAL) ; INJURE ; TORT MORAL | CP.112; CP.139; CP.147; CP.138; CP.180; CP.177

Full text

REPUBLIQUE ET

CANTON DE GENEVE POUVOIR JUDICIAIRE P/12928/2015 AARP/139/2019 COUR DE JUSTICE Chambre pénale d'appel et de révision Arrêt du 20 mars 2019 Entre A______, actuellement détenu à l'établissement fermé de B______, chemin ______ [GE], comparant par Me C______, avocate, ______ Genève, appelant, contre le jugement JTCR/2/2018 rendu le 5 juillet 2018 par le Tribunal criminel,

et D______, domiciliée chemin ______, France, comparant par Me E______, avocat, ______ Genève, F______, domicilié rue _______ Genève, G______, domicilié route ______ [VD], H______, p.a. Service juridique, ______ Genève, LE MINISTERE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case postale 3565, 1211 Genève 3, intimés.

- 2/84 - EN FAIT : A. a. Par courrier expédié le 16 juillet 2018, A______ a annoncé appeler du jugement du 5 juillet 2018, dont les motifs lui ont été notifiés le 30 août 2018, par lequel le Tribunal criminel :  l'a déclaré coupable d'assassinat (art. 112 du code pénal suisse du 21 décembre 1937 [CP - RS 311.0]), d'abus de confiance (art. 138 ch. 1 CP), de vol (art. 139 ch. 1 CP), d'escroquerie (art. 146 al. 1 CP), d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur (art. 147 al. 1 CP), d'injures (art. 177 CP), de menaces (art. 180 CP) et de faux dans les titres (art. 251 ch. 1 CP) ;  l'a condamné à une peine privative de liberté de 18 ans, sous déduction de 1'090 jours de détention avant jugement ;  l'a condamné à une peine pécuniaire de 10 jours-amende à CHF 30.- l'unité ;  a renoncé à révoquer le sursis octroyé le 27 août 2014 par le Ministère public (MP) de Genève ;  l'a condamné à payer à D______ CHF 15'000.-, avec intérêts à 5% dès le ______ 2015, à titre de réparation du tort moral, CHF 1'940.-, avec intérêts à 5% dès le 11 février 2015, CHF 142.-, avec intérêts à 5% dès le 12 mars 2015, CHF 612.-, avec intérêts à 5% dès le 12 mars 2015, CHF 260.-, avec intérêts à 5% dès le 13 mars 2015, CHF 465.-, avec intérêts à 5% dès le 16 mars 2015, CHF 1'000.-, avec intérêts à 5% dès le 11 avril 2015, CHF 1'000.-, avec intérêts à 5% dès le 12 avril 2015, CHF 130.-, avec intérêts à 5% dès le 13 avril 2015, CHF 200.-, avec intérêts à 5% dès le 11 mai 2015, CHF 1'000.-, avec intérêts à 5% dès le 12 mai 2015, CHF 930.-, avec intérêts à 5% dès le 12 mai 2015, CHF 200.-, avec intérêts à 5% dès le 10 juin 2015 et CHF 1'940.-, avec intérêts à 5% dès le 11 juin 2015 à titre de réparation du dommage matériel (art. 41 de la loi fédérale du 30 mars 1911, complétant le Code civil suisse [CO, Code des obligations - RS 220]), déboutant D______ de ses conclusions civiles pour le surplus ;  a ordonné la confiscation et l'allocation à l'Etat du produit de la vente du véhicule I______ immatriculé 1______ séquestré en mains de la fourrière ou sa destruction si la valeur de réalisation devait être inférieure aux coûts de sa vente, ainsi que la confiscation de la clé dudit véhicule ;  a ordonné plusieurs mesures de confiscation/destruction/restitution ;  a condamné A______ aux frais de la procédure s'élevant à CHF 182'699.20.

- 3/84 - Son maintien en détention pour des motifs de sûreté a été ordonné par décision séparée. b. Par acte expédié le 19 septembre 2018 à la Chambre pénale d'appel et de révision (CPAR), A______ a formé la déclaration d'appel prévue à l'art. 399 al. 3 du code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007 (CPP - RS 312.0). Il conclut principalement à son acquittement des chefs d'assassinat, de vol, d'utilisation frauduleuse d'un ordinateur, d'abus de confiance, ainsi que d'injures et de menaces, au déboutement des conclusions civiles de la partie plaignante et à son indemnisation. Subsidiairement, il conteste la quotité de la peine infligée. Il sollicitait nombre de réquisitions de preuve, dont l'audition de J______, aumônière à la prison K______. Il a indiqué notamment pour motiver un transport sur place avoir essuyé deux tirs le ______ 2015 au soir, alors qu'il se rendait à l'appartement de la victime. c. Selon acte d'accusation du 26 février 2018, il est reproché à A______ d'avoir, à Genève :  le ______ 2015, aux alentours de 12h30, attendu L______ à son domicile, sous le prétexte de lui rendre CHF 30'000.- que ce dernier lui avait prêtés, muni d'une carabine M______ et de l'avoir tué en lui tirant deux balles dans la tête. Il s'est ensuite emparé du téléphone, des clés de l'appartement, de la carte bancaire et des clés du véhicule de la victime avant de quitter les lieux au volant dudit véhicule. Il a agi de manière particulièrement odieuse et égoïste, soit pour ne pas rembourser ce prêt de CHF 30'000.-. Il s'en est pris à son prétendu ami, dont il avait la confiance et qui l'avait aidé financièrement, alors même que A______ n'avait jamais eu à souffrir de lui, en lui tirant deux balles dans la tête, ne lui laissant aucune chance de se défendre, en lui ligotant les poignets après son décès puis en emballant le corps dans deux couches de sacs poubelle, respectivement de plastique transparent puis dans une fourre de duvet, avant de transporter le tout sur le balcon et de recouvrir le corps de sacs poubelle, afin de le dissimuler pour gagner du temps et se construire un alibi. Il a agi avec une extrême froideur pendant et après les faits, passant les nuits suivantes au domicile de la victime, nettoyant et dérobant les clés de l'appartement, de la voiture, le téléphone ainsi que de nombreux effets personnels de la victime afin de les revendre pour des montants dérisoires. Dans les mois suivants le décès, il a prélevé, tous les mois, la rente AVS de la victime ;  entre les ______ et ______ 2015, volé les biens de L______ susmentionnés, dont sa carte bancaire au moyen de laquelle il a retiré un montant total de CHF 6'548.- ;

- 4/84 -  le 11 février 2015, alors que L______ lui avait confié sa carte bancaire, retiré la CB______ [France] de CHF 1'940.- sans autorisation afin de s'enrichir de cette somme ;  dans le courant du mois d'octobre 2014, fait croire à F______ qu'il cherchait des maisons pour lui et sa société, qu'il avait retrouvé son père biologique et qu'il allait hériter d'une importante somme d'argent, laquelle était néanmoins bloquée par la banque. Il l'a de la sorte incité à lui prêter CHF 15'000.- pour s'acquitter de pensions alimentaires en faveur de son ex-épouse. Il a établi et transmis à F______ un faux avis de crédit de CHF 12'842'000.- émanant de la H______ (H______), attestant qu'il disposait de cette somme, sur la base duquel F______ lui a transféré, le 6 octobre 2014, la CB______ [France] réclamée ;  par SMS du 6 octobre 2014, traité G______ de "connard" et de "gros merde" et lui avoir encore écrit : "… et demain je vais venir avec des amis qui vont filmer ce qu'on fait à des merdes comme toi". B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : a. Jusqu'au 29 février 2012, A______ a travaillé dans le domaine de la restauration. En mai 2012, il a constitué la société N______ SA dont la moitié du capital-actions (CHF 50'000.-) a été libérée et versée par O______ SARL, selon contrat de prêt à court terme avec intérêts (cf. PP C-45'092). N______ SA a été déclarée en faillite en août 2012 sur requête de certains de ses employés. A______ n'a jamais remboursé le prêt. Il a sollicité des prestations chômage dès le 22 septembre 2012, lesquelles lui ont été refusées en raison de la période de cotisation insuffisante (PP C-29'115). Le 28 octobre 2012, il a demandé une aide financière à l'Hospice général, dont il a bénéficié pour le seul mois de décembre 2012 (PP C-29'002ss ; D-1'241). Le 28 novembre 2012, il a conclu un contrat de travail avec effet au 1er décembre 2012 avec P______ SA, à Q______ [VD], société pour laquelle il a travaillé durant six mois. En mai 2014, A______ a constitué la société R______, sise à S______ [GE], dont le but social était la commercialisation de cartes privilèges. Il en était administrateur avec T______ lequel a seul apporté les CHF 50'000.- nécessaires à la libération du capital-actions, versés sur le compte H______ de la société R______, montant dilapidé fin juin 2014 (PP C-24'042, 45'306). T______ a versé, le 13 février 2014, sur le compte personnel de A______ auprès de U______ SA, CHF 50'000.supplémentaires, dépensés pour ses besoins personnels à fin juin 2014 (solde CHF 829.85, PP C-25'002ss). En juillet 2014, T______ a démissionné et ses pouvoirs ont été radiés au registre du commerce. A cette même date, la société n'avait plus

- 5/84 d'organe de révision. A______, demeuré seul administrateur, a engagé 14 personnes (cf. PP C-45'098, PV d'audition de A______ à la police du 26.11.14). Par jugement du 10 févier 2016, la dissolution et la liquidation de la société ont été prononcées. Sa radiation date de janvier 2017. Si A______ a multiplié les contacts dans le but de trouver des partenaires, aucun n'a abouti et R______ n'a jamais eu de réelle activité commerciale (cf. extrait bancaire, PP C-24'042) ni disposé de liquidités autres que la libération du capital-social (cf. extraits comptes bancaires R______ auprès de H______, V______ AG et U______ SA). A fin septembre-début octobre 2014, les comptes de R______ auprès de V______ AG et de U______ SA présentaient des soldes négatif ou égal à zéro. Le compte auprès de H______ était clôturé. A______ était alors titulaire de deux comptes auprès de U______ SA dont seul l'un (no 1______) présentait un solde créditeur de CHF 303.- (valeur 3 octobre 2014, avant l'arrivée des CHF 15'000.- de F______) (V______ PP C-45'224 ; U______ PP C-45'283ss). b.a.a. F______ a déposé plainte pénale le 10 novembre 2014 à l'encontre de A______. Tous deux adoptés, ils avaient passé une partie de leur enfance ensemble avant de se perdre de vue. A fin août 2014, A______ avait contacté l'agence immobilière de F______ pour qu'elle lui trouve une maison d'une valeur de CHF 7'500'000.-. Le 6 octobre 2014, A______ avait expliqué un peu plus sa situation à F______, soit qu'il ne pouvait libérer à bref délai les fonds nécessaires à cet achat immobilier, avançant diverses raisons, mais disposant toutefois d'une fortune de CHF 12'000'000.-. A______ avait besoin dans l'intervalle de liquidités pour procéder à divers paiements courants de sorte que F______ lui avait versé, le 6 octobre 2014, CHF 15'000.- sur son compte postal no 1______, après avoir reçu par mail un "avis de crédit" émanant de la H______ attestant de la réception sur le compte de R______ du montant de CHF 12'842'000.-, lequel avait assis sa confiance. F______ avait appris par la suite que ce document était un faux. Les faits précités ressortent d'un message W______ [messagerie instantanée] du 6 octobre 2014 aux termes duquel A______ expliquait à F______ avoir un gros souci. Sa société avait reçu des fonds d'Inde "CHF 12'000'000.- pour acheter la maison de ______" et sa banque avait bloqué, pour deux à trois semaines selon son avocat, le compte pour vérifications. Il se retrouvait donc sans argent et sollicitait l'aide de F______, idéalement à hauteur de CHF 15'000.-, soit CHF 8'500.- pour la pension, CHF 4'000.- pour effectuer divers paiements urgents et le solde comme argent de poche.

- 6/84 - La H______ a précisé par un courrier du 4 décembre 2014 adressé au MP que l'avis de crédit était un faux. Le compte mentionné avait été clôturé avant le 1er octobre 2014 et le numéro de référence correspondait à un débit de CHF 5'200.- effectué le 26 mars 2014 en faveur d'un tiers (cf. PP C-45'082). La H______ n'a pas déposé de plainte pénale en raison de ces faits. F______ s'étant enquis de la date de remboursement de son prêt dès le 6 octobre 2014, A______ avait, par messages, avancé différentes excuses. Le 29 octobre 2014, F______ lui avait fait remarquer que l'avis de crédit transmis était un faux. A______ avait notamment répondu qu'il était "dans la merde". b.a.b. Devant le Procureur, F______ a relevé que A______, outre avoir joué sur le fait que tous deux avaient été adoptés, avait monté tout un stratagème pour obtenir le prêt, à savoir la visite de maisons de luxe pour lui et sa société, l'invention de tout un monde de création de start up, les retrouvailles avec son père biologique et l'héritage d'une somme d'argent, néanmoins bloquée, avant la production de faux documents bancaires (PP E-125). b.b.a. N'ayant pas répondu aux diverses convocations adressées par la police vaudoise, un mandat d'amener a dû être décerné à l'encontre de A______ finalement entendu le 26 novembre 2014. Il a reconnu avoir promis à F______ d'acheter une parcelle comprenant deux maisons à X______ [VD]. Sa situation financière était délicate. R______ attendait des entrées d'argent de différents gouvernements et entreprises et il devait payer les salaires de ses employés. Il avait fabriqué sur son ordinateur le document de la H______ afin d'obtenir de F______ un prêt de CHF 15'000.-, scannant un ancien relevé de compte dont il avait modifié le montant. Il s'engageait à rembourser ces CHF 15'000.- d'ici la fin de l'année, via la fiduciaire Y______ (PP C-45'086 ; C-45'097). b.b.b. A______, avançant diverses excuses, ne s'est pas rendu aux audiences prévues au MP les 26 février 2014, 11 mars et 29 avril 2015, précisant par mail qu'il venait de déménager et n'habitait plus Q______ [VD] (PP C-45'345). Par courrier du 27 mars 2015 adressé au Procureur, il disait habiter ______, à Z______ [France]. Par courrier du 29 avril 2015, il informait le MP de son absence durant trois mois en raison d'"une formation d'anglais en Angleterre" (PP C-45'389). A______ ne s'est pas non plus présenté à l'audience prévue le 5 mai 2015 (PP C-45'390). Finalement entendu le 1er février 2017, A______ a indiqué avoir menti à F______ sur la provenance de l'argent, qui devait arriver de AA______ et non de son père biologique. Il entendait rembourser F______ avec cet argent. Il avait préféré aider "son ami L______" avec l'argent reçu de AA______, tout en ajoutant, de manière contradictoire, n'avoir jamais prêté d'argent à L______. Il allait rembourser F______ avec l'argent qu'il recevait de son activité à la prison K______ (PP E-127).

- 7/84 - Le 9 janvier 2018 devant le MP, de même que devant les premiers juges, A______ a reconnu les faits dénoncés par F______. c.a.a. Le 28 octobre 2014, G______ a déposé une plainte pénale à l'encontre de A______, son voisin, qu'il connaissait depuis quatre ans. A______ lui avait proposé de travailler pour lui en février 2014 comme responsable commercial. Une lettre d'embauche avait été signée en août 2014, et G______ avait commencé à travailler le 10 septembre 2014. Début octobre 2014, un bureau avait été mis à sa disposition chez AB______, à Q______ [VD]. Le 14 octobre 2014, R______ avait été expulsée de ces locaux, faute de règlement du loyer. G______ n'avait plus vu A______ depuis le 1er octobre 2014 et n'avait jamais reçu son salaire. Le 6 octobre 2014, A______ avait commencé à lui écrire des messages d'insultes et de menaces. En réponse à des messages de certains employés qui se plaignaient de l'absence de A______ et de directives claires, celui-ci avait prétendu se trouver, le 6 octobre 2014, aux soins intensifs en raison d'une inflammation du pancréas. Il avait notamment écrit à une employée "Bonsoir, actuellement je suis au soin intensif avec 2 gr de morphine par heure ! (…) Comme je l ai dit le premier jour pendant les 3 premiers mois pas de voiture pour les commerciaux si sa pause un souci loin ! Dégage ! Marre de ces branleurs (…)". G______ avait marqué son étonnement puis indiqué "On est avec toi! Mais on a besoin d'un MENEUR!!!", ce à quoi A______ a répondu "Parfait monsieur dès cette minute vous ne faite plus partie de R______", "vos mensonges vos abus et votre comportement est inexcusable". Interpellé sur le salaire dû pour les 15 jours travaillés de septembre et celui d'octobre, A______ a répondu "Meneur plus que voleur" puis "Menteur". A______ s'était encore adressé à G______ en ces termes : "Viens connard!!!" (19h28:33), "Viens lâche de merde" (19h28:49), "Tu vas voir ce que c'est de me faire chier de me mentir et de vouloir profiter" (19h29:20), "Demain je sors je viens chez toi" (19h29:39), "Gros merde" (19h29:43), "Prépare toi" (19h29:50), "Demain j'arrive" (19h30:12), "Ils seront jamais la assez vite (19h30:36), "Rien ne va m'arrêter gros merde" (19h31:08). G______ lui a répondu "Ma va fan cullo!". Sur ce, A______ lui a écrit : "Et demain je vais venir avec des amis qui vont filmer pour montrer ce qu'on fait à des merdes comme toi!" (19h31:44), "Dégage de la Suisse étranger" (19h32:14), "Gros merde continue à mentir !!!! demain je viens" (20h44:28), "Ta facture de merde sera payer sur ton note et déclarée comme sa je pourrai porter plainte pour faux et usage de faux et vole etc…. (…)" (21h24:59), "gros con" (21h26:33), "Dégage" (21:32:19), "Saloperies" (21H32:23), "Tu est déjà fini sur Genève mais la sur toute la Suisse" (21h33:59), "Connard" (21h34:14).

- 8/84 - D'autres messages de même nature ont suivi (PP C-45'421ss). Par courrier du 7 octobre 2014, A______ a licencié G______ pour "faute grave et lourde" en lien avec les messages des 6 et 7 octobre 2014 (PP C-45'381 et 45'386). c.a.b. Devant le Procureur, G______ a indiqué avoir déposé plainte en raison des innombrables coups de téléphone et SMS reçus dans lesquels A______ lui disait qu'il allait lui "faire la fête" et le menaçait de le renvoyer dans son pays. Il avait compris que ce n'était pas de la rigolade dans la mesure où il y avait de la haine et de la méchanceté dans les propos tenus. G______ avait pensé que A______ viendrait seul ou avec des copains pour lui "casser la gueule" ou autre chose (PP E-131). c.b. A______ a refusé de s'exprimer en audience de confrontation devant le MP le 4 juillet 2017. Auparavant, il avait été vainement convoqué par trois fois devant le Procureur vaudois et avait évoqué notamment une formation à Londres (PP E-132). Le 9 janvier 2018, il a déclaré qu'il ne pensait pas que mettre une fessée à quelqu'un était punissable par le CP. Devant les premiers juges en juillet 2018 il a expliqué que ce voisin n'avait eu de cesse de crever les pneus de sa voiture depuis des mois et de placer des crottes de chien sur son scooter, sa voiture et dans sa boîte aux lettres au point que plusieurs plaintes avaient été déposées dans le canton de Vaud. c.c. Entendu par la police le 8 janvier 2015 à la suite d'une plainte pénale déposée par la H______ le 23 septembre 2014, en lien avec des faits non visés par l'acte d'accusation du 26 février 2018 (procédure P/3______/14 jointe à la P/12928/15), A______ a reconnu avoir établi de faux documents bancaires sur papier en-tête de la H______ afin que sa société R______ soit livrée en matériel de communication pour un montant de CHF 22'500.-. Dans le cadre de "la même affaire", il avait demandé un prêt de CHF 15'000.- à un ami, F______, et lui avait envoyé un faux avis de débit bancaire pour lui prouver que la société disposait de certaines liquidités. A______ dormait chez un ami nommé L______, au "quai ______ [GE]". Toutefois, son ex-épouse et lui-même avaient décidé de se remettre ensemble. La rente AI de son ex-épouse ne suffisait pas aux besoins de leur enfant (PP C-45'012). d.a. Depuis le 1er novembre 2009, eu égard à un revenu annuel déclaré d'environ CHF 40'000.- et au fait qu'il logeait dans un camping-car stationné sur une place de parc au AC______, L______, né le ______ 1943, a été mis au bénéfice d'un logement à caractère social de deux pièces, sis quai ______, à Genève. Il disposait néanmoins d'un compte bancaire non déclaré auprès de V______, soldé puis clôturé par deux débits, le 21 août 2013, de CHF 35'000.- et de CHF 75'722.- (PP C- 38'056).

- 9/84 - Dès 2014, L______ bénéficiait, comme unique source de revenus déclarée, de sa rente AVS et de prestations complémentaires (SPC) versées sur son compte 14______ auprès de la H______. Son loyer se montait à CHF 596.- par mois. Il effectuait des courses de taxi ce qui lui procurait quelques revenus supplémentaires. S'étant retrouvé à plusieurs reprises en retard dans le paiement du loyer, son bail a été résilié. Par requête du 15 octobre 2014 déposée par-devant le Tribunal des baux et loyers, le bailleur a sollicité son évacuation. Lors de l'audience du 19 novembre 2014, L______ s'est engagé à régler le montant de CHF 1'052.05 en trois mensualités en sus des indemnités courantes, d'ici au 31 janvier 2015. Faute du respect de cet engagement, l'arriéré dû s'élevant à CHF 2'243.95 au 4 février 2015, la cause a été convoquée au 18 mars 2015, audience lors de laquelle L______ ne s'est pas présenté. Par jugement du 18 mars 2015, le Tribunal a prononcé son évacuation. Au 31 mars 2015, l'arriéré dû s'élevait à CHF 1'052.45 (PP C-5'139), étant précisé que, depuis le 1er janvier 2015, le loyer était directement payé par le SPC. d.b. L______ fréquentait quotidiennement l'établissement public AD______, situé aux AE______. S'inquiétant de son absence, AF______, lui a adressé, le 12 mars 2015, le message suivant : "L______ ça va?", "Ya tout le monde qui essaie de t'appeler", "Je m'inquiète pour toi". Sans nouvelle de L______ depuis quelques jours, AF______a appelé la police pour signaler sa disparition. Le 17 mars 2015, celle-ci est intervenue au domicile de L______. Dans la mesure où il ne répondait pas sur son raccordement mobile et où sa boîte aux lettres était pleine, la police a fait ouvrir l'appartement. Rien de particulier n'ayant été remarqué, la porte a été refermée, les nouvelles clés remises au concierge et une carte de visite de la police a été apposée sur la porte (cf. rapport de police 13.07.2015, p. 8, PP D-45). Le 18 juin 2015, L______ n'ayant pas répondu aux convocations de la justice ni répondu au téléphone, la police est à nouveau intervenue à son domicile et en a fait ouvrir la porte. Il a été remarqué que l'appartement était dans un état de délabrement et les poubelles pleines. La porte a été refermée et les nouvelles clés déposées au poste de police des AE______ (cf. rapport de police 13.07.2015, p. 8, PP D-38). d.c. Il ressort de courriers adressés à L______ par le bailleur, des notes de celui-ci ou de courriels que :  le 23 avril 2015, une assistante sociale s'est rendue chez L______, qui ne lui a pas ouvert la porte. Les voisins s'inquiétaient de son absence. Le concierge de l'immeuble avait indiqué à l'assistante sociale que L______ était parti au Gabon pour se marier et qu'un de ses amis, n'habitant pas dans l'appartement, relevait son courrier et arrosait les plantes. L______ devait être de retour d'ici un mois. Sa boîte aux lettres était pleine (cf. notamment email du 23 avril 2015, PP C-5'135) ;

- 10/84 -  le 12 juin 2015, des voisins se sont plaints d'odeurs nauséabondes provenant du logement ;  le 22 juin 2015, la gérante de l'immeuble et le concierge se sont rendus sur place et n'ont perçu aucune odeur depuis le palier ;  le 2 juillet 2015, suite à de nouvelles plaintes pour la même raison, l'entreprise de déménagement AG______ est intervenue dans le logement, dont les clés étaient en possession de la police, et n'a rien remarqué ;  le 3 juillet 2015, la gérante de l'immeuble est retournée sur place et a constaté, depuis le balcon voisin, que celui de L______ était rempli de sacs poubelles. Elle a sollicité à nouveau les représentants de l'entreprise AG______. Accompagnés du concierge, ils ont constaté la présence d'un corps sur le balcon et ont appelé la police. d.d. Le corps sans vie de L______ était emballé dans trois couches successives (de l'intérieur vers l'extérieur), soit de sacs poubelle scotchés à plusieurs endroits, puis de plastique transparent également scotché, le tout placé dans une housse de duvet. Un sac rempli de détritus se trouvait posé sur le corps. Selon le rapport d'autopsie, il se trouvait en état d'altération cadavérique avancée. Par ailleurs :  les poignets du défunt étaient attachés avec un lien souple ;  deux corps étrangers compatibles avec des projectiles d'arme à feu se trouvaient au sein de la cavité crânienne, les deux orifices d'entrée étant situés au niveau de l'os temporal droit et de l'os occipital en paramédian droit ;  L______ était décédé des conséquences de lésions provoquées par deux coups de feu l'ayant atteint à la tête. Un des projectiles avait suivi une trajectoire allant légèrement de bas en haut, de la droite vers la gauche et légèrement de l'avant vers l'arrière, alors que l'autre avait suivi une trajectoire allant de droite à gauche. Le nombre et la localisation des lésions constatées entraient dans le cadre d'une hétéro-agression. Aucune douille n'a été retrouvée dans l'appartement (rapport de police du 12.01.2016, p. 12, PP D-630). d.d. Un examen au luminol de l'appartement de la victime a mis en évidence de multiples traces de sang dans la zone située entre le lit et le canapé, soit vers la table basse du salon (PP D-659).

- 11/84 - L'intérieur du pied de cette table comportait d'importantes traces de sang séché appartenant à L______. Une trace de sang de L______, circulaire et de dimension similaire à celle du pied de la table, a été mise en évidence à proximité de cette même table. Selon le rapport de police établi à l'occasion (PP D-681), l'hypothèse la plus probable était que le pied de table devait se trouver sur du sang frais avant que ce meuble ne soit retourné, ce qui avait provoqué l'écoulement du sang à l'intérieur de son pied. Le parquet avait ensuite dû être nettoyé puis la table remise en place. Par gravité, le sang présent à l'intérieur du pied s'était déposé sur le parquet en imprimant une trace circulaire, avant que la table ne soit déplacée d'environ 15 cm. D'autres traces de sang ont été mises en évidence sous la table basse du salon, devant le canapé, entre les lamelles du parquet et sur la dalle de béton. Selon ce même rapport de police (PP D-681), une quantité non négligeable de sang avait dû se trouver sur le parquet et couler à travers, avant d'être nettoyée. Des journaux comportant des traces de sang ont été retrouvés dans l'appartement. d.e. Les empreintes de A______ ont été trouvées (rapport du 12 janvier 2016, PP D- 627 et 629) :  sur le rouleau de scotch noir posé sur la table basse du salon,  sur les sacs poubelles prélevés au fond de l'armoire à balais de la cuisine,  sous le plateau en verre de la table basse du salon. Une trace de gant présentant des motifs hexagonaux a été mise en évidence sous ce même plateau en verre (PP D-627). Le prélèvement effectué sur la surface de cette trace correspondait au profil ADN de A______. Le profil ADN de A______ a également été mis en évidence sur (PP D-631) :  la paire de ciseaux posée sur la table basse du salon,  la tranche et à l'intérieur d'un rouleau de scotch qui se trouvait sur cette même table,  trois câbles débranchés (ordinateur et télévision) sur la commode,  le robinet de la salle de bains,

- 12/84 -  la surface du morceau de tissu posé sur une table dans la cuisine et sur lequel deux paillets de sang séchés appartenant à L______ ont été mis en évidence. Une trace de sang appartenant à L______ a été mise en évidence sous la buse d'un vaporisateur d'un produit nettoyant javel qui se trouvait sur la table de la cuisine (PP D-349). Une fraction mineure de probablement une personne nommée P1 a été mise en évidence dans le prélèvement effectué sur les robinets du lavabo de la salle de bain (prélèvement 6______; PP D-349). Un profil ADN de mélange, dont la fraction majeure correspondait vraisemblablement au mélange des profils ADN de L______ et d'une personne H1, a été mis en évidence sur les extrémités du scotch collé sur le morceau de sac poubelle découpé au-dessus du corps de la victime (prélèvement 5______, PP D-631, D-332). Entendus devant les premiers juges, AH______ et AI______, généticiens, ont précisé qu'il n'était pas possible de dater l'ADN et qu'il s'agissait d'une molécule extrêmement robuste. Il n'était ainsi pas possible de dire si ce profil H1 datait du jour de l'homicide ou avait été déposé préalablement. AA______ et AJ______ étaient exclus des profils ADN de mélange des prélèvements 6______ et 5______ (rapport du 01.07.2016, PP D-1'061). d.f. Selon les photographies figurant à la procédure, aucune plante n'ornait le logement et des arbustes morts se trouvaient sur le balcon. L'appartement était dans un grand désordre et jonché de cendriers ou pots remplis de mégots de cigarettes, dont un grand vase contenant également nombre de paquets de cigarettes vides dans la pièce à vivre, et y compris dans la salle de bains, où des effets personnels de L______ se trouvaient encore (cf. cahier photographique, PP D- 1'471). d.g. Le téléphone portable de L______, son portefeuille et ses clés de voiture ne se trouvaient pas dans l'appartement (rapport de police du 28.08.2015, p. 6, PP D-224). Il n'y avait plus de télévision dans l'espace mural réservé à cet effet, alors que la télécommande était posée sur une table de chevet. Nonobstant la présence d'une tour d'ordinateur, d'un clavier et d'une webcam, aucun écran d'ordinateur n'a été retrouvé dans l'appartement (rapport de police du 28.08.2015, p. 4 et 5, PP D-224). e.a. A______ connaissait L______ depuis, à tout le moins, 2008 (cf. PP D-392). En juillet 2014, il a repris contact avec L______ par email en lui demandant son numéro de téléphone (cf. PP D-413).

- 13/84 - Par contrat signé le 27 août 2014, R______, soit pour elle A______, a proposé à L______ d'acheter ses actions à un montant "exceptionnel" de CHF 50'000.- par action. En échange, R______ s'engageait à racheter les parts de L______ dans les 18 mois au prix de CHF 500'000.- par action. R______ donnait aussi la possibilité à L______ de prendre "la responsabilité du bureau du Sénégal fin 2015". Par courriel du 3 septembre 2014, A______ a demandé à L______ s'il avait effectué le versement de minimum 5% des CHF 50'000.- pour valider ce contrat, ce à quoi l'intéressé a répondu qu'il ne disposait pas de cette somme. Il pouvait payer CHF 200.- par mois et davantage si ses créanciers le remboursaient (PP C-45'090 ; D-414). e.b. Il ressort notamment des messages téléphoniques entre A______ et AK______ qu'à tout le moins en septembre 2014, ceux-ci avaient des difficultés financières, notamment pour payer le loyer (PP D-1'150). Le 18 septembre 2014, A______ a prétendu à son ex-épouse, quittance bancaire à l'appui (PP D-1'152), avoir payé le loyer de septembre 2014. A la fin du mois, AK______ lui a répondu que la régie n'avait pas reçu le paiement (message du 30.09.2014, PP D-1'153). Elle expliquera plus tard à la police que A______ avait fait un faux document et que le loyer n'avait pas été payé (PV du 16.08.2016, p. 4, PP D-1'142). Le 2 octobre 2014, A______ a informé son ex-épouse avoir trouvé une personne qui pourrait lui prêter de l'argent (SMS du 02.10.14, 15h48, PP D-1'153). Il ressort d'un message du 7 octobre 2014 que les loyers avaient été payés, A______ proposant le 27 octobre 2014 de payer sa contribution au ménage de décembre 2014 et de régler toutes les dettes de son ex-épouse. Le 21 novembre 2014, A______ lui a demandé si CHF 30'000.- lui suffisaient ("Si jamais, 30'000.- sa te suffit", PP D-1'155). Début 2015, A______ a prétendu à son ex-épouse faussement recevoir des prestations de l'Hospice général tous les 10 de chaque mois, "comme toutes les prestations sociales à Genève" (SMS des 08.01.2015, 10h54 et 14.01.2015, 13h51, PP D-1'158). e.c. Des centaines de courriels et messages téléphoniques (PP D-357ss et PP D- 374ss) ont été échangés entre L______ et A______. Il en ressort qu'à fin 2014, L______ réclamait CHF 30'000.- à A______ qui le faisait patienter en avançant divers motifs (le coma de sa mère, cf. PP DD-382, deux incarcérations à AN______ [VD], PP D-378, D-376, l'existence d'un nommé AL______, PP D-470ss et 481ss) ou en prétendant avoir effectué le remboursement en question (cf. message du 15.01.2015, 10:16:45, PP D-382) :  14.01.2015 : "Alors demain tu auras la totalité les 30'000.-" (PP D-383) ;

- 14/84 -  19.01.2015 : "(…) quand il libère mon compte je te donne ma carte de la poste et tu prends l'argent que je te dois ok pour toi?" (PP D-426) ;  04.02.2015 : "(…) normalement j'ai dû recevoir le solde de ce qui me dois mon pote si j'ai reçu tu auras les 30'000 comme promis dès que le juge me libère mon compte (…)" (PP D-441);  09.02.2015 : "Merci encore de m'avancer les 2200.- demain, avec ma carte tu prendras les 30'000.- sur mon compte" (PP D-377) ;  09.03.2015 :"(…) on se voit demain ou mercredi matin je te confirme notre Rdv on ira chercher l'argent ensemble a plus" (PP D-375) ;  10.03.2015 à 12:14:37 :"Alors on se vois chez toi vers 14:30 et on attendra le tel de T______ il nous donnera la totalité ce soir!!! Et tu auras tes 30'000.- comme promis" (PP D-375) ;  10.03.2015 à 17:28:57 :"Il viens de m'appeler on ce vois demain chez lui pour 11h je passerai vers 10h on ira ensemble vers AM______ [GE] ok je file voir ma fille a demain mon ami" (PP D-375). L______ avait de son côté un urgent besoin de cet argent qu'il disait vouloir "récupérer" pour effectuer divers paiements :  14.01.2015 : "J'avais pas vu mais je dois impérativement payer le tel car j'ai recu un utlimatum par internet et cela demain à 14h", "Il coupe demain?", "Oui" (PP D-383) ;  14.01.2015 : "Gros problème ils m'ont bloqué la cartable du parking C'est la merde" (PP D-382) ;  15.01.2015 : "Avec 40 francs dans la poche je peux même pas mettre la voiture dans le garage" (PP D-381) ;  15.01.2015 : "(…) là je suis dans grosse merde (…)" (PP D-380) ;  16.01.2015 : "(…) plus de place de parking et sans téléphone bientôt de plus internet va être coupé (…) (PP D-380) ;  19.01.2015 : "(…) je nai meme de nouvel de toi je suis dans merde cela ne met jamais arrive mon tel coupe donc je suis foutu (…) (PP D-379) ;

- 15/84 -  21.01.2015 : "(…) vais avoir internet qui va être coupé aussi dit moi ce que je vais faire c'est quoi ces histoires, qui va être là si je pers aussi mon appart et que l'on prenne mes plaques de voiture je dois aussi payer les plaques, donc plus d'appart plus de voiture plus de tel pour travailler donc plus manger plus de parking et j'arrive au bout de certains médicaments indispensables pour moi, cela devient de l'inconscience (…) (PP D-429) ;  05.02.2015 : "A présente je ne peux même plus recevoir de téléphone mon travail est foutu" (PP D-444) ;  07.02.2015 : "pas de nouv, mais là je suis très mal come je peux presque plus travailler j'ai été obligé d'emprunter 100 f pour les cigarettes et manger toute est coupé et internet va suivre (…)" (PP D-446) ;  16.02.2015 : "(…) pour l'instant même mes prestations sont coupées et je ne sais pas pourquoi je n'ai rien reçu ce mois ci, je dois aller à 8 heures trente mardi à la route ______ [GE] pour savoir pourquoi ils m'ont coupé mes prestations j'ai peu aussi qu'ils n'aient même pas payé mon loyer alors là je suis certain que je vais perdre aussi mon apparte je ne peux donc pas payer les plaques pour la voiture du mois de décembre plus l'assurance voiture et je n'ai plus de tel pour travailler dis moi comment je vais faire??? (…) je suis très, très mal (…)" ; " Je ne sais plus quoi faire, de plus presque pas de travail n'ayant plus de tel (…) mes prestations sont bloquées je ne sais pas pourquoi ?" (PP D-376) ;  20.02.2015 : "(…) je ne peux plus attendre d'avantage n'ayant plus de tel je suis très mal j'ai fais que 50 francs en trois jours je ne peux plus rester comme cela (…)" (PP D-463) ;  26.02.2015 : "(…) c'est comme ton AL______ le fantôme, cela saute aux yeux que c'est pur imagination mal faite, (…) donc arrête de faire le con, et dit mois, où et quand et comment ? tu comptes rendre mon argent. j'ai impérativement besoin de récupérer mon argent au plus vite et tu sais bien que c'est urgent (…)" (PP D- 470) ;  27.02.15 : "(…) tu me fais perdre mon appart, mon tel, mes plaques de voiture, et l'assurance voiture, la place de parking, et je ne peux plus recevoir des appels importants je perds tous les jours de l'argent tu te fous de ma gueule et tous cela par ce que depuis trois mois tu devais me rendre l'argent chaque semaine et à présent tu mets un fantôme (note: AL______) en avant pour te cacher derrière t'es un malade." (PP D-474) ;  01.03.2015 : "(…) tout n'est que du flanc pourquoi mettre les gens dans une tel merde par mensonge" (PP D-478).

- 16/84 - Dans un message du 6 février 2015, A______ a demandé à L______ de lui trouver "2 flingues avec silencieux" (PP D-378). Il ressort d'un message du 23 févier 2015 que A______ avait eu accès à l'appartement de L______ en son absence : "(…) j'ai aussi remarqué que tu étais venu à la maison pour prendre les machines tu aurais pu me le dire je suis presque toujours à la maison (…)" (PP D-466). Aucun message n'a été échangé entre les 10 mars 2015, 17h28, et 13 mars 2015. e.d. Le 23 février 2015, A______, par le biais de son adresse email ______@______, a répondu à une annonce internet d'"offre de prêt d'argent, solution pour vos problèmes financiers" en se faisant passer pour L______. Il a sollicité l'octroi d'un prêt de CHF 30'000.- sur dix ans, somme qui n'a jamais été versée, le prétendu prêteur sollicitant un paiement préalable de CHF 350.- (PP D-1'441ss). f.a. La rente AVS (CHF 209.- par mois) et les prestations complémentaires (CHF 1'929.25 par mois) perçues par L______ étaient versées sur son compte auprès de la H______ en début de mois, respectivement le 10 de chaque mois. L______ avait pour habitude de retirer en espèces ces sommes sitôt créditées sur son compte. f.b. Le 11 février 2015, les prestations complémentaires de CHF 1'929.25 ont été versées et le même jour, à 10h00, le montant de CHF 1'940.- a été retiré depuis un bancomat situé à la rue ______, laissant un solde de CHF 5.10 jusqu'au versement de la rente AVS le 4 mars 2015. A teneur de l'analyse des données de téléphonie mobile rétroactives, A______ n'a activé aucune borne le 11 février 2015 avant 11h27, à Q______ [VD], à proximité de son domicile. Il n'a durant l'après-midi à aucun moment été localisé dans la région de AN______ [VD], mais uniquement à proximité de son domicile. Dans des échanges de courriels des 16 et 17 février 2015 (PP D-307 à D-311) entre L______ et A______, le premier s'est plaint de n'avoir pas reçu ses prestations sociales de février 2015 sans y trouver d'explications (cf. également message du 16.02.2015, PP D-376). Le lendemain, A______ a prétendu se trouver en prison, mais pouvoir demander à un ami de lui avancer CHF 2'000.-. Manifestement irrité par la conduite de A______ ("en plus tu marques si je veux tu peux me dépanner de deux milles!!!!!! mais je rêve"), L______ lui a reproché de lui avoir subtilisé sa carte bancaire pour effectuer ce retrait d'argent à son insu ("(…) il y a que toi qui a eu ma carte je n'ai jamais donné ma carte à personne"). A______ a reconnu que L______ lui avait prêté sa carte le 10 février 2015, mais a prétendu la lui avoir rendue ; le 11 février 2015, il ne pouvait pas avoir eu cette carte car il se trouvait avec son avocat

- 17/84 puis à AN______ [VD] afin d'y être incarcéré ("(…) le 10 oui tu m'as prêté ta carte pour aller voir mais rien après les courses je te l'ai rendue!! (…)). Le 17 février 2015, L______ a écrit à A______ :  à 09h29:"alors tu me peux rien et tu fais semblant de ne pas savoir alors que le 11 février tu es allez avec ma carte au délice et tu as retirez 19040 francs je tavais pourtant bien dit que je ne pouvais pas de plus tu me m'as rien dit c'est quoi ce comportement ????? a la place tu me donnes ta carte avec un faux code ensuite tu as le culot de m'envoyer un mail qui te blesse alors que tu m'a pris 19040 sans me le dire et tout en sachant que j'allais être très-très dans la merde je n'ai pas payé les plaques depuis decembre ni l'assurance ni trois mois de téléphone et tu as le culot de me prendre les 19040 francs sans me le dire je suis allez tous les jours deux fois à la banque pour voir si mon argent était arrivé et là je n'ai pas dormis pour allez route ______ [GE] pour rien car ils avaient bien payé le 11 février il y a la caméra, et tu mas laissé allez labas, sachant que j'irai pur rien, ensuite je suis allez à la banque H______ ou jai le compte rue de S______ [GE] pour rien puisque tu m'avais pris l'argent (…), jamais je n'aurais pu croire cela que tu me prenne cette argent sachant que je suis à l'agonie par ta faute me prendre l'argent sans me le dire pourtant 5 minutes avant je t'avais dis que ce n'était pas possible (…)" (PP D-375) ;  à 10h36 : "(…) jamais je n'aurais pu imaginer que tu allais me prendre 1940 francs sans me le dire je t'avais pourtant bien dit que je ne pouvais pas et tu dis que tu es un ami jamais de vie j'ai fait un coup pareil à qui que ce soit jamais à la confiance c'est une honte" (PP D-311) ;  à 10h50 : "je sais bien ce que je fais je n'ai donné ma carte à personne et le retrait a été fait au délice. Tu penses bien avec le stress que j'ai-je sais bien que je ne suis pas allez j'y suis allez tous les jours et il y a 5.20 francs personne n'a jamais eu ma carte je ne suis pas fou" (PP D-310). Par message du 26 février 2015, L______ s'est plaint auprès de AF______que "il n'y a personne au RDV", ce à quoi l'intéressée a répondu "Oh L______ j'en étais sûre", "C'est un enfoiré", "Faut trouver une solution" (PP D-124). f.c. Le 10 mars 2015, à 12h52, A______ a écrit à AK______ (PP D-1'159) : "Je voulais de dire que je suis désoler pour être situation et ce n'est pas facile pour vous mais pour moi non. Mais dans quelque temps sa sera fini. Et on pourra s'organiser pour faire plein de chose. Je vous aime et je ferai tout pour que vous manqueriez de rien. Gros bisous. A tout". AK______ lui a demandé si leur fille était au courant qu'il ne serait pas présent durant le weekend (SMS du 10.03.2015, 10h52, PP D-1'159).

- 18/84 f.d.a. Le 11 mars 2015, A______ a indiqué à AK______ devoir se rendre à Genève pour pouvoir démontrer à l'Hospice général qu'il y était domicilié, prévoyant notamment de produire un "faux bail" (cf. PP D-530). A 10h29, AK______ lui a demandé: "Tu ne peux pas amener l'argent aujourd'hui?", ce à quoi il a répondu "Oui tout à l'heure" (PP D-530). A 10h30, A______ a activé une borne téléphonique à la rue ______ [GE], l'azimut de l'antenne pointant en direction du domicile de L______ (PP D-530). A 12h14, A______ a informé sa fille qu'il ne rentrerait pas à midi, mais plus tard, activant une borne téléphonique à côté du domicile de L______ (cf. PP D-531). f.d.b. Ce même jour, L______ s'est déplacé au domicile d'AO______, à AP______ [GE], où son téléphone a été localisé à 10h57, afin de l'amener à l'hôpital (PP D- 531). Ses prestations complémentaires de CHF 1'929.25 ont été créditées sur son compte le 11 mars 2015. Le même jour, à 11h29, CHF 2'000.- en ont été retirés à un bancomat à la rue ______ [GE] (C-4014). A 12h04, L______ a informé AQ______, sur son raccordement téléphonique sénégalais, de l'envoi de CFA 293'218.- (ndr : CHF 480.selon cours du 11.03.15) (PP D-531). A 12h15, A______ a téléphoné à L______, activant une borne à la rue ______ [GE], soit à proximité du domicile du précité. A 12h26, L______ a reçu un appel téléphonique d'AO______, activant une borne à la rue ______ [GE], puis à la rue ______ [GE]. A 13h26 et 13h38, il a reçu des SMS ayant activé une borne téléphonique à la rue ______ [GE], dont l'azimut pointe en direction de son domicile (PP D-535). Le raccordement 7______ de L______ a été éteint ou mis hors réseau le reste de la journée. Deux appels reçus à 17h01 et 18h02 (d'AO______) ont été déviés sur un numéro technique. A 19h10, AO______ a encore envoyé un SMS sur le raccordement 8______ de L______, alors que l'azimut pointait en direction de son domicile. Après ce dernier contact, le raccordement 8______ a cessé de fonctionner jusqu'au 12 mars 2015, à 21h29. Jusqu'à 14h03, A______ n'a activé aucune borne téléphonique. Toutefois, trois messages lui ont été envoyés par AK______, entre 13h01 et 13h16. A 13h20, A______ lui a répondu, par W______ [messagerie instantanée], être en train de faire la queue. A 13h54, il lui a indiqué "Je suis en route", précisant à 13h55 "L______ m'a prêté sa voiture" "je viens vous chercher à la maison". A 14h03, il a activé une borne de la route ________ [GE].

- 19/84 f.d.c. Il ressort des messages téléphoniques échangés que A______ a passé l'aprèsmidi du 11 mars 2015 avec son ex-épouse (13h56: "Je viens vous chercher à la maison", 18h34 : "On a passer une bonne après-midi"), mais l'a informée qu'il ne dormirait pas au domicile durant une semaine (11.03.15, 18h34 : "C'est juste pour une semaine", 18h35 : "Et sais juste une semaine, 13.03.15, 9h43 : "Samedi prochain tu reviens ou tu vas me faire un truc par derrière", 16.03.15, 7h14 : "Juste deux nuits! Et fini"), craignant d'être arrêté par la police (11.03.15, 18h37 : AK______ écrit: "Et quoi. Je reste à l'ai jusqu'à la fin de mes jours et j'attends la police", 12.03.15, 7h08 : "Ils ne sont pas passés (…)", 12.03.15, 7h53 : "Si tu risques la police, vient plus tard", 7h57 : "Viens plus tard si tu risques la police", 13.03.15, 10h19 : "Qui ne dors pas à cause des flics (…)". f.d.e. A______ a écrit à son ex-épouse :  le 11.03.15, à 20h17 : "Je mange des pâtes et vous?" ; à 20h24 : "L______ est parti faire ces tournées moi sur le canapé je mange gros bisous",  le 12.03.15, à 7h01 : "Coucou mes amours comment Ca va? (…)" ; à 7h12 :"Je serai là vers 10h bisous". AK______ a désapprouvé les absences de son ex-époux et l'a informé le 12 mars au matin, n'en pouvant plus, vouloir se faire hospitaliser en milieu psychiatrique et lui laisser leur fille AR______ qu'il devrait prendre chez "L______" (PP D-1149ss). f.d.f. Le 12 mars 2015, à 7h54, A______ a été intercepté par un radar (flashé) à la rue ______ [GE], à proximité de l'AS______, au volant du véhicule détenu par L______ (PP D-261). f.d.g. A______ a écrit à son ex-épouse le 12 mars à 19h33 : "Dans les bouchons vers AS______", à 20h20 : "Enfin arriver", le 13 mars à 07h02 : "Coucou mes amours comment Ca va ce matin? Bien dormis?" et à 07h24 : "On ce vois vers 10:30 ok? (…)". Lors d'un contact avec elle à 21h18, son téléphone est localisé par une borne et un azimut compatible avec une présence au domicile de L______. A 20h22 il a écrit à sa maîtresse, AT______, qu'il ne passerait pas la nuit chez elle en raison d'un problème de globules blancs. f.d.h. La nuit du 13 au 14 mars 2015, A______ se trouvait au domicile de sa maîtresse et a écrit à AK______ à 21h26 : "L______ était pas comptant car il a rater un client lol". Le 15 mars 2015, le raccordement de A______ est localisé à 20h06 par l'activation d'une borne au ______ à AU______ [GE] avec l'azimut pointant en direction du

- 20/84 domicile de L______. A teneur des échanges avec son épouse et sa maîtresse, il ne passe la nuit du 15 au 16 mars 2015 ni chez l'une ni chez l'autre. Le 16 mars 2015, son ex-épouse lui a écrit à 9h16 : "Je vais demander une hospitalisation ce matin. Tu prendras AR______ chez L______", à 9h23 : "Tu prends AR______ chez L______ ou j'appelle le SPJ", ce à quoi il a répondu à 9h51 : "Tout sa parce que pour 5 nuits ou je suis pas la!!!". A 9h26, A______ reçoit un appel de son ex-épouse qui active une borne à proximité du domicile de L______. A teneur des messages échangés avec sa maîtresse dans la soirée, il se rend chez elle pour y passer la nuit du 16 au 17 mars 2015. g.a. Entendue par la police, AO______ a déclaré qu'elle recourait souvent aux services de L______ au titre de chauffeur de taxi. Elle appréciait tout particulièrement sa ponctualité. Il honorait toujours ses rendez-vous. Il ressortait de son agenda que, le 11 mars 2015, elle avait bien un rendez-vous médical à la Clinique AV______, à 11h30. L______ avait dû venir la chercher à 11h00 et l'appeler juste avant afin qu'elle sorte de sa maison à AP______ [GE]. L______ ne lui avait pas mentionné un voyage prévu en Afrique. Au contraire, il était prévu qu'il revienne à son domicile le même jour à 17h00 pour transporter un plat africain, ce qu'il n'avait pas fait et cela ne lui ressemblait absolument pas. La course du matin devait être réglée avec celle de 17h00. AO______ avait sur le moment essayé en vain de joindre L______ et par la suite était systématiquement tombée sur sa boîte vocale. Elle avait dit à ses enfants qu'il était vraisemblablement mort car il ne pouvait pas s'être volatilisé comme cela (PP D-598). g.b. Devant le Procureur, elle était formelle quant à la date du 11 mars 2015, agenda à l'appui. En ne le voyant pas revenir à 17h00, elle s'était dit que ce n'était pas normal, dès lors qu'il ne lui avait jamais faussé rendez-vous, alors même qu'il la véhiculait deux à trois fois par semaine (PP E-42). i.a. Entendue par la police, AF______a déclaré avoir connu L______ au AW______, où elle travaillait, lequel s'y rendait tous les jours sans exception, même plusieurs fois dans la journée. Tous deux s'étaient liés d'amitié et parlaient de tout. N'ayant pas vu L______ pendant deux ou trois jours, elle s'en était sérieusement inquiétée et s'était dit qu'il était peut-être parti au Sénégal ou en Côte d'Ivoire pour chercher sa future épouse. Cela lui paraissait toutefois impossible qu'il soit parti sans rien dire à personne alors qu'il le faisait usuellement, même pour des absences de quelques jours. L______ venait au bar seul ou accompagné de femmes africaines. AF______l'avait vu à cinq ou six reprises avec un homme de type indien, de 40 à 45 ans, habitant Q______ [VD], qu'elle a reconnu, sans hésitation, sur planche photographique, comme étant A______.

- 21/84 - Elle pensait que L______ lui avait prêté de l'argent, lequel ne le lui avait jamais rendu, raison pour laquelle elle avait vu celui-là furieux, à maintes reprises. L______ fixait des rendez-vous à A______ auxquels il ne venait pas, ce qui le mettait en colère. AF______se souvenait que A______ s'était déjà rendu dans l'appartement de L______ et elle pensait qu'il en possédait même les clés. Un jour, L______ lui avait confié ne pas avoir reçu ses prestations sociales, qu'il recevait pourtant le 10 de chaque mois, et soupçonner A______ de lui avoir volé sa "carte postale", d'avoir retiré l'argent du compte avant de replacer cette carte dans son portemonnaie (PP D- 119ss). i.b. Devant le Procureur, AF______a notamment confirmé que L______ l'aurait informée d'un projet de voyage en Afrique, puisqu'il parlait beaucoup et à tout le monde. L______ ne prêtait pas sa voiture et ne lui avait jamais parlé d'un Sénégalais à qui il l'aurait remise pour la vendre au Sénégal (PP E-23). j. AX______ a indiqué qu'elle recourrait occasionnellement aux services de L______ comme taxi de nuit. S'il ne donnait pas de nouvelles, ce qui était rare, il s'en excusait toujours (PP D-1'104). k. AY______, serveuse au AW______, avait trouvé bizarre de ne pas avoir vu L______ depuis deux jours. AF______lui avait dit avoir tenté en vain de l'appeler. L______ aurait pu partir un jour ou deux à Paris sans prévenir, mais, en l'occurrence, son absence leur avait semblé étrange. Il n'avait pas du tout évoqué de voyage avant de disparaître (PP D-1'111). l.a. Entre les 12 et 18 mars 2015, A______ a vendu à AZ______, à Q______ [VD], 26 objets pour un prix total de CHF 1'332.-. Le 12 mars 2015, à 14h18, il a vendu des objets pour CHF 612.-, dont le téléphone BA______ (IMEI 9______) de L______ au prix de CHF 220.-, des articles de maison, un objectif d'appareil photographique, un lecteur DVD, une montre, un GPS de voiture, une scie sauteuse, un ordinateur portable, un appareil photographique et un trépied. Le lendemain, il a vendu, pour CHF 260.-, une meuleuse, de l'outillage, une perceuse, un appareil photographique, un mixeur de cuisine, une chaîne hifi, une barre de son, un lecteur CD, un trépied, un écran d'ordinateur, un cuiseur de riz, un aspirateur ______ et une télévision. Le 18 mars 2015, c'était un chariot pour CHF 10.-. l.b. Le 12 mars 2015, à 14h54, A______ a écrit à son ex-épouse "Je t'ai mis les 600.dans ton ordinateur" "Comme sa je te dois plus que 1'800.-", ce à quoi elle a répondu "Et ben… tu fais des sacrés affaires en ce moment!" et lui "Je vend dure" (PP D- 550).

- 22/84 l.c. Les profils ADN de L______ et de A______ ont été mis en évidence sur la partie escamotable du tube de l'aspirateur ______ vendu à AZ______ (PP D-340, 1'167). l.d. Selon BB______, gérant du magasin AZ______, A______ lui avait expliqué être en train de vider l'appartement d'un membre de sa famille, qui venait de décéder. Comme il avait fait remarquer à A______ que la valeur de l'appareil photo qu'il vendait était amoindrie faute d'accessoires, celui-ci les avait amenés le lendemain, en sus d'autres objets (rapport de police du 28.08.2015, PP D-231; PV d'audition du 20.10.2015, PP D-590). m.a. L______ utilisait les raccordements téléphoniques n° 7______ et 8______. Il disposait de deux téléphones mobiles : le BA______ susmentionné (IMEI 9______) et un BC______ (IMEI 10______). Son raccordement 8______ a été utilisé jusqu'au 11 mars 2015 avec le BA______. Depuis le 28 avril 2015, cet appareil a été utilisé avec le raccordement 11______, après sa revente par AZ______ à un tiers. Entre les 11 mars 2015, 19h10, et 12 mars 2015, 21h29, le raccordement 8______ n'a pas été utilisé. Le 12 mars 2015, entre 21h29 et 21h31, il a reçu six SMS, ce qui s'explique selon la police par sa remise en fonction (rapport du 03.12.2015, p. 14, PP D-538). A 21h33, le 12 mars 2015, ce raccordement a contacté celui de A______, qui n'a pas répondu (PP D-538). Les bornes activées étaient situées à la rue ______ [GE], respectivement à la rue ______ [GE], les azimuts pointant alors dans la même direction. Selon la police, ces éléments techniques ne sont pas incompatibles avec le fait que A______ puisse avoir alors eu les deux raccordements en question en mains (rapport du 03.12.2015, p. 15, PP D-539). Devant les premiers juges, l'inspecteur BD______ de la Brigade criminelle a précisé que les opérateurs de téléphonie mobile de L______ et de A______ étant différents, leurs raccordements utilisés au même endroit actionnaient forcément des antennes téléphoniques différentes. Le 13 mars 2015, à 10h13 et 10h14, alors que A______ avait vendu le BA______ la veille, le raccordement 8______ de L______ a reçu successivement sept SMS, activant une borne à BE______ [VD] (PP D-539). A la même heure (10h15 et 10h16), le raccordement de A______ a activé des bornes à la route ______, à Q______ [VD], puis à la ______, à Q______ [VD] (PP D-539), alors que A______ avait rendez-vous avec AK______ à 10h30, dans cette localité (cf. message 13.03.15, 7h24, PP D-552).

- 23/84 - Entre les 13 mars et 7 mai 2015, A______ a envoyé les messages suivants sur le raccordement 8______ de L______, utilisé avec son BC______ (IMEI 10______) :  13.03.2015, 11h04-05:" Coucou comment vas-tu?", "Plus de nouvelles j'espère que tu vas bien", "Avec l'argent que je t'ai rendu tu as pu régler tes soucis?", "Appel moi merci" (PP D-540) ;  18.03.2015: "Salut si jamais la police est venue chez toi et changer les serrures. Il te cherche afin des amis à toi, j'ai récupéré les clefs chez le concierge et je t'ai poser le courrier sur ton bureau. J'espère que tout va bien tien moi au courant merci" (PP D-374, D-563) ;  01.04.2015:"Salut comment vas-tu?" (PP D-374) ;  07.04.2015:"Salut alors comment Ca va? Pas de news? Tu reviens quand ?" (PP D-374) ;  13.04.2015:"Salut alors tu es revenu en France? Pour ton mariage?" (PP D- 374) ;  23.04.2015:"Alors ce mariage? Tout va bien ?", "Bon tu me rend quand les 30'000.-" (PP D-374) ;  07.05.2015: "Salut comment tu vas? Pas de news? J'espère que tout vas bien, fais moi signe"(PP D-374). n. Des retraits pour un total de CHF 6'542.- ont été effectués depuis des bancomats à Q______ [VD], BF______ [VD] (le 12 avril 2015) ou ______ [VD] (le 10 juin 2015), au débit du compte H______ de L______ au moyen de sa carte bancaire :  le 12 mars 2015, à 8h13, CHF 142.- (solde : - CHF 0.65) ;  le 11 avril 2015, à 11h08, CHF 1'000.- ;  le 12 avril 2015, à 16h54, CHF 1'000.- (solde : CHF 135.35) ;  le 13 avril 2015, à 15h21, CHF 130.- ; A______ apparait alors sur les images de vidéo surveillance, aux côtés de sa fille (PP D-263) ;  le 11 mai 2015, à 14h13, CHF 200.- ;

- 24/84 -  le 12 mai 2015, à 10h43 et 10h44, respectivement CHF 1'000.- et CHF 930.- (solde : CHF 9.40) ;  le 10 juin 2015, à 08h58, CHF 200.- ; le téléphone de A______ a été localisé à 09h03 par une borne située à proximité immédiate du bancomat ;  le 11 juin 2015, à 09h05, après vérification du solde du compte (CHF 1'943.45), A______ apparait sur les images de vidéo surveillance en train de retirer CHF 1'940.- (PP D-303). Il tient à la main un bout de papier portant l'inscription "L______" et des numéros (PP D-263-4, D-304). Il arrive sur place au volant de la voiture de L______ (PP D-264, 303 ; C-7004). Il s'agit du dernier retrait sur ce compte (PP C-4'014ss). o.a. Le 12 mars 2015, à 11h12, depuis son domicile de Q______ [VD] (PP D-957, 963), A______ a publié sur internet une annonce visant à louer la voiture de L______ (cf. PP D-1'057) : "Suite à la perte de mon travail je loue ma voiture du dimanche soir au vendredi soir. ma I______ toute option diesel. location 500.- CHF le mois (essence à votre charge) avec une caution de 700.- CHF rendu à la fin du contrat. Je souhaite trouver une personne au mois" (PP D-691). Cette voiture a effectivement été louée à BG______, du 19 avril au 29 mai 2015, du lundi au vendredi, au prix de CHF 500.-, la caution ayant été fixée à CHF 1'000.-. o.b. Entendu par la police, BG______ a déclaré que la voiture n'était pas très bien entretenue, ni rangée et sentait mauvais. Un de ses amis avait souhaité l'acheter, ce dont lui-même avait fait part à A______ qui s'était dit disposé à la vendre pour environ CHF 3'000.-. La transaction ne s'était finalement pas faite, BG______ ayant le souvenir que A______ avait exigé le paiement en une fois. p. Une perquisition du domicile de AK______, dans lequel se trouvait A______, a été ordonnée et exécutée le 13 juillet 2015. p.a. Un sac en tissu rouge contenant une paire de gants de ménage jaunes, un spray de nettoyant JAVEL, un spray de nettoyant AJAX vitre, un rouleau de scotch transparent et un rouleau de scotch noir, un linge et un morceau d'étoupe se trouvait dans le hall d'entrée de l'appartement (rapport de police, p. 7, PP D-230; D-350ss, rapport de police 10.06.216, p. 3, PP D-1'163). Le motif recouvrant les zones digitales et palmaires des gants de ménage était composé d'hexagones (PP D-1'164). Les profils ADN de L______ et de A______ ont été mis en évidence sur les anses de ce sac (PP D-333).

- 25/84 - Un examen des gants de ménage jaunes a permis la mise en évidence de :  l'ADN de A______ à l'intérieur des deux gants, le profil ADN de L______ n'étant pas exclu de la fraction mineure de l'un d'eux, et compris dans l'ADN de mélange du second gant (PP D-334),  trois traces de sang appartenant à L______ sur la partie jaune extérieure du gant gauche et sous le pouce du gant droit (PP D-352). Le produit nettoyant JAVEL était de même marque que celui retrouvé dans l'appartement de L______ (rapport de police du 10.06.2016, p. 5, PP D-1'166). p.b. Dans la cave se trouvait un sac à dos contenant une carabine de marque M______ en calibre ______ (______) démontée, un bocal en verre contenant 36 cartouches ______, des bouts de tissus blancs, une paire de gants transparents en latex et une cartouche (rapport de police, p. 7, PP D-230, rapport de police 10.06.216, p. 3, PP D-1'163). Une autre cartouche était engagée dans la chambre à cartouches et le magasin de la crosse contenait quatre cartouches supplémentaires. La marque de ces cartouches correspondait à celles trouvées dans le bocal (PP D-1'165). Le profil ADN (majeur) de A______ a été découvert sur la crosse de la carabine. Celui de L______ (mineur) n'était pas exclu (D-1'193). p.c. Dans la chambre à coucher, se trouvait une sacoche en cuir comportant un orifice d'entrée sur la partie haute de sa face avant, sans orifice de sortie, un projectile de .22 LR étant logé dans la doublure intérieure, alors que certains des documents se trouvant dans la sacoche étaient troués selon une trajectoire descendante. Selon la police, cette sacoche avait été la cible d'un tir avec arme à feu (rapport de police du 10.06.2016, p. 3, PP D-1'163). p.d. Les balles prélevées dans le crâne de L______ présentaient les mêmes caractéristiques balistiques générales (un corps en plomb sans chemisage) que celles extraites de la carabine. L'état de déformation des balles prélevées dans le crâne n'avaient pas rendu possible une identification formelle avec des tirs de comparaison effectués par la police. Une des cartouches prélevée dans le bocal, démontée par la police, pesait 2.595 gr, alors que la balle la moins déformée, prélevée dans la masse cérébrale de L______, pesait 2.501 gr (rapport de police du 10.06.2016, p. 5, PP D- 1'165). q. Entendu devant le Procureur, l'inspecteur BH______ de la Brigade de police technique et scientifique (BPTS) a confirmé que l'ADN et les empreintes digitales de A______ avaient été retrouvés sous la trace des motifs hexagonaux visibles sous la table basse de L______, motifs correspondant à ceux des gants de ménage jaunes

- 26/84 retrouvés chez A______. Son ADN avait été retrouvé à l'intérieur de ces gants et des traces de sang de L______ sur ces mêmes gants. La trace de sang étendue découverte sous le parquet de L______ allait de la table basse jusqu'à la porte-fenêtre. La table basse du salon avait dû être retournée, vu le sang séché retrouvé à l'intérieur d'un de ses pieds. Il n'était pas possible d'affirmer que les projectiles retrouvés dans la boîte crânienne de la victime provenaient de l'arme saisie chez A______ en raison de leur déformation. Ils avaient néanmoins la même composition et les mêmes caractéristiques que les balles retrouvées chez A______, d'un calibre de 22mm. Toutes ces balles avaient par ailleurs un poids de même calibre. La balle extraite de la boîte crânienne avait perdu de la matière par son extraction de l'os et avait pu en perdre auparavant au moment de l'impact. Les balles retrouvées dans la sacoche étaient de même calibre que celles retrouvées avec et dans l'arme saisies chez A______. La police n'avait pas retrouvé de correspondance entre les scotchs ayant servi à emballer la victime et ceux retrouvés chez A______ (PP E-140ss). r.a. Selon le rapport d'arrestation, après que A______ a été informé qu'un mandat d'amener avait été décerné à son encontre pour l'homicide de L______ (rapport du 13.07.15, PP D-46), il s'était tout de suite exclamé être innocent et être son ami, sans montrer de signes d'affliction. Par la suite, il avait spontanément déclaré avoir appris le décès de L______ lors d'une conversation téléphonique avec son ami Lorenzo. Bien qu'informé à plusieurs reprises de ses droits, notamment qu'il serait auditionné ultérieurement en présence d'un avocat, A______ avait néanmoins spontanément déclaré (i) à la vue du sac en tissu rouge, qu'il l'avait sorti de la voiture de L______ et (ii) lors de la fouille de la cave "c'est ça que vous cherchez", en désignant le sac à dos contenant notamment la carabine démontée. Le véhicule de L______ était stationné non loin du domicile de A______ (rapport de police du 10.06.2016, PP D-1'164). r.b. Au moment de son audition, A______ a d'emblée indiqué à la police être innocent et a refusé de répondre à toutes les questions posées, invoquant son droit au silence. s.a. A______ avait préalablement été mis sous écoute active du 8 au 13 juillet 2015 (PP D-740). Dans une conversation téléphonique du 8 juillet 2015, AJ______ a informé A______ du décès de L______, ce dont s'est étonné A______, qui pensait que L______ était parti au Sénégal pour chercher sa voiture. Après quelques échanges sur les

- 27/84 circonstances du décès, A______ a indiqué "ben là, ça à l'air d'être une exécution" (PP D-758). Le lendemain, les intéressés échangeant toujours sur le même sujet, A______ a indiqué "en tous cas ceux qu'ont fait ça devait être des pro hein, en fin c'était prémédité…" (P D-762). s.b. AK______ a été mise sous écoute active durant cette même période (PP D-740). Lors d'une conversation du 13 juillet 2015, la sœur de A______ lui a recommandé de ne pas dire à la police que celui-ci avait dit à AK______ être mal au point qu'il voulait tuer quelqu'un (PP D-775). t.a. Il ressort de l'analyse de la téléphonie de A______ et de AA______ (PP D-1'400) qu'à fin décembre 2014, A______ a eu des échanges avec BI______, gérant d'une société d'import-export ayant un dépôt au BJ______ de Genève, au sujet d'opérations de change d'argent, mais qu'aucune opération n'a alors eu lieu. Entendu par la police, BI______ a déclaré que L______ l'avait mis en contact avec une personne pouvant correspondre à A______ sur la base de la photographie qui lui était soumise, qui souhaitait changer des francs suisses contre des euros. Un rendezvous avait été fixé dans son dépôt où il s'était rendu accompagné d'un tiers. Il avait rencontré L______ et A______. Le précité avait demandé à être seul avec lui ce qu'il avait trouvé suspect. BI______ avait donc prétexté ne pas avoir l'argent sur lui pour repousser l'opération. Il n'avait ensuite plus répondu à leurs messages et aucune opération de change n'avait eu lieu. (PP D-1'388ss). t.b.a. Entre les 28 janvier et 22 juin 2015, A______ et AA______ ont échangé de nombreux messages, dont il ne ressort nullement que celui-ci aurait donné ou devait de l'argent à A______. Le 10 mars 2015, à 9h49 et 10h06, A______ a cherché en vain à joindre AA______ (PP D-526) et, à 10h59, lui a écrit "salut alors dit moi quelque chose merci" (PP D- 527) puis à 20h39, "Ok mais tu pense attaquer cette semaine?" (PP D-528). La journée du 11 mars 2015, A______ n'a eu aucun contact avec AA______ (PP D- 534). Ni son téléphone, ni celui de L______ n'ont activé de borne à AM______ [GE] (PP D-534). t.b.b. En mai 2015, A______ a présenté à AA______ de faux documents bancaires pour lui faire croire que lui-même et sa société R______ disposaient d'une situation financière favorable (i.e. faux certificat de dépôt auprès de V______ AG de CHF 35'000'000.-, faux avis de débit du 11 mai 2015 de CHF 73'437'520.-), ce afin d'asseoir son intention d'entrer en relations d'affaires avec lui et lui faire croire qu'il disposait de clients fortunés prêts à investir dans l'immobilier (cf. PP E-81 ss).

- 28/84 t.c.a. Entendu par la police, AA______ a indiqué que, lorsqu'il travaillait avec BK______ dans le domaine de l'immobilier, A______ lui avait indiqué avoir de très gros potentiels investisseurs. A______ avait demandé une avance de CHF 5'000.- à BK______, qui lui avait prêté cet argent par le biais de sa société BL______. A______ n'avait jamais remboursé BK______ et le projet envisagé ne s'était pas concrétisé. AA______ avait cherché à acheter, pour le compte de BM______, dit "le Grec" ou "le boss", une machine permettant de contrôler et compter les billets de banque. Il avait été question d'opérations de change, qui ne s'étaient toutefois pas concrétisées. Lui-même ne connaissait pas L______ et ne s'était jamais rendu chez lui. Il ne devait pas d'argent à A______ et ne lui en avait jamais remis, pas plus que des objets en vue de revente. (PP D-977ss). t.c.b. Devant le MP, AA______ a derechef soutenu ne pas avoir acheté de machine à compter les billets à A______. Celle qu'il lui avait présentée ne lui convenait pas, de sorte qu'il en avait acheté une de son côté. Aucune opération de change n'avait finalement eu lieu. Il n'avait jamais rencontré L______. Il ne devait aucune somme d'argent à A______ et ne lui avait pas remis CHF 30'000.-. (PP E-72) Entendu une nouvelle fois, AA______ a indiqué que la version de A______ consistant à l'impliquer dans l'homicide de L______, tenait du "délire". S'il avait gagné de l'argent dans des opérations de change, comme le prétendait A______, il ne voyait pas la raison qui l'aurait amené à tuer L______, qu'il ne connaissait pas, et à dérober ses affaires pour en retirer CHF 1'000.-. t.d. Par-devant le MP, BK______ a confirmé le versement de CHF 5'000.- par le compte de BL______ SARL en faveur de A______, mais pour le compte de AA______, qui devait de l'argent à A______. Cette somme avait ensuite été déduite des commissions dues à AA______. Aucune affaire n'avait été conduite avec A______. BK______ ne connaissait pas L______. (PP E-148). AA______ a de son côté indiqué que A______ lui avait demandé de l'argent. Il ne voyait pas de problème à lui avancer les CHF 5'000.- dès lors que tous deux étaient dans l'attente de conclure des affaires ensemble. A______ a soutenu que AA______ lui devait cette somme. u. La police a enquêté sur l'entourage de L______ et de possibles conflits rencontrés au cours de son existence, la plupart en lien avec des problèmes d'ordre pécuniaire.

- 29/84 u.a. Il avait fait la connaissance de BN______ en 1988. D______, née en 1989, était issue de leur relation. Tous trois avaient vécu dans la BP______ [FRANCE]. BQ______ [FRANCE], ressortissant kosovar né en 1954, domicilié à ______, en France, est le frère de BN______. L______ a effectué diverses affaires immobilières avec BQ______ [FRANCE]. En septembre 1998, L______ a cédé à BQ______ [FRANCE], à sa sœur, à la sœur et au fils de celui-ci, l'ensemble de ses parts sociales dans les sociétés immobilières constituées. Le 14 mai 2001, le Tribunal de grande instance de BR______ [FRANCE] a classé la plainte pénale déposée par L______ pour extorsion de signatures déposées dans le cadre de cette cession, décision confirmée, le 27 mars 2002, par la Cour d'appel de Paris (PP D-840ss). Entendu par commission rogatoire internationale le 8 novembre 2016 dans le cadre de la présente procédure, BQ______ [FRANCE] a indiqué avoir connu L______ en 1994 et avoir acheté avec lui trois maisons dans la région de ______, France, financées chacune pour moitié. Par la suite, BQ______ [FRANCE] avait racheté les parts de L______. Il ne l'avait plus vu depuis 1999. L______ avait dilapidé sa fortune dans un projet non abouti de piqures dans des œufs de poisson, en offrant des téléphones à tout le monde et en emmenant en boîte de nuit une dizaine de personnes gravitant autour de lui en Suisse (PP C-43'046ss). D______ a confirmé devant le MP que son père n'avait plus eu de contacts avec BQ______ [FRANCE] depuis la séparation de ses propres parents. Son père voulait laisser cette histoire derrière lui. (PP E-59). u.b. Le 6 juillet 2004, L______ a épousé BR______, ressortissante de Côte d'Ivoire, laquelle a quitté la Suisse en avril 2005. En mai 2005, L______ a déposé une plainte pénale à son encontre lui reprochant de ne pas avoir consommé le mariage et d'avoir quitté le domicile conjugal. Le divorce a été prononcé le 10 décembre 2007 par la Cour d'appel de _____ (France) (PP D-842ss). L______ a ensuite entretenu une relation avec BS______, ressortissante sénégalaise. Il ressort de documents retrouvés à son domicile qu'il aurait financé son train de vie durant un an et lui aurait versés EUR 12'000.- pour l'aider à obtenir des papiers. Il lui aurait remis encore CHF 85'000.- pour acquérir un restaurant au Sénégal, argent qu'il n'avait jamais revu (PP D-840, 845). Devant le Procureur, AF______a déclaré que L______ lui avait parlé brièvement de BS______, laquelle lui avait pris de l'argent. Pour L______, c'était toutefois une histoire terminée et il avait "laissé tomber".

- 30/84 u.c. Dans le cadre de la procédure de divorce entre L______ et BR______ et afin de gérer ses affaires personnelles, L______ a mandaté BT______. Le 10 juin 2007, il a déposé des plaintes pénales à son encontre ainsi qu'à l'encontre de sa sœur BU______ et de leur mère BV______ pour gestion déloyale et faux dans les titres. La procédure P/12______/2007 a été classée le 26 juin 2008, décision confirmée le 12 novembre 2008 par la Chambre d'accusation de Genève (OCA/15______/2008) (PP D-843). Entendu dans le cadre de la présente procédure, BT______ a indiqué qu'après l'ordonnance de classement, il n'avait plus eu de contacts avec L______ (PP D-854). u.d.a.a. BW______, née le ______ 1953 au Sénégal, est la tante de BX______ et l'épouse de BY______. Début 2015, un différend a opposé L______ et BW______, au point que chacun avait déposé une plainte pénale à l'encontre de l'autre. Une procédure P/13______/14 a été ouverte, laquelle a débouché sur le prononcé, le 14 janvier 2015, d'une ordonnance de non-entrée en matière. BW______ a été mise sous écoute téléphonique du 4 juillet au 3 octobre 2015. Dans une conversation du 7 août 2015, elle a informé son interlocuteur que L______ disait vouloir épouser une Sénégalaise, se prénommant AQ______. Toutefois, AQ______ n'allait jamais épouser L______, "c'était pour lui bouffer des sous", car AQ______ avait un copain footballeur en Italie. L______ avait jeté son dévolu sur cette femme. BW______ précisait avoir emmené L______ au Sénégal. Il prêtait facilement de l'argent et n'était pas radin, ce que BW______ avait répété à plusieurs reprises durant cette conversation (PP D-745). u.d.a.b. Entendue par la police le 5 décembre 2016, BW______ a indiqué avoir vu L______ pour la dernière fois au début de l'année 2015. Elle confirmait la relation qu'il avait entretenue avec AQ______, en 2012 ou 2013, et l'absence de sentiment de cette dernière (PP D-1'201ss). u.d.b. Le 3 avril 2014, BX______, épouse BZ______, née le ______ 1983 et de nationalité sénégalaise, a signé un bail avec CA______ pour un appartement à ______ dans la CB______ [France]. Tous deux ont quitté ce logement le 31 juillet 2014. BX______, enceinte, a dénoncé des violences conjugales (auteur présumé : CA______) les 20 et 25 février 2015. Elle logeait alors à CC______ [France]. Le ______ 2015, elle a accouché à CD______ [France]. Le 7 avril 2015, elle a été admise au service des urgences de l'hôpital de CD______ [France], à nouveau pour des violences conjugales. A sa sortie, le 8 avril 2015, elle a été logée dans un foyer d'accueil et a réintégré le lendemain le domicile conjugal, avant un retour au foyer du 30 mai au 16 juin 2015, puis un placement avec son fils dans un centre maternel à

- 31/84 - ______, dans CE______ [France]. Selon l'analyse de la téléphonie, elle se serait rendue en Suisse le 16 juin 2015 (PP C-3068). u.e. Il ressort des messages que AQ______a adressés à L______ qu'elle est restée sans nouvelles de lui depuis son message du 11 mars 2015 à 12h04 (cf supra f.d.b.), alors qu'elle s'attendait à recevoir de l'argent pour son anniversaire, le ______ 2015 (PP D-564). u.f. D______ a déclaré dans le cadre de la présente procédure que CF______ l'avait contactée en lui disant que son père avait le projet de se marier avec elle (PP E-60). u.g. Entendu par la police le 4 juillet 2015, CG______, concierge de l'immeuble sis ______ [GE], a déclaré qu'à fin mars 2015, la police était intervenue, des amis de L______ ayant signalé sa disparition. Les cylindres de la serrure de l'appartement avaient été changés et les nouvelles clés lui avaient été remises. Deux jours plus tard, alors qu'il se trouvait vers les boîtes aux lettres, un homme, un peu excité lui avait dit être un copain de L______. Il se demandait pourquoi il ne pouvait pas entrer dans son appartement, ajoutant "c'est quoi ce bordel? Je dois arroser les plantes. Ils font chier les flics". Cet homme l'avait informé que L______ était parti au Gabon pour se marier et devait revenir en juin 2015 et que lui-même effectuait des démarches pour expédier son véhicule en Afrique. Cet homme avait la cinquantaine et des cheveux courts roux. CG______ lui avait remis les clés de l'appartement, où l'homme s'était rendu, avec la carte de la police. En quittant les lieux, ce dernier lui avait confirmé avoir averti la police de ce qu'il détenait désormais les clés du logement de L______. Une année après cette audition, CG______ n'a pas reconnu A______ sur planche photographique. Le 10 juillet 2015, il a désigné "à 90 %" CH______, né en 1962, comme étant cet homme roux. u.h. CH______ et son frère CI______ ont fait l'objet d'une surveillance rétroactive sur leur téléphonie mobile et ont été mis sous écoute active du 13 au 21 juillet 2015. Ces mesures n'ont révélé aucun élément utile à l'enquête (PP D-740). Durant l'enquête, CH______ a déclaré ne pas connaître L______, mais savoir que son frère CI______ avait recouru à ses services de chauffeur de taxi. Lui-même ne s'était jamais rendu au ______ [GE] (PP D-131 ; E-8). CI______ a confirmé avoir recouru aux services de L______ en tant que chauffeur de taxi, la dernière fois en novembre 2014. Il n'était jamais allé chez lui. Son frère ne connaissait pas L______ (PP D-136 ; E 10). Confronté à CH______ et à A______ le 26 août 2015 devant le Procureur, CG______ n'a pas reconnu CH______, qu'il n'avait jamais vu, pas plus que

- 32/84 - A______. L'individu avec lequel il s'était entretenu portait bien des cheveux courts, roux blond, mais ce n'était pas très clair dans son esprit. C'était la seule personne qui lui ait parlé des projets de L______ de s'absenter de Genève pour se marier (PP E- 12). Le 17 juin 2016, CG______ a confirmé ne pas reconnaître A______ et être même incapable de dire si l'individu en question était blond ou brun. Cet homme possédait les anciennes clés de l'appartement de L______ et lui avait dit que ce dernier était parti se marier en Afrique (PP E-64). u.i. CJ______ a été mise sous écoute active du 4 juillet au 3 octobre 2015, mesures qui n'ont révélé aucun élément utile à l'enquête (PP D-740). u.j. D______, fille et unique héritière du défunt, s'est constituée partie plaignante le 5 janvier 2016 dans le cadre de la présente procédure. A la police, elle a déclaré que, lorsque ses parents s'étaient séparés alors qu'elle avait 8 ou 9 ans, elle était partie vivre avec sa mère. De ses 11 à 16 ans, elle avait vécu avec son père, dans la BP______ [FRANCE]. En juin 2007, elle avait, à nouveau, vécu avec son père pendant un mois, avant de partir vivre avec sa propre fille à CK______ [GE]. Son père y avait vécu avec elle et sa fille durant une courte période. En 2008, D______ s'était installée aux CL______ [GE], avant de déménager dans le Sud de la France. Elle avait alors perdu le contact avec son père et ignorait où il vivait au jour de son décès. Elle restait en contact avec lui via Facebook (PP D-80ss). Devant le MP et en première instance, elle a indiqué que son père, qu'il possède ou non de l'argent, en prêtait facilement à ceux qui lui en demandaient, même si, après, il pleurait car lui-même n'en avait plus. Il était naïf et généreux. En apprenant son décès, D______ s'était effondrée. Elle avait pensé à un suicide vu son état dépressif. Les circonstances de sa mort l'avaient laissée sous le choc. Elle avait vu son père pour la dernière fois en 2008. Leur dernier contact par courriel remontait à 2014. Elle ignorait tout de l'entourage de son père (PP E-57ss). D______ a formulé le 7 février 2017 des prétentions civiles tendant au paiement par A______ des sommes de :  CHF 30'000.-, avec intérêts à 5% dès le 6 janvier 2015,  CHF 1'940.-, avec intérêts à 5% dès le 11 février 2015,  CHF 8'548.-, avec intérêts à 5% dès le jour de chacun des retraits d'argent effectués,

- 33/84 -  CHF 1'337.-, avec intérêts à 5% dès le jour de chacune des ventes en question, à titre de réparation du dommage matériel,  CHF 40'000.-, avec intérêts dès le 11 mars 2015, à titre d'indemnité pour tort moral. v. A______ a été soumis à une expertise psychiatrique. Entendu à deux reprises devant le MP, l'expert a confirmé son rapport du 13 août 2016 dont il ressort que A______ souffre d'un trouble narcissique de la personnalité, avec des traits dyssociaux pouvant être assimilés à un grave trouble mental ; les aspects mythomaniaques - et le recours en parallèle à la dissimulation pour éviter de montrer des aspects moins glorieux de soi-même ou ses échecs - étant à relever. Sa responsabilité pénale au moment des faits était néanmoins entière. Le risque d'un nouveau passage à l'acte délictueux, si l'expertisé était reconnu coupable d'homicide, ne pouvait être complétement écarté. Il faudrait toutefois qu'un contexte relationnel et situationnel similaire à celui ayant pu motiver l'homicide en question se reproduise, soit une probabilité paraissant faible. Compte tenu du trouble de la personnalité narcissique, le risque de commission d'actes illicites dans le domaine économique ou financier était "bien plus élevé", a fortiori si l'expertisé se trouvait confronté à des dettes, risque lié au besoin (identitaire) de reconnaissance et d'ascension sociale. w. AK______ a expliqué qu'à la suite de la naissance de leur fille en juin 2003, son ex-époux avait été comme "lobotomisé" et passait ses journées couché sur le canapé, ce qui était également le cas depuis son retour au domicile familial. Sachant L______ seul pour Noël 2014, elle l'avait invité à se joindre à eux. Elle a encore évoqué les nombreuses dettes de son ex-mari. A la police elle a dit être choquée que celui-ci soit interpellé suite au décès de L______. Devant le MP, elle a indiqué avoir appris ce décès par la police, lors de son interpellation. La policière lui avait dit qu'elle-même était complice du meurtre et que L______ était mort depuis trois mois. Son ex-époux ne lui en avait pas parlé auparavant (PP D-67ss ; E-15ss). x.a. Entendu devant le MP le 14 juillet 2015, ayant la veille invoqué son droit au silence, A______ a déclaré avoir rencontré L______ dix ans plus tôt. Il lui avait prêté CHF 6'000.- pour l'achat d'un camion devant servir à ramener ses meubles de Paris, puis CHF 6'500.- pour l'achat d'un camping-car où loger le temps de se voir attribuer un logement. Ils ne s'étaient ensuite pas revus avant octobre 2014 où L______ l'avait contacté pour l'accompagner dans un convoyage d'argent liquide entre la France ou l'Italie et la Suisse. L______ était allé voir un Turc, qui avait un bureau de change aux AE______ à qui il avait remis EUR 500'000.-. L______ lui avait demandé un sac de sport pour transporter l'argent. A______ lui avait donc donné le sac de montagne acheté pour sa fille. Fin novembre 2014, A______ avait aidé L______ dans ses

- 34/84 démarches pour s'opposer à l'expulsion de son logement en raison du défaut de paiement des loyers. Tous deux s'étaient revus en janvier 2015, cette problématique ayant entre-temps été réglée. En février 2015, ils avaient pris des cafés ensemble et A______ avait passé quelques nuits, fin février - début mars 2015, au domicile de L______ en raison de problèmes de couple. Ce dernier avait alors expliqué vouloir se marier avec une Africaine du Cameroun et devoir se rendre au Sénégal avec un Sénégalais afin de vendre une voiture déjà sur place, pour CHF 15'000.-. Avant de partir en Afrique, L______ voulait vendre des effets personnels pour financer son voyage. Il allait chercher sa future femme et se marier en France avant de rentrer en Suisse. A______ avait dormi la nuit du 9 au 10 mars 2015 chez L______. Le matin, tous deux étaient allés au AW______ et, dans l'après-midi, à Annemasse, où L______ avait rendez-vous avec un dénommé CN______ pour lui vendre des effets personnels. Un rendez-vous avait été convenu chez L______ pour le lendemain. A______ était rentré chez lui et revenu chez L______ le 11 mars 2015, à 9h30. A son retour d'une course de taxi une heure plus tard, L______ lui avait remis les clés de son domicile et de sa boîte aux lettres, pour qu'il puisse y dormir, ce qu'il avait fait durant les trois ou quatre jours suivants, les clés de sa voiture, dans la mesure où il n'avait plus de place de parking, ainsi que sa carte bancaire et son code, pour se rembourser les sommes de CHF 6'000.- et 6'500.- précédemment prêtées. A______ s'était occupé du courrier de L______. Fin mars 2015, les serrures de l'appartement avaient été changées et une carte de police mentionnant que son occupant était recherché avait été apposée sur la porte. A______ avait néanmoins pu y entrer grâce au concierge qui lui avait remis les nouvelles clés. A______ avait informé la police du départ de L______ en Afrique et avait envoyé de nombreux messages à ce dernier, restés sans réponse. Mi-avril 2015, A______ avait reçu un appel de CN______ qui disait avoir besoin de la voiture de L______ et qu'il avait utilisée durant deux semaines, jusqu'à fin avril 2015. En récupérant ce véhicule, A______ y avait trouvé le sac de montagne de sa fille, contenant une carabine et des munitions, qu'il avait rangé dans la cave. Il était allé, à quelques reprises, tirer dans les bois avec la carabine. AJ______ lui avait appris la mort de L______ quelques jours auparavant et il tenait à dire qu'il était innocent (PP E-1ss). x.b. Devant la police le 23 juillet 2015, A______ a précisé qu'il avait fait la connaissance de L______ par un certain "Monsieur CM______". Il savait que L______ ne lui rembourserait certainement jamais les CHF 13'500.- prêtés et il acceptait cette situation. Celui-ci devait de l'argent à plusieurs personnes selon ce que AJ______ lui avait dit. En automne 2014, L______ lui avait raconté être en affaire

- 35/84 avec un Turc grâce auquel il allait pouvoir se marier car cela lui rapportait de l'argent. L______ allait chercher de l'argent liquide pour le Turc, en Italie ou en France, qu'il lui ramenait en Suisse. A______ avait assisté ainsi, aux BJ______, à la remise d'environ EUR 500'000.-, après quoi il avait remis le sac à dos de sa fille à L______. Entre janvier et le 11 mars 2015, il avait dormi à une dizaine de reprises sur le canapé chez L______ dans la mesure où les séances politiques auxquelles il assistait se terminaient tard, mais également en raison de dispute avec son ex-femme. Il l'en avertissait préalablement par téléphone ou SMS. À la fin du mois de janvier 2015, L______ lui avait fait part de son projet de départ en Afrique où il devait se rendre avec un Sénégalais dont ils avaient prévu d'utiliser la voiture. Sa présence sur place était indispensable pour finaliser la transaction de son ancienne I______. L______ n'avait jamais articulé de date précise pour ce départ. Le 10 mars 2015 dans l'après-midi, L______ et lui-même, après le passage au AW______, où ils s'étaient rendus en fin de matinée, avaient ramené à Annemasse une serveuse travaillant dans une crêperie aux AE______. Durant le trajet, L______ lui avait dit devoir rencontrer un certain CN______, sur le parking du magasin CO______, pour lui vendre certains objets. CN______ s'était présenté au rendezvous avec un ami et tous trois avaient convenu de se retrouver le lendemain. A______ s'était rendu en train chez L______ le 11 mars 2015 vers 9h30. Celui-ci avait dû accompagner une cliente à l'hôpital et était revenu à l'appartement vers 10h45. Il lui avait alors remis les clés de la boîte aux lettres en lui demandant de relever son courrier jusqu'à la fin du mois de mars 2015, ainsi que sa carte bancaire H______ et le code à six chiffres pour qu'il puisse "[se] rembourser". L______ lui avait par le passé demandé à trois ou quatre reprises d'aller retirer de l'argent pour lui à la H______ de ______ [GE], lui remettant alors sa carte et le code, renâclant en effet à sortir sa voiture du garage uniquement pour un tel retrait et ayant du mal à se déplacer à cause de problèmes aux genoux. Comme A______ devait être de retour à 11h00 à Q______ [VD], tout ceci s'était fait rapidement. Tous deux étaient descendus avec un sac poubelle chacun à jeter et lui-même avait quitté les lieux au volant de la voiture de L______, s'étant d'ailleurs fait flasher vers 10h45 peu après l'AS______. De retour chez L______ dans la soirée, il avait constaté l'absence de certains objets dont sa télévision et son ordinateur portable. Il avait voulu jeter des emballages dans la poubelle. Comme il n'y avait plus de poubelle, il avait pris dans le placard de la cuisine un sac de 110 litres qu'il avait accroché à un tiroir. Il amenait cette précision dans la mesure où il avait lu dans le rapport d'arrestation que des sacspoubelle avaient été retrouvés dans l'appartement. Il pensait avoir dormi deux fois chez la victime après le 11 mars mais avant le 17, car il s'était un peu fâché avec sa femme. Il avait été contacté à deux reprises par CN______ en avril 2015, lequel lui avait emprunté la voiture de la victime durant une dizaine de jours. Deux à trois jours après sa restitution, il avait trouvé dans le coffre le sac à dos contenant la carabine démontée. Il était certain que ce sac ne s'y trouvait pas auparavant dans la mesure où

- 36/84 il avait nettoyé la voiture au milieu du mois de mars tant elle puait la cigarette. Il avait pour cela utilisé les produits de nettoyage se trouvant dans le sac rouge saisi à son domicile. En mai 2015, alors qu'il promenait le chien dans les bois, il avait eu l'idée d'assembler les éléments de la carabine et de tirer deux coups en direction d'un arbre. x.c. Le 6 août 2015, A______ a indiqué devant le MP que L______ lui devait de l'argent, comme à beaucoup de monde. Ce dernier lui avait remis quelque chose comme CHF 1'700.- en décembre 2014. La carte bancaire de L______ avait été retenue par un bancomat de Q______ [VD]. Le 11 mars 2015, confirmant le déroulement de la matinée jusqu'à ce qu'il quitte L______ aux alentours de 10h30-10h45 après avoir tous deux descendu les poubelles, A______ était allé manger à Q______ [VD] avec sa fille, s'étant d'ailleurs fait "flasher" juste avant l'entrée de l'autoroute. Le soir, il avait dormi chez L______. Il ne s'était pas étonné de la disparition de certains objets dès lors que L______ lui avait dit entendre les vendre à CN______. Il avait ensuite dormi à deux ou trois reprises chez L______, avant le changement de serrures. Au mois de mai 2015, il avait effectivement proposé de louer sa voiture à un tiers (PP E-5ss). x.d. A______ a été confronté par la police le 19 août 2015 aux données téléphoniques rétroactives et e-mails échangés avec L______. Malgré le fait que son raccordement téléphonique n'ait activé des bornes sur Genève qu'à de très rares occasions entre janvier 2015 et le 18 mars 2015, il ne souhaitait pas revenir sur ses déclarations selon lesquelles il avait dormi une dizaine de fois en tout chez L______. Sur le fait qu'il avait indiqué avoir vu régulièrement la victime entre janvier 2015 et le 11 mars 2015, alors que le raccordement de L______ avait contacté sans succès le sien à une trentaine de reprises, aboutissant sur son répondeur, seuls deux appels entrants ayant abouti les 19 janvier et 10 mars 2015, A______ a contesté avoir cherché à l'éviter. Il avait répondu par des SMS à ces tentatives d'appels. Il ne souhaitait pas s'exprimer sur le courriel que lui avait adressé la victime le 26 janvier 2015, manifestement énervée, lui reprochant de ne pas répondre à ses appels, après plus d'un mois sans se voir. Confronté à son propre courriel du 4 février 2015 dans lequel il expliquait à la victime qu'il aurait ses CHF 30 000.- comme promis, il a indiqué qu'il s'agissait d'argent qu'il devait prêter à L______, en euros, pour lui permettre de rembourser ses dettes et de se marier. Il ne souhaitait pas répondre à la question de savoir la provenance de cet argent qu'il n'avait finalement pas encore remis à L______. Il ne désirait pas répondre à la question de l'envoi par la victime d'un message le 27 février 2015 l'accusant de le prendre pour "un con" et de le placer dans des difficultés en ne lui rendant pas son argent depuis trois mois tout en inventant un prénommé AL______. Il ne voulait pas plus dire si ledit AL______ existait. Confronté à l'absence d'activation de bornes téléphoniques genevoises entre le 9 et le 10 mars 2015 en début d'après-midi, il n'a pas souhaité confirmer s'il avait ou non dormi chez la victime durant la nuit en question. Sa réponse a été la même

- 37/84 s'agissant du message envoyé à cette dernière le 10 mars 2015 aux environs de 13h00, via CP______ [Messagerie instantanée] lui annonçant un rendez-vous vers 14h30 chez elle en attente du téléphone de T______ qui leur donnerait "la totalité" le soir même de sorte que L______ aurait "[ses] 30'000.- comme promis". Il ignorait comment son raccordement avait activé des antennes à proximité immédiate du ______ le 11 mars 2015 à 10h30 alors que celui de la victime activait encore des bornes à AP______ [GE] à 10h57. Il n'expliquait pas comment un retrait était intervenu à 11h29 sur le compte bancaire de la victime auprès de la H______ à CQ______ [GE] alors qu'il prétendait que celle-ci lui avait remis sa carte bancaire une heure plus tôt. x.e. Le 2 septembre 2015 devant le Procureur, A______ a persisté à soutenir qu'il était prévu qu'il donne CHF 30'000.- à L______, dont celui-ci avait besoin pour son départ en Afrique, en complément de sa rente. Il ne lui avait remis que CHF 200.- en décembre 2014. L______ prévoyait de vendre ses affaires personnelles à CN______. Il avait écrit des messages à L______ après son départ en Afrique, dont le 13 mars 2015, pour prendre des nouvelles. Il ne souhaitait pas s'exprimer sur la localisation du raccordement téléphonique de la victime à proximité de son propre domicile à cette date. Il n'avait rien à dire sur le fait que le téléphone qu'il avait vendu à AZ______ était celui de L______. Il n'avait pas été en possession dudit téléphone (PP E-19). x.f. Le 6 octobre 2015, A______ a soutenu qu'une personne, dont il ne souhaitait pas divulguer le nom pour des raisons de sécurité, lui avait remis les objets que lui-même avait revendus chez AZ______. Le 12 mars 2015, cette personne l'avait contacté par téléphone en lui disant que L______ avait une dette d'argent à son égard, ce dont luimême était responsable dans la mesure où il les avait présentés. A______ devait vendre les objets de L______ pour rembourser cette dette. Il avait tenté de joindre en vain L______ qui selon lui se trouvait en Afrique. Au final, A______ avait remboursé cette dette, dont il ne voulait pas révéler le montant. Il commençait à se dire qu'un lien existait entre CN______ et ce créancier, sans savoir lequel (PP E-30). x.g. Le 28 octobre 2015, confronté au fait que L______ ne pouvait lui avoir remis les clés de sa voiture et sa carte bancaire le 11 mars 2015, vers 10h30, vu le témoignage d'AO______ et le prélèvement au bancomat de CQ______ [GE] de 11h29, A______ a répondu qu'il avait dû se tromper sur les horaires (PP E-37). x.h. Le 8 décembre 2015, A______ a reconnu des retraits du compte de L______, avec son autorisation. Lui-même devait bien lui donner CHF 30'000.-, après réception de l'argent de ses propres débiteurs, le Grec et T______. Le 11 mars 2015, avant de se rendre chez L______, il avait rencontré T______ à Genève, en un lieu dont il ne se souvenait plus, lequel lui avait donné l'argent, dont il ne souhaitait pas dévoiler le montant. T______ habitait en France, était dangereux, connu de la police

- 38/84 et avait des amis faisant partie de la CR______. L______ pouvait obtenir des téléphones sans présenter de pièces d'identité, ce dont T______ avait besoin. x.i. Le 2 février 2016, il a expliqué que, s'il avait dormi à plusieurs reprises chez L______ pour éviter la police, c'était consécutivement à la venue de la brigade financière à son domicile le 7 janvier 2015. Il ignorait que les objets qu'il avait vendus à AZ______ appartenaient à L______ (PP E-45). x.j. Le 31 mars 2016, A______ a réaffirmé avoir retrouvé le sac à dos de sa fille prêté à L______ dans le coffre de la voiture de ce dernier. Il avait constaté, en l'ouvrant, qu'il contenait une carabine, pensant dans un premier temps qu'elle était à plomb avant, quelques jours plus tard, alors qu'il voulait récupérer ledit sac, de constater qu'elle était démontée. Il l'avait essayée une seule fois, sur des morceaux de bois, dans la forêt en dessus de Q______ [VD] (PP E-53). x.k. Le 17 juin 2016, A______ a indiqué que c'était AA______ qui lui avait remis les affaires revendues à AZ______, y compris le téléphone, dont il ignorait qu'il s'agissait de celles de L______. AA______ lui avait remis CHF 30'000.- le matin où lui-même avait reçu les clés de la voiture de L______. C'était sa part de la commission sur l'opération de change que AA______ avait effectuée avec "le Grec", pour avoir aidé le premier à obtenir une machine à compter et à authentifier les billets. AA______ lui devait CHF 10'000.- supplémentaires et avait fait un virement de CHF 5'000.- sur son compte ou sur celui de sa société, restant lui devoir CHF 5'000.-. AA______ avait rencontré L______ pour la première fois le 30 septembre 2014, lorsque tous deux lui avaient apporté la machine à compter les billets (PP E- 70). x.l. Le 21 septembre 2016, A______ est revenu sur les deux machines à compter les billets qu'il s'était procurées et avait revendues chez CS______. Il avait mis AA______ en relation avec des personnes actives au sein de banques genevoises afin d'effectuer des opérations de change, d'où la commission due de CHF 40'000.-. Sur cette somme, AA______ lui avait remis CHF 30'000.-, devant la gare, avant que A______ ne se rende chez L______. Sur le produit de la vente des affaires de L______, A______ avait remis entre CHF 1'000.- et 1'500.- à AA______. Ultérieurement, A______ est revenu sur ses dires en indiquant n'avoir présenté personne à AA______ en lien avec les opérations de change. En réalité, il lui avait présenté une personne, qui figurait dans les contacts de son téléphone, mais dont il ne se souvenait plus le nom (PP E-75). x.m. Le 29 novembre 2016, A______ a refusé de répondre aux questions du Procureur tant que tous les témoins de l'affaire ne seraient pas entendus, relatives à la possession des clés du domicile du défunt par des tiers, la dernière fois que lui-même était retourné à son appartement, s'il y ava

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