Siégeant : Madame Sara GARBARSKI, présidente ; Madame Delphine GONSETH, Madame Rita SETHI-KARAM, juges ; Madame Léa RESTELLINI, greffière-juriste délibérante.
REPUBLIQUE ET
CANTON DE GENEVE POUVOIR JUDICIAIRE P/11499/2022 AARP/268/2026 COUR DE JUSTICE Chambre pénale d'appel et de révision Arrêt du 30 juillet 2026
Entre A______, domicilié ______, France, comparant par Me B______, avocat, appelant,
contre le jugement JTCO/121/2025 rendu le 19 septembre 2025 par le Tribunal correctionnel, et C______, partie plaignante, comparant par Me D______, avocate, LE MINISTÈRE PUBLIC de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B, case postale 3565, 1211 Genève 3, intimés.
- 2/65 - P/11499/2022 EN FAIT : A. a. En temps utile, A______ appelle du jugement JTCO/121/2025 du 19 septembre 2025, par lequel le Tribunal correctionnel (TCO) l'a reconnu coupable de viol (art. 190 al. 1 de l'ancien Code pénal suisse [aCP]) et l'a condamné à une peine privative de liberté de trois ans avec sursis partiel, la partie ferme étant fixée à six mois et le délai d'épreuve à trois ans, ainsi qu'à payer à C______ CHF 15'000.-, avec intérêts à 5% l'an dès le 30 juin 2021, en réparation du tort moral, et CHF 17'625.55 pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure. Le TCO a également statué sur le sort des objets séquestrés et astreint le condamné, dont les conclusions en indemnisation ont été rejetées, à payer les frais de la procédure préliminaire et de première instance, en CHF 4'650.-, y compris un émolument de jugement de CHF 1'500.-. A______ entreprend ce jugement, concluant à son acquittement de tous les chefs reprochés, à son indemnisation au sens de l'art. 429 du Code de procédure pénale (CPP) et au rejet des conclusions en indemnisation de C______, sous suite de frais. b. Selon l'acte d'accusation du Ministère public (MP) du 21 mai 2025, il est reproché à A______ d'avoir, à des dates indéterminées entre avril et juin 2021, dans les locaux du garage E______, sis avenue 1______ no. ______, [code postal] F______ [GE], contraint à deux reprises C______ à entretenir un rapport sexuel, en la pénétrant vaginalement avec son pénis, sans préservatif, en usant de pressions psychiques et en la mettant physiquement et psychiquement hors d'état de résister. Il a brisé la résistance de sa victime en exploitant sa force, sa supériorité physique ainsi que l'état de sidération dans lequel elle s'était trouvée, après avoir tenté de le repousser sans succès, de la façon suivante : - alors qu'il s'était rendu dans les toilettes à une occasion, entre 12h00 et 13h30, et que C______ s'apprêtait à en sortir, il l'en a empêchée, en entrant dans la cabine, puis en fermant la porte derrière lui, avant de se coller contre elle et de l'enlacer avec ses bras, tout en lui disant qu'elle l'excitait. C______ a tenté de le repousser avec ses bras mais il a introduit sa main dans le pantalon de sa victime, sous sa culotte, sur son sexe. Malgré le fait que C______ s'y soit opposée en saisissant d'abord son poignet pour extraire sa main de sa culotte, puis en utilisant ses deux mains pour ce faire, tout en lui disant "non", puis "non, arrête", A______ a résisté, en usant de force pour maintenir sa main, et a insisté à plusieurs reprises, en lui disant qu'elle en avait, elle aussi, envie, puisqu'elle était "mouillée", tout en tentant de lui baisser son pantalon. Bien que C______ ait remonté son pantalon, A______ a essayé, à nouveau, de le lui baisser, la plaçant de par ses agissements dans un état de sidération, afin de la pénétrer vaginalement ; - à une autre reprise, aux alentours de 18h00, à l'intérieur du local comprenant un vestiaire et des douches, situé au sous-sol dudit garage, il a pris C______ contre lui, l'a embrassée et l'a poussée en direction des douches avec lui, en lui disant "allez,
- 3/65 - P/11499/2022 viens". C______ lui a dit "non" et qu'elle devait partir mais il l'a embrassée sur la bouche et a insisté, tout en se collant contre elle et en l'enlaçant avec ses bras, de façon à l'entraver et à la placer dans un état de sidération, avant de lui baisser son pantalon, puis le sien, pour la pénétrer vaginalement. B. Les faits pertinents suivants ressortent de la procédure : a. Dénonciation aux autorités a.a. Le 15 mars 2022, C______ s'est présentée aux forces de l’ordre pour signaler un problème d'ordre sexuel survenu avec un ancien collègue de travail. Après que la police lui a expliqué les options qui s'offraient à elle, elle a souhaité prendre du temps pour réfléchir. Le 18 mars 2022, elle a informé les policiers vouloir aller de l'avant mais a annulé, le jour-même, le rendez-vous fixé au 21 mars 2022, en raison du fait qu'elle ne se sentait pas encore prête. Le 12 mai 2022, elle a recontacté les agents de la force publique et a annoncé être décidée cette fois-ci à déposer plainte pénale, ce qu'elle a fait lors de son audition du 17 mai 2022, donnant lieu à la présente procédure. a.b. À la suite d'une convocation orale, dont la date a été avancée au jour même de l’appel, sur demande de A______, ce dernier s'est immédiatement présenté à la police le 20 mai 2022, muni de divers échanges d'e-mails qu'il avait eus avec C______ et qu'il a spontanément remis aux policiers, pour preuve de son innocence. Sa première audition a eu lieu sans la présence d'un avocat, dès lors qu'il n'a pas émis le souhait d'être assisté. b. Déclarations des parties Les parties ont été entendues à plusieurs reprises par les autorités pénales sur les faits suivants, lesquels ont été corroborés sur certains points par leurs écrits figurant à la procédure, soit les courriels et messages Skype produits par A______, ainsi que ceux découlant de l'extraction des messageries privées et professionnelles des parties, opérée par la Brigade de criminalité informatique (BCI). Tant C______ que A______ admettent qu'ils se sont laissés entraîner dans un jeu de séduction, entretenu par de multiples échanges et rencontres, notamment pour s’adonner à des actes sexuels consentis. La plaignante soutient que seuls deux actes sexuels, qui ont eu lieu sur leur lieu de travail, sont litigieux et les situe entre avril et début juin 2021.
- 4/65 - P/11499/2022 Rencontre et début de la relation b.a.a. C______ avait été en couple avec G______, gendarme de profession, d'avril 2019 à décembre 2021, et s'était remise avec lui dès septembre 2022. En novembre 2020, elle avait été placée par le chômage au garage E______, où elle avait exercé en qualité de réceptionniste et avait rencontré A______, vendeur de véhicules. Elle avait ensuite démissionné en janvier 2022 pour travailler, dès le mois suivant, en tant que coach sportive au sein de différents centres de fitness. Au début, elle entretenait une relation purement professionnelle avec A______, puis dès janvier ou février 2021, en raison du fait que son travail ne l'intéressait pas et qu'elle s'ennuyait, elle avait commencé à écrire des banalités à ce dernier, sans arrièrepensées, par le biais de l'application Skype, canal de communication utilisé à l’interne par l'entreprise. A______ avait tout d'abord été gentil et l'avait complimentée, tant sur ses compétences intellectuelles (elle était trop intelligente pour être réceptionniste) que sur son physique (elle était jolie). Elle le voyait également tous les matins, lorsqu'il passait à la réception pour boire un café, parfois seul, parfois accompagné d'autres collègues. Au bout d'un moment, leurs échanges, devenus quotidiens, avaient pris une tournure différente et s'étaient transformés en un jeu de séduction. Elle ne pouvait pas dater précisément ce changement mais se rappelait qu'en mars 2021, elle avait commencé à faire du sport durant sa pause de midi et qu'il lui avait fait des sousentendus, en commentant le fait qu'elle prenait une douche dans les vestiaires de l'entreprise. Au MP, elle a précisé qu'elle ne se souvenait plus des phrases exactes échangées dans ce contexte, mais qu'il s'agissait d'allusions taquines et coquines. Il lui avait notamment dit qu'elle était bien habillée, trop intelligente et qu'elle méritait un meilleur travail. Dans la mesure où elle ne se sentait, à l'époque, plus désirée par son compagnon de vie, elle était flattée de plaire à un homme, si bien qu'elle était entrée dans son jeu. Son couple subissait des tensions dues au fait qu'ils n'arrivaient pas à concevoir un enfant depuis une année, à la baisse de libido et à l'irritabilité de son conjoint qui souffrait d'hyperthyroïdie. Celui-ci était également un peu déprimé, à cause de son poste de gendarme qui ne lui convenait pas. Pour sa part, elle se sentait seule et délaissée. Elle souffrait d'un manque d'attention, dès lors que son compagnon ne la complimentait plus et ne la regardait plus avec envie. Elle avait mentionné à A______ qu'elle essayait d'avoir un enfant avec son conjoint, en vain, et lui avait indiqué craindre de faire une fausse-couche, ce qui était un mensonge. Elle ne savait pas pourquoi elle lui avait raconté cela, peut-être pour obtenir de l'attention. b.a.b. A______ était en couple depuis de nombreuses années avec sa compagne, avec qui il avait eu un fils, mineur au moment des faits.
- 5/65 - P/11499/2022 Dès février ou mars 2021, C______ et lui avaient commencé à se rapprocher au bureau et discutaient de sujets divers. Il lui avait même révélé que son couple battait de l'aile. Ils se parlaient par Skype et s'étaient par la suite envoyés des e-mails sur leurs boîtes professionnelles et privées. Il ne se souvenait plus qui avait initié la conversation par le biais de Skype mais c'était elle qui avait commencé à lui écrire par e-mail, sachant qu'il les consultait depuis son téléphone. En mars ou avril 2021, elle lui avait envoyé des courriels le mercredi sur son e-mail privé, lui disant qu'il lui manquait, car il prenait souvent congé ce jour-là. Ils se taquinaient amicalement. Elle lui faisait des compliments, en lui disant qu'il était beau et qu'il avait de beaux yeux, et lui-même lui répondait, par exemple, qu'elle avait de belles fesses ou qu'elle était jolie. Ils avaient une bonne affinité et s'entendaient bien. Au garage, C______ se comportait normalement. Elle n'était aguicheuse qu'à son égard et non avec les autres collègues. Elle lui avait dit qu'il lui plaisait et qu'elle avait ressenti cela dès qu'elle l'avait rencontré, ce qui ne lui était arrivé qu'à une seule reprise auparavant. Son directeur l'appelait même "Madame A______". Leurs collègues se doutaient qu'il se passait quelque chose, sans toutefois en être certains. Son chef, H______, avait surpris certaines conversations qu'ils avaient eues sur Skype et lui avait demandé ce qui se passait. Il lui avait répondu "rien" car ils étaient tous deux en couple. Il n'avait pas eu de problème ni d'aventure avec d'autres collègues. Par contre, C______ avait eu, de son côté, un souci avec un collègue prénommé I______, dont il a souhaité taire le nom complet, dès lors que celui-ci était en couple et qu'il ne voulait pas qu'il ait des ennuis. Il y avait juste eu des "on-dit" sur une histoire entre eux lors d'une sortie, dont lui-même ignorait les détails, si bien que C______ avait convoqué tous les mécaniciens pour leur demander de ne pas répandre de fausses rumeurs. Au MP, il a révélé que les rumeurs concernaient une relation sexuelle entretenue entre C______ et I______. b.a.c. Ci-après, les messages entre les parties figurant au dossier pour cette période : Le 5 mars 2021 - C______, à 11h49 : "Y a des jetons à café dans un gobelet au-dessus de la machine à café pour demain si jamais ..! j'ai oublié de te dire.. Bon week-end ". Le 26 mars 2021 - Les deux intéressés, dès 17h55 : "Eh, tu connais mon mail, si tu veux dire qqch hein. Hésite pas" (C______) ; "Merci C______, passe un bon week end" (A______) ; "Hahaha. Je te déteste" (C______) ; "Moi aussi je t aime" (A______) ; "Ben je crois pas sinon tu me répondrais ! En plus lundi je compte pas dessus. Tssss. Tcho" (C______) ; "C est quoi le rapport avec lundi ?? C______ c est pas une bonne idée de faire quoi que ce soit. Y a la tentation mais y a la raison" (A______) ; "Je t'ai demandé d'être explicite, comme je l'ai été avant. (Je t'ai pas
- 6/65 - P/11499/2022 dit de me raisonner je sais que c'est une mauvaise idée t'inquiète.) Le rapport avec lundi c'est que si tu me laisse cogiter le week-end, déjà je vais être de mauvaise lundi et toi aussi" (C______) ; "On verra ce que l avenir nous dira" (A______) ; "Haha ok, j'ai compris. Je laisse tomber. Allé, bon week-end !" (C______). Première relation sexuelle b.b.a. Selon C______, A______ et elle avaient continué à s'écrire par messages jusqu'au moment où ils avaient planifié de se voir, un jour après le travail, aux alentours de 18h00, sûrement fin mars 2021. Ils s'étaient retrouvés sur le parking J______, endroit qu'elle-même avait suggéré, consciente qu'ils n'allaient pas se voir pour "tricoter". Au MP, elle a précisé qu'elle pensait avoir agi de manière impulsive, nourrie par les compliments de son collègue. Elle était montée à l'avant du véhicule de fonction de A______ et ils avaient d'abord discuté, avant de s'installer sur les sièges arrière, sur proposition de son collègue, qu'elle avait acceptée. Après un moment de gêne, A______ l'avait embrassée et ils avaient commencé à se toucher avant d'entretenir, d'un commun accord, une relation sexuelle consentie et non protégée. Ils avaient en effet discuté du fait qu'ils ne se protégeraient pas, en amont par Skype, soit sûrement en mars 2021. Elle se rappelait qu'il lui avait dit qu'il ne pouvait pas acheter de préservatifs et qu'elle n'allait pas en acheter, car les femmes "n'achetaient pas ce genre de choses". Il y avait eu pénétration vaginale et elle lui avait sûrement touché le sexe. Elle ne se rappelait plus s'il y avait eu d'autres actes sexuels. Toutefois, elle était certaine qu'elle ne lui avait pas prodigué de fellation, ce qu'elle a confirmé ultérieurement. Ni elle ni lui n'avait joui, si bien qu'il avait "fini" tout seul entre ses mains. Comme il n'avait pas de mouchoir, elle lui avait léché les doigts. Après s'être rhabillés, ils s'étaient promenés quelques minutes au parc et A______ lui avait proposé de recommencer, ce qu'elle avait refusé, étant précisé qu'il n'avait pas été insistant. En rentrant chez elle, elle avait réalisé que ce rapport avait été une erreur et ne souhaitait plus recommencer. Le lendemain, au garage, elle avait ignoré A______, de même que les jours d'après, comportement que ce dernier avait également adopté. Elle avait même eu l'impression qu'il lui "faisait la gueule". b.b.b. Selon A______, peu après le début de leur jeu de séduction, entre les 1er et 4 avril 2021, soit avant Pâques, C______ et lui s'étaient donnés rendez-vous pour coucher ensemble. Ils ressentaient une attirance physique mutuelle, qui les avait menés à se rejoindre sur le parking J______, où ils avaient entretenu une première relation sexuelle à l'arrière de son véhicule. Ils avaient décidé ensemble de se voir mais c'était elle qui connaissait les lieux, car elle y faisait son jogging, et lui avait indiqué où se retrouver, endroit qu'il ne connaissait, pour sa part, pas. Ils avaient tous deux eu envie de cette intimité. Après qu'elle était montée dans sa voiture, ils étaient passés sur la banquette arrière, d'un commun accord, et s'étaient embrassés. Ils avaient entretenu un rapport vaginal, non protégé, dans une ou deux positions et elle lui avait prodigué une fellation. Il avait joui lors de la fellation et elle avait avalé son sperme. Ils ne s'étaient pas posé la question d'un rapport protégé sur le moment. Ils étaient passés à l'acte
- 7/65 - P/11499/2022 sachant qu'ils étaient attirés l'un par l'autre, même s'ils causaient du mal aux personnes autour d'eux. Au MP, il a ajouté qu'ils avaient entretenu non pas un mais deux rapports sexuels ce soir-là. Entre-deux, ils s'étaient promenés durant environ 15 minutes, avant de retourner dans le véhicule, où ils avaient eu une seconde relation sexuelle avec pénétration, au cours de laquelle il avait également éjaculé dans sa bouche. C______ n'avait pas joui, étant précisé qu'une fille qui jouissait n'était, selon lui, "pas plus expressive que cela". Il ne s'était en tout cas pas posé la question, quand bien même il s'en était préoccupé ultérieurement. Au TCO, il a en effet souligné lui avoir demandé par message, le 6 avril 2021, si elle avait eu du plaisir ce jour-là. Après l'acte, ils étaient chacun repartis de leur côté. b.b.c. Ci-après, les messages entre les parties figurant au dossier pour cette période : Le 6 avril 2021 - Les deux intéressés, dès 11h49 : "J'allais pas t'écrire jeudi soir alors que tu rentrais chez toi..! Et puis samedi j'étais avec Monsieur alors compliqué.." (C______) ; "ok. Savoir si c'était bien ?" (A______) ; "Evidemment A______..! Pourquoi, pas pour toi ? j'ai eu du mal à te sortir de ma tête pour dire la vérité" (C______) ; "non j'ai trouvé sa nul" (A______) ; "ah ok. bah on oublie alors" (C______) ; "je rigole bien sur mais ce n'était pas assez long" (A______) ; "bah ça pourra jamais vrm l'être" (C______) ; "et si" (A______) ; "Je vois pas comment, on est en mode furtif, c'est dur de prendre son temps..! Haha" (C______) ; "oui c'est vrai" (A______) ; "Du coup ça va t'as pas trop pensé à moi quand même ?" (C______) ; "non pas du tout" (A______) ; "Ah ok" (C______) […] ; - A______, à 13h06 : "viens dès que K______ part" et C______ répond : "viens toi y a personne" […] ; - Les deux intéressés, dès 13h19 : "haha. ok. faut me dire si je dois me méfier" (C______) ; "te méfier de quoi?" (A______) ; "bah si tu vas à droite à gauche" (C______) ; "non c'est bon C______" (A______) ; "ok. faut j'te montre un truc. tu vas rire. viens voir" [10 minutes après] "Dis moi quand je peux venir" [10 minutes encore plus tard] "ANYTIME" (C______). - Les deux intéressés, dès 18h01 : "Tu m'énerves. J'avais vrm envie" (C______) ; "Fais le avec ton mec ! T a l habitude" (A______) ; "Ouh le pic.. Tu m'as fait envie si tu préfères comme formule. Mais je vois que mon mail n'est pas le bienvenu.. sorry" (C______) ; "Ok bonne soirée" (A______) ; "Pareil !" (C______). Anniversaire de A______ b.c.a. Le 6 avril 2021, C______ avait programmé un e-mail pour le lendemain, jour de l'anniversaire de A______, dans lequel elle avait joint des photographies d'elle
- 8/65 - P/11499/2022 dénudée en sous-vêtements et très suggestives, ainsi que des images trouvées sur internet, que les hommes s'envoyaient généralement entre eux, "du style joyeux anniversaire avec une nana qui apparai[ssait]". Ultérieurement, elle a expliqué qu'elle ignorait les raisons de cet envoi. Elle lui avait également préparé un gâteau pour célébrer sa fête lors de la pause de midi avec les collègues, un jeudi ou un vendredi, car le mercredi, jour de son anniversaire, il n'était pas présent au garage. Elle a contesté lui avoir prodigué, à cette occasion, une fellation dans les toilettes. Les échanges du 6 avril 2021 avaient eu lieu après leur première relation sexuelle. C'était pour elle une manière de le garder "dans [s]a poche" pour la suite au travail. Ceux du 7 avril 2021 représentaient les premiers échanges lors desquels ils s'étaient "chauffés" mutuellement. b.c.b. Selon A______, lequel a eu besoin d'un temps de réflexion pour se rappeler de cet événement, sur interrogation des policiers, C______ lui avait préparé un gâteau pour son anniversaire, qu'ils avaient mangé avec plusieurs collègues, puis, la précitée et lui s'étaient rendus aux toilettes, où elle lui avait prodigué une fellation avant d'avaler son sperme. Il a précisé ultérieurement que C______ était allée en premier dans les toilettes des femmes, puis, il s'était rendu à son tour dans le sas, avant les toilettes, pour se laver les mains et s'assurer qu'il n'y avait personne. Elle lui avait ensuite ouvert la porte, l'avait invité à entrer et lui avait prodigué une fellation. En appel, il a précisé qu'elle l'avait déshabillé en amont, en descendant son pantalon. Il ne se souvenait plus comment ils s'étaient mis d'accord pour se rejoindre aux toilettes, par oral ou par écrit, avant ou après avoir mangé le gâteau. C______ lui avait dit que, comme c'était son anniversaire, elle lui offrirait un cadeau spécial. Cela n'avait pas duré très longtemps. Questionné par la police sur le fait qu'elle lui avait également envoyé le jour-même des photographies d'elle dénudée, il a confirmé que cela était vrai. Il n'en avait pas parlé car il les avait directement supprimées pour éviter que sa femme ne les trouve et il ne voyait pas l'intérêt de le mentionner, cela n'étant ni en faveur ni en défaveur de C______ ou de la sienne. Au TCO, il a précisé que le jour de son anniversaire, il se trouvait chez lui, car il avait congé – ce qui était souvent le cas le mercredi, dès lors qu'il gardait son fils et qu'il travaillait le samedi – et pouvait consulter ses courriels professionnels sur son téléphone. Il avait donc vu qu'elle lui avait envoyé des photographies d'elle dénudée. À cette période, ils s'écrivaient beaucoup. L'épisode de la fellation avait certainement dû avoir eu lieu le 6 ou le 8 avril 2021, probablement ce dernier jour, entre 12h00 et 14h00. b.c.c. Il ressort d'un échange de courriels, ayant comme sujet "A______", la conversation suivante, par laquelle C______ a transféré à A______, à 00h05, des images en guise de cadeau pour son anniversaire :
- 9/65 - P/11499/2022 Le 7 avril 2021 - "Je te souhaite un très bel anniversaire A______ ! Profite de ta journée, de ta famille, fête bien. Petit cadeau à suivre, observe bien..! Bisou ;)" (C______) ; "Merci C______. Bonne nuit" (A______) ; - Puis, dès 10h31 : "Haha, happy boy A______, happy boy ! La joie se cultive et le positif attire le positif, sois un soleil. Tu aimes le chocolat ? Et tu chausses du combien 43 ?" (C______) ; "Ok merci C______. Je chausse petit comme tu as pu le voir" (A______) ; "Hahaha, non j'ai pas vraiment regardé tes pieds.. ! Tu peux répondre à mes questions s'te plait xD" (C______) ; "C est pas de mes pieds que je parle C______" (A______) ; "Mais ! N'importe quoi ! Haha, t'es bête. A______, t'as vraiment pas à dire ça, vraiment ! Taille nickel" (C______) ; "C______ je veux rien je t assuré à part quelque chose de non matériel" (A______) ; "Alors déjà t'as pas répondu à ma première question qui était : T'aimes le chocolat ? C'est pas du matériel ça. Si j'veux te tartiner avec, on sait jamais ! Et ensuite c'était juste si je te trouvais des baskets pour ta course dans ma cave" (C______) ; "Juste le chocolat sa ira" (A______) ; "Ok chef ! Bon je te dérange pas plus pendant TA journée. Profite-en ! Et encore bon anniversaire. Bisou" (C______) ; - Dans l'après-midi, dès 15h16 : "Il marche pas mon batelier" (A______) ; "Ohlalaa mais change de téléphone ! Haha. Elle t'as pas offert ça ta femme ? Est-ce qu'elle a bon gout ? Parce que faut voir pour la couleur des murs, les sols, etc.." (C______) ; "Ah sa t intéresse alors ?" (A______) ; "Qui dit non à une maison ? Qui dit non à A______ qui a son anniversaire aujourd'hui ?" (C______) ; "Ah merde demain c est mort alors" (A______) ; "Haha, bah demande tout ce que tu veux auj', se sera valable pour la suite. Je n'ai qu'une parole.." (C______) ; "Quitte ton chéri" (A______) ; "Tu y vas un peu fort là quand même ! xD" (C______) ; "Tu m as dit demande tout ce que tu veux ..." (A______) ; "Ouais mais dans la limite du raisonnable quand même. Hahaha. Genre : une gâterie 2x par semaine, des coachings privés perso caliente, un repas par semaine.. J'en sais rien xD. Tu veux quitter ta femme ?" (C______) ; "Pose pas une question par une autre question !!! Tu m as dit que je demandais ce que je voulais" (A______) ; "Oui mais dans la limite du raisonnable mec ! Haha, je t'ai fourni des exemples.. Du coup, tu veux quitter ta femme ? Sérieusement ?" (C______) ; "Allez C______ bonne soirée à demain" (A______) ; "Hahaha salaud. C'est pas cool de finir comme ça" (C______) ; "On dérive" (A______) ; "On a le droit de rêver à une autre vie, on a le droit de se laisser aller, on a le droit de s'imaginer un avenir différent, on a le droit de s'amuser, on a le droit de kiffer ce qu'on vit" (C______) ; "Un jour tu seras emmerde du choix qu on devra faire" (A______) ; - Plus tard, dès 17h19 : "Je suis seule jusqu'à minuit..." (C______) ; "Sex toy?" (A______) ; "Haha. J'ai jamais eu ce genre de truc moi. C'est un mec ou rien..!" (C______) ; "T a couché hier soir ?" (A______) ; "Pas hier soir non et toi ?"
- 10/65 - P/11499/2022 (C______) ; "Oui pour moi hier soir" (A______) ; "Ah bah tu vois ! T'as ravivé la flemme ? Ou c'était après les photos que je t'ai envoyée ? (Bon moi ce matin pour dire vrai.. Haha)" (C______) ; "Donc tu me dis jamais la vérité" (A______) ; "À quelle moment j’ai pas dit la vérité ?" (C______) ; "Laisse tomber C______ ! Sa ne m intéresse pas ce que tu fais ! C est malsain" (A______) ; "Wow et j'ai fais quoi ? A part te taquiner sur ta nuit de sexe ? Tu sais que j'ai une vie sexuelle active, je t'ai dit hier, donc je comprend pas ta réaction.. J'ai dit pas hier soir, mais ce matin. J'aurai pu le dire en une fois, je voulais laisser du suspens c'est tout. On n'est pas censé avoir juste le côté « fun » dans cette histoire ? c'est toi qu'a dit pas de sentiment, pas d'attache, uniquement le côté sympas.." (C______) ; "Oui tu dois avoir raison !!! Allez passe à autre chose" (A______) ; "A______.. Tu te vnr trop vite. Je comprends pas ce que j'ai fait de mal.. Moi je passe pas à autre chose non. Si toi tu veux zapper ok, mais c'est dommage.." (C______) ; "Tu as l habitude de sa tu peux pas mentir !! Peut être je le gère moins bien ! Je comprends moins ton attitude" (A______) ; "Non j'ai pas l'habitude.. Je suis pas comme ça.. Et t'inquiète pas ça cogite dans ma tête, je dors plus bcp ces derniers temps, mais je le garde pour moi, sinon je vais devenir dingo. J'ai bcp trop à perdre dans cette histoire, donc je préfère prendre ça à la légère et faire comme si de rien n'était, me dire que au travail c'est au travail et après j'ai ma vraie vie" (C______) ; "Sa marche passe une bonne soirée" (A______) ; "Je te suis pas trop A______.. P-e faudra m'expliquer ce que tu penses.. Mais je te dérange pas plus. Bonne soirée à toi" (C______) ; "Oui sa doit être sa. Bonne soirée" (A______). Autres rencontres (en particulier aux J______) b.d.a. Selon C______, il avait fallu un certain temps pour qu'ils recommencent à discuter par Skype, suite à leur première relation sexuelle aux J______. Elle l'avait ensuite ignoré, ce que A______ avait également fait. Elle avait eu l'impression qu'il lui faisait "la gueule". Elle ne pouvait définir la date de cette reprise de contact et qui avait initié la conversation. Quelques jours plus tard, elle lui avait donné rendez-vous sur le parking J______, le matin avant de se rendre au travail, afin de pouvoir discuter de leur situation. Elle avait amené le petit-déjeuner sur son scooter et lui était arrivé en voiture. Elle lui avait confié qu'elle pensait que leur relation était une erreur. Il lui avait rétorqué qu'il n'avait jamais trompé sa femme si bien que, pour lui, cet acte avait une signification et n'était pas arrivé par hasard, tout en finissant par dire "on verra", lorsqu'elle lui avait dit vouloir en rester là. Il n'était pas d'accord que leur relation prenne fin. À la police, elle a expliqué qu'après avoir mangé le petit-déjeuner, ils étaient repartis, sans être fâchés, et avaient continué à discuter par Skype, alors qu'au MP, elle a relaté qu'il lui avait tout d'abord "fait la tête" au garage, ce qu'elle avait aussi fait par défaut. Il était froid et hautain à son égard. Ils avaient recommencé à discuter que dans un second temps mais son collègue avait commencé à être insistant pour qu'ils aient de nouveaux rapports sexuels, en lui disant par Skype : "allez, on se voit".
- 11/65 - P/11499/2022 À partir de ce moment-là, elle ne se souvenait plus de la chronologie des événements. Ils s'étaient en tout cas rencontrés une troisième fois aux J______, en fin de journée, rendez-vous qu'elle n'a pas pu dater. Comme le parking était fermé, elle était montée dans son véhicule à la recherche d'un autre endroit pour s'arrêter. Alors qu'ils s'étaient stationnés dans une rue derrière le parc J______, ils avaient aperçu un collègue au volant de sa voiture et avaient eu peur d’être débusqués. Elle lui avait demandé si cela n'était pas un signe que leur relation devait prendre fin mais ne se souvenait plus de sa réponse. Au MP, elle a précisé qu'elle était angoissée à l'idée qu'un collègue les ait vus mais A______ l'avait rassurée en affirmant que tel n'était pas le cas. Ils avaient à nouveau entretenu une relation sexuelle, non protégée, sur la banquette arrière du véhicule. Ultérieurement, elle a relaté que A______ lui avait dit : "viens, on passe derrière" et ils avaient eu un rapport sexuel, suivi d'une fellation. Aucun d'eux n'avait joui, étant relevé que A______ s'était retenu de peur que sa femme ne le remarque et qu'elle-même n'avait rien ressenti. Ils s'étaient ensuite rhabillés et il l'avait raccompagnée jusqu'à son scooter. Par la suite, ils avaient entretenu à nouveau des relations sexuelles, une ou deux fois le matin, avant d’aller au travail, ainsi qu'à deux reprises en fin de journée, après le travail, à chaque fois sur proposition de son collègue et selon le même mode de procéder que les deux premières fois. De manière générale, A______ insistait pour qu'ils se retrouvent et elle essayait, de son côté, d'esquiver, en prétendant avoir trop de travail ou un rendez-vous. Cela étant et face à l’insistance de ce dernier, elle finissait toujours par céder. C'était toutefois elle qui avait pris l'initiative de leur rencontre (les deux fois survenus le matin), à la suite des sollicitations de son collègue, qui avait beaucoup insisté pour la voir. Durant les rapports, il lui disait des choses comme : "tu me fais kiffer, tu me fais trop d'effet, tu aimes ?, c'est bon?". Lors de chaque relation sexuelle entretenue dans la voiture de A______, elle n'avait jamais dit "non", même si, à l'exception de la première fois, ce dernier était très insistant et qu'elle se sentait soumise. Au MP, elle a précisé avoir cédé car elle se sentait coupable et redevable dès lors qu'il lui disait, à plusieurs reprises, qu'elle le traitait comme de la "merde" et qu'elle était un "monstre" d'agir ainsi. En dehors de leur lieu de travail, ils avaient eu cinq autres relations sexuelles consenties, quand bien même elle n'en avait pas forcément envie. Chaque rendez-vous était fixé par Skype ou par e-mail. En plus de leurs écrits sur Skype, elle a concédé avoir échangé avec A______ par le biais de sa boîte de messagerie professionnelle et privée. Elle a reconnu devant le MP l’avoir, à tout le moins à une reprise, clairement "chauffé", lui demandant ce qu'il aimait et s'il préférait être dominant ou dominé. Elle se souvenait également lui avoir prodigué, au moins une fois, une fellation. Son collègue lui avait précisé que sa femme ne lui en faisait pas, qu'elle le faisait trop bien et qu'il en voulait encore.
- 12/65 - P/11499/2022 Elle avait également postulé à un autre poste au sein de la même entreprise et A______ n'arrêtait pas de lui répéter qu'il l'avait pistonnée. Il n'y avait pas de lien de hiérarchie entre eux, n'étant pas légalement son supérieur, même s'il jouait là-dessus, sans toutefois utiliser sa position pour obtenir des avantages sexuels. Elle ne se souvenait pas avoir mentionné le "karma" lorsque ses menstruations sont survenues fin avril 2021, ayant ses règles tous les mois. Pour ce qui était des messages du 14 mai 2021, elle a expliqué qu'elle se trouvait dans un cercle vicieux, craignant que son compagnon ne découvre son infidélité, mais aussi que A______ lui fasse la tête et qu'elle se sente coupable. Ayant consenti à la première relation, elle avait l'impression d'être redevable pour celles d'après. b.d.b. Selon A______, ils avaient couché ensuite ensemble, dans son véhicule, une fois le soir et deux fois le matin avant de se rendre au travail, toujours aux alentours J______. C______ lui avait ordonné de ne jamais lui écrire en premier par e-mail, craignant que son compagnon ne l’aperçoive. Connaissant désormais tous deux le lieu de rencontre secrète, elle lui indiquait uniquement l'heure du rendez-vous par courriel. À chaque fois, ils avaient entretenu un rapport vaginal, puis il jouissait dans sa bouche, hormis à une occasion lors de laquelle elle lui avait seulement prodigué une fellation, dès lors qu'elle était indisposée. Ces derniers faits s'étaient déroulés alors que sa collègue effectuait un remplacement d’une semaine dans un autre garage. Elle ne lui avait plus parlé et lui avait ensuite expliqué qu'elle pensait qu’elle était punie car elle ne parvenait pas à concevoir d’enfant avec son compagnon, que c'était le "karma" qui la châtiait d’avoir trompé son copain. Elle l’avait tenu responsable du fait qu’elle ne tombait pas enceinte, puis lui avait dit qu'il ne se passerait plus rien entre eux, ce à quoi il avait répondu "ok", bien qu'il ne comprît pas puisque ce n'était pas lui "qui choisissait". C'était la première fois qu'elle avait voulu mettre fin à leur relation. Lorsqu'elle était revenue le lundi suivant au garage, ils ne s'étaient pas parlé. Il l'avait ignorée. Elle lui avait alors écrit qu'ils devaient discuter. C'était elle qui était revenue vers lui. Il avait accepté de la rencontrer le lendemain aux J______. Elle avait apporté le petit-déjeuner et ils avaient fait le point. Elle s'était excusée, considérant qu'elle ne devait pas réagir ainsi. Elle avait posé sa tête sur son épaule et lui avait dit qu'il ne pouvait rien se passer, dès lors qu'elle avait ses menstruations, mais qu'elle était d'accord de lui faire une "gâterie" pour lui faire plaisir, ce qu'il avait accepté. Il avait éjaculé dans sa bouche. Au MP, il a précisé que cette histoire de "karma" et l'annonce de la fin de leur relation avaient eu lieu fin avril 2021. Toutefois, deux ou trois jours plus tard, elle était revenue vers lui, mais il n'avait plus souhaité lui parler. Elle lui avait fait la tête pendant une journée, puis voulait discuter, ce qu'il avait refusé, frustré par la situation, estimant qu'il n'était pas fautif si elle n'arrivait pas à concevoir un enfant. Il avait ensuite accepté de discuter et ils s'étaient retrouvés un matin. Elle s'était excusée et lui avait fait une fellation.
- 13/65 - P/11499/2022 Relations sexuelles au travail b.e.a. C______ a ensuite relaté qu'il lui arrivait de courir avec A______, ce qu'elle avait fait à deux reprises, mi-avril 2021. Elle rentrait la plupart du temps en premier au garage, car elle courait plus vite, et prenait directement une douche. A______ se douchait également par la suite. Ils n'avaient jamais pris de douche ensemble, après avoir fait du jogging. À une occasion toutefois, durant sa pause de midi, entre 13h30 et 14h30, il était venu dans les douches pour la première fois, alors qu'elle s'y trouvait. Ils rigolaient souvent au début, par écrit, sur le fait qu'il allait venir la voir, mais cela n'était jamais arrivé jusque-là. Il avait toqué à la porte et elle avait ouvert, en tenant sa serviette devant elle. Il était vite rentré dans la cabine, pour ne pas se faire repérer. Pour sa part, elle était mal à l'aise, dès lors qu'il ne l'avait jamais vue toute nue. Il voulait qu'il se passe quelque chose, ce qui n'avait pas été son cas, si bien qu'il lui avait uniquement savonné le dos, puis, elle lui avait demandé de partir. Il s'était exécuté, épisode qu'elle a confirmé au MP. Au TCO, elle a précisé avoir été surprise que A______ la rejoigne. Elle avait entrouvert la porte, en se couvrant d'une serviette et il lui avait dit : "je viens te savonner le dos". Elle ne se souvenait plus si elle avait été consentante qu'il agisse ainsi. Ils avaient entretenu par la suite deux relations sexuelles sur leur lieu de travail, situant celles-ci comme étant les deux dernières qu'ils avaient eues. L'une d'entre elles avait eu lieu dans les toilettes – "bien après" l'anniversaire de A______ –, à l'heure de la pause de midi des autres employés, lesquels étaient alors absents, soit entre 12h00 et 13h30. Pour sa part, sa pause avait lieu entre 13h00 et 14h15. Dès le matin, A______ lui avait fait des avances, comme à son habitude, en lui faisant du charme et en lui montrant qu'il "voulait". Il lui avait proposé de se retrouver aux toilettes, ce à quoi elle avait dit "non". Il s'y était néanmoins rendu, en passant devant son bureau, mais elle ne l'avait pas suivi. Lorsqu'il était revenu, il lui avait lancé un regard "un peu désagréable". Au MP, elle a précisé qu'il ne lui avait fait aucune remarque, mais qu'elle avait senti son mécontentement dès lors qu'il avait eu un regard en coin, prenant un air hautain et fâché. À une occasion, sans pouvoir dire si cela avait été ce jour-là ou à un autre moment, il lui avait dit : "c'est toujours quand toi tu veux". Du coup, elle avait dit "ok, j'y vais", reconnaissant qu'il s'agissait d'une sorte d'invitation de sa part, étant précisé que cela n'était pas la première fois qu'il la regardait de manière désobligeante ou qu'il soupirait lorsqu'elle refusait ses avances. Au MP, elle a précisé qu'elle ne se souvenait plus si c'était ce jour-là qu'il lui avait également dit qu'elle était frigide. Elle s'était sentie mal et lui avait alors indiqué qu'elle se rendait aux toilettes, consciente qu'il s'agissait d'une invitation. Au TCO, elle a précisé qu'elle lui avait envoyé un message pour l'informer qu'elle se rendait aux toilettes. Après avoir uriné, elle avait entendu la porte d'entrée des toilettes s'ouvrir et s'était dit intérieurement : "merde, je ne veux pas", changeant alors d'avis. Elle avait déverrouillé
- 14/65 - P/11499/2022 la porte de la cabine pour sortir mais A______ s'était engouffré dedans, en la refermant à clé, sans qu'elle ne puisse protester. Au MP, elle a précisé qu'elle ne l'avait pas invité à entrer. Il avait commencé à se coller à elle, étant précisé qu'il était plus grand, et avait empoigné ses bras pour les placer au-dessus de sa tête, puis, saisi ses fesses, en lui disant qu'elle l'excitait et qu'il avait envie d'elle. Elle lui avait dit qu'ils n'avaient pas le temps et s'était un peu reculée. Il lui avait mis la main dans le pantalon, sous sa culotte. Elle avait voulu la retirer, mais il avait insisté, en maintenant son bras vers le bas avec force. Elle avait alors saisi le poignet de A______, avec ses deux mains, pour essayer de l'enlever de son pantalon, tout en lui disant "non", mais il avait persisté à maintenir sa main en bas, en lui disant "mais si, tu as envie, c'est mouillé", ce qui n'était pas le cas. Alors qu'elle avait finalement réussi à extraire la main de l'intéressé de son pantalon, elle avait reculé, restant toutefois bloquée par la taille réduite de la cabine, et l'avait repoussé. Il était néanmoins revenu vers elle et lui avait baissé son pantalon. Elle lui avait dit "non", tout en remontant son bas et l'avait repoussé à un moment donné avec ses bras. Il s'était toutefois à nouveau approché d'elle et lui avait baissé une seconde fois son pantalon, en lui disant des phrases, du même style que celle susmentionnée. Elle lui avait répété "non" et il lui avait répondu quelque chose comme "allez", si bien qu'elle s'était "laissée faire". Il lui avait baissé son pantalon, l'avait retournée et pénétrée, sans préliminaire et sans préservatif. Au MP, elle a déclaré qu'il avait mis ses bras autour d'elle, l'avait rapprochée du mur et l'avait embrassée. Elle avait fait un geste pour le repousser avec ses avant-bras mais il avait mis sa main dans sa culotte. Elle lui avait dit "non" mais il lui avait rétorqué qu'elle en avait envie car elle était "mouillée". Après avoir tenté de lui faire retirer son bras de son pantalon, en vain, elle avait dû utiliser ses deux mains pour ce faire. Elle lui avait ensuite dit : "arrête, non" mais il lui avait répondu : "si, tu en as envie", tout en essayant de baisser son pantalon. Après avoir baissé son bas pour la seconde fois, elle s'était laissée faire. Elle avait un trou noir, ne savait plus rien et n'était plus présente. Elle n'avait pas crié et ignorait si certains employés étaient présents, à ce moment-là, au garage. La pénétration, en position levrette, avait duré deux minutes. Ni lui ni elle n'avait joui et il n'avait pas éjaculé dans sa bouche ensuite. Après cela, elle ne se souvenait plus de grand-chose, hormis du fait qu'elle s'était rhabillée et était sortie la première, qu'elle l'avait ignorée et qu'elle était retournée à sa place, se sentant bizarre, vide, sans émotion, ne se rappelant plus du reste du déroulement de la journée, ayant fait un déni. Elle ne se souvenait plus s'ils s'étaient dit quelque chose. Selon elle, ces faits avaient eu lieu en mai 2021. Le garage restait ouvert aux clients durant la pause de midi et il y avait toujours un employé à la réception. Elle ignorait la distance qui se trouvait entre la réception et les toilettes. Par la suite, tout comme les autres fois, elle l'avait ignoré et l'avait esquivé, restant distante. Il lui avait "fait la gueule", ce qui l'avait fait culpabiliser, comme si elle lui devait quelque chose. Selon les souvenirs remémorés au TCO, il n'y avait pas eu d'épisode où ils s'étaient juste embrassés dans les toilettes. Leur dernier rapport sexuel avait eu lieu dans les douches, en fin de journée après le travail, vers 18h00. D'habitude, elle quittait le garage en passant devant le bureau de
- 15/65 - P/11499/2022 A______, qui se trouvait proche de la sortie et qui était, ce jour-là, le dernier présent. Toutefois, sur le moment, elle avait oublié des affaires dans les vestiaires des douches et lui avait dit qu'elle sortirait par en bas. Elle ne se rappelait plus si elle lui avait dit quelque chose pour qu'il la suive. Il l'avait néanmoins rejointe dans les vestiaires peu après et elle avait eu la même réaction que lors de l'incident des toilettes, à savoir se dire intérieurement qu'elle ne souhaitait pas qu'il soit là. À la police, elle a expliqué qu'à nouveau, il l'avait prise contre lui et l'avait un "peu poussée" en direction des douches pour s'y rendre ensemble. Elle lui avait dit "non", qu'elle devait y aller, ne se souvenant plus exactement l'excuse qu'elle lui avait donnée. Elle lui avait en tout cas dit "non". Il l'avait embrassée sur la bouche et elle avait adopté la même posture que celle lors de l'épisode des toilettes, soit à baisser les bras et à se laisser faire. Il lui avait dit : "je veux que tu cries, je veux t'entendre crier", ce qu'il lui avait déjà répété lors d'un précédent rapport sexuel. Il avait éjaculé dans la douche, alors qu'elle n'avait pas joui. Elle s'était sentie vidée, comme si elle avait été spectatrice des événements, tout comme lors de l'épisode des toilettes. Après le rapport, elle était partie et lui avait "fait la gueule". Au MP, elle a expliqué qu'une fois au sous-sol, il l'avait embrassée, l'avait enlacée avec ses bras en la collant et lui avait dit "allez, viens", tout en la rapprochant de la porte des douches. Ils étaient entrés dans la cabine et il avait continué à l'embrasser, alors qu'elle lui avait dit "non", tout en cherchant des excuses, en lui disant qu'il y avait encore du monde et qu'elle devait partir. Il lui avait répondu : "c'est bon, on ne fera pas de bruit" et avait baissé son pantalon à elle, puis le sien et l'avait pénétrée. Elle ne pensait pas l'avoir repoussé physiquement et ignorait pour quelle raison elle s'était laissée faire. Elle a confirmé au TCO avoir toutefois dit "non", tout en précisant qu'ils n'avaient pas allumé l'eau pour couvrir leur bruit. A______ n'avait pas éjaculé dans la douche et elle ne s'était pas non plus baissée pour avaler son sperme. En appel, elle a expliqué qu'outre les deux épisodes précités, elle avait déjà entretenu des relations sexuelles avec A______, alors qu'elle n'en avait pas envie et qu'elle s'était abstenue de le lui dire. Quand bien même elle n'avait ni plaisir, ni joie, ni même une certaine excitation, elle agissait ainsi en raison de l'emprise qu'il avait sur elle, la faisant changer d'avis et céder à chaque fois. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle recherchait dans cette relation. Elle n'avait pas le souvenir d'avoir fait des reproches à A______, après les deux épisodes litigieux, en lui rappelant qu'il avait outrepassé son refus. b.e.b.a. Après avoir expliqué spontanément les relations sexuelles entretenues avec C______ aux J______, A______ a, de son côté et sur question de la police qui lui a demandé s'ils en avaient eu d'autres, ajouté qu'il l'avait rejointe une fois dans les douches des vestiaires, alors qu'elle se lavait après avoir fait son sport. Il avait frappé à la porte et elle lui avait ouvert le verrou pour qu'il entre à son tour. Ils avaient ensuite fermé à clé mais il ne pouvait dire si c'était elle ou lui qui avait fait ce geste. Elle était nue et lui en habit de travail. Il ne se souvenait plus s'il s'était déshabillé seul, si elle s'en était chargée ou si, dans l'action, cela avait été fait par les deux. Ils avaient fait l'amour, avec pénétration, toujours sans protection. Elle n'avait pas joui, alors que luimême avait éjaculé dans la douche, juste après avoir ressorti son pénis de son vagin.
- 16/65 - P/11499/2022 De son propre chef, elle avait baissé la tête pour avaler ce qui restait de son sperme. Confronté aux déclarations de C______, selon lesquelles il l'avait poussée, qu'elle avait dit non et qu'il lui avait dit qu'il voulait qu'elle crie, il a indiqué que cela ne faisait pas de sens dès lors que plusieurs employés avaient leur place de travail en face de la douche et qu'ils auraient entendu si elle avait crié, étant précisé qu'elle courait de 13h00 à 13h35 et que, lorsqu'elle se douchait, les magasiniers étaient de retour à leur poste de travail. Il ne l'avait pas non plus forcée à avaler son sperme. Il ne pensait pas qu'ils avaient eu une autre relation sexuelle dans la douche, étant relevé qu'il l'avait rejoint qu'à une reprise à cet endroit. Lorsqu'il allait courir, il lui arrivait de prendre une douche, avant ou après elle mais jamais ensemble, étant précisé que plusieurs employés pratiquaient également du sport et prenaient aussi des douches. Il a contesté que C______ lui ait dit "non", réitérant qu'elle lui avait ouvert la porte, alors qu'il y avait un verrou. Interrogé par la police, il a d'abord affirmé qu'il n'y avait eu aucun autre acte sexuel que ceux précédemment évoqués (aux J______ et dans les douches), puis, confronté aux déclarations de C______, selon lesquelles il l'avait rejoint aux toilettes, l'avait retournée puis pénétrée, il a indiqué que cela était totalement faux car il lui était impossible de "retourner une fille comme ça". Il ne comprenait pas pour quelle raison, s'il l'avait vraiment forcée, elle ne s'était jamais plainte aux ressources humaines ou à la direction. Il a toutefois concédé qu'ils s'étaient embrassés aux toilettes. Au MP d'abord, puis au TCO, il a précisé ses déclarations et a replacé dans le temps les relations sexuelles qu'il avait entretenues avec C______. Entre début avril et le 3 ou 4 juin 2021, ils en avaient eu quatre, notamment à une reprise dans la douche du soussol du garage. À cette époque, il se passait beaucoup de choses entre eux. Les douches n'étaient pas fermées, ni séparées entre elles par des parois, étant précisé qu'il y avait un espace au-dessus de la paroi du sas, si bien qu'il était facile d'entendre ou de passer la tête en se hissant à la paroi. Le magasin des pièces détachées du garage se trouvait à une dizaine de pas du sas des douches. À midi, bien que le personnel technique ne travaillât pas, les directeurs et responsables, ainsi que la secrétaire et les vendeurs étaient présents. La majorité du personnel mangeait dans le garage qui restait ouvert aux clients. De nombreux employés faisaient des allers-retours au sous-sol, où se trouvait le réfectoire. C______, qui avait une pause entre 13h00 et 14h15, avait l'habitude de courir à ce moment-là et prenait sa douche ensuite lorsque tout le monde reprenait son travail. Ce jour-là, vers 13h45, il l'avait rejointe quand elle se douchait. Elle ne l'avait pas appelé car rien n'avait été convenu entre eux, mais il l'avait vue descendre au sous-sol. Il savait qu'elle avait l'habitude de partir courir 20 ou 30 minutes et il l'avait rejointe. Il ne se souvenait pas s'ils s'étaient "chauffés" le matin et ne pouvait dire pour quelle raison il l'avait suivie ce jour-là. Il y avait un grand sas avec trois douches et il avait frappé à la porte, qui était fermée à clé depuis l'intérieur. C______, qui avait enroulé une serviette autour d’elle, lui avait ouvert. Elle savait que c'était lui car, durant cette
- 17/65 - P/11499/2022 période, ils avaient entretenu des rapports réguliers, et n'avait pas été surprise de sa venue. Elle l'avait invité à entrer, sans toutefois lui dire quelque chose de particulier. Il savait qu'elle était d'accord d'avoir une relation sexuelle, dès lors qu'elle lui avait ouvert la porte nue. Ils s'étaient embrassés, avant d'entretenir un rapport sexuel, en position de levrette. Au TCO, il a ajouté qu'ils avaient fait couler l'eau d'une douche pour faire du bruit, vu la configuration des lieux. Il avait uniquement descendu son pantalon et avait gardé sa chemise. C______, qui était complexée par sa poitrine, avait gardé sa serviette autour de ses seins. À aucun moment, ni avant ni pendant l'acte, elle n'avait manifesté son refus ou fait un quelconque geste en ce sens. Cela n'avait pas duré très longtemps. Lorsqu'il avait senti qu'il allait jouir, il s'était retiré, positionné sur le côté pour éjaculer. Elle s'était alors penchée de sa propre initiative pour avaler le reste du sperme. Il avait eu le sentiment, suite à cela, qu'elle prenait du plaisir à lui faire des fellations ou, à tout le moins, avait le souhait de lui faire plaisir, ce qui était réciproque. Il était ressorti en premier en faisant attention à ce que personne n'arrive. Après cela, leur relation n'avait pas changé et était restée bonne. Il a contesté l'avoir rejointe à une autre reprise dans les douches, en fin d'après-midi après le travail, ce qu'il a confirmé au TCO. Ils s'étaient également rencontrés à deux reprises dans les toilettes du garage. La première fois, c’était à l’occasion de son anniversaire, lors duquel elle lui avait fait une fellation, et une seconde fois, c’était entre le 3 avril et le 4 juin 2021, dans l'après-midi, date à laquelle ils avaient eu un rapport vaginal. Vu ses déclarations à la police, il était possible qu'ils se soient aussi déjà embrassés aux toilettes mais il n'en avait plus le souvenir. Ils étaient attirés l'un par l'autre et il y avait eu beaucoup de "drague" entre eux. Ils discutaient par le biais de Skype pour prévoir quand ils pouvaient se retrouver. Comme il était plus libre dans ses horaires, C______ lui faisait un signe quand elle était disponible pour se retrouver là-bas. Les deux fois, elle était allée dans les toilettes des femmes et l'avait invité à la rejoindre. Elle lui envoyait un message par Skype de type "go", lorsqu'elle s'y rendait et, environ 30 secondes, voire une minute plus tard, il la rejoignait. Elle se trouvait généralement dans les toilettes des femmes, étant précisé qu'il y avait un grand sas avec un lavabo, une cabine de toilettes pour les hommes et une pour les femmes. Ces toilettes étaient adjacentes à celles réservées à l'atelier mécanique et carrosserie. Bien qu'il n'y eût pas d'accès direct depuis les toilettes clients et personnels, on entendait tout d'un côté ou de l'autre. Il se lavait alors les mains en vérifiant qu'il n'y avait personne dans les toilettes des hommes et/ou que personne n'arrivait. C______ ouvrait ensuite la porte des toilettes pour femmes pour qu'il entre. Elle savait que c'était lui car elle l'entendait entrer, puis se laver les mains. Elle ouvrait de son côté la porte et, si ce n'était pas lui, elle sortait simplement de la cabine pour se laver les mains. Les deux fois, ils s'étaient également assurés à la fin qu'il n'y avait personne qui s'approchait des toilettes, en écoutant les éventuels bruits de carrelage. Il sortait le premier et C______ fermait la porte derrière lui, puis quittait à son tour le cabinet, environ une minute après lui.
- 18/65 - P/11499/2022 La seconde fois avait eu lieu entre le 8 avril et le 3 ou 4 juin 2021. Lorsqu'il était entré dans les toilettes des femmes, il ne se souvenait plus qui avait fermé la porte à clé mais C______ avait en tout cas gardé une main sur la porte. Ils s'étaient embrassés et dénudés que très légèrement, vu les lieux, et avaient entretenu un rapport sexuel, en position de levrette. Il avait éjaculé dans sa bouche. Cela avait duré entre cinq et dix minutes. Il ne se souvenait plus s'il lui avait baissé son pantalon. Ils avaient eu peur de se faire prendre, vu la configuration des lieux, toutefois cela faisait partie de leur excitation mutuelle. C______ avait été active et n'avait manifesté aucun refus, que ce soit verbalement ou par geste. Elle était consentante. Ils avaient parlé mais il ne se souvenait plus du contenu de leur conversation, étant précisé qu'il n'y avait eu aucun malaise entre eux. Après cet épisode, il n'avait remarqué aucun changement de comportement chez elle. Il a contesté lui avoir mis la main sur son sexe ou dans sa culotte. Il ne l'avait pas non plus retournée pour la pénétrer dès lors qu'ils avaient commencé à s'embrasser. À chaque rapport vaginal, ils s'étaient toutefois positionnés en levrette, position appréciée par C______. Celle-ci n'avait pas évoqué l'absence de temps mais ils savaient tous deux qu'ils étaient pris par le temps, dès lors que les mécaniciens étaient juste derrière le mur et qu’il y avait régulièrement des clients ainsi que beaucoup de passages. Il a confirmé en appel qu'elle n'avait fait aucun geste pour le repousser, notamment en remontant son pantalon. Durant cette période, ils avaient eu également un ou deux rapports sexuels aux J______. Au total, ils avaient entretenu cinq ou six rapports sexuels en ce dernier lieu et avaient même discuté d'avoir une éventuelle relation dans les douches sur leur lieu de travail, en amont des actes sexuels litigieux. b.e.b.b. Lors de sa première audition à la police, A______ a spontanément évoqué, les relations sexuelles entretenues aux J______, sans toutefois citer celles qui s'étaient déroulées dans les toilettes et dans les douches du garage, dès lors qu'il était en état de choc et abasourdi par les accusations formulées à son encontre. Il avait été contacté un matin à 09h30 par une inspectrice de la police judiciaire qui lui avait annoncé faire l’objet d’une plainte pour viol déposée par C______. L'inspectrice l'avait informé qu'elle voulait l'entendre dans les dix prochains jours, ce qu'il avait accepté. Après avoir retrouvé dans son ordinateur cinq ou six courriels prouvant son innocence, il avait rappelé l'inspectrice pour lui demander de l’auditionner le plus rapidement possible. Il s'était ainsi rendu dans l'après-midi même au poste de police, sans avocat et sans s'être remémoré en détail tous les événements, pensant pouvoir prouver immédiatement son innocence grâce aux messages retrouvés. Il y avait "plein de choses", notamment les images reçues pour son anniversaire, dont il ne s'était pas souvenu, lors de sa première audition, et qu'il avait mentionnées ultérieurement. Il avait aussi eu de la peine à se rappeler la chronologie des faits. Son conseil lui avait conseillé ultérieurement d'écrire sur une feuille blanche tout ce dont il se souvenait, ce qui lui avait permis de se remémorer de nombreux détails et de replacer les différents événements dans le temps.
- 19/65 - P/11499/2022 Au TCO, il a précisé qu'étant innocent, il n'avait aucun intérêt à cacher quoi que ce soit. Lors de son audition de police, il était en état de choc, raison pour laquelle il avait déclaré qu'il lui aurait été impossible de "retourner" C______ lors de l'épisode des toilettes. Il ne s'était pas souvenu de cet événement, dès lors que cela faisait une année que les faits s’étaient déroulés et qu'il avait été surpris par les accusations proférées à son encontre. Il était également en couple avec sa compagne et voulait avancer. Il n'avait pas non plus mentionné spontanément l'épisode de la douche à la police pour les mêmes raisons que celles avancées pour celui des toilettes, à savoir son état de choc. Il en avait toutefois parlé lors de cette audition. Selon lui, C______ avait pris du plaisir lors de leurs relations sexuelles, même si elle n'avait jamais joui. Elle lui avait expliqué qu'elle avait du mal à jouir, que cela lui arrivait très rarement et prenait du temps pour elle. Il s'était toujours soucié que cela se passe bien, en se plaçant notamment dans des positions qu'elle aimait. Il était question pour lui d'un plaisir mutuel. Elle lui avait d'ailleurs répondu à une occasion "Evidemment" par message lorsqu'il lui avait demandé si cela lui avait plu. Ils pratiquaient aussi souvent des préliminaires, notamment des fellations. C______ aimait également qu'il mette "sa tête sur son vagin", acte dont il ne se souvenait plus du nom exact. Il ne se rappelait pas l'avoir pénétrée avec ses doigts. Il ne s'était jamais montré insistant par messages, bien qu'il lui eût ponctuellement aussi proposé des rendez-vous. Lors de l'épisode du "karma", il arrivait qu'il lui dise parfois "non" et elle aussi. Il était possible qu'il lui ait indiqué qu'elle était "un monstre" pendant cette période. Après quelques jours de froid entre eux, elle était revenue vers lui. C______ avait essayé à une reprise seulement de mettre fin à leur relation, à savoir fin avril, lorsqu'elle avait eu ses règles, signe qu'elle ne parvenait pas à avoir d'enfant et qu'elle pensait être punie, d'où son besoin de mettre un terme à tout cela. Il n'avait jamais été hautain ou froid – hormis lors d’un épisode fin avril où ils ne s’adressaient plus la parole –, et ne lui avait jamais fait la tête, même s'il concédait que, lorsqu'il était concentré, il pouvait avoir l'air hautain. Il n'avait jamais mis de pression psychologique sur qui que ce soit et encore moins sur C______. Il n'avait pas le souvenir qu'elle ait changé d'avis lors de leurs relations sexuelles, dès lors que si elle refusait, il ne cherchait pas à aller plus loin. b.e.c. Ci-après, les messages entre les parties figurant au dossier pour les deux périodes précitées, étant rappelé que tant C______ que A______ ont situé les deux relations sexuelles litigieuses, qui ont eu lieu au garage, entre avril et début juin 2021 : Le 21 avril 2021 - Les deux intéressés, dès 20h16 : "Bah par te voir évidemment !!" (C______) ; "Je suis comme toi j ai des obligations ! Mais cela ne m empêche pas de pensé à toi" (A______) ; "Je sais.. Mais ça tombe tjr mal.. à croire que le destin est contre nous.." (C______) ; "Le destin nous rassemblera plus tard <3" (A______) ; "Oui
- 20/65 - P/11499/2022 peut-être.." (C______) ; "J adore ta persuasion" (A______) ; "Je t'ai dit A______, moi j'y crois pas à ça.. Mais on sait pas ce que la vie nous réserve et tu as p-e raison..!" (C______) ; "Ok donc on peut dire que vendredi c est fini ??" (A______) ; "Pourquoi vendredi ?" (C______) ; "Tes règles" (A______) ; "Bah je trouve nul de dire que c'est fini, et de mettre un jour précis, je t'ai dit comment moi je voyais les choses, mais si tu veux.." (C______) ; "On verra C______. Je veux aussi te tester savoir où tu es prêt à aller" (A______) ; "Nul part A______, je suis prête à aller nul part.. P-e tu attends un peu trop de moi.. Ou je sais pas ce que tu attends.. Mais si tu veux arrêter c'est le bon moment puisqu'on se voit pas t'as raison.." (C______) ; "Ok pas de souci C______" (A______) ; "Tu cherches quoi à vouloir savoir jusqu'où je suis prête à aller..? Ça veut dire quoi" (C______) ; "Je t ai vexé ou quoi ?" (A______) ; "Pas du tout, je cherche à te comprendre. T'es pas simple à suivre !" (C______) ; "Tu crois que j ai pas du mal aussi à te cerner ?" (A______). Le 4 mai 2021 - Les deux intéressés, dès 18h04 : "? :(" (C______) ; "Pas pu sorry" (A______) ; "Oui je sais.. Dommage.. Mais t'façon je vais pas te manquer demain..! Donc ça va" (C______) ; "Dis pas sa tu sais bien" (A______) ; "Mouai je sais pas" (C______) ; "C______… Arrête tes fausses phrases !! Tu sais ce que je pense" (A______). Le 7 mai 2021 - A______, à 13h03 : "Désolé je suis allé trop loin dans mes propos ! C est de la frustration". Le 14 mai 2021 - Les deux intéressés, dès 11h00 : "Tu veux manger quoi ?" (A______) ; "Rien je voulais juste savoir si par hasard je pouvais ajouter qqch avec mon plat ou un dessert :P" (C______) ; "ah ba dis moi ce que tu souhaites" (A______) ; "Mais non trop pas, regardez ou vous allez et si jamais j'ajoute qch" (C______) ; "ah je pensais que c'était moi le dessert :)" (A______) ; "[emoji qui rit] a voir" (C______) ; "top" (A______) ; "[emoji qui rit, la main sur la bouche]" (C______) ; "apéritif?" (A______) ; "Mojito?" (C______) ; "no" (A______) ; "nul" (C______) ; "ah bon je pensais que j'étais meilleur qu'un mojito" (A______) ; "haha différent t'as demandé pour mes frites?" (C______) ; "oui" (A______) ; "top merci" (C______) ; "écoute qd tu es dispo tu me dis" (A______) ; "haha roooh sorry A______ oui je te dis" (C______) ; "sa va moins bien de nouveau. y'a rien à expliquer de plus" (A______) ; "Ah ok.. Bah je sais pas tu pourrais dire ce qu'il ne va pas.. Comme moi je t'ai dit qu'il me faisait pas confiance et qu'il croit que je lui dis pas tout sur toi" (C______) ; "on s'embrouille plus. c'est moins fluide. pour des
- 21/65 - P/11499/2022 futilités" (A______) ; "Comme bcp de couple je te rassure.." (C______) ; "je suis pas trop du genre à m'embrouiller en couple. cela fait pas partie de ma vision" (A______) ; "ok. Mais c'est rien de grave ça va" (C______) ; "je ne sais pas. on verra" (A______) ; "Eh bah t'es optimiste toi" (C______) ; "c'est comme sa" (A______) ; - Les deux intéressés, dès 13h16 : "A______ m'en veut pas s'te plaît.. J'ai dû me battre entre lundi et mercredi soir pour qu'il me croit et me fasse confiance.." (C______) ; "ah non je t'en veux pas. je suis déçu c'est tout" (A______) ; "Je veux juste être clean et que ça se tasse un peu.. Parce que j'ai dû mal à lui mentir. Je sais.. Moi aussi je suis déçue. Mais comme je t'ai dit mercredi, je peux pas le perdre.. et là c'est risqué.. Même si j'ai envie.." (C______) ; "oui pas de soucis je respecte" (A______) ; "Et tu sais quoi.. J'ai même pas envie qu'on ** mais j'ai envie que tu me prennes dans tes bras.. Donc c'est chaud.." (C______) ; "tkt pas de souci" (A______) ; "Mais si je peux t'aider dis-moi.. Si tu veux partager ou parler.. Même si tu boudes" (C______) ; "non tu m'aides déjà assez. tu peux aussi te confier si besoin tu sais" (A______) ; "Je t'aide ? En quoi ? J'ai plutôt l'impression de faire le contraire.." (C______) ; "non non tkt pas pour sa. tu m'aides à ta manière" (A______) ; "ça veut dire quoi ça ?" (C______) ; "si tu m'aides. rien de plus à ajouter" (A______) ; "… parce que tu crois que c'est fini. c'est pour ça que tu dis ça" (C______) ; "je ne sais pas.." (A______) ; "A______, je commence à te connaître hein si jamais" (C______) ; "ah et qu'est ce que tu comprends ?" (A______) ; "Que tu boudes parce que tu crois que je veux plus alors que c'est pas du tout ça, et que ça te facilite la chose puisque tu voulais arrêté de toute façon.." (C______) ; "c'est vrai que j'ai l'impression que ton envie est moindre mais je comprends ta situation" (A______) ; "Donc ça t'arranges bien c'est ce que je dis" (C______) ; "mais pourquoi tu reviens dessus à chaque fois??? J'ai pas envie d'arrêter C______. c'est bon tu as compris?" (A______) ; "Oui j'ai compris. Pardon" (C______) ; "non ne t'excuse pas mais je pense que tu avais besoin de l'entendre" (A______) ; ":( " (C______) ; "ba pkoi tu fais cette tête" (A______) ; "Parce que.." (C______) ; "ba dis moi. [après 10 minutes sans réponse] C______ exprime toi. tu n'as pas à te cacher" (A______) ; "Haha non mais rien" (C______) ; "je vois pas pourquoi tu ne parles pas mais bon bref" (A______) ; "Je suis fatiguée c'est tout. Fatigue = Câlins" (C______) ; "ah ok" (A______) ; "C'est la fille qu'à posé sa tête sur ton épaule qui parle. Donc breeeeef" (C______) ; "je l'aime bien cette fille" (A______) ; "je sais.. et elle aussi" (C______) ; "elle est toujours la bienvenue" (A______) ; "[emoji qui fait un bisou])" (C______) ; […] "merci" (A______) ; "Pour ?" (C______) ; "ce bisou" (A______) ; "merci à toi" (C______). Suite des événements relatés par chacune des parties b.f.a. C______ a expliqué que, par la suite, l'interpellation et la mise en détention provisoire de son propre frère lui avaient permis de mettre fin à sa relation avec
- 22/65 - P/11499/2022 A______. En effet, suite à cela, elle s'était rendu compte de son erreur et avait complètement ignoré son collègue, ce que ce dernier n'avait pas compris. Quand bien même elle avait tenté d'être distante et froide, elle s'était à nouveau sentie redevable envers lui et ne se sentait pas bien lorsqu'il lui "faisait la gueule". Il avait insisté pour qu'ils se revoient, alors qu'elle était contre. Ainsi, un vendredi soir, alors qu'elle buvait un apéritif avec un groupe de collègues devant le garage, il lui avait fait des signes et envoyé des e-mails en lui disant : "viens on y va", ou quelque chose comme cela. Il avait remarqué qu'elle n'avait pas envie, mais elle avait tout de même accepté de le rejoindre aux J______, à l'endroit habituel, en scooter, dernier rendez-vous qu'elle a situé ultérieurement le 3 ou 4 juin 2021. Ils s'étaient tous deux directement installés sur la banquette arrière de sa voiture. Elle lui avait annoncé que leur relation était finie, ce à quoi il avait répondu : "allez, une dernière fois pour se dire au revoir", ce qu'elle avait refusé. Il lui avait alors dit : "une dernière gâterie" ou "au moins une gâterie", tout en lui mettant la main derrière son dos pour l'inciter à se rapprocher de lui. Elle lui avait alors prodigué une fellation. Lors de celle-ci, il lui avait dit : "je vois que tu n'en as pas envie", souhaitant plus, mais cela n'avait pas été son cas, si bien qu'elle avait uniquement haussé les épaules pour lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas, tout en continuant ce qu'elle faisait, jusqu'à ce qu'il éjacule dans sa bouche, point sur lequel elle est revenue devant les premiers juges dès lors qu'il n'avait jamais éjaculé ainsi lors de leurs rencontres aux J______. Lors d'une seconde audience, puis en première instance, elle a expliqué qu'il l'avait incitée à lui prodiguer une fellation, en lui mettant sa main sur son dos et en lui disant qu'elle lui devait bien cela, précisant qu'elle s'était ainsi "laissée faire". Durant la fellation, il avait essayé de la toucher, en la prenant par la taille, mais n'avait pas insisté en voyant qu'elle reculait, alors qu'elle lui prodiguait toujours la fellation. Elle ne lui avait pas dit "non". Elle ne comprenait pas pourquoi elle s'était exécutée, mais elle avait eu le sentiment de lui être redevable, dès lors qu'elle avait été consentante lors de leur premier rapport et, qu'ensuite, il n'acceptait pas lorsqu'elle lui disait non, que ce soit par courriel, par Skype ou verbalement. Il avait réalisé qu'en insistant un peu, elle finissait par craquer. Ce jour-là, elle pensait pourtant qu'il ne se passerait rien et qu'elle arriverait à mettre un terme à leur relation. Elle a situé cet événement avant ses propres vacances, soit début juin et non fin juin 2021. Elle était ensuite partie deux semaines en vacances. Il lui avait "fait la gueule" à son retour. Bien que cela l'avait dérangée, elle n'était pas rentrée dans son jeu, gardant ses distances. Ils avaient toutefois continué à se parler un peu. À chaque fois qu'il essayait de lui "rentrer dedans", elle esquivait. Il y avait eu par la suite des accolades, notamment lorsqu'elle ne se sentait pas bien. Il l'avait en effet prise dans les bras, au garage, dans un bureau dissimulé. Elle a contesté lui avoir prodigué une fellation, le 30 juillet 2021. Il n'y avait eu que des accolades dès son retour de vacances, qu'elle ne considérait pas comme du "flirt". Il ne réclamait plus de la voir en dehors du travail mais des câlins, ce qui la mettait mal à l'aise, ayant peur. Lorsqu'elle allait voir d'autres collègues près du bureau de A______, parce qu'elle s'ennuyait, elle prenait garde de
- 23/65 - P/11499/2022 rester à distance de lui, par crainte qu'il ne l'agrippe ou qu'il ne la touche. Elle avait peur de lui, dès lors que, lorsqu'il se trouvait à son bureau et qu'il lui disait de venir vers lui, elle n'avait pas confiance. A______ se permettait de lui toucher les fesses et lui avait même dit une fois : "pourquoi tu ne t'approches pas, je ne vais pas te manger". Il avait une emprise sur elle car il ne cessait d'insister et elle se sentait redevable et coupable. Elle n'arrivait pas à déterminer à partir de quelle date elle avait commencé à avoir peur de A______. Durant cette période, il lui avait aussi fait des commentaires tels que : "ah, t'as les fesses molles" ou quelque chose comme cela, auxquels elle n'avait pas réagi, si bien qu'il lui avait rétorqué : "de dieu le frigo" et "t'es frigide". Sachant qu'elle avait pratiqué la boxe durant sa jeunesse, il lui avait aussi affirmé qu'il avait envie "de la boxer", commentaire qu'elle lui avait retourné. À deux reprises, à proximité de son bureau, il avait fait semblant de la "boxer", tout comme elle, puis l'avait saisie et mise à terre. Au TCO, elle a expliqué avoir envoyé le message suivant : "Bonjour A______ le mec qui me calcule plus du tout", le 22 juin 2021, à son retour de vacances, alors que leur relation avait pris fin, dès lors qu'il l'ignorait, lui faisait la gueule et la faisait se sentir coupable. Il réclamait aussi des câlins, sous forme d'accolades. Lorsqu'elle avait obtenu sa promotion, il lui avait indiqué que, s'il était directeur, il aimerait qu'elle soit sa secrétaire et qu'elle pourrait "passer sous le bureau". À une reprise, il lui avait aussi demandé, sur un ton "assez autoritaire", pourquoi elle ne lui avait pas amené de café, vu qu'il lui arrivait parfois d'en apporter à d'autres. Fin octobre ou fin novembre 2021, comme elle avait prévu d'aller manger au L______ [restauration rapide] avec ses collègues, elle avait demandé à A______ s'il voulait qu'elle lui ramène un repas. Celui-ci lui avait proposé de l'y emmener, tout en ajoutant qu'ils pouvaient aller courir et se doucher ensemble, ce qu'elle avait refusé. Sur le trajet du retour en direction du garage, l'intéressé avait tenté de poser sa main sur sa jambe mais elle lui avait dit "non", tout en retirant sa jambe et précisant que c'était fini. Il l'avait mal pris et s'était vexé. Interrogée en appel sur le fait qu'il ressortait de la procédure que A______ avait parfois respecté ses refus, elle a expliqué qu'il avait été plus facile pour elle de fuir lorsque la discussion était par écrit, mais lorsque "c'était verbal et physique", il ne respectait pas ses demandes. Pour ce qui était du dernier épisode fin octobre ou fin novembre 2021, elle a expliqué que dans la mesure où A______ conduisait à ce moment-là, rien ne pouvait se passer. b.f.b. Selon A______, le 3 ou le 4 juin 2021, la veille des vacances de C______, ils s'étaient retrouvés au parc J______, où ils avaient fait à nouveau l'amour à une reprise et il avait éjaculé dans sa bouche, comme à chaque fois.
- 24/65 - P/11499/2022 C______ le contactait par Skype ou sur sa boîte mail privée ou professionnelle, généralement durant les heures de travail mais aussi parfois le soir, pour lui proposer de se retrouver le lendemain matin. Ses messages étaient succincts et ne contenaient que l'heure et le lieu du rendez-vous. Mi-juin 2021, à son retour de vacances avec son conjoint, C______ lui avait annoncé qu'elle avait réfléchi et qu'elle voulait mettre à nouveau fin à leur relation, ce qu'il avait accepté. Le 30 juillet 2021, soit la veille de ses propres vacances, il lui avait dit qu'elle lui "en devait une dernière", dès lors qu'elle avait arrêté unilatéralement leur relation. Il a précisé à la police qu'ils avaient ainsi entretenu pour la dernière fois une relation sexuelle, au même endroit et de la même manière que les fois précédentes. Ultérieurement, il a précisé qu'ils n'avaient en réalité pas eu un rapport sexuel ce jourlà, car elle n'en avait pas envie, mais qu'elle lui avait prodigué uniquement une fellation. Ils étaient allés courir ensemble à midi, puis, durant l'après-midi, il lui avait proposé de le refaire une dernière fois, sans préciser l'acte sexuel en question. C'était lui qui était cette fois-ci revenu vers elle dès lors qu'il était triste que leur histoire se termine. Les termes utilisés ("lui en devait une dernière") étaient une manière de parler et comme elle l'avait "jeté", il voulait une dernière relation. Il lui avait ainsi proposé de se voir une ultime fois avant ses vacances. Elle lui avait d'abord dit qu'elle allait y réfléchir puis avait accepté. Elle était libre de refuser. Ils s'étaient rejoints le soir-même et, comme elle ne voulait pas avoir de relation vaginale, elle lui avait prodigué une fellation. Cela s'était fait machinalement, en guise d'adieu. Il ne pouvait dire qui avait proposé cette alternative mais elle était consentante et lui avait aussi accepté. En appel, il a ajouté qu'elle lui avait dit en amont par Skype qu'il n'y allait avoir que "ça". Il y avait de l'affection entre eux et elle avait voulu lui faire plaisir une dernière fois. Il a contesté l'avoir incitée à cet acte sexuel, en lui mettant la main sur le dos. Il lui avait posé la question sur le moment de savoir si elle voulait faire l'amour, toutefois il n'avait pas insisté et avait respecté son refus. Il s'agissait de l'humour lorsqu'il lui avait écrit ce jour-là : "en fait t'aura pas le choix". Pour sa part, bien qu'il ait accepté la fin de leur relation, il l'aimait bien et aurait souhaité que leur histoire se poursuive. Toutefois, avec du recul, il se rendait compte qu'il s'agissait d'une erreur et qu'elle avait pris la bonne décision. Il ne lui en avait ainsi pas voulu et était passé à autre chose. Ils avaient mis fin à leur jeu de séduction et il n'avait pas insisté, quand bien même il lui avait précisé que cela lui faisait du mal. Elle lui avait répondu qu'elle aussi était embêtée par cette situation mais que c'était mieux ainsi, dès lors qu'ils n'avaient aucun avenir ensemble, ce qui était vrai. Ils étaient ensuite restés en contact et discutaient comme des collègues. Leur relation était normale, sans tension particulière. De manière générale, il était déjà arrivé qu'ils se fâchent, parfois pour rigoler, ou qu'ils s'ignorent, notamment lors de l'épisode des menstruations. Il a contesté avoir fait la
- 25/65 - P/11499/2022 tête lorsque celle-ci l'ignorait, l'avoir regardée de manière désobligeante ou avoir poussé des soupirs. Certains jours, ils ne se parlaient pas, sans raison particulière, dès lors qu'ils ne travaillent pas toujours au même endroit dans le garage et avaient des emplois différents ; parfois il était lui-même en rendez-vous avec un client et ne la voyait pas forcément. Ils se proposaient réciproquement de se voir et il ne lui en avait jamais voulu d'avoir refusé. Il a contesté avoir une emprise sur elle, précisant qu'elle lui envoyait des messages tôt le matin pour se rencontrer, et ce de sa propre initiative. Il a contesté au MP qu'après la première relation sexuelle, elle lui avait dit que c'était une erreur et qu'elle ne voulait pas recommencer. Il était possible qu'elle ait déjà refusé de le retrouver pour coucher ensemble, par exemple lorsqu'elle devait rentrer tôt chez elle car son conjoint était déjà à la maison. Dans ces cas-là, il réagissait normalement. Il lui demandait aussi parfois pour quelle raison ils ne pouvaient pas se retrouver. Il était arrivé qu'il refuse également ses avances. Entre août et octobre 2021, aux toilettes du garage, il lui était arrivé de croiser C______, alors qu'il se lavait les mains. Il lui avait demandé si tout allait bien et elle avait acquiescé puis l'avait enlacé, par derrière, alors qu'il se trouvait toujours à proximité du lavabo. Il n'avait rien dit sur le moment et lui avait demandé plus tard, par Skype, pourquoi elle avait agi ainsi. Elle lui avait répondu que cela lui avait fait du bien. b.f.c. Ci-après, les messages entre les parties figurant au dossier pour cette période : Le 22 juin 2021 - C______, à 11h12 : "Bonjour A______ le mec qui me calcule plus du tout". Le 24 juin 2021 - A______, à 08h27 : "La piscine tu pourras mettre tes grosse fesses à l intérieur". Le 25 juin 2021 - A______, à 17h05 : "Oui cela doit être de m faute ! J aime pas t façon de faire semblant et de te raccrocher à ton chéri ! C est le faite que tu ne te lache pas qui m exaspère ! Tu sais que c est pas anodin et je le sais ! Et tu sais qu il y a un truc entre nous !". Le 30 juin 2021 Les deux intéressés, dès 10h58, au sujet de la boxe : "T'as de la chance de pas être là auj' toi, j'ai envie de taper tout le monde..!!" (C______) ; "Tu peux pas me taper meuf !! Trop faible … (…)" (A______) ; "Trop faible !? LOL ! Je te jure
- 26/65 - P/11499/2022 qu'aujourd'hui j'ai la rage (…)" (C______) ; "Je te laisserai me taper demain avec plaisir demain alors … Faut te laisse une chance (…)" (A______) ; "Me laisser une chance de ? (…)" (C______) ; "Te laisser une chance de me battre bien évidemment !!! (…) Dommage tu vas devoir me supporter encore pendant 2 mois …" (A______) ; "Hahaha je vais te battre c’est sur ! Ouais pas grave, c’est comme ça ! Haha TU vas devoir me supporter encore 2 mois" (C______) ; "On organisera cela. Je vais te supporter plus longtemps tu le sais !!!" (A______) ; "J'ai fait de la boxe à midi ça m'a calmée un peu (…)" (C______) ; "T a bien fait ! Vivement demain alors !! Ah tu veux plus me supporter toi ???" (A______) ; "Haha je te le fais pas diiiiiiiire. Mais si je veux te supporter banane. Tu fais quoi auj ?" (C______). Le 16 juillet 2021 - Les deux intéressés, dès 15h55, après une dispute au bureau : "Tu penses sincèrement que je pensais rien de ce que j'ai dit ? Tu penses sérieusement que je suis une menteuse pareille?" (C______) ; "franchement je suis désolé de te le dire mais oui pour la première question. je sais pas ce que tu cherchais, j'ai encore du mal à comprendre" (A______) ; "Mais je cherchais rien en fait. On se taquinait et ça a viré" (C______) ; "donc dès que tu taquines qqun tu vires toi?" (A______) ; "Non A______. Pour rappel faut être 2" (C______) ; "y a d'autres gens qui sont intéressé par toi rassure moi" (A______) ; "Non. Et en fait c'est pas ça. C'est qu'on s'est cherché tous les deux. c'est pas juste moi ou juste toi c'était les 2. je ne sais pas pourquoi mais c'est comme ça" (C______) ; "ok. pas de souci. je te dis juste que je suis déçu malgré tout de ton comportement. je t'ai dit je ne te ferais pas la tête c'est bon je suis passé à autre chose mais voilà déçu par toi. je suis franc" (A______) ; "La seule chose qui s'est passé c'est qu'à force de se voir on développe des sentiments et ça remet en question forcément. Donc oui je me suis remise en question, pourquoi je faisais ça, est-ce que j'étais vraiment amoureuse de mon chéri, et j'en passe… Mais on s'est pas rencontrés au bon moment peut-être et donc c'était voué à s'arrêter. […] Les vacances m'ont permis un break et m'ont fait réalisé que j'avais tout pour être heureuse avec ce que j'avais. Je regrette pas A______, j'ai jamais dit ça" (C______) ; "ok merci pour l'explication" (A______) ; - Par la suite, dès 16h09, ils échangent sur leur ressenti respectif : "j'ai juste l'impression que tu me traites comme un pestiféré et cela me dérange fortement en faite" (A______) ; "Mais jamais de la vie […] j'étais pas bien l'aprèm, je t'ai pas écris […] mais j'ai voulu t'écrire et je me suis dit que c'était p-e mieux pas justement. j'y ai pensé toute l'aprèm si tu veux savoir.." (C______) ; "mais je reste quand même ton ami. tu peux me parler" (A______) ; "Ca me blesse ta manière de me parler comme avant tu sais. Je le montre pas et je dis pas car c'est à moi de gérer, mais c'est pas cool non plus ta manière de me regarder comme si j'étais une menteuse qu'avais juste joué avec toi. Mais je sais que je peux, mais pas de mes soucis actuels.. je peux pas.. […] c'est pas que je veux pas... c'est que c'est pas
- 27/65 - P/11499/2022 possible.. […] Mais, j'imagine bien A______ que, si t'étais parti en vacances et en revenant tu m'aurais dit c'est fini j'aurai été triste, mais j'ai envie de penser à ce qu'on s'était dit au début : pas d'attache, pas de sentiment, ça mènera nulle part donc qu'on le savait tout les deux. mais bref je t'apprécie tjs autant A______. je me suis juste recentrée sur l'essentiel, ma famille et mon chéri.. et c'était malsain et au final on aurait été encore plus malheureux" (C______) ; "mais je t'ai dit je ne te proposerais plus rien mais comprends ma position et moi si je t'ai dit qqchose je ne suis pas toi, je suis sincère" (A______) ; "mais je sais que tu l'as dit et je te fais confiance pour ça, j'ai rien dit.. Oui je comprends ta position.. Mais ça aurait mené nulle part et je commence a vrm bien t'aimer.. donc je me suis aussi protégée et j'ai tjs été sincère avec toi" (C______) ; "ok merci pour ton éclaircissement. si tu as besoin je te l'ai toujours dit je suis là […]" (A______) ; "moi aussi je suis là pour toi, je veux juste pas m'imposer et déranger ou paraître collante alors que tu m'oublies.. Bien sûr tu comptes pour moi.. […]" (C______) ; "ce matin je savais que tu allais pas bien. j'avais qu'une envie c'est de te prendre dans mes bras, te dire que sa va allez" (A______) ; "et ça m'aurait clairement fait du bien" (C______) […]. Le 21 juillet 2021 - A______ écrit, à 17h47 : "tu as besoin de réconfort ou pas?", ce à quoi C______ répond : "Non c'est bon je suis vexée", ce à quoi il rétorque : "ok". Le 30 juillet 2021 - Les deux intéressés, dès 08h51 : "café croissant ?" (C______) ; "avec plaisir" (A______) ; "Prépare-toi mentalement à aller courir hein" (C______) ; "oui oui" (A______) ; "quoi oui oui !?" (C______) ; "oui faut que je me motive. Douche ensemble après? en faite t'aura pas le choix" (A______) ; "Hahaha. Je t'ai dit, si qqn rentre on est morts" (C______) ; "mais oui je sais. allez on va aller courir. tranquille par contre" (A______) ; "Oui t'inquiète t'façon ma condition physique est nulle. j'ai grossi donc chaud" (C______) ; "ok" (A______) ; "pis on fait 20 min comme ça t'as le temps de manger chill" (C______) ; "oui ok" (A______) ; "haha cache ta joie" (C______) ; "franchement j'ai pas la motive. Si au moins j'avais un petit truc à l'arrivée" (A______) ; "déjà tu pourras matter mon boule pendant 20 min.." (C______) ; "suffit pas" (A______) ; - Puis, dès 11h22, après quelques échanges sur le travail : "Bon week-end et bonne vacances" (A______) ; "quoi? Qu'est-ce qui t'arrive encore" (C______) ; "tu me fais un bisou. Je croyais que tu partais" (A______) ; "Parce que je te dis merci" (C______) ; "tu viens pas bcp me voir ce matin. je pense que je vais pas te manquer" (A______) ; "Mec M______ elle m'a donné des trucs à faire pour une fois que je suis occupée" (C______) ; "ah ok. pas de soucis. après on se voit plus" (A______) ; "Haha j'ai bientôt fini c'est bon calme-toi chouchou" (C______) ;
- 28/65 - P/11499/2022 "non c'est mort. c'est fini entre nous" (A______) ; "mais arrête" (C______) ; "allez je te laisse travailler" (A______) ; - Ensuite, dès 13h56, après un jogging : "merci pour ton regard bienveillant pendant le run. j'ai aimé" (A______) ; "[…] Haha je t'en prie, je voulais pas que tu canes sous ma surveillance [emoji qui rit ]" (C______) ; "[…] ah je pensais que tu voulais t'arrêter pour faire une pause câlin […]" (A______) ; "[…] oui p-ê…[…]" (C______) ; […] "bah on pourra boire des bières ensemble ! haha" (C______) ; "ah tu veux pas qu'on se voit pour passer un moment tranquille ?? en dehors du garage bien sur" (A______), message auquel C______ ne répond pas, avant de reprendre la conversation une heure après sur le sujet des licenciements au garage et de la course : "t'aime me voir courir et me mettre en habit comme sportswear ?" (A______) ; "haha ca fait bizarre" (C______) ; "ah donc c'était pas top" (A______) ; "Non j'ai pas dit ça. Mais c'est chelou faut s'habituer hahaha" (C______) ; "ok. sa aurait été mieux torse nu quoi" (A______) ; "sûrement ! :P" (C______). Les 19 et 20 août 2021 - Les deux intéressés, dès 09h14, après le retour des vacances de A______ : "Alors ces vacances?? C'était bien ? [après 40 minutes sans réponse] haha, le mec il me répond même pas" (C______) ; […] "je t'ai dit quand tu es venu me voir, oui c'était très bien" (A______), "Bah je t'avais écris avant de venir te voir, haha. Bien reposé? Pas trop eu de courbatures au début ? Haha" (C______) ; "ah oui bien reposé. j'ai bien fait de couper cela m'a fait du bien. un petit peu oui au début après sa allait mieux" (A______) ; "Tu vois, j'avais raison :) Haha d'acc. T'as continué? On dirait que tu as maigri" (C______) ; "non malheureusement j'ai pas continué, trop la flemme" (A______) ; "haha d'acc. bah contente que ça t'ai fait du bien ;)" (C______) ; - Le lendemain, dès 09h46 : "T'as eu des news des tourtereaux ? (Enfin je sais pas si tu vas continuer à me raconter ces secrets)" (C______) ; […] "je pense qu'ils ne sont plus ensemble, c'est terminé mais ils continuent à se parler" (A______) ; "Ah, ils ne t'ont rien dit. D'acc. pas drôle. […] Tant pis pour les ragots alors" (C______) ; "et oui" (A______) ; ":'(" (C______). Révélation de la relation extra-conjugale b.g.a. C______ a déclaré que, fin 2021, son compagnon avait eu du "flair", pressentant que quelque chose n'allait pas, sachant comment les hommes se comportaient dans le milieu de l'automobile. Il lui avait ainsi fait "avouer" sa tromperie, sous la forme d'un ultimatum, en lui disant qu'il savait qu'elle lui cachait quelque chose et que sinon ils se sépareraient. Le 1er décembre 2021, elle lui avait donc annoncé, par bribes sa tromperie, dès lors qu'elle voulait non seulement sauver son couple mais également
- 29/65 - P/11499/2022 car elle ne se rappelait pas tout. G______ l'avait très mal pris, avait pleuré, crié et lui avait demandé de "dégager". Peu après, il lui avait toutefois laissé une chance de lui raconter toute la vérité en insistant, sur plusieurs jours, pour qu'elle se remémore tout. Il avait dû sentir qu'il y avait des choses incohérentes, pas claires, pas nettes et non précises. Face à son obstination, elle lui avait révélé de plus en plus de détails et avait eu un flash-back de l'épisode des toilettes. Son insistance lui avait en effet permis de se rappeler de certains éléments, alors qu'elle avait eu jusque-là un trou noir, expliquant au TCO qu'elle pensait, compte tenu du choc émotionnel et physique, que son cerveau avait voulu la protéger en effaçant certains événements de sa mémoire. Au MP, elle a ajouté avoir parlé pour la première fois des deux relations sexuelles litigieuses – dont elle s'était souvenue en décembre 2021 –, à son compagnon à cette même période. Au début, elle ne s'en rappelait pas, puis cela lui était revenu en mémoire lorsque celui-ci avait insisté et lui avait posé de nombreuses questions. Elle avait commencé à s'en rappeler à tout le moins après le 6 décembre 2021, au vu des courriels qu'elle avait envoyés à A______. Elle avait indiqué à son compagnon qu'elle avait eu une relation avec ce dernier, mais en raison de son absence de souvenirs et pour obtenir des détails, elle avait écrit à A______, qui lui avait simplement répondu qu'il ne savait pas ce qu'elle avait dit et qu'elle avait fait "de la merde". Elle avait eu des "blackouts", tant s'agissant des épisodes des toilettes et des douches que de certains qui s'étaient passés aux J______, tout en ajoutant au TCO qu'elle ne voyait pas de différence entre le fait d'avoir des relations sexuelles à l'intérieur ou à l'extérieur de son travail. Lors des deux actes sexuels au garage, elle portait le même pantalon bleu marine, avec un élastique au niveau de la taille et resserré vers le bas qu'elle avait acheté pour travailler, dès lors qu'elle était allergique à l'uniforme en laine fourni par le garage. Lorsqu'ils avaient parlé de l'agression avec son compagnon, elle n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'il s'était passé, et cela lui avait elle-même fait peur. Elle lui avait également expliqué que, dès le début, A______ avait eu une emprise sur elle et qu'elle se sentait coupable et redevable envers lui, bien qu'il n'était rien ni personne. Elle a précisé en appel qu'elle ne lui avait toutefois pas dit qu'elle avait eu des relations sexuelles avec A______, alors qu'elle n'en n'avait pas envie. Suite à cela, G______ lui avait lu des phrases d'un article du journal "N______" au sujet de personnes victimes d'agressions qui ne déposaient pas plainte expliquant les raisons, ce qui avait résonné en elle, comme si elle les avait vécues. Il lui avait également parlé de la LAVI, qu'elle avait appelée pour un premier rendez-vous, avant de l'annuler la veille de celui-ci. Le 17 décembre 2021, son conjoint lui avait dit qu'il n'arrivait pas à surmonter son infidélité et lui avait demandé de partir. Elle avait eu peur et avait pleuré. Elle s'était sentie coupable, désemparée et dépitée, ayant eu même des pensées suicidaires, n'assumant pas du tout ce qu'elle avait fait. Elle avait vu A______ pour la dernière fois le 30 novembre 2021, lors de son ultime jour au garage. Par la suite, elle lui avait envoyé un e-mail, lui mentionnant avoir tout révélé à son conjoint, ce à quoi il lui avait répondu qu'elle avait fait n'importe quoi, en lui demandant ce qu'elle avait raconté "comme histoire". Elle a confirmé ultérieurement
- 30/65 - P/11499/2022 que son compagnon avait contacté A______ et lui avait laissé un délai pour tout révéler à sa femme, ce qu'il n'avait pas fait, bien qu'il avait prétendu le contraire. Son compagnon avait appelé l'épouse du précité peu après et cette dernière n'était au courant de rien. A______ avait également menti en disant que cela n'était arrivé qu'une fois et que tous deux avaient une responsabilité dans cette histoire. Au TCO, elle a confirmé qu'elle ignorait que son compagnon allait appeler les deux précités, en sus du directeur du garage. Elle avait de son côté demandé à A______, lors d'un second email, s'ils s'étaient revus après le mois de juin 2021, après ses vacances, car elle avait des trous de mémoire mais il ne lui avait jamais répondu, malgré une relance de sa part. Elle lui avait écrit car elle cherchait à comprendre ce qui s'était passé et avait besoin d'aide pour se remémorer les faits. De manière générale, elle ne conservait aucun des messages échangés. Elle n'avait gardé aucun contact avec ses anciens collègues après avoir quitté son emploi. Elle s'entendait très bien avec M______, qu'elle n'avait plus revue depuis décembre 2021 ou janvier 2022. Cette dernière avait deviné qu'il se passait quelque chose entre A______ et elle, et lui en avait fait part lorsqu'elle-même avait quitté le garage. De son côté, elle lui avait dit que leur relation n'était "pas vraiment net[te]" et lui avait demandé si elle pouvait accéder à son ordinateur pour ressortir ses e-mails professionnels et messages Skype. Elle a précisé au TCO qu'elle avait eu le pressentiment que quelque chose "n'avait pas été dans cette histoire" et voulait en avoir la preuve. Dans sa conversation avec son amie, elle avait raconté la vérité. b.g.b. A______ a expliqué que C______ lui avait envoyé un courriel un soir, à 22h30, lui annonçant que son compagnon était au courant et qu'il allait lui faire "la misère". Leur relation était consentie et il était dans l'incompréhension. Elle lui avait aussi demandé par courriel, ce qu'il s'était passé entre eux, car elle en avait oublié une partie, voire tous les événements, mais il ne lui avait plus répondu. Il n'avait pas gardé l'entièreté de la discussion et se demandait si les informaticiens du garage pouvaient la retracer, ce qui n'avait pas pu être le cas, information qu'il avait obtenue après les avoir consultés. Leur histoire s'était ensuite sue au garage, dès lors que le compagnon de C______ était ami avec un des mécaniciens et que ce dernier avait divulgué l'information pour lui nuire. C______ était à ce moment-là en arrêt maladie et il était de son côté en formation. À la suite de cette annonce, la direction du garage l'avait convoqué pour lui demander des explications. Il avait pris la précaution de prévenir ses deux chefs en amont. Le premier lui avait indiqué qu'il se doutait de quelque chose, alors que le second n'avait rien dit de spécial. Le conjoint de C______ l'avait également harcelé par téléphone pour savoir ce qui s'était passé. Il ne lui avait pas tout raconté, soit uniquement qu'ils avaient entretenu une relation sexuelle. L'intéressé avait également contacté un de ses collègues et son directeur, avant de tenter de le joindre à nouveau à plusieurs reprises, jusqu'à la fin de l'année 2021. Selon lui, G______ avait été blessé. Au téléphone, ce dernier, qui ne l'avait pas insulté, vu sa qualité de policier, lui avait
- 31/65 - P/11499/2022 demandé s'il était fier de lui, ce à quoi il lui avait répondu par la négative, précisant que cette histoire avait été une bêtise. Il lui avait également présenté des excuses, que son interlocuteur n'avait pas acceptées. G______ ne lui avait pas parlé de viol, ni à personne d'autre, et avait mentionné que ce qui le dérangeait était que leurs rapports étaient non protégés. Il avait continué pour sa part d'exercer au garage, alors que C______, qui travaillait en qualité de téléphoniste à l'accueil, avait démissionné car elle n'avait pas assumé que leur relation ait été découverte et que son compagnon l'ait quittée. Son épouse, avec laquelle il était en couple depuis 2011, savait qu'il avait entretenu une relation adultère. L'ancien compagnon de C______ l'avait appelée, le 20 décembre 2021, pour lui révéler qu'elle était "cocue". Lorsqu'elle l'avait confronté, il avait assumé et en avait fait de même au travail, essuyant même des moqueries ainsi que des railleries. Ses supérieurs lui avaient indiqué qu'il s'agissait d'une "histoire de cul" consentante et que cela n'était pas de leur ressort. Il n'avait pas eu conscience, sur le moment, des conséquences que cela aurait pu engendrer sur son emploi. La découverte de cette relation avait causé la "pagaille". Il avait eu peur de perdre son travail et sa compagne. Après avoir envisagé une séparation, ils étaient restés ensemble et avaient entrepris un suivi thérapeutique pour comprendre sa tromperie, toute séparation étant compliquée lorsque des enfants étaient impliqués. b.g.c.a. Ci-après, les messages entre les parties figurant au dossier pour cette période ainsi que ceux échangés entre C______ et M______ : Entre les parties Les 6 et le 7 décembre 2021 - C______, à 17h22 : "Salut, je t'écris ce dernier mail. Voilà, j'ai appris qu'il t'a appelé, sache qu'il ne fera rien. Qu'en fait, personne ne nous a vu et que personne n'est au courant excepté M______ qui l'a devinée seule. J'espère que ça restera ainsi pour nos réputations mutuelles. Je ne reviendrai pas et ne dirai pas pourquoi je pars. Je vais démissionner en début d'année. C'était la plus grosse erreur qui a bousillé ma vie, j'espère pouvoir la réparer un jour même si j'ai oublié des choses, tant pis je reste dans le flou. Tu n'existes plus et ça n'a jamais existé. Efface mon mail et ne répond jamais comme tu l'as fait jusqu'à présent. Prend soin de toi" ; - C______, le lendemain, entre 13h57 et 16h15 : "A______, est-ce que tu peux répondre à mon mail sur la période laquelle on s'est fréquenté stp ? J'ai des gros black out et pour ma thérapie j'ai besoin de savoir.. De savoir quand c'était exactement ? Et de savoir combien de fois tu te rappelles ? Je t'écrirai plus jamais après. Mais je suis en détresse émotionnelle ?..", ce à quoi A______ répond : "Je suis désolé pour toi mais je ne comprends pas ce que tu es allée raconter comme
- 32/65 - P/11499/2022 ineptie à ton chéri. Tu as fait n'importe quoi et surtout dit n'importe quoi". C______ poursuit par plusieurs messages, devant le silence de son interlocuteur : "Tu peux répondre à mes questions stp" ; "Quelle période, combien de fois ?" ; "J'ai besoin de savoir ce que j'ai oublié stp, rapidement" ; "Dans 3 min je rentre en séance et j'ai besoin de savoir si après mes vacances de juin ou s'était refrequenter ou pas et combien de fois c'est arrivé en l'espace de combien de temps du coup" ; "Tes sérieux de pas répondre ? J'ai besoin d'aide et t'es pas capable de juste répondre à mes 2 questions.." ; Entre C______ et M______ Le 2 et 3 décem