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Bundesverwaltungsgericht 30.09.2011 E-4492/2009

September 30, 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,652 words·~18 min·2

Summary

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 17 juin 2009

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­4492/2009 Arrêt   d u   3 0   sept emb r e   2011 Composition Maurice Brodard (président du collège),  Thomas Wespi, Jenny de Coulon Scuntaro, juges, Edouard Iselin, greffier. Parties A._______, Côte d'Ivoire, recourant, contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure. Objet Asile et renvoi ; décision de l'ODM du 17 juin 2009 / N (…).

E­4492/2009 Page 2 Faits : A.  Le 8 juin 2009, l'intéressé a déposé une demande d'asile en Suisse. B.  Entendu  sur  ses  motifs  les  15  et  17 juin  2009,  le  requérant,  d'appartenance  ethnique  B._______,  a  indiqué  être  né  à  Abidjan,  où  il  avait fréquenté le lycée et vécu jusqu'au début de l'année 2007. Interrogé  sur son réseau familial,  il a déclaré que son père était décédé, qu'il était  fils unique et que s'il devait avoir des oncles, tantes ou cousins, il ne les  connaissait pas ; quant à sa mère, qui habitait avec lui avant son départ  d'Abidjan,  il  n'avait  plus  de  nouvelles  d'elle.  S'agissant  de  ses  motifs  d'asile, il a expliqué avoir fait partie du Rassemblement des Républicains  de  Côte  d'Ivoire  (RDR),  où  il  n'aurait  pas  eu  de  fonction  précise,  son  activité se résumant à participer à des manifestations, à faire des petites  courses et  à  contacter  d'autres  jeunes pour  leur  parler  de  ce parti ;  il  a  encore  précisé  n'avoir  pas  possédé  de  carte  de membre.  Au  début  de  l'année  2007,  il  aurait  été  enlevé  par  des  inconnus  armés ­ des  "corps  habillés"  selon  ses  propres  propos ­ qui  l'auraient  emmené  dans  une  forêt, où ils l'auraient violemment battu et lui auraient notamment fracturé  le  genou  droit.  Malgré  cette  blessure,  il  aurait  pu  leur  échapper.  Il  se  serait ensuite  rendu à C._______ (ville située dans  le centre de  la Côte  d'Ivoire),  chez  un  guérisseur  dont  il  ne  connaissait  que  le  surnom,  qui  l'aurait soigné durant quelques mois. Après s'être remis, il aurait continué  à vivre chez cet homme et l'aurait aidé en contrepartie en effectuant pour  lui  des  travaux champêtres. A  la  fin mai 2009,  il  serait  rentré à Abidjan  pour retrouver sa mère, dont il était sans nouvelles depuis son départ de  cette ville en 2007, mais ne l'aurait pas retrouvée ; il aurait appris par des  voisins  qu'elle  s'était  enfuie  après  que  des  "corps  habillés"  se  furent  rendus  à  plusieurs  reprises  à  son  domicile.  Le  requérant  aurait  ensuite  contacté  l'ex­amant  de  sa mère,  qui  ne  savait  pas  non  plus  où  elle  se  trouvait,  lequel  lui aurait conseillé de venir en Suisse. Au début du mois  de juin 2009, cet homme l'aurait confié à un de ses amis, dont l'intéressé  ne connaissait pas le nom, avec lequel il aurait quitté la Côte d'Ivoire via  l'aéroport  d'Abidjan.  Ils  auraient  embarqué  à  bord  d'un  avion  d'une  compagnie inconnue, qui aurait fait escale en un lieu également inconnu,  et auraient atterri à Genève le 8 juin 2009. Le requérant aurait effectué ce  trajet sous une identité qu'il ne connaissait pas et grâce à des documents  de  voyage  dont  il  ignorait  tout,  son  accompagnateur  les  ayant  toujours  conservés  par­devers  lui  et  les  ayant  gardés  après  leur  arrivée.  Il  a 

E­4492/2009 Page 3 encore indiqué n'avoir jamais été contrôlé et ne pas savoir le prix de son  voyage,  l'ex­amant  de  sa  mère  ayant  tout  payé.  Interrogé  sur  la  non­ production  de  pièces  officielles  de  nature  à  établir  son  identité,  il  a  déclaré qu'il n'avait  jamais possédé de passeport ou de carte d'identité,  qu'il  se  légitimait  en Côte  d'Ivoire  grâce  à  une  carte  scolaire  qu'il  avait  perdue  il  y  a  longtemps  et  qu'il  était  dans  l'impossibilité  de  faire  des  démarches  dans  son  pays  pour  obtenir  des  documents  de  cette  nature  parce qu'il n'y avait plus de contacts. C.  Par décision du 17 juin 2009, notifiée oralement,  l'ODM a considéré que  les  motifs  d'asile  allégués  par  l'intéressé  ne  remplissaient  pas  les  conditions de vraisemblance prévues par l'art. 7 de la loi du 26 juin 1998  sur  l’asile  (LAsi, RS 142.31). Cet office a aussi prononcé son  renvoi de  Suisse et a ordonné l'exécution de cette mesure, jugée licite, possible et  raisonnablement exigible. D.  Par acte remis à la poste le 13 juillet 2009, l'intéressé a interjeté recours  contre  la  décision  précitée  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  (Tribunal). Il a conclu à l'octroi de l'asile, et subsidiairement, à l'admission  provisoire en  raison du caractère  illicite et non  raisonnablement exigible  de  l'exécution  de  son  renvoi.  Il  a  en  outre  requis  l'assistance  judiciaire  partielle ainsi que  l'octroi de dépens. Dans son mémoire,  le  recourant a  en  particulier  donné  diverses  explications  concernant  les  invraisemblances relevées par l'ODM. Il a également mentionné que son  enlèvement  et  les maltraitances  subies  avaient  très  probablement  pour  origine ses activités politiques passées, qu'il  risquait de subir à nouveau  des  préjudices  pour  ce motif  en  cas  de  retour  en  Côte  d'Ivoire  et  qu'il  allait s'efforcer de se procurer une attestation du RDR. Il a aussi fait valoir  qu'il souffrait d'une affection au genou et qu'il allait produire un certificat  médical. E.  Le 18 juillet 2009,  le recourant a versé au dossier un formulaire médical  rempli  le  jour  précédent  par  son  médecin  traitant,  une  spécialiste  de  médecine  générale.  Il  ressortait  notamment  de  ce  document  qu'il  présentait  une  importante  bascule  du  bassin,  une  scoliose  lombaire  à  convexité  droite  et  un  raccourcissement  du  fémur  de  plus  de  neuf  centimètres  entraînant  une  boiterie,  affection  dont  l'origine  était  encore  indéterminée. Il y était aussi mentionné que l'intéressé allait consulter un 

E­4492/2009 Page 4 orthopédiste la semaine suivante et que sans traitement approprié, il allait  "vers des difficultés liées aux troubles statiques", comme des douleurs et  une arthrose prématurée du système locomoteur. F.  Par  décision  incidente  du  24 juillet  2009,  le  Tribunal  a  renoncé  à  percevoir une avance sur les frais de procédure en informant le recourant  qu'il serait statué dans  l'arrêt au  fond sur  la dispense éventuelle desdits  frais.  Il  lui  a  également  imparti  un  délai  au  26 août  2009  pour  faire  parvenir au Tribunal un  formulaire médical  rempli par  l'orthopédiste qu'il  venait de consulter. G.  Le  5 août  2009,  le  Tribunal  a  reçu  un  rapport  médical  établi  le  jour  précédent  par  un  spécialiste  en  chirurgie  orthopédique.  Il  y  était  notamment relevé que l'intéressé souffrait d'un raccourcissement de neuf  centimètres  du  segment  fémoral  droit  et  qu'une  prise  en  charge  chirurgicale  était  envisagée,  auquel  cas  un  suivi  postopératoire  régulier  durant  environ  deux  ans  serait  nécessaire,  lequel  ne  pouvait  pas  être  assuré  dans  le  pays  d'origine.  Il  ressortait  également  de  ce  document  qu'il n'y avait pas d'autre raison médicale qui pourrait nuire à sa santé en  cas  de  retour  en  Côte  d'Ivoire,  mais  que  son  état  actuel  risquait  "de  provoquer  une  importante  symptomatologie  compensatoire".  Dans  son  rapport,  ce  praticien  renvoyait  aussi  à  de  nombreuses  reprises  à  un  "courrier" qu'il avait adressé au médecin traitant de l'intéressé. H.  Par  ordonnance  du  6 août  2009,  le  Tribunal  a  invité  le  recourant  à  produire,  d'ici  au  26 août  suivant,  une  copie  du  "courrier"  qui  avait  été  mentionné dans  le  rapport médical  précité  (cf.  let. G  in  fine  de  l'état  de  fait). I.  Par courrier du 6 août 2009 également, l'intéressé a versé au dossier une  télécopie  d'une  attestation  établie  le  21 juillet  2009  à  Abidjan  par  un  secrétaire  de  section  du  RDR.  Celui­ci  y  mentionnait  que  le  recourant  était militant de sa section "depuis 2004 jusqu'à sa disparition". J.  Par courrier du 11 août 2009, le médecin traitant de l'intéressé a versé au  dossier le "courrier " exigé (cf. let. H. de l'état de fait), qui s'est avéré être 

E­4492/2009 Page 5 un  rapport médical  détaillé  du  4 août  2009  établi  à  son  intention  par  le  spécialiste en chirurgie orthopédique susmentionné (cf. let. G de l'état de  fait).  Ce  spécialiste  déclarait  ne  pas  pouvoir  expliquer  précisément  les  causes  de  la  pathologie  du  recourant,  la  version  donnée  par  celui­ci  ("passage  à  tabac"  deux  ans  plus  tôt  avec  une  importante  lésion  du  genou  droit)  pouvant  difficilement  être  retenue,  une  différence  de  longueur  des  membres  inférieurs  de  neuf  centimètres  impliquant  que  l'intéressé  eût  grandi  de  20 centimètres  par  année  depuis  l'époque  des  maltraitances alléguées, ce qui semblait  fort  improbable compte tenu de  son  âge  actuel.  Ce  médecin  a  également  mentionné  que  son  patient  compensait  très  bien  son  handicap  avec  une  marche  sur  la  pointe  du  pied,  au  point  qu'une  personne  non  avertie  remarquerait  à  peine  cette  anomalie. Il a par ailleurs relevé que l'absence d'un traitement engendrait  très  probablement  des  troubles  dégénératifs  de  la  colonne  lombaire  et  dorsale.  Dès  lors,  il  a  préconisé  un  traitement  chirurgical  avec  un  suivi  rapproché pendant une durée allant de 12 à 24 mois. K.  Par ordonnance du 13 août 2010,  le Tribunal a  imparti à  l'ODM un délai  au 31 août 2009 pour se déterminer sur le recours. L.  Par  lettre  du  26 août  2009,  parvenue  le  jour  suivant  au  Tribunal,  l'intéressé  a  en  notamment  versé  au  dossier  l'original  de  l'attestation  susmentionnée  (cf. let. I  de  l'état  de  fait),  une  carte  de militant  du RDR  pour les années 2004 et 2005. M.  Dans sa réponse du 27 août 2009, l'ODM a préconisé le rejet du recours.  Cet office a en particulier mentionné que l'attestation du RDR produite par  l'intéressé  ne  constituait  pas  une  preuve  de  ses  allégations  en matière  d'asile. Dit office a relevé que celui­ci, qui soutenait  lors de son audition  du  17 juin  2009  qu'il  ne  disposait  plus  d'aucun  contact  dans  son  pays  d'origine, était tout de même parvenu peu de temps après à faire parvenir  d'Abidjan  un  document  le  concernant.  Cet  élément  permettait  de  supposer  qu'il  serait  également  en  mesure  de  se  procurer  des  pièces  prouvant son identité. L'ODM a aussi estimé, en substance, qu'au vu du  contenu  des  rapports  médicaux  produits,  l'affection  du  recourant  ne  remettait  pas  en  cause  l'exigibilité  de  l'exécution  de  son  renvoi,  vu  que  l'on  ne  pouvait  admettre  qu'en  l'absence  de  traitement  dans  son  pays  d'origine,  son  état  de  santé  se  dégraderait  très  rapidement  au  point  de 

E­4492/2009 Page 6 mettre  concrètement  en  danger  sa  vie  ou  de  conduire  à  une  atteinte  notablement plus grave de son intégrité physique. N.  Par ordonnance du 28 août 2009, le Tribunal a transmis au recourant un  double de la réponse de l'ODM et lui a imparti un délai au 17 septembre  2009 pour déposer d'éventuelles observations. Il lui a également donné la  possibilité  de  se  prononcer,  dans  le  même  délai,  sur  certaines  incohérences en rapport avec l'attestation du RDR et  la carte de militant  de  ce  parti  qu'il  avait  produites,  respectivement  pour  donner  des  précisions  sur  la manière  dont  il  pu  se  les  procurer  et  pour  fournir  des  moyens de preuve établissant que ces pièces provenaient réellement de  Côte d'Ivoire. O.  Par lettre du 17 septembre 2009, l'intéressé s'est déterminé au sujet de la  réponse de l'ODM. Concernant les contacts avec son pays d'origine, il a  expliqué,  qu'il  connaissait  le  numéro  de  téléphone  d'une  amie  avec  laquelle  il  avait œuvré  au  sein  du RDR et  qu'il  avait  tenté  de  contacter  depuis l'époque de son arrivée en Suisse, sans succès toutefois car elle  effectuait alors un voyage. Il aurait finalement pu la joindre vers le début  du  mois  de  juillet  2009  et  celle­ci  aurait  alors  entrepris  les  démarches  nécessaires pour obtenir  des moyens de preuve émanant  du RDR.  Il  a  aussi expliqué que le secrétaire de sa section, lorsqu'il avait été contacté,  s'était  souvenu  qu'il  avait  demandé  naguère  une  carte  de  militant ;             il  l'aurait de ce  fait établie en même temps qu'il  rédigeait  l'attestation en  sa  faveur,  avant  de  les  remettre  à  son  amie,  qui  lui  avait  ensuite  fait  parvenir ces deux documents. A l'appui de ses propos, l'intéressé a aussi  versé au dossier l'enveloppe au moyen de laquelle ces pièces avaient été  envoyées  par  courrier  express,  le  30 juillet  2009,  depuis  Abidjan.  Par  ailleurs,  il  a  sollicité  un  délai  au  24 septembre  2009  pour  produire  un  nouveau  rapport médical du spécialiste en chirurgie orthopédique qui  le  suivait (cf. let. G et J de l'état de fait). P.  Par courrier du 25 septembre 2009, l'intéressé a en particulier produit une  copie  d'un  rapport médical  établi  le  1er septembre  par  le  spécialiste  en  chirurgie  orthopédique  susmentionné,  adressé  à  un  confrère  également  spécialisé  dans  ce  domaine  et  travaillant  dans  un  service  d'orthopédie  pédiatrique d'un hôpital universitaire.

E­4492/2009 Page 7 Q.  Par lettre du 12 juillet 2010, le médecin traitant a en particulier informé le  Tribunal que  les  investigations  concernant  le problème orthopédique du  recourant étaient terminées et que l'indication opératoire avait été posée,  laquelle était considérée comme la solution la plus adéquate par les deux  spécialistes  en orthopédie  qui  le  suivaient  aussi  (cf. à  ce  sujet  let. P  ci­ dessus),  intervention  qui  rendrait  nécessaire  un  suivi  postopératoire  qui  n'était  pas  accessible  en  Côte  d'Ivoire.  Elle  a  retenu  que  l'intéressé  souffrait  des  hanches  et  du  dos  et  que  son  état  provoquait  une  "symptomatologie  compensatoire"  entraînant  des  douleurs  musculo­ squelettiques dont  l'intensité  irait  sans doute en  s'aggravant  et  que des  lésions dégénératives de la colonne vertébrale étaient à craindre dans le  futur. Elle a également diagnostiqué une hépatite B chronique peu active  nécessitant  uniquement  une  surveillance.  Cette  praticienne  a  joint  à  sa  lettre  deux  autres  documents  de  nature  médicale,  à  savoir  un  résultat  d'examen établi  le 2 juin 2010 par un  radiologue et un  rapport  rédigé  le  14 juin  2010  par  le  spécialiste  en  orthopédie  pédiatrique  susmentionné  (cf. let. P de l'état de fait), où celui­ci mettait en doute les explications de  son  patient  concernant  l'origine  de  son  affection  et  relevait  que  ce  problème avait dû apparaître lorsque celui­ci était âgé de huit ans. R.  Par décision  incidente du 17 juin 2011,  le Tribunal a  imparti un délai au  7 juillet 2011 pour produire un rapport médical actualisé. Constatant que  la  Côte  d'ivoire,  et  en  particulier  la  région  d'Abidjan,  avait  connu  une  période  de  tensions  et  de  violences  depuis  l'époque  des  élections  présidentielles  d'octobre­novembre  2010  jusqu'en  mai  2011,  il  lui  a  également  donné  la  possibilité  de  s'exprimer,  dans  le  même  délai,  sur  cette  modification  des  circonstances  dans  son  Etat  d'origine  et  de  l'informer  de  tout  élément  nouveau  relatif  à  sa  situation  personnelle  susceptible d'avoir une influence sur l'issue de son recours. S.  En date du 29 juin 2011, un certificat médical du 27 juin 2011, rédigé par  le spécialiste en orthopédie pédiatrique susmentionné  (cf. let. P et Q de  l'état  de  fait),  a  été  versé  au  dossier,  document  auquel  étaient  joints  diverses autres pièces de portée médicale (rapports opératoires et lettres  de  sortie),  établies  entre  septembre  et  décembre  2010.  Il  ressortait  en  substance  dudit  certificat  et  de  ses  annexes  qu'une  opération  avait  été  effectuée  le  16 septembre  2010,  laquelle  avait  permis  en  définitive  d'obtenir un gain de  longueur de près de six centimètres du fémur droit. 

E­4492/2009 Page 8 Afin  de  corriger  la  différence  de  longueur  qui  existait  encore  entre  les  membres inférieurs, il était prévu de raccourcir de trois centimètres l'autre  fémur, le patient devant être revu en septembre 2011 pour agender cette  nouvelle  intervention  chirurgicale ;  une  fois  celle­ci  effectuée,  le  socle  pelvien  serait  équilibré,  ce  qui  protègerait  son  rachis  de  problèmes  ultérieurs. T.  Par courrier du 6 juillet 2011, l'intéressé a versé au dossier un écrit où il a  expliqué qu'il ne savait toujours pas où se trouvait sa mère et qu'il n'avait  personne dans son pays qui puisse l'aider à la retrouver. Il a aussi affirmé  avoir aussi perdu tout contact avec son amie membre du RDR à l'époque  des  élections  de  fin  2010  et  n'avoir  plus  eu  de  nouvelles  des  autres  membres de son parti depuis plus de deux ans. Il a également fait valoir  qu'il  craignait  toujours  pour  sa  sécurité,  car  la  zone  d'Abidjan  dont  il  provenait  (D._______)  était  le  théâtre  de  graves  actes  de  violence  commis par des membres de bandes armées, auxquelles appartenaient  sûrement aussi certaines des personnes qui avaient  tenté de  le  tuer en  2007. U.  Les  autres  faits  et  arguments  de  la  cause  seront,  pour  autant  que  nécessaire, évoqués dans les considérants en droit. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art. 31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées  à  l’art. 33  LTAF.  En  particulier,  les  décisions  rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent être contestées, par renvoi  de  l’art. 105  LAsi,  devant  le  Tribunal,  lequel  statue  alors  définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral        [LTF, RS 173.110]).

E­4492/2009 Page 9 1.2. L'intéressé a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA). Interjeté dans la  forme (art. 52 al. 1 PA) et le délai (art. 108 al. 1 LAsi) prescrits par la loi,  son recours est recevable. 2.  2.1. Saisi  d'un  recours contre une décision de  l'ODM en matière d'asile  et/ou de  renvoi,  le Tribunal  tient compte de  la situation et des éléments  tels  qu'ils  se  présentent  au  moment  où  il  se  prononce  (cf. à  ce  sujet  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA]  2000  n° 2  p. 20 ;  JICRA  1997  n° 27  consid. 4f  p. 211 ;  JICRA  1995  n° 5  consid. 6a  p. 43  ;  JICRA  1994  n° 6  consid. 5  p. 52). Ce faisant,  il prend en considération  l'évolution  intervenue depuis  l'époque du dépôt de la demande d'asile. 2.2.  Le  Tribunal  examine  d'office  l'application  du  droit  fédéral,  les  constatations  de  fait  ainsi  que  l'opportunité  (art. 106  LAsi)  sans  être  lié  par  les  motifs  invoqués  par  les  parties  (art. 62  al. 4  PA)  ou  par  les  considérants de la décision attaquée. Il peut dès lors admettre le recours  pour d'autres raisons que celles avancées par  la partie ou, au contraire,  confirmer  la  décision  de  l'autorité  inférieure  sur  la  base  d'autres motifs  que  ceux  retenus  par  celle­ci  (cf. THOMAS  HÄBERLI,  in :  Bernhard  Waldmann/Philippe  Weissenberger  [éds.],  Praxiskommentar  zum  Bundesgesetz über das Verwaltungsverfahren, Zurich/Bâle/Genève 2009,  art. 62 PA, n. 37 à 40, p. 1249 s.). 3.  3.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur État d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique insupportable (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 3.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de 

E­4492/2009 Page 10 manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 4.  4.1. En l'occurrence, l'argumentation développée dans le présent recours,  ainsi  que  les  moyens  de  preuve  produits,  ne  sont  pas  de  nature  à  démontrer que les exigences légales requises pour la reconnaissance de  la qualité de réfugié et pour l'octroi de l'asile sont remplies. 4.2.  4.2.1. En premier lieu, le Tribunal relève que les allégations de l'intéressé  au sujet de son appartenance au RDR ne sont pas convaincantes. Ainsi,  celui­ci ­ qui a pourtant bénéficié d'une bonne scolarité  (cf. let. B  in  initio  de l'état de fait) ­ ne connaissait pas le nom de famille du président de ce  parti (Ouattara), quant bien même il a affirmé y avoir adhéré dès l'âge de  13 ans  (p. 5  ch. 15  du  procès­verbal  [pv]  de  la  première  audition  et  la  question  no 29  de  la  deuxième audition).  Il  a  aussi  tout  d'abord  affirmé  n'avoir  pas possédé de  carte  de membre alors  qu'il  en a ensuite  fourni  une au Tribunal durant  l'instruction de son  recours  (cf. let. L de  l'état de  fait). En outre,  l'explication concernant  la  façon dont  il  a pu se procurer  cette carte (cf. let. O de l'état de fait) ne peut être retenue. En effet, il est  difficilement concevable qu'un cadre du RDR lui établisse durant le cours  de l'été 2009 une carte de membre valable pour les années 2004 et 2005.  Quant à  l'attestation du RDR (cf.  let. I et L de  l'état de  fait), elle n'a pas  non plus de valeur probante. En effet, il y est mentionné que le signataire  de ce document est non seulement maire de E._______  (localité située  dans  le nord de  la Côte d'Ivoire), mais aussi secrétaire de section dans  un  quartier  d'Abidjan  (D._______),  alors  que  ces  deux  villes  sont  éloignées de plus de 600 kilomètres (à vol d'oiseau). En outre, le nom de  ce  secrétaire  ne  correspond  pas  à  celui  donné  initialement  par  le  recourant  lorsqu'on  lui  a  demandé  qui  représentait  le  RDR  dans  son  quartier  (cf. p. 6  in  initio  du  pv  de  la  première  audition ;  cf. également  l'explication  peu  convaincante  figurant  dans  l'écrit  de  l'intéressé  du  17 septembre 2009 [p. 1 in fine ; cf. let. O de l'état de fait]). 4.2.2.  En  ce  qui  concerne  l'enlèvement  que  l'intéressé  aurait  subi  en  2007, ses allégations à ce sujet ne sont pas non plus vraisemblables. En  effet, il a été fort vague s'agissant de la date de cet événement ("en début  d'année 2007" [cf. p. 6 in initio du pv de la première audition] ; "au début  de  l'année  2007"  [cf. question  no 32  lors  de  la  deuxième  audition]).  De  surcroît,  il n'a pas pu préciser le nombre de "corps habillés" ­ expression 

E­4492/2009 Page 11 qu'il  a  lui­même utilisée  pour  les  désigner ­ qui  l'auraient  alors maltraité  (cf. question no 48 de  l'audition précitée). En outre,  il  n'est pas crédible  que l'intéressé ­ qui disait avoir alors été sévèrement maltraité et avoir eu  le genou droit  fracturé à cette occasion ­ ait pu s'échapper ensuite dans  ces  conditions  alors  qu'il  était  entouré  par  plusieurs  agresseurs,  ses  déclarations au sujet des circonstances de cette fuite étant au surplus fort  évasives  (cf. questions nos 54 ss de  la même audition). Enfin, eu égard  aux constatations concordantes faites par deux médecins spécialistes en  orthopédie  (cf.  let.  J  et  Q  in fine  de  l'état  de  fait),  l'important  raccourcissement de son membre inférieur droit ne saurait s'expliquer par  des  maltraitances  qu'il  aurait  subies  en  2007  lors  de  cette  prétendue  agression. 4.2.3. Par ailleurs,  le Tribunal  considère,  au vu de ce qui  précède, qu'il  n'est  pas  non  plus  crédible  que  l'intéressé  se  soit  rendu  au  début  de  l'année  2007  chez  un  guérisseur  habitant  à  C._______  (ville  située  à  plusieurs centaines de kilomètres d'Abidjan), homme dont il n'a pu donner  le nom alors qu'il dit avoir  résidé chez  lui plus de deux ans. En outre,  il  estime fort peu crédible que  l'intéressé n'ait pas eu des nouvelles de sa  mère  et  n'ait  jamais  tenté  de  la  contacter  durant  cette  longue  période  (cf. p. 3 ch. 12 du pv de la première audition et les questions nos 63 s. et  67 lors de la deuxième audition). Dès lors, on est aussi en droit de douter  du  bien­fondé  de  ses  déclarations  quant  à  ce  séjour  prolongé  dans  le  centre de  la Côte d'Ivoire, et partant, de considérer ­ en  l'absence aussi  de  moyens  de  preuves  probants  établissant  le  contraire ­ qu'il  a  dû  résider dans  la  région d'Abidjan bien plus  longtemps qu'il ne  l'affirme, à  savoir jusqu'à l'époque de son départ. 4.2.4.  De  sérieuses  invraisemblances  émaillent  également  le  récit  du  recourant  relatif aux circonstances de son voyage en Europe,  lequel est  vague, stéréotypé et en partie  inconcevable (cf. let. B  in  fine de  l'état de  fait). Ainsi,  il a déclaré ignorer avec quels documents il aurait effectué le  vol  jusqu'en Suisse  et  prétend ne  pas  savoir  quelle  compagnie  il  aurait  utilisée  ni  où  son  avion  aurait  fait  escale  (cf.  p. 8  ch. 16  du  pv  de  la  première audition). Il n'est pas non plus plausible qu'un ancien amant de  sa mère, accepte sans contrepartie aucune, de financer un tel périple, fort  onéreux  au  vu  du  niveau de  vie  prévalant  en Côte  d'Ivoire. En outre,  il  n'est  pas  crédible,  vu  la  sévérité  des  contrôles  dans  les  aéroports  internationaux,  qu'il  ait  pu  effectuer  un  tel  vol  sans  jamais  être  personnellement  contrôlé,  son  accompagnateur  gardant  sur  lui  tout  les  documents  nécessaires  à  ce  voyage. Partant,  il  est  permis  de  conclure 

E­4492/2009 Page 12 que  le  recourant  cherche  à  dissimuler  les  causes  et  les  circonstances  exactes de son départ, les conditions de son voyage ainsi que l'itinéraire  réellement  emprunté,  soit  autant  d'éléments  supplémentaires  qui  permettent de douter de la vraisemblance de ses motifs d'asile. 4.3. Par ailleurs,  le Tribunal  relève encore que même si  l'intéressé avait  réellement œuvré pour le RDR avant son départ de Côte d'Ivoire et avait  véritablement été enlevé et maltraité en raison de son appartenance à ce  parti  et/ou  de  son  activité  en  son  sein,  il  ne  serait  de  toute  façon  pas  menacé de persécutions au sens de l'art. 3 LAsi à l'heure actuelle en cas  de  retour  dans  cet  Etat,  et  en  particulier  dans  sa  région  d'origine  (Abidjan).  En  effet,  il  est  notoire  que  le  dirigeant  de  ce  parti,  Alassane  Dramane Ouattara, a remporté, le 28 novembre 2010, le second tour des  élections  présidentielles.  Après  une  période  de  plusieurs mois  de  vives  tensions  et  de  violences ­ causées  par  le  refus  du  second  candidat,  l'ancien président Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite ­ les forces  pro­Ouattara ont lancé à la fin de mars 2011 une vaste offensive qui s'est  soldée  par  la  prise  de  contrôle  de  l'ensemble  du  territoire  ivoirien,  dont  Abidjan, où les derniers foyers de résistance se sont éteints au début de  mai  2011.  Après  l'investiture  du  président  Ouattara  dans  sa  nouvelle  fonction,  le  21 mai  2011,  un  nouveau  cabinet,  sous  la  direction  du  premier ministre Guillaume Soro,  a été  constitué  le  1er juin 2011,  où  le  RDR est  la principale force politique, 14 des 36 postes de ministre étant  occupés par des membres de ce parti. 4.4. En outre, il ne ressort pas du dossier que l'intéressé pourrait craindre  actuellement des préjudices déterminants au sens de l'art. 3 LAsi en cas  de  retour  pour  un  autre  motif  lié  à  sa  situation  personnelle  suite  au  changement  notable  de  circonstances  en  Côte  d'Ivoire  (cf. notamment  consid. 4.3  ci­avant).  A  ce  sujet,  le  Tribunal  relève  que  les  forces  de  sécurité de l'actuel gouvernement ivoirien, des membres de milices et des  particuliers ont profité des troubles du début de cette année pour se livrer,  eux  aussi,  à  des  graves  actes  de  violence,  lesquels  visaient  pour  l'essentiel des membres d'organes et des fidèles ­ réels ou présumés ­ du  régime déchu, respectivement des personnes appartenant simplement à  une  des  ethnies  connues  pour  soutenir  traditionnellement  Laurent  Gbagbo et son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), comme par exemple  les  Guérés,  les  Bété  (ethnie  à  laquelle  appartient  l'ex­président)  et  les  Attié ; les principales exactions ont eu lieu dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire  et  dans  certaines  zones  d'Abidjan  (en  particulier  D._______)  connues  pour  abriter  une  population  et/ou  des  groupes  ethniques  favorables  à 

E­4492/2009 Page 13 Laurent  Gbagbo  et  à  son  régime.  Si  la  fréquence  de  ces  actes  a  notablement  baissé  depuis  lors,  en  particulier  à  Abidjan,  des  sérieux  préjudices  (p. ex.  exécutions  extrajudiciaires,  détentions  arbitraires)  continuent  de  se  produire.  En  l'occurrence,  force  est  toutefois  de  constater que l'intéressé fait partie d'une ethnie (B._______) originaire du  Nord  de  la  Côte  d'Ivoire  et  qui  est  considérée  comme  soutenant  le  nouveau Président et  son gouvernement  (cf. aussi  consid. 4.3  ci­avant).  En outre, il n'a jamais laissé entendre, même à mots couverts, qu'il avait  une quelconque activité et/ou sympathie pour le régime déchu. 4.5.  Il  ressort de ce qui précède que  les motifs d'asile de  l'intéressé ne  répondent pas aux conditions posées par  les art. 3 et 7 LAsi. Partant,  le  recours  doit  être  rejeté  en  ce  qui  concerne  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  ainsi  que  l'octroi  de  l'asile  et  la  décision  confirmée  s'agissant de ces questions. 5.  5.1. Lorsqu’il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l'exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l'art. 32  de  l'ordonnance 1 sur l'asile du 11 août 1999 (OA 1, RS 142.31), lorsque le  requérant d’asile dispose d’une autorisation de séjour ou d’établissement  valable, ou qu’il  fait  l’objet d’une décision d’extradition ou d’une décision  de  renvoi  conformément  à  l’art. 121  al. 2  de  la Constitution  fédérale  du  18 avril 1999 (Cst., RS 101). 5.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 6.  6.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible  et  possible  (art. 44  al. 2  LAsi).  Si  ces  conditions  ne  sont  pas  réunies, l’admission provisoire doit être prononcée. Celle­ci est réglée par  l’art. 83 de  la  loi  fédérale sur  les étrangers du 16 décembre 2005  (LEtr,  RS 142.20). 6.2. L’exécution n’est pas  licite  lorsque  le  renvoi de  l’étranger dans son  Etat d’origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux 

E­4492/2009 Page 14 engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3  LEtr). 6.3. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 6.4. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 7.  7.1. L’exécution du renvoi est illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu’aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l’accueillir ;  il  s’agit  d’abord  de  l’étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d’exclusion  de  l’asile, et ensuite de l’étranger pouvant démontrer qu’il serait exposé à un  traitement prohibé par  l’art. 3 de  la Convention du 4 novembre 1950 de  sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH,  RS 0.101) ou encore par  l’art. 3 de la Convention du 10 décembre 1984  contre  la  torture  et  autres  peines  ou  traitements  cruels,  inhumains  ou  dégradants (Conv. torture, RS 0.105). 7.2.  L’exécution  du  renvoi  ne  contrevient  pas  au  principe  de  non­ refoulement  de  l’art. 5  LAsi.  En  effet,  le  recourant  n'a  pas  rendu  vraisemblable (cf. consid. 4 ci­dessus) qu’en cas de retour dans son pays  d’origine, il serait exposé à de sérieux préjudices au sens de l’art. 3 LAsi. 7.3.  7.3.1. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant  du droit international, il sied d’examiner particulièrement si l’art. 3 CEDH,  qui  interdit  la  torture,  les  peines  ou  traitements  inhumains,  trouve  application dans le présent cas d’espèce. 7.3.2. Si  l’interdiction de  la  torture,  des peines et  traitements  inhumains  (ou dégradants) s’applique indépendamment de la reconnaissance de la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu’un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l’art. 3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple 

E­4492/2009 Page 15 possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu’il  existe  pour  elle  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être victime de tortures, ou de traitements inhumains ou dégradants en  cas de renvoi dans son pays. Il en ressort qu’une situation de guerre, de  guerre  civile,  de  troubles  intérieurs  graves  ou  de  tension  grave  accompagnée de violations des droits de l’homme ne suffit pas à justifier  la  mise  en œuvre  de  la  protection  issue  de  l’art. 3  CEDH,  tant  que  la  personne  concernée  ne  peut  rendre  hautement  probable  qu’elle  serait  visée  personnellement ­ et  non  pas  simplement  du  fait  d’un  hasard  malheureux ­ par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question (cf. JICRA 1996 n° 18 consid. 14b ee p. 186 s.). 7.3.3.  En  l’occurrence,  mutatis  mutandis  pour  les  motifs  exposés  plus  haut, le Tribunal considère que le recourant n'a pas rendu vraisemblable  qu'il existait pour  lui un véritable  risque concret et sérieux d’être victime  d'actes  prohibés  par  l'art. 3  CEDH  en  cas  de  retour  dans  son  pays  d'origine ­ et  en  particulier  dans  la  région  d'Abidjan,  ville  où  il  a  très  probablement vécu de manière ininterrompue jusqu'à son départ et où la  situation  est  actuellement  à  nouveau  suffisamment  calme  (cf. aussi  consid. 4.2.3.  in  fine  et  4.3.  ci­dessus).  Par  ailleurs,  les  problèmes  de  santé  du  recourant ­ dans  la  mesure  où  ils  devraient  être  encore  d'actualité  au  moment  de  son  départ  de  Suisse  (cf. également  consid. 8.3.2.4  ci­après) ­ ne  font  manifestement  pas  obstacle  à  l'exécution du renvoi sous cet angle. En effet, selon la jurisprudence de la  Cour  européenne  des  Droits  de  l’Homme,  ce  n'est  que  dans  des  circonstances  très exceptionnelles ­ à  savoir  lorsque  l'étranger concerné  doit  recevoir  des  soins  complexes  et  indispensables  dont  l'interruption  équivaudrait  sans  aucun  doute  possible  à  un  traitement  cruel  et  inhumain ­ que cette mesure contreviendrait à la disposition précitée. Or,  au vu du dossier, ces conditions ne sont manifestement pas réalisées en  l'occurrence. 7.3.4. Par ailleurs, le recourant n'a pas non plus rendu vraisemblable qu'il  existait  pour  lui  un  véritable  risque  concret  et  sérieux  d’être  victime  de  traitements  contraires  à  l'art. 3  Conv. torture  en  cas  de  retour  en  Côte  d'Ivoire. 7.4.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  du  recourant  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du 

E­4492/2009 Page 16 droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (art. 44  al. 2  LAsi  et  art. 83 al. 3 LEtr). 8.  8.1.  Selon  l'art. 83  al. 4  LEtr,  l'exécution  du  renvoi  peut  ne  pas  être  raisonnablement  exigée  lorsque  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence",  soit  aux  étrangers  qui  ne  remplissent pas les conditions de la qualité de réfugié parce qu'ils ne sont  pas personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée.  Elle  vaut  aussi  pour  les  personnes  pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'elles  ne  pourraient  plus  recevoir  les  soins  dont  elles  ont  besoin  ou  qu'elles  seraient,  selon  toute  probabilité,  condamnées  à  devoir  vivre  durablement  et  irrémédiablement  dans  un  dénuement  complet,  et  ainsi  exposées  à  la  famine,  à  une  dégradation  grave de leur état de santé, à l'invalidité, voire à la mort. En revanche, les  difficultés  socio­économiques  qui  sont  le  lot  habituel  de  la  population  locale, en particulier des pénuries de soins, de logement, d'emplois et de  moyens de formation, ne suffisent pas en soi à réaliser une telle mise en  danger. L'autorité à qui  incombe  la décision doit donc dans chaque cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait l'étranger concerné dans son pays après l'exécution du renvoi à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf. en  particulier  ATAF  2009/52  consid. 10.1 ;  ATAF  2008/34  consid. 11.1  et  ATAF 2007/10 consid. 5, et réf. cit). 8.2. Comme  déjà  relevé  ci­dessus,  la  Côte  d'Ivoire  a  connu  durant  les  mois qui ont suivi  les élections présidentielles d'octobre­novembre 2010  de  sérieux  troubles  ponctués  pendant  quelques  semaines  de  graves  violences.  Le  11  avril  2011,  les  forces  loyalistes  d'Alassane  Ouattara,  grâce  à  l'appui  décisif  des  militaires  de  la  Force  républicaine  de  Côte  d'Ivoire,  (FRCI),  provenant  du  nord  du  pays,  ont  défait  les  partisans  de  Laurent Gbagbo, qui a été arrêté. Après divers gestes d'apaisement du  nouveau président Alassane Ouattara,  la situation s'est progressivement  normalisée sur la plus grande partie du territoire ivoirien et notamment à  Abidjan (cf. aussi consid. 4.3 ci­avant). Il  faut cependant encore déplorer  une  importante  criminalité  (p. ex. extorsion  de  fonds  lors  de  barrages  routiers,  actes  de  racket,  cambriolages,  vols  de  voitures  etc.),  émanant 

E­4492/2009 Page 17 en particulier de militaires des nouvelles forces armées ivoiriennes (dont  des  membres  de  la  FRCI  refusant  de  regagner  leur  région  d'origine  frappée par  la pauvreté), ainsi que de miliciens et de particuliers qui en  sont proches. Suite aux efforts déployés par le président Ouattara et son  gouvernement,  des  progrès  lents,  mais  encourageants  sont  toutefois  perceptibles  dans  ce  domaine  (parmi  les  diverses  sources  consultées,  voir à ce propos l'analyse de la Konrad­Adenauer­Stiftung intitulée "Côte  d'Ivoire ­ Der  lange Weg aus der Krise", 16 août 2011, p. 2  in  fine, ainsi  que  le  rapport  no  176  de  l'International  Crisis  Group,  "Une  période  critique  pour  stabiliser  la  Côte  d'Ivoire",  Dakar/Bruxelles,  1er août  2011,  pt. II A, p. 4 s. ; cf. également l'article de "Jeune Afrique" du 13 septembre  2011 intitulé "Côte d'Ivoire : Ouattara, cent jours après"). Actuellement,  la  Côte  d'Ivoire  ne  connaît  donc  pas  une  situation  de  guerre, de guerre civile ou de violence généralisée sur l'ensemble de son  territoire qui permettrait de présumer, à propos de tous les requérants qui  en proviennent, et indépendamment des circonstances de chaque cause,  l'existence d'une mise en danger concrète au regard de la jurisprudence  susmentionnée  (cf.  consid.  8.1  supra).  Sur  la  base  d'un  examen  de  la  situation  individuelle et concrète de A._______ prenant en considération  un  certain  nombre  de  critères  (tels  que  son  état  de  santé,  son  âge,  sa  formation professionnelle, son réseau social et familial, ses possibilités de  réinstallation,  etc.),  il  convient  désormais  de  vérifier  si  l'exécution  du  renvoi du recourant en Côte d'Ivoire et notamment à Abidjan (où il a vécu  jusqu'au  début  de  l'année  2007  ;  cf.  let.  B  supra)  est  ou  non  raisonnablement exigible au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. 8.3.  8.3.1. En l'occurrence,  il ne ressort du dossier aucun élément personnel  dont on pourrait inférer que l'exécution du renvoi impliquerait une mise en  danger concrète du recourant pour des motifs qui lui seraient propres, et  en particulier en raison de ses problèmes de santé. 8.3.2.  8.3.2.1  S'agissant  plus  spécifiquement  des  personnes  en  traitement  médical en Suisse, l'exécution du renvoi ne devient inexigible, en cas de  retour dans leur pays d'origine ou de provenance, que dans la mesure où  elles  pourraient  ne  plus  recevoir  les  soins  essentiels  garantissant  des  conditions minimales  d'existence ;  par  soins  essentiels,  il  faut  entendre  les soins de médecine générale et d'urgence absolument nécessaires à  la  garantie  de  la  dignité  humaine.  L'art. 83  al. 4  LEtr,  disposition 

E­4492/2009 Page 18 exceptionnelle  tenant  en  échec  une  décision  d'exécution  du  renvoi,  ne  saurait en  revanche être  interprété comme une norme qui comprendrait  un droit de séjour lui­même induit par un droit général d'accès en Suisse  à des mesures médicales visant à recouvrer la santé ou à la maintenir, au  simple  motif  que  l'infrastructure  hospitalière  et  le  savoir­faire  médical  dans  le  pays  d'origine  ou  de  destination  de  l'intéressé  n'atteint  pas  le  standard élevé qu'on trouve en Suisse. Il ne suffit pas en soi de constater,  pour  admettre  l'inexigibilité  de  l'exécution  du  renvoi,  qu'un  traitement  prescrit sur la base de normes suisses ne pourrait être poursuivi dans le  pays de l'étranger. En effet, ce qui compte, c'est l'accès à des soins, cas  échéant  alternatifs,  qui,  tout  en  correspondant  aux  standards  du  pays  d'origine,  sont  adéquats  à  l'état  de  santé  de  l'intéressé,  fussent­ils  d'un  niveau de qualité, d'une efficacité de  terrain  (ou clinique) et d'une utilité  (pour  la  qualité  de  vie)  moindres  que  ceux  disponibles  en  Suisse ;  en  particulier,  des  traitements  médicamenteux  (par  exemple  constitués  de  génériques) d'une génération plus ancienne et moins efficaces, peuvent,  selon  les  circonstances,  être  considérés  comme  adéquats.  Si  les  soins  essentiels nécessaires peuvent être assurés dans le pays d'origine ou de  provenance  de  l'étranger  concerné,  cas  échéant  avec  d'autres  médications que  celles  prescrites  en Suisse,  l'exécution  du  renvoi  dans  l'un ou l'autre de ces pays sera raisonnablement exigible. Elle ne le sera  plus,  au  sens  de  l'art. 83  al. 4  LEtr  si,  en  raison  de  l'absence  de  possibilités  de  traitement  adéquat,  l'état  de  santé  de  l'intéressé  se  dégraderait très rapidement au point de conduire d'une manière certaine  à  la  mise  en  danger  concrète  de  sa  vie  ou  à  une  atteinte  sérieuse,  durable,  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité  physique  (sur  l'ensemble  de  ces  questions,  voir  ATAF  2009/2  consid. 9.3.2  et  JICRA  2003 n° 24 consid. 5b p. 157 s. et la jurisprudence et la doctrine citées). 8.3.2.2  Selon  la  jurisprudence  du  Tribunal,  l'existence  d'une  affection  orthopédique ne constitue pas un fondement suffisant pour conclure à la  nécessité  d'une  prise  en  charge  médicale  en  Suisse  dont  le  défaut  pourrait  contribuer  dans  des  proportions  considérables  à  une  mise  en  danger  de  la  vie  du  requérant.  D'éventuelles  mesures  médicales  ponctuelles  d'urgence  peuvent  être  dispensés  en  dehors  de  la  Côte  d'Ivoire, par exemple dans le cadre de séjours touristiques en Suisse, et  ne permettent donc pas à eux seuls de retenir l'inexigibilité du renvoi. On  peut  en  outre  raisonnablement  exiger  d'un  patient  souffrant  d'une  telle  affection  une  activité  lucrative  n'exigeant  pas  d'efforts  physiques  conséquents ou de solliciter, dans son pays d'origine, des liens familiaux  qui lui permettent d'y vivre (cf. p. ex. arrêt du Tribunal administratif fédéral 

E­4492/2009 Page 19 E­3675/2006  du  17 mars  2009,  consid. 6.3.2.2.,  et  les  différents  autres  arrêts du Tribunal qui y sont cités). 8.3.2.3 En l'espèce,  le recourant souffre d'une  inégalité de  longueur des  membres  inférieurs ­ de  trois centimètres actuellement ­ laquelle  requiert  encore une intervention chirurgicale et un suivi médical durant la période  de  convalescence,  au  terme  de  laquelle  ces  problèmes  orthopédiques  devraient  être  entièrement  résorbés.  En  l'occurrence,  au  vu  du  dernier  certificat  médical  (cf. à  ce  sujet  let. S  de  l'état  de  fait),  le  Tribunal  considère que dite opération, si elle n'a pas encore été effectuée, devrait  avoir  lieu  dans  un  avenir  très  proche.  Après  une  période  de  convalescence ­ dont  il  pourra  être  tenu  compte  dans  le  cadre  des  préparatifs  en  vue  de  son  renvoi  de  Suisse  (p. ex.  en  prolongeant  si  nécessaire  le  délai  habituel  de  départ) ­ l'intéressé  ne  devrait ­ si  l'on  excepte peut­être certains contrôles épisodiques (cf. ci­après) ­ plus avoir  besoin  d'un  suivi  thérapeutique  à  son  retour  en  Côte  d'Ivoire  pour  ce  motif. Outre cette affection, A._______ souffre d'une hépatite B chronique  peu active, laquelle ne nécessite pas un traitement actif spécifique, seule  une surveillance médicale ayant été préconisée, ce qui ne constitue pas  non  plus  un  élément  pouvant  faire  obstacle  à  l'exécution  du  renvoi.  En  d'autres  termes,  en  cas  d'opération  de  l'intéressé,  son  état  de  santé  pourra être qualifié de bon au moment où il quittera la Suisse, et il n'aura  manifestement  pas  impérativement  besoin  d'un  traitement médical  pour  éviter une dégradation rapide et importante de son état de santé, au sens  défini  ci­avant  (cf. consid. 8.3.2.1).  Dans  la  mesure  où  des  contrôles  médicaux  devaient  encore  s'avérer  indispensables  à  l'avenir,  un  suivi  suffisant  serait  possible à Abidjan. En effet,  il  est notoire que cette  ville  dispose  d'une  infrastructure  sanitaire ­ laquelle  est  à  nouveau  globalement  fonctionnelle  en  dépit  des  pillages  durant  les  quelques  semaines de violences qui  l'ont  secouée au printemps de cette année ­  dont  des  centres  hospitaliers  universitaires  disposant  notamment  de  services  de  chirurgie  orthopédique ;  on  peut  aussi  y  trouver  des  organisations  non  gouvernementales  offrant  des  soins  orthopédiques,  des médecins spécialistes exerçant à  titre privé dans ce domaine, ainsi  que  des  physiothérapeutes  (cf. également  l'analyse  de  la  situation  médicale  à  Abidjan  opérée  par  le  Tribunal  dans  ATAF  2009/41  consid. 7.12.1 p. 588). Quant aux contrôles occasionnels en rapport avec  son  hépatite  B ­ même  en  admettant  qu'il  se  fût  agi  d'actes  médicaux     indispensables  au  sens  défini  plus  haut ­ ceux­ci  peuvent  aussi  être  effectués en Côte d'Ivoire.

E­4492/2009 Page 20 8.3.2.4  Pour  le  surplus,  le  Tribunal  relève  que  même  si  l'opération  ne  devait en définitive pas avoir lieu, cela ne ferait pas obstacle à l'exécution  du renvoi. En effet, au vu de la nature actuelle de l'affection de l'intéressé  (différence  de  longueur  des membres  inférieurs  de  3 centimètres),  il  ne  saurait  être  question,  au  vu  du  dossier,  d'un  handicap  grave  hypothéquant  de  manière  notable  sa  vie  quotidienne  et/ou  nécessitant  impérativement un  traitement adéquat  sans  lequel  son état de santé se  dégraderait très rapidement au point de conduire d'une manière certaine  à  une  atteinte  sérieuse,  durable,  et  notablement  plus  grave  de  son  intégrité physique (cf. consid. 8.3.2.1 in fine et 8.3.2.2 ci­avant). De plus,  il  ressort  des  documents  médicaux  produits  qu'il  existe  au  moins  une  alternative de traitement (utilisation d'une/de talonnette/s orthopédique/s),  laquelle  est  adéquate  même  si  elle  n'a  pas  la  même  efficacité  que  la  solution  actuellement  prévue,  possibilité  demandant  un  suivi  médical  moins complexe, lequel pourrait être prodigué en Côte d'Ivoire. 8.3.2.5 Enfin, l'intéressé pourra, en cas de besoin, solliciter de l'ODM une  aide au retour selon les art. 73 ss de l'ordonnance 2 sur l'asile relative au  financement  (OA  2,  RS  142.312)  comprenant  une  prise  en  charge  financière  totale ou partielle du suivi médical durant  les premiers  temps  de son retour en Côte d'Ivoire. 8.3.2.6  Pour  le  reste,  le  Tribunal  relève  que  le  recourant  est  jeune,  célibataire,  et  a  pu,  selon  ses  propres  déclarations,  bénéficier  d'une  bonne formation (cf. let. B in initio de l'état de fait et ch. 8 p. 2 du pv de la  première  audition).  Même  en  tenant  compte  de  la  situation  socio­ économique tendue qui prévaut en Côte d'Ivoire et d'éventuelles contre­ indications médicales à une activité professionnelle exigeant des efforts  physiques importants (cf. aussi consid. 8.3.2.2 ci­avant), il devrait être en  mesure de  trouver et d'exercer, au moins à moyen  terme, un emploi  lui  permettant de subvenir à ses besoins essentiels. Par ailleurs, eu égard à  l'invraisemblance patente de ses motifs d'asile (cf. consid. 4 ci­dessus), le  Tribunal considère qu'il n'a pas, contrairement à ce qu'il prétend, quitté le  domicile  familial,  situé dans  la  région d'Abidjan,  déjà en 2007,  dans  les  circonstances qu'il a décrites, et cessé ses études à cette époque. Quant  à ses allégations sur l'absence totale de proches et de connaissances en  Côte  d'Ivoire  (cf. let. B  in  initio  et  T  de  l'état  de  fait),  elles  ne  sont  nullement  convaincantes  dans  le  contexte  social  et  familial  ivoirien,  l'intéressé n'ayant en outre produit aucun moyen de preuve étayant ses  propos à ce sujet. Au vu aussi de l'attitude patente de dissimulation dont il  a  fait  preuve  durant  sa  procédure  d'asile  et  de  l'invraisemblance 

E­4492/2009 Page 21 manifeste  de  ses  motifs,  le  Tribunal  considère  que  l'intéressé  doit  bénéficier  d'autres  appuis  que  le  prétendu  amant  de  sa  mère,  sans  lesquels  un  voyage  vers  la  Suisse ­ forcément  onéreux ­ n'eût  été  possible  et  avec  lesquels  il  a manifestement  gardé  des  contacts  (cf. en  particulier  la  rapidité  avec  laquelle  il  a  pu  se  procurer  des  moyens  de  preuve dans son pays [cf. consid. D in fine et O in fine de l'état de fait]).  Dès lors, il y a lieu d'admettre qu'il pourra compter sur l'aide d'un réseau  familial et  social  lors de son  retour à Abidjan ­ métropole où  il  est né et  qu'il  connaît  très  bien  pour  y  avoir  vécu  de  manière  ininterrompue  pendant de très nombreuses années (très probablement jusqu'à l'époque  de  son  départ  du  pays) ­  pour  faire  face  aux  éventuelles  difficultés  de  réinsertion.  En  outre,  si  l'intéressé  devait  réellement  avoir  résidé  avant  son départ dans la zone de D._______, ce qui n'est pas établi (les deux  seuls  moyens  de  preuve  qui  l'attestent  sont  sans  valeur  probante  [cf. notamment consid. 12 ci­après]) et qu'il ne puisse ­ ou ne veuille ­ pas  s'y  réinstaller,  il  peut  de  toute  façon  être  attendu  de  lui  qu'il  prenne  domicile ailleurs à Abidjan. 8.4. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible. 9.  Enfin,  le  recourant  est  en  mesure  d’entreprendre  toute  démarche  nécessaire auprès de  la représentation de son pays d’origine en vue de  l’obtention de documents de voyage  lui  permettant de quitter  la Suisse.  L’exécution  du  renvoi  ne  se  heurte  donc  pas  à  des  obstacles  insurmontables d’ordre technique et s’avère également possible au sens  de l'art. 83 al. 2 LEtr (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515). 10.   Cela  étant,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions  légales.  Il s’ensuit que  le  recours doit être également  rejeté  s'agissant de cet aspect. 11.  11.1.  Au  vu  des  particularités  de  la  présente  affaire,  la  demande  d'assistance  judiciaire doit  être admise,  les deux conditions cumulatives  prévues  par  l'art. 65  al. 1  PA  étant  réalisées.  En  effet,  l'intéressé  est  indigent  et  le  recours  ne  paraissait  pas  d'emblée  voué  à  l'échec  au  moment de son dépôt, s'agissant de la question de l'exécution du renvoi.  Partant, il est statué sans frais.

E­4492/2009 Page 22 Le recourant ayant succombé,  il ne lui est pas alloué de dépens (art. 64  al. 1 PA). 12.  Au  vu  de  ce  qui  précède  (cf. consid. 4.2.1),  il  y  a  lieu  de  confisquer  la  carte de membre du RDR et l'attestation du 21 juillet 2009, en application de  l'art. 10 al. 4 LAsi. (dispositif page suivante)  

E­4492/2009 Page 23 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est admise. 3.  Il est statué sans frais. 4.  Il n'est pas alloué de dépens. 5.  La  carte  de  membre  du  RDR  et  l'attestation  du  21 juillet  2009  sont  confisquées. 6.  Le  présent  arrêt  est  adressé  au  recourant,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : Maurice Brodard Edouard Iselin Expédition :

E-4492/2009 — Bundesverwaltungsgericht 30.09.2011 E-4492/2009 — Swissrulings