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Bundesverwaltungsgericht 16.08.2011 E-3710/2011

August 16, 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·662 words·~3 min·1

Summary

Asile (sans renvoi) | Asile (sans renvoi); décision de l'ODM du 27 mai 2011

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­3710/2011 Arrêt   d u   1 6   a oû t   2011 Composition François Badoud, juge unique,  avec l'approbation de Gérald Bovier, juge ;  Antoine Willa, greffier. Parties A._______, née le (…) et ses enfants B._______, né le (…) et  C._______, née le (…), Erythrée, représentés par Tarig Hassan, recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne, autorité inférieure.  Objet Asile ; décision de l'ODM du 27 mai 2011 / N (…).

E­3710/2011 Page 2 Faits : A.  Le 4 décembre 2008, A._______ a déposé une demande d'asile auprès  du centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe. B.  Entendue  audit  centre,  puis  directement  par  l'ODM,  la  requérante  a  dit  avoir  vécu  jusqu'en  2001  à  Port­Soudan,  en  possession  d'une  autorisation  de  séjour  pour  études.  Elle  serait  ensuite  rentrée  en  Erythrée,  à  Asmara,  et  aurait  reçu  un  permis  de  résidence  valable  six  mois.  Invitée  à  s'enregistrer,  et  à  renouveler  son  permis,  elle  aurait  négligé de le faire ;  l'intéressée aurait cependant obtenu sans difficultés,  le 21 septembre 2001, une carte d'identité délivrée à D._______, mais qui  indique toujours Port­Soudan comme domicile. Un  an  après  son  retour,  la  requérante  aurait  reçu  une  convocation  au  service militaire, mais n'y aurait  pas donné suite  ;  elle aurait  alors vécu  clandestinement.  L'intéressée  aurait  cependant  pu  obtenir  un  passeport  en  2003.  Elle  aurait  ensuite  vécu  avec  un  homme  tenu  à  un  service  militaire de longue durée, et qui ne la rencontrait que lors de permissions  épisodiques.  Vers  le  milieu  de  2007,  son  ami  aurait  disparu  et  aurait  quitté le pays ; il aurait été accusé de désertion. La requérante n'en aurait  plus eu de nouvelles. Des militaires seraient venus, trois fois en tout, interroger l'intéressée sur  la  localisation  de  son  ami,  sur  une  période  d'environ  six  semaines,  la  dernière  fois  le 18 octobre 2008  ;  ils  l'auraient menacée d'arrestation  si  elle  ne  fournissait  pas  les  renseignements demandés. Pour échapper à  ce sort, la requérante aurait quitté Asmara, le 20 octobre 2008, et rejoint  Kassala, au Soudan, avec  l'aide d'un passeur  ; après un court  séjour à  Khartoum, elle se serait rendue en Libye, puis en Italie, avant de gagner  la Suisse. C.  Par  décision  du  27 mai  2011,  l'ODM a  rejeté  la  demande  déposée  par  l'intéressée,  tant  en  raison  de  l'invraisemblance  que  du  manque  de  pertinence de ses motifs ; il a prononcé son admission provisoire et celle  de  ses  enfants,  l'exécution  du  renvoi  n'étant  pas  raisonnablement  exigible.

E­3710/2011 Page 3 D.  Interjetant recours contre cette décision, le 29 juin 2011, A._______ a fait  valoir le peu d'importance des contradictions et imprécisions de ses dires,  et  relevé qu'elle  avait  décrit  avec  clarté  les  conditions de  son  retour  en  Erythrée, ainsi que de son départ ultérieur. Elle a  fait valoir qu'elle avait  pu obtenir des documents d'identité en 2001­2003 malgré sa situation, les  conditions  étant  alors  moins  strictes,  et  les  communications  entre  les  différentes  autorités mal  assurées.  L'intéressée  a  fait  valoir  une  crainte  fondée de persécution pour avoir éludé le service militaire. La  requérante  a  conclu  à  l'octroi  de  l'asile  et  a  requis  l'assistance  judiciaire ; elle a produit une photographie la représentant, qui aurait été  prise à Asmara. E.  Par  ordonnance  du  5  juillet  2011,  le  Tribunal  administratif  fédéral  (le  Tribunal)   a  rejeté  la  requête  d'assistance  judiciaire,  le  recours  apparaissant manifestement comme dénué de chances de succès. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. La recourante a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans  les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et  108 al. 1 LAsi).

E­3710/2011 Page 4 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  lieu  de  tenir  compte  des  motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (recourant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.  3.1. En  l’occurrence,  les motifs  soulevés  par  la  recourante  ne  revêtent  pas une crédibilité suffisante. 3.2.  Il  n'est  ainsi  pas  vraisemblable  que  l'intéressée  ait  pu  vivre  durant  sept  ans  à  Asmara  et  y  mener  une  vie  normale  (cf.  audition  du  22  décembre 2008, question 119) sans avoir donné suite à son obligation de  s'enregistrer, ceci dans un Etat dont l'étroit contrôle de la population est le  principal souci. Pour la même raison, il n'est pas crédible que l'intéressée,  en situation irrégulière, ait pu obtenir non seulement une carte d'identité,  mais  également,  en  2003,  un  passeport,  pièce  d'une  particulière  importance, et qui n'est en principe accordée que pour permettre la sortie  du pays. Son argument, selon lequel les autorités étaient moins strictes à  l'époque, et les registres publics incomplets, n'emporte pas la conviction,  compte  tenu  des  pratiques  qu'appliquent  les  autorités  érythréennes  depuis plusieurs années. Le récit de la recourante est d'autant moins crédible qu'elle aurait éludé le  service militaire en 2002 déjà, délit d'une particulière gravité en Erythrée.  Elle n'aurait cependant pas été recherchée pour ce motif durant plusieurs 

E­3710/2011 Page 5 années,  ni  arrêtée  en  2008,  alors  qu'on  enquêtait  sur  son  compagnon  (dont  elle  ne  cite  d'ailleurs  jamais  le  nom)  ;  cependant,  le  motif  d'exemption  que  pouvait  constituer  sa  grossesse  avait  alors  disparu  depuis longtemps. L'intéressée n'a articulé aucune explication quant à la  mansuétude  des  policiers,  qui  ne  l'auraient  pas  interpellée,  bien  que  coupable  et  complice  de  désertion,  mais  se  seraient  contentés  de  menaces non suivies d'effet. 3.3. Enfin, aucune preuve valable n'a été produite à l'appui des motifs. En  effet,  la  carte  d'identité  de  2001  fait  état  d'un  domicile  à  Port­Soudan  ;  quant à la photographie jointe au recours, rien ne permet de dire où elle a  été  prise.  Dès  lors,  vu  le  manque  général  de  crédibilité  du  récit,  l'intéressée n'a pas été en mesure de remettre en cause l'appréciation de  l'ODM, selon laquelle elle n'est en réalité jamais rentrée en Erythrée, et a  directement quitté la Soudan pour la Suisse. 3.4. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste le refus de l’asile, doit  être rejeté. 4.  4.1. Lorsqu’il rejette la demande d’asile ou qu’il refuse d’entrer en matière  à ce sujet, l’ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l’exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l’unité  de  la  famille  (art.  44  al.  1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l’art.  32  de  l’ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l’asile relative à la procédure (OA 1,  RS 142.311),  lorsque  le  recourant  d’asile  dispose  d’une  autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 4.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n’étant  en  l’occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure.  La  décision  rendue  par  l'ODM  quant  au  renvoi  est  ainsi  confirmée. Quant  à  son  exécution,  le  Tribunal  constate  que  l'ODM  a  exclu  le  refoulement de l'intéressée et de ses enfants dans leur pays d'origine et a  prononcé  leur  admission  provisoire. Cette  question  n'a  donc  pas  à  être  tranchée.

E­3710/2011 Page 6 5.  Le  recours  s’avérant  manifestement  infondé,  il  est  rejeté  dans  une  procédure  à  juge  unique,  avec  l’approbation  d’un  second  juge  (art.  111  let. e LAsi). Il est dès  lors renoncé à un échange d’écritures,  le présent arrêt n’étant  motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi). 6.  Au vu de l’issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à  la charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 e 3 let.  b  du  règlement  du  21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS  173.320.2). (dispositif page suivante)  

E­3710/2011 Page 7 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d’un montant de Fr. 600.­, sont mis à la charge de  de  la recourante. Ce montant doit être compensé avec  l’avance de frais  déjà versée le 11 juillet 2011. 3.  Le  présent  arrêt  est  adressé  à  la  recourante,  à  l’ODM  et  à  l’autorité  cantonale compétente. Le juge unique : Le greffier : François Badoud Antoine Willa Expédition :

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