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Bundesverwaltungsgericht 23.02.2012 E-3377/2011

February 23, 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·953 words·~5 min·3

Summary

Renvoi et exécution du renvoi (recours réexamen) | Renvoi et exécution du renvoi (recours réexamen); décision de l'ODM du 17 mai 2011

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­3377/2011   Arrêt   d u   2 3   février   2012 Composition François Badoud (président du collège),  Yannick Felley, Kurt Gysi, juges, Antoine Willa, greffier. Parties A._______, né le (…), Bosnie et Herzégovine,   représenté par le Service d'Aide Juridique aux Exilé­e­s  (SAJE), en la personne de (…), (…), recourant,  contre Office fédéral des migrations (ODM), Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure. Objet Exécution du renvoi (réexamen) ;  décision de l'ODM du 17 mai 2011 / N (…).

E­3377/2011 Page 2 Faits : A.  A._______  a  déposé  en  Suisse  une  demande  d'asile  en  date  du  26 novembre 2002. Parti de Bosnie­Herzégovine en octobre 2001, il avait  d'abord rejoint la Finlande, où il avait rencontré B._______, ressortissante  russe et ouzbèke ; celle­ci avait rejoint la Suisse avec lui, y déposant une  demande le même jour. Par décision des 24 et 25 mai 2004,  l'Office  fédéral des  réfugiés  (ODR,  aujourd'hui ODM) a rejeté les deux demandes et prononcé le renvoi des  intéressés vers leur Etat national, relevant que chacun d'entre eux, après  mariage, pourrait accompagner son conjoint dans son pays d'origine. A._______ et B._______ ont recouru conjointement contre ces décisions,  concluant à  l'inexécution du renvoi.  Ils ont contracté mariage en Suisse,  le  29 septembre  2005 ;  la  recourante  avait  antérieurement  donné  nais­ sance à deux enfants : C._______, née le (…) et D._______, née le (…). Par arrêt du 21 janvier 2009, le Tribunal administratif fédéral (le Tribunal)  a rejeté le recours, retenant que les intéressés et leurs enfants pouvaient  se  rendre en Bosnie et Herzégovine, où  il était possible à  la  recourante  d'obtenir une autorisation de séjour. B.  Le  15  octobre  2010,  B._______  a  requis  le  réexamen  de  la  décision  ordonnant  l'exécution de son  renvoi en Bosnie et Herzégovine, au motif  qu'elle avait déposé une demande en divorce, le 22 juillet précédent ; elle  était  séparée de son mari depuis plusieurs années, une ordonnance de  mesures  protectrices  de  l'union  conjugale,  du  21  décembre  2007,  lui  ayant confié la garde de ses enfants. Le 8 novembre 2010, l'ODM a admis la demande, prononçant l'admission  provisoire de la requérante et de ses filles. C.  Le 15 avril 2011, A._______ a demandé  le  réexamen de  la décision de  l'ODR, en ce qu'elle ordonnait l'exécution de son renvoi. Il a fait valoir que  cette  mesure  serait  illicite  et  violerait  tant  l'art.  8  de  la  convention  du  4 novembre  1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme et  des  libertés 

E­3377/2011 Page 3 fondamentales (CEDH, RS 0.101) que  le principe de  l'unité de  la famille  (art. 44 al. 1 LAsi) ; en effet, il ne serait alors plus en mesure de maintenir  des liens avec ses enfants, et singulièrement d'exercer sur elles son droit  de visite. Outre  six  photographies  en  compagnie  de  ses  filles,  le  requérant  a  produit  une  lettre  de  la  "Fondation  jeunesse et  famille",  qui  rappelle  les  termes  de  l'ordonnance  du Tribunal  d'arrondissement  de  (…),  datée  du  17 décembre  2010 ;  celle­ci  fixe  à  l'intéressé  un  droit  de  visite  de  3 heures, deux fois par mois, à un endroit prédéterminé. D.  Par décision du 17 mai 2011,  l'ODM a rejeté  la demande de réexamen,  au motif que l'art. 8 CEDH ne trouvait pas application, les enfants et leur  mère  ne  disposant  pas  d'un  droit  de  présence  stable  en  Suisse.  Par  ailleurs,  le  droit  de  visite,  de  peu  d'ampleur,  pouvait  s'exercer  "lors  de  visites,  certes  regroupées  dans  le  temps,  lors  de  simples  séjours  touristiques"  ;  le  contact  avec  les  enfants  pouvait  aussi  être  gardé  par  d'autres voies, telles que "lettres, téléphone ou courrier électronique". E.  Interjetant recours contre cette décision, le 15 juin 2011, A._______ a fait  valoir  que  le  statut  provisoire  de  ses  enfants  en  Suisse  n'excluait  pas  l'application de  l'art. 8 CEDH, ce d'autant plus qu'ils avaient, comme lui­ même, longtemps vécu dans ce pays. Par ailleurs,  l'exercice du droit de visite, qui devait s'accomplir dans des  conditions contraignantes de temps et de lieu, supposait sa présence en  Suisse  ;  pour des  raisons pratiques,  cet exercice n'était  pas compatible  avec  un  renvoi  de  l'intéressé  en  Bosnie  et  Herzégovine.  Enfin,  le  recourant a fait reproche à l'ODM de n'avoir pas tenu compte du principe  de l'unité de la famille. Il a conclu au non­renvoi  de Suisse, et a requis la  prise  de  mesures  provisionnelles,  ainsi  que  l'assistance  judiciaire  partielle. F.  Par ordonnance du 22  juin 2011,  le Tribunal  a  suspendu  l'exécution du  renvoi  par  mesures  provisionnelles  et  a  dispensé  l'intéressé  du  versement  d'une  avance  de  frais,  renvoyant  la  question  de  l'assistance  judicaire partielle à l'arrêt de fond.

E­3377/2011 Page 4 G.  Invité à se prononcer sur  le recours,  l'ODM en a préconisé  le rejet dans  sa réponse du 30 août 2011, au motif que la vie de famille était, dans les  faits, suspendue depuis décembre 2007, si bien que le recourant n'avait  plus de relations vécues avec ses  filles  ;  le droit de visite était d'ailleurs  restreint. Le recourant n'a pas fait usage de son droit de réplique. H.  Le 7 septembre 2011, l'intéressé a produit une attestation d'incapacité de  travail  du  26  juillet  au  22  août  précédent.  Selon  un  rapport médical  du  18 août  2011,  produit  le  16  septembre  suivant,  il  avait  souffert  d'un  épisode sévère d'un trouble dépressif récurrent ; il manifestait également  une perte d'acuité visuelle à l'oeil droit. Le  16  septembre  2011,  le  recourant  a  également  déposé  copie  du  jugement prononçant son divorce, rendu par le Tribunal d'arrondissement  de (…), le 26 août 2011, sur les détails duquel il sera revenu plus bas ; ce  jugement est entré en force. I.  Selon rapport médical du 11 novembre 2011, l'intéressé a été hospitalisé  durant  un mois  (correspondant  à  la  durée  de  l'incapacité  de  travail)  en  raison d'un état dépressif sévère, traité par médicaments. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités mentionnées à l’art. 33 LTAF. En particulier, les décisions rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent  être contestées, par renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile  (LAsi, RS 142.31), devant  le Tribunal,  lequel statue alors définitivement,  sauf demande d’extradition déposée par l’Etat dont le requérant cherche 

E­3377/2011 Page 5 à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Le recourant a qualité pour recourir. Présenté dans la forme et dans  les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48 et 52 PA et  108 al. 1 LAsi). 2.  2.1. La demande de réexamen, définie comme une requête non soumise  à  des  exigences  de  délai  ou  de  forme,  adressée  à  une  autorité  administrative en vue de la reconsidération de la décision qu'elle a prise,  n'est  pas  expressément  prévue  par  la  loi  fédérale  sur  la  procédure  administrative  (PA).  La  jurisprudence  l'a  cependant  déduite  de  l'art.  66  PA, qui prévoit le droit de demander la révision des décisions et de l'art. 4  aCst.,  actuellement  l'art.  29  al.  1  et  2  de  la  constitution  fédérale  du  18  avril 1999  (Cst., RS 101). Une demande de  réexamen ne constitue pas  une voie de droit ordinaire. Partant,  l'ODM n'est  tenu de s'en saisir que  lorsqu'elle constitue une "demande de reconsidération qualifiée", à savoir  lorsque le requérant  invoque un des motifs de révision prévus à  l'art. 66  PA,  applicable  par  analogie  ou  lorsqu'elle  constitue  une  "demande  d'adaptation", à savoir  lorsque  le requérant se prévaut d'un changement  notable de circonstances depuis le prononcé de la décision matérielle de  première instance (si la demande d'adaptation porte sur le réexamen d'un  refus de l'asile [et non simplement d'une mesure de renvoi], l'art. 32 al. 2  let. e LAsi sera en principe applicable). Une  demande  de  nouvel  examen  ne  saurait  servir  à  remettre  continuellement  en  question  des  décisions  administratives.  En  conséquence et par analogie avec l'art. 66 al. 3 PA, il y a lieu d'exclure le  réexamen d'une décision de première instance entrée en force lorsque le  requérant  le  sollicite  en  se  fondant  sur  des  moyens  qu'il  aurait  pu  invoquer  par  la  voie  de  recours  contre  cette  décision  au  fond  (Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière d’asile [JICRA] 2003 n° 17 consid. 2, p. 103­104). 3.  3.1. Il y a lieu de déterminer si les faits invoqués à l'appui de la demande  sont  nouveaux,  soit  postérieurs à  la décision à  réexaminer,  et  s'ils  sont  déterminants,  soit  susceptibles  de  modifier  l'état  de  fait  retenu  par  l'autorité  dans  sa  première  décision  dans  une  mesure  suffisante  pour 

E­3377/2011 Page 6 mener,  après  appréciation  juridique  de  la  nouvelle  situation,  à  une  décision différente. 3.2.  En  l'espèce,  la  décision  du  24  mai  2004,  dont  le  réexamen  est  demandé, constatait que l'exécution du renvoi de l'intéressé pouvait avoir  lieu  tant  vers  la  Bosnie  et  Herzégovine,  son  Etat  national,  que  vers  la  Russie,  dont  la mère  de  son  enfant  (et  future  épouse)  était  originaire  ;  l'arrêt du Tribunal, daté du 21 janvier 2009, admettait en revanche que les  époux  et  leurs  enfants  pouvaient  tous  se  rendre  en  Bosnie  et  Herzégovine. Le recourant  fait valoir que  l'exécution du renvoi vers son pays d'origine  est aujourd'hui  illicite, car elle  l'empêcherait de maintenir avec ses deux  filles,  admises  provisoirement  en  Suisse  avec  leur  mère,  un  contact  matérialisé par l'exercice d'un droit de visite fixé par décision de justice ;  cette mesure contreviendrait ainsi à l'art. 8 CEDH et au principe de l'unité  de la famille, ancré à l'art. 44 al. 1 LAsi. 3.3. L'art.  8 CEDH permet  essentiellement  de prétendre à  la  délivrance  d'une autorisation de séjour, et de remettre ainsi en cause le renvoi dans  son principe  ; cette question  relève donc de  la compétence de  l'autorité  cantonale  de  police  des  étrangers,  auprès  de  laquelle  il  incombe  au  requérant  d'engager  une  procédure  tendant  à  l'octroi  d'une  telle  autorisation. L'autorité d'asile doit,  pour sa part,  se  limiter à  résoudre  la  question  préjudicielle  de  savoir  si,  sur  la  base  de  la  jurisprudence  du  Tribunal  fédéral  (principalement ATF 122  II 1, ATF 115 Ib 1, ATF 110  Ib  201),  un  droit  à  la  délivrance  d'une  autorisation  de  séjour  existe  en  principe  (art.  14  al.  1  LAsi;  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  E­6756/2006 du 5 décembre 2008 consid. 6.2 ; JICRA 2001 n° 21 consid.  11a p. 177). Dans la négative, le renvoi est confirmé. Or,  le Tribunal fédéral a admis que les proches d'une personne résidant  en Suisse ne pouvaient invoquer en leur faveur l'art. 8 CEDH que si cette  personne disposait d'un droit de présence assuré en Suisse (ATF 122 II  1)  ; cette  jurisprudence n'a pas été  remise en cause (cf. ATF 135  I 143  consid. 1.3.1 et 1.3.2 p. 145 s., ATF 130  II 281 consid. 3.1 p. 285, ATF  129 II 193 consid. 5.3.1 p. 211 ; cf. également JICRA 2005 n° 3 consid.  3.1­3­3 p. 31­34 et réf. citées). Les enfants du recourant n'étant qu'admis  provisoirement en Suisse, cette condition n'est donc pas remplie. 

E­3377/2011 Page 7 En outre,  dans  la mesure où  la  présente  demande de  réexamen  remet  uniquement en cause le caractère exécutable du renvoi, dite demande ne  pourrait  s'appuyer  sur  l'art.  8 CEDH,  ce motif  étant donc manifestement  dénué de pertinence. 3.4.  Par  ailleurs,  le  principe  de  l'unité  de  la  famille,  soulevé  par  le  recourant, ne lui permet pas davantage d'obtenir gain de cause. 3.4.1. Dit  principe,  auquel  la  jurisprudence  n'a  pas  apporté  les  mêmes  limitations qu'à  l'art. 8 CEDH, prescrit à  l'autorité de ne pas séparer  les  membres  d'un  même  groupe  familial,  dont  seuls  certains  se  trouvent  légalement en Suisse ; en conséquence,  l'admission provisoire d'un des  membres de  la  famille  s'étend en principe aux autres. Ce principe peut  cependant  connaître  des  exceptions,  à  déterminer  selon  les  circons­ tances  du  cas  d'espèce  (JICRA  1995  n°  24  consid.  10­11  p.  230­233,  spéc. 11c)  ; ainsi,  il  n'y a pas  lieu d'étendre  l'admission provisoire,  si  le  groupe  familial a, en pratique, cessé d'exister du  fait du requérant et de  son attitude (JICRA 2004 n° 12 p. 76­78). Selon la jurisprudence développée par le Tribunal fédéral en relation avec  le  droit  au  respect  de  la  vie  familiale  consacré  par  l'art.  8 CEDH,  cette  garantie a toutefois pour objet de préserver, avant tout, les relations entre  époux (ou concubins formant une communauté durable) et  leurs enfants  mineurs vivant en  ménage commun (cf. dans ce sens JICRA 1996 n° 18  consid. 14e p. 189 ss ; JICRA 1995 n° 24 consid. 7 p. 227 ; JICRA 1993  n° 24 consid. 8 p. 162 ss consid. 8e p. 170). La disposition en cause protège certes aussi  les liens entre un enfant et  le parent ne possédant ni l'autorité parentale ni la garde de celui­là, mais  pour  autant  que  les  relations  familiales  en  la  cause  soient  intactes  et  sérieusement  vécues  ;  un  contact  régulier  entre  un  parent  et  l'enfant,  ainsi  par  l'exercice  du  droit  de  visite,  peut  le  cas  échéant  suffire  (cf. JICRA 1995 n° 24 consid. 8 p. 228 ; ATF 136 I 285 consid. 5.2 p. 287  ; arrêt non publié du Tribunal fédéral 2C.617/2009 du 4 février 2010). 3.4.2. Dans le cas d'espèce, cependant, le recourant ne peut se prévaloir  utilement de ce principe. En  effet,  il  n'apparaît  pas  qu'il  entretienne  avec  ses  deux  filles  des  relations  suffisamment  intenses  pour  justifier  l'application  du  principe  d'unité  de  la  famille.  Selon  le  jugement  de  divorce  du  26  août  2011,  maintenant  entré  en  force,  les  époux  s'étaient  séparés  dès  décembre 

E­3377/2011 Page 8 2007,  l'ordonnance  de  mesures  protectrices  de  l'union  conjugale  conférant alors au mari un libre droit de visite ; l'intéressé, qui a fait défaut  durant toute la procédure de divorce, n'a cependant pas fait usage de ce  droit,  ce  qui  a   mené  son  épouse  à  conclure  à  la  fixation  d'un  droit  de  visite  restreint,  à  exercer  dans  un  endroit  prédéterminé  (cf.  p.  27  du  jugement).  Le  tribunal,  par  la  voie  préprovisionnelle,  a  donné  immédia­ tement suite à cette demande, comme déjà mentionné plus haut  (let. C  de l'état de fait). Durant  la  procédure  de  divorce,  l'évaluation  de  la  situation  familiale  confiée au Service de protection de la jeunesse n'a pu avoir lieu, le père  étant  inatteignable  (p.  28)  ;  le  droit  de  visite  a  dès  lors  été  suspendu.  Statuant sur le fond, le tribunal civil a retenu que le père n'exerçait guère,  ou très irrégulièrement, son droit de visite, si bien qu'il y avait lieu de "se  demander si le désintérêt du père ne justifiait pas la suppression pure et  simple " de ce droit  (p. 31­32). Finalement,  le  juge du divorce a prescrit  "un  droit  de  visite  dit  fermé",  à  exercer  en  un  endroit  prédéterminé,  à  raison de 3 heures deux fois par mois, "sans autorisation de sortie". Il a donc été constaté que  le recourant manifestait depuis  longtemps un  désintérêt envers ses filles, et que son comportement justifiait de fixer un  droit de visite particulièrement restreint. En conséquence,  il est clair que  l'intéressé n'entretient plus, déjà depuis longtemps, une relation suivie et  vécue avec ses enfants. Dans cette mesure,  le principe de  l'unité de  la  famille ne trouve pas application. 3.5. Dans ce contexte, ni l'art. 8 CEDH, ni l'art. 44 al. 1 LAsi, ne peuvent  dès lors fonder le prononcé d'une admission provisoire du recourant. 4.  Les motifs d'ordre médical soulevé en procédure de recours n'ont pas été  examinés  par  l'ODM  ;  le  Tribunal  ne  saurait  donc  s'en  saisir,  ce  qui  aboutirait, dans  le cas d'une décision négative, à priver  l'intéressé de  la  garantie de la double instance. Il  incombe dès  lors à ce dernier,  s'il  le  juge utile,  de saisir  l'ODM d'une  demande de réexamen fondée sur l'éventuelle aggravation de son état de  santé. Le cas échéant, l'ODM statuera, par cette voie, sur la compatibilité  de ce dernier avec l'exécution du renvoi vers la Bosnie et Herzégovine.

E­3377/2011 Page 9 5.  5.1. Il s'ensuit que le recours doit être rejeté. 5.2. Le Tribunal fait droit à la requête du recourant et admet la demande  d'assistance  judiciaire  partielle,  compte  tenu  de  son  manque  de  ressources et de ce que les conclusions du recours, au moment de  leur  dépôt, n'apparaissaient pas manifestement vouées à l'échec (art. 65 al. 1  PA). (dispositif page suivante)  

E­3377/2011 Page 10 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La requête d'assistance  judicaire partielle est admise ;  il n'est pas perçu  de frais. 3.  Le présent arrêt est adressé au mandataire du  recourant,  à  l’ODM et à  l’autorité cantonale compétente. Le président du collège : Le greffier : François Badoud Antoine Willa Expédition :

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