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Bundesverwaltungsgericht 13.09.2011 E-3159/2011

September 13, 2011·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,240 words·~16 min·3

Summary

Asile et renvoi | Asile et renvoi; décision de l'ODM du 5 mai 2011

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­3159/2011 Arrêt   d u   1 3   sept emb r e   2011   Composition Emilia Antonioni (présidente du collège),  Markus König, Jenny de Coulon Scuntaro, juges, Céline Longchamp, greffière. Parties A._______, né le (…), B._______, née le (…), C._______, né le (…), D._______, née le (…), Bosnie et Herzégovine,  recourants,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,    autorité inférieure.  Objet Asile et renvoi;  décision de l'ODM du 5 mai 2011 / N (…).

E­3159/2011 Page 2 Faits : A.  Le  5  octobre  2010,  A._______,  son  épouse,  B._______,  et  leurs  deux  enfants,  ont  deposé  une  demande  d'asile  en  Suisse,  au  Centre  d'enregistrement et de procédure (CEP) de (…).  B.  Entendus  au CEP  le  7  octobre  2010  puis  sur  leurs motifs  d'asile  le  20  janvier  2011,  les  intéressés  ont  déclaré  être  des  ressortissants  bosniaque, de confession musulmane, originaires de E._______. Le requérant, entré dans l'armée en (année), aurait ordonné la détention  de  (…) soldats serbes en automne  (année). Des documents de  l'armée  serbe  auraient  disparu  de  la  base  de  F._______  à  cette  période­là.  L'intéressé aurait quitté l'armée bosniaque en (année).  En  2006,  l'intéressé  aurait  rencontré  un  colonel  (…)  lui  demandant  de  collaborer  à  la  lutte  contre  les  mouvements  terroristes.  Le  chef  du  mouvement  wahhabite  en  Bosnie,  l'ayant  appris,  aurait  menacé  l'intéressé  au  mois  d'août  (année).  Le  requérant  aurait  également  été  menacé  par  des  wahhabites  en  2008  et  au  mois  d'avril  ou  mai  2010  lorsque  certains  d'entre  eux  se  seraient  installés  aux  alentours  du  domicile familial. A  partir  du mois  de mars  2010,  l'intéressé  aurait  commencé  à  recevoir  des textes de menaces sur son téléphone portable, suite à la diffusion sur  Internet d'un ou de plusieurs  films sur  l'arrestation de soldats serbes en  (année)  et  parce  qu'une  partie  des  anciens  détenus  serbes  habitaient  dans un rayon de 30 km de son domicile.  Au  matin  du  (date)  2010,  la  police  de  la  République  Srpska  se  serait  rendue chez l'intéressé et l'aurait emmené à G._______ pour l'interroger.  Un  policier  aurait  orchestré  son  inculpation  pour  trafic  de  drogue.  Le  requérant aurait été mis en détention préventive durant deux mois avant  d'être  relâché  le  (date)  2010.  Les  menaces  se  seraient  ensuite  intensifiées. Trois semaines ou un mois plus  tard, à  (mois) 2010,  l'intéressé aurait à  nouveau été emmené au poste de E._______ puis à G._______ pour y  être  interrogé.  Il  aurait  été  relâché  le  jour  suivant.  Sa  voiture  aurait  été  incendiée.

E­3159/2011 Page 3 Le  (date)  ou  le  (date)  2010,  le  commandant  de  la  police de E._______  aurait  reçu  une  lettre  signée  d'un  mouvement  serbes  d'extrême­droite  (CETNIK),  mentionnant  le  nom  d'anciens  combattants  musulmans  bosniaques durant  la guerre. L'intéressé aurait appris d'un ami que son  nom de famille y figurait.  Il aurait continué à recevoir des textes sur son  téléphone portable, le menaçant de mort ou de kidnapper ses enfants.  L'intéressé se serait adressé à deux reprises à la police bosniaque sans  succès. L'un ou l'autre des requérants aurait, dès lors, accompagné leur  fils à l'école. A la mi­septembre 2010, le fils aurait informé les intéressés  qu'un  homme  dans  une  voiture  s'était  arrêté  à  sa  hauteur  alors  qu'il  revenait de l'école, lui demandant de saluer son père. Le jour même ou le  3  octobre  2010  (selon  les  versions),  les  intéressés  auraient  quitté  leur  pays  en  bus  jusqu'en  (…).  Ils  seraient  ensuite  montés  à  bord  d'une  voiture,  accompagnés  d'un  passeur,  et  auraient  rejoint  deux  jours  plus  tard la Suisse via la H._______, la I._______ et la J._______. Les requérants ont produits : – les passeports de leurs enfants, leurs cartes d'identité et leurs permis  de conduire,  – un contrat d'entrée dans l'armée professionnelle daté du (…), un livret  militaire,  une  décision  d'octroi  de  vacances  du  (..)  au  (…)  2000  et  différents  certificats  relatifs  à  aux  activités  de  l'intéressé  au  sein  de  l'armée,  – une  circulaire  du  Ministère  de  la  défense,  datée  du  (…)  2004,  mentionnant le colonel attaché à l'Ambassade (…),  – le procès­verbal d'une audition du (date) 2006 de l'intéressé relative à  l'achat de médicaments à un suspect durant  la période du  (date) au  (date),  – une  information  de  la  Cour  du  district  de  K._______,  datée  du  (…)  2010,  selon  laquelle  l'intéressé a  fait  l'objet  d'écoutes  téléphoniques  du  (date)  au  (date)  dans  la  cadre  de  la  procédure  ouverte  à  son  encontre (production et commerce non autorisé de stupéfiants), – un  arrêt  de  la  Cour  du  district  de  K._______,  daté  du  (…)  2010,  prononçant  la  remise en  liberté de  l'intéressé suite au  rejet de  l'acte  d'accusation  de  participation  à  la  production  et  au  commerce  non  autorisé de stupéfiants, pour manque de preuves,

E­3159/2011 Page 4 – un protocole de privation de liberté, délivré par le Service de police de  E._______, daté du (…) 2010, – une  attestation  de  libération,  délivrée  par  le  Ministère  de  l'Intérieur,  datée du (…) 2010,  – un courrier du 28 septembre 2010 de  l'école convoquant  le  fils pour  absentéisme,  – des  articles  tirés  d'Internet  sur  les  mouvements  CETNIK  et  wahhabites. C.  Par  décision  du  5  mai  2011,  l'ODM  a  rejeté  la  demande  d'asile  des  intéressés, au motif que leurs déclarations contradictoires et illogiques ne  satisfaisaient ni aux exigences de vraisemblance posées à l'art. 7 LAsi ni  à  celles  de  pertinence  de  l'art.  3  LAsi,  les  autorités  bosniaques  étant  à  même de protéger leurs ressortissants contre les agissements de tierces  personnes. L'Office  fédéral a également prononcé  leur  renvoi de Suisse  et  a  ordonné  l'exécution  de  cette  mesure  qu'il  a  jugée  licite,  raisonnablement exigible et possible. D.  Dans  leur  recours  interjeté  le  31  mai  2011  auprès  du  Tribunal  administratif  fédéral  (ci­après  :  le  Tribunal),  les  intéressés  ont  conclu  à  l'annulation de la décision attaquée, à la reconnaissance de la qualité de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  au  prononcé  d'une  admission  provisoire  pour  illicéité  de  l'exécution  de  leur  renvoi.  Ils  ont,  tout d'abord,  invoqué une violation du droit d'être entendu,  relevant que  l'audition  de  l'intéressé  n'avait  pas  été  menée  de  manière  complète.  L'intéressé n'aurait pas pu s'exprimer sur l'ensemble des faits pertinents,  en  particulier  sur  les  conditions  très  difficiles  de  sa  détention,  et  s'attendait  à  être  convoqué  pour  une  nouvelle  interview.  Ils  ont  ensuite  soutenu que l'ODM n'avait mis en doute ni les engagements militaires de  l'intéressé  ni  l'existence  de  vidéos  sur  Internet montrant  l'arrestation  de  soldats  serbes  en  (année)  ni  l'authenticité  des  documents  produits,  éléments  qui  constituaient  un  faisceau  d'indices  confirmant  la  vraisemblance de leurs déclarations. Ils ont argué que les contradictions  retenues par l'ODM étaient de peu d'importance et confirmé qu'ils avaient  accompagnés leurs enfants à l'école et dans leurs activités extrascolaires  après  qu'un  homme  eut  interpellé  leur  fils  pour  qu'il  transmette  des  salutations à  son père. S'agissant  du  timbre  contenu dans  le passeport 

E­3159/2011 Page 5 de  leurs  deux enfants,  attestant  de  leur  passage de  la  frontière  (…) en  date du (…) 2010, ils ont expliqué que la famille s'était rendue ce jour­là  dans un centre commercial proche de la L._______ mais qu'ils avaient dû  passer  la  frontière  en  raison  de  travaux  sur  la  route.  Ils  ont  produit  la  copie d'une carte géographique sur laquelle figure le trajet qu'ils auraient  effectué ce jour­là, précisant ne pas avoir été contrôlé lors de leur retour  sur  territoire  bosniaque.  Ils  ont  également  déposé  la  télécopie  d'une  attestation  scolaire  mentionnant  que  leur  fils  a  quitté  l'école  le  20  septembre  2010.  Ils  ont  répété  que  la  diffusion  de  vidéos  sur  Internet  avait  fait  resurgir  le  passé,  les  plaçant  dans  une  situation  de  pression  psychique  ciblée  et  croissante.  L'élément  déclencheur  de  leur  départ  serait la concrétisation des menaces reçues par le fait qu'un homme dans  une voiture aurait demandé à leur fils de saluer son père. Ils ont précisé  ne  pas  avoir  quitté  leur  pays  d'origine  pour  des  motifs  économiques,  produisant  à  l'appui  différentes  photographies  de  leur  propriété.  Ils  ont  également joint à leur recours plusieurs "sms" de menaces, datés des 10  et 15 septembre 2010. Se sentant de plus en plus entourés de gens qui  leur  voulaient  du  mal,  ils  auraient  quitté  le  pays  lorsque  la  pression  psychologique serait devenue intolérable. Les recourants ont enfin argué  que  l'exécution  de  leur  renvoi  devait  être  considérée  comme  illicite,  les  risques de vengeance privée étant contraires à  l'art. 3 de  la Convention  du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés  fondamentales  (CEDH,  RS  0.101)  et  constituant  une  mise  en  danger  concrète de leur vie. Ils ont encore requis la dispense du paiement d'une  avance  en  garantie  présumés  de  la  procédure  et  l'assistance  judiciaire  partielle, produisant une attestation d'indigence. E.  Par ordonnance du 14 juin 2011, le juge instructeur du Tribunal a accusé  réception  du  recours,  réservant  son  prononcé  sur  la  demande  d'assistance judiciaire partielle. F.  Par courrier du 17 juin 2011, les recourants ont fait parvenir au Tribunal la  copie d'une attestation, datée du 6 juin 2011, et sa traduction, confirmant  que leur fille a fréquenté l'école jusqu'au 20 septembre 2010. G.  Par  décision  incidente  du  27  juillet  2011,  le  juge  instructeur  a  accordé  l'assistance judicaire partielle aux recourants et invité l'ODM à formuler sa  réponse.

E­3159/2011 Page 6 H.  Par détermination du 5 août 2011, l'ODM a proposé le rejet du recours. Il  a soutenu que les recourants ne s'étaient pas prononcés sur l'origine des  démêlés  judiciaires  alors  que  les  documents  produits  démontraient  que  l'intéressé avait été soupçonné d'avoir participé à un trafic de drogue de  grande envergure, et non à cause de son appartenance ethnique, de son  engagement  militaire  ou  de  ses  affinités  politiques,  ce  qui  ébranlait  fortement la thèse de représailles subséquentes à la publication d'un film  sur  Internet  sur  ses  activités  militaires.  L'Office  fédéral  a  précisé  que  l'affaire  dans  laquelle  l'intéressé  avait  été  inculpé  avait  fait  l'objet  d'une  action spéciale ayant permis aux forces de l'ordre du Monténégro et de la  Fédération de Bosnie de démanteler un énorme trafic de drogue au début  de  l'année 2011.  Il a ensuite contesté  le grief de violation du droit d'être  entendu, précisant que l'audition détaillée de l'intéressé avait duré plus de  dix heures.  Il  a  souligné que  les déclarations  imprécises des  intéressés  avaient  atteint  leur  paroxysme  lorsqu'ils  s'étaient  expliqué  sur  l'élément  déclencheur  de  leur  départ  de  leur  pays  d'origine,  la  production  des  attestations  scolaires  confirmant  un  départ  anticipé  à  la  fin  du mois  de  septembre 2011. L'ODM a estimé que la production de "sms" au stade du  recours  était  tardive  et  non  pertinente,  l'intéressé  ayant  utilisé  d'autres  termes durant ses auditions que ceux contenus dans les "sms" produits.  L'Office fédéral a confirmé que l'exécution du renvoi des intéressés était  licite  et  raisonnablement  exigible.  Il  a  précisé  que  les  autorités  de  la  Fédération de Bosnie et Herzégovine avaient la volonté et la capacité de  protéger  leurs  ressortissants contre  les agissements de  tiers.  Il a ajouté  que  les  recourants, encore  jeunes, en bonne santé et propriétaires d'un  logement,  jouissaient  d'un  réseau  social  et  familial  tant  dans  leur  pays  d'origine qu'à  l'étranger, sur  lequel  ils pouvaient s'appuyer à  leur  retour.  De plus, l'intéressé, pouvant compter sur une rente viagère en raison de  son  grade  militaire,  était  actif  dans  le  commerce  de  voiture  d'occasion  alors que l'intéressée avait également précédemment exercé une activité  lucrative dans son pays d'origine. I.  Par ordonnance du 10 août 2011, le juge instructeur du Tribunal a invité  les recourants à formuler leurs observations sur la réponse de l'ODM et à  fournir une traduction de différents documents déposés. J.  Dans  leur  réplique  du  23  août  2011,  les  recourants  ont  répété  que  les  véritables  raisons  pour  lesquelles  l'intéressé  avait  été  inculpé  dans  le  cadre d'une enquête pour participation à un trafic de drogue étaient liées 

E­3159/2011 Page 7 à des vengeances personnelles. Le fait que son arrestation et sa mise en  détention  préventive  soient  intervenues  à  l'époque  où  il  recevait  de  nombreux  messages  de  menaces  suite  à  la  diffusion  sur  Internet  de  vidéos en était la preuve, son avocat ayant confirmé qu'il s'agissait d'une  "vengeance de guerre". Ils ont mis en évidence le fait que les procédures  judicaires à l'encontre de l'intéressé étaient liées, de manière régulière, à  l'inspecteur serbe M._______, dont le frère aurait été tué durant la guerre  à l'endroit où se trouvait  l'intéressé. Il a souligné qu'étant connu dans sa  région d'origine et n'y ayant pas que des amis, il était crédible qu'il ait pu  faire  l'objet  de  ressentiments de  la part  de certains nationalistes  serbes  compte tenu de son passé et son parcours. Il a précisé l'adresse Internet  permettant de visionner  le troisième volet d'une série de trois vidéos sur  l'arrestation  de  (année) mentionnée,  reconnaissant  avoir  indiqué,  à  tort,  lors  de  son  audition  fédérale,  qu'il  s'agissait  du  deuxième  volet  de  la  série.  Il  a  répété  que  son  arrestation  et  sa  mise  en  détention  pour  suspicion  de  participation  à  un  trafic  de  drogue était  basée  sur  un  seul  coup  de  téléphone  qu'il  avait  fait  à  un  ancien  ami  d'école  pour  lui  souhaiter  un  joyeux  anniversaire.  Il  aurait  appris  que  quatre  jeunes  auraient  été  battus  par  ce  même  inspecteur  pour  qu'ils  signent  un  document  précisant  qu'ils  connaissaient  l'intéressé.  Bien  que  toujours  innocenté  par  manque  de  preuve,  l'intéressé  a  souligné  avoir  été  très  affecté par ces arrestations et avoir vu dans l'enchaînement accéléré de  mesures  prises  à  son  encontre  plus  qu'une  coïncidence  mais  la  concrétisation  des  menaces  reçues,  la  tension  psychique  ayant  atteint  son point culminant le jour où son fils aurait été interpellé en rentrant de  l'école. Compte tenu du contexte particulièrement tendu à l'approche des  élections  d'octobre  2011  et  de  sa  situation  telle  que  décrite,  il  a  répété  l'existence d'un risque concret de persécution en cas de retour en Bosnie,  les  événements  allégués  constituant  une pression psychique  croissante  et  insupportable  pour  toute  la  famille.  Les  recourants  ont  ensuite  maintenu que  leur droit d'être entendu avait été violé puisque  l'intéressé  avait été interrompu, à plusieurs reprises, dans son récit particulièrement  complexe, par manque de  temps, et que  l'audition des autres membres  de  la  famille  avait  duré  à  peine  plus  d'une  heure,  relecture  comprise,  l'ODM s'étant pourtant basé sur des contradictions pointilleuses entre les  différents versions présentées par les membres de la famille. Ils ont une  nouvelle fois contesté l'appréciation faite par l'ODM de leurs déclarations  divergentes relatives à l'élément déclencheur de leur départ. Ils ont argué  que  les  attestations  scolaires  produites  mentionnaient  que  les  enfants  étaient  encore  à  l'école  le  20  septembre  2011  alors  que  l'ODM  avait  suggéré, dans sa décision, qu'ils avaient quitté  la Bosnie  le  (date) ou  le  (date) 2011 (date du sceau apposé dans leur passeport).  Ils ont rappelé 

E­3159/2011 Page 8 avoir  mentionné  la  réception  de  "sms"  en  audition  fédérale  et  n'avoir  produit certains d'entre eux qu'au stade du recours sur les conseils d'une  personne  expérimentée,  contestant  ainsi  l'appréciation  incohérente  et  généralisée de l'ODM y relative. Ils ont souligné qu'ils n'avaient jamais eu  l'intention de remettre en cause la volonté des autorités de la Fédération  de Bsonie et Herzégovine de protéger leurs ressortissants ;  ils y avaient  d'ailleurs fait appel à plusieurs reprises. Ils ont néanmoins mis en exergue  l'absence de résultats concrets, concluant à l'incapacité de la police à leur  fournir une protection adéquate,  la pression psychique s'étant  intensifiée  et  les ayant obligé à  fuir. S'agissant de  l'exigibilité de  leur  renvoi,  ils ont  mentionné  que  les  éléments  retenus  par  l'ODM  dans  sa  réponse  démontraient  que  les  seuls motifs  de  leur  départ  du  pays  ne  pouvaient  qu'être sécuritaires. Ils ont également produit les traductions requises par  l'ordonnance du 10 août 2011. K.  Les autres faits et arguments de la cause seront évoqués, si nécessaire,  dans les considérants qui suivent. Droit : 1.  1.1.  Le  Tribunal,  en  vertu  de  l’art.  31  de  la  loi  du  17  juin  2005  sur  le  Tribunal  administratif  fédéral  (LTAF,  RS  173.32),  connaît  des  recours  contre les décisions au sens de l’art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS  172.021)  prises  par  les  autorités  mentionnées  à  l’art.  33  LTAF.  En  particulier,  les  décisions  rendues par l’ODM concernant l’asile peuvent être contestées, par renvoi  de  l’art.  105 LAsi,  devant  le Tribunal,  lequel  statue alors  définitivement,  sauf demande d'extradition déposée par  l'Etat dont  le requérant cherche  à se protéger (art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. Les  intéressés ont  qualité  pour  recourir. Présenté dans  la  forme et  les délais prescrits par la loi, le recours est recevable (art. 48ss PA). 2.  Avant de se prononcer sur la question de la qualité de réfugié, le Tribunal  doit analyser, à titre liminaire, les griefs de nature formelle soulevés. Les  recourants  ont,  en  effet,  reproché  à  l'ODM d'avoir  violé  leur  droit  d'être  entendu,  l'intéressé n'ayant pas pu s'exprimer de manière complète  lors  de son audition fédérale et s'attendant à être entendu une nouvelle fois.

E­3159/2011 Page 9 2.1.  Le  droit  d'être  entendu,  inscrit  à  l'art.  29  al.  2  de  la  Constitution  fédérale du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), comprend le droit de s'exprimer,  le droit de consulter le dossier, le droit de faire administrer des preuves et  de participer à l'administration de celles­ci, le droit d'obtenir une décision  motivée et le droit de se faire représenter ou assister (cf. ANDRÉ GRISEL,  Traité  de  droit  administratif,  Neuchâtel  1984,  vol.  I  et  II,  p.  380ss  et  840ss). Il est consacré, en procédure administrative fédérale, par les art.  26 à 28 PA (droit de consulter les pièces), les art. 29 à 33 PA (droit d'être  entendu  stricto  sensu)  et  l'art.  35  PA  (droit  d'obtenir  une  décision  motivée). L'art. 30 al. 1 PA prévoit en particulier que l'autorité entend les  parties avant de prendre une décision. C'est le droit pour le justiciable de  s'exprimer sur les éléments pertinents avant qu'une décision ne soit prise  touchant  sa situation  juridique,  soit  le droit  d'exposer  ses arguments de  droit, de fait ou d'opportunité, de répondre aux objections de l'autorité et  de se déterminer sur les autres éléments du dossier (cf. Arrêt du Tribunal  fédéral [ATF] 132 II 485 consid. 3; 126 I 7 consid. 2b, 124 II 132 consid.  2b et  jurisprudence citée; Jurisprudence des autorités administratives de  la Confédération  [JAAC]  63.66  consid.  2,  61.50  consid.  4.2.1;  Semaine  Judiciaire,  SJ  23/1998  consid.  2  p.  366s.,  25/1998  consid.  3a  p.  406,  28/1996 consid. 4a p. 483; ANDRÉ GRISEL, op. cit., vol.  I, p. 380s.; FRITZ  GYGI,  Bundesverwaltungsrechtspflege,  2e  éd.,  Berne  1983,  p.  69).  Par  ailleurs,  la  procédure  en  matière  d'établissement  des  faits  marie  deux  principes  opposés.  Selon  la  maxime  d'office,  l'autorité  définit  les  faits  pertinents et ne  tient pour existants que ceux qui sont dûment prouvés.  Selon  la  maxime  des  débats,  ce  sont  les  parties  qui  apportent  faits  et  preuves.  La  procédure  administrative  fait  prévaloir  la  procédure  inquisitoriale  (cf. art. 12 PA). Cependant,  les parties, et particulièrement  dans le domaine de l'asile, ont le devoir de collaborer à l'instruction de la  cause  (cf. art.  8  LAsi),  ce  qui  les  oblige  à  apporter,  dans  la mesure  où  cela  peut  raisonnablement  être  exigé  d'elles,  les  preuves  commandées  par la nature du litige et des faits invoqués, faute de quoi elles risquent de  devoir supporter les conséquences de l'absence de preuves (cf. ATF 117  V  261).  Un  complément  d'instruction,  sous  la  forme  d'une  nouvelle  audition,  ne  s'impose  que  lorsque,  au  regard  des  allégations  et  des  preuves de la partie, il demeure encore des doutes et des incertitudes qui  ne pourront vraisemblablement être  levés que par une administration de  preuves  ordonnées  d'office  (cf.  Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission suisse de recours en matière d'asile  [JICRA] 1995 n° 23 p.  219ss). 2.2. A  l'examen du dossier de  la cause,  le Tribunal constate que  l'ODM  n'a aucunement violé le droit d'être entendu des recourants. En effet, tant 

E­3159/2011 Page 10 les  auditions  sommaires  que  les  auditions  fédérales  doivent  être  considérées,  sur  la  base  des  procès­verbaux,  comme  suffisamment  détaillées et complètes à l'établissement des faits. Le fait que l'intéressé  ait  pu  être  interrompu  ou  "recadré"  par  le  collaborateur  de  l'ODM  ne  signifie  pas  qu'il  n'a  pas  pu  présenter  ses  motifs  d'asile  de  manière  exhaustive, son audition  fédérale ayant d'ailleurs durée  toute  la  journée.  Le Tribunal considère donc que c'est à juste titre que l'ODM a estimé, au  moment  où  il  a  statué  sur  la  demande  d'asile  des  intéressés,  que  le  dossier  était  complet  et  qu'il  n'était,  en  l'état,  nullement  nécessaire  de  procéder à d'autres mesures d'instruction. 2.3. Sous  l'angle  de  l'obligation  de motiver,  composante  du  droit  d'être  entendu,  le  Tribunal  constate  ensuite  que  l'ODM  n'avait  fourni  qu'une  motivation  très  succincte  et  lacunaire  s'agissant  du  caractère  licite  et  raisonnablement  exigible  de  l'exécution  du  renvoi  des  intéressés.  Or,  il  faut  rappeler,  à  cet  égard,  que  l'autorité  doit  mentionner,  au  moins  brièvement,  les  motifs  qui  l'ont  guidée  et  sur  lesquels  elle  a  fondé  sa  décision, de manière que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée  de  celle­ci  et  l'attaquer  en  connaissance  de  cause  (cf.   ATF  129  I  232  consid.  3.2  ;  AFT  126  I  97  consid.  2b  p. 102).  L'autorité  n'a  pas  l'obligation d'exposer et de discuter  tous  les  faits, moyens de preuve et  griefs  invoqués par  les parties, mais elle peut, au contraire,  se  limiter à  ceux qui lui paraissent pertinents (cf. ATF 130 II 530 consid. 4.3 p. 540 ;  ATF 126 I 97 consid. 2b p. 102 s.). L'étendue de l'obligation de motiver se  mesure  en  fonction  de  la  complexité  de  l'affaire  et  de  la  marge  d'appréciation de l'autorité  ; elle doit porter  tant sur  la question de l'asile  que sur celle de l'exécution du renvoi (cf. ATAF 2010/3 consid. 5 ; JICRA  2006  n°4  consid.  5.1  p. 44ss  ;  ANDRÉ MOSER/MICHAEL  BEUSCH/LORENZ  KNEUBÜHLER,  Prozessieren  vor  dem  Bundesverwaltungsgericht,  Handbücher  für  die  Anwaltpraxis,  Bâle  2008ib.,  p.  151­153  ;  ALBERTO  ACHERMANN/CHRISTINA  HAUSMANN,  Handbuch  des  Asylrecht,  Bern/Stuttgart 1991, p. 221­222 ). Le droit d'obtenir une décision motivée  étant de nature formelle, sa violation entraîne en principe l'annulation de  la décision. La guérison de  l'absence de motivation est  toutefois admise  dans  la  mesure  où  un  renvoi  de  la  décision  à  l'autorité  inférieure  représenterait  une  vaine  formalité  et  conduirait  à  des  retards  inutiles  inconciliables avec  l'intérêt de  la partie concernée à un examen diligent.  En particulier, une  telle  irrégularité peut être guérie  lorsque  le vice n'est  pas particulièrement grave, que l'autorité inférieure a pris position sur les  arguments décisifs dans le cadre d'un échange d'écritures, que l'intéressé  a eu la possibilité de s'exprimer à ce sujet en connaissance de cause, et  que  l'autorité  de  recours  dispose  de  la  même  cognition  que  l'autorité 

E­3159/2011 Page 11 inférieure  (cf.  ATAF  2010/45  consid.  6.2  [non  publié]  p.  10­11,  ATAF  2008/47  consid.  3.3.4  p. 676  et  jurisprudence  citée  ;  ATF  133  I  201  consid. 2.2 p. 204, ATF 125  I 209, consid. 9a p. 219  ; Arrêt du TAF D­ 1951/2008 du 16 mars 2011 consid. 5 ; MOSER/BEUSCH/KNEUBÜHLER, ib.,  p.  155­156).  Force  est  de  constater,  en  l'espèce,  l'ODM  a  fourni  une  motivation  relativement  détaillée  dans  sa  réponse  du  5  août  2011.  Les  recourants  ont,  ensuite,  eu  la  possibilité  de  se  déterminer  sur  les  différents éléments retenus à ce titre dans le cadre de leur réplique du 23  août 2011 (cf. p. 9 et 10). Dans ces conditions, il faut, dès lors, considérer  que la violation de l'obligation de motiver a été guérie. 2.4. Au vu de ce qui précède, le grief de violation du droit d'être entendu,  que  ce  soit  sous  l'angle  d'une  audition  incomplète  ou  de  l'obligation  de  motiver, doit donc être rejeté,  la requête tendant à une nouvelle audition  étant écartée. 3.  3.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d'origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l'être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l'intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et 2 LAsi). 3.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu'il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l'autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 3.3.  Selon  la  jurisprudence  de  la  Commission,  laquelle  est  toujours  d'actualité, et la doctrine (cf. JICRA 2000 n°9, consid. 5a p.78 ; 1998 n°4  consid. 5d p.27, 1998 n°18 consid. 9 p. 161s. ; 1997 n°10 p.73ss ; 1996  n° 18 p. 170ss ; n° 30 p. 292ss ; 1994 n° 5 p. 47 ; 1993 n° 11 p.67 et n°  21 p.134),  l'expression "craindre à  juste titre une persécution" comprend 

E­3159/2011 Page 12 un  aspect  subjectif  et  un  aspect  objectif.  En  effet,  le  seul  fait  qu'une  personne se sente anxieuse et éprouve quelque crainte à retourner dans  son pays d'origine (aspect subjectif) ne suffit pas. Une crainte subjective  de  persécution  devient  objectivement  fondée  si,  au  vu  d'une  situation  politique déterminée, elle serait ressentie par une personne normalement  douée  de  sensibilité  et  si  elle  repose  sur  des  indices  qui  démontrent  qu'elle encourt un danger imminent de persécution (aspect objectif). Ces  indices  peuvent  ressortir,  par  exemple,  du  contexte  de  vie  familial  du  requérant, de son appartenance à un groupe social, politique ou racial  ;  de sa  religion ou de sa nationalité, de ses expériences personnelles ou  encore  de  persécutions  déjà  subies.  Ils  peuvent  également  consister  dans une vulnérabilité particulière  tenant à sa personne, voire dans des  préjudices sérieux  infligés à des proches (cf. JICRA 1994 n° 5 op. cité  ;  n° 7 p. 132ss ; n° 24 p. 177ss ; 1993 n° 39 p. 280ss). La crainte fondée  de persécution n'est en outre déterminante au sens de  l'art. 3 LAsi que  lorsque le requérant établit ou rend hautement vraisemblable qu'il pourrait  être  victime  de  persécutions  avec  une  haute  probabilité  et  dans  un  proche avenir. Une simple éventualité de persécution ne suffit pas. Des  indices  concrets  et  sérieux  doivent  faire  apparaître  ces  persécutions  comme  imminentes  et  réalistes.  Ainsi,  une  crainte  de  persécution  n'est  objectivement  fondée  que  si,  placée  dans  les  mêmes  conditions,  une  personne  douée  d'une  sensibilité  normale  aurait  des  raisons  objectivement  reconnaissables  de  craindre,  selon  toute  vraisemblance,  d'être victime de persécutions à tel point que l'on ne saurait exiger d'elle  qu'elle  rentre  dans  son  pays  (cf.  également  Organisation  suisse  d'aide  aux  réfugiés  (éd.),  Manuel  de  la  procédure  d'asile  et  de  renvoi,  Berne  2009,  p. 188s  ;  MINH  SON  NGUYEN,  Droit  public  des  étrangers,  Berne  2003,  p. 447ss  ;  MARIO  GATTIKER,  La  procédure  d'asile  et  de  renvoi,  Berne 1999, p. 69s ; ALBERTO ACHERMANN / CHRISTINA HAUSAMMANN, Les  notions d'asile et de réfugié en droit suisse,  in  : Walter Kälin (éd.), Droit  des  réfugiés,  enseignement  de  3e  cycle  de  droit  1990,  Fribourg  1991,  p. 44  ;  ACHERMANN  /  HAUSAMMANN,  Handbuch  des  Asylrechts,  ib.,  p. 108ss). 4.  4.1.  En  l'occurrence,  les  recourants  ont  invoqué  avoir  fait  l'objet  d'une  pression  psychique  croissante  en  raison  de  l'engagement  militaire  de  l'intéressé  durant  la  guerre  et  de  la  diffusion  de  vidéos  sur  Internet  qui  aurait fait resurgir d'anciennes velléité. Leurs motifs d'asile ne remplissent  cependant  ni  les  exigences  de  vraisemblance  posées  à  l'art.  7  LAsi  ni  celles de pertinences de l'art. 3 LAsi. https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp https://portal.bger.admin.ch/alfresco/faces/jsp/extension/archiweb-content.jsp

E­3159/2011 Page 13 4.2. Le Tribunal  retient,  tout  d'abord,  que  les  trois  films mentionnés ont  été diffusés sur Internet le 25 avril 2009 alors que l'intéressé date le début  des menaces pour ce motif au mois de mars 2010, soit près d'un an plus  tard.  Si  la  diffusion  de  ces  films  avaient  effectivement  fait  resurgir  d'anciennes  velléité,  il  faut  admettre  que  l'intéressé  aurait  été  menacé  plus  tôt.  Le  recourant  s'est,  en  outre,  contredit  sur  l'origine  desdites  menaces en indiquant, lors de son audition sommaire, que la police l'avait  informé  qu'elles  provenaient  de  la  République  Srpeska  (cf.  pv.  de  son  audition  sommaire  p.  6),  puis,  au  cours  de  son  audition  fédérale,  qu'il  pensait qu'elles provenait de CETNIK puis qu'il ne l'avait jamais su (cf. pv.  de  son  audition  fédérale  p.  5  et  7).  Entendu  sur  ces  divergences,  l'intéressé a donné des explications ni  claires ni  plausibles  (cf.  de  cette  même audition p. 15). Le recourant a, de plus, tenu des propos vagues et  confus  sur  le moment  à  partir  duquel  il  aurait  pris  lesdites menaces  au  sérieux (cf. pv. de son audition fédérale p. 5). La production de "sms", au  stade du recours, ne permet par ailleurs pas de démontrer que l'intéressé  aurait effectivement été menacé dans les circonstances et pour les motifs  allégués. Ces éléments permettent déjà de conclure à  l'invraisemblance  des motifs d'asile présentés. 4.3. Les  recourants ont  soutenu que  la  fausse  inculpation de  l'intéressé  dans  une  affaire  de  drogue,  documents  à  l'appui,  constituaient  des  mesures  de  représailles  suite  à  l'engament  de  l'intéressé  durant  la  guerre, y voyant une concrétisation des menaces encourues. Le Tribunal  retient  toutefois qu'il ne s'agit­là que de simples affirmations de leur part  que  les  moyens  de  preuve  déposés  ne  permettent  pas  établir,  les  documents produits à cet égard ne pouvant que confirmer que l'intéressé  a été lavé de tout soupçon dans une affaire de drogue, faute de preuve.  Quant aux affirmations de l'intéressé selon lesquelles il aurait appris que  quatre  personnes  auraient  été  contraintes  de  signer  un  document  afin  qu'il  soit  arrêté  en  tant  que  suspect  dans  le  cadre  de  cette  enquête  (cf. pv. de  son  audition  fédérale  9,  réplique  p.  3),  celles­ci  ne  sont  pas  suffisantes. De pratique constante, le Tribunal considère, en effet, que le  fait  d'avoir  appris  un  événement  par  des  tiers  ne  suffit  pas  pour  établir  l'existence d'une crainte  fondée de  future persécution  (cf.  dans ce sens  ALBERTO ACHERMANN  / CHRISTINA HAUSAMMANN, Les notions d'asile et de  réfugié en droit suisse, op. cit., p. 44). Ce même raisonnement s'applique  aux  indications  de  l'intéressé  selon  lesquelles  un  de  ses  amis  aurait  entendu  que  son  nom  figurait  sur  une  liste  d'anciens  combattants  déposée  au  mois  (…)  2010  par  le  CETNIK  auprès  de  la  police  de  E._______. Par conséquent, il faut considérer que les différents éléments  avancés ne constituent pas un faisceau d'indices suffisants permettant de 

E­3159/2011 Page 14 conclure  que  l'intéressé  a  effectivement  fait  l'objet  de  pressions  ciblées  de  la part d'un  inspecteur de police, utilisant abusivement ses  fonctions  pour  se  venger.  Le  fait  que  le  téléphone  des  intéressés  a  été  mis  sur  écoute par les autorités bosniaques, dans le cadre d'une procédure pour  trafic  de  drogue,  n'est  pas  davantage  déterminant,  dans  la  mesure  où  cela  constitue  l'expression  du  droit  légitime  de  chaque  Etat  de  prendre  des mesures d'intérêt public visant à assurer le maintien de la paix et de  l'ordre public, ainsi que la protection de ses citoyens, de ses institutions et  de leurs biens.  4.4.  Le  Tribunal  rappelle,  en  outre,  que  la  notion  de  persécution  ressortant de l'art. 3 LAsi a été élargie avec l'adoption de la théorie de la  protection.  Selon  cette  dernière,  il  faut,  en  effet,  imputer  à  l'Etat  le  comportement  non  seulement  d'agents  étatiques,  mais  également  de  privés qui abusent de leur position et de leur autorité pour commettre des  préjudices déterminants en matière d'asile,  lorsque cet Etat n'entreprend  rien pour les en empêcher ou pour les sanctionner (cf. JICRA 2006 n° 18  p.  180  ss).  Les  conditions  mises  à  la  reconnaissance  d'une  telle  persécution  sont  cependant  strictes,  dès  lors  que  la  possibilité,  pour  la  victime,  de  trouver,  dans  son  Etat  national  (en  priorité  auprès  des  autorités),  une  protection  adéquate  contre  les  atteintes  subies,  exclut  pareille  reconnaissance,  et  partant,  l'octroi  de  l'asile.  Or,  même  à  supposer que  les  intéressés aient effectivement  fait  l'objet de menaces,  ce qui  n'est  pas avéré  (cf. consid.  4.3  ci­dessus),  il  faut  retenir,  dans  le  cas particulier, qu'ils n'ont pas apporté d'éléments concrets établissant ou  rendant hautement probable (cf. art. 7 LAsi), que  les autorités policières  et  judiciaires  de  la  Fédération  de  Bosnie  et  Herzégovine  ne  pourraient  pas les protéger d'agissements de tiers. Les recourants ont reconnu que  dites autorités en avaient la volonté et s'y seraient d'ailleurs adressés. Le  fait  que  les  intéressés  n'aient  pu  constater  aucun  résultat  jusqu'à  leur  départ ne permet cependant pas encore de conclure que ces autorités ne  sont pas à même de les protéger. Le Tribunal note, pour le surplus, qu'il  considère que dans  les  territoires où  ils  sont ethniquement majoritaires,  les  ressortissants  de  Bosnie  et  Herzégovine  bénéficient  d'une  sécurité  suffisante  pour  qu'une  protection  internationale  contre  des  persécutions  ethniques ne se justifie pas juridiquement (cf. JICRA 2000 n° 2 consid. 8  et  9c  et  références  citées,  arrêt  du  Tribunal  administratif  fédéral  du  24  septembre  2010  en  la  cause  E­4909/2006  consid.  3.2).  Enfin,  les  prétendus préjudices allégués, pour autant qu'ils soient avérés, seraient  manifestement  circonscrits  à  la  région  d'origine  des  intéressés  de  sorte  qu'ils  avaient  avant  leur  départ,  et  encore  aujourd'hui,  la  possibilité  de  s'installer  dans  un  autre  lieu  de  leur  choix  dans  la  Fédération  croato­ http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/2

E­3159/2011 Page 15 musulmane de Bosnie et Herzégovine (sur la notion de refuge interne, cf.  notamment JICRA 2006 n° 18 consid. 10.3 p. 203s.,  JICRA 2000 n° 15  consid. 10 à 12 p. 119ss, JICRA 1997 n° 12 consid. 6b p. 88,.JICRA 1997  n° 14 consid. 2b p. 106s. et JICRA 1996 n° 1 consid. 5c p. 6s.). 4.5. Le Tribunal retient également que les activités de l'intéressé au sein  de l'armée bosniaque, en particulièrement l'arrestation de soldats serbes  en automne  (année),  ne peuvent être déterminantes au sens de  l'art.  3  LAsi, faute de connexité temporelle. Même à supposer que la diffusion de  films  sur  Internet  en  2009  ait  fait  resurgir  certaines  velléité,  elle  n'est  cependant pas, à elle seule, suffisante à  rendre hautement probable un  risque de persécutions en cas de retour.  4.6. De même, la crainte de l'intéressé de subir des préjudices de la part  de wahhabites n'apparaît pas fondée.  Il est certes notoire que la Bosnie  et Herzégovine assiste à une montée de l'islam radical. Durant la guerre  de  Yougoslavie  (1992­1995)  de  nombreux  combattants  islamistes  ("mudjahidins") et adhérents au wahhabisme (doctrine islamique prônant  une  religion  rigoureuse)  sont  venus  se  battre  aux  côtés  des  forces  musulmanes  bosniaques.  Si,  à  la  fin  de  la  guerre,  la  plupart  des  "mudjahidins" ont quitté le pays, certains d'entre eux s'y sont établis et ont  créé  des  organisations  islamiques  wahhabites  ayant  pour  but  la  radicalisation  de  la  population  musulmane.  Le  repli  identitaire  de  la  population  bosniaque  et  sa  lassitude  à  l'égard  des  élites  politiques  du  pays  ont  offert  un  terreau  propice  à  la  réislamisation  des  musulmans  bosniaques.  Après  la  guerre,  de  nombreuses  organisations  ont  été  dissoutes  sous  la  pression  des  Etats­Unis.  Selon  les  dernières  informations, seule une minorité de  la population bosniaque musulmane  (13%)  adhèrerait  à  l'islam  intégriste.  En  2010,  les  autorités  bosniaques  ont  dénombré  quelque  3'000  membres  de  la  mouvance  wahhabite  en  Bosnie  et  Herzégovine  et  une  vingtaine  de  groupes  musulmans  intégristes,  exclusivement  locaux.  Les  wahhabites  se  trouvent  marginalisés  politiquement  et  ne  jouissent  généralement  ni  de  liens  particuliers  avec  les  autorités  ni  de  complaisance  de  leur  part.  Cependant, même si la plupart des politiciens qui les ont soutenus durant  la guerre ne sont plus actifs, il n'est pas exclu qu'ils bénéficient encore de  relations  avec  quelques  politiciens  ou  membres  d'autorités  municipales  (cf. Inter Press Service, Balkans : Arrest of Wahhabis Highlights Extremist  Threat,  11  février  2010,  www.ipsnews.net,  site  internet  consulté  le  31  janvier 2011 ; Agence France Presse, Inquiétudes en Bosnie autour des  musulmans  intégristes,  26  septembre  2010,  www.indymedia­ letzebuerg.net,  site  internet  consulté  le  31  janvier  2011).  Dans  ce  http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2006/18%20S.10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-2000/15%20S.119 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/12%20S.88 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1997/14%20S.106 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/1%20S.6

E­3159/2011 Page 16 contexte,  il n'est donc pas exclu que le recourant ait pu avoir un contact  avec un colonel (…), lui ayant demandé de collaborer à la lutte contre le  terrorisme,  et  qu'il  ait  pu  être  menacé  par  un  wahhabite.  Le  Tribunal  observe néanmoins les déclarations très vagues de l'intéressé à ce sujet.  De plus, dans la mesure où cet événement de 2006 remonterait à près de  cinq ans avant son départ du pays, force est d'admettre que le rapport de  causalité n'existe plus. Enfin,  le simple fait que d'anciens soldats serbes  ou  des  personnes  proches  du  wahhabisme  viennent  s'installer  aux  alentours  de  la maison  des  intéressés  n'est  pas  suffisant  à  fonder  une  crainte objective de persécutions  futures. Quant à  la circulaire du  (date)  2004 du Ministère  de  la  défense,  elle  ne  peut  avoir  de  valeur  probante  dans  la  mesure  où  elle  est  de  portée  générale  et  où  le  lien  entre  l'intéressé  et  le  général  mentionné  dans  cette  dernière  n'est  qu'une  simple affirmation de sa part. 4.7.  Quant  à  la  recourante  et  à  leur  fils,  ils  ont  déclaré  ne  pas  avoir  rencontré  de  problèmes  personnels,  les  difficultés  ayant  motivé  leur  départ  du  pays  étant  liées  à  celles  de  son  époux,  respectivement  père  (cf. pv. de son audition fédérale p. 3). Ils n'ont donc fait valoir aucun motif  d'asile propre. 4.8. Dans ces conditions, le Tribunal conclut à l'inexistence d'une crainte  objectivement fondée de persécutions futures, les intéressés n'ayant pas  rendu  hautement  probable  qu'il  encourrait,  de manière  concrète,  un  tel  risque.  Pour  les  mêmes  motifs,  l'existence  d'une  pression  psychique  insupportable atteignant une intensité et un degré rendant impossible ou  difficilement  supportable  la  poursuite  de  la  vie  ou  d'une  existence  conforme  à  la  dignité  humaine  ne  leur  peut  être  reconnue  (cf.  JICRA  2000 n° 17 consid. 10 et 11 p. 156 ss).  5.  Au  vu  de  ce  qui  précède,  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  non­ reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  le  refus  de  l'asile,  doit  être  rejeté. 6.  6.1. Lorsqu’il rejette la demande d'asile ou qu'il refuse d'entrer en matière  à ce sujet, l'ODM prononce, en règle générale, le renvoi de Suisse et en  ordonne  l'exécution ;  il  tient  compte  du  principe  de  l'unité  de  la  famille  (art. 44  al. 1  LAsi).  Le  renvoi  ne  peut  être  prononcé,  selon  l'art. 32  de  l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur  l’asile relative à  la procédure (OA 1, 

E­3159/2011 Page 17 RS 142.311),  lorsque  le  requérant  d’asile  dispose d’une autorisation  de  séjour  ou  d’établissement  valable,  ou  qu’il  fait  l’objet  d’une  décision  d’extradition ou d’une décision de  renvoi conformément à  l’art. 121 al. 2  de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 (Cst., RS 101). 6.2.  Aucune  exception  à  la  règle  générale  du  renvoi  n'étant  en  l'occurrence réalisée, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer cette  mesure. 7.  7.1. L’exécution du renvoi est ordonnée si elle est licite, raisonnablement  exigible et possible (art. 44 al. 2 LAsi). Elle est réglée par l'art. 83 de la loi  fédérale  sur  les  étrangers  du  16  décembre  2005  (LEtr,  RS  142.20),  entrée en vigueur  le 1er  janvier 2008. Cette disposition a remplacé  l'art.  14a  de  l'ancienne  loi  fédérale  du  26 mars  1931  sur  le  séjour  et  l’établissement des étrangers (LSEE). 7.2. L'exécution n'est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de  l'étranger dans son  Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa  liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi,  ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays  (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou  traitements inhumains ou dégradants (art. 3 CEDH). 7.3. L'exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l'expulsion  de  l'étranger  dans  son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 7.4. L'exécution n'est pas possible  lorsque  l'étranger ne peut pas quitter  la Suisse pour son Etat d'origine, son Etat de provenance ou un Etat tiers,  ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 8.  8.1. S'agissant de la licéité du l'exécution du renvoi,  les recourants n'ont  pas rendu vraisemblable leur exposition, en cas de retour dans leur pays  d'origine, à de sérieux préjudices au sens de l'art. 3 LAsi (cf. consid. 4 ci­

E­3159/2011 Page 18 dessus). Aussi ne peuvent­ils se voir appliquer l'art. 5 LAsi qui reprend en  droit  interne  le  principe  du  non­refoulement  généralement  reconnu  en  droit  international  public  et  énoncé  expressément  à  l'art.  33  de  la  Convention  relative  au  statut  des  réfugiés  du  28  juillet  1951  (Conv. RS  0.142.30). 8.2.  En  outre,  pour  cette  même  raison,  le  Tribunal  ne  saurait  pas  davantage tenir pour établi un véritable risque concret et sérieux, pour les  recourants, d'être victimes de traitements prohibés par l'art. 3 CEDH ou 3  de la Convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains  ou dégradants du 10 décembre 1984  (Conv.  torture, RS 0.105), en cas  de renvoi dans son pays (cf. JICRA 1996 n° 18 consid. 14b spéc. let. ee  p. 182ss). 8.3.  Partant  l'exécution  du  renvoi  des  recourants  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit international, de sorte qu'elle s'avère licite (art. 44 al. 2 LAsi et 83 al.  3 LEtr). 9.  9.1. Selon l'art. 83 al. 4 LEtr,  l'exécution de la décision peut ne pas être  raisonnablement exigée si le renvoi ou l'expulsion de l'étranger dans son  pays  d'origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple en cas de guerre, de guerre civile, de violence généralisée ou  de  nécessité médicale. Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  « réfugiés de la violence », soit aux étrangers qui ne remplissent pas les  conditions  de  la  qualité  de  réfugié  parce  qu'ils  ne  sont  pas  personnellement persécutés, mais qui fuient des situations de guerre, de  guerre civile ou de violence généralisée, et ensuite aux personnes pour  qui  un  retour  reviendrait  à  les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment parce qu'elles ne pourraient plus recevoir les soins dont elles  ont besoin. En revanche, les difficultés socio­économiques qui sont le lot  habituel de  la population  locale, en particulier des pénuries de soins, de  logement, d'emplois, et de moyens de formation, ne suffisent pas en soi à  réaliser une telle mise en danger. L'autorité à qui incombe la décision doit  donc  dans  chaque  cas  confronter  les  aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement de Suisse  (cf. ATAF 2009/52 consid.  10.1 p.  756s.  ; ATAF  2008/34  consid.  11.1  ;  ATAF  2007/10  consid.  5  ;  JICRA 2005  n°  24  p.  215 consid. 10.1 ; JICRA 2003 n° 24 p. 157 consid. 5a ; JICRA 2002 n°  http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/EMARK-1996/18 http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52 http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52 http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52 http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34 http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34 http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34 http://links.weblaw.ch/BVGE-2007/10 http://links.weblaw.ch/BVGE-2007/10 http://links.weblaw.ch/BVGE-2007/10 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2005/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2003/24 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11

E­3159/2011 Page 19 11 p. 99 ss consid. 8 ; JICRA 1999 n° 28 p. 170 consid. 5b ; JICRA 1998  n°  22  p.  191  consid.  7a  et  jurisp.  citée  ;  PETER  BOLZLI,  in  :  Marc  Spescha/Hanspeter  Thür/Andreas  Zünd/Peter  Bolzli,  Kommentar  Migrationsrecht, Zurich 2008, n. 14 ss ad art. 83; WALTER STÖCKLI, Asyl,  in  :  Peter Uebersax/Beat Rudin/Thomas Hugi  Yar/Thomas Geiser  [éd.],  Ausländerrecht,  Handbücher  für  die  Anwaltspraxis,  vol.  VIII,  2ème  éd.,  Bâle 2009, n° 11.68 s.). 9.2.  Il  est  notoire  que  la  Bosnie  et  Herzégovine  ne  connaît  pas  une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d'emblée  ­  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d'espèce  ­  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l'existence d'une mise en danger concrète au sens de l'art. 83 al. 4 LEtr. 9.3. En  l'occurrence,  les  recourants, qui sont encore  jeunes, bénéficient  tous  deux  d'expériences  professionnelles  dans  leur  pays  d'origine.  Ils  sont, en outre, propriétaires d'une maison individuelle, et disposent dans  leur pays d'origine d'un solide réseau familial, les membres de leur famille  en  Suisse  pouvant  également  les  aider  financièrement  le  cas  échéant  (cf. pv.  de  l'audition  sommaire  p.3).  S'agissant  des  difficultés  de  santé  mentionnés  lors  des  auditions  fédérales  (probable  [indication médicale],  cf.  p.  16  de  l'audition  de  l'intéressé  ;  troubles  psychiques  cf.  p.  6  de  l'audition de  l'intéressée),  le Tribunal constate que ceux­ci n'ont pas été  invoqués au stade du recours, que ce soit dans le mémoire ou la réplique  dans  laquelle  ils  se  sont  pourtant  exprimé  tout  particulièrement  sur  le  caractère  raisonnablement  exigible  de  l'exécution  de  leur  renvoi.  Or,  il  appartenait  aux  intéressés  de  spontanément  faire  valoir  d'éventuels  motifs médicaux (cf. ATAF 2009/50 consid. 10). Dans ces conditions, il ne  peut  être  considéré  que  ceux­ci  sont  d'une  gravité  telle  à  constituer  un  obstacle à l'exécution de leur renvoi, les intéressés les auraient d'ailleurs  invoqué et  documenté,  dans  la procédure de  recours,  si  tel  avait  été  le  cas. Si  d'aventure  l'intéressé devait  effectivement  subir  une quelconque  intervention  chirurgicale,  il  appartiendrait  à  l'ODM  d'adapter  le  délai  de  départ de la famille en conséquence. 9.4. Pour  ces motifs,  l'exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible en l'état. 10.  Enfin,  les  recourants  sont  en  possession  de  documents  suffisants  pour  rentrer dans leur pays ou, à tout le moins, sont en mesure d'entreprendre  toute  démarche  nécessaire  auprès  de  la  représentation  de  leur  pays  http://links.weblaw.ch/EMARK-2002/11 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1999/28 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22 http://links.weblaw.ch/EMARK-1998/22

E­3159/2011 Page 20 d'origine en vue de  l'obtention de documents de voyage  leur permettant  de quitter  la Suisse. L'exécution du renvoi ne se heurte donc pas à des  obstacles  insurmontables  d'ordre  technique  et  s'avère  également  possible (cf. ATAF 2008/34 consid. 12 p. 513­515). 11.  Cela  étant,  l'exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme  aux  dispositions  légales.  Il  s'ensuit  que  le  recours,  en  tant  qu'il  conteste  la  décision de renvoi et son exécution, doit être également rejeté. 12.  Les conclusions du recours n'étant pas d'emblée vouées à l'échec et les  intéressés ayant établi  leur  indigence,  l'assistance  judiciaire partielle est  accordée (cf. art. 65 PA). Il est donc renoncé à la perception des frais de  procédure. (dispositif page suivante) http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34 http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34 http://links.weblaw.ch/BVGE-2008/34

E­3159/2011 Page 21 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  La demande d'assistance judiciaire partielle est admise. 3.  Il est renoncé à la perception des frais de procédure. 4.  Le  présent  arrêt  est  adressé  aux  recourants,  à  l'ODM  et  à  l'autorité  cantonale compétente. La présidente du collège : La greffière : Emilia Antonioni Céline Longchamp Expédition :

E-3159/2011 — Bundesverwaltungsgericht 13.09.2011 E-3159/2011 — Swissrulings