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Bundesverwaltungsgericht 31.01.2012 B-2633/2011

January 31, 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·2,057 words·~10 min·3

Summary

Résultats d'examens | Examen fédéral de première année d'études pour médecins et médecins dentistes

Full text

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l     Cour II B­2633/2011 Arrêt   d u   3 1   janvier   2012 Composition Claude Morvant (président du collège),  Hans Urech, David Aschmann, juges, Muriel Tissot, greffière. Parties X._______,  recourante,  contre Commission d'examen des examens fédéraux de  médecine de la Faculté de médecine de l'Université de  Y._______, par son président, le Dr Z._______ première instance Commission des professions médicales MEBEKO,  Office fédéral de la santé publique,  Schwarzenburgstrasse 161, 3003 Berne, autorité inférieure Objet Examen fédéral de première année d'études pour médecins  et médecins dentistes.

B­2633/2011 Page 2 Faits : A.  A.a  Par  décision  du  2  juillet  2010,  le  président  de  la  commission  d'examen des examens fédéraux de médecine de la Faculté de médecine  de  l'Université de Y._______  (ci­après  :  la première  instance) a  informé  X._______ (ci­après : la recourante) de son échec à l'examen fédéral de  première année d'études pour médecins et médecins dentistes subi  lors  des sessions de  janvier et  juin 2010, au motif qu'elle n'avait pas obtenu  les points crédits aux modules B1.1 à B1.5. Dès lors qu'il s'agissait d'un  second échec, elle a été exclue définitivement de tout autre examen de la  même profession médicale. A.b Par  écritures  du  9  août  2010,  la  recourante  a  recouru  contre  cette  décision devant la Commission des professions médicales MEBEKO (ci­ après : l'autorité inférieure) en concluant implicitement à son annulation et  à ce qu'elle puisse se présenter une nouvelle fois auxdites épreuves. A  l'appui de ses conclusions, elle a exposé qu'elle souffrait, depuis plus  de  deux  ans,  de  troubles  du  comportement  alimentaire,  soit  d'anorexie  avec accès de boulimie. Elle a ainsi connu un amaigrissement extrême,  des  troubles  du  sommeil  causant  un  épuisement  autant  physique  que  psychologique et de grandes difficultés de concentration. Elle a en outre  invoqué des problèmes familiaux, ainsi que l'état de santé de ses grands­ parents  durant  les  années 2008 à  2010. Elle  a  ainsi  fait  valoir  que  son  échec auxdites épreuves n'était pas dû à un manque de capacités mais à  son  impossibilité  d'avoir  un  travail  régulier  et  une  bonne  concentration.  Elle a ajouté qu'elle était jusqu'alors dans le déni de sa maladie et qu'elle  n'a pris conscience de la gravité de celle­ci et commencé à entreprendre  des  démarches  en  vue  de  sa  guérison  qu'au  moment  où  elle  s'est  retrouvée face à l'impossibilité de poursuivre ses études en raison de sa  maladie. A.c Dans ses observations  responsives du 5 octobre 2010,  le Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  de  la  Faculté  de  biologie  et  de  médecine  de  l'Université de Y._______ (ci­après : le Directeur de l'Ecole de médecine)  a  relevé  que  les  résultats  de  la  recourante  aux  examens  des modules  B1.1 à B1.5 des mois de  janvier et  juin 2010 avaient été vérifiés et qu'il  n'y  avait  pas  d'erreur  de  comptage  ni  de  décalage  systématique  des  réponses. Il a  indiqué que deux des cinq examens de rattrapage étaient  échoués  à  un  point  de  la  limite  de  la  note  4  ;  les  trois  autres  étaient  échoués plus largement.

B­2633/2011 Page 3 A.d  Invitée  à  se  prononcer  sur  dites  observations,  la  recourante  a  répondu le 25 octobre 2010 en transmettant un rapport médical, daté du  même  jour,  établi  conjointement  par  sa  psychiatre  et  sa  psychologue,  duquel  il  ressort en substance que  la recourante n'a pas réussi à suivre  ses cours de médecine et à étudier de manière régulière,  tant  le trouble  alimentaire  dont  elle  souffre  prend  de  place  dans  l'organisation  de  son  quotidien et dans son monde interne. A.e  Dans  sa  prise  de  position  du  24  novembre  2010,  le  Directeur  de  l'Ecole  de  médecine  a  relevé  que  les  troubles  alimentaires  de  la  recourante ont certainement pu contribuer à diminuer ses performances  en  relation  avec  ses  examens  de  médecine,  lesquels  exigent  une  capacité de concentration élevée et un travail de préparation très régulier.  Cependant,  il  indique  que  la  recourante  aurait  dû  annoncer  son  incapacité à se présenter aux examens avant de subir ceux­ci, à moins  qu'elle  n'ait  pas  mesuré  l'impact  de  son  état  de  santé  sur  ses  performances aux examens.  A.f Par décision sur  recours du 5 mars 2011, mise à  la poste  le 6 avril  2011, l'autorité inférieure a rejeté le recours formé par la recourante. Elle  indique  tout d'abord que  les notes,  telles qu'elles  figurent sur  le procès­ verbal  du  2  juillet  2010  correspondent  aux  prestations  effectives  de  la  recourante. Elle  relève ensuite qu'aucune pièce du dossier ne démontre  que  les symptômes dont souffrait  la  recourante aient  induit chez elle un  état  tel,  qu'elle  n'était  pas  capable  de  décider  avec  suffisamment  de  discernement  de  la  manière  dont  elle  devait  réagir  par  rapport  à  sa  présentation ou non à l'examen. Elle a ainsi considéré que, sans nier les  troubles alimentaires dont souffre la recourante et les difficultés que cette  maladie  implique  pour  mener  à  bien  des  études,  il  était  hautement  vraisemblable que celle­ci était capable d'estimer que son état de fatigue  physique  et  psychique  ne  lui  permettait  pas  de  se  présenter  dans  de  bonnes conditions aux examens, de sorte qu'elle avait la possibilité de se  retirer en présentant un certificat médical. Partant, elle considère que si la  recourante  s'est  présentée  à  ses  examens,  c'est  qu'elle  s'estimait  suffisamment  en  forme  et  préparée  pour  les  réussir.  Enfin,  elle  indique  que, si  la requête de  la recourante  tendant à repasser  l'examen  litigieux  était  acceptée,  celle­ci  disposerait  de  facto,  sans  raison  valable,  d'une  chance  supplémentaire  par  rapport  aux  autres  candidats,  ce  qui  reviendrait à violer le principe de l'égalité de traitement.

B­2633/2011 Page 4 B.  B.a  Par  mémoire  du  2  mai  2011,  mis  à  la  poste  le  5  mai  2011,  la  recourante a déposé un recours contre cette décision auprès du Tribunal  administratif  fédéral en concluant  implicitement à son annulation et à ce  qu'elle  puisse  se  présenter  à  nouveau  aux  examens,  une  fois  que  son  état de santé se serait amélioré. A  l'appui  de  son  recours,  elle  fait  valoir  que,  contrairement  à  ce  qu'a  retenu  l'autorité  inférieure, elle était  incapable d'estimer que son état de  fatigue  ne  lui  permettait  pas  de  se  présenter  dans  des  conditions  optimales. Elle expose que, pour produire un certificat médical afin de se  retirer des examens, elle aurait dû avoir conscience de  l'influence de sa  maladie. Or, elle  indique qu'elle ne se considérait pas comme "malade",  ses  périodes  de  restriction  étant  perçues  comme  un  régime  et  non  comme  un  trouble  alimentaire  et  les  périodes  de  boulimie,  comme  une  échappatoire selon les conditions du moment. Aussi, elle fait valoir qu'en  raison de sa position de déni  face à  sa maladie,  son  jugement quant à  ses capacités à  se présenter aux examens était  erroné  ;  qu'elle a ainsi  manqué  de  discernement.  Elle  relève  également  qu'elle  n'a  pas  eu  les  mêmes  chances  que  les  autres  candidats  dès  lors  qu'elle  a  subi  des  troubles  de  la  concentration  et  de  la mémorisation  et  que  sa  présence  aux  cours,  de  même  que  le  temps  qu'elle  a  consacré  à  son  travail  n'étaient  pas  optimaux.  Aussi,  elle  estime  que  le  fait  d'obtenir  une  nouvelle chance afin de se  trouver dans des conditions semblables aux  autres candidats lors de la préparation des examens et de la présentation  à  ceux­ci  ne  constitue  pas  une  violation  du  principe  de  l'égalité  de  traitement  contrairement  à  ce  que  soutient  l'autorité  inférieure.  Elle  indique enfin que les preuves relatives aux arguments ci­dessus peuvent  être  fournies  par  un  rapport  médical,  lequel,  n'étant  pas  encore  en  sa  possession, sera transmis ultérieurement par courrier séparé. B.b Par lettre du 30 juin 2011, la recourante a fait parvenir au Tribunal de  céans un rapport médical, daté du 30 juin 2010 (recte : 2011), établi par  la psychiatre et la psychologue en charge de son suivi thérapeutique.  C.  Invitée à se prononcer sur le recours, l'autorité inférieure en a proposé le  rejet  dans  ses  déterminations  du  12  août  2011.  Se  référant  au  rapport  médical du 25 octobre 2010 produit par  la recourante, elle observe que,  bien  que  notant  certains  symptômes  dépressifs,  celui­ci  relève  que  le  cours de la pensée et le discours de la patiente sont clairs, sans troubles 

B­2633/2011 Page 5 florides de la lignée psychotique observés. Elle considère ainsi qu'un état  dépressif  n'est  pas  obligatoirement  synonyme  d'incapacité  de  discernement.  Relativement  à  l'état  anorexique,  elle  relève  qu'un  BMI  (Body mass index), tel que ressortant du rapport médical, de 17 à 17 ans,  puis  de  19  à  l'époque  de  la  consultation  médicale,  bien  que  situant  la  recourante dans la  limite  inférieure de la norme, ne représentent pas de  cas extrêmes, la moyenne se situant entre 19 et 24. Egalement invitée à se déterminer sur le recours, la première instance n'a  pas déposé de réponse dans le délai imparti. Les  arguments  avancés  de  part  et  d'autre  au  cours  de  la  présente  procédure  seront  repris  plus  loin  dans  la  mesure  où  cela  s'avère  nécessaire. Droit : 1.  Le Tribunal administratif fédéral est compétent pour statuer sur le présent  recours (cf. art. 31, 32 et 33 let. d de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal  administratif fédéral [LTAF, RS 173.32] en relation avec l'art. 62 al. 3 et 4  de  la  loi  fédérale  du  23  juin  2006  sur  les  professions  médicales  universitaires  [LPMéd,  RS  811.11],  et  art.  5  al.  2  de  la  loi  fédérale  du  20 décembre 1968 sur la procédure administrative [PA, RS 172.021]). La  qualité pour  recourir doit être  reconnue à  la  recourante  (cf. art. 48 al. 1  PA).  Les  autres  conditions  de  recevabilité  sont  en  outre  respectées  (cf. art. 22a let. a, 50, 52 al. 1 et 63 al. 4 PA). Le recours est ainsi recevable. 2.  La LPMéd est entrée en vigueur le 1er septembre 2007, abrogeant de ce  fait  la  loi  fédérale  du  19  décembre  1877  concernant  l’exercice  des  professions  de  médecin,  de  pharmacien  et  de  vétérinaire  dans  la  Confédération suisse (RS 4 303, RO 2000 1891 ch. III 1, 2002 701 ch. I  3, 2006 2197 annexe ch. 88) (art. 61 LPMéd). Chargé de l'exécution de la  loi  (art.  60  LPMéd),  le  Conseil  fédéral  a  adopté  l'ordonnance  du  26  novembre  2008  concernant  les  examens  fédéraux  des  professions  médicales  universitaires  (Ordonnance  concernant  les  examens  LPMéd,  RS  811.113.3),  laquelle  a  notamment  abrogé,  au  31  décembre  2010,  l'ordonnance  générale  du  19  novembre  1980  concernant  les  examens  fédéraux des professions médicales (aOPMéd, RO 1982 563, 1995 4367, 

B­2633/2011 Page 6 1999  2643)  (cf. art. 34  en  lien  avec  l'art.  37  al.  2  de  l'Ordonnance  concernant les examens LPMéd).  L'art.  62  al.  4  1ère  phrase  LPMéd,  contenu  dans  les  dispositions  transitoires,  indique  que  les  examens  fédéraux  se  déroulent  conformément à l’ancien droit pendant trois ans après l’entrée en vigueur  de la présente loi. En l'espèce, l'objet du litige porte sur les modules B1.1  à B1.5 de l'examen fédéral de première année d'études pour médecins et  médecins  dentistes  subis  par  la  recourante  au  cours  des  sessions  de  janvier  et  juin  2010,  de  sorte  que  les  dispositions  de  l'aOPMéd  sont  notamment  applicables  à  la  présente  procédure  (cf. THOMAS  EICHENBERGER  in  :  Ariane  Ayer/Ueli  Kieser/Tomas  Poledna/Dominique  Sprumont,  Medizinalberufegesetz  [MedBG]­Kommentar/Loi  sur  les  professions médicales [LPMéd]­Commentaire, Bâle 2009, No 7 ad art. 62 ;  arrêt du Tribunal administratif fédéral [TAF] B­8639/2010 du 2 septembre  2011 consid. 4.5). A noter toutefois que les tâches des présidents locaux,  contenues  notamment  dans  l'aOPMéd  (cf.  infra  consid.  4),  ont  été  reprises,  le  1er  septembre  2007,  par  les  présidents  des  commissions  d'examen (art. 62 al. 3 LPMéd). 3.  Conformément  à  l'art.  49 PA,  le  recourant  peut  invoquer  la  violation  du  droit  fédéral,  y  compris  l'excès  ou  l'abus  du  pouvoir  d'appréciation,  la  constatation inexacte ou incomplète des faits pertinents et l'inopportunité  de la décision attaquée. Toutefois, selon une jurisprudence constante, les  autorités de recours appelées à statuer en matière d'examens observent  une certaine retenue en ce sens qu'elles ne s'écartent pas sans nécessité  des avis des experts et des examinateurs sur des questions qui, de par  leur nature, ne sont guère ou que difficilement contrôlables (cf. ATF 121 I  225  consid.  4b,  118  Ia  488  consid.  4c  ;  ATAF  2008/14  consid.  3.1  ;  HERBERT PLOTKE, Schweizerisches Schulrecht, 2e éd., Berne 2003, p. 722  ss ; BLAISE KNAPP, Précis de droit administratif, 4e éd., Bâle/Francfort­sur­ le­Main  1991,  N°  614).  La  retenue  dans  le  pouvoir  d'examen  n'est  toutefois  admissible  qu'à  l'égard  de  l'évaluation  proprement  dite  des  prestations.  En  revanche,  dans  la  mesure  où  le  recourant  conteste  l'interprétation et  l'application de prescriptions  légales ou s'il se plaint de  vices de procédure, l'autorité de recours doit examiner les griefs soulevés  avec pleine cognition, sous peine de déni de  justice formel (cf. ATF 106  Ia 1 consid. 3c ; ATAF 2008/14 consid. 3.3 et 2007/6 consid. 3 ; décision  du  Conseil  fédéral  du  27  mars  1991  publiée  in  :  Jurisprudence  des  autorités administratives de  la Confédération  [JAAC] 56.16 consid. 2.2  ;  PLOTKE,  op.  cit.,  p.  725  ss  ;  RENÉ  RHINOW/BEAT  KRÄHENMANN, 

B­2633/2011 Page 7 Schweizerische  Verwaltungsrechtsprechung,  Ergänzungsband,  Bâle  1990, N° 80 p. 257). En  l'occurrence,  la  recourante  fait  valoir  la  maladie  dont  elle  souffrait  avant et pendant  les épreuves  litigieuses comme motif pour annuler ses  résultats  d'examen.  Dès  lors  que  l'évaluation  proprement  dite  des  prestations n'est pas contestée,  le  recours doit donc être examiné avec  un plein pouvoir d'examen. 4.  A  teneur  de  l'art. 15  aOPMéd,  peuvent  être  admis  à  se  présenter  aux  examens  fédéraux  des  professions  médicales,  les  citoyens  suisses  titulaires  d'un  certificat  de maturité  reconnu  par  le  droit  fédéral  ou  d'un  certificat de fin d'études délivré par une université suisse (RO 1982 567).  Le  candidat  à  un  examen  doit  s'inscrire  préalablement  au  bureau  du  Comité directeur (art. 18 al. 1 aOPMéd [RO 1982 567]).  Il doit présenter  son  inscription  définitive  au  plus  tard  à  la  date  de  clôture  officielle  des  inscriptions (art. 19 al. 1 aOPMéd [RO 1982 567]). Si  le candidat décide  de se retirer après son inscription définitive, il doit en informer par écrit le  président  local  (art. 40  al. 1  aOPMéd  [RO  1982  572]).  Le  candidat  qui,  sans aviser ni indiquer de motif, ne se présente pas à l'examen ou qui ne  continue pas  l'examen commencé, est  réputé avoir échoué  (art. 40 al. 3  aOPMéd  [RO  1982  572]).  L'art. 41  aOPMéd,  intitulé  «Empêchement»,  prévoit  que,  lorsque  le  candidat  est  empêché  de  se  présenter  à  un  examen pour cause de maladie ou pour d'autres motifs importants, il doit  en aviser sans délai le président local (al. 1) ; en cas de maladie, il doit en  outre  présenter  un  certificat médical  (al. 2).  Le président  local  décide  si  les motifs invoqués sont valables (al. 3) (RO 1982 572). L'art. 42 aOPMéd  règle  pour  sa  part  l'hypothèse  où  le  candidat  entend  suspendre  ou  renoncer  à  poursuivre  l'examen.  Cette  disposition  indique  que,  si  le  candidat  tombe  malade  durant  l'examen  ou  s'il  a  un  autre  motif  d'empêchement  important,  il  doit  en  aviser  sans délai  le  président  local  (al. 1) (RO 1982 572). 5.  Selon une jurisprudence constante, un motif d'empêchement ne peut, en  principe,  être  invoqué  par  le  candidat  qu'avant  ou  pendant  l'examen  (cf. arrêt du TAF B­3648/2011 du 25 janvier 2012 consid. 4.2 et réf. cit.).  La production ultérieure d'un certificat médical ne peut remettre en cause  le résultat obtenu lors d'un examen. Il est en effet difficile de concevoir un  système  d'examen  efficace  si  des  certificats  médicaux  produits  après  l'examen  peuvent  annuler  une  épreuve  passée  (cf.  arrêt  du  TAF  B­

B­2633/2011 Page 8 2206/2008  du  15 juillet  2008  consid. 4.3).  Ainsi,  les  candidats  à  un  examen qui  se  sentent malades,  qui  souffrent  des  suites d'un accident,  qui font face à des problèmes psychologiques, qui sont confrontés à des  difficultés d'ordre familial graves ou qui sont saisis d'une peur démesurée  de  l'examen  doivent,  lorsqu'ils  estiment  que  ces  circonstances  sont  propres  à  les  empêcher  de  subir  l'examen  normalement,  les  annoncer  avant le début de celui­ci (cf. PLOTKE, op. cit., p. 452). Il en résulte qu'en  cas d'annonce tardive du motif d'empêchement, l'examen (insuffisant) est  en général réputé non réussi. 5.1. L'annulation ultérieure des résultats d'examen pour cause de maladie  ne peut être envisagée que  lorsqu'un candidat n'était objectivement pas  en mesure, sans qu'il y ait faute de sa part, de faire valoir immédiatement  son motif d'empêchement en exerçant  librement sa volonté. C'est  le cas  en particulier  lorsqu'au moment donné,  la capacité  lui  faisait défaut pour  apprécier suffisamment son état de santé et prendre une décision sur  le  fait  de  commencer  ou  de  poursuivre  l'examen,  ou  lorsque,  bien  que  conscient  de  ses  problèmes de  santé,  d'agir  conformément  à  sa  raison  (cf. décision  de  l'ancienne  commission  fédérale  de  recours  pour  la  formation  de  base  et  la  formation  postgrade  des  professions médicales  [CRFPM]  du  27  août  2002,  publiée  in  :  JAAC  67.30  consid.  3b).  Selon  une jurisprudence constante, la prise en compte exceptionnelle d'un motif  d'empêchement  pour  raison  de  santé  annoncé  tardivement  présuppose  en outre  la  réalisation  des  cinq  conditions  cumulatives  suivantes  :  a)  la  maladie  n'apparaît  qu'au  moment  de  l'examen,  sans  qu'il  n'ait  été  constaté  de  symptômes  auparavant,  le  candidat  à  l'examen  acceptant,  dans le cas contraire, un risque à se présenter dans un état déficient, ce  qui ne saurait  justifier par après  l'annulation des  résultats d'examen ; b)  aucun symptôme n'est visible durant l'examen ; c) le candidat consulte un  médecin  immédiatement  après  l'examen ;  d)  le  médecin  constate  immédiatement une maladie grave et soudaine qui, malgré  l'absence de  symptômes  visibles,  permet  à  l'évidence  de  conclure  à  l'existence  d'un  rapport  de  causalité  avec  l'échec  à  l'examen ;  e)  l'échec  doit  avoir  une  influence  sur  la  réussite  ou  non  de  la  session  d'examen  dans  son  ensemble  (cf. décision  de  l'ancienne  CRFPM  du  26  novembre  2004,  publiée in : JAAC 69.95, décision de l'ancienne CRFPM du 27 août 2002  précitée  consid.  3b,  décision  du  Conseil  fédéral  du  16  février  1994,  publiée  in  :  JAAC 59.15  consid.  4,  décision  du Département  fédéral  de  l'intérieur DFI du 20 juin 1980, publiée in : JAAC 44.128 consid. 4 ; arrêts  du TAF B­5554/2009 du 7 décembre 2009 consid. 4 et B­3299/2009 du  25 novembre 2009 consid. 3.2  ; FELIX BAUMANN, Die Rekurskommission  der  Universität  Freiburg,  Organisation,  Verfahren  und  Ausgewählte 

B­2633/2011 Page 9 Fragen,  Freiburger  Zeitschrift  für  Rechtsprechung  [FZR]  2001/235  ch. 3.1.5 ; PLOTKE, op. cit., p. 452 ss). 5.2.  En  l'occurrence,  la  recourante  s'est  présentée  aux  épreuves  des  modules B1.1 à B1.5  lors des sessions de  janvier et  juin 2010. Elle n'a  pas  annoncé  au  président  de  la  commission  d'examen  qu'elle  était  empêchée de se présenter à ces examens ni renoncé à les passer, que  ce soit avant ou en cours d'examen. Partant, les résultats obtenus à ces  épreuves ne sauraient, en principe, être remis en cause pour ce motif. La  recourante fait toutefois valoir dans ses écritures qu'elle était dans le déni  de  sa maladie,  de  sorte  qu'elle  aurait  manqué  de  discernement  et mal  apprécié  ses  capacités  à  se  présenter  aux  examens.  Ce  ne  serait  que  lorsqu'elle s'est retrouvée face aux conséquences de son échec et suite  aux  conseils  de  sa  mère,  de  son  frère  et  de  son  ami  qu'elle  aurait  commencé  à  admettre  l'anormalité  de  sa  situation  et  consulté  une  psychologue  de  l'association  boulimie­anorexie  de  B._______  qui  l'a  ensuite dirigée vers son médecin généraliste,  lequel  l'a aiguillée vers un  cabinet de psychiatrie.  A  l'appui  de  ses  allégations,  la  recourante  a  produit,  en  annexe  à  son  recours devant l'autorité inférieure, un certificat médical, daté du 13 août  2010, établi par son médecin généraliste, à teneur duquel celui­ci certifie  que  la  recourante  "n'était  pas  apte  à  se  présenter  à  sa  session  d'examens du 25 juin au 2 juillet 2010 pour raison médicale". Au cours de  dite  procédure  de  recours,  elle  en  a  produit  un  second,  daté  du  25  octobre  2010,  établi  par  une  psychiatre­psychothérapeute  FMH  et  une  psychologue FSP­psychothérapeute duquel  il  ressort  que  la  recourante,  née en 1990, souffre de troubles alimentaires sévères depuis ses 17 ans.  Il  relève  que  le  trouble  alimentaire  "tient  une  place  importante  dans  sa  difficulté à mener à bien ses études universitaires. En effet,  les  troubles  cognitifs tels que les troubles de l'attention et de la concentration mettent  à  mal  ses  capacités  d'apprentissage  et  sont  à  relier  au  trouble  alimentaire,  caractérisé  par  des  pensées  obsédantes  concernant  la  nourriture,  des  épisodes  de  dénutrition  et  des  vomissements  fréquents,  une  fatigue  psychique  et  physique,  un  rétrécissement  des  pôles  d'investissement et une organisation du quotidien centrée sur le contrôle  alimentaire". Enfin, elle a produit devant le Tribunal de céans un troisième  rapport  médical  portant  la  date  du  30  juin  2011,  établi  par  les  deux  mêmes signataires du rapport du 25 octobre 2010, dans  lequel celles­ci  relèvent  ce  qui  suit  :  "nous  observons  que  X._______  a  longtemps  souffert du déni de ses  troubles psychiques,  tant en nous appuyant  sur  les données anamnestiques fournies par la patiente, que sur ce que nous 

B­2633/2011 Page 10 avons directement pu observer au cours de son suivi […]. Ainsi,  lorsque  X._______ s'est présentée à ses examens de Médecine, elle était dans  l'incapacité  de  reconnaître  la  gravité  de  sa  maladie  et  de  ses  conséquences  sur  ses  capacités  d'apprentissage.  Il  s'agissait  d'un  déni  de  la  pathologie  psychique  et  c'est  ce même  déni  qui  l'a  amenée  à  se  présenter  à  ses  examens  de Médecine  par  deux  fois  et  non  pas  le  fait  qu'elle  s'estimait  suffisamment  en  forme  et  préparée  pour  réussir  ses  examens,  comme  le  mentionne  la  Commission  MEBEKO  dans  son  rapport",  celui­ci  ne  tenant  "absolument  pas  compte  de  la  réalité  des  troubles  psychiques  présentés  par  la  patiente  et  de  la  façon  dont  ils  peuvent  se  manifester,  ceci  avec  les  conséquences  concrètes  qu'ils  induisent". Sur  le  vu de ce qui  précède,  force est  tout d'abord de constater  que  la  recourante  était  affectée  dans  sa  santé  bien  avant  l'examen  litigieux,  attendu qu'elle souffre de troubles alimentaires depuis ses 17 ans. Qu'elle  ait  été,  comme  elle  le  prétend,  dans  le  déni  de  sa  maladie  jusqu'à  ce  qu'elle  se  soit  retrouvée  face  aux  conséquences  de  son  échec  définitif  n'est  pas  relevant.  Point  n'est  en  effet  besoin  de  poser  sur  ses  symptômes  le  diagnostic  d'une  maladie  précise  pour  reconnaître  son  incapacité  à  se  présenter  à  un  examen.  Il  suffit  en  revanche  d'avoir  conscience de son état de santé dans ses caractéristiques essentielles et  des  effets  de  celui­ci  sur  ses  capacités  à  subir  l'examen  (cf. NORBERT  NIEHUES/EDGAR FISCHER,  Prüfungsrecht,  5e  éd.,  Munich  2010,  No  288  ;  arrêt du Tribunal administratif du canton de Berne du 27 novembre 2009,  publié  in  :  Bernische  Verwaltungsrechtsprechung  [BVR]  2010  p.  104,  consid. 4.1.2 et 4.3.2). En l'espèce, la recourante expose dans ses écritures qu'inconsciemment,  elle passait de périodes "où tout va bien" à des périodes de dépression et  d'isolement ;  qu'elle  souffrait  de  troubles  de  la  concentration  et  de  la  mémorisation,  ainsi  que  de  troubles  du  sommeil  engendrant  un  épuisement  tant  physique  que  psychologique  ;  qu'elle  était  dans  l'impossibilité d'avoir une présence aux cours optimale ainsi qu'un travail  régulier et n'a donc pu  travailler de manière correcte que durant de  très  courtes  périodes.  Or,  le  fait  que  la  recourante  décrive  ainsi  dans  ses  mémoires  les  troubles  liés à  la maladie dont  elle dit  par ailleurs  souffrir  depuis  ses  17  ans  présuppose  qu'elle  avait  une  perception  consciente  d'elle­même. En outre, les deux rapports médicaux précités indiquent que  la  recourante  avait  mentionné  que  sa  problématique  alimentaire  avait  passablement  mis  à  mal  ses  capacités  d'apprentissage.  Cela  étant,  la  recourante  devait,  du  moins  en  faisant  preuve  de  la  diligence  requise, 

B­2633/2011 Page 11 mesurer  l'influence  de  son  état  de  fatigue  et  de  ses  problèmes  de  concentration  et  de  mémoire  notamment  sur  ses  capacités  d'apprentissage  et,  partant,  sur  celles  à  se  présenter  aux  épreuves  litigieuses  (cf. dans ce sens arrêt du Tribunal administratif du canton de  Berne du 27 novembre 2009 précité  consid. 4.3.1  ;  décision du Conseil  des écoles polytechniques  fédérales du 17 mai 1979, publiée  in  : JAAC  1979 No 100, p. 468).  Il convient au demeurant de relever que la recourante n'a pas consulté un  médecin immédiatement après la fin de son examen le 2 juillet 2010 dans  le  but  d'établir  qu'elle  se  trouvait  dans  un  état  psychologique  tel  que  le  choix de se présenter à l'examen n'aurait pas été fait dans une situation  de  pleine  capacité  de moyens.  Or,  seule  une  consultation  immédiate –  c'est­à­dire sans délai ou peu de  jours après  l'examen compte  tenu des  circonstances du  cas – permet  de  constater  que  le  candidat  n'était  pas  capable  de  décider  sous  sa  propre  responsabilité  de  se  présenter  à  l'examen ou de  l'arrêter  (cf. arrêt du TAF B­3299/2009 du 25 novembre  2009  consid.  3.4).  Ainsi,  la  recourante  a  d'abord  consulté  une  psychologue  de  l'association  boulimie­anorexie  de  B._______  qui  l'a  dirigée  vers  son  médecin  généraliste,  lequel  n'a  attesté  que  de  son  inaptitude à se présenter à la session d'examen du mois de juin. Ce n'est  qu'après coup que  la  recourante s'est  rendue au cabinet de psychiatrie,  de sorte que  le rapport médical du 30  juin 2011 attestant de  l'incapacité  de  la recourante à reconnaître  les conséquences de sa maladie sur ses  capacités  d'apprentissage  à  l'époque  où  elle  s'est  présentée  à  ses  examens  ne  peut  être  pris  en  compte.  En  outre,  il  ne  ressort  pas  du  dossier, et  la  recourante ne  le prétend du  reste pas, que cette dernière  aurait consulté un médecin suite aux modules subis en janvier 2010. Quant aux problèmes de santé de ses grands­parents, invoqués à l'appui  de son  recours, on ne saurait mettre en doute qu'ils aient pu affecter  la  recourante  émotionnellement.  Néanmoins,  elle  indique  que  ceux­ci  se  sont produits entre août 2008 et novembre 2009, puis en mars 2010, soit  en dehors des périodes d'examen, de sorte que  la  recourante disposait  de suffisamment de temps pour apprécier sa capacité ou non à subir les  épreuves litigieuses.  Sur  le vu de ce qui précède,  il n'y a pas lieu de considérer que l'état de  santé de  la  recourante ait pu altérer son  jugement à un point  tel qu'elle  s'est  trouvée  privée  de  sa  capacité  à  décider  librement  de  la  suite  à  donner aux épreuves litigieuses, soit de se présenter ou de se retirer, de 

B­2633/2011 Page 12 sorte  que  les motifs  d'empêchement  invoqués  à  l'appui  de  son  recours  sont tardifs. 6.  Il  s'ensuit  que  la  décision  attaquée  ne  viole  pas  le  droit  fédéral  et  ne  traduit pas un excès ou un abus du pouvoir d'appréciation. Elle ne relève  pas non plus d'une constatation incomplète ou inexacte des faits et n'est  pas inopportune (art. 49 PA). Mal fondé, le recours doit donc être rejeté. 7.  Vu  l'issue  de  la  cause,  les  frais  de  procédure,  comprenant  l'émolument  judiciaire et les débours, doivent être mis à la charge de la recourante qui  succombe  (cf. art. 63 al. 1 PA et art. 1 al. 1 du  règlement du 21  février  2008  concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  [FITAF,  RS  173.320.2]).  L'émolument  judiciaire  est  calculé en  fonction de  la valeur  litigieuse, de  l'ampleur et de  la difficulté  de  la  cause,  de  la  façon  de  procéder  des  parties  et  de  leur  situation  financière (art. 2 al. 1 1ère phrase et 4 FITAF). En l'espèce, les frais de procédure doivent être fixés à Fr. 700.­. Ils sont  compensés  par  l'avance  de  frais  du même montant  déjà  versée  par  la  recourante.

B­2633/2011 Page 13 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 700.­, sont mis à la charge de  la recourante. Ce montant est compensé par l'avance de frais déjà versée  de Fr. 700.­. 3.  Le présent arrêt est adressé : – à la recourante (acte judiciaire)  – à la première instance (acte judiciaire) – à l'autorité inférieure (acte judiciaire) – au Département fédéral de l'Intérieur DFI (acte judiciaire) Le Président du collège : La Greffière : Claude Morvant Muriel Tissot Indication des voies de droit : Pour autant qu'elle ne tombe pas sous le coup de l'exception contenue à  l'art.  83  let.  t  de  la  loi  fédérale  du  17 juin  2005  sur  le  Tribunal  fédéral  (LTF,  RS  173.110),  la  présente  décision  peut  être  attaquée  devant  le  Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, par la voie du recours en matière de  droit public, dans les trente jours qui suivent la notification (art. 82 ss, 90  ss et  100 LTF).  Le mémoire doit  être  rédigé dans une  langue officielle,  indiquer  les  conclusions,  les  motifs  et  les  moyens  de  preuve,  et  être  signé. La décision attaquée et  les moyens de preuve doivent être  joints  au mémoire, pour autant qu'ils soient en mains du recourant (art. 42 LTF). Expédition : 2 février 2012

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