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BGE 148 I 160

12. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit public dans la cause A. et B. contre Grand Conseil de la République et canton de Genève (recours en matière de droit public)

30. September 2022·Band 148·I·Dossier: 2C_1079/2019·3 Aufrufe
DE

12. Extrait de l'arrêt de la IIe Cour de droit public dans la cause A. et B. contre Grand Conseil de la République et canton de Genève (recours en matière de droit public)

FR

Art. 8 al. 2, 15 et 36 Cst.; art. 9 CEDH; art. 3, 6 et 7 de la loi genevoise du 26 avril 2018 sur la laïcité de l'Etat (LLE/GE); liberté de conscience et de croyance; interdiction de la discrimination; contrôle abstrait. Recevabilité, pouvoir d'examen, critiques appellatoires sur les faits (consid. 1-4). Le canton de Genève attache une grande importance à la laïcité de l'Etat; il convient de tenir compte de cet élément dans le cadre du présent contrôle abstrait (consid. 5). Les griefs relatifs à une norme qui a déjà été annulée par la Cour cantonale ne doivent pas être pris en considération (consid. 6). L'art. 3 al. 3 et 5 LLE/GE, qui impose aux magistrats, aux membres du pouvoir exécutif cantonal et communal et aux agents de l'Etat de s'abstenir, lorsqu'ils sont en contact avec le public, de signaler leur appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs, est conforme - dans l'optique d'un contrôle abstrait - aux art. 15 et 36 Cst. et à l'art. 9 par. 1 CEDH. Il est toutefois primordial d'éviter in concreto une application excessivement rigide de cette disposition, qui conduirait à un résultat incompatible avec la liberté de conscience et de croyance des personnes concernées (consid. 7). L'art. 3 al. 3 et 5 LLE/GE est conforme à l'art. 8 al. 2 Cst. (consid. 8). Rejet du recours en tant qu'il porte sur l'art. 3 LLE/GE (consid. 9 et 10). Tel qu'il est libellé, l'art. 6 al. 1 et 2 LLE/GE, qui prévoit que les manifestations religieuses cultuelles sur le domaine public ne peuvent être autorisées qu'à titre exceptionnel, revient à prévoir une interdiction de principe de ce type de manifestation, ce qui est incompatible avec l'art. 15 Cst. (consid. 11). L'art. 7 al. 1 LLE/GE, qui donne au Conseil d'Etat la compétence, à certaines conditions, de restreindre ou interdire le port de signes religieux ostentatoires sur le domaine public et dans les bâtiments publics, ne viole pas les art. 15 et 36 Cst. et l'art. 9 par. 1 CEDH (consid. 12 et 13). L'art. 7 al. 2 LLE/GE, qui prévoit que, dans certains lieux publics, le visage doit être visible, est conforme aux art. 15 et 36 Cst. et à l'art. 9 par. 1 CEDH (consid. 14). Conclusion, frais et dépens (consid. 15).

IT

Art. 8 cpv. 2, 15 e 36 Cost.; art. 9 CEDU; art. 3, 6 e 7 dela legge ginevrina del 26 aprile 2018 sula laicità delo Stato (LLE/GE); libertà di credo e di coscienza; divieto della discriminazione; controllo astratto. Ammissibilità, potere d'esame, critiche appellatorie sui fatti (consid. 1-4). Il canton Ginevra conferisce una grande importanza alla laicità dello Stato; nel quadro del presente controllo astratto, va tenuto conto di questo elemento (consid. 5). Le critiche relative a una norma che è già stata annullata dalla Corte cantonale non devono essere prese in considerazione (consid. 6). L'art. 3 cpv. 3 e 5 LLE/GE, che impone ai Magistrati, ai membri del potere esecutivo cantonale e comunale e agli agenti dello Stato di astenersi, quando sono in contatto con il pubblico, dal segnalare la loro appartenenza religiosa verbalmente o attraverso dei segni esteriori, è conforme - nell'ottica di un controllo astratto - agli art. 15 e 36 Cost. e all'art. 9 n. 1 CEDU. È tuttavia determinante evitare in concreto un'applicazione eccessivamente rigida di questa disposizione, che condurrebbe a un risultato incompatibile con la libertà di credo e di coscienza delle persone toccate (consid. 7). L'art. 3 cpv. 3 e 5 LLE/GE è conforme all'art. 8 cpv. 2 Cost. (consid. 8). Rigetto del ricorso, per quanto rivolto contro l'art. 3 LLE/GE (consid. 9 e 10). Così come formulato, l'art. 6 cpv. 1 e 2 LLE/GE, che prevede che le manifestazioni religiose cultuali su suolo pubblico possano essere autorizzate solo a titolo eccezionale, sfocia in un divieto di principio di questo tipo di manifestazioni, ciò che è incompatibile con l'art. 15 Cost. (consid. 11). L'art. 7 cpv. 1 LLE/GE, che conferisce al Consiglio di Stato la competenza, a determinate condizioni, di limitare o vietare di portare dei segni religiosi evidenti su suolo pubblico e negli edifici pubblici non lede gli art. 15 e 36 Cost. e 9 n. 1 CEDU (consid. 12 e 13). L'art. 7 cpv. 2 LLE/GE, che prevede che, in certi luoghi pubblici, il viso debba essere visibile, è conforme agli art. 15 e 36 Cost. e all'art. 9 n. 1 CEDU (consid. 14). Conclusioni, spese e ripetibili (consid. 15).

Entscheid ansehen: 2C 1079/2019: Droit fondamental