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Genève Tribunal pénal 26.03.2025 P/6187/2023

26. März 2025·Français·Genf·Tribunal pénal·PDF·16,705 Wörter·~1h 24min·1

Zusammenfassung

CP.140; CP.140; CP.146; CP.251

Volltext

Siégeant : Mme Alessandra ARMATI, présidente, M. Yves MAURER-CECCHINI et M. Angelo SOLE, juges, Mme Ivana PETROVIC, greffière-juriste, Mme Maryline GATTUSO, greffière P/6187/2023 RÉPUBLIQUE ET

CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE

JUGEMENT DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Chambre 1

26 mars 2025

A______ SA, EN LIQUIDATION, partie plaignante

B______ SARL, partie plaignante, assistée de Me Adrien GUTOWSKI

Madame C______, partie plaignante contre Monsieur W______, né le ______1967, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me D______

Monsieur X______, né le ______1978, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me E______

Monsieur Y______, né le ______1981, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me F______

Monsieur Z______, né le ______1988, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me G______

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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public conclut, pour chacun des prévenus, à un verdict de culpabilité pour toutes les infractions retenues dans l'acte d'accusation. S'agissant de W______, il conclut au prononcé d'une peine privative de liberté de 8 ans et à son expulsion du territoire suisse pour une durée de 10 ans, sans inscription SIS. S'agissant de X______, il conclut au prononcé d'une peine privative de liberté de 7 ans et à son expulsion du territoire suisse pour une durée de 10 ans, sans inscription SIS. S'agissant de Y______, il conclut au prononcé d'une peine privative de liberté de 7 ans et à son expulsion du territoire suisse pour une durée de 10 ans, sans inscription SIS. S'agissant de Z______, il conclut au prononcé d'une peine privative de liberté de 7 ans et à son expulsion du territoire suisse pour une durée de 10 ans, sans inscription SIS. Il conclut à ce qu'il soit fait bon accueil aux conclusions civiles et à ce que les prévenus soient condamnés au paiement des frais de la procédure à concurrence d'un quart chacun. S'agissant des objets sous inventaires, il s'en rapporte à son acte d'accusation. W______, par la voix de son Conseil, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité s'agissant du brigandage. Il conclut à ce que les aggravantes des chiffres 2 et 3 de l'article 140 CP ne soient pas retenues et à ce qu'une peine privative de liberté n'excédant pas 3 ans soit prononcée (sous déduction de la détention préventive et extraditionnelle). Il s'en rapporte à justice s'agissant de la mesure d'expulsion et de sa durée, des frais de la procédure et des conclusions civiles. X______, par la voix de son Conseil, conclut à son acquittement pour tous les faits retenus dans l’acte d’accusation et persiste dans sa demande en indemnisation déposée à l’audience. Il conclut à la restitution des objets et valeurs figurant sous chiffres 1.2.1, 1.2.2 et 1.2.7 et à ce que les frais de la procédure soient laissés à la charge de l’Etat. Y______, par la voix de son Conseil, ne s’oppose pas à un verdict de culpabilité du chef de brigandage. Il conclut à ce que les aggravantes des chiffres 2 et 3 de l’article 140 CP ne soient pas retenues et à ce qu'une peine privative de liberté ne dépassant pas la détention provisoire déjà subie, y compris la détention extraditionnelle en France, soit prononcée. Il conclut à ce qu'il soit fait application de la circonstance atténuante du repentir sincère. Il ne s’oppose pas à son expulsion et s'en rapporte à justice s'agissant de la durée. Il conclut à ce qu’il lui soit donné acte de son engagement à réparer le dommage causé à la bijouterie A______. Il conclut à ce qu'il soit condamné au paiement d’un huitième des frais de la procédure et à ce que son maintien en détention pour des motifs de sûreté ne dépasse pas 10 jours. Finalement, il conclut à la restitution des bijoux figurant sous chiffres 6 à 9 de l’inventaire du 26 avril 2023. Z______, par la voix de son Conseil, ne s’oppose pas à un verdict de culpabilité du chef de brigandage. Il conclut à ce que les aggravantes des chiffres 2 et 3 de l’article 140 CP ne soient pas retenues. Il ne s’oppose pas à un verdict de culpabilité des chefs d’abus de confiance et de faux dans les titres. Il conclut au prononcé d’une peine privative de

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liberté n’excédant pas 4 ans (sous déduction de la détention préventive et extraditionnelle) et s’en rapporte à justice s’agissant de l’expulsion tout en concluant à ce que la durée de cette mesure n’excède pas 7 ans. Il s’en rapporte également à justice s’agissant des frais de procédure et des confiscations. EN FAIT A.a. Par acte d'accusation du 16 décembre 2024, il est reproché à W______, Y______, Z______ et X______ de s'être réunis, le 20 mars 2023, dans la matinée, à l’Hôtel H______, sis 42 Route I______ à Annemasse, en France, dans le but de minutieusement préparer et organiser à l'avance le braquage de la bijouterie A______, sise route J______ 2 à Genève. Il est reproché à X______ d'avoir remis, lors de cette rencontre, à W______ et à Y______, des sacs, des casquettes, des gants et un outil destiné à briser des vitrines. Il lui est également reproché d'avoir emmené W______ et Y______ à Genève à bord d’un véhicule automobile et de les avoir déposés près de la bijouterie. Il est reproché à W______ et Y______ d'avoir, à 10h27, conformément au plan préétabli, pénétré dans la bijouterie A______, alors qu’ils étaient gantés et porteurs de casquettes et que W______ était porteur d’une arme de poing dissimulée sur l’avant de son pantalon. Il est reproché à W______ de s'être dirigé vers la partie « bureau » de la bijouterie A______, muni d’une arme de poing, d'avoir saisi et brandi son arme en direction d’C______, vendeuse, en lui disant « shut up … shut up … shut up … » et de l'avoir mise hors d’état de résister en la menaçant d’un danger imminent pour sa vie ou son intégrité corporelle. Il lui est également reproché d'avoir placé une main au niveau de la bouche d’C______, et de l’avoir enlacée au niveau des épaules avec son bras en lui disant « shut up » et « sit down » en lui montrant une chaise, alors que Y______ se trouvait dans la partie « exposition » du magasin. Il lui est ensuite reproché d'avoir sorti deux cordes blanches d’un sac qu’il portait en bandoulière sur lesquelles un nœud coulant avait été préalablement préparé et d'avoir entravé C______ en lui attachant les mains et les pieds à une chaise au moyen de ces cordes, puis de l'avoir renversée intentionnellement de sorte que cette dernière est tombée au sol, et de lui avoir causé de la sorte des lésions attestées par constat médical du 20 mars 2023, soit une dermabrasion au niveau du dos de la main gauche et des ecchymoses au niveau du poignet droit, du dos de la main gauche et du genou gauche. Il est également reproché à W______ d'avoir fouillé dans les tiroirs de la partie « bureau », de s'être emparé de divers sachets en plastique contenant des bijoux ainsi que des montres et d'avoir rempli un sac avec lesdits sachets. Il est reproché à Y______, qui se trouvait dans la partie « exposition » du magasin, de s'être pendant ce temps attelé à briser une première vitrine au moyen d’un outil et à

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mettre dans un sac des bijoux qui se trouvaient dans cette vitrine. Il lui est également reproché d'avoir ensuite brisé une seconde vitrine au moyen de son outil, et d'avoir dérobé les bijoux se trouvant dans cette vitrine puis de s'être emparé de bijoux qui étaient dans des tiroirs situés derrière le comptoir. Il est finalement reproché aux deux prévenus d'avoir quitté les lieux à 10h30, à pied en direction du lac munis chacun d’un sac, d'avoir rejoint Z______ à 10h31 et de lui avoir remis les sacs contenant le butin, puis d'avoir pris chacun deux taxis distincts à la gare K______ à 10h33 qui les ont déposés à la gare d’Annemasse en France. Il est reproché à Z______ de s'être rendu au moyen d’un vélo loué via une application en ligne à proximité de la station de pompage des eaux usées située sous le Pont L______ sis 12 sentier M______, pour y dissimuler le butin et d'avoir caché le premier sac dans un puit et enterré le second sac à proximité immédiate de ce puit. Au total près de trois-cent-onze pièces ont été dérobées pour un préjudice total estimé à environ CHF 250'000.-. Il est reproché à X______, W______, Y______ et Z______ d'avoir agi de concert, étant précisé que le braquage sus-décrit avait été minutieusement préparé à l'avance et que tous les prévenus se sont associés et ont activement participé, pleinement et sans réserve à la décision, l'organisation ou la réalisation de l'infraction dans une mesure et des conditions les faisant tous apparaître comme coauteurs principaux, chacun voulant les actes accomplis et le résultat recherché comme si c'était sa propre action, qu'il ait ou non pris part à l'exécution proprement dite. Il est reproché à tous les prévenus d'avoir accepté pleinement et sans réserve l'utilisation d’une arme de poing, et se s'être ralliés – entièrement et sans réserve – au comportement consistant à menacer C______ avec une arme et à la violenter. Il est reproché à tous les prévenus d'avoir procédé en qualité d'affilié à une bande formée pour commettre un brigandage, d'avoir agi de manière structurée, en équipe soudée et stable, selon une répartition stricte des rôles, chacun collaborant intensément avec les autres et manifestant, à tout le moins par son comportement, la volonté de s'associer en vue de commettre ensemble un brigandage. Il est reproché à tous les prévenus une façon d'agir– en particulier le professionnalisme de la préparation du brigandage et du chemin de fuite, l'importance du butin escompté et, surtout, la façon particulièrement audacieuse, téméraire, perfide, astucieuse et dépourvue de scrupules avec laquelle ils se sont comportés, entre autres acceptant pleinement et sans réserve qu’C______ soit violentée et menacée – dénotant qu'ils sont particulièrement dangereux. Faits qualifiés de brigandage aggravé au sens de l'art. 140 ch. 1, 2 et 3 du Code pénal.

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b. Par le même acte d'accusation, il est reproché à X______ et Z______ d'avoir conclu, le 9 août 2022, vers 09h00, à Lutry, dans le canton de Vaud, au Port N______, un contrat de location avec la société B______ SARL, portant sur un bateau MASTERCRAFT NXT 22 immatriculé VD 1______, dont la valeur estimée à neuf était de CHF 190’000.- pour la journée du 9 août 2022 de 09h00 à 17h00. Il leur est reproché, à l’échéance de la période de location, soit le 9 août 2022 à 17h00, de ne pas avoir restitué le bateau loué qui leur avait été confié par la société B______ SARL conformément à ce qui était stipulé, se l’appropriant indûment et se procurant ainsi un enrichissement illégitime à due concurrence dans le but de se procurer un enrichissement illégitime. Faits qualifiés d’abus de confiance au sens de l’article 138 chiffre 1 du Code pénal. Dans les circonstances décrites sous chiffre 1.3.2., il est reproché à X______ et Z______ d'avoir, le 9 août 2022, à Genève, présenté à la société B______ SARL un permis de bateau contrefait dans le but de tromper la société B______ SARL et de la déterminer à leur louer le bateau MASTERCRAFT NXT 22 immatriculé VD 1______. Faits qualifiés de faux dans les titres au sens de l’article 251 du Code pénal. B. Il ressort de la procédure les faits pertinents suivants: Des faits du 20 mars 2023 Des plaintes pénales a.a.a. C______, vendeuse au sein de la bijouterie A______, a déposé plainte pénale à la police le 20 mars 2023. Elle a expliqué que ce jour-là, elle travaillait seule dans le magasin. Elle était arrivée à 10h10 pour effectuer l'ouverture, avait reçu une cliente puis était allée dans le bureau, soit une pièce à l'arrière du magasin, séparée par un rideau, et avait sorti son ordinateur portable. Environ cinq minutes plus tard, elle avait vu sur les caméras deux hommes entrer dans la bijouterie. La porte d'entrée du magasin ne se verrouillait pas automatiquement et aucune action n'était nécessaire de la part des vendeurs pour qu'un client puisse y pénétrer. Elle s'était levée pour rejoindre les deux hommes et, arrivée au niveau de l'encadrement du rideau, elle était tombée "nez à nez" avec l'un d'eux. Il portait une casquette, une veste plutôt longue et peut-être un jeans. Elle ne se souvenait pas s'il portait des gants, mais il ne portait pas de masque. Il tenait une arme dans sa main droite. Elle avait crié. Elle pensait qu'il avait pointé son arme sur elle mais n'en était pas sûre. Il l'avait saisie au niveau de la bouche avec un bras, lui avait entouré les épaules avec l'autre bras et l'avait retournée. Elle avait son téléphone dans la main, que l'homme avait pris et jeté par terre dans le bureau. Il l'avait ensuite poussée du côté du lavabo, puis avait posé l'arme sur le bureau avant de la ranger à l'arrière de son pantalon. Il ne lui avait rien dit. Il parlait avec son complice dans une langue de l'est. Il avait un petit sac à main noir pour homme, de la marque PHILIPP

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PLEIN, ainsi qu'un grand sac noir. Il avait vidé deux tiroirs en plastique qui se trouvaient sur le bureau, lesquels contenaient divers bijoux. Il n'avait pas fouillé la pièce mais avait pris tout ce qui était visible. Il avait aussi pris des bijoux de moindre valeur et des petites pierres qui se trouvaient à droite du bureau. Enfin, il avait sorti une corde et lui avait attaché les mains et les pieds à la chaise du bureau. Il l'avait renversée, en la poussant et en l'accompagnant au sol, puis avait renversé la chaise sur elle et lui avait mis sa veste par-dessus. Les deux hommes étaient ensuite partis, sans rien lui dire, étant précisé que le second homme n'était jamais entré dans le bureau. Elle ne l'avait donc pas vu. Assez rapidement, elle avait réussi à se détacher. Elle avait utilisé ses dents pour parvenir à sortir ses mains des liens, puis avait utilisé ses mains pour détacher les pieds. Elle était allée voir son voisin pour qu'il appelle la police. Elle se sentait bizarre et n'était pas confortable à l'idée de retourner travailler à la bijouterie après ce qu'elle avait vécu. Elle avait d'abord eu un choc, puis elle avait eu peur pour sa vie. Elle s'était demandée ce qu'ils allaient faire avec elle. Elle avait mal au dos et un peu aux poignets. a.a.b. Entendue en audience de confrontation le 11 octobre 2023 devant le Ministère public, C______ a confirmé ses déclarations faites à la police le 20 mars 2023. Elle a précisé que l'individu qui était entré dans l'arrière-boutique l'avait mise d'un côté de la pièce où elle était restée pétrifiée. Elle avait vu l'arme mais ne pensait pas qu'il l'avait pointée sur elle. A la question de savoir si l'arme avait l'air réelle ou ressemblait à un jouet, elle a répondu qu'elle n'avait jamais vu d'arme de sa vie et avait pensé que celle-ci était vraie. Elle ne savait pas si c'était réel, c'était une sensation bizarre. Quand elle avait vu l'arme, elle s'était dit "c'est comme dans les films, je vais mourir". Après sa première tentative de cris, elle n'avait pas réessayé de crier ni n'avait tenté de parler au braqueur. Elle n'avait plus rien dit du tout. Elle avait eu peur pour sa vie. Il avait d'abord pris des bijoux et ensuite il l'avait attachée avec une corde à la chaise, en lui attachant les deux mains ensemble au niveau des poignets, puis au niveau des mains ou des bras à la chaise. Elle pensait qu'il lui avait aussi attaché les pieds ensemble. Ensuite, il l'avait mise par terre, en la faisant tomber au sol. Elle n'était pas tombée extrêmement fort, "mais quand même". Dans sa chute, la chaise était également tombée sur elle. Il avait mis son manteau sur elle, lui cachant ainsi le visage. Ensuite, elle ne voyait plus rien mais entendait du bruit. Il lui semblait qu'il prenait encore des bijoux dans la boutique. Lorsqu'elle n'avait plus entendu de bruit, elle s'était détachée. Tout ce qu'elle avait raconté s'était déroulé dans l'arrière-boutique, elle n'avait jamais réussi à arriver jusqu'à la boutique. Elle avait entendu le second individu dans la boutique, mais ne l'avait pas vu. Elle avait également entendu que les deux hommes s'étaient parlés entre eux. Elle ne savait pas si un des deux hommes avait l'ascendant sur l'autre, mais il lui semblait que non. L'homme qui était avec elle dans le bureau n'était pas agressif et ne lui avait pas parlé. Comme elle était stressée, il était resté calme. Elle avait eu quelques marques aux mains et aux pieds, soit là où elle avait été attachée, ainsi que des hématomes au niveau du haut de sa cuisse, consécutifs à sa chute. Elle

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n'avait pas consulté de médecin. Sur le plan psychologique, elle pensait avoir un "trauma". Après les faits, elle n'était pas retournée au travail pendant dix jours. Quand elle avait repris le travail, elle s'était retrouvée un jour seule dans la bijouterie et avait fait une attaque de panique. Elle pleurait et n'arrivait pas à respirer. Elle entendait des bruits partout. Elle avait quitté la boutique et après cela, elle avait été en arrêt encore une semaine, voire dix jours. Elle n'avait pas consulté de médecin psychiatre ni de psychologue en Suisse. Ses parents étaient médecins en Espagne. A Pâques, sa mère était venue la voir et lui avait amené du Rivotril. Elle n'avait jamais pris de comprimé entier, que des moitiés avant d'aller dormir car sinon elle n'arrivait pas à dormir. Elle avait repris le travail, mais travaillait beaucoup moins qu'avant à la bijouterie. Elle n'aimait plus être seule et travaillait avec la porte fermée à clé. Elle gardait aussi la porte fermée chez elle. a.a.c. C______ a été examinée par les médecins légistes le 20 mars 2023 dès 16h40. Ces derniers ont mis en évidence une dermabrasion au niveau du dos de la main gauche ainsi que des ecchymoses au niveau du poignet droit (face postéro-latéral), du dos de la main gauche et du genou gauche (face antérieure) pouvant entrer chronologiquement en lien avec les faits. Les dermabrasions et les ecchymoses étaient généralement la conséquence de traumatismes contondants (heurts du corps contre un/des objet(s) contondant(s), coups reçus par un/des objet(s) contondant(s), pressions locales fermes pour les ecchymoses) avec une composante tangentielle (frottement) pour les dermabrasions. Celles constatées lors de leur examen étaient trop peu spécifiques pour qu'ils puissent se prononcer quant à leur origine précise. Elles étaient néanmoins compatibles avec les faits tels que décrits par la police et l'expertisée. L'ensemble du tableau lésionnel était compatible avec les déclarations de l'expertisée. Les lésions constatées n'avaient pas mis en danger la vie d'C______. Les photographies des lésions ont été produites à l'appui de l'expertise. a.b.a. Par courrier du 26 mars 2023, O______, administrateur de la société A______ SA, a déposé plainte pénale suite aux faits dénoncés par C______, soit le braquage à main armée commis à l'encontre de sa société le 20 mars 2023. Un inventaire partiel du vol a été transmis à la police. a.b.b. Le 17 juin 2023, ______, épouse de O______, a transmis à la police par courriel la liste "presque complète" des bijoux volés. a.b.c. Entendu par le Ministère public le 11 octobre 2023 pour le compte de la société A______ SA, O______ a confirmé sa plainte et vouloir participer à la procédure comme partie plaignante au pénal et au civil. Il a indiqué que le montant total des objets volés dans sa boutique s'élevait entre CHF 250'000.- (soit le montant qui figurait aux inventaires) et CHF 300'000.-, voire CHF 350'000.- (soit le montant comprenant également ce qui n'était pas répertorié aux inventaires, le total de ce qui avait été volé). Le montant des bijoux volés était difficilement chiffrable, étant donné que seule une

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partie des bijoux était séquestrée au service des bijoux. Tout n'était pas répertorié sur le "listing" que la police lui avait donné sans qu'il ne puisse préciser les pièces manquantes. a.b.d. Par jugement du 27 novembre 2023, le tribunal de première instance a prononcé la faillite de la société A______ SA. Par téléphone du 14 janvier 2025, l'Office cantonal des faillites a informé le Tribunal de céans que suite au prononcé de la faillite sans poursuite préalablele au sens de l'art. 190 de la Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP; RS 281.1), il représentait désormais la masse en faillite. Aucune conclusion civile n'a été prise par ledit Office. De l'interpellation des prévenus et des différents éléments matériels à la procédure b. Il ressort des divers rapports de police, des analyses de la BTPS, de la BCI et du CURML les éléments matériels suivants: c. L'exploitation des caméras de vidéosurveillance de la bijouterie A______ ainsi que de la ville de Genève a permis de découvrir qu'en date du 16 mars 2023, X______ vêtu de la même veste que le jour de son arrestation, et un homme non-identifié, sont passés devant la vitrine de la bijouterie A______ devant laquelle ils se sont arrêtés et ont regardé à l'intérieur. Le 20 mars 2023, Y______, W______, Z______ et X______ sont à bord d'un véhicule AUDI A5, immatriculé 2______ (France). A 09h20, ils arrivent depuis le pont P______, s'engagent sur le quai P______, puis continuent leur route en direction ______, avant de s'engager, à 09h25, sur la rue Q______. A 09h33, W______, Y______ et Z______ marchent sur la rue R______ en direction de la gare K______, puis, à 09h35, ils cheminent sur la place K______ en direction de la rue P______, étant précisé que Z______ est porteur d'un sac à dos. A 09h37, ils arrivent à la hauteur des escalators donnant accès au ______[commerces] K______ puis tournent à gauche en direction de la promenade de la rue P______. Alors qu'ils se dirigent vers les escaliers en pierre, W______ montre du bras la direction de la rue J______. Ils s'arrêtent en haut des escaliers. Z______ est sur son téléphone. A 09h37, après avoir échangé, ils se séparent. W______ et Y______ poursuivent leur chemin ensemble, en direction de la rue J______, tandis que Z______ reste seul en haut des escaliers, les yeux rivés sur son téléphone. Il remonte la rue P______, son téléphone toujours en main, puis se dirige vers les vélos stationnés au croisement avec la rue J______. Il s'approche d'un cycle orange, identifié comme un vélo en libre-service officiel du canton de Genève, géré par la société S______. A 09h42, Z______ déverrouille un vélo S______ au moyen de son téléphone, puis circule au guidon de celui-ci sur la rue P______, en direction de la rue ______, avant de bifurquer à droite en direction de la rue J______. A 09h47, Z______ est vu, toujours sur le vélo, devant l'hôtel T______, se dirigeant en direction du quai U______. Depuis ce lieu, aucune autre image de l'intéressé n'est disponible, et ce jusqu'au moment du braquage.

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A 10h27, W______ et Y______ passent devant la bijouterie depuis le haut de la rue J______, porteurs de gants et casquettes. W______ entre en premier dans le magasin, puis, une fois dans la boutique, se saisit d'une arme de poing, qui était dissimulée dans l'avant de son pantalon. Il se dirige ensuite vers le bureau de l'arrière-boutique. A cet endroit se trouve C______ qui, depuis quelques minutes, travaillait sur son ordinateur. A l'arrivée dans la boutique des deux individus, qu'elle aperçoit sur sa caméra, elle se lève, son portable en main, pour se diriger vers la boutique. A ce moment, W______ surgit, lui met sa main gauche sur la bouche et la retourne. Il lui dit "shut up". De son autre main, il tient une arme, qui se retrouve à hauteur de la tête d'C______, mais sans la pointer sur elle. Il lui prend son téléphone et le jette par terre, puis la plaque contre le mur. Finalement, il enlève la main de sa bouche et lui désigne un coin de la pièce, vers le bureau, afin qu'elle s'y tienne. Il tient son arme dans la main droite, puis commence à récupérer des sachets, dans un tiroir sur la droite du bureau. Pendant ce temps, et alors qu'il tient toujours son arme, C______ se tient debout à l'endroit désigné. Il dit ensuite quelques mots à Y______, qui lui amène un sac noir. W______ range ensuite l'arme dans son pantalon et met les sachets qu'il avait pris dans le sac noir et continue de prendre d'autres sachets, qu'il met au fur et à mesure dans le sac. Une fois qu'il a pris tous les sachets, il sort de sa sacoche une longue corde, sur laquelle un nœud coulant avait préalablement été préparé, avec laquelle il attache les mains d'C______, puis attache celle-ci face à la chaise avant de lui attacher les pieds. Il prend ensuite le sac noir et sa sacoche, puis saisit C______ avec son bras par le cou et la met à terre. Elle se retrouve sur le dos, la chaise sur elle. Il prend finalement un vêtement, qu'il met sur elle, puis quitte la pièce à 10h30 pour aller dans la boutique. Parallèlement, Y______ se dirige au centre du magasin, sort de sa veste un outil, soit une lime avec un manche bleu et noir, puis se rend vers l'une des vitrines sur le côté droit du magasin. Il tire pendant plusieurs secondes sur la vitrine qui cède et explose, ce qui le fait tomber à terre. Il se relève et prend des bijoux, qu'il garde dans sa main droite. Il se saisit du sac, qu'il avait fait tomber, et se dirige vers l'arrière-boutique. Il revient sans le sac, mais toujours avec les bijoux dans la main. Il sort de sa veste un autre sac, dans lequel il met les bijoux. Il prend ensuite un objet long sur le comptoir et force la seconde vitrine, toujours sur le côté droit du magasin, laquelle se brise. Il prend des bijoux et les met dans le sac. Il se rend ensuite derrière le comptoir, prend des plateaux sur lesquels étaient disposés plusieurs bijoux et verse le contenu ainsi que les plateaux dans le sac. Il prend ensuite encore des bijoux dans l'armoire derrière lui, puis retourne vers les vitrines qu'il avait brisées pour prendre encore des bijoux, y compris vers la vitrine donnant sur la rue. A 10h30:51, W______ sort de l'arrière-boutique et regarde dans les tiroirs du présentoir, que Y______ avait déjà fouillés, pendant que ce dernier continue à mettre des bijoux du présentoir donnant sur la rue dans son sac. Finalement, à 10h31:14, Y______ se dirige vers la sortie et W______ lui emboite le pas. Ils partent à gauche, en direction du lac. Chacun est porteur d'un sac. Quelques instants plus tard, W______ et Y______ sont aperçus sur la rue P______, mais ils ne sont plus en possession des sacs. Y______

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remonte la rue P______ en direction de la gare K______. A hauteur de l'établissement ______, il jette sa casquette dans une poubelle. Les analyses sur le pourtour intérieur de la casquette ont mis en évidence le profil ADN de Y______. En parallèle, W______ emprunte le square V______ et jette sa casquette dans une benne. Les analyses sur le pourtour intérieur de cette casquette ont mis en évidence le profil ADN de mélange, dont la fraction majeure, correspond à W______ et dont la fraction mineure n'est pas interprétable. A 10h32, Y______ monte les escaliers à l'angle de la rue P______ et de la rue V______. Les deux individus se rejoignent et traversent la place K______ en direction de l'arrêt du tram. W______ a changé son apparence par rapport aux images disponibles dans la bijouterie. A 10h33, W______ se dirige vers la file de taxis et monte dans le premier véhicule, TOYOTA RAV4, immatriculé GE ______, conduit par AA______, tandis que Y______ monte dans le second taxi disponible, soit un véhicule de marque LEVC, immatriculé GE ______ conduit par AB______. Il ressort des auditions de AA______ et d'AB______ que W______, respectivement Y______, leur avait montré un papier blanc, sur lequel était inscrit à la main, au stylo, l'adresse "2 rue AC______ 74100 Annemasse". Parallèlement, à 10h33, l'on retrace Z______ au guidon du vélo sur le pont ______, en provenance du quai AD______, se dirigeant vers l'hôtel T______. Un objet de couleur noire a été placé sur le panier avant du cycle. A 10h34, il est visible sur les caméras de vidéosurveillance de l'hôtel T______. Le sac à dos porté par Z______ est davantage rempli qu'auparavant. A 10h36, Z______ arrive sur le vélo depuis le quai U______ et emprunte le passage sous voie du Pont ______, donnant accès à la promenade pédestre AE______. Entre 10h36 et 18h06, aucune image de Z______ n'a été obtenue. Ensuite, à 18h06, Z______ est observé en train de remonter la rue Q______, puis emprunter la rue R______, en direction de la gare K______. Il n'est plus porteur de son sac à dos, mais d'un cabas à commission rouge. A 18h16, Z______ arrive dans le hall de la gare K______, depuis l'esplanade, et se dirige vers une borne automatique CFF. A 18h20, il arrive sur le quai 2 de la gare et se met en attente. A 18h26, le train arrive. Entre 18h27 et 18h28, Z______ est en conversation téléphonique. Il reste sur le quai jusqu'à 18h29 puis pénètre dans le train lequel démarre à 18h32. D'après les recherches de la police, ce train a effectué la liaison entre Genève et Annemasse avec une arrivée à destination à 18h55. d. Suite au braquage, la centrale d'engagement CECAL a sollicité l'intervention de patrouilles à la bijouterie, pour les investigations d'usage. Le policier ______ s'est rendu au croisement de la rue J______ et de la rue ______. A cet endroit, il a croisé X______. Ce dernier ayant adopté un comportement suspect, il a procédé à son interpellation. X______ a indiqué oralement qu'il était venu avec des amis à Genève le matin même depuis la France, mais n'a pas pu préciser l'endroit où ils avaient passé la nuit ni où se trouvaient ses amis. La fouille de l'intéressé a permis de retrouver un morceau de papier déchiré, sur lequel figurait une réservation d'une chambre d'hôtel depuis le 17 mars 2023 pour cinq nuits. Il était également porteur d'un smartphone, dont le numéro d'appel

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est le 3______. Durant son contrôle, il avait été contacté à plusieurs reprises à travers l'application THREEMA depuis un numéro enregistré sous "AF______" (numéro inconnu) ainsi que depuis un numéro 4______. Il a expliqué que ce téléphone lui avait été remis par un ami et il n'était donc pas en mesure de fournir le code de déverrouillage. Compte tenu des trajets en taxis effectués par W______ et Y______ à destination de l'adresse à la rue du AC______, 7410 Annemasse et du bout de papier découvert sur X______ lors de son interpellation, la police a effectué une diffusion de ces informations en France, comportant les images de vidéosurveillance et les informations sur les numéros de téléphone lituaniens mis en exergue. Les mentions figurant sur le bout de papier retrouvé sur X______ lors de son interpellation sont caractéristiques des documents édités par l'hôtel H______ sis 42 route I______ à Annemasse. La direction de cet établissement a indiqué qu'il y avait une réservation, faite à travers BOOKING au nom de ZA______, pour trois personnes de la chambre 104 de l'établissement pour cinq nuits (du 17 au 22 mars 2023), dont les coordonnées sont 5______ et l'adresse email ______@guest.booking.com. La réservation a fait l'objet d'un paiement par carte bancaire, dont le numéro se termine par ***5482, le 17 mars 2023 à 18h13, pour un montant total d'EUR 353.40. Ces informations laissaient à penser que les auteurs de l'attaque à main armée seraient les occupants de cette chambre, et seraient donc susceptibles d'y revenir, le SPJ d'Annecy a sollicité et obtenu auprès du Parquet Thonon-les-Bains l'ouverture d'une enquête en flagrant délit, pour association de malfaiteurs. Un dispositif de surveillance a été mis en place par les enquêteurs aux abords d'un hôtel d'Annemasse. e. Il ressort de l'exploitation des vidéos de l'établissement H______ que le 17 mars 2023, aux alentours de 21h30, les trois individus, soit Y______, W______ et Z______, sont arrivés à l'hôtel, accompagnés de X______. Z______ a procédé au paiement par carte bancaire. Après cela, les trois individus sont sortis de l'établissement, avant d'y revenir, à 22h08, et de se diriger directement vers le couloir de la chambre 104. Ils ont ensuite effectué des allers-retours dans le hall pour boire des cafés, téléphoner ou fumer des cigarettes. Le 20 mars 2023, à 08h14, X______ et l'individu qui a payé l'établissement, soit Z______, ont quitté l'hôtel ensemble. A 08h18, les deux autres individus ont quitté l'établissement ensemble. La chambre est restée inoccupée toute la journée. f. Dans le cadre du dispositif de surveillance, les enquêteurs ont constaté, le 20 mars 2023 à 20h00, l'arrivée d'un taxi déposant Z______, Y______ et W______ devant l'entrée de l'hôtel, lesquels sont entrés à la réception et ont rejoint rapidement leur chambre. Un capitaine a intercepté le taxi dont le chauffeur, ______, a indiqué avoir pris les trois individus, lesquels ne parlaient pas français, à la gare d'Annemasse à

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19h48 à destination de l'hôtel H______. La course avait été réglée en espèces, un des trois passagers ayant retiré de l'argent au DAB sur le trajet. A 20h10, les policiers ont pénétré dans la chambre 104 en s'annonçant. Ils ont constaté la présence des trois individus, lesquels ont été interpellés sans opposer aucune résistance. Les policiers ont procédé à leur menottage et à leur palpation. W______ a déclaré se nommer WA______ né le ______ 1976 à Bunkuoniu en Lituanie et a présenté une carte d'identité à ce nom. Il portait les mêmes chaussures et la même veste que celles portées lors du braquage de la bijouterie. Y______ s'est, quant à lui, présenté sous le nom de YA______ et avait une carte d'identité à ce nom, lequel est né le ______ 1981 à Kaunas, en Lituanie. Il portait les mêmes vêtements que ceux portés lors des faits. La police a découvert, dans son portefeuille, une feuille de papier manuscrite mentionnant l'adresse "2 rue AC______ 74100 Annemasse" ainsi qu'un téléphone portable SAMSUNG, IMEI ______ contenant une carte SIM TELE2 correspondant au numéro d'appel 4______ et quatre bagues. D'après un examen complémentaire effectué par la police, deux de ces bagues provenaient du vol de la bijouterie A______. Z______ était en possession d'une carte d'identité lituanienne au nom de ZA______, né le ______ 1988 et d'un permis de conduire à ce nom, les deux documents ayant la même photo d'identité que la CNI lituanienne. La fouille de ses effets personnels a permis la découverte d'une Mastercard Revolut n. ______ au nom de ZA______. Il était également en possession d'un téléphone portable SAMSUNG GALAXY A32, IMEI ______ et ______ contenant deux cartes SIM de l'opérateur PILDYK, dont l'une correspond au numéro d'appel 5______. Il était enfin porteur d'un ticket de train de Genève à Annemasse daté du jour à 18h00. Les trois individus ont été placés en garde à vue à compter du 20 mars 2023 à 20h10 pour des faits de participation à une association de malfaiteurs commis le 20 mars 2023. Le 26 avril 2023 la police genevoise est entrée en contact avec ses homologues français afin de pouvoir obtenir la procédure française et les scellés en lien avec l'arrestation des trois individus sur sol français. g. Lors de sa garde à vue en France, Z______ s'est exprimé quant au lieu de dissimulation du butin par ses soins sur le sol genevois. Il a indiqué que les deux sacs contenant les objets dérobés avaient été cachés près d'un bâtiment se situant le long des berges des falaises AE______, qu'il avait localisé sur une carte comme se trouvant sous le viaduc ferroviaire de la L______. Il s'était rendu en ce lieu à vélo, empruntant la promenade pédestre le long des berges du Rhône. Il avait dissimulé le premier sac dans un puit sec se trouvant dans la pente le long dudit bâtiment, et enterré le second à proximité, dans une volonté de ne pas le laisser au même endroit que l'autre. Sur la base de ces informations, la police genevoise a établi que le lieu désigné correspondait à la pente le long de la station de pompage des eaux usées située sous le Pont de la L______ sis 12, sentier M______. Sur place, les policiers ont identifié le premier sac dans le puit

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indiqué par Z______, lequel était recouvert de branchage. Quant au second sac, après recherches, les policiers ont pu établir qu'il était enterré à proximité immédiate du puit. Un cahier photographique des sacs et objets a été versé à la procédure. h.a. Le détenteur du véhicule AUDI A5 immatriculé 2______ est AG______ SAS, route ______ (France). Le véhicule avait été loué du 13 mars 2023 à 15h00 au 24 mars 2023 à l'aéroport Paris Beauvais par X______, lequel avait présenté un permis de conduire et une carte d'identité lituaniens. L'adresse mail communiquée lors de la réservation est ______@gmail.co et le numéro de téléphone 6______. Le paiement a été effectué par Mastercard. h.b. Le véhicule AUDI A5 a été retrouvé le 21 mars 2023, vers 15h30, stationné sur la rue Q______, à Genève. Les contrôles d'usage auprès du Service de stationnement de la Fondation des parkings ont permis de découvrir que le véhicule avait été amendé le 20 mars 2023 à 15h23 au 39 rue Q______. Le véhicule n'était pas verrouillé et la clef de contact se trouvait à l'intérieur de l'habitacle. Les analyses ADN sur ladite clé ont permis de mettre en évidence un profil ADN de mélange, dont la fraction majeure correspond à X______ et dont la fraction mineure n'était pas interprétable. Au moyen de cette clef, la police a été en mesure de consulter l'historique du système GPS du véhicule. Plusieurs adresses sont référencées dans les dernières destinations, en particulier: station-service BP sis route de Champ-Colin, 1260 Nyon; Du Pré-Ponce, Yvoire (France); Hôtel ______ Annemasse; Route I______ 42, hôtel H______; Rue de Genève 140, Gaillard (France), soit zone post-frontière de Gaillard après la douane de Moillesulaz. h.c. Une recherche de bijoux volés ou de tout objet en lien avec les faits de la présente procédure a été effectuée dans la voiture, laquelle s'est révélée négative. En outre, la fouille du véhicule a permis de trouver divers objets, soit notamment trois tickets de recharge téléphonique lituanienne dans le vide poche central et un sac à dos, retrouvé dans le coffre, avec deux bandes bleues verticales sur le devant, de marque SPORT. Les analyses sur la bretelle droite en tissu du sac ont permis de mettre en évidence un profil ADN de mélange, dont la fraction majeure correspond au profil ADN de X______. Les profils ADN de W______, de Y______ et de Z______ sont incompatibles avec le mélange. Les analyses ADN sur la tirette de la fermeture éclair du compartiment secondaire du sac ont permis de mettre en évidence un profil ADN de mélange, dont la fraction majeure correspond au profil de X______. i.a. Il ressort de la commission rogatoire adressée en Hongrie que W______, Y______ et Z______ ont pris le vol n. ______ de la compagnie ______ le 17 mars 2023 à 12h55 au départ de Vilnius, Lituanie, à destination de l'aéroport Paris Beauvais, arrivée à 14h50. Les deux premiers avaient voyagé sous leurs fausses identités, soit WA______, respectivement YA______. Z______ avait voyagé sous sa vraie identité. Les billets d'avion avaient été réservés le 8 mars 2023 à 14h10 par Z______, sous son identité ZA______, qui avait réglé la somme d'EUR 359.96 avec la Mastercard se

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terminant par 3408 et la somme d'EUR 69.88 avec la Mastercard se terminant pas 4355 le 13 mars 2023. Il avait fourni le numéro de téléphone 5______ et l'adresse mail ZB______@gmail.com. Il avait également réservé un billet d'avion pour une quatrième personne, ______, lequel n'avait pas embarqué dans l'avion. X______ a pris le vol n. ______ de Vilnius à Paris-Beauvais le 13 mars 2023. Il avait effectué l'enregistrement avec l'adresse électronique ______@gmail.com, le numéro de téléphone 7______. i.b. D'après les résultats obtenus à travers la commission rogatoire adressée aux Pays-Bas, le 11 mars 2023, à 13h53, Z______ a réservé une chambre à l'hôtel AH______ à Saint-Cergues, au nom de ZA______, pour 5 nuits, du 17 au 22 mars 2023, pour une somme d'EUR 225.78. Il n'y avait aucun détail de la carte de crédit. Lors de sa réservation, il avait utilisé l'adresse électronique "ZC______@gmail.com" et avait indiqué le numéro 8______. Il avait finalement annulé cette réservation et en avait effectué une nouvelle, toujours au nom de ZA______ au sein de l'hôtel H______ à Annemasse en date du 17 mars 2023 à 15h33 pour les mêmes dates et pour la somme d'EUR 339.90. Il avait utilisé la même adresse électronique mais avait indiqué un autre numéro de téléphone, à savoir 5______. j. Z______ a créé un compte auprès de S______ le 11 mars 2023 alors qu'il était à Kaunas en Lituanie. Il avait utilisé l'adresse électronique "ZC______@gmail.com" et le numéro de téléphone 5______. Il avait payé avec la carte Mastercard, se terminant par 3408. Une première location de vélo avait été effectuée le 14 mars 2023 à 14h21 à la place ______ et s'était terminée quelques minutes plus tard avec la même géolocalisation. Le 18 mars 2023, l'utilisateur du compte avait consulté les prix de location alors qu'il se trouvait en France, à l'hôtel H______ d'Annemasse. Le 19 mars 2023 à 13h57 l'utilisateur du compte avait ouvert l'application, alors qu'il se trouvait au 32 rue Q______, à Genève, soit à proximité du lieu où sera retrouvé le véhicule AUDI A5. Quelques heures plus tard, le même jour, l'utilisateur, alors de retour en France, à l'hôtel H______, avait effectué une location de vélo à distance, laquelle avait été annulée automatiquement car personne n'était venu récupérer le vélo en question. Quatre heures plus tard, une nouvelle connexion avait été réalisée par l'utilisateur du compte au 5, rue ______, à Thonon-les-Bains et plus tard dans la nuit une nouvelle connexion avait été relevée au 5, rue ______, à Annemasse. Finalement, le 20 mars 2023, à 09h38, l'utilisateur du compte avait ouvert l'application alors qu'il se trouvait au 15, rue R______, à Genève. A 09h38, la location du vélo "Amarante" avait été créée avec mention de la localisation au 20, rue P______. La location du vélo avait débuté à 09h42. A 09h57, le vélo avait été verrouillé pendant trois minutes puis déverrouillé à ______, à Genève. Ce lieu se trouvait à proximité immédiate de la station d'épuration, proche du lieu où Z______ a indiqué avoir dissimulé le butin après le braquage. A 11h07, l'utilisateur du compte avait à nouveau ouvert l'application pour appuyer deux fois le

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bouton de verrouillage du vélo, alors qu'il était localisé au 20, avenue ______, à Genève. Finalement, la dernière utilisation de l'application était datée du 20 mars 2023 à 16h49 avec une localisation au 4, avenue ______, à Genève. Le vélo "Amarante" a été trouvé, abandonné, sur le sentier pédestre le long des AE______. k.a.a. Le contenu du téléphone GOOGLE PIXEL 3A (IMEI ______), saisi sur X______ lors de son interpellation, n'a pas pu être extrait, ce dernier ayant refusé de fournir le code de déverrouillage. Les données rétroactives sollicités sur ledit appareil ont permis d'établir que les lignes ______ et 3______ y avaient été insérées. k.a.b. Le raccordement 3______, avait été utilisé uniquement avec l'appareil GOOGLE PIXEL 3A. Les connexions au réseau en lien avec ce raccordement couvraient la période du 16 mars 2023 à 12h19 au 20 mars 2023 à 11h59, tandis que les services de téléphonie et multimédia couvraient la période du 16 mars 2023 à 12h21 au 20 mars 2023 à 11h11. Sur sol français, il y a eu principalement des connexions internet. X______ a eu quatre interactions avec la ligne ______, soit à trois reprises le 16 mars 2023 à 21h21 et à une reprise le 17 mars 2023 à 07h50. k.a.c. Le raccordement 6______, également lié à X______, dans la mesure où ce numéro avait été fourni auprès de la société AG______, a uniquement été associé à un smartphone REDMI 8A XIAOMI (IMEI ______). l.a. Le téléphone SAMSUNG A32 de Z______, saisi sur sa personne lors de son interpellation, lequel contenait deux cartes SIM dont celle du numéro 5______, comporte des données depuis le 22 août 2022. Ce téléphone est lié au compte utilisateur de Z______, avec les emails ZC______@gmail.com et ______@gmail.com et le drive étant ZB______@gmail.com. Une photographie prise par le téléphone de Z______ du passeport au nom de ZA______, né le ______ 1975 à Lietuva, passeport n. ______, valable du 08 mars 2016 au 8 mars 2026 avec le numéro personnel n. ______, a été retrouvée. En outre, des photos des trois billets d'avion, au nom de Z______, W______ et Y______ (aux noms d'alias pour les deux derniers), pour un vol de Vilnius à Paris Beauvais le 17 mars 2023 à 17h55 ont également été retrouvées. Il en ressort que Z______ n'avait pas les mêmes conditions d'embarquement que les deux autres, soit qu'il avait un bagage à main gratuit et un bagage de 26 kg en cabine ainsi qu'une valise à roulettes. l.b. L'application S______ a été téléchargée le 11 mars 2023 à 12h22. Le 18 mars 2023, Z______ a reçu deux mails de bookings@S______.com qui l'informaient de la

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location d'un cycle le samedi 18 mars 2023 de 14h18 à 14h24 d'une durée de 7 minutes pour un coût de CHF 1.80. l.c. L'application THREEMA a été téléchargée le 11 mars 2023 à 12h28. Z______ s'est identifié avec le nom d'utilisateur ZD______, étant précisé que la date de création de l'ID ZD______ est le 11 mars 2023 et que le dernier login date du 21 mars 2023. Dans l'historique, il ressort deux conversations avec AF______ et ______. L'ID AF______ at été créé le 3 décembre 2022 et le dernier login a eu lieu le 20 mars 2023. La conversation avec AF______ débute le 20 mars 2023 à 13h09 (UTC+1) et se termine le 21 mars 2023 à 08h50. Voici un extrait, dont le contenu a été traduit: - de AF______, le 20 mars 2023 à 12h09 et 12h10 (UTC+0): ils n'ont pas pris les autres. Ils sont partis. Ils ont pris que la pute (ndlt: copain qu'il nomme la pute) qui ne sait pas et n'a rien fait. C'est la merde/catastrophe. - AF______: dans le parc il n'y a pas de caméra. Ce qui est important c'est que les sacs ne soient pas visibles. - ZD______: là où il y a le trou on ne voit pas. De toute façon ces caméras à ce que j'ai vu il n'y en a que dans les rues principales. - AF______: oui oui oui. Il est important qu'il reste là, joliment caché. Ça peut rester là. Rien ne va arriver, il n'y aura pas de problèmes. - ZD______: Je vais vers là-bas et je vais observer de loin. […] - de AF______, le 20 mars 2023 à 13h25: Putain ce qui est important c'est que ça soit bien enterré. Est-ce qu'il y a beaucoup de boites, le sac est assez grand? […] - de ZD______, le 20 mars 2023 à 13h26: Difficile à dire là-bas la boite entière de la vitrine est rectangulaire, une ou deux je ne sais pas. L'autre sac c'est à côté du puit il est bien entré dans le trou. […] Je ne sais même pas tout s'est passé très vite le poids nu est un peu lourd. Ces sacs qui pèsent. Vides elles sont légères. AF______ envoie ensuite, toujours le 20 mars 2023, à 15h30, une photo d'une localisation d'un kebab à Annemasse, puis: - de AF______, le 20 mars 2023 à 15h30: ils seront là devant la gare. Quand tu seras à proximité. Tu écris et ils viendront. Vous sautez dans le taxi et à l'hôtel.

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Enfin, la police a relevé que le téléphone de Z______ était lié à un compte Gmail ZC______@gmail.com, sur lequel figuraient plusieurs mails en lien avec la présente procédure. En particulier, le 16 mars 2023 entre 19h12 et 19h24, Z______ a reçu les trois billets d'avion. l.d. Le raccordement 9______, utilisé par Z______, a été inséré dans le téléphone SAMSUNG GALAXY A32 (IMEI ______ et ______). Les données obtenues pour le deuxième IMEI ont permis d'établir qu'il a été associé à la ligne 9______ qui a été active sur le territoire français à partir du 17 mars 2023 à 14h29. l.e. S'agissant du second raccordement utilisé par Z______, soit le 5______, il a été utilisé du 18 mars 2023 à 12h05 jusqu'au 20 mars 2023 à 18h38 pour des accès au réseau, respectivement du 18 mars 2023 à 12h06 jusqu'au 19 mars 2023 à 15h35 pour de la téléphonie et du multimédia. Ce raccordement a été inséré dans le téléphone SAMSUNG GALAXY A32 (IMEI _____ et ______). m.a. Selon le rapport de renseignements du 3 avril 2023, à travers le canal EUROPOL, la police avait été informée que le raccordement 4______, soit le numéro ayant tenté de joindre à plusieurs reprises celui utilisé par X______ lors de son interpellation, était enregistré auprès de l'opérateur au nom de la mère de Y______. Selon le rapport de renseignements du 26 juillet 2023, ce raccordement avait été utilisé avec le téléphone SAMSUNG GALAXY A13. m.b. Selon le rapport de renseignements du 22 avril 2024, le téléphone de Y______ avait été activé le 17 janvier 2023 et une restauration avait été effectuée le 18 janvier 2023. Les comptes utilisateurs qui ressortaient du téléphone confirmaient qu'il avait été utilisé par Y______, soit notamment ______@gmail.com. Parmi les appels constatés sur une période proche des faits figuraient le 10______ et le 3______, ce dernier numéro étant utilisé par X______. Les échanges entre Y______ et le détenteur du premier raccordement débutaient le 16 mars 2023 à 16h59 (UTC+1), alors que Y______ se trouvait encore en Lituanie. Ce raccordement était également en contact avec Z______. Ainsi, d'après la police, il est probable que l'utilisateur de ce raccordement puisse être impliqué dans le brigandage, à tout le moins dans la logistique. Y______ recevait un SMS de X______ le 20 mars 2023 à 12h42 (UTC+1) alors que ce dernier avait déjà été arrêté. Dans ce téléphone ont notamment été retrouvées les photographies d'avion confirmant l'arrivée de Y______ à 14h50 à l'aéroport de Paris- Beauvais et une photo d'une confirmation de la réservation de l'hôtel H______ avec l'adresse mail ZC______@gmail.com. n.a. En date du 13 mars 2023, la ligne de X______ 6______ a activé, sur sol français, entre 14h48 et 15h03, une antenne située à l'aéroport de Beauvais.

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n.b. Le 16 mars 2023, le raccordement 6______ de X______ a été actif uniquement ce jour. Par ailleurs, il a eu des déplacements communs avec la ligne 3______ de X______. La première borne sur sol suisse est activée à 12h17 à Anières. Puis, ils ont activé des bornes, indiquant un déplacement, entre 12h29 et 12h37, de ______ en direction des AI______. Entre 12h49 et 14h07, les antennes activées se situent aux alentours de la gare K______, à proximité de la bijouterie A______, dont la vidéosurveillance a déjà révélé que X______ se trouvait devant la vitrine de cet établissement le 16 mars 2023 à 14h13 avec un individu non-identifié. Entre 15h11 et 15h38, le raccordement a activé à douze reprises l'antenne sise 18 rue ______ à Genève, soit l'antenne située à proximité de l'endroit où le butin a été enterré le 20 mars 2023. Entre 16h02 et 16h29, les antennes activées se situaient à nouveau à proximité de la bijouterie A______ et de la gare K______. n.c. Depuis le 17 mars 2023, à 14h29, le raccordement de 5______ a été actif sur le sol français, aux abords immédiats de l'aéroport de Beauvais. La première communication a eu lieu à 14h26, déclenchant un relais implanté à Bertheaucourt les Thennes (au nord de Beauvais), tandis que la dernière communication a eu lieu le 19 mars 2023 à 20h30, déclenchant un relais à Annemasse. Le raccordement 3______ de X______ a effectué les mêmes déplacements que ceux relevés à l'aide de la puce équipant le véhicule AUDI A5, soit le véhicule a effectué un "aller-retour" entre la Haute-Savoie et l'aéroport de Beauvais. Il a quitté le département Haute Savoie et s'est dirigé à 06h42 vers le département de l'Oise. De 12h35 à 15h37, le véhicule a activé des cellules téléphoniques situées dans ledit département, étant précisé que de 13h40 à 15h07, le véhicule a activé une cellule téléphonique située à l'aéroport de Beauvais. Le véhicule est revenu sur le département de Haute Savoie le même jour à 21h41 pour se stationner à 23h02 au 42 chemin ______ à Thonon-les-Bains. Par ailleurs, les deux lignes de Z______, 9______ et 5______, ainsi que le raccordement 3______ de X______ ont effectué des déplacements communs et simultanés de l'aéroport de Beauvais en direction de la Haute Savoie. n.d. Durant la journée du 18 mars 2023, les deux lignes de Z______ ont activé des bornes similaires depuis le même boitier, soit à 12h03, à Thônex, puis, en direction du centre-ville. Entre 12h20 et 12h30, les bornes activées se trouvent vers la gare et la bijouterie A______. De 12h40 à 13h30, les bornes indiquent un déplacement vers le pont de la L______ et le sentier AJ______. Dès 14h00, les bornes activées indiquent un retour du côté de la gare K______ et de la bijouterie A______. A 14h09, alors que la borne est activée à la rue P______ 18, le téléphone de Z______ reçoit un SMS de S______. A 14h12, une antenne située à la rue P______ 7 est activée par les raccordements de Z______, mais également par le raccordement 3______ de X______, ce qui indique une rencontre à tout le moins entre les deux hommes. Il s'agit de la seule activité téléphonique de X______ sur le réseau suisse ce jour. Dès 14h40, les bornes

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activées par les lignes de Z______ indiquent un déplacement en direction de Thônex et de la frontière. Sur sol français, les deux lignes de Z______ et le raccordement 6______ de X______ ont activé au même moment l'antenne située à Ville-la-Grand. Puis, entre 19h18 et 19h22, les lignes 5______ de Z______ et 3______ de X______ ont activé au même moment la cellule téléphonique située à Thonon-les-Bains. n.e. Concernant la journée du dimanche 19 mars 2023, la première borne est activée par le raccordement 3______ de X______ à 13h11 à Thônex. A 13h19, les lignes de Z______ activent des bornes du côté de la gare AI______ puis successivement des bornes indiquant une traversée de la ville en direction de la gare K______. Entre 13h56 et 14h03, les bornes sont activées dans le secteur des AK______, proches du 39, rue Q______, où le véhicule AUDI A5 a été retrouvé. A 15h35, une borne est activée du côté de Thônex. A cette même heure, Z______ reçoit un SMS de S______. A 15h36, les lignes de Z______ et de X______ activent des bornes se trouvant à Chêne-Bourg. Entre 16h13 et 16h40, les lignes de Z______ activent des bornes indiquant un déplacement en direction de la gare K______, puis du pont de la L______. Enfin, les bornes indiquent une traversée de la ville en passant par la gare K______ et une sortie du territoire helvétique à Moillesulaz à 17h19. n.f. Le 20 mars 2023, le raccordement 6______ de X______ a activé, à 06h28, une cellule téléphonique située à Thonon-les-Bains. L'autre raccordement de X______, 3______, a activé, sur sol français, à 08h52:00, la cellule téléphonique située à Annemasse, puis à 08h54:03, à Etrembières et finalement à 08h56:30, à Neydens. Le véhicule AUDI A5 a déclenché, à 06h44, une cellule à Thonon-les-Bains, puis à 07h21 à Vétraz Monthoux, et enfin à 08h51 à Etrembières, et à Gaillard, indiquant un déplacement possible en direction de la Suisse. Sur sol suisse, les lignes de Z______ et de X______ ont activé des bornes similaires durant le début de la matinée, ce qui indique un probable déplacement commun. Les premières bornes indiquent une entrée sur le territoire helvétique, à 08h46, du côté de Moillesulaz. Elles démontrent ensuite une traversée de la ville en direction des AK______, puis plus précisément dans la zone où a été retrouvé le véhicule AUDI A5. Vers 09h35, les bornes à proximité de la gare K______ et de la bijouterie A______ ont été activées. A partir de 09h40, les lignes de Z______ ont activé des bornes indiquant un déplacement le long du Rhône en direction du pont de la L______. En parallèle, entre 09h39 et 10h01, les lignes de X______ ont activé des bornes du côté de la gare K______ et du pont P______. Les activations successives des antennes par les raccordements de Z______ démontrent un déplacement en direction de la gare, qui a commencé vers 10h07. Finalement, vers 10h15, les lignes de Z______ et de X______ se

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sont rejoints aux alentours de la gare et de la bijouterie A______. Entre 10h21 et 10h31, les lignes de Z______ et X______ sont localisées à proximité directe de la bijouterie. Après les faits, les lignes de Z______ ont activé des bornes démontrant un nouveau déplacement le long du Rhône en direction du pont de la L______, où il reste à proximité entre 10h39 et 11h11. En parallèle, les lignes de X______ restent à proximité de la bijouterie et de la gare jusqu'à 11h00 – au moment de son interpellation. Puis, les bornes démontrent un déplacement de la ligne de Z______ en direction de Châtelaine, où il est resté jusqu’à 14h00, avant de retourner vers le pont de la L______ et de rester dans cette zone jusqu'à 17h30. A 17h54, les bornes indiquent qu'il s'est rendu aux AK______, notamment à proximité de l'endroit où a été laissé le véhicule AUDI A5. Vers 18h30, les relais activés sont compatibles avec un déplacement en train, en direction d'Annemasse. Finalement, le raccordement 9______ de Z______ a activé, entre 18h57 et 19h37, des cellules téléphoniques situées à Annemasse, tandis que l'autre raccordement de Z______, le 5______, a activé, à 18h56:59, la cellule téléphonique située à Ambilly. La ligne de Y______, 4______, a été inactive sur la journée entière du 20 mars 2023. o. Il ressort de la commission rogatoire adressée en Lituanie qu'______, spécialiste au département de sécurité aérienne de l'aéroport de Vilnius, a été entendu afin d'expliquer le contrôle des passagers à l'aéroport de Vilnius. Les passagers arrivant avec des bagages enregistrés s'enregistraient auprès des représentants de la compagnie aérienne et remettaient les bagages pour le contrôle de sécurité, après quoi ils n'étaient pas autorisés à s'enregistrer avec les bagages jusqu'à l'arrivée dans un autre pays. Les passagers scannaient ensuite leur carte d'embarquement et entraient dans le système de sécurité aérienne. Ils passaient ensuite un contrôle de sécurité, au cours duquel leurs effets personnels et leur bagage à main étaient vérifiés. Les documents d'identité n'étaient pas vérifiés au cours du contrôle de sécurité. Lors de l'embarquement, les passagers devaient présenter une carte d'embarquement et une pièce d'identité au représentant de la compagnie aérienne (en fonction des exigences de la compagnie). Il n'était pas possible de vérifier si Z______ était parti le 17 mars 2023, car les données personnelles étaient stockées dans le système de l'aéroport pendant vingt-quatre heures seulement. Courriers soumis à censure p. Par courrier du 4 juin 2023, Y______ a écrit un courrier à une femme en lui disant qu'ils avaient décidé d'utiliser des armes pour le braquage. Il ne savait pas. […] La semaine dernière, le troisième était arrivé, tu sais celui qui parle beaucoup. Par courrier du 10 juillet 2023, Y______ écrit à sa mère "dit à tout le monde que je suis mort et enterré en Espagne… Fais croire à tout le monde que je suis mort".

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Auditions des prévenus q.a. X______ a été entendu à plusieurs reprises par la police et le Ministère public. Il a contesté avoir participé au braquage. En substance, il a expliqué avoir voyagé seul jusqu'à Paris le 13 mars 2023 en avion depuis Vilnius, puis avoir pris un train pour rejoindre une famille lituanienne à Lyon, chez laquelle il logeait depuis quatre jours. Il n'était pas en mesure de désigner l'endroit où ladite famille résidait et n'avait pas leur contact téléphonique. Il n'avait pas pris de billet retour, mais pensait rentrer le 24 mars 2023. Il a contesté avoir logé dans une chambre d'hôtel. Interrogé sur le bout de papier retrouvé sur lui lors de son interpellation, il a indiqué ignorer sa provenance. Il ne s'était pas rendu à l'hôtel H______ sis 42, route I______, à Annemasse. Ce n'était pas lui sur les images de caméra de vidéosurveillance dudit hôtel. Il a admis avoir loué le véhicule AUDI A5, immatriculé 2______ (France), à l'aéroport en France pour environ deux semaines. Les différentes adresses entrées dans le GPS du véhicule correspondaient à des endroits où il s'était rendu. Dans un premier temps, il a indiqué ne pas connaitre les trois autres prévenus, avant d'indiquer connaitre Z______, car ils venaient du même village. Il connaissait W______ et Y______ "de vue". Il avait récupéré ces trois personnes à l'aéroport à Paris, avec le véhicule AUDI A5, où lui-même était arrivé. C'était son ami, Z______, qui lui avait demandé de le faire et il lui avait rendu service. Il les avait amenés à l'hôtel, mais n'avait pas séjourné avec eux là-bas. X______ a confirmé que le numéro 3______ ainsi que le téléphone GOOGLE PIXEL 3A étaient les siens. Il avait ce téléphone depuis trois ou quatre mois. Il ne connaissait pas le numéro 7______ (soit le numéro indiqué lors de la réservation des vols). Il ne connaissait pas le numéro 4______ (soit celui de Y______) et ne savait pas qui avait tenté de le joindre à plusieurs reprises après son interpellation depuis ce numéro. Il utilisait de temps en temps l'application THREEMA. Il n'était pas venu de Lituanie en France voisine dans le but de commettre un braquage à Genève. Entre son arrivée en France et son interpellation, il était venu d'autres fois à Genève. En particulier, il était venu le 16 mars 2023 pour se promener, sans but précis. Il s'est reconnu sur la photo de la vidéosurveillance de la bijouterie du 16 mars 2023. Il ne connaissait pas la personne à côté de lui sur cette photo. Il a expliqué s'être promené seul à Genève. Confronté aux données rétroactives de son téléphone, lesquelles indiquent qu'il avait été, ce jour, à proximité de la bijouterie, de la gare K______ et de la L______, soit le lieu où le butin avait été enterré, il a indiqué s'être promené partout ce jour-là, sans se souvenir de ce qu'il avait fait. Il ne connaissait pas la bijouterie A______ et a contesté avoir fait du "repérage".

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Il était également revenu à Genève le week-end du 18 et 19 mars 2023 mais ignorait où il s'était rendu. Il s'était promené seul autour de la gare. Il a contesté avoir fait du repérage entre la Suisse et la France. S'agissant de la journée du 20 mars 2023, il a expliqué dans un premier temps être venu en train à Genève depuis Lyon, pour visiter la ville. Dans un second temps, il a admis être venu en voiture et avoir amené les autres prévenus ce matin-là à Genève. Dans tous les cas, il a expliqué être venu ce jour pour faire du tourisme. Il s'était parqué à la rue Q______, car il pensait que c'était une place gratuite. Il n'avait pas verrouillé le véhicule AUDI A5 et avait laissé la clé à l'intérieur. En effet, il lui était déjà arrivé de perdre une clé de voiture dans une ville qu'il ne connaissait pas. Depuis lors, il laissait toujours une clé dans le véhicule. Il n'avait pas laissé la clé dans le véhicule pour que d'autres personnes puissent y accéder. A leur arrivée, ils s'étaient séparés et chacun avait pris son chemin. Il ne devait pas les retrouver plus tard pour les ramener à Annemasse. Il ne savait rien au sujet du braquage. S'il avait su, il ne les aurait pas amenés. Il ne devait pas toucher de rémunération pour les avoir conduits de l'aéroport à Annemasse et à Genève le 20 mars 2023. Il ne comprenait pas pourquoi il avait été interpellé. Tout ceci était le "pur hasard". Il avait été sur la rue J______ ce matin-là car il était venu boire un café. Il ne faisait rien de spécial et se promenait. Il cherchait un lieu pour manger. Il était resté dans ces environs, s'était promené vers la rivière. Puis, il avait vu la police intervenir en face de lui. Beaucoup de personnes regardaient la scène. Puis, il s'était rendu dans un kebab, qui était fermé. Il avait alors décidé de se rendre vers l'arrêt de bus pour s'asseoir un instant. Il avait finalement repris son chemin en direction de la gare. A ce moment, il avait été arrêté par la police. q.b. A l'audience de jugement, X______ a indiqué avoir vu W______ et Y______ pour la première fois à l'aéroport. Il connaissait Z______ depuis longtemps car ils venaient du même village. Il a contesté les faits reprochés. Il a admis avoir récupéré à l'aéroport les trois autres prévenus le 17 mars 2023 à la demande de Z______. Lorsqu'il était allé les chercher à l'aéroport, il ignorait qu'ils allaient commettre un braquage. Lors de son interpellation, il avait dans sa poche un ticket de réservation de l'hôtel des trois autres prévenus car il était allé leur rendre visite quelque fois à l'hôtel dont il avait le code d'entrée. Pour sa part, il était en Suisse pour rencontrer des connaissances. Cela n'avait aucune relation avec les faits. Confronté aux caméras de vidéosurveillance de l'hôtel H______ à Annemasse selon lesquelles il était en relation avec Y______ et Z______, il a indiqué qu'ils étaient peut-être sortis fumer mais n'avaient parlé de rien. Il a confirmé avoir amené, le 20 mars 2023, les trois autres prévenus à Genève. Il ne savait pas ce qu'ils allaient faire. Avant le 20 mars 2023, il était venu quelque fois à Genève, seul, pour voir ses connaissances, qui n'avaient rien à voir avec les faits. Confronté aux données de son

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raccordement du 16 mars 2023, selon lesquelles il avait borné à côté de la bijouterie et apparaissait sur les images de caméra de vidéosurveillance de la bijouterie, il a affirmé ne pas savoir ce qu'il faisait tout en se reconnaissant sur l'image. Il ignorait pourquoi son téléphone avait activé douze fois une borne située près du lieu où le butin avait été dissimulé et n'avait aucune idée du lieu où le butin avait été caché. Il s'agissait d'un pur hasard. Confronté au fait que le 18 mars 2023, son téléphone avait activé une borne à la rue P______, au même endroit que le téléphone de Z______, il a répondu qu'il était venu avec lui un jour en ville pour se promener au bord de la rivière et boire des bières. Confronté au fait que le 20 mars 2023, son téléphone et celui de Z______ avaient activé des bornes à 09h35 près de la bijouterie, il a répondu qu'il ne l'avait pas vu. Ils étaient sortis de la voiture et étaient tous parti chacun de leur côté. Il était allé à la gare où il attendait des personnes, raison pour laquelle son téléphone avait activé des bornes à proximité du A______. Interrogé sur le fait qu'il ressort de la surveillance rétroactive de son téléphone que trente-cinq minutes avant le braquage, pendant et après le braquage, il était à proximité il a répondu ne pas être allé là-bas spécialement. Il ne savait rien du braquage de la bijouterie A______. Il était venu à Genève pour des affaires personnelles sur lesquelles il n'a pas souhaité s'exprimer. A aucun moment il n'avait entendu ses comparses parler de braquage. Il n'avait peur de personne dans la salle. r.a. W______ a été entendu à plusieurs reprises par la police, tant française que suisse, et par le Ministère public. Dans un premier temps, il a expliqué ne pas connaitre X______ et connaitre "un peu" Y______ et Z______. Ensuite, il a indiqué les connaitre "de vue" les trois. Il les avait rencontrés quand ils étaient arrivés en France. En substance, il a expliqué être jusqu'en France en avion depuis la Lituanie, trois ou quatre jours avant les faits. Il avait utilisé la carte d'identité lituanienne au nom de WA______ pour voyager car il était recherché par les autorités italiennes. Alors qu'il était en Lituanie, il avait donné de l'argent à Z______ pour la réservation des billets d'avion. Une fois en France, il a indiqué dans un premier temps avoir pris un taxi jusqu'à l'hôtel à Annemasse. Dans un second temps, il a admis que X______ était venu les chercher en voiture à l'aéroport. Il ne savait pas qui avait effectué la réservation de l'hôtel H______. Il y avait logé avec Y______ et Z______. Entre le moment où ils étaient arrivés à Annemasse et le matin des faits, il a indiqué s'être reposé et promené aux alentours. Il était toujours resté en compagnie de Y______. La chambre était petite et ils sortaient pour fumer. Concernant les faits du 20 mars 2023, il a admis être l'un des auteurs du braquage de la bijouterie A______. Il s'est reconnu sur les images des caméras de vidéosurveillance de la bijouterie. Il a dans un premier temps indiqué qu'il s'agissait d'une "expédition

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spontanée", qu'ils n'étaient pas venus en France dans le but de braquer des bijouteries. Il n'y avait pas eu de repérage, c'était lui qui avait décidé de rentrer dans ce magasin qui lui avait plu. Ensuite, il a expliqué que X______ l'avait conduit à Genève. Il avait braqué le magasin avec Y______. Il savait avec qui il était rentré dans la bijouterie, mais ignorait tout le reste. Personne ne lui avait dit comment procéder une fois à l'intérieur ni comment faire le nœud de la corde. Il avait fait comme il pensait. Il savait faire des nœuds très serrés de sorte qu'ils ne soient pas dénouables facilement. En l'occurrence, comme il n'y avait pas eu de résistance, il n'avait pas serré les liens. Au début, il s'était occupé de prendre des affaires, puis il avait ligoté l'employée pour ne pas qu'elle les suive. Il ne savait pas pourquoi il avait mis une veste sur elle, peut-être pour qu'elle n'ait pas froid. Il n'avait pas voulu mettre l'employée dans un état de choc, il avait essayé d'être gentil. C'était lui qui avait ligoté l'employée, mais il ne savait pas qui avait volé les montres et bijoux en vitrine. Il a admis avoir tenu l'arme dans la bijouterie face à l'employée du magasin, mais a indiqué de manière constante, qu'il s'agissait d'une fausse arme. Il ne savait pas en avance qu'il allait l'utiliser. Dans un second temps, il a admis avoir acheté ce jouet pour commettre le braquage. Il savait pour quelle raison il se rendait en Suisse, soit pour commettre un braquage. Il a fourni diverses explications au sujet de l'arme en tant que telle. Tout d'abord, il a indiqué qu'il s'agissait d'un pistolet armé en bois, qu'il avait fabriqué lui-même avec une couche de peinture. Puis, il a expliqué que c'était un moulage. Ensuite, il ne savait pas en quelle matière elle était, ce n'était pas lui qui l'avait fabriquée. L'arme avait été moulée, mais il ignorait en quoi elle était composée. Enfin, il a indiqué l'avoir achetée dans un magasin de jouets et l'avoir ramenée de Lituanie. Il a précisé lors d'une audience qu'il l'avait achetée dans un grand magasin, au rayon des jouets. Il s'agissait d'un cadeau pour lui-même. Le jour du voyage en avion, ils avaient que des sacs à dos, à l'exception de Z______, qui était le seul à avoir un bagage en soute. Il avait donné la boite contenant l'arme à Z______, en lui expliquant que c'était un jouet. A l'aéroport, quand Z______ avait fait scanner son bagage, ce dernier avait dû sortir la boite et la montrer et on la lui avait rendue. Confronté au fait que ses versions s'agissant de l'arme étaient différentes, il a expliqué que dès le début, on lui avait mis une grosse pression. Ses menottes étaient extrêmement serrées. Il avait des bleus aux poignets, sur ses cuisses et sa poitrine. A la question de savoir comment il avait manipulé l'arme, il a expliqué qu'il savait que c'était une fausse arme. Dès lors, il n'avait pas besoin d'être trop attentif à la manière dont il la manipulait. Dès qu'il était entré dans le magasin, il avait sorti l'arme. Quand il avait vu que c'était une femme, il s'était dit qu'il était inutile de l'utiliser. Il a précisé que quand il avait poussé la porte d'entrée de la bijouterie, il n'avait pas vu l'employée. Lorsqu'il avait vu que c'était une femme, il avait continué de manière automatique à utiliser la fausse arme. A la question de savoir si durant le braquage, et notamment lors de la séquence dans l'arrière-boutique, il avait eu son doigt sur la gâchette, il a répondu qu'il ne se souvenait pas exactement car à ce moment, il portait des gants, mais que dans tous les cas l'arme était factice et cela ne changeait rien. A aucun moment durant le braquage il n'avait eu peur de se blesser, en raison du fait qu'il avait placé l'arme à la ceinture. Il a ajouté que cela avait causé un

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traumatisme psychologique à la jeune femme dans la boutique. Si l'occasion se présentait, il aimerait lui présenter ses excuses. Il savait qu'elle ne lui pardonnerait sûrement pas, mais il serait en paix. Il n'était pas allé dans le but de traumatiser ou faire du mal à quelqu'un, mais uniquement dans le but de voler des objets. En sortant de la bijouterie, il avait jeté les affaires qu'il avait sur lui. Il ne savait pas pourquoi ils s'étaient débarrassés des casquettes, il faisait chaud ou alors cela leur cachait la vue. S'agissant du butin, il ne savait pas d'où venait les sacs qui contenaient les bijoux. Il a indiqué dans un premier temps avoir eu peur et l'avoir jeté. Confronté au fait que le butin avait été retrouvé, il a indiqué que peut-être quelqu'un d'autre l'avait récupéré. Il ne l'avait pas caché. Enfin, il a expliqué qu'en sortant de la bijouterie, il avait donné les sacs qui contenaient les bijoux à Z______. Il avait également jeté l'arme, ayant eu peur. De manière constante, il a indiqué avoir quitté les lieux, après les faits, avec un taxi. Il avait donné une adresse au taxi, soit un lieu à proximité de l'hôtel où ils logeaient. Ils s'étaient mis d'accord avec Y______ sur le fait de monter chacun dans un taxi différent et de se retrouver à la même adresse. Enfin, W______ ne s'est pas opposé à la restitution des bijoux saisis. Il s'est adressé à C______ en indiquant qu'il comprenait que l'on ne pouvait pas excuser les choses qu'il avait faites. De tout son cœur, il lui souhaitait d'oublier ce cauchemar et espérait que tout allait bien se passer dans sa vie future. r.b. A l'audience de jugement, W______ a indiqué qu'avant les faits, il n'était pas amis avec les autres prévenus. Il ne les connaissait pas depuis longtemps, soit environ deux semaines avant les faits. Confronté au fait qu'une pièce d'identité à son nom, avec une photo de X______, avait été utilisée pour louer une voiture en 2022, il a expliqué qu'il ne savait pas comment X______ avait obtenu ses données. Il a admis avoir commis le braquage de la bijouterie A______ avec Y______. Il était bien l'individu que l'on voyait sur les images de caméra de vidéosurveillance. Confronté à ses différentes déclarations concernant l'arme, il a confirmé qu'il s'agissait d'une fausse arme qu'il avait achetée en Lituanie dans un centre commercial. Aujourd'hui il ne pouvait rien prouver car il l'avait jetée. Il avait dit à la police française qu'il l'avait fabriquée car ils avaient été agressifs avec lui. Sur question du Tribunal qui lui a fait remarquer que d'après les images de vidéosurveillance l'arme semblait être en métal, il a admis qu'elle avait l'air vraie. Elle avait peut-être des reflets métalliques pour qu'elle ait des effets vrais, mais il l'avait achetée en janvier ou février 2023 dans un grand centre commercial à Kaunas pour EUR 20.-. Lorsqu'il avait acheté l'arme, il savait qu'il allait l'utiliser. Il avait acheté cette arme pour venir en Suisse, il savait pourquoi il était venu et c'était pour cela qu'il l'avait achetée. Il a admis être venu en Suisse pour commettre le braquage, mais ne voulait pas se prononcer pour les autres personnes. Ses comparses ici présents savaient qu'il avait une arme factice. L'un d'eux l'avait même transportée à

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l'aéroport et avait été contrôlé. Il pensait que l'arme était une réplique d'un GLOCK. Il s'y connaissait en armes. A la question de savoir de quel type d'arme factice il s'agissait, il a expliqué qu'un professionnel aurait déjà vu qu'il s'agissait d'une arme factice car on pouvait appuyer sur la gâchette, mais cela ne tirait pas. Il n'y avait pas de mécanisme qui correspondait à un vrai pistolet. Il a confirmé que cet objet avait été contrôlé en bagage en soute. En sortant de la bijouterie, il avait mis l'arme dans sa ceinture, était allé à la gare, était monté dans un taxi et était allé en France. Là-bas, à côté de la gare, il y avait des poubelles et il l'avait jetée. Y______ n'était pas loin, ils avaient marché ensemble. Il ne savait pas s'il l'avait vu se débarrasser de l'arme. Il avait utilisé l'identité WA______ pour voyager car il savait qu'il était recherché en Allemagne et en Italie. A la question de savoir s'il s'était mis d'accord avec ses comparses d'utiliser cette identité, il a répondu que pour sa part oui, mais il ne voulait pas se prononcer pour les autres. Sur question, il n'avait peur de personne dans la salle. Il n'a pas souhaité répondre à la question de savoir comment était né le projet du braquage. Il a admis avoir planifié ce brigandage. Tout était clair, chacun avait son rôle et chacun avait fait ce qu'il devait faire. Personne n'avait donné des ordres. Ils avaient décidé tous ensembles. Ils avaient acheté ici le matériel, à l'exception de l'arme, à savoir les cordes, le tournevis, etc. Il avait mis la main sur sa bouche de la victime car elle avait commencé à crier. Il y avait déjà un nœud sur la corde car il avait prévu la situation où cas où il devait ligoter quelqu'un et il s'en était servi. Confronté aux déclarations de Y______ selon lesquelles X______ avait fourni tout le matériel, il a expliqué avoir acheté ce matériel en France avec "le chauffeur". Il a confirmé avoir remis le sac à Z______ à la sortie de la bijouterie. Le fait que ce dernier les attendait dehors et devait prendre les sacs était prévu à l'avance de même que le fait d'être reparti avec Y______ dans deux taxis différents. Les jours avant le braquage, il était venu avec les autres pour faire une excursion, pour visiter. L'idée était de rentrer en Lituanie, de vendre les bijoux et se répartir le prix de revente des bijoux. Le partage du butin n'était pas égal. Il devait toucher plus que les autres, peut-être EUR 20'000.- ou EUR 30'000.-. Celui qui était avec lui dans la bijouterie aussi. Les autres devaient toucher moins. Il ignorait pourquoi le chauffeur n'était pas dans le même hôtel qu'eux, mais il venait quand il le fallait. Avec le recul, il avait compris ce que la victime avait dû ressentir. Il avait déjà fait l'expérience d'avoir une vraie arme pointée sur lui. Il avait compris que la victime avait été choquée et il regrettait. A la question de savoir si les nombreuses années en prison ne l'avaient pas dissuadé, il a expliqué qu'un grand nombre d'infractions étaient dues aux stupéfiants. Il n'était plus tout jeune, sa "carrière de malfaiteur" était terminée. Il avait aussi pensé que cette fois

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serait la dernière. Aucune autre personne à part eux quatre n'avait participé au brigandage. s.a. Y______ a été entendu à réitérées reprises par la police française et suisse ainsi que par le Ministère public. En substance, il a expliqué dans un premier temps être venu en France et à Genève afin de faire du tourisme. Il ne savait rien d'un braquage d'une bijouterie et a contesté y avoir participé. Par la suite, il a admis avoir participé au vol dans la bijouterie A______ à Genève le 20 mars 2023. Il devait rembourser environ EUR 10'000.- à un lituanien prénommé "AL______" dont il ne connaissait pas la véritable identité pour une histoire de drogue. Pour rembourser cette dette, l'homme lui avait demandé, environ une semaine avant les faits, de venir en France et de participer à un vol dans une bijouterie, voire de conduire un véhicule ou ramasser de l'or. A ce moment, il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il n'avait pas eu le choix, c'était sa seule option. Il voulait se débarrasser au plus vite de cette dette. Aucune rétribution supplémentaire n'était prévue pour lui. Il n'avait vraiment pas le choix faute de quoi il n'aurait pas participé. Il ne savait pas quelles auraient été les conséquences s'il n'avait pas remboursé cette somme. La personne à qui il devait l'argent n'en serait pas restée là. Il s'agissait d'une personne peu recommandable dont il avait peur. Il avait été contraint de suivre leur plan d'action. Il ne l'avait pas directement menacé mais lui avait fait comprendre qu'il devait le payer sinon cela allait mal se passer. Il a expliqué dans un premier temps que "AL______" lui avait présenté W______, qu'il connaissait sous le prénom "WB______" environ une semaine et demie avant leur départ en avion pour la France. "AL______" lui avait présenté "WB______" pour qu'il aille en France pour faire ce qu'il devait faire et ainsi rembourser sa dette. "ZE______", soit Z______, était venu avec "WB______" le jour du départ à l'aéroport. Dans un second temps, il a indiqué que, une semaine après que "AL______" lui ait dit qu'il devait aller en France, "WB______" était venu chez lui accompagné de "ZE______". Ils n'avaient discuté de rien de particulier, juste de l'homme qui irait avec lui dans le magasin et lui expliquerait tout. Il a contesté les déclarations de Z______, à savoir qu'ils s'étaient rencontrés une semaine avant le départ dans un bar. Il ne connaissait pas X______. Il l'avait vu deux ou trois fois avant les faits. Avant son départ de Lituanie, il ne connaissait pas le plan ni son rôle exact. Ils s'étaient ensuite rendus à l'aéroport de Vilnius et "ZE______" avait acheté les billets d'avion en utilisant les "fameuses identités" pour voyager. Il avait reçu une carte d'identité avec le nom et prénom "YA______", mais ne savait pas si c'était "WB______" ou "ZE______" qui la lui avait donnée. Il avait pris l'avion depuis la Lituanie, uniquement avec "WB______" et "ZE______". Il n'avait pas assisté à l'ouverture du bagage de Z______ à l'aéroport.

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A son arrivée sur Paris, un ami de "ZE______" était venu les chercher à l'aéroport avec une AUDI pour les emmener jusqu'à l'hôtel, que "ZE______" avait réservé, où il avait été interpellé par les policiers français. Ils étaient trois personnes dans cet hôtel, soit lui, "WB______" et "ZE______". Le chauffeur était parti de son côté. Sur présentation de la photo de vidéosurveillance de la bijouterie A______ du 16 mars 2023, il a reconnu la personne à gauche comme étant le chauffeur de l'AUDI. Quant au second individu, il ne le connaissait pas. Ils avaient passé deux nuits dans cet établissement, puis le chauffeur était venu les chercher et ils étaient allés à Genève. C'est là qu'il avait pris connaissance de son rôle, à savoir ramasser l'or et le remettre à "ZE______". C'était "WB______" qui lui avait transmis ses directives. "WB______" avait un rôle sérieux car il lui avait dit ce qu'il devait faire. En plus, il détenait l'arme et connaissait le déroulement des choses. Dans un second temps, il a indiqué que c'était seulement la veille du 20 mars 2023 qu'il avait su qu'il allait dans un magasin et avec qui. W______ lui avait dit qu'il y aurait des vitrines et qu'il fallait prendre l'or qui s'y trouvait. La nuit avant les faits, il avait très mal dormi. "WB______" était le "boss" pour le vol de la bijouterie. "ZE______", "WB______" et le chauffeur de l'AUDI s'étaient occupés de choisir la bijouterie et d'aller voir sur place comment agir. Ils l'avaient laissé à l'écart, à l'hôtel ou à Annemasse. Avant les faits, il n'avait pas vu "ZE______", "WB______" ni le chauffeur de l'AUDI porter une arme. Le 20 mars 2023 au matin, le chauffeur de l'AUDI était venu à l'hôtel et lui avait donné un sac noir, une casquette noire, des gants gris et un tournevis bleu mesurant environ 30 cm. Il avait donné la même chose à "WB______", étant précisé que ce dernier avait son sac en bandoulière. Dans un second temps, il a indiqué qu'il ne se souvenait plus de qui entre W______ et Z______ lui avait fourni l'outil, les sacs, les casquettes et les gants pour aller faire le braquage. Ensuite, ils étaient partis tous ensemble et étaient allés directement à Genève. Le chauffeur avait garé l'AUDI à trois ou quatre rues de la bijouterie, au niveau d'un hôtel. Il avait mis la casquette et les gants, et le sac dans une poche de sa veste. Le chauffeur était resté dans le véhicule. "ZE______", "WB______" et lui-même étaient partis à pied à la bijouterie. "ZE______" était allé se placer à proximité de l'hôtel, dans une petite rue. Dans un second temps, il a expliqué qu'"WB______" et lui-même étaient descendus de la voiture et que "ZE______" et le chauffeur étaient repartis. Dix minutes après, "ZE______" les avait rejoints à vélo et leur avait montré où il allait les attendre après le braquage. Enfin, Y______ a indiqué durant la procédure qu'il n'était pas prévu que Z______ les attende à la sortie de la bijouterie, mais quand il était sorti, ce dernier l'attendait à côté, peut-être pour qu'il lui donne l'or. Il a également expliqué que, une fois arrivés à Genève, ils étaient allés dans un bar et avaient bu, avec W______, une bouteille de vodka. C'était pour enlever le stress et atténuer le choc de ce qu'il allait devoir faire.

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"WB______" était entré le premier dans la bijouterie et il l'avait suivi. Il avait vu la vendeuse, mais était incapable de la décrire. Il l'avait entendue crier. "WB______" avait conduit cette femme dans une pièce à l'arrière de la boutique et lui-même était resté au niveau des vitrines. Il ignorait que l'employée de la bijouterie allait être menacée avec une arme à feu. Il n'avait pas vu l'arme et il n'avait pas vu que l'employée avait été ligotée, car elle était dans une autre pièce. Il s'était contenté de voler les bijoux et montres. Il avait appris plus tard dans l'après-midi qu'"WB______" avait menacé l'employée avec une arme. "WB______" ne lui avait pas dit comment il avait eu l'arme ou ce qu'il en avait fait après. Dans un second temps, il a indiqué qu'il avait appris par les policiers français que son complice détenait une arme de poing lors du braquage. A aucun moment, il n'avait eu connaissance de l'utilisation d'une quelconque arme avant les faits. Il n'avait pas vu d'arme de poing durant les faits. Quant à lui, il avait ouvert les vitrines avec un tournevis et avait mis tout ce qu'il pouvait dans son sac. "WB______" l'avait rejoint et avait fait la même chose. A la fin du vol, il était sorti le premier et "WB______" l'avait suivi. Ils avaient chacun leur sac et avaient retrouvé "ZE______". Il lui avait donné son sac. Il ignorait ce que Z______ devait faire du sac. En y réfléchissant avec logique, forcément c'était pour le cacher ou le transmettre à quelqu'un. Ensuite, il avait marché vers la station de taxi sans s'arrêter et sans se retourner. Il était prévu qu'ils prennent un taxi après le braquage. "WB______", "ZE______" ou encore le chauffeur de l'AUDI lui avait donné l'adresse qui était notée sur un bout de papier. Rien n'avait été prévu. Tout avait été improvisé. S'ils avaient été si bien organisés, ils ne se seraient pas fait arrêter. Il était monté dans un taxi et avait montré au chauffeur le papier portant l'inscription d'une adresse à Annemasse. Le taxi l'avait déposé à l'adresse et il avait payé la course EUR 50.-. Il avait attendu environ vingt minutes et "WB______" était arrivé à son tour, lequel avait également pris un taxi. "ZE______" avait mis beaucoup de temps à les rejoindre. En fin d'après-midi, ils avaient retrouvé "ZE______" à l'adresse marquée sur le papier. En arrivant, "ZE______" leur avait dit qu'il y avait eu un problème et que le chauffeur de l'AUDI avait été arrêté par la police à Genève. Il n'avait pas les sacs. Ils avaient pris un taxi pour rentrer à l'hôtel. Il ignorait ce que "ZE______" avait fait du butin du vol de la bijouterie. Informé du fait que Z______, soit "ZE______", avait désigné l'endroit où il avait enterré les sacs contenant le butin et que la police genevoise les avait retrouvés, il a indiqué, qu'il ignorait cette partie du plan. Il ne se souvenait pas s'il avait jeté les gants, le couvre-chef et le tournevis après le braquage. Il avait acheté les quatre bagues retrouvées dans son portefeuille au marché à Annemasse le 19 mars 2023. Il les avait payées entre EUR 5.- et EUR 7.- pièce. Il comptait les offrir à sa mère et à sa fiancée. Dans un second temps, il a expliqué que

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deux lui appartenaient et qu'il les avait achetées sur un marché à proximité de l'hôtel en France. Y______ a été interrogé sur son courrier du 16 mai 2023 adressé à sa mère, Y______ a expliqué avoir dit à sa mère qu'en cas de questions, elle devait répondre qu'il était mort dans un autre pays, afin qu'elle n'ait pas à expliquer le fait qu'il était enfermé. Interrogé sur l'emploi du mot "armes", dans ce courrier, Y______ n'a pas été en mesure d'apporter des explications. Pour lui, il n'y avait pas eu d'arme pendant le braquage. Dans le courrier adressé à sa mère, il avait essayé d'expliquer la situation dans laquelle il s'était retrouvé. S'agissant de la phrase qu'il avait dite à sa mère lors de leur conversation téléphonique du 1er juin 2023, à savoir "ils ont décidé d'utiliser les armes pour le braquage" elle était sortie "comme ça", spontanément, dans la conversation. Il ne s'est pas opposé à la restitution des bijoux saisis. Il a présenté ses excuses à C______. Il n'imaginait pas qu'elle aurait pu avoir des problèmes psychologiques et s'excusait vraiment pour le tort moral et corporel qui lui avaient été infligés. Si cela dépendait de lui, il ne lui aurait fait aucun tort. Il a présenté ses "sincères excuses". Il a également présenté ses excuses à O______, pour toutes les vitrines cassées. Il avait été dans un état de stress et il avait cassé toutes les vitrines. Il n'avait pas eu d'autre solution. Il souhaitait apporter un soutien pour le remboursement des vitrines cassées et regrettait ses actions. Y______ a été interrogé sur les échanges qu'il avait eus avec le raccordement 10______. Il a indiqué que cela était possible, mais ne se rappelait pas de ce numéro. Confronté au fait qu'il avait eu 18 échanges téléphoniques avec ce raccordement le 20 mars 2023, il a indiqué qu'il s'agissait de sa copine, il n'aurait pas pu échanger autant de messages avec quelqu'un d'autre. Confronté encore au fait que le 20 mars 2023, il avait contacté à trois reprises ce numéro à 12h54 et à 12h56 sans obtenir de réponse, puis à nouveau à 12h56s25 où il y avait eu une réponse, respectivement au fait qu'à cette même date, ce raccordement l'avait contacté à quatre reprises, soit à 16h41, 16h46, 18h09 et 18h26, Y______ a indiqué que son interlocuteur était Z______. Il a confirmé que ces échanges étaient en réalité avec Z______. Il s'est excusé pour cette erreur, il avait pensé au début, vu le nombre de messages, que l'interlocuteur était sa copine, mais vu la date et les heures il s'agissait du jour du braquage. Confronté au fait que ce raccordement 10______ avait aussi appelé Z______ entre les 16 et 17 mars 2023, il a répondu qu'il avait cru appeler Z______. Il avait pensé que c'était son numéro car c'était lui qu'il appelait. Il ne savait pas à qui appartenait ce numéro. Confronté au fait que le raccordement 10______ était enregistré au nom de AM______, il a répondu qu'il ne savait pas qui était cette personne. C'était pour cela que, comme il avait deux numéros non nommés dans son téléphone, il avait pensé appeler Z______. Confronté au fait que selon les autorités lituaniennes, ce raccordement serait également utilisé par AN______, il a répondu qu'il ne savait pas à qui il appartenait. Il avait pensé appeler Z______. Il ne

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savait pas si ces deux personnes avaient participé au braquage de la bijouterie. Les photos correspondant à AM______, respectivement celle correspond à AN______ lui ont été soumises et il a indiqué qu'il ne les connaissait pas. Interrogé sur les trois appels qu'il avait faits au numéro 3______, raccordement appartenant à X______, le 20 mars 2023 entre 12h04 et 12h42, lesquels n'avaient pas abouti, il a expliqué avoir deux numéros non nommés dans son répertoire. Il a expliqué dans un premier avoir voulu joindre X______, mais que comme il n'avait pas eu de réponse, il avait appelé l'autre numéro. Il voulait savoir combien de temps il devait les attendre. Aucun numéro ne lui avait répondu. Z______ l'avait rappelé en lui disant "attends là-bas", soit près de la gare. Dans un second temps, il a indiqué avoir voulu joindre Z______. Il n'avait pas le numéro de X______. Comme il n'avait pas eu de réponse à ces deux numéros, 10-20 minutes plus tard, il avait reçu l'appel de Z______ qui lui avait dit d'attendre là-bas. On lui avait dit "quand tu arrives en taxi, tu descends et tu attends là-bas". Comme personne n'était venu, il avait commencé à appeler. S'agissant de la photo prise le 17 mars 2023 à 15h38 d'une confirmation de réservation à l'hôtel H______ d'Annemasse avec l'adresse email "ZC______@gmail.com" retrouvée dans son téléphone, il a expliqué qu'il n'était pas possible qu'il ait reçu une photo de la réservation de l'hôtel à Annemasse car il n'avait pas de gmail dans son téléphone et il ne pouvait pas recevoir de mails. Confronté au fait que ce n'était pas son téléphone, mais une image/photo extraite de son téléphone, il s'est excusé et a indiqué qu'il ne savait pas comment cela était possible. s.b. A l'audience de jugement, Y______ a indiqué avoir connu W______ sept jours avant leur départ de Lituanie. Il avait rencontré Z______ le jour du départ et X______ quand ils étaient arrivés à Paris. Ce dernier était venu les voir deux ou trois fois à l'hôtel où ils dormaient. Il a admis avoir commis le braquage et être entré dans la bijouterie le 20 mars 2023. C'était bien l'individu qu'on voyait casser les vitrines et mettre des bijoux dans le sac sur les caméras de vidéosurveillance. Il a su qu'il allait commettre le braquage la veille, à savoir le dimanche soir. Confronté aux déclarations de W______ selon lesquelles ils étaient venus pour cela, il a répondu qu'il fallait demander à W______ à quel moment il lui avait dit qu'ils allaient commettre le braquage. Le soir où il avait appris, il y avait W______ et peut-être Z______ dans la chambre d'hôtel. W______ lui avait expliqué qu'il fallait braquer un magasin, qu'il devait rentrer dans le magasin, ouvrir les présentoirs et mettre les bijoux dans le sac. W______ était le chef juste pendant le braquage. Ils n'avaient parlé de rien d'autre. Il ne se souvenait pas d'avoir discuté du fait que Z______ devait prendre les sacs à la sortie de la bijouterie. Il avait pris connaissance de son "rôle" à Genève. Il a contesté avoir précédemment déclaré que ses comparses s'étaient occupés de choisir la bijouterie et de voir comment agir. Les autres étaient allés quelque part, mais il ne savait pas ce qu'ils étaient allés faire.

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Il ne se rappelait pas lequel de ses comparses lui avait remis les gants, les casquettes et les autres affaires. Il a contesté avoir dit à la police française que le chauffeur lui avait remis le matériel. Il ignorait que W______ allait utiliser une arme. Il l'avait su par la police française et il avait été choqué. Confronté aux déclarations de W______ selon lesquelles tout le monde savait qu'il allait utiliser l'arme, il a indiqué ne pas comprendre pourquoi il avait dit cela. Il n'avait vu cette arme ni avant, ni pendant ni après le braquage. Il ne savait rien à propos de l'arme. Il ignorait si elle était vraie ou fausse. Il avait voyagé sous l'identité de YA______ car il n'avait pas son propre passeport. La date de validité était expirée et il n'aurait pas pu s'en servir pour voyager. Il avait pris un faux document car la personne à qui il devait de l'argent lui avait dit qu'il devait partir tout de suite et que la fabrication de document aurait pris du temps. S'agissant de la conversation téléphonique avec sa mère du 1er juin 2023, il a expliqué qu'il avait appelé sa mère après avoir été transféré en Suisse et qu'il venait d'apprendre qu'ils avaient utilisé une arme. Confronté aux déclarations de W______ sur le fait qu'il avait jeté l'arme dans une poubelle à Annemasse, il a indiqué ne rien savoir. Après le braquage, il avait vu W______ donner son sac à Z______ et il avait fait de même. Il ne se souvenait plus s'il était prévu que Z______ les attende en dehors de la bijouterie. Il ne savait pas pourquoi il avait pris un taxi différent de W______ pour aller à la même adresse. Il a confirmé que la rétribution pour son braquage était l'annulation de sa dette envers "AL______". Il avait parlé de cela avec "AL______", lequel ne lui avait pas donné beaucoup de détails, mais il lui avait dit qu'il devait faire quelque chose, qu'il devait y aller et qu'ensuite il ne lui devait plus rien. Il a contesté les déclarations de W______ selon lesquelles il devait toucher un certain pourcentage de la revente de bijoux. Pendant les trois jours où ils avaient logé dans la chambre d'hôtel avant les faits, il n'avait pas eu d'échanges avec ses comparses au sujet du braquage. Ils en avaient parlé que le dimanche soir. Confronté aux images de caméra de vidéosurveillance de l'hôtel dont il ressort qu'il était en contact avec X______ et Z_____

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