Siégeant : Mme Delphine GONSETH, présidente, Mme Anne JUNG BOURQUIN et M. Christian ALBRECHT, juges, M. Didier AULAS, Mme Sophie FLORINETTI, M. Miguel LIMPO et Mme Valérie GLASSON, juges assesseurs, Mme Nathalie SIEGRIST, secrétaire juriste, Mme Silvia ROSSOZ-NIGL, greffière. P/21448/2014 RÉPUBLIQUE ET
CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE
JUGEMENT DU TRIBUNAL CRIMINEL
Chambre 3
11 janvier 2019
MINISTERE PUBLIC contre Monsieur X______, né le ______1973, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me A______ Monsieur Y______, né le ______1960, actuellement détenu à la Prison de Champ- Dollon, prévenu, assisté de Me B______ Madame Z______, née le ______1986, actuellement détenue à la Prison de Champ- Dollon, prévenue, assistée de Me C______
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CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public conclut à ce que les prévenus soient reconnus coupables de l'ensemble des chefs d'accusation qui leur sont reprochés dans l'acte d'accusation du 1er octobre 2018 et à ce que : - Z______ soit condamnée à une peine privative de liberté de 9 ans et maintenue en détention pour des motifs de sûreté; - Y______ soit condamné à une peine privative de liberté de 12 ans et maintenu en détention pour des motifs de sûreté; - X______ soit condamné à une peine privative de liberté de 15 ans et maintenu en détention pour des motifs de sûreté. Z______, par la voix de son conseil, conclut à un verdict de culpabilité du chef d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b et al. 2 let. a de la loi fédérale sur les stupéfiants, à ce qu'en conséquence les circonstances aggravantes de la bande et du métier soient écartées, à ce qu'elle soit condamnée à une peine clémente n'excédant pas la détention avant jugement subie, en tenant compte d'une atténuation de la peine eu égard à la circonstance atténuante du repentir sincère et à la violation du principe de célérité. Y______, par la voix de son conseil, conclut à son acquittement, à ce qu'il lui soit versé CHF 306'400.- à titre de conclusions en indemnisation, et au prononcé de sa libération immédiate. X______, par la voix de son conseil, conclut à son acquittement et à ce qu'il lui soit versé CHF 199'800.- à titre de conclusions en indemnisation. * * * EN FAIT A. Par actes d'accusation du 1er octobre 2018, il est reproché à : a. X______, diverses infractions à l'art. 19 al. 1 let. b, c, et g, et al. 2 let. a, b et c et al. 4 de la LStup, pour avoir : - au sein d'une bande de trafiquants de stupéfiants dans laquelle il œuvrait et jouissait d'une confiance particulière, et pour laquelle il avait beaucoup voyagé entre le 10 octobre 2013 et le 3 octobre 2014, co-organisé et participé activement au transport aérien, notamment les 2 et 3 octobre 2014, de 12'750.4 grammes d'héroïne blanche au taux de pureté de 61.8 %, emballés dans quatre sachets en plastique dissimulés dans le double fond d'un bagage de marque "Speed", de Lahore (Pakistan), via Istanbul (Turquie) et Zurich, avec Bruxelles (Belgique) pour destination, drogue transportée par D______;
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- au sein d'une bande de trafiquants de stupéfiants dans laquelle il œuvrait et jouissait d'une confiance particulière, et pour laquelle il avait beaucoup voyagé, co-organisé et participé activement au transport aérien, notamment les 31 octobre et 1er novembre 2014, de 19'695.2 grammes d'héroïne blanche d'un taux de pureté oscillant entre 72.4 % et 76.4 %, emballés dans trois sachets en plastique dissimulés dans un bagage contenant des pantalons, de Karachi (Pakistan), via Doha (Qatar) et Genève, avec Bruxelles pour destination, drogue transportée par Z______. b. Y______, une infraction à l'art. 19 al. 1 let. b, c, et g, et al. 2 let. a, b et c et al. 4 de la LStup, pour avoir au sein d'une bande de trafiquants de stupéfiants dans laquelle il œuvrait et jouissait d'une confiance particulière, et pour laquelle il avait beaucoup voyagé entre le 6 décembre 2013 et le 1er novembre 2014, co-organisé et participé activement au transport aérien, notamment les 31 octobre et 1er novembre 2014, de 19'695.2 grammes d'héroïne blanche d'un taux de pureté oscillant entre 72.4 % et 76.4 %, emballés dans trois sachets en plastique dissimulés dans un bagage contenant des pantalons, de Karachi, via Doha et Genève, avec Bruxelles pour destination, drogue transportée par Z______. c. Z______, une infraction à l'art. 19 al. 1 let. b, c, et g, et al. 2 let. a, b et c et al. 4 de la LStup, pour avoir au sein d'une bande de trafiquants de stupéfiants dans laquelle elle œuvrait et jouissait d'une confiance particulière, et pour laquelle elle avait beaucoup voyagé entre le 10 octobre 2013 et le 1er novembre 2014, coorganisé et participé activement au transport aérien, notamment les 31 octobre et 1er novembre 2014, de 19'695.2 grammes d'héroïne blanche d'un taux de pureté oscillant entre 72.4 % et 76.4 %, emballés dans trois sachets en plastique dissimulés dans un bagage contenant des pantalons, de Karachi, via Doha et Genève, avec Bruxelles pour destination, drogue qu'elle a transportée. B. Les faits pertinents suivants ressortent du dossier : a. Transport des 2 et 3 octobre 2014 a.a. Le 3 octobre 2014, à l'aéroport de Zurich, la police a procédé au contrôle d'un bagage en transit, lequel provenait de Lahore, via Istanbul, et avait pour destination finale Bruxelles. Ledit bagage, enregistré au nom d'D______, contenait, dans le double fond, une quantité indéterminée de poudre de couleur blanche, ainsi que des vêtements. Les analyses pratiquées ultérieurement ont révélé qu'il s'agissait d'héroïne blanche, d'un poids total net de 12'750.4 grammes et d'un taux de pureté de 61.8 %. La drogue était répartie en quatre plaques. D______ n'a pas pu être interpellé à l'aéroport de Zurich dès lors qu'au moment du contrôle du bagage, son avion avait déjà décollé pour Bruxelles, où il n'a pas non plus été arrêté, tant à son arrivée à l'aéroport que le lendemain, lorsqu'il s'est présenté une seconde fois au guichet du service des litiges-bagages suite à la "perte" de son bagage. D______ a laissé audit service trois numéros de téléphone (1______, 2______ et 3______) ainsi qu'une adresse de courrier électronique pour
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le joindre (E______). Il est apparu que les billets d'avion de ce dernier avaient été achetés la veille de son voyage, soit le 2 octobre 2014, auprès de l'agence de voyages F______ à Islamabad, au Pakistan, pour PKR 170'510.-, correspondant à CHF 1'577.30. Les investigations policières ont également mis en évidence qu'à bord du vol de Zurich à destination de Bruxelles se trouvait le dénommé X______, dont le billet d'avion avait été acheté, le jour-même du vol, soit le 3 octobre 2014, auprès de l'agence de voyage G______ à Peshawar (Pakistan), pour le montant, payé en espèces, de PKR 27'520.-, correspondant à CHF 254.25. a.b. Suite au mandat d'arrêt international décerné par le Ministère public zurichois le 6 octobre 2014, D______ a été arrêté à Milan (Italie) le 9 mars 2015 et extradé vers la Suisse le 10 août 2015. a.c. Quant à X______, il a été interpellé le 11 mars 2015 devant son domicile situé à H______ (Portugal), suite au mandat d'arrêt international décerné par le Ministère public genevois le 26 novembre 2014, puis remplacé par le mandat d'arrêt international du 31 mars 2015. Il a été présenté à la Cour d’appel de Lisbonne (Tribunal da Relação de Lisboa), qui l'a libéré et soumis à des mesures de substitution dans l'attente d'une décision sur son extradition requise par les autorités suisses. Ayant quitté le Portugal, X______ a finalement été interpellé au Brésil le 17 avril 2016 et extradé vers la Suisse le 20 juillet 2017. A son arrivée, il était porteur d'un passeport pakistanais à son nom, ainsi que de deux morceaux de papiers contenant diverses inscriptions. b. Transport des 31 octobre et 1 er novembre 2014 b.a. Le 1er novembre 2014, la police a procédé à un contrôle des bagages du vol ______ en provenance de Doha, et a ciblé un bagage en provenance de Karachi ayant transité par Doha, avec pour destination finale Bruxelles qui contenait, selon l'analyse faite au moyen du scanner à rayons X, des plaques de matière organique. Suite à cette découverte, les policiers ont mis en place une surveillance, dans le hall d'embarquement, des passagers du vol à destination de Bruxelles et ont remarqué une femme, identifiée par la suite comme étant Z______, laquelle était assise à quelques sièges de distance d'un homme, identifié par la suite comme étant Y______. Si ces derniers ne semblaient pas, de prime abord, voyager ensemble, ils avaient précédemment échangé de brefs contacts visuels. Lors de l'appel des passagers pour l'embarquement, les deux intéressés s'étaient levés ensemble, avaient échangé quelques mots, puis avaient rejoint la file d'attente, chacun de leur côté, en feignant de s'ignorer. La police a appréhendé Z______ au portique d'embarquement, au moment où elle a présenté sa carte d'embarquement et son passeport. Y______, qui avait quant à lui déjà passé la porte d'embarquement et semblait l'attendre, puis avait poursuivi son chemin jusqu'à l'aéronef en s'apercevant qu'elle avait été interceptée, a été arrêté à son tour dans la foulée. La police a, par la suite, brièvement demandé à Z______ et Y______ s'ils
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se connaissaient. Compte tenu de leurs réponses discordantes – Z______ ayant indiqué que Y______ était une connaissance de Lisbonne (Portugal) tandis que ce dernier avait nié la connaître – ils ont été conduits au poste de police où les policiers ont présenté à Z______ le bagage intercepté, enregistré à son nom, et l'ont ouvert en sa présence. Après analyse, il s'est avéré que les plaques saisies, d'un poids total net de 19'695.2 grammes, correspondaient à de l'héroïne blanche, laquelle présentait un taux de pureté situé entre 72.4 % et 76.4 %. La drogue était répartie en trois plaques de respectivement 2'916.5 grammes, 4'005.4 grammes et 12'773.3 grammes. Il est en outre apparu que les plaques d'héroïne blanche saisies les 3 octobre 2014 et 1er novembre 2014 étaient chimiquement liées, ce qui impliquait qu'elles provenaient du même lot de base. Enfin, il ressort des recherches effectuées sur internet par la police que des cas d'overdose, suite à la consommation d'héroïne blanche avaient été constatés en fin d'année 2014. b.b. Lors de son interpellation, Y______ était notamment en possession de deux billets d'avion à son nom correspondant à des vols le 1er novembre 2014, soit à 08h35, de Lisbonne à Genève, avec la compagnie aérienne I______, et à 17h10, de Genève à Bruxelles, avec la compagnie aérienne J______. Il disposait également d'un carnet contenant divers noms et numéros de téléphone inscrits à la main, d'une enveloppe avec les inscriptions manuscrites "4______", "ZA______" et "5______", ainsi que d'un papier sur lequel figuraient notamment les informations "LX______" et "ZB______". La police a également retrouvé sur le prévenu deux porte-clés contenant des clés de cadenas, ainsi que des documents et reçus bancaires. Par ailleurs, il était en possession d'un téléphone portable muni d'une carte SIM du Portugal, ainsi que de deux cartes SIM des Pays-Bas, d'une de Grèce et d'une de Thaïlande. Enfin, le prévenu était porteur d'EUR 206.18. b.c. Lors de son arrestation, Z______ était quant à elle notamment en possession d'un papier avec les inscriptions "6______" et "7______", d'une carte d'embarquement à son nom pour le vol ______ du 1er novembre 2014, d'un billet d'avion à son nom pour un vol de Genève à Bruxelles le 1er novembre 2014, d'une feuille de papier avec la description de son routing et d'un reçu de dépôt de bagage à son nom. Après investigations, il est apparu que lesdits billets d'avion avaient été achetés la veille de son départ auprès de l'agence de voyages F______ située à Islamabad. Z______ était en outre en possession d'un téléphone portable NOKIA dans lequel une carte SIM portugaise était insérée, ainsi que de deux cartes SIM de Grèce et d'une carte SIM du Pakistan. Elle était également porteuse des sommes d'EUR 65.58 et PKR 500.-, ainsi que de divers documents concernant son voyage. c. Caméras de surveillance Il ressort du rapport de renseignements de la police du 6 novembre 2014, ainsi que de l'analyse des caméras de vidéosurveillance de l'aéroport de Genève du 1er novembre 2014, que Y______ a passé la douane, à Genève, à 12h07, avant de retourner dans la zone d'embarquement aux alentours de 16h08. Entre-temps,
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l'intéressé a soit déambulé dans l'aéroport, soit est longuement demeuré assis. Il s'est levé à plusieurs reprises et déplacé devant le tableau des départs. Il est resté seul et n'a adressé la parole à personne hormis au personnel de l'aéroport. Il a été, en revanche, au téléphone à plusieurs reprises. Enfin, il est sorti du bâtiment à trois reprises, pour des durées de 3 à 8 minutes. Quant à Z______, les images de vidéosurveillance la montrent en train de passer un contrôle de sécurité, dans la zone de transit, le 1er novembre 2014, aux alentours de 13h57. d. Voyages d. Il ressort des nombreux rapports de renseignements de la police, des diverses commissions rogatoires diligentées à l'étranger, des informations transmises par les compagnies aériennes, ainsi que des mentions figurant dans leurs passeports, qu'X______, Y______ et Z______ ont voyagé, à de nombreuses reprises, entre 2012 et 2014. d.a. S'agissant d'X______, il a en particulier voyagé : - du 23 août 2012 au 4 avril 2013 à Islamabad, en compagnie de son épouse, laquelle en était repartie en février 2013; - du 15 juin 2013 au 9 octobre 2013 à Islamabad. Depuis le Pakistan, il a pris un vol en compagnie de son épouse le 10 octobre 2013 à destination de Bangkok (Thaïlande) et y est resté jusqu'au 4 novembre 2013, date à laquelle il a quitté le territoire thaïlandais; - le 8 janvier 2014, de Lisbonne à Bruxelles, puis le 11 janvier 2014 d'Amsterdam (Pays-Bas) à Lisbonne, avec la compagnie aérienne K______, étant précisé que Y______ a également voyagé sur le vol du 11 janvier 2014, les billets d'avion d'X______ ayant été achetés le 7 janvier 2014 dans le magasin de la compagnie aérienne situé dans l'aéroport de Lisbonne pour la somme d'EUR 295.77 (correspondant à CHF 364.10), laquelle a été payée en espèces; - du 7 au 9 février 2014, dates auxquelles il a effectué un aller-retour entre Lisbonne et Amsterdam, avec la compagnie aérienne K______, les billets d'avion ayant été achetés le 31 janvier 2014 dans le même magasin de la compagnie aérienne K______, pour le montant d'EUR 233.77 (correspondant à CHF 285.95) ou celui d'EUR 263.77 (correspondant à CHF 322.65), lequel a été payé en espèces; - le 30 mars 2014, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé le jour-même du vol par XO______, avec pour adresse H______ au Portugal, pour la somme d'EUR 164.99 (correspondant à CHF 243.40);
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- du 18 au 22 avril 2014, dates auxquelles il a effectué un aller-retour entre Manchester (Royaume-Uni) et Amsterdam, avec ______, avec la compagnie aérienne I______, les billets d'avion ayant été réservés le 26 février 2014 au nom d'XA______, avec pour adresse _____ (Royaume- Uni), pour le montant de GBP 310.96 (correspondant à CHF 460.30); - dans le même temps, soit le 20 avril 2014, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé le jourmême du vol par XA______ avec pour adresse H______, pour la somme d'EUR 208.99 (correspondant à CHF 254.80); - le 23 mai 2014, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______ avec Y______, les billets d'avion des intéressés ayant été réservés le jour-même du vol par XA______ avec pour adresse L______ 82, pour le montant d'EUR 590.98 (correspondant à CHF 721.55); - le 26 juin 2014, de Milan à Amsterdam, avec la compagnie aérienne I______, avec ______, étant précisé que c'est au nom de ce dernier que la réservation des deux billets a été effectuée le 23 juin 2014, pour la somme totale d'EUR 354.98 (correspondant à CHF 423.05); - le 18 septembre 2014, un aller-retour le jour-même entre Lisbonne et Milan, avec la compagnie aérienne K______, les billets d'avion ayant été achetés auprès de l'agence de voyage lisboète ______ le 16 septembre 2014 et payés en espèces pour la somme d'EUR 231.78 (correspondant à CHF 260.15); - le 26 septembre 2014, à 20h45, de Lisbonne à Madrid, puis le 27 septembre 2014, à 09h35 de Madrid à Genève, avec la compagnie aérienne M______, les billets d'avion ayant été achetés auprès de l'agence de voyages ______, située à l'aéroport de Lisbonne, le 26 septembre 2014 à 18h04 et payés en espèces pour le montant d'EUR 381.39 (correspondant à CHF 460.60), étant précisé qu'un billet de retour de Genève à Madrid était prévu le 24 mars 2015, mais que ce dernier n'a pas été utilisé. Le 27 septembre 2014, à 16h20, il a voyagé de Genève à Amsterdam avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé le jourmême du vol, à 11h51, par XB______ avec pour adresse H______, pour la somme de CHF 169.95; - le 3 octobre 2014, de Zurich à Bruxelles, avec la compagnie aérienne J______, le billet d'avion ayant été acheté le jour-même du vol auprès de l'agence de voyage G______, à Peshawar, pour le montant de PKR 27'520.-, correspondant à CHF 254.25, étant précisé qu'D______ a pris le même vol, comme déjà indiqué; - enfin, du 10 au 20 décembre 2014, à Islamabad, au Pakistan.
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Par ailleurs, entre 2006 et 2011, X______ a voyagé à plusieurs reprises à destination de Bâle, Madrid, Londres (Royaume-Uni) et Istanbul. Au surplus, en 2015, il a également effectué plusieurs voyages à destination ou depuis Londres, en particulier : - le 18 janvier 2015, de Londres à Amsterdam, avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé le 17 janvier 2015 par X______ avec pour adresse ______, à Luton (Royaume-Uni), pour la somme de GBP 139.99 (correspondant à CHF 183.50); - le 28 janvier 2015, de Lisbonne à Londres, avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé le jour-même du vol par ______ à son propre nom et au nom d'XA______, pour la somme de GBP 261.98 (correspondant à CHF 266.80); - le 5 février 2015, de Londres à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______, le billet d'avion ayant été réservé la veille du vol par l'agence de voyages ______, située à Londres, au nom d'X______, pour la somme de GBP 103.01 (correspondant à CHF 144.05). d.b. Y______ a pour sa part voyagé notamment : - le 6 décembre 2013, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______. Le billet d'avion a été réservé le 5 décembre 2013 et a coûté EUR 155.03 (correspondant à CHF 190.40); - le 1er janvier 2014, de Lisbonne à Amsterdam et, le lendemain, d'Amsterdam à Bangkok, avec la compagnie aérienne néerlandaise N______, étant précisé qu'il est rentré de cette destination 6 jours plus tard, soit le 8 janvier 2014 en effectuant le routing Bangkok – Amsterdam, puis Amsterdam – Bruxelles, avec la même compagnie aérienne. Par la suite, entre les 8 et 11 janvier 2014 il est retourné à Amsterdam et a effectué un vol, à cette dernière date, d'Amsterdam à Lisbonne avec la compagnie aérienne K______. Le billet d'avion a été acheté la veille du vol auprès de l'agence de voyages ______ située à Amsterdam, pour la somme d'EUR 124.17 (correspondant à CHF 153.55), dont il s'est acquittée en espèces, étant précisé qu'X______ a pris le même vol; - du 25 février au 3 mars 2014, dates auxquelles il a effectué un aller-retour entre Amsterdam et Bangkok, puis au retour, après être resté deux jours à Amsterdam, soit le 5 mars 2014, un vol d'Amsterdam à Lisbonne avec la compagnie aérienne K______, le billet de ce dernier vol ayant été acheté la veille du vol auprès de l'agence de voyages ______ pour le montant d'EUR 261.17 (correspondant à CHF 316.65), payé en espèces;
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- du 16 au 21 mai 2014, dates auxquelles il a effectué un aller-retour entre Amsterdam et Bangkok, puis au retour, deux jours après être rentré, soit le 23 mai 2014, un vol d'Amsterdam à Lisbonne en compagnie d'X______ avec la compagnie aérienne I______, les billets de ce dernier vol ayant été réservés par XA______ avec pour adresse L______ 82, pour la somme d'EUR 590.98 (correspondant à CHF 721.55); - le 22 août 2014, de Lisbonne à Athènes, via Milan, avec les compagnies aériennes K______ et O______, les billets d'avion ayant été achetés la veille du vol auprès de l'agence de voyages lisboète ______ pour le montant d'EUR 254.77 (correspondant à CHF 308.50), réglé en espèces. Puis, le 25 août 2014, d'Athènes à Bruxelles avec la compagnie aérienne O______, le billet ayant été réservé auprès de l'agence de voyages P______ à Athènes et payé en espèces. Par la suite, le 30 août 2014, il a voyagé d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne K______, le billet d'avion ayant été acheté le jour-même du vol dans le magasin de la compagnie aérienne situé dans l'aéroport de Lisbonne, pour la somme d'EUR 216.28 (correspondant à CHF 260.90), payée en espèces; - enfin, le 1er novembre 2014, de Lisbonne à Genève avec la compagnie I______, le billet d'avion ayant été réservé le 31 octobre 2014 par ______ avec une adresse à Loures (Portugal), pour la somme d'EUR 274.99 (correspondant à CHF 331.99). Puis, à la même date, il devait effectuer le vol de Genève à Bruxelles avec la compagnie J______, mais il s'est fait interpeller en même temps que Z______ quelques instants avant de pouvoir monter dans ledit vol. Au surplus, il ressort du dossier qu'entre 2011 et fin novembre 2013, Y______ a effectué un seul voyage, en novembre 2012, de Malaga (Espagne) à Londres, avec la compagnie aérienne I______. d.c. Quant à Z______, elle a voyagé : - du 23 août 2012 au mois de février 2013, à Islamabad, au Pakistan, en compagnie de son époux, lequel en est reparti le 4 avril 2013; - le 18 octobre 2013, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie aérienne I______, le billet ayant été réservé le jour-même du vol, pour le montant d'EUR 226.99 (correspondant à CHF 280.20), étant précisé que selon les explications fournies par Z______, ce voyage s'inscrit dans la continuité des vols, le 10 octobre 2013, d'Islamabad à Bangkok, en compagnie de son époux, puis le 16 octobre 2013, de Bangkok à Amsterdam, avec la compagnie aérienne N______; - le 18 janvier 2014, un aller-retour, le jour-même, entre Lisbonne et Amsterdam, avec la compagnie aérienne K______, les billets d'avion ayant été achetés le 17 janvier 2014 dans le magasin de la compagnie
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aérienne situé dans l'aéroport de Lisbonne pour la somme totale d'EUR 383.77 (correspondant à CHF 474.-), payée en espèces; - le 1er février 2014, d'Amsterdam à Bangkok, puis le 7 février 2014, de Bangkok à Islamabad. Au retour, elle a effectué, le 20 mars 2014, un vol d'Islamabad à Bangkok, puis, le 24 mars 2014, de Bangkok à Amsterdam, et encore de cette ville à Bruxelles, avec la compagnie aérienne N______, les billets d'avion ayant été réservés le 21 mars 2013 auprès de l'agence de voyages Q______ située à Bangkok pour la somme de THB 45'000.- (correspondant à CHF 1'225.10), étant précisé que ce prix comprend le vol du retour du 23 avril 2014 d'Amsterdam à Bangkok avec la même compagnie aérienne; - les 10 et 11 août 2014, de Madrid à Djeddah, puis de Djeddah à Karachi, avec la compagnie aérienne ______ en compagnie de son fils ______, les deux billets ayant coûté la somme d'EUR 846.56 (correspondant à CHF 1'027.40). Elle est repartie de Karachi à Athènes le 27 août 2014, puis a pris un vol d'Athènes à Madrid, avec la compagnie O______, le billet d'avion ayant été réservé auprès de l'agence de voyages ______ à Athènes et payé en espèces. Depuis Madrid, elle a pris un bus pour rentrer à Lisbonne; - le 25 septembre 2014, de Lisbonne à Amsterdam, puis le même jour, d'Amsterdam à Porto (Portugal), avec la compagnie aérienne K______, les billets ayant été achetés le 24 septembre 2014 dans le magasin de la compagnie aérienne situé dans l'aéroport de Lisbonne pour la somme d'EUR 405.49 (correspondant à CHF 480.55), payée en espèces; - enfin, le 4 octobre 2014, de Barcelone (Espagne) à Islamabad, avec la compagnie aérienne R______, puis au retour, le 1er novembre 2014, de Karachi à Genève, en passant par Doha, avec la compagnie S______. Depuis Genève, elle devait effectuer le même jour le vol à destination de Bruxelles avec la compagnie J______, mais elle s'est fait interpeller en même temps que Y______, alors qu'elle s'apprêtait à embarquer sur ledit vol. S'agissant des années de 2006 à 2011, il ressort des éléments du dossier que Z______ s'est rendue à plusieurs reprises au Pakistan, en empruntant divers routings, ainsi qu'à une reprise au Brésil en 2012. e. Perquisition et constat e.a. La perquisition du domicile de Z______ et d'X______, situé à H______ s'est déroulée le 11 mars 2015, en présence d'X______, lequel venait d'être interpellé. Il ressort de l'inventaire n°5211820150318 du 18 mars 2015 que les objets suivants ont été saisis directement sur X______ : deux téléphones portables de
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marques SAMSUNG (IMEI ______ et numéro d'appel ______) et NOKIA (IMEI ______), de même que deux carnets contenant des inscriptions manuscrites et un papier avec les inscriptions manuscrites "D______" au recto et le numéro de téléphone "10______" au verso. e.b. Par ailleurs, la police a retrouvé, dans les diverses pièces de l'appartement perquisitionné, un IPad 2 avec une fourre rouge, quatorze téléphones portables, un lot de cinq cartes SIM LYCAMOBILE prépayées neuves, ainsi qu'une carte SIM de Suisse, deux cartes SIM de Belgique, deux cartes SIM du Pakistan, cinq cartes SIM de Grande-Bretagne, cinq cartes SIM des Pays-Bas, dix-neuf cartes SIM du Portugal et une carte SIM de provenance non établie. En outre, la police a également saisi un petit agenda noir et deux cahiers contenant tous des inscriptions manuscrites, ainsi que divers documents, dont notamment : - une copie du contrat de bail de cet appartement, lequel a été conclu le 9 décembre 2013 entre le bailleur, d'une part, et Z______ et X______, d'autre part, étant précisé que les deux époux ont cosigné ledit contrat; - une copie des reçus de versements de loyers entre les mois de février 2014 et mars 2015 aux noms de Z______ et d'X______; - un itinéraire de voyage établi par l'agence de voyages Q______ située à Bangkok se rapportant à un voyage effectué par Z______ en mars 2014; - plusieurs documents issus de la banque T______, datés du 24 février 2015, relatifs à l'ouverture d'un compte bancaire, ainsi qu'une demande de numéro d'assurance nationale auprès de ______ du 27 février 2015, soit l'institut de sécurité sociale britannique. Tous ces documents sont établis au nom d'X______ avec pour adresse ______, Cambridgeshire, ______; - deux documents rédigés sous la forme d'une procuration, au contenu pratiquement identique, à teneur desquels X______ sollicite l'obtention d'un visa pour le Pakistan en faveur de son ami Y______. Ces courriers sont rédigés à la main, datés du 7 août 2014 et l'un d'eux est signé par X______. Par ailleurs, sur l'un des deux documents est inscrit en outre le numéro de téléphone 11______, ainsi que le numéro de passeport de Y______, avec précision de la nationalité portugaise de l'intéressé; - des copies du passeport et de la carte d'identité portugais de U______, condamné en Grande-Bretagne pour trafic de stupéfiants. Il sera précisé, à ce stade, que les autorités portugaises ont sollicité et obtenu la réextradition d'X______, lequel est soupçonné de séquestration et de meurtre en lien avec le décès de U______ survenu le ______ 2015. e.c. Il ressort du rapport de diligence externe de la police judiciaire portugaise du 5 mai 2015, établi sur commission rogatoire, que la police portugaise s'est rendue au 2ème étage de l'immeuble sis 8, L______, à Lisbonne, adresse qui avait été
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mentionnée par Y______ comme étant la sienne. La police a constaté que l'adresse en question correspondait à celle d'une auberge. Après avoir pris contact avec le gérant du lieu, la police a appris que ladite auberge avait réouvert au début de l'année 2014, après avoir fermé pendant une année. Par ailleurs, aucun client n'y avait séjourné pendant plus de deux ou trois mois d'affilée et le gérant n'avait jamais vu Y______, dont une photographie lui avait été présentée. f. Téléphonie f.a. X______ f.a.a. Les nombreux rapports de police et l'examen des différents téléphones portables, des cartes SIM, du calepin de Y______, des calepins saisis sur X______ lors de son interpellation et des divers documents trouvés lors de la perquisition du domicile de Z______ et d'X______ ont mis en évidence le fait que ce dernier a utilisé plusieurs raccordements téléphoniques et cartes SIM au cours de la période pénale. f.a.b. Il s'agit en premier lieu du numéro de téléphone portugais 11______, lequel figure dans le calepin de Y______ sous la mention "XC______" et est enregistré sous "XD______" et "Amor" dans le répertoire téléphonique de Z______. En outre, ce raccordement figure sur l'un des deux documents, soit sur celui signé par X______ et destiné à l'obtention d'un visa touristique au Pakistan pour Y______ saisis au Portugal. Par ailleurs, ce numéro de téléphone a été utilisé par X______ pour la réservation d'un vol de Genève à Amsterdam le 27 septembre 2014. Enfin, ce raccordement a été composé à dix reprises par Y______ entre le 30 août 2014 et le 20 octobre 2014 et a reçu trois SMS au contenu personnel du raccordement de Z______ (4______). f.a.c. C'est le cas également du numéro de téléphone suisse 12______, lequel correspond à la carte SIM LYCAMOBILE 13______ saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. Lors de son achat, la carte SIM a été enregistrée au nom de "XE______", avec pour adresse "______". Cette carte SIM a été active en Suisse les 2 et 3 octobre 2014 et en Belgique le 4 octobre 2014. Plus précisément, le 2 octobre 2014, ce raccordement suisse 12______ a appelé le numéro de téléphone portugais 4______ de Z______ à deux reprises à 18h12m33s et à 18h13m15s, activant à ces occasions une borne téléphonique de l'aéroport de Zurich. Ledit raccordement a précédemment appelé le même jour les numéros de téléphone 13______, à 16h16m03s et à 17h18m15s, et 14______, à 17h18m56s, attribués respectivement à V______ et W______, les deux frères d'X______, et a activé à ces occasions une autre borne de l'aéroport de Zurich. Le lendemain, soit le 3 octobre 2014, ce raccordement suisse a à nouveau appelé à 06h14m14s et 06h19m05s le numéro de téléphone 13______ attribué à V______, puis à 09h06m55s le raccordement 14______ attribué à W______, avant de finalement appeler à 09h22m24s le numéro de téléphone 4______ attribué à Z______, étant précisé que la borne téléphonique activée lors de ces appels se
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trouvait toujours à l'aéroport de Zurich. Par ailleurs, ce numéro de téléphone suisse a envoyé un SMS au raccordement 13______ attribué à V______. Il a également activé une borne téléphonique à l'aéroport de Zaventem, à Bruxelles, le 3 octobre 2014 en recevant deux SMS et a reçu un appel du raccordement 13______ attribué à V______ le 4 octobre 2014 à 08h25m35s. Au surplus, le 2 octobre 2014, à 13h53m20s, le raccordement suisse a tenté d'appeler le numéro de téléphone pakistanais 15______ attribué à V______, puis le 3 octobre 2014, à 12h17m39s, et à 12h17m58s, ces deux numéros se sont réciproquement appelés pendant 4 secondes, puis 27 secondes. Enfin, il ressort du journal du téléphone portable NOKIA C2 05 de Y______, dans lequel se trouvait la carte SIM correspondant au numéro de téléphone 8______, que ce dernier raccordement téléphonique a échangé trente-quatre appels tous types confondus, soit composés, manqués et reçus, avec le 12______. f.a.d. Le numéro de téléphone portugais 16______, lequel est enregistré sous "XH______" et "XI______" dans le répertoire téléphonique de la carte SIM portugaise de Z______ et est inscrit sous "XC______" dans le calepin saisi sur Y______ lors de son interpellation, peut également être attribué à X______. En outre, ce numéro apparaît à vingt-trois reprises dans les appels composés, manqués et reçus du téléphone portable NOKIA C2 05 de ce dernier entre les 21 et 31 octobre 2014. De même, ce numéro portugais 16______ apparaît dans les numéros composés par la carte SIM UFONE pakistanaise de Z______. Au surplus, ce raccordement téléphonique est également en contact avec le numéro de téléphone 4______ attribué à cette dernière de la manière suivante : - ce numéro de téléphone 16______ est appelé brièvement. Parfois pendant quelques dizaines de secondes, parfois pendant quelques minutes, à sept reprises, le 27 septembre 2014, soit à 11h56m56s, 12h29m38s, 12h39m39s, 13h01m59s, 13h50m43s, 13h56m27s et 15h47m21s, par le numéro de téléphone 4______, activant lors de ces appels des bornes téléphoniques situées à l'aéroport de Genève; - ce numéro de téléphone 16______ a appelé à une reprise le numéro de téléphone 4______, le 2 octobre 2014, à 09h27m49s, activant par la même occasion une borne téléphonique à l'aéroport de Zurich, étant précisé que le 2 octobre 2014 les bornes téléphoniques de l'aéroport de Zurich ont été activées par le raccordement en question de 09h27m49s à 17h00m51s; - ce numéro de téléphone 16______ a envoyé deux SMS au raccordement 4______, le 1er novembre 2014, dont la teneur est la suivante "Amor bej" et "Babra n 17______ ok r ecarga 5 eru 46______ ok", étant relevé que le numéro 17______ correspond à celui de Y______ sans le préfixe. A la même date, ledit numéro de téléphone a appelé le raccordement 4______, à six reprises, soit à 14h24m57s, 14h39m07s, 14h39m26s, 16h07m07s, 16h08m53s et 18h37m14s, étant précisé que le numéro de téléphone 4______ est parvenu à le joindre à quatre reprises et a activé à ces occasions des bornes téléphoniques à l'aéroport de Genève.
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f.a.e. Le numéro de téléphone portugais 18______ peut aussi être attribué à X______. Ce numéro a reçu un appel de 44 secondes, le 27 septembre 2014, à 11h34m21s, du numéro de téléphone portugais de Z______ (4______), activant par la même occasion une borne téléphonique à l'aéroport de Genève. Le même jour, à 13h54m48s, ce numéro de téléphone a reçu un bref appel de 26 secondes du raccordement de Y______ (8______). Par ailleurs, il ressort du journal d'appel du NOKIA C2 05 de Y______ que ce dernier a eu cent huit contacts téléphoniques avec le numéro 18______ entre les 29 août et 1er novembre 2014, étant précisé qu'à cette dernière date, le raccordement précité a appelé le numéro de téléphone de Y______ à sept reprises, soit à 12h07m04s, à 12h08m29s, à 13h02m49s, puis, plus tard dans l'après-midi, à 15h33m12s, à 16h08m23s pendant 7 secondes, à 16h13m48s pendant 79 secondes et enfin à 16h20m19s pendant 148 secondes. f.a.f. Le numéro de téléphone portugais 19______, lequel figure dans le calepin de Y______ sous "XC______", peut de la même manière être attribué à X______. Il ressort du journal du téléphone portable NOKIA C2 05 de Y______ que ce raccordement téléphonique l'a contacté à cinq reprises les 4, 5, 8 et 9 septembre 2014. f.a.g. Le numéro de téléphone thaïlandais 20______, lequel figure dans le calepin de Y______ sous "XF______", a manifestement également été utilisé par X______. Il est également enregistré sous "ALI" dans la carte SIM LYCAMOBILE Portugal numéro 21______ et sous "ZA______" dans le répertoire de l'IPad 2, tous deux saisis lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. Enfin, ce numéro de téléphone figure parmi les cinq numéros que cette dernière a demandé de joindre depuis la prison de Champ- Dollon. f.a.h. Le numéro de téléphone thaïlandais 22______ peut aussi être attribué à X______. Ce numéro est inscrit dans le calepin saisi sur Y______ lors de son interpellation sous "Thaïland, 22______, XF______, 20______". Par ailleurs, ce raccordement est composé par Y______ à huit reprises depuis la carte SIM DTac Thaïlande numéro 23______ saisie sur lui. Enfin, le numéro de téléphone thaïlandais 22______ a envoyé un SMS à un raccordement de Z______, le 20 mars 2014, dont la teneur est la suivante "Salam bhai 24______". f.a.i. Le numéro de téléphone hollandais 24______, lequel correspond au numéro d'appel de la carte SIM LYCAMOBILE Pays-Bas numéro ______ saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______, a manifestement été utilisé par X______. Cette carte SIM a été active du 27 septembre au 21 octobre 2014, soit plus précisément les 1er, 2, 4, 6, 13, 15, 16, 18 et 21 octobre 2014. En outre, ce raccordement néerlandais est communiqué, sans référence de nom, dans une conversation FACEBOOK entre le profil de Z______ et celui enregistré sous AZ______. Ce numéro de téléphone néerlandais a reçu un SMS, le 13 octobre 2014, du raccordement pakistanais 2______, attribué à D______ ("Sardar raheel
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saleem") et un SMS, le 16 octobre 2014, d'un numéro pakistanais 26______ contenant diverses informations relatives au vol d'D______ ("51______ TKHET NUMBER MR D______ TEG 0235 TK 098105 TEL 44______ 45______ o"). Ledit raccordement néerlandais a reçu un SMS, le 21 octobre 2014, d'un numéro de téléphone italien aux termes duquel il est mentionné l'identifiant d'un compte SKYPE ("AA"). f.a.j. La carte SIM LYCAMOBILE Grande-Bretagne 27______, de laquelle aucun numéro d'appel n'a pu être extrait et qui a été saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______, a également été utilisée par l'intéressé. Elle a été activée les 14 et 15 janvier 2015 et a reçu, à cette dernière date, deux SMS d'un numéro pakistanais ______ dont la teneur est la suivante "sible prépare l'argent parce que nos nouveaux cosmétiques sont prêts à Karachi et reviens avec l'argent. Trouve les nouvelles et meilleures fêtes en Grande- Bretagne, d'accord, mais vends-les de ta main et récupère l'argent. Informe-nous de ta décision et tout sera écrit. Ensuite retourne au Portugal pour" ("sible arrange money for because a our new cosmatics are ready in karachi and come back with out money and find new best and strong parties there in U K ok but sell this cosmatics with ur hand and collect money infornt of ur eye when u agree and will every thing write than come back to portagal and for r"), ainsi qu'un nom et un numéro de téléphone pakistanais avec l'indication "appelle-le" ("khalid, 28______ call to him"). Il convient de préciser que ce raccordement pakistanais (28______) est inscrit sous "moula" et en arabe dans le carnet saisi sur X______ lors de la perquisition de son domicile lisboète. Par ailleurs, ce numéro de téléphone pakistanais adresse un SMS à la carte SIM LYCAMOBILE Grande- Bretagne numéro 29______ le 15 janvier 2015, et fait un appel en absence le 20 janvier 2015 au numéro ______, lequel correspond à la carte SIM LYCAMOBILE Pays-Bas numéro ______ retrouvée lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. f.a.k. Les numéros de téléphone portugais 49______ et 50______, inscrits sous "XC______" dans le calepin saisi sur Y______ lors de son interpellation, ont en outre été vraisemblablement utilisé par X______. f.a.l. Il en va de même du numéro de téléphone portugais 31______, qui correspond au numéro d'appel de la carte SIM LYCAMOBILE Portugal numéro 29______ saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. Elle est en activité entre le 1er novembre 2014 et le 5 mars 2015 et reçoit un SMS du numéro de téléphone portugais 30______ dont la teneur est la suivante "mec n'oublie pas d'envoyer de l'argent à AO______ sinon il sera obligé d'ouvrir le jeu" ("meu nao esqueca mandar dinhero para AO______ se nao ele obrigado abrir jogo"). Par ailleurs, ce même numéro portugais a envoyé deux SMS, les 19 et 30 novembre 2014, sur les cartes SIM portugaises numéros ______ et ______ retrouvées lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______, dont les teneurs sont les suivantes: "BA______ je viens de Belgique, ton ami AO______ m'a envoyé dire à ton ami momed d'aller là-bas avec 10 milles
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euros pour que je paie mon avocat, sinon je serais obligé de parler de tous tes contacts de Lisbonne et Pakistan et de Hollande urgent" ("BA______ eu venho de belgica teu amigo AO______ mando mim dizer para mandar teu amigo momed para la com 10 mll euro para eu pagar meu advogado se nao sou obrigado falar teu todos tev contracto de lisboa e pakist e de holanda urzente") et "BA______, AO______ a téléphoné que son ami a déjà un avocat, moi j'en ai pas encore, envoie quelqu'un avec de l'argent sinon il y aura un grand problème, la police peut serrer beaucoup et j'ai tous tes contacts, pour ton bien je vais te donner une dernière semaine" ("BA______ AO______ tele fonov qve amigo dele ja tenha advogado ev ainda nao tenho mandas algve com dinhero se nao vai ter drande problema policia estao apertar muito eu ja tenho todos teu contaco para tev bem uov te dar ultima semana"). Par ailleurs, le 9 janvier 2015, ce numéro de téléphone portugais a reçu trois SMS du numéro de téléphone ______ dont le contenu est menaçant ("Sinon je vais te faire sérieusement mal", "Je te punirai dans la "moraria" devant tout le monde", ou encore "Je veux mon argent vite"). Enfin, ce raccordement téléphonique portugais 31______ apparaît dans les données rétroactives suisses d'un numéro de téléphone suisse ______ enregistré au nom d'______. f.a.m. La carte SIM LYCAMOBILE Portugal 21______, de laquelle aucun numéro d'appel n'a pu être extrait, qui a été saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______, a également manifestement été utilisée par ce dernier. Dans le répertoire de cette carte SIM figurent le numéro portugais 8______ attribué à Y______, le numéro portugais 19______ attribué à X______ (cf. B.f.a.f. ci-dessus), le numéro 32______, dont seul le préfixe diffère du numéro de téléphone thaïlandais 20______ attribué à X______ (cf. B.f.a.g. cidessus), et le numéro de téléphone hollandais 33______, correspondant au numéro d'appel de la carte SIM VODAFONE 34______ saisie sur Y______ lors de son arrestation. f.a.n. X______ apparaît avoir utilisé également la carte SIM LYCAMOBILE Pays-Bas 35______, de laquelle aucun numéro d'appel n'a pu être extrait. Cette carte SIM a été saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. Cette carte SIM a reçu deux SMS du numéro de téléphone pakistanais ______ les 16 et 19 octobre 2014 dont la teneur est la suivante "M. AN______ j'attends toujours s'il vous plaît dites-moi si c'est possible ou pas" ("Mr AN______ i am still waiting plz inform me either it is possible or not plz") et "M. AN______ s'il vous plaît prenez mon cl pourquoi ne prenez-vous pas mon cl s'il vous plaît répondez-moi les gens de l'aéroport m'insultent chaque jour s'il vous plaît " et "dites-moi pourquoi sharif ne va pas informez-moi" ("Mr AN______ plz pick my cl why u no pick my cl plz ths airport peaople insulting me erverday plz" et "[…] tel me why sharif no is not going plz inform me"). En outre, le raccordement 2______, attribué à D______, figure dans le répertoire de cette carte SIM sous "AC______".
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f.a.o. Enfin, la carte SIM LYCAMOBILE Grande-Bretagne 29______, insérée dans le téléphone MOTOROLA W218 noir (IMEI 36______), de laquelle aucun numéro d'appel n'a pu être extrait, qui a également été saisie lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______, a manifestement été utilisée par le précité. Un message a été adressé depuis cette carte SIM au numéro de téléphone 37______ au terme duquel il est mentionné "Y______ ______ portuguesa", étant précisé que ce dernier numéro figure dans les carnets saisis sur X______ lors de son interpellation au Portugal, sans être attribué à un nom. Par ailleurs, ce numéro de téléphone figure dans les appels entrants du numéro de téléphone 16______ attribué à ce dernier et est enregistré sous "______" dans la mémoire du téléphone portable NOKIA 2760 de Z______. f.b. Y______ f.b.a. Lors de son arrestation, Y______ était notamment en possession d'un téléphone portable NOKIA C2 05 (IMEI ______) muni d'une carte SIM LYCAMOBILE Portugal numéro 38______, dont le numéro d'appel est le 8______. Il ressort des rapports de renseignements de la police, de l'examen des différents téléphones portables, des cartes SIM, du calepin de ce dernier ainsi que des calepins saisis sur X______, que Y______ a utilisé ce numéro de téléphone dans le cadre de son dossier de réservation auprès de la compagnie aérienne I______. Ce numéro de téléphone est également inscrit dans le carnet du précité sous "LYEA" ou "LYCA" et est enregistré dans la carte SIM LYCAMOBILE Portugal 21______ retrouvée lors de la perquisition du domicile lisboète d'X______ et de Z______. Par ailleurs, ce raccordement est en contact avec plusieurs numéros de téléphones attribués à X______, à savoir : - avec le numéro de téléphone portugais 16______, à vingt-trois reprises, tous types d'appels confondus, soit composés, manqués et reçus, entre les 21 et 31 octobre 2014; - avec le numéro de téléphone suisse 12______, à trente-quatre reprises, tous types d'appels confondus, entre les 2 et 21 octobre 2014; - avec le numéro de téléphone 18______, à cent huit reprises, tous types d'appels confondus, entre les 29 août 2014 et 1er novembre 2014, étant précisé que lors d'un appel, le 27 septembre 2014, du numéro de téléphone 8______, attribué à Y______, au raccordement 18______, attribué à X______, ce dernier numéro de téléphone a activé une borne téléphonique en Suisse. Le 1er novembre 2014, ce sont sept appels qui sont passés depuis le numéro de téléphone 18______, attribué à X______, au raccordement 8______, attribué à Y______, ce dernier numéro de téléphone activant à ces occasions des bornes téléphoniques à l'aéroport de Genève. f.b.b. L'examen de la carte SIM DTac Thaïlande numéro 23______ a mis en évidence plusieurs contacts avec le numéro de téléphone thaïlandais 22______, attribué à X______, lequel a été composé à huit reprises. Ce dernier raccordement
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est également inscrit dans le calepin de Y______ sous "Thaïland 47______, XF______, 39______". f.b.c. L'analyse des cartes SIM LYCAMOBILE Pays-Bas numéro 34______, dont le numéro d'appel est le 33______, et numéro ______, de même que de la carte SIM LYCAMOBILE Grèce numéro 40______, n'a révélé aucun élément probant. f.c. Z______ f.c.a. Lors de son interpellation, Z______ était en possession d'un téléphone portable NOKIA (IMEI 41______) muni d'une carte SIM LYCAMOBILE Portugal numéro ______, dont le numéro d'appel est le 4______. Il ressort de l'analyse du téléphone que les raccordements suivants figurent dans le répertoire : 16______ sous "XH______" et "XI______", 11______ sous "XG______" et 13______ sous "VA______". Par ailleurs, le raccordement en question a été en contact avec le numéro de téléphone portugais 16______, attribué à son époux, à sept reprises, le 27 septembre 2014, ce dernier raccordement activant alors des bornes téléphoniques à l'aéroport de Genève, puis à une reprise, le 2 octobre 2014, où il a activé une borne téléphonique à l'aéroport de Zurich et, enfin, à six reprises le 1er novembre 2014. Le raccordement de Z______ a également reçu deux SMS le 1er novembre 2014 du numéro de téléphone 16______, à savoir "Amor bej" et "Babra n 17______ ok r ecarga 5 eru 46______ ok", correspondant au numéro de téléphone de Y______ sans le préfixe. A cette date, le raccordement de Z______ a également été en contact avec le numéro de téléphone pakistanais 15______, attribué à V______. En effet, il ressort du journal d'appels de son téléphone qu'elle l'a appelé à deux reprises et qu'elle a reçu trois appels en absence et quatre appels de sa part le 1er novembre 2014. Par ailleurs, à la même date, un échange de messages entre les deux raccordements en question traite du voyage de Z______, puisqu'elle a reçu le message suivant relatif à son routing à 03h32m14s "Q.r708236 .bru.sn2720 . q.r.gva 103 q.r doh 605 name ZB______", auquel elle a répondu à 04h33m57s "Ok", avant de recevoir elle-même à nouveau un message "Tanx" à 09h35m11s. En outre, elle a reçu le 20 mars 2014 un SMS "Salam bhai 24______" du numéro de téléphone thaïlandais 22______, attribué à X______. f.c.b. Il ressort de l'analyse de la carte SIM UFONE Pakistan numéro 42______ saisie sur Z______ lors de son interpellation, que le numéro de téléphone 16______, attribué à X______, a été composé depuis cette carte SIM. Par ailleurs, le numéro 2______, lequel a été laissé au guichet du service des litiges-bagages de l'aéroport de Bruxelles par D______, est enregistré sous "AB______" dans le répertoire de cette carte SIM. f.c.c. S'il ne ressort aucune information, après analyse, de la carte SIM VODAFONE Grèce numéro ______, en revanche, l'examen de la carte SIM VODAFONE Grèce numéro ______ met en évidence un contact par SMS, le 28 août 2014, avec le numéro de téléphone 18______, attribué à X______, dont la teneur est la suivante "Booking reservation number 2 lgoj O______ a 36 86 confirmed 29 august 2014 athens greece ok".
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f.d. D______ f.d.a. Il ressort des rapports de police qu'D______ a laissé trois numéros de téléphone au guichet du service des litiges-bagages de l'aéroport de Bruxelles, à savoir le 3______, le 10______ et le 2______, étant précisé que ce dernier numéro est enregistré sous "AB______" dans le répertoire de la carte SIM UFONE Pakistan numéro 42______ saisie sur Z______ lors de son interpellation et sous "AC______" dans la carte SIM LYCAMOBILE Pays-Bas numéro 35______. Il est également inscrit dans l'un des deux carnets saisis sur X______ à la page de la semaine 40. Par ailleurs, le numéro de téléphone 10______ figure sur un morceau de papier, retrouvé lors de la perquisition du domicile de Z______ et d'X______, sur lequel est également inscrit "D______". f.e. V______, W______ et autre f.e.a. Le numéro pakistanais 13______, attribué à V______, le frère d'X______, a été retrouvé inscrit sous "VB______" sur un papier saisi lors de la perquisition du domicile d'X______ à Lisbonne et sous "VC______" dans un carnet en possession de ce dernier lors de son arrestation. Par ailleurs, il était également enregistré sous "VD______" dans la carte SIM UFONE pakistanaise saisie sur Z______ lors de son interpellation et dans le répertoire de la carte SIM suisse d'X______. Enfin, ce numéro de téléphone pakistanais a eu des contacts avec le raccordement suisse d'X______ (12______) les 2 et 3 octobre 2014, sur le réseau suisse, à Zurich, et les 3 et 4 octobre 2014, sur le réseau belge. f.e.b. Le numéro pakistanais ______, également attribué à V______, a été en contact à trois reprises les 2 et 3 octobre 2014 avec le raccordement suisse d'X______. Ce raccordement est aussi en contact par échange d'appels téléphoniques et de SMS avec le raccordement téléphonique de Z______ (4______) le 1er novembre 2014. f.e.c. Le numéro de téléphone pakistanais 14______, attribué à W______, le second frère d'X______, a été en contact les 2 et 3 octobre 2014 avec le raccordement suisse 12______ attribué à ce dernier. Il s'agit également de l'un des numéros de téléphone que Z______ a demandé à appeler depuis la prison, en indiquant qu'il s'agissait du numéro de téléphone de sa belle-sœur, AD______. f.e.d. Le numéro de téléphone pakistanais +47______, attribué au dénommé "Mama" selon Z______, ne ressort pas de l'analyse de la téléphonie, ni d'aucun autre élément matériel du dossier. g. IPad 2 g.a. Il ressort de l'analyse de l'IPad 2 saisi lors de la perquisition du domicile de Z______ et d'X______ que cet appareil est enregistré au nom de "ZC______ iPad. Les comptes APPLE, ainsi que WINDOWS LIVE et ICLOUD sont enregistrés au nom de ZA______18@hotmail.com, tandis que le compte GOOGLE est enregistré à celui de ZD______18@gmail.com. L'application SKYPE est quant à mailto:ZA______18@hotmail.com
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elle configurée au nom d'XJ______. Les applications VIBER et FACEBOOK sont configurées au nom d'ZA______, étant précisé que le numéro de téléphone 32______ est mentionné dans ces deux applications. En outre, depuis le 14 avril 2014 et jusqu'au 26 septembre 2014, seuls quelques appels sont passés depuis cet IPad 2, au moyen de l'application VIBER. Puis, à partir de cette date, la fréquence des appels augmente sensiblement et ils sont alors effectués depuis l'application SKYPE avec VD______567 comme interlocuteur principal, dont en particulier quarante-sept appels, tous types confondus, avec ce dernier, entre les 30 octobre et 1er novembre 2014. Entre les 15 et 30 octobre 2014, le profil SKYPE se trouvant sur l'IPad 2 a échangé cent dix brefs messages d'amour en portugais, puis plus aucun message n'est échangé avec cet IPad 2 jusqu'au 22 novembre 2014. g.b. L'IPad 2 s'est, par ailleurs, notamment connecté aux réseaux WIFI suivants : - en Thaïlande, les 6 et 7 février 2014 (le 7 février à l'aéroport de Bangkok) et du 22 au 24 mars 2014 (le 24 mars à l'aéroport de Bangkok); - au Pakistan, le 19 mars 2014, puis les 10 (à Djeddah), 11 et 26 août 2014; - aux Pays-Bas, à Amsterdam, du 24 au 26 mars 2014, le 27 septembre 2014, puis le 19 et le 22 octobre 2014 (à l'aéroport d'Amsterdam); - au Portugal, à Lisbonne, à de multiples reprises; - en Grèce, à Athènes, du 27 au 29 août 2014 (le 29 août à l'aéroport d'Athènes); - sur le bateau de croisière AE______ qui effectuait la route ______ puis ______, le 6 septembre 2014; - en Espagne, à l'aéroport de Madrid, le 27 septembre 2014, à 08h17; - en Suisse, à l'aéroport de Genève, le 27 septembre 2014, à 11h51 puis le 2 octobre 2014, à partir de 09h59, et le 3 octobre 2014, à 07h08, 12h12, et jusqu'à 17h46, à l'aéroport de Zurich; - en Belgique, à Bruxelles, du 3 au 7 octobre 2014, et notamment à l'hôtel AW______ le 6 octobre 2014; - en Grande-Bretagne, à Londres, les 19 et 20 janvier 2015. g.c. Enfin, l'IPad 2 contient une quantité importante de photographies parmi lesquelles figurent notamment quatre photographies de U______, ainsi que des photographies illustrant des moments que Z______ et X______ ont passés en famille. h. Extraits des comptes bancaires de Y______ h.a. L'extrait du compte personnel numéro ______ de Y______ auprès de AF______ révèle qu'à l'exception d'un dépôt en espèces initial d'EUR 100.- le 27
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juin 2011, ce compte n'a enregistré aucun mouvement, excepté ceux liés aux frais bancaires, jusqu'au 9 décembre 2013. A partir du 9 décembre 2013 et jusqu'au 1er septembre 2014, ledit compte bancaire se voit créditer par onze dépôts en espèces, totalisant EUR 24'050.-. h.b. L'extrait du compte personnel numéro ______ de Y______ auprès de AG______ met quant à lui en évidence que du 30 août 2013 au 28 janvier 2015, Y______ reçoit mensuellement un crédit d'EUR 441.67 avec pour justificatif "PREMIO LOTARIA". Par ailleurs, à compter du 20 décembre 2013 et jusqu'au 5 septembre 2014, ledit compte est crédité de sept dépôts en espèces, totalisant EUR 4'850.-. h.c. Le montant total d'EUR 28'900.- a été versé sur les deux comptes bancaires précités par Y______ entre les 9 décembre 2013 et 5 septembre 2014 de la manière suivante : - le 9 décembre 2013, EUR 1'050.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 13 décembre 2013, EUR 5'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 20 décembre 2013, EUR 500.- sur son compte bancaire auprès de AG______; - le 13 janvier 2014, EUR 1'000.- sur son compte bancaire auprès de AG______; - le 14 janvier 2014, EUR 500.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 20 janvier 2014, EUR 3'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______ et EUR 2'000.- sur son compte bancaire auprès de la banque AG______; - le 5 mars 2014, EUR 4'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 20 mars 2014, EUR 2'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 28 mars 2014, EUR 1'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 21 avril 2014, EUR 1'500.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 26 mai 2014, EUR 2'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 4 juillet 2014, EUR 2'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______ et EUR 500.- sur son compte bancaire auprès de la banque AG______; - le 10 juillet 2014, EUR 300.- sur son compte bancaire auprès de AG______; - le 1er septembre 2014, EUR 2'000.- sur son compte bancaire auprès de AF______; - le 4 septembre 2014, EUR 250.- sur son compte bancaire auprès de AG______; - le 5 septembre 2014, EUR 300.- sur son compte bancaire auprès de AG______. i. Conversations téléphoniques des prévenus depuis Champ-Dollon
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i.a. Durant sa détention, Z______ a eu de nombreuses conversations téléphoniques avec sa sœur AH______, conversations qui ont été enregistrées, puis traduites. C'est ainsi que le 25 janvier 2016, AH______ a déclaré à sa sœur "C'est du passé, tu savais bien le risque que tu courais en faisant ces bêtises que XK______ t'a demandées, tu comprends? Tu savais les risques que tu courais, alors maintenant il faut être réaliste, il faut que tu te calmes, tes enfants ont besoin de toi, n'est-ce pas? Ce qu'ils ont fait avec toi ils le feront avec tes enfants tu peux en être sûre", ce à quoi Z______ a répondu "Je sais..." avant que sa sœur ne poursuive "En plus ils ont la nationalité portugaise, ils ont des documents que les [sic!] permettent d'aller partout dans le monde, ZB______, ils vont mettre tes fils à faire ces mêmes choses". Au cours d'une conversation postérieure, le 2 mai 2016, AH______ a expliqué à Z______ que XK______, en l'occurrence X______, était en prison au Brésil et qu'il sera prochainement extradé en Suisse. Par ailleurs, au cours de leurs discussions, Z______ s'est plainte du fait que son époux l'a abandonnée en la laissant seule. i.b. Z______ a également eu de nombreuses conversations téléphoniques en pachtou avec la famille pakistanaise de son mari au cours de son incarcération. Son principal interlocuteur est V______, son beau-frère. Ils conversent d'un certain ______, des déplacements de l'intéressé et des enfants de Z______, lesquels sont absents au moment des appels, de telle sorte qu'elle ne peut pas s'entretenir avec eux. Par ailleurs, il ressort de ces discussions que la prévenue reproche de manière récurrente à son beau-frère l'absence de soutien de son mari, qu'elle traite de fou, et de sa belle-famille: "... Je vais très mal, vous m'avez laissé tomber [sic!], l'autre est fou" ou encore "... il m'a vraiment laissée toute seule, dans une grande souffrance" (le 9 mai 2016), ou encore "On m'a vraiment laissé tomber [sic!], personne n'a fait quoi que ce soit à part ma sœur [...] C'est une histoire entre moi et XM______ [...] il m'a laissée comme ça [...] vous n'avez rien fait, c'est moi qui souffre ici. Ton frère est fou, il s'en est sorti et tant pis pour les autres qui souffrent. Il y aura beaucoup de souffrance, beaucoup" (le 31 mai 2016). Il en va de même des reproches faits à ses beaux-parents auxquels elle a déclaré notamment "Moi, vous m'avez laissé tomber comme ça, sauf ma sœur, mais n'abandonnez pas mes enfants, si vous ne pouvez pas prendre soin d'eux envoyez-les à ma sœur. Que vous m'ayez laissée [sic!], ce n'est pas grave mais ne le faites pas avec mes enfants" (le 28 juin 2016), "Ton fils m'a délaissé [sic!]" (le 26 juillet 2016), ou encore "Ton autre fils est fou" (le 13 décembre 2016). i.c. Quant à X______, il a également passé depuis la prison de Champ-Dollon plusieurs appels téléphoniques à sa famille. Il a en particulier appelé à quatorze reprises le numéro pakistanais 13______, attribué à son frère V______, entre le 28 novembre 2017 et le 18 juillet 2018. Il ressort du contenu de ces conversations qu'X______ a demandé à son frère d'empêcher Z______, désignée par les surnoms de "ZE______" ou de "la grande
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ZE______", de converser avec quelqu'un d'autre que lui, y compris avec leur mère, si elle "ne va pas à l'école", étant précisé que les enfants du couple d'X______ et de Z______, AI______, AJ______ et AK______, se trouvent au Pakistan dans leur famille paternelle. Par ailleurs, X______ a demandé à son frère de ne pas répondre aux courriers de son épouse ("si la grande ZE______ veut écrire ses devoirs qu'elle le fasse mais tu ne lui écris pas"). Enfin, il a ordonné également à son frère de trouver une excuse pour éviter que tant son épouse que sa belle-sœur s'entretiennent avec ses enfants ("Si ZE______ ne va pas à l'école, personne d'autre ne doit lui parler à part toi et si leur tante demande, ne la laisse pas parler aux enfants non plus, si elle ne va pas à l'école, ça ne sert à rien"). j. Déclarations des prévenus j.a. Z______ j.a.a. Entendue par la police, Z______ a, dans un premier temps, contesté son implication dans un trafic de stupéfiants. Elle n'avait jamais vu de drogue, pas plus qu'elle ne consommait de produits stupéfiants ou n'en avait transporté par le passé. De même, son entourage ne consommait pas ni ne trafiquait des stupéfiants. Elle était arrivée à Genève par avion le 1er novembre 2014 en provenance du Pakistan, où elle s'était rendue une vingtaine de jours dans ses résidences d'Islamabad et de Peshawar. Elle avait acheté un billet d'avion auprès de l'agence de la compagnie S______ à Peshawar, pour le montant d'EUR 980.- qu'elle avait réglé en espèces grâce à ses revenus et à ceux de son mari, lequel gagnait EUR 1'500.- par mois. Le 31 octobre 2014, aux alentours de 11h00, elle avait quitté sa résidence d’Islamabad avec la voiture familiale pour se rendre à l’aéroport de Karachi en compagnie de ses deux beaux-frères, W______ et V______, et de ses trois enfants. Une fois arrivés au centre de Karachi, ils avaient dîné tous ensemble, puis V______ et ses trois enfants étaient retournés à leur domicile, tandis qu'elle était restée sur place avec W______, avec lequel elle s'était rendue vers 22h45, en taxi, à l'aéroport de Karachi, où ils s'étaient séparés. Elle était ensuite entrée seule dans l’aéroport avec son bagage, qui était de forme rectangulaire, de couleur bleu foncé avec une bande de couleur châtaigne sur le devant, au milieu de laquelle figurait l’inscription “Excellente”, et sur lequel elle avait attaché un ruban de couleur orange afin de pouvoir le reconnaître. Dans l'aéroport, elle s'était soumise à cinq contrôles de police successifs, au cours desquels le contenu de son bagage avait été vérifié, notamment pour détecter des stupéfiants et des explosifs. A l’issue de ces contrôles, elle s'était rendue au guichet d'enregistrement, où un employé, après avoir procédé aux vérifications usuelles, avait attaché l'étiquette comportant le tag des vols sur la poignée de son bagage, puis lui avait remis son billet d'avion, ainsi que le reçu du bagage mentionnant le poids de celui-ci, de 12 kilogrammes. Après avoir placé son bagage sur un tapis roulant, elle était directement allée à la douane, puis, à l'issue
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d'un ultime contrôle, elle était montée à l'étage du hall d’embarquement et avait embarqué avec les autres passagers à 03h30. A son souvenir, l'avion avait décollé aux alentours de 04h15 et avait atterri à Doha vers 06h30. En transit dans cet aéroport, elle s'était immédiatement dirigée vers la porte d'embarquement du vol à destination de Genève. L'avion avait décollé à 08h10 et atterri à Genève aux alentours de 13h30-14h00. Vers 15h40, elle s'était rendue à la porte d'embarquement du vol pour Bruxelles, s'était assise sur la première rangée de sièges et avait attendu l'embarquement de son vol. A cet endroit, elle avait vu Y______, qu'elle appelait "YA______" et dont elle avait fait la connaissance, deux ans avant son interpellation, lors d'un déménagement à Lisbonne, puis revu à quatre ou cinq reprises avant le 1er novembre 2014. "YA______" était venu vers elle, lui avait serré la main et s'était assis à quelques sièges d'elle, pour des raisons liées à la religion. Il avait pris de ses nouvelles ainsi que de celles de ses enfants et lui avait proposé un café. Elle ignorait qu'il se trouvait à Genève en même temps qu'elle et qu'il prendrait le même vol à destination de Bruxelles, étant précisé que "YA______" n'avait rien écrit lors de leur discussion. Si son mari était en possession du numéro de "YA______", car il connaissait la communauté indopakistanaise de Lisbonne, tel n'était pas son cas et elle ne pensait pas que "YA______" eût son propre numéro de téléphone. Par la suite, alors qu'elle s'apprêtait à passer la porte d'embarquement, elle avait été interpellée. Durant son voyage, elle avait appelé à plusieurs reprises W______, ainsi que ses enfants et avait envoyé des SMS lorsqu'elle se trouvait dans l'aéroport de Karachi. Parvenue à Doha, elle avait utilisé sa carte SIM pakistanaise pour prévenir W______ de son arrivée, avant de placer sa carte SIM portugaise pour tenter de joindre son mari, en vain. A Genève, elle avait reçu des appels et des messages de son mari, lequel lui avait envoyé des codes de recharge pour son téléphone. Les inscriptions "6______" et "7______" figurant sur le billet dont elle était en possession lors de son interpellation correspondaient respectivement au numéro de téléphone de son mari et à celui d'une amie. Elle n'avait aucune explication quant au fait que le tag du bagage dans lequel se trouvait la drogue était à son nom et coïncidait avec le reçu de son propre bagage. Sans doute l'étiquette avait-elle dû être ôtée par un individu. Elle a précisé en outre qu'elle n'avait jamais vu le sac doté d'un ruban vert que la police lui avait présenté. Elle n'avait pas pris de vol direct de Genève à Lisbonne en raison du fait qu'il n'y avait plus de place disponible et que les connections depuis Bruxelles étaient plus nombreuses.
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j.a.b. Dans un second temps, entendue par la police et par le Ministère public, Z______ est revenue sur ses déclarations et a admis sa participation à un trafic de stupéfiants, reconnaissant avoir fait une "grande bêtise". En février 2013, lors d’un précédent voyage de retour du Pakistan, où elle avait rendu visite à ses trois enfants qui y vivaient dans la famille de son époux, trajet qu'elle a relaté une fois, via Doha et à destination de Madrid avec la compagnie aérienne S______, et une autre fois de Lahore, via Djeddah avec la compagnie aérienne AL______, elle avait fait la connaissance d’une personne d'origine pakistanaise et vivant à Madrid, nommée "Mama", avec laquelle elle avait conversé en espagnol. Elle a successivement décrit "Mama" comme étant grand, brun, bedonnant et portant la moustache, puis ayant des cheveux noirs, des yeux foncés, un grand nez, une courte barbe et étant de la même taille qu'elle. Au cours de leur discussion, elle lui avait fait part de sa situation financière difficile et du fait qu’elle n’avait pas de travail. Arrivés à Madrid, "Mama" l'avait accompagnée jusqu'au métro, d'où elle devait rejoindre la gare routière, puis prendre un bus pour Lisbonne. A cette occasion, il lui avait proposé un travail "facile" consistant à transporter de la drogue du Pakistan à Bruxelles, en échange d'EUR 10'000.-, sans lui préciser de quel type de drogue il s'agissait, ni la quantité à transporter. "Mama" lui avait expliqué qu'elle devrait se présenter à l'enregistrement avec une valise, laquelle serait échangée avec un autre bagage qu'elle récupérerait une fois arrivée à destination. A cette époque, elle avait refusé cette proposition gardant toutefois en mémoire le numéro de téléphone que "Mama" lui avait communiqué, à savoir le 43______. Fin 2014, sa situation financière s'étant dégradée suite à la perte de son emploi, à l'instar de son mari, elle avait accumulé des dettes et avait décidé de retourner seule au Pakistan, où elle comptait demeurer jusqu'à ce que sa situation s'améliore. A la fin de son séjour au Pakistan, elle avait pris contact avec "Mama" pour l'informer de son retour au Portugal. Ils s'étaient ainsi revus le 25 ou le 26 octobre 2014, vers 14h00, à Islamabad, dans un café KFC. A cette occasion, "Mama" lui avait proposé à nouveau de transporter de la drogue de Karachi à Bruxelles, via Doha et Genève le 1er novembre 2014, ce qu'elle avait accepté. C'était ainsi que, sur recommandation de "Mama", elle s'était rendue dans l'agence de voyage de la compagnie aérienne AM______ à Peshawar, où elle avait fait semblant d'acheter des billets d'avion afin de montrer à sa famille la date et l'heure de ses vols. En réalité, lesdits vols avaient été réservés par "Mama" et elle avait retiré les billets d'avion directement à l'aéroport. Afin de cacher ses agissements à sa famille, elle avait rempli sa valise, qui pesait 12 kilos, de divers effets personnels. Elle s'était effectivement rendue en voiture à l'aéroport de Karachi en compagnie de ses enfants et de ses deux beaux-frères, précisant que le trajet depuis Islamabad avait duré entre quatre et six heures. A son arrivée dans l'aéroport, elle avait présenté sa fausse réservation, puis avait retiré ses billets d'avion au guichet de la compagnie aérienne et avait passé les cinq contrôles de sécurité avec sa propre valise, laquelle
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était munie d'un ruban orange. Une fois cette dernière enregistrée, une personne, dont elle ignorait l'identité, avait procédé à l’échange des valises. Elle ne savait pas quand précisément cet échange avait eu lieu, de même que le type et la quantité de drogue contenue dans la valise substituée à la sienne. Elle avait en revanche été informée que la valise qu'elle devait récupérer était de couleur noire et comportait un ruban vert. Elle avait voyagé seule, avait eu très peur et s'était fait beaucoup de soucis. Dans le hall d'embarquement de l'aéroport de Genève, elle avait rencontré par hasard Y______, une connaissance de Lisbonne, dont elle ignorait l'implication dans le transport de la drogue en question. Ce dernier l'avait saluée et s'était assis à deux ou trois sièges d'elle, puis ils avaient brièvement conversé, ne parlant pas la même langue. "Mama" l'avait instruite de récupérer, une fois arrivée à Bruxelles, la valise qui contenait la drogue sur le tapis roulant, et de la remettre directement, sans parler à des tiers, ni se rendre aux toilettes, à une personne, dont elle ignorait l'identité, qui l'attendrait à l'extérieur de l'aéroport et la reconnaîtrait. En contrepartie, elle devait recevoir EUR 10'000.-, respectivement une somme d'argent pouvant aller jusqu'à EUR 10'000.-. Elle avait ensuite prévu de retourner à Lisbonne, ignorant toutefois par quel moyen. j.a.c. Elle ne connaissait pas D______, U______, AN______, BB______, BA______ ou encore AO______, précisant toutefois que le terme "AN______" correspondait à la région dont son mari était originaire. j.a.d. Z______ a confirmé qu'elle avait rédigé, à la demande de son mari, les deux documents retrouvés lors de la perquisition de l'appartement situé à H______, à teneur desquels l'intéressé sollicitait l'obtention d'un visa pour le Pakistan en faveur de Y______, documents dont elle avait signé l'un des exemplaires. j.a.e. Interrogée sur ses précédents voyages, elle a déclaré que depuis quatre ans, elle avait pour habitude de se rendre une fois par année au Pakistan pour voir ses enfants, empruntant lors de ses voyages divers routings. Elle ne se souciait pas du prix des billets, acquis auprès de diverses agences de voyages, achats financés grâce à ses revenus, ceux de son époux, et à l'aide de sa belle-mère. Au surplus, elle réservait les billets d'avion et les hôtels dans lesquels elle séjournait en fonction des circonstances, parfois en avance, parfois à la dernière minute. Ainsi, entre 2010 et 2012, elle avait voyagé à plusieurs reprises entre l'Europe et le Pakistan et s'était rendue en 2012 à Curitiba, au Brésil pour y subir une opération consistant en la pose d'un by-pass. En 2013, elle avait effectué plusieurs voyages, à savoir : - en février, d'Islamabad à Madrid, via Doha, avec la compagnie aérienne S______, après avoir séjourné environ une année au Pakistan, en partie avec son époux, lequel était quant à lui rentré deux ou trois mois avant
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elle, puis, de Madrid à Lisbonne en bus. C'était au cours de ce voyage qu'elle avait fait la connaissance de "Mama"; - au début du mois de mai, de Lisbonne à Lahore, via Bruxelles et Dubaï ou Doha, pour l'anniversaire de son fils, avec les compagnies aériennes K______ et AP______. Elle se rappelait avoir acheté son billet dans une agence de voyage située à Lisbonne et l'avoir réglé en espèces; - le 18 octobre, d'Amsterdam à Lisbonne, avec la compagnie I______, expliquant successivement, s'agissant du but de ce voyage, s'être rendue seule à Amsterdam le 16 octobre 2013 pour se promener et y avoir rencontré un groupe d'amies brésiliennes, puis, s'y être rendue afin d'y retrouver sa famille venue du Brésil. Confrontée aux informations relatives au routing qu'elle avait emprunté, à savoir Islamabad-Bangkok- Amsterdam, elle a finalement expliqué qu'elle était revenue du Pakistan avec son mari et qu'ils étaient sortis de l'aéroport à Bangkok. Son époux était resté en Thaïlande, où il avait l'intention de travailler, tandis qu'elle était pour sa part rentrée en Europe avec un vol de Bangkok à Amsterdam. En 2014, elle avait effectué les voyages suivants : - en janvier, elle s'était rendue à Amsterdam en avion pour y retrouver sa cousine, laquelle était venue du Brésil afin de voyager en Europe avec un groupe d'amis, et lui avait apporté des affaires. Elle l'avait rencontrée dans une gare à Amsterdam, pendant quelques heures; - en février, elle avait fait un aller-retour au Pakistan en effectuant le routing Lisbonne-Amsterdam-Bangkok-Islamabad, avec les compagnies N______ et AQ______. Elle a successivement expliqué qu'elle avait voyagé seule à l'aller et avait effectué, au cours de ce trajet, une escale de quatre jours à Bangkok, où elle avait séjourné dans un hôtel à l'extérieur de la ville et acheté des habits afin de les revendre à des connaissances, puis qu'elle était ensuite restée deux mois au Pakistan, et que lors du trajet du retour son mari avait pris un vol avec elle d'Islamabad à Bangkok, où ils s'étaient arrêtés, mais n'ayant pas apprécié la ville, elle était retournée en Europe, alors qu'il était resté sur place une quarantaine de jours pour travailler. Puis, relatant de manière confuse le même voyage, elle a expliqué qu'en février 2014, elle était retournée à Islamabad via Bangkok, ville dans laquelle elle était restée cinq jours. Son mari était par la suite rentré à Lisbonne, en laissant des affaires à Bangkok, dont une carte qui permettait aux Pakistanais binationaux d'entrer au Pakistan. Ayant prévu de retourner à Bangkok, elle en avait profité pour récupérer les affaires de son mari et était ensuite à nouveau allée au Pakistan, avant de les lui ramener à Lisbonne;
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- à une date indéterminée en 2014, elle était allée à Bruxelles, avec la compagnie aérienne N______, expliquant successivement à cet égard avoir assisté aux funérailles d'une connaissance, puis avoir transité par cette capitale; - en août, elle s'était rendue de Madrid à Karachi, via Djeddah, en compagnie de son fils aîné, avec la compagnie aérienne AL______, précisant que son époux avait payé les billets d'avion par carte de débit dans une agence de Lisbonne pour environ EUR 900.-. Elle était restée quelques semaines au Pakistan et, au retour, à la fin du mois d'août 2014, avait voyagé seule, avec la compagnie aérienne AM______, en effectuant le routing Karachi-Dubaï ou Djeddah, puis Athènes. Elle avait acheté son billet d'avion auprès d'une agence de voyage située à Islamabad pour PKT 90'000.-, correspondant selon elle à EUR 720.-. A Athènes, le prix des billets d'avion étant trop élevé, elle avait demandé à son mari qu'il lui en achète un depuis Lisbonne, ce qu'il avait fait. Il lui avait ensuite communiqué les informations relatives à son vol par SMS depuis le numéro d'un tiers. Elle était donc restée un jour et demi à Athènes, où elle avait séjourné dans un hôtel et avait acheté un téléphone portable et une carte SIM grecque pour EUR 10.-, son propre téléphone portable étant déchargé. Sur place, elle avait en outre rencontré une amie prénommée ______, qu'elle avait connue au Portugal et qui vivait désormais en Grèce. Parvenue à Madrid, elle avait pris le bus pour se rendre à Lisbonne; - le 3 octobre, depuis Lisbonne, elle était allée en bus jusqu'à l'aéroport de Barcelone puis, le lendemain, elle avait acheté un billet d'avion à destination d'Islamabad, avec la compagnie aérienne R______, pour EUR 650.-, payés en espèces, étant précisé qu'elle avait voyagé avec deux de ses enfants et que les billets d'avion de ces derniers avaient été acquis au Pakistan par sa belle-mère; - le 1er novembre, elle avait pris un premier vol de Karachi à Doha, puis un second vol de Doha à Genève, ville dans laquelle elle avait été interpellée quelques minutes avant d'embarquer pour Bruxelles. Elle ne se rappelait en revanche pas avoir voyagé à Bangkok en avril 2014. Elle ignorait que son mari s'était rendu régulièrement à Amsterdam, qu'il était venu en Suisse par le passé, et qu'il voyageait fréquemment à destination de diverses villes d'Europe. A sa connaissance, son mari n'avait pas d'argent et, s'il s'absentait, c'était pour de courtes durées, dans le cadre de son travail sur les marchés. Le seul voyage qu'elle lui connaissait était un aller-retour en Italie, durant la même journée, qu'elle a successivement expliqué par le fait qu'il s'était rendu au chevet d'un ami pakistanais malade, respectivement qu'il avait assisté à un enterrement.
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j.a.f. Questionnée sur la téléphonie, Z______ a fourni les explications suivantes : - au sujet du téléphone portable NOKIA (numéro IMEI 41______), elle a successivement expliqué qu'elle le possédait depuis quatre ou cinq ans et qu'elle en était la seule utilisatrice, puis qu'il lui avait été prêté par une collègue de travail nommée AR______ six ou sept mois auparavant, avant de finalement déclarer que sept ou huit mois avant son arrestation, cette dernière le lui avait donné, étant précisé que son mari utilisait parfois cet appareil; - elle était la seule utilisatrice de la carte SIM LYCAMOBILE Portugal (numéro ______ et numéro d'appel 4______) qui se trouvait dans son téléphone NOKIA, qu'elle avait employée à l'aéroport de Genève le 1er novembre 2014, tant pour appeler son mari que recevoir un SMS de sa part, dont notamment celui comportant des codes de recharge de crédit; - concernant la carte SIM UFONE Pakistan (numéro 42______), elle a, dans un premier temps, déclaré en être la seule utilisatrice régulière et a précisé qu'il arrivait parfois que des membres de sa famille s'en servent. Entre les 31 octobre et 1er novembre 2014, après avoir passé le service de l'immigration de l'aéroport de Karachi, elle avait utilisé cette carte SIM pour envoyer des SMS et téléphoner à W______ ainsi qu'à ses enfants. A l'aéroport de Doha, elle avait encore adressé un SMS à son beau-frère au moyen de cette carte SIM pour l'informer de son arrivée. Dans un second temps, elle a expliqué que cette carte SIM était enregistrée au nom de W______, lequel avait composé et enregistré les numéros qui s'y trouvaient. Elle avait pour habitude d'utiliser cette carte SIM lorsqu'elle se trouvait au Pakistan et de la laisser sur place, à disposition de ceux qui en avaient besoin, lorsqu'elle quittait le pays. A l’occasion de son dernier voyage, elle l'avait emportée par erreur; - elle était la seule utilisatrice des deux cartes SIM Vodafone Grèce (numéros ______ et ______), achetées en août 2014 lors de son voyage en Grèce. j.a.g. S'agissant d'X______, Z______ a successivement indiqué qu'il ne téléphonait pas souvent, même s'il possédait deux téléphones portables et qu'il achetait très fréquemment des cartes SIM, ce qui était plus avantageux économiquement, puis que le seul raccordement qu'il possédait était le 32______, enregistré sous "Amor" dans son téléphone. En outre, s'agissant des raccordements attribués à X______, elle a donné les explications suivantes : - le numéro de téléphone portugais 16______, enregistré dans le répertoire de son téléphone sous "XH______" et "XI______", était celui de son mari,
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auquel elle avait fait un appel en absence le 1er novembre 2014, à 16h06, afin qu'il la rappelle, ce qu'il avait fait à 16h08, appel lors duquel ils avaient notamment conversé de leurs enfants, de son voyage et du moyen de transport qu'elle comptait prendre pour rejoindre Lisbonne depuis Bruxelles. Elle avait en outre reçu un SMS de ce raccordement 16______ dont le contenu concernait un code de recharge de crédit pour son téléphone ("Babra n 17______ ok r ecarga 5 eru 46______ ok"), précisant que le mot "Babra" signifiait "chérie" en pachtou et qu'elle ignorait que le numéro 17______ était identique au raccordement de Y______, sans l'indicatif, ainsi que les raisons pour lesquelles son mari avait eu des contacts avec ce numéro de téléphone à plusieurs reprises les 30 octobre et 1er novembre 2014. Elle est ensuite revenue sur ses déclarations et a ainsi successivement expliqué qu'il ne s'agissait pas du numéro de téléphone de son mari mais de celui d'un tiers, lequel devait prendre contact avec elle lorsqu'elle se trouverait en Europe afin de lui communiquer les coordonnées de la personne à laquelle elle devait confirmer la livraison de la valise, puis, que ce numéro 16______ appartenait à un certain "XN______" qu'elle ne connaissait pas, avec lequel elle avait conversé, en portugais, de la manière dont se déroulait son voyage. Ce dernier lui avait rappelé les instructions de "Mama" au sujet des démarches à effectuer à Bruxelles. Selon ses suppositions, "Mama", qui ne l'avait pas prévenue qu'un individu l'attendrait à l'aéroport de Genève, avait dû transmettre son numéro de téléphone à "XN______". Quant au numéro 17______, reçu par SMS, il s'agissait de celui de la personne qui devait s'occuper d'elle et qu'elle devait contacter, ce qu'elle n'avait pas fait. Ainsi, et en dépit du contenu du SMS qu'elle avait reçu de ce numéro de téléphone, le 1er novembre 2014, à 17h37 ("Amor bej"), il ne s'agissait pas du numéro de téléphone de son mari. Elle a par la suite encore expliqué que ce raccordement 16______ appartenait au dénommé "XP______", qu'elle n'avait jamais rencontré. Elle avait enregistré ce numéro sous "XI______" lorsque "Mama" le lui avait donné et l'avait composé, faisant un appel en absence pour vérifier qu'il était bien enregistré. Elle ne se souvenait toutefois pas en détails de la teneur des conversations téléphoniques qu'elle avait eues avec son interlocuteur le 1er novembre 2014 à 14h24, 14h39, à 16h06 et 16h08, si ce n'était que "XP______", qui l'avait rassurée tout au long de son voyage et l'avait prévenue qu'un individu, dont il lui avait adressé le numéro de téléphone par SMS, la rejoindrait à l'aéroport de Genève pour s'occuper d'elle. Elle ignorait que cet individu était Y______. Au surplus, elle supposait que "XP______" avait tenté de la joindre le 1er novembre 2014 à 18h33, 18h44, 18h52, 19h10 et 19h40 car elle n'était pas arrivée à Bruxelles; - le numéro de téléphone portugais 18______, duquel elle avait reçu un SMS, contenant des informations relatives à son vol au départ d'Athènes
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et à destination de Madrid ("Booking reservation number 2 lgoj O______ a 36 86 confirmed 29 august 2014 athens greece ok") sur son raccordement grec, le 28 août 2014, était celui d'un tiers au moyen duquel son mari lui avait envoyé ce SMS. Elle a indiqué par la suite qu'elle ne se souvenait pas de ce numéro de téléphone; - dans un premier temps, que le numéro de téléphone 11______, enregistré sous "XD______", l'avait été par AR______, avant d'admettre que ce raccordement avait été utilisé tant par son mari que par elle. Puis, confrontée aux déclarations de Y______, selon lesquelles ce numéro de téléphone était vraisemblablement celui d'X______, elle a contesté qu'il pût s'agir de celui de son mari, étant précisé qu'elle ignorait que ce dernier avait mentionné ce numéro lors de la réservation d'un vol de Genève à Amsterdam; - elle n'avait reçu aucun appel du numéro de téléphone suisse 12______ les 2 et 3 octobre 2014 et ne connaissait personne en Suisse; - le numéro de téléphone thaïlandais 22______, duquel elle avait reçu un SMS, le 20 mars 2014, alors qu'elle se trouvait seule à Bangkok, ("Salam bhai 24______ ok"), appartenait probablement à son mari, puis a affirmé qu'elle ne connaissait pas ce numéro et ignorait les raisons pour lesquelles il figurait dans les derniers numéros composés par Y______. S'agissant des autres raccordements attribués dans le cadre de cette procédure, elle a expliqué : - à deux reprises, que le numéro de téléphone pakistanais 15______ correspondait au raccordement utilisé par V______, avec lequel elle avait échangé des SMS et reçu un appel le 1er novembre 2014, avant d'affirmer qu'elle ignorait l'identité de son interlocuteur et qu'il s'agissait du raccordement auquel elle devait confirmer avoir passé avec succès tous les contrôles à l'aéroport. C'était la raison pour laquelle ce raccordement 15______ lui avait adressé à 03h32 le SMS contenant les inscriptions qui devaient figurer sur son bagage ("Q.r708236 .bru.sn2720 . q.r.gva 103 r.r doh 605 name ZB______") et qu'elle lui avait répondu "OK" par SMS à 04h33; - que le numéro de téléphone pakistanais 13______ appartenait à son beaufrère, V______, avant de déclarer qu'elle n'en était pas certaine; - que le numéro de téléphone pakistanais 14______, appartenait à son beaufrère, W______, auquel elle téléphonait pour parler à ses enfants, puis que ce numéro de téléphone était celui de sa belle-sœur, AD______; - que le numéro de téléphone pakistanais 2______, figurant dans sa carte SIM UFONE pakistanaise sous "AB______", avait vraisemblablement été
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enregistré par son époux, dès lors qu'elle ne connaissait personne se nommant ainsi; - qu'elle ne se souvenait pas avoir transmis à son amie AZ______, lors d'une conversation FACEBOOK, le numéro de téléphone hollandais 24______; - que le numéro de téléphone pakistanais 43______, qu'elle connaissait par cœur, était celui de "Mama"; - qu'elle n'avait aucune idée de l'identité des titulaires des numéros suivants : 24______ (attribué à X______), 31______ (attribué à X______), 19______ (attribué à X______), 8______ (attribué à Y______) et 30______. j.a.h. Z______ a en outre expliqué qu'elle était la propriétaire de l'IPad 2 saisi lors de la perquisition de l'appartement situé à H______. Elle ne se rappelait pas si elle avait prêté cet appareil à son mari. Elle disposait d'une boîte de courriers électroniques à laquelle son mari n'avait pas accès, d'un compte FACEBOOK, dont l'identifiant était ZA______18@hotmail.com et le mot de passe "______". Elle en était la seule utilisatrice. Elle ignorait les raisons pour lesquelles des connections sur ledit compte s'étaient produites postérieurement à son interpellation. j.a.i. Depuis la prison de Champ-Dollon, elle s'était entretenue avec sa sœur AH______, à laquelle elle avait exposé les raisons de son incarcération. Sa famille avait toujours pensé que celle de son mari lui avait "fait un lavage de cerveau" et que ce dernier l'avait forcée à transporter de la drogue, ce qui expliquait les remarques de sa sœur ("tu savais bien le risque que tu courais en faisant ces bêtises que XK______ t'a demandées"). j.b. Y______ j.b.a. Entendu par la police et par le Ministère public, Y______ a d'emblée et tout au long de la procédure nié toute implication dans un trafic de stupéfiants, plus particulièrement dans le transport du bagage contenant 19'695.2 grammes d'héroïne blanche, enregistré au nom de Z______ et a déclaré n'avoir jamais consommé de stupéfiants. j.b.b. Il avait voyagé seul et était arrivé le matin du 1er novembre 2014 à l'aéroport de Genève, en avion, en provenance de Lisbonne, ayant acheté son billet d'avion, la veille de son départ, dans une agence de voyage de Lisbonne, pour EUR 395.-. Y______ a donné de multiples explications sur les motifs de sa venue à Genève et son emploi du temps sur place. Il a ainsi d'abord indiqué qu'il avait prévu de passer cinq ou six heures à Genève afin de chercher du travail auprès d'une connaissance prénommée AS______, rencontrée par le passé à Lisbonne, sur les
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conseils d'un autre ami prénommé AT______. Concernant les circonstances exactes de leur rencontre, il a successivement exposé qu'ils s'étaient retrouvés devant l’aéroport de Genève, puis à l'extérieur de l'enceinte de celui-ci, et s'étaient vus durant quatre ou cinq heures, durée qu'il a par la suite ramenée à sept minutes, confronté aux images de vidéosurveillance de l'aéroport. Y______ a également varié dans ses explications s'agissant du contenu de la proposition de travail faite par AS______. Il a ainsi déclaré que ce dernier, qui avait un commerce de cartes SIM, lui avait proposé de vivre chez lui et de travailler dans la vente d’habits dans les foires, proposition qu'il avait toutefois déclinée, faute de temps et d'intérêt, puis que AS______ lui avait suggéré de rester à Genève car l'individu qui pouvait lui proposer du travail était absent. Ultérieurement, Y______ a encore déclaré qu'il était venu à Genève pour envisager, avec un ami, la possibilité d'envoyer des travailleurs en Suisse car, selon les informations qui lui avaient été données, un peintre pouvait gagner jusqu'à EUR 5'000.- par mois. Son ami lui avait toutefois indiqué qu'il n'y avait pas de travail. Y______ ne lui avait pas simplement téléphoné au lieu de se déplacer en Suisse, du fait qu'il avait l'intention de se rendre à Londres pour ouvrir un restaurant et qu'il s'était dit "pourquoi ne pas passer par la Suisse", particulièrement par Genève, où se trouvait la seule personne qu'il connaissait. C'était, selon lui, l'occasion de connaître la Suisse, bien qu'il n'ait pas eu beaucoup de temps car il était en transit, disposant déjà, en arrivant à Genève, d'un billet d'avion pour Bruxelles, acheté dans l'agence de voyage AU______ à Lisbonne pour EUR 275.-, réglés en espèces. Concernant Bruxelles, Y______ a successivement indiqué qu'il avait prévu d'y demeurer un ou deux jours afin de trouver du travail en qualité de peintre, puis qu'il avait envisagé de demeurer sur place durant une demi-journée ou une journée, afin de retrouver des connaissances qui lui avaient emprunté environ EUR 2'300.- au Portugal, et devaient les lui restituer. Par la suite, il a expliqué qu'il devait récupérer une partie des GBP 50'000.- qu'il avait prêtés en vue de l'ouverture de son restaurant à Londres à des personnes, venant du Royaume-Uni, se trouvant en Belgique. Il devait recevoir le solde dudit montant à Londres, destination finale de son voyage, où il avait prévu d'aller chez sa tante à Wembley (Royaume-Uni), puis à Leicester (Royaume-Uni), après être préalablement retourné au Portugal. Pour le surplus, il ne connaissait pas U______, ni BA______ ou AO______. Quant à V______, il lui a semblé le reconnaître sur une photographie qui lui avait été présentée et pensait l'avoir rencontré par le passé près de la Mosquée à Lisbonne. j.b.c. Concernant ses liens avec les autres protagonistes, Y______ a dans un premier temps contesté connaître X______ et Z______, qu'il avait rencontrée de manière fortuite dans le hall d'embarquement de son vol pour Bruxelles. Ils avaient discuté pendant une quinzaine de minutes et, comme ils venaient tous deux de Lisbonne, elle lui avait proposé de le revoir ultérieurement, raison pour laquelle il avait inscrit les prénom, nom de famille et numéro de téléphone de l'intéressée sur une enveloppe, qu'il avait par la suite conservée. Sur cette
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enveloppe figurait également l'inscription du numéro "5______" d'une personne habitant en Hollande, qu'il comptait rencontrer pour une opportunité d'emploi. Par la suite, lorsque les passagers avaient été appelés pour l'embarquement, ils s'étaient tous les deux levés. Il avait passé la porte d'embarquement et avait constaté qu'il n'en était pas de même pour Z______. Il l'avait d'abord attendue, puis avait marché en direction de l'aéronef. C'était à ce moment-là qu'il avait été interpellé par la police. Confronté aux éléments matériels du dossier, Y______ a par la suite admis que deux ans avant son interpellation, il avait fait la connaissance d'X______, avec lequel il n'était toutefois pas ami. Concernant les circonstances exactes de leur rencontre, il a successivement indiqué que celle-ci avait eu lieu par hasard, puis par le biais d'un ami commun. Il fréquentait régulièrement X______ le vendredi à la Mosquée après la prière et tous deux se téléphonaient parfois. Y______ a également varié dans ses explications s'agissant des derniers contacts qu'ils avaient échangés puisqu'il a déclaré, tout d'abord, avoir partagé un verre avec X______ et lui avoir téléphoné, quinze jours avant son arrestation, puis l'avoir appelé et vu le 31 octobre 2014, et enfin ne pas l'avoir vu avant son départ, mais lui avoir simplement parlé au téléphone, car ce dernier cherchait du travail pour un tiers. Ils n'avaient cependant jamais parlé de stupéfiants ensemble, de telle sorte qu'il supposait qu'X______ n'était pas informé du transport de drogue effectué par son épouse. Par le passé, ce dernier avait souhaité l'inviter au Pakistan, d'où les documents retrouvés lors de la perquisition de l'appartement situé à H______. Faute d'avoir reçu le visa sollicité, il n'avait pas effectué ce voyage. Il avait rencontré Z______ lors d'un déménagement et l'avait croisée ultérieurement, sans toutefois discuter avec elle. Revenant sur ses déclarations, Y______ a indiqué, s'agissant des inscriptions figurant sur l'enveloppe en possession de laquelle il avait été arrêté, qu'X______ avait dû lui donner, quelques jours avant son départ, le numéro de téléphone de son épouse afin qu'il l'aide à l'aéroport. Questionné sur les raisons pour lesquelles il avait inscrit le nom de Z______ sur deux supports différents, Y______ a exposé dans un premier temps qu'il avait oublié l'avoir déjà écrit une première fois, d'où la seconde inscription, avant d'affirmer qu'il l'avait simplement réécrit plus lisiblement. j.b.d. S'agissant des inscriptions figurant dans le carnet, en possession duquel il s'était fait arrêter, à savoir "Thailand, 47______, XF______, 39______", "XC______, 49______, 50______", " XC______, 11______, 19______, 6______" il a successivement expliqué qu'elles concernaient une connaissance d'origine pakistanaise habitant à côté de Lisbonne qui se nommait XC______, mais dont le prénom se prononçait Ilsad, puis qu'il s'agissait des numéros de téléphone d'X______.
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j.b.e. Confronté à certains mouvements relevés sur ses comptes bancaires, Y______ a indiqué que, d'une manière générale, il avait pour habitude de verser et de retirer de faibles montants. Il avait en particulier effectué un versement d'EUR 4'000.-, le 5 mars 2014, à son retour de Thaïlande, ayant gagné EUR 12'000.- en une semaine en repeignant, avec un ami, l'intégralité de la pension dans laquelle il habitait. EUR 2'000.- avaient été déposés sur son compte bancaire le 26 mai 2014, également à son retour de Thaïlande, du fait qu'en rentrant de vacances, il avait souvent besoin d'argent et avait ainsi sollicité cette somme auprès de personnes pour lesquelles il avait travaillé. j.b.f. Il était allé à quatre ou cinq reprises à Katmandou depuis l'Inde, pour des motifs religieux, entre 1990 et 2007-2008, voyages lors desquels il n'avait pas eu de problème avec la police, avant d'admettre avoir transporté, du Népal à Madrid, un sac qui devait contenir des décorations pour un restaurant à Madrid, mais qui renfermait, en réalité, 1.7 kilogramme de drogue. En décembre 2013, il s'était rendu à Amsterdam, expliquant dans un premier temps avoir fait du tourisme et rencontré des amis, puis être rentré vraisemblablement de Bangkok, admettant ne jamais être allé à Amsterdam directement depuis Lisbonne. Il avait d'ailleurs pour habitude de rester sur place deux ou trois jours, en vacances. Après avoir initialement affirmé qu'il n'avait jamais voyagé avec X______, Y______ a concédé avoir, à une seule reprise, en 2014, pris un vol d'Amsterdam à Lisbonne en compagnie de l'intéressé. Il a successivement expliqué qu'à cette occasion, il se trouvait à Amsterdam pour le tourisme, ainsi que pour trouver du travail et qu'il avait rencontré X______ par hasard dans un restaurant, puis que ce dernier avait pris contact avec lui pour lui annoncer qu'il se trouvait sur place, afin de rendre visite à un oncle ou à un cousin, et qu'il s'était arrangé pour prendre un billet sur le même vol de retour que lui. Il a finalement admis que ce séjour à Amsterdam faisait suite à un voyage à Bangkok. En 2014 également, il était allé pour la première fois en Grèce, à des dates dont il ne se souvenait pas. Il était resté quatre ou cinq jours à Athènes, où il avait séjourné à l'hôtel Alma, pour rendre visite à des amis sikhs et faire du tourisme. Il a, dans un second temps, précisé s'être rendu dans ce pays pour le visiter avec un ami et avoir séjourné à l'hôtel ______ car l'hôtel ______ était insalubre. Il ne se rappelait pas s'être entretenu par téléphone avec X______ lors de ce séjour. Au retour, il avait pris un vol d'Athènes à Bruxelles, avec la com