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Genève Tribunal pénal 24.01.2025 P/14716/2020

24. Januar 2025·Français·Genf·Tribunal pénal·PDF·16,870 Wörter·~1h 24min·1

Zusammenfassung

CP.111; CP.133; LCR.91; CP.303; CP.123; LStup.19; LStup.19

Volltext

Siégeant : M. Niki CASONATO, président, Mme Judith LEVY OWCZARCZAK et M. Claudio FEDELE, juges, Mme Juliette STALDER, greffière P/14716/2020 RÉPUBLIQUE ET

CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE

JUGEMENT DU TRIBUNAL CORRECTIONNEL Chambre 19

24 janvier 2025

MINISTÈRE PUBLIC Monsieur C______, partie plaignante, assisté de Me D______ Monsieur E______, partie plaignante contre Madame A______, née le ______ 1997, domiciliée ______[GE], prévenue, assistée de Me F______ Madame B______, née le ______ 2001, domiciliée ______[GE], prévenue, assistée de Me G______

- 2 - P/14716/2020 CONCLUSIONS FINALES DES PARTIES : Le Ministère public conclut : - s'agissant de A______, à un verdict de culpabilité de tous les chefs d'accusation visés dans l'acte d'accusation, à sa condamnation à une peine privative de liberté de 7 ans, qui tient compte de l'écoulement du temps, sous déduction de la détention subie avant jugement, au prononcé de son expulsion de Suisse pour une durée de 10 ans, à ce qu'un bon accueil soit réservé aux conclusions civiles de C______ et à sa condamnation aux frais de la procédure conjointement à B______. Il se réfère à son acte d'accusation s'agissant du sort des inventaires; - s'agissant de B______, à un verdict de culpabilité de tous les chefs d'accusation visés dans l'acte d'accusation, à sa condamnation à une peine privative de liberté de 5 ans, qui tient compte de l'écoulement du temps, sous déduction de la détention subie avant jugement, à ce qu'un bon accueil soit réservé aux conclusions civiles de C______ et à sa condamnation aux frais de la procédure conjointement à A______. Il se réfère à son acte d'accusation s'agissant du sort des inventaires. C______, par son conseil conclut : - s'agissant de A______ à un verdict de culpabilité des chefs d'infractions visés dans l'acte d'accusation; - s'agissant de B______ à un verdict de culpabilité des chefs de rixe et de tentative de meurtre en lien avec les faits décrits au chiffre 1.1.2 de l'acte d'accusation, subsidiairement de complicité de tentative de meurtre, plus subsidiairement de complicité de tentative de lésions corporelles graves, en lien avec les faits nouveaux apparus aux débats; - sur le plan civil à la condamnation conjointe et solidaire de A______ et de B______ à lui verser CHF 10'000.- à titre de réparation de son tort moral et, s'agissant de son préjudice matériel admettre sur le principe ses prétentions civiles et lui fixer un délai de deux ans pour agir sur le plan civil; - à la condamnation de A______ et de B______, conjointement et solidairement à lui verser CHF 45'908.80 à titre d'indemnité pour ses frais de procédure au sens de l'art. 433 CPP; - au maintien des séquestres sur les objets saisis en inventaires à des fins probatoires. B______, par son conseil, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité s'agissant des faits décrits au chiffre 1.2.3 de l'acte d'accusation let. a et b avec la qualification d'infraction à l'art. 19 al. 1 let. b, c et d LStup et conclut à son acquittement pour le surplus, subsidiairement au bénéfice d'un état de légitime défense pour les faits décrits au chiffre 1.2.2 de l'acte d'accusation. Elle ne s'oppose pas au prononcé d'une peine atténuée en

- 3 - P/14716/2020 raison d'un état de responsabilité moyennement restreinte et d'une violation du principe de célérité et équivalente à la détention subie. Elle conclut à l'irrecevabilité des conclusions civiles de la partie plaignante en tant qu'elles sont postérieures au 15 décembre 2024 et à leur rejet pour le surplus. Elle conclut à son indemnisation à hauteur de CHF 8'000.- pour ses frais d'avocat et de CHF 5'000.- pour son tort moral. Elle s'en rapporte à justice s'agissant du sort des pièces séquestrées. A______ par son conseil, conclut au classement des faits décrits au point 1.1.3 et au point 1.1.5 de l'acte d'accusation, ne s'oppose pas à un verdict de culpabilité des chefs de rixe et de conduite en état d'ébriété et conclut à son acquittement pour le surplus. Elle ne s'oppose pas au prononcé d'une peine clémente atténuée en raison d'un état de responsabilité restreinte et d'une violation du principe de célérité, assortie du sursis complet. Elle conclut à ce qu'il soit renoncé à son expulsion et au rejet des conclusions civiles de la partie plaignante, en tant qu'elles excèdent CHF 3000.-, somme à laquelle elle acquiesce. Elle persiste dans ses conclusions en indemnisation, ne s'oppose pas à ce que la moitié des frais de la procédure soient mis à sa charge, ni aux conclusions du Ministère public en lien avec les objets saisis. EN FAIT A.a.a. Par acte d'accusation du 16 octobre 2024, il est reproché à A______ d'avoir, le 16 août 2020, aux alentours de 3h00 à Genève, participé à une rixe dans le cadre de laquelle à tout le moins C______, E______ et B______ ont subi des lésions corporelles. Les faits se sont déroulés de la manière suivante : A______ et B______ ont passé la soirée du 15 au 16 août 2020 ensemble, ainsi qu'avec H______, arrivant au Jardin anglais, où se trouvait une foule de fêtards, dont plusieurs de leurs connaissances, vers 22h45. C______, accompagné notamment de E______, I______ et J______, s'y est également rendu vers 3h00. Vers 3h30, A______ et/ou B______ ont jeté des bouteilles, les brisant au sol, raison pour laquelle C______, qui se trouvait à proximité, les a interpellées, disant que cela ne se faisait pas et que cela n'était pas correct pour les gens qui devraient nettoyer l'endroit. Cette remarque a provoqué l'ire de A______ et B______ qui se sont mises à crier, à insulter le groupe de garçons et à s'approcher d'eux pour les frapper. Alors que C______ tentait de la repousser, A______ a sorti un couteau et en a fait usage en le frappant de plusieurs coups au niveau de la clavicule gauche, du thorax et de l'avantbras gauche, lui assénant un dernier coup à la cuisse droite après qu'il s'est effondré au sol, lui faisant subir plusieurs lésions. A______ a ensuite été repoussée par plusieurs individus qui n'ont pas été identifiés et giflée par l'un d'eux, ce qui l'a fait chuter au sol.

- 4 - P/14716/2020 I______, J______ et, dans un deuxième temps, E______ se sont regroupés auprès de C______ pour lui porter secours, tentant notamment de stopper le saignement sur le côté gauche de sa poitrine. Dans un même mouvement, bien que la séquence chronologique des faits n'ait pas pu être établie avec précision, notamment du fait de la présence d'une importante foule autour des protagonistes et de nombreuses personnes qui se bousculaient, B______ s'est attaquée aux personnes qui se trouvaient près de C______, les poussant, les insultant et les frappant avec ses poings. Alors que E______ la repoussait, notamment en lui tirant les cheveux, B______ lui a asséné un coup de couteau à la hauteur du thorax, sur le côté gauche. Au cours de l'altercation, B______ a reçu des coups à la tête et sur le corps, dont les auteurs n'ont pas été identifiés, et a chuté au sol. Outre les lésions de C______, E______ a subi lors des faits une plaie de 5 cm de large au niveau basithoracique gauche. B______ a, quant à elle, présenté suite aux faits des dermabrasions des membres supérieurs, du coude gauche, des genoux et de la jambe droite, ainsi que des ecchymoses, notamment au niveau de la lèvre supérieure gauche, et des tuméfactions au niveau de la région occipitale et de la joue gauche. Le Ministère public (MP) a qualifié ces faits de rixe au sens de l'art. 133 ch. 1 CP. a.b. Il lui est encore reproché d'avoir, le 16 août 2020, dans les circonstances décrites cidessus A.a.a., asséné quatre coups de couteau à C______, soit en région claviculaire gauche atteignant son artère sous-clavière gauche la lame pénétrant à une profondeur de 7.8 cm (plaie n°1), dans la région thoracique inférieure et antérieure gauche (plaie n°2), sur la face antérieure du tiers distal de l'avant-bras gauche (plaie n°3) et sur la face antérieure du tiers proximal de la cuisse droite (plaie n°4), causant des lésions dont seule la rapidité de la prise en charge médicale a permis d'éviter une mise en danger concrète de sa vie, agissant de la sorte dans le but de tuer C______ ou à tout le moins en acceptant cette éventualité et s'en accommodant. Le MP a qualifié ces faits de tentative de meurtre au sens des art. 111 CP cum art. 22 al. 1 CP. a.c. Il lui est également reproché d'avoir, dans la nuit du 31 juillet 2020 au 1er août 2020, vers 6h00, à proximité du fast-food McDonald's situé ______[GE], saisi K______ par les cheveux, de l'avoir poussée et trainée au sol avant de lui donner plusieurs coups de pied (high kicks) dans la tête au niveau du visage, dans le corps, soit en particulier les côtes et les bras, ainsi que des gifles, lui occasionnant de la sorte un œil au beurre noir, des douleurs aux côtes et à la tête persistant plusieurs jours et une griffure au visage, et en menaçant de surcroit de la tuer la prochaine fois, tentant ainsi de lui occasionner des lésions physiques graves, à tout le moins par dol éventuel. Le MP a qualifié ces faits de tentative de lésions corporelles graves au sens de l'art. 122 CP cum art. 22 al. 1 CP.

- 5 - P/14716/2020 a.d. Il lui est encore reproché d'avoir, le 27 décembre 2020 vers 4h15, d'un lieu indéterminé proche du centre commercial de la Praille sis route des Jeunes 10 au Grand- Lancy jusqu'à l'avenue de Beau-Séjour, à Genève, circulé au volant du véhicule automobile immatriculé 4______ (F), alors qu'elle était en état d'ébriété, avec un taux d'alcool qualifié, étant précisé que le test de l'éthylomètre effectué sur sa personne le 27 décembre 2020 à 5h15 a permis d'établir un taux d'alcool de 0.63 mg/l dans l'haleine. Le MP a qualifié ces faits de conduite en état d'ébriété avec un taux d'alcool qualifié au sens de l'art. 91 al. 2 let. a LCR. a.e. Il lui est également reproché d'avoir les 1er, 3 et 4 janvier 2021, dans des courriers adressés au Tribunal des mesures de contrainte et au Ministère public, mis en cause L______ en l’accusant d’avoir, le 27 décembre 2020, conduit le véhicule décrit supra a.d., sachant qu'il n'était pas titulaire du permis de conduire requis et qu'il se trouvait en état d'ébriété, et alors qu’elle le savait innocent, dès lors qu'elle en était la conductrice, ceci en vue de faire ouvrir contre lui une poursuite pénale ou en acceptant cette éventualité. Le MP a qualifié ces faits de dénonciation calomnieuse au sens de l'art. 303 ch. 1 al. 1 CP. a.f. Il lui est enfin reproché d'avoir, à une date indéterminée entre le printemps et l'été 2021, sur le parking du commerce Aligro, sis rue François-Dussaud 15, puis le 7 octobre 2021, aux alentours de 10h15, sur la rue de Chantepoulet, en direction du pont du Mont- Blanc, accompagné l'élève conducteur L______ lors d'une course d'apprentissage au volant du véhicule automobile immatriculé GE 1______, alors qu'elle n'était pas titulaire d'un permis de conduire définitif, mais uniquement d'un permis d'élève-conducteur. Le MP a qualifié ces faits d'infraction à l'art. 95 al. 3 let. b LCR, commise à deux reprises. b.a. Par le même acte d'accusation, il est reproché à B______ d'avoir, participé à la même rixe décrites ci-dessus A.a.a. Le MP a qualifié ces faits de rixe au sens de l'art. 133 ch. 1 CP. b.b. Il lui est également reproché d'avoir, dans les circonstances de la rixe décrites cidessus A.a.a., asséné un coup de couteau à E______, dans le flanc gauche, l'atteignant à la base du thorax, lui causant une plaie de 5 cm de large au niveau basithoracique gauche, d'une profondeur de 1 cm, ayant nécessité une suture de 7 points, et agissant dans le but de tuer E______ ou à tout le moins, en acceptant cette éventualité et s'en accommodant au cas où elle se produirait. Le MP a qualifié ces faits de tentative de meurtre au sens de l'art. 111 cum art. 22 al. 1 CP.

- 6 - P/14716/2020 b.c. Il lui est enfin reproché d'avoir acquis d'un homme prénommé AG______, le 18 mai 2021 dans l'après-midi, dans le Jardin des Alpes (parc des lions) situé à la rue des Alpes, sur demande de son compagnon M______, une quantité de 31.4 grammes nets de résine de cannabis, en vue de la remettre au précité, qui était détenu aux Établissements de la plaine de l'Orbe (EPO) et d'avoir ensuite transporté, le 20 mai 2021, cette drogue jusqu'aux EPO et tenté de la remettre à son compagnon, après l'avoir dissimulée entre ou sous ses seins, puis tenté de la dissimuler dans ses parties intimes, sans y parvenir car elle a été contrôlée par la sécurité des EPO. Le MP a qualifié ces faits d'infractions à l'art. 19 al. 1 let. b, c, d et g LStup. B. Les éléments pertinents suivants ressortent de la procédure : a. Faits du 16 août 2020 Enquête et rapports de police a.a. Selon le rapport d'arrestation du 16 août 2020, la police a été avisée le même jour à 3h39 de l'envoi d'une ambulance et du cardiomobile dans le parc du Jardin Anglais pour un homme blessé au couteau. Sur place, les gendarmes ont été mis en présence d'un homme, gisant au sol, identifié ultérieurement comme étant C______. Un témoin, I______, est venu leur indiquer que la personne ayant donné le coup de couteau était une femme portant un haut de couleur orange et l'a désignée parmi la foule. Cette femme a été identifiée comme étant B______ et présentait un taux d'alcoolisation de 1.06 mg/l (résultat de l'éthylotest, pièce B14). Elle se trouvait en compagnie de A______ qui a été amenée aux HUG, vu son état d'alcoolisation avancé. De plus, dans la matinée du 16 août 2020, le service de la voirie a découvert un couteau suisse dans la Jardin Anglais à 80 m du lieu de la bagarre. a.b. Selon le rapport de renseignements du 8 octobre 2020, l'analyse de l'extraction des données des téléphones de B______ et de A______ a permis de mettre en évidence les éléments pertinents suivants : - B______ a enregistré le numéro de A______ sous "A______ Mon Bb"; - A______ a enregistré le numéro de B______ sous "B______ Mon Amour"; - les deux précitées se sont échangé des messages pour organiser leur soirée du 15 au 16 août 2020; - N______, O______, et P______ étaient présents lors de la soirée, d'après leurs échanges et - le 16 août 2020 à 8h25, O______ a écrit un message Facebook à A______ lui disant : "Salut si jamais j'ai ton natel de toi et de B______".

- 7 - P/14716/2020 a.c. Selon le cahier photographique (pièces C279ss) du 23 octobre 2020 réalisé par la police sur demande du MP, les photographies des lieux montrent des traces de sang (notamment sur un banc et sur un sac plastique) ainsi que des déchets (bris de verres et canettes, notamment). B______ présentait des blessures photographiées à la bouche, aux mains, aux coudes, ainsi qu'à la jambe droite. A______ présentait une blessure photographiée à la main droite. Deux couteaux ont été retrouvés en lien avec cette affaire (ce qui ressort également du rapport du 14 décembre 2020, pièces C323ss) : - le couteau P007 (couteau pliant Victorinox) appartenant à C______ – retrouvé dans ses affaires par les HUG –, dont le test pour la révélation du sang s'est révélé négatif et - le couteau P008 (couteau suisse) appartenant à B______ – retrouvé par la brigade canine au sol sur le chemin goudronné à côté du restaurant La Potinière (Jardin Anglais) –, dont les tests pour la révélation du sang se sont révélés négatifs. a.d. Il ressort du rapport d'analyses ADN du 9 novembre 2020, que les cinq prélèvements effectués sur les deux couteaux n'ont pas permis de mettre en évidence de profil ADN exploitable. Le test indicatif de la présence de sang humain s'est révélé négatif pour les prélèvements transmis (pièce C304). a.e. Selon le rapport de renseignements du 22 janvier 2022 (pièces C775ss), la police a analysé le contenu du téléphone portable de Q______. Il en ressort plusieurs messages vocaux envoyés par celle-ci à différentes personnes le 16 août 2020 : - "Pour moi c'était un film, je leur ai même dit deux fois à B______ et à A______ d'arrêter leurs bêtises, de rester tranquilles et de passer une bonne soirée. Elles ne voulaient pas m'écouter. Ça fait tout le temps des embrouilles et maintenant regarde, une qui est chez les flics et une qui est à l'hosto"; - "(…) il m'a dit comme quoi ça fait plusieurs jours que A______ est sur les nerfs et qu'elle se promène avec ça dans sa poche. Et qu'elle avait dit qu'à la première occasion, si un jour je dois me vénère, là je le sors parce que je suis en train de péter un plomb depuis plusieurs jours déjà (…) Et P______ m'a raconté comme quoi il y avait deux mecs avec qui elle s'était embrouillée justement, et qu'il avait essayé de porter A______, de la convaincre de ne pas le faire, mais qu'elle ne l'a pas écouté, donc du coup elle l'a fait au mec et que askip y en a un qui était devant, qui n'avait pas fait grand-chose. (…) Après on a dû l'aider à s'en débarrasser parce qu'au début il me disait qu'il voulait le jeter dans l'herbe, mais j'ai dit que si quelqu'un le prenait, il y aurait les traces dessus. Du coup il était d'accord alors

- 8 - P/14716/2020 il est allé s'en débarrasser ailleurs. Enfin tout un bordel, pour pas qu'on le retrouve."; - "Honnêtement j'ai déjà passé des soirées avec elles, les deux, et y a pratiquement tout le temps des histoires parce que B______ elle s'embrouille très très facilement et si B______ s'embrouille, A______ s'en mêle, si A______ s'embrouille, B______ s'en mêle vu qu'elles sont tout le temps ensemble."; - "Moi honnêtement je n'étais pas sur la scène. J'étais avec P______ et de là, en gros, lui il avait ça, enfin il avait l'arme, dans le paquet de clopes et il s'en est débarrassé parce que c'est une des deux, je crois, qui lui a donné, enfin je crois que c'était A______. En gros, il m'a dit qu'il avait tout vu, que c'est elle qui a sorti le truc, et que bam bam elle l'a fait et qu'après il y en avait un devant elle et que bam bal elle l'a aussi fait, et puis que c'est elle. Il m'a dit clairement que même à un moment donné, il l'a soulevée, il a essayé de l'en empêcher mais qu'elle lui a dit que ça faisait depuis plusieurs jours qu'elle était sur les nerfs, alors du coup elle se promenait avec "un" au cas où et puis, ben s'est tombé aujourd'hui. Après en tout cas, il m'a dit que c'était elle. Moi je ne sais pas, je n'étais pas sur la scène, c'est juste ce qu'il m'a dit. Mais il m'a dit clairement que c'était elle. Il m'a dit que c'était A______. Il m'a dit que B______ avait été choppée, mais que c'était elle." et - "(…) En traversant le parc, on a vu des ambulances. On a été voir de plus près. Y avait plein de gens, du sang par terre. Ensuite on a vu O______ qui nous a dit que c'était les deux filles, donc mes potes, qui avaient planté un mec et qu'il était mort (…) Ils ont foutu une des filles en prison qui elle ne l'avait pas fait et celle qui l'a fait a été amenée à l'hôpital parce qu'il y a un mec qui l'a reconnue et qui l'a frappée. (…) Après il y a un autre pote qui est venu vers moi totalement paniqué et qui a dit qu'il avait les téléphones des filles et que A______ lui a donné un paquet de cigarettes où elle avait caché l'arme dedans. Je lui ai dit qu'il fallait s'en débarrasser et il l'a jetée dans l'herbe. Je lui ai dit de vite dégager ça ailleurs parce que si on le retrouvait et qu'il y a ses empreintes dessus, il allait être mis dans l'histoire." Constatations médicales b.a. Selon le dossier médical établi par les HUG le 16 août 2020, E______ s'est présenté le 16 août 2020 avec une plaie de 5 cm de large au niveau basithoracique gauche peu profonde avec visualisation du pannicule adipeux, sans saignement. Une simple suture avec 7 points au total a été réalisée. b.b. Selon le rapport de GE-MED du 16 août 2020, B______ a souffert de contusion et dermabrasions au genou droit, de contusion et dermabrasion au coude gauche, de contusion à la cuisse droite et de contusion à la pommette gauche (pièce C79).

- 9 - P/14716/2020 b.c. Selon l'avis de sortie des HUG du 24 août 2020, C______ a souffert d'une dissection de l'artère sous-clavière gauche avec pseudo-anévrisme pectoral gauche posttraumatique, de plaies superficielles infraclaviculaire et basithoracique antérieur gauche et au niveau de la cuisse antérieure droite, ainsi que d'un trouble dépressif. b.d. Selon le constat de lésions traumatiques et les analyses toxicologiques du CURML du 2 octobre 2020, A______ a expliqué ne pas se souvenir avec précision des événements, qu'un groupe de garçons était venu l'embêter alors qu'elle se trouvait avec une amie et qu'une rixe avait éclaté. Pour prouver l'innocence de son amie, elle était allée chercher le sac de cette dernière, mais ne l'ayant pas trouvé, elle s'était retournée et un homme (mat de peau, assez grand) qu'elle n'avait pas vraiment vu lui avait asséné une claque au niveau de la joue gauche. Elle était tombée au sol et s'était peut-être évanouie. Puis, elle s'était réveillée à l'hôpital sans se souvenir de la suite des événements. Elle présentait une blessure à l'index gauche, de type coupure dont elle ne pouvait préciser l'origine, mais qui n'était pas présente avant les faits. Elle n'avait pas consommé d'alcool après les faits. L'examen médico-légal a mis en évidence plusieurs lésions, qui n'ont pas mis en danger la vie de A______ (pièce C204), notamment une plaie superficielle (assimilable à une estafilade) à bords nets sur son index droit, présentant les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument tranchant, tel qu'un couteau, plusieurs dermabrasions et ecchymoses sur son corps, une tuméfaction, douloureuse à la palpation, au niveau de la région occipitale droite, sans discoloration ni lésion cutanée en regard, pouvant être le résultat d'un traumatisme contondant consécutif à une chute au sol et des érythèmes au niveau du thorax, compatibles avec le port d'un soutien-gorge. Selon les analyses toxicologiques du 1er septembre 2020, le prélèvement effectué le 16 août 2020 à 5h22 a révélé une alcoolémie de 1.83 à 2.53 g/kg, soit une valeur moyenne de 1.93 g/kg au moment critique (pièce C194). b.e Selon les constats du CURML du 2 octobre 2020, B______ a expliqué que le soir des faits, un homme avait tenté de la draguer, lequel s'était énervé et lui avait dit que les "femmes [étaient] toutes des salopes" quand elle lui avait dit ne pas être intéressée. A______ lui était venue en aide. Un deuxième homme, ami du premier, l'avait violentée physiquement. A______ et d'autres personnes du groupe s'étaient interposées. En se relevant, elle avait constaté que A______ gisait inconsciente au sol, l'avait réveillée et installée sur un banc. Cette dernière pleurait en voyant ses blessures au visage. Un troisième homme, ami des deux premiers, s'était approché d'elles et leur avait montré une blessure qu'il présentait (plaie sur le côté du ventre) en leur disant qu'elles avaient causé cette blessure. Il l'avait ensuite attrapée par les cheveux, l'avait tirée en arrière, l'avait fait tomber au sol et l'avait rouée de coups de poings et de pieds en compagnie de l'homme qui l'avait précédemment violentée. Des personnes présentes étaient intervenues pour séparer les protagonistes. Ni elle, ni A______ n'avaient causé de blessure à l'homme qui avait été blessé. De plus, elle a expliqué avoir toujours un couteau sur elle qu'elle avait utilisé plus tôt dans la soirée afin d'ouvrir quelque chose, mais qu'elle ne l'avait pas utilisé

- 10 - P/14716/2020 au cours des faits. Lorsqu'elle était à terre, rouée de coups, le couteau se trouvait dans son sac. Elle n'avait pas consommé d'alcool postérieurement aux faits et elle était droitière. L'examen médico-légal a mis en évidence des lésions traumatiques, qui n'ont pas mis en danger la vie de B______, notamment une plaie superficielle contuse et un ensemble de dermabrasions ecchymotiques au niveau du coude gauche, des dermabrasions au niveau de ses membres, des ecchymoses au niveau de la lèvre supérieure gauche (associée à une tuméfaction), de la face latérale gauche du cou, du sein gauche, de la face interne des deux bras et de la face antérieure de la cuisse droite, des tuméfactions au niveau de la région occipitale et de la joue gauche et une zone de cheveux courts avec une rougeur du cuir chevelu au niveau rétro-auriculaire gauche. b.f. Selon le rapport d'examen médico-légal du CURML du 21 décembre 2020, les lésions suivantes ont été constatées sur C______ : - plaie n° 1 : au thorax, en région claviculaire latérale à gauche, une plaie à bords nets laissant sourdre une faible quantité de sang de 0.8 x 0.3 cm, avec infiltration des tissus sous-cutanés en région thoracique antérieure et supérieure gauche, associée à un emphysème des tissus mous sous-cutanés adjacents. Selon le rapport radiologique, la profondeur de la trajectoire intracorporelle de l'objet vulnérant entre la peau et l'artère sous-clavière gauche est de 78 mm selon une trajectoire de l'avant vers l'arrière, de la gauche vers la droite et du bas vers le haut. Selon le CT-scanner thoraco-abdominal, une plaie, correspondant à la plaie cutanée n° 1, de l'artère sous-clavière gauche avec formation d'un pseudo-anévrisme et avec hémorragie active responsable d'une importante infiltration hématique latérothoracique gauche a été mise en évidence. Elle a nécessité la pose d'un stent couvert au niveau de l'artère sous-clavière gauche; - plaie n° 2 : au thorax, en région thoracique inférieure et antérieure gauche (arc antérieur du 6e espace intercostal), une plaie à bords nets, laissant sourdre une faible quantité de sang de 0.7 x 0.3 cm, avec infiltration des tissus sous-cutanés en regard, bulles d'emphysème sous-cutanées et irrégularité du muscle grand droit de l'abdomen à gauche en regard. Selon le rapport radiologique, la profondeur de la trajectoire intracorporelle de l'objet vulnérant entre la peau et le muscle est de 9.3 mm selon une trajectoire de l'avant vers l'arrière, de la gauche vers la droite et du bas vers le haut; - plaie n° 3 : à l'avant-bras gauche une plaie à bords nets de 1.2 x 0.1 cm; - plaie n° 4 : à la cuisse droite, une plaie à bords nets de 0.8 x 0.4 cm. A l'exploration chirurgicale, il s'est avéré qu'elle se prolongeait depuis le point d'entrée de 2 à 3 cm, selon une trajectoire oblique, sans effraction des tissus profonds. De plus, des complications sous formes de douleurs intenses, doublées d'une détresse psychologique avec envie de mourir, ont été constatées ainsi qu'un risque de PTSD (syndrome de stress post-traumatique). Une hospitalisation de 8 jours a été nécessaire.

- 11 - P/14716/2020 En conclusion, les plaies n° 1, n° 2 et n° 4 présentent les caractéristiques de lésions provoquées par un instrument piquant et tranchant, ainsi qu'un caractère pénétrant et pourraient avoir été provoquées par un couteau. La plaie n° 3 présente les caractéristiques d'une lésion provoquée par un instrument tranchant et pourrait avoir été provoquée par la lame d'un couteau. Toutes les plaies pourraient avoir été provoquées par le même couteau et l'ensemble du tableau lésionnel est compatible avec les déclarations de C______. Il a perdu une quantité importante de sang, non quantifiée. Compte tenu de la rapidité de la prise en charge médicale, les lésions constatées n'ont pas concrètement mis en danger sa vie d'un point de vue médico-légal. b.g. R______, psychologue, a indiqué dans son attestation du 16 juin 2022 (pièce C524), qu'il suit C______ depuis le 6 novembre 2020 (soit 30 séances). Il est arrivé que son patient annule des séances et ne soit plus venu pendant un certain temps, au motif qu'il était particulièrement difficile pour lui de venir le voir. Le psychologue décrit de nombreux symptômes, y compris un évitement l'amenant à ne plus sortir de chez lui et une peur de la mort, qui sont compatibles avec un état de stress post traumatique. Une partie de la symptomatologie s'est calmée : les flashback ne sont plus rapportés et l'évitement ainsi que la peur de la mort semblent avoir diminué. Le patient est confronté à une impossibilité de se projeter qui se traduit par une situation économique qui devient de plus en plus précaire. La Dre S______, rhumatologue, lui a prescrit des antidépresseurs. b.h. Selon l'attestation médicale de la Dre S______ du 17 juin 2022 (pièce C526), C______ a été victime d'une agression avec mise en danger de sa vie en août 2020. Il est suivi depuis lors et s'est isolé, peinant même à sortir de sa chambre. La procédure est une source importante de stress et la liberté de l'agresseur provoque une détresse importante. Plaintes c.a.a. C______ a déposé plainte le 16 août 2020 et a été entendu par la police alors qu'il était alité aux HUG suite à son opération consécutive aux faits. Il a expliqué avoir reçu trois coups de couteau de la part d'une fille (un vers l'artère au niveau de l'épaule gauche, un au niveau des côtes gauches et un vers la cuisse droite), avoir perdu beaucoup de sang et être tombé dans les pommes. Arrivé au Jardin Anglais vers 1h00 avec des amis et des connaissances, il avait entendu des filles casser des bouteilles de verre. Il s'était adressé à elles en leur disant que cela ne se faisait pas et que des gens étaient payés pour ramasser leurs déchets. L'une des filles du groupe avait alors disjoncté et lui avait porté un premier coup à l'épaule puis, lorsqu'il s'était approché d'elle pour comprendre ce qu'il en était, elle lui avait porté un second coup vers les côtes, du côté gauche. Son ami I______ lui avait alors dit "Fais attention, elle t'a planté". Il avait alors soulevé son t-shirt et remarqué qu'il "pissai[t]" le sang. Il avait commencé à faire une chute de tension et I______ l'avait retenu avant qu'il ne tombe au

- 12 - P/14716/2020 sol. L'assaillante était revenue et lui avait porté un troisième coup à la cuisse droite, tous les coups lui ayant été portés avec un même objet, dont il ignorait la nature. Ses amis présents l'avaient repoussée. Il avait eu un voile noir et était tombé à terre. I______ lui appuyait sur le ventre pour qu'il ne perde pas trop de sang. Il avait ensuite perdu connaissance et était revenu à lui lorsque les ambulanciers l'avaient manipulé. Les filles avaient alors disparu. Ayant été très choqué par ce qui lui était arrivé, il n'avait plus de souvenir en particulier de son assaillante, hormis qu'elle était de type européen avec des cheveux noirs et ondulés. I______ lui avait toutefois indiqué l'avoir identifiée auprès de la police. Lui-même n'était pas en mesure de donner des détails sur les autres copines de son assaillante, précisant toutefois que les trois avaient entre 18 et 20 ans. Ses amis, E______, J______ et "les autres du ______[GE]" étaient également présents au moment des faits. Ils étaient entre 6 et 8. Ses amis étaient à 5 ou 6 m et n'avaient pas eu le temps d'intervenir. Quant aux filles, elles étaient en retrait de son assaillante et criaient, l'insultant de tous les noms ("fils de pute", "enculé"). Lui-même n'avait pas du tout été agressif, pas même verbalement. Vu leur réaction, il était certain qu'elles avaient bu. Sur planche photographique, il lui semblait reconnaître H______ comme étant son agresseur, sans toutefois en être certain. c.a.b. Une seconde audition de C______ a été effectuée par la police sur délégation du MP le 25 août 2020, alors que ce dernier était sorti de l'hôpital le 24 août 2020, lors de laquelle il a déclaré qu'il n'allait pas bien (nombreuses crises d'angoisse, stress lié à la gestion de cette histoire). Il prenait un traitement médicamenteux au quotidien et allait débuter une psychothérapie. Son côté gauche le faisait beaucoup souffrir et il avait des fourmillements au pouce et à l'index gauche. Il avait un énorme hématome sur le flanc gauche dû à l'hémorragie consécutive au sectionnement de son artère et ses blessures handicapaient son quotidien. Physiquement c'était dur, mais mentalement, il était détruit. S'agissant des faits, en regardant les photos tirées du compte Instagram de A______ que des amis lui avaient transmises, il avait eu des flashs et avait revu cette dernière s'exciter, lui venir contre et lui donner des coups qu'il pensait être des coups de poing. Il reconnaissait surtout ses tatouages à la poitrine qui remontaient jusqu'au cou et qui n'étaient pas courants. Le reste (visage, couleur des cheveux et morphologie) correspondait également. Ses amis l'avaient également reconnue comme étant la personne qui l'avait attaqué. Sur planche photographique, il a formellement reconnu A______ comme étant son agresseur. B______ lui disait quelque chose car il y avait une femme de type "latino" vêtue d'un haut rouge. En revanche, il ne reconnaissait pas du tout H______ qu'il avait par erreur désignée lors de sa première audition, peut-être en raison de la morphologie et du fait qu'il était dans les vapes. Enfin, il ne se souvenait pas avoir vu E______ pendant la bagarre, mais des amis étaient venus le trouver et lui avaient dit qu'il avait aussi été "planté". Il ne savait ni où, ni quand celui-ci avait été blessé.

- 13 - P/14716/2020 Etait annexé à ce procès-verbal, un avis de sortie des HUG du 24 août 2020. c.b. E______ a déposé plainte le 22 septembre 2020. Il a déclaré qu'il se trouvait, le 16 août 2020, au Jardin Anglais avec une dizaine d'amis dont C______, I______ et T______ et qu'ils avaient tous bu à peu près 3 verres de whisky. Ils avaient rejoint d'autres amis qui se trouvaient sur un banc proche d'une petite fontaine, avant de se déplacer vers la grande fontaine où une partie d'entre eux étaient restés. Sur le banc à droite de celui sur lequel ils s'étaient assis se trouvait un autre groupe comprenant notamment les deux filles mêlées à l'histoire. L'une de celles-ci jetait des bouteilles en verre au sol. C______ s'était adressé à elle en lui disant qu'il "fallait arrêter parce que ça pouvait être un membre de sa famille qui allait devoir nettoyer ça le lendemain et qu'on pouvait se blesser". À partir de ce moment-là, c'était "parti en vrille avec les deux filles". La "blanche" avait commencé à insulter C______. Beaucoup de gens avaient commencé à se lever. Ce dernier et "la blanche" s'étaient poussés. Au début, il avait essayé de calmer le jeu. Deux à trois minutes plus tard, il avait vu C______ sur le banc, recroquevillé sur lui-même. I______ s'était approché et avait vu qu'il s'était fait "planter". E______ n'avait cependant pas vu les coups de couteau. Comme C______ lui avait dit que "la blanche" l'avait "planté", il s'était approché des filles en les "engueulant". Puis, "la métisse" s'était énervée à son tour. Il l'avait alors poussée en arrière avec ses mains et à un moment donné, elle lui avait donné ce qu'il croyait être un coup de poing dans le flanc gauche. N'ayant pas dans l'immédiat senti de coup, il avait constaté par la suite qu'il s'agissait d'un coup de couteau. I______ et lui s'occupaient de C______ qui était tombé au sol. Peu après, il s'était retourné vers "la métisse", lui avait tiré les cheveux et l'avait poussée, mais ne l'avait jamais frappée. Elle lui avait dit "Je t'ai pas planté, mon couteau est dans mon sac". A aucun moment il n'avait vu d'arme ou de couteau. Pendant la bagarre, on lui avait volé son sac qui se trouvait sur le banc. Par la suite, l'un de ses amis, Z______, l'avait accompagné à l'hôpital en voiture. Il avait eu 5 points de suture. Sur planche photographique, E______ a désigné B______ comme étant celle qui l'avait "planté" et A______ comme étant celle qui avait "planté" C______ (selon les dires de son ami). Auditions des prévenues à la police d.a. Entendue par la police le 16 août 2020 en qualité de prévenue, B______ a déclaré être arrivée au Jardin Anglais vers 22h20-22h30 en compagnie de A______ et de H______ et qu'elles s'étaient installées à l'endroit de leur interpellation. Toutes trois avaient bu de l'alcool fort. D'autres garçons les avaient rejointes au cours de la soirée et ils étaient 10 en tout. Alors qu'elle parlait avec A______, trois garçons, dont celui qui avait été blessé, s'étaient adressés à elle. Elle ne leur avait pas prêté attention et l'un d'eux l'avait traitée de "salope" ajoutant que "toutes les filles [étaient] des salopes et des putes". Le ton était monté et ce garçon l'avait poussée. Un ami de celui-ci avait commencé à la

- 14 - P/14716/2020 frapper et à lui tirer les cheveux. Il lui donnait des "droites", soit des coups de poing au visage ainsi que des coups de pied à la tête et sur le corps. Il l'avait frappée au visage avec ses pieds alors qu'elle était debout, pour la mettre au sol, puis alors qu'elle était à terre. Elle ne savait pas combien de coups elle avait reçus. Il lui avait tiré les cheveux tout le long, surtout pour la mettre au sol. Lorsqu'il l'avait laissée tranquille, elle était retournée vers A______ qui se trouvait sur le banc et pleurait. Le garçon était revenu, l'avait saisie par les cheveux et lui avait à nouveau donné des coups de pied et de poing. Un troisième homme - qu'elle n'avait pas vu auparavant et auquel elle n'avait pas parlé - était venu vers elle et avait relevé son t-shirt. Il était blessé au niveau du bas ventre du côté gauche et lui avait dit "Regarde ce que tu m'as fait". Son ami était alors venu une troisième fois pour la frapper à coups de poing et de pied et elle s'était sentie tirée en arrière par les cheveux. Ils étaient deux à la frapper, y compris le garçon blessé. Elle était en sang et tout le monde leur disait d'arrêter, y compris elle-même. Lorsqu'elle se relevait, on lui donnait à nouveau des coups. S'agissant du garçon blessé, elle n'avait senti qu'il l'avait frappée qu'après lui avoir montré sa blessure. Elle était au sol, était frappée par plusieurs personnes dont elle ne voyait pas leurs visages et se protégeait. Elle avait une petite carte couteau suisse dans son sac à dos qu'elle avait l'habitude de "flipper" pour se déstresser. La lame faisait quelques centimètres. Après que l'homme blessé était venu vers elle, elle avait le couteau suisse dans la main et faisait entrer et sortir le petit couteau pour se déstresser. Elle ne le sortait jamais en entier de la carte et ne se souvenait pas l'avoir utilisé plus tôt dans la soirée. À l'arrivée de la police, elle avait constaté que son sac Valentino avait disparu. Elle portait un top de couleur rouge. Elle n'avait pas brisé de bouteille de verre mais avait remarqué qu'il y avait du verre par terre et ne savait pas si quelqu'un d'autre l'avait fait. Durant la soirée, A______ était sur le banc, sur son téléphone. Elle avait essayé de s'interposer dans l'altercation et était tout à coup tombée dans les pommes. Elle-même ignorait si son amie avait été frappée ou non. Alors qu'elle-même était menottée, A______ était venue en pleurs vers elle pour lui dire qu'elle n'avait rien fait, ce qu'elle-même lui avait confirmé en indiquant qu'elle irait répondre aux questions de la police, ce qui était normal. Lors de l'altercation, H______ était vers le banc. Elle essayait d'arrêter les garçons en criant "Elle n'a rien fait ! Laissez-la tranquille". Elle ignorait si elle avait reçu des coups ou avait été blessée. Pendant l'altercation, elle-même n'avait porté aucun coup, en avait juste reçus et essayait de se protéger le visage. Elle était tout le temps par terre, sur le côté et les garçons se penchaient sur elle pour la frapper. Elle essayait de les repousser, n'arrivant plus à respirer, pour essayer de se relever. Elle se souvenait avoir repoussé celui qui était blessé et le

- 15 - P/14716/2020 premier qui s'en était pris à elle. Celui qui l'avait tapée dès le début - qui était grand, 1,80 m environ, mince avec les cheveux bruns attachés et peut-être une moustache, 20 ans environ - était celui qui l'avait le plus frappée, mais ce n'était pas celui qui l'avait insultée. Elle avait sorti sa carte couteau une première fois avant l'altercation pour se "déstresser", puis une seconde fois pour se limer les ongles et la dernière fois, lorsqu'elle s'était "déstressée", après le début de l'altercation. Confrontée à la version des faits de l'autre groupe, elle a admis que A______ avait cassé une bouteille et qu'elle avait dissimulé ce fait par peur qu'elles aient des problèmes. Elles étaient restées sur le banc, puis elle était allée faire le tour de la fontaine pour "voir qui il y avait". À son retour, elle parlait, debout, avec A______ lorsqu'avaient commencé les commentaires et insultes ("salope"). Elle avait répliqué en traitant de "connard" l'un des hommes, lesquels lui avaient également dit "Ouais tu fais la belle". L'altercation avait duré une heure et c'était de la violence gratuite, dont elle ne comprenait pas les raisons. Elle avait eu peur et était tétanisée. Aucun des hommes n'était tombé à terre. Seules ses deux copines étaient venues l'aider, les autres autour ne faisaient rien. Elle a reconnu le couteau que la police lui a présenté, dont elle a affirmé ne l'avoir pas sorti et qu'elle le gardait dans son sac au cas où elle avait besoin d'une lime à ongles, de couper une étiquette, d'un tournevis ou d'un cure-dents. Habituellement, elle n'avait que la carte couteau. Elle avait également l'habitude d'ouvrir et de refermer le couteau suisse lorsqu'elle s'ennuyait ou était stressée. Elle ne l'avait pas manipulé le soir des faits. Elle a reconnu le sac à main Valentino qui lui a été présenté ainsi que les objets qu'il contenait. Ce sac - dont elle a énuméré le contenu sans évoquer le couteau carte - avait disparu à l'arrivée de la police. d.b. Entendue par la police le 16 août 2020 en qualité de prévenue, A______ a déclaré qu'elle-même, H______, et B______ s'étaient retrouvées au Jardin Anglais à 22h00 et s'étaient posées sur un banc autour de la grande fontaine, où elles étaient restées toute la soirée, elle-même ayant bu 3 ou 4 verres d'alcool fort. Durant la soirée, elles avaient croisé d'autres personnes par hasard et s'étaient retrouvés à 15 environ. À un moment donné, elle avait entendu une poubelle tomber par terre et des cris partout. Deux garçons qu'elle ne connaissait pas s'étaient embrouillés. Elle avait un blanc et ne se souvenait plus de la suite, mais uniquement que B______ avait été arrêtée par les policiers. H______ était partie juste avant que "ça parte en vrille" puis elle ne l'avait plus revue. Elle-même parlait au téléphone avec "AH______" alors que B______ était à 5 m d'elle et lui avait demandé de surveiller leurs sacs à main, qu'elles avaient posés sur un banc. Environ 5 minutes plus tard, alors qu'elle était toujours au téléphone, elle avait entendu B______ crier "arrêtez, arrêtez !" et avait vu que deux hommes de 25-26 ans, qu'elle ne connaissait pas, se poussaient. B______ avait crié pour les séparer. À ce

- 16 - P/14716/2020 moment-là, beaucoup de monde s'était "mis autour d'eux". À un moment donné, un homme qu'elle ne connaissait pas l'avait tirée en arrière vers un autre banc, à 5 m, en lui disant de ne pas s'en mêler car elle était une fille, et l'avait tenue par les épaules pendant 2 minutes. Elle ne s'était pas adressée aux personnes qui se battaient et ne cherchait qu'à rejoindre son amie. Entre-temps, une trentaine de personnes avaient rejoint le lieu de la bagarre. Elle ne voyait plus B______, mais l'entendait crier, sans comprendre ce qu'elle disait. Environ 2 ou 3 minutes plus tard, un ami de B______ était venu lui dire que celleci avait été arrêtée par la police. L'homme qui la tenait l'avait alors relâchée et lui avait dit "C'est bon vas-y". Elle avait vu sa copine B______ menottée assise par terre à côté des policiers, qui l'accusaient d'avoir "planté" quelqu'un. Elle lui avait alors dit qu'elle irait chercher leurs sacs à main pour montrer à la police que le couteau qu'elle avait en permanence dans son sac – et qui était un petit couteau au format carte de crédit – s'y trouvait toujours. Alors qu'elle retournait vers le banc sur lequel se trouvaient les sacs, un homme lui avait tiré les cheveux et lui avait dit "C'est de ta faute, fallait calmer ta pote" et lui avait mis une claque sur la joue gauche. Après cela, elle s'était évanouie et s'était cognée l'arrière de la tête en tombant. Elle avait repris connaissance à l'hôpital. Deux ou trois jours auparavant, elle avait vu B______ utiliser la lime à ongle du couteau qui avait une lame de la longueur d'une demi carte de crédit. Elle ne l'avait jamais vue manipuler un autre couteau. Elle avait fait la connaissance de B______ via une amie, un an et demi auparavant. Elles avaient très vite accroché et se voyaient 2 à 3 fois par semaine, tous les jours depuis un mois. Son amie criait beaucoup mais était très gentille et n'était pas agressive. La bouteille de vodka qu'elle avait apportée au Jardin Anglais était restée sur le banc, vide. Elle n'avait vu aucun mouvement ni geste, hormis la bousculade dont elle avait parlé, qui pouvait expliquer qu'un homme se soit retrouvé blessé. Elle ne s'était battue avec personne et B______ non plus. Enfin, confrontée aux déclarations de l'ami de la victime, selon lesquelles B______ et elle avaient cassé une bouteille et étaient devenues hystériques, elle a déclaré que c'était faux. Auditions de tiers par la police I______ e.a. Entendu par la police le 16 août 2020 (à 5h20) en qualité de personne appelée à donner des renseignements (PADR), I______ a déclaré avoir passé la soirée du 16 août 2020 avec son ami C______. Aux alentours de 3h00, ils avaient décidé de se rendre au Jardin Anglais, où ils s'étaient installés sur un banc et avaient bu un ou deux verres sans toutefois être ivres. À un moment donné, deux filles qui se trouvaient déjà certainement

- 17 - P/14716/2020 à côté d'eux, avaient cassé une bouteille en verre et C______ leur avait demandé d'aller faire cela ailleurs, poliment. Les filles avaient mal pris cette remarque et étaient devenues hystériques. Elles s'étaient mises à les insulter et leur "crier dessus". Certaines de leurs copines avaient même tenté de les retenir car leur réaction était excessive. Ils étaient face à elles et tentaient de les repousser car ils ne voulaient pas qu'un conflit débute. Cependant, elles semblaient vraiment sûres d'elles et déterminées, ayant tenté à plusieurs reprises de venir vers eux. À un moment donné, son ami C______ était retourné s'asseoir en disant "Je crois que je me suis fait planter". I______ avait alors cessé de parler aux filles et s'était rendu après de lui. Lorsque celui-ci avait relevé son t-shirt, il avait vu du sang couler au niveau latéral de son ventre. Il pensait que l'auteure avait consommé de l'alcool car elle ne semblait pas dans un état normal. Lui-même n'avait vu aucune arme et n'avait pas vu de coup de couteau, mais avait pensé à un couteau, car s'il s'était agi d'une bouteille, il l'aurait vue dans sa main. Ensuite, les filles s'étaient éloignées. I______ a confirmé que les deux filles qui avaient été interpellées par la police étaient celles avec lesquelles ils avaient eu le conflit. Sans qu'il puisse l'affirmer, l'auteure était la fille qui portait un haut orange, car elle était vraiment énervée. Son frère, soit J______, était arrivé après l'agression. H______ e.b. Auditionnée par la police le 16 août 2020 (à 14h54) en qualité de PADR, H______ a déclaré qu'aux alentours de 22h45 elle était arrivée avec ses deux copines au Jardin Anglais où elles avaient prévu de passer une soirée tranquille. B______ et A______ avaient bu de l'alcool et étaient déjà un peu ivres. Elles s'étaient posées sur un banc près de la grande fontaine. Elle-même n'avait bu qu'un verre et ses amies avaient bu toute la bouteille de vodka. Vers 23h00, elle avait pris ses distances car B______ était agressive et commençait à lui "chercher l'embrouille". Elle avait alors rejoint d'autres personnes qui se trouvaient plus loin. D'autres amis de B______ et A______ les avaient rejoints et ils s'étaient retrouvés à quinze environ. Alors qu'elle passait un moment avec ses autres amis, de son côté, en se déplaçant un peu dans le parc, B______ avait essayé plusieurs fois de la joindre par téléphone. Vers 3h30, elle l'avait à nouveau appelée pour lui dire que A______ était en train de s'embrouiller avec un "gars" pour une bête histoire de cigarette. Un homme africain, de 23 ans, 185-190 cm, de corpulence fine qui portait des tresses attachées sur la tête et qui faisait partie du groupe qui était juste à côté de l'endroit où se trouvaient B______ et A______ avait pris une cigarette de cette dernière et l'avait cassée, ce qui l'avait énervée. Ils avaient donc commencé à se bagarrer, A______ ayant poussé le "gars", lequel lui avait mis ensuite une gifle. Tout le monde s'en était mêlé et elle avait essayé de s'interposer pour calmer le jeu, mais en vain. Un "mec" blanc, d'environ 185 cm qu'elle ne connaissait pas, l'avait retenue et lui avait dit "H______, met toi à l'écart. Ce n'est pas tes affaires". Ensuite, elle était partie rapidement, s'était mise de côté et avait vu B______ essayant de s'interposer, en poussant les "gars", en les insultant et en les frappant avec ses poings. A______ avait également essayé de les séparer. Les 3 ou 4 "gars" leur avaient répondu en les insultant à leur tour. À un moment donné, ils les

- 18 - P/14716/2020 avaient mises à terre avec des balayettes et avaient continué à les frapper avec les pieds et les poings. Un des "gars" avait dit "B______, tu m'as schlassé" et l'avait insultée. B______ et lui s'étaient poussés. Celle-ci s'était relevée entre-temps et avait continué de se battre. L'embrouille était partie très vite, dans tous les sens, devant une vingtaine de personnes. B______ avait ensuite commencé à pleurer car on l'accusait d'avoir "planté" quelqu'un. Elle lui avait dit n'avoir rien à voir avec le coup de couteau, qu'elle possédait un petit couteau suisse dans son sac, mais qu'elle n'avait pas son sac durant "l'embrouille". Elle-même n'avait jamais vu ce couteau. Elle avait ensuite essayé de parler avec l'homme blessé, mais il était trop "bourré" et répétait que B______ l'avait "planté". Les secours et la police étaient arrivés sur place. Elle avait entendu des "gars" dans la foule dire qu'il fallait chercher une fille avec un pull rouge car elle avait donné le coup de couteau. Ellemême n'avait pas vu, au moment de la bagarre, de fille correspondant à un tel signalement. Après l'intervention de la police, A______ s'était embrouillée avec un autre "gars" qui l'avait giflée et fait tomber. Elle était inconsciente et les secours s'en étaient occupés. Elle ne pensait pas ses copines capables de mettre un coup de couteau et celles-ci ne seraient pas restées sur place si elles l'avaient fait. Elle n'avait vu personne casser des bouteilles durant la soirée. Ses deux amies avaient l'habitude de se bagarrer. Quand elles étaient pompettes, elles cherchaient "l'embrouille" et se bagarraient régulièrement. Enfin, elle ignorait où étaient passés leurs sacs. J______ e.c. Entendu par la police le 16 août 2020 (à 15h46) en qualité de PADR, J______ a déclaré qu'en arrivant vers ses amis au Jardin Anglais, à proximité de la fontaine, il y avait des filles agitées, qui criaient et créaient des problèmes. L'une d'elles avait cassé une bouteille et C______ lui avait dit que ce n'était pas "cool" d'agir ainsi pour ceux qui nettoyaient le matin. Elles s'étaient énervées et lui-même avait essayé de les calmer en "parlementant" avec l'une des filles qui semblait plus raisonnable et, ce faisant, avait entendu "il a été planté". Soudainement, il avait vu C______ saigner – à la hauteur de la poitrine, côté gauche –, se tenir la poitrine, et s'effondrer. Il s'était occupé de lui en lui confectionnant un pansement de fortune qu'il avait plaqué sur la poitrine de son ami et avait pensé qu'il avait été blessé par un petit couteau ou une petite lame. Pendant ce temps, les filles avaient été arrêtées. Il n'avait pas vu précisément le coup porté à C______, mais ce devait être "la fille tatouée" ou celle qui était en orange. Au moment de l'agression, il n'était plus particulièrement avec C______, s'étant mis à l'écart pour discuter et s'était retrouvé à proximité du groupe de filles parmi lesquelles se trouvaient les auteures de l'agression. Il y avait aussi quelques garçons. Deux d'entre elles, particulièrement agitées, criaient et semblaient saoules. Il n'avait pas vu d'arme et ignorait s'il s'agissait d'un couteau ou d'un tesson de bouteille. Il n'avait pas vu non plus le moment où C______ avait été poignardé car il était en train de parler avec une troisième fille, qui semblait plus raisonnable, lui disant "Calme-toi et dis à tes copines de se calmer. Calmezvous !".

- 19 - P/14716/2020 Il n'était pas en mesure de reconnaître ces filles, précisant seulement que l'une des deux était tatouée. Après l'arrivée de la police, il avait vu une fille avec une robe orange, qui n'était pas la fille tatouée, ni celle avec laquelle il discutait. Il avait donc supposé qu'elle était l'auteure des coups portés à C______. La fille en orange avait participé à l'agression, mais il n'en était pas certain. Enfin, il avait bu du whisky-coca mais était lucide. L'altercation s'était passée très vite et il y avait beaucoup de monde. Selon son souvenir, les "gars" qui faisaient partie du groupe des filles essayaient eux-mêmes de les calmer et de les séparer. Le reste de son propre groupe était intervenu pour séparer l'altercation. Il avait vu que les filles essayaient de donner des coups à C______, mais qu'elles étaient retenues par des gens qui les séparaient. Il était possible que C______ ait voulu donner des coups mais il était lui-même retenu. Il n'avait pas le souvenir de l'avoir vu porter des coups aux filles. U______ e.d. Entendu par la police sur délégation du MP le 2 septembre 2020 en qualité de témoin, U______ a déclaré être un ami de A______. Il lui était déjà arrivé de la voir s'emporter, verbalement. Elle n'était pas une personne qui cherchait des embrouilles quand elle sortait. Il ne l'avait jamais vue se battre physiquement ou provoquer des gens. B______, était également une amie et il ne l'avait jamais vue se disputer (verbalement et physiquement). Toutes deux buvaient modérément et savaient se contrôler. Il n'était pas présent lors de la soirée, mais se trouvait vers le jet d'eau. Pendant la soirée, le dénommé O______ était venu l'y chercher pour lui dire que deux filles étaient inconscientes. Ils s'étaient rendus au Jardin Anglais mais elles n'y étaient plus. Le dimanche après-midi, vers 15h00, O______ l'avait contacté et lui avait dit qu'il avait les téléphones portables de A______ et B______, qu'il voulait lui remettre pour qu'il les leur rende. Il n'avait posé aucune question et avait informé A______ par Facebook qu'il avait son téléphone, sans savoir qu'elle était en prison. Le mercredi suivant, O______ et lui avaient fait une demande de visite à la prison qui leur avait été refusée. Leur but était de rendre à A______ son téléphone portable. Le soir, la mère de B______ l'avait appelé pour récupérer le téléphone portable de sa fille. Il le lui avait remis vers 18h00. Celle-ci lui avait dit qu'il devrait remettre le téléphone portable de A______ à la police, mais il ne l'avait pas fait car il voulait le lui donner à la prison directement. Il s'est engagé auprès de la police à restituer ledit téléphone. L______ e.e. Entendu par la police sur délégation du MP le 8 septembre 2020 (à 9h25) en qualité de témoin, L______ a déclaré connaître A______ depuis environ 10 ans et avoir été son compagnon entre avril 2019 et mars 2020. Cette dernière avait mal vécu leur rupture et était dans le déni. De manière générale, elle était gentille avec un fort tempérament, n’aimait pas avoir tort et pouvait se montrer têtue, s’énerver quand les choses n'allaient

- 20 - P/14716/2020 pas dans son sens, crier, insulter, mais il ne l’avait jamais vue s’en prendre à quelqu’un physiquement. Elle ne se laissait pas marcher dessus, mais n'était pas provocatrice. Concernant B______, il la connaissait par le biais d’amis communs mais elle n'était toutefois pas une amie. En lui écrivant dans une lettre "J’ai réalisé que depuis le début, tu avais raison", A______ faisait allusion à B______ dont il lui disait qu’il ne la "sentai[t] pas trop" et dont l'entourage ne disait pas que du bien. Il ignorait pourquoi elle lui avait écrit "Aujourd’hui, à cause de B______ je suis en détention provisoire pour rien, parce que j’ai voulu mentir pour elle ». Il ne sentait pas vraiment "cette B______" et voyait que son intuition était juste puisqu’elles étaient toutes deux incarcérées. Il n'était pas présent au Jardin Anglais durant la soirée du 15 au 16 août 2020. Le 16 ou le 17 août 2020, O______, un "copain", lui avait dit par téléphone qu’une bagarre, soit une grosse altercation lors de laquelle il avait été présent, avait eu lieu et que A______ avait été rouée de coups et embarquée par la police. Il lui avait également dit qu’il avait récupéré son téléphone portable et le sac à main de B______. Il savait également qu’il y avait eu une histoire de couteau car tout l’entourage – les amis – en parlait, mais n’en savait pas davantage. O______ e.f. Entendu par la police sur délégation du MP le 8 septembre 2020 (à 15h40) en qualité de témoin, O______ a déclaré que A______ était une amie gentille, respectueuse, mais qui était aussi fragile. Elle se fâchait très vite, pouvait crier et se disputer avec des gens. Il ne l’avait jamais vue se battre physiquement, mais elle pouvait s'énerver verbalement. Il ne la considérait toutefois ni provocatrice, ni bagarreuse. Il avait connu B______, qui "traînait" souvent avec A______, un mois auparavant et l’avait vue s’énerver à une reprise. Les deux buvaient de l’alcool avec modération. Durant la soirée du 15 août 2020, lui-même était arrivé au Jardin Anglais vers 1h00 et avait vu les deux filles en train de boire. Elles avaient déjà bu des verres plu tôt. Elles étaient dans un état normal et sans être saoules. Il n’était pas tout le temps avec celles-ci. A un moment donné, il n’avait rien compris, mais avait vu que "ça chauffait" entre un groupe de garçons, d'une part, et B______ et A______, d'autre part. La première avait commencé à s’énerver verbalement contre l’un des garçons. O______ s’était alors interposé pour essayer de la calmer et l’avait assise sur le banc. A ce moment-là, il avait vu un "gars" arriver vers eux et donner un coup de coude au niveau du visage de B______, qui l’avait fait tomber. Elle s’était relevée et n’avait jamais perdu connaissance. Il était choqué, n’avait rien fait et avait essayé de calmer B______. Ensuite, la situation s’était calmée et la police était arrivée. Il n’avait pas vu ce qu’il s’était passé avec A______, qui n’était pas très loin d’eux. Il l’avait entendue "s’énerver" contre un groupe de garçons. Interrogé au sujet d'une bouteille brisée, il a expliqué qu’avant l'altercation, A______ avait effectivement cassé une bouteille en verre au sol, sans que cela ait été intentionnel. L’un des garçons qui se trouvait sur le banc voisin lui avait dit d’arrêter de casser des bouteilles. Il ne se souvenait

- 21 - P/14716/2020 plus de ce qu'elle lui avait répondu, était parti aux toilettes et, en revenant, avait constaté que ça commençait "à chauffer". À son retour, la police avait interpellé B______, qui lui avait demandé d’aller chercher son sac, mais personne ne savait où il se trouvait. Après avoir été arrêtée à son tour, A______ lui avait demandé son sac qui se trouvait sur le banc et qu’il lui avait donné. Avant d’être embarquée par la police, elle avait dit qu’un certain P______ avait récupéré les téléphones portables. Il avait croisé ce dernier en rentrant chez lui, lequel lui avait remis les deux téléphones. Il avait restitué celui de B______ à sa mère quelques jours plus tard. Son meilleur ami U______, qui n’était pas présent au Jardin Anglais, avait conservé le téléphone de A______. Revenant sur ses déclarations, il a reconnu que le dénommé U______ se trouvait au Jardin Anglais et qu’il l’avait informé de ce qu’il s’était passé, avant d’aller tous deux récupérer les téléphones auprès de P______ qu’ils avaient cherché. Enfin, il n’avait vu aucune arme durant la bagarre et ignorait ce qu’il en était advenu. V______ e.g. Entendue par la police sur délégation du MP le 11 septembre 2020 en qualité de témoin, V______ a déclaré que B______ était une de ses meilleures amies, même si elle ne la connaissait que depuis février 2020. Elle ne l'avait jamais vu porteuse d'un couteau. Cette dernière était têtue, n'avait pas le moral ces derniers temps et, quand elle sortait en soirée, avait tendance à boire beaucoup et à ne plus savoir ce qu'elle faisait. Sous l'effet de l'alcool, elle pouvait avoir tendance à s'énerver très vite et à en venir aux mains, mais ne se serait jamais servie d'un couteau. Quant à A______, qui n'était pas son amie, elle avait un fort caractère. On lui avait dit qu'elle avait toujours un couteau sur elle et qu'elle avait déjà menacé quelqu'un avec. Elle savait que A______ était bagarreuse. Le soir des faits, V______ n'était pas au Jardin Anglais. H______ qu'elle avait croisée sur son lieu de travail, lui avait indiqué n'avoir pas vraiment vu ce qu'il s'était passé et qu'elle se trouvait à l'écart quand la bagarre s'était déclenchée. La mère de B______, qu'elle avait appelée, lui avait dit que trois garçons s'étaient battus avec B______ et A______ et que l'une d'entre elles s'était défendue en donnant un coup de couteau. Elle lui avait également dit que depuis deux semaines avant les faits, sa fille se promenait avec un couteau. N______, qui avait demandé à la voir, lui avait dit avoir été présent au Jardin Anglais "un peu plus loin" et qu'apparemment A______ avait "planté" un des garçons ensuite de quoi, B______ et A______ s'étaient fait frapper par les garçons. Il lui avait également dit que B______ ne voulait pas dire à la police que A______ avait "planté", pour la protéger. Selon ce qui lui avait été relaté, le couteau de A______ avait fini dans le lac. Enfin, N______, dont elle avait demandé les coordonnées pour les remettre à la police, avait refusé, ne voulant pas être mêlé à cette affaire. Il lui avait dit qu'il dirait à la police qu'il n'avait rien vu. N______

- 22 - P/14716/2020 e.h. Entendu par la police sur délégation du MP le 21 septembre 2020 en qualité de témoin, N______ a déclaré que B______ était une amie et qu'il considérait A______, qu'il avait connue par le biais de B______, comme une "pote". Elle était beaucoup plus calme que B______, laquelle était réactive dans sa manière de parler et s'était battue une fois avec l'une de ses copines, trois ans auparavant. Le soir des faits, il était au Jardin Anglais. A______ et B______ n'étaient pas avec ses amis et lui. À un moment donné, il avait vu la police arriver et était allé voir ce qu'il s'était passé. Il avait vu A______ couchée au sol et H______, qui était présente, lui avait dit que B______ avait été embarquée par la police. Sur place, il avait entendu quelqu'un dire qu'une fille avait "planté un gars". Il avait pensé à un couteau. V______ l'avait contacté quelques jours après la bagarre pour lui demander ce qu'il s'était passé et lui dire que la mère de B______ et son avocate voulaient aussi le contacter. Elle lui avait transmis le numéro de téléphone de la mère, qu'il n'avait toutefois pas voulu appeler, car "cette histoire ne [l]'intéress[ait] pas et ce n'[étaient] pas [ses] affaires". Il n'avait pas répondu aux sollicitations de la police car c'était une perte de temps. S'il avait dit à V______ ne pas vouloir être mêlé à cette histoire et qu'il dirait à la police n'avoir rien vu, c'était parce qu'il n'était pas présent lors de la bagarre. Il ne lui avait jamais dit que A______ avait planté quelqu'un. P______ e.i.a. Entendu par la police sur délégation du MP le 23 septembre 2020 en qualité de témoin, P______ a déclaré avoir rencontré A______ et B______ deux semaines avant les faits et avoir entendu de la seconde qu'elle était une "fille à problème et nerveuse", ce qu'il n'avait pas personnellement constaté. Le soir des faits, il avait rejoint A______ et B______ vers la grande fontaine au Jardin Anglais, lesquelles se trouvaient avec beaucoup de personnes et ils avaient bu du rhum et du rosé. Ils étaient une dizaine au total et lui-même avait "pas mal bu" au cours de la soirée. A______ et B______ devaient, tout comme lui, être "pas mal bourrées". A un moment donné, A______ avait commencé à s'énerver avec "un gars" et l'avait "engueulé", tout comme lui, pour une histoire de verre qu'il aurait bu à sa place. Luimême avait essayé de calmer A______, mais en vain, alors il était parti rejoindre un autre groupe et avait fait plusieurs allers-retours entre les différents groupes. À un moment, alors qu'il se trouvait à une dizaine de mètres, il avait vu que "ça commençait à chauffer" entre un groupe de 10 à 15 garçons, d'une part, et A______ et B______, d'autre part. Au début, il y avait des insultes réciproques puis un cri de fille l'avait amené à s'approcher. C'était un cri poussé par A______ ou B______ car il n'y avait pas d'autre fille dans la bagarre. Celles-ci étaient plus ou moins encerclées par les garçons. A______ s'était pris un coup de poing au visage - dont il n'avait pas vu l'auteur - et était tombée k.o. Il avait entendu un garçon lui crier "T'as planté mon pote, sale pute". B______ avait voulu s'en prendre au "gars" qui avait dit cela et avait essayé de forcer le passage en écartant les garçons avec ses bras. À ce moment, elle s'était pris un coup de poing au visage par un

- 23 - P/14716/2020 des "mecs". A______ s'était réveillée, relevée et criait. Il n'avait pas vu A______ ou B______ donner des coups aux garçons, mais il était possible que ce soit arrivé. Il n'avait pas vu B______ se réveiller. En s'écartant de la bagarre, il avait vu un garçon couché par terre sur le chemin en bitume, environ 10 m derrière le banc où ils étaient à la base avec les filles. Il y avait du sang partout et il lui semblait qu'il avait une blessure aux pectoraux. Il ne savait pas si le blessé et trois autres garçons avaient participé à la bagarre. En revanche, un autre l'avait fait, soit un arabe avec une casquette à l'envers, de corpulence normale, 180-185 cm. À aucun moment il n'avait vu une arme ou un couteau. Lorsque la situation avait commencé "à chauffer", B______ était venue vers lui et lui avait donné deux téléphones en lui demandant de les garder, puis était "allée dans la bagarre". Bien plus tard, un "black", soit un ami de A______ - identifié par la police comme étant O______ -, l'avait abordé et lui avait demandé s'il avait les téléphones des filles. Il les lui avait donnés. e.i.b. Entendu à nouveau par la police le 3 août 2021, en qualité de prévenu d'entrave à l'action pénale, P______ est revenu sur ses précédentes déclarations en lien avec le couteau et a expliqué que B______ lui avait remis un paquet de cigarettes en plus de deux téléphones. En ouvrant le paquet de cigarettes en fin de soirée, il avait vu qu'il contenait le couteau, soit un petit couteau suisse, rouge. Il l'avait alors jeté dans le lac pas très loin du bord, sur les conseils d'une personne présente, car il pensait qu'il aurait des problèmes. Il n'était pas sûr que c'était le couteau ayant servi à planter la victime. Il n'avait pas vu de sang, mais n'avait pas non plus déplié le couteau. T______ e.j. Entendu par la police sur délégation du MP le 28 septembre 2020 en qualité de témoin, T______ a déclaré que le soir des faits, il avait rencontré fortuitement C______ et d'autres amis au Jardin Anglais. Alors qu'ils s'étaient déplacés vers la grande fontaine, C______ avait discuté avec des amis. A 3 m d'eux, se trouvaient 4 ou 5 filles dont deux qui étaient "bourrées" et qui avaient cassé à tout le moins 2 bouteilles dans leur direction. La situation avait dégénéré après que C______ avait dit aux filles "Demain c'est quelqu'un comme votre père qui ramassera vos restes de bouteilles". Celles-ci n'avaient pas apprécié la remarque et deux d'entre elles, dont l'une "basanée", avaient commencé la bagarre. L'autre, suite à la remarque de C______, était venue directement vers lui et avait commencé à lui donner des coups, soit d'abord des coups de poing sur le haut du corps, puis des coups de pied. C______ l'avait repoussée. Environ deux minutes plus tard, la "basanée" était venue contre E______ - qui essayait de calmer la situation et s'était interposé physiquement en écartant les bras pour repousser C______ et "la blanche" - et lui avait aussi donné des coups. Il avait vu "la basanée" prendre quelque chose par terre, à environ un mètre d'eux, à l'endroit où il y avait les bris de verre. Elle était venue directement vers E______ et il l'avait vue donner "comme un coup de poing" au niveau du ventre de celui-ci, qui l'avait repoussée. Il n'avait vu qu'un coup. Dans la mêlée, il n'y avait que C______, E______, "la blanche" et "la basanée". À un moment donné, il avait vu C______ par terre qui se tenait le flanc gauche et saignait beaucoup. Il avait compris

- 24 - P/14716/2020 qu'il avait été blessé durant la bagarre et avait appelé une ambulance. Concernant les filles, il n'avait pas vu si elles étaient parties. E______ était quant à lui resté avec C______. Il pensait que C______ avait été blessé par "la blanche", car c'était elle qui était venue contre celui-ci au début, mais il ne pouvait en être certain. Environ 30 minutes plus tard, E______ lui avait dit qu'il avait également été blessé et lui avait montré la blessure qu'il avait au flanc gauche. S'il avait effectivement vu "la basanée" ramasser quelque chose au sol avant de venir contre E______, il ne pouvait exclure que ce soit "la blanche" qui l'avait blessé, dès lors que les quatre étaient très proches durant la bagarre. Il était en revanche sûr que c'était soit l'une, soit l'autre qui avait blessé C______ et E______, ce dernier lui ayant dit qu'il était persuadé que c'était "la basanée" qui l'avait blessé. Il n'avait pas vu d'arme. E______ et lui n'avaient pas bu d'alcool, contrairement à C______. Sur planche photographique, il a identifié B______ comme étant "la basanée" et a indiqué que celle qui avait attaqué C______ avait les cheveux noirs, comme A______, mais il n'en n'était pas sûr. W______ e.k. W______ a été entendu par la police sur délégation du MP le 8 décembre 2020 en qualité de témoin, à la demande de B______ à laquelle il avait relaté, lorsqu'elle l'avait rencontré, que A______ était porteuse d'un couteau qu'elle avait utilisé contre C______. Il a déclaré être un ami de A______ mais l'avoir bloquée une semaine auparavant, après qu'elle lui avait écrit pour essayer de le "ramener à sa cause" concernant l'histoire du Jardin Anglais. Il avait dit à une amie de A______ qu'il n'approuvait pas ce qu'elle avait fait cette nuit-là, qu'elle n'assumait pas ses actes et qu'elle "victimisait" B______, qu'il avait également bloquée. Il l'avait vue dans le quartier d'Onex et ils avaient discuté, mais n'avait pas vraiment écouté les doléances de B______ au sujet de A______. Le soir des faits du 16 août 2020, il était au Jardin Anglais avec sa copine et des amis, vers la grande fontaine. Il avait croisé les deux précitées. A______ était "excitée" car elle s'était embrouillée avec son copain et cassait des bouteilles au sol. À un moment donné, après que "des gars" du ______[GE] lui avaient fait une remarque, il y avait eu un mouvement de foule et il l'avait vue donner 2 ou 3 coups au niveau du buste du garçon qui s'était écroulé. A______ s'était ensuite accroupie à côté de lui et lui avait rigolé au visage. Il n'avait pas vu et ne se souvenait pas si elle tenait quelque chose dans ses mains lors des coups portés. B______ s'en était mêlée dans un second temps - quand le garçon était déjà au sol - mais il n'avait pas vu exactement ce qu'il s'était passé par la suite. Quand la victime était tombée au sol et après s'être rendu compte qu'elle avait été blessée, l'un de ses amis était venu contre A______ et B______, qu'il avait frappées. L'une des deux avait pris un coup de pied au visage. En fin d'audition, le témoin a indiqué ne pas souhaiter que son nom soit divulgué car il connaissait l'ensemble du groupe impliqué, tant les victimes que les auteurs. X______

- 25 - P/14716/2020 e.l. Entendu par la police sur délégation du MP et en contradictoire le 3 mars 2021 en qualité de témoin, X______ a déclaré connaître A______ qu'il n'avait plus revue depuis 3 ou 4 ans. Il ne connaissait pas B______ jusqu'à la soirée au Jardin Anglais. Ils avaient échangé quelques mots, mais n'étaient pas amis. Il avait recontacté A______, un mois auparavant, car il avait besoin de comprendre ce qu'il s'était passé au Jardin Anglais. Le soir des faits, il se trouvait avec les prévenues sur les bancs entourant la grande fontaine du Jardin Anglais. Ils avaient joué, y compris A______ et B______, à Piccolo, un jeu de challenge visant à faire boire les participants. A un moment donné, alors qu'il se trouvait à quelques mètres, il avait entendu qu'une dispute verbale avait éclaté et constaté qu'il s'agissait du groupe avec lequel il s'était trouvé plus tôt, soit les filles et un groupe de garçons qui les avaient rejoints. Alors qu'il posait des questions aux personnes présentes pour comprendre ce qu'il s'était passé, il avait vu A______ très en colère et énervée par ce qu'il se passait. Elle avait crié sur une personne – qu'il ne pouvait désigner – "Je vais te défoncer", se tenait à 1 m des garçons et n'avait rien dans sa main à ce moment-là. Alors que le groupe de garçons s'était éloigné, A______ était toujours en colère, sa "pression" n'étant pas redescendue. Il avait essayé de la calmer, mais elle lui avait dit "Je vais le planter". Il avait compris qu'elle parlait d'un garçon "basané" et avait essayé de l'en dissuader, sachant qu'elle ne l'aurait pas fait. Lorsqu'il l'avait mise à l'écart pour la calmer, il avait vu le couteau, soit un couteau pliable gris métallisé, lequel était fermé. Elle avait essayé de le ranger dans l'une de ses poches, mais il avait tenté de le lui prendre. Il était alors tombé à terre et il l'avait éloigné d'eux d'un coup de pied. Le couteau avait fini dans l'herbe. Elle s'était ensuite mise à le chercher au et s'était énervée contre lui, lui demandant pourquoi il avait fait cela. Il était alors retourné vers son groupe à proximité de la fontaine et avait quitté les lieux quelques instants plus tard. Il n'avait vu personne jeter volontairement des bouteilles, ni vu de garçons blessés. Il n'avait pas vu non plus de coups échangés, ni de coup de couteau. Il avait appris la survenance d'un coup de couteau par Twitter. A______ et B______ avaient bu de la vodka et étaient "joyeuses". Lorsqu'il avait revu B______, ils avaient abordé le sujet du Jardin Anglais et celle-ci lui avait dit que A______ disait que c'était elle (B______) qui avait le couteau. Ce soir-là, A______ avait également eu une altercation avec un garçon qui avait bu dans son verre. Au cours de la soirée, il n'avait pas vu B______ avec un couteau à la main. Q______ e.m.a. Entendue par la police sur délégation du MP et en contradictoire le 6 mai 2021 en qualité de témoin, Q______ a déclaré que le soir du 15-16 août 2020, elle était arrivée au Jardin Anglais avec une amie et elles étaient tombées sur A______, B______ et un dénommé O______. Elles étaient restées 15 minutes vers les bancs à proximité de la grande fontaine. A un moment donné, "ça [avait] commencé à se disputer entre B______, A______ et un autre garçon", lequel était métis à son souvenir. C'était surtout verbal. Ne voulant pas y être mêlées, son amie et elle s'étaient éloignées, mais elle avait encore une vue sur les filles. Tout à coup, il y avait eu une grande agitation. Des gens avaient crié et certains avaient couru. B______ avait essayé de calmer A______. Les deux filles s'étaient énervées contre un garçon. 20 à 30 minutes après l'agitation, elles étaient passées devant

- 26 - P/14716/2020 la grande fontaine et son amie lui avait dit qu'un garçon était sur l'un des chemins goudronnés vers la grande fontaine et avait des coups de couteau. Elle avait vu du sang partout autour du corps et des coups étaient visibles, lorsque les secours l'avaient pris en charge. L'une des connaissances de son amie leur avait dit que l'une des filles avait "planté" un garçon. Puis, une autre connaissance leur avait dit que c'étaient A______ et B______ qui avaient "planté deux gars". Interrogée sur ce qu'elle avait oralement dit aux policiers lorsque ces derniers avaient pris contact téléphoniquement avec elle, à savoir qu'elle avait vu A______ donner un coup à un garçon, Q______ a expliqué que lors de l'appel elle venait de se réveiller et qu'elle n'avait peut-être pas tout contextualisé. Lors de l'agitation, A______ et B______ étaient fâchées et criaient. En face d'elles il y avait un garçon dont elle n'avait pas vu le visage et B______ avait essayé de calmer A______ en s'interposant entre elle et ce garçon. Ensuite, elle avait vu A______ donner "un petit coup", soit un coup de poing, à un homme, dont B______ essayait de la séparer. C'était un mouvement de bras horizontal, de l'arrière vers l'avant. Elle n'avait pas vu B______ s'approcher de l'homme qui était sur le sol. Des gens s'étaient mis autour pendant environ deux minutes ce qui lui avait masqué la vue et elle avait vu le garçon à terre lorsque la foule s'était écartée. En allant aux toilettes, son amie et elle avaient vu un couteau, vers un banc, une espèce de couteau suisse, fermé. Autour de la victime blessée à terre, il y avait des curieux et d'autres qui essayaient de savoir qui était la victime et ce qu'il s'était passé. Certains parlaient de B______ et de A______. e.m.b. Entendue à nouveau par la police le 3 août 2021, en qualité de prévenue d'entrave à l'action pénale, Q______ est revenue spontanément sur une partie de ses précédentes déclarations s'agissant du couteau en particulier. Elle avait bien entendu P______ dire que A______ avait "planté" le garçon, car il avait tout vu. Au bout d'un moment, il avait sorti un paquet de cigarettes qui contenait un couteau suisse, mais pas de cigarette. Il lui semblait que ce dernier avait déclaré que juste avant de se faire arrêter par la police, A______ lui avait donné ce paquet de cigarettes qui contenait le couteau, dont elle ignorait s'il avait servi à blesser l'homme. P______ avait sorti ce couteau, soit un couteau suisse classique, de couleur rouge, ce dont elle n'était pas certaine. La lame était fermée et il ne présentait pas de trace de sang. Il mesurait approximativement 9 cm. Au bout d'un moment, P______ l'avait lancé dans l'herbe et une personne du groupe lui avait dit qu'il était bête de le laisser au sol, si bien qu'il l'avait récupéré et était allé vers le lac. Elle ne l'avait pas vu le jeter, mais il était évident pour elle qu'il l'avait fait. Trente minutes plus tard environ, il était revenu en disant "C'est bon". Y______ e.n. Entendue par la police sur délégation du MP et en contradictoire le 27 mai 2021 en qualité de témoin, Y______ a déclaré que le soir des faits, elle était arrivée au Jardin Anglais avec Q______. Elles s'étaient déplacées vers la grande fontaine où se trouvaient B______, H______, P______ et d'autres personnes. Elle n'avait pas vu A______. Ayant eu une embrouille avec H______, elle n'avait pas traîné et était retournée à leur

- 27 - P/14716/2020 emplacement initial. A un moment donné, alors qu'elle discutait avec Q______ et un certain AI______, ils avaient vu et entendu des sirènes, s'était retournée et avait constaté un attroupement et des gens qui criaient. Elle avait proposé à Q______ d'aller aux toilettes et de passer par la grande fontaine pour voir ce qu'il s'était passé. Elle avait vu un homme à terre, inconscient, avec du sang au niveau de la poitrine. Elle avait même cru qu'il était mort et était choquée. P______ lui avait dit que A______ avait "planté" cet homme et avait vu au même moment B______ se faire menotter. Elle en avait déduit que c'était elle qui avait "planté". Plus tard, elle avait entendu Q______ dire à P______ de jeter le couteau non pas dans l'herbe, mais dans l'eau, après que P______ avait dit avoir le couteau. Juste après, ce dernier avait jeté quelque chose dans le lac, qu'elle pensait être le couteau. Q______ lui avait dit qu'elle avait peur qu'il y ait ses empreintes et d'être accusée de quelque chose qu'elle n'avait pas fait, car elle avait touché le couteau. Elle-même n'avait pas vu le couteau. Autour d'elle, elle avait entendu plusieurs personnes dire que c'étaient B______ ou A______ qui avaient "planté" le garçon au sol. Elle n'avait pas été surprise que P______ accuse A______ car elle savait qu'à l'époque tant B______ que A______ s'embrouillaient et qu'elles se disputaient avec des gens en soirée, y compris une fois avec un garçon s'agissant de A______. Elle n'avait pas vu les prévenues avec un couteau en soirée. Q______ lui avait dit avoir vu, en lien avec l'embrouille du début de la soirée, A______ donner un coup de pied à un garçon. Elle avait entendu des bouteilles cassées durant la soirée et en avait déduit que c'était B______, laquelle avait l'habitude de casser des bouteilles pour évacuer sa colère. Courriers de A______ f.a. A______ a rédigé plusieurs courriers manuscrits au cours de la procédure dont il ressort notamment les éléments suivants : - le 25 août 2020, elle écrivait au MP qu'elle n'avait "pas forcément tout dit" (pièce Y119); - le 7 septembre 2020, elle clamait son innocence en se prévalant du fait que la police lui avait dit de quitter les lieux. Elle avait commis l'erreur de vouloir aller chercher le sac de B______ - qui avait été arrêtée par la police - pour prouver qu'elle était innocente et c'était à ce moment-là qu'elle avait été assommée. Elle présentait des excuses aux garçons pour le mal qu'elle avait pu causer s'il y en avait eu (pièce C42); - B______ avait demandé à plusieurs détenues de venir lui parler et il y avait un risque de collusion (pièce C80); - durant sa détention provisoire, elle écrivait à L______ qu'elle "a[vait] réalisé que depuis le début [il] avai[t] raison" et qu'aujourd'hui "à cause de B______ [elle était] en détention provisoire pour rien, parce qu'[elle avait] voulu mentir pour elle" (pièce C99); - le 16 septembre 2020, elle écrivait qu'elle ne voulait pas "subir tout ça pour protéger [s]on amie" et qu'elle ne souhaitait pas mentir car elle avait entendu

- 28 - P/14716/2020 B______, lors de son arrestation, prononcer ces mots à la police : "Ils disent que je l'ai poignardé, je crois que je l'ai tué". Elle a également écrit "En effet, pendant que malheureusement quand il y a eu l'altercation avec le prénommé, en même temps j'ai sentie une coupure sur mon bras (petit mais voyant)" (pièces C117 et 118). Autres audiences Audience du 17 août 2020 g.a. Lors de l'audience de confrontation du 17 août 2020, le MP a entendu A______ et B______. A______ a confirmé ses précédentes déclarations. Elle était au téléphone durant l'altercation. Elle avait entendu B______, qui était à 5 m d'elle, crier car deux personnes se bagarraient. Au même moment, un tiers l'avait prise à part, en la tenant par les épaules avec les deux mains et lui avait dit de ne pas s'en mêler. Elle avait essayé de se débattre pour se libérer mais en vain. B______ avait les deux bras écartés entre les deux personnes - ce qui était sa dernière vision -, avait essayé de les séparer et leur avait dit d'arrêter. A ce moment-là, elle était debout. Deux hommes blancs voulaient se taper mutuellement. Elle n'avait jamais vu l'homme qui avait été blessé, précisant qu'on lui avait seulement montré une photo. À aucun moment elle n'avait vu d'échange de coups. B______ lui avait dit qu'on l'accusait d'avoir planté quelqu'un. En allant chercher le sac de son amie, pour montrer à la police le petit couteau format carte qu'il contenait, elle avait été frappée par derrière, était tombée dans les pommes et s'était réveillée à l'hôpital. Elle-même n'avait donné de coup à personne. Elle n'avait pas vu B______ aller vers son sac à main entre le début de l'altercation et son interpellation. B______ a également confirmé ses déclarations faites à la police. Elle a ajouté que A______ et elle avaient cassé une bouteille. Elle avait fait un tour de la fontaine et vu que A______ parlait tranquillement avec trois garçons. L'un d'eux lui avait demandé si elle faisait "la belle", ce à quoi elle n'avait pas répondu. A un moment donné, alors que A______ était déjà partie, ce garçon l'avait traitée de "salope" et l'avait poussée. Ensuite, elle était allée poser ses cigarettes et le téléphone qu'elle avait en main dans son sac sur le banc et était revenue vers le garçon en lui disant qu'il ne devait pas lui parler comme cela. Celui-ci avait continué à la pousser et l'un de ses amis "s'[était] mis dedans" et lui avait mis un coup de poing au visage qui l'avait fait tomber à terre. Depuis ce moment-là, elle n'avait plus vu le premier garçon. A terre, il lui avait encore donné de forts coups de pieds au dos et à la tête qui lui avaient fait mal. Elle croyait que quelqu'un était venu lui demander d'arrêter. A ce moment, elle était allée s'asseoir sur un banc et avait repris ses esprits pendant une dizaine de minutes. Il y avait des gens autour du garçon qui l'avait frappée, pour le calmer. Elle avait sa carte couteau dans la main et faisait entrer et sortir la lame de la carte, pour se calmer. Puis, deux hommes étaient venus vers elle par derrière et l'avaient frappée tous les deux, prise par les cheveux alors qu'elle était assise et fait

- 29 - P/14716/2020 tomber sur le côté. À ce moment, sa carte couteau était tombée au sol et elle n'avait plus que le couteau entre les mains – déclarant en fin d'audition que finalement elle avait toujours les deux parties du couteau en main à ce moment-là –, mais elle ne savait pas si le couteau avait touché quelqu'un. Au sol, ces deux hommes lui avaient donné beaucoup de coups de pied et de point dans la tête et dans le dos, puis l'un d'eux était parti et l'autre avait continué de la frapper en l'attrapant par les cheveux et en la tirant sur l'herbe (juste derrière le banc), la rouant encore de coups. Elle avait réussi à s'en défaire et en se relevant, elle avait remis le couteau dans la carte, puis dans son sac pour que personne ne soit blessé et ne puisse l'utiliser - tout en déclarant que lorsqu'elle était retournée vers le banc, son sac n'était plus là. Puis, elle s'était retournée et avait vu A______ par terre, inconsciente. Le garçon blessé était alors venu vers elle en lui disant "regarde ce que t'as fait" et en lui montrant une blessure qu'il avait sur le tronc au niveau des côtes à gauche. Elle lui avait répondu qu'elle ne l'avait pas vu avant et qu'elle ne comprenait pas. Enfin, elle avait aidé A______ à se relever et elles étaient allées sur le banc, puis son amie s'était mise à pleurer. Les deux hommes étaient alors revenus vers elle et l'avaient frappée très fort, prise par les cheveux et fait tomber par terre. Elle avait alors entendu son amie H______ crier aux deux hommes d'arrêter. À ce moment, il n'y avait qu'un seul garçon qui la frappait qui n'était pas le blessé. Elle était retournée vers le banc, était restée debout, puis la police était arrivée et l'avait tout de suite interpellée. Interrogée sur l'incohérence de ses propos concernant la carte couteau remis dans le sac, B______ a répondu qu'en réalité elle n'avait pas déposé la carte couteau dans le sac, mais l'y avait jeté au moment où elle avait pu se relever après avoir été trainée dans l'herbe, précisant que la personne qui l'avait tirée par les cheveux n'était pas celle qui avait finalement été blessée. Après avoir entendu le récit de B______, A______ a déclaré qu'elle pensait que "le problème" avait eu lieu pendant qu'elle était inconsciente. Audition devant le Tribunal des mesures de contrainte g.b. Entendue par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) le 18 août 2020, B______ a déclaré que devant le MP elle s'était souvenue qu'elle n'avait pas seulement "cliqué" son couteau carte, mais qu'elle s'était retrouvée assise sur le banc à côté de A______ et qu'en manipulant cet objet, elle avait eu dans une main le couteau et dans l'autre la carte. Après être tombée du banc avec le couteau dans la main, deux personnes lui étaient tombées dessus et le couteau était resté dans sa main pendant qu'ils la frappaient. Elle avait essayé de se protéger le visage mais non de frapper l'un ou l'autre avec le couteau. Audience du 11 septembre 2020 g.c.a. Lors de l'audience de confrontation du 11 septembre 2020, A______ a complété ses déclarations suite à son courrier du 25 août 2020 au MP dans lequel elle indiquait n'avoir pas tout dit pour protéger son amie. Le soir des faits, il était exact qu'une bouteille

- 30 - P/14716/2020 avait été cassée par B______. Elle avait dû lui glisser des mains lorsqu'elle la lui avait passée. Elle n'avait elle-même pas jeté volontairement la bouteille à terre et ignorait si B______ l'avait fait. Quelqu'un leur avait dit d'aller casser les bouteilles ailleurs. B______ avait alors commencé à dire "On n'est pas chez ta mère, on fait ce qu'on veut" et les garçons les avaient traitées de "salopes" et "sales putes". En entendant cela, elle (A______) avait commencé à s'énerver et les avait traités de "bande de merdeux" puis s'était dirigée vers eux et en avait poussé un avec ses deux mains au niveau de la poitrine (un homme avec les cheveux bruns attachés en chignon). Ce dernier avait reculé de 2 ou 3 pas sans tomber. B______ s'était interposée et l'avait accompagnée lorsqu'elle s'était dirigée vers eux. Elle "s'engueulait" avec l'ami de C______ et avait commencé à les taper également, mais pas l'homme au chignon. Hormis un seul coup de poing qu'elle avait vu, elle n'était pas en mesure de décrire les coups donnés par B______. Elle avait donné un coup vers les côtes, côté droit de l'homme (blanc, châtain-brun, avec un peu de barbe). Elle (A______) a identifié en audience C______. De plus, H______, présente également lors de la soirée, avait tenté de s'interposer entre elles et les hommes et immédiatement après, un homme - qu'elle n'avait pas identifié – l'avait saisie par les épaules et l'avait tirée en arrière. Amenée vers le banc désigné par la lettre D (pièce C72), elle avait entendu que la bagarre continuait mais n'avait plus vu ce qu'il s'était passé et n'était plus intervenue dans l'altercation. Elle avait également entendu H______ et B______ se disputer. Elle pleurait. En définitive, durant l'altercation, elle avait essayé de faire tomber l'homme au chignon avec un coup de pied mais l'avait manqué et n'avait donné de coup à personne d'autre. Enfin, elle confirmait avoir écrit à ses parents pour leur dire qu'elle était en détention car une amie avait "planté" quelqu'un. g.c.b. C______ a confirmé ses précédentes déclarations et a reconnu A______ en audience comme étant l'auteure des coups de couteau reçus. Au moment des faits, il parlait avec J______ de crypto-monnaie. Il avait entendu un bris de bouteille, s'était tourné et s'était dirigé vers les deux filles pour leur dire que ce n'était pas bien. Elles l'avaient insulté en retour (lui disant "fils de pute", "va te faire foutre" et "casse pas les couilles"). A______, qui était tenue par une amie qu'il ne pourrait pas reconnaître, était plus virulente. Alors qu'il revenait vers J______, A______, qui était parvenue à échapper à son amie, était venue vers lui et lui avait donné un coup de poing au niveau de l'épaule gauche. Il avait eu très mal et lui avait demandé de se calmer. Elle était alors revenue à la charge, tenant un objet dans sa main droite. Il avait reçu un coup dans les côtes ce qui lui avait fait "très, très mal". En arrivant vers son ami, ce dernier lui avait fait remarquer que son t-shirt baignait dans le sang. Il avait enlevé son t-shirt et constaté qu'il perdait beaucoup de sang, s'était assis, avait eu des vertiges et l'impression de perdre connaissance. Ses amis l'avaient couché par terre et il avait vu tout noir, alors que ses amis lui disaient "reste avec nous". Il se sentait impuissant et avait l'impression qu'il allait mourir si l'ambulance n'arrivait pas rapidement. Il ne se souvenait pas d'un troisième coup.

- 31 - P/14716/2020 I______ avait les cheveux noirs et longs. À aucun moment, il n'avait donné de coup et n'avait pas vu les frères I______ et J______ en donner à B______ qu'il n'avait pas le souvenir d'avoir vue. Après avoir reçu les coups, il n'avait rien vu. Il ne lui semblait pas avoir proféré d'insultes et dans tous les cas ne s'en souvenait pas. Il n'était pas ivre et n'avait aucun souvenir d'avoir dit à B______ "Regarde ce que tu m'as fait". S'agissant de sa situation actuelle, il était en incapacité de travail pour une durée indéterminée, ce qui ressortait du certificat médical qu'il a versé à la procédure (pièce C76), incapacité qui avait fait disparaître la perspective d'un engagement fixe. g.c.c. En réaction à ces déclarations, A______ a indiqué qu'elle ne les comprenait pas, dès lors qu'à aucun moment elle n'avait pu faire ce dont C______ l'accusait. Elle s'excusait pour le cas où elle lui avait causé du tort ou à ses amis, mais ignorait qui avait causé ses blessures. Elle savait qu'elle l'avait frappé à l'épaule, avec ses mains et non avec un couteau et que c'était assez violent. Il lui arrivait de sortir munie d'un couteau, mais elle l'avait perdu. Elle n'avait pas vu B______ se faire tabasser, mais l'avait uniquement entendue dire "arrêtez". Elle a confirmé avoir dit à la police, à son arrivée, que B______ n'avait rien fait, précisant qu'à ce moment-là elle n'avait vu aucun coup de couteau et qu'elle n'avait pas vu B______ en donner. Quand elle était menottée, B______ lui avait demandé d'aller chercher son sac. En allant chercher le sac, l'homme aux cheveux noirs attachés lui avait dit que c'était de sa faute, qu'elle aurait dû calmer son amie et lui avait donné un coup qui l'avait fait chuter et perdre connaissance. Si elle n'avait pas livré immédiatement la version des faits du jour, c'était parce que sincèrement, elle ne croyait pas à l'histoire du couteau, ne pensant pas qu'il y avait eu des coups. Elle avait eu "très, très peur" pour son amie. Elle n'était pas du tout ivre et avait moins bu que d'habitude. g.c.d. B______ a confirmé ses précédentes déclarations. Selon elle, c'était A______ qui a avait cassé la bouteille et non les deux comme elle l'avait précédemment déclaré. Elle ignorait si son amie l'avait fait volontairement, mais cela l'avait énervée en raison des débris de verre à leurs pieds. Elle avait alors pris son téléphone et ses cigarettes et avait fait un tour de la fontaine "pour voir qui il y avait". Elle n'avait assisté à aucune discussion immédiatement après le bris de bouteille. En revenant, elle avait vu A______ discuter avec des garçons, sans pouvoir dire si c'était "normalement" ou "s'ils s'apostrophaient". L'un des garçons (autre que C______) l'avait immédiatement traitée de "salope". Elle était allée reposer son téléphone et ses cigarettes dans son sac avant d'aller dire au garçon que cela ne se faisait pas. L'un des garçons (autre que C______ – le plus grand avec les cheveux noirs) l'avait poussée puis avait commencé à la rouer de coups de poing, sans s'arrêter. Lorsqu'elle s'était retrouvée à terre, elle avait reçu des coups de pied. Il s'était arrêté, ce qui lui avait permis de se relever et de retourner vers le banc. Elle était triste et avait mal. Pour se déstresser, elle avait un couteau carte et faisait le mouvement de "clic"

- 32 - P/14716/2020 sans jamais sortir la lame. Tout à coup, quelqu'un l'avait tirée vers l'arrière. Le couteau carte s'était ouvert, alors que deux personnes étaient sur elle - dont l'homme aux longs cheveux noirs - et qu'elle recevait des coups. Elle s'était protégée le visage avec les mains et avait toujours le couteau en main, mais pas de manière à faire mal. Quand la deuxième personne était repartie, elle était arrivée à mieux respirer. Elle avait réussi à se relever et à ranger le couteau carte d'une longueur de 3 cm dans son sac. A ce moment-là, l'homme aux longs cheveux noirs l'avait saisie par les cheveux et trainée, ce qui lui avait fait perdre l'équilibre avant de tomber. Il l'avait à nouveau rouée de coups avant de la lâcher. Elle s'était relevée, avait fait le tour du banc et avait vu C______ blessé, lequel lui avait dit "Regarde ce que tu m'as fait". Elle n'avait pas compris, n'ayant jamais vu son visage. A côté de lui, à terre, A______ était inconsciente. Elle l'avait réveillée, l'avait mise sur le banc puis avait constaté que son sac avait disparu. Alors qu'elle s'était assise également sur le banc, l'homme aux longs cheveux noirs l'avait à nouveau prise par les cheveux. Elle avait alors vu le visage de C______ et le poing de ce dernier lui arriver dans le visage. Elle n'avait plus rien senti mais savait que l'ami de C______ avait continué de la rouer de coups, jusqu'à l'arrivée des voitures de police. Elle avait réussi à se relever et à retourner sur le banc. La police l'avait arrêtée. A______ était arrivée en pleurs pour dire aux policiers qu'elle n'avait rien fait. Elle avait demandé à cette dernière de retrouver la personne qui avait son sac. Invitée à se déterminer sur les déclarations de C______, elle a déclaré ne pas savoir ce qu'il s'était passé par rapport à A______. Cette dernière pouvait s'énerver très vite, comme elle pouvait rester calme. Elle n'avait pas vu ce qu'il s'était passé puisqu'elle était la plupart du temps à terre, l'homme aux longs cheveux noirs ne lui ayant pas dit pour quelle raison il l'avait tabassée. Invitée à se déterminer sur les déclarations de A______, elle a déclaré n'avoir pas le souvenir d'avoir fait du mal à quelqu'un, du moins pas volontairement. Elle excluait avoir causé les blessures de C______. Elle possédait un couteau suisse - soit celui retrouvé à 80 mètres de l'altercation dont la lame mesurait 4 cm - qu'elle n'avait jamais utilisé, hormis pour se limer les ongles. Elle avait "assez bu" le soir des faits, mais n'était pas ivre au point de n

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