Skip to content

Bundesverwaltungsgericht 28.02.2012 E-7627/2009

28. Februar 2012·Français·CH·CH_BVGE·PDF·3,406 Wörter·~17 min·1

Zusammenfassung

Asile et renvoi | Asile

Volltext

Bundesve rwa l t ungsge r i ch t T r i buna l   adm in istratif   f édé ra l T r i buna l e   ammin istrati vo   f ede ra l e T r i buna l   adm in istrativ   f ede ra l Cour V E­7627/2009 Arrêt   d u   2 8   février   2012 Composition Jean­Pierre Monnet (président du collège),  Gérard Scherrer, Kurt Gysi, juges, Anne­Laure Sautaux, greffière. Parties A._______, née le (…), Congo (Kinshasa),    représentée par  Berner Rechtsberatungsstelle für Menschen in Not,  (…), recourante,  contre Office fédéral des migrations (ODM),  Quellenweg 6, 3003 Berne,   autorité inférieure.

Objet Asile et renvoi ;  décision de l'ODM du 9 novembre 2009 / N (…).

E­7627/2009 Page 3 Faits : A.  Le  (…)  2008,  la  recourante  a  déposé  une  demande  d'asile  en  Suisse. A cette occasion, elle a versé une attestation  tenant  lieu de certificat de  nationalité congolaise délivrée, le (…) 2002, sa carte d'électeur, ainsi que  deux  copies  d'une  convocation  de  la  Direction  des  renseignements  généraux et services spéciaux (ci­après : DRGS) datée du (…) 2008 pour  le motif "renseignement à fournir". B.  Lors de son audition sommaire,  le (…) 2008, et  lors de son audition sur  ses  motifs  d'asile,  le  5 janvier  2009,  la  recourante  a  déclaré,  en  substance,  être  kinoise,  célibataire,  d'ethnie  yanzi  et  de  religion  pentecôtiste.  Elle  serait  issue  d'une  famille  de  notables.  Son  père,  (…),  aurait  été  assassiné  en  (…)  par  les  services  de  l'ex­président Mobutu  parce  qu'il  était un militant actif (…).   Après avoir achevé une formation à (…), elle aurait suivi une formation de  secrétaire de direction. Le  1er septembre  1999,  elle  aurait  été  engagée  par  B._______,  (…),  comme  secrétaire  chargée  des  relations  publiques  au  service  de  la  société  Z._______,  appartenant  au  groupe  Y._______.  Cette  société  aurait  compris une vingtaine d'employés.  Les actionnaires de  la  société  Y._______ seraient (…). (…) C._______,  au  courant  de  l'intervention  de  D._______,  aurait  alors  reproché  à  B._______  d'avoir  dépensé  de  l'argent  inutilement  pour  construire E._______. B._______ aurait négocié avec le ministère de (…)  pour  qu'il  lui  cédât  une  parcelle  près  du  siège  de  Z._______  afin  d'y  installer  E._______  contre  une  aide  pour  achever  la  construction  d'un  bâtiment  ministériel  ailleurs  dans  la  commune.  F._______,  un  ami  très  proche de D._______, aurait  été nommé président  directeur  général  de  X._______.  B._______  lui  aurait  disputé  ce  poste,  car  il  avait  pris  des  engagements dans le cadre de son projet de construction de E._______. 

E­7627/2009 Page 4 Toutefois, G._______ lui aurait ordonné de continuer (…) afin d'être prêt  pour  les  prochaines  élections.  Fin  2005,  G._______  aurait  suspendu  F._______  et  chargé  B._______  de  coordonner  (…).  F._______  aurait  toutefois été par  la suite autorisé à  reprendre son équipe. Des  rumeurs  mettant B._______ en cause auraient circulé. La recourante, connue pour  sa  fidélité  à  B._______,  aurait  alors  commencé  à  recevoir  des  appels  téléphoniques  anonymes  de  menaces  et  à  être  interrogée  par  la  hiérarchie  au  sujet  des  activités  de  B._______.  H._______,  (…),  aurait  été nommé directeur  administratif  et  financier  du bureau de Z._______,  selon elle pour surveiller  les employés censés être  fidèles à B._______. En (…) 2007,  la  recourante aurait démissionné. B._______  l'aurait alors  engagée  comme  secrétaire  personnelle.  Elle  aurait  eu  pour mission  de  créer  un  bureau  de  facilitation  avec  le  carnet  d'adresses  dont  elle  disposait grâce à son travail au sein de Z._______. Elle aurait également  acquis un minibus et vécu du transport de personnes. Quand bien même  elle n'aurait plus travaillé pour Z._______, elle aurait continué de recevoir  les  téléphones  pour  cette  société ;  le  numéro  de  téléphone  affiché  sur  Internet  n'aurait  pas  été  modifié  et  B._______  lui  aurait  demandé  de  continuer  d'assumer  cette  tâche.  Elle  aurait  également  continué  d'encaisser les chèques de la société pour B._______ et de gérer l'argent  lorsque celui­ci était en voyage. A côté de ces activités pour Z._______,  elle  aurait  été  chargée  de  travailler  sur  d'autres  affaires  gérées  par  B._______.  La  recourante  aurait  reçu,  le  (…) 2008,  une  convocation  de  la  DRGS  l'invitant à se présenter dans ses locaux de la commune (…) pour donner  des  renseignements,  comme  en  attesteraient  les  deux  copies  de  cette  convocation versées au dossier. A réception de ce document, elle aurait  cru  qu'elle  était  à  nouveau  convoquée  pour  une  ancienne  affaire  de  disparition de pneus en  lien avec  l'achat  de  son minibus. Elle  s'y  serait  rendue le lundi matin (…) 2008 et aurait dû patienter jusque vers 13h­14h  avant  d'être  reçue.  Elle  aurait  alors  été  interrogée  au  sujet  de  son  employeur, B._______, des activités de celui­ci et du fonctionnement de  la  société  Z._______.  Elle  aurait  également  été  interrogée  sur  les  collaborateurs  de  cette  société,  sur  les  gens  qu'elle  allait  chercher  et  qu'elle  accompagnait  à  l'aéroport  ainsi  que  sur  leur  fortune.  Vers  17h­ 18h, elle aurait été autorisée à quitter les locaux. Elle se serait rendue au  domicile familial, sis (…), où elle vivait avec sa mère et une partie de sa  fratrie. Sur les conseils de sa famille, elle serait ensuite allée habiter chez  sa sœur (…), dans le quartier (…). Elle serait passée occasionnellement 

E­7627/2009 Page 5 au  domicile  familial  après  le  culte  à  l'église  (…)  située  dans  le  même  quartier.  Lors  d'une  visite  au  domicile  familial,  elle  aurait  appris  qu'une  nouvelle  convocation  à  la  DRGS  y  avait  été  déposée  à  son  attention. Dans  la soirée du (…) 2008, après  le culte, elle aurait été appréhendée  dans  la  rue  et  conduite  aux  locaux  des  services  spéciaux.  Des  agents  auraient saisi ses effets personnels, lui auraient laissé sa bible et l'aurait  placée  dans  une  cellule  plongée  dans  l'obscurité.  Le  matin  venu,  elle  aurait  constaté  qu'elle  était  enfermée  avec  sept  autres  femmes  et  un  bébé.  Le  lundi,  l'arrivée  de  deux  codétenues  supplémentaires  aurait  conduit  à  une  bagarre  en  raison  de  l'exiguïté  de  la  cellule.  Mardi,  en  début d'après­midi,  elle aurait  été appelée et  conduite dans  la pièce où  elle  avait  été  interrogée  le  (…)  précédent,  puis  dans  la  cellule  des  hommes, où était enfermé son frère cadet, I._______. Celui­ci aurait été  suspendu de son poste de secrétaire dans  le cabinet  (…), puis  replacé,  en  2007,  dans  une  commission  (…).  Elle  se  serait  vu  ordonner  de  produire des documents appartenant à B._______ portant  sur  les biens  de  la  société  Z._______,  documents  dont  elle  ignorait  pourtant  l'existence. Elle se serait vu reprocher à tort d'avoir fourni ces documents  à son frère. On  lui aurait ainsi demandé comment son  frère avait appris  que (…) et comment il était entré en possession des documents probants  à  cet  égard.  Son  frère  aurait  répondu  qu'en  tant  que  secrétaire  de  la  commission ministérielle, il réceptionnait les documents et s'occupait des  archives, mais n'avait pas pour tâche de collecter des documents, tâche  qui  était  confiée  à  des  enquêteurs.  Les  agents  auraient  reproché  à  la  recourante  et  à  son  frère  de  vouloir  anéantir  la  famille  présidentielle  et  seraient  devenus  violents.  Ils  auraient  frappé  la  recourante  et  l'auraient  fait chuter. Ils auraient ensuite ordonné à son frère de coucher avec elle  et, devant son refus, leur auraient infligé des brûlures. Ils auraient violé la  recourante  devant  son  frère  et  ses  codétenus  en  pleurs  avant  de  la  ramener inconsciente dans sa cellule. Le lendemain, mercredi, elle aurait  reçu  la  visite  de  membres  de  sa  fratrie,  qui  lui  auraient  apporté  de  la  nourriture.  Ils  auraient  été  informés  de  sa  détention  par  I._______,  entretemps  libéré.  Ils  lui  auraient  dit  qu'elle  ne  devait  pas  s'inquiéter  même s'ils ne  lui  rendaient pas visite  les prochains  jours, car  le chef de  poste s'était déclaré prêt à les aider à la libérer. Dans la soirée, ledit chef  lui  aurait  remis  un  sac  contenant  des  affaires  personnelles.  Les  deux  jours suivants, elle aurait été longuement interrogée, toujours à propos de  B._______ et de la société Z._______. Le lundi suivant, le (…) 2008, vers  19h00,  le  chef  de  poste  l'aurait  amenée  à  l'extérieur  du  bâtiment  et  lui  aurait enjoint de partir. A sa demande, il serait retourné à l'intérieur de la 

E­7627/2009 Page 6 prison  et  lui  aurait  rapporté  sa  bible.  Rongée  par  la  honte,  elle  n'aurait  pas pu se résoudre à retourner chez elle, de crainte d'y croiser I._______.  Elle  se  serait  alors  rendue  en  taxi  à  (…)  chez  son  amie  J._______,  laquelle aurait défrayé  le chauffeur à son arrivée. Le  lendemain, elle se  serait  confiée  à  son  amie.  Dès  le  vendredi  suivant,  elle  aurait  été  hébergée  par  des membres  de  la  famille  élargie  de  son  amie  habitant  dans  la  commune  de  Kibenseke  sur  une  parcelle  appartenant  à  cette  dernière. Le  (…)  2008,  elle  aurait  pris  un  vol  direct  Kinshasa  –  Paris  avec  Air  France.  Peu  avant  son  départ,  elle  aurait  reçu  les  deux  copies  des  convocations versées au dossier, des mains de son amie J._______, qui  les aurait obtenues dans les locaux des services spéciaux. A l'aéroport de  Kinshasa,  le  passeur  aurait  présenté  pour  elle  un  passeport  d'emprunt,  un  ancien  passeport  congolais  de  couleur  bleue,  à  un  nom  d'emprunt,  lequel  comportait  un  visa.  Ils  seraient  ensuite  passés  ensemble  par  la  sortie  des  passagers,  en  profitant  de  la  cohue,  et  auraient  rejoint  le  tarmac.  Elle  serait  montée  à  bord  de  l'appareil  sans  subir  personnellement  aucun  contrôle.  Elle  aurait  restitué  son  billet  d'avion  ainsi  que  son  passeport  d'emprunt  au  passeur  à  leur  arrivée  à  Paris  après  les  avoir  elle­même  présentés  au  contrôle.  Elle  serait  ensuite  entrée  clandestinement  en  Suisse.  Elle  a  dit  ignorer  l'identité  de  la  personne  ayant  pris  en  charge  ses  frais  de  voyage.  Il  s'agirait  probablement  de  quelques  membres  de  sa  famille  et  de  son  amie  J._______,  laquelle  l'avait  mise  en  contact  avec  le  passeur.  Elle  aurait  appris  en  Suisse  que  son  minibus  avait  été  vendu,  peut­être  pour  rembourser les frais de son voyage. Elle  a  ajouté  qu'elle  craignait  également  en  cas  de  retour  d'être  persécutée par  la  famille présidentielle pour avoir  travaillé au service de  B._______,  (qui  était  peut­être  en  train  de  faire  du  chantage  à  cette  famille) et avoir en particulier participé à la traduction d'un documentaire  composé de témoignages au sujet de  la naissance du président Joseph  Kabila. En 2006, elle aurait déposé une demande de visa pour la Suisse, laquelle  lui  aurait  été  refusée.  La  même  année,  (…),  elle  aurait  passé  des  vacances en Espagne. Elle aurait égaré son passeport depuis qu'elle avait quitté son domicile.

E­7627/2009 Page 7 C.  Par  courrier  du  24 avril  2009,  la  recourante  a  produit  l'original  de  la  convocation datée du (…) 2008 ainsi qu'une copie d'un avis de recherche  de sa personne, daté du  (…) 2008, émis par  la DRGS, comportant son  identité et sa photographie, de pied en cap. Elle a également transmis un  double de sa  lettre de démission du (…) 2007 de son poste de chargée  des  relations  publiques  chez  Y._______,  dans  laquelle  elle  a  sollicité  l'indulgence de B._______ pour les "quelques manquements" de sa part,  une copie d'une  lettre de Y._______, en  la personne de B._______, du  (…) 2007  accusant  réception  de  sa  lettre  de  démission  et  confirmant  qu'elle était libre de tout engagement à la fin du mois afin que son poste  puisse  être  repourvu  dans  l'intervalle  sans  nuire  à  la  continuité  du  fonctionnement de l'entreprise, une copie d'un certificat de fin de service  daté du (…) 2007 de Y._______, en la personne de B._______, attestant  de  sa  qualité  de  (…).  Elle  a  également  remis  l'enveloppe  d'expédition,  affranchie le (…) février 2009 à Kinshasa.  D.  Dans sa demande de visa pour la Suisse du 9 juillet 2006, la recourante a  indiqué  qu'elle  souhaitait  séjourner  en  Suisse  du  16 juillet  2006  au  25 juillet 2006 afin de participer à un séminaire sur les droits de l'homme  et  qu'elle  travaillait  comme  chargée  des  relations  publiques  pour  Y._______. E.  Par décision du 9 novembre 2009, l'ODM a rejeté la demande d'asile de  la  recourante, prononcé son  renvoi de Suisse et ordonné  l'exécution de  cette  mesure.  Par  même  décision,  il  a  prononcé  la  confiscation  de  la  convocation du (…) 2008. L'ODM  a  considéré  que  le  récit  de  la  recourante  comportait  des  contradictions  sur  des  points  essentiels.  Ainsi  en  irait­il  de  la  concomitance ou non de  la date de  sa mise en détention,  le  (…) 2008,  avec celle de sa confrontation avec son frère. Ainsi en irait­t­il également  des circonstances dans lesquelles elle serait parvenue à sortir de prison.  Son  récit  serait  également  contraire  à  la  logique  ou  à  l'expérience  générale sur des points essentiels. Ainsi, il serait illogique qu'elle ait subi  des préjudices en lieu et place de B._______. De plus, B._______ serait  toujours  au  conseil  d'administration  de Y._______  et  de  Z._______,  de  sorte qu'il serait impossible qu'il ait été la cible des accusations alléguées.  En outre, il serait impensable qu'elle ait pu monter à bord d'un avion d'Air 

E­7627/2009 Page 8 France sans subir de contrôle d'identité à l'aéroport de Kinshasa. A cela  s'ajouterait qu'il serait illogique qu'une personne recherchée choisisse de  quitter  le  pays  par  la  voie  la  plus  surveillée  (l'aéroport)  en  prenant  par  conséquent  le  risque d'être  repérée. La convocation datée du  (…) 2008  serait de toute évidence un faux document. En effet, le texte pré­imprimé  comporterait  des erreurs de  frappe et  la date d'établissement aurait  été  grossièrement corrigée à  la main. L'avis de  recherche serait quant à  lui  démuni de valeur probante, dès  lors qu'il s'agirait d'une copie et que de  tels  documents  pourraient  notoirement  être  acquis  moyennement  paiement  au  Congo.  Les  documents  relatifs  à  l'emploi  exercé  par  la  recourante  pour  Z._______  n'auraient  pas  de  valeur  déterminante  pour  l'octroi  de  l'asile.  En  définitive,  les  déclarations  de  la  recourante  ne  satisferaient  pas  aux  exigences  de  vraisemblance  énoncées  à  l'art. 7  LAsi. L'exécution de son renvoi serait raisonnablement exigible, dès lors  qu'elle proviendrait de Kinshasa, où elle disposerait d'un  réseau  familial  et d'une expérience professionnelle. F.  Par acte du 7 décembre 2009, la recourante a interjeté recours contre la  décision précitée. Elle a conclu à l'annulation de la décision attaquée, à la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié  et  à  l'octroi  de  l'asile,  subsidiairement  à  l'admission  provisoire  et,  plus  subsidiairement,  au  renvoi de la cause à l'ODM pour complément d'instruction, sous suite de  dépens. Elle a sollicité l'assistance judiciaire partielle. Elle a soutenu qu'il était  logique que  les autorités s'en soient pris à elle  plutôt  qu'à  B._______,  lequel  disposait  d'un  réseau  apte  à  lui  apporter  protection.  En  outre,  son  départ  par  l'aéroport  de Kinshasa,  avec  l'aide  d'un  passeur  ayant  versé  des  pots­de­vin,  serait  conforme  à  la  réalité.  Son récit ne comporterait pas de contradiction sur des points essentiels. Il  serait  évident  que  les  contraintes  et  humiliations  n'auraient  pas  eu  lieu  immédiatement après son appréhension. L'argument de  l'ODM serait en  cela  incompatible  avec  les  descriptions  détaillées  qu'elle  aurait  fournies  lors de l'audition sur ses motifs d'asile. En outre, elle n'aurait pas décrit sa  sortie de prison de manière divergente d'une audition à l'autre ; elle aurait  simplement  fourni  plus  de  détails  lors  de  la  seconde  audition.  La  convocation  serait  authentique.  Si  elle  avait  fabriqué  cette  convocation  pour  les besoins de  la cause, elle n'aurait pas commis d'erreurs compte  tenu de son degré de formation. Par ailleurs, la possibilité d'acquérir des  faux  au  Congo  ne  saurait  plaider  en  sa  défaveur  compte  tenu  du  caractère  circonstancié  de  son  récit.  Elle  aurait  obtenu  l'avis  de 

E­7627/2009 Page 9 recherche, un document interne aux services spéciaux, par l'intermédiaire  de connaissances de la famille "introduites dans les milieux des services  de sécurité". Son  frère,  I._______ se serait  vu  reconnaître  la qualité de  réfugié  au Royaume­Uni ;  elle  serait mû  par  un  sentiment  de  honte  qui  l'empêcherait encore actuellement de reprendre contact avec lui. G.  Par  ordonnance  du  17 décembre  2009,  le  juge  instructeur  a  invité  la  recourante à produire tout moyen de preuve relatif à la similitude alléguée  entre ses motifs d'asile et ceux de son frère ainsi qu'à l'issue favorable de  la procédure d'asile de son frère au Royaume­Uni. H.  Le 27 janvier 2010, la recourante a produit, sous forme de photocopies, la  carte d'électeur de son frère, I._______, ainsi que le permis de résidence  et  le  document  attestant  du  statut  de  réfugié  ("Immigration  Status  Document") délivrés par les autorités du Royaume­Uni. Elle a également  déposé  un  courriel  que  lui  aurait  adressé  son  frère,  le  15 septembre  2009.  Elle  a  affirmé  que  son  frère  refusait  de  lui  donner  accès  à  son  dossier  d'asile,  en  raison  des  données  confidentielles  qu'il  comportait,  mais  qu'il  ne  s'opposerait  pas  à  une  demande  d'entraide  judiciaire  tendant à la consultation dudit dossier. I.  Dans sa réponse du 11 février 2010, l'ODM a proposé le rejet du recours.  Il a mis en évidence le fait que la recourante n'avait pas prouvé que son  frère  s'était  vu  reconnaître  l'asile  au  Royaume­Uni  pour  des  motifs  similaires aux siens. J.  Par  ordonnance  du  17 février  2010,  le  juge  instructeur  a  invité  la  recourante  à  déposer  jusqu'au  1er mars  2010  ses  observations  sur  la  réponse de l'ODM. Celle­ci n'y a pas donné suite. K.  Par ordonnance du 21 avril 2011, le juge instructeur a déclaré irrecevable  la  demande  d'entraide  judiciaire  de  la  recourante  et  l'a  invitée  une  nouvelle  fois  à  produire  des  moyens  de  preuve  relatifs  à  la  similitude  alléguée  entre  ses motifs  d'asile  et  ceux  de  son  frère ;  il  l'a  également  invitée  à  fournir  tout  moyen  de  preuve  portant  sur  l'exercice  de  son  activité  salariée  en  faveur  de  B._______  depuis  (…)  2007  jusqu'à  son 

E­7627/2009 Page 10 départ  du  pays ;  il  l'a  enfin  invitée  à  se  déterminer  sur  l'article  intitulé  "(…)"  publié,  le  (…)  2006,  sur  (…),  dont  il  ressortait  qu'elle  avait  été  accusée  d'abus  de  confiance  dans  une  affaire  d'import  de  pneus  d'occasion conclue à son insu, qu'elle avait été arrêtée et amenée à (…)  pour cette affaire de droit commun et que son travail était perturbé du fait  de nombreux déplacements vers les instances judiciaires. L.  Par  courrier  du  25 mai  2011,  la  recourante  a  transmis  une  copie  d'une  décision incomplète, non datée et non signée, par laquelle le Tribunal de  l'asile et de l'immigration du Royaume­Uni a admis un recours en matière  de reconnaissance de la qualité de réfugié et d'octroi de l'asile, et précisé  qu'il  s'agissait  d'un  extrait  de  jugement  qu'avait  consenti  son  frère  à  lui  transmettre. Selon ce  jugement,  l'appelant a déclaré, en substance, qu'il  avait  eu  accès  à  des  informations  compromettantes  pour  le  régime  en  place  dans  l'exercice  de  sa  fonction  de  secrétaire  au  sein  d'une  commission ministérielle  (…)  et  qu'il  les  avait  transmises  à  K._______,  (…). Le président Kabila aurait ordonné une enquête sur les informations  détenues par K._______. Celui­ci aurait été assassiné le (…) 2008 dans  des  circons­tances  restées  indéterminées.  L'appelant  aurait  été  arrêté,  (…) 2008, sa maison fouillée et des documents compromettants saisis. Il  aurait  été  placé  en  détention.  Lors  de  celle­ci,  il  aurait  été  interrogé  et  battu. Une semaine plus tard, il aurait été libéré grâce au versement d'un  pot­de­vin par son partenaire.  Il aurait ensuite pris ses dispositions pour  quitter son pays, ce qu'il aurait fait, le (…) 2008. La recourante a indiqué  qu'elle  avait  été  confrontée  au  refus  de  son  frère  de  lui  procurer  son  dossier d'asile qu'il n'avait, en tout état de cause, pas conservé dans son  intégralité.  Elle  a  pour  le  reste  souligné  ses  efforts  d'intégration  en  Suisse. Par même courrier, elle a également produit des attestations de paiement  de salaire délivrées par  le service  financier de Y._______ pour  les mois  de (…) 2006 et (…) 2007 ainsi qu'une copie de la carte de service de son  frère. M.  Les  autres  faits  déterminants  ressortant  du  dossier  seront  évoqués,  si  nécessaire, dans les considérants qui suivent. Droit :

E­7627/2009 Page 11 1.  1.1. Selon  l’art. 31 de  la  loi  du 17 juin 2005 sur  le Tribunal administratif  fédéral  (LTAF, RS 173.32),  le Tribunal administratif  fédéral  (ci­après :  le  Tribunal) connaît des recours contre les décisions au sens de l’art. 5 de la  loi  fédérale  du  20 décembre  1968  sur  la  procédure  administrative  (PA,  RS 172.021). En particulier,  les décisions rendues par  l’ODM en matière  d'asile et de  renvoi  ­ lesquelles n'entrent pas dans  le champ d'exclusion  de  l'art. 32  LTAF ­  peuvent  être  contestées  devant  le  Tribunal  conformément  à  l'art. 33  let. d  LTAF  (disposition  applicable  en  vertu  du  renvoi de l’art. 105 de la loi du 26 juin 1998 sur l’asile [LAsi, RS 142.31]).  Le Tribunal est donc compétent pour connaître du présent litige. Il statue  de manière définitive (cf. art. 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le  Tribunal fédéral [LTF, RS 173.110]). 1.2. La  recourante a qualité pour  recourir  (cf. art. 48 al. 1 PA). Présenté  dans  la  forme  (cf. art. 52 PA) et  le délai  (cf. art. 108 al. 1 LAsi) prescrits  par la loi, le recours est recevable. 2.  2.1. Sont des réfugiés les personnes qui, dans leur Etat d’origine ou dans  le pays de leur dernière résidence, sont exposées à de sérieux préjudices  ou craignent à juste titre de l’être en raison de leur race, de leur religion,  de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou  de  leurs  opinions  politiques.  Sont  notamment  considérées  comme  de  sérieux préjudices la mise en danger de la vie, de l’intégrité corporelle ou  de  la  liberté,  de  même  que  les  mesures  qui  entraînent  une  pression  psychique  insupportable.  Il  y  a  lieu  de  tenir  compte  des motifs  de  fuite  spécifiques aux femmes (art. 3 al. 1 et al. 2 LAsi). 2.2.  Quiconque  demande  l’asile  (requérant)  doit  prouver  ou  du  moins  rendre  vraisemblable  qu’il  est  un  réfugié.  La  qualité  de  réfugié  est  vraisemblable  lorsque  l’autorité  estime  que  celle­ci  est  hautement  probable. Ne sont pas vraisemblables notamment les allégations qui, sur  des  points  essentiels,  ne  sont  pas  suffisamment  fondées,  qui  sont  contradictoires,  qui  ne  correspondent  pas  aux  faits  ou  qui  reposent  de  manière déterminante sur des moyens de preuve faux ou falsifiés (art. 7  LAsi). 2.2.1.  Des  allégations  sont  vraisemblables,  lorsque,  sur  les  points  essentiels,  elles  sont  suffisamment  fondées  (ou :  consistantes), 

E­7627/2009 Page 12 concluantes  (ou :  constantes  et  cohérentes)  et  plausibles  et  que  le  requérant est personnellement crédible (cf. art. 7 al. 3 LAsi). 2.2.2.  Les  allégations  sont  fondées,  lorsqu'elles  reposent  sur  des  descriptions détaillées, précises et concrètes, la vraisemblance de propos  généraux,  voire  stéréotypés  étant  généralement  écartée.  Elles  sont  concluantes,  lorsqu'elles  sont  exemptes  de  contradictions  entre  elles,  d'une audition à  l'autre ou avec  les déclarations d'un tiers (par exemple,  proche  parent)  sur  les  mêmes  faits.  Elles  sont  plausibles,  lorsqu'elles  correspondent  à  des  faits  démontrés  (en  particulier  aux  circonstances  générales régnant dans le pays d'origine) et sont conformes à la réalité et  à  l'expérience  générale  de  la  vie.  La  crédibilité  du  requérant  d'asile  fait  défaut non seulement lorsque celui­ci s'appuie sur des moyens de preuve  faux ou falsifiés, mais encore s'il dissimule des faits importants, en donne  sciemment une description erronée, modifie ses allégations en cours de  procédure ou en rajoute de façon tardive et sans raison apparente ou s'il  enfreint son obligation de collaborer (cf. art. 8 LAsi). 2.2.3. Quand bien même la vraisemblance autorise l'objection et le doute,  ceux­ci  doivent  toutefois  paraître  d'un  point  de  vue  objectif  moins  importants  que  les  éléments  parlant  en  faveur  de  la  probabilité  des  allégations. Lors de l'examen de la vraisemblance des allégations de fait  d'un  requérant  d'asile,  il  s'agit  pour  l'autorité  de  pondérer  les  signes  d'invraisemblance  en  dégageant  une  impression  d'ensemble  et  en  déterminant,  parmi  les  éléments  militant  en  faveur  ou  en  défaveur  de  cette  vraisemblance,  ceux  qui  l'emportent  (cf. Jurisprudence  et  informations  de  la  Commission  suisse  de  recours  en  matière  d’asile  [JICRA] 2005 n° 21 consid. 6.1 p. 190 s., JICRA 1996 n° 28 consid. 3a  p. 270, JICRA 1994 n° 5 consid. 3c p. 43 s. ; Organisation suisse d'aide  aux  réfugiés  [éd.],  Manuel  de  la  procédure  d'asile  et  de  renvoi,  Berne  2009, p. 162 ss ; MINH SON NGUYEN, op. cit., p. 507 ss ; MARIO GATTIKER,  La procédure d'asile et de renvoi, Organisation suisse d'aide aux réfugiés  [édit.],  Berne  1999,  p. 54 ss ;  WALTER  KÄLIN,  Grundriss  des  Asylverfahrens, Bâle/Francfort­sur­le­Main 1990, p. 302 ss). 2.2.4. Lors de l'examen des motifs d'asile,  la maxime d'office, applicable  en  procédure  administrative,  trouve  sa  limite  dans  l'obligation  qu'a  la  partie de collaborer à l'établissement des faits qu'elle est le mieux placée  pour  connaître  (cf.  JICRA  1995  no  18  p.  183  ss  et  Message  APA,  FF 1990 II 579 s.).  Cette  obligation  de  collaborer  est  expressément  ancrée  à  l'art. 13  PA  et  à  l'art.  8  LAsi.  Lorsque  la  partie  attend  un 

E­7627/2009 Page 13 avantage  de  la  décision  qui  doit  être  prise,  il  lui  incombe,  lorsque  les  preuves font défaut ou si l'on ne peut raisonnablement exiger de l'autorité  qu'elle les recueille, de fournir, en vertu du principe général du droit sur la  répartition du fardeau de la preuve qui trouve notamment son expression  à  l'art. 8 du  titre préliminaire du code civil  suisse du 10 décembre 1907  (CC, RS 210),  les preuves des  faits dont elle entend déduire un droit, à  défaut  de  quoi  elle  en  supporte  les  conséquences  (cf. ATF 125  V  193  consid. 2, ATF 122 II 385 consid. 4c/cc, ATF 114 Ia 1 consid. 8c ; JAAC  60.52 consid. 3.2). Lorsque l'autorité, malgré la coopération de la partie et  les mesures compensatoires prises, n'est pas en mesure d'établir les faits  pertinents à satisfaction de droit, elle n'a pas d'autre choix que de statuer  en  l'état du dossier. Par conséquent,  si  la partie  requérante ne parvient  pas  à  prouver  un  fait  à  son  avantage  ou,  du  moins,  à  en  rendre  l'existence  vraisemblable,  elle  doit  en  supporter  les  conséquences ;  la  maxime inquisitoire ne modifie pas la répartition du fardeau de la preuve  (cf. CHRISTOPH AUER,  no 16 ad art.  12 PA  in  : Auer  / Müller  / Schindler  [éd.],  VwVG,  Kommentar  zum  Bundesgesetz  über  das  Verwaltungsverfahren, Zurich / Saint­Gall 2008, p. 197, et doctrine citée ;  CLÉMENCE  GRISEL,  L'obligation  de  collaborer  des  parties  en  procédure  administrative, Zurich/Bâle/Genève 2008, p. 288­292). 3.  3.1.  En  l'occurrence,  il  y  a  lieu  d'examiner  si  la  recourante  a  rendu  vraisemblables, au sens de l'art. 7 LAsi,  les motifs qui  l'auraient amenée  à quitter  la République démocratique du Congo (ci­après : RDC),  le (…)  2008. 3.2. La recourante a prouvé par pièces avoir travaillé du (…) au (…) 2007  comme  secrétaire  chargée  des  relations  publiques  au  service  de  la  société Z._______ appartenant au groupe Y._______. Par contre, et en  dépit de l'ordonnance du 21 avril 2011 l'y invitant, elle n'a nullement étayé  par  pièces  ses  déclarations  selon  lesquelles  elle  aurait  exercé  une  activité salariée en faveur de B._______ depuis le (…) 2007 jusqu'à (…)  2008.  De  plus,  ses  déclarations,  selon  lesquelles  elle  aurait  continué  à  exercer  en  tant  que  secrétaire  personnelle  de  B._______  certaines  tâches  qu'elle  effectuait  auparavant  en  tant  que  secrétaire  chargée  des  relations  publiques  de  Z._______,  ne  concordent  pas  avec  les  informations qui  lui ont été communiquées par B._______, par  lettre du  (…) 2007 qu'elle a produite en la cause, selon lesquelles il prenait acte de  sa  démission  et  avait  l'intention  de  pourvoir  le  poste  de  secrétaire 

E­7627/2009 Page 14 chargée  des  relations  publiques  durant  le  délai  de  congé.  La  mention,  dans sa lettre de démission du (…) 2007, de la commission de sa part de  quelques manquements audit poste, ne parle pas non plus en faveur de  la  vraisemblance  d'un  nouvel  engagement  par  B._______  à  l'issue  du  délai de congé. De surcroît,  lorsqu'elle a été  interrogée sur ces activités  professionnelles  lors de  l'audition sommaire,  la recourante n'a nullement  indiqué  qu'elle  avait  été  engagée  par  B._______  comme  secrétaire  personnelle après sa démission en (…) 2007, alors qu'il se serait agi d'un  fait essentiel. Pour ces motifs,  la recourante n'a ni établi ni même rendu  vraisemblable  avoir  encore  travaillé  pour  B._______  à  compter  du  (…)  2007. 3.3.  Il  est  notoire  que  I._______  a  été  nommé,  (…),  secrétaire  de  la  Commission  (…).  La  recourante  a  rendu  vraisemblable  que  ledit  I._______ était son frère et qu'il avait été reconnu réfugié par les autorités  du  Royaume­Uni.  Toutefois,  n'ayant  ni  établi  ni  même  rendu  vraisemblable  qu'elle  travaillait  encore  pour  B._______  au  moment  où  son  frère exerçait  la  fonction précitée,  soit  à  compter du  (…) 2007, elle  n'a pas non plus rendu vraisemblables ses déclarations, selon lesquelles  elle  aurait  été  interrogée,  le  (…)  2008,  à  propos  de  son  employeur,  B._______,  des  activités  de  celui­ci  et  du  fonctionnement  de  la  société  Z._______,  puis placée en détention du  (…) au  (…) 2008 en  raison de  soupçons  infondés  de  transmission  à  son  frère  de  documents  confidentiels subversifs ayant appartenu à B._______. D'ailleurs,  l'extrait  de  jugement  des  autorités  du  Royaume­Uni  qu'elle  a  fourni  plaide  non  pas en faveur de la vraisemblance de sa détention alléguée en (…) 2008  comme elle a tenté de le faire accroire, mais en sa défaveur. En effet, s'il  ressort  du  résumé  des  déclarations  de  I._______  contenu  dans  ce  jugement  qu'il  aurait  été  placé  en  détention  (…)  2008  durant  une  semaine,  il  n'en  ressort  ni  qu'il  aurait  été  placé  en  détention  plusieurs  mois  auparavant,  en  (…)  2008,  ni  qu'il  aurait  alors  été  confronté  à  sa  sœur  lors  d'un  interrogatoire  ni  qu'il  aurait  alors  été  témoin  du  viol  de  celle­ci.  Il  ne  ressort  pas  non  plus  dudit  résumé  que  les  documents  compromettants en raison desquels son frère aurait été emprisonné aient  appartenu  au  groupe  Y._______  ou  à  B._______.  Le  fait  que  la  recourante ne soit pas parvenue à établir le lien allégué entre ses motifs  d'asile et ceux de son frère, alors qu'il pouvait être raisonnablement exigé  d'elle qu'elle se procure des moyens de preuve à cet égard auprès de ce  dernier  reconnu  réfugié  au  Royaume­Uni,  constitue  également  un  élément  important en défaveur de  la vraisemblance de son  récit. A cela  s'ajoute que les déclarations de la recourante portant sur  les documents 

E­7627/2009 Page 15 dont  la production aurait été exigée d'elle  lors des  interrogatoires durant  sa détention de (…) 2008 sont vagues et même évasives ; elles sont de  surcroît contradictoires d'une audition à l'autre, puisqu'elle a fait référence  à une liste de documents appartenant tantôt à "la patronne", G._______,  tantôt au "patron", B._______. De même, ses déclarations sur l'existence  d'un conflit d'intérêts entre les actionnaires de Y._______ ou même d'un  chantage  opposant  B._______  à  G._______  sont  inconsistantes  et  purement  hypothétiques.  Le  récit  relativement  détaillé  de  la  recourante  sur  sa  vie  en  cellule  contraste  avec  l'imprécision,  l'inconstance  et  l'absence  de  preuve  de  son  récit  sur  les  motifs  de  son  placement  en  détention.  Aussi,  elle  n'a  pas  rendu  vraisemblable  avoir  été  placée  en  détention dans  les circonstances et pour  les raisons qu'elle a alléguées,  ce d'autant moins qu'une procédure pénale a été ouverte contre elle en  RDC (…) 2006 pour abus de confiance. 3.4.  Selon  les  informations  à  disposition  du  Tribunal  (cf. Child  Focus,  L'aéroport,  un  lieu  sûr  pour  les  mineurs  voyageant  seuls ?,  Recherche  exploratoire du risque de victimisation à Brussels Airport, novembre 2007,  p. 159­161 ; Sénat de Belgique, Document législatif no 2­1018/2, session  de 2002­2003, 27 janvier 2003, La  traite des êtres humains et  la  fraude  de  visas, Rapport  fait  au nom de  la Sous­commission  "Traite  des êtres  humains"  [intérieur  et  des  affaires  administratives]  par Mme  Lizin  et M.  Galand,  chap. IV  ch. 2.6.2),  à  l'aéroport  international  de  Kinshasa,  la  compagnie Air  France non  seulement  fait  effectuer  les  contrôles  usuels  par  une  firme  privée,  la  Société  française  des  services  de  protection  (Sofrasep), mais  exige  en  plus  un  contrôle  à  la  porte  de  l'appareil.  Les  déclarations de la recourante, selon lesquelles elle serait montée à bord  d'un avion d'Air France sans avoir au préalable présenté personnellement  de document de voyage, ne correspondent donc pas aux usages de cette  compagnie.  D'autres  indices  amènent  à  penser  que  la  recourante  a  en  réalité voyagé sous sa véritable identité ; un visa Schengen lui a déjà été  délivré  en  (…)  2006  pour  des  vacances  en  Espagne  et,  surtout,  ses  déclarations,  selon  lesquelles  elle  ignorait  où  se  trouvait  son  passeport  depuis  qu'elle  avait  quitté  le  domicile  familial  sont  inconsistantes  et  dénuées de crédibilité ;  il en va de même de celles selon  lesquelles elle  ignorait qui avait pris en charge les frais de son voyage. 3.5.  Le  Tribunal  partage  l'appréciation  de  l'ODM  sur  le  défaut  d'authenticité de la convocation du (…) 2008 à la DRGS. Aux indices de  falsification mis en évidence par l'ODM (cf. état de faits, let. E), il y a lieu  d'ajouter  l'absence de mention de  l'heure à  laquelle  la recourante devait 

E­7627/2009 Page 16 se présenter à  l'agent de  la DRGS,  l'impression en noir et blanc (et non  en  couleur)  de  l'emblème  national  figurant  en  en­tête,  ainsi  que  les  ratures  s'agissant  du motif  de  la  convocation.  Partant,  c'est  à  bon  droit  que  l'ODM  a  prononcé  sa  confiscation  (cf. art. 10  al. 4  LAsi).  Du  reste,  même si cette convocation était authentique, elle ne permettrait pas à elle  seule de rendre vraisemblables les motifs d'asile  invoqués. En effet, elle  n'indique pas de motif plus précis que "renseignement à fournir". De plus,  on  pourrait  déduire  des  déclarations  de  la  recourante,  selon  lesquelles,  peu  avant  son  départ  du  pays,  son  amie,  qui  l'avait  accueillie  sur  sa  parcelle,  se  serait  rendue  auprès  des  services  spéciaux  pour  réclamer  une copie de cette convocation, qu'elle n'était pas recherchée par lesdits  services au moment de son départ du pays. Enfin, la recourante n'a pas  fourni  la seconde convocation qui aurait été déposée à son  intention au  domicile familial. Or, ce serait après son arrestation consécutive au non­ respect  de  cette  seconde  convocation  qu'elle  aurait  subi  de  sérieux  préjudices. 3.6. Le Tribunal partage également l'appréciation de l'ODM sur le défaut  de valeur probante de l'avis de recherche daté du (…) 2008 produit sous  la  forme d'une copie de  très mauvaise qualité. En effet,  les photocopies  sont  en  soi  dénuées  de  valeur  probante,  vu  les  possibilités  de  manipulation envisageables et les difficultés que pose la détection de ces  manipulations. Le fait qu'un avis de recherche n'est pas censé se trouver  en  original  en  possession  de  la  personne  recherchée  ne  change,  en  l'espèce,  rien  à  cette  appréciation.  En  effet,  la  copie  produite  comporte  plusieurs indices de falsification. En particulier, l'impression de l'emblème  congolais présente des irrégularités et le nom de l'agent public qui a établi  l'avis  n'est  pas  écrit  en  caractères  lisibles.  En  outre,  le  sceau  est  partiellement illisible et diffère de celui figurant sur la convocation. A cela  s'ajoute  que  le  récit  de  la  recourante  sur  les  circonstances  dans  lesquelles  elle  se  serait  procurée  ce  document  interne  aux  services  spéciaux par  l'entremise de  "connaissances  introduites dans  les milieux  des services de sécurité" est trop vague pour être crédible.  3.7. Dans son écrit du 23 mai 2011, la recourante a déclaré avoir produit  en  la cause une  lettre, dans  laquelle un dénommé L._______ confirmait  le  "danger auquel  [elle] avait été confrontée en son  temps en  raison de  [ses] activités au sein de la société [et manifestait] ses craintes pour [sa]  vie  en  cas  de  retour  dans  [son]  pays  d'origine".  Il  est  constaté  que,  contrairement  à  son  affirmation,  une  telle  lettre  n'a  pas  été  versée  au  dossier. Il n'y a du reste pas lieu de lui impartir un délai pour la produire, 

E­7627/2009 Page 17 dès  lors  que,  par  appréciation  anticipée,  la  lettre  mentionnée  ne  peut  amener  le  Tribunal  à  modifier  son  opinion  (cf. art. 33  PA ;  voir  aussi  ATF 130 II 425 consid. 2.1). En effet, une appréciation générale d'un tiers  mandaté par la recourante sur les dangers encourus par celle­ci n'a pas  de valeur probante. 3.8. Au vu des nombreux éléments d'invraisemblance précités, le Tribunal  estime que la recourante n'a pas rendu vraisemblable, au sens de l'art. 7  LAsi, les motifs qui l'auraient amenée à quitter la RDC, le (…) 2008. 3.9. Au vu de ce qui précède, le recours, en tant qu'il conteste le refus de  la reconnaissance de la qualité de réfugié et le refus de l'asile ainsi que le  prononcé  de  la  confiscation  de  la  convocation,  doit  être  rejeté  et  la  décision attaquée confirmée sur ces points. 4.  4.1. Aux termes de l'art. 44 al. 1 LAsi, lorsqu’il rejette la demande d’asile  ou qu’il refuse d’entrer en matière, l’office prononce, en règle générale, le  renvoi de Suisse et en ordonne l’exécution ; il tient compte du principe de  l’unité de la famille. 4.2. En l'occurrence, aucune des conditions de l'art. 32 de l’ordonnance 1  du  11 août  1999  sur  l’asile  (OA 1,  RS 142.311)  n’étant  réalisée,  en  l'absence  notamment  d'un  droit  de  la  recourante  à  une  autorisation  de  séjour ou d'établissement, le Tribunal est tenu, de par la loi, de confirmer  le renvoi. 5. Si  l’exécution du  renvoi n’est pas possible, est  illicite ou ne peut être  raisonnablement  exigée,  l’office  règle  les  conditions  de  résidence  conformément  aux  dispositions  de  la  loi  fédérale  du  16 décembre  2005  sur  les  étrangers  (LEtr,  RS 142.20)  concernant  l’admission  provisoire  (art. 44  al. 2  LAsi).  A  contrario,  l'exécution  du  renvoi  est  ordonnée  lorsqu'elle est licite, raisonnablement exigible et possible. 6.  6.1. L'exécution n'est  pas  licite  lorsque  le  renvoi  de  l'étranger dans son  Etat d'origine ou de provenance ou dans un Etat  tiers est  contraire aux  engagements  de  la  Suisse  relevant  du  droit  international  (art. 83  al. 3  LEtr). Aucune personne ne peut être contrainte, de quelque manière que  ce soit, à se rendre dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa 

E­7627/2009 Page 18 liberté serait menacée pour l'un des motifs mentionnés à l'art. 3 al. 1 LAsi,  ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays  (art. 5 al. 1 LAsi). Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou  traitements  inhumains  ou  dégradants  (art. 3  de  la  Convention  du  4 novembre  1950  de  sauvegarde  des  droits  de  l’homme et  des  libertés  fondamentales  [CEDH,  RS 0.101]).  Aucun  Etat  partie  n'expulsera,  ne  refoulera,  ni  n'extradera  une  personne  vers  un  autre  Etat  où  il  y  a  des  motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture (art. 3 de  la Convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou  traitements cruels, inhumains ou dégradants [Conv. torture, RS 0.105]). 6.2. L'exécution du renvoi est  illicite,  lorsque la Suisse, pour des raisons  de droit  international public, ne peut contraindre un étranger à se rendre  dans  un  pays  donné  ou  qu'aucun  autre  Etat,  respectant  le  principe  du  non­refoulement,  ne  se  déclare  prêt  à  l'accueillir ;  il  s'agit  d'abord  de  l'étranger  reconnu  réfugié,  mais  soumis  à  une  clause  d'exclusion  de  l'asile, et ensuite de l'étranger pouvant démontrer qu'il serait exposé à un  traitement  prohibé  par  l'art. 3  CEDH  ou  encore  l'art. 3  Conv. torture  (cf. Message 90.025 du 25 avril 1990 à  l'appui d'un arrêté  fédéral  sur  la  procédure  d'asile  [APA]  et  d'une  loi  fédérale  instituant  un Office  fédéral  pour les réfugiés, FF 1990 II 537 spéc. p. 624). 6.3. En l'occurrence, l’exécution du renvoi ne contrevient pas au principe  de  non­refoulement  de  l’art. 5  LAsi.  Comme  exposé  plus  haut,  la  recourante  n'a  pas  rendu  vraisemblable  qu’en  cas  de  retour  dans  son  pays  d’origine,  elle  serait  exposée  à  de  sérieux  préjudices  au  sens  de  l’art. 3 LAsi. 6.4. En ce qui concerne les autres engagements de la Suisse relevant du  droit international, il sied d'examiner particulièrement si l'art. 3 CEDH, qui  interdit la torture, les peines ou traitements inhumains, trouve application  dans le présent cas d'espèce.  Si  l'interdiction  de  la  torture,  des  peines  et  traitements  inhumains  (ou  dégradants)  s'applique  indépendamment  de  la  reconnaissance  de  la  qualité  de  réfugié,  cela  ne  signifie  pas  encore  qu'un  renvoi  ou  une  extradition serait prohibée par le seul fait que dans le pays concerné des  violations  de  l'art. 3  CEDH  devraient  être  constatées ;  une  simple  possibilité  de  subir  des  mauvais  traitements  ne  suffit  pas.  Il  faut  au  contraire  que  la  personne  qui  invoque  cette  disposition  démontre  à  satisfaction  qu'il  existe  pour  elle  un  risque  réel,  fondé  sur  des  motifs 

E­7627/2009 Page 19 sérieux  et  avérés,  d'être  victime  de  tortures  ou  encore  de  traitements  inhumains ou dégradants en cas de  renvoi dans son pays.  Il en  ressort  qu'une situation de guerre, de guerre civile, de troubles intérieurs graves  ou de tension grave accompagnée de violations des droits de l'homme ne  suffit  en  principe  pas  (hormis  des  cas  exceptionnels  de  violence  d'une  extrême  intensité) à  justifier  la mise en œuvre de  la protection  issue de  l'art. 3 CEDH, tant que la personne concernée ne peut rendre hautement  probable qu'elle serait visée personnellement ­ et non pas simplement du  fait  d'un  hasard  malheureux ­  par  des  mesures  incompatibles  avec  la  disposition  en  question  (cf. JICRA  1996  n° 18  consid. 14b  let. ee  p. 186 s. ; Cour européenne des droits de l'homme [ci­après : CourEDH],  arrêt F.H. c. Suède, n° 32621/06, 20 janvier 2009, CourEDH, arrêt Saadi  c. Italie, n° 37201/06, 28 février 2008). 6.5.  En  l’occurrence,  la  recourante  n'a  pas  démontré  à  satisfaction  de  droit qu'il existait pour elle un risque réel, fondé sur des motifs sérieux et  avérés,  d'être  victime  de  torture  ou  encore  d'un  traitement  inhumain  ou  dégradant  au  sens  de  l'art. 3 CEDH en  cas  d'exécution  du  renvoi  dans  son pays d'origine. 6.6. Il ne ressort pas non plus de l'examen du dossier que l'exécution du  renvoi  de  la  recourante  pourrait  l'exposer  à  un  traitement  contraire  à  l'art. 3 Conv. torture précité. 6.7.  Dès  lors,  l’exécution  du  renvoi  de  la  recourante  sous  forme  de  refoulement ne transgresse aucun engagement de la Suisse relevant du  droit  international,  de  sorte  qu’elle  s’avère  licite  (cf. art.  44 al.  2  LAsi  et  art. 83 al. 3 LEtr). 7.  7.1. L’exécution de  la décision peut ne pas être raisonnablement exigée  si  le  renvoi  ou  l’expulsion  de  l’étranger  dans  son  pays  d’origine  ou  de  provenance  le  met  concrètement  en  danger,  par  exemple  en  cas  de  guerre,  de  guerre  civile,  de  violence  généralisée  ou  de  nécessité  médicale (art. 83 al. 4 LEtr). 7.2.  Cette  disposition  s'applique  en  premier  lieu  aux  "réfugiés  de  la  violence", soit aux étrangers qui ne remplissent pas  les conditions de  la  qualité de  réfugié parce qu'ils  ne sont pas personnellement persécutés, 

E­7627/2009 Page 20 mais qui  fuient des situations de guerre, de guerre civile ou de violence  généralisée, et ensuite aux personnes pour qui un retour reviendrait à les  mettre  concrètement  en  danger,  notamment  parce  qu'objectivement,  au  regard des circonstances d'espèce, elles seraient, selon toute probabilité,  conduites  irrémédiablement  à  un  dénuement  complet,  exposées  à  la  famine,  et  ainsi  à  une  dégradation  grave  de  leur  état  de  santé,  à  l'invalidité, voire à la mort (cf. ATAF 2009/52 consid. 10.1, ATAF 2007/10  consid. 5.1 ;  JICRA  2003  no 24).  En  revanche,  les  difficultés  socio­ économiques qui sont le lot habituel de la population locale, en particulier  en matière de pénurie de logements et d'emplois, ne suffisent pas en soi  à  réaliser  une  telle  mise  en  danger  (cf. ATAF 2010/41  consid. 8.3.6,  ATAF 2009/52  consid. 10.1,  ATAF 2008/34  consid. 11.2.2).  L'autorité  à  qui incombe la décision doit donc dans chaque cas confronter les aspects  humanitaires  liés  à  la  situation  dans  laquelle  se  trouverait  l'étranger  concerné  dans  son  pays  après  l'exécution  du  renvoi  à  l'intérêt  public  militant  en  faveur  de  son  éloignement  de  Suisse  (cf. ATAF 2009/52  consid. 10.1). 7.3.  Il  est  notoire  que  la  RDC  ne  connaît  pas,  sur  l'ensemble  de  son  territoire,  une  situation  de  guerre,  de  guerre  civile  ou  de  violence  généralisée  qui  permettrait  d’emblée  –  et  indépendamment  des  circonstances  du  cas  d’espèce  –  de  présumer,  à  propos  de  tous  les  ressortissants  du  pays,  l’existence  d’une  mise  en  danger  concrète  au  sens  de  l’art. 83  al. 4  LEtr.  En  particulier,  la  situation  politique  dans  la  capitale est calme quoique tendue. 7.4.  Dans  sa  jurisprudence,  qui  conserve  encore  son  caractère  d'actualité,  l'ancienne Commission  suisse  de  recours  en matière  d'asile  (CRA)  a  considéré  que  l'exécution  du  renvoi  était,  en  principe,  raisonnablement exigible pour  les requérants dont  le dernier domicile se  trouvait à Kinshasa ou dans l'une des villes de l'ouest du pays disposant  d'un  aéroport,  ou  pour  ceux  qui  y  disposaient  de  solides  attaches. Des  réserves  ont  cependant  été  émises,  s'agissant  de  personnes  accompagnées de  jeunes enfants, ou ayant plusieurs enfants à charge,  ou  étant  âgées  ou  de  santé  déficiente,  ou  encore,  dans  les  cas  de  femmes  célibataires  ne  disposant  pas  d'un  réseau  familial  ou  social  (cf. JICRA 2004 n° 33 consid. 8.3).  7.5. En l'espèce, il ne ressort du dossier aucun élément dont on pourrait  inférer  que  l’exécution  du  renvoi  impliquerait  une  mise  en  danger  concrète  de  la  recourante.  En  effet,  celle­ci  n'a  ni  allégué  ni  a  fortiori 

E­7627/2009 Page 21 établi  souffrir  de  graves  problèmes  de  santé  susceptibles  de  la  mettre  concrètement en danger en cas de  retour en RDC. En outre, avant son  départ de RDC, le (…) 2008, elle a essentiellement vécu dans la capitale,  où elle a accumulé une expérience professionnelle et où elle dispose d'un  réseau  familial  et  social,  autant  d'atouts  à  sa  réinsertion  sur  place.  Elle  pourra de plus solliciter auprès des autorités cantonales compétentes une  aide  au  retour  individuelle  pour  faciliter,  s'il  y  a  lieu,  sa  réinstallation  à  Kinshasa  (cf. art. 93  LAsi  et  art. 73  à  78  de  l'ordonnance  2  du  11 août  1999 sur l'asile [OA 2, RS 142.312] ; voir aussi art. 5 de la Convention du  27 janvier  2011  entre  la  Confédération  suisse  et  la  République  démocratique  du  Congo  sur  la  gestion  concertée  des  migrations  irrégulières  [RS 0.142.112.739]). Enfin,  les efforts qu'elle a déclaré avoir  consenti en vue de son  intégration en Suisse ne sont pas pertinents,  le  degré  d'intégration  ne  constituant  pas  en  soi  un  critère  d'octroi  de  l'admission  provisoire  au  sens  de  l'art. 83  al. 4  LEtr  (cf. ATAF  2009/52  consid. 10.3 ; JICRA 2006 no 13 consid. 3.5). 7.6. Pour  ces motifs,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  considérée  comme  raisonnablement exigible (cf. art. 44 al. 2 LAsi et art. 83 al. 4 LEtr). 8.  8.1. L’exécution n’est pas possible  lorsque l’étranger ne peut pas quitter  la  Suisse  pour  son  Etat  d’origine,  son  Etat  de  provenance  ou  un  Etat  tiers, ni être renvoyé dans un de ces Etats (art. 83 al. 2 LEtr). 8.2. En l'espèce, l'exécution du renvoi est possible (cf. art. 44 al. 2 LAsi et  art. 83  al. 2  LEtr ;  voir  aussi  ATAF  2008/34  consid. 12  et  jurisp. cit.),  la  recourante étant en possession d'une attestation  tenant  lieu de certificat  de  nationalité  congolaise  et  étant,  au  demeurant,  tenue  de  collaborer  à  l’obtention de documents de voyage lui permettant de retourner dans son  pays d’origine (cf. art. 8 al. 4 LAsi). 8.3. Au  vu  de  ce  qui  précède,  l’exécution  du  renvoi  doit  être  déclarée  conforme aux dispositions légales. 9. Il s’ensuit que le recours, en tant qu’il conteste la décision de renvoi et  son  exécution,  doit  être  également  rejeté  et  la  décision  attaquée  confirmée sur ces points. 9.1.  Au  vu  de  l’issue  de  la  cause,  il  y  aurait  lieu  de  mettre  les  frais  de  http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52 http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52 http://links.weblaw.ch/BVGE-2009/52

E­7627/2009 Page 22 procédure à la charge de la recourante, conformément à l'art. 63 al. 1 PA  et aux art. 2 et 3  let.  b du  règlement du 21  février 2008 concernant  les  frais,  dépens  et  indemnités  fixés  par  le  Tribunal  administratif  fédéral  (FITAF,  RS 173.320.2).  La  demande  d'assistance  judiciaire  partielle  devant  toutefois  être  admise,  il  n'est  pas  perçu  de  frais  de  procédure  (cf. art. 65 al. 1 PA). Ayant succombé, la recourante n'a pas droit à des dépens (cf. art. 64 al. 1  PA). (dispositif : page suivante)

E­7627/2009 Page 23 Par ces motifs, le Tribunal administratif fédéral prononce : 1.  Le recours est rejeté. 2.  Il n'est pas perçu de frais de procédure. 3.  Il n'est pas alloué de dépens. 4.  Le présent arrêt est adressé au mandataire de la recourante, à l’ODM et  à l’autorité cantonale compétente. Le président du collège : La greffière : Jean­Pierre Monnet Anne­Laure Sautaux Expédition :

E-7627/2009 — Bundesverwaltungsgericht 28.02.2012 E-7627/2009 — Swissrulings